Charlie Hebdo : « Charlie Hebdo » n’aurait pas le droit d’exister en Israël


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Ce qui est foncièrement hypocrite c’est de venir en France, se la jouer liberté d’expression, en sachant pertinemment que dans sa propre entité scélérate une loi punissant l’offense aux sensibilités religieuses  existe ! La chutzpah, c’est connu, ne se donne aucune limite.

En Israël, une loi punit l’ »offense aux sensibilités religieuses ». Résultat : un magazine comme Charlie Hebdo ne pourrait pas voir le jour dans notre pays, écrit le dessinateur Ido Amin.

Après la prise d’otage de l’Hyper Cacher dans laquelle quatre Juifs ont été tués par Amedy Coulibaly, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rappelé aux Juifs de France qu’Israël était « leur foyer » et a annoncé sa volonté d’encourager l’immigration de juifs français en Israël.
« Mais si Wolinski [dont la mère état juive] était venu en Israël et avait ouvert un Charlie Hebdo ici, il aurait eu un problème », écrit le dessinateur israélien Ido Amin dans un texte publié par Haaretz. « En France, la liberté d’expression est considérée comme un droit universel. Mais en Israël, un hebdomadaire [comme Charlie Hebdo] ne pourrait pas exister, parce qu’une loi interdit ‘d’offenser les sensibilités religieuses’ ».
Loi anti-Wolinski
Il ne s’agit pas d’une loi contre la diffamation, l’obscénité ou le racisme, précise le dessinateur. « Il s’agit d’une loi bien précise, draconienne, une vraie loi anti-Wolinski. Elle interdit de représenter Moïse, Jésus ou Mahomet d’une façon qui risque de heurter les croyants. »
Le dessinateur précise qu’au fil de sa carrière, il n’a pas eu d’autre choix que d’apprendre à connaître les lois restreignant la liberté de la presse israélienne. « Quand j’ai commencé à dessiner, j’ignorais l’existence d’une telle règle », écrit-il. « Je l’ai découverte des années plus tard, quand ma caricature, publié dans un journal connu, critiquant la cérémonie des Kapparot – qui consiste à faire tourner un poulet vivant au-dessus de sa tête – s’est retrouvée au cœur d’un débat à la Knesset. »
Et de préciser qu’à l’époque, le ministre de la Police avait comparé son dessin aux caricatures publiées dans la publication nazie Der Stürmer, et qu’à la demande du ministre, son rédacteur en chef et lui ont été soumis à un interrogatoire. « Quelque temps après, j’ai été licencié du journal », raconte Ido Amin.
La loi réprimant l’offense aux sensibilités religieuses est un héritage du Mandat britannique dans la région. « Les Britanniques ont-ils raison ? Quand des groupes différents vivent côte à côte, est-ce que la considération à l’égard de nos voisins doit être plus sacrée que la liberté d’expression ? », interroge le dessinateur, avant de conclure : « Quoi qu’il en soit, ça fait bien longtemps que je ne gagne plus ma vie avec les dessins de presse. »