QUI A TUE JESUS-CHRIST ?


 
Auteur : Da Alatri Isidoro
Ouvrage : Qui a tué Jésus-Christ
Année : 1960

PRÉFACE

L’ouvrage du Père Isidoro da Alatri o.f.m. est l’un des plus beaux jamais écrits sur la question du déicide. L’Imprimatur lui a été Accordé par l’évêque de Frosinone en 1961, mais il n’a malheureusement pas eu la diffusion qu’il aurait méritée. La présente édition se propose d’y porter remède. Le style de cet ouvrage est clair, accessible à tous mais aussi précis et profond tant du point de vue exégétique que théologique. Dans ces pages, la responsabilité collective de la religion juive post-biblique, du Sanhédrin et du peuple hurlant le Vendredi Saint: « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants » est démontrée sans contredit. L’auteur nous apprend aussi qu’en 1933, les Juifs instituèrent à Jérusalem un tribunal officieux pour réexaminer la sentence du Sanhédrin. Le verdict fut que la sentence du Vendredi Saint devait être rétractée, parce que l’innocence de l’inculpé était démontrée. Ce sont les Juifs eux-mêmes qui ont appelé le châtiment de Dieu sur eux et sur leurs enfants. C’est le peuple juif qui s’est condamné lui-même avec ses chefs, encourant par voie de conséquence l’abandon et la répudiation de la part de Dieu. Cependant un grand nombre d’entre eux se sont repentis et ont obtenu le pardon de Dieu mais aujourd’hui encore, si les fils de ce peuple restent solidaires de leurs pères pour condamner Jésus, ils attirent sur leur tête la condamnation que Dieu réserve à tout pécheur impénitent. Comme le fait remarquer Tertullien, ce ne sont ni le Christ ni Son Eglise qui ont émis la sentence « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants », ce sont les Juifs. Le peuple (autrefois) élu a été réprouvé et condamné par Dieu parce que meurtrier du Christ. Aussi le Royaume changera-t-il de maître et sera-t-il transféré des Juifs aux païens; le peuple d’élu deviendra réprouvé et les nations abandonnées deviendront les nations élues. C’est aux chefs que revint la culpabilité la plus grave, mais le peuple en eut sa part (bien qu’à un degré moindre), lui qui avait vécu avec Jésus et avait été témoin des miracles opérés par Lui. S’il y eut ignorance, ce fut une ignorance volontaire et donc coupable. L’objection récente suivant laquelle Jésus est mort pour les pécheurs est réfutée avec beaucoup de bon sens: dire que tous les pécheurs ont tué Jésus de leurs mains, qu’ils l’ont mené à Pilate et qu’ils ont demandé Sa mort n’est pas possible. On peut seulement dire que Jésus est mort pour sauver tous les hommes; ceux-ci sont cause finale et non efficiente de Sa mort en croix. C’est bien par le peuple juif vivant à l’époque de Jésus-Christ et ses chefs que le Christ fut tué et trahi, ainsi que par ses descendants qui continuent à Le refuser et à vouloir Sa mort, Le considérant comme blasphémateur. Pour avoir rejeté le Christ, Israël était rejeté par Dieu. Dieu n’abandonne pas (ne réprouve pas) qu’Il n’ait été d’abord abandonné: c’est ce qu’enseigne l’Église! Dorénavant ce ne sont plus le sang et la race d’Abraham qui forment le peuple élu, c’est la foi en Jésus-Christ: « Si vous êtes du Christ, vous êtes donc descendance d’Abraham » (Gal. III, 26 à 29). Avec la mort de Jésus le peuple juif se scinde en deux: un «reste» formé de ceux qui croyant en Jésus et s’étant dissociés de sa condamnation constituent le véritable Israël spirituel; et les autres (hélas, le plus grand nombre!) qui, refusant Jésus, sont demeurés l’Israël réprouvé par Dieu, et c’est le judaïsme talmudique antichrétien. Il faut cependant tenir pour assuré – à l’encontre de l’antisémitisme biologique – que quiconque, de quelque race qu’il soit, reconnaît Jésus comme Dieu peut faire partie du nouveau peuple élu, l’Eglise, en laquelle « il n’y a plus ni Juif ni Grec » (saint Paul) mais seulement la foi. La condamnation de l’antisémitisme biologique va de pair avec la condamnation des «Amis d’Israël», association qui, par un faux oecuménisme, s’éloigne de la doctrine de l’Eglise sur la responsabilité du judaïsme religieux post-biblique dans la mort du Christ, ce en quoi cette association est un véritable «précurseur» (réprouvé par l’Eglise du Christ) de Nostra Ætate. Cependant, si la condamnation suit le judaïsme tout au long de son histoire, elle cessera un jour; car l’endurcissement d’Israël aura une fin. Il est révélé que le peuple juif se convertira au Christ, se repentira de son péché et sera accueilli par Dieu. Puisse cet opuscule éclairer l’esprit de ses lecteurs sur une question si importante, coeur de la religion chrétienne en quelque sorte. Car, si le Christ est Dieu, le judaïsme post-chrétien est une religion fausse; si, au contraire, l’Ancienne Alliance n’a jamais été révoquée, Jésus est un faux prophète (Absit!). Des deux choses, une seule est vraie, pas les deux; et ce en vertu du principe de non-contradiction. Abbé Curzio Nitoglia

Déclaration

Sans doute ai-je été trop prolixe dans mes citations d’auteurs anciens et modernes au détriment de cette légèreté de style recherchée à juste titre par tout lecteur. C’était cependant nécessaire; et, s’il en était besoin, j’en demande pardon à ces tout nouveaux exégètes qui croient pouvoir imposer leur propre opinion, comptant pour rien, contestant même parfois, celle d’exégètes insignes tels que les Pères de l’Eglise; or ce sont ces derniers qui représentent la Tradition chrétienne, comme le faisait remarquer le Monitum du Saint-Office que nous rapportons en appendice.

Remerciements

Au moment d’envoyer à l’impression ce modeste travail, je désire remercier tous ceux qui m’ont aidé à le préparer. Ma reconnaissance s’adresse plus particulièrement au Père Filippo da Cagliari, Docteur en Théologie et Licencié en Sciences bibliques: c’est lui qui m’a signalé auteurs et sources décisifs dans la recherche des preuves sur la responsabilité des Juifs dans la mort du Christ. Père Isidoro da Alatri

BUT DU PRÉSENT OPUSCULE

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