Codreanu et la Garde de Fer


 
Auteur : Rebatet Lucien Romain (François Vinteuil – François Vinneuil)
Ouvrage : Codreanu et la Garde de Fer – Choses vues et entendues en Roumanie
Année : 1938

Le texte présenté ici est constitué d’articles que Lucien Rebatet a
fait paraître dans l’hebdomadaire Je Suis Partout entre le 23 septembre
et le 28 octobre 1938. Nous y avons adjoint l’article du 9 décembre
1938 concernant la mort de Codreanu.
Différentes circonstances de ma vie ont voulu que la Roumanie
est le pays étranger que je connais le moins mal, et surtout celui où
j’ai le plus d’amis. Notre journal fut sans doute de toute la presse française
celui qui a suivi le plus attentivement la longue crise roumaine
de l’hiver dernier, et notre cher camarade Dauture en a été le plus lucide
historien. Je n’étais pas retourné en Roumanie depuis près de cinq
ans. Je serais indigne même d’effleurer du bout de ma plume la question
juive, si je n’avais brûlé de savoir ce qui s’accomplit vraiment là-bas,
au milieu du silence, des fausses nouvelles ou des congratulations
officieuses les plus propres à attiser une curiosité de journaliste. J’ai
donc consacré mes vacances à ce voyage. Gaxotte et Brasillach
m’avaient demandé de le raconter ici. Je le fais avec d’autant plus de
satisfaction qu’il se passe en Roumanie des choses passionnantes, que
j’ai pu les étudier à loisir, que de pareils phénomènes politiques sont
remplis d’enseignements fort actuels, et qu’enfin il n’est jamais mauvais
de connaître la vérité sur un pays ami.

La Roumanie selon la légende

Chaque nation a sa légende. Celle de la France, pour les Roumains,
veut, par exemple, que nous confondions régulièrement Bucarest
avec Budapest, quand nous n’en faisons pas la capitale de la Bulgarie
; que l’on ne voie jamais chez nous d’officiers en tenue par
crainte des bolcheviks et qu’à Paris l’on ne mange d’autres viandes
que le cheval frigorifié. Ceci dit, les Roumains comptent du reste
parmi les étrangers les mieux renseignés sur nous.
Il est déplorable que des voyageurs n’emportent chez eux que
deux ou trois de ces truismes, comme c’est le cas de beaucoup
d’Anglais et d’Américains. Mais j’ai appris, en faisant deux ou trois
fois le tour de notre vieux continent, que la légende d’un pays ne doit
pas être rejetée d’un bloc, que pour absurde et caricaturale qu’elle soit,
elle n’a pas été forgée de toutes pièces. Il est certain par exemple que
nous sommes fort ignorants de la géographie, que la République a
essayé par tous les moyens de détruire le prestige de nos uniformes et
que le bourgeois parisien se nourrit médiocrement, beaucoup plus
chichement en tous cas que le bourgeois de Bucarest.
La légende roumaine en France a pour principale source les étudiants
du Quartier Latin et les souvenirs de quelques régiments de
notre armée d’Orient, qui traversèrent en 1918 et 1919 le pays dévasté
décrit par M. Vercel dans Le Capitaine Conan. Il paraît donc que l’on
vous demande dans les hôtels de Bucarest si vous désirez un lit avec
ou sans femme, que les dames et les demoiselles de la société s’y disputent
l’étranger à chaque détour de rue, que si les hommes affichent
une telle élégance et remplissent à ce point les cafés, c’est qu’ils sont
tous entretenus et répugnent à la plus petite tâche. On cite encore volontiers
certains adages toujours attribués à un « moldo-valaque », tel
que : « Etre Roumain, ce n’est pas une nationalité, c’est une profession.»
J’espère ne pas surprendre outre mesure mes lecteurs en leur révélant
qu’il y a en Roumanie des milliers de jeunes filles vêtues du
noir le plus strict jusqu’à dix-huit ans, élevées dans des couvents français,
allemands ou dans des lycées de l’Etat avec une rigidité dont je

