La tyrannie médiatique


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Auteur : Polemia
Ouvrage : La tyrannie médiatique
Année : 2006

Avant-propos
Détenir, créer et diffuser de l’information, vraie ou fausse, c’est se réserver le
droit suprême de dire le « bien » et le « mal ». C’est dire aux peuples, aux pauvres
comme aux puissants, ce qu’il convient d’adorer et ce qu’il convient d’abhorrer.
En ce début du XXIe siècle, la maîtrise des circuits de l’information constitue ainsi,
plus que jamais, la véritable source de la puissance.
D’autant plus qu’information et communication ne se distinguent plus vraiment et
que, de simple outil, la communication s’est infiltrée dans tous les secteurs de l’activité
humaine, politiques et culturels, économiques, sociaux et financiers. Y imposant
ses propres règles de fonctionnement, simples et mécaniques, largement
déconnectées de l’ensemble du réel car basées sur la dictature de l’instant, de
l’émotion, de l’image, du spectaculaire et de l’approximation systématique. Avec
les médias modernes, l’affect a triomphé de la raison, le pathos a pris sa revanche
sur le logos.
C’est aussi l’imposition d’une grille de lecture obligée, laquelle n’est pas le fruit
d’un quelconque « complot » mais bien plus subtilement – et efficacement – d’un
mélange de connivences, de mimétisme et de paresse intellectuelle, sous le regard
permanent et inquisitorial de l’idéologie « politiquement correcte ».
Il s’agit donc bien d’une tyrannie.
Polémia vous propose avec cette synthèse une plongée dans la « médiasphère »,
univers à bien des égards carcéral, avec ses règles, ses dogmes… et ses matons.
Mais cette étude se veut surtout un appel à la résistance de l’intelligence : celle de
l’effort pour décrypter les messages reçus et pour utiliser tous les moyens, non seulement
de s’en extraire, mais aussi de les modifier. Ne serait-ce qu’à la marge.

1. LES GRILLES
DE LA TYRANNIE
MÉDIATIQUE

La force de la tyrannie médiatique ne repose pas sur le contrôle d’un homme
ou d’un groupe sur tous mais sur l’autocontrôle
des uns sur les autres.

La tyrannie médiatique, ce n’est pas simplement le pouvoir
exercé par les hommes des médias ; ce n’est pas davantage
l’obéissance aux ordres d’un hypothétique chef d’orchestre
clandestin, concept commode et simple mais qui résiste
difficilement à l’analyse critique.
La tyrannie médiatique, c’est une tyrannie infiniment plus
complexe et infiniment plus contraignante, parce que c’est
la conjonction de trois phénomènes : le remplacement de
l’information par la communication, l’application à l’univers
de la pensée des règles d’airain de fonctionnement de l’univers
médiatique, l’imposition des préjugés dominants de la
classe médiatique à l’ensemble de la société. Bref, la force
de la tyrannie médiatique ne repose pas sur le contrôle d’un
homme ou d’un groupe sur tous mais sur l’autocontrôle des
uns sur les autres.

Le remplacement de l’information
par la communication

Informer, c’est porter à la connaissance d’autrui des faits
précis, si possible exacts et vérifiés, et replacés dans leur
contexte, notamment historique et géographique.
Communiquer, c’est scénariser et théâtraliser des données
– vraies ou fausses – dans un but idéologique, politique ou
commercial. De même que la mauvaise monnaie chasse la
bonne (loi de Gresham), la communication sature et remplace
l’information ; tout simplement parce que commercialement
le marché de la communication est beaucoup plus
important que le marché de l’information.

