Le Rapport Leuchter


 
Auteur : Leuchter Frederick A.
Ouvrage : Le Rapport Leuchter
Année : 1988

INTRODUCTION
Au mois de février 1988, j’ai été contacté par le professeur Robert Faurisson pour le
compte de M. Ernst Zündel qui m’a demandé d’envisager une mission aux fins
d’examiner et d’expertiser les crématoires qui existent encore en Pologne ainsi que les
présumées chambres à gaz qu’auraient utilisées les Nazis et de formuler une opinion,
du point de vue technique, au sujet de la faisabilité et de l’efficacité de ces
installations. J’ai rencontré M. Zündel, l’avocat Douglas H. Christie et d’autres
membres de son équipe. Nous avons parlé du projet et l’on m’a dit que mes
conclusions seraient utilisées dans le cadre du procès intenté à M. Zündel (le
Ministère public C/Zündel) devant le tribunal de grande instance de Toronto. Il fut
entendu que l’enquête porterait sur Auschwitz, Birkenau et Majdanek (Lublin) avec
leurs crématoires et leurs présumées chambres à gaz homicides. J’ai accepté la
mission et, le 25 février 1988, j’ai conduit un groupe d’enquêteurs en Pologne. Ce
groupe était composé de moi-même, de mon épouse Carolyn Leuchter, de M. Howard
Miller, dessinateur industriel, de M. Jürgen Neumann, cinéaste, et de M. Tijudar
Rudolph, interprète de polonais. Nous sommes revenus le 3 mars 1988 après avoir
inspecté toutes les installations prévues à Auschwitz, Birkenau et Majdanek. Le
présent rapport et mes conclusions proviennent de cette enquête menée en Pologne.

OBJECTIF
L’objectif de ce rapport et de l’enquête préalable est de déterminer si les présumées
chambres à gaz homicides et les installations crématoires de trois sites polonais, à [62]
savoir Auschwitz, Birkenau et Majdanek, ont pu fonctionner de la manière qui est
décrite dans les ouvrages sur l’Holocauste. Cet objectif implique la recherche et
l’étude des installations matérielles, de leur plan, de la description des procédures
utilisées dans ces installations en vue de déterminer les quantités de gaz utilisées, les
temps requis pour ces utilisations (temps d’exécution et de ventilation), les dimensions
des chambres en rapport avec le nombre d’occupants, les procédures et les temps
impliqués dans la manipulation et la crémation des cadavres, avec l’intention de
déterminer la crédibilité et la véracité de rapports opérationnels qui ne sont pas
accompagnés de preuves. Le but de ce rapport exclut toute détermination d’un nombre
de personnes qui seraient mortes ou auraient été tuées par d’autres moyens que le
gazage et ne concerne pas la question de savoir si un véritable Holocauste a eu lieu. Il
n’entre pas non plus dans les intentions de l’auteur du rapport de redéfinir l’Holocauste
en termes historiques ; il s’agit simplement de fournir des informations et des preuves
scientifiques obtenues sur les lieux mêmes et d’exprimer une opinion fondée sur toutes
les données scientifiques, techniques et quantitatives disponibles au sujet de la
destination et de l’usage des présumées chambres à gaz homicides et des installations
crématoires de ces trois camps.

DONNÉES DE BASE
Le principal enquêteur, auteur de ce rapport, est un spécialiste de la conception et de
la fabrication d’instruments d’exécution capitale et il a, en particulier, étudié et conçu
des installations utilisées aux Etats-Unis pour l’exécution de condamnés par voie de
gaz cyanhydrique.

L’enquêteur a inspecté les installations d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek ; il y
a procédé à des relevés ; il a prélevé des échantillons aux fins d’expertise ; il a
consulté une documentation technique (description et emploi) sur les chambres à gaz
d’épouillage de la DEGESCH [« Compagnie allemande pour la lutte contre les
nuisibles »], sur le gaz Zyklon B ainsi que des documents sur les procédures
d’exécution. Une bonne partie de la documentation a été achetée et examinée sur
place en Pologne, y compris des copies des plans originaux des kremas-I, II, III, IV et V.

