LA FRANCE BIG BROTHER


  
Auteur : Obertone Laurent
Ouvrage : La France Big Brother Le mensonge, c’est la vérité
Année : 2014

PRÉFACE DE XAVIER RAUFER
« En un éclair, le lever du soleil dessine la forme du
nouveau monde. »
Alors qu’au loin grondent les canons de la bataille
d’Iéna et que la Grande Armée écrase la Prusse, Hegel
écrit, en préface de sa Phénoménologie de l’Esprit :
« La frivolité et Tennui qui envahissent ce qui subsiste
encore, le pressentiment vague d’un inconnu sont les
signes annonciateurs de quelque chose d’autre qui est
en marche ».
Nous en sommes là aujourd’hui. Sauf qu’à l’instant,
« dégoût » est plus pertinent que « frivolité et ennui ».
Car sous nos yeux, ce qui fut la V République se gangrène
un peu plus chaque jour.
Hors sentiments politiques, le général De Gaulle
était la probité même. Pas le type à monter des coups,
ni à taper dans la caisse. Or un demi-siècle après, où en
sommes-nous ? Héliogabale à l’ÉIysée; partout, affairistes,
escrocs et partouzeurs agissent à découvert.

Dire cela n’est pas forcer le trait : quand les secrets
d’Etat servent toujours plus à camoufler des affaires de
fric ou de fesses, l’essence du pouvoir d’État s’obscurcit
; de Machiavel à Cari Schmitt, tous les bons auteurs
l’ont écrit.
Le discrédit des gouvernants prouve qu’on en est là :

« Les politiciens agissent d’abord pour leurs intérêts
personnels » : oui, 82 % des sondés {Le Point, Cevifop, 25/01/2013)

« Les dirigeants ne tiennent pas compte de notre
avis » : oui, 85 % {LeMonde, 16/01/2013)

« Mauvaise opinion du PS » : 75 % ; « mauvaise opinion
de l ’uMP » : 67 % {AFPy 31/08/14).

Oh bien sûr, les révélations de presse arrivent au jour
le jour… par petits paquets… La « société de l’information
» banalise, édulcore… Et les grands quotidiens
d’information, tous propriété de milliardaires dans la
boucle…
Mais les faits sont là; voici en accéléré le film des
mois écoulés. D ’abord, côté gauche :
“ Souffrant de « phobie administrative », un secrétaire
d’Etat, député et militant socialiste, ne paie ni
impôts, ni loyer, ni procès-verbaux, ni son kiné, ni son
chauffagiste. Gag ! C ’est un ex-membre de la commission
chargée d’enquêter sur Cahuzac, le ripou du coup
d’avant,
-Le premier secrétaire du PS, jadis prévaricateur
trotskiste de la Mutuelle étudiante Mnef; architecte
et bénéficiaire d’un « entrelacs complexe et obscur
d’une cinquantaine de sociétés commerciales réalisant

un chiffre d’affaires d environ 2,3 milliards de francs »
(LePoint, 4/07/1998), aujourd’hui balancé par un ex-complice,
pour avoir mitonné son doctorat à la sauce
trotskiste,
– Dans son propre fief, le ministre des anciens combattants
découvre que 2 millions d euros de marché
ont été attribués à son frère, sa belle-soeur, son neveu et
son cousin — et il n’en savait rien, le pauvre !
-Haut fonctionnaire à l’ inspection générale des
affaires sociales, le conseiller politique de François
Hollande est viré en avril 2014 pour avoir, moyennant
finance, fricoté avec des laboratoires pharmaceutiques,
– Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie
qui, en novembre 2013 encore, honore l’ « homme
hors du commun » qu est le sinistre Raul Sendic,
chef des Tupamaros d’Uruguay ; virée peu après pour
« évaluation mensongère de son patrimoine »…
Le flux grossit; son débit augmente… Il faudrait un
Malraux… Entre ici Flanby, avec ton terrible cortège…
Le grand-prêtre Bernard-Henri Lévy sous amphétamines…
Les belles âmes du cinéma engagé avec
comptes en Suisse… Yannick Noah exploitant sa
bonne… Lilian Thuram secouant sa copine… Les intellos-
plagiaires… Les footballeurs-icônes, michetons
à mineures… Les antiracistes-prévaricateurs… Les
bienfaiteurs-résidents helvétiques… Les ploutocrates-dames-
patronnesses… Les chercheurs « antiracistes »
financés par le milliardaire-pré dateur Soros…

