LE VERITABLE ENSEIGNEMENT DE JÉSUS


 
Auteur : Von Rohr Wulfing
Ouvrage : Le véritable enseignement de JésusLE MESSAGE CACHÉ DE LA BIBLE
Année : 1998

Traduit et adapté de l’allemand par Peter Schmidt

Dédicace
Les réflexions contenues dans ce livre sont dédiées à
cette puissance que nous dénommons Dieu, et à Jésus
qui en est porteur et qui est messager de cette puissance.
Je le dédie également à tous les saints et à tous les prophètes
ainsi qu’aux hommes mystiques de toutes les
religions ayant apporté le message de l’existence de
Dieu et celui de la réalité d’une âme individuelle à une
humanité qui a de plus en plus besoin de la lumière, de
l’amour et de la paix de Dieu.
Nous avons tous besoin de la bénédiction, de la grâce
et de la religion de notre âme avec la force créatrice
pour connaître le mystère de la vie, pour surmonter la
mort et pour être accueilli dans la vie éternelle et spirituelle.
Puisse cet ouvrage contribuer à faciliter l’éveil de
l’âme et relier cette ouverture à une expérience mystique
personnelle et à une responsabilité spirituelle pour
tout ce qui existe.
Au commencement était le verbe… Puisse ce livre toucher
– ne serait-ce que quelques lecteurs et lectrices –
dans la profondeur de leur coeur et de leur âme pour les
ouvrir, à travers les paroles, au verbe éternel.

Je remercie enfin pour leurs bénédictions, leurs
conseils spirituels, leurs témoignages et leurs découvertes
et toutes leurs oeuvres, l’ensemble des autres
âmes sans lesquelles la moindre ligne de ce livre n’aurait
pu être écrite.

1ère Partie
SUR LES TRACES
D’UN MESSAGE CACHE

Notes personnelles
Chez mes parents, le jour de Noël, la tradition voulait
que nous lisions l’histoire de Noël telle qu’elle est écrite
dans l’Évangile selon Luc :  » Or, en ce temps-là, parut un
décret de César Auguste pour faire recenser le monde
entier.  » L’histoire de la nativité raconte inlassablement
la naissance de Jésus, dans une étable, entre un boeuf et
un âne. Suit alors l’annonciation faite par l’ange :  » Il
vous est né aujourd’hui… un Sauveur « , puis l’adoration
de Jésus par les bergers. Cette belle histoire se termine
par le chant des louanges entonné par les puissances
célestes :  » Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la
terre paix pour les hommes, ses bien-aimés.  » Le 2,1-14.
Ainsi eut lieu ma première rencontre consciente avec
la Bible, avec Jésus, avec Dieu. Ce texte de Noël m’a profondément
marqué quand j’étais enfant et il me touche
encore aujourd’hui car il évoque l’histoire d’une promesse,
d’un message plein de joie et d’un accomplissement
allant droit au coeur. Un rayon de lumière divine
traverse l’obscurité de ce monde, pénètre dans nos
incertitudes et pétrie nos angoisses existentielles, cette
nuit faite de misère, de guerre et de mort pour nous faire
oublier notre souffrance en apportant un nouvel espoir
à notre âme. La puissance invisible existant en filigrane

de toute vie, ce Dieu si lointain et apparemment si peu
concerné par notre vie sur terre est capable de faire
rayonner sa lumière à travers un être humain visible qui
peut nous consoler, nous redresser, nous aider et même
nous guider vers Dieu. Quelle bénédiction et quelle
grâce !
Plus tard, à l’école, on nous familiarisait davantage
avec la Bible, alors que nous avions de plus en plus de
mal à comprendre la Bible en soi. La Genèse relatant
l’histoire de la création du monde, celle de l’homme et
celle du paradis ainsi que l’expulsion de ce jardin, le
déluge, les livres prophétiques, les épreuves de Job;
ensuite les miracles de Jésus, la résurrection et finalement
l’Apocalypse selon Jean – beaucoup de ces descriptions
nous semblaient  » irrationnelles « ,  » peu
dignes de foi « ,  » chargées seulement d’un sens symbolique
 » ou même plus prosaïquement  » des histoires que
nous devions croire aveuglément « . Même si, alors, surgissaient
toujours davantage de questions nouvelles
que les réponses qui nous étaient fournies, je suis encore
aujourd’hui reconnaissant envers ceux qui m’ont permis
tout jeune ces rencontres avec la religion chrétienne
et sa Bible. La preuve, cet extrait de l’épître de Paul aux
Galates – « Portez les fardeaux, les uns des autres » –
dont ma grand-mère avait fait le principe de son
mariage – est resté gravé dans ma mémoire. Sa devise,
elle la conservait dans une minuscule boîte à côté de son
lit dans le petit studio qu’elle habitait à Koldingen pour
s’en souvenir en permanence. Et même dans les
moments les plus pénibles de sa vie, elle a toujours
appliqué ce principe. Malgré le fait qu’elle fut une protestante
convaincue, elle a réalisé toute sa vie le principe