crois que la tradition s’est perdue même dans nos provinces ; que
beaucoup de fonctionnaires de Bucarest sont tenus à quelque dix heures
de bureau par jour ; que la prostitution est certainement moins
prospère dans cette capitale que dans des cités d’apparence très boutonnée
comme Lyon ou Amsterdam ; que je voudrais bien voir la tête
de la France laborieuse si on lui appliquait la semaine de quatre-vingt-cinq
heures couramment pratiquée pour le prolétariat de cette fainéante
de Roumanie ; que la paysannerie roumaine, enfin, conserve
intacte des traditions familiales bien ébréchées dans notre Occident.
Les Roumains s’étonnent de la liberté de nos rues. Et il est exact, ma
foi ! que n’importe quel square de Paris, l’été, abrite des effusions que
l’on oserait se permettre dans l’un des squares de Bucarest.
Pourtant, cela ne fait point de doute, on respire très vite en Roumanie
une odeur de corruption. Elle ne tient pas le moins du monde
aux choses de la chair, où les Roumains apportent sans doute une ardeur
de méridionaux, mais certainement beaucoup plus de santé que
des puritains insatisfaits. Cette corruption que la fable traduit si niaisement,
est bien plus complexe. Elle tient à un mode de vie, à des plis
de l’esprit, au frottement séculaire des Orientaux, des Turcs, des Phanariotes,
des Slaves, des Juifs aujourd’hui. La servitude, qu’elle soit
exercée sur l’étranger, comme jadis la Porte sur les Balkans, ou par
une tyrannie autochtone, comme dans le cas du marxisme, est redoutable
surtout parce qu’elle détourne un peuple du travail, dont il n’aura
pas le profit, pour l’incliner au marchandage, aux trafics d’influences,
à la quête des faveurs et des passe-droits. Bucarest, avec le remue-ménage
fiévreux de ses grandes artères, n’indique point une race nonchalante.
Aux champs ou dans les faubourgs, l’allure du prolétaire est
bien plus souvent le trot que le pas. Cette hâte constante du pauvre
bougre loqueteux vers une nouvelle corvée est même une des images
qui frappent le plus l’étranger. Mais un désordre subtil s’insinue dans
cette activité, et détourne finalement de leur but beaucoup de ces talents,
beaucoup de ces rudes efforts. La Roumanie est pleine
d’entreprises, inachevées et confuses, que l’on eût menées au bout
facilement et à beaucoup moins de frais, tant de capitaux que de sueur
humaine, avec un peu de discipline dans le travail et une probité au
moins relative des principaux exécutants.
Mais les Roumains en sont-ils entièrement responsables ? Ce
n’est pas la moindre des questions parmi toutes celles qui tiennent en
haleine aujourd’hui ce pays.

Quelques instantanés

Un voyageur a le devoir de fixer quelques aspects des pays qu’ils
traverse. La description reste encore l’un des meilleurs moyens
d’expliquer un pays. Le Bucarest, bien dessiné, à peine un peu trop
littéraire de M. Paul Morand, est certainement plus instructif et plus
vrai qu’un tome d’économie politique et de démographie.
On s’est endormi, si l’on a pu, dans le rapide de Vienne à Bucarest,
avec le souvenir de la correction silencieuse des nazis. Déjà, à
Budapest, l’assaut bruyant du train, maintes physionomies brunes,
maintes femmes plus vives et plus coquettes, annonçaient une autre
latitude. Mais les fonctionnaires avaient encore la roideur des vieilles
administrations à la prussienne. En deux heures de promenade,
l’atmosphère solennelle et un peu lourde de la ville vous avait repris,
la langue magyare vous avait étrangement dépaysé.
Le train stoppe au petit jour, au beau milieu de la steppe, dont la
fertilité n’arrive pas à masquer la sauvagerie. La Roumanie commence
là. C’est aussitôt un tohu-bohu d’uniformes, des casques à pointes

voisinant avec des bérets d’alpins, des casquettes anglaises et les vareuses
blanches du général Dourakine. De longs gaillards délurés et
narquois, en complets clairs, un chapeau de paille sur l’oeil, envahissent
les wagons. Ce sont les douaniers, les policiers qui sondent vos
bagages, scrutent vos passeports page à page, avec une ombrageuse
minutie, puis, s’accotant familièrement à la porte, vous félicitent sur le
bon goût de vos cravates, grillent une cigarette amicale et s’éloignent
enfin à regret en vous laissant comprendre que, malgré tout, on aura
l’oeil sur vous.
Un faquin minable trotte éperdument sur les talons de ces seigneurs.
C’est une espèce de fonctionnaire, lui aussi, puisqu’il est préposé
à la remise en place de vos valises, et vous lui glissez quelques
leis. Mais en geignant lamentablement, il tend l’autre main, s’agrippe,
semble près des larmes. Un Roumain somptueusement vêtu vient à
votre aide, lui donne la chasse. Le faquin s’incline très respectueux
devant le boyard, dans un flot de paroles, mais ne lâche pas pied. Il
n’est pas impossible qu’un vrai procès s’engage, bientôt arbitré par
une demi-douzaine de témoins. Un petit trait à retenir : la volupté de la
discussion, à propose de rien et de tout, pour l’amour de l’art. On la
retrouvera sous mille formes, tout le long du chemin.
La première ville qui se dessine à l’horizon se nomme, selon l’âge
des cartes et des guides, Grosswardein, Nagy-Varad ou Oradea-Mare.
Elle est d’ailleurs blanche et rose, dans une auréole de poussière, avec
une infinité de petites maisons semées sur un plan très fantaisiste,
comme le sont toutes les villes, sauf les saxonnes, entre Budapest et la
mer Noire.
Le train s’est vidé de tous les Hongrois de Budapest qui viennent
là passer leurs vacances dans le reste de la famille. Diable ! la moitié
sont Juifs. Les manuels innombrables de l’irrédentisme magyar ne le
disent pas.
Par chance, nous avons un wagon roumain. Ce sont maintenant,
avec les Autrichiens, les meilleurs de toute l’Europe Centrale. Le rapide
soutient une moyenne très honorable, au moins égale à celle des
chemins de fer allemands. Les nouvelles locomotives, fabriquées en
Transylvanie, sont imposantes. Sur ce point capital, l’équipement du
pays a beaucoup progressé. Le matériel est infiniment mieux tenu que
chez nous. Des femmes de service s’affairent, balai et plumeau à la
main. Tous les trains que nous croisons sont bondés. Le nôtre aussi.
Les Roumains sont des voyageurs infatigables. Le budget des chemins
de fer ignore le déficit. Par malheur, sur cette ligne au trafic intense, il
n’y a encore qu’une seule voie, et il en est presque partout ainsi.
Notre compartiment vient de se remplir de Roumains tout à fait
authentiques : des officiers, une jeune femme qui professe dans un
lycée, un magistrat. Au bout d’un quart d’heure, nous bavardons tous
en français du ministère Daladier, et après quinze kilomètres, surtout
après la Hongrie, il me semble que je me rapproche de chez moi.
Les chefs de gare ont tous dû sortir ce matin de chez le meilleur
faiseur, et arborent d’impeccables vestons sous de splendides casquettes
rouges. Mais les cheminots sont efflanqués, crasseux, presque
en haillons. A l’heure du déjeuner, la morne table internationale des
wagons-lits s’égaye d’une foule de hors-d’oeuvre, de poissons succulents,
d’un vin qui, enfin, n’est plus prohibitif. C’est l’accueil de la
cuisine roumaine, plantureuse, pleine d’imprévus, trop riche d’épices
et de sauces pour nos estomacs du Nord, mais si réjouissante après
quelques jours de régime germanique.
Un coin dans les Karpathes, refuge nécessaire pour quelques semaines
contre les chaleurs tropicales de la plaine. Un Parisien transporté
ici nuitamment par avion aurait assez de peine à y reconnaître la

