L’HOLOCAUSTE AU SCANNER


 
Auteur : Graf Jürgen
Ouvrage : L’holocauste au scanner Témoignages oculaires ou lois naturelles
Année : 1993

Ouvrage interdit en France

En effet, par arrêté du 19 décembre 1994 pris par le ministre de l’Intérieur français, L’Holocauste au scanner est interdit de circulation, de distribution et de mise en vente en raison du danger qu’il serait susceptible de causer pour l’ordre public.

L’auteur, Jürgen GRAF, né en 1951, est suisse. Il est professeur de lettres.
Le présent livre, qui est une version abrégée d’un ouvrage beaucoup plus vaste du même auteur, Der Holocaust Schwindel [La Fraude de l’Holocauste], est une récapitulation de l’ensemble des arguments révisionnistes tels qu’ils se présentent à la fin de 1992.
Mais l’auteur comble aussi une lacune : les nombreux livres et articles de presse révisionnistes existants ne traitent pour ainsi dire que d’aspects isolés de l’ « Holocauste » : J. Graf apporte aujourd’hui une vue globale sur la question. C’est l’ouvrage qui manquait jusqu’ici.

Chapitre 1
Préface
Ce livre est le condensé d’un ouvrage beaucoup plus vaste du même auteur. Il traite des crimes nationaux-socialistes et de leurs séquelles.
De tous les crimes du nazisme, c’est le génocide des juifs, l’ « Holocauste », qui a engendré dans la conscience de l’humanité le bouleversement le plus profond. La génération actuelle ne comprend pas qu’à l’époque le monde se soit comporté en spectateur silencieux, se rendant ainsi coupable de complicité.
Ce sont les procès des criminels de guerre qui, les premiers, ont mis en lumière la dimension véritable de ces crimes atroces.
Les déclarations des témoins et les aveux des coupables ont dévoilé un scénario de l’horreur qui a choqué l’humanité. Les faits constatés grâce aux enquêtes judiciaires et à l’administration des preuves ont été si explicites que les tribunaux allemands actuels rejettent catégoriquement toute proposition de prouver la non-existence des chambres à gaz au motif que « les faits sont de notoriété publique ».
L’Holocauste a marqué l’après-guerre sur le plan moral et sur le plan politique ; tous les manuels scolaires le présentent comme un fait avéré. Des millions de gens se rendent en pèlerinage sur ses hauts lieux (Auschwitz, Dachau, etc.) pour manifester leur consternation.
Pourtant, il ne cesse de s’élever des voix qui expriment des doutes quant à la présentation officielle de l’histoire et mettent en cause la fiabilité des sources utilisées.
Se pourrait-il que, en ce qui concerne l’Holocauste, des éléments aient été négligés ? Serait-il possible que ceux qui se sont penchés sur le sujet jusqu’ici se soient laissé influencer par la prétendue notoriété des faits au point de renoncer à vérifier une chose que les livres d’histoire ont déjà fixée comme incontestable et intangible à jamais ?
Tout bien considéré, des doutes sont-ils encore possibles ? Offenseraient-ils par hasard le sens commun ?
Compte tenu des « innombrables preuves » à disposition, il devrait être facile de réfuter les arguments des sceptiques.
Pourquoi craint-on un débat public avec les révisionnistes sur l’Holocauste comme le diable craint l’eau bénite ?
Certains États ont promulgué des lois spéciales limitant la liberté d’expression – dans le seul domaine de l’Holocauste. La [loi] muselière doit-elle par hasard suppléer à la carence des arguments ? Qui peut avoir intérêt à ce que l’Holocauste – et lui seul en tant qu’événement historique – devienne tabou et soit soustrait à la recherche historique critique ?
Ne savons-nous pas que les processus historiques ne peuvent être appréciés avec le recul émotionnel nécessaire et l’exactitude scientifique convenable qu’après des décennies, parfois même des siècles ? Les exemples ne manquent pas. Ce n’est qu’au cours de la dernière décennie que l’aspect romantique de la fondation de la Confédération [helvétique], qui nous raconte la conquête des citadelles et l’éviction des tyrans, a été relégué au royaume de la légende. Nous savons aujourd’hui que cette présentation des faits avait pour but de créer un mythe national au moyen d’un « endoctrinement d’intérêt public ».
De même, l’histoire la plus récente est apparue sous un jour nouveau, grâce à une étude minutieuse des sources.
Des généraux comme le général Guisan et le général Wille, des conseillers fédéraux comme M. Pilet-Golaz ont été rejugés. La recherche historique nécessite une mise à jour (une « révision ») constante de l’image qu’on se fait de l’histoire. Depuis la publication du journal de Goebbels, nous savons que Van der Lubbe a mis seul le feu au Reichstag. La responsabilité du massacre de 4 000 officiers polonais à

