La face cachée de l’histoire moderne


Jean_Lombard_La_face_cachee_de_l_histoire_moderne_300pix.jpg

tome I – la montée parallèle du capitalisme et du collectivisme

 

 

Jean Lombard, qui signait « Jean Lombard
Coeurderoy » est l’auteur d’une oeuvre capitale
dont la totalité n’a pu être publiée intégralement
en français. Voici une réédition numérique du
tome 1 de « La Face Cachée de l’Histoire Moderne »
qui n’est en fait que le tome 1 et une partie du 2
de la traduction espagnole de « La Cara Oculta de
la Historia Moderna » dont l’ensemble comporte
4 tomes.
Il est bon de savoir que Jean Lombard n’ayant
pas réussi à trouver une seule maison d’éditions
française pour publier son oeuvre monumentale,
se résolut avec la plus grande déception à faire traduire
ses volumes en espagnol. Quatre gros tomes
parurent ainsi aux éditions franquistes « Fuerza
Nueva » à la plus grande joie des espagnols et
sud-américains avertis des questions subversives.
La Divine providence ne pouvait qu’agir ainsi. Sans
cette résolution, il est évident que ces ouvrages aurait
disparu et son travail d’une vie réduit à néant.
Nous tenons à remercier ceux qui ont sauvegardé
et distribué gratuitement ces documents sur l’Internet.
Si vous voulez participer à ce travail, les
traductions des trois ouvrages de « La Face Cachée
de l’Histoire Moderne » seraient la finalité de son
engagement à la cause du devoir d’histoire.
Mais qui était Jean Lombard ?
Diplômé de l’École des Chartes en 1927, Jean
Lombard s’est orienté vers une carrière diplomatique
en intégrant l’École des Sciences Politiques
d’où il sortit lauréat du concours des Ambassades.
Peu avant la deuxième guerre mondiale, on lui
confia le poste de bibliothécaire-archiviste de la
ville d’Alger avant de devenir administrateur de
la Bibliothèque de la même ville, ce qui lui permit
d’être plongé pendant 10 ans dans les affaires
musulmanes en Algérie. Pendant la Guerre, il fut
affecté aux services de renseignements. Inquiété
à la « Libération » pour avoir dépouillé les bibliothèques
et les archives des loges maçonniques en
Algérie, il fut incarcéré pendant quelque temps
et radié de la Bibliothèque. Après la guerre, il fut
nommé secrétaire général du Comité des Banques
d’Algérie, directeur de l’enseignement bancaire en
Afrique du Nord et professeur d’économie politique,
avant de retrouver sa place d’administrateur
de la Bibliothèque d’Alger (le Conseil d’État ayant
levé la sanction qui l’avait touché auparavant). Mis
en congé spécial après l’abandon de l’Algérie en
1962, il vint s’installer en Espagne comme beaucoup
de pieds-noirs ou de pro-Algérie Française
scandalisés par ce largage inique ! Jean Lombard
fut ensuite nommé ‘chargé de missions’ de l’unesco
en Amérique Centrale et au Liban, ce qui lui
permit d’en apprendre beaucoup sur la subversion
mondiale. Cette carrière bien remplie lui a donné
l’occasion de parfaitement prendre connaissance
des arcanes financières et bancaires et de consulter
par sa formation et ses fonctions une exceptionnelle
documentation confidentielle ou peu connue,
dont il a su tirer le meilleur profit pour mener à
bien son oeuvre absolument remarquable, servie
par un don exceptionnel de synthèse.

« Nous naissons en Dieu ;
nous mourrons en Jésus ;
nous revivrons par le Saint-Esprit »

À Henri Massis
qui avait accepté
de le préfacer en 1964
ce volume
est dédié.

AVANT-PROPOS
L’auteur a conçu ce livre lorsque — assistant aux préparatifs idéologiques et financiers de la Seconde Guerre Mondiale pendant tout l’été de 1939 aux États-Unis — il eut la bonne fortune, à la lecture d’ouvrages de synthèse, tels que les Selected Essays de James Darmestetter, de pénétrer les intrigues, causes de tant de guerres et de révolutions.
Il a donc résolu de confronter ces données, apportées par les promoteurs des évènements, avec l’histoire générale et d’étendre ses investigations aux discours, écrits et biographies des acteurs principaux, afin de reconstituer la trame du drame et le rôle joué tant par la Haute Finance que par les sectes (Rose-Croix, Illuminés de Bavière, Franc-Maçonnerie, Sociétés Secrètes islamiques et asiatiques) dans son déroulement.
Tâche essentielle à la défense de notre civilisation chrétienne occidentale contre la peste des idéologues (cette vermine dénoncée par Napoléon lui-même), qui dérèglent les esprits, corrompent les âmes par le goût du lucre et du libertinage et gangrènent les corps, par l’usage de drogues de toutes sortes.
Dans les jugements qu’il a portés sur les hommes, leurs idées et leurs actes, l’auteur n’a obéi qu’à la passion de la vérité, évitant avec soin tout préjugé racial et toute partialité politique ou religieuse, pour s’attacher à pénétrer avec toute la lucidité possible, à travers leurs discours et leurs écrits, leur véritable caractère, leurs attaches, leurs inspirations et leurs desseins.
Il se considérera largement payé de sa peine s’il parvient à éveiller l’intérêt des curieux, de ceux qui répondent à l’appel de Bossuet : Et nunc erudimini !, et surtout à aider les jeunes — qui disposent rarement du temps nécessaire pour se former une opinion valable sur le passé à mieux comprendre et organiser, dans le sens de la tradition et du progrès, ce monde malade que nos malheureuses générations leur ont légué.