notion classique du pays balkanique. Superbe route goudronnée, villas
pimpantes, Kyrielles de voitures américaines. Horizon d’admirables
forêts, dont nous avons presque perdu en France le souvenir. N’étaient
les fiers à-pics des cimes, le paysage serait presque trop peigné, trop
suisse. Il faudrait aller chercher plus haut, vers le Nord, les Karpathes
romantiques où l’on chasse encore les ours. Sinaïa, avec ses torrents,
ses palaces, ses charmantes maisons roumaines (que le pays n’est-il
construit tout entier dans ce style !), ses châteaux royaux aux clochetons
germaniques sent un peu le décor bien épousseté, mais ce décor
est parfaitement réussi.
Une nuit de chemin de fer, et me voilà à l’autre bout du monde,
en pleine Dobroudja. D’admirables paysages d’eaux couverts de nénuphars
et d’oiseaux bleus et roses de contes de fées prolongent le
Danube à l’infini. Des minarets se dressent sur les villes. Puis voilà le
désert, face à la mer, une terre féconde, mais sinistre, couleur de cendre,
sans cailloux, sans arbres. Une carcasse de cheval d’où des corbeaux
s’envolent, pourrit à vingt mètres de la voie. De petites gares
mélancoliques poussent de loin en loin, et les Roumains ont eu
l’heureuse idée de leur donner des noms prestigieux : Neptune, Ovidiu.
Il n’en faut pas plus pour faire surgir de ces paysages élémentaires,
ces paysages de commencement du globe, toute une mythologie
farouche et grandiose. Ces flots sombres et puissants, ce sont bien
ceux du Pont-Euxin, battus par le trident des dieux irrités. Ovide mourut
par là. Comme l’on comprend les Tristes ! Mais ce souvenir, à
deux mille ans de distance, demeure un héritage vivant pour une nation
qui apprit sa langue des légionnaires.
A quinze lieues de là, dans une anse de la mer Noire, Mangalia.
Un demi-mètre de poussière sur une vague piste et sur toutes choses,
sur les bourricots roussis, sur les arbres dont je ne sais plus le nom, sur
le fez des Turcs centenaires qui somnolent le long des trottoirs. Une
mosquée toute blanche, les effarants produits verts et visqueux, des
salmigondis de dix races, des femmes mongoles aussi pures qu’au
temps des grands Khans. Et au milieu de cette pouillerie levantine, un
petit Deauville roumain, quatre ou cinq hôtels battants neuf, des villas
du style Le Corbusier, des dancings, et deux cents jolies Bucarestoises
en shorts et en pagnes à fleurs, manucurées et coiffées mieux qu’à
Hollywood, le dernier hebdomadaire de Paris ou le dernier livre de
Marcel Aymé à la main, évitant, avec un art miraculeux, de leurs orteils
vernissés, les épluchures du marchand de melons turco-gréco-judéo-
arménien dont leur regard ignorera à jamais l’existence.
Bucarest enfin. Entre mille croquis, lesquels choisir ? Voici la
gare, énorme, fleurie, magnifiquement distribuée, pourvue de tout le
confort imaginable, une vraie gare de capitale. Mais la sortie débouche
sur un terrain vague, bosselé, sans un lampadaire, que termine une
palissade pourrie.
De loin, Bucarest découpe sur un ciel éblouissant une silhouette à
la Chicago avec ses gratte-ciel et ses buildings.
Mais avant d’atteindre ces géants de la banque, de l’assurance et
du pétrole, vous traverserez une immense bourgade, aussi étendue que
Paris, avec ses maisons de deux étages, ses rues où, sur cinquante mètres,
vous rencontrez le Petit Trianon, un chalet suisse, une façade
hispano-mauresque, un cube nu de ciment armé, le tout épousant les
méandres d’une paisible anarchie qui ne manque du reste point de
charme lorsqu’on a bien voulu s’y habituer. Les chariots à quatre
roues des Barbares du Ve siècle y coupent la route à d’étincelantes
Packard. Vous passez incontinent du macadam à la fondrière, au point
que l’on pourrait se demander si chaque habitant n’a pas fait construire
devant sa demeure le trottoir correspondant à ses revenus. Chaque