D’abord l’offre est plus importante ; les budgets de communication,
à la fois des organismes publics et des entreprises,
ont explosé ; d’autre part, la demande de communication
est plus forte que la demande d’information parce que la
communication exige moins d’efforts pour le consommateur
: elle est plus facile, elle est plus distrayante.
Ce remplacement de l’information par la communication
est un élément de la marchandisation du monde ; et celle-ci
pèse très lourdement sur l’évolution de la situation,
puisque, quand elle est transformée en communication,
l’information n’est plus gouvernée par des règles éthiques
de véracité, d’authenticité, mais par des jeux d’argent et de
puissance, par des règles marchandes adoptées dans l’objectif
de distraire des clients ou de servir les intérêts idéologiques,
politiques ou commerciaux des commanditaires.

Les règles fonctionnelles
de l’univers médiatique

La deuxième série de faits, c’est que l’univers médiatique
est régi par des règles fonctionnelles extrêmement strictes
qui sont les suivantes :
La première règle, c’est le primat de l’instant, c’est la règle
du flux d’informations continues : ce qui compte, c’est ce
qui se passe maintenant, et dans cette logique-là un événement
chasse l’autre, une annonce chasse l’autre. La première
règle du média, c’est l’immédiat.
La deuxième règle, c’est le primat de l’image, selon laquelle
n’existe dans le monde des médias que ce qu’on peut
montrer. Ainsi ce qu’on ne peut pas donner à voir se trouve
nié ; or il peut survenir des événements ou des innovations
d’importance qui ne sont pas montrables en images : ces
réalités-là ne comptent pas dans l’univers médiatique ; a
contrario, il est possible de faire croire à des artefacts qui
n’existent pas pour peu qu’ils soient mis en image : alors
« la monstration vaut en quelque sorte démonstration »

selon l’expression d’Alain de Benoist dans Le système des
médias.
Il y en a eu un exemple précis en 1999, au moment de l’affaire
du Kosovo. Toutes les chaînes de télévision – françaises,
européennes, mondiales – ont montré quelques carrioles
tirées par des chevaux et traversant des campagnes balkaniques.
Le passage répété de ces images a suffi aux médias
dominants pour faire croire à l’opinion internationale que
l’exode, sinon le génocide, de 100 000 ou 200 000 Albanais
était en cours, alors que ces voitures à chevaux d’un autre
âge ne devaient abriter que quelques dizaines d’hommes et
de femmes ; mais il suffisait de passer ces images en boucle
pour sidérer l’opinion et faire croire à une réalité qui n’existait
que par les images complaisamment filmées par les officines
de propagande du nouvel ordre mondial !
La troisième règle – et l’exemple qui vient d’être cité s’y
applique aussi – c’est le primat de l’émotion. Le rôle d’une
image est moins de montrer des faits que de susciter des
sentiments. Le primat de l’émotion dans les reportages
prend parfois des formes involontairement comiques et
sans grandes conséquences quand des radios ou des télévisions
interrogent des sportifs, par exemple ; mais il habitue
aussi à affaiblir les capacités de réflexion des spectateurs
et les rend ainsi plus perméables aux grandes actions de
propagande (pardon : de communication !) visant à susciter
l’adhésion à des politiques. Il faut se méfier du recours à
l’émotion audiovisuelle car l’émotion est souvent le levier de
la manipulation.
Le primat de l’émotion, c’est aussi souvent le primat de la
mise en scène et on trouve là la quatrième règle. On théâtralise
les événements, on les spectacularise et on les feuilletonise.
Ce qui permet de revenir plusieurs fois sur le même
sujet avec des variations quasi symphoniques.
Il y a aussi la peopolisation – cinquième règle – qui consiste
à mettre en avant la vie privée des uns ou des autres ; ce qui,

