LE COMPLOT


 
Auteur : Virion Pierre
Ouvrage : Le complot
Année : 1969

En 1965, sur la demande de Pères conciliaires, paraissait une première édition de l’ouvrage « MYSTERE
D’INIQUITE » et, cela, afin de révéler au grand jour les projets des sectes en vue d’une transformation
radicale de l’Eglise.
En 1966 paraissait « BIENTÔT UN GOUVERNEMENT MONDIAL ? Une Super et Contre-Eglise ».
Les quatre éditions successives de ces deux livres montrent le succès et le retentissement qu’ils eurent dans
les milieux religieux comme dans les milieux politiques.
Depuis, les événements se sont précipités et chaque jour ils s’accélèrent. Comment s’y reconnaître
dans l’embroglio actuel ? L’arrivée au pouvoir d’un Nixon, la chute d’un de Gaulle, l’aggiornamento de
l’Eglise en pleine crise religieuse, remettent-ils en cause les prévisions de l’auteur ?
Au contraire, ces faits très récents confirment-ils ce qu’annonçaient les documents stupéfiants, rendus
publics par Pierre VIRION dès 1965 ? C ‘est la question que nous avons tenu à lui poser; il s’est fait un
devoir d’y répondre dans ces pages.
Avec prudence, Pierre Virion se défend de prophétiser : il se contente de citer des textes irrécusables
et de constater que la « Machine », conformément aux prévisions, poursuit inexorablement sa course.
Approchant de ses réalisations finales va-t-elle transformer le monde en un immense camp de planification
technocratique qui s’étendra de l’Orient à l’Occident ? Au contraire, va-t-elle éclater sous la pression
de ses divisions internes et transformer le monde en un champ de bataille sanglant et tragique ?
Les adversaires de Dieu sont au travail, leurs clameurs emplissent le monde ; or, c’est à la victoire
de l’Église sur les forces du mal que nous allons assister, mais à la suite de quelles convulsions ?
C’est avec grande reconnaissance que nous remercions Pierre Virion d’avoir fait le point, car un
homme averti en vaut deux. Mai 1969.

PRIÈRE DE LA VIERGE
Auguste Reine des cieux et maîtresse des Anges, vous qui avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission
d’écraser la tête de Satan, nous vous le demandons humblement, envoyez les légions célestes pour
que sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment
leur audace et les refoulent dans l’abîme.
Qui est comme Dieu ?
O bonne et tendre Mère, vous serez toujours notre amour et notre espérance.
O divine Mère, envoyez les saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi.
Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.
Cette prière est ainsi appelée « de la Vierge » parce quelle a été dictée par la Vierge elle-même le 13
janvier 1863 pour combattre et terrasser les puissances de l’enfer. Elle a été recommandée par PIE IX et
enrichie d’indulgences par LEON XIII et Saint PIE X.

I. DEUX REVOLUTIONS DANS UNE
CONVERGENCE DE DEUX REVOLUTIONS
Nous nous souvenons du succès de la semaine pour l’Unité, il y a onze ou douze ans de cela ; nous
nous rappelons aussi que, réunissant le Concile, Jean XXIII se proposait de réaliser ou du moins de hâter la

