Un président ne devrait pas faire ça… — Algérie Résistance


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là où il n’y a pas de docteur


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Ouvrage: là où il n’y a pas de docteur

Auteur: David Werner

Année: 2011

traduit et adapté par :
Y.  L. Germosen-Robineau :
Maria-Laura MBow
Christine ETCHEPARE

 

 

Avant-propos
Ce livre s’adresse aux villageois qui se trouvent loin des centres
médicaux. Il essaie de répondre au besoin qu’ils éprouvent d’un
livre simple qui leur explique ce qu’il faut faire pour se soigner. Il
est écrit dans un langage simple, à la portée des gens qui ont peu
d ‘instruction. Les mots qui présentent un problème de compréhension
sont expliqués dans le courant du livre (se reporter à l’index).

Au début, le guide explique quels sont les bons et les mauvais
remèdes et pourquoi. Il parle du bon et du mauvais emploi des
médicaments que l’on trouve sur le marché sans ordonnance
médicale. Il explique l’importance d’un bon régime et des soins
corporels pour éviter de nombreuses n1aladies. Il explique aussi
aux parents pourquoi il faut faire vacciner les enfants. En plus des
explications sur ce qu’il faut faire pour résister à certaines maladies
ou pour les soigner là où il n’y a pas de docteur, le guide décrit
clairement les maladies qui nécessitent sans faute une attention
médicale urgente. Il explique ce qu’on doit faire et ce qu’on ne doit
pas faire en attendant l’arrivée du médecin. Il indique aussi les
situations urgentes qui justifient qu’une personne sans expérience
fasse une piqûre. Il explique comment la faire et met en garde sur
les précautions et les risques.

Étant donné que ce guide parle, bien que simplement, de sujets qui
sont normalement réservés aux médecins, il est possible que
certaines personnes le critiquent en disant que jouer au médecin
sans formation intensive c’est courir un danger ; mais il se trouve
que les paysans courent déjà ce risque. Ils pratiquent la médecine
comme ils peuvent en se servant des plantes de la brousse et de
médicaments modernes. Tous ceux qui connaissent la vie paysanne pensent qu’en dehors des accoucheuses, herboristes,
sorciers et guérisseurs, la paysannerie est truffée de « docteurs » qui
pratiquent la médecine. Quelques-uns d’entre eux s’y connaissent
peu en médecine et travaillent plus ou moins bien, mais bien
d’autres sont complètement dépourvus de connaissances médicales.
Ils donnent n’importe quel médicament dans le but de
gagner de l’argent et les pauvres gens ne peuvent pas se défendre.
Des boutiques à la campagne vendent à n’importe qui des médicaments
qui portent l’indication « ce médicament n~ peut être vendu
sans ordonnance ». Nombreux sont les médicaments qui sont
employés de façon incorrecte. Il y a aussi beaucoup de gens qui
savent faire des piqûres tant bien que mal et qui perçoivent une
certaine somme par piqûre. Ces paysans ignorent souvent la composition
et les effets du produit que contient la piqûre. Cela colporte
des risques. J’ai déjà vu des douzaines d’abcès dont quelques-uns
très graves causés par des piqûres faites avec des aiguilles mal
stérilisées ou par des médicaments qui doivent être administrés par
voie intraveineuse et qui sont injectés dans la fesse.

La rareté des services médicaux oblige le paysan à pratiquer la
médecine comme il peut, et comme de toute façon il va la
pratiquer, il serait souhaitable qu’il le fasse suivant les instructions
d ‘un guide simple comme celui-ci, plutôt qu’en suivant des
conseils souvent mauvais.
Bien entendu, l’idéal serait que les médecins viennent à la campagne
aider leurs frères paysans; ainsi un guide comme celui-ci ne
serait plus nécessaire. Un médecin vaut mille guides mais_, malheureusement,
jusqu’à cette date, les paysans ont toujours besoin
de ce guide.

Ce livre est le fruit de huit ans passés par l’auteur dans les montagnes
de Sinaloa au Mexique où il a exercé dans une région
montagneuse où, étant donné la pauvreté et les distances énormes,
les paysans voient rarement un médecin. Ils utilisent les plantes de
la brousse et les remèdes « de bonnes femmes »_, mais ils sont loin de
posséder un large répertoire de remèdes efficaces.

Nous espérons que ce guide aidera à améliorer la santé de nos
paysans, qui manquent si cruellement d’aide médicale.
David WERNER

Note des éditeurs
Il n’est pas simple d’adapter un texte pour l’ensemble de l’Afrique
noire francophone quand on a une idée de sa diversité, en
particulier dans le domaine ethna-médical ; aussi ne devra-t-on pas
s’étonner d ‘une allusion à une coutume ou encore aux vêtements
d ‘un personnage qui ne correspondraient ~pas à une réalité du pays
où se trouve le lecteur.

Le livre original de David WERNER dont nous sommes partis avait
été rédigé en espagnol pour les paysans mexicains du Sinaloa, un
cas très particulier donc, et dans un souci d ‘adaptation utile, nous
n’avons pas pu respecter certqines indications intéressantes mais
trop spécifiques. Cependant l’ouvrage portant la signature de David
WERNER, nous nous sommes efforcés de respecter son point de vue
même lorsque nous étions d ‘un avis quelque peu différent. Une
exception à cette règle :nous n ‘avons pas jugé bon de divulguer
librement en milieu rural africain la technique d ‘injection intramusculaire
au risque de voir ce geste pratiqué sans réel apprentissage.
Nous enverrons toutefois gratuitement la traduction de ces
pages aux superviseurs qui nous en feront la demande.
Notons enfin que si l’essentiel de la traduction est issue de la
ver sion originale, nous avons parfois ajouté des informations
puisées dans la traduction anglaise.

Avertissement
Le sentiment d ‘avoir fait oeuvre utile est réconfortant. Ce sentiment
est justifié par l ‘épuisement très rapide des première et
deuxième éditions, mais surtout par les nombreux commentaires
et critiques qui sont venus de tous les pays francophones, et nos
remerciements vont tout particulièrement aux docteurs Philippe
COLLET, Silvia BERTHOUD et Jean-Michel NDIAYE; mais comme
l’écrivait ce dernier : il s’agit d’un livre destiné aux agents de santé
communautaire et, pourquoi pas, à une vulgarisation de la
médecine. Ainsi chaque spécialiste risque de voir son domaine
négligé, pour ne pas dire escamoté. C’est pourquoi notre souci
principal est de recueillir les propositions permettant de faire
passer le message en direction du plus grand nombre, tout en
évitant les hérésies.
Lionel ROBINEAU

Nous avons largement tenu compte de ces critiques et suggestions
qui ont suivi les première et deuxième éditions françaises, et nous
avons ajouté quelques chapitres concernant la pathologie propre à
l’Afrique, pour mieux adapter ce livre à ses utilisateurs. Il a fallu
également mettre à jour la liste des médicaments en facilitant leur
usage par des exemples des spécialités pharmaceutiques qu’on
trouve dans ces pays. Ces mentions ne sont qu’indicatives; il va de
soi que les spécialités médicales citées par leur nom ont été choisies
uniquement en fonction des facilités d’accès à_ ces produits, et en
dehors de tout contact avec les firmes qui les vendent et, d’autre
part, qu’il existe d’autres produits d ‘efficacité équivalente que
l’agent de santé peut tout aussi bien choisir.
Dans le même esprit qui avait conduit les traducteurs à supprimer
le chapitre sur la technique d ‘injection intramusculaire, nous
avons laissé de côté les sutures, étant donné que les inconvénients
qui résultent d ‘une mauvaise pratique sont plus grands que les
bienfaits qu’on peut en attendre. Nous avons développé le chapitre
sur la malnutrition protéino-calorique, à cause de sa fréquence
dans les pays concernés ; sa prévention et son traitement ne
nécessitent pas de médicament, mais une bonne connaissance des
besoins alimentaires de l’enfant.
Pour le planning familial, bien qu’il soit d’une certaine importance
pour le bien-être des populations, nous avons mis en garde contre
les conséquences de certains moyens contraceptifs, pour que les
couples puissent choisir en connaissance de cause.
Enfin, pour satisfaire une demande, et poursuivre dans l’esprit du
livre, nous avons ajouté des renseignements sur l’utilisation des
plantes médicinales africaines traditionnelles, puisque, comn1e
l’écrit D. WERNER , « la combinaison de ce qu’il y a de bon dans la
médecine moderne et dans la médecine populaire est plus efficace
que l’emploi séparé de l’une ou de l’autre ».
Maria-Laura MBow
et Christine ETCHEPARE

Mode d’emploi de ce livre

suite…

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Perturbateurs endocriniens – 100 scientifiques dénoncent la politique de l’Union européenne en matière de santé publique — Le Blog de la Résistance


Près de 100 scientifiques réputés ont signé une tribune dénonçant la stratégie des industriels, qui orientent la politique de Bruxelles en matière de santé publique et d’environnement. Jusqu’à quand la dangerosité des perturbateurs endocriniens sera-t-elle minimisée par les instances politiques ? Jusqu’à quand les industriels parviendront-ils à imposer leur calendriers et leurs choix en matière de […]

via Perturbateurs endocriniens – 100 scientifiques dénoncent la politique de l’Union européenne en matière de santé publique — Le Blog de la Résistance

Lettre à François Fillon par Lotfi Hadjiat


lelibrepenseur.org

  Hadjiat-Lotfi.jpg

Monsieur le peut-être prochain président de la république française, j’aimerais vous édifier sur un point sur lequel vous semblez ignorant. Vous avez déclaré récemment que « la France n’est pas coupable d’avoir voulu partager sa culture », relativement à ses conquêtes coloniales, en Afrique, en Asie… Sauf votre respect, il s’agit là d’une ineptie, une ineptie plus grosse que la faillite de la France (dans tous les domaines, surtout intellectuel). Puis, face aux critiques virulentes, d’Élie Domota notamment, vous vous êtes rattrapé en déclarant : « bien sûr que l’esclavage est un crime, bien sûr que la colonisation, aujourd’hui, avec les critères qui sont les nôtres, est un crime ». En sous-entendant par là qu’avec les critères du XIXe siècle, ce n’était pas un crime. Permettez-moi de vous montrer que la conquête de l’Algérie par la France était déjà dénoncée comme un crime au moment même où celui-ci était commis, au XIXe siècle. Voici pour commencer quelques extraits de la longue dénonciation dudit crime par le grand poète Lamartine, en 1846, à l’assemblée nationale française.


