LE GOLEM


 
Auteur : Meyrink Gustav
Ouvrage : Le golem
Année : 1915

I
SOMMEIL
La lumière de la pleine lune tombe sur le pied de mon lit,
lourde, ronde et plate comme une grosse pierre. Quand le disque
commence à rétrécir et l’une de ses moitiés à se rentrer
comme un visage vieillissant montre des rides et maigrit d’un
côté d’abord, c’est alors que vers cette heure-là de la nuit, un
trouble douloureux s’empare de moi.
Ni éveillé ni endormi, je glisse dans une sorte de rêve où ce
que j’ai vécu se mêle à ce que j’ai lu et entendu, comme se mêlent
des courants de teintes et de limpidités différentes.
Avant de me coucher, j’avais lu quelque chose sur la vie du
Bouddha Gautama et sans cesse ces quelques phrases passaient
et repassaient dans mon cerveau, identiques et fluctuantes :
« Une corneille vola jusqu’à une pierre qui ressemblait à un
morceau de graisse, se disant : il y a peut-être là quelque chose
de bon à manger. Mais comme elle ne trouva rien de bon à
manger, elle s’en alla à tire-d’aile. Semblables à la corneille qui
s’approche de la pierre, nous – les chercheurs – nous abandonnons
l’ascète Gautama, parce que nous avons perdu le plaisir
que nous prenions en lui. »
Et l’image de la pierre qui ressemblait à un morceau de
graisse grossit monstrueusement dans mon cerveau.

Je traverse un lit de rivière à sec en ramassant des cailloux
lissés.
Gris-bleu dans une poussière miroitante et légère que je ne
peux m’expliquer, bien que je me creuse la tête à grand effort,
puis noirs avec des taches jaune soufre comme les ébauches pétrifiées
de lézards dodus et mouchetés faites par un enfant.
Et je veux les jeter loin de moi, ces cailloux, mais ils me
tombent des mains et je ne peux les bannir de ma vue.
Toutes les pierres qui ont jamais joué un rôle dans ma vie
se dressent autour de moi. Beaucoup s’efforcent péniblement de
se dégager du sable pour arriver à la lumière, comme de gros
crabes ardoisés à l’heure où monte le flot ; on dirait qu’ils font
tout pour attirer mon attention sur eux et me dire des choses
d’une importance infinie. D’autres, épuisés, retombent dans
leur trou et abandonnent l’espoir de jamais placer un mot.
Parfois, j’émerge de la pénombre de mes rêveries et
j’aperçois de nouveau, l’espace d’un instant, la lumière de la
pleine lune sur le pied renflé de ma couverture, lourde, ronde et
plate comme une grosse pierre, pour repartir en aveugle à la
poursuite tâtonnante de ma conscience qui s’évanouit, cherchant
sans trêve cette pierre qui me tourmente, qui doit se trouver
cachée quelque part sous les décombres de mes souvenirs et
qui ressemble à un morceau de graisse.
Je m’imagine qu’une descente pour l’eau de pluie a dû déboucher
sur le sol à côté d’elle autrefois, coudée en angle obtus,
les bords mangés de rouille, et je m’acharne à faire surgir de
force son image dans mon esprit pour tromper mes pensées effarouchées
et trouver l’apaisement du sommeil. Je n’y parviens
pas.

Encore et toujours, avec une obstination imbécile, une voix
bizarre répète en moi, infatigable tel un volet que le vent fait
battre à intervalles réguliers contre un mur, ce n’était pas du
tout cela, ce n’était pas du tout la pierre qui ressemblait à un
morceau de graisse. Et impossible de me débarrasser de la voix.
Quand j’objecte pour la centième fois que c’est en réalité très
secondaire, elle s’arrête bien pendant un court instant, puis se
réveille à nouveau sans que je m’en aperçoive et recommence,
butée : bon, bon, entendu, mais ce n’est pas la pierre qui ressemblait
à un morceau de graisse.
Lentement, un intolérable sentiment d’impuissance
m’envahit.
Ce qui s’est passé après, je l’ignore. Ai-je volontairement
abandonné toute résistance, ou mes pensées m’ont-elles subjugué,
garrotté ? Je sais seulement que mon corps est allongé, endormi
dans le lit et que mes sens ne sont plus liés à lui.
Tout à coup, je veux demander qui est « je » maintenant,
mais je m’avise que je n’ai plus d’organe qui me permette de
poser la question ; et puis j’ai peur d’éveiller de nouveau la voix
stupide, de recommencer à entendre son rabâchage sans fin sur
la pierre et la graisse. Alors je me détourne.