ÉTENDUE DU RAPPORT
Ce rapport comprend une inspection physique et des données quantitatives obtenues à
Auschwitz, Birkenau et Majdanek, la documentation fournie par les fonctionnaires
des musées qui se trouvent sur place, des copies des plans des kremas-I, II, III, IV et
V obtenues au musée d’Auschwitz, de la documentation relative aux installations
d’épouillage de la DEGESCH (y compris les équipements et procédures utilisés pour
le gaz Zyklon B), une description du fonctionnement des installations en question et
des prélèvements effectués à des fins d’expertise légale dans les crématoires examinés.
Ce rapport repose également sur certaines informations relatives à la construction et
au fonctionnement des chambres à gaz américaines telles que l’auteur les tient de sa
connaissance personnelle et de son travail en ce domaine ainsi que sur une enquête
qu’il a menée au sujet des crématoires américains et de leur fonctionnement.

Utilisant toutes les données susmentionnées, l’enquêteur a limité son étude à la
détermination de :
• 1) La capacité des présumées chambres à gaz homicides à avoir accompli le
meurtre en masse d’êtres humains par l’usage de gaz Zyklon B à Auschwitz 1
et à Birkenau, et de monoxyde de carbone et/ou de Zyklon B à Majdanek ;
• 2) La capacité des crématoires examinés à avoir accompli le nombre présumé
de crémations de corps humains dans le laps de temps indiqué. [Note de
l’AAARGH: Depuis, les données embryonnaires et très peu documentées
recueillies par Leuchter ont été remplacées par l’étude complète de Mattogno
et Deana, Les Fours crématoires d’Auschwitz, texte intégral sur le site.]

 RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Après étude de la documentation disponible, après examen et évaluation des
installations existant à Auschwitz, Birkenau et Majdanek, en s’appuyant sur les
connaissances techniques des caractéristiques de construction nécessaires au
fonctionnement des chambres à gaz, après une recherche sur les techniques de
crémation et une inspection de crématoires modernes, le rapporteur ne trouve [64]
aucune preuve qu’aucune des installations normalement présumées être des chambres
à gaz homicides ait jamais été utilisée en tant que telle ; en outre, il conclut qu’en
raison de la conception et de la réalisation de ces installations celles-ci n’ont pas pu
servir de chambres à gaz homicides.

De plus, une étude des installations de crémation inflige, de manière définitive et
probatoire [sic, pour probante], un démenti au nombre présumé de cadavres incinérés
dans le laps de temps généralement avancé. En conséquence l’auteur estime, au mieux
de ses connaissances techniques, qu’aucune des installations examinées n’a jamais
servi à exécuter des êtres humains et que les crématoires n’auraient jamais pu
accomplir la tâche qu’on leur attribue généralement.

 MÉTHODOLOGIE
La procédure suivie dans l’étude et l’expertise qui sont à la base de ce rapport a été la
suivante :
1. Une étude générale de la documentation disponible.
2. Une inspection des sites et une expertise des installations en question, avec
le rassemblement de données physiques (mesures et information sur la
construction) ainsi que le prélèvement ad hoc d’échantillons matériels (brique
et mortier) qui ont été rapportés aux Etats-Unis pour analyse chimique.
3. Une prise en considération des données logistiques enregistrées et filmées
(sur le site).
4. Une compilation des données ainsi acquises.
5. Une analyse de l’information acquise et une comparaison de cette
information avec les informations et les exigences en matière de conception,
de procédure et de logistique concernant la conception, la fabrication et le
fonctionnement de chambres à gaz et de crématoires opérant à l’heure actuelle.
6. Une prise en considération des analyses chimiques des échantillons prélevés
sur place.
[65]
7. La formulation de conclusions fondées sur les preuves ainsi acquises.