« (…) après une possession de douze ou quinze années, où il faut que la France, pour se décider, connaisse, sache, sente la vérité tout entière : à notre grande douleur, quelquefois à notre honte, il faut savoir découvrir les plaies de notre pays, afin d’appeler l’attention énergique du gouvernement, l’attention plus énergique de l’opinion, pour corriger, pour guérir (…) »

« Ce système d’extermination, Messieurs, puisqu’il n’y a pas d’autre mot, je vais le qualifier. Comment se pratique-t-il ? comment s’est-il défini lui-même ? Vous ne le savez peut-être pas, permettez-moi de le dire : il s’est défini lui-même, il s’est caractérisé, avoué tout haut, non pas dans un acte officiel, mais dans un acte semi-officiel, qui nous a été communiqué à une autre époque, dans une commission de la Chambre. Oui, à une époque où on cherchait, comme aujourd’hui, à se définir à soi-même les conditions de l’occupation paisible de l’Algérie par le gouvernement, par un gouvernement chrétien (Mouvement), il y a eu ce paragraphe dans les instructions données par une commission du gouvernement à la commission d’Afrique, aux généraux qui allaient explorer la question sur les lieux, il y a eu cette phrase : « Quant à l’extermination des indigènes, quant au refoulement violent de la population, vous aurez à examiner si ce mode de pacification serait jamais praticable. » (Sensation) « .
(…)

« Le système de razzias a été le moyen d’exécution, de refoulement qui avait été recommandé à notre commission coloniale d’enquête. (Bruit et réclamations nombreuses). J’affronterai toutes les dénégations, tous les mouvements, toutes les intentions de la Chambre. La France saura la vérité, elle entendra ce qu’on fait de son nom, de son drapeau, de son honneur. (Murmures) ».

« Elle le saura, et j’en accepte ici la responsabilité. Je n’apporte à cette tribune que des pièces authentiques. Si j’avais voulu y apporter ces récits, dont les correspondances de l’Algérie sont remplies, j’aurais trop contristé le sens moral de mon pays. Je vais lire des extraits authentiques copiés non pas sur des journaux algériens ; vous pourriez les révoquer en doute, bien qu’ils soient censurés et qu’ils soient une vérité semi-officielle ; mais sur des pièces authentiques, peu nombreuses, qui serviront à caractériser dans l’imagination de la Chambre, dans la pensée de la France, le système militaire qui a été suivi jusqu’à aujourd’hui. Nous ne venons pas en accuser les généraux et les soldats, mais la nature même du système qui peut permettre de tels résultats, le système de l’expulsion violente des indigènes. Lisez les menaces du commandant en chef : « Je pénétrerai dans vos montagnes, je brûlerai vos maisons, je couperai vos arbres fruitiers… » (Murmures.)

« Je brûlerai vos moissons. Et, les Arabes n’étant pas venus au-devant de nous, ajoutait plus tard le général dans une de ses lettres, nous fîmes un ruban de feu d’environ deux lieues de largeur. » (Mouvement d’horreur général) (1 lieue = 4 km)

Voici d’autres expéditions, d’autres récits par des officiers généraux qui en ont été les exécuteurs obligés, et dont vous aurez tout à l’heure le témoignage.
« Chacune de nos colonnes, ravageant dans sa marche tous les villages ou réunions de tentes qu’elle rencontrait, portait la désolation dans le pays. Aucun homme ne fut épargné ! Les femmes furent prises, les troupeaux enlevés, les silos vidés, et le feu brûla tout ce qui ne parvint pas à s’échapper. »
Sur un autre point, du côté de Medeah, le bulletin d’Alger raconte ces exécutions sauvages.
Et voici les réflexions que ces hommes, que ces écrivains endurcis laissent échapper de leur plume :
« C’était un beau spectacle, au milieu de l’incendie de ces vallées, c’était un beau spectacle que la vue de nos soldats échelonnés sur les pitons nombreux et les couronnant de feu. »
La beauté de l’incendie, la beauté de la dévastation, voilà ce qui frappait ces hommes. Quant aux populations ainsi traquées dans ce réseau de feu et confondues avec leurs troupeaux, écoutez encore, voici le texte :
« Je vous les confie, dit un colonel, vous pouvez en disposer. »

Or, savez-vous de quoi se composaient ces troupeaux ? De 60 000 têtes de bœufs. Ces populations, savez-vous de combien d’âmes elle se composaient, de combien de femmes, d’enfants, de vieillards ? Lisez le Moniteur algérien de quelques jours plus tard ; elles se composaient de 7 000 âmes, femmes, enfants, vieillards et soldats arabes. Savez-vous combien sont parvenues jusqu’à la Maison Carrée, de ces 7 000 âmes ? 3 000. Le reste était mort de misère en route.
Plusieurs membres : Ou échappé !

M. de Lamartine : Quelques-uns heureusement s’étaient échappés ; mais un grand nombre de femmes et d’enfants, et vous allez en voir la preuve, avaient expiré dans la longue route. C’est l’extinction de la race par l’extinction des enfants. L’Algérie se dépeuple ainsi par le germe.
M. Gustave de Beaumont : Il y a de meilleurs extraits à faire dans les annales de l’Algérie… de plus honorables !
M. de Lamartine : Je prends ceux qui sont le plus propres à vous faire frémir et réfléchir. Et savez-vous combien de lieues on leur a fait faire ainsi ? 250 lieues ! (1 lieue = 4 km)
Vous pourrez confronter ; je ne dis rien qui ne soit pris textuellement sur les écrits officiels dont j’ai eu l’honneur de vous parler. Mais il faut que vous sachiez la vérité.
Ce n’est pas moi qui chercherai jamais à déshonorer la gloire française, mais jamais je ne rendrai la gloire de nos soldats, leur humanité, complices de ce système barbare qui arrive à de pareils résultats, et je crois les défendre en montant à cette tribune pour accuser le système de guerre qui les déshonorerait !
Écoutez encore, à la date du 18 mai 1845, c’était dans un village du Jurjura couvert en tuiles :
« Tous les Arabes qui sont sortis pour combattre ont été passés au fil de l’épée : tout le reste de la population a été brûlé sous les toitures incendiées des maisons. » (Algérie 1844, mois de juin.)
Quelle est donc la puissance qui force ces hommes à se vanter de pareils actes et à se dénoncer ainsi eux-mêmes de leur propre bouche ?
Je vous le demande à vous-mêmes. Est-ce nous qui avons inventé ces bulletins atroces qu’on a fait circuler en France et pour lesquels certaines voix voudraient obtenir aujourd’hui un bill, non pas d’indemnité, je le reconnais, mais un bill de silence. Ce bill de silence, elles ne l’obtiendront pas.
Et les mêmes actes se renouvellent le 26 et le 27 juillet 1845 dans les mêmes montagnes du Jurjura.
Et en 1846, Messieurs, il y a peu de mois, pendant que nous faisions retentir cette tribune des accents de justice, de bienveillance et d’humanité, en ce moment même peut-être, les mêmes dévastations ont encore lieu.
En 1845, on a porté les flammes jusque dans les oasis du désert, à 80 lieues du littoral de nos occupations.
On a occupé les soldats à couper les arbres fruitiers. Ainsi, on a fait la guerre à la nature : on ne fait plus seulement la guerre aux hommes, on la fait aux germes, à la reproduction, à la nature. (Mouvements).
Cette exécution de sang-froid, savez-vous combien elle a duré ? Elle a duré toutes les journées du 30 avril et du 1er mai. Deux cents bulletins sont pleins de mêmes faits depuis quatre ans. Lisez dans les annales algériennes les innombrables récits de tribus massacrées par le système des razzias.
Ainsi, la petite tribu des Ousias a été surprise endormie sous ses tentes, dans la nuit, pendant l’expédition du 7 avril ; elle a été fusillée et sabrée, sans exception de sexe (…) ».
Voilà ce que nous faisons d’une population que nous voulons fondre avec nous, que nous voulons attirer à nous par l’attrait de notre conduite, de nos doctrines, de notre religion et de notre humanité ! La place que Dieu lui a donnée sur le sol, nous la lui enlevons ; nous voulons ce sol, et pour cela nous la refoulons, nous sommes contraints de l’exterminer. Eh bien ! Entre les Arabes et nous, il y a un juge, Messieurs ! Ce juge, c’est Dieu. S’il leur a donné une terre et un soleil, c’est apparemment qu’il leur reconnaissait le droit d’en jouir et de les défendre.
Voilà le système militaire tout entier ; jamais vous ne trouverez d’autres résultats, quelle que soit l’humanité des généraux, que je n’accuse pas. C’est le système que j’accuse ; car, Messieurs, il y a quelque chose de plus cruel que Néron et Tibère : c’est un système faux. Nous ne sommes pas dans les temps de la barbarie et des caractères féroces ; mais nous sommes dans des idées fausses. Oui, il y a quelque chose de plus cruel, en effet, que la cruauté individuelle, c’est la cruauté froide d’un système faux ; et c’est contre celle-là que je m’élève à cette tribune pièces en main !
Voulez-vous la définition de la guerre de razzia par celui-là même qui l’a inventée ? Elle n’est pas de moi cette définition ; vous allez juger le caractère de cette guerre par la définition qu’en a faite celui qui en est l’auteur ; la voici dans son texte :
« Vous ne labourerez pas, vous ne sèmerez pas, vous ne pâturerez pas sans ma permission. » Qu’est-ce qu’une razzia ? ajoute l’écrivain militaire. « C’est une irruption soudaine ayant pour objet de surprendre les tribus… pour tuer les hommes, pour enlever les femmes… », les femmes innocentes et les enfants. L’enlèvement d’enfants à la mamelle, par des cavaliers qui ont tué les pères et enlevé les mères, je le demande à votre bon sens, y a-t-il bien loin de là, d’un pareil système de guerre, d’un pareil système de refoulement, à un honteux et fatal système d’extermination ? C’est à votre conscience réfléchie de me répondre ; je ne vous demande pas une réponse en face de la gloire de votre pays que vous craindriez de ternir, mais une réponse que vous me ferez en silence, dans le secret intime de votre conscience.
Enfin il est un autre général qui a dit sa pensée sur ce système ; c’est la dernière citation que j’aie à vous faire, ayez la patience de l’entendre, comme j’ai eu la patience de la copier : « Depuis onze ans, on a renversé les maisons, incendié les récoltes, détruit les arbres, massacré les hommes, les femmes, les enfants, avec une fureur tous les jours croissante. »
Messieurs, c’est le général Duvivier qui dit cela ; vous le connaissez tous, il a noblement participé à cette guerre ; mais rentré dans le silence de sa vie de citoyen, il n’a pu s’empêcher de repasser douloureusement sur les actes dont il avait été témoin, et d’en faire la dénonciation à l’indignation de son pays. Voilà cette paix, Messieurs ; je vous laisse juger du mot qu’elle mérite ici : ubi solitudinem faciunt, pacem appellant, là où il a fait le désert, le vide, le sang, il a appelé cela la pacification de l’Algérie. Si la pacification ainsi entendue était le résultat du système militaire, je ne craindrais pas de suivre l’exemple de courage donné par mes honorables amis MM. de Corcelle, de Tracy, de Tocqueville, Desjobert ; je ne craindrais pas, au nom de la conscience du pays, d’engager la France à renoncer à l’Afrique, plutôt que de tolérer une guerre d’exécutions signalée par de tels actes. »
« Je dis qu’il n’y aurait, ni dans ce temps, ni dans l’avenir, aucune excuse qui pût effacer un pareil système de guerre, dans l’état de force, de discipline, de grandeur et de générosité que nous commande notre situation civilisée ! Je pourrais vous parler d’autres actes qui ont fait frémir d’horreur et de pitié la France entière, les grottes du Dahra, où une tribu entière a été lentement étouffée ! J’ai les mains pleines d’horreur : je ne les ouvre qu’à moitié. (Agitation) »


