La dialectique éristique – (L’Art d’avoir toujours raison)


 

Auteur : Arthur Schopenhauer

Ouvrage : La Dialectique éristique, éditée en France sous le titre (L’Art d’avoir toujours raison)

Année : 1864

Traduit de l’allemand par Dominique Miermont

La dialectique1 éristique est l’art de disputer, et ce de telle sorte que l’on ait toujours
raison, donc perfas et nefas (c’est-à-dire par tous les moyens possibles)2. On peut en effet
avoir objectivement raison quant au débat lui-même tout en ayant tort aux yeux des personnes
présentes, et parfois même à ses propres yeux. En effet, quand mon adversaire réfute ma
preuve et que cela équivaut à réfuter mon affirmation elle-même, qui peut cependant être
étayée par d’autres preuves – auquel cas, bien entendu, le rapport est inversé en ce qui
concerne mon adversaire : il a raison bien qu’il ait objectivement tort. Donc, la vérité
objective d’une proposition et la validité de celle-ci au plan de l’approbation des opposants et
des auditeurs sont deux choses bien distinctes. (C’est à cette dernière que se rapporte la
dialectique.)
D’où cela vient-il ? De la médiocrité naturelle de l’espèce humaine. Si ce n’était pas le
cas, si nous étions foncièrement honnêtes, nous ne chercherions, dans tout débat, qu’à faire
surgir la vérité, sans nous soucier de savoir si elle est conforme à l’opinion que nous avions
d’abord défendue ou à celle de l’adversaire : ce qui n’aurait pas d’importance ou serait du
moins tout à fait secondaire. Mais c’est désormais l’essentiel. La vanité innée,
particulièrement irritable en ce qui concerne les facultés intellectuelles, ne veut pas accepter
que notre affirmation se révèle fausse, ni que celle de l’adversaire soit juste. Par conséquent,
chacun devrait simplement s’efforcer de n’exprimer que des jugements justes, ce qui devrait


1 Chez les Anciens, « logique » et « dialectique » sont le plus souvent employés comme synonymes. Chez les
Modernes également.
2 Le terme d’éristique serait seulement un mot plus dur pour désigner la même chose. — Aristote (selon Diogène
Laërce, V, 28) regroupait la rhétorique et la dialectique dont l’objectif est la persuasion, τό πιςαυόυ ; puis
l’analytique et la philosophie dont la finalité est la vérité. — ιαλεκτική δέ έστι τέχυη λόγωυ, δι’ής
άυασκευάζομέυ τι ή κατασκευάζομευ έξ έρωτήσεως καί άποκρίσεως τωυ προσδιαλεγομένων (la dialectique est
un art du discours au moyen duquel nous réfutons quelque chose ou l’affirmons avec des preuves, et cela au
moyen des questions et des réponses des discutants). Diogène Laërce, III, 48 (Vie de Platon). — Aristote
distingue certes 1) la logique ou analytique en tant que théorie ou méthode pour arriver aux conclusions exactes,
dites conclusions apodictiques ; 2) la dialectique ou méthode pour arriver aux conclusions considérées comme
exactes et adoptées comme telles – έυδοξα, probabilia (Topiques 1, chap. 1 et 12), sans qu’il ait été démontré
qu’elles soient fausses, mais pas non plus qu’elles soient vraies (en soi et pour soi) ; car ce n’est pas cela qui
importe. Or qu’est-ce d’autre que l’art d’avoir toujours raison, que l’on ait au fond raison ou non ? Donc l’art de
parvenir à l’apparence de la vérité sans se soucier de l’objet de la controverse. C’est pourquoi, comme cela fut
dit au début, Aristote distingue en fait les conclusions logiques, dialectiques, comme cela vient d’être noté, puis
3) les conclusions éristiques (l’éristique) où la forme finale est correcte, mais les thèses mêmes, la matière, ne
sont pas vraies mais paraissent, seulement l’être, et enfin 4) les conclusions sophistiques (la sophistique) où la
forme finale est fausse mais paraît exacte. Ces trois derniers types font en fait partie de la dialectique éristique
puisqu’ils visent tous non pas à la vérité objective mais à son apparence, sans s’occuper d’elle, donc à avoir
toujours raison. Le livre sur les conclusions sophistiques n’a été édité que plus tard et séparément c’était le
dernier livre de la Dialectique (N.d.A.).