Katyn (1940) fut imputée autrefois aux nazis ; il est aujourd’hui démontré que ce fut Staline qui en donna l’ordre.
Il n’est pas un sujet d’histoire qui ne puisse être discuté publiquement – excepté l’Holocauste !
Qu’adviendrait-il si toute recherche ultérieure et toute discussion publique sur les personnes et événements historiques évoqués plus haut étaient interdites sous peine d’une punition sévère ? Avec quel sérieux peut-on écrire l’histoire si des « travaux d’historiens » de la première heure, bâclés ou tendancieux, sont repris sans réflexion par les générations d’historiens postérieures et si l’on se contente de se copier et de se citer mutuellement ! Que faut-il penser d’historiens qui voudraient priver le public de nouvelles connaissances sûres, pour des « raisons de pédagogie populaire », parce que la version présentée jusqu’ici, et qui ne correspond pas à la vérité, permet d’étayer mieux la construction branlante de l’édifice idéologique ? Peut-on trafiquer l’histoire pour conserver une conception politique du monde ?
L’auteur de ce livre n’est pas un historien professionnel ; il a simplement rassemblé les sources disponibles – en particulier les déclarations des témoins oculaires –, ce qui l’a conduit à des conclusions irréfutables.
Les déclarations absurdes des témoins contredisent les lois de la nature et la logique humaine. Pour ajouter foi aux descriptions des témoins oculaires, il faut admettre que l’Holocauste constitue un MIRACLE, car il est incompatible avec les lois de la physique, de la chimie et de la technique. Ce « miracle » doit-il donc être érigé en dogme et soustrait à toute critique ?
Le projet de « loi antiraciste » que le Conseil fédéral a soumis au Parlement prévoit que toute critique de la croyance en l’Holocauste sera punie d’amende ou de prison !
Nos idées doivent-elles être censurées et les non conformistes poursuivis pour « délit d’opinion »? Voulons-nous instaurer une Inquisition chargée de traquer les hérétiques ? Bonjour Orwell !
Livrez-vous à une lecture critique de ce livre bien documenté, afin de pouvoir forger votre propre jugement.
Écrivez à l’auteur si vous avez des questions ou des remarques à formuler ; il sera heureux d’entamer avec vous un dialogue constructif.
Arthur Karl Vogt

1 – L’unique tabou
Dans une société pluraliste, l’historiographie n’est pas assujettie à la politique ; la libre recherche est garantie tout comme la liberté d’opinion. Il s’ensuit que notre perception des époques passées ne cesse de se transformer. De nouvelles connaissances historiques nous contraignent régulièrement à réviser nos opinions. Il est aussi parfaitement licite de s’attaquer aux erreurs historiques en recourant aux méthodes des sciences exactes.
Il n’y a pas si longtemps encore, il était entendu en Suisse que c’était à la suite du serment du Grütli de 1291 qu’avait été entreprise la « destruction des châteaux », à savoir la prise d’assaut des citadelles habsbourgeoises. Toutefois, des fouilles ont montré que nombre de ces châteaux ne furent abandonnés que bien après 1291 ou l’avaient été bien avant. La « destruction des châteaux »est donc, au moins partiellement, un mythe. Nous n’avons jamais entendu dire que les historiens qui ont dirigé les fouilles aient été traduits en justice pour « outrage à nos ancêtres ».
La mise en doute par certains chercheurs de l’authenticité du « saint suaire du Christ » a soulevé une vive émotion parmi les catholiques. Pourtant, là aussi, il y a recherche et débat.
Une seule période échappe au principe de la liberté de recherche dans la société démocratique occidentale. Quiconque met en cause la conception traditionnelle de cette période risque des sanctions légales, la mise au ban de la société et la mort professionnelle. Pour cette période-là, on substitue à la pensée critique et à la libre recherche un dogme imposé par l’État ; l’utilisation des méthodes

scientifiques est un péché : il s’agit des années 1941 à 1944 (voy. « Dernière minute – fin septembre 1993 », ci-dessous, p. 135 ».

2 – Les révisionnistes
Les victimes de la répression et de l’exclusion sociale mentionnées plus haut sont ces chercheurs que l’on appelle « révisionnistes ». Pour ce qui touche à la seconde guerre mondiale, cette expression, prise dans son sens large, désigne les historiens qui contestent l’opinion courante selon laquelle l’Allemagne et le Japon porteraient seuls, ou principalement, la responsabilité de cette guerre ; dans son sens étroit, elle s’applique à ceux qui mettent en cause l’ « Holocauste », c’est-à-dire l’extermination systématique des juifs sous Hitler et l’existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis.
(N.B. : le mot « Holocauste » dérive d’un mot grec signifiant « brûlé tout entier » et évoque, dans le vocabulaire religieux juif, le sacrifice où la victime était entièrement consumée par le feu ; il s’est imposé dans le langage courant à la suite de la diffusion du long métrage américain du même nom. – Dans la suite, nous entendons toujours par « chambres à gaz » les chambres à gaz homicides et non les chambres à gaz de désinfection dont l’existence est incontestée. – Dans le présent ouvrage, qui ne revient en aucune façon sur la question des responsabilités de la seconde guerre mondiale, l’expression « révisionnisme » revêt toujours le sens étroit de « révisionnisme de l’Holocauste ».)
Le fondateur du révisionnisme fut le Français Paul Rassinier, socialiste, résistant et ancien détenu des camps de concentration de Buchenwald et de Dora-Mittelbau. Après sa libération, Rassinier écrivit Le Mensonge d’Ulysse, livre dans lequel il porte un regard critique sur les récits des anciens détenus des camps de concentration. Le titre se réfère au pieux menteur Ulysse qui, en plus des cent tourments qu’il avait effectivement endurés, en inventa mille autres, et fait allusion à la tendance humaine à l’affabulation.
Si, dans Le Mensonge d’Ulysse, Rassinier était encore d’avis que les chambres à gaz avaient vraisemblablement existé – il n’y a pas de fumée sans feu –, il s’est progressivement convaincu, au cours de ses vastes recherches, qu’il n’y avait pas eu de gazages ou que, s’il y en avait eu, ils avaient été des cas isolés dus à l’initiative d’une poignée de fous. Rassinier est mort en 1967. Onze ans plus tard, en France, Robert Faurisson, professeur d’université spécialiste de critique de textes, est le premier des révisionnistes à démontrer les impossibilités physiques et chimiques des chambres à gaz homicides ; c’est alors qu’éclate l’ « Affaire Faurisson ».
Les révisionnistes ne sont encore actuellement qu’une petite minorité, mais leurs rangs se renforcent et comptent, depuis 1988, le Britannique David Irving, meilleur connaisseur d’Hitler et du IIIe Reich.