à bien y réfléchir, présente rarement un grand intérêt intellectuel
mais qui distrait. Ce qu’on appelle la peopolisation,
que l’on pourrait appeler d’ailleurs, dans un terme qui serait
péjoratif, la « conciergisation » puisqu’on a longtemps qualifié
les ragots d’un terme péjoratif pour la profession de gardien
d’immeuble, en parlant d’ « histoires de concierges ».
Maintenant, c’est à l’échelle de la vie publique qu’on trouve
des « histoires de concierges » et cela touche tous les journaux
: Le Monde ou Le Figaro n’hésitant pas à concurrencer
Voici ou Le Parisien. Et c’est avec une belle franchise que
Laurent Joffrin, le directeur du Nouvel Observateur, journal
de la gauche intellectuelle chic, explique qu’au fond il fait
un « Gala pour riches », ce qui est assez vrai.
Si le Nouvel Observateur se trouve cité ici, c’est parce que
les phénomènes de communication ainsi décrits, qui sont
d’abord des phénomènes de médias audiovisuels, se sont
étendus à la presse écrite qui, aujourd’hui, est devenue le
décalque écrit de la télévision. C’est ce qui explique que des
grands journaux comme Le Monde ou Le Figaro ont modifié
leur maquette et changé de format : désormais de grandes
photos illustrent des articles et parfois en trahissent le
contenu. Au point que certains rédacteurs un peu critiques
du Figaro ont surnommé leur quotidien : 19’30, par dérision
avec le journal gratuit jetable : 20’.
Toutes ces lois fonctionnelles de l’univers médiatique ont
des conséquences considérables sur le fonctionnement de
la vie sociale et l’organisation de la vie politique.

Artificialisation, manipulation,
catastrophisme, diabolisation

Cela débouche d’abord sur une certaine artificialisation de
la vie sociale. Dans les entreprises mais aussi dans d’autres
organisations, les communicants n’hésitent pas à dire : « On
crée un événement. » Bref, « Dieu créa la terre » et Publicis
créa un événement ! À chaque époque ses démiurges !

Donc artificialisation, et aussi multiplication des manipulations
possibles. Un exemple est encore présent dans
beaucoup de mémoires, celui de l’affaire des couveuses
de Koweit-City. En 1990, une agence américaine monte une
campagne de communication pour accréditer l’idée qu’en
arrivant à Koweit-City les soldats irakiens ont débranché les
couveuses d’une maternité. Tout est faux. Mais le montage
se vend bien et servira à légitimer la première guerre du
Golfe. Par le passé la rumeur faisait prospérer les bobards
de guerre ; aujourd’hui, il n’y a plus de guerre moderne sans
médias-mensonges institutionnalisés.
Parmi les effets pervers de ces lois médiatiques, il y a aussi
un certain catastrophisme, qui est rarement intentionnel mais
généralement structurel. Prenons le domaine de l’emploi. Un
licenciement collectif, c’est traitable médiatiquement. Vous
avez des gens qui se plaignent. On les comprend : des gens qui
peuvent susciter l’émotion, et les médias passeront ceux qui
auront le meilleur talent émotionnel. En revanche, quand il se
crée, dans un secteur économique nouveau, des dizaines, des
centaines d’emplois, comme c’est totalement éparpillé, aucun
média n’en parle jamais. Donc, dans ce domaine-là, le catastrophisme
est nécessairement privilégié par la manière dont
les médias fonctionnent. De même si les médias vous montrent
un squatter que la police déloge, ils vont vous le montrer
malheureux, et vous verrez son malheur ; en revanche, vous ne
verrez jamais le malheur du brave homme dont le squatter a
pris le logement qu’il aurait dû légitimement occuper, parce
que, lui, on ne le connaît pas, on ne le verra pas, on ne l’entendra
pas ; et donc il y a un biais, un biais structurel dans la
perception de la réalité. En clair, une mesure de gouvernance
d’État, d’administration ou d’entreprise sera toujours vue à travers
le prisme de ceux qu’elle lèse aujourd’hui, non de ceux
qu’elle protégera demain : plutôt du point de vue des intérêts à
conserver que des richesses à créer, des assistés d’aujourd’hui
que des enfants à naître.
Tout ceci privilégie l’irrationnel, et tout ceci débouche aussi
sur un mécanisme, qui est devenu central aujourd’hui

