QUOTIDIEN ECONOMIQUE GRATUIT de Charles SANNAT – Édition du 9-12 et 13 mai 2014


Charles SANNAT

 

http://www.lecontrarien.com

 

« Il faudrait supprimer le SMIC et les auto-entrepreneurs ! Absurde… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !Je dois vous avouer que les incohérences de notre gouvernement me laissent assez pantois. Impossible d’ignorer la grande campagne médiatique en cours sur le coût du SMIC (effectivement élevé dans un monde de rude concurrence mondiale où l’emporte le moins disant), SMIC qu’ils sont de plus en plus nombreux, y compris chez les socialistes, à vouloir supprimer afin évidemment de renforcer la compétitivité française.

Pourquoi pas, cela peut éventuellement se discuter. Mais si nous le discutons, le problème n’est pas tant de baisser le SMIC et donc les revenus des gens qu’à ce moment-là de réguler en face le coût de la vie. Impossible de baisser le SMIC aujourd’hui par exemple avec les prix de l’immobilier actuels, qu’il s’agisse d’un achat ou d’une location.

Alors disons-le, d’un côté on souhaite réduire les charges et améliorer la flexibilité et de l’autre côté on rend de plus en plus compliqué et de moins en moins intéressant le système des auto-entrepreneurs qui, je le dis et le répète, était une avancée extraordinaire dans le domaine de la création d’entreprise.

Le régime des auto-entrepreneurs de nouveau mis à mal

Voici ce que nous apprend un article du Figaro :
« Sylvia Pinel n’est plus en charge de l’Artisanat mais son projet de réforme, déposé en juillet 2013, est toujours débattu au Parlement.
Sous prétexte de lutter contre le salariat déguisé, un amendement du groupe communiste au Sénat va créer de nouvelles contraintes sur un régime qui a pourtant fait ses preuves, en suscitant la création de 900 000 entreprises depuis 2008. »

Je vous rappelle déjà que le système de l’auto-entreprise n’existe plus puisque, dès le 1er janvier 2015, il fusionnera avec le régime dit de la micro-entreprise qui est nettement plus lourd, avec des contraintes réelles et qui reste très limité en chiffre d’affaires autorisé.

Mais le gouvernement, dans sa sagesse coutumière, est allé encore plus loin dans la destruction de l’entrepreneuriat puisque, vous comprenez, il semble que nous avons un immense problème dans notre pays…

Le salariat déguisé !

Eh oui mes braves lecteurs. Pour notre gouvernement de buses intégrales, le problème n’est pas le chômage des jeunes, des seniors, de tous, le problème n’est pas le manque d’activité et la succession dramatique de plans sociaux, le problème, sachez-le… c’est qu’il y aurait du salariat déguisé.

« Déposé par le groupe communiste du Sénat lors de la séance des 16 et 17 avril 2014, cet amendement entend lutter contre le salariat déguisé chez les auto-entrepreneurs. «Il est devenu facile pour les donneurs d’ordre de signer avec des auto-entrepreneurs des “contrats d’apporteur d’affaires” ou “contrats de partenariat” qui dissimulent en réalité de véritables contrats de travail, a fait valoir Mireille Schurch, sénatrice PCF de l’Allier. Cette manipulation présente de nombreux avantages pour l’employeur : pas de salaire minimum, pas de limitation de la durée du temps de travail, pas de charges sociales ni de congés payés…»

Et alors ?…

Attention mes amis, je ne dis pas que favoriser l’exploitation généralisée des masses laborieuses est une bonne idée et que je la défends. Non, mon avis est beaucoup plus complexe que ça. Je suis contre mon exploitation personnelle et celle de ma femme par exemple (en ce sens je suis carrément coco), en revanche je suis nettement plus ouvert pour voir les AUTRES être exploités surtout si c’était par moi… Dans ces cas-là, je suis nettement plus libéral et beaucoup moins marxiste ! Au-delà du trait d’humour, je voulais juste pointer les paradoxes monumentaux de la pensée mamamouchesque qui d’un côté, au nom de la création d’emploi, veut ni plus ni moins supprimer le SMIC mais d’un autre côté emmerde toutes celles et ceux qui se débrouillent et bricolent sans rien demander à personne (quitte à gagner justement moins que le SMIC) avec le régime des auto-entrepreneurs.