3 – Est-il concevable qu’on puisse douter de l’Holocauste ?
Presque tout le monde croit à l’assassinat de millions de juifs sous Hitler et aux chambres à gaz nazies. Des milliers de livres et des centaines de milliers d’articles de journaux traitent de l’Holocauste, ainsi que d’innombrables films. Et ce n’est pas tout : un certain nombre d’accusés ont avoué l’existence des chambres à gaz à l’occasion de leurs procès ! Comment peut-on donc persister à nourrir des doutes face à ces preuves écrasantes ?
Permettez : on peut aussi, de cette manière, prouver qu’il existe des sorcières. Durant des siècles, toute l’Europe a cru aux sorcières. De gros livres, rédigés par des érudits, ont cloué au pilori les pratiques impies des sorcières. Enfin, de nombreuses sorcières ont avoué devant leurs juges que, dans la nuit de Walpurgis, elles traversaient les airs à cheval sur leur balai et qu’elles s’accouplaient avec le diable sur le Blocksberg. Par conséquent, il existe des sorcières.
Est-il vraiment certain que, en quelques siècles, l’homme soit devenu plus intelligent ? Tout un chacun, ou presque, aujourd’hui encore, ne croirait-il pas aux sorcières s’il avait entendu dès sa prime enfance d’épouvantables histoires sur leur compte et si les médias évoquaient journellement leur conduite dissolue ?

4 – Les « historiens » face au révisionnisme
Celui qui ne s’est pas penché spécialement sur le destin des juifs sous le IIIe Reich et sur les camps de concentration allemands souhaiterait peut-être assister à un débat entre un révisionniste et un exterminationniste (c’est ainsi que les révisionnistes appellent les tenants de la théorie de l’extermination). Ce n’est malheureusement pas possible, parce que les exterminationnistes ne sont pas ouverts à un tel débat. Alors que les révisionnistes consacrent une grande partie de leur temps à lire les livres de leurs adversaires et à examiner leurs thèses, les historiens officiels se satisfont de phrases toutes faites et d’anathèmes.
Voici quelques-uns de leurs arguments :
• « L’Holocauste est un fait indiscutable. » – Pendant des millénaires, on a considéré comme indiscutablement établi que le Soleil tournait autour de la Terre.
• « Celui qui doute des chambres à gaz insulte les victimes de la dictature brune. » – Faisons-nous vraiment honneur aux 32 000 personnes qui ont péri au camp de concentration de Dachau en portant leur nombre à 238 000 comme ce fut le cas dans les premières années de l’après-guerre ?
• « Les révisionnistes sont des antisémites et des nazis. » – Le socialiste et ancien déporté Paul Rassinier était-il un nazi ? Certes, il est vrai qu’il y a aussi quelques révisionnistes qui se réclament du national-socialisme. Mais deux et deux font quatre, même si c’est un national-socialiste qui le dit.
• « Les révisionnistes sont comparables à ces gens qui prétendent que la Terre est plate. Avec eux, pas de discussion possible. » – Il existe, en effet, des gens qui croient que la Terre est plate. Mais, bizarrement, personne ne s’en émeut ; personne n’aurait l’idée de les poursuivre devant les tribunaux. Personne ne les prend au sérieux ; on les considère comme des toqués inoffensifs. Pourtant, les révisionnistes ne sont pas considérés comme des toqués inoffensifs ; on les prend même mortellement au sérieux. Sinon, pourquoi promulguerait-on contre eux des lois spéciales ?

5 – La répression se substitue au dialogue
L’année 1990 a vu l’adoption en France de la « loi Gayssot » qui menace en pratique ceux qui contestent l’extermination des juifs d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et jusqu’à 300 000 francs français d’amende. Une loi analogue, promulguée en Autriche en 1992, prévoit l’incarcération jusqu’à dix ans pour les négateurs de l’Holocauste. Dans d’autres pays, le pouvoir s’appuie sur des notions élastiques comme l’ « incitation à la haine raciale » ou l’ « atteinte à la mémoire des morts ». Un texte de ce genre doit être introduit en Suisse aussi, de par la volonté du Conseil fédéral et du Parlement.
Les livres et les journaux révisionnistes sont interdits dans plusieurs États. Le politologue allemand Udo Walendy, éditeur de la revue Historische Tatsachen, se heurte constamment à une censure dépourvue de base constitutionnelle en RFA. On a réduit la pension du juge Wilhelm Stäglich, auteur du livre Le Mythe d’Auschwitz, et on lui a retiré son titre de docteur ;; pour ce faire, on s’est appuyé sur une loi de 1939 concernant la dépossession des grades universitaires, loi signée par Hitler en personne. Robert Faurisson, qui est avec l’Américain Arthur Butz le chef de file des révisionnistes, subit depuis 1979 d’incessantes tracasseries. Il a perdu son poste de professeur de littérature française et de critique de textes à l’Université de Lyon-II, parce que l’université prétendait ne pas pouvoir assurer sa sécurité ; les médias le traînent dans la boue et refusent de publier ses mises au point ; les tribunaux le condamnent à de lourdes amendes qui finiront par le ruiner ; sa famille vit constamment dans la crainte. En 1989, les « antifascistes » ont montré qu’ils disposaient d’arguments frappants : trois hommes musclés, membres du groupe des « Fils de la mémoire juive », ont agressé Faurisson au cours d’une promenade et l’ont battu au point de le laisser à moitié mort. Il a toutefois survécu – contrairement au révisionniste