réalisation du désir de Pie XII d’entreprendre, pour la réunion des églises séparées, un effort d’unité d’ailleurs
souhaité par beaucoup dans les diverses confessions.
Aujourd’hui, nous lisons ceci :
« Les Eglises doivent disparaître pour que naisse l’humanité parce que le mot Eglise veut dire les
hommes surmontant leurs privilèges et constituant un seul peuple ».
Ces paroles sont du Père CARDONNEL interviewé par le « Nouvel Observateur » (4-11-68). Elles signifient
que l’humanité formant un seul peuple, bien planifié dans une internationale socialiste, constituerait
l’Eglise nouvelle et unique. Elles affirment implicitement l’identité de cette Eglise avec une Constitution
politique mondiale et postulent que le peuple rassemblé dans cette Eglise ne serait pas le peuple de Dieu.
Comment a-t-on pu substituer au projet apostolique des Papes une planification culturelle destructrice ?
Revenons en arrière. Il y a exactement quatre vingts ans, le Chanoine apostat Roca, porte-parole
des sociétés secrètes auxquelles il s’était affilié, dont il suivait assidûment les chefs : Stanislas de Gaïta,
Papus, Saint-Yves d’Alveydre, Oswald Wirth, voyait en la « divine synarchie » triomphante un vénérable aréopage,
« LE VRAI CONCILE OECUMENIQUE, TOUJOURS OUVERT, TOUJOURS TENU PAR LES PERES
CONSCRITS DE L’HUMANITE NOUVELLE » (Glorieux Centenaire – 1889, p. 372). En termes différents, la
même chose est décrite par Cardonnel et par le Chanoine Roca.
Quatre vingts ans pour arriver à cette rencontre, au point précis du programme fixé par les sectes !
Une telle maturation a-t-elle pu se produire au sein de l’Eglise sans le concours d’ennemis se glissant
à l’intérieur pour y gagner des partisans et y fomenter une révolution dont la finalité est sans
conteste politico-religieuse ?
Non. Ce à quoi nous assistons maintenant, cette autodestruction qui nous heurte et nous indigne,
n’est qu’un résultat, un premier résultat avant la grande « mutation » attendue. Mais la cause efficiente ? Mais
le but ? Faute de les dénoncer hautement, on dissimule les dimensions du drame qui dépasse encore de
beaucoup ses actuelles manifestations. Démasquer les auteurs occultes, étaler leur dessein, devient
une absolue nécessité pour mieux éclairer notre résistance et affermir notre volonté.
Il y a un complot. Il se développe sous les apparences d’un oecuménisme vanté par les voix de
la presse, de la radio et même de la chaire. Ce complot, l’apostat Roca en voyait exactement le sens dans la
dictature de la synarchie sur les intelligences, comparée à la victoire soudaine des trois cents soldats de
Gédéon (Glorieux Centenaire, p. 370). Il est le fait d’une minorité, mais la foule de ceux qui dans le monde
l’applaudissent et le suivent, se rendent-ils compte que cet oecuménisme n’est pas celui de l’Église de Jésus-
Christ, mais celui de l’Autre, visant pour y parvenir, à la domination temporelle des peuples ?
Il y a plus que convergence, il y a identité de but entre la révolution dans l’Église et la grande
politique internationale. Cette pseudo-église universelle à quoi l’on tend, ne serait que le support spirituel
d’un gouvernement mondial qui lui-même serait l’appareil pontifical et visible d’une nouvelle religion,
celle de l’humanité. Des textes le démontrent1. Trop de catholiques ne partagent ce point de vue qu’à la
manière d’un simple rapprochement d’idées, d’une construction intellectuelle. Mais si l’Église de Jésus-Christ
seule a le pouvoir de transcender les empires et les régimes sociaux dans l’espace et dans le temps, les
autres, au contraire, ont besoin, pour se réaliser, de vivre de structures temporelles, d’épouser des institutions
humaines. C’est ce que l’on cherche présentement. Il y a donc aussi convergence de moyens, convergence
des deux révolutions. Qu’est-ce que la démocratisation de I’Eglise, le pluralisme confessionnel, sinon
une synarchie ecclésiale basée sur le gouvernement populaire et l’intégration des diverses croyances
en une seule Eglise ? Qu’est-ce que le progressisme, sinon la route sur laquelle on engage les fidèles, sous
prétexte de réagir contre des injustices évidentes et scandaleuses, sinon réversion des valeurs spirituelles
par le communisme ? On peut juger par là de la pauvre intelligence politique de certains évêques louant les
derniers excès révolutionnaires quand il se trouve que le communisme a pour promoteurs les plus richissimes
fidèles de Mammon et que l’ « Eglise des pauvres » dispose de moyens bien supérieurs à ceux des oeuvres
de l’ « Eglise triomphaliste » ?
Synchronisme enfin dans la marche d’événements parallèles. Le progrès de la révolution dans
l’Église a suivi depuis deux ou trois ans l’avancement du mondialisme. Un lien étroit rattache l’un à l’autre les
deux mouvements. Ce n’est pas seulement l’émulation d’ecclésiastiques, ambitieux d’être dans le vent de

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1 On trouvera ces textes d’actualité dans « BIENTOT UN GOUVERNEMENT MONDIAL ? » et dans « MYSTERE
D’INIQUITE ».

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l’histoire qui accélère le premier, c’est surtout l’urgence du rendez-vous qui le précipite. Pour en bien saisir
la marche, il faut le replacer dans le contexte de la grande politique internationale. C’est pourquoi, avant
d’examiner l’articulation précise qui politise « le complot », il nous semble utile de voir où en sont les progrès
du mondialisme athée.