Disons-le ! Supprimer le SMIC serait la même chose que de mettre tout le monde au régime de l’auto-entrepreneur à une petite nuance près. Si vous êtes auto-entrepreneur, vous avez le droit par définition d’avoir plusieurs « patrons », clients, ou donneurs d’ordre. Lorsque vous êtes salarié, vous n’avez pas le droit de travailler ailleurs sauf à obtenir une autorisation de votre patron, qui la donne rarement puisque généralement le salarié serait amené à travailler dans le même secteur d’activité (c’est sa compétence et son expérience)…

Cette administration n’a aucune intelligence entrepreneuriale

Il faut tout de même avoir un peu de bon sens. En terme intellectuel, je préfère avoir des gens auto-entrepreneurs pouvant espérer avoir plusieurs clients et gagner un peu de sous à des millions de smicards à qui l’on diviserait par deux leur salaire mensuel ! Car baisser le SMIC, si nous voulons être aussi compétitifs que les Espagnols ou pire que les Grecs, alors il faut le passer à 750 euros au maximum… Il est actuellement à plus de 1 400 euros. Nous parlons donc d’une baisse de 50 % du SMIC ! À ce prix, autant être tous auto-entrepreneurs !

Comme le dit Le Figaro dans sa conclusion, « mais les dés semblent jetés, car le gouvernement y est favorable. «Il peut arriver que l’auto-entrepreneur soit insincère, quand son statut est finalement un outil de subordination d’un autre entrepreneur», a déclaré Arnaud Montebourg au Sénat.
À l’heure de la simplification, ce texte fait peser de nouvelles contraintes sur un régime qui a pourtant fait ses preuves, en suscitant la création de 900 000 entreprises depuis 2008… »

Eh oui, rien n’arrête la logique mortifère de notre classe politique qui ne comprend pas grand-chose, ce qui est assez normal lorsque l’on sait que seul 10 % de nos députés ont déjà travaillé dans une entreprise…

Préparez-vous, l’hiver vient et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement http://www.lecontrarien.com.

Source ici

 

France : le déficit commercial s’élève à 4,9 milliards d’euros en mars 2014

PARIS, 7 mai – En France, le déficit commercial est de 4,9 milliards d’euros en mars 2014, alors qu’il était de 3,8 milliards d’euros en février, a-t-on appris mercredi des statistiques communiquées par les douanes françaises. Le déficit cumulé des 12 derniers mois atteint 59,6 milliards d’euros. Celui de l’année 2013 atteignait 60,8 milliards d’euros, contre… read more

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« Le trouble oppositionnel avec provocation… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !Aujourd’hui, je souhaitais quitter le champs pur de l’économie pour que nous partagions certaines réflexions plus sociologiques autour de l’évolution des mentalités et des comportements dans un monde perdant chaque jour un peu plus les simples repères de bon sens.

Je vous propose donc dans cette édition un peu particulière du Contrarien Matin quelques pistes à travers aussi bien des vidéos que des articles du Washington Post.

Les mots n’ont plus de sens

Comme vous le savez, je pointe régulièrement du doigt les changements sémantiques qui façonnent notre communication et bien évidemment servent à fabriquer le consentement, comme l’a si brillamment démontré un grand monsieur qu’est Noam Chomsky (lire son ouvrage La fabrication du consentement). Le plan de licenciement devient le plan de sauvegarde de l’emploi alors que l’on ne sauvegarde rien du tout puisque les emplois sont supprimés… mais finalement cela passe progressivement dans le langage. On ne parle plus de décroissance ou de récession mais de « croissance négative ». À chaque fois que le chômage monte, on vous explique que la courbe s’inverse. Lorsque l’économie va mal ? Le retournement est visible, le président le voit ! Enfin, en Ukraine, nous avons aidé d’horribles antisémites, fascistes, tendance nazis tout court et pas même vaguement « néo-nazis » à prendre le pouvoir mais ils sont pour l’occasion de gentils démocrates et Poutine un grand méchant vilain tout plein etc., etc., nous pourrions multiplier à l’infini les exemples de perte de sens des mots que nous utilisons, ou que l’on nous force à utiliser, nous pourrions multiplier les exemples de manipulations plus ou moins grossières dont nous sommes les victimes consentantes (ce qui veut dire que nous avons aussi notre propre part de responsabilité).

Les mots n’ont plus de sens et pourtant ce n’est pas la seule raison ni la seule explication de notre folie collective chaque jour un peu plus grande. C’est une conjonction de facteurs qui nous amène à perdre l’ensemble de nos repères et à sacrifier l’avenir de nos enfants par des comportements inimaginables il y a encore quelques années.