INTRODUCTION
Le présent ouvrage, couvrant la période de 1492 à nos jours, mais remontant à l’origine des forces en présence, offre aux lecteurs en trois volumes la saga des origines du capitalisme et du marxisme, le premier ; les préparatifs et le déroulement des Ière et IIe des trois guerres mondiales suivies de révolutions prévues dès 1871, le second, et le dernier les intrigues des Directoires semi-secrets, actifs à préparer la IIIe et à déclencher le cataclysme social qui doit en être la conséquence.
L’unité de l’Empire romain ayant été rompue par les invasions barbares, Charlemagne avait tenté de la restaurer, et saint Augustin de lui substituer la Cité de Dieu. Ces efforts ayant été brisés par les intrigues de Judith, la faiblesse de son époux Louis le Pieux et la division de l’Empire (843), l’Ordre de Cluny (fondé en 910 sur les principes hiérarchiques, la cooptation de ses Grands Maîtres et l’union des pouvoirs civils et religieux), tenta de reconstituer l’Occident, d’abord dans la reconquête de la péninsule ibérique avec l’aide des comtes de Bourgogne contre les Maures et par son repeuplement grâce au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.
Mais il se heurta au mouvement de Réforme des moines lorrains et de leur chef Hildebrand (élu au pontificat sous le nom de Grégoire VII en 1073, manoeuvré à Rome par la famille Baruch‑PierLéoni), champions des réformes démocratiques chères à l’Ordre de Citeaux (élection des prieurs, des abbés et finalement des Papes par les seuls cardinaux en 1059). Mouvement qui aboutit à la rupture avec l’Église orthodoxe (1054) au conflit du Sacerdoce et de l’Empire (1076-1085), à l’élection d’un Pierléoni au pontificat, Anaclet II (1130-1138), grâce au soutien des Normands de Robert Guiscard, à l’expulsion des papes et à la proclamation d’une République dans la Ville Éternelle par son frère Giordano (1143), toujours avec l’appui de Roger de Sicile, marié à sa soeur, à l’intervention de l’Empereur Frédéric Barberousse et finalement au sac de Rome.
Et les Cisterciens, protégés par les comtes de Champagne, et organisés en 1112 par saint Bernard de Clairvaux, se tournèrent vers les traditions ésotériques de Jérusalem et patronnèrent la création des Chevaliers du Temple (1119), sur le modèle des Assacis, musulmans ismaéliens. Répondant à l’appel de leurs amis Fatimides du Caire contre les Turcs Seldjoukides, ils détournèrent les croisades de l’Espagne vers le Proche-Orient, où ils traitèrent séparément avec les princes arabes et compromirent la conversion des Mongols, qui eut pu changer la face du monde !
Au siècle suivant, l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, petit-fils de Barberousse et héritier des Normands de Sicile par sa mère Constance de Hauteville, prit l’initiative d’une première tentative mondialiste d’union des religions et de fédération des états. Vivant au château des Monts en Apulie et au palais de Palerme en Sicile, entouré de ses astrologues et occultistes, de son harem et de sa garde maure, il transforma sa croisade en tournée de paix et réunit à Saint Jean d’Acre en 1228 les délégations des Ordres de Chevalerie tant chrétiens que musulmans. Bien que soutenu par l’Ordre Teutonique, il fut excommunié et déposé par le pape Innocent IV en 1245.
Une seconde tentative templière et pontificale d’établissement d’une Synarchie en trois Ordres : spirituel, politique et économique, échoua lorsque Philippe IV le Bel brisa la puissance financière et militaire supranationale du Temple (1307-1311) et que la prétention de leur allié Boniface VIII à l’Empire (au jubilé de 1300) sombra lamentablement.
Notre premier volume rappelle brièvement ces intrigues, avant d’aborder la relation de celles qui, à travers des luttes religieuses et des mouvements subversifs visant à instaurer une nouvelle Jérusalem (lollards d’Angleterre, hussites de Prague, anabaptistes de Münster, Jacques du Bundshuh allemand) ont permis à une oligarchie financière de renverser les dynasties légitimes et de conquérir le pouvoir réel. Non pour libérer les peuples mais pour abolir les restrictions à l’usure, au prêt à intérêt, la notion du juste prix, les entraves apportées par les règlements corporatifs, en privant les travailleurs de leurs confréries, fraternités, et compagnonnages et en les écartant de la gestion des villes pour les réduire à la condition de prolétaires exploités.
À travers ses précurseurs, les franciscains anglais Roger Bacon (1214-1294), catalan Raymond Lulle (1234-1315), l’alchimiste et astrologue Arnaud de Villeneuve (1240-1313), la Fraternité des Rose-Croix, fondée selon la légende par le chevalier allemand Christian Rosenkreuz (né en 1378 probablement dans la famille von Roesgen, mêlée au meurtre du légat Pierre de Castelnau au moment de la croisade contre les Albigeois, en 1208), mais révélée au grand jour seulement par Jean Valentin Andreæ de Tubingen, dans ses livres publiés à Cassel en 1614 et 1619, a joué un grand rôle dans ces évènements, au début de l’ère moderne.
En divisant la Chrétienté par l’institution de Patriarcats nationaux (réussie par Henri VIII, manquée par François Ier) et en préparant la Réforme. Martin Luther, comme le révèlent sa bague, ses principaux lieutenants, le nationaliste l’Ulrich von Hutten, comme les novateurs Philip Melanchton (Schwarzerd, petit-neveu de l’hébraïsant Reuchlin), Andreæ Carlstadt (Bodenstein), Crotus Rubianus (Jan Jaeger), etc, appartenaient à la secte. Et si l’influence de Luther, prophète des Allemands, vengés par lui en quelque sorte de leur conversion forcée sous Charlemagne, s’est limitée aux pays nordiques, celle de Calvin, cosmopolite et lié aux gens de commerce et de finance, levant l’interdiction du prêt à intérêt, a ouvert les voies au capitalisme moderne.
Ainsi grâce à la révolte des Pays-Bas, les capitaux émigrés d’Espagne vers Istamboul et Venise purent-ils contribuer à établir, sinon à Anvers (demeuré catholique) du moins, à Amsterdam, à partir de 1561-79, une Banque (1609) et une Bourse (1611) qui devint le modèle du capitalisme moderne, avec ses engagements impersonnels, ses sociétés anonymes, ses trafics à découvert, ses valeurs fictives et ses spéculations sans frein. Avant de s’installer à Londres, à la faveur des révolutions d’Angleterre tandis que la même tentative échouait en France avec la Fronde du cardinal de Retz et de Condé (1649), comme au temps d’Elisabeth Ière avait échoué le grand dessein d’Henri IV, inspiré par le Rose-Croix Barnaud.
Préparent le mouvement les puritains de la Cité, avec l’intervention directe du tchèque Johannes Amos Komensky, dit Comenius, principal lieutenant de Valentin Andreæ, dès 1641, et de ses amis Robert Fludd, les allemands Michel Maïer et plus tard par Francis Bacon dans sa Nova Atlantis (1675). Dans une première phase, Cromwell exécute le roi Charles Ier (1649) et, traitant avec Manassé ben Israël d’Amsterdam obtient — moyennant le retour des Juifs expulsés d’Angleterre depuis 1290 — que leurs coreligionnaires lui livrent les marchés hispano-portugais de par le monde. Et dans une seconde — la restauration de Charles II ayant été financée par Suasso et autres hommes d’affaires des Pays-Bas — la substitution aux Stuart décidément trop catholiques, de la famille d’Orange, d’un zèle éprouvé (1688), liée par un contrat constitutionnel (berith en hébreu) permet l’établissement d’une place financière de premier ordre, avec sa Banque (1694) et sa Bourse (la première, datant de 1571 ayant été reconstruite en 1668 et transformée en 1697).
Ainsi Londres devient le centre, non seulement du capitalisme international, mais aussi la Mère-Loge de la Franc-Maçonnerie, destinée à propager l’idéal et les institutions de cette plouto-démocratie. Les premiers ateliers, créés pendant la révolution (1646) par le Rose-Croix Elias Ashmole, comme Salomon’s House (réplique de la Maison des Sciences des Fatimides à Alexandrie), fondée en 1653, après s’être infiltrée à Mason’s Hall en 1682 et dotée de Constitutions par Anderson (1723-38), elle peut se permettre d’essaimer à l’étranger.
Elle diffuse les idées exposées par Baruch Spinoza (disciple du réformiste médiéval espagnol Maïmonides et de Manassé ben Israël) dans son Tractatus Theologo-politicus (1670). Idées généralement considérées comme françaises parce qu’elles ont été répandues par Montesquieu, Voltaire et les Encyclopédistes (avec Grimm et le baron d’Holbach). Et elle engage la lutte contre la superstition d’abord, la tyrannie ensuite. La superstition, en expulsant les Jésuites du Portugal (où Carvalho, marquis de Pombal, lance une sauvage persécution contre eux en 1759), de France, à l’instigation du duc de Choiseul en 1764 et d’Espagne, sur l’initiative du comte d’Aranda et de ses amis.
Selon les besoins de ses projets politiques, elle crée de nouvelles obédiences, le Grand–Orient par exemple, détaché de Londres en 1771-73, en prévision de la guerre d’Indépendance américaine, préparée par la dissidence des Loges d’Anciens de l’Irlandais Lawrence Dermott en Angleterre, avec l’aide de Benjamin Franklin (initié à Philadelphie en 1730), qui réussit à instaurer un État fédéral, d’apparence démocratique mais où l’Argent est roi et les financiers sont maîtres, ce que symbolise parfaitement la statue où Washington figure à Chicago, la main dans la main avec son secrétaire au Trésor Morris d’un côté et de l’autre avec Haïm Salomon, payeur général des subsides hollandais (à travers Grand et Honegguer), français et espagnols, qui financèrent la lutte.
À ce moment la Monarchie française, affaiblie par la croisade et les coalitions orangistes contre Louis XIV, rongée par les fermiers-généraux qui retiennent le quart et parfois le tiers des impôts qu’ils collectent, longtemps sabotée par l’opposition des Parlements à toute réforme, sort victorieuse mais dangereusement endettée de son intervention contre l’Angleterre. Et les remèdes du banquier cosmopolite Necker en font une proie facile pour la Révolution.
Dans sa première phase, le duc d’Orléans (soutenu par les banquiers anglais Boyd et Kerr et par le syndicat Cerf-Beer et Korneman de Strasbourg) et son triumvirat modéré — Barnave et les deux-frères Lameth — s’efforce d’instaurer un régime constitutionnel sur le modèle de celui de 1688 en Angleterre. Cependant que le Suisse Clavière, derrière Mirabeau, et Panchaud, derrière Talleyrand, livrent les biens du Clergé au pillage de vols de corbeaux cosmopolites.
Dans sa seconde phase, Brissot et les Girondins, s’inspirant du modèle américain et suivant les consignes d’Adrien du Port et de l’Abbé Sieyès, déclenchent la guerre contre les tyrans à travers l’Europe. Le banquier Clavière les appuie, comme des Anglais, des Hollandais (Kock et Vandenyver), des Belges (Walkiers) et le bordelais Pereira soutiennent Danton, tandis que Benjamin Veitel Ephraïm et ses confrères de Berlin financent les journées révolutionnaires (celle du 8 avril 1791 a coûté 500.000 Livres). Tant il est vrai que « l’histoire des révolutions est inscrite dans les livres de compte des banquiers » comme le remarque Henri Malo, l’historien de la Fronde.
Avec la journée du 10 août 1792, le renversement de Louis XVI et la Terreur jacobine s’ouvre la troisième phase — allemande — de la Révolution. Les Illuminés de Bavière entrent alors en scène avec Bonneville. En frappant Jacob Lang, la foudre avait révélé leur existence en 1785. Il se trouvait aux côtés de son chef Adam Weishaupt, professeur à Ingoldstadt, fondateur de l’Ordre en 1776. Les adeptes de cette Maçonnerie parallèle et secrète, porteurs d’une tunique blanche avec ceinture écarlate (comme les Assacis, les Templiers et plus tard les Boxers chinois) et coiffés du bonnet phrygien, étaient conduits par leurs trois séries de grades initiatiques d’une image vraie de la religion à l’athéisme et de l’idéal démocratique à l’anarchie. En visite à Berlin, Mirabeau s’était laissé attirer par eux et leurs meneurs, Zwack, von Knigge et Bode avaient joué un grand rôle dans les Congrès de Willemsbad (1782) et de Paris (avec les Philalèthes en 1785 et 1787) qui fixèrent le schéma de la Révolution. Craignant qu’ils n’infiltrent leurs loges, après la dissolution du Grand-Orient par les Jacobins le 13 mai 1793, les obédiences régulières allemandes cessèrent leurs activités en 1796 et les Anglais gelèrent leurs ateliers en 1799.