Passons maintenant à Clemenceau, toujours sur la colonisation, et toujours à l’Assemblée nationale française, en 1885 :


« Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles (de Jules Ferry). Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie ».


Enfin, quelques mots de Victor Hugo sur la conquête de l’Algérie, dans Choses vues.


« Le général Leflô me disait hier soir le 16 octobre 1852 : – Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir des soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreille aux femmes et les oreilles avec, ils leur coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux ».


Ces enfants embrochés vivants n’ont finalement vu des Lumières françaises que le reflet du soleil sur les baïonnettes…

Voilà monsieur François Fillon, ce que pensaient de la colonisation française, les Français, avec leurs « critères » à eux à cette époque coloniale. Je ne serai pas désobligeant et ne vous demanderai pas de m’expliquer en quoi le Code de l’indigénat et les écoles indigènes (imposés par la France, en Algérie notamment, après avoir détruit les écoles où étaient enseignées les mathématiques, les sciences, l’histoire…, eh oui, on n’enseignait pas seulement la religion) étaient un « partage de la culture » française. Je ne vous demanderai pas non plus comment on « partage sa culture » avec ceux qu’on extermine. Bien sûr, la France se grandirait d’enseigner aux écoliers les pages glorieuses de son histoire, Saint-Louis, Philippe-Auguste, Philippe-le-Bel, le chevalier Bayard, Du Guesclin… mais elle se grandirait aussi en reconnaissant et en enseignant les pages honteuses de son histoire, la conquête de l’Algérie, la déshumanisation radicale des peuples colonisés (que dénonça, en pleine période coloniale, avec ses « critères » à lui, Louis-Ferdinand Céline, le plus grand génie de la littérature française), le génocide des Vendéens… Tiens, en parlant des Vendéens… D’aucuns, dont moi, considèrent que leur extermination par les troupes de la république maçonnique française ne fut qu’un prélude à l’extermination des Algériens, mais c’est une autre question…

La médecine Prophétique


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Ouvrage: La médecine Prophétique

Auteur: Jalâl Ad-Dîn As-Souyoûtî

Le citron

Le citron, gros citron, ou « Outrouj » en arabe (citrus médicat).

Le Prophète salla allahou aleyhi wa salam aimait fixer ses regards sur le citron, et disant :« L’exemple du vrai croyant, est tel q’al outrouj ; il a une saveur agréable et un parfum excellent ». (Rapporté par Al-Bukhari)

Le citron acide est froid (rafraîchissant) et sec. On ne prépare une boisson acide, d’un effet avantageux pour les estomacs échauffés ; elle ranime, fortifie et réjouit le cœur, donne de l’appétence, apaise la soif, éveille le besoin de manger, fait cesser les dévoiements bilieux, les vomissements bileux, les palpitations, chasse le chagrin.

Le suc ou acide, pris en nature, détruit la couleur des cheveux blanchissants, les tâches de rousseur de la face ; il nuit aux nerfs et à la poitrine.

La pulpe blanche est froide, humide, difficile à digérer, mauvaise pour l’estomac.

Mangée, elle occasionne des coliques.

Les graines, l’écorce, la feuille, la fleur du citron, sont chaudes sèches, sont chaudes sèches.

Les graines sont des anti-poisons, lorsque l’on en écrase un poids de deux mithqâl, et qu’on les met sur la piqûre du scorpion, ils soulagent ; si l’on en avale deux mithqâl, ils sont utiles contre tout venin et poison. De l’écorce jaune on prépare l’électuaire de citron, employé avantageusement contre les coliques, comme tonique, comme apéritif, comme carminatif. Les fleurs ont des effets plus actifs et plus doux. L’odeur du citron sert avantageusement dans les moments de maladies épidémiques, et dans le cas où l’air est vicié ou pollué.

Tamarin (éthel)
L’éthel sorte de tamaris, est un arbre d’assez haute taille, et dont les feuilles sont
en aiguilles, comme celles du tarfâ ou tamaris ordinaire.
Le fruit est un grain appelé a’dabah, analogue au pois chiche, et ayant la
propriété ou force de la noix Galle. Il est froid sec ou troisième degré. Il agit sur
les intestins comme astringent ; il est hémostatique.
Allah ta’ala a nommé l’éthel dans le Coran, Il a dit :
« Ils se détournèrent de Notre voie. Nous déchainâmes alors sur eux
l’immense flot provenant des digues rompues, et changeâmes bientôt leurs
deux vergers en maquis n’offrant que des arbustes aux fruits amers, des
tamaris et quelques rares jujubiers. »
(Sourate 34, verset 16)

Sulfure de plomb (la galène)

C’est le Kouhl ou Keuhl d’Ispahan, c’est-à-dire la galène ou sulfure de plomb, ou
encore sulfure d’antimoine natif, l’alquifoux. On le réduit en poudre impalpable
et on l’incorpore à de l’eau de rose, puis on le laisse sécher. On le pulvérise de
nouveau pour s’en servir, c’est-à-dire pour s’en noircir les bords des paupières en
passant entre elles un petit bâtonnet bien poli et que l’on a plongé d’abord dans le
petit vase qui renferme le kouhl en poudre. C’est donc une sorte de collyre.
Il fortifie les nerfs de l’oeil et le maintient en état normal. Le Prophète salla
allahou aleyhi wa salam a dit : « Le meilleur conservateur des yeux (on ne
veut pas dire ici le meilleur médicament anti-ophtalmique) est le collyrium
athmes. Il entretient la netteté de la vue et fait croître les cheveux et les
poils. » (Rapporté par Ibn Mâjah, d’après Sâlim, d’après son père.)
Le Prophète salla allahou aleyhi wa salam avait un petit vase à collyrium, et
chaque soir, il en appliquait trois fois à chaque oeil. Rapporté par Ibn Majâh et
autres, d’après Ibn Abbâs
D’après ‘Abd-Al-Latîf, le kouhl fait croître les cils, fortifie les yeux et provoque
des émotions tendres au coeur.

suite…

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Les Dieux d’Egypte


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Auteur : Champollion Jean-François
Ouvrage : Les dieux d’Egypte

Avec un texte explicatif de
M. J. F. Champollion Le Jeune
et des figures d’après les dessins de
M. L . J.J. Dubois

 

 