II
JOUR
Soudain, je me trouvai dans une cour sombre, regardant
par l’encadrement d’une porte cochère rougeâtre, de l’autre côté
de la rue étroite et crasseuse, un brocanteur juif appuyé à un
éventaire dont les vieilles ferrailles, les outils cassés, les fers à
repasser rouillés, les patins et toutes sortes d’autres choses mortes
escaladaient le mur.
Cette image portait en elle la monotonie pénible propre à
toutes les impressions qui franchissent si souvent jour après
jour le seuil de nos perceptions comme des colporteurs : elle
n’éveillait en moi ni curiosité ni surprise.
Je me rendais compte que ce cadre m’était depuis longtemps
familier. Mais cette constatation, malgré le contraste qui
l’opposait à ce que j’avais perçu peu de temps auparavant et la
manière dont j’étais arrivé là, ne me produisait aucune impression
profonde.
J’ai dû rencontrer autrefois dans une conversation ou un
livre la comparaison curieuse entre un caillou et un morceau de
graisse ; cette idée surgit dans mon esprit tandis que je gravissais
l’escalier usé menant à ma chambre et notais distraitement
l’aspect suiffeux des marches de pierre.
J’entendis alors des pas courir à l’étage au-dessus de moi et
en arrivant à ma porte, je vis que c’était la Rosina du brocanteur
Aaron Wassertrum, rouquine de quatorze ans.

Je dus la frôler pour passer et elle se rejeta en arrière voluptueusement,
le dos arqué contre la rampe de l’escalier. De
ses mains sales elle avait saisi les barreaux pour se retenir et je
vis dans la morne pénombre luire le dessous blanc de ses bras
nus.

J’évitai son regard.

Mon coeur se soulevait à la vue de ce sourire indiscret dans
un visage cireux de cheval à bascule. Il me semblait qu’elle devait
avoir une chair blanche et spongieuse comme l’axolotl que
j’avais vu dans la cage des salamandres, chez le marchand
d’oiseaux. Les cils des rouquins me dégoûtent, comme ceux des
lapins.

J’ouvris ma porte et la refermai derrière moi.