pavé représente un pot-de-vin. Cependant, le nettoyage de la voirie
est bien assuré. La malpropreté ne commence en Roumanie
qu’avec la misère absolue, avec la juiverie ou le sordide cosmopolitisme
des ports du Danube et de la mer. Le Roumain est peut-être le
seul Méridional qui ait pour premier luxe de se laver, de blanchir et de
fourbir sa demeure. Lorsqu’il est sale, c’est le signe qu’il crève littéralement
de faim. Le cas, malheureusement, n’est point si rare.
A Bucarest, une controverse avec un chauffeur ou un cocher peut
inspirer à un Français encore mal entraîné à l’Orient des idées
d’assassinat. L’instant d’après, il s’émerveille, il s’attendrit devant les
plus belles et les plus riches librairies françaises qui soient au monde
hors de Paris. Sauf le cas d’incurable hypocondrie, il lui sera difficile
de résister à la bousculade joyeuse de la Calea-Victoriai – la plus forte
densité sans doute de jolies femmes, ou pour le moins de femmes attrayantes
de toutes les artères européennes – aux cafés où les vieux
Roumains ne se résignent pas à enterrer les traditions du boulevard
parisien de leurs vingt ans. Sur ce « corso stendhalien », comme dit
Paul Morand, tout le monde se connaît plus ou moins, et cependant, ce
n’est jamais la mesquinerie, la monotonie de la province. Les caviars,
les vins blancs, les petits pâtés des bodegos achèvent de nous réconcilier
avec Bucarest. Et lorsqu’on s’est amusés jusqu’à la lassitude des
contrastes incessants et capricieux de la ville, il reste le refuge de ses
beaux jardins, où la main de l’homme a guidé la nature si discrètement.
Le Français qui vient à Bucarest ne peut s’y sentir entièrement à
l’étranger. C’est probablement une des raisons de ses impatiences, de
ses exigences. Il comprend tout trop vite, qualités et défauts, et
l’affabilité de chacun aidant, il se croit peut-être autorisé à parler et à
trancher comme s’il était un peu « de la famille ». Ce qui ne veut pas
dire qu’il soit toujours de bon conseil…
Un pope à ceinture rouge, un dignitaire sans doute, lustré, épanoui
de santé, la moustache en croc, jouant d’une badine souple, sort d’un
restaurant élégant entre deux bouffées de tango. Un tzigane de quatorze
ans pétri un accordéon de bastringue, et il en fait un orgue. Ces
venatori (chasseurs) des bataillons de montagnes, portant le béret kaki
de nos régiments de forteresse, ne pourraient-ils pas être des conscrits
savoyards ou auvergnats, à peine un peu plus frustes ? Sur le seuil de
sa maison blanche et nette, où la camelote juive n’a pas encore évincé
les beaux objets rustiques, un paysan aux yeux noirs, ingénus et vifs,
reconduit à son auto une jeune bourgeoise tirée à quatre épingles, et
lui baise la main avec une déférence et une galanterie exquises.
Mais il suffit pour le pittoresque roumain. Je dois même dire, en
songeant à tous ce que mon voyage m’a révélé, que ce pittoresque n’a
jamais été moins de saison.

Une esquisse de la grande Roumanie

Voici vingt-cinq ou trente ans, un journaliste aurait pu y sacrifier
avec autant de sérénité que Théophile Gautier flânant jadis dans la
plus pacifique des Espagnes.
La Roumanie, à l’époque, s’accoutumait sans grands heurts à
l’indépendance, sous le sceptre d’un vieil Hohenzollern fort mal assorti
au tempérament de ses sujets, mais qui cherchait leur bien avec
sincérité. La République française était le phare de cette monarchie.
On pouvait se permettre, sans excès de dommages, de calquer les remous
de sa politique, tant la vie était facile sur un petit territoire regorgeant
de tous les dons du ciel. Il n’est pas très difficile d’imaginer
que c’eût été la félicité sans la plaie juive s’envenimant d’année en
année.