dans la présentation des faits et des événements, comme
dans la structuration de l’opinion ; ce mécanisme central,
c’est le couple angélisation/diabolisation, qui amène à présenter
toute la vie sociale en opposant ceux qu’on angélise,
qui sont les « bons », et ceux qu’on diabolise, qui sont les
« méchants ».
Angélisation/diabolisation, tel est l’élément structurant de
la présentation des événements par les médias, notamment
dans le domaine politique, mais aussi dans les domaines
intellectuel, social, économique. La diabolisation est le pivot de
l’instrumentalisation des esprits par les médias parce qu’elle
est au croisement de deux phénomènes : l’émotion et le conformisme,
ou, plus exactement, la diabolisation met l’émotion au
service du conformisme, c’est la médiabolisation.

Omerta, emballement
et mimétisme

Jusqu’ici n’ont été évoqués que des phénomènes liés à la
structure du fonctionnement des médias, presque indépendamment
de la volonté des hommes, ou des idées
des hommes. Il y a évidemment un autre biais tout à fait
considérable qui, lui, est lié à la volonté des individus ou
des groupes d’imposer ou de privilégier certaines idées. Ce
conformisme médiatique est d’ailleurs reconnu par des personnes
d’horizons assez divers. Régis Debray a beaucoup
écrit sur ce thème, en parlant du « cléricalisme » dans l’univers
médiatique ; cléricalisme qui indique de manière impérative
un certain nombre de dogmes à respecter, de vérités
à propager. Ces nouveaux clercs sont d’ailleurs souvent
conscients de ce qu’ils font. Ainsi un éditorialiste du Nouvel
Observateur, Jacques Julliard, écrit en octobre 2005 : « Il y a
une religiosité diffuse dans l’expression médiatique et celle-ci
est extrêmement différente de la diversité des opinions
concrètes du pays réel. » Il y a là une certaine lucidité. Mais
ce conformisme débouche facilement sur ce que Daniel
Schneiderman, hier journaliste au Monde, aujourd’hui à
Libération, a appelé dans un livre Le Cauchemar médiatique.

Le cauchemar médiatique pouvant être résumé par trois
termes :
– L’omerta, c’est-à-dire le silence sur ce dont on ne parle
pas.
– L’emballement, c’est-à-dire la projection en pleine lumière
et en boucle, la reproduction indéfinie du même phénomène,
ou les variations quasi musicales sur un même
thème. Selon Daniel Schneiderman : « Si l’emballement
nous cerne et finit par nous emporter, c’est aussi par son
dispositif polymorphe de faits et de statistiques, de théories
et de gros bons sens, de permanence et de rebondissements
quotidiens, de rumeurs publiques et de manchettes de journaux,
d’avis d’experts et de questions d’enfants » (p. 223).
On retrouve là les bonnes vieilles techniques de la propagande
: répétition, transfusion, orchestration. Bien sûr, ceci
ne peut fonctionner que parce que l’esprit critique est sinon
atrophié, du moins paralysé. Car, toujours selon l’auteur du
Cauchemar médiatique : « Tout emballement médiatique est
une révolution, virtuelle et éphémère. Et comme dans toute
révolution l’emballement broie, pulvérise, balaie les réticents.
On ne débat pas de l’emballement. L’emballement
ne supporte ni les contradicteurs ni les sceptiques. Comme
toute révolution, l’emballement exige le ralliement. Il ne
supporte pas la tiédeur » (p. 240). « Si l’emballement crée
des dissidents, il les muselle immédiatement. Seul reste
donc le choix entre silence et ralliement » (p. 242).
– Enfin le troisième élément essentiel du cauchemar
médiatique est le mimétisme, phénomène assez étonnant,
qui explique que les médias, même de techniques différentes
et souvent réputés de sensibilités différentes, vont
dire exactement la même chose au même moment. Il y a à
cela deux raisons : le souci du conformisme et celui de la
feuilletonisation.