Lorsque le régime jacobin — dont le Trésor ne se nourrissait plus que du sac des pays libérés par les Carmagnoles — s’effondra dans la misère et la banqueroute des assignats (dévalués au 142e de leur valeur officielle, l’index des prix grimpant de 100 en 1790 à 5.340 en Novembre 1795), un groupe de banquiers français, pour en sortir, aida Talleyrand à monter le coup d’État du 19 Brumaire (10 novembre 1799). Alors Napoléon entreprit de restaurer l’État et ses finances (en fondant la Banque de France en 1800, en la réformant en 1806 et en créant le franc-germinal en 1803). Il réussit à faire face aux coalitions sans déficit, sans inflation et sans emprunt, tandis que William Pitt (menacé de banqueroute en 1793 et 1797) dut laisser signer la paix d’Amiens (25 mai 1802) et, celle-ci rompue, ne fut sauvé que par le relâchement du blocus en 1809 et 1810.
Aussi longtemps que l’Empereur — qui avait tenté de domestiquer la Maçonnerie sous l’autorité de Cambacérès et de Murat — contribua à jeter bas les princes et à redessiner l’Europe selon les plans de Sieyès, il fut soutenu par les sectes, mais celles-ci se retournèrent contre lui dès qu’il prétendit aussi dominer le Judaïsme en convoquant son Sanhédrin (1807), faire la paix avec les dynasties légitimes en épousant Marie-Louise de Habsbourg (1810) et échapper à l’emprise des banquiers internationaux. Trahi par les hauts-dignitaires Fouché et Talleyrand, jeté dans le guêpier espagnol et dans les steppes glacées de la Russie, il fut finalement vaincu par le Syndicat des Rothschild, Baring et Boyd de Londres, Hope et Labouchère d’Amsterdam, Parish de Hambourg et Bethmann de Francfort.
Et le Congrès de Vienne de 1815 — comme le relate notre IIIe Partie — en guise de la Sainte-Alliance proclamée par le naïf tsar Alexandre, confirma la prépondérance de la Haute Banque sur l’Europe. L’hégémonie britannique s’étendit à l’Amérique du Sud, décolonisée, grâce aux intrigues maçonniques dans la péninsule et sur place. Et la dynastie des cinq frères Rothschild, rois des banquiers et banquiers des rois, régna sur le vieux continent, et spécialement sur la France, lorsque la révolution de 1830, montée par Talleyrand et le banquier Laffitte, y instaura un régime de type britannique sous Louis-Philippe.
L’importance de la Révolution de 1848, qui y mit fin ne saurait être trop soulignée. Avec elle devait s’ouvrir une ère nouvelle. Dans son livre « Paris-Rome-Jérusalem » (2 vol. 1860), Joseph Salvador indique que, — le rôle de Paris étant d’amener Rome dans les voies de Jérusalem — l’année 1840 devait en être le tournant. L’heure était venue, en effet, pour les banquiers, tout puissants sur les gouvernements, d’imposer le régime de leur choix, capable de soumettre les peuples à leur hégémonie (à l’exemple de Joseph au temps des Pharaons). Ce régime, Heinrich Heine, fils de banquier, le définit en ces termes dans la « Franzözische Zeitung » (du 12 juillet 1842) : « Le communisme, qui n’a pas encore vu le jour, paraîtra dans toute sa force… et s’identifiera avec la Dictature du Prolétariat ». Et le philosophe Moïse Hess (père du Néo-Messianisme et du Sionisme) en tisse la trame en mettant en contact Frédérich Engels et Karl Marx, ses prophètes, en 1842-44. Mais l’agitation chartiste tourne court en Angleterre (grâce à la reconstitution de syndicats, les Trade Unions, par les lois de 1844-46-47 soutenues par des tories sociaux) et la France et l’Autriche, appuyées par la Russie, ayant conservé intactes leurs forces militaires, la révolution généralisée échoue en Europe, tandis que bon nombre de ses meneurs trouvent refuge aux États-Unis.
Désignant les responsables de cet échec, Joseph Mazzini condamne d’un doigt vengeur en premier lieu l’Autriche : Delenda est Austria !. Agent des sectes et protecteur de la nouvelle équipe saint-simonienne des Fould et des Pereire, rivale des Rothschild, Napoléon III en est le bras exécuteur, en expulsant les Habsbourg de l’Italie et en les abandonnant à la vindicte de Bismarck. La France paye cher cet aveuglement, par sa défaite militaire (1870) et les horreurs de la Commune (1871). Mais la formule du binôme « Guerre-Révolution » ayant également échoué, Joseph Mazzini et le général sudiste et haut-dignitaire Albert Pike (de la Maçonnerie écossaise fondateur du Palladian Rite, Luciférien et gnostique) dirigeants du World Revolutionary Movement en conçoivent une nouvelle, celle d’un cycle de trois Guerres mondiales, au rythme « Crise-Guerre-Révolution », qui marquera le XXe siècle (échange de lettres du 22 janvier 1870 — 15 août 1871).

