Sarkozy, Israël et les juifs


 
Auteur : Blanrue Paul-Eric
Ouvrage : Sarkozy Israël et les juifs
Année : 2009

« L’homme qui se défend de penser n’apprend jamais rien»
Giacomo Casanova (Histoire de ma vie).

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«Cher Paul-Éric Blanrue, J’ai donc regardé de très près, et avec un i
vif intérêt, ce Dictionnaire de l’antisémitisme. C’est un travail considérable
et utile, bourré d’informations – mais, à mon sens, impossible à
publier. (. . .) À vous, en vive sympathie. PS : Yann Moix, qui vous
témoigne une amitié ancienne et sans faille, m’a dit qu’il accepterait
de préfacer votre ouvrage. À supposer que celui-ci puisse être un jour
publié, croyez bien que je lui conseillerais de toutes mes forces de ne
pas s’acquitter d’un tel devoir amical. Cela ajouterait un inutile nuage
magnétique à sa réputation (telle que certains de ses ennemis
voudraient la figer) et compliquerait la sortie de son prochain roman
– et ni vous, ni moi, ne souhaitons que cela advienne .. . ».

Lettre du 25 avril 2007 de Jean-Paul Enthoven, diredeur éditorial chez Grasset,
à Paul-Éric Blanrue, à propos du manuscrit de Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre
soi, Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, finalement
paru aux Éditions Blanche, 2007, avec une préface de Yann Moix.

«Salut l’ami (. . .) Pour le publier, c’est hélas non, car outre les
risques (mesurés malgré tout) de sortir ce livre, on n’aura pas une ligne
de presse et encore moins de média télé ou radio, justement du fait de
la mainmise de ceux dont on ne peut pas dire le nom et leurs affidés.
Et ce ne sont pas quelques remous sur internet qui feront vendre le
livre en librairie. Livre pas interdit, sûr, mais livre passé sous silence et
avec encore moins de ventes que Le Monde contre soi qui, hélas, n’a
pas eu le succès qu’il méritait en raison du silence fait autour de lui.

C’est dommage car c’est un vrai sujet. Amitiés».

Franck Spengler, éditeur parisien, fondateur des Éditions Blanche, courriel du i
12 avril 2009 à Paul-Éric Blanrue, publié avec l’autorisation de son auteur, à propos
du manuscrit Sarkozy, Israël et les juifs
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Mot de l’éditeur

Ah, si j’écoutais mon épouse, – « tu vas encore t’attirer des ennuis! » -, je
n’aurais pas édité ce livre. Mais je le crois profondément utile dans son message
citoyen et humain. Ce texte n’est absolument pas antisémite, ni antijuif; mais il
est probablement visionnaire dans la mesure où il laisse transparaître le danger
actuel pour les Français – et partant pour toute l’Europe – d’une certaine
« guidance ou influence» des options internationales israéliennes dans la politique
française ou, à tout le moins, une complaisance certaine du pouvoir français
sarkoziste pour la politique radicale israélienne qu’il ne conviendrait plus
aujourd’hui de critiquer trop ouvertement en France; quelques journalistes français
« exécutés »par leur direction, l’ont connu récemment. Cette complaisance-là
n’est pas la tasse de thé de toute la communauté juive en France, loin s’en faut,
et ce livre l’invite à se démarquer au plus vite et nettement de ses représentants
les plus radicaux, mais surtout, et malheureusement, les plus en voix.
Si j’ai été sensible au sujet de ce livre, c’est que nous venions de vivre en
Belgique le même type d’épiphénomène au sein de la presse hebdomadaire. La
rédactrice en chef d’un des plus gros tirages de la presse francophone avait mis
en place dans ce magazine en quelques mois un journalisme activement orienté.
Le ton avait radicalement muté; les textes oblitéraient une réalité objective,
instrumentalisait l’action palestinienne ou musulmane et justifiaient l’action
sioniste israélienne. Nombre de signatures de journalistes avaient changé en peu
de temps et les partisans de cette ligne forte entraient en force à la rédaction …
De plus, rédigé de manière très populiste, nous lisions en ce magazine des mises
en garde répétées contre les « dangers» de l’Islam, et même des critiques de la
religion catholique!
C’était fort peu adroit de la part de cette rédac-chef, d’autant que le propriétaire
du groupe de presse dont dépend le titre, est classé catholique flamand! Les 13
critiques des lecteurs étaient légions et les abonnements annulés.
En 24 heures, cette rédactrice en chef fut donc « débarquée» avec toute sa
troupe. Le journal r~trouva illico d’autres couleurs, un écrit objectif qui participe
de nouveau au débat démocratique, ainsi que ses abonnés rassurés.