bénédictin  » ora et labora  » – prie et travaille – en soulageant
de leur fardeau énormément de gens, même si
elle-même en avait un lourd à porter.
Le principe  » Portez les fardeaux, les uns des autres  »
trouve sa suite et son perfectionnement dans la
deuxième partie de la sentence :  » Accomplissez ainsi la
loi du Christ!  » Ga 6, 2.
Devenu adolescent, je me suis longtemps intéressé à
la question de savoir comment un Dieu, décrit comme
plein de grâce et d’amour, avait pu laisser autant de ses
propres créatures dans une « damnation éternelle ‘
même si elles n’avaient jamais eu la chance de connaître
ni lui ni son fils divin. Je pense par exemple aux êtres
ayant vécu avant la naissance de Jésus ou à tous les
 » païens  » qui n’ont jamais entendu parler du Christ.
Plus tard dans ma vie, j’ai suivi à Berlin quelques cours
de Helmut Gollwitzer sur l’histoire des religions comparées,
et je me suis mis à lire Karl Barth et Rudolf
Bultmann, Karl Rahner et Hans Kùng, Martin Buber et
d’autres philosophes et théologiens. Ce qui se présentait
au premier abord sous la forme d’une réflexion et d’une
analyse intellectuelles, s’est lentement transformé en
une véritable question intérieure, l’exemple de Saint
François d’Assise, l’oeuvre d’Albert Schweitzer ou les
témoignages d’hommes comme le Père Maximilian
Kolbe, Dietrich Bonhoeffer et le Père Rupert Mayer dont
la foi profonde a permis de faire face courageusement à
des situations les plus pénibles, m’ont donné l’impulsion
nécessaire pour approfondir ensuite de plus en
plus ma propre réflexion. Ma prise de contact avec la littérature
mystique d’Orient et d’Occident s’est avérée
particulièrement importante pour moi, notamment celle

avec Maître Eckhart, auteur de Du miracle de l’âme et
d’Angelus Silesius, auteur du Pèlerin Chérubinique m’a
tout particulièrement touché. Les Grands Initiés de
Schuré et In dir ist das Licht de K. 0. Schmidt m’ont
autant apporté que les textes des sages indiens tels que
Vivekananda, Ramana Maharshi, Hazur Sawan et
Kirpal Singh qui m’ont permis d’importantes découvertes.
Grâce à mon professeur de Yoga de Munich,
Anneliese Harf, j’ai pu aussi avoir accès à divers aspects
mystiques du Christianisme Finalement j’ai abouti, au
printemps 1975, à m’accorder quotidiennement, pendant
quelques semaines, entre quelques minutes et une
demie heure, matin et soir, pour me retirer en moi-même
et demander :  » Seigneur, si tu existes, j’aimerais
venir vers toi.  » Il ne s’agissait pas d’une prière parce
que mon attitude était critique et non dépourvue de
doutes et parce que mon dévouement était un peu
défaillant. Cela représentait plutôt une question ou une
requête reflétant mon désir de ne pas me priver de cette
chance, aussi infime soit-elle pour moi, de pouvoir vivre
quelque chose ressemblant à une puissance supérieure.
Je ne voulais pas permettre à mon ego – à la fois si grand
et pourtant si petit – ou à mon mental – se prenant tellement
comme supérieur et, en réalité, si minuscule – de
faire obstacle à cette possibilité de pouvoir vivre, en tant
qu’être humain, cette réalité divine qui, grâce à de multiples
témoignages, ne me semblait pas totalement
inexistante.
Il existe apparemment un lien étroit et inséparable
entre notre quête d’une ouverture religieuse et notre
prise de conscience spirituelle d’une part, et de l’autre la
grâce et la bénédiction que nous pouvons éventuellement