UTILISATION DU HCN ET DU ZYKLON B COMME PRODUITS DE
DÉSINFECTION
Le gaz cyanhydrique (HCN, ou acide cyanhydrique) a été utilisé comme gaz de
désinfection dès avant la première guerre mondiale. Les Etats-Unis et leurs alliés l’ont
utilisé en concurrence avec la vapeur d’eau et l’air chaud et, pendant la seconde guerre
mondiale, en concurrence avec le DDT.

On produit généralement le HCN par une réaction chimique du cyanure de sodium
versé dans de l’acide sulfurique dilué. La réaction chimique produit du HCN volatil
avec un reste d’acide prussique (acide cyanhydrique). Cette réaction a normalement
lieu dans un vaisseau en céramique.

On a utilisé ce procédé pour éliminer la vermine dans les bateaux, les bâtiments et
dans des chambres ou des structures spécialement conçues à cet effet. Pour assurer la

sécurité des utilisateurs (techniciens), des procédés spéciaux de fabrication et de
manipulation sont requis. L’acide cyanhydrique est l’un des plus puissants et des plus
dangereux des produits chimiques de fumigation.

Des bâtiments spécialement construits ou modifiés dans ce but ont été utilisés par
toutes les armées et organisations sanitaires à travers le monde. Le HCN a été utilisé
partout pour lutter contre les épidémies, en particulier contre la peste et le typhus,
c’est-à-dire dans la lutte contre les rats, les puces et les poux. Des chambres à gaz
spéciales ont été utilisées depuis la première guerre mondiale en Europe et aux Etats-
Unis. Quelques-unes de ces chambres ont été utilisées par l’armée allemande en
Europe avant et pendant la seconde guerre mondiale et, bien avant cela, par le Service
de l’Immigration américaine d’Ellis Island, dans le port de New York. Une grande
partie de ces chambres destinées à la fumigation ont été fabriquées par la
DEGESCH, une entreprise allemande de Francfort. Pendant la guerre, la DEGESCH
contrôlait la distribution du Zyklon B. La DEGESCH, à l’heure actuelle, fabrique du
HCN.

Le Zyklon B est une préparation commerciale spéciale qui contient de l’acide
cyanhydrique. Le nom « Zyklon B » est une marque déposée. Le HCN était fabriqué à
l’usine et livré sous une forme dans laquelle le HCN était absorbé par une matière
poreuse, soit de la pulpe de bois, soit une terre diatomacée (craie). Il était livré sous
forme de disques ou de pastilles ou de granulés. Cette préparation était scellée dans
une boîte hermétique dont l’ouverture se faisait avec un ouvre-boîte spécial. Sous cette
forme, le Zyklon B/HCN restait sûr et facile à manier. Le gaz émanant du Zyklon B
était du HCN. Les disques, les pastilles ou les granulés devaient être répandus sur le
sol de la zone à fumiger ou utilisés dans une chambre où l’air était ventilé et chauffé
à une température supérieure à 25°7 C. Si on l’utilise dans un bâtiment, dans un bateau
ou sous des tentes pour la fumigation des arbres et de leurs produits, la zone doit être
chauffée à une température qui dépasse 25°7 C, point d’ébullition du HCN. Faute de
cette température, le résultat est beaucoup plus long à venir. La fumigation prend au
minimum 24 à 48 heures.

Après la fumigation, la ventilation de la zone doit prendre un minimum de 10 heures,
selon les dimensions et le volume des lieux, et plus longtemps si le bâtiment n’est pas
pourvu de fenêtres ou de ventilateurs d’évacuation. Les zones traitées doivent être
alors testées par des moyens chimiques pour déceler l’éventuelle présence de gaz
avant que l’on y entre. On utilise parfois des masques à gaz mais ils ne sont pas sûrs et
ne devraient pas être utilisés plus de dix (10) minutes. Une combinaison chimique
spéciale doit être portée pour prévenir l’empoisonnement de la peau. Plus la
température est élevée, plus le lieu est sec, plus rapide et plus sûre sera l’opération.

Les caractéristiques du gaz se lisent dans le Tableau I.

suite…

Leuchter 1

Le second Rapport Leuchter :

Leuchter 2