Trop c’était trop, et telle a été la réaction. Radicale, rapide, presque violente.
La presse en a parlé 48 heures, puis tout fut très vite oublié.
La pratique de cette journaliste ressemble, de mon point de vue, à ce qu’il se
passe aujourd’hui en politique française. Le très sage Raymond Barre ne l’avait-il
pas dit peu avant de décéder en une petite phrase sibylline critiquée par la presse
française? « Il a dérapé! », nous avait-on dit. Un peu facile de jeter l’opprobre sur
cet homme d’expérience, de bon sens et connu pour sa mesure. Il était un des
plus avertis de la situation politique en France; le résultat des élections française
et la situation actuelle du paysage politique redistribué le confirme aujourd’hui.
Le « on gouverne entre nous » politique français actuel conduira-t-il aussi à
une radicalisation de l’opinion au sein de la population? Il fut par exemple, et
pour beaucoup, extrêmement choquant de constater les chaudes accolades du
Premier Ministre israélien Tzipi Livni au Ministre Kouchner fort aimable, sur les
marches de l’Elysée en janvier 2009, alors que Gaza envahie par Tsahal, sous les
bombes au phosphore comptaient ses enfants tués … Était-ce déjà la bénédiction
tacite du coreligionnaire?
Mesure et justesse à chaque fois, voilà qui serait la juste voie du milieu à choisir,
car la roue tourne toujours, ne l’oublions pas! Ce livre rappelle avec bon sens que
gouverner « entre amis », entre groupe d’influence ou, jetons le mot qui fait peur,
au sein d’un « lobby» ou d’un réseau, quelque soit le nom donné à cette particratie,
est un parcours risqué. Si celle-ci est trop extrême, elle alimentera sa propre destruction
souvent douloureuse. La démocratie est la voie naturelle qui vainc toujours.
Le danger est aussi en filigranes pour l’Europe, car si les « va-t-en guerre»
israéliens – voulant à tout prix rester les seuls à posséder l’arme nucléaire au
Moyen et au Proche-Orient -, nous entraînent en 2010 avec le soutien des politiques
français et l’appui des réseaux néon-cons étasuniens encore puissants
aujourd’hui, dans un conflit armé avec l’Iran, – perspective cependant écartée
pour quelques mois au vu de la situation économique mondiale en 2009 -, ce
sera grave. Le retour français dans l’Otan est aussi inquiétant. Comme si les pions
étaient avancés pour ne plus pouvoir demain reculer si …
Il est un fait que l’idéal sioniste, s’il avait une chance à l’origine d’être un beau
projet. – devenu aujourd’hui une aventure colonialiste nauséeuse, doublée d’une
volonté affichée de ne pas vouloir résoudre le problème palestinien -, est une
catastrophe pour la réputation morale d’Israël, pour les juifs partoùt dans le
monde (une certaine forme de communautarisation de ce conflit est inéluctable),
et pour la Crédibilité européenne incapable de faire respecter par Israël, son
future partenaire privilégié au sein de l’Europe, le droit international et les résolutions
de l’ONU; tous éléments qui conditionneront à terme proche notre stabilité
et celle du bassin méditerranéen. Et celle de nos compatriotes de confession
juive en tous pays d’Europe! C’est cela le message clairvoyant de Paul-Eric Blanrue,
mais pour qui voudra bien avec sagesse le comprendre .. .

Ce livre sera difficile à trouver en librairies françaises. Je prie mes lecteurs de
m’en excuser. Mon diffuseur français habituel ne souhaitait pas le distribuer. Il en
a lu le premier chapitre et ne l’a pas apprécié. Je respecte sa décision et l’admets.
J’espère qu’il changera d’avis demain à la lecture complète de l’ouvrage
aujourd’hui publié. Mon amitié sincère lui est cependant conservée intacte.
Bonne lecture.
marco pietteur.