La technologie nous rend fous

L’omniprésence des médias et des chaînes d’information en temps plus ou moins réel nous plonge dans un immédiat permanent, irrémédiablement ! Nous devenons incapables d’avoir une vision aussi bien historique qu’une vision du futur. Nous sommes emprisonnés dans l’information quotidienne, sans espoir d’en sortir, où une information chasse l’autre dans une espèce de brouhaha perpétuel où l’important et l’accessoire se mélangent jusqu’à rendre tout recul, toute réflexion, tout esprit critique presque vain.

La télé, dans tous les foyers ou presque, est désormais allumée 24h/24. Vous rentrez chez quelqu’un ? Dans 90 % des cas son bel écran tout plat, le plus grand possible, et bien souvent acheté à crédit dans le supermarché du coin, trône au milieu du salon, allumé. Tout le temps. Il est désormais bien rare qu’il vienne même à l’esprit de celui qui vous invite et vous reçoit d’éteindre ce lobotomisateur de masse. Nous ne pouvons plus nous en passer car tout a été fait pour rendre cet outil profondément addictif avec tous les dangers que cela induit notamment de perception de la réalité, ou plus précisément de distorsion de perception de la réalité. Dans les écoles de France, les instituteurs n’hésitent jamais, dès qu’il pleut, à mettre vos enfants devant l’écran… Évidemment, jouer dehors sous la pluie est dangereux, les enfants se mouillent, et sentent mauvais après… alors, finalement tout le monde devant l’écran, un bon dessin animé et le tour est joué ! Le calme assuré. Rien de tel que foutre un gosse devant la télé ou un écran de façon générale pour avoir la paix !

Car la télé n’est pas le seul écran, évidemment. Consoles, ordinateurs sont autant d’interfaces virtuelles pour vous aider à quitter le monde réel. J’ai été frappé, non, en fait ce n’est pas assez fort, j’ai été sidéré cet hiver en partant dans un club de ski (rassurez-vous, pas le club Med à 2 500 euros par personne et par semaine) mais dans un « club » de tourisme social (nettement plus abordable et en plus le buffet était très bon, enfin pour moi et mes enfants, pour nos mamamouchis cela serait sans doute culinairement indigne, vu que même à l’Élysée c’est « dégeulasse »). Bref, il y avait beaucoup de gamins et de tous âges qui composaient l’assistance.

Il y avait là deux catégories d’enfants. Les aïe-Pad et les sans-tablette. Mes enfants étaient évidemment des sans-tablette. Les aïe-Pad étaient silencieux. Pas un bruit. Un silence de mort. Une cinquantaine de marmots plus ou moins vieux de (4 à 17 ans en gros) cliquaient, poussaient le doigt sur l’écran ou encore bougeaient leur machin dans l’espace pour faire tomber le biniou dans le machin au niveau 7 du jeu bidule. Tous étaient équipés de casque. Rien. Pas un bruit. Ils étaient 50 individus, enfermés, seuls, isolés dans cette multitude sans se regarder, sans se voir. Une bande de zombies numériques effrayante en réalité sur ce que nous sommes devenus.

En face, la bande des sans-tablette. Des marmots, là encore de 4 à 17 ans. Ils couraient dans les couloirs, se chamaillaient, se cachaient et je ne vous cache pas qu’à propos de cache-cache… certains, de temps en temps, étaient portés disparus… Évidemment pas bien longtemps car la vie n’est pas qu’une série des Experts Miami où votre enfant croisera forcément le chemin d’un psychopathe assassin mangeur d’enfant. Cela arrive, c’est indéniable et dramatique. Mais dans la vraie vie cela arrive moins qu’à la télé. Mais cela arrive tellement à la télé que cette débauche de morts et de mal nous laisse rarement indemne. L’autre n’est plus un homme mais un « prédateur » potentiel dont il faut se méfier. Les portes se ferment. Magie de la télé et de l’écran qui nous enferme dans une distorsion de notre perception de la réalité où l’autre est forcément un danger potentiel dont on doit se méfier.