Il est arrivé depuis à la Roumanie la merveilleuse et périlleuse
aventure de passer, sans transition, au rang de septième puissance de
l’Europe, possédant quarante mille kilomètres carrés de plus que
l’Angleterre, et pouvant, avant trente ans, égaler la population de la
France.
Le sort affreux que la diplomatie des alliés lui avait réservé en
1916 valait une compensation. Gardons-nous bien, par le temps qui
court, de rechercher si cette compensation a été ou non excessive. Ce
qui est certain, c’est que la Roumanie est, avec la Pologne, l’Etat le
plus normalement constitué de tous ceux qui ont vu le jour à Versailles.
La population, purement roumaine, qu’elle rassemble, est très
homogène. A ce propos, il n’est pas inutile de rappeler que le
« Moldo-Valaque » est aussi vide de sens que celui de Normando-
Berrichon.
Le Moldave est tout simplement le Roumain du Nord, plus grand,
de complexion plus claire. Le mot valaque, s’il était employé, désignerait
le Roumain du Sud et du Centre. On dit là-bas « Olténien » et
« motenténien ». Les Roumains de Transylvanie, de Bukovine, de
Bessarabie possèdent, bien entendu, leurs traits particuliers, qu’ils
confrontent, qu’ils revendiquent, mais ce ne sont que de menus détails.
Ces Roumains se sont confondus aussitôt avec ceux du Vieux
Royaume, parce que tous sont vraiment unis par une communauté
ethnique millénaire surprenante, mais indiscutable. On a longuement
soupesé la « latinité » des Roumains, parce qu’il paraissait inadmissible
d’y ranger ces hommes d’Orient. Mais la latinité n’est pas plus une
affaire de sang que le germanisme. C’est une communauté de langage,
de pensées. Les arrière-petits-fils des Daces et des légions de Trajan
ont, bien entendu, subi une influence byzantine qui n’a pour ainsi dire
jamais effleuré le Gallo-Romain. Mais, enfin, si cette influence avait
été toute puissante, elle aurait coulé dans le même moule tous les
chrétiens d’Orient. Le prestige d’une langue latine a cimenté un de ces
peuples chrétiens aussi sûrement que les architectes romains le faisaient
pour les pierres de leurs aqueducs. La langue a résisté à tout :
invasions, asservissements, massacres, dispersions aussi. Sans vouloir
m’aventurer sur un terrain que je connais bien mal, les plus graves
dangers que cette langue a courus, me semble-t-il, elle les doit à ses
grammairiens du siècle dernier. Les paysans emploient souvent un
vocabulaire plus proche des origines que celui des professeurs. Quoiqu’il
en soit, elle a été le signe de ralliement de ces gens-là envers et
contre tout. C’est une histoire qui mériterait quelque respect pour sa
seule étrangeté. Elle a distingué les Roumains de tous leurs voisins,
elle les a dotés d’une forme d’esprit qui leur permet beaucoup plus
vite qu’à ses voisins, de s’assimiler maintes choses d’Occident. Quant
à vouloir en conclure qu’ils jugent de tout comme un Beauceron, c’est
une autre affaire, et où l’on aurait plutôt des mécomptes.
La Roumanie d’après-guerre a hérité, comme ses voisins, de minorités
pesantes, mais toutefois beaucoup mieux réparties, avec certaines
enclaves, telles les vieilles et importantes colonies hongroises et
saxonnes de la lisière des Karpathes dans les conditions les plus favorables,
semble-t-il, à une assimilation : fort éloignées du noyau national,
cernées par les majoritaires. La politique de Bucarest à l’endroit
de ces minorités a été suffisamment souple pour devenir même tout à
fait débonnaire, ne surestimant point à l’excès sa force, et favorisant
peu à peu l’exode vers l’intérieur, notamment vers Bucarest, d’un
nombreux prolétariat hongrois, ce qui est sans conteste la méthode la
plus efficace. Au surplus, le paysan roumain est presque aussi prolifique
que le paysan polonais. Pour un petit Hongrois, il naît trois ou
quatre petits Roumains en Transylvanie, ce qui crée des garanties et

des droits infiniment plus solides que n’importe quel pacte. Il
n’apparaît pas que le problème des minorités chrétiennes pourrait
prendre là-bas la forme d’une crise aiguë et vitale pour l’Etat tout entier,
comme cela vient d’être le cas chez les Tchèques.
Economiquement, la Roumanie nouvelle est une espèce de chefd’oeuvre.
Du moins en a-t-elle tous les éléments. On n’insistera jamais
assez sur la richesse providentielle de cette terre, et surtout sur
l’équilibre parfait de ses richesses : céréales, fruits, bois, vins, pétrole,
minerais, des sites et des stations touristiques d’une exploitation facile,
une incomparable voie fluviale, un débouché vers la mer. Ne
sont-ce pas autant de promesses de la plus enviable destinée ? Vingt
ans après la réalisation de ses rêves les plus inespérés, la Roumanie
s’est-elle montrée digne du sort qu’on lui réservait ? Infiniment plus
prudente et mieux inspirée que sa voisine tchèque dans sa politique
extérieure, la gestion de ses affaires intérieures apparaît surtout
comme une série d’échecs confus. Le pays est depuis six mois sous la
coupe d’un pouvoir dictatorial exercé directement par le roi Carol II.
Est-ce une punition nécessaire ? Est-ce la voie du salut ?

II.

Codreanu, envoyé de l’Archange ?

suite…

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Bonus

Lucien REBATET

LA CORRUPTION DES ESPRITS
L’article ci-dessous est paru dans le numéro spécial sur les
juifs de l’hebdomadaire Je Suis Partout, en date du 17 février 1939,
puis a été publié pour la première fois en 1999, dans un recueil qui
comprenait aussi les articles du premier numéro spécial de JSP sur
la question, datant du 15 avril 1938, et dont Rebatet avait, là aussi,
été le principal rédacteur. Nous présentons quelques extraits de la
préface de ce recueil de 224 pages, intitulé Les Juifs et l’antisémitisme.

