LA PAIX EST ACTION


La paix est action - Extraits - Terre Nouvelle 

Auteur : Yves Chaumette

Année : 2001

Ouvrage : La paix est action

INTRODUCTION
Ce livre a pour but de donner des outils pratiques à ceux qui travaillent
déjà pour la paix. Ils peuvent être engagés dans quelque projet que ce soit, vis-
à-vis de l’environnement, dans une activité écologique, psychologique ou
médicale, ils peuvent travailler pour améliorer les relations humaines, effectuer
un travail social, travailler dans le champ diplomatique. Quel que soit le
domaine d’activité, quel que soit le moyen d’action que vous avez choisi, cet
ouvrage s’adresse à vous, lecteurs, qui travaillez déjà pour la paix, pour
l’évolution, pour le Bien Commun.
Mais pour travailler, peut-être faut-il déjà définir la paix ? Disons
simplement : la paix n’est ni la tranquillité, ni le confort, ni le statu quo ; la paix
est vigueur renouvelée, puisant dans les racines de l’être. Nous préciserons
justement en quoi un symbole est utile pour cette définition de notre but.
Cet ouvrage se veut pratique, c’est à dire qu’il vise l’action et donne des
moyens pour agir. Ces moyens sont subjectifs et stimulent la motivation, la
clarté de perception et la connaissance vivante du but visé. Les moyens
tangibles pour développer un projet sont bien connus (écouter, écrire, chercher
des sponsors, formuler des idées, réaliser des plaquettes, rencontrer des
responsables, réunir des gens, participer à une démarche de groupe…) et ne
sont pas traités ici ; vous savez que la définition des objectifs, le choix d’un
terme, la précision d’une idée, le choix des valeurs directrices, des attitudes
sont déterminantes pour la vie du projet, de l’association ou de l’organisme.
A partir d’un symbole profondément enraciné dans l’histoire des peuples,
nous nous concentrerons sur trois modes de travail avec ce symbole. Il nous
aidera à mieux percevoir le sens, à rapprocher l’essentiel de notre action et à
être ainsi plus efficace dans notre projet.
Les peuples cherchent la paix depuis si longtemps. Tant de gens la
recherchent à présent, que l’on pourrait croire que le sujet a été entièrement
exploré. Nous aspirons à la paix entre les peuples, la paix entre les intérêts des
diverses couches sociales, la paix entre individus, la paix en nous-mêmes.
Comment est-il possible de résumer un projet aussi vaste ? En quoi un symbole
peut-il nous y aider ?
La Croix Rouge appelle à respecter la vie humaine lorsqu’elle est hors de
combat ; un symbole pour la paix peut aussi unir toutes les personnes, toutes
les actions, tous les coeœurs qui se tournent vers la paix.
Nous saurons que ce symbole est bien choisi si, en le contemplant, nous
sentons la paix en nous, s’il nous aide à être en paix. La première manière de