UN ARTICLE DE JULES ROMAINS

Monsieur Jules Romains, de l’Académie Française, a répandu sur deux colonnes entières de « L’Aurore »
du 6 Mai 1968, le chagrin que lui a fait notre ouvrage « Bientôt un Gouvernement Mondial ? ».
Monsieur Jules Romains, comme chacun sait, est un « Homme de bonne volonté ». Il a consacré tout
un ensemble littéraire à cette vertu, pour lui cardinale, très vantée dans les Maçonneries dites spiritualistes.
Elle lui a fait assumer la rédaction du plan du 9 Juillet 1934, inspiré du Pacte synarchique, et l’a poussé « A la
recherche d’une église » que, maintenant, maints clercs à la page finiront bien par lui faire découvrir.
« Vous concevrez mon étonnement, écrit-il, quand j’ai trouvé au milieu de mon courrier un pamphlet
qui porte ce titre : « Bientôt un gouvernement Mondial ? » et, en sous-titre entrelacé au précédent,
« une super et contre-Eglise ». Ce mot pamphlet ne m’est pas venu aussitôt à l’esprit, mais il m’a suffi,
pour être fixé, de jeter un coup d’oeil sur les premières pages ».
Ceux qui ne seront pas fixés, ce sont les lecteurs de Monsieur Jules Romains qui, par souci d’élégance,
n’a alourdi sa phrase ni du nom de l’auteur, ni surtout de celui de l’éditeur. Ils devront donc se
contenter, sans pouvoir recourir aux sources, de ce qu’il leur dit, à savoir que les voyages touristiques et
d’affaires, l’information, leur universalité, leur rapidité dénotent un mondialisme auquel nous n’avons rien
compris. Nous n’avons cependant jamais contesté ces progrès, pas même à Monsieur Jules Romains la
possibilité d’aller, s’il lui convient, d’un coup d’aile, admirer les danses des demoiselles d’Honolulu. Consolons-
nous à cause de sa foi toujours vivace dans l’avancement du projet mondial et de son désir de « n’avoir
pas l’air de rejeter dans un avenir indéfini une décision que l’état des choses réclame peut-être d’urgence ».
Nous lui avons au moins donné l’occasion, tout juste quelques jours avant les événements de Mai 1968 et à
trois mois de l’occupation de la Tchécoslovaquie, de nous informer qu’à son sens averti, le grand dessein
avance vite :
« Le pamphlet n’est intéressant que comme symptôme. Si les ennemis de l’organisation mondiale
mobilisent, C’EST QUE LES CHOSES SONT PLUS AVANCEES QUE NOUS NE LE PENSIONS ».
Monsieur Jules Romains lit mal les « pamphlets ». C’est sur la foi de ses amis que nous avions retenu
l’annonce, pour 1968, de troubles qui, effectivement, se sont produits. Leurs documents étaient bons. L’entreprise
continue. M. Sakharov, de l’Académie. des Sciences d’U.R.S.S. a fait à New-York, deux mois avant
l’occupation de la Tchécoslovaquie, une conférence sur un futur gouvernement mondial qui s’accorde avec
les déclarations d’Eisenhower en 1960 et que le « New-York Times », organe de l’ « American establishment »
(synarchie) s’est empressé de publier in-extenso. Tout à fait dans la ligne du système, Sakharov a insisté sur
la fusion nécessaire des régimes capitaliste et socialiste que la revue « Esquire » annonçait en 1962, comme
le grand projet de planification universelle. Il a dit :
« Le rapprochement, maintenant inévitable, des systèmes capitaliste et socialiste, permet d’espérer
que sera évitée une division irréparable de l’humanité qui pourrait mener celle-ci à la destruction ».
Et évoquant les moyens et le but, il ajoutait :
« Accroissement de la convergence entre les deux pays, promotion de la liberté intellectuelle, de la
science, du progrès économique, devant aboutir d’ici à l’an 2000 à l’établissement d’un gouvernement
mondial » (« Le Figaro », 23-7-68).
Négligeons la clause du style de l’an 2000 ; c’est une fuite commode vers l’indétermination. Lisons
plutôt cet écho publié le 4 Septembre 1968 par « La Nouvelle République du Centre Ouest », cette fois après
l’occupation de la Tchécoslovaquie :
« Wolfach – Allemagne – 3 – Quelques deux cents représentants de trente pays se sont réunis aujourd’hui
pour dix jours en vue de l’élaboration d’un projet de constitution et d’un modèle de gouvernement
mondial. Le Pasteur Martin Niemoller, qui est co-président du Conseil mondial des églises, a
prononcé le dis- cours d’ouverture ».

Nous n’avons pas connaissance des résultats obtenus par cette assemblée dont les travaux poursuivis
là, on l’aura deviné, par les Bilderbergers, apporteront certainement leur contribution à l’élaboration du
« Grand OEuvre « . Constatons seulement deux choses : en premier lieu, de quelque côté que l’on se tourne, le
mondialisme, autrefois renfermé dans les arcanes des hautes sociétés secrètes, se répand et se discute
dans des groupes de plus en plus nombreux, quoique encore confidentiels jusqu’au jour, sans doute, du
coup de théâtre qui le dévoilera aux yeux de l’humanité « libérée » ; en second lieu, la présence du coprésident
du Conseil mondial des églises à cette réunion décèle la volonté d’intégrer celles-ci dans l’institution
politique internationale.

