Un cas d’insoumission. Comment on devient révisionniste.


Auteur : Theil Georges (Dubreuil Gilbert)
Ouvrage : Un cas d’insoumission Comment on devient révisionniste
Année :2002

 

 

Nous n’aurions sans doute pas songé à mettre en ligne cette naïve bluette s’il ne s’était trouvé un
juge de Limoges, un de ces rhadamante de province, aussi borné qu’un nain de jardin, nommé François
Casassus-Buihle, qui, dans une désinvolte de matamore, a, le 7 octobre 2005, condamné l’auteur de ces
pages, un Gilbert Theil, à six mois de prison ferme, plus 40.000 euros d’amendes, pour déviance de la
pensée. Alors, à la face de ce juge imbécile, nous jetons ce livre pour qu’il soit lu par l’immense jury des
honnêtes gens. Que le juge de Limoge, condamné par acclamation, retourne à ses enfers et à leur néant !
Ce livre n’a jamais été mis en vente et il n’a circulé que dans un cercle très restreint. Nous n’avons
pas cru bon de demander à l’auteur la permission de le mettre à la disposition des internautes puisque la
loi française, dite Gayssot, du nom d’un stalinien attardé, ne lui permet pas de consentir.

 

En mémoire des 9000 civils allemands (dont quatre mille
enfants) innocents, assassinés en Mer Baltique le 30
janvier 1945 pour le seul fait d’être allemands, ans le
torpillage du Wilhelm-Gustloff par l’Armée Rouge.

 

PRÉFACE
Le révisionnisme historique a été la grande aventure intellectuelle de la fin du
XXe siècle. À l’aube du XXIe siècle, l’aventure se poursuit, tout aussi périlleuse.
Mais que sait-on des révisionnistes ? De quelle étoffe sont-ils faits ces insoumis
qui, en France ou à l’étranger, persistent à braver les lois écrites et non écrites ? On les
traque, on les cloue au pilori et il arrive qu’on brûle leurs livres. Dans les médias, on les
accable d’outrages et on ne les autorise pas à présenter leurs arguments ou leur défense.
Peu à peu, ces rebelles, ces réfractaires, ces refuzniks se voient contraints à la
clandestinité, y compris sur Internet où ils sont depuis peu pourchassés.
Dès lors, comment le grand public les connaîtrait-il ?
À cette question le cas de Gilbert Dubreuil offre un élément de réponse.
Né en 1940, Gilbert Dubreuil fait en province de solides études. Il se forge même
la réputation d’un surdoué des sciences et des lettres. Il voit s’ouvrir devant lui un avenir
prometteur.
Toutefois, entre 13 et 22 ans, des événements tragiques sont venus marquer de
leur sombre empreinte l’existence de l’adolescent et du jeune homme. Tardivement, on
lui a révélé qu’en avril 1944 son père avait été tué dans des circonstances obscures soit
par des Géorgiens sous uniforme allemand, soit par des miliciens français ; ce père
ingénieur de son métier, avait été trouvé en possession d’une arme. Déjà, lors de la
première guerre mondiale, le père de ce père avait, en 1916, trouvé une mort tragique au
Tonkin ; il formait sur place des tirailleurs tonkinois pour les envoyer en France « tuer
du Boche » dans le cadre de la Revanche. D’autres deuils frappent une famille qui
semble comme marquée par le destin. La réaction du jeune homme est inattendue. Au
lieu d’incriminer, comme le veut une certaine imagerie conventionnelle, les « Huns » ou
les « Nazis » pour leur responsabilité supposée dans le déclenchement des deux guerres
mondiales, il va s’interroger sur le mystère historique qui fait que, de 1870 à 1945, en
l’espace de trois générations, Allemands et Français se soient ainsi entretués.
En tant que Français, c’est aux Français qu’il pose ses questions sur le sujet.
Orphelin d’un père qui, lui-même, était pupille de la Nation, il demande : « Qui, en
France, a bien pu vouloir cela ? » ou encore : « Pourquoi a-t-on envoyé à la mort tant de
Français pour tuer des Allemands? » (À l’inverse, un jeune Allemand pourrait poser à
ses compatriotes des questions équivalentes sauf que, dans le cas de la deuxième guerre
mondiale, aucun Allemand, y compris Adolf Hitler, n’avait souhaité une guerre contre la
France puisque c’est la France qui a cru devoir entrer en guerre contre lui).

Chez le jeune Gilbert d’autres questions s’ensuivent et notamment celle-ci :
« Pourquoi, après l’armistice du 8 mai 1945, a-t-il fallu déshonorer les Allemands ? »
On peut, en effet, se demander de quel droit les bouchers du camp des vainqueurs ont
jugé et condamné les vaincus dans un pays qu’ils avaient réduit en cendres et dont des
millions d’habitants, à l’Est, étaient contraints à une affreuse déportation, dans des
circonstances bien pires que celles qu’avaient connues les juifs.
En matière de cynisme et de pharisaïsme, on ne fait pas mieux que le procès de
Nuremberg (1945-1946). Le vainqueur y juge le vaincu. Sa loi est rétroactive. Il institue
la responsabilité collective. Il n’est « pas lié par les règles techniques relatives à
l’administration des preuves ». Il n’exige pas que « soit rapportée la preuve de faits de
notoriété publique » (sic). Les yeux fermés, il accorde valeur de preuve authentique à
des milliers de rapports rédigés par des « commissions de crimes de guerre » françaises,
britanniques, américaines, soviétiques, yougoslaves, polonaises, tchécoslovaques,… et
c’est ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, que les rapports de la police politique
soviétique acquièrent valeur de « preuves authentiques » et ne peuvent être l’objet de
contestation. D’ailleurs, quasiment rien ne peut être contesté en matière d’accusation dès
lors que l’accusé appartient à une organisation « criminelle » ; tout au plus, l’individu
relevant d’une telle organisation aura-t-il l’autorisation de plaider que, personnellement,
il n’a joué aucun rôle dans ce crime. C’est ce qui explique que, de 1945 à nos jours, on a
vu tant d’Allemands ou tant de « collabos » à la fois accepter ou paraître accepter
l’existence du crime et contester une participation personnelle à ce crime. Il n’y avait – et
il n’y a – là aucune hypocrisie ni aucune lâcheté de la part des accusés mais la simple
soumission forcée à l’article 10 du Statut du tribunal militaire international. On n’avait
pas – et on n’a pas – le droit de contester l’existence et le fonctionnement de chambres à
gaz homicides à Auschwitz mais on avait – et on a – le droit de dire : « Personnellement,
je n’en ai pas vu ou je n’ai participé à aucun gazage ». Tous les avocats des accusés ont
dû suivre cette calamiteuse ligne de défense. Comme dans les procès de sorcellerie, il
leur a fallu cautionner l’existence du Malin, la réalité des sabbats, la véracité de toutes
sortes d’horreurs sataniques tout en cherchant à faire croire que leurs clients, pourtant
sur place ou informés, n’y avaient personnellement pris aucune part !
Les articles 10, 19 et 21 du Statut qui permettent ces ignominies seraient à
reproduire en lettres d’infamie dans le Grand Livre de l’histoire des procès truqués, des
mises en scène judiciaires, des parodies de justice.
Mais peut-être l’article 13 dépasse-t-il en la matière les articles 10, 19 et 21. Il est
clair comme le couperet de la guillotine. Citons-le :
Le tribunal établira les règles de sa procédure. Ces règles ne devront en
aucun cas être incompatibles avec les dispositions du présent Statut.
En bon français : les juges du siège rédigeront leur propre code de procédure
pénale ! Et ils pourront le faire de façon quasi arbitraire puisque, aussi bien, les
dispositions du Statut se réduisent à trente articles assurant à l’accusation la plus grande
latitude et à la défense le minimum de droits.
Le tribunal de Nuremberg n’a rien prouvé. Il a affirmé.
Le grand public l’ignore mais les spécialistes le savent: tous les procès exigés et
obtenus depuis plus d’un demi-siècle par des organisations juives soit contre des
Allemands, soit contre des non-Allemands qui sont accusés d’avoir collaboré à la
persécution des juifs sont calqués sur le procès de Nuremberg. Encore au procès de
Maurice Papon on a vu jouer l’article 10 : tout le monde a supposé, sans le moindre
commencement de preuve, que le IIIe Reich avait suivi une politique d’extermination

physique des juifs ; personne n’a contesté, protesté, réclamé de preuve. Les avocats de
l’accusé, tout comme leur client, ont plié l’échine. Tout le monde savait qu’en exigeant
une preuve, une seule preuve, on aurait déclenché une tempête à l’échelle du monde.
Aujourd’hui, en France, la version casher de l’histoire de la seconde guerre
mondiale est officiellement imposée à tous par une disposition législative datant du 13
juillet 1990 et improprement appelée « loi Gayssot » alors qu’il s’agit d’une loi préparée
et obtenue par Laurent Fabius. Dès le printemps 1986, le grand rabbin René-Samuel
Sirat, flanqué de Pierre Vidal-Naquet et d’autres personnalités juives, avait demandé
l’institution d’une loi spéciale afin d’empêcher la contestation des conclusions du procès
de Nuremberg en matière de « crimes contre l’humanité », c’est-à-dire, pour parler clair,
de « crimes contre les juifs ». Laurent Fabius a été le porte-parole et la courroie de
transmission de cette exigence juive.
Bien des intellectuels préconisent la lutte contre le mensonge institutionnalisé et
contre la force injuste de la loi mais peu s’y risquent effectivement.
Giibert Dubreuil, pour sa part, a choisi le risque. Il l’a fait en décidant de révéler
ici comment et pourquoi il s’est lancé dans l’aventure révisionniste.
Jean Norton
10 avril 2002

 

Je pense à Bernanos. Comme il est à l’aise dans son
monologue avec Dieu. Les responsabilités lui pèsent, il en prend
et il en laisse. Il a une conscience pourvue de tous les
perfectionnements de la technique moderne, une conscience à
thermostat […]. Il repousse Nagasaki avec horreur, il gémit sur
Hambourg et il règle avec soin le degré de massacre permis pour
la défense de la Personne Humaine. Cela me fait penser à certain
film de propagande sur la R.A.F. Avant le départ de l’escadrille,
on voyait s’avancer un prêtre portant l’étole : il venait bénir les
engins qui allaient dans un quart d’heure écrabouiller quelques
milliers de femmes et d’enfants « hitlériens ». Vos défenseurs de
la Personne Humaine sont pareils à ce prêtre imprudent. Ils
portent de belles étoles, mais nous n’oublions pas qu’ils ont béni
le visage de la Mort. Il n’y a pas d’armées du Droit.
Maurice Bardèche, Lettre à François Mauriac, La Pensée
Libre, Paris, 1947, p. 131.
Tu trembles, carcasse ? Tu tremblerais bien davantage si
tu savais où je te mène.
Turenne

 

I
TENTATIVE DE MEURTRE,
AVEC PRÉMÉDITATION,
CONTRE L’ALLEMAGNE ?

 

C’était en 1967, au Quartier latin ; je me retrouvai ce jour-là nez à nez avec
Jacques Joubert, comme moi ancien taupin au lycée Saint-Louis, perdu de vue depuis
six ans. Il était devenu ingénieur de l’Aéronautique. Nos itinéraires respectifs avaient
divergé ; j’avais gardé de lui le souvenir d’un acharné travailleur qui pourtant différait
des autres taupins : il sortait dans le monde, il avait des connaissances ailleurs qu’en
mathématiques-physique, et, de plus, il courait les filles comme ne le faisaient pour
ainsi dire jamais les élèves de Mathématiques spéciales.
Notre rencontre ne dura qu’une demi-heure. Au moment de nous serrer la main,
j’eus la prémonition que nous ne nous reverrions sans doute jamais. Il tint à me dire :
« J’ai un livre à te recommander. C’est le dernier Rassinier : Le Drame des Juifs
européens. Il ne te laissera pas insensible. »
Sur ce sujet j’en étais resté à deux ouvrages iconoclastes de Maurice Bardèche,
que je tenais d’un cousin radical-socialiste décédé trop jeune : Nuremberg ou la Terre
promise, et Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs, deux ouvrages publiés par Maurice
Bardèche en 1948 et 1950. Je me portai à la librairie Gibert toute proche, et en ressortis
avec Le Drame des Juifs européens, la dernière publication de Paul Rassinier.

AS, ET PETIT CHELEM

Dix ans plus tôt, l’année du bac math’élem, j’étais ce qu’on appelait un as, un surdoué
scolaire, et on m’avait propulsé, dès que j’eus obtenu mes deux bacs vers la « prépa » de
Saint-Louis, la taupe. Après des débuts en fanfare, l’échec à l’X deux ans plus tard me
blessa au plus haut point. Comment avais-je pu échouer, moi qui quatre ans auparavant
avais passé si brillamment mon premier bac dès la classe de seconde A’ (latin-grecmaths),
puis math’élem avec la mention bien ! Moi qui lisais en traduction les
philosophes grecs dès l’âge de douze ans, qui n’avais jamais mérité moins de 17/20 en
mathématiques et en physique ! La vérité était que mon côté « surdoué » avait bel et
bien disparu vers mes 17-18 ans, et que je me refusais à l’admettre. Je vivais en quelque
sorte de restes qui pouvaient faire illusion par moments, aussi bien à moi-même qu’à
l’entourage. J’étais peut-être encore capable d’étincelles, mais sans plus. « Quelque peu
surdoué », devait me dire drôlement mon vieux professeur de mathématiques de
l’époque, retrouvé bien longtemps après, et qui voulait résumer le cas sans flagornerie.
Ces dix années 1957-1967 avaient fait de moi un autre homme, en qui subsistait
maintenant la volonté de me rattraper, avec ces restes justement. Une rencontre m’avait
marqué, peu après mon installation à Paris, celle de ma nouvelle logeuse du XVIIe

arrondissement, m’ouvrant des horizons insoupçonnés par le récit qu’elle me fit de ce
qu’avec son mari elle avait vécu durant la période de l’Occupation à Paris. Elle m’avait
prêté un exemplaire des Décombres, de Lucien Rebatet, qui me fit forte impression.
J’avais effectué ensuite mon service militaire de seize mois dans une unité de l’OTAN
qui m’avait fait côtoyer journellement Américains, Allemands, Anglais, Belges, dans
l’inénarrable contexte « post-atomique » de mon bataillon (11).
Au retour de l’armée j’avais été victime d’un accident de moto, dans Paris, où je
fus bien près de perdre la vie, et qui me laissa de longues séquelles. Encore
convalescent, je rencontrai la même année la ravissante Beatrix ; je l’épousai l’année
suivante. J’avais accompli ma remise sur pied professionnelle. Cadre fonctionnaire,
j’avais la volonté de passer, dès que l’ancienneté statutaire serait atteinte, le concours
interne spécial de mon ministère qui me permettrait, après un cursus incluant la scolarité
complète des dix-sept mois de l’ENA, d’accéder au corps des Administrateurs civils. Ce
qui advint, comme prévu.
Quand je franchis, fin décembre 1971, rabelaisien joyeux, la porte de l’Ecole
nationale d’administration alors installée rue des Saints-Pères, je dédiai ce succès (mon
petit chelem !) à mon père tombé mortellement 27 ans plus tôt, parce qu’il avait eu sa
conception de la liberté comme pouvait l’avoir eue en avril 1944 l’homme de 27 ans
qu’il était alors.

MOURIR À 27 ANS

Ce 10 avril 1944, mon père circulait au volant d’une camionnette de l’usine Celtia,
non loin de Neuvic, en Corrèze. Cette usine de fabrication de bobines de bois pour les
filatures et le commerce avait été achetée par son oncle et il en était le directeur
technique. Il avait pu ce jour-là réaliser son projet de se rendre à Brive avec un
contremaître de l’usine pour un achat de machine et il avait proposé à la soeur de sa
femme, ma tante Christine, de les accompagner : une aubaine pour elle dans ces temps
de restriction sévère en matière de circulation automobile. Elle avait pris avec elle, pour
ce voyage, son jeune fils âgé de quatre ans, mon cousin germain. Peu avant la petite
ville d’Egletons, soit trente kilomètres après leur départ, un petit pont, dans une courbe :
une patrouille allemande, en barrage volant, ordonne de faire halte. Elle est composée
de ces supplétifs géorgiens (les Vlassov), qui, à l’époque, représentaient la Wehrmacht
en Haute-Corrèze.
Contrôle des papiers, fouille experte du véhicule. « À qui ce revolver ? » interroge
le sous-officier en vert-de-gris, brandissant l’arme qu’il vient de saisir sous la banquette
du passager avant. Les trois passagers blêmissent et se regardent. Mon père, sourire aux
lèvres, se désigne. Alors, le Géorgien se saisit de lui : « Vous, arrêté ! », et ordonne aux
autres occupants du véhicule de faire demi-tour pour rejoindre leur point de départ, sans
autre forme de procès,
Le soir même, mon père est incarcéré à deux kilomètres de là au lycée Albert-
Thomas d’Egletons, dont une partie sert de casernement aux mêmes Géorgiens. On
barricade une salle pour lui, après y avoir installé un bat-flanc. Ses gardiens, confie-t-il
à sa jeune épouse (autorisée à venir le voir chaque jour), ne sont pas de trop mauvais

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1 Notre unité interalliée de l’OTAN, le JMCC (Joint Mobile Communication Center), était supposée être le « résidu »
du service de transmissions de l’Etat-major restant encore opérationnel après le désastre (survenu) d’une guerre
atomique en Europe. Basés en forêt dans des véhicules équipés d’émetteurs-récepteurs puissants, nous étions chargés
de « remettre en communication » les éléments, épars en Europe, des commandements d’unités dispersées et
épargnées par le désastre.

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bougres. Il ne se plaint pas même de la nourriture, à l’exception notable du pain. On
vient l’informer de son transfert imminent à Limoges distant de cent kilomètres, pour y
comparaître devant le tribunal militaire allemand de la zone. Il annonce le 14 avril à ma
mère qu’il en connaît déjà la dure sentence : travail forcé quelque part dans le Reich,
sûrement avec régime sévère, et en usine d’armement compte tenu de sa qualification
d’ingénieur.
Ce jour de la mi-avril, il sait qu’on va venir le chercher sous bonne garde pour le
transfert. Il l’a dit d’ailleurs à sa jeune femme. Il se voit déjà entre deux vert-de-gris, en
route pour le Tribunal. Justement, ils arrivent ! Bizarrement, il ne s’agit pas d’un
véhicule militaire, mais d’une traction avant avec des civils français à l’intérieur ! Ils se
présentent au sous-officier géorgien, papiers à la main. Ils emmènent mon père à qui ses
gardiens ont rendu ses effets sans oublier l’argent qu’il avait emporté pour la transaction
projetée à Brive.
Le malheureux est assis entre deux sbires, sur la banquette arrière ; à leurs faces
de truands, il comprend que ce n’est ni un tribunal militaire, ni une usine allemande qui
l’attendent, mais la mort.
L’après-midi de ce même 15 avril, on vient annoncer à la mairie d’Egletons qu’à
quatre kilomètres de là, un homme jeune est allongé, mort, dans un sentier, à une
vingtaine de mètres de la vieille route Egletons-Limoges qui passe ensuite par le village
de Sarran. C’était mon père. Tué d’une balle dans la nuque, le médecin le précisera un
peu plus tard, mais tué à distance par une balle de revolver : sans fenêtre de sortie, la
balle a peu pénétré à la base du cervelet. Par ailleurs, aucune trace de lutte, visage
tranquille, léger sourire, la nuque un peu gonflée seulement par un caillot de sang
Ma mère n’a que 27 ans, et se retrouve veuve avec deux jeunes enfants : ma soeur
(deux ans) et moi (trois ans et demi).
Le lendemain, elle se précipite au bureau de l’officier allemand qu’on lui a indiqué
comme le responsable du secteur. Il la toise durement du haut de son 1m90, quand elle
ose lui demander pourquoi on a tué son époux, pourquoi on lui a aussi volé son argent.
Sans ménagement il lui réplique : « On ne vous doit rien, madame; et, même je n’ai
aucun compte à vous rendre ! Nous n’avons rien à faire de vos règlements de comptes
entre terroristes ! »

DES SATURNALES AHURISSANTES…
UN JEUNE HOMME TONNANT ET FULMINANT
UN ABATTAGE PEU RITUEL

Il était difficile, et à l’école plus qu’ailleurs, d’être un élève surdoué parmi les
«normaux».
Je le sentis très vite. Dans la salle de classe, déjà, le surdoué lève la main avant
tous les autres, sur tous les sujets. L’enseignant comprend vite cela mais il doit faire
mine de l’ignorer quelque peu, pour laisser leur chance aux autres et ne pas les humilier.
Je me retrouvais hors-compétition.
À la récréation, c’est souvent que se donnait libre cours la jalousie des élèves
ordinaires et des moins bons. Tout comprendre avant tous les autres m’isolait. À de rares
occasions, cependant, je pouvais bénéficier, en contrepartie, d’entretiens en tête-à-tête
avec mes professeurs.
Dès la classe de cinquième, je m’étais retrouvé dans un pensionnat catholique de
bon niveau, sorte de pépinière de supposées vocations sacerdotales. Pris de ferveur pour

la littérature latine, je parvenais dès les classes de quatrième et de troisième, à lire le
latin aperto libro. J’avais fait l’acquisition d’ouvrages latins hors programme et de ce fait
interdits puisqu’ils ne figuraient pas dans la liste, restreinte, des ouvrages autorisés. Lors
d’une fouille de routine, on trouva dans mon placard d’interne le Satyricon de Pétrone,
en édition bilingue Guillaume Budé. Je fus sur-le-champ convoqué chez le Supérieur et
copieusement réprimandé pour avoir été trouvé en possession d’un ouvrage aussi
« pernicieux ». Horresco referens, on me surprit quelque temps plus tard, à l’étude du
soir, en train de lire les Saturnales de Macrobe, dans l’édition bilingue Garnier. Cette
fois, le Supérieur s’étrangla d’indignation . « Mais enfin, vous ne pouviez ignorer ce que
signifie ce terme de Saturnales ! Il désigne une période finissante de l’année où le peuple
romain, la populace, se livrait ouvertement et sans frein aux pires débauches ! Comment
avez-vous pu être attiré par un ouvrage au titre pareil ? »
Manifestement, le Supérieur n’avait pas lu l’ouvrage. Je me hasardais à lui en faire
la remarque. Je lui résumai le contenu du livre. « Macrobe, lettré du IVe siècle finissant,
avait mis à profit ces jours de fête annuelle, appelés Saturnales par les Romains, pour
rencontrer quelques érudits de ses amis et discuter avec eux de littérature, de poésie, de
science ou d’histoire, en cette période fascinante où l’on allait bientôt assister à
l’effondrement de Rome. L’ouvrage est précieux pour quiconque s’intéresse à ces lettrés
romains attachés à l’ancienne religion, quelques décennies après l’édit de Constantin et
nostalgiques de la Rome impériale et ra.yonnante. »
Le cuistre en soutane rompit là et m’informa qu’il allait adresser une lettre à ma
mère.
J’appris un peu plus tard qu’en fait le saint homme s’était entretenu avec ma mère
et lui avait benoîtement expliqué que j’aurais dû être renvoyé. Je n’étais « pas pieux »
(J’avais en privé exposé au professeur de religion, brave homme au demeurant, que je
n’admettais pas certains dogmes de la foi catholique) et, surtout, j’avais introduit dans
son respectable établissement au moins deux livres « déshonnêtes ». « Compte tenu de
[mes] résultats scolaires remarquables, on voulait cependant bien [me] garder. »
Ma passion pour les lettres classiques allait aussi, bien sûr, au grec ancien qui
m’attirait par sa beauté graphique immédiate, sa délicatesse, sa précision, sa richesse ; le
dictionnaire Bailly était ma savante distraction du fait de son apparat linguistique et
philologique, qui me révélait des correspondances avec les autres langues européennes.
J’avais ainsi commencé à monter des tableaux à partir de radicaux originaux les plus
proches ou les plus probables du sanscrit et de l’indo-européen primitif restitué, dans
lesquels je classais les mots latins, grecs, romans, germaniques, slaves, qui étaient
rattachables au « squelette » primitif. Ce faisant, j’avais la sensation d’avancer sur des
sentiers escarpés menant à des sommets d’où je découvrais des paysages insoupçonnés.
Plus tard je devais, bien entendu acquérir le gros et incontournable Indogermanisches
etymologisches Wörterbuch (2) de Julius Pokorny, et me passionner pour les ouvrages
philologiques sur le sujet des langues issues de l’indo-européen primitif. (3)
Doté de la bosse des maths, j’étais toujours premier en mathématiques ainsi qu’en
physique-chimie avec une prédilection pour la trigonométrie, le calcul analytique et la
chimie minérale. Je m’étais, en troisième et seconde, procuré de gros ouvrages de
chimie, puis du matériel de laboratoire. Nanti de mes cornues et becs Auer, je procédais
avec délectation à des expériences de chimie. Cela se passait, en période de vacances,
dans une remise attenante à la belle et ancienne maison où habitait ma grand-mère

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2 J. Pokorny, Indogermaniscbes etymologisches Wörterbuch, 2 tomes, A. Francke Editeur, Berne, 1959-1969
3 Jean Haudry : L’Indo-européen, Paris, PUF (collection Que sais-je), 1992, et Les Indo-européens, Paris, PUF
(collection Que sais-je), 1994.

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paternelle. Près de deux hectares de parc agrémentaient cette demeure, qui fut mon
paradis.
Un jour de juillet 1956, le facteur, la mine inquiète, vient m’informer que deux
lourds colis sont arrivés à mon nom mais il se refuse à me les livrer dans sa tournée, car
ils comportent des étiquettes de couleur vive, telles que « Produit toxique »,
« Explosif », ou « Corrosif ». Ma première commande à Prolabo venait d’arriver,
comprenant les ingrédients de base. Il s’agissait notamment d’acides sulfurique et
nitrique concentrés, dans des bouteilles en verre fumé noyées dans du silice en poudre.
J’employais ces produits à la préparation de fusées que je souhaitais mettre au point à
peu de frais.
Bientôt je fus connu dans la région pour mes expériences tonnantes et fulminantes
qui alertaient chaque été le pays. Mon souci était de mettre au point, même de façon
assez rudimentaire, un mélange chimique, solide, pâteux ou pulvérulent, le plus
propulseur possible, sans que la combustion en fût ni trop rapide ni trop lente. Une de
mes premières fusées, chargée d’au moins cinq kilos d’une poudre de ma fabrication, ne
décolla pas et explosa sur sa « base de lancement » en bois. Un chêne tout proche fut
pour moitié défolié par le souffle de la déflagration. Une nouvelle fusée, celle-là bien
partie mais comme à chaque fois assez mal guidée, après une haute trajectoire
parabolique, tomba au beau milieu du troupeau de moutons d’un paysan voisin
prénommé Camille. Elle n’avait directement touché aucune bête mais une des brebis,
effrayée par la chute de la fusée brûlante qui l’avait frôlée en grondant et fumant, s’était
élancée dans la clôture barbelée toute proche, et elle s’y s’était tranché la carotide. Le
paysan qui avait assisté de loin à la scène, se précipita dans le pré avec son domestique.
Les deux vilains, se saisissant du gros cylindre métallique cabossé et encore brûlant,
m’invectivèrent : « Ta torpille, tu iras la récupérer… à la gendarmerie ! » Au tribunal de
police, le juge, se retenant de rire, m’infligea une amende de 20 francs pour « violences
légères » tandis que je lui présentai mes regrets pour cet ovicide par imprudence.