De ma fenêtre, je voyais le brocanteur Aaron Wassertrum
devant son échoppe. Appuyé au chambranle du réduit obscur, il
se taillait les ongles avec une pince, à coups obliques. Rosina la
Rouge était-elle sa fille ou sa nièce ? Il n’avait pas un trait de
commun avec elle.
Parmi les visages juifs que je vois surgir jour après jour
dans la ruelle du Coq, je distingue très nettement diverses souches
dont la proche parenté des individus n’estompe pas plus
les caractères que l’huile et l’eau ne se mélangent. Impossible de
dire : ces deux-là sont frères, ou père et fils. L’un appartient à
telle souche et l’autre à telle autre, c’est tout ce qu’on peut lire
dans les traits du visage. Donc, qu’est-ce que cela prouverait,
même si Rosina ressemblait au brocanteur ?
Ces souches nourrissent les unes envers les autres un dégoût
et une répulsion qui franchissent même les frontières de
l’étroite consanguinité, mais elles s’entendent à les dissimuler
au monde extérieur comme on garde un secret dangereux. Pas
une ne les laisse apparaître et dans cette unanimité sans faille,
elle font penser à des aveugles haineux accrochés à une corde
imprégnée de crasse : l’un des deux mains, l’autre à contrecoeur,
d’un seul doigt, mais tous hantés par la terreur superstitieuse
d’aller à leur perte dès qu’ils lâcheront prise et se sépareront des
autres.
Rosina appartient à une lignée dont le type à cheveux rouges
est encore plus repoussant que celui des autres. Dont les
hommes ont la poitrine étroite et un long cou de poulet avec une
pomme d’Adam proéminente. Ils donnent l’impression d’avoir
des taches de rousseur partout et souffrent toute leur vie
d’échauffement, livrant en secret une lutte incessante et vaine
contre leur lubricité, hantés par des craintes répugnantes pour
leur santé.
Je ne voyais pas très clairement, d’ailleurs, comment je
pourrais établir des liens de parenté entre Rosina et le brocanteur
Wassertrum. Jamais je ne l’avais vue près du vieux, ni remarqué
qu’ils se fussent adressé la parole. Elle était presque
toujours dans notre cour, ou alors elle traînait dans les coins et
les corridors sombres de la maison. Ce qui est sûr, c’est que tous
mes voisins la tiennent pour une parente proche du brocanteur
et pourtant je suis convaincu qu’aucun ne pourrait en apporter
la moindre preuve.
Voulant arracher mes pensées de Rosina, je me mis à regarder
la ruelle du Coq par la fenêtre ouverte de ma chambre.
Comme si Aaron Wassertrum avait senti mon regard, il leva tout
à coup le visage vers moi. Son affreux visage figé, avec ses yeux
de poisson tout ronds et la lèvre supérieure béante, fendue par
un bec-de-lièvre. Il me fit penser à une araignée humaine, qui
sent les plus légers effleurements contre sa toile bien qu’elle paraisse
s’en désintéresser tout à fait. De quoi peut-il vivre ? À
quoi pense-t-il, que projette-t-il ? Je n’en sais rien.

Aux murs de son échoppe, jour après jour, année après année,
les mêmes choses mortes et sans valeur restent accrochées,
immuables. J’aurais pu les dessiner les yeux fermés : ici, la
trompette de fer-blanc cabossée sans pistons, là, l’image peinte
sur du papier jauni avec ses soldats si bizarrement disposés. Et
devant, par terre, empilées les unes sur les autres si bien que
personne ne pouvait les enjamber pour entrer dans la boutique,
des plaques de foyer rondes.
Toutes ces choses restaient là, sans que leur nombre augmentât
ni diminuât jamais et quand, parfois, un passant
s’arrêtait et demandait le prix de l’une ou l’autre, le brocanteur
était pris d’une agitation frénétique. Retroussant hideusement
la lèvre au bec-de-lièvre, il éructait d’une voix de basse un torrent
de gargouillements et de bredouillements incompréhensibles
tels que l’acheteur perdait toute envie de se renseigner davantage
et poursuivait son chemin, terrorisé.
Rapide comme l’éclair, le regard d’Aaron Wassertrum glissa
pour fuir le mien et s’arrêta avec un intérêt extrême sur les
murs nus de la maison voisine qui touchent ma fenêtre. Que
pouvait-il bien y voir ? La maison tourne le dos à la rue et ses
fenêtres regardent la cour ! Toutes sauf une.
À ce moment, les pièces situées au même étage que les
miennes – je crois qu’elles appartiennent à un atelier biscornu –
durent recevoir leurs occupants, car j’entendis soudain à travers
le mur une voix d’homme et une voix de femme qui dialoguaient.
Mais impossible que le brocanteur ait pu s’en apercevoir
d’en bas !
Quelqu’un remua devant ma porte et je devinai que Rosina
était toujours là, dehors, dans le noir, attendant avec avidité que
je l’appelasse, peut-être. Et au-dessous, un demi-étage plus bas,
l’avorton grêlé Loisa guette dans l’escalier en retenant son souffle
pour savoir si je vais ouvrir la porte et je sens le souffle de sa
haine, de sa jalousie écumante, monter jusqu’à moi. Il a peur de
s’approcher davantage et d’être remarqué par Rosina. Il sait
qu’il dépend d’elle comme un loup affamé de son gardien et
pourtant quel désir fou il a de bondir, de lâcher la bride à sa fureur
!
Je m’assis à ma table de travail, puis sortis pinces et poinçons.
Mais je ne pus arriver à rien, ma main n’était pas assez
ferme pour restaurer les fines gravures japonaises.
La vie ténébreuse et morne qui hante cette maison fait couler
en moi un épais silence dans lequel, sans cesse, de vieilles
images surgissent.
Loisa et son frère jumeau Jaromir n’ont guère qu’un an de
plus que Rosina.
Je me rappelle à peine leur père, qui cuisait des pains azymes
et je crois que maintenant c’est une vieille femme qui
s’occupe d’eux. Je ne sais même pas laquelle, parmi toutes celles
qui habitent la maison, cachées comme des crapauds dans leur
trou. Elle s’occupe des deux jeunes gens : cela veut dire qu’elle
les loge, en échange de quoi ils doivent lui remettre ce qu’ils ont
volé ou mendié. Est-ce qu’elle leur donne aussi à manger ? J’en
doute beaucoup parce qu’elle rentre très tard le soir. Elle est
laveuse de cadavres.
J’ai souvent vu Loisa, Jaromir et Rosina, alors qu’ils étaient
encore enfants, jouer tous les trois innocemment dans la cour.
Ce temps-là est bien loin.
Maintenant, Loisa est toute la journée derrière la petite
juive à cheveux rouges. Parfois, il la cherche interminablement
en vain et quand il ne peut la trouver nulle part, il se glisse devant
ma porte et attend, le visage grimaçant, qu’elle arrive en

