De la matière à la Lumière – Pierre Philosophale, modèle du monde


par Burensteinas Patrick

Année : 2008

Ce texte provient d’une conférence donnée par l’auteur
Grenoble, le 7 novembre 2008.

INTRODUCTION
Ce qui m’a conduit à l’alchimie, c’est le coefficient de
charme. Quand on veut savoir de quoi est composé un
corps, on envoie un projectile sur une cible. La cible va
partir en morceaux et en fonction des trajectoires, on
aura la réponse.
On peut constater deux choses :
La première c’est qu’on a des trajectoires avant que le
projectile n’atteigne la cible. S’il existe des trajectoires –
donc des traces physiques – AVANT l’explosion, c’est que
les particules qui ont tracé ces trajectoires ont forcement
remonté le temps.
La deuxième c’est qu’il y a a toujours des trajectoires qui
sont spécifiques à l’expérimentateur alors qu’elles sont
normalement aléatoires. Il existe une espèce de signature
quantique. Ce qui veut dire qu’il y a une interaction
directe entre l’homme et ce qu’il fait alors qu’on est
censés être dans un espace de confinement absolu.
C’est ce qui m’a le plus choqué et intéressé bien sûr ! Car
cela veut dire que l’information circule entre nous et la
matière par des moyens non conventionnels. Cela fait
longtemps qu’on le sait.

Il y a donc une signature, une interaction entre l’homme
et la matière. C’est de la magie ça ! ce n’est pas possible !
Cette constatation a des applications scientifiques. On va
être capables, par exemple, de faire des télécommandes
sans télécommande… Naturellement, on n’en est pas
encore là car c’est un phénomène quantique tout de
même !
Il y a aussi des personnes qui passent à côté d’un
ordinateur et celui-ci cesse de fonctionner. Il ne s’agit pas
de décharges électrostatiques. Nous n’avons pas trouvé
d’explication. Ces gens ont des rapports bizarres avec les
choses et le contraire est vrai aussi.
Quand on travaille dans les laboratoires, normalement
n’importe quelle personne peut faire une expérience
scientifique puisque celle-ci est reproductible par
n’importe qui dans les mêmes circonstances ; mais dans
les faits, on désigne souvent quelqu’un parce qu’avec lui
l’expérience fonctionne.
Voyant cette interaction entre l’homme et la matière, j’ai
d’abord cherché dans la science officielle, mais ça
n’intéressait personne. Je m’en suis alors écarté et c’est à
ce moment-là que je suis tombé sur un vieux bouquin de
François Jollivet-Castelot, datant de 1894, intitulé La vie
et l’âme de la matière. Même s’il n’avait qu’un intérêt
relatif, il disait toutefois qu’il y a quelque chose associée à
la matière sur laquelle on peut agir et qui donne une
réaction. Je me suis dit : « C’est cela ! » Et pour la
première fois j’ai entendu parler de l’alchimie. Pour moi,
c’était un monceau de superstitions, un truc moyenâgeux.
J’ai tout de même regardé les expériences décrites… et j’ai

pensé : « Mais qu’est-ce que c’est que ce foutoir ! » Je me
suis alors dit que pour montrer que c’était faux j’allais les
faire ces expériences… Et les expériences ont fonctionné.
Là j’ai vu des choses que je n’ai pas comprises. Par
exemple, des corps qui ont augmenté de masse. Un poids
qui change ce n’est pas possible! La masse volumique
d’un corps n’a aucune raison de changer. Et ces corps
n’entraient plus dans le tableau de classification
périodique des éléments.
Deux possibilités se sont alors offertes à moi :
La première, c’était de me dire que tout cela ce sont des
foutaises, c’est dangereux, cela ne peut pas exister, je vais
faire autre chose.
La deuxième, c’était de penser que c’était très intéressant
mais qu’il allait falloir que je m’échappe de la science dite
« officielle ».
J’ai choisi la deuxième solution. J’ai monté mon
laboratoire et j’ai commencé à expérimenter. J’ai fait de
l’alchimie opérative avant de comprendre les textes.
D’ailleurs, je n’y comprenais rien du tout à ces textes.
J’avais juste entendu parler de la matière première et à
partir de là j’ai pensé, à travers les écrits de Newton, à
cette idée de purification. C’est-à-dire comment purifier
la matière pour mettre en place cette interaction entre
elle et l’homme. Il s’est passé des choses… Je pense que la
science ne peut pas être sans conscience, on ne peut pas
nier cette interaction. Beaucoup la nient, cependant, et
c’est leur droit. Mais il y a toujours eu des savants qui ne
se sont pas contentés des savoirs de leur époque comme
Galilée, par exemple, dont les recherches l’avaient

