LE MYSTÈRE DE MARS


  Hancock Graham

Auteurs : Hancock Graham – Bauval Robert – Grigsby John
Ouvrage : Le mystère de Mars La relation secrète entre la Terre et la planète rouge
Année : 1998

Traduit de l ‘anglais
par Philippe Beaudoin

AVANT-PROPOS
En écrivant ce livre, nous avons souhaité attirer l’attention du
public sur les découvertes réalisées par les scientifiques internationaux
quant aux anomalies de Mars, ainsi que sur la grave question
des cataclysmes planétaires. Sans l’ extraordinaire effort accompli
par ces savants, le présent ouvrage n’aurait jamais pu voir le jour.
Nous nous sommes efforcés de rendre compte de leurs travaux avec
fidélité, si possible en reprenant leurs propos, mais les conclusions
que nous en avons tirées n’engagent que nous. À cet égard, nous
avons en réalité fait office de synthétiseurs. Nous avons mis en relation
des preuves et des données issues de champs de recherche très
différents. À mesure que nous reconstituions ce puzzle, nous avons
découvert ce qu’il représentait et nous en avons dégagé d’inquiétantes
implications sur le passé, mais aussi l’avenir de notre planète.
Nous remercions Chris O’Kane, du Mars Project au RoyaumeUni,
et Simon Cox, qui s’est chargé de multiples recherches documentaires
pour notre compte. Un merci tout particulier à Benny
Peiser, de la Liverpool John Moore’s University, qui a eu la gentillesse
de mettre sa bibliothèque personnelle à notre disposition.

PREMIÈRE PARTIE
LA PLANÈTE ASSASSINÉE

Chapitre 1
UN MONDE PARALLÈLE
Bien que séparées par plusieurs millions de kilomètres de vide,
Mars et la Terre sont unies par un lien mystérieux.
Les deux planètes ont en effet connu de multiples échanges, dont
certains très récents. Depuis le début des années 70, nos vaisseaux
spatiaux ont pu se poser sur la première. Inversement, nous savons
aujourd’hui que des fragments de roches qui en proviennent s’écrasent
périodiquement sur notre globe. En 1997, l’ origine martienne
d’une bonne dizaine de météorites a été établie après étude de leur
composition chimique. Dans le monde entier, les chercheurs sont à
l’affût1 d’autres « SNC »(sigle formé sur « Shergotty », « Nakhla » et
« Chassigny », les noms des trois premiers corps à avoir été identifiés2).
D’après les calculs de Colin Pillinger, du UK Planetary
Sciences Research Institute, « 1 00 tonnes de matières issues de Mars
s’abattent chaque année sur Terre3 ».
En 1984, on a découvert une météorite martienne dans l’ Antarctique.
Baptisée ALH 84001 , elle renferme de minuscules structures
tubulaires (voir i11. 2). En août 1996, les savants de la NASA ont fait
sensation en présentant ces bâtonnets comme d’éventuels « micro-fossiles
d’organismes comparables à des bactéries, qui ont dû vivre
sur Mars il y a plus de 3,6 milliards d’années4 ». Quelques mois plus
tard, en octobre, des scientifiques de la Britain ‘s Open University ont
annoncé qu’un autre objet, appelé EETA 7900 1 , portait également la
signature chimique de la vie. Chose surprenante, il contient des
« organismes qui ont pu exister sur Mars il y a seulement six cent
mille ans5 ».

La semence de la vie
Toujours en 1996, la NASA a procédé au lancement de deux
engins : Mars Pathfinder, une sonde d’atterrissage mobile, et Mars
Surveyor, une sonde orbitale. Les budgets de l ‘Agence prévoient
d’autres missions jusqu’en 2005. Cette année-là, on tentera de
prélever un échantillon de roche ou de sol pour le rapporter sur
Terre6. De leur côté, la Russie et le Japon envoient également des
vaisseaux sur Mars pour y effectuer une série d’expériences scientifiques.
À long terme, on envisage de « terraformer » la planète rouge.
l’Opération consiste à y introduire des gaz à effet de serre et des
bactéries terrestres. Au fil des siècles, le réchauffement induit par
les gaz et les modifications subies par le métabolisme des bactéries
influera sur l ‘atmosphère de Mars, qui pourra alors abriter des
espèces toujours plus complexes, soit importées, soit résultant d’une
évolution locale 7.
I’ Humanité saura-t-elle mener son projet à bien et « implanter » la
vie sur Mars ?
Pour qu’elle y parvienne, il suffit de trouver des fonds. Les techniques
sur lesquelles repose la réussite de l’entreprise sont déjà
disponibles 8. Ironie du sort, c’est la vie sur Terre qui reste une
énigme aux yeux des scientifiques ! Personne ne sait quand, pourquoi
ni comment elle est apparue ici-bas. On a l’impression qu’elle
a surgi du néant dans les tout premiers temps de l ‘histoire de notre
planète. On pense que celle-ci s’est formée il y a quatre milliards et
demi d’années. Cependant, les roches les plus anciennes que nous
connaissions sont plus récentes, puisqu’elles datent d’environ quatre
milliards d’années. En outre, on a découvert des traces de microorganismes
qui remontent à presque 3,9 milliards d’années9.
La métamorphose de la matière inanimée en matière vivante est
un miracle qui ne s’est jamais répété. Les instruments de laboratoire
les plus perfectionnés eux-mêmes ne peuvent le reproduire. Faut-il
donc croire que cette stupéfiante alchimie cosmique s’est produite
par hasard, dans les premières centaines de millions d’années de la
longue existence de la Terre ?