Ce cycle fait l’objet de notre second volume
Maintenant qu’à la faveur de la guerre de Sécession (1860-64) — un conflit pour le contrôle de la politique douanière et la prépondérance industrielle du Nord, déguisé en croisade pour l’émancipation des Noirs — les grandes dynasties ashkenazim, rivales des Rothschild, les Seligman, Lazard, Guggenheim, Gould et Kuhn-Loeb, ont assis grâce à Abraham Lincoln et au général Grant, leur prépondérance sur l’économie américaine, les meneurs du jeu, également renforcés en Europe centrale par le Kulturkampf de Bismarck et leur rôle éminent dans la mise en place des structures bancaires de la région, sont à même d’entreprendre la lutte contre l’ennemi N.° 1, la Russie des Tsars, responsable de l’échec du grand mouvement de 1848.
Avec la guerre de Crimée (1854-55), Napoléon III lui a porté le premier coup, pour le compte de Londres. Conseiller du chancelier Gortchakov, Hamburger attisant ses visées sur Constantinople, le pousse à intervenir dans les Balkans — travaillés par Simon Deutsch, par la création du parti jeune Turc, par les tentatives d’émancipation de l’Alliance Israélite Universelle (créée par Crémieux en 1863-65, soutenue par les fonds du baron Hirsch de Vienne et de sir Moses Montefiore, de Londres), couronnées par le Congrès de Berlin de 1878, où Benjamin Disraeli utilise pour ses fins Waddington, le très étranger ministre français des Relations Extérieures.
Tandis qu’à Moscou, le tsar Alexandre II est récompensé de son libéralisme : émancipation des serfs, imprudemment regroupés dans des communes collectives ou mir (1861) et adoucissement du régime imposé aux Juifs dans leur zone de résidence de l’Ouest (conséquence des partages de la Pologne en 1791, 1794 et 1795) par une flambée de terrorisme dont il est la victime, les chefs nihilistes Bakounine, Alexandre Herzen et Paul Axelrode, échappent à la répression d’Alexandre III (1861) en trouvant refuge aux États-Unis.
C’est de New-York et de Londres, en effet, que monte et grossit la tempête qui emportera le tsarisme. La guerre étant, selon Hegel, la grande accoucheuse des révolutions, le financier Jacob Schiff (de Kuhn-Loeb) aide de ses crédits le Japon, comme de ses subsides la tentative révolutionnaire malheureuse de Trostky (Bronstein) en 1905-1908. Contre la Russie l’alliance anglo-saxonne, scellée dans la guerre des Boers par l’équipe de Cecil Rhodes (R. Oppenheim, Alfred Beit et Barney-Barnato) se resserre.
Inspiré par son professeur d’Oxford, John Ruskin (1819-1900), disciple de Platon et partisan de sa République collectiviste, Cecil Rhodes fonde (le 5 février 1891) le groupe de la Round Table, société organisée en trois cercles concentriques, un triumvirat directeur (1), un cercle intérieur (2) et un autre d’assistants (helpers), répartis entre sept et bientôt huit pays, créé par lord Milner (successeur de Rhodes en 1902) avec pour centre Chatham House (siège de l’Institute of International Affairs en 1919). L’ensemble vivant des subsides des Banques Lazard, Morgan et Midland, comme aussi le Rhodes Trust, le Rhodesian Institute et la revue « Round Table » (de Novembre 1910 et 1961), contrôlée par le secrétaire général lord Lothian (3) entre 1923 et 1939. À lord Miller succédèrent à la tête de la Société : Lionel Curtiss (1925-55), Robert, lord Brand (beau-frère de lady Astor, administrateur de la Banque Lazard) de 1955 à 1963, puis Adam Manic (fils de William, également de la Banque Lazard).