***

Lucien Rebatet, journaliste et écrivain, auteur du fameux
pamphlet Les Décombres – le best-seller de l’Occupation – et d’une
Histoire de la musique – qui fait toujours autorité – a connu
quelques déboires après la défaite de l’Allemagne, du fait de son
engagement politique.
Il fut arrêté en Autriche le 8 mai 1945 sur mandat d’arrêt du
juge Zoussman et condamné à mort le 23 novembre 1946 pour ses
écrits. Gracié par Vincent Auriol le 12 avril 1947, en compagnie de
Pierre-Antoine Cousteau, sa condamnation fut commuée en peine
de travaux forcés à perpétuité. Le 16 juillet 1952, il fut finalement
libéré, après sept ans et deux mois de prison.
Son antisémitisme, comme celui de ses prédécesseurs, est avant
tout la réaction de défense d’un “indigène” contre une agression
extérieure. Grand critique d’art et homme d’une immense culture, il
était naturellement sensible à la décadence culturelle et artistique de
l’Europe soumise à l’influence des Hébreux.
Lucien Rebatet est mort le 24 août 1972, ne reniant rien de ses
idées. Son oeuvre, au delà de l’engagement politique, fait honneur à
la littérature française et à l’esprit français.

***

Les Juifs, devant les antisémites, allèguent très haut leur apport
au patrimoine commun des hommes. Il est certain que la nation
juive manifeste plus de goût pour l’art et pour la pensée que pour la
guerre et l’agriculture, ce qui est son droit. Mais l’histoire de cette
pensée et de cet art juifs est singulièrement courte. Elle ne
commence en fait qu’avec l’émancipation du XIXe siècle.
De la destruction de Jérusalem à cette émancipation, Israël n’a
donné à l’humanité qu’un seul homme : Spinoza. Les annales juives
retiennent des noms de rabbins, de médecins, ceux de quelques
poètes. Mais leur renommée, après Maïmonide et le haut Moyen

Age, n’a guère franchi les murs du ghetto. Israël n’a pas eu plus de
part que les Canaques à l’apogée du XIIIe et du XIVe siècle, à la
Renaissance, à l’épanouissement de l’époque classique, à la
diffusion des humanités, aux grandes découvertes. Tous les grands
siècles chrétiens du XIIe au XVIIIe s’en sont d’ailleurs fort bien
passé…
L’émancipation a permis aux Juifs depuis un siècle et demi
l’exercice de toutes leurs qualités spirituelles. Quelle place leur ont-elles
valu ? A considérer l’ensemble de ces cent cinquante années,
la nation juive y apparaît moyennement douée, pour employer un
qualificatif platement universitaire. Prenons ses sommets. Elle a eu
Mendelssohn, un joli musicien de second ordre, qui s’est bien
assimilé Schubert et Weber. Elle a eu Henri Heine, un Mendelssohn
de la poésie, avec en plus une ironie corrosive et tout un arsenal de
poisons révolutionnaires. Elle a eu un beau peintre, Juif portugais
du reste, Camille Pissarro, un philosophe digne de respect, M.
Bergson, quelques grands inventeurs comme Henri Hertz, plusieurs
grands médecins comme Ehrlich, plusieurs grands chirurgiens.
Le palmarès est honorable, pour une nation de vingt à vingt-cinq
millions d’habitants. Il n’y a pas lieu cependant de crier au
miracle. Les Juifs alignent bien entendu toute une kyrielle de noms.
Mais ce sont ceux d’imitateurs plus ou moins adroits, de
commentateurs ou d’interprètes souvent excellents, ou
malheureusement de corrupteurs redoutables. Le Juif imite bien,
critique avec subtilité les oeuvres des autres peuples. Il met sur pied
fort peu de créations originales, et surtout, il corrompt beaucoup.

La peinture française et les Juifs

Il n’y a pas d’art plastique juif, pas un seul monument juif.
Pissarro est une exception. Il a grandi et vécu hors de toute juiverie,
au milieu de l’admirable école des impressionistes français. En
Allemagne, Max Liebermann, autre Juif, n’a fait que suivre
lourdement les principes de ces grands peintres de chez nous.
On a vu cependant sortir de terre depuis une trentaine d’années
toute une pléiade de Juifs qui ont choisi la peinture et la sculpture
pour s’exprimer, et presque tous, Paris pour port d’attache. La
grande rétrospective de l’Art Indépendant au Petit-Palais, en 1937,
en comprenait une dizaine, parmi les plus connus : les peintres
Marc Chagall, né à Witebsk, en Russie ; Kaïm Soutine, né à
Smilovitchi, en Lithuanie ; Modigliani, né à Livourne ; Kisling, né à
Cracovie ; Marcoussis, né à Varsovie ; Max Ernst, né à Bruhl, en
Allemagne ; Pascin, né à Widdin (Bulgarie), d’un père juif espagnol
et d’une mère juive serbe mais d’origine italienne, élevé en
Allemagne, naturalisé américain, établi en 1905 à Paris où il se tua
il y a quelques années ; les sculpteurs : Chana Orloff, né en
Ukraine ; Zadkine, né à Smolensk ; Lipchitz, né à Druskieniki
(Pologne).
Je puis parler d’eux en toute sérénité. J’ai été un des spectateurs
passionnés du Montparnasse d’après guerre. J’ai vidé des verres en
compagnie de Pascin. Par horreur de l’académisme, je puis assurer