vivre; ces dernières peuvent devenir les conditions
sine qua non pour nous mettre sur la voie de la
recherche de l’âme, de la vie éternelle et de Dieu. La plupart
du temps, nous ne savons pas très clairement si
nous avons d’abord été touchés par la grâce nous permettant
d’entamer notre recherche, ou si ce sont justement
nos efforts pour devenir un homme meilleur, plus
gentil et plus conscient se posant la question de l’existence
de Dieu qui a fait émerger en nous cette grâce.
Quoi qu’il en soit, suite à ma requête j’ai pu recevoir de
petits – même de très petits – signes qui, cependant, ont
été parfaitement clairs et perceptibles, et ce sont ces
signes en définitive qui m’ont conduit progressivement
sur la voie de la recherche de la vérité existentielle.
Un regard neuf et le coeur largement ouvert, j’ai lu
cette description fascinante de la création au commencement
de l’Ancien Testament :
Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre,
la terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de
l’abîme… Et Dieu dit:  » Que la lumière soit!  » Et la lumière
fut… Gn 1, 1-3
Peu importe pour moi qu’il s’agisse là d’une explication
historiquement ou scientifiquement « crédible ».
Depuis longtemps, Dieu n’était plus  » le vieil homme
gentil à la longue barbe blanche  » vivant dans les hautes
sphères ; il se présentait à moi comme une force créatrice
engendrant la vie et la lumière. Les tentatives d’explication
des physiciens les plus célèbres ne pourraient
jamais me convaincre dans la mesure où ils partent de
l’idée que la conscience et le mental sont des éléments

tout à fait secondaires,  » irréels « , des produits du
hasard, tandis qu’ils considèrent les processus chimiques,
physiques et biologiques comme  » réels « ,
importants et à la signification durable. J’ai déjà traité
cet aspect de ma réflexion dans un autre livre Es steht
geschrieben… Ist unser Leben Schicksal oder Zufall ? et je ne
souhaite pas donner ici les arguments contre une telle
conception apparemment matérialiste du monde.
Il me semble évident qu’une puissance se trouve à
l’origine de la création, et cette puissance doit être plus
grande que toutes les puissances et les phénomènes
ainsi créés en même temps. La raison humaine n’y changera
rien. Qu’existait-il avant le  » big bang  » et d’où
venait cette masse d’énergie pouvant déclencher un tel
événement? Du néant? L’âme voit et entend; le coeur
ressent et sait ce qui est caché – et restera toujours caché
– à nos sens limités et à notre raison vacillante. Nous
sommes capables d’identifier une vérité fondamentale
en nous, même si nous ne voulons pas en débattre
publiquement parce que nous ne pouvons pas la prouver
de manière  » logique  » et « rationnelle ».
Selon les indications contenues dans la Bible, Dieu
n’était pas seulement la force créatrice ayant engendré
d’abord le cosmos et ensuite la lumière, mais il est également
une force vivant quelque part directement en
nous, bien qu’elle y soit encore peut-être cachée ou
inconnue. Un peu plus loin dans la Genèse, on peut lire
en effet :
Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le
créa; mâle et femelle il les créa… Gn 1, 25

On peut difficilement s’imaginer contradiction plus
grande : d’un côté un Dieu tout-puissant et plein de
grâce qui a créé un  » paradis  » où toutes ses créatures
vivent en harmonie, et de l’autre, nous, les hommes, qui
sommes pétris d’incompréhension, de doute, d’envie et
de comportement brutal, capables d’empoisonner non
seulement notre propre vie, mais aussi la terre entière !
Où se loge donc en nous la moindre étincelle de cette
nature divine ? Cela nous serait-il impossible par principe
? Ou bien, avons-nous tout simplement perdu la clé
et la voie d’accès à cette vie sainte, c’est-à-dire holistique
? A moins que nous ne les ayons carrément ignorées?
La question se pose également de savoir comment un
Dieu tout-puissant aurait-il pu créer des êtres à son
image et les doter d’un libre arbitre incluant par-là
même une utilisation erronée d’une telle liberté de
volonté comme, par exemple, le mépris des lois divines
ayant engendré  » l’expulsion du paradis  » et le fardeau
porté par chaque être humain au titre du  » péché originel
« . S’agirait-il donc d’un Dieu qui laisse faire les
choses sans protéger les hommes de leur malheur prévisible,
comme l’aurait fait un père veillant sur les
siens ?
Un réel désir a pris en moi une telle importance qu’il
m’a conduit à chercher à élucider de telles contradictions,
surtout à partir du moment où j’ai pu effectuer
mes premières expériences avec une force supérieure.
Comment se fait-il que la Bible et de nombreux autres
textes sacrés également aient été visiblement remplis de
contradictions ? Pourquoi une sagesse claire et facile à
appréhender côtoie-t-elle des textes au contenu apparemment