Il y a des noms bien sûr. Et des faits documentés —
mais restons ici dans Tépure… Arrêt final sur image,
pour l’insondable cloaque marseillais :
L’ex-chef socialiste Jean-Noël Guérini, sénateur et
président du Conseil général des Bouches-du-Rhône…
Plus, le premier secrétaire d’une fédération socialiste
locale, aux « pratiques féodales » selon Arnaud
Montebourg… Pris dans des « instructions judiciaires
tentaculaires ». Quels chefs d’inculpation! « Prise
illégale d’intérêt… Trafic d’influence… Association de
malfaiteurs… Abus de biens sociaux… Détournement
de fonds publics… Blanchiment ! ».
En fond de tableau, la Douane judiciaire dénonce
(17 mai 1013) un « véritable système mafieux » établi
« au profit du Clan Barresi » — ce dernier, fiché
au grand banditisme. La note ajoute que le frère,
Alexandre Guérini, est « très lié au milieu marseillais
». Une sénatrice PS parle d’ « élections achetées »
— à Marseille bien sûr — pas à Palerme. Et la droite
libérale marseillaise ? Elle fricote avec Guérini — par
« pragmatisme ». Seulement? Non : le partage du
gâteau — et Tomerta aussi. Libé du 21/10/14 • « personne
ne tient à s’exprimer sur le sujet ». Plein de
cadavres déjà, à Marseille. Silence ! Pas besoin d’un de
plus.
Côté droite alors ? Pas vraiment mieux :
– Un député-maire des Hauts-de-Seine au « train
de vie faramineux »…. Des « somptueuses villas »,
à Marrakech… aux Antilles! Des « montages complexes
de sociétés-écran »… Un rôle d’intermédiaire…

De juteuses commissions sur un compte numéroté à
Singapour…
– Un dignitaire centriste… Son « enrichissement
personnel inexpliqué », ses nébuleuses déclarations de
patrimoine… Des parts d’une chétive société achetées
3000 euros et revendues 300 000…
– De jadis impeccables hauts fonctionnaires jouant
désormais à « Monsieur le Trouhadec saisi par la
débauche »…
Côté business, la valse secrète des millions d euros, de
« gigantesques commissions occultes dans des paradis
fiscaux » finissant parfois dans les poches de gourgandines…
Les sociétés offshore à Luxembourg… Chypre
et Singapour… A l’oeuvre dans la soute, des gangsters
recyclés (?) ou des « as des montages spéciaux »…
Ce qui précède est bien sûr une liste très partielle, on
ne peut tout dire — plus, tout ce qu’on ignore encore
et qui peut sortir à chaque instant.
Mais comment un si désastreux bazar tient-il encore
debout ? Simple — et c’est là que, depuis le début, nous
voulons en venir. Le système tient — désormais, ne
tient quasiment plus que — grâce à ses chiens de garde.
Grâce à sa milice issue du microcosme de 1 édition,
des médias… journalistes et artistes militants… chercheurs
sans trouvailles… bureaucrates-culturels indéboulonnables…
bas clergé médiatico-académique
expert ès chasses à l’homme (de droite) et disqualification.
Et les « comiques militants », sinistres donneurs
de leçons et leur humour à injonctions…

Idéologiquement épuisée, cette clique sait encore
intimider la presse et les libéraux, grâce à ses mots-sentences,
« préjugés… stéréotypes… stigmatisation »…
Une meure essoufflée qui, d’en haut, énonce encore
péremptoirement au bon peuple ce qu’ il doit penser…
Ceci n’est pas une lubie personnelle, loin de là.
Modèle de ce qu’il reste d’une gauche intègre, le sociologue
Michel Viewiorka dénonce ainsi récemment le
« couple obscène médias-politiciens »… leurs liens
« presque incestueux ».
Cela, l’opinion commence à le percevoir :
« Les journalistes sont-ils coupés du réel ? » Oui,
74%; « sont-ils indépendants? » Non, 71% {Ipsos-
Steria, janvier Z014) ; « sont-ils de confiance ? » Non,
76 % {Opinion Way, mars 2014)
Mais sortons de la bauge : parmi les prophètes du
néo-monde, Fauteur a souvent cité Philip K, Dick. En
voici un autre : William Burroughs. Souvenons-nous
— « Le Festin nu »… L’interzone, enfer crépusculaire
où le réel a fondu, où cauchemars et réalité ne font
qu’un… D’un scandale à l’autre, la France glisse ainsi
vers l’interzone, chaque jour un peu plus.
Est-ce pour autant fatal ? Non cher Laurent — c’est
même là que vous intervenez. Retour à Hegel qui
conclut ainsi sa splendide évocation du monde épuisé,
dont l’émiettement est « brusquement interrompu
par le lever du soleil qui, en un éclair, dessine en une
fois la forme du nouveau monde ».
Ce nouveau monde, cher Laurent, nous sommes
nombreux à l’espérer. Mais il ne viendra pas aisément

— l’accouchement sera pénible. À vous de le faciliter.
Il vous faut désormais — métaphoriquement, bien sûr
— briser les crocs des précités chiens de garde.
Cette tâche vous revient. À vous la suite, sur cet
ultime et amical avis : soyez implacable.

Xavier Raufer — Octobre 2014

Vous êtes un cas difficile. Mais ne désespérez pas.
Tout le monde est guéri tôt ou tard.
À la fin nous vous fusillerons.
Orwell, 1984.

Jadis, les écrivains s’efforçaient d ’arracher les gens
à leur réalité, pour les mener dans un monde fictif
Aujourd’hui, ils doivent faire exactement le contraire.
Obertone, 2014.

PARTIE I
LE FABULEUX DESTIN DE MONSIEUR
MOYEN

suite…

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