Bref, vous l’aurez compris, le problème avec les sans-tablette, c’est de retrouver ceux qui se sont perdus, soigner ceux qui se sont écorchés, repriser les pantalons déchirés aux genoux, et surtout réussir à monter coucher tout ce petit monde qui ne veut qu’une chose : continuer à jouer jusqu’à la fin de la nuit sans conscience de l’heure ou d’autres concepts plus ou moins importants chers aux adultes comme l’heure du bain. Cela provoque des crises et quelques hurlements, de la protestation plus ou moins véhémente pouvant confiner à la maladie psychiatrique comme un trouble oppositionnel.

Finalement, encore une fois, il n’y a rien de plus facile qu’un gosse de la bande des aïe-Pad. Lui ne hurle jamais, il faut juste lui poser un casque sur les oreilles et le laisser glisser son doigt sur l’écran autant qu’il veut. Avec la bonne dose de réseaux sociaux et de jeux, vous êtes tranquille… pour regarder votre télé ! Quel calme. Hors l’enfance ne peut pas être le calme !!

Vous lirez à ce sujet l’extraordinaire article du Telegraph de Londres qui relayait l’appel alarmé des instits et enseignants anglais qui notaient avec une grande gravité que les gosses, nos gosses, vos gosses, arrivaient à déplacer les mains sur la tablette… mais n’arrivaient plus à empiler des gros cubes ! Les écrans rendent tout simplement nos enfants autistes dans tous les sens du terme. Les écrans rendent nos enfants fous. Nous le savons mais nous les y soumettons encore plus avec la bienveillance de la société toute entière qui n’y trouve rien à redire, voire même qu’un enfant sans télé à la maison… cela relèverait presque du mauvais traitement dans l’esprit de beaucoup de crétins demeurés qui nous entourent. L’écran est un droit de l’enfant alors qu’il est en réalité son avilissement et la négation de son devenir.

Tom Sawyer devrait prendre ses cachets !

Je vous disais donc qu’un enfant… eh bien c’est turbulent. J’étais turbulent. Comme Tom Sawyer, comme les copains de l’école Jules Ferry ! Nous faisions pleins de conneries, nous montions aux arbres, les vrais. Nous faisions des cabanes… des vraies. Nous avions des amis. Des vrais, pas des virtuels sur Facebook. Je n’obéissais pas et j’étais régulièrement puni… Mais franchement, qu’est-ce que je me suis amusé sous le regard protecteur des anges gardiens des enfants qui veillent de façon surnaturelle à ce que chaque bêtise ne devienne pas un drame… Mais, dans la société du risque zéro, de la « mort évitable », aucun danger ne doit pouvoir s’approcher des enfants, aseptisant leur monde totalement. L’avantage, c’est que la tablette… est sans danger physique immédiat. On tombe rarement de sa tablette en se faisant aussi mal que d’un arbre.

Vous lirez donc aussi ce papier du Washington Post intitulé « Tom Sawyer n’oublie pas de prendre tes cachets car aujourd’hui tu serais interné »… et dont je vous ai fait l’essentiel de la traduction.

Nous ne voulons plus élever et éduquer nos enfants, ce qui demande du temps, de l’effort et de la constance. Non, nous préférons les « soigner ». Des millions d’enfants aux USA sont sous traitements médicamenteux pour des pathologies fumeuses et en France, nous y allons tout droit sous la pression des bonnes âmes et des psy cucul-gnangnantes qui ont envahi les écoles.

Le trouble oppositionnel avec provocation

Je vous laisse le soin d’aller lire la définition complète de ce trouble psychiatrique gravissime touchant nos enfants et la totalité de notre petite communauté de contrariens. Ma femme m’a toujours dit que j’étais un « grand malade » mais ce qui est affectueux dans son esprit l’est nettement moins dans ceux des « zautres », les normaux sous perfusion d’écrans et de bien-pensance quotidienne.

Critiquer devient une maladie. Être en opposition à la norme fait de vous, au choix, un fasciste, un « estréémiste » (de préférence d’extrême droite), un fou, un sociopathe ou un criminel. Ne pas être d’accord avec la pensée dominante fait de vous un « provocateur » car vous dérangez l’ordre établi et la tranquillité d’esprit de tous les lobotomisés.

Si vous êtes un contrarien, si ce monde ne vous paraît pas sain, si vous refusez à tort ou à raison certaines choses, alors vous souffrez de trouble oppositionnel avec provocation et il existe un large panel de solutions allant de la médication à l’internement pour les cas les plus graves.