convaincu que Copernic avait raison en prétendant que
les planètes tournaient autour du soleil et sur elles-mêmes,
l’héliocentrisme contre le géocentrisme. Galilée
fut condamné par l’inquisition pour avoir désobéi au
Pape de l’époque, Urban VIII, en raison de son soutien à
Copernic. Il ne fut réhabilité que le 31 octobre 1992 par le
Pape Jean-Paul II, 359 ans après avoir abjuré devant le
Tribunal de l’inquisition.
Nous sommes pris dans des systèmes. C’est la différence
entre le savoir et la connaissance. Le savoir c’est voir ça et
rien d’autre, alors que con-naître c’est naître avec… On
voit les gens qui ont du savoir et pas de connaissance à ce
qu’ils ramènent tout à leur savoir et à rien d’autre. Mais
aujourd’hui, il n’y a pas un scientifique sérieux qui ne
tienne pas compte de l’interaction entre
l’expérimentateur et l’expérience. C’est impossible.
Prenez deux cuisiniers qui ont la même formation, les
mêmes produits, qui ont les mêmes outils. Demandez-leur
de faire les mêmes plats. Il y a en a un qui fera un
plat délicieux et l’autre cuisinera un plat moyen. Ils
auront utilisé les mêmes produits. Le premier cuisinier a
le tour de main, le petit quelque chose en plus. Et bien,
c’est cela l’alchimie ! L’interaction entre l’opérateur et la
matière sur laquelle il opère, et réciproquement
d’ailleurs. Ce n’est pas quantifiable. Mais l’art n’est pas
quantifiable non plus ! L’art, d’ailleurs, est une fenêtre
sur l’éternité. Une œuvre d’art, j’entends une véritable
œuvre d’art, nous rend immobiles.
Par exemple, en regardant une sculpture vous restez
bouche bée. Par contre, avec d’autres œuvres, vous

pouvez ne pas être immobilisés et vous êtes agités par
diverses émotions. C’est que l’artiste s’est débarrassé de
ses émotions dans son œuvre, et quand vous la regardez
elle vous les communique. Il a réussi son coup ! Mais il y
a certains artistes qui sont capables de transmuter leurs
émotions pour ouvrir des fenêtres sur la Lumière.

COMMENT UN ALCHIMISTE DU XXIe SIÈCLE
VOIT-IL LE MONDE ?

Avant le début il n’y a que l’Unité.
C’est-à-dire ni Lumière ni ténèbres.
Pour une raison que l’on ignore, une partie de cette Unité
se met en mouvement. Dès lors, la partie agitée prend le
nom de ténèbres (composée de Lumière agitée) et le reste
perd le nom d’Unité pour prendre le nom de Lumière
(composé de lumière immobile).
À partir de ce moment car il y a moment, le temps venant
de naître en même temps que la matière, un mince filet
de Lumière\matière s’enroule sur lui-même créant une
densité plus grande que l’environnement. La matière telle
que nous la connaissons est née.
Il y a donc dans notre univers beaucoup plus de Lumière
que de matière. Et cette Lumière exerce en permanence
une pression sur la matière.
On trouvera dans les textes occidentaux une formulation
mettant en œuvre une opposition entre les ténèbres
(matière) et la Lumière (énergie). Cette opposition n’est
ici qu’apparente.

