La planète laboratoire N° 01 – 02 – 03 – 04



Auteur : La planète laboratoire “On peut passer sa vie à mesurer les dimensions de sa prison“
Ouvrage : 01
Année : 2007

Pourquoi travaillons-nous
à notre obsolescence ?

Depuis la Seconde guerre mondiale,
le monde se transforme
progressivement en laboratoire à
l’échelle 1:1. Au modèle du “monde usine”
s’ajoute désormais un modèle de “monde
laboratoire”.
Aujourd’hui la géo-ingénierie est en voie de
se banaliser, justifiant ainsi, au nom de la
lutte contre l’effet de serre et ses
conséquences (tempêtes tropicales,
sécheresses, etc.), des expériences de
modification du climat à très grande échelle
et de transformation de la chimie des
océans.
Les satellites surveillant et analysant en
permanence les variations de l’activité
terrestre sont couplés avec les réseaux
d’information et des technologies comme
les RFID et les micro (ou nano) capteurs,
créant ainsi une planète-information, une
planète-virtuelle renforçant encore la
puissance de gestion et de contrôle voire de
transformation du réel à distance.
Ce devenir-monde du laboratoire encourage
la manipulation du vivant selon la doctrine
du “risque acceptable”. La radicalisation de
la compétition et les “ manques à gagner ”
dans les investissements planifiés autorisent
les tests en “ conditions réelles ” : la
recherche pharmaceutique mène des
expérimentations sur des populations
entières, en Afrique ou ailleurs ; la
dissémination des Organismes
Génétiquement Modifiés est encouragée par
tous les moyens nécessaires… en attendant
les Organismes Atomiquement Modifiés ;
les technologies sans fil mises sur le marché
sans études publiques préalables font de
leurs utilisateurs les cobayes d’expériences

grandeur nature et en temps réel. Le
développement des technologies
convergentes (bio-, nano-, cogno-, info-,
robot-, sociotech) est le cercle magique dans
lequel émerge des espèces biologiques et
mécaniques de laboratoire et de nouvelles
tables des éléments.
Nombre de ces recherches s’effectuent
aujourd’hui dans le secret (*). C’est
pourquoi la compréhension du présent lui-même
reste déterminée par l’appréhension
limitée que nous pouvons avoir
d’informations elle-même filtrées ou
orchestrées. Comment parler alors du
présent ? Comment savoir où nous sommes,
ou nous en sommes ?
Les scénarios apocalyptiques prophétisant la
fin de notre monde surpeuplé justifient les

expérimentations démiurgiques du monde
devenu laboratoire. L’organisation
rationnelle du monde-laboratoire se retourne
alors en une organisation irrationnelle
menaçant ceux qui l’ont instauré.
De ceux-là, pourtant, nous ne sommes
pas. Nous ne travaillons pas à ce
laboratoire ni pour lui. Nous n’en sommes pas
non plus les objets. Que faire alors de cette
immense machine qui se développe
aujourd’hui selon sa dynamique propre,
devenue autonome ? Pouvons-nous
réorienter le destin et les orientations de ce
laboratoire dont aucun d’entre nous, ou si
peu, a décidé de l’existence ? Pouvons-nous
abandonner ce futur tracé par d’autres ?
Autrement dit, pouvons-nous encore faire
usage de notre liberté ?


(*) Il existe aujourd’hui plus d’un trillion de documents classifiés concernant la recherche scientifique aux Etats-Unis
(voir Herbert Foerstel, Secret science : Federal control of American Science and Technology, Praeger, 1993). À ces
archives secrètes issues des sciences et techniques développées par tout pays prétendant poursuivre une recherche
indépendante, s’ajoutent l’immense quantité de documents protégés par le secret militaire, par le secret administratif
et par le secret commercial.


Éléments d’actualité du combat vital
à propos des nanotechnologies et du monde qui va avec.

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