inciter à penser d’abord et à parler ensuite. Mais chez la plupart des hommes, la vanité innée
s’accompagne d’un besoin de bavardage et d’une malhonnêteté innée. Ils parlent avant
d’avoir réfléchi, et même s’ils se rendent compte après coup que leur affirmation est fausse et
qu’ils ont tort, il faut que les apparences prouvent le contraire. Leur intérêt pour la vérité, qui
doit sans doute être généralement l’unique motif les guidant lors de l’affirmation d’une thèse
supposée vraie, s’efface complètement devant les intérêts de leur vanité : le vrai doit paraître
faux et le faux vrai.
Toutefois cette malhonnêteté même, l’obstination à défendre une thèse qui nous
semble déjà fausse à nous-mêmes, peut être excusable : souvent, nous sommes d’abord
fermement convaincus de la vérité de notre affirmation, mais voilà que l’argument de notre
adversaire semble la renverser ; si nous renonçons aussitôt à la défendre, nous découvrons
souvent après coup que, nous avions tout de même raison ; notre preuve était fausse, mais
notre affirmation pouvait être étayée par une bonne preuve. L’argument salvateur ne nous
était pas immédiatement venu à l’esprit. De ce fait, il se forme en nous la maxime selon
laquelle, même quand l’argument de l’adversaire semble juste et concluant, nous devons
l’attaquer, certains que sa justesse n’est qu’apparente et qu’au cours de la controverse nous
trouverons un argument qui viendra le renverser ou confirmer notre vérité d’une façon ou
d’une autre. Ainsi, nous sommes quasi obligés d’être malhonnêtes lors de la controverse, ou
tout du moins légèrement tentés de l’être. De cette façon, la faiblesse de notre intelligence et
la perversité de notre volonté se soutiennent mutuellement. Il en résulte qu’en règle générale
celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse, comme pro ara et focis (pour
son autel et son foyer), et procède per fas et nefas, puisque, comme nous l’avons montré, il ne
peut faire autrement.
Chacun cherchera donc généralement à faire triompher sa proposition, même
lorsqu’elle lui parait pour le moment fausse ou douteuse1. Quant aux moyens pour y parvenir,
ils lui seront fournis dans une certaine mesure par ses aptitudes personnelles à la ruse et à la
médiocrité. C’est ce qu’enseigne l’expérience quotidienne de la controverse. Chacun a donc


1 Machiavel prescrit au prince de profiter de chaque instant de faiblesse de son voisin pour l’attaquer, sinon ce
dernier peut tirer parti d’un moment où le prince est en position de faiblesse. Si la fidélité et l’honnêteté
régnaient, il en serait autrement; mais comme on ne peut compter sur ces vertus, il ne faut pas les pratiquer
puisqu’on en est mal récompensé. Il en va de même dans la controverse : si je donne raison à mon adversaire dès
qu’il semble avoir raison, il est peu probable qu’il agisse de la même façon à mon égard. Il procédera plutôt per
nefas, et il faut donc que j’en fasse autant. Il est facile de dire qu’on doit uniquement rechercher la vérité sans
vouloir privilégier sa thèse, mais comme on ne peut supposer que l’adversaire en fera autant, il faut y renoncer.
De plus, si j’étais prêt, dès que l’autre me semble avoir raison, à abandonner une thèse que j’ai pourtant
examinée à fond auparavant, il pourrait facilement arriver que, entraîné par une impression passagère, je renonce
à la vérité pour adopter l’erreur (NAA.).


sa dialectique naturelle, tout comme il a sa logique naturelle. La seule chose, c’est que la
première est loin de le guider aussi sûrement que la deuxième. Il n’est facile à personne de
penser ou de conclure a contrario des lois de la logique ; les jugements faux sont fréquents,
les conclusions fausses extrêmement rares. Si un homme ne manifeste donc pas facilement un
manque de logique naturelle, il peut en revanche manifester un manque de dialectique
naturelle ; c’est un don de la nature inégalement partagé (semblable en cela à la faculté de
jugement qui est très inégalement partagée, alors que la raison l’est à vrai dire équitablement).
Car il arrive souvent que, bien que l’on ait raison, on se laisse confondre ou réfuter par une
argumentation spécieuse, ou inversement ; et celui qui sort vainqueur du débat doit bien
souvent sa victoire non pas tant à la justesse de son jugement quand il soutient sa thèse, qu’à
l’astuce et à l’adresse avec lesquelles il l’a défendue. Ici, comme dans tous les cas, c’est l’inné
qui se révèle le meilleur conseiller ; cependant, en s’exerçant et en réfléchissant aux tours
d’adresse susceptibles de renverser l’adversaire ou souvent employés par lui pour renverser
l’autre, on peut avoir de grandes chances de passer maître en cet art. Donc, même si la logique
ne peut avoir d’utilité véritablement pratique, la dialectique peut, elle, en avoir. Il me semble
aussi qu’Aristote a conçu sa logique proprement dite (l’Analytique) essentiellement comme
fondement et préparation de la dialectique, et que celle-ci était pour lui l’élément le plus
important. La logique s’intéresse uniquement à la forme des thèses avancées, la dialectique à
leur contenu ou à leur matière ; c’est justement pour cela que l’examen de la forme, c’est-àdire
du général, devait précéder celui du contenu, c’est-à-dire du particulier.
Aristote ne détermine pas l’objectif de la dialectique aussi précisément que je l’ai fait.
Il indique certes comme but principal la controverse, mais également la recherche de la
vérité ; plus tard, il répète que l’on traite philosophiquement les thèses en fonction de la
vérité, et dialectiquement en fonction de l’apparence ou de l’approbation, de l’opinion (δόξα)
des autres (Topiques, I, chap. 12). Il est certes conscient de la distinction très nette entre la
vérité objective d’une thèse et la façon de l’imposer ou de la faire accepter ; cependant, il ne
les distingue pas assez clairement pour n’assigner à la dialectique que cette dernière finalité1.