LES EVENEMENTS DE MAI

Ces deux constatations, en concordance avec la crise qui affecte l’Église catholique, nous obligent à
jeter un rapide coup d’oeil sur l’évolution politique. Sans doute, les désordres de Mai 1968, l’affaire tchécoslovaque,
les batailles sans pardon de l’or et du pétrole, n’ont-ils en eux-mêmes de rapports directs qu’avec
la situation générale. Mais la convergence du complot mené à l’intérieur de l’Église avec le dessein de lui
substituer sous un pouvoir mondial en préparation, une pseudo-église universelle n’en est pas moins une
réalité. L’année 1968 aura été sur tous les plans un avènement.
Les journées de Mai ont une double signification. On peut, quant à notre situation intérieure les qualifier
de révolution nécessaire, mais il faut y voir aussi une manoeuvre internationale de grande envergure.
Révolution nécessaire, disons-nous, parce que les français, en dépit de la poussée techno-synarchiste
de ces dix dernières années, n’avaient pas encore très bien suivi le mouvement de grande « mutation »
socialiste. Il faut des secousses pour briser des cadres et des résistances.
« L’ordre Synarchiste qui s’établit au delà du socialisme en voie de réalisation sous une forme ou
sous une autre dans le monde entier, doit marquer d’un caractère impérial accentué, pour les accomplir
toutes les puissances de l’esprit et de L’ACTION RÉVOLUTIONNAIRE » (Pacte Synarchique).
Les choses ont tourné plus mal que ne l’avaient peut-être voulu les doctrinaires de la technocratie et
nous verrons pourquoi. Quoiqu’il en soit, ces journées au cours desquelles on n’avait jamais tant parlé au
public de mutation, depuis le Général de Gaulle, jusqu’aux philosophes politiques à la petite journée, aux
chefs de partis, et jusque, ça et là, au « Père évêque » en veston, avaient permis de mettre à l’ordre du jour
trois problèmes :
– l’Université
– la Régionalisation
– la participation.
Trois points essentiels de la « mutation » prévue dans le Pacte Synarchique qui, nous le rappelons, se
situe autour de 1935
1° – Aux temps jadis, les Universités étaient autonomes elles jouissaient de privilèges, dont elles
abusaient parfois, mais qui garantissaient l’indépendance du savoir et de la culture. Nos défuntes républiques
avaient, malgré leur jacobinisme laissé à ces corps quelques petites libertés. Il n’en fallait plus. Il fallait
faire la caricature d’une décentralisation qui, conformément à la doctrine, entretint en fait une révolution
permanente par le bas, conduite d’en haut par une oligarchie administrative et un dirigisme culturel orchestré.
C’est fait.
« Chaque nation synarchique est rectrice souveraine de son domaine culturel … Elle doit rester maîtresse
du développement pédagogique de ses membres dans tous les domaines (éducation, culture,
instruction) et à tous les degrés ». (.Pacte Synarchique).
L’ordre culturel synarchique veut intégrer professeurs, recteurs, ecclésiastiques, artistes, savants,
techniciens purs, comme fonctionnaires de l’intelligence au service de sa culture révélée et d’une éducation
révolutionnaire continue. C’est fait.
2° – Tout cela est écrit en toutes lettres. Nous n’ inventons rien, pas plus qu’en matière de Régionalisme
où l’on se proposait encore de décentraliser, dit-on, en ressuscitant en partie les bonnes vieilles provinces

de l’ancienne France, mais en réalité pour en faire la « Fédération républicaine des Régions constituées
en fait en un véritable Etat économique » (Pacte Synarchique)
« Cette Fédération est dûment harmonisée par cet Etat économique et SES ORGANISMES CENTRALISATEURS
S’EXPRIMANT ET S’IMPOSANT à l’ensemble par des plans périodiques prévisionnels.
Les ORGANISMES CENTRALISATEURS CONSTITUENT UN VERITABLE ETAT DEMOTECHNOCRATI-
QUE SOUVERAIN DE L’ECONOMIE TOTALE DES REGIONS » (Pacte Synarchique).
Comment les « veaux » n’ont-ils pas compris que cette dictature déguisée, impliquant de toute nécessité
la disparition du Sénat, exigeait une seule réponse à deux questions ? Mais non ! On ne leur mentait
pas!
3° – Dans le même jargon autoritaire, le Pacte souligne encore l’importance insolite qui doit être attribuée
aux deux représentations de la base : « populaire et économique ». La première, constituée par les Communes
que le Pacte et le Schéma de l’Archétype social2 appellent les « républiques populaires », PAR UNE
ETRANGE REPRISE D’UN TERME SOVIETIQUE. La seconde, c’est la participation « dans la profession
organisée » et cela à partir de l’entreprise. Car, ajoute le Pacte :
« ELLE EST L’INSTRUMENT CAPITAL DE LA REVOLUTION SYNARCHISTE EFFECTIVE : SON
MEILLEUR MOYEN TECHNIQUE ».
Les deux, cela va de soit, se rejoindraient au « SOMMET HIERARCHIQUE GOUVERNEMENTAL »
pour être défendues « CONTRE TOUTE INCOMPETENCE ET TOUT PARASITISME ».
Le référendum érigé en moyen de gouvernement par le Pacte Synarchique, a pour une fois manqué
son but, moins par la clairvoyance de l’électeur, que grâce à une campagne en grande partie orchestrée par
l’étranger. Mais, les votants : « Non », nous ont-ils sauvé du carcan ? Bien malins s’ils peuvent maintenant dire
« Oui » ! La manière changera. Ainsi, le Général de Gaulle parti, certains nous entretiennent déjà de la réforme
communale dont il est parlé plus haut et que celui-ci n’avait pas encore mise au programme !
On conçoit que la C. G T. et le parti communiste aient alors sauve le régime, car les journées de mai
pressentent aussi le caractère d’une manoeuvre internationale décelant de terribles rivalités à l’intérieur du
système mondial. Monsieur Malraux, dans un discours dont nous donnerons plus loin un extrait, en parlait
comme d’un drame suspendu. Cela signifiait-il autre chose que la « Mort d’une Révolution » déclenchée en
partie de l’extérieur contre la France et pour faire tomber le Général de Gaulle ?
Sa politique intérieure dont les anti-gaullistes les plus passionnés ne soupçonnent pas eux-mêmes
les funestes conséquences, la tragédie algérienne, etc… ne font pas qu’en tous domaines, à toutes occasions,
le Général ait eu invariablement les torts que lui a attribués une presse de droite ou de gauche dont
les prises de positions supposent que les partenaires étrangers sont tous de petits saints. Il s’en faut ! L’objectivité
nous oblige à constater que la question de l’or a joué un rôle déterminant dans les événements
de Mai. Le maintien du prix de trente cinq dollars l’once d’or (alors qu’elle est cotée à quarante trois au marché
parallèle) a créé une situation monétaire internationale difficile, reconnue d’ailleurs par plus d’un américain,
mais favorable à une politique d’envahissement économique et aux maîtres du mondialisme « en voie
de réalisation ». La politique monétaire du Général ne pouvait que porter ombrage aux puissances financières
internationales sises à Wall Street et à Londres. Henry Coston, dans son excellente revue « Lectures Françaises »
a révélé qu’en AOUT 1967, les représentants des maisons de banques israélites s’étaient réunies à
Jérusalem pour discuter des problèmes internationaux et en particulier de celui-là, et qu’une autre réunion
eut encore lieu, toujours à Jérusalem, au DEBUT D’AVRIL 1968. On y voyait les représentants de Rockfeller,
Warbourg, Scheef Kuhn et Loeb et Rotschild avec beaucoup d’autres se prononçant sur :
« la question de l’or, le soutien des pays opposés à l’étalon-or, les attaques contre la France et contre
de Gaulle ».
On s’expliquera peut-être mieux ainsi pourquoi Monsieur Pompidou, ancien directeur de la Banque
Rotschild ayant, au cours des émeutes, conseillé au Général d’abandonner le pouvoir, celui-ci le pria au
contraire d’abandonner son portefeuille de premier ministre et déclara à la radio : « Je reste ».
Fait révélateur d’un conflit extérieur et intérieur dont on ne connaîtra bien les suites que plus tard.
Dans une certaine mesure, le Général avait gagné une première manche. Il semble avoir gagné plus difficilement
la seconde (et à quel prix pour le pays !) quant au mois de Novembre 1968 eut lieu l’attaque en règle
contre le franc. On s’est trop peu demandé quels étaient les principaux « spéculateurs » responsables de la
fuite des capitaux. Une minutieuse inspection ne laisserait pas la question ouverte.