travailler pour la paix est donc de contempler le symbole pour réaliser la paix
en nous-mêmes. Cela nous donnera force et joie, la plénitude de l’être et la
force de surmonter les obstacles.
La deuxième manière de travailler est d’alimenter un projet et d’ancrer son
dessein dans l’action. L’alimenter à partir des buts et valeurs les plus abstraits
aux détails les plus concrets, le projet sera alors entier, équilibré, sûr. Ce mode
de travail fait appel à la visualisation créatrice, que nombre d’ouvrages
développent, des exercices en annexe la présentent brièvement.
Le troisième mode de travail est de « respirer » avec la puissance même de
l’existence. La tension d’être qui accorde l’existence à une chose l’accorde à
toutes les autres, c’est une pulsation dans le Tout, une participation au Souffle
de la Totalité, à la Flamme qui passe à travers les formes et qui vibre au cœoeur
de notre être.
Une autre partie de l’ouvrage traitera de la réalisation en pratique de la paix
et des obstacles à cette mise en œoeuvre. Après avoir affiné le sens de notre
action, nous devons prendre en compte le contexte et la résistance qu’il offre,
notamment par ses arguments dits « réalistes ». La souffrance et les conflits ont
si longtemps régné sur terre, comment pourraient-ils être surmontés ? La paix
n’a-t-elle pas été présentée comme l’absence de conflits ? Les religions, les
philosophies n’ont-elles pas accepté le fait de la souffrance ? En se basant sur le
symbole, nous comprenons que la paix signifie percevoir l’unité à travers la
dualité. La paix n’exclut pas, au contraire elle inclut l’effort pour comprendre,
surmonter les obstacles, harmoniser les contraires.
Si nous voulons être réalistes, et non seulement volontaristes, nous devons
traiter ces questions philosophiques, cet aspect « Sagesse », et nous nous
aiderons de certaines sources (les ouvrages d’Alice Bailey entre autres). Des
symboles qui résument les étapes de croissance de la conscience humaine
aideront aussi à mettre le signe de paix en perspective évolutive et à révéler son
sens.
Peut-il y avoir Paix et Souffrance ? La souffrance n’est-elle pas
indispensable ? La souffrance a été un moyen d’apprendre le détachement, un
moyen de remplacer une croissance horizontale par un développement à un
niveau plus subtil ; la souffrance est liée à la croix et représente une étape dans
l’évolution et un niveau de conscience. L’évolution en conscience procède par 3
croix et termine par la Croix cardinale qui se transforme en un cercle avec les
trois points au centre. Par la mutation des symboles ; alors qu’ils sont
réellement connus et vécus, la souffrance cessera, le détachement sera intégré
et la joie prévaudra. Le rôle du conflit, du contraste apparaîtra dans une calme
réflexion, soutenue par la plénitude de l’être. Ceci peut expliquer pourquoi ce

symbole apparaît maintenant et quel est son sage dessein : Joie et Plénitude
transfigureront le monde. La Beauté transparaît à travers chacun, si nous avons
des yeux pour voir.
Ainsi, la deuxième partie aura plus de signification pour les esprits
philosophiques, et pourra apparaître moins pratique aux autres. En son temps,
la pratique fournira la plus grande signification, et par là l’auteur veut dire que
le dernier mot sur ce symbole n’a pas été dit.
Une troisième partie traite de la pratique créatrice en commun. Nous
transformons le monde au fil des années et toutes nos activités y contribuent et
se rejoignent, car elles communiquent intérieurement ; puisqu’elles se fondent
sur nos convictions, en notre for intérieur, et celui-ci communique, partage,
vibre, palpite avec l’essence de tout être humain. Aussi le but à long terme, la
paix, l’épanouissement de tous est-il le même pour tous, quelles que soient les
formulations. Aussi ces activités s’ordonnent-elles naturellement selon un
schéma reconnaissable, même sans liens extérieurs. Ce schéma comprend 10
facettes, 10 manières de voir le Tout, 10 perspectives de contribution originale
et créatrice ; chacune d’elles modifie en profondeur notre relation au monde.
Mais indépendamment de ces 10 facettes, cette présence au monde passe par
des stades qui évoluent selon la réalisation de l’Unité que nous avons pu
atteindre. Et plus nous progressons dans l’Un, plus le travail s’intensifie,
s’élargit, s’incorpore au Tout en cours de création.
Ces trois parties forment donc un triptyque :
1. la pratique essentielle
2. Le sens et la sagesse
3. la création différentiée
L’historique du symbole est situé dans la première partie pour soutenir
intellectuellement l’effort de perception. Telle est la structure de base de
l’ouvrage, mais une approche plus pédagogique serait de lire les premiers
chapitres de chacune de ces parties, en effet elles s’approfondissent et
s’intensifient progressivement. Le lecteur pourra ainsi lire d’abord Contempler,
puis Surmonter les obstacles puis 10 facettes de la Création en commun, et
ensuite approfondir à sa guise chacune des parties de l’ouvrage selon sa
convenance.

Pourquoi un symbole ?

suite…