Sunnite, Chiite, on s’en tape !


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« Sunnite, Chiite, on s’en tape ! » Attention ! Ça ne veut surtout pas dire qu’on doit se taper dessus, comme le font malheureusement sans discontinuer les frères ennemis de l’Islam, de façon ouverte ou larvée, en considérant la moindre tentative de rapprochement comme de la haute trahison. « Moi je suis toujours ce que ma grand-mère, mon père m’ont fait : Un musulman. Je refuse toute autre définition… Ni sunnite, ni chiite… (…) Je suis sunnite pour les chiites et chiite pour les sunnites…et irrecevable chez les deux… ».Voilà mot pour mot le constat navrant d’un intellectuel algérien disciple de Malek Bennabi, désavoué par les deux fractions islamiques pour avoir relativisé les vénérations dithyrambiques prodiguées aux compagnons du Prophète (ص) par les uns et à ses descendants par les autres. Bonjour la liberté d’expression, comme dirait Charlie à la petite semaine (= hebdo), avant de décider « spontanément » être las de caricaturer ce qui contrarie les Musulmans trop susceptibles.
Si les Sunnites et les Chiites pouvaient avoir la bonne idée d’arrêter leur Histoire de l’Islam il y a quatorze siècles, avant la disparition de l’Envoyé de DIEU (ص), ils tomberaient d’accord sur quatre-vingt-dix pour cent de leur religion. Faut-il rappeler aux sceptiques et aux querelleurs des deux camps qu’ils ont en commun, en théorie et en pratique, à quelques variantes près, la quasi-totalité de leurs préceptes religieux ? Entre-autres, citons la double Attestation de foi en ALLAH et en la mission de Mohammad (ص), le Coran, la Qibla, la croyance aux Anges, aux Livres révélés, aux Envoyés de DIEU, à la résurrection après la mort et au Jugement dernier, au Paradis et à l’Enfer et que la destinée bonne ou mauvaise vient de DIEU, les ablutions, les Offices de Prière, le Jeûne de Ramadhan, la Taxe Zakat, le Pèlerinage à La Mecque, sans parler du halal et du haram. On serait Musulman pour moins que ça, non ?[1]
Si les Sunnites et les Chiites pouvaient avoir la bonne idée d’arrêter leurs histoires et surtout de s’entretuer pour des différends politiques qui remontent à aussi longtemps, ils s’éviteraient bien des misères et surtout la damnation divine promise aux fratricides.[2] Au lieu de cela, la succession prophétique est plus rouge que rose, avec des comportements fort différents de ceux préconisés par le Coran[3] et le Prophète (ص),[4] les deux côtés se complaisant à ressasser le passé, à s’accuser et à se condamner, à insulter les morts du camp adverse et à ambitionner de tuer ceux qui ont le mauvais goût d’être encore vivants. Et côté accalmies, c’est quand même malheureux de devoir compter sur les dictatures pour obliger tout le monde à filer doux, de gré ou de force. Mais rassurez-vous, il y a toujours un gros malin pour raviver la flamme de la haine en rappelant qu’un de ses proches ou un de ses ancêtres a éminemment souffert de la barbarie de ses ennemis héréditaires.
En dehors du Coran qui est exactement le même pour les Sunnites et les Chiites, nombre de récits prophétiques (hadiths) sont assez similaires mais avec des sources forcément différentes puisque les narrateurs appartenant à une branche ne sont pas considérés comme fiables pour l’autre. Pourtant, en recensant, collectant et certifiant les données communes aux deux parties, une part importante de cette abondante littérature islamique pourrait être corroborée. Faute de mettre fin aux querelles de succession, ce petit effort d’œcuménisme aurait l’avantage de dissiper bon nombre de malentendus et surtout de balayer les inventions réciproques. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que ce travail ait déjà été effectué mais, comme le moteur alimenté à l’eau du robinet, que personne n’ait vraiment envie de le promouvoir. On n’est malheureusement donc pas là de voir la grande famille musulmane se réconcilier durablement et entonner en chœur le célèbre verset : « « Rien d’autre : Les Croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères. Et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? ».

[1]  « L’Islam est que tu témoignes qu’il n’est pas de divinité si ce n’est ALLAH et que Mohammad est l’Envoyé d’ALLAH. » (Boukhary 2/1/1 – Mouslim 1/21, 23, 24 – Nawawy/40 Hadiths/2, 3, 8). « « O Envoyé de DIEU, informe-moi des obligations que DIEU m’impose au Sujet de la Prière. – Cinq Offices de Prière, répondit-il, mais tu peux volontairement en ajouter d’autres. – Informe-moi des obligations que DIEU m’impose au sujet du jeûne. – Le jeûne du mois de ramadan, mais tu peux volontairement jeûner davantage. – Indique-moi les obligations que DIEU m’impose au sujet de la Taxe Zakat ». L’Envoyé de DIEU lui indiqua ainsi toutes les prescriptions islamiques (sur le sujet) ; alors le Bédouin s’écria : « J’en jure par celui qui t’a honoré, je ne ferai rien volontairement, mais je ne diminuerai rien des obligations que DIEU m’impose. » L’Envoyé de DIEU dit alors : « Cet homme sera un bienheureux s’il est sincère – ou, suivant une variante, il entrera dans le paradis, s’il est sincère ».» (Boukhary 90/3/2 – 52/26/1 – 2/34/1 – 3/6/4 – 24/1/3 – 30/1/1).
[2] « Toutes les fois que deux Musulmans armés d’un sabre en viennent aux mains, ils iront tous deux en enfer. — C’est bien pour celui qui tue, lui dit-on, mais pourquoi en est-il ainsi de celui qui est tué ? — Parce qu’il voulait aussi tuer son adversaire ». (Boukhary 92/10/1 – 87/2/9).
[3] « Et si deux groupes de croyants se combattent, alors faites la paix entre eux. Puis, si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, alors, combattez celui qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de DIEU. Puis, s’il s’incline, alors faites la paix entre eux avec justice, et jugez à la balance. Oui, DIEU aime ceux qui jugent à la balance. Rien d’autre : les croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères, et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? » (Coran 49 :9,10).
[4] « Celui qui porte les armes contre nous n’est pas des nôtres. » (Boukhary 92/7/1,2). « Injurier un Musulman, c’est commettre un forfait ; le tuer, est faire acte d’infidélité. » (Boukhary 92/8/1 – 87/2/8). « Quand je ne serai plus là, ne revenez pas à la mécréance en vous tuant les uns les autres. » (Boukhary 86/9/1 – 64/77/8,10,11 – 92/8/3,4,5 – 97/24/12 – 87/2/2,3 – 3/43/1 – 25/132/1,3).