que je me suis penché patiemment, attentivement, sur toutes les
folies et les bizarreries de l’époque. Je ne me suis persuadé que peu
à peu, à contre-coeur, de toute la part de supercheries et
d’impuissance qu’elle comprenait, et du rôle qu’y jouèrent les Juifs.
Cette première juiverie de Montparnasse abonda en dons et en
personnages singuliers : Modigliani, sa noblesse ingénue, sa grâce ;
Pascin, son prodigieux vagabondage et son érotisme obsédant ;
Kisling, courageux combattant de la Légion, ses accords de ton
d’une acidité parfois amusante.
Cependant tous ces Juifs, et tant d’autres, se rejoignent dans la
même besogne involontaire de désagrégation. Leur couleur est une
décomposition de la palette française, leur forme est disloquée ou
fugitive. Le tarabiscotage intellectuel remplace chez eux
l’intelligence plastique. Leur pseudo-civilisation, son contact avec
la vie, n’est plus qu’une déformation arbitraire et se termine dans la
caricature. Rien de plus affreux que les moignons, les tronçons
vaguement assemblés de Zadkine ou Lipchitz, que la monstrueuse
pourriture de ghetto que Soutine accumule à coups de truelle.
Rien de plus éloigné de l’admirable lignée des arts français, de
Chartres à Auguste Renoir. Les Juifs de l’« école de Paris » ont
vécu de ses dépouilles. Ils n’ont rien imaginé. Ils ont démantibulé
Cézanne, singé grossièrement le génial Van Gogh, transformé en
anarchie les audaces de Matisse. Quant au cubisme, c’est le chrétien
Guillaume Apollinaire qui fut son véritable inventeur.
Par malheur, les Juifs à leur tour ont exercé une espèce
d’influence. La peinture française paraît depuis une vingtaine
d’années en régression. Les causes de cet étiolement ne sont pas
simples. La décadence de l’enseignement officiel, du goût des
grands clients, l’Etat et l’Eglise au premier rang, ont leur part de
responsabilité. Mais on ne peut oublier qu’en plein essor, la
peinture française, cet arbre magnifique de sève et de fruits, a
commencer à dépérir depuis que le charançon juif s’y est attaqué.
Dans chaque salon, chaque exposition, nous voyons des artistes
français sacrifier à la déliquescence juive. Et le nombre des
barbouilleurs juifs ne cesse de grandir, d’exposer, de répandre les
plus pernicieux poncifs. Au hasard des derniers catalogues, on
pourrait citer des centaines de noms.
Une autre influence, plus déplorable encore, est celle des
marchands de tableaux. Ils ont réunis de superbes collections. Mais
cette intelligence se double chez eux de l’éternelle spéculation.
Deux fois sur trois un tableau est pour eux non seulement une belle
chose, mais un titre qui peut monter. Une extravagante bourse juive
de la peinture s’est créée à Paris. Depuis vingt ans, les grands
marchands de tableaux de Paris se nomment ou se sont nommés
Georges Wildenstein, Juif militant, le Rothschild de la profession,
Rosenberg, Georges Bernheim, Berthe Weil, Zak, Zborowski,
Kaganovitch, Billiet-Worms, Jos-Hessel, Simonson, André Weil,
Kleinberger, Seligmann, Birtchansky, etc, etc…

Ces marchands ont stocké des toiles; pour faire grimper les
prix, ils ont organisé des ventes fictives, placé des toiles
insignifiantes ou ridicules dans les musées avec l’aide des Juifs
installés au Grand Conseil des Beaux-Arts et des rabatteurs de la
critique juive. Ils ont imposé ainsi sur le marché des médiocrités,
des laideurs qui ont fait prime, qui ont lancé les modes les plus
absurdes.
Cette frénésie a eu le sort de toutes les entreprises juives. La
clientèle s’est fatiguée, le krach s’est produit, les cours se sont
effondrés. Mais la peinture française n’est pas encore remise de
cette imbécile fièvre. Bien des peintres aujourd’hui d’âge mûr ne se
relèveront jamais de l’industrie où le Juif les a poussés.