Une société de conformisme

Lorsque j’étais plus jeune, nous nous moquions des goulags soviétiques où l’on enfermait tous ces « fous » au sens soviétique du terme qui osaient remettre en cause l’ordre de Lénine et de Staline. Aujourd’hui, dans nos sociétés « démocratiques » respectant les « droits de l’homme », nous avons défini une liste de pathologies hallucinantes allant de ce trouble oppositionnel au trouble de conduite en passant par le trouble du déficit de l’attention sans hyperactivité…

Nous ne sommes plus que l’ombre de nous-mêmes. Alors que nous encensions les différences, la diversité, le choix y compris dans les produits, nous en sommes arrivés à un point de conformisme étouffant. Nous sommes tous habillés pareil, nous avons un « choix » qui n’est qu’une illusion, nous sommes tous sur Facebook et nous comportons tous de façon identique telle que nous l’impose la « pression sociale ». Nous en sommes au même point que la société soviétique et ceux qui sont justement décalés, c’est-à-dire différents, sont considérés comme malades, dangereux et nuisibles.

N’oublions pas que « lorsque tout le monde pense la même chose, plus personne ne pense ».

Les réseaux sociaux de la solitude

Vous regarderez, sur votre écran, cette superbe chanson anglaise dénonçant l’utilisation abusive des écrans, des réseaux sociaux, fausse promesse d’amitié virtuelle et grande illusion collective, qui nous enferment en réalité dans la plus importante et cruelle des solitudes. Des ados se suicident parce que l’on dit du mal sur eux sur Facebook… et nous laissons faire car un ado sur Facebook, finalement, c’est plus calme qu’un ado sans Facebook et comme il faut faire comme tout le monde…

La vie, la vraie est celle que l’on vit. Pas celle que l’on nous impose, pas celle que l’on veut nous faire croire que nous vivons, pas celle des écrans, des séries télé ou des télé-réalité.

Le réseau dit social vous enferme dans l’antisocial. La télé-réalité n’a rien de réelle. Encore une fois, sémantiquement, tout est inversé pour valoriser des aspects positifs qui en réalité n’existent pas.

GTA… la torture pour tous, c’est maintenant !

Nous parlons de crimes, de délinquance régulièrement dans l’actualité. Les faits divers s’enchaînent, tous dramatiques et nous en sommes responsables (collectivement). Un enfant verra à la télé plus de 6 000 crimes avant l’âge de 10 ans… en moyenne ! Pas aux USA, en France !!

D’ailleurs, mon fils de 6 ans rentre de l’école et m’explique qu’il veut aller chez un copain jouer à un jeu vidéo trop génial qui s’appelle GTA. Étant con-trarien et buté par moment (comme me le fait remarquer ma gentille épouse toujours un peu plus permissive avec les enfants que son mari psychorigide), je dis « niet », ce qui n’est pas la meilleure façon de ne pas vexer la maman du copain en question. « Hooo mais ce n’est qu’une console » m’explique-t-elle très gentiment comme s’il fallait faire un effort pédagogique à l’égard d’un neuneu. Certes mais mon fils n’ira pas se faire lobotomiser par une console quelle qu’elle soit. Donc c’est « niet ». Ambiance avec ma femme qui m’explique que je pourrais dire les choses autrement. Ben j’ai dit non, elle n’a pas compris et a insisté. Ce n’est pas de ma faute hein ma chérie. Alors comme elle ne comprenait pas, j’ai été sans ambiguïté (ma femme me reproche mon côté ours sans ambiguïté qui n’est pas une qualité pour s’insérer dans le tissu social et se faire plein d’amis).

Bref, lorsque ma gentille épouse a appris (ce que je ne savais pas) que dans GTA on joue à torturer les gens et que plus on leur fait mal, plus on gagne de points, elle m’a regardé et m’a dit finalement : « Ton côté ours a du bon. »

Certes, chérie, mais bientôt je serais sans doute interné pour syndrome oppositionnel avec provocation surtout si la maman du copain en question était psy. J’étais contre elle, contre la console, contre les écrans qui sont la norme et, évidemment, je l’ai un peu provoquée en lui expliquant que si elle voulait faire de son gosse de 6 ans un psychopathe décérébré et lobotomisé elle n’avait qu’à continuer comme ça avec son gosse mais qu’elle ne se chargerait pas de distraire mon fils.

Vous en conviendrez aisément, il s’agit sans conteste d’un trouble oppositionnel avec opposition dont vous souffrez vous aussi vraisemblablement.