AMON, AMON-RA, ou AMON-RÉ
À tête humaine

Ce dieu, de forme humaine, est ici représenté assis sur un trône, comme le sont pour l’ordinaire toutes les grandes divinités de l’Égypte. Sa carnation est bleue, couleur propre à ce personnage ; sa barbe est figurée par un appendice noir qui caractérise les divinités mâles ; et dans les cercueils de momies, ce même appendice indique toujours une momie d’homme ; le dieu tient dans sa main gauche un sceptre terminé par la tête de cet oiseau qu’Horapollon nomme Koucoupha, sceptre commun à toutes les divinités mâles du Panthéon égyptien, et qui était le symbole de la bienfaisance des dieux ; dans sa main droite est la croix ansée, symbole de la vie divine ; sa tête est ornée d’une coiffure royale, surmontée de deux grandes plumes peintes de diverses couleurs ; de la partie postérieure de sa coiffure, descend une longue bandelette bleue ; son col est orné d’un collier, parfois très richement décoré ; sa tunique, d’abord soutenue au-dessous du sein, au moyen de deux bretelles, est fixée vers les hanches par une ceinture bleue ; des bracelets ornent le haut de ses bras, et souvent aussi la naissance du poignet.
On reconnaît ici le Démiurge égyptien, le dieu créateur du monde, décrit trait pour trait, par Eusèbe, dans sa Préparation évangélique.
Les trois premiers caractères de la légende hiéroglyphique placée devant l’image du dieu, forment son nom propre ordinaire, et se lisent amn (Amen ou Amon) ; les deux signes suivants font souvent partie de ce même nom, qui se lit alors AMNPH (Amonré, Amonri ou Amonra). C’est ce nom divin que les Grecs ont écrit Amwn, Amoun et Ammown en considérant cette divinité égyptienne comme identique avec leur Zeuj, le Jupiter des Latins.
Dans la théologie Égyptienne, Amon, dont le nom signifiait occulte ou caché, suivant l’égyptien Manéthon, était le premier et le chef des dieux1, l’esprit qui pénètre toutes choses2, l’esprit créateur procédant à la génération et à la mise eu lumière des choses cachées3.


1 Plutarque.
2 Théodoret.
3 Jamblique.


suite…

Les-dieux-d-Egypte

 

 

Centenaire des accords Sykes-Picot: Du renouvellement de la question d’Orient


madaniya.info

par

mai 20, 2016

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Du renouvellement de la Question d’Orient

«Il n’y a rien au monde de plus difficile à exécuter, ni de moins assuré de succès, ni de plus dangereux à administrer que le fait (…) d’introduire un nouveau système de choses (…).» Machiavel, Le Prince, Livre VII.

Le Proche/Moyen-Orient est coutumier des crises, certes, mais il vit depuis le tournant des années 1970/1980 une crise d’un genre nouveau dans la mesure où elle s’inscrit dans une reconfiguration, l’un dans l’autre, régionale et mondiale qualitativement différente de celle qui avait configuré la région et le monde aux lendemains des deux Guerres mondiales et l’exécution de l’Empire ottoman.

La crise ne date évidemment pas des révoltes arabes de 2011 qui n’en ont donné qu’une des plus spectaculaires «mise en évènement». On peut en déceler les premières traces au tournant de la décennie 1970, me semble-il. C’est en 1973 qu’on pourrait en repérer le premier indice -bien que resté longtemps méconnu-, lorsque les régimes arabes de l’époque, tous sunnites (ou d’«idéologie sunnite» comme la Syrie baathiste des Assad), signaient avec la Guerre d’octobre 1973 la dernière de leur guerre contre Israël et, dans la foulée, la faillite de leur hégémonie régionale, clef de voûte du système sykespicotien.

On peut en collationner les traces essaimées depuis les années 75 par les crises d’État à répétition qui ont emporté, avec les révoltes arabes de 2011, les États-Nations (sic) sykespicotiens de la post-colonisation (Libye, Syrie, Irak, Yémen), pendant que les autres (Bahreïn, Egypte, Tunisie, Jordanie, Liban) représentent des lieux de trouble où se manifeste l’impuissance de l’État-Nation à exercer sa souveraineté.

Les chiites et les Kurdes, les grands absents des accords Sykes-Picot.

En filigrane de cette faillite, on pourrait repérer un autre de ces indices, lorsque, en 1979, la révolution khomeyniste triomphante, lança la montée en puissance de l’Iran chiite à l’assaut de l’Orient sykespicotien et qu’il y émergea, comme acteur chiite qui en avait été exclu ab origine; Indice souligné en abyme par une autre émergence, celle des Kurdes, l’autre occulté du Grand partage sykespicotien.

Dans les interstices de cette dynamique nouvelle, on pourrait repérer un autre de ces indices: la proclamation califale de l’État islamique (2014) marquant ainsi la tentative des sunnites d’y faire retour, mais en ordre dispersé et antagonique puisque sous le sceau d’une profonde crise qui décime, dans son intimité, la pensée sunnite et plus particulièrement ses franges radicales, de tradition hanbalite (1).

Et enfin, dans l’écheveau de ces dynamiques multiples et contradictoires, le «facteur des facteurs», l’invasion étatsunienne de l’Irak en 2003, laquelle invasion devait saisir l’entièreté de la géopolitique du Pouvoir au Proche/Moyen-Orient, sa distribution et sa reconfiguration, et précipiter cette multitude de crises orientales dans une seule et même Crise.

La prolifération des indices en un laps de temps si court, même pas un demi-siècle, en indiquerait l’amplitude sans indiquer pourtant la trame qui les tisse. Car, de caractère systémique, la Crise s’est mutée en manière d’être caractéristique d’un système entré en régime de crise dans cet entre-deux qui va du «déjà mort» sykespicotien -mort, certes, mais toujours pas de sa belle mort- à «ce nouveau qui n’arrive toujours pas à advenir», ce qui pourrait expliquer de façon plausible ce chambardement – ou cette transfiguration aux dires de certains – qui échoit à la région. C’est bien pour cela d’ailleurs, que le titre de mon propos, s’intitule «le renouvellement» de la Question d’Orient plutôt que «recommencement»; dans «recommencement» on aura reconnu la répétition -comme ce fut le cas des crises régionales entre l’exécution de l’Empire et les années 1970/80- pendant que c’est l’idée de remplacement qui préside à «renouvellement» comme je pense être le cas de la Crise dont je parle.

Or donc, un Orient chasse l’autre. Et c’est comme si le ciel, le soleil, les éléments, les hommes avaient changé de mouvements, d’ordre et de puissance par rapport à ce qu’ils étaient.

Tout a changé, car «l’ordre… qui assigne aux choses différentes la place qui leur convient»(2) s’est effondré. Tout a changé! L’un dans l’autre, simultanément ou tout à la fois, le destin gépolitico-stratégique de la région; son centre de gravité qui s’est déplacé du Bassin Palestinien vers le Bassin du Golfe; la reconfiguration des «amis/ennemis» si brouillé que même Dieu ne reconnaitrait pas les siens; ses acteurs qui d’étatiques se trouvent désormais bousculés et submergés par une prolifération d’acteurs non-étatiques qui ont fait irruption sur les scènes et locales et régionale; la fluidité et la porosité des frontières remis en question, les règles du jeu et la nature des guerres et des conflits qui s’y déroulent. Tout! Vraiment tout. Comme il faudrait tout un ouvrage, et volumineux, pour venir à bout de ce «Tout» évoqué tout juste, je me contenterai, dans ce propos, de parler de la Crise elle-même, celle du système, qui me semble être l’indice des indices, c’est-à-dire celui de par lequel les autres indices font sens.

Le système Sykes-Picot en crise

Mais déchiffrer les mutations qui travaillent cet Orient second, prendre la mesure de ce qui s’y effondre ou advient, ne peut se faire, me semble-t-il, sans s’interroger sur ce que fut l’Orient ancien, sykespicotien, pour mieux s’interroger sur cet Orient second qui cherche à prendre sa place, dans un univers brouillé, d’autant qu’à la différence de la crise qui emporta l’Empire ottoman, celle qui se décline aujourd’hui, se décline dans un vide stratégique, pendant que le sort de la crise de l’Empire fut scellé par les Grandes puissances coloniales de l’époque (Royaume-Uni et France à l’issue de la Première Guerre mondiale), le nouvel Orient qui se fraie ne dispose d’aucune hégémonie extérieure susceptible de le contraindre à se stabiliser, ni d’aucune régionale pour l’heure capable de le faire.

Si donc c’est le tout du système sykespicotien qui est en crise, il est mis en crise cette fois-ci, non plus sur ses propres bases comme avant (exécution de l’Empire-1970/1980), quand il pouvait rebondir de ses crises pour se retrouver dans le système; mais sur des bases nouvelles, qui restent à définir et qui ne le seront qu’au terme de la démesurée lutte de pouvoir régionale/mondiale, faisant de sa reconfiguration l’un par excellence des champs de bataille directe ou par procuration des prochaines décennies.

La balkanisation du Monde arabe selon une vision britannique, un vague arabisme madré de hahémisme à la sauce sunnite

Pendant qu’elles exécutaient l’Empire ottoman, les Grandes puissances de l’époque, le Royaume-Uni surtout, se saisirent de ses Provinces arabes et les balkanisèrent.