La musique juive

Toute la grande évolution musicale du XIXe siècle s’est faite en
dehors des Juifs, avec Beethoven, Wagner, les Russes. Tous les
grands créateurs de la musique contemporaine sont aryens : Richard
Strauss, Debussy, Strawinsky, Maurice Ravel. Tous les artistes dont
l’oeuvre se tient, par le métier, par leur contenu national sont
aryens : Enesco pour la Roumanie, Prokofieff pour la Russie,
Bartok pour la Hongrie, Hindemith pour l’Allemagne, Falla pour
l’Espagne sont des aryens.
Ces hommes, de Tristan et Isolde, de Wagner, au Sacre du
Printemps, et à l’Histoire du Soldat, de Strawinsky, ont enrichi le
langage musical par des conquêtes toujours plus audacieuses dans
l’harmonie, le rythme, l’instrumentation, mais des conquêtes
logiques, menées d’une main ferme dans un but expressif et précis.
Les Juifs font grand cas d’un des leurs, Gustav Mahler, qui fut
également un Wagnérien fervent. Mais Mahler est chaotique,
hétéroclite, il ne reste plus chez lui l’ombre d’un plan musical.
Enfin, au début du siècle, un autre Juif est venu, l’Autrichien
Arnold Schoenberg. Il a débuté dans les traces de Wagner et de
Debussy, imitant leur chromatisme. Mais bientôt, il a brisé tous les
cadres musicaux, imaginé une sorte de modulation continue,
l’atonalité. Schoenberg, avec ses adeptes viennois, a été le mauvais
sorcier de toute la musique moderne. En détruisant toute règle, il a
autorisé les pires malfaçons, encouragé les laideurs les plus
saugrenues, et les plus inutiles. Il a égaré toute une génération de
musiciens. Et si Darius Milhaud ne procède pas directement de lui,
comme par hasard, cet auteur infatigable de musiques malpropres et
débraillées est un Juif provençal.
Le Juif Paul Dukas, venu avant Schoenberg et le grand enjuivement
d’après guerre, avait le plus grand respect de son art. Ce fut
un Parnassien de la musique, un étincelant bijoutier. Mais son
apport personnel est faible. Sa musique froide et brillante n’a pas de
chair. Elle paraît déjà le plus souvent ternie et desséchée.
Les Juifs ont produit par contre une magnifique pléiade
d’interprètes, de Joachim et Antoine Rubinstein à Yehudi Menuhin
et Horowitz, le plus grand pianiste d’aujourd’hui. Cela tient avant

tout à l’agilité de leur mimétisme. Wagner le savait bien qui,
résolument antisémite, choisit un chef d’orchestre juif, Hermann
Lévy, pour créer Parsifal à Bayreuth. Les Hitlériens ne l’ont pas
imité. Ils ont eu tort. Les interprètes juifs ont rendu à la musique
allemande des services qui méritaient au moins quelques exceptions.
Une admirable servante de l’ancienne musique telle que
Wanda Landowska doit être honorée comme elle le mérite. Mais les
Juifs, jusque dans ce domaine, profitent trop des qualités qu’on leur
reconnaît pour pousser impudemment, avec une réclame inouïe,
n’importe quel racle-boyau de ghetto. Il y a en moyenne cinq
exhibitions de chefs, d’instrumentistes ou de chanteurs juifs à Paris
chaque semaine. C’est presque toujours quatre de trop, pour la
cause de la musique et celle des musiciens français.

La pensée, l’enseignement, les lettres

Même dans ses plus hautes spéculations, telle que l’oeuvre de
Bergson, la philosophie juive a été plus dissolvante que créatrice.
Pour certaines notations justes et ingénieuses, Freud a engendré tout
un système de généralisations déjà caduques, une école de
maniaques et de charlatans. La sociologie des Lévy-Bruhl et des
Durckheim n’est que l’invention d’un anticléricalisme saugrenu, la
recherche essoufflée d’un culte de la société à opposer aux
religions, le totem contre la croix.
Le corps enseignant français, dans son ensemble, est moins
attaqué jusqu’ici, que ne le fut celui de l’Allemagne, encore que le
nombre des Juifs y déborde presque partout le pourcentage
admissible. Les Juifs n’ont du reste guère besoin d’embrasser la
carrière souvent ingrate et mal payée de professeur. Il leur suffit
d’avoir délégué à la tête de l’enseignement français, où il semble
inamovible, l’un des pires d’entre eux, le Juif Jean Zay.
Les Juifs, jusqu’à présent, n’ont jamais joué dans les lettres
françaises un rôle comparable à celui, si pernicieux, qu’ils ont tenu
en Allemagne, qu’ils tiennent aux Etats-Unis. Le cas de Marcel
Proust mériterait toute une étude. Ce qui est déjà périssable dans
son oeuvre n’est-il pas le fait du semi-judaïsme, n’est-ce point par
cela que ce grand écrivain a exercé après sa mort cette influence
assez fâcheuse qui nous a valu tant de pseudo-introspections ?
Pour le théâtre juif, avec ses fabrications sommaires, fausses, sa
chiennerie emphatique, il appartient déjà au passé. Bernstein, certes,
se suffit à lui seul ! Mais Porto-Riche, Savoir sont morts, d’autres
ont fini leur carrière, et on leur voit peu de remplaçants. Le théâtre
est aujourd’hui d’un rapport trop précaire. Les Juifs l’abandonnent
pour la manne inépuisable du cinéma. Ils ont entièrement accaparé
le cinéma français. Mais s’il y a à Hollywood des Juifs de talents,
ceux de nos studios sont des margoulins d’une espèce telle que l’on
se refuse à ranger leur camelote sous la rubrique de l’esprit.