On peut avoir une vision de l’univers tel un tricot ou un
tissage de ce seul et unique fil créant les diverses formes.
En termes d’image, ce peut être celle d’une nappe tissée
d’un même fil aux motifs différents, singuliers, créant des
plis. Tout y est en interrelation et dans son essence
identique.
Dans ce processus, la Lumière repousse la matière
rassemblant tout en un point. Au cœur de toute galaxie, il
y a un trou noir, c’est l’ultime refuge de la matière.
Cette Lumière n’est pas la lumière visible qui est déjà une
forme.
Pour retrouver la Lumière, c’est la quête de l’immobilité
et de l’alignement. Quand vous êtes sur le chemin, vous
êtes en mouvement. Quand vous êtes le chemin vous êtes
immobile.
Le but de l’alchimie est de transformer la matière en
Lumière (énergie), ce qui est l’inverse du mouvement de
la création qui, elle, densifie la Lumière et la transforme
en matière.
Finalement, c’est l’intensité du moment présent qui est la
principale chose. La recherche de l’unicité, du point «
comme un », cette ouverture sur le monde qui montre
que tout est bon et beau. L’important est de retrouver sa
faculté d’émerveillement, son âme d’enfant, et de goûter
la poésie du monde.
C’est au filtre de nos émotions qui sont l’intelligence de
l’ego que le monde apparaît laid. La clef de cette
recherche est la persévérance, au sens littéral : percer
pour voir au-delà des apparences. La souffrance en ce
monde n’existe que par l’ego, c’est une souffrance

intellectuelle « ce que j’attends et qui ne vient pas ». Il y a
une phrase qui l’exprime : « Qu’il est dommage que les
roses aient des épines », et une autre qui y répond : «
Réjouis-toi que les épines aient des roses. » Tout est une
question de point de vue. Il y a dans ce monde une
glorification de la souffrance. Si les gens sont envieux et
méchants, c’est qu’ils ont le temps, quand je suis vide, je
me plains !
La quête, c’est rompre les oppositions, pardonner aux
ténèbres et réciproquement, faire que les deux
s’entendent.
Ceux qui ont réalisé aiment tout le monde et le vrai
secret, c’est qu’il n’y en a pas !

LA LANGUE DES OISEAUX
Cette langue très volatile, c’est-à-dire très subtile, est
utilisée par les alchimistes pour transmettre leurs secrets
de fabrication, et cela va me permettre de faire un lien
amusant (âme usant) car ensemble on va s’user l’âme,
cette âme qui nous agite et on va essayer de perdre cette
agitation.
Cette langue va nous donner quelques clefs de
compréhension et il y a trois manières de l’entendre.
La première c’est le jeu de mot : par exemple je vois
quelqu’un qui porte des lunettes j’entends lu net, c’est
bien ce à quoi sert l’objet. À travers ces jeux de mots on va
trouver une démarche, et on va commencer à comprendre
le propos.
En alchimie, on ne parle pas de marche mais de
démarche, c’est sans doute que l’on va s’arrêter quelque
part : en effet, la quête de l’alchimiste n’est pas celle du
mouvement mais celle de l’immobilité.
Cette démarche va se faire d’une certaine manière
puisqu’on va entendre cette langue des oiseaux avec le jeu
de mot. Vous savez que tout ce qui est autour de nous
s’appelle la matière qu’on va entendre l’âme a tiers. Si
l’âme a tiers il va y avoir 2/3 d’autre chose. On a déjà une
idée. Peut-être que notre dé-marche, notre point d’arrêt
va passer par 3 passages, 3 pas sages, un pas à travers
chaque partie. Pour l’âme on sait : 1/3. On va voir qu’il y a

deux autres parties et cela me permettra ainsi de parler
de l’alchimie d’hier avant de parler de l’alchimie
d’aujourd’hui.
Si on est des apprentis sages, quand on aura fini ces trois
passages, on pourra trépasser comme son nom l’indique
et il n’y a rien qui ne ressemble plus à la mort que
l’immobilité. Mais la mort, c’est l’âme hors et pas
forcément la mort.