En attendant nous sacrifions nos enfants sur l’autel des technologies fussent-elles nouvelles, elles n’en restent pas moins avilissantes. Alors certes, comme dans cette image d’illustration du Petit Poucet nous n’égorgeons pas nos enfants, néanmoins, nous attaquons et saccageons ce qu’ils ont de plus précieux, leur intelligence et leur cerveau, avec nos médicaments et nos écrans pour notre confort et celui d’une société aseptisée.

Préparez-vous, l’hiver vient et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement http://www.lecontrarien.com.

 

Trouble oppositionnel avec provocation

Voici en quelques lignes la traduction de la page anglaise du site Wikipédia à ce sujet. Le trouble oppositionnel avec provocation (ODD) est défini par le DSM-5 comme un modèle de comportement agressif/irritable, ou esprit de vengeance qui dure au moins 6 mois, et est exposé lors de l’interaction avec au moins une personne qui n’est… read more

Tom Sawyer et les enfants d’aujourd’hui : même comportement, un traitement différent

Tom Sawyer c’est évidemment l’Amérique pour tous ceux comme moi qui, enfant, pouvaient regarder ce dessin-animé qui passait à l’époque à la télé. Or si le petit Tom était un enfant d’aujourd’hui, il serait a minima sous Ritaline, le médicament le plus prescrit aux enfants américains (surtout s’ils sont noirs et sont dans une école… read more

Plus de 3,5 millions d’enfants soit 20 % d’une classe d’âge sous traitement pour la seule maladie dite de l’hyperactivité !

Aucune explication n’existe sur « l’hyperactivité » et personne ne veut faire le seul lien évident qui est celui de l’omniprésence de la télé et des écrans. L’explication est très simple, d’une part les enjeux financiers sont immenses et d’autre part la télé permet le contrôle des populations et la « fabrication du consentement ». Alors nous continuerons notre… read more

Les enfants noirs sont souvent taxés d’hyperactifs aux État-Unis… plus que les blancs en tout cas !!

Racistes de tous poils, passez votre chemin, un enfant quelle que soit sa couleur dispose des mêmes potentialités à la naissance. Certains naîtront débiles et demeurés et d’autres hyper futés et intelligents dans des proportions identiques. Essentiellement, ce sont les facteurs éducatifs depuis la naissance qui vont conditionner le devenir d’un enfant et bien évidemment… read more

Nos enfants désormais incapables d’empiler des blocs de construction en raison de la dépendance aux iPads

C’est un article du Telegraph à Londres qui tire la sonnette d’alarme sur le comportement de nos tous petits désormais incapables d’empiler de simples cubes de construction en raison d’une utilisation trop importante des tablettes. Ils ne savent plus que faire glisser leur doigt (et encore qu’un seul) devant des parents qui s’extasient d’une prouesse… read more

Un message qui va sans dire, mais tellement mieux en le disant !

Voici ce que c’est que les réseaux antisociaux ! La grande illusion. Un ami ne peut pas être virtuel, il ne peut qu’être réel, mais l’isolement permet aussi de développer l’individualisme, l’isolement permet d’avoir besoin de compenser par des achats compulsifs tout aussi vains et inutiles. Charles SANNAT 

 

« Où sont passés les 1 000 milliards prêtés par la BCE aux banques ?… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !Le 14 janvier dernier, dans l’édito du Contrarien, je m’interrogeais sur où était passé notre pognon ! Aujourd’hui, nous progressons parce que c’est le magazine L’Expansion qui se pose la question puisque cette fois la Commission européenne de Bruxelles s’apprêterait à demander « aux banques européennes ce qu’elles ont fait des 1 000 milliards d’euros prêtés récemment par la BCE. L’heure des comptes a enfin sonné »…

On va donner des sous aux banques pour relancer l’économie !