LE PARADIS, UNTER DEN LINDEN

Les vacances scolaires étaient l’occasion de lire et de prendre des notes. Ma mère
venait de m’offrir un scooter, qui devint l’instrument idéal pour l’exploration
systématique de la région. Une parente venait de me faire cadeau d’une armoire
bibliothèque vitrée (dont on devait me voler le contenu bien plus tard), que j’installai
avec enthousiasme dans ma nouvelle chambre de 45 m2, au rez-de-chaussée de la belle
maison, et qui allait rester ma Thébaïde jusqu’à mes 30 ans.
Je n’avais pas 18 ans, en ces beaux jours de juillet 1958, avec mes deux bacs et
mon ticket d’entrée en classe préparatoire scientifique pour la fin septembre. Les deux
fenêtres grandes ouvertes, avec le bourdonnement rassurant des abeilles dans le tilleul
séculaire, face à ma nouvelle bibliothèque, j’étais comblé. Je l’avais composée, cette
bibliothèque, selon les thèmes qui m’étaient chers. Face à moi, le rayon scientifique,
avec le gros ouvrage rouge de chimie générale de Troost (suranné dans son contenu), La
Terre et les Mers de Figuier, des traités d’algèbre, des épreuves de mathématiques et
physique avec corrigés, des ouvrages spécialisés de l’éditeur Dunod, et ces cinq
ouvrages de vulgarisation du physicien américain G. Gamow qui m’enthousiasmait. Ils
m’initiaient à la théorie de la relativité, à la mécanique quantique. Je goûtais le subtil
mystère des mathématiques ; pur produit du cerveau de l’homme, les mathématiques
peuvent autant vivre d’une vie indépendante que se mettre au service des sciences de la

matière. Je me passionnais pour le calcul des probabilités, les lois des grands nombres,
leurs prodigieuses conclusions aboutissant à ce paradoxe d’obtenir des certitudes à partir
de phénomènes aléatoires. À propos des jeux et des espérances de gains, une certaine
démonstration, agrémentée d’intégrales et d’équations « aux dérivées partielles » me
rappelait opportunément qu’entre toutes les stratégies possibles de jeu, la meilleure
possible est de ne pas jouer du tout.
Au-dessus, les auteurs classiques, encadrés par le Bailly et le Bornecque – les
classiques Budé bilingues, ocres pour les grecs (une quinzaine), et de couleur rouge
brique pour les latins (une quarantaine), les grammaires (Petitmangin pour le latin,
Ragon pour le grec, Carpentier-Fialip pour l’anglais), des ouvrages de toponymie de
Meillet, de Dauzat, ainsi que, plus savants et coûteux, des ouvrages de philologie
publiés chez Klincksieck. Du côté des livres anciens, j’avais reçu en cadeau le tome Il
(seul !) de l’Esprit des Lois de Montesquieu en édition cuir d’époque. Je possédais déjà
une Géographie de Crozat datant de 1794 et les Contes moraux de Madame de Genlis.
Figurait encore un Albert moderne en édition populaire du XVIIe siècle, sorte de manuel
de médecine populaire dont je me plaisais à réciter à quelque visiteur ou visiteuse les
recettes à base d’ingrédients de sorcière.
Sous l’étagère scientifique, je classais romanciers et nouvellistes : Jules Verne,
bien sûr, avec une vingtaine d’ouvrages, trois ou quatre romans de Balzac, le Mémorial
de Las Cases, Don Quichotte en traduction française, Chateaubriand avec son Itinéraire,
Edgar Poë, Dickens, Stendhal, S. Lagerlöf, des Sherlock Holmes, Wells, H. H. Ewers,
des Daudet, un Goncourt, le Roi des Montagnes d’Edmond About, Mme de Staël avec
son Allemagne, des contes de Maupassant, deux Octave Mirbeau, des Francis Carco,
Paul Morand, Montherlant, nul recueil de poésie sinon Les Fleurs du mal et une
anthologie de la poésie française où Mallarmé m’intriguait par son hermétisme. J’avais
écarté un Paul Valéry, reçu en cadeau, que je trouvais assommant. Je n’aimais pas Hugo
et je n’en voulais pas dans ma bibliothèque. Je me souviens du Candide et du
Dictionnaire philosophique de Voltaire, d’oeuvres de Saint-Simon, de Michelet, des
Mémoires du beau Lauzun. Deux Nietzsche en traduction française : Ecce homo et La
Naissance de la tragédie. Deux Céline : Voyage au bout de la nuit et Mort à Crédit.
Parmi les ouvrages peu orthodoxes, légués par le cousin radical-socialiste : La Fin des
Religions d’Auguste Dide, La Vie de Jésus de Renan, et les deux Nuremberg de Maurice
Bardèche. Je croyais sentir une parenté d’esprit entre l’ouvrage de Renan et les
Nuremberg de Bardèche. « Sais-tu bien que la Vie de Jésus de Renan est… à l’Index ? »
me dit un jour ma grand-mère, facétieuse. Cette réflexion piqua ma curiosité. J’étais
désormais « indexé ».
Sur les deux rayons du bas : voyages, géographies, ouvrages de mécanique auto et
moto, un dictionnaire médical de 1911 qui, avec insistance, préconisait l’emploi de la
Magnésie bismurée, des collections de Science & Vie, des Sherlock Holmes, des livres
de science-fiction (Jimmy Guieu !), des livraisons anciennes et récentes de Paris-Match
et quelques Crapouillot, des numéros de Signal, hebdomadaire allemand en langue
française paru sous l’Occupation, avec ses photos centrales impressionnantes de
réalisme. Bientôt, j’allais y ajouter Le Matin des Magiciens et la revue Planète.
Tout en bas, une douzaine d’ouvrages surannés qu’avait prélevés à mon intention
ma grand-mère sur sa propre bibliothèque et que j’avais fini par accepter ; des Gyp,
Marcel Prévost, Félicien Champsaur et autres Paul Bourget, une biographie de Madame
Steinheil. Sans compter une bible, protestante, dont j’avais coché les passages scabreux.
Tel était pour l’essentiel l’inventaire du trésor de mes dixhuit ans.

L’ÉNIGME DE LA MORT

Etre confronté à la mort et en prendre la mesure constitue pour l’enfant et
l’adolescent un moment décisif. Déjà, à l’âge de mes neuf ans, avait disparu ma grand-mère
maternelle qui m’émerveillait le soir avec les contes de Perrault qu’elle savait dire
à la perfection. Puis, nous avait quitté, bien trop jeune, le cousin radical-socialiste, qui
avait été mon tuteur légal à la mort de mon père. Son dernier poste avait été celui de
conseiller technique au cabinet ministériel d’Edgar Faure. Je l’admirais pour ses
connaissances et son expérience de la vie. C’est avec lui que je venais de faire mon
premier grand déplacement automobile : rejoindre Paris, plus de 400 kilomètres en
« traction avant ». Disparu encore, le grand-oncle Ernest, le patron des usines Celtia, qui
m’avait surnommé « Monsieur pourquoi » ; il savait répondre à toutes mes nombreuses
interrogations. Sur son lit de mort je n’acceptai pas de l’embrasser, comme on m’y
invitait. J’avais onze ans.
Un jour de juin 1958, on avait ramené sur la berge de notre étang le corps d’un
garçon de treize ans qui avait coulé à pic. Notre professeur de gymnastique, puis les
pompiers, venus avec leurs bouteilles d’oxygène, avaient en vain cherché à le réanimer.
Nous étions là, silencieux, à contempler la face bleuie, quand arrivèrent les parents.
Sous nos yeux la mère fut prise d’un malaise. Je ressentis la mort comme une énigme.
Quelques semaines plus tard, j’appris la mort de mon cousin Jean, âgé de 18 ans.
Grand sportif, champion de natation, il avait cherché à secourir ses compagnons mais
s’était noyé. Son corps ne fut retrouvé que dix-huit jours plus tard. Ses parents ne
devaient plus se remettre de cette disparition tragique.
En août 1962, une jeune parente, la jolie Agnès, 27 ans, quitta un soir son hôtel
madrilène où elle séjournait pour un mois comme chaque été. Peu après, elle fut
retrouvée, noyée dans l’eau peu profonde du Manzanérès.
Ces trois morts familiales : celle de mon père à 27 ans, de Jean à 18 ans, d’Agnès à
27 ans, comment les expliquer ?
Un mystère entourait la disparition brutale d’Agnès. S’agissait-il d’un suicide ?
D’un assassinat ? D’un accident ? Je parvins à me procurer des journaux et des
hebdomadaires espagnols. Tous évoquaient cette jolie jeune Française, élégamment
vêtue, qui parlait un espagnol parfait et qu’on avait retrouvée noyée : elle n’avait pas
subi de violences.
Sur les circonstances de sa disparition, j’avais personnellement entamé une
enquête mais, soudainement, sa mère, qui était notre tante (la passagère de la
camionnette quand avait été arrêté mon père dix-huit ans plus tôt), m’intima l’ordre
d’interrompre toute recherche et de lui communiquer, sans en prendre copie, tous les
éléments en ma possession.

VOUS AVEZ DIT:
AU NOM DE LA CIVILISATION ?

En somme, pour Agnès comme pour mon père, on ne souhaitait pas en savoir
plus.
Pour ma mère, son mari était simplement tombé en martyr de l’occupation, en
héros silencieux, en combattant de l’ombre.

Pour ce qui me concerne, j’étais pris entre toutes ces conjectures qui m’assaillaient
dès que je questionnais les uns et les autres : mon père, une fois arrêté, n’aurait-il pas été
dénoncé à la police allemande, ou à celle de Vichy, comme dangereux résistant (ce qu’il
n’était aucunement mais qui ne pouvait qu’aggraver son cas) ? Et n’aurait-on pas alors
organisé une mise en scène pour le faire cueillir à sa prison improvisée d’Egletons par
des tueurs à gages, des gestapaches français ? On me disait qu’il était constant que les
Allemands préféraient voir faire « le sale boulot » par des mercenaires des pays
occupés. Une autre version m’était présentée : mon père n’avait pas voulu être interrogé
par les services spéciaux qui l’attendaient avant le tribunal militaire et il avait tenté de
s’enfuir en sortant en force de la traction avant. Ou encore : la grosse somme d’argent
qu’il portait sur lui avait suscité la convoitise des occupants de la traction, qui avaient
alors préféré le liquider, prétextant ensuite qu’il avait voulu s’échapper. D’autres
explications étaient possibles. (4)
Pour la mère de mon père, son fils s’était laissé entraîner dans une aventure bien
imprudente. Toujours souriant, car telle était sa nature, mon père aurait voulu aider ces
maquisards, dont un des chefs lui avait confié un revolver « pour le cas où » : c’était le
vouer à la mort si jamais il se faisait surprendre avec cette arme. Ma grand-mère
méprisait ces maquisards qu’elle tenait quasiment pour responsables de la mort de son
fils. L’action de ces FFI, de ces FTP, par ailleurs, avait-elle seulement modifié d’un jour
la date du débarquement de Normandie et la plupart de leurs coups de main avaient-ils
entraîné d’autres conséquences que des représailles sur des populations innocentes ?
Mais souvent il lui arrivait de conclure que son fils avait agi en homme sûr de lui et
convaincu du bien-fondé de son choix. Elle avait alors dans le regard la fierté d’une
douce grande dame à qui la guerre avait fait perdre les deux hommes auxquels allait tout
son amour : son mari et son fils.
Son mari avait été tué au Tonkin en juin 1916. Il était alors jeune officier,
commandant du poste frontière de Lao-Kay, face aux successeurs des Pavillons noirs.
Auparavant, il avait fait une « glorieuse guerre » face aux Allemands, sur le front de
l’Aube, à la tête de sa compagnie de tirailleurs tonkinois lesquels avaient, presque tous,
péri broyés par les obus allemands de 77 ou étaient morts de froid dès leur premier hiver
dans la boue glacée des tranchées. Grièvement blessé, il avait bénéficié d’un
avancement de grade et d’une nouvelle promotion en Indochine. Epousant alors sa
fiancée, il avait passé avec elle en juillet 1915 trois semaines de lune de miel à Vichy.
Puis il était parti, pour ne plus jamais revenir, sinon en juillet 1916 dans un cercueil en
plomb couvert du drapeau tricolore et d’une décoration accordée à titre posthume. Il
n’avait jamais vu son jeune enfant, mon père, nourrisson de trois mois d’âge qui
deviendrait pupille de la Nation. Ce qui allait, précisément, être aussi mon cas en 1945.
Pouvait-on les qualifier d’héroïques, ces deux hommes ?
Ma grand-mère me posa un jour une question qui me donna à réfléchir:
Ton grand-père officier avait la consigne officielle d’instruire ses tirailleurs
tonkinois en vue d’en faire des « tueurs de Boches » : les plus efficaces, les plus
cruels possibles. « Il y a vingt millions d’Allemands de trop ! » avait dit
Clemenceau, n’est-ce pas ?
Oui ! Et combien de « Boches » justement ton grand-père a-t-il ainsi bien
pu faire mourir ? Quelques-uns ou des centaines ? Des milliers, peut-être ? La
France, notre pays, envoyait des officiers comme lui à 10.000 km d’ici pour

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4 La version la plus récente, tirée du gros ouvrage Maquis de Corrèze (recueil de témoignages divers, édité par le
collectif « Maquis de Corrèze », 2, quai Edmond-Perrier, 19000 Tulle, 798 p., 1995) et présentée comme authentique
évoque une liquidation par des miliciens.

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entraîner des Asiatiques à tuer des Allemands, nos voisins, nos proches parents,
nous le savions bien ; cela me donne le vertige. Après tout, ton père n’aurait-il
pas été victime d’une sorte de justice immanente ? Souvent, je pense qu’une
justice immanente a frappé ton père, qui, sans le savoir et bien sûr sans le
comprendre, aura payé de sa propre vie en 1944 l’erreur criminelle de nos
gouvernants que j’ai vus précipiter la France dans deux guerres contre
l’Allemagne en moins de vingt-cinq ans. N’oublions pas non plus le triste
Badinguet qui se prenait pour Napoléon et qui n’avait pas hésité en 1870 à
déclarer la guerre à l’Allemagne sous un prétexte futile, avec l’issue
catastrophique que nous savons, les Chassepots n’ayant, au bout du compte, pas
vraiment … fait merveille.
La notion de « justice immanente » me laissait, et me laisse toujours, perplexe. Et
cette réflexion me reste présente à l’esprit quand je m’interroge sur l’histoire tragique du
XXe siècle.
Il m’arrivait de lire des ouvrages violemment antiallemands, publiés avant 1914,
dans ce qui restait de la petite bibliothèque de ma grand-mère. J’ai conservé l’un d’eux :
La Menace allemande, d’un certain André Barre. Ce livre, écrit vers 1908, est un
véritable appel au meurtre, une déclaration de guerre à l’Allemagne de Guillaume II, une
ardente annonce de guerre européenne. Comme affolé par les progrès techniques et
économiques de cette Allemagne, l’auteur appelle à la mobilisation des Latins et des
Slaves contre l’Empire allemand:
Dans un espace d’années qui sera court le monde doit voir ceci: le
drapeau germanique abritera 86 millions d’Allemands, et ceux-ci gouverneront
un territoire peuplé de 130 millions d’Européens. Sur ce vaste territoire, seuls
les Allemands exerceront les droits politiques […]. Ils seront alors, comme au
Moyen Âge, un peuple de maîtres, condescendant simplement à ce que les
travaux inférieurs soient exécutés par les peuples soumis à leur domination. (5)
On sent bien dans tout l’ouvrage que l’admiration première, même quand elle est
exposée objectivement, ne tarde pas à faire place à une sourde inquiétude.
Au début du XXe siècle, un ingénieur français issu des Arts & Métiers, Victor
Cambon, (6) rédigea plusieurs ouvrages sur ce qu’il avait vu outre-Rhin. Après un
constat impartial des qualités du peuple allemand (amour de la science, travail soutenu,
confiance en soi-même, initiative hardie, esprit d’organisation, discipline), il cherchait à
s’expliquer le développement étonnant de l’industrie et de la recherche allemande. Il
l’attribuait au système de formation unique de l’Allemagne : « La prodigieuse expansion
industrielle de l’Allemagne resterait inexplicable si sa description n’était précédée d’une
visite à ses établissements d’enseignement professionnel. » Il constatait par ailleurs que
le terreau en était un véritable culte pour l’instruction à tous les niveaux ; les paysans
eux-mêmes, vivant en demi-citadins (ce qui « relève sensiblement leur intellectualité »,
précisait-il) y avaient accès :
Leur tenue s’en ressent; l’on distingue difficilement en Allemagne un
paysan d’un ouvrier endimanché et, surtout, on n’y rencontre point, comme
dans certains départements reculés de la France, de ces êtres d’aspect sauvage,

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5 André Barre, La Menace allemande, Louis-Michaud Editeur, 1908 (?), p. 270.
6 Victor Cambon, L’Allemagne au travail, Pierre Roger & Cie, éditeurs, 1910, Paris, p. 9, p. 259

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aux accoutrements inexpressibles, vivant seuls dans des chaumières perdues, à
la façon d’hommes préhistoriques.
Résultat de cette législation et de ces moeurs : il n’y a pas en Allemagne
un millième d’illettrés. Mais cette constatation me paraît insuffisante. Il importe
peu qu’un homme ait appris à lire, si, sa vie durant, il ne lit jamais. Or, on voit
des journaux et des livres dans les mains et dans la demeure des Allemands de
toutes les conditions.
Après de méticuleuses descriptions de sites industriels, de leur organisation de
production et de travail, il en arrivait à cette conclusion :
Certainement, l’Allemagne d’aujourd’hui ne redoute aucun producteur
comme concurrent. […] Seulement, en résulte-t-il qu’elle puisse imposer au
monde entier ses marchandises ? Ne verrons-nous pas un peu partout les
douaniers entrer en scène ? Les autres nations protégeront leurs industries
vieillies ou naissantes contre la puissante Allemagne. Déjà l’Angleterre nous en
offre l’exemple avec sa loi sur les brevets étrangers. Cet exemple suivi et
dépassé partout serait un blocus mondial. Faudra-t-il le percer à coups de
canon ? Cruelle, mais nullement invraisemblable hypothèse.
[…1 Telles sont les difficultés qui assombrissent l’horizon de l’empire
allemand ; nous les voyons nettement et devons, sans exagération, les déclarer
inquiétantes.
On voit déjà là, de façon prémonitoire qu’il n’y avait pas loin chez notre auteur,
des douaniers aux coups de canon. Pour n’en rester qu’au plan économique, et le siècle
étant écoulé, on peut ajouter aujourd’hui : en 1923, démontage et pillage des usines
allemandes ; en 1943 et 1944, destruction systématique des villes allemandes et des sites
industriels allemands, en 1945, vol des brevets allemands, captation des ingénieurs
allemands de recherche nucléaire et spatiale au profit des vainqueurs ; de 1945 à 1948,
déportation d’une vingtaine de millions d’Allemands et vol de la totalité de leurs biens ;
de 1945 à 1990, mise en esclavage des 18 millions d’Allemands de la DDR.
En 1913, un journaliste, Georges Bourdon, correspondant du Figaro, venait
d’effectuer un long voyage en Allemagne qu’il relata dans une série d’articles de ce
quotidien. Le compte rendu complet qu’il réunit ensuite en un volume intitulé L’Enigme
allemande montrait que ce qu’il avait vu outre-Rhin ne cadrait pas avec l’image négative
que la presse française donnait de l’Allemagne. Il avait l’honnêteté de l’écrire. Il
rapportait, par exemple, un entretien qu’il avait eu avec Hermann Sudermann, homme
de lettres allemand, auteur dramatique et par là en contact permanent avec le public de
son pays. (7) Le sujet en était les sentiments réciproques des deux peuples à l’égard de
leur voisin :
Ah ! [dit H. Sudermann à son interlocuteur] tous les Français sont les
mêmes !… Lorsque je vais à Paris et que j’y constate à quel point l’on s’abuse
sur les sentiments de l’Allemagne, je ne sais que dire à vos compatriotes. Je
voudrais leur crier : « Vous vous trompez ! On vous ment ! Vous vous mentez
à vous-mêmes ! » […] Oui, oui, tout ce que vous supposez, tout ce que vous
croyez, c’est de la fantasmagorie. Dans toute l’Allemagne, il n’y a que

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7 Georges Bourdon, L’Enigme allemande, Plon, 1913, p. 158. Le dramaturge allemand Hermann Sudermann
qu’évoque ici G. Bourdon fut, à l’époque, un auteur connu même en France, où sa pièce Magda, jouée par Sarah
Bernhardt au Théâtre de la Renaissance, avait ému Paris.

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sympathie pour la France et pour ce qui vient de France et je n’ai jamais
rencontré une seule personne qui ne considérât comme une calamité la seule
perspective d’un conflit nouveau. Cela, je vous le jure. C’est la vérité stricte.
Hors d’elle, il n’est qu’illusion et duperie !
[…] L’Allemagne malveillante ?… Comparez, je vous prie. Dans vos
caricatures, dans vos livres, dans vos théâtres, vos cafés-concerts, quel rôle
donnez-vous à l’Allemand ? C’est un lourdaud antipathique, un sournois, qui ne
sait pas s’habiller, mange gloutonnement et se tient mal ; les louches affaires,
les marchés équivoques, les sales trahisons, c’est le bagage du juif allemand;
enfin le personnage infâme, celui qu’on bafoue, qu’on déshonore et qu’on
déteste, toujours l’Allemand. Faites maintenant la contre-partie ; promenezvous
à travers l’Allemagne, entrez dans nos théâtres et nos cafés-concerts, ouvrez
nos journaux de caricatures, à Berlin comme à Francfort, à Breslau comme à
Munich: quand il y est question d’un Français, c’est presque toujours pour lui
donner un caractère aimable et un rôle sympathique. Encore hier, un de nos
bons romanciers Walther Blöm, publiait un roman, L’Année de fer, dont l’action
se passe pendant « la grande guerre » (celle de 1870), et, parmi ses principaux
personnages, figure un officierfrançais qu’il a paré de toutes les noblesses.
J’aurais trop beau jeu, si je voulais mettre en regard tout ce que la littérature
française, depuis Maupassant, a produit sur nous. Il vaut mieux ne pas insister.
Eh bien ! croyez-moi, en ce point comme en beaucoup d’autres, notre littérature
et notre théâtre enregistrent, à leur insu ou non, les idées et les penchants
communs à la masse. Toute ma génération a été élevée dans des sentiments de
sympathie respectueuse à l’égard de la France, et le langage que je vous tiens,
c’est celui que vous tiendrait tout Allemand instruit.
Déjà, un ouvrage français de 1876, intitulé l’Ennemi héréditaire, de Victor de
Saint-Genis, après avoir tenté de démontrer que la France avait été menacée depuis l’an
mil par les invasions germaniques (alors qu’en même temps il démontre naïvement que
les progrès territoriaux du royaume de France se sont faits aux dépens exclusifs de
l’empire germanique), s’en prenait violemment aux Français qui avaient eu le courage de
reconnaître les qualités allemandes et l’intérêt qu’il y avait lieu de porter à nos
voisins (8):
Qui donc a propagé en France tant d’erreurs dangereuses, tant d’illusions
sur le caractère, le génie, l’esprit, les appétits des Allemands ? Deux écrivains
dont le talent a servi la rancune et qui n’ont flatté l’Allemagne que pour se
venger des Français : Voltaire, qui fit tant de mal à notre pays par ses
hypocrisies élégantes et le charme éloquent de ses calomnies ; Mme de Staël,
ignorante et crédule. Nous revenons un peu tard de ces erreurs funestes.
Voltaire, « mauvais Français » ! Avoir admiré le grand Frédéric, son organisation
militaire et étatique, quel crime !
Je prenais conscience, à la lecture de tous ces ouvrages, de l’immense vague de
germanophobie activement entretenue en France bien avant 1914. Tous ces écrits
prêtaient à l’Empire allemand les plus noirs desseins; on était bien loin de l’admiration
que Taine et Renan, quelques décennies auparavant, avaient éprouvée pour la
profondeur du génie allemand. C’était de plus en plus comme une angoisse devant les

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8 Victor de Saint-Genis, L’Ennemi héréditaire, 326 p., 1976, E. Dentu éditeur (17-19, Galerie d’Orléans, Paris) p.264.
V. de Saint-Genis fut Correspondant du Ministère pour les Travaux historiques et par ailleurs lauréat de l’Institut.

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progrès en tous domaines de ce pays. On en arrivait à souhaiter ardemment la guerre
contre l’Allemagne, présentée d’abord comme une guerre de revanche nécessaire sur la
défaite de 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine. Puis, à partir de 1905, on donnait dans
la haine raciste pure et simple. L’Allemand devait être détruit physiquement, pour la
simple raison qu’il était allemand. Les exemples abondaient d’appels au meurtre des
Allemands ; ces appels ne pouvaient manquer d’imprégner bien des esprits et d’aboutir à
la joie mauvaise d’août 1914, quand les soldats partirent en guerre … (9)
Peu de temps après, Auguste, un autre membre de la famille, allait par ses propos
me rendre encore plus perplexe. L’homme, d’une particulière sagacité, jouissait de
l’estime générale. En 1917, alors qu’il préparait le baccalauréat, il avait été appelé au
front, dans une unité d’artillerie. Il en revint marqué à jamais. Après quoi il fit partie des
troupes d’occupation françaises en Rhénanie. Plus de quarante ans après ces
événements, le bilan qu’il tirait de ces deux expériences pouvait se résumer en ces
termes :
La France n’a, en aucune manière, mérité d’être classée parmi les
vainqueurs de 1918. Cette guerre, qu’elle a ardemment désirée, lui a valu plus
de dégâts humains et de désastres psychologiques que d’avantages. En 1919, au
moment du traité de Versailles, monument d’iniquité, la France pensait sans
doute avoir gagné la guerre avec ses alliés contre l’Allemagne.
Mais cette Allemagne s’était battue à un contre six et la France ne pouvait
se targuer de lui être supérieure. Le contraire était vrai. En 1923, jour après
jour, j’ai de mes yeux vu la réalité de cette Allemagne vaincue. J’en ai été
stupéfait.
Je peux dire qu’avec l’occupation de la Rhénanie, j’ai participé à une
expédition de pillage. Nous sommes venus dans ce pays hautement civilisé en
démonteurs d’usines et en pillards. J’ai découvert l’état intérieur des habitations
et jusqu’à celles des plus modestes employés et ouvriers. Les pianos que je
découvrais parfois chez les ouvriers n’étaient pas là pour la montre. L’amour
des beaux-arts, de la musique, de la lecture, était omniprésent.
On avait osé nous lancer contre les Allemands prétendument au nom de
la Civilisation, alors que ces gens étaient bien plus avancés que nous sur bien
des plans. Cette guerre de 1914-1918 a été suscitée par un groupe de nations
jalouses et inquiètes de voir les Allemands se développer bien trop vite à leur
gré. Ce peuple nous surclassait presque en tout domaine. Nous, Français, nous
avons figuré au premier rang des nations barbares.
Ce discours, je l’ai dit, me bouleversa : je pressentis le grand mystère du XXe
siècle que je n’ai toujours pas élucidé. Je m’interroge encore sur les motifs de cette haine
qui a poussé l’Occident à se retourner contre son véritable centre de gravité, contre son
propre coeur, contre lui-même.
Trop souvent, quand il s’agit de l’Allemagne, les historiens français se font
nébuleux. Voici, par exemple, comment encore en 1958, deux de ces historiens

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9 Un aspect de cette imprégnation de haine anti-allemande m’est apparue récemment à la lecture du scénario d’un film
documentaire intitulé Docteur Cbarles Mérieux en cours d’achèvement (producteur: La Cuisine aux Images, 2001,
Lyon). Dans ce film, Marcel Mérieux, fils et successeur de Charles Mérieux (1907-2001) à la tête du laboratoire de
microbiologie, raconte qu’à 1’âge de sept ans il déclara un jour dans le cercle familial : « Mon papa donnera le tétanos
aux Allemands : ils mourront tous en quatre jours. » Les Français, on le voit, étaient imprégnés de haine contre « les
Boches » (documentation personnelle de l’auteur).