1 Et par ailleurs, dans son livre Les Réfutations sophistiques, il se donne trop de mal pour distinguer la
dialectique de la sophistique et de l’éristique. La différence serait que les conclusions dialectiques sont vraies sur
le plan de la forme et du contenu, alors que les conclusions éristiques ou sophistiques sont fausses (ces dernières
diffèrent uniquement par leur finalité : pour l’éristique, le but est d’avoir raison ; pour la sophistique, c’est le
crédit que l’on peut en tirer et l’argent que l’on peut gagner de cette façon). Savoir si des thèses sont vraies quant
à leur contenu est toujours beaucoup trop soumis à incertitude pour qu’on puisse en tirer un critère distinctif, et
celui qui participe à la discussion est le moins bien placé pour avoir une certitude complète à ce sujet; même le
résultat de la controverse nous éclaire mal sur ce point. Nous devons donc rassembler sous le terme de
dialectique aristotélicienne la sophistique, l’éristique et la péirastique, et la définir comme l’art d’avoir toujours
raison dans la controverse. Pour cela, le meilleur moyen est bien sûr en premier lieu d’avoir vraiment raison,
mais vu la mentalité des hommes, cela n’est pas suffisant en soi, et vu la faiblesse de leur entendement ce n’est

pas absolument nécessaire. Il faut donc y adjoindre d’autres stratagèmes qui, du fait même qu’ils sont indépendants
de la vérité objective; peuvent aussi être utilisés quand on a objectivement tort. Quant à savoir si c’est le
cas, on n’a presque jamais de certitude à ce sujet.
Je pense donc que la dialectique doit être plus nettement distinguée de la logique que ne l’a fait
Aristote : il faudrait laisser à la logique la vérité objective, dans la mesure où elle est formelle ; et limiter la dialectique
à l’art d’avoir toujours raison; mais il ne faudrait pas, contrairement à Aristote, séparer autant la
dialectique de la sophistique et de l’éristique puisque cette différence repose sur la vérité objective matérielle
dont nous ne pouvons rien savoir de précis à l’avance et sommes bien forcés de dire avec Ponce Pilate : qu’est-ce
que la vérité ? – car veritas est in puteo (έυ βυθώ ή άλήφεια), maxime de Démocrite (Diogène Laërce IX, 72). On
a beau jeu de dire que dans la controverse on ne doit viser à rien d’autre qu’à faire surgir la vérité ; le problème,
c’est qu’on ne sait pas encore où elle se trouve et qu’on se laisse égarer par les arguments de l’adversaire et par
les siens propres. – Du reste, re intellecta, ira verbis simas faciles (la chose avant été comprise, soyons clairs sur
les mots) : puisqu’on a coutume de considérer globalement que le mot « dialectique » est synonyme de « logique
», nous allons appeler notre discipline Dialectica eristica, dialectique éristique (N. d. A.).


De ce fait, les règles qu’il lui fixe sont souvent mêlées à celles fixées à l’autre finalité. Il me
semble donc qu’il n’a pas rempli sa tâche correctement1.
Pour fonder la dialectique en toute rigueur, il faut, sans se soucier de la vérité objective
(qui est l’affaire de la logique), la considérer uniquement comme l’art d’avoir toujours raison,
ce qui sera évidemment d’autant plus facile si l’on a raison quant au fond même du débat.
Mais la dialectique en tant que telle a seulement pour devoir d’enseigner comment on peut se
défendre contre les attaques de toute nature, en particulier contre les attaques malhonnêtes, et
également comment on peut de son côté attaquer ce qu’affirme l’autre sans se contredire soimême
et surtout sans être réfuté. Il faut séparer nettement la découverte de la vérité objective
de l’art de faire passer les thèses que l’on avance pour vraies ; l’une est l’affaire d’une toute
autre πραγματεία (activité), c’est l’oeuvre de la capacité de jugement, de la réflexion, de
l’expérience, et cela ne fait pas l’objet d’un art particulier. Quant à l’autre, il est le dessein
même de la dialectique. On a défini cette dernière comme la logique de l’apparence, ce qui est
faux car elle ne servirait alors qu’à défendre des thèses erronées. Cependant, même quand on
a raison, on a besoin de la dialectique pour défendre son point de vue, et il faut connaître les
stratagèmes malhonnêtes pour leur faire face ; il faut même souvent y avoir recours soi-même
pour battre l’adversaire à armes égales. C’est donc pour cette raison que la dialectique doit
mettre la vérité objective de côté ou la considérer comme accidentelle ; et il faut simplement
veiller à défendre ses propositions et à renverser celles de l’autre. Dans les règles de ce combat,
on ne doit pas tenir compte de la vérité objective parce qu’on ignore la plupart du temps
où elle se trouve2. Souvent on ne sait pas soi-même si l’on a raison ou non ; on croit souvent
avoir raison alors qu’on se trompe, et souvent les deux parties croient avoir raison car veritas