Note au lecteur

suite…

http://www.histoireebook.com/index.php?post/Blanrue-Paul-Eric-Sarkozy-Israel-et-les-juifs


Citations de Giacomo Casanova

La connaissance de soi
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut toute ma vie ma
principale affaire ; je n’en ai jamais eu de plus importante.»2

« Obligé à devenir ecclésiastique, et dans l’impuissance
de parvenir par un chemin différent de celui de
l’hypocrisie, je me serais méprisé ; et poursuivant dans le
métier des armes, j’aurais dû avoir une patience dont je ne
me connaissais pas susceptible. »3

L’amour
« Qu’est-ce donc que l’amour ! J’ai beau avoir lu tout
ce que des prétendus sages ont écrit sur sa nature et j’ai
beau y philosopher dessus vieillissant que je n’accorderai
jamais qu’il soit ni bagatelle, ni vanité. C’est une espèce
de folie sur laquelle la philosophie n’a aucun pouvoir ; une
maladie à laquelle l’homme est sujet à tout âge, et qui est
incurable si elle frappe dans la vieillesse. Amour indéfinissable
! Dieu de la nature ! Amertume dont rien n’est
plus doux, douceur dont rien n’est plus amer. Monstre
divin qu’on ne peut définir que sur des paradoxes. »4

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2 Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie, Tome 1, France,
Robert Laffont, 1999, p. 6.
3 Id. p. 370.
4 Ibid. p. 346.

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« Sachez, madame5, qu’il se peut qu’un Français soit le
maître d’oublier, mais qu’un Italien, si je le mesure par
moi, n’a pas ce pouvoir singulier. En un mot, je vous dirai
que vous devez vous expliquer dans l’instant. Dois-je venir
à Parme ? Dois-je rester ici ? Un des deux. Prononcez.
Si je reste ici, tout est dit. Je pars demain pour Naples.
Mais si vous me dites de vous accompagner à Parme, il
faut, madame, m’assurer que vous me rendrez heureux par
la possession de votre coeur ; pas moins. »6

La liberté
« Tout le genre humain sait que la vraie liberté n’existe
ni ne peut exister nulle part. »7
« Assez riche, pourvu par la nature d’un extérieur imposant,
joueur déterminé, panier percé, grand parleur
toujours tranchant, point modeste, intrépide, courant les
jolies femmes, supplantant des rivaux, ne connaissant pour
bonne compagnie que la compagnie qui m’amusait, je ne
pouvais être que haï. Étant prêt à payer de ma personne, je
me croyais tout permis, car l’abus qui me gênait me paraissait
fait pour être brusqué. »8

Le bonheur
« Ce qui fait le bonheur n’est ni l’argent, ni la beauté.»9

L’ambition
« Je crois encore aujourd’hui que, lorsque l’homme se
met dans la tête de venir à bout d’un projet quelconque et qu’il ne s’occupe que de cela, il doit y parvenir malgré
toutes les difficultés : cet homme deviendra grand vizir, il
deviendra pape, il culbutera une monarchie, pourvu qu’il
s’y prenne de bonne heure, car l’homme arrivé à l’âge
méprisé par la fortune ne parvient à rien et sans son secours
on ne peut espérer de réussite. Il s’agit de compter
sur elle et en même temps de défier ses revers ; mais c’est
un calcul politique des plus difficiles. »10

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5 Henriette, qui signe Anne d’Arci, française, nommée Marie-Anne
d’Albertas par un casanoviste.
6 Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie, Tome 1, France,
Robert Laffont, 1999, p. 490.
7 Id. p.384.
8 Ibid.
9 Ibid. p. 411.

10 Giacomo Casanova, Histoire de ma fuite des prisons de la république
de Venise, Italie, Allia, 2007, p. 49.

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Le rire et les pleurs
« Je l’avais appris de monsieur Malipiero, mon premier
maître. Pour faire pleurer, me disait-il, il faut pleurer, et il
ne faut pas rire quand on veut faire rire. »11

Le pardon
« Ma grand-mère fort paisiblement lui dit de mettre
dans ma malle toutes mes hardes parce qu’elle allait
m’emmener. Charmé de revoir mon couvert d’argent, je
l’ai vite mis dans ma poche. Ma joie était inexprimable.
J’ai pour la première fois senti la force du contentement,
qui oblige le coeur de celui qui le ressent à pardonner, et
l’esprit à oublier les désagréments qui l’ont amené. »12

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11 Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie, Tome 1, France,
Robert Laffont, 1999, p. 313.
12 Id. p. 27.

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