français François Duprat, professeur d’histoire, victime, en 1978, d’un attentat à la bombe dans une voiture piégée.
Répression et terreur physique, pouvant aller jusqu’à l’assassinat, se substituent au dialogue. Toute discussion ouverte est interdite par l’État – cela doit éveiller notre méfiance.
Pourquoi les chambres à gaz sont-elles défendues par l’Établissement du « monde libre » avec une frénésie meurtrière ? Feraient-elles partie de l’héritage culturel de l’humanité comme les Pyramides ou la Basilique Saint Pierre ? Le monde serait-il moins beau s’il n’y avait pas eu à Auschwitz des chambres à gaz dans lesquelles un million d’hommes, de femmes et d’enfants juifs sans défense auraient été gazés à l’acide cyanhydrique comme de la vermine ?
Qu’est-ce donc que cette vérité historique qui nécessite la protection de la loi pénale ?

6 – Pourquoi les exterminationnistes redoutent le dialogue ?
La raison pour laquelle le débat n’a pas lieu est facile à concevoir. Depuis que l’Allemand Wolfgang Scheffler, qui se veut spécialiste de la question de l’Holocauste, a consenti, en 1979, à discuter avec Faurisson à la télévision tessinoise et que la discussion a tourné à sa confusion, aucun exterminationniste renommé ne veut prendre pareil risque, car la thèse généralement admise, selon laquelle les Allemands auraient gazé des millions de juifs, s’avère à l’examen impossible à défendre face à un adversaire renseigné sur les faits.
On se demandera alors pourquoi la légende est maintenue et pourquoi rares sont ceux qui connaissent les révisionnistes et leurs arguments.
En voici la raison : la diffusion des découvertes révisionnistes est entravée par la censure la plus parfaite qui ait jamais existé dans l’histoire, une censure dont personne, pour ainsi dire, n’a connaissance. A qui profite cette censure ? Pour qui est-il nécessaire qu’elle existe ? Comment est-elle manipulée ? Pourquoi y a-t il, dans notre société prétendument libérée des tabous, un grand tabou, à savoir l’Holocauste, au nom duquel on peut aujourd’hui douter de tout, même du Père céleste, de son Fils Jésus-Christ et du Saint-Esprit, mais pas des chambres à gaz d’Auschwitz et de Treblinka ?
Nous examinerons toutes ces questions plus loin.

7 – Les révisionnistes contestent-ils la persécution des juifs sous Hitler ?
En aucune façon. A partir de 1933, les juifs ont été de plus en plus fortement opprimés et privés de leurs droits ; ils ont été poussés à l’exil ; ceux qui, en 1941 et plus tard, se trouvaient encore sous domination allemande ont été en grande partie envoyés dans des camps de travail, parqués dans des ghettos, déportés vers la Pologne et la Russie, et, simultanément, privés de leurs biens. Pendant la campagne de Russie, des troupes allemandes, en particulier les « groupes d’intervention », ont fusillé un grand nombre de juifs – il est impossible d’énoncer des chiffres exacts, mais on peut estimer qu’il s’agit de dizaines de milliers de personnes.
Ces persécutions sont des faits historiquement démontrés. En revanche, les allégations suivantes sont contraires à la réalité :
1. Il y avait un plan d’extermination physique des juifs.
2. Il existait dans certains camps de concentration des chambres à gaz destinées à la destruction d’êtres humains.
3. Cinq à six millions de juifs ont trouvé la mort sous la domination d’Hitler.
Il est actuellement tout à fait impossible de déterminer exactement combien de juifs ont succombé à la guerre et à la persécution puisque la recherche n’est pas libre et qu’aucun historien indépendant ne peut accéder aux archives allemandes, polonaises, russes et israéliennes. En conséquence, on doit se contenter d’estimations. Rassinier était d’avis que le nombre des juifs victimes des mesures de guerre et de persécution dans la sphère d’influence d’Hitler avait été de l’ordre d’un million. D’autres

révisionnistes, comme Walter Sanning, dont l’originale étude démographique The Dissolution of Eastern European Jewry (Institute for historical Review, 1983) s’appuie presque uniquement sur des sources alliées et juives, aboutissent dans une mesure variable à des chiffres plus bas.
Plusieurs centaines de milliers, voire un million de juifs sont morts dans les ghettos et les camps, principalement d’épidémies et d’épuisement, sont tombés victimes d’actes de guerre et de crimes de guerre, comme la destruction du ghetto de Varsovie et les massacres perpétrés par les groupes d’intervention, ou ont péri dans des pogromes. Tout cela est déjà bien assez tragique et il n’existe pas la moindre raison moralement défendable de multiplier le nombre des victimes par six ou par douze et d’inventer des chambres à gaz.