On a donc une idée de ce que peut être l’alchimie :

– Je cherche l’immobilité
– Je vais faire 3 passages
– Et à travers ces 3 passages je vais avoir
quelque chose qui ressemble à la mort

Évidemment, pour faire cela, j’imagine que je suis
incapable de le faire tout seul donc je vais prendre des
intercesseurs entre les hommes et les Dieux qu’on a
appelés les anges à entendre En Je. On sait donc où ils
sont. Il y a donc quelque chose à trouver à l’intérieur de
nous. Cela se précise :

– Il va falloir que je fasse une démarche
– Que je fasse trois passages
– Que je cherche quelque chose qui est à
l’intérieur de moi
– Et je ressemblerai à quelque chose qui est
mort
– Je serai donc immobile et je serai peut-être
sur le chemin de ce que je cherche

Cela ne veut pas dire que j’aurai trouvé car je serai un
initié et l’initié est sur le chemin de la Lumière, cela ne
veut pas dire qu’il l’a atteinte. Pour l’atteindre, il faudra
que ce qui est à l’intérieur soit la même chose que ce qui
est à l’extérieur donc il va falloir que je fasse un lien entre
l’intérieur et l’extérieur, une espèce d’arc en je. Si de
l’ange je suis passé à l’archange c’est peut-être que j’ai
réussi à faire ce lien. A un moment, il n’y aura plus de
différence entre l’intérieur et l’extérieur. À ce moment-là
tout sera Un car il n’y aura plus de différence. Notre quête
c’est la quête du Un notre point commun (comme un).
L’incompris deviendra l’Un compris. C’est un jeu et cela
nous met sur le chemin. C’est la première manière
d’entendre la Langue des Oiseaux, la manière la plus
simple.
La deuxième manière d’utiliser la Langue des Oiseaux,
c’est le jeu de mot avec une clef à l’intérieur.
Par exemple, l’alchimiste visite le château de Dampierre-sur-
Boutonne et son grimoire de pierre alchimique. Il
observe que chaque série de caissons est séparée de la
suivante par 3 caissons décorés du monogramme de
Henri II et des croissants de Diane de Poitiers. Or, le
croissant est l’attribut d’Isis, de Diane chasseresse, il est
le symbole de la lune, de la couleur blanche et du métal
argent.
Donc l’alchimiste entend Diane de Poids tiers. Comme il y
a un rapport entre les dieux et les métaux, il saura que
Diane c’est la Lune, et la Lune c’est l’argent. Il utilisera
donc le tiers du poids d’argent. Il y a donc un jeu de mot
et une clef à l’intérieur.

La troisième manière, la plus intéressante, c’est lettre par
lettre. Chaque lettre a un sens et la manière dont chaque
lettre s’articule avec sa voisine donne une clef.
Par exemple, si je prends le mot mort. La mort s’écrit
MORT. La forme de la première lettre (M) c’est une
femme qui accouche, la création, vous entendez AIME.
Après vous entendez (OR) EAU AIR. Ensuite (T) pour
TERRE. On a tous les éléments sauf le FEU. Le Feu c’est
celui qui est mort. Ne disait-t-on pas de quelqu’un qui est
mort « feu untel » ? Si le Feu est parti, il reste l’Eau, l’Air
et la Terre. Rassurez- vous, vous n’avez aucune raison
d’avoir peur de la mort puisque le Feu continue son
chemin. Le Feu est sauf.
Est-ce que cette Langue des Oiseaux fonctionne dans
d’autres langues? La réponse est oui. En anglais, par
exemple, la beauté n’est vraie que si elle est complète
(beautiful) : notre quête étant celle de l’unité, on ne peut
trouver quelque chose que si cela remplit tout et toute
chose.