incertain ? Pourquoi les indications des voies
mystiques à suivre ne semblent-elles jamais données
avec précision tandis qu’un grand nombre de données
mythologiques et historiques, théologiques et éthiques
se trouvent-elles être développées avec moult détails ?
La raison se trouverait-elle dans le fait que les textes originaux
n’existent plus et que, de façon générale, il n’y en
ait eu qu’une transmission orale dont le contenu peut
déjà avoir été modifié au moment de la rédaction
livresque? Serait-il possible de savoir si l’indication
selon laquelle l’homme serait à l’image de Dieu –
comme explique la Genèse – est à prendre au pied de
lettre ou ne s’agit-il seulement que d’une image symbolique
?
Je me suis mis à lire et à étudier la Bible de façon systématique,
à en parler avec des personnes plus avancées
que moi sur un plan spirituel et j’ai commencé à méditer.
J’ai découvert en permanence de nouveaux indices
attestant qu’un message mystique caché traverse,
comme un fil rouge, la Bible dans son intégralité et
notamment le Nouveau Testament, mais aussi l’Ancien.
Il s’agit d’un message indiquant que Dieu ne s’est pas
borné à tout créer et à faire de l’homme le porteur de la
force divine qui le pénètre ( peu importe qu’il s’en rende
compte ou non! ), mais que chaque être humain est
capable de ressentir concrètement cette force divine en
lui-même car elle le guide pour résoudre les énigmes de
son existence. J’ai longuement recherché les traces de ce
message aussi bien dans la Bible que dans les textes
annexes et secondaires. Ce que nous pouvons y puiser
est étonnant et prometteur à la fois.

Je ne cache pas mes propres limites concernant une
telle recherche : je ne suis ni théologien ni exégète de formation
ni prêtre ordonné d’une église chrétienne ni
expert en langues anciennes (araméen, hébreux, grec et
latin) et je ne suis pas non plus un mystique qui, grâce
à ses propres expériences et réalisations, a pu traverser
ce pont menant vers Dieu ou le montrer à d’autres personnes
pour les y guider ensuite.
Je me considère comme un chercheur voulant utiliser
la liberté de penser offerte par la nature ou par Dieu,
pour trouver et donner un sens à ma vie. Je me refuse à
penser que Dieu soit seulement chrétien ou seulement
islamique, ou seulement hindouiste ou bouddhique ou
juif. Je ne pense pas non plus qu’une seule religion
puisse se l’approprier pour elle seule puisque tous les
textes sacrés révèlent des éléments essentiels sur Dieu et
sur la relation entre Dieu et l’homme.
Je ne m’intéresse pas tant aux limites des sens et de la
raison qu’aux possibilités de la vision intérieure et de la
contemplation, de la prière et de la méditation. Je fais
confiance à la sensibilité du coeur et à la compréhension
de l’âme consciente car ils peuvent être compris et vécus
comme faisant partie intégrante d’une force colossale.
Pour moi, la religion est la base de toute vie, à condition
de la comprendre comme étant l’ouverture vers
une alliance personnelle avec Dieu ou bien comme un
effort nécessaire pour appliquer des données spirituelles
à notre vie quotidienne.
La religion revêt pour moi un aspect intérieur et un
aspect extérieur : la prière et l’expérience mystique sont
à ranger du côté personnel tandis que la compassion et
l’aide concrète destinée à autrui, le comportement

éthique dans la société et l’utilisation créative de nos
talents et de nos possibilités représentent son rôle social.
Muni d’une telle conception, j’ai essayé de retrouver les
traces d’un message caché dans la Bible. Sur cette base
s’est forgée en moi la certitude que Jésus a enseigné plus
que la croyance en Un seul Dieu et plus que l’éthique
dans le Sermon sur la Montagne. Il enseignait, à mon
avis, une méthode compréhensible et accessible à tout
être humain pour prendre contact en lui-même avec la
force de Dieu dont il était l’image. Il enseignait ce que
Jésus aime appeler la « Méditation du Christ ».
Je crois qu’il existe dans la Bible un message religieux
dépassant largement toutes les religions et se situant en
dehors des doctrines et des dogmes, mais s’adressant à
tous les êtres humains. La présence de ce message peu
étudié ou caché correspond à mon opinion personnelle
et à ma vision subjective sur lesquelles mes lecteurs sont
invités à réfléchir. Jésus explique mon opinion à partir de
citations de la Bible, de paroles de Jésus, de textes des
Évangiles et d’extraits d’autres textes sacrés, mais tout
cela ne représente pas une  » preuve  » absolue parce que
les citations pourraient aussi être interprétées autrement.
Il n’est pas question dans cet ouvrage de prouver que
je puisse avoir  » raison « ; il s’agit plutôt de savoir, si et
comment nous pouvons accéder nous-même aux questions
essentielles de notre être : D’où venons-nous ?
Pourquoi sommes-nous sur terre ? Qui ou quoi vit dans
et à travers nous ? L’âme existe-t-elle ? Est-elle éternelle ?
Qu’est ce que la conscience? Quelle peut être aujourd’hui
la signification du message de Jésus pour notre
évolution spirituelle, notre victoire sur la mort et notre
ouverture vers Dieu ?

A la recherche de la vérité
au-delà des croyances

suite…

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