8 – Chambres à gaz ou pas, qu’est-ce que ça change ?
Parmi les objections fréquemment opposées aux révisionnistes, on entend souvent dire que le nombre des juifs qui ont perdu la vie sous Hitler est secondaire : une seule mort juive, c’est déjà trop. L’existence ou la non-existence des chambres à gaz serait, elle aussi, en fin de compte, contingente : qu’importe que les victimes aient été gazées ou qu’elles aient succombé dans les camps au typhus et à la faim !
Eh bien, si ! Le nombre des victimes est important ! La différence qui sépare six millions de morts de cinq cent mille, c’est, pour cinq millions et demi de personnes, toute la différence qu’il y a entre la vie et la mort. De plus, cet argument des censeurs des révisionnistes se retourne tout naturellement contre eux : peut-on demander poliment pourquoi on s’accroche avec tant d’acharnement au chiffre de six millions si le nombre est totalement dépourvu d’intérêt ?
De même, il nous est absolument impossible d’adhérer à la thèse selon laquelle l’existence des chambres à gaz serait d’importance secondaire. Ce fut, certes, un acte condamnable de la part des Allemands que d’envoyer des masses de gens travailler comme esclaves dans leurs camps, mais il y avait à cela une raison : il leur fallait à tout prix de la main-d’oeuvre pour accroître leur production de guerre et préserver ainsi leurs chances de remporter la victoire. Les déportations massives de juifs, si inhumaines qu’en aient été les conséquences pour les victimes, s’expliquaient aussi par des considérations de sécurité militaire. En fin de compte – et c’est tout à fait normal –, il y avait beaucoup de juifs dans les mouvements de résistance des pays occupés. Le publiciste juif Arno Lustiger, qui, selon le Spiegel (ndeg. 7/1993, p. 54), a survécu à plusieurs camps de concentration, rapporte fièrement, dans la même livraison du magazine précité, que les juifs représentaient en France 15 % de la résistance militaire opérationnelle (alors qu’ils ne constituaient pas même 1 % de la population). Il en aura été de même dans d’autres États. Les Américains ont interné leur minorité japonaise pendant la guerre sur la base d’un simple soupçon !
La mort de centaines de milliers de prisonniers victimes d’épidémies que les Allemands combattaient dans la mesure de leurs moyens, mais qu’ils ne parvenaient pas à maîtriser, n’a rien à voir avec une destruction délibérée. Les massacres perpétrés sur le front de l’Est par les troupes allemandes, par les groupes d’intervention notamment, trouvent leur équivalent dans d’autres guerres.
En revanche, l’assassinat cynique et de sang-froid de plusieurs millions de personnes sans défense dans des chambres à gaz, s’il s’était produit, n’aurait pu se prévaloir d’aucune nécessité économique ou militaire ; on se serait alors trouvé, sans l’ombre d’un doute, devant un crime sans équivalent dans l’histoire. C’est pourquoi la question de l’existence ou de la non-existence des chambres à gaz est en réalité d’une importance cardinale.

9 – Qu’entendaient les Nazis par « Solution finale de la question Juive » ?
Quand Hitler arriva au pouvoir en 1933, chacun savait qu’un farouche antisémite avait pris la barre. Les tirades haineuses contre les juifs constituent une part considérable du livre d’Hitler, Mein Kampf, et, selon le programme du NSDAP, aucun juif ne pouvait prétendre à la qualité de citoyen.

Les multiples tracasseries auxquelles furent exposés les juifs après 1933 avaient pour but de les pousser à l’exil. Pour favoriser l’émigration des juifs, les nationaux- socialistes travaillaient en étroite collaboration avec les milieux sionistes, qui avaient intérêt à ce que le plus grand nombre possible de juifs s’établissent en Palestine (on trouve, dans l’important ouvrage de Heinz Höhne sur la SS, L’Ordre noir, Castermann, 1972, des informations sur cette collaboration aujourd’hui le plus souvent occultée – voy. aussi le livre de Maurice Rajsfus, Des Juifs dans la collaboration (II) / Une Terre promise ? (1941 1944), L’Harmattan, 1989).
Avant même qu’Hitler eût promulgué une seule loi antijuive, les organisations juives des États-Unis, d’Angleterre et d’ailleurs déclenchèrent une violente campagne de boycottage qui causa à l’Allemagne un préjudice économique considérable (elles publièrent notamment, en première page du Daily Express du 24 mars 1933, une véritable déclaration de guerre économique sous le titre « Judea declares War on Germany »). Comme les nazis ne pouvaient atteindre les instigateurs de cette campagne, ils reportèrent leur fureur sur les juifs allemands considérés par eux comme membres d’une puissance ouvertement belligérante. L’intention des sionistes était d’inciter Hitler à des mesures de répression antijuives de plus en plus dures, afin d’activer l’émigration des juifs allemands vers la Palestine (voy. Höhne, op. cit., et Edwin Black, The Transfer Agreement, New York, Londres, 1984).
En 1941, date à laquelle l’émigration fut interdite, les Allemands craignant que les juifs ne se mettent au service des Alliés (l’interdiction ne fut d’ailleurs pas appliquée systématiquement), deux tiers des juifs allemands avaient pris le chemin de l’exil ; ceux qui restaient étaient en majorité des gens d’un certain âge. De même, une grande partie des juifs autrichiens émigrèrent après l’Anschluss, ainsi qu’une proportion considérable des juifs tchèques après l’effondrement de la République tchécoslovaque en 1939.
Après le début de la seconde guerre mondiale, le plan Madagascar, qui prévoyait la formation d’un État juif à Madagascar, parut entrer dans le domaine du possible. Mais Pétain refusa de céder l’île et les Britanniques contrôlaient les voies maritimes. C’est pourquoi Hitler décida de reporter à la fin de la guerre le règlement de la question juive et, en attendant, d’évacuer tous les juifs européens vers les territoires de l’Est.
C’est en 1941 que commencèrent les déportations massives ; des centaines de milliers de juifs furent envoyés dans des camps de travail ou expédiés en Russie – la Pologne servait de station intermédiaire. Cette politique s’appuyait sur les raisons suivantes :
• Étant donné que presque tous les hommes en état de porter les armes se trouvaient au front, les Allemands avaient un besoin urgent de main-d’oeuvre ;
• Les juifs qui, cela va de soi, étaient unanimement du côté des Alliés représentaient un risque ;
• La guerre offrait aux nazis une occasion favorable de procéder à la « solution finale de la question juive ».
Il ressort clairement de leurs documents que les nationaux-socialistes n’entendaient pas par « solution finale » l’extermination physique des juifs mais leur installation à l’Est.
C’est ainsi que Göring écrivait à Heydrich le 31 juillet 1941 :