LA LUMIÈRE
Je vais essayer de faire le parallèle entre ce qu’on appelle
le passé et le présent c’est-à-dire la vision d’un alchimiste
du moyen âge et celle d’un contemporain en sachant que
pour moi il n’y a pas de différence entre les deux.
Entre quelqu’un qui travaille sur une cocotte-minute et
celui qui travaille sur un accélérateur de particules, il n’y
a aucune différence. La seule différence c’est la taille de la
cocotte-minute. Ce qui se passe dedans est un peu la
même chose. L’idée, c’est de montrer que ce qu’essayait
de trouver l’alchimiste du moyen âge comme celui
d’aujourd’hui, c’était l’unité de la matière.
L’alchimiste du moyen âge l’appelait la Lumière, c’est un
point de vue mystique. Cette Lumière c’est la perception
qu’on a aujourd’hui de l’Unité.
D’un point de vue physique, qu’est-ce que serait cette
Lumière ? C’est une énergie primordiale indifférenciée.
Ce n’est, toutefois, pas le terme approprié car l’énergie,
c’est déjà quelque chose. Il va donc falloir nous placer
avant la création, c’est difficile car on est à l’intérieur de
la création. Mais avant la création, il y avait quelque
chose d’indifférencié qui valait 1, on appelait cela la

Lumière et les Anciens se basaient sur une phrase qui
était : l’Aïn Soph Aour traduit faussement par « Infini ».
Le véritable sens est :

– Aïn = négation
– Soph = forme
– Aour = Lumière (qui a donné amour)

Chaque fois que l’on parle d’Amour, on parle de la
Lumière. Quelqu’un que l’on aime est quelqu’un adoré
(dorée est la couleur de la lumière), qui nous éclaire, qui
nous apporte la Lumière.
Cette hypothétique Lumière, le croyant l’appellera Dieu.
Le physicien, quant à lui, cherchera ce qui est à la base de
toute chose, cette énergie primordiale indifférenciée bien
que, je le répète, le terme énergie ne soit pas approprié.
Qu’est-ce qui a bien pu se passer au tout début de notre
univers? Un éternel moment présent, il ne se passe rien et
pour une raison qu’on ignore cette immobilité s’est mise
en mouvement, s’est agitée. Et dès qu’il y a agitation, il y a
différence. L’Aïn Soph Aour disait : la Lumière est la non-forme,
la négation de la forme.

Dès l’instant qu’il y a forme il n’y a plus Lumière. Il faut
s’entendre sur le terme Lumière. Ce n’est pas la lumière
visible ici, c’est tout ce qui n’est pas matière.
Comment les anciens concevaient-ils cette quête de la
Lumière ?

LE CORPS, L’ÂME ET L’ESPRIT
Pour l’alchimiste, il y a trois parties dans toute chose qu’il
appelle le corps, l’âme et l’esprit. Qu’est-ce que ces trois
principes ? Vous prenez un corps, par exemple une
plante, vous essayez de le détruire, de le calciner, de le
brûler… Il restera toujours quelque chose, c’est ce
premier principe que les alchimistes appellent le Sel.
Pour nous c’est le corps.
Le deuxième principe est le principe animé, celui qui fait
bouger les choses, l’agitation que l’alchimiste appelle le
Soufre, qui est l’âme symboliquement représentée par un
homme rouge, un soleil. Si l’on poursuit l’exemple de la
plante, le Soufre c’est l’huile essentielle de la plante, les
cendres tirées de la plante c’est le Sel. Pour nous êtres
humains, ce soufre, c’est ce qui nous agite, nos émotions,
car évidemment, nous aussi sommes construits sur ces
trois principes : Sel, Soufre et Mercure. L’âme est le
réservoir d’agitation que nous devons vider pour nous
permettre de voir l’être.
Le troisième et dernier principe, c’est le principe le plus
volatil qui est à l’intérieur d’un corps, l’esprit caché à
l’intérieur. Vous prenez une plante, vous la mettez en
décomposition, vous la distillez, vous obtenez un produit
très volatil qu’on appelle le Mercure et dans l’ancien
temps pour bien montrer que c’était l’esprit on l’appelait
le spiritus, (en latin l’Esprit).

Donc trois principes : Sel (matière), Soufre (l’agitation)
et Mercure (l’esprit) qui constituent chaque chose. Voilà
comment les Anciens voyaient notre monde. Ils disaient
que tout ce qui forme notre univers, nous y compris, est
composé de ces trois choses.