1. – William T. Stead (1840-1912), journaliste, qui mit le premier groupe d’Oxford en contact avec un second de Cambridge ; Reginald Baliol Brett (lord Esher) homme de confiance et pensionné (5.000 £. par an jusqu’en Juillet 1904) de Sir Ernest Cassel (cousin germain d’Edouard VII, par la mère du Prince consort, Albert de Saxe-Conhourg-Gotha) qui contrôle le cabinet pour lui ; et lord Milner, l’énergique gouverneur du Cap, depuis 1897.
2. – Dont font partie : Arthur, lord Balfour ; Arthur, lord Grey ; sir Henry Jonhston, lord Nathaniel Rothschild ; Arnold Toynbee (historien d’Oxford) sir John Seeley (de Cambridge).
3. – Isaac Kerr, secrétaire de Lloyd George, délégué à Versailles et plus tard ambassadeur officieux aux Etats-Unis au moment du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, en 1939-40.


 

La Round Table s’était tracé comme objectifs, dans une première phase l’organisation de l’Empire britannique en Commonwealth et son extension aux États-Unis, grâce à l’appui du groupe de la New Republic (1914), animé par William Straight (lié à la puissante famille Whitney) et de Walter Lipmann. Ayant réalisé ainsi leur unité les peuples de langue anglaise pourraient facilement imposer au monde leur hégémonie. Chef de la communauté séphardite américaine, Mendez Pereira exposa ces plans de manière très explicite dans son livre « England and America, the Dream of Peace » (1898), avant d’annoncer, l’année suivante dans « Looking Ahead » — quinze ans avant les évènements — la Première Guerre Mondiale, ses conséquences et les résultats qui en étaient attendus (y compris l’établissement d’un Foyer juif en Palestine).
Dans la première phase de la révolution russe (Mars 1917), ce groupe de la Round Table, auquel appartenait George Buchanan, ambassadeur de S. M. à Pétrograd, un assez nef démocrate, joua un rôle important en mettant 21 m. de roubles de subsides à la disposition du prince Lvov, pontife de la Maçonnerie russe, et de Kerenski. Mais lorsque l’Intelligence Service tenta de s’opposer au retour de Trostsky en Russie, en l’arrêtant à Halifax (Canada) le 27 mars, il fut contraint de le relâcher, sous la pression du Colonel House, de Jacob Schiff et des amis de la banque Kuhn-Loeb, menaçant de couper leurs crédits aux Alliés… permettant ainsi aux Bolcheviks de se débarrasser de Kerenski en Octobre et de soumettre la Russie au joug de leur tyrannie collectiviste.
Alors la conclusion d’une paix européenne entre les adversaires épuisés, souhaitée par le pape Benoît XV et tentée par le jeune empereur d’Autriche Charles de Habsbourg, fut empêchée par la Haute Finance et ses puissants agents maçonniques (Ribot et Lloyd George). Et Woodrow Wilson, obéissant à ses managers Louis Brandeis et le colonel House, promoteurs de son élection, préparée par la crise de Wall Street de 1909-1911, au moment où, les financiers Paul Warburg, Aldrich, Vanderlip, Rockefeller, H. Dawson et Benjamin Strong, prenant leurs dispositions pour la guerre imminente, réunis dans l’île de Jekyll (Georgie) mettaient sur pied le Système de Réserve Fédéral (1911-1913), dut jeter dans le conflit le peuple américain, qu’il avait juré de maintenir hors de la guerre. Car, après la Russie, l’Empire d’Allemagne devait être aussi écrasé, afin que, selon les plans de Mazzini et de Pereira Mendez, la chute des trônes prépare l’instauration des Soviets partout.
Autour du tapis vert de Versailles, derrière les représentants des Quatre Grands siégeaient les principaux responsables de ce pacte de famille : derrière Wilson, le colonel Mandel House (1), derrière Lloyd George lords Milner et Balfour (de la Round Table), flanqués de leurs secrétaires Isaac Kerr et, Philip Sassoon, (de la fameuse firme de Bagdad) derrière Clémenceau, son ministre des Finances Klotz et son conseiller Georges Mandel, et derrière Orlando, son ministre des Affaires étrangères Sonnino. Une étroite coopération existait entre les frères Warburg — les Américains Paul et Félix et leur frère Max, de Hambourg (qui amena la délégation allemande, dont son directeur Melchior faisait partie, à signer le diktat de Versailles). Comme aussi entre les tsars de l’Économie,