Complétant les dispositions de l’arrêté du 24 janvier 1939 vous chargeant d’apporter à la question juive la solution la plus favorable selon les circonstances, par l’émigration ou l’évacuation, je vous donne mission par la présente de prendre toutes les mesures préparatoires nécessaires, qu’il s’agisse de l’organisation, de la mise en oeuvre, des moyens matériels, pour obtenir une solution totale de la question juive dans la zone d’influence allemande en Europe.
Tous les autres organes gouvernementaux doivent coopérer avec vous à cet effet.
Je vous charge, en outre, de m’adresser sous peu un plan d’ensemble sur les mesures préparatoires à prendre concernant l’organisation, la mise en oeuvre et les moyens matériels nécessaires pour réaliser la solution finale désirée de la question juive (cité d’après Raul Hilberg, La Destruction des juifs d’Europe, Fayard, 1988, p. 345.)

A la Conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, lors de laquelle, selon la thèse officielle, fut décidée l’extermination des juifs, on parla en réalité de leur évacuation, ainsi que le montre à l’évidence le procès-verbal (l’authenticité du document est d’ailleurs contestée par certains révisionnistes dont Stäglich et Walendy). Et l’un des participants à la conférence, Martin Luther, du ministère des Affaires étrangères, écrivait le 21 août 1942 dans un mémorandum :
Le principe de la politique allemande à l’égard des juifs après la prise du pouvoir consistait à encourager l’émigration juive par tous les moyens (…) La présente guerre donne à l’Allemagne la possibilité et même le devoir de résoudre la question juive en Europe (…) Sur la base de l’ordre du Führer mentionné (…), on a commencé à évacuer les juifs hors d’Allemagne. Il était logique d’inclure [dans l’évacuation] les ressortissants juifs des pays qui avaient également pris des mesures à l’encontre des juifs (…) Le nombre des juifs repoussés vers l’Est de cette façon ne suffisait pas à couvrir là-bas les besoins en main-d’oeuvre (document de Nuremberg NG-2586).
Les historiens officiels recourent à l’explication selon laquelle les termes d’ « évacuation » et d’ « émigration » n’auraient été que des mots de code désignant le « gazage ». En réalité, il est vraisemblable qu’un nombre de juifs dépassant largement le million furent envoyés en Russie, conformément à ce qu’indiquaient les documents allemands. En l’absence de toute documentation écrite sur l’extermination des juifs et les chambres à gaz, les exterminationnistes sont contraints d’interpréter les documents relatifs à la déportation.

10 – Les camps de concentration
Le premier camp de concentration fut créé à Dachau deux mois à peine après la prise du pouvoir par Hitler ; d’autres suivirent. Avant la guerre, les camps n’avaient pas d’importance économique. Ils servaient à isoler des gens que le gouvernement national socialiste jugeait dangereux pour l’État. On distinguait différentes catégories de détenus : les politiques (« rouges »), les criminels (« verts »), puis les « associaux » ou « noirs » (mendiants, vagabonds, prostituées), les « lecteurs de Bible » (c’est-à-dire les membres de sectes réfractaires au service militaire) et les homosexuels (« roses »). Jusqu’en 1938, on n’envoya des juifs dans les camps que s’ils appartenaient à l’un de ces groupes. C’est en novembre 1938, après le meurtre à Paris d’un diplomate allemand et la sinistre « Nuit de cristal », que, pour la première fois, des juifs furent internés massivement pour la seule raison qu’ils étaient juifs. En outre, presque tous ces prisonniers, dont le nombre dépassait 30 000, furent très vite libérés. Le nombre total des détenus (y compris les criminels !) oscillait avant la guerre entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers.
Après l’entrée en guerre, de nouveaux camps poussèrent comme des champignons dans l’Europe dominée par l’Allemagne, du Struthof-Natzweiler en Alsace à Majdanek dans la Pologne occupée ou « Gouvernement général ». Finalement, il y eut en tout 14 grands camps de concentration et quelques camps plus petits. Il faut y ajouter environ 500 camps dits « camps de travail » comportant chacun de quelques centaines à plus d’un millier de prisonniers. Ces « camps de travail » étaient rattachés à des exploitations industrielles ; les travailleurs forcés étaient fournis à ces dernières par les camps de concentration. Les détenus morts dans les « camps de travail » figurent dans les statistiques des camps de concentration qui les avaient mis à disposition.
Les camps ont donc joué un rôle essentiel dans l’industrie de guerre. A Auschwitz, le plus grand des camps de concentration, on poursuivait des recherches en vue de fabriquer du « Buna », c’est-à-dire du caoutchouc synthétique, produit nécessaire à la production des pneus et par conséquent d’une grande importance stratégique. Au camp de Dora-Mittelbau, particulièrement redouté en raison de conditions de travail d’une dureté inhumaine, on construisait les fusées sur lesquelles Hitler comptait, encore en 1944, pour modifier le cours de la guerre.
Les mauvais traitements subis par les prisonniers ne relevaient pas d’une politique d’État, car le régime avait tout intérêt à disposer d’une main-d’oeuvre aussi valide que possible. Vexations et actes de cruauté n’en étaient pas moins monnaie courante. Tout règlement est à la mesure des individus qui sont chargés