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2 Autre document synarchique très marqué par le Martinisme et contemporain du Pacte.

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Mais, fin Avril 1969, le Général de Gaulle a perdu la troisième manche.

LE « DRAME SUSPENDU »

Et c’est alors que dans les perspectives du vide créé par son départ se profile le spectre de révolutions
résultant du heurt de deux rivalités : la descente administrative vers le Communisme ou la conquête
financière du socialisme technique. C’est ici que le discours de Monsieur Malraux au Parc des Expositions,
au lendemain des événements de Mai, prend tout son poids. Autrefois aux côtés des rouges d’Espagne, puis
interlocuteur qualifié du Pandi Nehru, disciple de la théosophe Annie Besant, auteur d’un discours parfaitement
païen à Brasilia, aujourd’hui grand maître de la Culture, Malraux a prononcé des paroles dont le sens
est à méditer. Sous le faisceau des projecteurs, le ministre faisait le procès de l’insurrection dévastatrice et
burinait froidement, sur le front de la foule qui l’acclamait, la résolution gaulliste de canaliser les élans révolutionnaires
en face d’un mystère international caché au public.
« Peut-être toutes les civilisations seront-elles un jour mises en question. Encore devions-nous comprendre
que si les grèves du 13 Mai ressemblaient – de loin – à celles du Front Populaire, il ne
s’agissait pas seulement de grèves ni au 13 mai, ni au temps du front populaire, ni à la révolution
d’octobre. Jamais les grèves capitales ne sont seulement des grèves et le plus troublant caractère
des nôtres, c’est précisément leur lien avec la révolte de ‘enseignement supérieur. avec une révolte
mondiale. Je doute qu’elle se limite longtemps à la France ».
… « Cette répétition générale d’un drame suspendu montrait chez les grévistes comme chez ceux qui
les regardaient passer, la CONSCIENCE DE LA FIN D’UN MONDE ».
… « Il faut que s’exerce une volonté résolue et non les vieilles rivalités que nous voyons déjà réapparaître,
les compromis érigés en moyens de gouvernement, comme celui qui tente en vain d’accorder
la politique étrangère de la fédération américaine à celle du parti communiste russe ».

