Qui se souvient de Naji al-Ali, caricaturiste palestinien tué par le Mossad ?


Né en 1937 en Galilée, Naji al-Ali était un caricaturiste palestinien. En 1979, il fut le président de la Ligue des Caricaturites Arabes. En 1979 et 1980, il reçut le premier prix lors de l’exposition des caricaturistes arabes à Damas. Pour l’Association mondiale des journaux, il était l’un des plus grands caricaturistes du XXe siècle.
Durant la Nakba, ses parents avaient dû se réfugier au camp libanais de Ein-el-Helweh. Sa vie entière en fut marquée. Il est l’auteur de dizaines de milliers de dessins qui décrivent l’horreur israélienne. Selon lui ses caricatures étaient :

« l’expression des opprimés qui paient cher leurs vies, portant sur leurs épaules le fardeau des erreurs commises par les autorités. Tout ce qu’ils possèdent a été acquis avec peine, sous le siège constant de la dureté et de la cruauté. Ils luttent pour leur vie et meurent jeunes, ensevelis dans les tombes dépouillées. Ils sont toujours sur la défensive pour pouvoir vivre. Je vis avec eux dans les cachots, observant et brûlant à la pulsion de leurs cœurs, au flot du sang qui coule dans leurs veines. »

Naji al-Ali était le créateur d’un petit personnage nommé Handala, dont il disait : 
« Handala est né à l’âge de 10 ans et depuis son exil les lois de la nature n’ont aucune emprise sur lui. Il ne recommencera à croître que lors de son retour sur sa terre natale. Il n’est pas un enfant bien portant, heureux, serein et couvé. Il va nu-pieds comme tous les enfants des camps de réfugiés. » 

Handala

Le dessinateur fut atteint d’une balle dans la tête en juillet 1987 sur Eves Street, à Londres. Il succomba à ses blessures un mois plus tard. Il fut, selon Wikipédia, « le premier caricaturiste à être assassiné pour ses dessins ».
 

La police britannique arrêta un jeune étudiant palestinien, membre de l’ OLP, Ismail Hassan Saouane, après avoir trouvé une cache d’armes dans son appartement. Il fut condamné pour possession d’armes et d’explosifs. Pendant son interrogatoire, Saouane confessa qu’il travaillait pour le Mossad. L’Angleterre expulsa deux diplomates israéliens de la capitale londonienne. Le Premier ministre Margaret Thatcher ordonna la fermeture des bureaux du Mossad à Palace Green.