de l’appliquer et ce n’était certes pas l’élite de la société qui s’annonçait pour servir dans les camps de concentration. Dans beaucoup de camps, les pires brutalités n’étaient aucunement le fait de la SS, mais bien des criminels, qui s’appliquaient à terroriser les politiques. Des records d’inhumanité ont été atteints au camp autrichien de Mauthausen.
Il est arrivé que des chefs SS pris en faute fassent l’objet de mesures énergiques. Karl Koch, commandant de Buchenwald, fut collé au mur pour corruption et meurtre ; Hermann Florstedt, commandant de Majdanek de sinistre mémoire, fut pendu devant les détenus rassemblés.
Selon une statistique établie par le général de la Waffen SS Oswald Pohl à l’intention d’Himmler, 110 812 prisonniers des camps de concentration périrent entre le 1er juillet 1942 et le 30 juin 1943. Si les camps ne se vidaient pas, c’est que les « départs » étaient constamment compensés par des « arrivées ». En août 1943, le nombre total des déportés se montait à 224 000, un an plus tard – sans tenir compte des camps de transit – à 524 000.
La plupart des décès étaient imputables aux épidémies. Le typhus exanthématique, variété de typhus transmise par les poux, était particulièrement redouté. On utilisait entre autres, pour combattre la vermine, un insecticide du nom de Zyklon B, que les exterminationnistes ont plus tard transformé en moyen d’extermination d’êtres humains.
Abstraction faite des derniers mois chaotiques de la guerre, la pire période des camps fut l’été et l’automne 1942. Pendant ces mois-là, à Auschwitz, le typhus tua parfois plus de 300 personnes par jour. L’épidémie fit aussi des victimes parmi les hommes de la SS. A l’intérieur du complexe d’Auschwitz, la plupart des décès furent enregistrés à Birkenau, qui se trouvait à trois kilomètres à l’ouest du camp initial et assurait la fonction de camp des malades. A certaines époques, il mourut à Birkenau plus de personnes que dans tous les autres camps réunis. La légende a fait ensuite de ce « camp de la mort » de Birkenau, où périrent vraisemblablement 80 000 à 100 000 détenus, pour la plupart de maladie – il y avait aussi les exécutions et les meurtres ! –, un « camp d’extermination » où furent assassinés, selon les historiens officiels, entre un et quatre millions de personnes. Pour incinérer les victimes des épidémies, il fallut construire des crématoires et, pour entreposer les cadavres, des morgues dont les exterminationnistes ont fait plus tard des « chambres à gaz ». De même, les douches sont devenues, du moins partiellement, des « chambres à gaz ». Et les sélections des détenus aptes et inaptes au travail se sont transformées en « sélections pour la chambre à gaz ». C’est ainsi qu’est née la légende du siècle, le mythe d’Auschwitz.
La catastrophe absolue survint dans les affreux derniers mois de la guerre où la nourriture, les médicaments, l’eau même, dans certains cas, manquaient. Lorsque les Britanniques et les Américains libérèrent les camps les uns après les autres, ils trouvèrent des milliers de cadavres non enterrés et des dizaines de milliers de détenus à demi morts de faim. Les photos, preuves de massacres sans précédent, firent le tour du monde. En réalité, ces morts n’avaient rien à voir avec une politique d’extermination délibérée.
On peut s’en convaincre facilement en examinant le nombre des décès dans les différents camps. Nous présentons ici les chiffres relatifs à Dachau (Source : Paul Berben, Dachau 1933-1945. L’Histoire officielle, Bruxelles, 1968) :
1940 :…..1 515 morts
1941 :…..2 576 morts
1942 :…..2 470 morts
1943 :…..1 100 morts
1944 :…..4 794 morts
1945 :…..15 384 morts
Il mourut donc plus de prisonniers durant les quatre derniers mois d’existence du camp que pendant l’ensemble des années de guerre antérieures ! Après la libération du camp par les Américains, 2 000 détenus environ périrent encore d’épuisement ; 1 588 personnes succombèrent dans les 17 premiers jours de mai.