ETATS-UNIS

Depuis le départ du Général de Gaulle, cette tentative d’accord va sans doute retrouver chez nous
les habituels partisans que l’on sait tout acquis à la politique de New-York. De son côté le président Nixon
s’efforcera de la réaliser. En réalité, le bipolarisme dont on a souvent parlé et le Général tout le premier, n’a
jamais été qu’une formule définissant l’action conjointe des Etats-Unis et de l’U.R.S.S… Mais les meneurs
de jeu étaient à Washington et les obligés à Moscou. Le communisme russe a dû son existence, puis sa
survie en 1921 et des appuis constants par la suite, à l’Intelligentsia des forces occultes et du pouvoir financier
dont le siège principal est à Wall Street. Mais nous avons toujours pensé qu’un jour, la Russie prendrait
vis-à-vis du gouvernement des U.S.A., des distances qui peuvent se traduire en redoutables rivalités.
Le Président Nixon est-il l’homme qui va sauver le prestige et maintenir la situation prépondérante
de la grande nation américaine ou le pianiste qui fera sombrer l’occident ?
Depuis longtemps il travaillait, selon ses propres termes, « au développement des besoins et à l’évolution
d’un nouvel ordre du monde » (toujours la devise des sectes : Novus ordo sæculorum). De ce nouvel
ordre il précisait, en Septembre 1967, l’orientation quant au Waldorff-Astoria où le National Industrial Conference
Board l’avait invité, il disait :
« Les vieux « ismes » : communisme, socialisme, anticolonialisme ont perdu leur magie … Le Communisme
est en train de perdre la bataille avec la liberté en Asie, en Afrique, en Amérique latine aussi
bien qu’en Europe ».
Cette théorie soporifique, bien connue en deçà de l’Atlantique pour endormir la vigilance jusqu’au
jour où l’on tentera d’étrangler l’Europe, favorise les Soviets, cela va de soi, et elle a la sympathie du C.F.R.
(Council of Foreign Relations), autrement dit le Conseil des Relations étrangères qu’aux Etats-Unis les clairvoyants
dénoncent comme l’ « Invisible Gouvernement » et ses membres comme « les souverains non élus de
l’Amérique ». Elle revient à dire que le Communisme ayant été contenu et n’étant plus à craindre peut devenir
un collaborateur. Ce n’est pas chez Monsieur Nixon une simple opinion, mais un programme qu’avec les
grands managers du C.F.R., les Rockfeller, les Carnegie, les Ford et d’une façon générale les puissances de
Wall Street, ils espèrent mener à sa fin. Un mois après cette première déclaration, il écrivait dans « Foreign
Affairs », revue officielle du C.F.R., qu’il était nécessaire d’établir des relations avec la Chine rouge et de ne
pas la laisser en dehors de la famille des nations ». Monsieur Nixon qui nous veut des cousinages explosifs,
ajoutait encore, un mois plus tard, parlant à la radio sur un programme de la National Education Télévision :

« Je m’oppose à l’invasion du Nord Vietnam. Je m’oppose aux armes nucléaires. Je m’oppose à la
déclaration de guerre contre le Nord Vietnam. Notre but est seulement le même que celui que nous
avons eu en Corée ».
Ces professions de foi datent de 1967. Si la guerre de Corée dont l’issue boiteuse ne fut due qu’aux
injonctions de l’ « Establishinent » allant des B’nai Brith aux hautes maçonneries associées à l’intelligentsia
financière, les lenteurs de la guerre au Vietnam et, bientôt, son résultat décevant n’auront pas eu d’autre
cause. Ces puissances crient volontiers au scandale de l’escalade militaire, mais elles ne reculent pas devant
les conséquences, encore plus meurtrières, de l’escalade idéologique. C’est aussi que, pour elles, la
Chine peut représenter aussi bien l’espérance d’un vaste champ d’exploitation économique, le pilier de la
Pan-Asie synarchique ou un instrument présumé propre à contenir la Russie en cas de besoin.
En sommes-nous donc déjà à la mise en oeuvre d’une théorie d’Etat supra-national assis sur la puissance
apatride de l’or ? Les textes cités dans « Bientôt un Gouvernement Mondial ? » et notamment celui d’un
grand Maître de la Grande Loge de France (p. 255) laissaient à penser que l’autorité Spécifique de l’Etat
américain aurait à disparaître peu à peu devant le Pouvoir mondial. La présidence de M.. Nixon avancera-telle
l’heure ? On lisait dans une brochure parue en 1967 aux Editions Internationales en cette même année
où il fit ses déclarations :
« Le destin futur de l’OTAN sera remis en question dans deux ans … L’Atlantisme sous le drapeau et
l’égide de Washington ou la voie vers une Europe unie depuis la frontière de l’est jusqu’à celle de
l’Ouest, voilà l’alternative qui détermine aujourd’hui toute la politique des Etats Européens ».
Et de vanter à ce propos la coopération avec la Russie Soviétique. En ce temps là, le Général de
Gaulle gouvernait encore, et M. Nixon semblait désireux de concilier cette dernière thèse avec les vues jusque
là opposées de Washington qui, dans la ligne tracée par le F\Roosevelt à Yalta, avait toujours traité,
par dessus l’Europe, directement avec Moscou.
De retour de son voyage, il disait à la presse américaine :
« Le temps est révolu où il pouvait être conforme à nos intérêts que les Etats-Unis jouent le rôle d’un
partenaire prédominant au sein de l’Alliance Atlantique … Nous ne voulons pas d’un nouveau Yalta ».
Prendre appui sur l’Europe et composer avec l’URSS devenue adulte ? Ce serait un signe des
temps.