1 Il faut toujours séparer soigneusement l’objet d’une discipline de celui des autres (N. d. A.).
2 Veritas est in puteo, έυ βυθώ ή άλήφεια, formule de Démocrite, Diogene Laërce, IX, 72. Il arrive souvent que
deux personnes se querellent et que chacune rentre chez elle avec l’opinion de l’autre : elles ont échangé (N. d.
A.).


est in puteo (έυ βυθώ ή άλήφεια, « la vérité est au fond du puits », Démocrite). Au début de la
controverse, chacun croit généralement avoir la vérité de son côté, puis les deux parties se
mettent à douter, et c’est seulement la fin du débat qui doit révéler la vérité, la confirmer.
Donc, la dialectique n’a pas à s’engager là-dedans, de même que le maître d’armes ne se pose
pas la question de savoir qui avait raison lors de la querelle ayant provoqué le duel : toucher et
parer, c’est cela qui importe. Il en va de même pour la dialectique qui est une joute
intellectuelle. Si on la conçoit de façon aussi claire, elle peut être considérée comme une
discipline autonome car si nous nous fixons comme but la pure vérité objective, nous
revenons à la simple logique ; si en revanche nous nous fixons comme but l’application de
thèses fausses, nous sommes dans la pure sophistique. Et dans les deux cas on supposerait que
nous savions déjà ce qui est objectivement vrai et faux ; or, il est rare que l’on puisse le savoir
à l’avance avec certitude. Le vrai concept de la dialectique est donc celui qui a déjà été établi :
joute intellectuelle pour avoir toujours raison dans la controverse. Le terme d’éristique serait
cependant plus correct, et le plus exact de tous serait sans doute celui de dialectique éristique :
Dialectica eristica. Elle est extrêmement utile, et c’est à tort qu’elle a été négligée dans les
temps modernes.
La dialectique ne devant donc être qu’un résumé et une description de ces tours
d’adresse inspirés par la nature et que la plupart des hommes, quand ils s’aperçoivent que la
vérité n’est pas de leur côté dans la controverse, utilisent pour avoir quand même raison – il
serait tout à fait inopportun, dans le domaine de la dialectique scientifique, de vouloir tenir
compte de la vérité objective et de sa mise en lumière puisque ce n’est pas le cas dans cette
dialectique originelle et naturelle dont le seul objectif est d’avoir raison. La dialectique
scientifique, telle que nous la concevons, a par conséquent pour principale mission d’élaborer
et d’analyser les stratagèmes de la malhonnêteté dans la controverse afin que, dans les débats
réels, on puisse les reconnaître immédiatement et les réduire à néant. C’est la raison pour
laquelle la dialectique ne doit accepter comme finalité dans sa définition que l’art d’avoir
toujours raison et non la vérité objective.
Bien que j’aie fait des recherches poussées, je n’ai pas connaissance que l’on ait fait
quoi que ce soit dans ce sens1 ; il s’agit donc d’un terrain encore vierge. Pour parvenir à nos
fins, il faudrait puiser dans l’expérience, observer comment, lors des débats que suscitent
souvent les rapports des hommes entre eux, tel ou tel stratagème est utilisé par l’une ou l’autre


1 Selon Diogène Laërce, parmi les nombreux écrits rhétoriques de Théophraste, qui ont tous disparu, il s’en
trouvait un intitulé ‘Άγωυιστικόυ της περί τούς έριστικούς λόγους ζεωρίας [Débat sur la théorie des
controverses]. C’est bien là notre propos (N. d. A.).


partie, puis ramener ces tours d’adresse, réapparaissant sous d’autres formes, à un principe
général, et établir ainsi certains stratagèmes généraux qui seraient ensuite utiles, tant pour son
propre usage que pour les réduire à néant quand l’autre s’en sert.
Ce qui suit doit être considéré comme un premier essai.

BASE DE TOUTE DIALECTIQUE

suite…

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