Quelques hypothèses
Au dire de Fred Hoyle, professeur à l ‘université de Cambridge, il
n’en est rien. Pour lui, si la vie est apparue sur Terre peu après la
formation de cette dernière, c’est que de grandes comètes interstellaires
l’ont importée d’au-delà du système solaire. Après être entrés
en collision avec la Terre, certains fragments ont laissé échapper des
spores vivantes qui étaient restées en hibernation dans la glace
cométaire. Ces corps se sont répandus et ont pris racine sur la toute
jeune planète, qui n’a pas tardé à se trouver colonisée par des microorganismes
résistants. Ceux-ci ont lentement évolué, se sont diversifiés
et ont fini par produire l’immense éventail des formes de vie
que nous observons aujourd’hui10.
De nombreux scientifiques défendent une théorie plus radicale,
selon laquelle la Terre aurait été délibérément « terraformée » il y a
3,9 milliards d’années, tout comme nous projetons de le faire sur
Mars. Cette idée présuppose l’existence d’une civilisation avancée,
ou plus probablement d’un grand nombre de civilisations réparties
dans tout l ‘univers.
Mais la plupart des spécialistes n’en appellent ni aux comètes ni
aux extraterrestres. Pour les membres du courant majoritaire, la vie
est apparue sur Terre par accident, sans intervention extérieure. En
fonction de calculs reconnus de tous, qui portent sur la taille et la
composition de l’univers, ils soutiennent qu’il doit exister des
centaines de millions de planètes comparables à la nôtre, disséminées
sur les milliards d’années-lumière de l’espace interstellaire.
Dans leur esprit, il est improbable que la vie n’ait évolué qu’ici-bas,
compte tenu du nombre de planètes aptes à offrir les conditions de
son épanouissement.

Pourquoi pas Mars ?
Dans notre système, c’est Mercure qui est la planète la plus proche
du Soleil. On pense que cet objet minuscule et en constante ébullition
ne peut convenir à aucune forme de vie connue. De même pour
Vénus, située en deuxième position, sur laquelle des nuages empoisonnés
déversent en permanence de l’acide sulfurique concentré. La

Terre occupe le troisième rang. Mars, qui vient en quatrième, est
indubitablement la planète qui ressemble le plus à la nôtre. Elle
penche selon un axe qui forme un angle de 24,935° avec le plan de
son orbite autour du Soleil (l’inclinaison de l’axe terrestre est de
23,5 degrés). Elle effectue une rotation complète autour de cet axe
en vingt-quatre heures, trente-neuf minutes et trente-six secondes (la
rotation terrestre s’accomplit en vingt-trois heures, cinquante-six
minutes et cinq secondes). Comme la Terre, elle est sujette à l’oscillation
axiale que les astronomes appellent «précession». Comme la
Terre, cette sphère imparfaite est légèrement aplatie à hauteur des
pôles et renflée au niveau de l’équateur. Comme la Terre, elle est
marquée par quatre saisons. Comme la Terre, elle présente des
calottes polaires gelées, des montagnes, des déserts, et elle est
balayée par des tempêtes de poussières. Il est attesté qu’en des temps
très anciens cet enfer glacial abritait des océans et des fleuves, et
qu’il jouissait d’un climat et d’une atmosphère identiques aux
nôtres.
Se pourrait-il que l’étincelle qui a animé la Terre n’ait pas laissé
sa marque sur Mars, sa voisine et sa semblable ? En d’autres
termes, que notre planète ait été volontairement « terraformée »,
que des comètes lui aient apporté la semence de la vie, ou que cette
dernière y soit apparue spontanément et par accident, il est raisonnable
d’espérer découvrir les traces d’un processus similaire sur
Mars.
Si de telles traces ne s’offrent pas à nous, alors les probabilités que
nous soyons seuls dans 1 ‘univers augmentent et celles que nous puissions
découvrir la vie ailleurs diminuent considérablement. D’où il
s’ensuivrait que les formes de vie sont apparues sur Terre dans des
conditions si restreintes, si précises, si uniques et en même temps si
aléatoires qu’elles ne sauraient être présentes ailleurs, pas même sur
un monde proche, appartenant à sa famille solaire. Comment
imaginer, dès lors, qu’elles puissent se manifester également dans
des mondes en orbite autour de lointaines étoiles ?
C ‘est pourquoi il convient de considérer la question de la vie sur
Mars comme l ‘un des grands mystères philosophiques de notre
époque. Or, grâce aux rapides avancées que connaît l ‘exploration
de cette planète, ce mystère est vraisemblablement en voie de
résolution.