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expliquaient dans un manuel scolaire à l’usage des élèves de la classe de première, la
responsabilité des Allemands dans le déclenchement de la guerre de 1914-1918 (10):
[…] L’habileté des commis-voyageurs [allemands], qui se pliaient au goût
de la clientèle locale au lieu de lui imposer leurs modèles, conquirent au Reich
des marchés sans cesse plus étendus, aux dépens particulièrement de
l’Angleterre. Si l’Allemagne avait continué ainsi pendant une dizaine d’années,
au lieu de se lancer dans la guerre, elle eut dominé économiquement une
grande partie du monde. Mais comme l’apprenti-sorcier de la légende
germanique, l’Allemagne fut débordée par les forces qu’elle avait déchaînées.
Ces prétendues explications, à vrai dire répétitives, ne me satisfaisaient pas. En
effet, elles partent toutes d’une supposition selon laquelle l’existence de l’Allemagne
constituerait une entrave pour les autres pays d’Europe à cause du dynamisme propre
aux Allemands. Les qualités de ce peuple – méthode, technologie, souci du travail bien
fait et de l’après-vente, rigueur scientifique en tous domaines – seraient pour les autres
peuples des sources d’inquiétude. Les défauts de ces qualités, à savoir l’assurance
éprouvée par les Allemands, les font alors taxer d’arrogance. Quoi qu’ils fassent, ils
dérangent. En fait, on n’aime jamais le premier de la classe, j’en savais quelque chose
moi-même. C’est ainsi qu’on leur instruit en quelque sorte un procès permanent.
Coupables d’être ce qu’ils sont, on décrète les Allemands « trop allemands », et, à ce
titre, leurs dirigeants se retrouvent en posture d’accusés devant une sorte de tribunal
international.
Arrêtons-nous ici un instant. Dans ce procès de l’Allemagne, imaginons, après un
tel réquisitoire, ce que pourrait être une plaidoirie. L’Allemagne, un peuple « égaré » au
milieu des autres nations européennes ? On pourrait d’abord poser en principe qu’un
peuple de la communauté européenne ne s’égare pas durant des siècles sans qu’il y aille
un peu de la faute des autres. On doit convenir d’abord que tout équilibre fut rompu par
la guerre de Trente ans, où les armées de l’Europe entière chassèrent de lieu en lieu les
populations allemandes et laissèrent derrière elles un effroyable chaos. Après deux
siècles d’éclipse, durant lesquels les vainqueurs eurent soin de maintenir l’Allemagne en
état de division et de faiblesse, le peuple allemand emprunta au rationalisme français et
à la Révolution l’idée moderne de nation. On pourrait soutenir que l’Allemagne ne fit
alors qu’adopter des principes étrangers ; que, venue tard à l’intuition de son existence
nationale, elle en prit une conscience peut-être plus agressive et eut à l’imposer dans une
Europe qui ne voulait point l’admettre. On imagine sans peine la suite de ce plaidoyer,
dont tous les éléments se retrouvent aux pages des manuels d’histoire nationauxsocialistes.
Une analyse assez lucide de la question est fournie par Albert Béguin, auteur
d’un ouvrage pourtant aussi anti-allemand qu’on savait l’être en 1946 :
Il reste que nous n’avons à peu près rien fait pour maintenir l’Allemagne
dans l’union des Européens. Il reste surtout que si nous autres, peuples
d’Europe, nous avions eu à proposer à l’Allemagne une image plus
convaincante de notre communauté et de notre existence supérieure à la sienne,
elle n’eût peut-être pas exagéré nos erreurs jusqu’à en faire apparaître les pires
aspects. Sachons voir au moins qu’une Europe plus juste et plus belle eût offert
à l’appétit spirituel des Allemands d’autres exemples que ceux qu’elle a suivis,
et d’autres satisfactions que celles où elle s’est jetée avidement.

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10 E. Jarry et P. Mazin, L’Europe et le Monde de 1848 à 1914, Editions de l’Ecole, Paris, 1958.

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A. Béguin poursuit par une réflexion sur le national-socialisme et cette
« rééducation » des Allemands qui commençait alors :
Le national-socialisme, lui, a suscité chez ses adeptes un héroïsme,
parfois une manière de sainteté, qui certes étaient viciés au principe qu’ils
mettaient l’homme au service de l’humanité, mais qui malgré tout inspirèrent
d’authentiques sacrifices. Ces jeunes hommes ont conquis l’Europe au prix de
leur aveugle courage ; ils ont vécu pendant douze ans de l’existence étonnante,
libre, sans prudences bourgeoises, sans rien de réservé, de préservé, qui est
l’existence du soldat.
Puis ils ont connu l’immense défaite, la vanité de leur don de soi, l’échec
de ce qu’ils croyaient sincèrement être une révolution et l’aurore d’un nouveau
monde humain. Et l’on voudrait maintenant qu’ils écoutent des professeurs, des
sermonneurs en qui ils ont toujours vu, – et souvent avec raison – des gens plus
soucieux de conserver leur rang social, leur dignité bourgeoise, leurs préjugés
et leur confort spirituel, que de sauvegarder des valeurs sacrées ! Allons même
plus loin : beaucoup de ces jeunes hommes, trompés par une propagande qui
abusait des mots, ont poussé le sacrifice jusqu’au sacrilège qui consiste à se
dépouiller de son âme. […] Et l’on viendrait leur proposer une bonne petite vie
sage, organisée sur le modèle des paisibles démocraties suisses ou
scandinaves ! On peut être certain d’avance qu’ils ne comprendront même pas
de quoi on leur parle. (11)
Dans une biographie récente de Lénine, l’historienne Hélène Carrère d’Encausse,
qui ne passe pas pour être particulièrement germanophile, écrit :
[Lénine] est fasciné par le modèle intellectuel allemand (la philosophie
allemande attire particulièrement les élites russes au tournant du siècle), par la
science et la technique allemandes, par le génie allemand de l’organisation
étatique et militaire. Comparée à l’Allemagne, la Russie est pour lui
l’incarnation de la « barbarie asiatique ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, penset-
il, si le marxisme a été inventé et développé par les Allemands. Lorsqu’il
songe à la Russie, il considère que la révolution est la seule voie, et la plus
sûre, pour l’arracher à son retard, à la « barbarie asiatique », et à en faire un jour
à grands efforts une copie de l’Allemagne. (12)
Citons encore Robert N. Proctor, ce professeur américain d’histoire des sciences à
l’Université d’Etat de Pennsylvanie, très « politiquement correct », qui s’interroge, en
1999, à propos d’un domaine médical précis (celui de la recherche sur le cancer sous le
IIIe Reich) sur la formidable avance de l’Allemagne – « des décennies d’avance sur les
autres nations dans la mise en place des réformes sanitaires que nous considérons
aujourd’hui comme progressistes et socialement responsables » :
[…] Le nazisme s’enracina dans la culture scientifique la plus puissante
du monde, qui pouvait s’enorgueillir de détenir la moitié des prix Nobel et une
partie considérable des brevets d’invention du monde. La science et la
médecine allemande étaient jalousées par la planète entière et ce fut en
Allemagne – « la patrie des savants et des poètes » – que beaucoup

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11 Albert Béguin, Faiblesse de l’Allemagne, Paris, Librairie Joseph Corti, 1946.
12 Hélène Carrère d’Encausse, Lénine, Paris, Favard 1998, p. 619.

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d’universitaires pleins d’espoir se retrouvèrent pour se faire les dents dans le
domaine scientifique. (13)

LA PENSÉE UNIQUE

« Il faudrait que vous arrêtiez sur cette pente catastrophique… Si vous
persistez à penser et à parler de cette façon, vous allez vous attirer de graves
ennuis. Il est mal vu de prendre le parti de l’Allemagne, c’est ainsi. Que vous le
vouliez ou non, le procès de Nuremberg, après la seconde guerre mondiale, a
réglé la question. L’Allemagne hitlérienne, l’Allemagne tout court même, selon
Jaspers, a été convaincue de tant de crimes, que vos recherches et vos
remarques sur le traité de Versailles de 1919, pour sérieuses et relativement
objectives qu’elles soient, paraîtront suspectes. La découverte au printemps
1945 des camps nazis, de leurs morts-vivants et de leurs cadavres par milliers,
de leurs chambres à gaz, a démontré l’entreprise d’extermination qui se cachait
dans le nazisme : on ne reviendra pas là-dessus. Essayez de le comprendre. »
C’est ce qu’en substance il m’arrivait d’entendre lorsque dans les années soixantedix,
je me risquais parfois à exposer mon analyse de ce que je tenais pour le suicide de
l’Occident dans la première moitié du XXe siècle.
La guerre de 1914-1918 et celle de 1939-1945 m’apparaissaient de plus en plus
comme une tentative, en deux étapes, de mise à mort du peuple allemand par une
puissante coalition d’intérêts. Par ailleurs, mes nombreux voyages en Allemagne à partir
de 1967, et aussi, malgré des difficultés de toutes sortes, en « RDA », ainsi qu’en
Autriche, en Pologne, en Scandinavie et mes lectures de ce qui se publiait sur
l’Allemagne me renforcèrent dans l’opinion que ce pays était à peu près innocent de ce
qu’on lui avait imputé par des mensonges incessamment martelés.
Avant même d’avoir lu Paul Rassinier, j’avais pressenti qu’à propos de
l’Allemagne et des deux conflits du XXe siècle, une histoire officielle s’était constituée.
Dans les années soixante-dix, d’une part, ce que j’entendais de la bouche de divers
Allemands vingt-cinq ans seulement après la guerre, et, d’autre part, l’imputation
permanente faite à l’Allemagne, par les ex-Alliés et par Israël, de crimes sans
précédents, me sembla être devenu la contrepartie indispensable pour occulter à la fois
l’apocalypse du bombardement des populations civiles allemandes par les Alliés et les
abominables déportations de quelque quinze à vingt millions d’Allemands de leurs terres
ancestrales de Prusse, de Silésie, des Sudètes, de Hongrie.
Tous comptes faits, l’Allemagne n’avait-elle pas souffert plus que tout autre
belligérant ? À Hambourg, par exemple, en juillet 1943, les Anglo-américains n’avaientils
pas tenté de brûler vivante, en larguant des dizaines de milliers de bombes au
phosphore sur les quartiers d’habitation, la population civile allemande ? Près de quatrevingt
mille morts ! Plus de cent fois Oradour ! En l’espace de deux nuits et de deux jours
consécutifs de février 1945, l’aviation alliée avait perpétré à Dresde bien plus de deux
cents Oradour ! Deux cents Oradour en 48 heures ! L’instigateur de Dresde, Winston
Churchill, ne devrait-il pas figurer au rang des plus grands criminels de guerre ? (14)

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13 Robert N. Proctor, The Nazi War on Cancer, Princeton University Press, 1999. Paru en traduction française sous le
titre La Guerre des nazis contre le cancer, Paris, Les Belles Lettres, 2001 (avec préface et traduction de Bernard
Frumer).
14 « C’est Churchill qui imposa […] les premiers bombardements de terreur sur des objectifs civils (comme la ville
de Duisbourg bombardée en juin 1940, ce qui poussa Hitler à bombarder des villes anglaises, comme Londres) ;

Churchill recommanda d’ailleurs à ses pilotes de bombarder surtout avec des bombes incendiaires les centres très
peuplés des vieilles cités, car les vieilles maisons brûlent mieux, représentent mieux la culture à détruire et sont
nettement plus peuplées de petites gens et d’ouvriers en général. Il organisa ensuite personnellement les
bombardements de terreur et d’anéantissement sur les villes allemandes bourrées de civils comme Hambourg et
Dresde, cette dernière n’étant [en février 19451 qu’une ville hôpital. » (Claude Soas, Vers un matérialisme biologique
ou la faillite du matérialisme historique, éd. privée, 1982, remaniée cri 1993, cité par Dietrich Schuler, in
L’Antigermanisme, son histoire et ses causes, traduction et adaptation de Jean-Loup Pesteil, Paris, L’Æncre, 1999.)

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Comment expliquer que la plus grande déportation de tous les temps, voulue et planifiée
par Churchill, Roosevelt et Staline, fut celle de dix-huit millions d’Allemands chassés de
leurs terres ancestrales de 1945 à 1948, déportation qui se déroula dans des conditions si
horribles qu’elles firent vraisemblablement deux millions de victimes ! (15)
Déjà un constat s’imposait : sur ces crimes bien réels commis contre les
Allemands, la propagande officielle mise en place depuis 1945 et surtout après le
verdict du « procès » de Nuremberg, n’a rien à dire. Elle répète à satiété que les
Allemands avaient prémédité et mis en oeuvre une politique d’extermination physique
des juifs et, pour cela, avaient mis au point et utilisé des abattoirs chimiques, appelés
« chambres à gaz ». Mais où sont les preuves matérielles, les expertises, les témoins
directs dont on aurait vérifié les témoignages ? Raul Hilberg, auteur de La
Destruction des juifs d’Europe (1985), répond qu’il n’y en a pas et avance pour toute
explication que les Allemands auraient fait disparaître les preuves matérielles et
assassiné les vrais témoins. (16)
J’étais frappé par un aspect singulier du caractère germanique que je découvrais au
fil de mes séjours fréquents, de mes voyages, de mes discussions, de mes
recoupements : l’Allemand, le Germain, avance dans la vie par son patient labeur, sa
technicité, son souci d’achèvement de l’ouvrage entrepris, son honnêteté ; il y a en lui du
poète, de l’ingénieur, du chercheur, qui répugne au mensonge ou à la ruse pour
escroquer, à la duplicité et à l’arnaque en affaires. Ce n’est pas un hasard si le Candide
de Voltaire est allemand. C’est là son défaut dans un environnement cupide et jaloux.
Aussi va-t-on chercher à le tromper pour l’escroquer si possible et pour l’exploiter
toujours, de l’intérieur ou de l’extérieur. Quand il s’en aperçoit, la colère de notre
Germain peut se faire redoutable.
Après le 11 novembre 1918, ayant obtenu l’armistice, l’Allemagne fut contrainte
de tout accepter, y compris les injustices et les mensonges les plus monstrueux : sa
culpabilité, décrétée par les Alliés, dans le déclenchement de la guerre, le paiement
d’énormes réparations (trois fois et demi l’équivalent du stock d’or mondial !) (17),
l’interdiction de l’unification avec l’Autriche qui, de son côté, réclamait cette
réunification, la perte d’immenses territoires, allemands depuis plus de sept siècles,
cédés à la Pologne, l’incorporation aberrante de trois millions et demi d’Allemands à un
nouvel Etat slave créé de toutes pièces (la « Tchécoslovaquie »), le maintien après
l’armistice d’un blocus impitoyable au mépris des lois de la guerre, la perte de toutes ses
colonies au profit de vainqueurs avides de profiter des infrastructures modernes
installées par l’Allemagne dans ces pays, le vol pur et simple de ses navires et sousmarins,
bientôt le démontage et le pillage de ses usines, et pis encore, les plus infâmes
bobards de guerre répandus complaisamment par les mêmes sur son compte. Selon ces
rumeurs, entre 1914 et 1918 les Allemands avaient coupé les mains de petits enfants
belges ; ils avaient violé des nonnes dans leurs couvents avant de leur couper les seins ;
ils avaient transformé en graisse les cadavres de leurs ennemis ou de leurs propres

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15 Heinz Nawratil, Schwarzbuch der Vertreibung 1945 bis 1948, Munich, Ed. Universitas, 1999. Traduction française
par Michel Kaiser: Le Livre noir de l’expulsion – L’Epuration ethnique des Allemands en Europe centrale et
orientale, 1945-1948, Saint-Genis-Laval (Rhône), Editions Akribeia, 2001.
16 Interview par Annette Lévy-Willard, « Hilberg avec un grand H », Libération, 15-16 sept. 2001, p. VI.
17 F. Grimm, Le Testament de Richelieu, Paris, Flammarion, 1941.

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soldats ; ils avaient crucifié des aviateurs canadiens tombés vivants entre leurs mains ;
sept cent mille Serbes au moins avaient été gazés par les Austro-Boches.
Interview par Annette Lévy-Willard, « Hilberg avec un grand H », Libération, 15-
16 sept. 2001, p. VI.
Le vertige vous saisit à l’énumération de tous ces bobards qui, par la suite, ont été
démontés les uns après les autres.
J’avais été troublé par les deux ouvrages de Paul Rassinier : Le Drame des Juifs
européens (1964) et Les Responsables de la Seconde guerre mondiale (1967), qui
m’apportaient un singulier éclairage. Le désir d’en savoir plus, de démêler le vrai du
faux, de comprendre surtout la raison de l’occultation de la vérité historique sur la
première moitié du XXe siècle pour tout ce qui touche à l’Allemagne, et donc à notre
propre destin d’Européens, me parurent un impératif moral et psychologique bien plus
encore qu’une aventure intellectuelle non conformiste.
Une confirmation de mes constatations me vint un jour de juillet 1969. Nous
avions loué une maison en Bretagne pour nos vacances d’été. Ce jour-là, nous étions
invités à déjeuner dans leur chaumière restaurée par un couple d’amis parisiens dont
c’était la résidence secondaire. L’homme était un ethno-sociologue déjà connu dans ce
milieu quelque peu restreint, et ouvertement conscient de sa valeur. Sa femme, qui
connaissait mes sujets d’intérêt, nous avait prévenus de la sensibilité de son mari et de
ses réactions d’écorché vif (de gauche, bien entendu). Dans nos conversations, toujours
marquées idéologiquement de son côté, je n’essayais pour ainsi dire jamais de le
contredire. Il en était venu ce jour-là à ce qu’il appelait l’exploitation post-coloniale
sournoise et générale, des peuples dits du tiers-monde par les pays dits développés. Je
me décidai à sauter le pas. En la seule présence de nos deux épouses, je l’interpellai :
Peut-être avez-vous raison quand vous parlez, pour l’Afrique,
d’exploitation de ces peuples par d’autres peuples. Mais il est dans le monde
actuel une exploitation dont vous ne soufflez mot, une double exploitation qui
frappe un peuple, sous nos yeux, en 1969 et en Europe même :
— d’un côté, un morceau découpé dans la chair de l’Allemagne, et appelé
curieusement « RDA », dont les 18 millions d’habitants sont enfermés à jamais
derrière la plus formidable frontière du monde ; ces 18 millions d’Allemands,
vous devez bien le savoir, sont gardés par sept cent mille soldats soviétiques
surarmés (soit un soldat rouge pour 25 Allemands !) et astreints aux travaux
forcés pour le compte de l’occupant soviétique ; leur pays a subi un pillage
méthodique et leurs usines ont été démontées et emportées en URSS;
— de l’autre, et cela concerne au moins tous les Germains, une
propagande inlassablement martelée qui accuse le défunt Reich allemand de la
mise à mort préméditée de six millions de Juifs entre 1941 et 1945. Or, au-delà
de la calomnie de la «préméditation», ce chiffre est monstrueusement gonflé, et
Rassinier, par exemple, propose, arguments à l’appui, un chiffre maximum de
un million de morts juifs, décédés sur cette période pour toutes sortes de
raisons, hélas classiques car inhérentes à la guerre elle-même.
N’est-ce pas là une forme supplémentaire et cruelle d’exploitation,
politique ou autre, de tout un peuple, que de lui imputer à tort des millions de
morts ?
L’homme s’emporta : « Si ce que vous venez de dire se propageait, alors il faudrait
diviser l’Allemagne non pas en deux ou en quatre, mais la faire disparaître en milliers de
pièces ! Qui êtes-vous, vous-même et Rassinier, pour ne tenir aucun compte du

jugement de Nuremberg ? » Il se leva pour sortir. Nous pouvions maintenant le voir
marcher dans la prairie proche, serrant les poings et baissant la tête comme s’il avait
reçu un coup. « Je vous avais prévenu et vous l’avez néanmoins provoqué », me dit son
épouse en souriant qui ajouta « Il va revenir dans un quart d’heure. »
On se doute qu’un tel personnage a su mener à bonne fin une brillante carrière
universitaire, bien maçonnée et couronnée, je crois, par une nomination à un poste de
directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
Quelque temps plus tard et presque coup sur coup, trois rencontres allaient encore
me frapper.
La première rencontre : au cours d’un voyage familial, un parent de mon épouse
nous présenta un jour un Allemand de ses amis, Gerd. La cinquantaine alerte, parlant un
français châtié, l’homme m’apparut cultivé et sensible. Cet Allemand était originaire des
« territoires perdus », du côté de la Posnanie, à présent polonaise. Je lui fis comprendre
que j’aimerais en savoir plus. Il devait me faire quelques jours plus tard un récit
hallucinant des conditions dans lesquelles l’expulsion, la Vertreibung, s’était déroulée
pour lui et pour sa famille, à l’automne 1945. Réfugiés dans le Brandebourg après 1945,
sa famille et lui-même avaient fui, peu de temps après, le nouveau régime communiste
installé par la force dans cette partie de l’Allemagne par les occupants soviétiques, et
qu’il appelait Mitteldeutschland (Allemagne centrale) plutôt que « DDR ». Il se trouvait
donc à présent (nous sommes en 1975) en Rhénanie-Westphalie.
Je l’écoutais ce jour-là avec intérêt en train de développer son analyse de la réalité
du régime de la DDR (« Allemagne de l’Est », pour nous autres Français). Il m’expliqua
qu’il s’agissait d’un régime d’oppression et de pillage organisé au profit des Soviétiques.
Le nombre de juifs aux rênes de ce gouvernement de la « DDR » était considérable,
hors de proportion avec leur présence dans la population. Il s’agissait de juifs qui avaient
quitté naguère le Reich, du fait des lois hitlériennes, et qui étaient revenus en force dès
après 1945 « pour remettre la main sur le peuple allemand en vue de l’exploiter
férocement, tout en satisfaisant leur fantasmes bolcheviques, leur seconde nature.
Certains sont même, dès la fin des années quarante, revenus des riches USA, pour se
retrouver installés aux postes dirigeants de cette DDR pour mieux asservir des
Allemands. » Il m’énuméra les noms de ces « dirigeants », en précisant leurs fonctions.
Il dessina devant moi l’organigramme du gouvernement communiste de la RDA et de
ses structures. Il le compléta par les noms des titulaires juifs des postes-clés. J’avais
ainsi sous les yeux l’organigramme de la structure décisionnelle du gouvernement de la
« RDA » qu’il entreprit de compléter par les noms des titulaires en poste. Je vis entre
autres apparaître les noms d’Hermann Axen, Ernst Bloch, Horst Brasch, Otto Braun,
André et Horst Brie, Kurt Cohn, Peter Edel, le couple Eisler, Hans Fruck, Ralph
Giordano, Bruno Goldhammer, Herbert Grünstein, les Gysi, Wieland Herzfelde, Stefan
Hermlin, Erwin Jacobi, Max Leon Kahane, Heinz Lippmann, Erich Markowitsch.
L’organigramme dirigeant était quasiment rempli par ces noms ! Il me demanda de
conserver le document.
Je lui fis remarquer, sans doute maladroitement, qu’ils avaient peut-être, ces juifslà,
des raisons d’avoir voulu se venger de leur exil forcé, de la déportation de certains
des leurs, et, ajoutai-je, des massacres en chambres à gaz. Il me fixa assez durement :
« Massacres en chambres à gaz ? D’où sortez-vous ce bobard ? » Je lui répondis,
comme pour atténuer mon propos, que j’avais lu Rassinier, ancien déporté et député
français, déjà bien connu en Allemagne fédérale, qui avait qualifié les chambres à gaz
homicides de «hautement improbables».
Gerd tint un peu plus tard à me parler de l’Autriche.

« L’Autriche résiduelle de 1919 (votre Clemenceau l’appelait l’Autriche
allemande, partie de cette ancienne Autriche-Hongrie qu’il avait rêvé d’abattre)
était incontestablement un morceau de l’ethnie germanique, et l’est toujours
d’ailleurs. La réunion au Reich était donc une nécessité humaine, économique
et politique. La Bretagne n’est-elle pas une partie de votre nation française ?
L’Anschluss si souvent décrié dans les manuels fut consolidé par un referendum
qui se passa sous l’oeil d’observateurs internationaux conviés en Autriche.
Avez-vous remarqué que ce fait est généralement passé sous silence ? Savezvous
que le résultat du vote, qui se passa dans des conditions de régularité
parfaite, donna une énorme proportion de « oui », de l’ordre de 98,5 % ? Savezvous
quelle était la typologie du 1,5 % totalisant les votes « non » ? Ce fut très
approximativement la population juive de l’Autriche ! Ce fut un exemple
saisissant de « vote ethnique », dont je vous laisse tirer la leçon. »
Deuxième rencontre : nous connaissions à Paris une jeune femme allemande qui
travaillait à l’ambassade de RFA en France au service des réclamations concernant les
affaires de réparations liées à la déportation. Elle nous expliqua un jour – ce devait être
en 1977 – qu’elle avait été surprise par de nombreux cas, dont elle entreprit de nous
détailler le plus récent. Un quadragénaire, juif né en Pologne, était venu à plusieurs
reprises à l’ambassade allemande de Paris se plaindre de « la responsabilité de
l’Allemagne » dans le délabrement de son état psychique. Il annonçait que toute sa
famille avait été raflée, déportée, puis exterminée dans un camp de concentration situé
en Pologne. Lui seul, âgé de 12 ans à l’époque (1944), avait pu s’échapper du convoi.
Aucun témoin n’était resté vivant, car, disait cet homme, « nous habitions un shtetl non
loin de Lublin, qui fut rasé totalement par les Nazis, et dont tous les habitants furent
déportés et exterminés. J’en suis le seul rescapé. Les Nazis ont poussé le sadisme jusqu’à
brûler toutes les archives d’état civil. Depuis près de trente ans, je ne dors pratiquement
plus , si j’y parviens, ce sont des cauchemars qui m’assaillent: je vois mes parents chéris
dans la chambre à gaz, puis brûlant sur des bûchers. J’ai les nerfs brisés. Vous,
Allemands, qui m’avez handicapé à vie, vous devez m’indemniser en capital et me payer
une pension. »
Et notre amie allemande poursuivait : « Dans ces cas-là, nous faisons des
recherches d’état-civil auprès de l’Internationaler Suchdienst (Service international de
recherches) d’Arolsen, qui centralise les informations recueillies à diverses sources,
notamment les registres entrées-sorties des camps et les listes de convois. Pour cette
personne, Arolsen nous fit savoir qu’on ne possédait aucune information sûre, et même
que la date de déportation indiquée semblait erronée en ce qui concernait la région de
Lublin. Nous en avons informé par courrier le plaignant, qui vint nous trouver à
nouveau à l’ambassade et tempêta. Il nous produisit, peu de temps après, pas moins de
cinq certificats, tous signés par des médecins dont les noms avaient une consonance
juive évidente, et qui tous concordaient pour dire que le patient venu les trouver
présentait des signes incontestables de traumatisme psychique grave, dus évidemment à
la déportation et à la mort des membres de sa famille. Que pensez-vous qu’a été la
décision finale du service des « Réparations » ? Nous avons fini par lui accorder
pratiquement ce qu’il demandait. De guerre lasse. Et nous ne savons toujours pas s’il a
vraiment perdu sa famille comme il le prétend. »
Troisième rencontre : une amie parisienne de ma femme nous présenta un jour son
nouvel ami, un médecin nommé Max Rosen. Juif d’origine roumaine né vers 1915, il
nous parlait du camp de Mauthausen où il avait été déporté en 1944, « non pas en tant
que juif », aimait-il à répéter, « mais en tant que résistant ». Son diplôme de médecin lui

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avait valu d’être affecté là au Revier (hôpital ou infirmerie), et d’avoir effectué aussi,
chez les bien-portants du camp, diverses séances de contrôle médicaux ou sanitaires.
« À ce titre », ajoutait-il, « j’ai connu nombre de détenus de ce camp. Encore plus de
trente ans après, j’ai toujours en tête les noms de bien des détenus de Mauthausen ». Un
jour, il confia à mon épouse, assez imprudemment, qu’il devait aller prochainement à
Düsseldorf pour y témoigner devant des autorités allemandes. « Je vais certifier là-bas
que j’ai bien connu les gens qui figurent sur une liste destinée à obtenir, pour leurs
ayant-droits, des indemnités. Je dois t’avouer que ces listes sont composées de
personnes imaginaires. Je vais certifier que je les ai bien vues, connues ou même
soignées à Mauthausen «avant qu’elles ne disparaissent exterminées dans le même
camp», sans jamais avoir été enregistrées. Les Allemands nous ont tellement fait
souffrir que j’estime qu’on peut bien leur jouer ce tour. Je sais cependant que le procédé
est dangereux… »

 

II
ÉCRASONS L’INFÂME
Je rêve d’une confrérie d’hommes qui n’auraient d’égards
à rien, ne connaîtraient pas de ménagements et voudraient être
appelés « destructeurs » ; ils passeraient toute chose au crible de
leur critique et se sacrifieraient à la vérité. Mettre au jour ce qui
est mauvais et faux !
Il y a des pessimistes paresseux, des résignés ; nous ne
serons pas de ceux-là.
F. Nietzsche, La Volonté de puissance, 1875, éd. Kröner,
X, p. 420, § 293.