Voilà ce que dit L’Expansion un brin naïf tout de même, on voit que les élections européennes approchent à grands pas !
« L’heure des comptes a enfin sonné : la Commission européenne s’apprête à demander aux banques ce qu’elles ont fait des 1 000 milliards d’euros libérés par la BCE en décembre et février, à l’occasion des deux opérations de refinancement à trois ans. Ces dernières, qui avaient pour but de relancer l’économie et d’inciter les banques à continuer à financer les États en achetant de la dette, n’ont visiblement pas eu l’effet escompté. »

Évidemment que cela ne pouvait pas avoir l’effet escompté et la raison est assez facile à comprendre. Lorsque la BCE met en place ce plan d’aide aux banques pour 1 000 milliards d’euros, personne ne croit un seul instant que ce sera pour « financer » l’économie. L’objectif unique était de sauver les banques d’une déroute financière totale sur fond de bilans monumentaux (« too big to fail » cela veut surtout d’abord dire trop gros !) et évidemment de permettre, dans un marché de dupe, aux banques de financer les États en achetant les obligations émises par nos pays surendettés en empochant la différence. Comment croyez-vous que les taux d’intérêt puissent être orientés à la baisse alors que les dettes des pays n’ont jamais été aussi élevées ?

Dans le langage policé de L’Expansion, cela donne le texte suivant :

« Il faut dire que financièrement l’affaire était plutôt juteuse pour les banques, qui ont emprunté à 1 % auprès de la BCE pour refinancer des États avec des taux compris entre 3 et 6 %. Les établissements espagnols notamment se sont jetés sur cette aubaine : ils ont acheté 32 milliards d’euros d’actifs publics en janvier et 22 milliards en décembre. Mais désormais les tensions sur les taux des obligations d’État des pays fragiles ont refait surface, et remettent donc en cause l’utilité de l’opération. »

Mais il s’agit ici d’un secret de polichinelle ! Tout le monde a bien compris la mécanique et, disons-le, elle arrange bien sûr tout le monde. Alors venir accuser les banques de s’enrichir grâce à un système concocté exprès pour qu’elles puissent le faire et ainsi améliorer leurs bilans sur le dos des contribuables européens, en douceur et sans avoir à signer de gros chèques, c’est un peu fort.

Pourquoi maintenant ?

Reprenons. Les banques vont mal et les États doivent emprunter pas cher. La BCE refile 1 000 milliards d’euros à 1 %, les banques reprêtent ces sous-là aux États en empochant 4 % des 1 000 milliards, ce qui revient à leur donner directement 40 milliards d’euros mais avec cette méthode-là c’est beaucoup plus discret et l’on peut crier que tout va bien, que la crise est réglée et que les bénéfices des banques sont de retour. Les États sont financés et les taux baissent… Youpi tralala, là encore, on peut dire que les États sont sauvés et la crise de l’euro derrière nous.

Et là, patatras, il faudrait faire une enquête ?

« Selon une information du Monde, Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur, aurait demandé au président de l’Autorité bancaire européenne, Andrea Enria, de s’intéresser à l’usage qu’ont fait les établissements financiers de ces prêts bonifiés. Il a aussi déposé un amendement à la directive européenne sur les liquidités bancaires qui «impose aux banques d’isoler les profits qu’elles ont réalisés en investissant dans des titres rémunérateurs les liquidités à faible coût de la BCE, et oblige que ces bénéfices ne puissent être inclus dans le calcul des bonus». »

La proximité des élections européennes peut donc et doit être notée car sans nul doute cette annonce est du meilleur effet. Se montrer « méchant » avec les banques c’est toujours populaire ! Mais ce n’est pas tout. Il y a probablement un petit jeu de mise sous pression des banques afin que ces dernières continuent de jouer le jeu. Quel jeu ? Celui de financer des États en faillite pour maintenir les taux au plus bas et reculer le moment de l’inévitable. Ensuite, il serait également bien que les banques financent un peu plus l’économie réelle en augmentant les crédits aux PME qui est en chute dramatique. Hors sans financement, notre tissu d’entreprises se meurt.

Mais n’ayons point trop d’inquiétudes. Normalement, nos banques ne craignent pas grand-chose, elles sont bien trop grosses pour faire faillite et tiennent fermement les rênes des différents pouvoirs.

Finalement, les banques ne sont pas si solides !

Surprise, cet article révèle aussi – alors que, je vous le rappelle, la crise est finie et que Hollandouille voit très clairement venir le retournement) – « qu’il semblerait que les banques françaises, qui ont encore des problèmes de liquidité, soient allées lourdement au guichet de la BCE, juste derrière les espagnoles et les italiennes, explique Christophe Nijdam »…

Allez, dormez tranquilles puisque c’est ce que l’on exige de vous.

Préparez-vous, l’hiver vient et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement http://www.lecontrarien.com.

Article de l’Expansion ici

Article du Contrarien « ou est passé votre pognon » de janvier 2014

 

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