Cela ne se fit pas à l’aveuglette mais selon une vue d’ensemble ordonnée, en maitre d’œuvre, par le Royaume-Uni: en externe, cette «vue britannique» fut ordonnée par la sécurité de la Route des Indes qui longeait, non loin, la Côte des Pirates; et en interne par un vague «arabisme» madré de hachémisme à la sauce sunnite. Car pour sécuriser la Côte des Pirates sur la Route des Indes, le Royaume-Uni a dû, dès le XVIIIe siècle, tisser des rapports assidus, continus et amicaux avec l’Empire ottoman et les roitelets de la Côte – tous sunnites et hachémites-arabistes- sécurisant sa Route en parfaite entente avec l’Empire comme maitre des lieux.

Aussi hérita-t-il tout naturellement des relais sunnites du Pouvoir de la Sublime Porte au moment de son exécution, les détournant à son profit et les réaménageant selon ses intérêts et la conjoncture c’est-à-dire des alliances et contre-alliances, des rapports de forces et de tous les ingrédients qui font une conjoncture.

Toujours est-il que le Royaume-Uni se retrouva à la tête d’un pouvoir sunnite qui s’étendait de l’Afrique (Egypte, Soudan) au Levant (au Liban où le Royaume-Uni a toujours joué, in fine, la carte sunnite), et évidemment au reste (Jordanie, Irak, Golfe), mais qui constituaient un «Arc britannique» plutôt qu’un «Arc sunnite». De tous les facteurs qui ont régi la «vue anglaise», le Grand partage et la transformation des Provinces arabes en États-Nations (sic), je retiendrai trois pour les besoins de mon propos:

  • La formation d’un ensemble flou (3) d’États-Nations arabes, qui n’avaient ni le pouvoir ni les moyens de l’être quand bien même dans un avenir lointain, car leur formation par les Grandes puissances, en faisaient, ab origine, des États géopolitiques (4) plutôt que des États nationaux. Quant à l’arabisme à la sauce britannique, il se trouva à «s’incarner» dans une Ligue des États arabes mort-née d’impuissance mais qui sacrifia quand même aux vœux unitaires des Arabes, mais surtout à la volonté franco-britannique de les fragmenter en États «indépendants» (sic), leur «indépendance» des uns des autres étant, à leurs yeux, plus précieuse que les États ainsi formés.
  • Le second trait retenu, c’est la domination sunnite sur l’Orient dès lors que tous ces États, du fait du bon vouloir britannique, étaient tenus par les Sunnites quand bien même ils seraient minoritaires comme en Irak ou au Bahreïn.

À ces facteurs endogènes s’est greffé en 1948 un facteur exogène, la création ex-nihilo de l’État d’Israël. Prenant la figure de l’«ennemi absolu» -du fait qu’il advenait aux autochtones de l’«ailleurs» du Monde d’ici-, il devait à ce titre reconfigurer la géopolitique guerrière de l’Orient de naguère, autour du foyer Palestinien, qui devint pour lors le centre de gravité de la politique régionale jusqu’au tournant des années 1970/1980 très précisément, avec pour conséquence de confiner le Bassin pétrolier du Golfe dans un rôle mineur.

Si cet Orient-là dans toute sa durée fut marqué par la montée en puissance de la qawmiyya ‘arabiyya, c’est bien, entre autres raisons, parce que la lutte contre Israël, surtout au sein du Bassin Palestinien, engendra une masse militante qui réussit à imaginairement subsumer, «l’espace d’un matin», ses particularismes en un sens identitaire partagé, une fraternité militante, la communion dans une même idéologie (quoique avec des distinguo) mais dont la finalité serait partout et toujours de renouer avec l’unité perdue.

Le tout coulé dans la rhétorique d’un discours qui trouvait auprès des Arabes une forte résonance. Aussi le conflit israélo-arabe occupa-t-il sans partage toute la scène de l’Orient ancien.

Non seulement la création de l’État d’Israël au cœur du Proche-Orient fut un puissant catalyseur du qawmi, non seulement en ennemi absolu il configura la géopolitique du Bassin Palestinien, mais cette configuration elle-même recoupait pour finir par s’y couler la géostratégie mondiale de l’époque qu’on pourrait faire aller de l’irruption orientale de l’URSS (~ 1955: Conférence de Bandoeng) à l’implosion de l’Empire soviétique (1990/91); géopolitique orientale et géostratégie mondiale toutes deux modelées selon une parfaite homologie qui désignaient, aux deux plans, les mêmes amis et les mêmes ennemis.

Les États du Bassin Palestinien (Egypte, Syrie, Irak, OLP/Liban) désignaient Israël comme ennemi géopolitique, les États-Unis comme ennemi géostratégique et l’URSS comme ami géostratégique; pendant que les États du Bassin du Golfe, s’ils désignaient Israël comme ennemi, c’était une simple désignation «verbale», du bout des lèvres, pendant qu’ils désignaient les États-Unis comme ami et comme ennemi l’URSS; ceux-là avaient tous, tous niveaux confondus, les mêmes amis et les mêmes ennemis que ceux-ci qui avaient tous, tous niveaux confondus, les mêmes amis et les mêmes ennemis. Heureuse époque où les choses étaient claires et les amis et les ennemis facilement reconnaissables!

Elle prit fin, mais pas encore de sa belle fin, lors de la Guerre d’Octobre 1973 qui marqua durablement la région. Deux traits remarquables de la fin de cette «époque heureuse» -qui continuent de toujours façonner la reconfiguration régionale- me semblent dignes d’intérêt.

D’une part la qawmiyya ‘arabiyya, comme «discours politique» des Sunnites -comme on le comprendra après-coup-, et discours sous couvert duquel les Sunnites (y compris les Alaouites de Damas qui, à l’époque dont je parle, «parlaient sunnite», c’est-à-dire qawmi), prirent le Pouvoir partout dans le Bassin Palestinien et alentour; la qawmiyya ‘arabiyya donc arrivait à son terme laissant derrière elle un vide que n’arriva pas à combler le wahhabisme pour le moins dans le Bassin Palestinien; l’autre trait retenu, c’est la Guerre du Pétrole qui, lancée dans la foulée de la Guerre d’Octobre 1973, déplaça le centre de gravité de l’Orient, du Bassin Palestinien vers le Bassin pétrolier du Golfe.

Ce changement de théâtre d’opérations qui se déplaçait des frontières de l’État d’Israël vers ses confins transforma également la nature de la guerre: le changement de théâtre d’opération, qui bascula du côté du Basin pétrolier du Golfe, eut pour effet de fluidifier l’ennemi de naguère, l’estompant sans l’annuler.

Que faire contre un ennemi lointain, aux confins de l’Orient: la guerre est irréaliste et irréalisable; il ne resta plus aux Arabes que de l’inscrire, désormais, dans les termes d’une stratégie déclarative et seulement. Aussi, de «guerre dénotative» qu’elle était jusqu’en 1973, certes est-elle toujours «guerre», mais «métaphorique», comme le fut, par exemple, la guerre économico-pétrolière conduite en 1973 par l’Arabie saoudite.

Conséquence géopolitique: la mort du discours qawmi et le déplacement du centre régional de gravité vers le Bassin pétrolier du Golfe sonnèrent le glas de la régionale hégémonie politique, idéologique et populaire du Bassin Palestinien qui orienta jusque-là la politique au Proche-Orient et idéologiquement tout l’Orient d’alors, les ordonnant à la Question palestinienne et à l’Unité arabe.

C’est la fin de toute une époque et le commencement d’une autre ou l’ennemi commun des Arabes, Israël, sans encore susciter des vocations de reconnaissance comme par la suite, n’occupera plus cette place unique d’ennemi qu’au plan discursif, voire politique et diplomatique mais plus jamais au plan militaire, sauf pour ceux qui refusaient de l’entendre ainsi et, refusant la métaphore, voulaient une guerre réelle, ceux-là même qui donneront naissance, par la suite, aux fameux acteurs non-étatiques (la Résistance palestinienne dès 1969, puis les Chiites: le Hezbollah du Liban, les milices chiites d’Irak et alentour, les Hûthis que les nouvelles lignes de fracture ont rapproché de l’Iran; tous bizarrement qualifiés de «terroristes».)

Mais rien ne fit pour refaire flamboyer le drapeau du Bassin Palestinien sur la région, l’épopée nassérienne était bien morte enterrant avec elle et la guerre conventionnelle des États arabes (sunnites) contre Israël et leur hégémonie.

Sykes-Picot subissait là, sa première forte secousse, dès lors que la ruine de la capacité hégémonique des Sunnites fit d l’Orient un espace vide de puissance. Et l’appel du vide, comme chacun sait, est une vieille habitude de l’Histoire et des Etats.

L’année 1979 initia une suite, à l’origine déréglée, de bouleversements systémiques de la scène orientale qui ont chambardé la stratégie des relations régionalo-internationales sans qu’elles trouvent à se stabiliser jusqu’à aujourd’hui; suite dérèglée certes, qui trouvera néanmoins à s’ordonner dans les dynamiques qui entamèrent toute la scène orientale selon des lignes de fracture – qui sont toujours aux fondements de la Crise.

L’Iran, à l’assaut du ciel oriental, seule puissance régionale dotée d’une «force de projection»

La première séquence de ces évènements systémiques fut la Révolution islamique de 1979, laquelle permit à une Puissance persane et chiite à tradition impériale et, pour le moins, à vocation de Grande puissance régionale, voire, unus inter pares, la seule, de se lancer à l’assaut du ciel oriental.

Passons sur les vicissitudes de sa politique étrangère, anecdotiques au regard de notre propos, il se trouve néanmoins que de 1979 à nos jours, l’Iran chiite, sacrifiant intelligemment à sa politique, a été la seule Puissance à avoir réussi à se doter des moyens de sa politique de Puissance -ce qui n’est le cas d’aucun État sunnite, sauf de la Turquie, dans l’absolu certes, mais il ne le semble pas en Orient-, moyens dont les plus importants me semblent au nombre de deux: la Wilâyat al-Faqîh5 et les acteurs non-étatiques (les Milices chiites armées), implantées dans toute sa zone d’influence.