1.La Round Table s’était tracé comme objectifs, dans une première phase l’organisation de l’Empire britannique en Commonwealth et son extension aux États-Unis, grâce à l’appui du groupe de la New Republic (1914), animé par William Straight (lié à la puissante famille Whitney) et de Walter Lipmann. Ayant réalisé ainsi leur unité les peuples de langue anglaise pourraient facilement imposer au monde leur hégémonie. Chef de la communauté séphardite américaine, Mendez Pereira exposa ces plans de manière très explicite dans son livre « England and America, the Dream of Peace » (1898), avant d’annoncer, l’année suivante dans « Looking Ahead » — quinze ans avant les évènements — la Première Guerre Mondiale, ses conséquences et les résultats qui en étaient attendus (y compris l’établissement d’un Foyer juif en Palestine).
Dans la première phase de la révolution russe (Mars 1917), ce groupe de la Round Table, auquel appartenait George Buchanan, ambassadeur de S. M. à Pétrograd, un assez nef démocrate, joua un rôle important en mettant 21 m. de roubles de subsides à la disposition du prince Lvov, pontife de la Maçonnerie russe, et de Kerenski. Mais lorsque l’Intelligence Service tenta de s’opposer au retour de Trostsky en Russie, en l’arrêtant à Halifax (Canada) le 27 mars, il fut contraint de le relâcher, sous la pression du Colonel House, de Jacob Schiff et des amis de la banque Kuhn-Loeb, menaçant de couper leurs crédits aux Alliés… permettant ainsi aux Bolcheviks de se débarrasser de Kerenski en Octobre et de soumettre la Russie au joug de leur tyrannie collectiviste.
Alors la conclusion d’une paix européenne entre les adversaires épuisés, souhaitée par le pape Benoît XV et tentée par le jeune empereur d’Autriche Charles de Habsbourg, fut empêchée par la Haute Finance et ses puissants agents maçonniques (Ribot et Lloyd George). Et Woodrow Wilson, obéissant à ses managers Louis Brandeis et le colonel House, promoteurs de son élection, préparée par la crise de Wall Street de 1909-1911, au moment où, les financiers Paul Warburg, Aldrich, Vanderlip, Rockefeller, H. Dawson et Benjamin Strong, prenant leurs dispositions pour la guerre imminente, réunis dans l’île de Jekyll (Georgie) mettaient sur pied le Système de Réserve Fédéral (1911-1913), dut jeter dans le conflit le peuple américain, qu’il avait juré de maintenir hors de la guerre. Car, après la Russie, l’Empire d’Allemagne devait être aussi écrasé, afin que, selon les plans de Mazzini et de Pereira Mendez, la chute des trônes prépare l’instauration des Soviets partout.
Autour du tapis vert de Versailles, derrière les représentants des Quatre Grands siégeaient les principaux responsables de ce pacte de famille : derrière Wilson, le colonel Mandel House (1), derrière Lloyd George lords Milner et Balfour (de la Round Table), flanqués de leurs secrétaires Isaac Kerr et, Philip Sassoon, (de la fameuse firme de Bagdad) derrière Clémenceau, son ministre des Finances Klotz et son conseiller Georges Mandel, et derrière Orlando, son ministre des Affaires étrangères Sonnino. Une étroite coopération existait entre les frères Warburg — les Américains Paul et Félix et leur frère Max, de Hambourg (qui amena la délégation allemande, dont son directeur Melchior faisait partie, à signer le diktat de Versailles). Comme aussi entre les tsars de l’Éco1.
– Adepte des Masters of Wisdom le colonel House avait écrit en 1912, sous le titre « Philip Dru, administrator » un livre anonyme tout à la louange de la collectivisation socialiste. Déçu par le refus du Sénat de lier les Etats-Unis à la Société des Nations, il lança le fameux Council on Foreign Relations avec Christian Herter et les frères Dulles (Allen et Foster). sous le patronage de Robert Cecil et de Lionel Curtis, à l’Hotel Majestic à Paris les 19 et 30 Mai 1919. Organisé en 1921, le Council commença à publier l’année suivante sa revue trimestrielle « Foreign Affairs ». En 1929, les Rockefellers le logèrent à Harold Pratt Flouse (Park Avenue. New-York). où l’on retrouve non sans surprise le siège voisin du World Revolutionary Movement des successeurs de Mazzini ! Il est financièrement soutenu par les Fondations (Rockefeller, Carnegie, Ford) et par les banquiers, Nelson Aldrich (Chase), Morgan. Vanderlip (National City Bank), Jacob Schiff (Kuhn-Loeb), Bernard Baruch, les Warburg, etc. Le Club, qui comptait déjà 1.400 membres en 1960, a été présenté par le représentant Reece en 1954 comme une agence gouvernementale poursuivant ses propres objectifs internationaux, par Dan Smoot (ex-assistant d’Edgar Hoover au F.B.I.) en 1961, comme un Gouvernement invisible et par le sénateur Jenner en 1962, comme une élite bureaucratique… préparant l’établissement d’un Socialisme mondial, collectiviste.– Adepte des Masters of Wisdom le colonel House avait écrit en 1912, sous le titre « Philip Dru, administrator » un livre anonyme tout à la louange de la collectivisation socialiste. Déçu par le refus du Sénat de lier les Etats-Unis à la Société des Nations, il lança le fameux Council on Foreign Relations avec Christian Herter et les frères Dulles (Allen et Foster). sous le patronage de Robert Cecil et de Lionel Curtis, à l’Hotel Majestic à Paris les 19 et 30 Mai 1919. Organisé en 1921, le Council commença à publier l’année suivante sa revue trimestrielle « Foreign Affairs ». En 1929, les Rockefellers le logèrent à Harold Pratt Flouse (Park Avenue. New-York). où l’on retrouve non sans surprise le siège voisin du World Revolutionary Movement des successeurs de Mazzini ! Il est financièrement soutenu par les Fondations (Rockefeller, Carnegie, Ford) et par les banquiers, Nelson Aldrich (Chase), Morgan. Vanderlip (National City Bank), Jacob Schiff (Kuhn-Loeb), Bernard Baruch, les Warburg, etc. Le Club, qui comptait déjà 1.400 membres en 1960, a été présenté par le représentant Reece en 1954 comme une agence gouvernementale poursuivant ses propres objectifs internationaux, par Dan Smoot (ex-assistant d’Edgar Hoover au F.B.I.) en 1961, comme un Gouvernement invisible et par le sénateur Jenner en 1962, comme une élite bureaucratique… préparant l’établissement d’un Socialisme mondial, collectiviste.