UN GRAND SILENCE,
AVANT LA TEMPÊTE

Mon activité professionnelle, la vie de famille, des facilités nouvelles de voyage
par avion, nous permettant de voyager à bien meilleur compte dans le monde entier,
m’avaient quelque peu écarté des préoccupations d’ordre historique. Je me contentais
d’être maintenant celui qui, blasé, pense à peu près tout savoir d’un sujet interdit. Je
croyais aussi qu’un jour prochain et sous une forme encore difficile à imaginer, la vérité
finirait bien par éclater, puisqu’il n’est, dit-on, pas possible de mentir tout le temps à tout
le monde.
Je me reproche maintenant cette attitude. Laisser courir le mensonge lorsqu’on est
assuré qu’il s’agit d’une calomnie constitue une lâcheté, en même temps, et surtout,
qu’une intolérable injustice à l’égard de celui qui en est la victime.
Jusqu’en 1986 ma position concernant la seconde guerre mondiale avait été la
suivante : Hitler, patriote allemand, était parti à la conquête du pouvoir en Allemagne,
bien décidé à pulvériser le traité de Versailles, ressenti comme une humiliation doublée
d’une mise en coupe réglée du peuple allemand par ses voisins et notamment la France.
Puis, il avait fini par accéder à ce pouvoir en janvier 1933 par des élections régulières.
Mais ce pouvoir n’était pour lui que le moyen de mettre en oeuvre, dans une vision
planétaire, la libération et le destin même de son peuple à travers un programme
esquissé dans Mein Kampf.
À l’intérieur, Hitler, convaincu pour sa part des qualités de l’homme germanique,
cherchait à remodeler le capital humain de la société allemande, en visant à préserver
son unité raciale par la mise en oeuvre de mesures pour le départ des allogènes «non-germains
» et principalement des juifs. A la fois dans leur ensemble et en chacun d’entre
eux, il percevait chez les juifs un facteur de dégénérescence. Il dénonçait leur
participation majeure, en URSS et ailleurs, au communisme bolchevique, qu’il analysait
comme une sorte d’idéologie judaïque et messianique destinée à exploiter le non-juif et
notamment l’Allemand par ailleurs hostile à cette « religion ».
Comme tous les Allemands, il avait assisté au déferlement de membres de la
communauté juive sur son pays lors de ce qu’en Allemagne on a appelé la révolution de
novembre 1918. Incitateurs majoritaires de ce mouvement, les juifs s’étaient alors
emparés du pouvoir politique. On sait que leurs tentatives d’instaurer ici et là en
Allemagne des républiques bolcheviques (en fait, des dictatures dont ils furent les
maîtres provisoires) allaient toutes s’achever en faillites, sans exception, après avoir été
le théâtre d’affrontements sanglants et de meurtres d’opposants, véritables ou prétendus
tels. Un Français, Ambroise Got, docteur en philosophie, ancien attaché militaire
français à Berlin en 1919, en a fait, quelque temps après, une description

impressionnante dans un ouvrage qui relate avec force détails cette mainmise des
bolcheviks juifs sur l’Allemagne de 1919 :
L’ancien ambassadeur de la République soviétique russe à Berlin, Joffe,
est juif. C’est lui à qui incomba la tâche de préparer la révolution allemande en
semant des millions [de marks] de propagande. La Rostra, soi-disant agence de
nouvelles, en réalité centre actif de la propagande, fut créée et l’on mit à sa tête
le juif Sobelsohn, dit Radek. C’est de la Rostra que partaient les millions de
feuilles volantes répandues par tout le pays. Levien et Axelrod ont appartenu à
la Rostra.
Les principaux comparses des révolutionnaires russes furent les deux
députés [juifs] du Reichstag, Oscar Cohn – de la circonscription de Nordhausen
– et Huga Haase […]. Au total, Cohn, Haase empochèrent environ 1.500.000
marks à l’aide desquels fut faite la révolution allemande […].
Que ce soit à Berlin, à Munich ou en province, les chefs du mouvement
sont israélites. Dans le bassin de la Ruhr, [ce sont] le juif Karski et le juge juif
Ruben, à Essen Leo Dannenberg qui à la déclaration de guerre avait fui en
Hollande, le Dr Levy, Leviné que nous retrouvons à Munich, la fameuse Rosa
Wolfstein […], ancienne caissière des grands magasins juifs Tietz à Düsseldorf.
[…]
Dans le directoire qui est constitué à Berlin au lendemain de la révolution
siègent deux juifs, tous deux avocats : Landsberg et Haase. Oscar Cohn, cidessus
mentionné, devient sous-secrétaire d’Etat à la Justice avec comme
adjoint, le social-démocrate Bernstein, juif qui est originaire de Dantzig. Le
professeur juif Preuss, qui va préparer la réforme de la Constitution, devient
secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Il choisit pour sous-secrétaire son coreligionnaire
le professeur Freund. Autre juif Emmanuel Wurm est promu sous-secrétaire
d’Etat au Commerce et à l’Agriculture. Le juif tchèque Kautsky est chargé de
dépouiller les archives des Affaires étrangères.
Entre-temps, le ministre Schiffer s’est démis de ses fonctions et il est
remplacé par deux juifs – Dernburg et Gothein. On crée aux affaires étrangères
un département spécial pour les questions juives à la tête duquel on place le Dr
Sobernheim [juif également].
Dans le Cabinet prussien, le président du Conseil, Hirsch, qui cumule le
ministère de l’Intérieur, est israélite ; à côté de lui, le ministre de la Justice,
l’avocat Kurt Rosenfeld, et le ministre des Finances, Simon, sont également
Juifs.
Des centaines et des milliers de Sémites envahissent tous les bureaux
[…].
Dans les Etats confédérés, le même tableau se présente à nous : les Juifs
se ruent avec fièvre dans la politique dont ils ont été tenus si longtemps à
l’écart. En Bavière, c’est Kurt Eisner, alias Salomon Kuchiwsky, ce sont ses
acolytes et ses amis, tous Juifs : Rothschild, Arnold, Landauer, Konigsberger,
Kaiser, Kranold, Sreit Muhsam, Fechenbach, Bonn, etc… Les communistes
munichois Levien, Leviné, Soheimer, Toller, le ministre des Finances Jaffé
sont tous des fidèles de la religion hébraïque. Le préfet de police de Munich
Steiner est juif.

Le Dr Haas est ministre de l’Intérieur en Bade, le Dr Heinemann, ministre
des Cultes en Wurtemberg pendant que Thalheimer est ministre des Finances.
En Saxe, le président du Conseil est le juif Gradnauer. (18)
Parallèlement à la politique, ce qu’il faut bien appeler la mainmise juive sur
l’économie allemande après la première guerre mondiale fut tout aussi impressionnante.
Des intérêts juifs avaient maintenant, à la faveur de la faiblesse économique et
monétaire allemande consécutive à 1918, la haute main sur des pans très importants de
l’économie, notamment par la prise de possession capitalistique de firmes de secteursclés.
Les banques privées, leurs conseils d’administration, devinrent des « fiefs juifs ».
(19)
À la Bourse, domaine d’influence majeur, la proportion d’Israélites parmi les
membres des diverses directions, au tout début des années trente, était la suivante :
bourse des valeurs, 25 sur 36 ; bourse des produits : 12 sur 16 ; bourse des métaux : 10
sur 12 ; commission du marché à terme : 15 sur 18 ; commission d’admission des
valeurs : 18 sur 23. Le statisticien (d’origine juive) Alfred Marcus établit à l’époque le
revenu juif moyen pour 1930 en Allemagne, à 320 % du revenu moyen de la population.
À la fin des années vingt, les deux principaux groupes de presse allemands
(Ullstein et Mosse) étaient juifs. C’est dans l’entreprise dirigée par Rudolf Mosse que
paraissait avant 1933 le journal donné pour représentatif de l’opinion publique
allemande : le Berliner Tageblatt, dont le rédacteur en chef Theodor Wolff était juif,
comme… dix-sept de ses collaborateurs de la rédaction. (20)
Que cela plaise ou non, force est de con stater qu’après la défaite de novembre
1918, les membres de la communauté juive avaient conquis en Allemagne une place qui
pouvait fort bien être ressentie comme hors de proportion avec leur poids numérique
(0,8 %, au sens confessionnel). Tout se passait à présent comme si la défaite allemande
avait bénéficié, en terme de puissance, à cette communauté. Celle-ci, fort prospère
jusque là, avait pourtant déjà occupé une place enviable dans la société impériale
wilhelminienne. Mais à présent, avec la défaite, il s’agissait d’un déferlement.
Cette situation nouvelle reflétait plus qu’une simple coïncidence. L’Allernand
moyen des années vingt et des premières années trente pouvait constater que les
malheurs intérieurs et extérieurs de sa patrie s’accompagnaient d’un véritable
déferlement d’Israélites aux plus hauts postes de responsabilité de leur pays et, chez ces
privilégiés, de l’étalement de leur insolente richesse. À tort ou à raison, ils en
déduisaient que les juifs ne pouvaient prospérer autrement que sur le dos d’Allemands
maintenant voués à la misère et au chômage.
Hitler croyait à une conspiration juive. Ne lit-on pas en effet dans Mein Kampf :
«C’est ainsi que le juif est aujourd’hui le grand instigateur de la destruction de
l’Allemagne. Si l’Allemagne se libère de son étreinte, ce danger mortel pour le monde
entier sera conjuré. » L’idée n’était ni nouvelle ni même arbitraire. (21) À l’aube du XXe

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18 A. Got, L’Allemagne après la débâcle. Impressions d’un attaché à la mission militaire à Berlin, mars-juillet 1919
(Paris-VIe, 1 rue Vavin, 1921, p. 112, …)
19 F. K. Wiebe, L’AIlemagne et la question juive (édité par l’Institut pour l’étude de la question juive de Berlin, non-daté,
probablement de 1934), p. 18 ; on se référera aussi au compte rendu du discours du 15 février 1934 du ministère
de l’Intérieur du Reich, W. Frick, dans la publication du ministère français des Affaires étrangères intitulée Bulletin
périodique de la presse allemande (n° 434, p. 17). C’est ainsi que le ministre allemand y rappelle qu’à Berlin, avant
1933, par exemple, 54 % des médecins, 48 % des avocats, 80 % des directeurs de théâtre, étaient juifs.
20 Voir Vincent Reynouard, Julius Streicher à Nuremberg [pp. 29 à 381, éd. V. Reynouard, 2001.
21 Il ne faut cependant pas occulter ici l’influence, surtout intellectuelle, du comte de Gobineau, diplomate
français, auteur de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, ouvrage paru en 1854, et surtout de l’anglais Houston
Stewart Chamberlain, gendre de Richard Wagner, avec, dès 1898, ses célèbres Grundlagen des 19. Jahrhunderts
(Fondements du XIXe siècle), F. Bruckmann, Munich, Jubiläums Ausgabe, 1915, qui développent la théorie de «la
race aryenne qui s’améliore »: la race devient noble peu à peu comme les arbres fruitiers. Il y soutient que les

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siècle, elle se situait plutôt dans le droit fil de ce qui était perçu depuis quelques
décennies en Allemagne comme une nécessaire résistance face à une judaïsation de ce
pays au détriment des valeurs de la germanité. (22)
Hitler était né en 1890 sujet autrichien. L’Autriche-Hongrie de la fin du XIXe
siècle comportait plus d’un million d’habitants de confession juive (4,8 % de la
population). « Ils figuraient dans la proportion de 62,9 % parmi les gens qui y ont été
condamnés pour usure », rapporte en 1899 F. Trocase, citoyen français installé à
Vienne. Il note en particulier que
La plus épouvantable forme qu’ait revêtue jusqu’ici la cruauté des Juifs
est celle qui a trait à l’exploitation du corps humain, de ce qu’ils appellent « la
bête humaine ». […] La façon dont les juifs traitent les paysans en Galicie
dépasse absolument toute imagination. Elle semblerait incroyable si elle n’était
attestée par des témoins dignes de foi. Il a été cité des cas où les cultivateurs
polonais, en guise d’intérêts pour une dette peu importante, devaient livrer leurs
enfants à des créanciers juifs, qui avaient le droit de les garder à leur service
sans leur donner aucun salaire jusqu’à l’extinction de la dette.
C’est uniquement, exclusivement par l’exploitation que le Juif autrichien
s’est enrichi. Il n’a pas travaillé; il n’a fait preuve d’aucun mérite spécial. Il n’a
jamais pris en main ni une aiguille, ni une alêne, ni une hache. Il n’a jamais
manié la charrue, ni ensemencé les champs, ni fauché les prairies. Quelle
oeuvre féconde a-t-il accomplie ? Tout pour lui, et pour lui seul. Il est devenu
riche, infiniment plus riche que les Chrétiens, et aux dépens des Chrétiens.
Tout ce que ceux-ci avaient amassé par leur travail, grossi par leurs économies,
et conservé avec mille soins minutieux, il les en a dépouillé. (23)

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Allemands ont le devoir de devenir une race extraordinaire ; pour cela il leur faut notamment se débarrasser de
tout ce qu’il y a de sémite dans le christianisme, pour le rendre acceptable aux âmes germaniques. L’Allemagne,
une fois ce travail fait, aura une mission divine à accomplir.
22 «Il s’est formé peu à peu [entre juifs et Germains] un dualisme qui doit nécessairement aboutir à la destruction
d’une nation par l’autre. Or c’est la nôtre que le judaïsme courbe sous son joug. Ce joug, ayons le courage de le
secouer; engageons, non pas une croisade moderne, mais une lutte à mort entre la nation allemande et la nation
juive.» Egon Waldegg, Judenhetze oder Notwehr ? (Antisémitisme ou légitime défense ?), Dresde, Berlin, Otto
Hentze, 1880. [Voir Juifs et Antisémites en Europe de Jean de Ligneau, Paris, Tolra imprimeur-éditeur, 1891, p. 176].
23 F. Trocase n’est pas un antisémite primaire. Il tente dans son ouvrage de prendre même la défense des juifs,
et le fait d’une manière particulière :
« Les juifs – nous dit-on notamment – sont après tout des êtres humains ; or, quels que soient les hommes, il
faut tâcher de vivre avec eux ». Personne ne songe à inaugurer vis-à-vis des juifs des moeurs d’anthropophages ; on
leur demande simplement de ne pas martyriser les autres, de ne pas les exploiter avec tant de férocité. Peut-être
pourrait-on ajouter, à l’appui de cet argument, que les Juifs jouent dans notre société moderne un rôle que déterminent
les desseins secrets de la Providence. Certains pisciculteurs, par exemple, mettent dans leurs étangs des brochets en
proportion déterminée, 8 à 10 % environ, afin quils fassent la chasse aux autres poissons, carpes et truites, et les
maintiennent ainsi dans un état permanent d’agitation, de mouvement indispensable à toute conservation. Il est en
effet démontré par l’expérience que, dans les étangs non pourvus de brochet, les carpes et les truites perdent toute
vivacité et arrivent à tel état de torpeur qu’elles oublient même la loi de reproduction. Leur chair n’est pas mangeable.
Qui sait ? Peut-être les Juifs remplissent-ils dans le monde le rôle des brochets dans les états. Ils en font en tous cas la
besogne. »
Mais très vite il revient à la réalité : « […] Qui donc achète les maisons et les meiubles des gens après les
avoir ruinés ? Qui donc chasse le paysan de la chaumière de ses pères ? Qui excite les jeunes gens à la débauche ?
Qui fait des banqueroutes frauduleuses ? Qui enlève à l’ouvrier le bénéfice de son travail ? Qui possède le talent de
s’appuyer sur les passions politiques pour réaliser ses propres désirs et satisfaire ses intérêts ? Qui fait les coups de
Bourse ? […] L’idée fondamentale, innée chez tous les juifs e vigoureusement enracinée chez eux, qu’ils font partie du
peuple élu par Dieu, cette conviction qu’ils sont plus que des hommes, leur donne une audace à l’aide de laquelle ils
éblouissent les gens à courte vue. Mais aussi c’est là ce qui a fini par provoquer tant de haines. Les Autrichiens n’ont
pu supporter à la longue, le mépris qu’on leur témoignait en les traitant comme des êtres inférieurs.»
F. Trocase, L’Autriche juive, Paris, A. Pierret, 1899, p. 177, 178…

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En politique extérieure, Hitler souhaitait la réincorporation au sein du Reich des
populations allemandes selon lui injustement séparées de leur patrie, comme les
Autrichiens et les Sudètes. Il voulait tisser des liens nouveaux avec les peuples de même
souche ou traditionnellement proches de l’Allemagne : Scandinaves, Baltes,
Néerlandais, Suisses, Belges et même Anglais, ainsi que Français, Hongrois, Slovènes,
Croates.
Ce projet d’un grand Empire germanique au centre de l’Europe ne pouvait
qu’inquiéter des voisins peu enclins à s’y incorporer. Il n’était pourtant pas contre nature
et on pouvait légitimement aspirer à voir se reconstituer en quelque sorte l’ancien
empire de Charlemagne, dont la dislocation en 843 avait été sans aucun doute un
malheur pour l’Europe. Et n’était-il pas permis, après tout, de rêver à la reconstitution
d’un nouveau Saint Empire romain germanique qui eût incorporé la France et, à terme,
l’Angleterre ? Avec une autre organisation de gouvernement sans doute, une autre
dénomination aussi. N’était-ce pas la seule façon, héroïque et romantique à la fois, pour
les peuples d’Europe de s’organiser enfin, en acceptant une nouvelle synergie sous la
houlette de l’Allemagne, avec ce peuple allemand « le plus cultivé du monde » selon
Renan qui n’affirmait rien à la légère. C’était sans compter avec la bassesse, la pleutrerie
des politiciens en charge des autres pays. Chez nous autres Français, s’ajoutait
l’insidieuse idéologie de la revanche, dévoyée en racisme anti-allemand, qui envahissait
toute la politique française depuis 1885, jusqu’à la conflagration de 1914, et qui allait
continuer avec la politique de pillage de l’Allemagne incluse dans le traité de Versailles
de 1919. L’Allemagne paiera ! Ehonté slogan des Clemenceau et Poincaré.
Pour les mêmes raisons qu’en 1914, les anciens Alliés, à l’exception notable des
Italiens, se considérèrent en état de guerre potentielle contre le Reich dès que le projet
de Hitler fut patent. Ils connaissaient la dynamique allemande. Leur Politique visait
naguère à la dislocation et à l’affaiblissement de l’Allemagne ; il leur suffisait désormais
de réactiver cette politique séculaire.
Le formidable redressement économique de l’Allemagne à partir de 1933,
minimisé par des historiens que gênent certaines vérités, est une source d’étonnement
pour tout honnête homme : « Six ans d’autarcie avaient fait de l’Allemagne, en 1939, le
plus grand pays industriel du monde ». (24)
Avec surprise, je découvris (et cela seulement dans les années 1980) un autre fait
historique généralement occulté : de nombreuses communautés juives du monde entier
avaient déjà déclaré la guerre à l’Allemagne dès le mois de mars 1933. (25) Les Juifs ne
constituant pas un Etat, il s’agissait d’une déclaration de guerre économique avec une
décision de boycott accompagné d’une mise en quarantaine psychologique par médias
interposés. Sûrs de leur puissance dans les rouages économiques occidentaux et de leur
toute-puissance dans les médias hollywoodiens, ils allaient pouvoir lancer nombre de
films haineux contre l’Allemagne et surtout contre les Allemands eux-mêmes. Face au
Juif Süss, à peu près la seule production national-socialiste ouvertement anti-juive sortie
des studios allemands, on peut dire qu’une déferlante cinématographique judéo-anglosaxonne
inspirée par la haine de la nouvelle Allemagne inonda l’Occident tout entier à
partir de 1933. L’Anglais Russell Grenfeld, auteur de l’ouvrage Unconditional Hatred, a
bien résumé cette situation de haine primitive et comme viscérale: « On a décrété que
l’Allemagne était une nation possédée par le démon et qu’à ce titre elle était responsable

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24 Voir L. Genet, Précis d’histoire contemporaine, 1919-1939, Paris, Hatier, 1947, p. 209.
25 Voir le numéro du Daily Express du 24 mars 1933, au titre éloquent : Judæa déclares War on Germany, et
l’ouvrage de Hartmut Stern : Jüdische Kriegserklärungen an Deutschland (Les Déclarations de guerre juives à
l’Allemagne), FZ-Verlag, Munich, 2000.

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de tous les maux de l’humanité. » On voit ici nettement se profiler la notion de
« culpabilité collective », qui n’est rien d’autre qu’une forme de racisme.
Les juifs qui constituaient en si grand nombre l’essentiel des conseillers
techniques de Roosevelt, président des Etats-Unis, allèrent jusqu’à l’appel au meurtre du
peuple allemand. Theodore N. Kaufman, Israélite américain influent, édita en mars
1941 son terrible livre : Germany must perish (« L’Allemagne doit disparaître »).
Largement diffusé et traduit, il exposait clairement la mise en oeuvre et l’organisation
planifiée du génocide des Allemands : il y aura lieu de stériliser la totalité des hommes
et des femmes allemands en âge de procréer, et cela de façon méthodique et rapide (26) ;
en quelques mois, il s’agira pour 20 000 chirurgiens (et plus si nécessaire) à raison de 25
stérilisations quotidiennes, de stériliser 48 millions d’Allemands et Allemandes; en
l’espace de deux générations, ce peuple aura disparu et son territoire géographique sera
réparti entre ses voisins. Des périodiques américains (tous à direction juive, il faut le
noter) osèrent traiter cette infamie de « sensationnelle idée » (Time Magazine), de
« théorie provocante, présentée de façon intéressante » (Washington Post), de « plan
pour une paix éternelle entre les nations civilisées » (New York Times).
Une variante, tout aussi monstrueuse, de génocide antiallemand programmé, le
« plan Morgenthau », date de 1944.
Morgenthau, autre juif influent de l’entourage de Roosevelt (de 1933 à 1945),
avait construit là un plan de mise à mort des Allemands par la famine organisée. Le plan
Oppenheimer, du nom d’un autre conseiller d’origine juive allemande, lui, pouvait
aboutir à la destruction totale des Allemands (et des Japonais) par la bombe atomique et
la radioactivité. En août 1945, les Allemands ayant été mis hors jeu, ce furent les
Japonais qui eurent à goûter de ce que les savants juifs avaient préparé d’aussi bon coeur
contre l’Allemagne.
Sur le front de l’Est européen on n’était pas en reste. Le « poète » chéri de Staline,
Ilya Ehrenbourg, juif lui aussi, dans d’odieuses incantations à l’usage de la soldatesque
rouge, se déchamait dans ses exhortations suant la pire haine raciale : « Tuez tous les
Allemands ! Tuez les enfants allemands dans le ventre de leurs mères
allemandes ! » ou «Les Allemands ne sont pas des êtres humains… les seuls bons
Allemands, ce sont des cadavres d’Allemands ! »
Encore à la fin de 1985, c’est avec une sorte de détachement, celui de l’historien
(?), que je prenais connaissance de tous ces faits. Le chiffre de six millions de victimes
juives m’apparaissait comme une évidente exagération, ne fût-ce que par le simple
examen démographique, aux meilleures sources, des mouvements de populations. (27) Je
voyais bien que les chiffres avaient été truqués. Je tenais maintenant pour certain que
les prétendues « chambres à gaz d’exécution » qu’on visite au Struthof, à Dachau
ou à Mauthausen étaient des impostures et que celles d’Auschwitz-1 et d’Auschwitz-11
(Birkenau) étaient « hautement suspectes », pour parler comme Rassinier. Les juifs
avaient beaucoup souffert et, dans leurs récits, ils avaient exagéré leurs souffrances ; les
médias, où ils régnaient, avaient reproduit leurs inventions. Je pensais que tôt ou tard, la
vérité se ferait jour.
C’est alors qu’au printemps 1986 éclata en France l’affaire Roques.

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26 Theodore N. Kaufman, Germany must perish (L’Allemagne doit disparaître), 1941, Newark, Newjersey, Argyle
Press.
27 The Dissolution of Eastern European Jewry, by Walter N. Sanning, Institute for Historical Review (Etats-Unis
d’Amérique), 1983.