Si le premier de ces moyens disposait l’Iran à se doter d’un Pouvoir central qui s’étend à/et s’exerce sur la majorité des Chiites disséminés à travers l’Orient -où il se présente et est largement perçu comme leur défenseur, entendre le défenseur des Chiites minoritaires dans les États sunnites, persécutés ici et là, marginalisés et laissés pour compte ailleurs.

Le second de ces moyens, l’irruption des acteurs non-étatiques, les Milices chiites, fit de l’Iran la seule puissance régionale dotée d’une «force de projection» à distance qui lui permet d’intervenir sur toutes les scènes régionales en crise de Pouvoir d’État (Liban, Syrie, Irak, Yémen Bahreïn), sans qu’il lui en coute en termes d’engagement militaire ou en rapports diplomatiques.

Aussi a-t-il réussi à faire entendre la voix chiite au travers de sa voix; l’un dans l’autre, c’est bien dans cette volonté de représenter les Chiites disséminés et la volonté de les réunir, pour ne pas dire les unifier, par-delà leurs différences (nationales, ethniques,…), que se justifie, au plan politique, la mise en place d’un Pouvoir centralisateur, la Wilâyet al-faqîh6 tombant juste à point?

Mais pour dure que fût son irruption sur la scène orientale, l’Iran ne comptait pas, je crois, chambouler l’architecture des États-Nationaux tel que léguée par le système sykespicotien; il voulait, comme pourraient le prouver ses discours mais aussi ses politiques au Liban, en Syrie avant les révoltes de 2011, en Irak ou au Yémen;

Il voulait alors «se glisser» dans ces États, s’y «faufiler», y créer des sphères d’influence, au prorata de la représentativité des Chiites qui y sont, voire un peu plus mais cette fois au prorata de la puissance régionale de l’Iran.

L’Iran un État pertubateur et non pourfendeur de l’ordre régional

Comme aurait pu dire l’amiral Castex, en termes de stratégie, l’Iran, serait «un perturbateur»(7) de ce système mourant plutôt que son pourfendeur; un perturbateur parce qu’il ne joue pas le jeu des Sunnites, dont le cadre de jeu a été établi par Sykes-Picot, lequel occulta les Chiites. Refusant de jouer son Grand Jeu oriental selon les règles jusque-là admises, l’Iran joua sa partition selon deux visées complémentaires: maintenir Sykes-Picot en l’état, et y prendre la part de pouvoir qui lui est dévolu (= dévolu aux Chiites).

Les choses changèrent après les «révoltes arabes» de 2011, quand la scène de l’Orient ancien fut irrémédiablement abolie, mais n’anticipons pas.

Cette première séquence non seulement confirma le déplacement du centre régional de gravité, mais en y introduisant l’acteur «chiite» en tant qu’acteur régional, elle y introduisait, de force, comme un retour du refoulé, un acteur non prévu à l’appel. Et ce qui devait arriver arriva: un bouleversement géopolitique de la scène orientale dans son entièreté. Un autre coin, de taille celui-là, s’enfonça dans l’ordre sykespicotien. Egalement bouleversé sera désormais la désignation de l’ennemi, lequel glisse du seul Israël vers un flou de désignation qui empêche de le révéler encore explicitement.

Car l’Iran, chiite et persane, en raison de son irruption sur une scène qui lui était jusque-là interdite, fut d’emblée perçu par son environnement géopolitique immédiat comme une menace tout à la fois diffuse, une épée de Damoclès en quelque sorte: menace-t-il leur existence par la subversion chiite de leur population qui oscille entre 10 et 30 dans toute la Péninsule mais ailleurs qu’au Bahreïn où ils constituent une forte majorité, ou encore en Irak, au Liban, au Yémen?

Menace diffuse, certes, mais explicite aussi par la poussée milicienne des acteurs non-étatiques (à cette époque, tous chiites) dans les terres du Proche-Orient (Syrie, Liban, Irak), chasse-gardée des Sunnites depuis les Omeyyades, aux commencements de l’Empire islamique.

Rejet et méfiance mutuels tracèrent les premiers pas d’un «état de guerre» comme dit Hobbes (8), fait de peur et de cette insécurité généralisée qu’induit la volonté réciproque d’en découdre, c’est une «intention de guerre» plutôt que la guerre proprement dite, certes, mais dès cette époque les signes avant-coureurs d’une guerre ouverte pour l’hégémonie de la région se dessinaient silencieusement.

La suite des évènements systémiques de cette première séquence (1980-88/Guerre Irak-Iran qui mit un terme provisoire à la montée en puissance de l’Iran; 1990/Invasion du Koweït par l’Irak et 1991/Contre-offensive étatsunienne de libération (sic) du Koweït; dans la foulée, irruption des Kurdes sur une large plage de la scène orientale; 1993-95/Accords d’Oslo et rétrécissement comme peau de chagrin de la question palestinienne qui de question systémique et politiquement centrale se retrouva réduite aux dimensions d’une des scènes du système, l’israélo-palestinienne, aux effets circonscrits à cette scène.

D’ailleurs, pour signifier la «disgrâce» de la Question palestinienne, on est passé du conflit «israélo-arabe» au conflit «israélo-palestinien»); or donc cette suite d’évènements systémiques qui a eu, pour l’essentiel, le Bassin du Golfe pour théâtre, n’a fait que confirmer, et tendanciellement et conjoncturellement, le déclassement du Bassin Palestinien et, par glissement métonymique, du conflit israélo-palestinien lui-même.

La seconde séquence commença en 2001-2003, lors de l’attaque «terroriste» du siècle (2001/Ben Laden) et les invasions par les États-Unis, sous prétexte de «Guerre contre le terrorisme», de l’Afghanistan et de l’Irak entre 2001 et 2003. Aux effets dévastateurs de la première séquence s’ajoutèrent, les amplifiant à leur paroxysme, les effets encore plus dévastateurs de cette seconde qui abîma le système qui ne s’en est plus remis.

Si l’Iran ne fut de ce système qu’un «perturbateur», il reviendra aux États-Unis, dans l’Irak conquis, d’en être le pourfendeur, si on l’entend dans son sens vieilli et littéraire, de ce qui contient l’idée d’abattre sans quartier, de «celui qui fend complètement, qui tue».

Avec l’invasion de l’Irak, Les États-Unis s’emparaient d’une forte sunnite de la région, à l’épicentre du Proche et du Moyen orient

En envahissant l’Irak, les États-Unis non seulement prenaient une place forte sunnite de la région, mais s’installaient à l’épicentre et de l’Orient. C’est que l’Irak a/avait ce privilège unique et singulier d’être à la charnière des deux Orients, et le seul de simultanément appartenir aux deux. Politiquement, de par son idéologie baathiste, son engagement qawmi, son socialisme, sa laïcité, du fait enfin qu’il se rangeait dans le camp des ennemis Israël qui était le camp mondial de l’URSS, il relevait du Proche-Orient, c’est-à-dire du Bassin Palestinien; mais en raison de son pétrole il relevait du Moyen-Orient, c’est-à-dire du Bassin pétrolier du Golfe. D’où son importance stratégique.

En le conquérant, les États-Unis conquéraient une pièce maitresse pour leur Grand Moyen-Orient, pensant qu’à l’occasion de ce désastre provoqué, ils pourraient se régionaliser sans s’orientaliser: s’impliquer directement dans les affaires de l’Irak en faire un allié sûr et obligé et l’intégrer dans un système impérial d’alliance mondiale et de domination régionale.

En fait ce fut une «stratégie de désastre»! C’est au cours de leur traversée sanglante que commença la descente aux enfers de l’Irak qui se retrouva converti en champ de ruines:

En interne, un pays pétrolier exsangue, sans État, sans les Appareils d’État (notamment sécuritaire: armée, services de sécurité,… tous dissolus par décret Bremer/ien) et pourtant nécessaires au maintien de l’ordre, de la stabilité et de la sécurité dans un pays en proie à un chaos généralisé, au pillage à grande échelle et où ses sociétés vivent soit en «état de guerre» soit se livrent carrément la guerre.

Toujours en interne mais cette fois-ci d’un interne qui déborde sur l’externe puisque le changement d’identité de l’Irak (d’État sunnite à État chiite) changeait l’ordre et les règles du Grand jeu sykespicotien lui-même, au détriment des Sunnites qui prirent la chose comme une défaite. Kaput l’ordre sykespicotien qui n’a pas sombré du fait de la proclamation de l’État califal (sic) et transfrontalier d’al-Baghdâdi, mais bel et bien par l’invasion étatsunienne: les bouleversements qu’elle entraina entamèrent définitivement l’ancien ordre géopolitique, de bout en bout de l’Orient.

Enchâssée comme une poupée russe dans le désastre étatsunien, la troisième séquence prit fin selon deux modes antagoniques: le premier, selon un mode géopolitique dès lors que l’élimination, par les États-Unis, des deux leaders sunnites (l’afghan et l’irakien) capables de tenir tête à l’Iran chiite créa comme un appel de vide auquel l’Iran, déjà prête, s’empressa de répondre. Se saisissant de cette opportunité que lui offrait l’Histoire à travers la politique étatsunienne, elle se lança dans sa seconde montée en puissance régionale; montée facilitée par le fait que l’Irak, désormais État chiite, lui ouvrait une voie royale d’accès à l’Orient, mais cette fois étatique et non plus seulement milicienne.