Le conformisme médiatique

Les médias sont souvent conduits à polariser, à un moment
donné, leur centre d’intérêt sur un seul sujet. Cela peut être
un ouragan, cela peut être un tsunami, ensuite cela peut

être une affaire privée ou un procès à grand spectacle, puis
une pandémie dont on cessera brutalement de parler si une
crise sociale devient le thème de l’heure. Le côté mimétique
explique qu’on retrouve partout les mêmes couvertures, les
mêmes titres, les mêmes images.
Mais, même sur des sujets moins médiatisés, le mimétisme
fonctionne. À cet égard, il est intéressant d’observer les
journalistes travailler entre eux pour suivre un événement
ou un discours : ils prennent des images et des notes, se
retrouvent entre eux et se disent : « Qu’est-ce que tu prends,
toi ? » Et ils se mettent d’accord. Ils se mettent d’accord sur
les images qu’ils vont mettre en avant et sur la partie du discours,
la partie des événements qu’ils vont souligner. Éventuellement
même, ils s’accordent sur la partie qu’ils tairont.
Quel est l’avantage pour eux de ce phénomène d’entente
qui, en matière économique, serait condamné par la législation
sur la concurrence ? Il est double : leurs propos entreront
en résonance les uns avec les autres et surtout, pris
isolément, chaque journaliste est sûr de ne pas se tromper
(au regard de sa direction et de l’orientation dominante de
la classe médiatique) puisque ses autres collègues ont fait
le même choix. En cas de désaccord, ils pourront toujours
dire à leur rédacteur en chef ou à leurs collègues : « Eh bien,
non, j’ai bien vu l’essentiel ; d’ailleurs le voisin a bien vu la
même chose. » C’est donc pour eux une protection et c’est
une protection notamment par rapport au conformisme
parce que, s’ils voyaient les choses différemment les uns
des autres, ils risqueraient de sortir de la loi commune, de
la règle commune, de l’idéologie médiatique commune.
Ce conformisme est profondément incrusté dans le monde
médiatique. Il trouve son origine dans le mode de sélection
et de recrutement des journalistes dont beaucoup sont
aujourd’hui formés à Sciences-Po, véritable temple du politiquement
correct ; ainsi sélectionnés, les journalistes se trouvent
plongés dans un milieu vivant relativement en vase clos,
coupé de nombreuses réalités sociologiques mais dépendant
financièrement de grandes entreprises mondialisées ;

le conformisme politiquement correct s’impose alors avec
d’autant plus de force que beaucoup de journalistes – économiquement
et sociologiquement contraints de toute façon de
s’y soumettre – choisissent finalement de le faire de manière
militante par souci de réduire les dissonances cognitives :
il est en effet plus confortable d’aligner ses croyances profondes
sur celles qu’on est obligé de professer publiquement.
Il y a un syndrome de la salle de rédaction chez les journalistes
comme il y a un syndrome de Stockholm chez les otages. Avec
des résultats statistiques stupéfiants : en avril 2001, l’hebdomadaire
Marianne avait fait réaliser un sondage d’opinion
sur les 31 000 journalistes professionnels français ; il en ressortait
que seuls 6 % votaient à droite, soit neuf fois moins
que l’ensemble des électeurs. Il est d’ailleurs possible que
ce soit un sentiment de crainte ressenti par les journalistes
interrogés qui ait conduit une partie d’entre eux à biaiser leur
réponse dans un sens favorable à l’attente dominante de la
profession. Une telle situation ne va pas sans poser un réel
problème en termes de liberté et de démocratie.
Ainsi l’idéologie médiatique commune s’impose généralement
comme la grille de lecture unique des événements, et
le mot grille a bien évidemment un double sens.

Les quatre postulats de l’idéologie
médiatique

suite page 19

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