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L’AFFAIRE ROQUES

Devant l’université de Nantes, en juin 1985, Henri Roques, ingénieur agronome
retraité depuis peu, avait présenté une thèse de doctorat intitulée Les Confessions de
Kurt Gerstein, étude comparative des différentes versions. Il avait obtenu la mention
très honorable. Au printemps 1986, la révélation du contenu et des conclusions de cette
thèse provoquait un scandale. Plusieurs organisations juives exigeaient l’interdiction de
la thèse ou plutôt son annulation par le ministre de l’Éducation Alain Devaquet. Au
printemps 1986, journaux et télévision dénonçaient le « scandale révisionniste ».
De quoi s’agissait-il au fond ?
On avait affirmé jusqu’ici que les Confessions de l’ancien officier SS Kurt
Gerstein, obtenues de l’intéressé en mai-juin 1945 alors qu’il était prisonnier des
Français à la prison parisienne du Cherche-Midi, constituaient la clé de voûte, la preuve
irréfutable (bien qu’isolée) émanant d’un témoin direct, de l’existence des «chambres à
gaz». En apparence, la preuve était bien irréfutable puisque son auteur était un officier
SS responsable, sous l’autorité de Glücks (inspecteur général des camps), de
l’approvisionnement des camps de concentration en désinfectant Zyklon B, gaz sous
support solide servant à l’épouillage des locaux et des vêtements depuis le début des
années vingt.
Cette déposition, quasi miraculeuse, de Gerstein, s’accompagnait de bizarreries :
d’abord elle avait été rédigée en français, langue que Gerstein maîtrisait mal, et l’officier
SS avait été peu de temps après, trouvé «suicidé» dans sa cellule du Cherche-Midi. La
Sécurité militaire française avait fait jeter le corps à la fosse commune de Thiais. Bien
que son adresse (inchangée depuis des années) soit parfaitement connue, la veuve de
Gerstein ne devait être informée de la mort de son mari qu’en 1948, trois ans après.
Manifestement il s’était agi de rendre (sciemment) inopérante toute éventuelle
exhumation suivie d’autopsie.
Henri Roques dévoilait dans sa thèse l’existence de plusieurs versions de la
fameuse « déposition », en français et en allemand. Son travail essentiel, et méticuleux,
avait consisté à décortiquer le texte et ses variantes et à en faire éclater les
invraisemblances. Après deux lectures attentives de la thèse, une conclusion
bouleversante me parut s’imposer: ces prétendues Confessions qui étaient jusqu’ici, en
l’absence de tout autre témoignage direct digne de foi, le fondement même de la
croyance à l’existence de « chambres à gaz », n’étaient que le produit d’une fabrication.
La thèse d’Henri Roques me fit l’effet d’une révélation. Nul doute que, de leur côté, ses
détracteurs allaient tenter de démontrer la fausseté de la thèse.
Un fait remarquable acheva de me convaincre, si besoin était: Michel de Boüard,
ancien président de la Commission d’histoire de la déportation de 1945 à 1981 (au sein
du Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale), ancien déporté à Mauthausen,
membre de l’Institut de France, venait de prendre parti en faveur des conclusions de la
thèse d’Henri Roques ! Après avoir reconnu qu’il avait en 1954 lui-même cautionné
l’existence d’une chambre à gaz là où il n’avait pu en exister (à Mauthausen), il poussait
plus avant, et, ne cachant pas son inquiétude, exprimait le fond de sa pensée : l’histoire
de la déportation était à récrire, à la lumière des travaux des révisionnistes. Dans Ouest-
France du 2-3 août 1986 (p. 6), il déclarait:
Je suis hanté par la pensée que dans cent ans ou même cinquante les
historiens s’interrogeront sur cet aspect de la seconde guerre mondiale qu’est le

système concentrationnaire et de ce qu’ils découvriront. Le dossier est pourri. Il
y a, d’une part, énormément d’affabulations, d’inexactitudes obstinément
répétées, notamment sur le plan numérique, d’amalgames, de généralisations et,
d’autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l’inanité de ces
exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation,
finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante.
Germaine Tillion avait déjà noté, peu après la fin de la guerre, le phénomène
inquiétant des affabulations de tous ordres à propos des camps de concentration
allemands. En 1954, dans une étude sur « Le Système concentrationnaire allemand
(1940-1944) », elle avait écrit, à propos de ces faux témoins :
Ces personnes sont, à vrai dire, beaucoup plus nombreuses qu’on ne le
suppose généralement, et un domaine comme celui du monde
concentrationnaire – bien fait, hélas, pour stimuler les imaginations sadomasochistes
– leur a offert un champ d’action exceptionnel. Nous avons connu
de nombreux tarés mentaux, mi-escrocs, mi-fous, exploitant une déportation
imaginaire ; nous en avons connu d’autres – déportés authentiques – dont
l’esprit malade s’est efforcé de dépasser encore les monstruosités qu’ils avaient
vues ou dont on leur avait parlé et qui y sont parvenus. Il y a même eu des
éditeurs pour imprimer certaines de ces élucubrations et des compilations plus
ou moins officielles pour les utiliser, mais éditeurs et compilateurs sont
absolument inexcusables, car l’enquête la plus élémentaire leur aurait suffi pour
éventer l’imposture. (28)
Je m’en entretenais avec Pierre Guillaume, l’éditeur de la Vieille Taupe dont je
venais de faire la connaissance à cette occasion (il diffusait la thèse d’Henri Roques). Il
se moquait quand je lui faisais part de mon attente d’une réfutation de la thèse d’Henri
Roques, sans doute par Georges Wellers ou Pierre Vidal-Naquet. «Êtes-vous naïf ? Il ne
pourra jamais y avoir de réfutation scientifique. Il n’y aura que des insultes, et des
lamentations.» Il me donna à lire l’ouvrage de l’universitaire Serge Thion : Vérité
historique ou Vérité politique ? P. Guillaume, homme sympathique au premier abord,
quelque peu partial à mon goût et très marqué à gauche, me conseilla de rencontrer « le
plus grand spécialiste actuel sur le sujet » : Robert Faurisson, professeur à l’université de
Lyon-II, dont il me laissa les coordonnées personnelles.

ROBERT FAURISSON
LE VOYAGE EN POLOGNE

Je ne connaissais paradoxalement, en 1986, que peu de choses sur le professeur
Faurisson. Son analyse « érotique » parue en 1961, du sonnet des « Voyelles » de
Rimbaud avait été qualifiée d’ « assez éblouissante » par André Pieyre de Mandiargues
et d’« agitante au possible » par André Breton. Ce brillant universitaire s’était ensuite, en
spécialiste de la critique de textes, penché sur des sujets en rapport avec la seconde
guerre mondiale, dans le sillage de Paul Rassinier. Il avait fait quelque bruit en
démontrant que le Journal d’Anne Frank n’était pas authentique (il avait établi qu’il

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28 Revue d’Histoire de la deuxième guerre mondiale, juillet 1954, p. 18.

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s’agissait d’une fabrication, d’une supercherie littéraire) et, sur le sujet de la mortalité
dans les camps de concentration, je savais qu’il confirmait les mises au point et les
doutes argumentés de l’ancien déporté Paul Rassinier, décédé en 1967. Je savais
seulement qu’il avait ainsi appliqué ses méthodes rigoureuses à l’analyse de témoignages
présentés à Nuremberg ou ailleurs. Il avait démontré qu’il s’agissait de supercheries, de
répétitions avec variantes sur un « archétype » lui-même non fiable ou fabriqué. Il avait
aussi pu montrer que chez certains accusés allemands, des « aveux » avaient été
extorqués soit sous la torture, soit par la peur de l’exécution, soit encore par la crainte
d’être livrés aux Bolcheviques, ce qui signifiait une mort certaine.
Téléphonant au domicile du professeur, je me présentai et lui exposai mon intérêt
pour la recherche historique sur le sujet. Il me demanda ce que je savais en fait de la
question et quels ouvrages j’avais lus en la matière. Il ajouta que, puisque je souhaitais
le rencontrer et que j’avais lu Rassinier, Serge Thion et la thèse d’Henri Roques, il
m’accorderait un entretien à son domicile, mais à la condition que j’eusse lu d’ici là,
d’une part, son Mémoire en Défense et sa Réponse à Pierre Vidal-Naquet ainsi que Le
Mythe d’Auschwitz de Wilhelm Stäglich dans sa récente édition française qui
comportait, de la part du professeur, un supplément explicatif avec schémas et photos.
Du côté des historiens « officiels », il me recommandait aussi de lire Léon Poliakov,
Pierre Vidal-Naquet, Georges Wellers. Je pouvais me passer de lire, ajouta-t-il, les
misérables fabrications de plumitifs tels que Christian Bernadac, Jean-François Steiner,
Martin Gray ou Marek Halter.
Je fis les acquisitions nécessaires et me mis au travail.
La rencontre de Robert Faurisson peut vous changer l’existence. À l’écouter, de
vive voix, quelques semaines plus tard, à son domicile, je sentis que j’étais en présence
d’un homme qui détenait une arme redoutable.
Il connaissait son sujet, il maîtrisait les sources, il savait une abondance de détails,
de références, d’éléments essentiels concernant l’organisation, la prévention des
épidémies, la vie et la mort dans les camps, la circulation des données concernant les
détenus, les directives des responsables nazis et de leurs subalternes, les conséquences
de ces mêmes directives. Surtout il était passé maiÎtre dans la détection de la forgerie et
dans l’analyse des témoignages de survivants : sa règle était, et demeure, la crossexamination
(le contre-interrogatoire). Je l’entends encore me dire : «Savez-vous bien
qu’il n’existe pas un seul témoin direct d’une seule «chambre à gaz» dans un seul camp
de concentration allemand ? »
Il avait en tête les plans des camps allemands, leur organisation, leurs destinations
particulières ou successives ; et il connaissait les ordres ou notes de service afférents,
leurs états successifs, les trucages ou montages d’après-guerre.
Fasciné comme je le fus ce jour-là par son discours et la netteté de ses réponses à
toutes mes questions, son humour discret, surpris par sa capacité de passer en revue les
arguments de l’adversaire et de leur trouver la réplique, j’eus quelque peine à m’extraire
du bureau en sous-sol où il m’avait reçu parmi ses livres, dossiers et documents.
A la fin, une question me tourmentait : Robert Faurisson, qu’on ne peut prendre en
défaut de raisonnement, a démonté la plus formidable imposture de tous les temps, et
ses adversaires sont incapables de lui répliquer ; pourquoi, alors, n’emporte-til pas
l’adhésion immédiate de tout chercheur, de tout historien, du grand public éclairé, de
tout honnête homme ?
Lui-même, ce jour-là, me fournit la réponse à cette question : Parce que les
«chambres à gaz» ne sont rien d’autre aujourd’hui (nous étions alors en 1986) que le
produit par excellence d’une propagande de guerre en temps de paix et sont de ce fait
soumises aux lois de la guerre ; la contestation de leur existence est interdite, et

réprimée sévèrement ; les contrevenants sont poursuivis de cent manières ; la répression
va s’accentuer; des lois spécifiques seront édictées. (En juillet 1990, la loi Fabius-
Gayssot allait en apporter une éclatante confirmation.)
« Certes, lui dis-je alors, je peux comprendre que de puissants lobbies aient intérêt
à propager, dans les médias qu’ils tiennent en main, une version mensongère pour des
raisons politico-financières. Mais pourquoi les pouvoirs publics, la Justice par définition
indépendante, répriment-ils ceux qui ne font que demander l’ouverture d’un débat public
sur ces questions ? » R. Faurisson me répondit qu’il n’y avait guère de différence entre
les pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et judiciaires.
Après quelques mois passés à lire sur le sujet, j’appelai le professeur pour
l’informer de mon vif souhait d’aller sur place visiter l’une de ces « chambres à gaz », à
Auschwitz-Birkenau bien sûr, puisque ce camp était tombé intact entre les mains de
l’Armée rouge en janvier 1945. Il voulut bien évoquer à nouveau les plans d’origine du
camp qu’il avait trouvé le moyen de sortir des archives du camp d’Auschwitz à partir de
1976 : ils me seraient indispensables pour suivre les transformations faites après la
guerre dans ce camp par les communistes polonais et russes.
Préalablement à mon départ en Pologne par avion, je fis un détour par son
domicile, où il me remit donc copie des plans d’origine de la Bauleitung (Direction de la
construction) en ajoutant :
« Les «chambres à gaz», dans ce grand camp pourtant tombé intact entre
les mains des Soviétiques, vous ne les verrez ni à Auschwitz, ni à Birkenau.
Vous allez voir à Auschwitz-I un abri anti-aérien avec salle d’opération
chirurgicale qui vous sera présenté par les guides comme une chambre à gaz en
état d’origine, mais vous constaterez que ce local prétendument destiné à
l’asphyxie en masse dispose… d’une petite porte-fenêtre avec ouverture… vers
l’intérieur ! Quant à l’autre porte de la pièce, elle donne sur une salle de
crématoires reconstruite : ainsi les communistes polonais n’ont-ils pas craint
d’imaginer et de «reconstituer» une salle de fours à coke donnant sur une pièce
chargée de façon répétée d’acide cyanhydrique, explosif avec l’oxygène de l’air.
Ne croient donc à cette chambre à gaz que ceux qui veulent bien y croire.
À la vérité, aucune personne dotée de sens commun n’y croit plus, et pas
même Pierre Vidal-Naquet, mais les Polonais maintiennent leur fiction, pour
les enfants des écoles et pour ceux aussi qui ont tellement besoin de croire aux
«chambres à gaz», fussent-elles impossibles ! » (29)
Il me confia aussi deux tâches, simples de prime abord : d’une part, demander sur
place à un officiel du camp-musée s’il existait des photographies d’époque de ces
«chambres à gaz» ; les Soviétiques, pour ne parler que de ceux-là, avaient certainement
dû les photographier dès leur prise de possession du camp en janvier 1945 ; d’autre part,
essayer d’obtenir la photocopie d’une ou plusieurs pages des Sterbebücher (registres
mortuaires) que les autorités allemandes du camp tenaient, paraît-il, de façon si
méticuleuse, documents là encore laissés intacts sur place par les Allemands en janvier
1945. Il me rappela de ne pas oublier de me munir d’une lampe-torche pour l’examen de
la prétendue « chambre à gaz » (maintenue par les Polonais dans une semi-obscurité) et
d’une boussole pour établir un plan précis des lieux.
Deux jours plus tard, au volant d’une Lada rouillée, louée à l’aéroport de Varsovie
(le paiement ayant été effectué au préalable à Paris), je prenais la route du sud pour

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29 Voir pour confirmation, près de vingt ans après la découverte de R. Faurisson, Eric Conan, « Auschwitz : la
mémoire du mal », L’Express, 19-25 janvier 1995 et, tout particulièrement, l’étonnante page 68.

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Oswiecim-Auschwitz. À mon arrivée sur place, au petit matin, je fis en trois heures une
première visite du camp principal et du camp voisin de Birkenau, de façon à bien situer
dans leur environnement les points intéressants pour ma seconde visite prévue pour le
lendemain. Dans l’après-midi, un officiel du camp voulut bien me recevoir, après que je
me fusse présenté à lui comme chercheur français indépendant dont le père avait été tué
en France en 1944 pour faits de Résistance. J’étais décidé à aller vite.
Ma question fut simple et se voulut d’emblée incisive:
« Puisqu’on ne peut actuellement pas voir la moindre trace de «Chambre
à gaz», ni de local à asphyxier en masse, que ce soit à Auschwitz, ou à
Birkenau, que les bétons brisés mais non disparus des crématoires de Birkenau,
dits Kremas II et III, ne peuvent en aucune manière avoir possédé une telle
installation (absence de trous d’origine pour le déversement des granulés de
Zyklon, notamment), il est indispensable pour tout chercheur de disposer des
photos de ces chambres à gaz, que les Soviétiques n’ont pu manquer de prendre
à leur entrée sans coup férir le 27 janvier 1945 dans le camp évacué par les
Allemands quelquesjours auparavant. Ces « chambres à gaz » homicides
étaient forcément des bâtiments en béton de plusieurs dizaines de tonnes, et
n’avaient pu être emportées dans leur retraite par les Allemands qui avaient par
ailleurs abandonné sur place les archives et la documentation du camp. »
Son regard se fit perçant : « Mais bien sûr, et je peux vous en montrer ! Nous
avons des photos aériennes des chambres à gaz de ce camp. »
Il alla à un tiroir d’une grande armoire métallique et me présenta des photocopies,
agrandissements de photos aériennes du camp, que je connaissais déjà par R. Faurisson.
Elles étaient maintenant devant moi, légendées en anglais et en polonais au moyen de
bulles avec flèches dirigées vers tel ou tel bâtiment. Je ne pipai mot.
« Il s’agit de photos de guerre prises en 1943 et 1944 à l’occasion de raids de
reconnaissance », crut-il bon de me préciser. Sur certains de ces agrandissements, on
pouvait voir, dans une bulle avec flèche : «Chambre à gaz», et, désigné par le bout de la
flèche, tel ou tel bâtiment.
Je ne pus m’empêcher de sourire tellement le subterfuge était voyant. Déjà Serge
Thion, par dérision, s’était amusé quelque part à légender «chambre à gaz» de simples
bunkers militaires français de la guerre d’Algérie, du côté de Colomb-Béchar.
Je fis remarquer à ce responsable du camp-musée qu’il me montrait là des photos
aériennes prises essentiellement par l’aviation sud-africaine et américaine, et qui étaient
connues de tous les chercheurs. Deux Américains de la CIA (Brugioni et Poirier)
avaient, au prix d’un montage effronté, désigné comme «chambres à gaz» des bâtiments
ou des installations dont lui-même devait bien savoir qu’ils ne pouvait rien être de tel.
Grâce aux plans d’origine de la Bauleitung nous connaissions les destinations exactes et
les fonctions de ces bâtiments et installations. Bien entendu, je me gardai de montrer à
mon interlocuteur les copies des plans d’origine qui étaient en ma possession. Pour toute
réponse, il me dit que, dans ces conditions, notre entretien était terminé et qu’il se voyait
au regret de ne pouvoir me fournir copie des autres documents demandés.
Il n’existait donc ni photos, ni traces physiques, de ce qui avait été, selon l’histoire
officielle, de gigantesques abattoirs humains. Et même on n’avait pu trouver aucune
trace documentaire, aucune allusion certaine dans aucun document officiel, aucune
référence allemande à de telles installations, aucune trace budgétaire de ce qui aurait dû
être un investissement énorme en crédits et en matériaux.

Je passai la fin de la journée et le jour suivant à reprendre d’abord la visite des
différents Blocks du camp principal d’Auschwitz, boussole et plans d’origine en main. Je
ne négligeai pas la naïve maquette du processus de mise à mort et d’incinération
proposée par les Polonais dans le Block 4, dit « de l’extermination ».
Je me dirigeai ensuite, l’après-midi du deuxième jour, vers le camp de Birkenau, à
deux kilomètres du camp principal d’Auschwitz. Je me fis montrer des unités
d’épouillage de vêtements, qui avaient fonctionné au Zyklon. Celles-ci, accessibles au
visiteur sur demande, ont été conservées. De petites dimensions, dotées de systèmes
d’accrochage pour les vêtements, elles n’ont pu bien évidemment asphyxier d’êtres
humains et, d’ailleurs, nul ne l’a jamais prétendu jusqu’ici. Les traces de bleu de Prusse,
caractéristiques de la réaction d’acide cyanhydrique avec les sels de fer contenus dans
les matériaux, y sont nettement visibles sur les parois.
À Birkenau, les alignements de baraques en bois pour loger les prisonniers (et
reconstituées depuis, avec des crédits… allemands) m’impressionnaient. J’essayai
d’imaginer ce que pouvait être une journée, une soirée ordinaire, un petit matin, à
l’époque d’activité de ce vaste camp. Je me mis à ressentir la dureté, la cruauté aussi, de
la situation des prisonnières et des prisonniers astreints là à des travaux forcés, vivant au
jour le jour, tentant de chaparder un peu de nourriture, d’organiser, comme on disait
dans l’argot du camp. Mais, pensai-je, puisque les camps d’internement, les camps de
travail sont inhérents à tout conflit de grande ampleur, les camps d’un des belligérants
ne peuvent être comparés qu’à des camps de l’autre partie. Et je ne pouvais m’empêcher
de comparer intérieurement ce camp allemand à ce que devait être le goulag soviétique :
discipline de fer aussi certainement, pénibilité extrême des travaux, comportement
brutal des gardiens et chefs de blocs, de la même façon sans doute. Me revenaient alors
en tête les nombreux témoignages de « déportés dans les deux systèmes » (tel celui de
Mme Buber-Neumann) sur la bien meilleure organisation interne, et le bien meilleur
ordinaire, des camps allemands, sur la stupéfaction des Rouges quant ils entrèrent à
Auschwitz en janvier 1945, y découvrant des installations modernes, une infirmerie
dotée de capacités d’opérations chirurgicales dont pouvaient bénéficier les détenus, un
théâtre, une piscine, un terrain de sport pour les mêmes, des cuisines, à tel point qu’ils
soupçonnèrent sur-le-champ les rares prisonniers valides restés sur place à les attendre,
d’être des complices des Nazis et non des victimes !
Mais j’étais venu pour bien plus que cela. Allais-je trouver maintenant, à
Birkenau, là où certains prétendent qu’elles ont existé et fonctionné, d’authentiques
installations ayant pu servir à un meurtre de masse par asphyxies collectives ? La veille,
le local présenté comme « chambre à gaz » du camp principal d’Auschwitz venait de
m’apparaîÎtre comme une supercherie bien misérable. Aucun chercheur sérieux, aucun
historien n’y croyait déjà plus. Ne sachant que faire à son sujet, les autorités du campmusée
avaient préféré… ne rien faire, laissant les choses en l’état. Les chambres à gaz, si
elles avaient jamais existé, ne pouvaient donc se trouver qu’à Birkenau, à l’emplacement
désigné sous le nom d’Auschwitz-II, appellation couvrant les Kremas
(morgues/Leichenkeller et crématoires, disposés en vis-à-vis, selon les plans d’origine).
J’atteignis cette partie du camp. Leur emplacement correspondait bien aux plans
d’origine. Je ne vis là que des pans de béton affaissés mais non désintégrés, comme si
une explosion de puissance très insuffisante les avait touchés. Aucune partie de
l’ensemble des deux grands crématoires K II et K III ne semble manquante. Le plafond
en béton est toujours là. Si les deux morgues (légèrement enterrées) avaient été deux
locaux d’asphyxie collective par le gaz, on devrait en priorité y voir d’abord, percés
d’origine dans la dalle-plafond encore présente, un ou plusieurs orifices d’origine de
déversement des granulés ou des plaquettes de Zyklon. Ce n’est pas le cas. Pas de traces

bleues ou bleuâtres sur les murs intérieurs qu’il est possible d’examiner si on se glisse
sous la dalle effondrée du Krerna-Il.
En supposant néanmoins que quelque 2000 personnes – qui sont prétendues avoir
été entassées là, et de façon répétitive – y eussent bien été asphyxiées en quelques
minutes, comment leurs cadavres auraient-ils pu ensuite être incinérés, puisque la
capacité de crémation (30) ne pouvait dépasser, pour ce crématoire, 80 cadavres par jour
? Qu’aurait-on fait, le soir, une fois ces 80 crémations terminées, des 1920 corps non
incinérés, restant des 2000 « gazés » du matin ? À coup sûr, il n’y aurait pas pu y avoir
de « fournée suivante ». Il eût été impossible, par ailleurs, de disposer ces corps dans
des fosses, puisque à Auschwitz, la nappe phréatique affleure à quelques dizaines de
centimètres de la surface d’un terrain autrefois marécageux (ce qui avait obligé en son
temps la Bauleitung à des opérations d’assainissement, encore visibles aujourd’hui).
L’allégation grotesque d’un processus de gazage homicide m’était déjà été apparue,
pour ainsi dire par défaut, au simple examen des plans d’Oranienburg, autre camp nazi.
Ce camp comportait des Leichenkeller (morgues) comparables aux Leichenkeller
d’Auschwitz-II. Jamais pourtant on n’a affirmé que les Leichenkeller d’Oranienburg
avaient servi de « chambres à gaz ». Au-delà de l’impossibilité physique, c’est bien la
preuve irrécusable que les installations de Birkenau n’avaient aucune destination
criminelle.
Un document de la société Degesch (qui fabriquait et conditionnait l’insecticide
Zyklon B), intitulé Directives pour l’utilisation de l’acide cyanhydrique Zyklon aux fins
d’épouillage, (31) prouve à lui seul l’absurdité de la légende de l’extermination en masse
d’êtres humains par ce moyen.
D’après ce document, un minimum de vingt heures est nécessaire pour l’aération
d’un local traité au Zyklon. On y précise que le port du masque à gaz pourvu d’un filtre
spécial (par des personnels spécialement qualifiés pour cela) est obligatoire pour
pénétrer dans un tel local au terme de ces vingt heures. A lui seul, ce mode d’emploi du
fabricant Degesch met à bas le prétendu témoignage qu’aurait rédigé Höss, responsable
du camp d’Auschwitz. Höss parle d’une équipe pénétrant sans masques, en mangeant et
en buvant, dans la « chambre à gaz », une demi-heure après l’introduction du gazpoison.
Mais il est vrai que, prisonnier des Anglais en 1946, il avait ensuite été livré aux
« spécialistes » polonais (tous d’origine juive, selon ses dires) qui le torturèrent
physiquement et psychologiquement. Ses tortionnaires lui dictèrent d’autres insanités du
même acabit, les insérèrent dans de prétendues Confessions, puis Höss fut condamné à
mort par un tribunal communiste et pendu. (32) La pendaison eut lieu, en 1947, à
l’emplacement de la prétendue chambre à gaz homicide d’Auschwitz I.

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30 À la suite de l’épidémie de typhus qui ravagea le camp d’Auschwitz-Birkenau durant l’été 1942, une extension à
cinq incinérateurs, de trois bouches chacun, fut construite à Birkenau (Auschwitz-II), et mise en service au printemps
1943 ; la capacité de crémation sur ce site précis fut alors, au maximum, de 15 corps simultanés (pour une durée
d’une heure trente, temps nécessaire pour une incinération au coke), soit environ 80 à 90 corps incinérés par jour.
31 Document NI-9912 (Archives du procès de Nuremberg, enregistré en date du 21 août 1947) : Richtlinien für die
Anwendung von Blausaüre (Zyklon) zur Ungeziefervertilgung (Entwesung).
32 Ceci est démontré par W. Stäglich dans son ouvrage déjà cité: Le Mythe d’Auschwitz, traduction française, Paris,
La Vieille Taupe, 1986, page 295. Par ailleurs, on doit à Robert Faurisson d’avoir « exhumé » la brochure authentique
de la Degescb (voir note précédente) qui donne le mode d’emploi du désinfectant-désinsectisant Zyklon.

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URSZULA

Je quittai enfin, le soir du second jour, le camp-musée d’Auschwitz, après avoir
fait l’acquisition de quelques numéros des Hefte von Auschwitz («Cahiers
d’Auschwitz », édités par l’administration du camp-musée). Dans l’immédiat, des
difficultés m’attendaient pour mon approvisionnement en carburant et lubrifiant (la Lada
consommait de l’huile). Impossible, en outre, de trouver une chambre d’hôtel à
proximité. Un cycliste à qui je promis du café s’il arrivait à me trouver une halte pour la
nuit, ainsi que de l’huile moteur, m’invita à le suivre sur une dizaine de kilomètres par
des chemins tortueux. Nous atteignîmes une petite bourgade. On allait pouvoir me loger
dans un immeuble inachevé, futur hôtel apparemment, dont seul le rez-de-chaussée était
habitable.
Une jeune femme d’une trentaine d’années, qui semblait être une cliente de cet
« hôtel » surréaliste, constata ma difficulté à m’expliquer avec une logeuse ne parlant ni
anglais ni allemand, ni français. Elle s’avança vers moi et me dit: « J’ai appris le français
au cours d’un séjour étudiant d’un an dans votre pays. Je m’appelle Urszula. Je peux
vous aider à vous faire comprendre pour l’hôtellerie. »
Le soir même, je la retrouvai, pimpante, dans le hall. N’en étant pas à mon premier
voyage dans les pays communistes d’Europe de l’Est, je soupçonnai qu’elle devait
appartenir à quelque service officiel et donc être d’une orthodoxie idéologique certaine.
Elle appartenait en effet, me dit-elle, à un service gouvernemental de contrôle
d’avancement de constructions immobilières d’Etat (sic), et l’avancement de ce futur
hôtel entrait dans son domaine de compétence professionnel. Elle se mit à me poser des
questions, intriguée de voir qu’un étranger eût ainsi la possibilité de voyager en Pologne
communiste dans un véhicule banalisé comme l’était ma Lada avec ses plaques
polonaises. Elle ignorait que ce fût possible pour des touristes occidentaux ; il suffisait,
depuis peu de temps, à Paris, au moment de la réservation, de régler la location en
devises occidentales à une agence spécialisée, avant de prendre l’avion pour Varsovie.
Elle me demanda si j’avais eu le temps de visiter ce haut-lieu qu’était le camp
d’Auschwitz.
« Dites-moi votre impression sur Auschwitz ? N’avez-vous pas senti rôder la mort
en déambulant dans le camp ? N’avez-vous pas trouvé saisissante cette entreprise de
mort, organisée à un tel point ? » Je me risquai à lui répondre que les bâtiments du camp
principal n’avaient rien de bien « saisissant », puisqu’il s’agissait des anciens bâtiments
d’une manufacture des tabacs devenue ensuite cantonnement de cavalerie du temps de
l’Autriche-Hongrie. D’ailleurs, après la guerre de 39-45, une partie des bâtiments,
jouxtant la zone polonaise d’habitation contiguë au camp d’Auschwitz, avait été
purement et simplement annexée au quartier d’habitation polonais. Des Polonais de la
banlieue d’Oswiecim habitent donc aujourd’hui dans les anciens bâtiments du camp
d’Auschwitz, lui fis-je remarquer, simplement parce ces Allemands honnis y avaient
installés entre 1940 et 1944 le sanitaire suffisant pour rendre ces bâtiments habitables.
(33) Quant au camp de Birkenau, je convenais qu’il s’en dégageait une oppressante
monotonie. Mais, à supposer qu’il en reste des vestiges, tirerait-on une impression
différente de la visite d’un camp du Goulag en Sibérie, par exemple ?
Ayant remarqué chez elle une certaine finesse, je me permis d’ajouter: « Vous me
parlez, bien entendu, du camp tel qu’il nous est présenté aujourd’hui. Mais quand on
peut consulter les plans d’origine, qu’on les examine avec attention, on est surpris de

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33 Wilhelm Stäglich, Le Mythe d’Auschwitz, édition française, La Vieille Taqe, 1986, p. 488.