Le Sunnisme au Pouvoir dans la Péninsule ressentit ce renversement de l’ordre étatique comme une perte irréparable qui ne fit qu’alimenter son ressentiment (séculaire, voire millénaire, notamment de la part des salafistes) à l’encontre des Chiites, et tout particulièrement de l’Iran chiite et persan; le second selon le mode du djihâd qui connut sous l’occupation et de son fait, un essor remarquable, mais surtout, les jihadistes s’aguerrissant, s’émancipèrent, tuèrent le «Père» (Ben Laden) et formèrent la seconde génération de jihadistes… qui donnera les milices sunnites de l’organisation de l’État islamique quelque dix ans plus tard (2003… -2013/14).

Ainsi, la contre-offensive sunnite pour faire revenir le refoulé en refoulant l’ennemi, ne vint pas, dans un premier temps, des États sunnites de la Péninsule qui ne surent, durant toute une période, comment réagir et réagissaient en cacophonie; pendant que cette riposte vint de la part des jihadistes de la seconde génération, qui lui donnèrent un tour milicien, sanglant et sauvage.

La riposte sunnite avec le Roi salmane

suite… centenaire-des-accords-sykes-picot-du-renouvellement-de-la-question-d-orient

 

ASSASSIN’S CREED: MON ENQUÊTE A SIENNE SUR LA MORT DU DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION DE LA MONTE-PASCHI


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par Pierre Jovanovic

Le cache du site ici : jovanovic.com    

Le Siège de la Banque Monte-Paschi à Sienne, Italie, Novembre 2016

ASSASSIN’S CREED:
MON ENQUÊTE A SIENNE SUR LA MORT DU DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION DE LA MONTE-PASCHI

du 21 au 25 novembre 2016 :
SIENNE, Italie. Le 6 mars 2013, David Rossi, le directeur de la communication de la banque Monte Paschi di Siena, s’était jeté par la fenêtre de son bureau et y avait perdu la vie. Il s’était suicidé. Du moins c’est comme cela que le communiqué de la banque avait présenté l’affaire, un triste suicide.

Les autorités judiciaires italiennes avaient donc très vite classé le dossier, confirmant qu’il s’agissait bien d’un suicide: « le banquier était stressé, il a eu peur d’un juge qui enquêtait sur un vieux scandale et a décidé de se jeter par la fenêtre« . La presse italienne, régionale et nationale, n’ayant rien trouvé ou révélé de plus par rapport au communiqué officiel du procureur, du coup tout le monde est passé à autre chose.

De plus, à l’époque cela s’était inscrit dans une série de banquiers morts les uns après les autres, le plus souvent par suicide. Une mort nouvelle effaçait la précédente dans les informations économiques.

Mais il y a des morts qui ne restent pas en place.

Et qui réclament vengeance.

C’est le cas de David Rossi.

Son dossier a été brutalement reouvert cet été par la justice italienne après que le New York Post eut publié en juin la vidéo prise par l’une des caméras de sécurité de la banque. Les images montrent la chute de David Rossi (en particulier son atterissage brutal sur le grès sombre de la rue), son agonie qui dure à peu près 30 minutes, et l’apparition de divers hommes qui viennent l’examiner comme des croque-morts, puis repartent comme des assassins venus juste vérifier si leur cible était bien morte.

En voyant ces images, cela m’a scandalisé et confirmé mon sentiment qu’il y avait bien quelque chose de profondèment pourri à la Monte-Paschi de Sienne.

Aussi, dès que mon agenda me l’a permis, j’ai sauté dans un avion pour en savoir plus sur David Rossi et sur les circonstances qui entourent de sa disparition.

Vous n’allez pas être déçus! En reportage à Sienne pendant 7 jours, j’ai ainsi « campé » devant le siège social de la banque.

Elle a refusé de me recevoir : – ) Vous allez comprendre pourquoi.

suite…

jovanovic.com/blog-reportage-montepaschisienne

 

 

Du Bigcoin au Onecoin : de la genèse de l’arnaque ponzienne


par P. Roussel

lelibrepenseur.org


Article précis et pointu de l’économiste Pascal Roussel, enrichi par plus d’une vingtaine de sources qui confirment une bonne fois pour toutes que le Onecoin est une pyramide de Ponzi et rien d’autre. Ses fondateurs étaient déjà à l’origine de plusieurs arnaques semblables dont le Bigcoin mais il semble que les gens aient une courte mémoire. Il suffit de lire l’article ci-dessous pour connaître les CV extraordinaires des escrocs fondateurs de ces monnaies virtuelles (cf. l’image de une). Laurent Louis peut faire ce que bon lui semble, il ne pourra modifier la réalité de ces faits. Cet article de M. Pascal Roussel fait suite à ma réponse précédente aux divagations de Laurent Louis que vous trouverez ici. En espérant pouvoir sauver quelques naïfs des griffes de l’avidité même si par expérience, les chaînes de Ponzi sont de quasi sectes qui font perdre la raison à leurs victimes. À bon entendeur.


Mis à part quelques spécialistes, si on demande à quelqu’un dans la rue ce qu’il connaît du bitcoin, il vous répondra probablement quelque chose du genre :

« C’est une monnaie électronique nouvelle qui vaut actuellement beaucoup d’euros et les malins qui en avaient acheté au début de sa création sont maintenant riches »

C’est à peu près correct et donc le raisonnement qui consiste à dire que « celui qui achète une monnaie cryptographique à ses débuts peut potentiellement faire une énorme plus-value » tient la route. Mais il n’y a bien évidemment aucune certitude.

Le bitcoin est une monnaie que l’on peut échanger contre des euros ou des dollars US sur de nombreuses plateformes d’échanges sur lesquelles on peut facilement trouver le taux de change et de nombreux commerces en ligne sur Internet offrent la possibilité de payer en bitcoin (A). Bien entendu le bitcoin n’est qu’une cryptomonnaie parmi bien d’autres. On trouvera la liste et les capitalisations correspondantes sur certains sites de référence bien connus. (B)

Étrangement, le Onecoin ne s’y trouve pas, n’existe sur aucune plateforme d’échanges et aucun commerce en ligne ne l’accepte comme moyen de paiement.

La seule plateforme d’échange pour le Onecoin est celle renseignée sur le site officiel de Onecoin, à savoir www.XCOINX.com mais, malheureusement, elle est en panne depuis janvier 2015 et ne fonctionne pas à ce jour. Dommage que les concepteurs ne parviennent pas à la réparer, car des plateformes d’échanges sont les seuls véritables moyens de connaître la vraie valeur de marché d’une monnaie cryptographique. À défaut, il faut croire sur parole les émetteurs de cette monnaie…

Tout le monde connaît la loi universelle de l’offre et de la demande qui nous dit que quelque chose de rare et désirable a forcément un prix élevé. Simple question de bon sens. Par contre pour le Onecoin, une autre loi économique nouvelle est d’application « plus la difficulté de mining est grande, plus le prix est élevé » et peu importe si la monnaie est rare et désirable (C).

Mais ne soyons pas médisant ; c’est tout simplement parce qu’Onecoin est trop nouveau et victime de son succès fulgurant. Tout cela finira par s’arranger.

En lisant les mentions légales de la société telles que publiées sur le site de Onecoin (D) on apprend que la société n’est plus domiciliée en Bulgarie mais qu’elle est maintenant basée à Dubaï. Après tout pourquoi pas, d’autant que là-bas, ils sont moins regardant qu’en Europe. Légalement, elle vend des « produits et services » sans plus de détails. Pour le reste de la documentation légale, rien que des banalités, on n’en saura pas plus.

Qui sont les fondateurs ?

On trouve facilement sur Internet la vidéo (E) de DR Ruja Ignatova co-fondatrice de Onecoin en pleine promotion de la pseudo cryptomonnaie Bigcoin, l’ancêtre du Onecoin, une arnaque reconnue (F). À ses côtés on trouve Sebastian Greenwood impliqué dans la fraude du Prosper Club (G) en compagnie de Jarle Thorson and John Ng eux-mêmes impliqués dans la fraude du Sitetalk (H). Quant au premier président de Onecoin, Nigel Allan, c’est un fraudeur professionnel impliqué par exemple dans le scandale du Crypto 888 Club (I) ou le Brillant Carbon (J).

Mais, une fois de plus, ne soyons pas médisants tout le monde peut s’amender et changer.

De manière purement hypothétique, imaginons que vous soyez une bande d’escrocs et que vous vouliez mettre en place une pyramide de Ponzi. Pour rappel, une pyramide de Ponzi est un montage financier dans lequel une victime achète à un vendeur quelque chose qui va soi-disant lui rapporter de l’argent de manière régulière. En réalité une partie de l’argent que ce vendeur empoche va servir à payer les montants que les autres victimes s’attendent à recevoir après avoir, elles aussi, acheté l’investissement en question. Dans ce genre de montage, les premiers inscrits gagnent au détriment des suivants. À ce jour, la plus grande arnaque Ponzi ayant fait des victimes parmi les gens ordinaires reste MMM (K). Le tristement célèbre Madoff jouait lui dans une autre catégorie, car il a floué de grandes institutions financières et de très riches personnes avec sa pyramide de Ponzi.