LES SOVIETS

Nous ne tenons pas ces opinions pour prophéties, d’autant plus que le Général a quitté la présidence
de la République. C’est très justement en un certain sens que Monsieur Debré a dit récemment en
Conseil des Ministres : « Le départ du Général de Gaulle : seul fait notable de politique étrangère », car ce
départ peut non pas changer l’orientation finale du mondialisme, mais en modifier les voies et moyens.
Même s’il amène un renversement des alliances, nous n’en serons pas, il s’en faut, en plus grande sécurité
en l’hypothèse d’une mise en veilleuse de la coopération française avec la Russie et de sa réciproque : une
reprise en main de toute l’Europe par les argentiers. Ramener cette Europe divisée en la maintenant dans
l’orbite d’une OTAN transformée, procéder avec la Russie, comme le projette Monsieur Nixon, à un nouveau
sommet d’où l’on veut faire sortir la politique de synthèse envisagée par les sectes, préconisée aussi bien
par le C.F.R. aux Etats-Unis que par un Coudenhove-Kalergi sur notre continent, intégrer la Chine et avec
elle l’Asie dans l’édifice mondial, ne sont pas chose facile et ne supprime pas un problème. Ce problème,
c’est que de féroces rivalités s’affirment de plus en plus à l’intérieur du Système. L’URSS s’est faite l’alliée
des musulmans non sans une arrière pensée de « protection » des pétroles et de maîtrise du Moyen Orient,
position stratégique la plus importante du monde, ce qui la met en opposition avec Israël et avec les trusts.
Quoi qu’il en soit des commentaires déversés par la presse sur l’occupation de la Tchécoslovaquie, un fait
est là qui résume tout : la Russie a marqué un point en massant ses divisions à quelques heures des capitales
européennes et il serait bon à ce sujet de se souvenir de la menace de Manuilsky en 19303. Ces rivalités
se cristallisent autour des points chauds : Berlin, le Moyen Orient. Le Général qui y pensait toujours avait dit
au Colonel Passy :
« L’avenir nous prépare une grande guerre entre les Russes et les Américains. Et cette guerre là,
Passy, les Américains la perdront » (« Le Crapouillot » 1963, page 35).

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3 « BIENTÔT UN GOUVERNEMENT MONDIAL ? » page 240

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Il y a quelques années un asiologue nous avait dit à peu près la même chose et cela nous fait souvenir
de ce qu’écrivait en 1906 un célèbre synarque, Walter Rathenau, président de la République allemande,
assassiné après la première guerre mondiale :
 »Dans un siècle le plan de l’Orient sera réalisé aussi complètement que l’est aujourd’hui celui de
l’Occident … Voici venir le siècle des démolitions, de la destruction, de la dispersion, du retour à la
barbarie »…
Ici se pose la question des rapports antagonistes de la Russie et de la Chine et de ce que disait
Saint-Yves d’Alveydre du rôle futur de cette dernière4.
Ont-ils raison ? Se trompent-ils ? Seul l’avenir nous dira dans quelle mesure ces opinions auront pu
contenir une portion de vérité, car pour notre part nous ne croyons au succès final ni de la Synarchie, ni du
Communisme, ni au naufrage dans la barbarie. Ce qui compte présentement, c’est la constatation que le
projet mondialiste a fait de tels progrès que nous sommes à la limite où les comparses nous ont placés :
devant le risque des pires catastrophes. Mais, beau souci des morts et des ruines ! Ne faut-il pas que l’affaire
en vienne à l’état collectif où le monde serait dominé ? Evoquant le problème il y a une vingtaine d’années,
le F () Riandey, PENSANT A LA TROISIEME GUERRE MONDIALE écrivait :
« L’humanité est condamnée, comme tout ce qui vit, à enfanter dans la douleur et dans le sang. Ce
n’est pas par bellicisme que j’écris cela. Les sentiments ne sont pour rien dans de telles choses. Il
suffit d’avoir les yeux ouverts pour se convaincre que c’est ainsi que cela se passe … Tout le monde
sent bien que la partie n’est pas définitivement jouée et ne le sera pas tant que la solution du problème
ne s’imposera pas d’elle-même ».
Si le F  () Riandey ne veut pas, bien sûr, personnellement, cette extrémité, disons-nous bien, pour parier
comme lui, que d’autres, « nonobstant les homélies contraires des pacifistes à oeillères » ne reculeront pas
devant elle. A défaut d’inspirer une terreur suffisante pour subjuguer les nations, elles donneront comme en
1914, comme en 1940, le signal du décisif et dernier conflit. Du côté des états communistes gagnant du
terrain ou du côté de I’llluminisme dirigeant les fidèles de Mammon, excitant leur orgueil et leur cupidité, peut
jaillir l’étincelle qui mettrait le feu au monde.
Ne parlons pas, à ce plan, de bipolarisme réel, de centralisme réel sinon par manière de rivalités politiques
appuyées par des compétitions d’intérêts financiers divergents, mais à l’intérieur d’un même système
clos ACHEMINANT L’HUMANITE VERS UN BUT SUR LEQUEL TOUS SONT D’ACCORD. En donnerons-nous
deux exemples ? Dans la politique intérieure française, après le règne du Général de Gaulle, on oppose
Monsieur Pompidou du groupe Rotschild et dont il est superflu de rappeler la carrière politique, à M.
Poher soutenu par Edmond de Rotschild, et partisan actif de l’épuration après la guerre de 1940. Ancien
M.R.P., il fut nourri dans le sérail de l’ « Europe des banquiers », ceux-là mêmes des bords du Rhin qui, nous
le verrons ailleurs, ont épaulé la « révolution d’Octobre » des théologiens conciliaires. Quant à M. Defferre,
défenseur du peuple dans le clan socialiste, ses immenses intérêts personnels collent à ceux des mêmes
puissances capitalistes. Dans la politique internationale nous n’avons qu’à rappeler l’imbrication des groupes
financiers et du communisme soviétique ou chinois en des circonstances bien connues.
Il y a donc une unité mondialiste affirmée d’ailleurs par les uns et par les autres. mais c’est précisément
ce qui fait éclore, développe et accroît les risques de guerre. Elle supprime, en effet, la possibilité de
médiations désintéressées, la présence des hautes valeurs supra et internationales extérieures au système
qui reste ferme sur ses luttes intestines et sans pardon.
Ainsi s’éclaire la parole de Warbourg en 1950 :
« Qu’on le veuille ou non nous aurons un Gouvernement mondial. La seule question qui se
pose est de savoir si ce gouvernement mondial sera établi par consentement ou par conquête ».
Seuls, dans la théorie – nous disons dans la théorie – resteraient vainqueurs les détenteurs de la
force matérielle. Et c’est ici qu’éclate la radicale opposition entre deux empires : celui de Dieu, celui de l’Autre.
Mais le second renferme une telle violence contre nature, une telle inhumanité que nous ne croyons pas
à la réussite finale du Système dont il nous faut maintenant voir les complices travaillant dans l’ordre religieux.