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voir les incroyables modifications, ajouts ou effacements apportés à ce qui existait
réellement. Tenez, par exemple, le terrain de sport (avec matches de football), la piscine
à l’usage des détenus, avec plongeoir; le théâtre (qui fonctionna régulièrement) ; le
bâtiment surnommé « Canada » qui entreposait les effets et vêtements des détenus. J’ai
cherché en vain le bloc dentaire et le bloc opératoire pour les prisonniers, très modernes
pour l’époque ; dans ce dernier, savez-vous que fut opéré, par exemple, Elie Wiesel (34)
en décembre 1944 ? Il nous le raconte dans son essai autobiographique La Nuit, publié
en France en 1958 avec une préface de François Mauriac. Comme à tout visiteur, on m’a
présenté au camp principal une « Chambre à gaz en état d’origine » ; or, tous les
chercheurs savent que l’endroit fut successivement une morgue, puis un petit hôpital de
quelques chambres ; on peut encore voir très nettement les traces des cloisons des
différentes pièces. Après guerre, vos concitoyens, chère Urszula, n’ont pas hésité à
reconstruire une salle de fours donnant sur la pièce où l’on gazait, paraît-il, les
prisonniers ! Or, il s’agit là d’une impossibilité radicale ! Mon saisissement, si j’en ai
ressenti un, n’a donc pas été celui de l’horreur, mais plutôt d’indignation devant
l’imposture, après qu’on m’eût enseigné qu’en ces lieux avaient été exterminés par le gaz
des millions d’êtres humains. »
Sur le ton du sarcasme, elle me demanda : « Voulez-vous dire que ce n’était pas
du tout un camp d’extermination ? Plutôt, un camp de prisonniers dorlotés par les
nazis ? Il paraît qu’en France des personnes, des professeurs, annoncent et publient que
les camps de concentration nazis n’ont jamais existé ! Eh bien : vous venez de voir
Auschwitz aujourd’hui. Nous ne l’avons tout de même pas fabriqué ! Les tas de cheveux,
de lunettes, de chaussures, ne sont pourtant pas fictifs ! »
Je lui répliquai que je n’avais jamais entendu de professeur français assurer que les
camps nazis n’avaient pas existé, mais qu’en revanche une école de chercheurs avait
démontré que les chambres à gaz homicides d’Auschwitz n’avaient jamais pu exister.
Prétendre le contraire n’était qu’une calomnie. Le camp d’Auschwitz avait été un camp
de prisonniers à régime sévère, où ceux-ci avaient été astreints à des travaux forcés
parfois épuisants, dans ce qui était un vaste complexe industriel et agricole. Les
épidémies inhérentes à toute concentration d’êtres humains, dans les conditions de
l’époque qui plus est (les antibiotiques étaient rares), propagées par des parasites tels
que les poux, y avaient provoqué des ravages. Ces épidémies auraient été encore plus
dévastatrices s’il n’y avait pas eu de système de désinfection des prisonniers eux-mêmes,
de leurs vêtements et des locaux. Quant aux tas de lunettes, de cheveux, ou de
chaussures, notre Urszula savait-elle que les Allemands récupéraient absolument tout,
dans les pays occupés et en Allemagne même ? Des wagons venus de l’Europe entière
apportaient, à Auschwitz et ailleurs, des tas de déchets normalement jetés, mais qui, en
économie de guerre, sont recyclés par les prisonniers, justement, en ateliers : des
cheveux en quantité suffisante, par exemple, étaient voués à la fabrication de textiles
tandis que des verres et des montures de lunettes apparemment hors d’usage étaient
recyclés pour de nouvelles lunettes, etc.

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34 Elie Wiesel y raconte un épisode peu connu et tout à fait étonnant ; se trouvant dans une infirmerie (Revier)
d’Auschwitz (probablement Auschwitz-III) en décembre 1944 et début janvier 1945, après y avoir subi une opération
au pied parfaitement réussie, ce qui semble ahurissant dans un camp prétendu « d’extermination », lui et son père (qui
avait obtenu l’autorisation de dormir au Revier dans la chambre de son fils) se voient proposer, à la mi-janvier 1945,
par les SS qui leur annoncent l’évacuation imminente du camp devant l’avance de l’Armée rouge, de choisir entre
partir avec les Allemands vers l’intérieur du Reich, à pied et sous la neige, ou bien rester sur place et attendre les
« libérateurs » soviétiques. Quel fut le choix d’Elie Wiesel et son père ? Ils choisirent de partir à pied et sous la neige,
avec les Nazis « exterminateurs ». Un tel aveu inflige un démenti à la légende d’Auschwitz.

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La jeune femme, devenue nerveuse, exigea d’en savoir plus et de connaître quelle
pouvait bien être au juste l’argumentation de ces révisionnistes sur le point précis de
l’inexistence des « chambres à gaz » pour l’extermination d’êtres humains.
Je lui répondis qu’ils l’expliquaient par l’impossibilité physique et chimique du
processus d’asphyxie, qui plus est au gaz cyanhydrique porté par le Zyklon, lequel
n’était qu’un puissant désinfectant et désinsectisant pour l’épouillage des effets des
prisonniers et des locaux. Le chef de file de ces révisionnistes, le professeur Faurisson,
l’avait démontré sur des bases documentaires irréfutables et irréfutées. J’ajoutai qu’il lui
suffisait d’ailleurs, à elle-même comme à n’importe qui, de lire le mode opératoire du
Zyklon B fourni par le fabriquant de l’époque (la Degesch) pour comprendre qu’il aurait
été radicalement impossible de tuer des gens avec ce produit sans se tuer soi-même.
À m’entendre, elle semblait atterrée et comme changée d’aspect. Je souhaitai m’en
tenir là pour le moment. J’ajoutai cependant que si les chambres à gaz pour exterminer
les gens n’avaient jamais pu fonctionner, et même n’avaient jamais existé ni à Auschwitz
ou à Birkenau, c’était là, au fond, une bonne nouvelle. À ces mots, et après un silence,
Urszula, qui me regardait fixement, finit par éclater d’un rire où se sentait l’autodérision.
En Pologne communiste, on savait à quoi s’en tenir sur les mensonges de la propagande.
Que les maquillages d’Auschwitz ne fussent qu’un maquillage de plus n’était finalement
pas pour l’étonner.
Le lendemain, je poursuivis mon voyage en direction du camp de Majdanek.
Jusqu’à la nausée, de grossières supercheries et reconstructions d’après-guerre y sont
mises sur le compte des nazis, à tel point que les historiens préfèrent, en général, ne plus
parler d’exterminations dans ce camp. La supercherie des « installations
d’extermination » qui y sont montrées, toutes construites après guerre par des non-
Allemands, y est éclatante, même pour un profane, sauf peut-être pour l’écrivain juif – et
même de plus en plus juif – Bertrand Poirot-Delpech. Je me rendis ensuite vers le nordest
sur les sites de Belzec et de Sobibor (dont il ne reste strictement rien). Je retournai à
Varsovie par Treblinka où, là non plus, aucun bâtiment d’origine n’a été conservé ; on a
pourtant prétendu que le camp était doté de « chambres » fonctionnant à… la vapeur
d’eau, et qu’après 1943, les Allemands auraient déterré des corps largement décomposés
pour les brûler sur place. Or, on verra plus loin qu’il est démontré qu’aucune gigantesque
fosse à cadavres n’a été creusée dans ce camp.
Je revins de Pologne à la fois satisfait et consterné. J’étais satisfait car ce voyage
m’avait fait franchir une étape décisive de mon enquête. La lecture de Rassinier m’avait
rendu suspectes ces « chambres à gaz » ; puis l’affaire Roques me les avaient rendues
improbables ; et enfin grâce à Faurisson, au terme de ce voyage sur le site, j’avais la
preuve qu’il s’agissait d’une fiction.
J’étais en revanche consterné par l’énormité du mensonge, ou, ce qui revient sans
doute au même, par l’étendue de la croyance au bobard. Seul l’éclat de rire d’Urszula
résonnait en moi comme un signal d’espoir.
Je me confiai à un ami ingénieur que je fréquentais de longue date. D’abord
intrigué par mon discours, il me dit qu’il voulait à son tour en avoir le coeur net et pour
cela visiter les sites que je lui avais décrits. Je lui montrai les copies des plans d’époque
de la Bauleitung d’Auschwitz, et lui remis le livre de W. Stäglich (Le Mythe
d’Auschwitz), dans sa traduction française. Je pensai d’abord qu’il allait abandonner cette
idée de voyage, mais il me relança à maintes reprises, si bien que nous partimes
ensemble quelques mois plus tard, en avril 1989, dans sa voiture personnelle, pour la
Pologne, via la Tchécoslovaquie. En route, je lui servais de mentor. Je lui commentais
les lieux visités en appelant son attention sur la mise en scène de «vainqueurs» acharnés
à vouloir faire croire à l’existence de prodigieux abattoirs chimiques en béton armé dont

ne subsistait pas le moindre vestige. Là-dessus, nous prîmes connaissance du tout récent
et premier Rapport Leuchter. Je vis mon ami en proie à un trouble certain. J’assistai
bientôt, en direct, à son désarroi. Puis, après ces révélations et, comme le temps pressait,
le voyage s’acheva par une rapide visite des territoires maintenant polonais, qui avaient
été arrachés à l’Allemagne de 1945 à 1947. Pour nous, ce fut essentiellement la Silésie
et la Poméranie orientale (nous n’avions pas le temps suffisant pour aller visiter
l’ancienne Dantzig et encore moins la Prusse orientale).
Je garde un souvenir poignant de cette fin de notre périple, qui venait comme en
complément de l’épouvantable mensonge. Le coeur se serrait, en pleine campagne, à la
vue de ces bâtisses si typiquement allemandes, entre Breslau et l’ancienne Hirschberg,
qui avaient dû être avant 1945 des fermes prospères. Voilà que les Polonais avaient cru
bon de les barbouiller d’un méchant crépi pour effacer l’origine de leur construction de
facture typiquement germanique (colombages, Fachwerk), et maquiller ainsi le vol de
ces mêmes maisons. Maintenant, plus de quarante ans après, on pouvait nettement voir,
à travers le crépi justement, le noir et blanc du mélange croisé des poutres en bois qui
réapparaissait. Justice immanente, là aussi ?
L’occupant polonais de la ferme, à qui nous demandâmes l’hospitalité pour la nuit,
nous alloua deux méchants lits dans le vaste grenier, en exigea le paiement d’avance,
refusant sa propre monnaie nationale pour exiger le paiement par chacun de nous de dix
marks allemands.

LE COUP DE GRÂCE: LES RAPPORTS D’EXPERTISE
L’IMPOSSIBILITÉ RADICALE D’UN PROCESSUS
D’EXTERMINATION DE MASSE
DANS LES LOCAUX ET AUX LIEUX PRÉTENDUS

Nous voici à la fin de l’année 1989. Le Mur de Berlin, symbole d’une oppression,
d’une exploitation et d’un mensonge, s’est écroulé. Dans peu d’années, l’URSS va se
disloquer définitivement.
Dès les événements de Berlin, en novembre 1989, j’avais proposé à ma famille de
partir en voiture pour assister sur place à la casse désormais certaine du Mur et afin de
participer au dépeçage du honteux symbole, encore «en état d’origine». Les épouses
respectives avaient préféré à la fin nous laisser partir seuls, entre hommes, quitte à leur
ramener des morceaux du Mur en souvenir. Avec mon jeune fils et mon frère, nous
partîmes, pics, burins et marteaux dans le coffre. Arrivés à la porte de Brandebourg,
nous pûmes constater que beaucoup avaient eu la même idée que nous et qu’ils
s’attaquaient résolument au symbole.
Quelques semaines auparavant, le 16 septembre 1989, Robert Faurisson avait été
sauvagement attaqué dans un parc proche de son domicile par trois jeunes juifs
(simulant une partie de ballon). On avait cherché à le tuer à coups de pied. Grièvement
blessé à la face, avec de multiples fractures, il se remettait lentement. « Naturel et
normal », commenta Serge Klarsféld.
R. Faurisson avait su rapidement identifier le commanditaire de ses agresseurs, un
certain Nicolas Ulmann, fils d’un commerçant de Vichy. La juge d’instruction s’employa
à ne rien trouver.

Un an auparavant, le même R. Faurisson, cité comme témoin à Toronto dans un
procès intenté au publiciste canadien Ernst Zündel, contestataire actif de l’histoire
officielle et imposée de la seconde guerre mondiale, avait suscité une démarche qui
allait marquer le combat pour la vérité historique. Il avait proposé à Fred Leuchter,
ingénieur américain spécialiste de la mise au point et du fonctionnement de chambres à
gaz d’exécution pour condamnés à mort de certains pénitenciers aux Etats-Unis, de se
rendre avec une petite équipe sur les sites polonais où les organisations juives
prétendent que de telles installations de mise à mort en masse par asphyxie auraient
fonctionné, de prélever les échantillons nécessaires, de les expertiser et d’en tirer des
conclusions, après analyse des échantillons. En effet, ses observations, dans les années
soixante-dix, des conditions de fonctionnement de chambres à gaz d’exécution de
condamnés à mort américains (à Baltimore par exemple), où d’infinies précautions sont
prises pour exécuter un seul condamné afin de ne faire courir aucun risque à l’entourage
de l’installation, avaient persuadé R. Faurisson de la nécessité d’une expertise
scientifique des locaux ayant prétendument servi à exécuter des prisonniers à Auschwitz
et autres lieux.
Fred Leuchter procéda sur place à une confrontation scientifique des plans et des
locaux, à des prélèvements systématiques d’échantillons, qui devaient être analysés
ensuite «en aveugle» par un laboratoire américain indépendant et qui, bien entendu,
ignorerait l’objet de la recherche et l’origine des échantillons. En effet, on sait que les
matériaux tels que le ciment ou la brique, exposés à de l’acide cyanhydrique (tel qu’en
dégageaient les granulés ou les disques de Zyklon B, par définition), sont l’objet d’une
réaction chimique en présence d’acide cyanhydrique. Ces matériaux contiennent des
traces de fer (à l’état d’oxydes, de sulfates, de silicates) ; celui-ci réagit avec l’acide
cyanhydrique du Zyklon pour former des composés complexes (ferri- et ferrocyanures)
de couleur bleue caractéristique (bleu de Prusse). Ceux-ci présentent la particularité
remarquable d’être extrêmement stables dans le temps (plusieurs siècles) et d’être
pratiquement insolubles, donc insensibles aux intempéries. C’est ainsi qu’on voit
nettement des traces bleues intenses dans les unités de désinfection de vêtements, qui
ont été fréquemment soumises à l’acide cyanhydrique.
La détection de ferri- et ferrocyanures dans les échantillons de briques et de béton
prélevés en divers lieux du camp et leur teneurs comparées devait permettre de
déterminer les endroits précis de contact avec le gaz. Il s’agissait de vérifier si les lieux
prétendus de l’extermination par le gaz coïncidaient avec des traces significatives de
ferrocyanures. Or, parmi les prélèvements effectués par Fred Leuchter et son équipe en
une trentaine de points des cinq crématoires d’Auschwitz-Birkenau, aucune trace
décelable ne fut trouvée dans aucun des matériaux de ces divers locaux. En revanche,
des traces très importantes pouvaient être décelées dans les unités de désinfection de
vêtements ! Au-delà des résultats des analyses chimiques, l’analyse physique et
topologique de Leuchter fut, elle encore, sans équivoque. Ses conclusions (premier
Rapport Leuchter) furent nettes : les locaux ou installations d’Auschwitz et de Birkenau
incriminés (dénommés sur les plans K-I, K-H, K-III, K-IV et K-V), dont certains
prétendent qu’ils furent le siège de gazages d’êtres humains, n’avaient pu, en aucune
manière, être le lieu d’exécutions par asphyxie au Zyklon B : absence de traces de sels
cyanhydriques, locaux inadéquats, danger de mort pour les servants, impossibilité
matérielle du processus de « mise à mort suivie d’incinération ». (35)
Incapables de trouver une réplique à ce rapport, les sectateurs des «chambres à
gaz» se déchaînèrent dans le monde entier et singulièrement aux Etats-Unis contre la

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35 Fred Leuchter, An Engineering Report on the Alleged Execution Chambers at Auschwitz, Birkenau and Majdanek
(Poland), Samisdat Pubhshers Ltd, 1988, 193 p.

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personne même du chercheur et Leuchter vit sa carrière ruinée du jour au lendemain. On
répandit sur son compte de grossières calomnies et on s’abstint de produire la moindre
contre-expertise.
Une tentative, cependant. Un pharmacien de la banlieue parisienne, Jean-Claude
Pressac, s’était intéressé à titre personnel au problème des chambres à gaz et il s’était
rendu à Auschwitz à plusieurs reprises. Il n’avait, contrairement à la rumeur, jamais été
un « disciple de Faurisson ». Il avait fait la rencontre du professeur au domicile de Pierre
Guillaume. Un jour, las d’être importuné, R. Faurisson avait dû chasser J.-C. Pressac
manu militari. Ce dernier alla offrir ses services à Serge Klarsfeld. Celui-ci proposa
d’allumer un contre-feu au Rapport Leuchter et finança l’entreprise. Le résultat en fut la
publication en 1989 d’un gros ouvrage, indigeste et confidentiel, au titre en apparence
prometteur : Auschwitz, Technique and Operation of the Gas Chambers. (36) En réalité,
dans cet ouvrage ne figurait pas un seul croquis, pas une seule esquisse, pas une seule
maquette, pas une seule description cohérente, de cette fameuse «chambre à gaz». Le
malheureux pharmacien ne démontrait finalement qu’une chose : à Auschwitz-Birkenau,
il y avait bien eu… des crématoires pour incinérer les morts. Au passage, il réduisait
drastiquement le nombre des victimes incinérées, s’attirant par là la suspicion et la haine
des tenants, tel Claude Lanzmann, de la thèse des meurtres de masse en «chambres à
gaz». Ce dernier, cinéaste, en est d’ailleurs réduit à présenter des films de fiction où,
sans aucune preuve, sans aucun vestige archéologique ou trace documentaire
authentifiée, l’existence des « chambres à gaz » est présentée comme allant de soi : c’est
le cas dans son dernier film-fiction sur Sobibor (octobre 2001).
R. Faurisson devait pulvériser le livre de J.-C. Pressac, d’abord dans sa Réponse à
Jean-Claude Pressac, (37) puis face à Pressac lui-même en mai 1995 à la XVIIe chambre
du Tribunal correctionnel de Paris, où le piteux pharmacien, au bord des larmes, ne sut
que répondre aux questions successives de Me Erie Delcroix et de la présidente, Martine
Ract-Madoux. Exit Pressac.
Une tentative de contre-expertise du Rapport Leuchter fut menée par l’Institut de
criminologie de Cracovie. Les résultats des analyses chimiques tendaient à confirmer les
conclusions de F. Leuchter. Aussi s’abstint-on de publier cette contre-expertise
polonaise.
Le Rapport Lüftl (38) (du nom de son auteur Walter Lüftl, président de la chambre
des ingénieurs-chimistes autrichienne) fut publié quelque temps après. Il examine le
processus avancé par les tenants de la prétendue extermination et prouve son
impossibilité radicale. Il montre comment l’utilisation du désinfectant Zyklon pour tuer
en masse des êtres humains est ridiculement affirmée par les tenants de l’extermination.
Pour ce faire, il eût été infiniment moins dangereux, plus simple, et pour tout dire plus
efficace, d’utiliser du simple gaz carbonique (CO2) ; le problème de l’incinération en
masse se serait de toute façon posé dès le début d’une telle opération, et n’aurait pu être
résolu.
La conclusion, en forme de conseil, mettait en garde contre la propension des
juges, dans les procès de révisionnisme, à n’entendre que des « historiens » : les
scientifiques, les techniciens, sont ici indispensables.

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36 New York, The Beate Klarsfeld Foundation, 1989, 564 p., 45 x 30 cm.
37 Robert Faurisson, Réponse à Jean-Claude Pressac, 1994, Ed. R.H.R.
38 Walter Lüftl : Holocaust (Glaube und Fakten), Vienne, octobre 1991 ; en langue anglaise, et sous forme
condensée, in Journal of Histotical Retiew, hiver 1992-1993.

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Aucun contre-rapport ne put être avancé, n’a jamais été avancé, contre le Rapport
Lüftl. Ce président de la chambre syndicale des ingénieurs autrichiens fut contraint à
démissionner de son poste, mais on n’osa pas le poursuivre en justice. (39)
En 1991, survint la première édition du rapport de l’Allemand Germar Rudolf.
Germar Rudolf, qui travaillait au prestigieux Institut Max Planck rédigeait là un
rapport méticuleux, où, avec l’érudition du chimiste, il confirmait, de façon irréfutable,
les conclusions de Robert Faurisson et de F. Leuchter. Ce Rapport Rudolf, (40) envoyé
par la suite à nombre de sommités scientifiques, physiciens et chimistes, pour leurs
éventuelles remarques et critiques sur la méthode et le résultat, n’attira aucune remarque
négative ! Tant sous l’angle des considérations physico-chimiques qui mettent à mal les
allégations de témoins que par l’enchaînement sans failles du raisonnement, il aboutit à
des conclusions dévastatrices.
Citons-les, en respectant la présentation finale qui en est faite :
1/ Pour des raisons physiques et chimiques, les gazages de masse au moyen
d’acide cyanhydrique, qui, d’après des témoins, auraient été commis dans les
prétendues « chambres à gaz » d’Auschwitz, ne peuvent pas avoir eu lieu.
2/ Les processus de gazage en masse allégués par des témoins devant des
tribunaux, déclarés établis par jugement et décrits par des publications
scientifiques et littéraires, quel que soit le bâtiment d’Auschwitz dans lequel
ils sont censés avoir été mis en oeuvre, sont incompatibles avec les lois de la
nature.
G. Rudolf ne manquait pas de prévoir que l’adversaire, incapable de lui apporter la
contradiction, pourrait recourir à un subterfuge consistant à abandonner la thèse des
assassinats en « chambres à gaz » pour d’autres thèses de remplacement. Aussi, dans
une déclaration finale en forme de mise en garde, écrit-il : « Imaginer de nouveaux
scénarios et de nouvelles techniques de meurtre en masse, en contradiction avec les
témoignages, relèverait de la fabrication d’atrocités hollywoodiennes et non de
l’historiographie. »
Pour toute réponse à la publication du rapport de Germar Rudolf, le gouvernement
allemand engagea des poursuites judiciaires contre son auteur, ordonna la destruction de
l’ouvrage, démit Germar Rudolf de son poste et le contraignit à se réfugier
clandestinement à l’étranger. (41)
Enfin, en l’an 2000, eurent lieu sur le terrain des mesures du plus haut intérêt,
celles opérées par Richard Krege. Ce jeune ingénieur australien eut l’idée d’utiliser un
radar d’analyse du sous-sol (Ground Penetrating Radar), système permettant de déceler
sans ambiguïté (la propagation de ces ondes radar dans le sous-sol varie fortement si la
partie mesurée a été remuée en profondeur ou non) à un endroit donné, si le sol a été un
jour retourné, même à une date fort éloignée. Avec le révisionniste suisse Jürgen Graf, il
se rendit sur les sites polonais de Belzec, Sobibor, Treblinka et Auschwitz. Dans les
trois premiers camps, l’absence de fosses communes put être constatée. De même à
Auschwitz, sauf en des endroits précis où l’on savait déjà que des tombes communes (à
l’exclusion de toute fosse gigantesque) avaient existé. Ces expertises de Richard Krege

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39 Süddeutsche Zeitung, 14 mars 1992, p. 8. [Il a été poursuivi par la suite, et emprisonné. Il vient d’être à nouveau
condamné à quatre ans de prison, à Vienne. Note de l’éditeur, début 2006.]
40 Germar Rudolf, Gutachten über die Bildung und Nachweisbarkeit von Cyanidverbindungen in den Gaskammern
von Auschwitz, 3e édition, 1994, 114 p. Trad. française disponible chez Vrij Historisch Onderzoek (www.vho.org).
41 Voir le gros ouvrage de Germar Rudolf (Ernst Gauss), Grundlagen zur Zeitgeschichte, Grabert (Postfach 1629, D-
72006 Tübingen, Allemagne), 1994, 416 p. Édition, fortement enrichie, en langue anglaise : Dissecting the
Holocaust, 2000, Theses & Dissertations Press, PO Box 64, Capshaw, Alabama 35142, Etats-Unis d’Amérique.

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ne font que confirmer ce qu’avait pu établir, huit ans auparavant, le canadien John C.
Ball. Celui-ci avait analysé toutes les photos aériennes d’époque prises par des avions de
reconnaissance alliés (et aussi allemands) au-dessus des camps actuellement en territoire
polonais. Sur celles-ci, prises évidemment à l’improviste, on ne note aucune installation
qui puisse être celle de la mise en oeuvre d’un meurtre de masse, aucune concentration
suspecte de prisonniers face à un bâtiment, aucune fumée sortant des bâtiments dévolus
à la crémation. Ces photos sont la preuve matérielle irrécusable que ces camps n’étaient
rien d’autre que des camps de travail ou de transit.

LES « PROCÈS » DE NUREMBERG:
L’IMPOSTURE JUDICIAIRE

Il est impossible de comprendre le vingtième siècle si l’on ne s’est pas penché sur
ce qu’on peut tenir pour le plus grand procès en sorcellerie de tous les temps: le
procès de Nuremberg de 1945-1946 (suivi d’autres du même nom). Nous nous référons
ici à celui qu’il est convenu d’appeler le TMI – Tribunal militaire international -, dont le
texte fondateur fut celui issu de l’« Accord de Londres » (8 août 1945). Bornons-nous
ici à citer des articles du statut fondateur de ce tribunal d’exception :
art. 19 : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à
l’administration des preuves (…) ». Toute pièce que le tribunal estimait avoir valeur de
preuve était admise. Le tribunal pouvait accepter des pièces à conviction sans s’assurer
de leur fiabilité et rejeter des preuves à décharge sans donner de raisons. On pouvait
donc forger des « pièces à conviction » et ignorer des pièces à décharge. Ce qui fut fait,
à grande échelle.
art. 21 : « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de
notoriété publique, mais les tiendra pour acquis ». C’est le tribunal lui-même qui
décidait ce qu’était « un fait de notoriété publique ».
art. 13 : « Le Tribunal établira les règles de sa procédure. Ces règles ne
devront en aucun cas être incompatibles avec les dispositions du présent Statut ». Il
s’agit bien là d’une véritable monstruosité juridique : les juges sont habilités à
improviser leur propre code de procédure pénale !
Carlos W. Porter, né en 1947 en Californie, traducteur professionnel, a eu le
mérite de se plonger dans les quarante-deux volumes (aussi bien en anglais que dans la
version allemande) des actes du procès de Nuremberg. (42)
Ce qu’il nous relate est consternant : le président du tribunal, Sir Geoffrey
Lawrence, ne comprenait pas l’allemand. L’accusateur en chef, Joseph Jackson, non
plus. Le procureur général Robert M. W. Kempner, personnage clé du tribunal, était un
israélite allemand animé d’une haine ouverte et incandescente pour les Allemands. C’est
lui qui fut le promoteur du « procès-verbal de Wannsee », document qui fut présenté
tardivement (1947) dans l’un des procès « américains » de Nuremberg comme le compte
rendu d’une conférence de hauts dignitaires allemands à Berlin-Wannsee en janvier
1942 sur l’organisation de l’anéantissement des juifs. Or il ne s’agit pas d’un « procès-

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42 Carlos W. Porter, Non coupable à Nuremberg, 1996, Granata, Box 2145, Palos Verdes, CA 90274, Etats-Unis
d’Amérique.