Des indices de vie
Les données qui nous viennent de Mars se présentent sous quatre
formes : des observations menées depuis la Terre à l’aide de télescopes;
des observations et des clichés réalisés depuis les vaisseaux orbitaux;
des études chimiques et radiologiques effectuées sur des échantillons de
sol martien par les engins d’atterrissage de la NASA (leurs résultats sont
transmis à la Terre pour y être analysés) ; des examens au microscope de
météorites dont l’origine martienne est attestée.
À la fin du XIXe et au début du XXe siècles, les observations au
télescope ont permis de diffuser à grand fracas l’idée d’une éventuelle
vie sur Mars. On a cru que la planète était sillonnée par un
gigantesque réseau de canaux d’irrigation qui acheminaient l’eau
des pôles vers les régions équatoriales. Avancée par Percival Lowell,
l’un des plus grands astronomes des États-Unis, cette conviction,
que nous analyserons plus en détail dans la deuxième partie, a laissé
une trace indélébile dans l’esprit des Nord-Américains. La plupart
des scientifiques l’ont toutefois tournée en ridicule jusqu’à ce que,
dans les années 70, les photographies prises par les sondes orbitales
Mariner-9 et Viking-1 et 2 apportent la preuve irréfutable de l’absence
de canaux sur Mars.
On sait désormais que Lowell, comme d’autres individus
persuadés de voir ces mêmes ouvrages, a été abusé par la mauvaise
qualité des images fournies par le télescope, mais aussi par une illusion
d’optique qui contraint le cerveau à regrouper des éléments
disparates en lignes droites. Même aujourd’hui, le pouvoir de
résolution des télescopes terrestres est trop faible pour nous
permettre de résoudre le mystère de la vie sur Mars. Nos déductions
reposent donc sur les trois autres sortes de données disponibles : les
météorites martiennes, les observations pratiquées par les modules
d’atterrissage et celles que nous transmettent les engins orbitaux.
Nous avons affirmé que deux des météorites semblaient contenir
des traces de micro-organismes primitifs. Précisons maintenant que
bon nombre de savants sont en désaccord avec cette interprétation.
On sait moins que plusieurs expériences conduites en 1976 par les
modules d’atterrissage Viking permettent également de pencher en
faveur de la vie sur Mars. À l’époque, les porte-parole de la NASA
ont laissé entendre que la planète était stérile car on n’avait isolé

aucune molécule organique à la surface des deux sites visités.
Curieusement, les échantillons ont néanmoins révélé que des
processus métaboliques comme la photosynthèse ou la chimiosynthèse,
normalement associés à la vie, y étaient possibles 11. Les expériences
appelées «échanges de gaz» ont également donné des résultats
positifs, et les échantillons de sol soumis à un apport de
substances nutritives organiques ont libéré des quantités non négligeables
d’oxygène12. Un autre résultat positif, obtenu lors d’une
expérience d’ «échappement labellisé», ne se retrouvait pas dans un
échantillon de contrôle soumis à de hautes températures. C’était là
un phénomène normal, pour autant que la première réaction ait été
provoquée par un agent biologique13.
Restent les observations réalisées par les vaisseaux orbitaux. Sur
les clichés transmis par Mariner-9 et Viking-1, il se trouve qu’on
distingue des objets étrangement familiers, en lesquels certains
scientifiques ont vu non seulement des signes de vie, mais aussi les
preuves qu’une vie intelligente a dû exister sur Mars …

Les pyramides d’Elysium

suite…

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