tapinois. Alors, quand je suis assis à mon travail, je le vois par la
pensée, aux aguets dans le corridor tortueux, sa tête à la nuque
efflanquée penchée en avant. Dans ces moments-là, un vacarme
sauvage brise souvent le silence.
Jaromir, le sourd-muet, dont tout l’être n’est qu’un immense
désir fou de Rosina, erre comme une bête dans la maison
et les rugissements inarticulés qu’il pousse, affolé par la jalousie
et la rage, sont si effrayants que le sang se fige dans vos veines.
Il les cherche tous les deux, car il les soupçonne toujours d’être
ensemble, cachés quelque part dans un des innombrables recoins
crasseux, proie d’une frénésie démente, cravaché par
l’idée qu’il doit être continuellement sur les talons de son frère
pour que rien n’arrive à Rosina sans qu’il le sache. Et c’est précisément,
à mon sens, ce tourment incessant de l’infirme qui la
pousse à toujours retourner vers l’autre. Si le bon vouloir,
l’empressement de la fille faiblissent, Loisa imagine immanquablement
de nouvelles horreurs pour ranimer le désir de Rosina.
Ils font alors semblant de se laisser attraper par le sourd-muet
et attirent malicieusement le furieux à leur suite dans les corridors
obscurs où ils ont disposé des cerceaux rouillés qui sautent
en l’air quand on marche dessus, et des râteaux, dents tournées
vers le haut, obstacles méchants contre lesquels il bute et tombe
ensanglanté.
De temps à autre, Rosina a de son propre chef une idée
diabolique pour donner le maximum d’intensité au supplice.
Brusquement, elle change d’attitude envers Jaromir et fait
comme si elle le trouvait plaisant. Avec sa mine éternellement
souriante, elle glisse très vite à l’infirme des choses qui le mettent
dans un état de surexcitation presque démente ; elle a inventé
pour cela un langage par signes apparemment mystérieux,
à demi incompréhensible, qui doit emprisonner le malheureux
dans un filet inextricable d’incertitudes et d’espoirs dévorants.