Bernard Baruch aux États-Unis (du 11 octobre 1916 au 5 mars 1918) et ses homologues allemands Walter Rathenau (magnat de l’électricité, au contrôle de la production de guerre dès 1914) et Albert Ballin de Hambourg (armateur et banquier personnel de Guillaume II, (au contrôle du commerce extérieur depuis 1915). Ainsi tout était en place pour que l’industrie allemande, la plus forte du continent, rationalisée à fond, serve à établir l’hégémonie de la Finance américaine sur une Europe affaiblie et hypothéquée par l’écrasant fardeau des dettes de guerre et des réparations.
Cependant que les plus grands espoirs s’ouvraient en Russie. La pause de la N. E. P., décrétée par Trotsky, la mise sur pied des Gos-plans quinquennaux et de la Gos-Bank en 1931, et la conclusion des accords de Rapallo avec l’Allemagne (11 avril 1922), comblaient d’aise les commanditaires de la Révolution empressés à se porter au secours de leurs protégés bolcheviques et de les ramener au bercail. D’un voyage d’inspection en Russie, Félix Warburg rentrait plus que satisfait en 1927. Lorsque soudain tout s’effondra, avec l’assassinat de Walter Rathenau par les nationalistes allemands (24 juin 1922) et l’élimination de Trotsky par Staline, farouchement décidé à repousser tout vasselage financier.
Tout était à recommencer. Selon le même scénario. Première phase : un krach à Wall Street, entretenu de 1929 à 1931, ouvre la voie à Franklin Delano Roosevelt et aux mesures socialisantes du New Deal. L’échec de la Conférence économique de Londres en 1933, provoquée par le retrait américain, contraint l’Europe à pratiquer l’autarcie. Tandis que l’infiltration du marxisme dans la Franc-Maçonnerie suscite des réactions contre les Fronts populaires d’où naissent les Fascismes. Ainsi Hitler pourrait-il être utilisé pour renverser Staline, avant d’être détruit lui-même, laissant le champ libre à la révolution.
Deuxième phase : la Haute Finance yankee, maîtresse de l’économie américaine s’empare du portefeuille des Alliés dans l’hémisphère occidental et fait pression sur la Grande-Bretagne pour jeter la Pologne et la France dans une guerre infernale, destinée à mettre l’Europe en pièces selon la menace proférée par l’American Hebrew (le 3 juin 1938). Enfin, troisième phase, aucune paix ne venant mettre fin à la Seconde Guerre Mondiale, l’Europe humiliée est simplement partagée entre deux zones d’influence, l’orientale soumise à l’esclavage du knout soviétique et l’occidentale, appauvrie et systématiquement démolie, réduite à la mendicité du plan Marshall. Non par suite d’une fatalité stratégique, ni même en conséquence des engagements pris à Téhéran ou à Yalta, mais par la trahison délibérée de Franklin Roosevelt, qui a lui-même proposé de la dépecer dans la lettre, transmise par Zabrousky, qu’il a adressée à Staline, le 20 février 1943.
Grâce au monopole de la bombe atomique, dont dispose Bernard Baruch « Jupiter tonnant », le Gouvernement mondial, but suprême de la Haute Finance, semble à portée de la main en 1945. « Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non, qu’il soit imposé ou consenti ! » proclame James Paul Warburg au Sénat de Washington (le 17 février 1950). Mais tant de fuites se produisent que Staline relève le défi. À partir de ce moment les Directoires semi-secrets s’efforcent de rétablir par tous les moyens leur influence à Moscou. Par un rapprochement ou détente, une coopération technologique, une limitation des armements ou un condominium entre les deux Supergrands.
Car l’objectif final est toujours le même, tel que le décrit Arthur Schlesinger Jr (futur conseiller de John Kennedy et de Lyndon Johnson) dans « Partisan Review » (Mai-Juin 1947) : « introduire le socialisme chez nous pas à pas — à la manière de Lassalle — et démocratiquement par une série de New Deals » (interviewé par Harold Laski, mentor du Labour Party, Staline lui-même a approuvé ce projet). La concentration industrielle ayant pour rôle de frayer la voie au collectivisme (comme l’écrit David Lilienthal dans « Big Business » en 1953). Quant aux pays étrangers, poursuit Schlesinger, « nous ne devons tenter ni de l’emporter sur le communisme, ni de libérer les pays asservis par lui, ni même leur permettre de se libérer ! ». Telle sera la thèse de Walter Lipmann, face à la révolte de Budapest en 1956, celle aussi de Clarence Streit (l’auteur d’« Union Now » en 1939, et d’« Union Now with Britain » en 1941), dans son troisième livre en 1961, de Lincoln P. Bloomfield dans son rapport commun aux Départements de la Défense et d’État (le 24 février 1961) et des instructions données par Sonnenfeldt (collaborateur de Kissinger) aux diplomates américains réunis à Londres en Décembre 1975.
C’est pourquoi, malgré le coup de Prague, le Conflit de Berlin, suivis de l’opposition OTAN‑Pacte de Varsovie, en dépit de la guerre froide — et même chaude en Corée et en Indochine — en dépit des prédictions annonçant une Troisième Guerre mondiale (du frère Riandey, Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, dès 1946, dans « le Temple », pp. 50-51), du rabbin Emmanuel Rabinovitch, vaticinant à Budapest (le 12 janvier 1952), des incidents systématiques provoqués par les exaltés de Kahane contre les représentants soviétiques aux États-Unis (1970-71)… en dépit des prophéties du Zohar (pour l’an 5.728 – 1968) et d’Isaac, Abrabanel (1487-1508), coïncidant sur la même date, la confrontation nucléaire directe entre les deux Superpuissances a été ajournée et remplacée par la vague de subversion trotskiste et maoïste de 1966-70… vraisemblablement parce que la réunion secrète tenue (les 15-17 février 1957) au même hôtel King and Prince de Saint-Simon, dans l’île de Jekyll (Georgie) que celle précédant la Ière Guerre mondiale en 1913, avait décidé de poursuivre la politique de détente.
Afin de mener à bien cette politique, tout une série de succursales du Council on Foreign Relations ont été créées ; L’Institute of Pacific Relations (1925-26), réunissant dix groupes appartenant aux pays riverains de cet Océan, organisés par Parkins, Lionel Curtiss (de la Round Table) et Jerome D. Green (Rockefeller), responsable de l’échec de Tchang-Kai-chek et de la conquête de la Chine par Mao, grâce aux intrigues des progressistes Owen Lattimore, Philip Jessup, Alger Hiss et Henry Dexter-White et au double jeu du général marshall.