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4 « BIENTÔT UN GOUVERNEMENT MONDIAL ? » page 142

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II. LE COMPLOT

« Oui, tous, tant que vous êtes ici, je vous l’affirme comme prêtre vous êtes les ouvriers de la néogénèse
religieuse et sociale que le divin Paraclet a couvé sous ses ailes pendant dix-neuf siècles, vous
êtes les coopérateurs de Dieu ».
Le chanoine apostat Roca dans l' »Aurore » du 8 Octobre 1889.

LEUR EGLISE

On n’imaginera pas une entreprise de domination mondiale au XXème siècle qui ne soit dans la nécessité
de plier les esprits à sa propre dévotion, eut-elle toutes les forces dont il est possible de disposer
pour se soumettre les nations. Il lui faut, pour supprimer dès la racine les volontés de résistance, leur
substituer une justification de sa suprématie, si bien admise et si profonde qu’elle devienne une religion.
Encore y faut-il plus qu’une religion d’état. Le pouvoir mondial doit être lui-même l’Etat et la
Religion, un état temporel et une religion terrestre, une religion étatiste et un état religieux. A la plus
haute instance de l’Humanité il faut choisir entre cela ou l’Eglise Catholique Romaine qui, dans le
monde mais supérieure au monde, ne relève ni par son Fondateur ni par sa doctrine révélée d’un
pouvoir d’ici-bas. C’est ce dilemme que, dans l’Evangile, proposait Satan : « Je te donnerai ces royaumes
si, te prosternant, tu m’adores ». Ceux qui, au prix de ces royaumes, choisissent d’adorer Satan en quelque
manière que ce soit, fût-ce sous le culte de l’Humanité, choisissent aussi de détruire l’Eglise catholique
ou, ce qui revient au même, de l’asservir en l’intégrant dans la nouvelle religion.
Les persécutions et les schismes d’autrefois l’ont laissée debout malgré la diminution de ses membres,
mais une révolution intérieure, feignant de ne voir en elle qu’inadaptation et désuétude pour prétendre
la réduire au goût du jour dans ses dogmes, sa liturgie et sa morale, paraît un moyen bien plus sûr de
l’abattre. En l’humanisant de plus en plus au détriment du sacré on la liquéfie en quelque sorte dans
une future église de l’Ordre Nouveau (le Novus ordo sæculorum des sectes). Les clercs qu’a saisi ce frénétique
désir de la « disparition du catholicisme d’ici une génération », comme le craint l’abbé Bouyer, ou bien
ignorent le but réel où on les mène – et il y en a – ou sont complices – et il y en a – de la savante et subtile
propagande des sectes dont les desseins ont été exposés dans « MYSTERE D’INIQUITE ».
Peut-on nier leur succès quand tout ce qui a été annoncé au siècle dernier par les porte-parole de la
Contre-église constitue aujourd’hui les thèmes de l’aggiornamento post-conciliaire – Christologie cosmique
ou humanitaire, christianisme diffus dans toutes les religions et même dans le point le plus hérétique de
l’hérésie elle-même, célibat des prêtres, abandon de la soutane, prêtres syndiqués, liturgies de rencontre et
même sacrilèges, obsession sexuelle, morale de situation, démocratie ecclésiale, symbolisme des sacrements,
contestation, etc … ?5.
Ces clercs sont la proie du complot dont Madiran sans se tromper aucunement, avait dénoncé l’existence
dans « Itinéraires » dès 1950 et que, pour notre part, nous avons toujours rattaché aux menées politiques
du mondialisme. Les textes que nous avons cités dans nos ouvrages annonçaient, après la révolution
doctrinale et venant à son secours, l’insurrection disciplinaire. Après la guerre des principes, la guerre de
mouvement. L’Eglise institutionnelle est maintenant attaquée, car, elle disparue, il n’y aurait plus d’hérésie,
tout deviendrait orthodoxe, l’erreur comme la vérité, le vice comme la vertu. L’Eglise de la « divine Synarchie »
est bien en marche.

OECUMENISME

suite…

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