Je l’ai vu un jour planté devant elle dans la cour et elle lui
parlait avec des mouvements de lèvres et des gesticulations si
violents que je croyais à chaque instant qu’il allait s’écrouler
dans une crise de nerfs. La sueur lui ruisselait sur le visage tant
il faisait des efforts surhumains pour comprendre le sens d’un
message volontairement aussi obscur que hâtif. Pendant toute
la journée du lendemain, il rôda, enfiévré d’impatience, dans
l’escalier noir d’une maison à demi écroulée à la suite de
l’étroite et crasseuse ruelle du Coq – jusqu’à ce que le moment
fût passé pour lui de récolter quelques kreuzers en mendiant au
coin du trottoir. Et quand il voulut rentrer au logis tard le soir, à
moitié mort de faim et d’énervement, la vieille avait bouclé la
porte depuis longtemps.
Un rire de femme joyeux traversa le mur de l’atelier voisin
et parvint jusqu’à moi. Un rire, dans ces maisons, un rire
joyeux ? Dans tout le ghetto, il n’y a personne qui puisse rire
joyeusement. Je me souvins alors que quelques jours auparavant,
Zwakh, le vieux montreur de marionnettes m’avait confié
qu’un jeune homme distingué lui avait loué l’atelier pour un bon
prix, assurément dans l’intention de retrouver l’élue de son
coeur à l’abri des indiscrétions. Il fallait maintenant, chaque
nuit, monter les meubles luxueux du nouveau locataire un à un
afin que personne dans la maison ne remarquât rien. Le bon
vieux s’était frotté les mains avec jubilation en me racontant
cela, heureux comme un enfant d’avoir si habilement manoeuvré
qu’aucun des voisins ne pouvait se douter de l’existence du couple
romantique. De plus, on pouvait parvenir à l’atelier en passant
par trois maisons différentes. Il y avait même une trappe
qui y donnait accès ! Oui, si l’on ouvrait la porte de fer du grenier
– ce qui était très facile d’en haut – on pouvait tomber dans
l’escalier de notre maison, en passant devant ma porte et utiliser
celui-ci comme sortie…
De nouveau le rire joyeux tinte, éveillant en moi le souvenir
confus d’un intérieur luxueux et d’une famille noble chez qui

j’étais souvent appelé, pour faire de petites réparations à de précieux
objets anciens.
Soudain j’entends, tout près, un hurlement strident.
J’écoute, effrayé.
La porte de fer grince violemment et l’instant d’après une
dame se précipite dans ma chambre. Les cheveux défaits, blanche
comme un linge, un morceau de brocart doré jeté sur les
épaules nues.
– Maître Pernath, cachez-moi, pour l’amour de Dieu, ne
me demandez rien, cachez-moi ici !
Avant que j’aie pu répondre, ma porte est de nouveau ouverte
et aussitôt claquée.
Pendant une seconde, le visage du brocanteur Aaron Wassertrum
s’est avancé, tel un horrible masque grinçant.
Une tache ronde et lumineuse surgit devant mes yeux et à
la lumière de la lune je reconnais de nouveau le pied de mon lit.
Le sommeil pèse encore sur moi comme un lourd manteau
de laine et le nom de Pernath est écrit en lettres d’or sur le devant
de mes souvenirs.
Où l’ai-je donc vu ? Athanasius Pernath ?
Je crois, je crois qu’il y a bien, bien longtemps, je m’étais
trompé de chapeau, quelque part, et j’avais été étonné alors qu’il
m’allât aussi bien car j’ai une forme de tête très particulière.
J’avais regardé à l’intérieur du chapeau inconnu et… oui, oui, il
y avait écrit, en lettres dorées sur la doublure blanche :

ATHANASIUS PERNATH

J’avais eu très peur de ce chapeau à l’époque, sans savoir
pourquoi.
Soudain la voix que j’avais oubliée et qui voulait toujours
savoir où était la pierre ressemblant à de la graisse fond sur moi
comme une flèche.
Vite, j’évoque le profil aigu de Rosina la Rouge avec son
sourire doucereux et parviens ainsi à détourner le projectile qui
se perd aussitôt dans l’obscurité. Oui, le visage de Rosina ! Il est
plus fort que la voix stupide qui ne sait pas s’arrêter et tant que
je resterai caché dans ma chambre de la ruelle du Coq, je serai
tranquille.

III
« I »

suite…

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