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verbal », mais d’un document ne comportant ni cachet, ni date, ni signature, aucune
indication de service, aucun numéro de dossier permettant de l’enregistrer,
dactylographié sur une machine ordinaire ; de toute façon, il ne traite que d’une
évacuation des juifs européens vers l’Est et non d’une extermination de ces juifs. (43)
Au grand procès lui-même, c’est-à-dire en 1945-1946, la défense produisit 102
témoins à décharge, et 312 000 déclarations écrites (XXI-287, 397-398) concernant les
prétendues « organisations criminelles » ; sur ce nombre, seulement quelques douzaines
furent traduites en anglais ; le tribunal ne fut donc pas en mesure de les lire ! Par
ailleurs, une seule déclaration de l’accusation (D-973) fut considérée comme une
réfutation de 136 000 documents de la défense. De plus, 6 déclarations écrites et
présentées par l’accusation furent considérées comme ayant « réfuté » les témoignages
des 102 témoins de la défense (XXI- 153).
Un examen, même rapide, des sources de « preuves » présentées au procès de
Nuremberg est édifiant. Les documents utilisés comme preuves étaient des
« photocopies » de « copies ». Beaucoup de ces documents donnés comme « documents
originaux » étaient écrits entièrement sur du papier sans en-tête et sans aucune marque
faite à la main, par des personnes inconnues. Parfois s’y trouvait un paraphe
« certifiant » le document comme étant une « copie conforme ». Beaucoup furent
« trouvés » par les Russes, ou « certifiés » par des « commissions de crimes de guerre »
soviétiques.
On réplique parfois que les Alliés auraient étudié 100.000 documents, puis choisi
1000 documents qui furent présentés devant le Tribunal, les originaux étant archivés
ensuite au Palais de la Paix à La Haye. Erreur !
Et Carlos Porter de poursuivre :
Au Palais de la Paix [à La Haye], il n’y a pratiquement pas d’originaux
allemands datant de la guerre. En revanche, on y trouve des « déclarations »
écrites après la guerre, le procès-verbal de la Commission du tribunal de
Nuremberg (structure de pré-analyse de recevabilité des documents), ainsi que du
matériel de la défense. Concernant les documents originaux allemands, le Palais
de la Paix n’en possède que des « photostats » négatifs (c’est-à-dire des
photocopies), sur du papier très fragile et qui a été agrafé. Chose étrange, les
National Archives de Washington (cf. Telford Taylor, « Use of Captured German
and Related Documents », conférence tenue sous les auspices des National
Archives de Washington) prétendent que les documents originaux seraient à La
Haye. La Haye prétend que les documents originaux seraient aux National
Archives américaines. La « Stadtarchive Nürnberg » et la « Bundesarchiv
Koblenz » n’ont pas de documents originaux du procès de Nuremberg non plus.
Un nombre important de documents, falsifiés ou sans valeur, furent présentés par
l’accusation, tel le document 1721-PS, ou le « discours de Hitler » (1014-PS), écrit sur
du papier sans en-tête, sans signature, sans cachet, par un inconnu ; et encore le
document L-3, qui ne fut cependant pas accepté par le tribunal comme preuve, mais
dont 250 copies furent distribuées à la presse comme authentiques ; et le 812-PS

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43 En 1992, l’historien israélien Yehuda Bauer parla d’« histoire inepte » (silly story) à propos de la thèse selon
laquelle la politique d’extermination physique des juifs aurait été lancée à Wannsee, le 20 janvier 1942 (The
Canadian Jewish News, 30 janvier 1992). Huit ans plus tôt, en mai 1984, les historiens « officiels » allemands
Eberhard Jäckel et Jürgen Rohwer avaient, discrètement, largué cette thèse (Der Mord an den juden im Zweiten
Weltkrieg, DVA, 1985, p. 67). Soit dit en passant, on a là un exemple de découverte révisionniste confirmée par les
historiens orthodoxes.

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présenté comme « copie conforme » d’une lettre non signée, présenté comme une lettre
de Rosenberg, ne comportant ni paraphe, ni numéro de fiche, et qui n’avait pas été
trouvée parmi les effets personnels du destinataire ; le 81-PS, par exemple, est une
« photocopie » avec un numéro de pièce à conviction soviétique (URSS-353 ; XXV,
156-161).
Tout cela paraissait, à Nuremberg, parfaitement normal. Le document 386-PS, dit
« protocole Hossbach », prétendu discours de Hitler du 5 novembre 1938, est une
« photocopie conforme » d’une « copie certifiée sur microfilm » d’une « copie
conforme » re-dactylographiée par un Américain, d’une « copie conforme » redactylographiée
par un Allemand (des notes prises par Hossbach et jamais approuvées
par Hitler lui-même), d’un discours de Hitler, écrit de mémoire par Hossbach cinq jours
plus tard. Carlos Porter fait remarquer avec humour qu’il ne s’agit pas ici de l’un des
pires documents, mais de l’un des meilleurs, parce que nous savons qui a préparé l’une
des « copies ».
Il conclut justement : « Une telle procédure était établie en violation des règles de
preuve de n’importe quel pays civilisé. De plus les documents n’étaient pas identifiés par
des témoins. »
Une sinistre illustration de ces infamies à Nuremberg concerne le cas de Wilhelm
Keitel, ancien chef de l’OKW (État-Major de la Wehrmacht). L’essentiel des « preuves »
contre Keitel consistait en des « rapports » de « commissions soviétiques de crimes de
guerre » (XVII, 611-612) présentés sous forme de « résumés » avec des jugements, des
conclusions, des généralisations, sans aucune annexe de preuves ou documents de base.
Il y était fait référence à des agences militaires allemandes incorrectement désignées.
Ces documents soviétiques comptèrent beaucoup pour la condamnation à mort de
Keitel. Citons parmi ceux-ci le document URSS-4, « rapport » accusant les Allemands
d’avoir propagé exprès des épidémies de typhus pour exterminer la population
soviétique! Le document 470 contre Keitel est une « copie conforme » (donc un
document réécrit à la machine pour en faire la copie) d’un « document original » écrit
entièrement en serbo-croate, avec une « signature » de Keitel tapée à la machine ! Keitel
n’entendant pas le serbo-croate, on prétendit au procès qu’il s’agissait d’une
« traduction » écrite en allemand, d’un original à présent introuvable (XV, 530-536).
Keitel fut condamné à mort et pendu.
Des actions parfaitement légales furent considérées comme des « crimes », étaient
considérées comme des inconvénients insignifiants quand elles étaient perpétrées par les
Alliés. Par exemple, Seyss-Inquart fut condamné à mort pour des actions de représailles
à la suite de sabotages ou résistance armée. Pourtant il avait été expressément admis par
l’accusation que des membres de la résistance, des francs-tireurs, pouvaient être fusillés
(V, 405).
Celui qui n’a pas pris personnellement connaissance des documents de Nuremberg
ne peut pas concevoir le caractère abracadabrant des accusations que les vainqueurs
portèrent contre les vaincus. Des énormités furent proférées tout au long du procès.
Smimov, l’avocat général soviétique, évoqua les « planchers électrisés » du camp
de Belzec (VII, 577) et Walsh, le substitut du procureur général américain, évoqua, pour
sa part, l’extermination massive de juifs dans les « chambres à vapeur » de Treblinka
(111, 570-57 1).
Marie-Claude Vaillant-Couturier, témoin de l’accusation, témoigna sous serment
avoir vu la chambre à gaz en bois (!) du camp de Ravensbrück (VI, 233). Il est vrai que
cette célèbre militante communiste, impitoyable témoin à charge à Nuremberg, osera
nier froidement, un peu plus tard, l’existence des « goulags soviétiques » ! (44)

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44 Histoire parallèle, émission de Marc Ferro, sur Arte, 18 mai 1996.

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Bien que les services de renseignement alliés (et notamment anglais) eussent su
depuis l’origine du massacre que c’étaient les Soviétiques qui avaient délibérément
exécuté des milliers d’officiers polonais à Katyn en 1940, ils avaient laissé courir la
rumeur que les Allemands en étaient les auteurs. Plus tard, les Soviétiques pendirent,
pour ce crime, sept officiers et soldats allemands : Ernst Böhm, Ernst Geherer, Herbard
Janicke, Heinrich Remmlinger, Erwin Skotki, Eduard Sonnenfeld et Karl Strüffling, et
ils condamnèrent à vingt ans de travaux forcés trois autres innocents allemands : Arno
Diere, Erich Paul Vogel et Franz Wiese. (45)
Le président Jackson demanda si 20.000 juifs n’avaient pas été volatilisés à
Auschwitz à l’aide d’une sorte de bombe atomique (XVI, 551).
Il fut question, par exemple, de véhicules spéciaux aménagés pour gazer des gens,
des « camions à gaz », qui auraient mis à mort des dizaines de milliers de personnes.
Pas une seule photographie de ce genre de véhicule ne put être présentée à Nuremberg !
Le territoire allemand, en ce début de l’année 1946, était totalement occupé par les
Alliés qui avaient donc toute latitude pour rechercher et produire un « camion à gaz ».
L’armée allemande ne possédait que d’inoffensifs camions de désinfection pour
l’épouillage des vêtements.
Smirnov, déjà cité, affirma au procès que les Allemands avaient utilisé des « fours
crématoires mobiles » pour y brûler 840.000 corps. Le même cita un « rapport » (VII,
569-570) de la « Commission extraordinaire d’Etat sur les crimes des envahisseurs
hitlériens en Lithuanie » : 100.000 corps, disait l’accusation, avaient été déterrés par les
Allemands en six mois, entassés par tas de 3000 qu’on avait arrosés de pétrole et ces
bûchers avaient été activés par quatre bombes incendiaires placées aux quatre coins du
bûcher. Alléguant que les traces du crime avaient été minutieusement effacées, le
Ministère public se dispensait d’apporter les preuves de son accusation.
La population allemande « avait pu rester propre » jusqu’à la fin de la guerre, osa
dire, le 8 février 1946, le général Rudenko, procureur général soviétique au procès de
Nuremberg, en lisant devant le Tribunal « l’appel à l’opinion mondiale [lancé] par les
représentants de plusieurs milliers d’anciens internés dAuschwitz » qui mentionne que
« les cadavres fournissaient aussi des huiles et des graisses destinées à des usages
techniques et même à la fabrication de savon » (VII, 183).
Trente-sept ans plus tard, Georges Wellers, ancien directeur scientifique du Centre
de documentation juive contemporaine de Paris, devait officiellement annoncer en 1983
que « la fabrication de savon à partir de graisses humaines appartient à la catégorie des
« bobards » qui circulaient déjà dans les camps ».
Un témoin essentiel du procès, en tous cas celui dont la déposition contribua de
façon décisive à lancer le chiffre de six millions de victimes juives, fut Wilhelm Höttl.
Cet officier allemand, arrêté à la fin de la guerre par les Américains, interné, et cuisiné
par les nombreux « conseillers » qui récoltaient des témoignages parmi les prisonniers,
accepta de passer au service des vainqueurs afin de travailler désormais pour le CIC
(ancêtre de la CIA), et d’améliorer ainsi son sort. (46) Il fut transféré dans un quartier
réservé, comme témoin spécial au procès de Nuremberg, sans être mêlé aux autres
accusés allemands. Ayant déclaré avoir connu Eichmann (l’organisateur des transferts
de juifs vers l’Est européen), W. Höttl accepta de déposer un affidavit (document écrit,
sous serment) dans lequel il mentionnait que le même Eichmann (introuvable à l’époque
du procès de Nuremberg) lui aurait confié un jour que le nombre de juifs exterminés, à
la date d’août 1944, pouvait se monter à quelques six millions. Le chiffre fut lancé. Les

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45 Voir notamment Rivarol, n° 2248, 2 juin 1995, p. 12.
46 CIC : Counter Intelligence Corps (branche « contre-espionnage » de l’OSS devenue ensuite CIA). Selon d’autres
chercheurs, Höttl aurait déjà travaillé comme espion au service des anglo-saxons bien avant cette date.

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avocats des accusés demandèrent la comparution de cet étrange témoin mais en vain. Ce
fut cela, Nuremberg : une entreprise de « faux-monnayeurs », où la fausse monnaie
(déclarations fantaisistes, mensongères, ou calomnieuses, un affidavit unique, voire des
« aveux » extorqués sous pression physique ou morale), était transformée en monnaie
ayant cours légal (l’histoire officielle). Le « procès » de Nuremberg fut le théâtre d’un
blanchiment d’accusations mensongères, comme ailleurs on blanchit l’argent sale de la
pègre.
La comparaison avec les procès en sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles crève ici
les yeux. L’objectif de ces tribunaux religieux, avant que de mettre à mort dans les
flammes la présumée sorcière, était d’obtenir ses aveux publics et autant que possible
des témoignages « prouvant » que la malheureuse accusée avait bien forniqué avec le
diable. Une défense rationaliste fondée sur l’inexistence du diable eût été impensable de
la part de l’accusée et, pour le coup, eût entraîné illico au bûcher cette hérétique, cette
« négationniste ». En l’absence d’aveux de sa part, l’intervention providentielle d’un
« témoin » entraînait de facto la condamnation. Ce témoin pouvait être un ancien suppôt
du diable. Repenti entre temps, il jurait avoir entendu le diable ou à défaut l’un de ses
sectateurs, lui affirmer que la fornication était avérée. Tel avait été le cas du « témoin »
W. Höttl.
Le procès de Nuremberg était-il cependant justifiable ? Et le vainqueur était-il en
mesure de juger équitablement le vaincu ? On peut dire, à la lumière de ces quelques
énormités, avec Carlos Porter, que la simple consultation des sténotypies du procès
permet de trancher le débat. Le procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal
Militaire International n’a été qu’un lynchage judiciaire, qu’une gigantesque farce. Dès
lors, la sagesse impose de ne pas croire sans vérification préalable ce qui aurait été
« établi » à Nuremberg. Les conséquences d’un tel constat sont immenses.
Toute l’histoire de l’Allemagne entre 1933 et 1945 doit en conséquence être
revue, revisitée, réécrite.

LE « PROCÈS D’AUSCHWITZ »
(FRANCFORT, déc. 1963-août 1965)

Nous étions alors dans les années 1960. Quel était, plus de quinze ans après 1945,
l’état d’esprit des Allemands ?
Ecoutons Wilhelm Stäglich :
La majorité du peuple allemand n’y avait de toute façon pas vraiment cru. Il
subsistait des doutes notables quant à l’ampleur de l’extermination des juifs. En
revanche, les atrocités commises par les Alliés sur des « criminels de guerre »
incarcérés, les châtiments infligés pour des actions qui n’ont jamais été prouvées,
enfin et surtout les procès des chambres d’épuration intentés par des
« Allemands » contre d’autres Allemands (ce qu’on a appelé la « dénazification »)
et qui ont affecté presque chaque famille allemande avaient suscité dans de larges
couches de la population une vive amertume et même de la sympathie pour les
victimes de ces vengeances déguisées en justice. On ne voulait pas en entendre
parler. Ainsi la chasse aux nazis devint-elle de jour en jour plus impopulaire et
d’autant plus que les doutes au sujet des massacres de juifs se multipliaient et qu’à
partir de 1955 il devenait incontestable que les « chambres à gaz » exhibées après

l’effondrement du Reich, principalement à Dachau, mais aussi dans d’autres camps
n’avaient jamais existé durant l’époque du IIIe Reich. Dans ces circonstances, il
n’était pas étonnant que des voix se fissent entendre pour exiger de mettre un
terme à la « réparation » financière envers Israël décidée par le chancelier
Adenauer. C’est à coup sûr cette attitude qui a fait naître l’inquiétude chez tous
ceux qui avaient profité de la défaite allemande et du mensonge des six millions,
et qui entendaient continuer à en profiter. Les moyens de chantage politique et
financier sur le peuple allemand allaient se trouver compromis. Il fallait donc
rechercher de nouvelles voies pour maintenir l’un et l’autre.
[…] Considérant la foi quasi proverbiale que professe l’Allemand envers
l’autorité, il était tout indiqué de faire désormais entrer en action la justice
allemande et d’abuser de ses tribunaux en vue de ressusciter le complexe de
culpabilité sur de nouvelles bases. (47)
Comme le rappelle opportunément W. Stäglich, après la fin des procès des
criminels de guerre organisés par les puissances occupantes, les prétendues atrocités
nazies étaient rapidement tombées dans l’oubli au sein du peuple allemand ; par ailleurs
aucune expertise de l’arme du crime (assassinat par le gaz dans des installations
spécialement élaborées) n’avait eu lieu (et n’aura jamais lieu).
Le drame, dans des procès tels que celui, à Francfort, des « gardiens
d’Auschwitz » (1963-1965) est que l’avocat de la défense n’a généralement aucun intérêt
à ce que soit établie la vérité historique. Il se limite à présenter ce qui sera favorable à
son client ou du moins ne lui fera pas de tort. Quant au parquet, il ne faut pas oublier
que son représentant est un fonctionnaire, dépendant du pouvoir politique en place. Ces
gens-là se nourrissent pour ainsi dire en permanence d’une condamnation du régime qui
ne s’est installé que par la grâce des forces d’occupation, après la chute du Reich. Les
magistrats du parquet acceptent, sans la moindre réticence, l’arrière-plan historique tel
qu’il a été déterminé par les hommes qui, dans l’ombre, ont incité à ces procès dans un
but purement politique. Nous en arrivons là à une particularité propre à la magistrature
du parquet qui existe seulement dans les procès contre les « nazis ».
Autre point troublant : la mort suspecte de Richard Baer, dernier commandant
d’Auschwitz, mort survenue juste avant sa comparution, quand on sut qu’il ne parlerait
pas des « chambres à gaz ».
Et Stäglich de résumer avec amertume : « C’est ainsi qu’on a rendu et qu’on rend
la justice en Allemagne ». Il conclut :
[…] Cette manière de déterminer le verdict rappelle de la façon la plus
pénible la procédure utilisée dans les procès de sorcellerie d’autrefois. À cette
époque aussi, comme chacun sait, le crime n’était que « présumé », parce qu’il
était au fond impossible à prouver. Même les juristes les plus éminents de ce
temps-là […] soutenaient que, dans le cas de « crimes difficiles à prouver », on
pouvait renoncer à établir la matérialité objective du fait si la «présomption»
plaidait en faveur de son existence. Quand il s’agissait de prouver qu’il y avait
eu commerce charnel avec le diable ou que tel emplacement était un lieu de
sabbat ou autres sornettes, les juges de cette époque se trouvaient exactement
dans la même situation que nos magistrats «éclairés» du vingtième siècle face
aux chambres à gaz. Ils étaient obligés d’y croire sous peine de finir eux-

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47 Le Mythe d’Auschvitz, op. cit., p. 317 (édition française).

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mêmes sur le bûcher ; ce fut le même dilemme, bien que transposé, pour les
juges de la cour d’assises de Francfort appelés à se prononcer sur Auschwitz.
(48)

DES LOIS D’EXCEPTION CONTRE LES RÉVISIONNISTES

L’extermination des Juifs d’Europe par les Allemands entre 1941 et 1945, alléguée
par les organisations juives, admise par les pays d’Occident qui ont presque tous fini par
se la voir imposer comme vérité d’Etat (comme on dirait religion d’Etat), n’a pu
matériellement avoir lieu. Il s’agit là d’une conclusion fondée scientifiquement sur un
faisceau concordant de preuves : parmi les centaines de milliers de documents
d’archives en notre possession, on est frappé par l’absence totale de directives ou
documents allemands à propos d’une mise en oeuvre de mesures d’extermination.
L’absence de pièces faisant référence à d’éventuelles directives en ce sens, l’analyse des
témoignages, des dépositions à divers procès, des nombreux documents dont nous
disposons, des conclusions des chercheurs impartiaux sur le sujet (c’est-à-dire
suffisamment honnêtes pour n’avoir aucun intérêt à la propagation d’affirmations sans
preuves), de l’analyse des flux et reflux de populations et, enfin, des rapports
scientifiques d’expertises (des locaux et des processus invoqués) qui concluent tous à
l’impossibilité matérielle de la mise en oeuvre d’un tel processus ne peuvent que
renforcer notre incrédulité.
Et pourtant le summum de l’imposture est encore à venir. Le voici.
Non seulement il faut croire, sans aucune preuve et même avec la preuve du
contraire, que six millions de juifs sont morts du fait des Nazis, dont une grande partie
dans des abattoirs humains fonctionnant avec un insecticide, mais encore on en est venu
à instituer des lois spéciales dans presque tous les pays occidentaux afin de punir par la
prison, par l’amende ou par l’interdiction professionnelle ceux qui émettent
publiquement des doutes sur le sujet.
Il s’agit donc bien d’une croyance de type religieux. Qui s’aviserait en pays d’Islam
de contester publiquement l’existence d’Allah, l’authenticité du Coran ou le caractère
sacré de la Mecque ? Qui s’aviserait de ricaner devant le Mur des Lamentations ? Que
serait dans ce cas la sentence «unanime» ?
Qui dit croyance religieuse dit hiérarchie religieuse, avec ses privilèges, ses rites
et ses sites, ses grands prêtres, son Inquisition, ses excommunications, ses fulminations.

LE SCANDALE D’AROLSEN-WALDECK

Arolsen, petite ville d’Allemagne du Nord, dans l’ancien Waldeck, est le siège d’un
grand bâtiment, centre de recherches qui contient des informations capitales.
C’est en effet à Arolsen que se trouve le Service international de recherches sur les
victimes des camps de la dernière guerre et essentiellement des camps nationauxsocialistes.

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48 W. Stäglich, Le Mythe d’Auschwitz, op. cit., (édition française, p. 382-383)

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Outre sa fonction, naturelle, de recherche systématique, ce centre est chargé, face
aux éventuelles demandes de recherche ou d’indemnisation de familles de disparus, de
vérifier leur concordance avec les multiples fiches d’état civil et autres listes
nominatives : listes nominatives de convois de déportés, tant au départ qu’à l’arrivée,
listes internes aux divers camps allemands, listes de détenus transférés, registres
d’infirmeries des camps, registres des morts de ces mêmes camps, autres listes de
détenus. Un des aspects importants de l’activité de ce centre est la confrontation des
données dont il dispose avec les réclamations ou les recherches nominatives concernant
tel ou tel disparu.
On peut s’en étonner mais ce Service, bien que situé en territoire allemand et placé
sous la tutelle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de Genève, est sous
souveraineté « alliée » et… israélienne. Il comporte une proportion élevée de juifs dans
son équipe de direction. De même qu’est d’origine juive le responsable du très officiel
Institut de recherche d’histoire contemporaine de Munich. De même que la responsable
du camp-musée de Dachau. De même que le responsable du camp-musée d’Auschwitz
actuel et ses prédécesseurs.
Les informations et les statistiques dont dispose en abondance le centre d’Arolsen
sont, on s’en doute, d’une importance capitale. Car elles sont la clé ultime : c’est là qu’il
est patent qu’un holocauste a eu lieu ou n’a pas eu lieu. En effet, puisque les droits à
pension sont logiquement liés, pour les ayant-droits, à un passage au crible d’Arolsen,
on va pouvoir, disposant des statistiques et des résultats nominatifs, cerner par ce moyen
le nombre total des victimes des camps allemands. J’envisageais donc de me rendre à
Arolsen. Mais le professeur Faurisson me rappela à la réalité.
Il se gaussa de ma naïveté en cette affaire. Les données d’Arolsen, plus de 55 ans
après la fin de la guerre, sont toujours tenues rigoureusement secrètes. Elles sont encore
et toujours interdites d’accès aux chercheurs, quels qu’ils soient. De crainte de fuites
dévastatrices. On a compris qu’en effet Arolsen détient les chiffres les plus approchants,
la vérité en somme, sur l’ampleur du nombre des victimes de la « barbarie nazie », et
surtout avec des listes nominatives vérifiées. Le professeur me convainquit qu’il ne
serait pas possible, autrement que par ruse, d’avoir accès aux données d’Arolsen. Charles
Biedermann, le directeur du centre d’Arolsen, cité par la défense au procès Zündel
(Toronto, avril 1988), n’avait pas consenti devant le tribunal canadien à dévoiler le
nombre de décès dûment répertoriés qu’il détenait pourtant. « Il serait prématuré de
donner ces chiffres », fut sa réponse éhontée à la demande expresse de Robert
Faurisson, assistant d’Ernst Zündel au procès en question. On a bien entendu :
prématuré. En 1988 on était pourtant à 43 ans de la fin des hostilités !
Toutefois, les révisionnistes sont gens obstinés, patients, rusés quand il le faut, et
surtout ils sont, dans leur ensemble, armés d’outils bien affûtés.
Pour authentifier un décès de prisonnier en camp de concentration, il faut disposer
d’informations fiables et concordantes : preuve de la déportation (liste d’époque
afférente à un convoi donné) et mention chronologique sur une liste des décès du camp
(d’après ces Sterbebücher qui étaient méticuleusement tenus par l’administration des
camps, connus, pour Auschwitz, quasiment en totalité). Ces listes, quand on en dispose,
sont précieuses en ce qu’elles rassemblent, outre les noms, prénoms et dates des décès,
des données d’état civil concernant la personne, son pays d’origine, son ethnie ou sa
religion. Mais qu’advient-il d’une demande de recherche concernant une personne ne
figurant ni sur une liste d’entrée, ni sur une liste de décès, ni sur une liste
« intermédiaire » (liste de prisonniers transférés d’un camp à un autre, liste isolée de
membres d’un Kommando de travail interne à un camp, …) ? Un témoignage isolé par
exemple ne saurait ici être probant. Et des prisonniers décédés dans un camp dont les

archives ont été perdues ont pu n’être « réclamés » après-guerre par aucun proche
existant. Ceux-là vont échapper au crible d’Arolsen. C’est bien pour cela que les chiffres
d’Arolsen sont en quelque sorte des chiffres par défaut et Arolsen ne peut prétendre,
comme le croient parfois certains, donner le chiffre de la totalité des décès en camps de
concentration. Ce centre a établi un nombre de décès authentifiés par lui avec certitude
face au total des demandes nominatives de personnes disparues. Après examen des
archives soviétiques, cachées jusqu’ici pour un certain nombre d’entre elles jusqu’à
l’effondrement de l’URSS (ce qui d’ailleurs n’a pas fait notablement varier le nombre de
victimes auquel avait abouti Arolsen avant cela), le nombre total de victimes
« réclamées » dont les demandeurs ou les ayant-droits ont des raisons de penser qu’elles
ont pu décéder dans des camps de concentration hitlériens, toutes origines ou ethnies
confondues, est de 396.081 (arrondissons à quatre cent mille), selon les derniers chiffres
en notre possession. C’est là le total des fiches nominatives « entrées » à Arolsen. Parmi
ces noms-là, Arolsen a pu authentifier les décès de 291.594 peronnes (arrondissons à
trois cent mille), toutes origines confondues.
L’intérêt majeur des chiffres d’Arolsen vient de ce qu’ils sont établis selon une
démarche qu’on peut qualifier de révisionniste en ce sens qu’ils sont arrêtés à partir de
recherches documentaires croisées sur documents d’origine. Une remarque capitale à
propos des chiffres-résultats d’Arolsen : au cours du temps, ils se sont stabilisés, et ne
varient plus que de façon mineure. La révélation des archives de l’ex-URSS après 1991
n’a pas non plus apporté de modification significative du nombre des décès authentifiés.
On comprend alors pourquoi la publication ouverte de ces chiffres serait dévastatrice.
On imagine l’effroi qui saisit les autorités en charge de la version officielle des six
millions de victimes juives à l’idée des conclusions logiques et imparables que la
recherche révisionniste pourrait tirer des chiffres d’Arolsen. À coup sûr, c’est là qu’il
faut trouver la raison de la suppression par les autorités du Centre de recherches
d’Arolsen, en 1978, de son Historische Abteilung (département d’histoire).
En effet, en partant des chiffres certifiés par Arolsen, le nombre des décès
authentifiés des détenus d’origine juive, morts dans tous les camps hitlériens pour toute
la période 1933-1945, et pour toutes raisons, peut être estimé à un total à coup sûr
inférieur à 200.000 (car deux cent mille morts juifs supposerait un pourcentage bien trop
élevé, de 2/3 de juifs, dans le total des détenus des camps).
Deux cent mille décès authentifiés de juifs, au maximum, dans tous les camps
allemands, pour toute la durée de la guerre. Voilà ce dont on est certain, a établi le
Centre de recherches d’Arolsen, même si ce même centre refuse obstinément d’en
publier le chiffre. Il est patent que nombre d’autres personnes d’origine juive sont aussi
mortes, et pour d’autres raisons, entre 1941 et 1945, ailleurs que dans les camps de
concentration : celles qui ont pu avoir été tuées dans les villes allemandes bombardées
sans relâche, celles décédées hors des camps par privations de toutes sortes. Mais la
mort de ces juifs-là ne différa pas de celle qui fut le lot de bien d’autres victimes non
juives de la guerre européenne.
Ce chiffre, répétons-le, même non exhaustif comme nous venons de le voir, est
dramatiquement inférieur aux allégations sans fondement des organisations juives.
Parallèle dévastateur, il est de l’ordre du nombre des victimes allemandes en deux jours
du seul bombardement de Dresde par les Alliés en février 1945…
Qu’un centre officiel, sous tutelle de plusieurs gouvernements, se refuse à publier
le résultat de ses recherches, constitue un véritable acte de forfaiture à l’égard de la
recherche historique. Nous avons droit à la vérité, partielle ou non. Le chiffre authentifié
des décès dans les camps de concentration ne peut rester caché autrement que par une
volonté d’obstruction de la vérité, de la part des autorités officielles. Ceci nous amène à