TRANSFORMER LA MATIÈRE EN LUMIÈRE
Le but du jeu est de retransformer ces trois principes en
Lumière. Transformer est un mauvais terme. Vous
remarquerez que les alchimistes ne transforment pas, ils
transmutent. Mais si vous me lisez dans l’espoir
d’apprendre à faire de l’or – qui est la première croyance
concernant l’alchimie – vous serez déçus. Je vous en
parlerai un peu tout de même mais l’or de l’alchimiste est
l’Aor la Lumière. La quête de l’alchimiste n’est pas la
matière, mais l’esprit, ce n’est pas l’or vulgaire mais
transformer la matière en Lumière.
La deuxième croyance concernant l’alchimie est que
l’alchimiste recherche l’immortalité mais ce serait une
sacrée malédiction. Imaginez que vous soyez immortel,
cela voudrait dire que vous seriez condamnés à voir
disparaître tous vos proches… Ce n’est pas donc pas non
plus la quête de l’immortalité. Mais si vous êtes capables
de vous retransformer dans ce qu’on appelle la Lumière,
cela voudra dire que vous devenez chaque chose et
chaque chose devient vous, c’est cela l’immortalité pour
l’alchimiste. Nous avons tous envie de redevenir de la
Lumière – pour le croyant de se réintégrer en Dieu – mais
à condition de continuer à penser. En gros, on se dit : «
Moi, plus tard, je veux redevenir l’unité mais continuer à
penser en tant que moi. » Il est impossible de retrouver
l’unité en gardant l’individualité. D’un point de vue
physique comme d’un point de vue métaphysique, la
matière va réagir à cette transformation en Lumière. C’est

pour cela que dans toutes les quêtes philosophiques on
vous dit : « Qu’est-ce que vous êtes prêt à perdre? »
La réponse c’est tout, même la forme, car tant qu’il
restera la forme il y aura une différence. Quand on lit
dans la Genèse « Il sépara la lumière des ténèbres, il y eut
un début il y eut une fin », on pourrait traduire aussi : « Il
y eut un dedans il y eut un dehors. » Car dès l’instant que
la forme est créée, c’est fini, il y a différenciation.
On commence à sentir que le but du jeu, c’est de dissiper
la forme pour retrouver derrière quelque chose de
primordial, d’indifférencié.

– D’un point de vue métaphysique, ce sera retrouver
Dieu, retrouver la Lumière.
– D’un point de vue physique, ce sera se poser la
question de l’unification des forces et se dire : «
Mais avant qu’il y ait de la matière, qu’est-ce qu’il y
avait? »

L’idée, pour le métaphysicien, c’est de transformer la
matière en Lumière et ce sera de transformer la matière
en son composant primordial pour le physicien.
Pour moi, transformer la matière en Lumière ou en son
composant primordial, c’est la même chose. C’est pour
cela que je dis qu’il n’y a pas de différence entre l’alchimie
d’hier et celle d’aujourd’hui.
Comment fait-on? En ayant lu ce livre il serait normal
que d’une manière ou d’une autre vous soyez capables de
transformer la matière en Lumière. L’idéal serait que
chacun soit capable de le faire.

Faire de l’alchimie aujourd’hui à quoi donc cela peut-il
servir? Est-ce que cela a servi aux anciens? On
transforme la matière en Lumière d’un point de vue
métaphysique et du point de vue physique on transforme
la matière en cette énergie primordiale.
Cette énergie primordiale, aujourd’hui, d’un point de vue
physique, on en observe les conséquences mais on ne sait
pas ce que c’est. Pour se représenter la réalité de
l’univers, on devrait en faire un négatif. Donc, faire une
photo des étoiles et en tirer un négatif. Les étoiles
apparaissent en noir, c’est normal puisqu’elles fabriquent
de la matière et ne font pas de la Lumière. L’étoile c’est de
l’hydrogène qui se combine en produisant de l’hélium et
cela ne s’arrête pas, elle continue à combiner et à
fabriquer tous les éléments de l’univers d’où la poussière
d’étoiles. Mais ce qu’il y a autour, tout le noir, apparaît en
blanc, c’est cela la vraie Lumière. Vous voyez donc que la
matière dans notre univers est un épiphénomène : c’est
rien.

suite…

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