Capitalisme la chute et ensuite


 

Auteur : Michel Cornillon

Ouvrage : Capitalisme la chute et ensuite

À l’heure où le capitalisme triomphe sur la totalité du globe, il peut sembler présomptueux de déclarer sa fin aussi inéluctable que proche. Si l’on en croit la bonne mine de ce système opposé de tout temps à la philosophie marxiste, il est en effet en pleine possession de ses moyens.

Pourtant, comme le fut son ancien adversaire, vaincu par le cancer qu’il s’est lui-même fabriqué, il s’apprête à sombrer. À cela trois raisons principales : – L’humanité, pour avoir “tué le père“ en 1792, approche de sa maturité. Confiante en elle, elle remet en question la domination du productivisme et de la finance. – La planète ne va plus supporter longtemps les maux que lui inflige la concurrence à tout-va, exacerbée qu’elle est par l’addiction de quelques uns à des profits qu’ils conservent pour eux.

On n’a pas créé l’ampoule électrique en améliorant la bougie. On n’a pas instauré la république en ravaudant la monarchie. Ce n’est pas en rafistolant le capitalisme que nous parviendrons à la société de demain.
Anonyme du XXe siècle

Il faudrait quand même qu’on sorte de l’enfance, qu’on rompe le cordon et qu’on devienne adulte. Le garde-à-vous devant papa, y en a marre !
Une citoyenne d’Istanbul

La conscience contemporaine n’est qu’un enfant commençant à dire « je »
Carl Gustav Jung

En ouverture
Non sans mal, nous avons rejeté le président des riches, et le PS est de retour au pouvoir.
Qu’aura gagné la France à ce jeu de dupes ? Après l’avoir vu à l’oeuvre, nous nous sommes vite aperçus que l’élu de fraîche date ne valait guère mieux que l’ancien. Seule différence : avant de se faire élire, Nicolas Sarkozy avait détaillé son programme : profits en augmentation pour ceux qui ont un As, Restos du coeur pour les autres. François Hollande quant à lui, pour s’attirer des voix, n’a pas craint de mener l’électeur en bateau. Au point qu’il ne fallut guère de temps pour deviner que les réformes promises ne verraient jamais le jour, que le salaire minimum continuerait de stagner, les hauts-fourneaux de s’éteindre tandis que le chômage irait en augmentant. Notre « principal ennemi » quant à lui, la finance, resterait aux commandes aussi longtemps que le peuple français, héritier des révolutions de 1789 et 1848, puis de la Commune, puis de la Résistance au nazisme, préfèrerait s’incliner devant elle, en prévenir les désirs plutôt que les combattre.
En ce début du troisième millénaire, alors que s’allient impuissance et lâcheté, nous voici de retour, encore que nous ne nous en rendions à peine compte, au pied de l’éternelle forteresse du pouvoir, avec les mêmes drôles à entasser sur les charrettes qui menèrent jadis à la guillotine leurs aïeux parfumés. Notre vieille droite européenne bornée, réactionnaire jusqu’à l’indécence,

disons même obsolète car n’ayant plus le moindre artifice à proposer au peuple (en a-t-elle jamais eu ?), non plus qu’aucun leurre à lui promener sous le nez, qui plus est incapable de répondre aux questions que posent les technologies apparues depuis peu, n’a d’autre choix qu’embrouiller ce qui paraissait clair, enterrer sous le mensonge et la poudre aux yeux le besoin de justice, d’équité, de solidarité et de fraternité sans lequel nous ne serions que des brutes.
Pas d’autre voie que le libéralisme, s’acharne-t-elle à graver dans les têtes. Et ses experts d’enfoncer le clou, sa pub de renchérir et ses médias d’emboîter le pas : libre concurrence, mondialisation des marché, pas d’autre alternative. Ne nous reste qu’à travailler, à remplir nos Caddies®, sortir nos cartes de crédit.
Mais les peuples les moins évolués savent à présent lire, écrire et compter. De surcroît, ils possèdent l’étincelle de bon sens manquant aux esprits détraqués par la drogue des profits, entendez les “élites“ qui nous imposent la course à l’infortune, en vérité un ramassis d’aveugles menant en toute impunité nos sociétés à la faillite.
Ce naufrage annoncé, refusons-le. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que la droite néolibérale et marchande ne nous permette plus d’exister que par nos appétits, ne nous transforme en forcenés de la consommation avant de nous jeter, exténués, dans les poubelles de son opulence, arrachons lui son masque, ouvrons sa boite crânienne, voyons que faire des sottises attachées à chacune de ses décisions. Car cette droite d’une époque révolue, cette droite poussiéreuse, instigatrice paraît-il de nos récents progrès techniques mais rebelle à tout développement autre que matériel, nous allons nous unir pour la conduire à sa dernière demeure, la fosse des anciens régimes.

suite…

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