constater que ces mêmes gouvernements, dans ce que j’ose appeler un consensus
pervers, ont estimé avoir intérêt à tenir ces chiffres sous le boisseau, et se comportent
comme de véritables receleurs. Un jour prochain, prenons-en le pari, Arolsen devra
livrer ses chiffres. Avec pièces justificatives. Justificatives, et nominatives.
Winston Churchill, le général Eisenhower, le général de Gaulle, ont rédigé après
la guerre leurs Mémoires. (49) Dans aucun de ces volumineux ouvrages, il n’est fait
allusion à un quelconque massacre par asphyxie collective dans les camps de
concentration allemands. Autrement dit, ces trois personnages-clés du conflit, chefs de
gouvernements et chefs de guerre, par là même informés aux meilleures sources et qui
auraient pu offrir un témoignage capital, ne soufflent mot d’un crime qui eût été d’une
ampleur et d’une singularité sans précédent. Il en est de même des rapports réguliers de
la Croix-Rouge ; le CICR était admis à visiter les camps de concentration et ne s’en
priva pas, pendant toute la durée du conflit : dans ses rapports, jamais aucune mention
de « chambres à gaz », sinon comme d’une rumeur. Une délégation de la Croix-Rouge
visita ainsi le camp d’Auschwitz-Birkenau en septembre 1944, et expliqua dans son
rapport qu’elle n’avait pu trouver de preuve pouvant confirmer les rumeurs dont on lui
avait fait part. (50) Il en est encore de même du Vatican, qui fut pourtant
remarquablement informé pendant toute la durée de la guerre.
Les tenants de l’extermination, comme en désespoir de cause, objectent encore
que les unités qui se nommaient Einsatzgruppen (« Groupes d’intervention ») se sont
livrées à des exécutions sommaires de nombreux francs-tireurs et partisans (souvent
juifs et encadrés par des juifs, commissaires du peuple). Il est avéré que ces
Einsatzgruppen avaient bien pour mission de sécuriser l’arrière de la Wehrmacht en
URSS, par «nettoyage» des partisans notamment, que nombre de ceux-ci étaient en effet
juifs, que le commandement allemand de ces Einsatzgruppen pouvait ne pas se sentir lié
par les lois de la guerre puisque l’URSS n’avait pas adhéré à la convention de Genève
sur le traitement des prisonniers, et que de toute façon le principe de représailles est
admis à l’encontre de francs-tireurs ou partisans. Mais là encore, des études sérieuses
ont été menées sur l’action de ces mêmes Einsatzgruppen, dont on a notamment les
ordres du jour. Les « aveux » des hauts responsables de ces unités, Oswald Pohl et Otto
Ohlendorf notamment n’ont que bien peu de valeur, car ils ont été obtenus sous la
torture. (51) Et même si on admettait pour véridiques (Ohlendorf « donna » le chiffre de
90.000 exécutions) ces chiffres extorqués sous la torture, ils ne seraient pas de nature à
infléchir la conclusion qu’il n’y a nullement eu d’holocauste, ou de génocide, ni même de
tentative de génocide des juifs européens.
Si c’était le cas, comment faudrait-il alors qualifier la mort non naturelle
entre 1939 et 1948 de plus de 14 millions de civils et militaires de nationalité
allemande ? (52)

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49 W. Churchill (1874-1965), The Second World War, 1948-1954 ; général Eisenhower (1890-1969), Crusade in
Europe, 1948; général de Gaulle (1890-1970) Mémoires de Guerre, 1954-1959.
50 Documents sur l’activité de la Croix-Rouge en fàveur des civils détenus dans les camps de concentration en
Allemagne – 1939/1945, 2e éd., Croix-Rouge, Genève, juin 1946, p. 91-92.
51 Oswald Pohl fut martyrisé pendant plus d’un an, entre mai 1946 et son « procès » du 3 novembre 1947 devant un
tribunal militaire américain : pour en extorquer des « aveux », ses bourreaux (des « conseillers » américains d’origine
juive) lui faisaient notamment de profondes entailles dans la chair, sur lesquelles ils versaient du sel. Voir Prominente
ohne Maske, FZ-Verlag, Munich, 1998. Ceci fut révélé à la presse américaine le 20 mai 1949 par le sénateur Mac
Carthy.
52 Le nombre des morts ressortissants du IIIe Reich (Allemands, Autrichiens, Volksdeutsche) de la seconde
guerre mondiale est un sujet délicat qu’en Allemagne même il n’est pas de bon ton de rappeler ou de révéler. Car il
montre que l’Allemagne, parmi tous les belligérants européens, est le pays qui a subi proportionnellement et de loin,
le plus de pertes en vies humaines. Les évaluations (voir notamment : Erich Kern, Verheimlichte Dokumente,
Munich, FZ-Verlag, 1988 ; Heinz Nawratil, Schwarzbuch der Vertreibung 1945 bis 1948, Munich, Universitas,
1999 ; Claus Nordbruch, Der deutscbe Aderlaß, Tübingen, Grabert-Verlag, 2001 ; l’ouvrage bien documenté de

Wolfgang Popp, Wehe den Besiegten !, Tübingen, Grabert, 2001) dépassent les quatorze millions de victimes
allemandes (civils et militaires) :
1/ victimes (essentiellement des civils) des bombardements de terreur alliés sur les villes allemandes : au
moins 650.000 ;
2/ victimes militaires (morts au combat ou victimes de partisans, « manquants » jamais revenus) : 4.800.000 ;
3/ victimes de la Vertreibung [expulsion] de 1945 à 1948: (1. Allemands des terres de l’Est: 2.230.000 ; 2.
Allemands de la Volga et autres : 350.000 ; 3. Allemands, mais non nés à l’Est: 220.000 ; en tout: 2.800.000 ;
4/ « morts pour raisons diverses » (dont famine organisée, de 1945 à 1949) militaires, dans les camps alliés, et
civils allemands dans les 3 seules zones « occidentales » d’occupation : 5.700.000 (voir James Bacque, Morts pour
raisons diverses) ;
5/ autres (morts en camps de concentration russes – jusqu’en 1955 – et en « RDA » occupée, et dans les camps
polonais, tchèques ou yougoslaves, après mai 1945) :1.430.000.

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YAD VASHEM

En janvier 2001, à l’invitation de proches basés à Amman en Jordanie, un couple
de mes amis avait souhaité visiter Petra, la mer Morte, Aqaba et divers sites grecs et
romains de la Décapole. Ils sont accueillis comme prévu, à 2 h du matin, à leur descente
d’avion. Ils roulent vers la capitale jordanienne distante d’une quarantaine de kilomètres.
Leur hôte leur fait savoir qu’en raison d’un contre-temps il sera trop occupé dans
l’immédiat pour se consacrer à leurs projets communs, qu’il propose de différer de
quatre jours. En attendant, il leur suggère de se rendre, seuls, en Israël. Le lendemain,
les amenant au pont Allenby, passage le plus proche pour Israël, il leur conseille de
loger pour trois ou quatre nuits au sein de la vieille ville de Jérusalem, dans un couvent
chrétien par exemple ; après quoi ils n’auraient qu’à prendre au retour un taxi collectif
jusqu’au même pont Allenby où il enverra un taxi. Le soir même, ils se retrouvent à
Jérusalem, et, pour une première nuit, « entrent au couvent » près de la via Dolorosa.
Ils passent la journée du lendemain dans les quartiers anciens de Jérusalem. Ils en
visitent le quartier chrétien. Ils se rendent au Mur des lamentations, par la partie arabe.
Ils observent les quartiers populaires palestiniens où la foule est quadrillée comme à son
insu par de jeunes juifs « banalisés musulmans » (les Mistavrazim), armés et munis de
discrets téléphones portables, tandis que des caméras omniprésentes et haut situées ne
laissent aucun angle mort pour les observateurs israéliens postés dans quelque centre de
supervision.
Le Guide du Routard signale qu’il ne faut pas manquer la visite de Yad Vashem, à
quelques kilomètres à l’ouest de Jérusalem. J’avais également conseillé cette visite à mes
amis. Deux jours après leur arrivée à Jérusalem, ils se rendent donc à Yad Vashem, par
l’autobus. Après dix minutes de marche, ils atteignent le musée-mémorial. Ils en visitent
les différentes parties, le jardin des Justes, la crypte avec la flamme, le bâtiment
émouvant avec ses milliers de petites étoiles qui vous entourent dans une semiobscurité,
des salles à thèmes, des bâtiments en travaux. Ils retournent au bâtiment
principal, dans le hall d’accueil. Des ouvrages présentés comme importants y sont
exposés sur un long comptoir. Bien en vue, disponible en trois langues, un ouvrage tout
récent, intitulé Les Profanateurs de la Mémoire ; l’auteur s’inquiète de l’argumentation
révisionniste (« négationniste », dans le jargon), jugée susceptible de troubler des gens
qui, a priori, ne sont pas nécessairement antisémites. Mes amis en acquièrent un
exemplaire en langue française. (53)

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53 Ephraïm Kaye, Les Profanateurs de la Mémoire / Faire face au Négationnisme, Yad Vashem, 2000. Cet ouvrage,
d’une extrême indigence argumentaire, ose passer sous silence les expertises et rapports scientifiques de Fred
Leuchter, Germar Rudolf, Walter Lüftl, John Ball, etc.

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Puis, l’homme se décide enfin à poser une question au responsable de cette salle
d’accueil. Esprit curieux, il souhaite « pour sa documentation personnelle, obtenir des
photos d’origine de ces chambres à gaz ayant fonctionné dans les camps de
concentration nazis ». À l’appui de sa demande, et de crainte que sa question trop directe
ne soit prise pour une impertinence, il se permet de faire savoir au responsable que les
Soviétiques, quand ils investirent le camp d’Auschwitz-Birkenau sans coup férir en fin
janvier 1945, auraient, forcément, trouvé de telles chambres à gaz en état d’origine
puisque le camp venait d’être évacué quelques jours auparavant par les troupes
allemandes. Par définition, ces installations en béton n’avaient pu être évacuées. Les
Soviétiques ont alors dû prendre de nombreuses photos de toutes les installations, et,
parmi celles-ci, sûrement des photos de telles chambres à gaz, ou, à la rigueur, des
vestiges de celles-ci, abandonnées depuis quelques jours par les Allemands.
La question semble désarçonner le jeune homme préposé au comptoir : « Vous
avez dit des photos de chambres à gaz ? Attendez, je vais voir mon supérieur ». Le
couple craint l’incident. Un barbu de complexion rouquine arrive, et leur déclare :
« Nous avons une photo de l’intérieur d’une chambre à gaz elle se trouve dans
l’Encyclopédie de l’Holocauste que voici ». Il désigne du doigt un gros ouvrage en
anglais, dans le haut de la vitrine.
Notre touriste s’en saisit, et à la lettre G, sous l’entrée Gas Chambers, il découvre
une courte rubrique d’une quinzaine de lignes, qui évoque l’utilisation systématique par
les nazis de chambres à gaz d’exécution ; ces lignes s’accompagnent de la photo… d’une
vaste salle de douches du camp de Majdanek ! On distingue nettement les douches avec
le caillebotis et deux fenêtres vitrées laissant inonder de lumière la salle de douches.
Une légende explique qu’il s’agit d’une salle de douches factice, pour que les détenus
abusés, après s’être déshabillés sans méfiance, soient en fait asphyxiés par le gaz sortant
des pommes de douche (!) (54)
Quel n’est pas son étonnement : on avait expliqué jusqu’ici que les détenus, après
avoir été poussés de force et en grand nombre dans une pièce aveugle et cimentée, y
étaient asphyxiés par le gaz qu’émettaient des plaquettes ou cristaux de Zyklon déversés
par des orifices pratiqués dans le plafond du local, et voilà que maintenant on explique à
Yad Vashem que les victimes étaient tuées par du gaz circulant dans des tuyaux de
douche. Où sont donc passées ici les plaquettes, les cristaux ? Quel est ce nouveau gaz
pour les tuyaux de douche ? Et surtout, étant plus léger que l’air, l’acide cyanhydrique,
sous sa forme gazeuse, devait donc monter au plafond en sortant des pommes de
douche.
Comment croire à pareilles sornettes ? La vie dans les camps de concentration n’at-
elle pas été suffisamment éprouvante pour qu’on n’aille pas inventer, au surplus, de tels
récits qui heurtent le sens commun ?

LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ SUR 1941-1945 EST-ELLE
UN COMBAT POUR LE PASSÉ OU POUR L’AVENIR ?

Je tiens pour un crime contre l’esprit et une insulte à la dignité de tous
l’interdiction, qui nous est signifiée par la loi, d’ouvrir un débat de fond sur le sujet des
camps de concentration allemands de la dernière guerre.

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54 Cette habitude répétée de prendre les gens pour des simples d’esprit se retrouve par exemple à l’Holocaust Museum
de Washington qui ne craint pas de montrer la « porte d’une chambre à gaz », alors qu’il s’agit, tout simplement, à
Majdanek, de la porte… d’une unité de désinfection de vêtements !

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Le citoyen français jouit, en principe, du droit à la liberté de recherche et du droit
à la liberté d’expression. Il me paraît indigne de devoir soutenir sans preuves
l’accusation portée contre l’Allemagne d’avoir mis à mort des millions d’êtres humains
dans de prétendues « chambres à gaz » dont il n’existe aucune trace, ni archéologique ni
documentaire, et cela d’autant plus que des expertises scientifiques incontestablement
sérieuses, concordantes et non démenties, ont démontré, de façon convergente,
l’impossibilité radicale d’existence et de fonctionnement de ces abattoirs chimiques aux
endroits où les « affirmationnistes » prétendent les situer.
L’argument selon lequel l’existence d’un consensus quasi général pour condamner
le régime hitlérien ôterait tout sens à un tel débat est fallacieux.
Aucun pays, aucun groupe humain, ethnique, philosophique, politique ou
religieux n’a le droit, par une propagande mensongère organisée et par des accusations
sans preuves et sans documents, d’accuser le peuple allemand de millions d’assassinats
dans des installations introuvables (et par ailleurs reconnues comme impossibles à
mettre en oeuvre). Aucun de ces pays ni aucun de ces groupes n’est autorisé à persécuter
ceux qui, à ce sujet, posent des questions et apportent des réponses. Enfin, cette
accusation et cette persécution sont d’autant plus inadmissibles qu’elles s’accompagnent
d’une exploitation financière du peuple qu’on a ainsi mis au ban de la société des
nations.
Des personnes éclairées et « bien intentionnées » me diront :
Mais à la fin, pourquoi insister si fort ? Il est évident, à présent, et nous en
sommes convaincus par le formidable appareil de recherche révisionniste, qu’il n’y
a bien sûr jamais eu d’« Holocauste » des juifs. Les honnêtes gens tout comme les
spécialistes ne peuvent qu’en convenir. Les « chambres à gaz » sont une
fantasmagorie « orientale », un conte fabuleux des Mille et Une Horreurs, une
réponse talmudique à l’oppresion d’un monde concentrationnaire organisé par des
Allemands férus de technique mais à la fin acculés à une épouvantable pénurie
alimentaire et logistique jusque dans ces mêmes camps, devenus pour le coup des
camps où la mort rôdait !
« Holocauste », dites-vous ? Mais enfin, quand comprendrez-vous qu’il n’y a
pu avoir un pareil mensonge, une pareille escroquerie, que parce que l’Allemagne
a perdu la guerre ? Le vaincu a toujours tort. Même et surtout s’il a été vaincu à un
contre dix. Dans cette guerre perdue, il y a eu également l’absence, chez les Alliés,
d’esprit de chevalerie, ce qui ne saurait nous surprendre de la part de vainqueurs
qui se sont conduits en fieffés criminels de guerre à Katyn, à Dresde, à
Gumbinnen, à Hiroshima et à Nagasaki. Il en a découlé, comme inéluctablement,
cette horrible accusation sans preuves, imposée à Nuremberg par un simulacre de
procès organisé par les mêmes vainqueurs (pour pouvoir tuer « légalement » les
dirigeants vaincus et terroriser ainsi la population allemande), ou du moins sans
autres preuves que des affirmations haineuses et grotesques, fabrications imposées
ensuite par une terreur médiatique sans cesse renforcée. Jusqu’à l’implosion finale,
qui ne manquera pas d’intervenir.
Mais pourquoi emboîter le pas aux révisionnistes, qui risquent de passer
pour des nostalgiques de la revanche ? Une explosion d’antisémitisme ne risque-telle
pas de surgir avec le révisionnisme triomphant ? Ne peut-on rien trouver de
mieux que d’être pour le coup aussi antisémites qu’eux sont anti-allemands et antieuropéens
? Pourquoi ne pas être simplement sages et laisser aux historiens seuls,
dans des ouvrages sérieux et dépourvus de toute polémique blessante, le fin mot

de cette horrible histoire ? Ainsi les braises et cendres encore brûlantes de cette
période pourront-elles refroidir.
À quoi je répondrais : occulter sciemment la vérité de peur d’être catalogué
comme antisémite n’est qu’un faux-fuyant. C’est faire la part belle aux terroristes de la
pensée. Les conclusions révisionnistes sont honnêtes, scientifiques et raisonnées. Ceux
qui pensent que les révisionnistes sont inspirés par l’antisémitisme et cherchent à se
venger sont-ils sincères ? Ne sont-ils pas, en fait, surtout dérangés par la lumière que le
révisionnisme projette crûment et d’un seul coup dans les ténèbres ? Ont-ils peur ? Du
révisionnisme on a dit qu’il constituait la plus grande aventure intellectuelle de la fin du
XXe siècle. Serait-il, en outre, l’unique catalyseur d’une renaissance de l’Occident, sa
seule chance de survie ?

POUR L’AVENIR

Mon père est donc tombé, comme on dit, pour ses idées, Il a été la victime d’une
double propagande de haine : celle que suscitaient les appels au meurtre contre
l’occupant, et celle que l’occupant, à son tour, éprouvait contre le franc-tireur. Je refuse
de croire qu’il ait donné sa vie pour que les vainqueurs de la dernière guerre civile
européenne répandent contre le vaincu une calomnie cruelle, aux retombées politiques
et financières des plus sordides. Par notre combat présent pour la vérité historique, par
des recherches inlassables et surtout par des découvertes qui se révèlent si dérangeantes,
nous pourrons remettre l’histoire à l’endroit. L’Occident, et notre pays, sont tombés si
bas qu’on a contraint la justice à protéger le mensonge et à punir ceux qui s’interrogent
sur des crimes allégués ou ceux qui les contestent avec les arguments de la science. Il
s’agit là d’une terreur judiciaire inadmissible.
Les révisionnistes usent de preuves et on ne leur réplique que par des menaces,
des incantations ou des gémissements. On les jette en prison, on les accable d’amendes.
On brise leur vie.
À l’aube du troisième millénaire, un débat international réunissant historiens,
chercheurs et scientifiques, s’impose pour répondre notamment aux expertises
révisionnistes. Toutes ces expertises ont conclu à l’impossibilité radicale de l’existence
et du fonctionnement des « chambres à gaz nazies ». Jusqu’à présent les tenants de la
vérité officielle ont fui ou refusé ce débat et ils ont cherché refuge dans la force injuste
d’une loi de circonstance.
Le temps est venu d’abandonner les subterfuges, de jeter les masques, de renoncer
à la force et d’affronter les risques d’un vrai débat en pleine lumière.
Il y va de la simple justice des hommes.

 

ÉPILOGUE JUDICIAIRE
Article de Libération
Les négationnistes témoignent de leurs obsessions à la barre
Le tribunal de Lyon jugeait hier un des disciples de Robert Faurisson.
par Olivier BERTRAND QUOTIDIEN : mercredi 30 novembre 2005
Lyon de notre correspondant
Robert Faurisson a vieilli. L’ancien universitaire lyonnais, négationniste de la première
heure, a aujourd’hui 76 ans, une couronne de cheveux blancs à l’arrière du crâne et la voix
aigrelette d’un vieillard. Il n’a en revanche rien perdu de ses obsessions. Hier, le tribunal
correctionnel de Lyon lui a offert une tribune inespérée. Faurisson devait témoigner au procès
d’un ancien conseiller régional FN poursuivi pour contestation de crime contre l’humanité. Il en
a profité pour nier une nouvelle fois l’existence des chambres à gaz faites pour tuer.
Délires. L’audience concernait Georges Theil, un homme de 65 ans moins malin que Faurisson
et déjà condamné à deux reprises pour ses délires négationnistes. Le dernier jugement, dont il a
fait appel, lui a infligé six mois de prison ferme, sans le calmer pour autant. L’affaire qui le
conduisait hier à la barre risque à nouveau de lui valoir des soucis lourds.
Le 14 octobre 2004, dans les couloirs du conseil régional Rhône-Alpes, où il travaillait pour le
groupe FN après avoir été conseiller régional six ans, Theil avait réagi devant des journalistes
aux propos ambigus tenus quelques jours plus tôt par Bruno Gollnisch, président du groupe FN,
au sujet des chambres à gaz (1). Le collaborateur s’était d’abord félicité de la «décision sage» de
son leader de «s’attaquer à un tabou majeur». Puis, moins sibyllin que Gollnisch, il avait
affirmé que les chambres à gaz n’étaient que des «autoclaves de désinfection». Devant le
tribunal, il a enfoncé la pointe négationniste, croyant convaincre le tribunal, un index levé. Il a
parlé des «dizaines de milliers de morts» (sic) dus à la «foudroyante du typhus», à des
«maladies comme la dysenterie» ou à des «travaux pénibles et la férocité des gardiens». Mais
il a été affirmatif. «Je conteste l’existence d’installations mortifères.» Pour le prouver, il a fait
citer son maître, Faurisson. Alain Jakubowicz, avocat de la Licra, a demandé au tribunal de
refuser l’audition de «ce chef de file d’une poignée d’illuminés». Selon lui, «entendre Robert
Faurisson sur Georges Theil reviendrait à demander à Marc Dutroux son avis sur Francis
Heaulme».
Le tribunal ne l’a pas suivi, même si le président a promis de cadrer l’intervention de Faurisson.
En vain. Le vieux négationniste a jubilé à la barre. De la personnalité de Theil, il n’avait pas
grand-chose à dire. «Sur les propos qu’il a tenus, je lui donne toute mon approbation. C’est un
homme honnête», a-t-il doctement commenté. Avant d’infliger au tribunal trois quarts d’heure
de négationnisme. Chaque question d’Eric Delcroix, l’avocat de Georges Theil, l’a invité à
détailler une «preuve» de l’«inexistence» des chambres à gaz. Puis l’ancien professeur a ponctué
: «Ce que disent les révisionnistes, ce n’est pas seulement que les chambres à gaz n’ont pas
existé. C’est qu’elles n’ont pas pu exister.» Embarrassé, le président a abrégé l’intervention, et
Faurisson a suivi le reste du procès depuis le premier rang, un large sourire aux lèvres.
Ricanements. Les incidents ont été nombreux, avec une salle où se pressaient de nombreux
militants et quelques négationnistes comme l’éditeur Jean Plantin, plusieurs fois condamné. Le
président a expulsé une conseillère régionale FN et demandé aux amis de Georges Theil
d’arrêter de ricaner lorsque les avocats des parties civiles ont évoqué les millions de morts.
Bruno Gollnisch se tenait au premier rang, impassible. Le procureur a suggéré six mois de
prison ferme, plus une amende. Le tribunal rendra sa décision le 3 janvier.
(1) Le député européen doit être jugé pour ces propos, mais son procès, déjà reporté, a été hier renvoyé au
23 mai. Le Parlement européen doit d’ici là se prononcer sur son immunité.
Libération 30 novembre 2005.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=341398

SUITES
Aujourd’hui, 3 janvier, par jugement de la 6e chambre (presse) du tribunal de grande
instance de Lyon (président : Fernand Schir), Georges Theil, ancien élu du Front national, vient
d’être condamné pour « contestation » révisionniste, sur le fondement de la loi Fabius-Gayssot (13
juillet 1990). Devant la caméra d’un journaliste il avait tenu des propos sur l’impossibilité
technique de l’existence et du fonctionnement des chambres à gaz nazies.
Les peines sont les suivantes :
– Six mois d’emprisonnement sans sursis ;
– Amende de 10 000 E ;
– Paiement de la publication d’extraits du jugement dans Libération et dans Le Progrès (de
Lyon) ;
– Versement de 3 000 E à chacune des onze parties civiles ;
– Versement de 1 000 E de remboursement des frais de justice à chacune des onze parties civiles
;
– Paiement d’un droit de procédure de 90 E.
G. Theil, par l’intermédiaire de son avocat, Maître Eric Delcroix, va interjeter appel.
Je rappelle que, le 7 octobre 2005, par jugement du tribunal de grande instance de Limoges
(président : François Casassus-Builhé), le même G. Theil avait été condamné pour le même
motif de fond. En 2004, il avait envoyé à quelques personnes un exemplaire d’un opuscule qu’il
avait publié en 2002 sous le nom de Gilbert Dubreuil et intitulé : Un cas d’insoumission /
Comment on devient révisionniste.
Les peines avaient été les suivantes :
– Six mois d’emprisonnement sans sursis ;
– Interdiction d’exercer pendant cinq ans son droit d’éligibilité ;
– Paiement de la publication d’extraits du jugement dans Le Monde, Le Figaro, Le Populaire du
Centre et L’Echo de la Haute-Vienne ;
– Confiscation des scellés (c’est-à-dire des ordinateurs, livres et documents saisis par la police à
son domicile) ;
– Paiement à diverses parties civiles des sommes suivantes : 7000 E et 350 E + 1 E et 350 E +
1000 E et 350 E + 1000 E et 350 E + 1 E et 350 E ;
– Paiement d’un droit de procédure de 90 E.
G. Theil a commencé à verser de fortes sommes aux parties civiles. Il a, par l’intermédiaire de
son avocat, Maître Eric Delcroix, interjeté appel. La cause sera entendue le 3 février 2006
devant la cour d’appel de Limoges.
Je me permets de rappeler que les frais de publication judiciaire forcée dans un certain nombre
de journaux peuvent être particulièrement lourds. Quant aux divers frais entraînés par la
préparation de ces procès et leur tenue, je sais qu’ils ont été considérables.
J’apprends, en dernière minute, que le texte du jugement Schir serait d’une longueur,
exceptionnelle en pareil cas, de 48 pages.
Adresse de G. Theil : BP 50-38, 38821 GRENOBLE CEDEX 2
Robert Faurisson
3 janvier 2006.
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