Les raisons de ces hécatombes sont les suivantes :
1 Au lieu d’abandonner simplement les prisonniers des camps de l’Est aux troupes russes qui avançaient, les nazis les évacuèrent vers l’Ouest. Comme les lignes de chemin de fer avaient été pour la plupart détruites par les bombes, des dizaines de milliers de personnes furent conduites vers l’intérieur de l’Allemagne, marchant pendant des semaines à travers la neige et la glace ; une grande partie d’entre elles ne vit pas la fin de la guerre. Et dans les camps qui reçurent les évacués survivants, on manquait de baraques, de latrines, de nourriture, de médicaments, bref de tout. La raison de cette politique d’évacuation extravagante était qu’on ne voulait laisser tomber aux mains des Soviétiques ni main-d’oeuvre, ni soldats. Les malades, à Auschwitz par exemple, purent rester en arrière et furent libérés par l’Armée rouge.
2 A partir de l’automne 1944, des millions de réfugiés affluèrent à l’Ouest, fuyant les territoires allemands de l’Est conquis par les Soviétiques. Simultanément, les bombardiers anglo américains réduisaient l’une après l’autre les villes à l’état de ruines et anéantissaient l’infrastructure. Dans ces conditions, d’innombrables personnes restées libres moururent aussi d’épuisement et d’épidémies.
Chuck Yeager, premier pilote ayant franchi le mur du son, écrit dans son autobiographie (Yeager, An Autobiography, New York, Bantam Books, 1985, p. 79-80) que son escadre avait reçu mission de bombarder tout ce qui bougeait dans une zone de 50 km2 : « Il n’était pas si simple de subdiviser l’Allemagne en civils innocents et en militaires. Le paysan dans son champ de pommes de terre nourrissait bien des troupes allemandes. » Les Alliés provoquèrent donc délibérément la famine par leurs bombardements et reprochèrent ensuite aux vaincus de ne plus avoir été en mesure de nourrir suffisamment les détenus des camps de concentration !
En dépit de tout cela, les libérateurs trouvèrent encore, dans des camps comme Bergen-Belsen, Buchenwald et Dachau, outre des monceaux de cadavres et des squelettes ambulants, des dizaines de milliers de prisonniers relativement sains.
En ce qui concerne la mort due aux épidémies dans les camps de concentration nazis, on peut établir un parallèle historique avec, notamment, l’époque de la guerre civile américaine. Dans les camps de prisonniers des États du Nord, à Camp Douglas et à Rock Island, le taux de mortalité mensuel était de 2 à 4 % et, plus au sud, à Andersonville, 13 000 des 52 000 soldats des États du Nord moururent. Pendant la guerre des Boers, les Britanniques internèrent quelque 120 000 civils boers et des dizaines de milliers d’Africains noirs dont un sur six à peu près mourut. Ni les prisonniers de la guerre civile américaine, ni ceux de la guerre des Boers ne furent exterminés délibérément ; presque tous succombèrent à des épidémies qu’on ne parvenait pas à maîtriser. Le nombre des morts est tout à fait comparable à ceux de Dachau (84 % de survivants, 16 % de morts) et de Buchenwald (86 % de survivants, 14 % de morts).
Le Service international de recherches d’Arolsen (RFA) enregistre les cas attestés de décès dans les camps de concentration. En voici le bilan à fin 1990 :
Mauthausen………………………. : 78 851 morts
Auschwitz………………………….. : 57 353 morts
Buchenwald……………………….. : 20 686 morts
Dachau……………………………… : 18 455 morts
Flossenbürg………………………. : 18 334 morts
Stutthof……………………………… : 12 628 morts
Gross-Rosen……………………… : 1 0 950 morts
Majdanek…………………………… : 8 826 morts
Dora-Mittelbau……………………. : 7 467 morts
Bergen-Belsen…………………… : 6 853 morts
Neuengamme…………………….. : 5 780 morts
Sachsenhausen-Oranienburg. : 5 013 morts
Struthof-Natzweiler……………… : 4 431 morts

Ravensbrück……………………… : 3 640 morts

Les statistiques du SIR d’Arolsen mentionnent également, avec 29 339 morts, le camp de Theresienstadt, qui n’était pas cependant un véritable camp de concentration, mais un ghetto réservé principalement à des juifs âgés et privilégiés.
Le SIR d’Arolsen indique que les statistiques sont incomplètes. Les décès déjà enregistrés par d’autres bureaux d’état civil ne sont pas repris en compte et une partie des dossiers de certains camps fait défaut.
Si on voulait calculer à quelques milliers près le nombre de personnes qui ont perdu la vie dans les camps de concentration, nul ne serait davantage qualifié pour le faire que le SIR d’Arolsen qui dispose de plus de documents que n’importe quel service officiel du monde. Mais force est de constater qu’il n’ouvre ses archives à aucun chercheur indépendant et propage dans ses brochures des affirmations inexactes, telle celle qui consiste à prétendre qu’il ne subsiste aucun document « provenant des camps d’extermination ».
A notre connaissance, le nombre des morts de Dachau et de Buchenwald (respectivement 32 000 et 33 000) n’est pas contesté. En 1990, les Russes ont remis au CICR [Comité international de la Croix-Rouge] les registres mortuaires d’Auschwitz qu’ils avaient gardés sous clé jusqu’alors. Ces registres couvrent, sous réserve de quelques lacunes, la période qui s’étend d’août 1941 à décembre 1943 et contiennent 66 000 noms. Personne ne sait, semble-t-il, où se trouvent les registres mortuaires restants. Le nombre des victimes d’Auschwitz devrait donc avoisiner 100 000 à 150 000.
Nous tirons de ce qui précède les conclusions suivantes :
1 Il est vraisemblable que 600 000 à 800 000 personnes sont mortes dans les camps de concentration nationaux-socialistes de 1933 à 1945 ;
2 Moins de la moitié des victimes étaient des juifs, vu que ces derniers ne constituaient, dans beaucoup de camps, qu’une petite minorité (à Auschwitz, sur la fin, la proportion de prisonniers juifs se montait toutefois à presque 80 %) ;
3 Selon toute vraisemblance, les juifs ont trouvé la mort en plus grand nombre hors des camps que dans les camps.

Chapitre 2
11 – Les massacres du front de l’Est

suite…

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