En tant qu’escrocs, vous allez être confrontés à deux problèmes principaux pour installer votre montage Ponzi :

  1. Il vous faut trouver quelque chose à vendre qui donne l’illusion que cela peut rapporter gros. Il faut une histoire crédible pour endormir la méfiance de la victime et il faut une vitrine reluisante. Par exemple, la chose à vendre pourrait être une nouvelle monnaie cryptographique à ses débuts. Tout le monde sait que cela peut rapporter gros. En plus, c’est compliqué, plein de concept hautement techniques et donc impossible à vérifier pour le malheureux profane.
    Il faudra bien entendu un site internet ronflant (K1), des gérants avec des diplômes et des titres impressionnants impossibles à vérifier et il faudra acheter des pages de publicités dans des magazines prestigieux en présentant cela comme des reportages ainsi que l’a fait Onecoin (L).
    Si possible il faudrait pouvoir offrir des cartes de crédit prépayées mastercard avec le logo de la pseudo cryptomonnaie dessus. Heureusement pour les escrocs ce n’est pas trop difficile à obtenir car mastercard n’est pas responsable des activités de la société dont le logo sera sur la carte, même un village de vacances peut en obtenir (M). L’effet sur la victime est garanti.
  2. Il faut convaincre les victimes de vendre elles aussi la pseudo monnaie. Bien entendu pour démarrer plus vite on peut partir de pyramides existantes (N) mais l’idéal est de mettre en place un système de vente multiniveau (O). Idéalement il faudrait aussi induire dans l’esprit de la victime, l’idée qu’elle fait partie d’un groupe de gens visionnaires qui ont vu juste envers et contre tous et que les critiques sont soit jaloux ou attachées au système actuel.

Pour faire vrai, les escrocs vont prétendre qu’il y a une chaîne de blocs accessible uniquement aux membres. Même si ce blockchain contient des invraisemblances grossières pour un spécialiste (P) ce n’est pas grave car la pauvre victime, profane, n’y verra que du feu. Par contre sur le site officiel pour éviter que ces bizarreries ne sautent aux yeux des spécialistes, il suffit de dire qu’un nouveau blockchain arrivera bientôt (Q) et pour rassurer le bon peuple on lui dira que ce blockchain est audité, d’ailleurs inutile de donner l’identité des auditeurs inexistants, il suffit de dire que tout va bien. Et finalement pour peaufiner l’illusion, les faussaires vont prétendre qu’il y a des mineurs qui génèrent cette nouvelle monnaie et ce même si dans un système centralisé comme Onecoin le concept de mining n’a aucun intérêt (Q1)

Une fois ces questions réglées, on peut mettre cet emballage (l’histoire de la monnaie cryptographique) sur une technique ponzi connue et éprouvée: le vendeur touche une commission sur ses ventes mais seule une partie peut être convertie en cash à tout moment. En plus la technique classique du splitting va être utilisée : les jetons (c.à.d. ici de simples points ponzi) vont être doublés de temps à autre sans que cela n’en affecte le prix (en dépit du bon sens et contrairement à ce que l’on observerait sur n’importe quelle plateforme d’échange publique)

Et comme toutes les pyramides de ponzi, le système fonctionnera aussi longtemps que le réseau restera en croissance et qu’il n’y aura pas un grand nombre de membres qui souhaitent récupérer leur mise en même temps.

Une fois que la victime constate que l’argent tombe régulièrement elle est anesthésiée, elle n’a plus le moindre doute et si la communication est bien faite (et avec le Onecoin elle est remarquable), elle va y croire avec une ferveur quasi religieuse.

Est-ce qu’il y a déjà eu des arnaques basées sur les monnaies cryptographiques ? Bien entendu il y en a régulièrement et en très grand nombre (R). Par exemple on trouve encore en archive des copies de la pub de Paycoin (S) qui était affichée à chaque événement international sur les monnaies cryptographiques.

Est-ce que cela peut durer encore longtemps ? Avec un peu de chance la fin est proche car la BAFIN (l’autorité de marché en Allemagne, extrêmement compétente) vient tout juste de lancer une enquête (T)

Conclusion

Alors que va-t-il se passer après la publication de cet article ? Cela dépend du lecteur :

Les gens sincères et honnêtes, fiers d’avoir le nez fin, qui investissent dans le Onecoin, une monnaie cryptographique en plein développement et surtout qui voient le fruit de cet « investissement » tomber régulièrement sur leur compte en banque vont crier à la médisance, à l’amalgame, à la jalousie, au complot du système actuel contre une nouvelle monnaie pleine d’avenir…etc. Sous le coup de l’émotion, ils résisteront au doute et avec la certitude de ceux qui savent, ils attaqueront vraisemblablement l’auteur ad hominem. À ceux-là, je dis à l’avance que c’est inutile et je tiens à les rassurer car je ne mène pas une croisade contre le Onecoin et je ne compte pas publier d’autres articles sur le sujet.

Ceux qui se rendent bien compte que c’est une arnaque mais qui veulent en profiter aussi longtemps que cela marche vont peut-être se dire qu’ils doivent redoubler de vigilance afin de retirer « leurs billes » à temps.

Enfin ceux qui hésitent encore auront ainsi découvert un autre point de vue. C’est à eux que s’adresse ce billet. Qu’ils agissent de manière responsable et n’oublient pas la sagesse populaire inspirée en fait d’une vérité spirituelle profonde et universelle: bien mal acquis ne profite jamais.

Comme alternative, il existe de nombreuses initiatives tout à fait honnêtes mais elles ne sont pas aussi juteuses. Pour ma part je soutiens celle d’Ednco (U) qui n’offre aucun moyen de spéculation et aucun gain rapide.

P. Roussel


(A) Pour rappel, Bitcoin écrit avec une majuscule représente le réseau de paiement avec son « blockchain » public accessible par tous et Bitcoin, avec une minuscule, représente la monnaie. Une chaîne de blocs (en anglais blockchain) est une liste reprenant une chronologie décentralisée et sécurisée de toutes les transactions effectuées depuis le démarrage du système réparti.
(B) http://cryptmarketcap.com/ ou coinmarketcap.com
(C) http://image.slidesharecdn.com/onecoinenglishupdated-150627004818-lva1-app6891/95/what-is-the-onecoin-conceptpart-1-7-638.jpg?cb=1435366397
(D) https://www.onecoin.eu/en/terms-and-conditions
(E) http://kusetukset.blogspot.lu/2016/05/ruja-ignatova-was-part-of-bigcoin-scam.html
(F) http://behindmlm.com/companies/onecoin/bigcoin-bna-the-original-onecoin-ponzi-points/
(G) https://prosperincscam.wordpress.com/2014/03/06/everything-you-need-to-know-about-prosper-inc-and-sebastian-greenwood-and-jarle-thorsen/
(H) http://sitetalkunaicowordpress.blogspot.lu/2013_03_01_archive.html
(I) http://crypto888isascam.blogspot.lu/2015/04/crypto888-club-domain-crypto-888-club.html
(J) https://www.youtube.com/watch?v=qmBhrTXHMlw
(K) https://en.wikipedia.org/wiki/MMM_(Ponzi_scheme_company)
(K1) En ce qui concerne Onecoin.eu on peut mieux faire !
(L) https://www.youtube.com/watch?v=FaFk9ppFVTU
(M) Par exemple l’Albacard http://www.albarella.it/en/services-island
(N) Onecoin a démarré en s’appuyant sur des pyramides connues: Conligus (+/- 10,000 membres liés aux frères Steinkeller), Univer Team (+/- 120,000 membres liés à Alexandre Arenales), Unaico/ SiteTalk, OPN (Opportunity Network), ( +/- 400,000 membres liés à – Sebastian Greenwood , Frank Rickets,  Christian Goebel, others), Bonofa (+/- 60,000 membres liés à – Christian Goebel), BNG International (+/- 10,000 membres liés à – John Mercucci).
(O) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_multiniveau
(P) Le lecteur anglophone curieux qui veut plonger au cœur de la question peut lire le paragraphe « Is Onecoin a cryptocurrency at all? » sur https://news.bitcoin.com/beware-definitive-onecoin-ponzi/ ou plus généralement sur http://behindmlm.com/mlm-reviews/onecoin-review-100-5000-eur-ponzi-point-cryptocurrency/ ou sur http://cointelegraph.com/news/one-coin-much-scam-onecoin-exposed-as-global-mlm-ponzi-scheme
(Q) https://www.onecoin.eu/en/blockchain
(Q1) Avec le Bitcoin, le blockchain est public et une copie est stockée sur d’innombrables ordinateurs sur internet. Dans ce système décentralisé le grand problème est la validation des transactions effectuées avec le Bitcoin et par conséquent la mise à jour de cette chaîne de blocs sur tous les ordinateurs qui en possèdent une copie. Comment être certain qu’un même Bitcoin transféré de Paul vers Jacques n’est pas aussi transféré au même instant à Pierre et comment faire en sorte que cette opération soit enregistrée sur toutes les copies du blockchain partout dans le monde. Les mineurs sont les ordinateurs sur internet qui valident les transactions et assurent l’intégrité et l’unicité du blockchain partout dans le monde et afin de les récompenser ils obtiennent automatiquement quelques Bitcoins. Avec Onecoin le membre se connecte à un blockchain centralisé, dans ce cas, il n’y a pas besoin de mineurs pour valider des transactions et mettre à jour l’unique chaîne de blocs. C’est ce que fait une banque quand elle enregistre vos virements et dépôts, il n’y a pas besoin d’avoir des mineurs extérieurs qui vérifient, vous pouvez le faire vous-même en consultant vos extraits bancaires.
(R) http://www.badbitcoin.org/thebadlist/
(S) https://www.youtube.com/watch?v=818X7OQS-nM
(T) http://ethanvanderbuilt.com/2016/06/04/onecoin-scam-investigation-germany-bafin/
(U) https://www.ednco.com/fr/le-journal/ednco-une-histoire-de-co-creation-le-documentaire/