Le groupe de Pugwash, formé entre savants atomistes à Vienne en 1954, présenté, avec l’accord d’Einstein, par un manifeste de Bertrand Russell (9 juillet), organisé à Londres (3-5 août 1955) et constitué (le 7 juillet 1957) dans le domaine possédé dans l’île de Pugwash (Nouvelle Écosse au Canada) par le magnat Cyrus Eaton (frère du G ∴ M ∴ des B’nai B’rith et premier protecteur de Kissinger), conçu pour préparer la voie à un accord nucléaire avec les Soviets (avec la collaboration des frères Rostow, de Jerome Wiesner et autres) et qui intervint activement (grâce à Markovitch et à Raymond Aubrac) pour aider Nixon à se dégager du guêpier du Vietnam. Conformément à la ligne tracée par les Conférences de milliardaires tenues (en Avril-Mai 1968 et à la fin de Juin 1969 à Jérusalem), ligne imposée au Président américain par le krach artificiel de Wall Street des 25-27 mai 1970), l’entraînant, lui, anticommuniste, dans un virage vers l’Est, la Chine, et l’U. R. S. S., impliquant l’abandon de l’Indochine à son destin fatal.
Dans l’intervalle, en Mai de la même année 1954, le groupe de Bilderberg s’était chargé de contrôler les premières tentatives d’Union européenne, dues à l’initiative de Conrad Adenauer et de Robert Schuman, afin que grâce à l’aide de Jean Monnet (l’homme des Lazard), d’Henri Spaak et de van Zeeland (socialistes, mais très liés au grand capital), l’Europe résiduelle ne puisse échapper au grand dessein atlantique, conçu par Clarence Streit dès 1939-41, défendu par l’Institut atlantique créé à Paris en 1961. Le promoteur de ce club, derrière le paravent du prince Bernard von Lippe, mari de la reine Juliana, n’était autre que Joseph Retinger, fils d’un converti polonais, adepte de l’obédience maçonnique de Swedenborg, ami du colonel House depuis 1913, plus tard conseiller du général Sikorski (G ∴ M ∴ de la Maçonnerie polonaise), qu’il accompagna en exil à Paris en 1939.
Alors le Second Concile du Vatican, convoqué par le Pape Jean XXIII pour renforcer l’oecuménisme, a été engagé par son successeur Paul VI dans la voie tracée par James Darmestetter (dès 1892) appelant l’Église catholique « Religion de la Foi », à conclure un nouveau bail de vie (comme au temps d’Hildebrand) avec les sectes secrètes en suivant, parallèlement avec la Maçonnerie, « Religion de la Science », la voie des Prophètes, c’est-à-dire celle du Progrès et de la Justice. En conséquence, les chrétiens-démocrates entamèrent le dialogue avec les marxistes et coopérèrent avec eux dans les cabinets occidentaux.
Jusqu’à ce qu’une crise financière et économique, plus grave que les précédentes car elle éclate à l’époque où, comme l’a dit Paul Valéry, le monde fini commence, donne le signal d’un nouveau cycle « Crise-Guerre-Révolution ». Premier stade de cette crise : à l’instigation des Conférences des milliardaires de Jérusalem (1968-69). la Grande Bretagne et les États-Unis abandonnent l’étalon-or (14 août 1971) et pour compenser le trou creusé dans la balance des paiements américaine par les investissements excessifs des Compagnies multinationales lancées à la conquête des industries les plus prospères, le Fonds monétaire international (1946), sortant de son rôle, crée des Droits de Virements spéciaux (1976) nouvelle forme d’inflation, celle de réserves. Tandis que pour internationaliser le crédit et étouffer ses institutions nationales, Sir George Boulton (Dr, de la Banque d’Angleterre) lançait les eurodollars (à raison de 50 pour 1 de dépôts) dont le volume atteint actuellement 1,7 trillion.
Deuxième stade : pour alimenter la pompe à phynance et ses trafics en Iran, la Chase Manhattan — et non les pays arabes — déclenche, avant et après la guerre du Yom Kippour (1er janvier 1973 et 1er janvier 1974) une hausse effrénée des prix du pétrole qui ruinera les économies des pays industrialisés et plus encore celle des pays en voie de développement. Enfin, troisième stade, la spéculation sur les changes, alimentée par les taux d’intérêt usuraires qui ont dépassé 20 %, draine artificiellement vers Wall Street cette énorme fortune anonyme et vagabonde et les capitaux fuyant le chaos politique et économique, de sorte que, les dettes du Tiers Monde s’étant accrues jusqu’à 700 Mrds — celles de l’Amérique du Sud menaçant d’entraîner une saisie de ses ressources naturelles — celles de l’Europe occidentale atteignant 427, 5 Mrds et celles des États-Unis, 1,5 trillion ; c’est le gouffre de la banqueroute qui s’ouvre sous nos pas.
Ou, dans les années cruciales 1984 (année d’Apocalypse selon le calendrier hébraïque, 5.744) à 1990, la catastrophe d’une destruction planétaire ? Déjà les foyers de conflit sont allumés au Moyen et au Proche-Orient, du Liban au Golfe Persique, comme en Amérique centrale et un affrontement majeur est en cours entre les Supergrands. À l’équilibre de la Mutually Assured Destruction, qui a servi à endormir sous Carter les réflexes de défense américains, Ronald Reagan réussira-t-il à opposer valablement celui du Mutually Assured Survival, c’est-à-dire de la survie, l’emploi des rayons laser rendant désuètes les armes nucléaires (23 mars 1983) ? Ou sa tentative qui bouleverse les plans stratégiques de l’U. R. S. S. autant que ceux du groupe de Pugwash et de la Commission Trilatérale, sera-t-elle étouffée, à moins qu’elle ne provoque une réplique précipitée des dirigeants nationalistes de la IIIe Rome soviétique, cherchant à exploiter leur supériorité actuelle ?
Créée, à L’instigation des Rockefeller en 1973, afin de resserrer les liens de l’Europe et du Japon avec les États-Unis et de réduire à trois (avec la Chine) au lieu de cinq, le nombre des Supergrands avant voix au chapitre, la Commission Trilatérale n’a d’ailleurs jamais eu pour objectif autre chose qu’une sorte de démocratie du tunnel, ne laissant aux partis soi-disant opposés, d’autre voie ouverte que celle des paramètres fixés par les technocrates de la Haute Finance, experts du F. M. I. et autres les conduisant à la servitude d’un collectivisme sans faille. Il suffit de lire les discours et les écrits de ses maîtres à penser Zbigniev Brzezinsky et Huntingdon par exemple et ses propres papers pour s’en convaincre. C’est pourquoi la Trilatérale et les autres Directoires secrets contrôlent de si près les leaders politiques : Sir Edward Heath et Mme Thatcher, comme Harold Wilson et Denis Healey en Angleterre (soumis aux avis de conseillers inamovibles comme Lord Nathaniel Rothschild, Sir Solly Zuckerman, sud-africain, ou les Hongrois Nicholas Kaldor et Thomas Balogh). Valéry Giscard d’Estaing et ses collaborateurs Lionel Stoleru ou Raymond Barre, comme Mitterand et les siens, Pierre Uri, Jacques Attali, Michel Rocard et autres. Les conseillers de Felipe Gonzalez (Boada, Miguel Boyer, etc.) comme Fraga et les siens (Pedro Schwarz) en Espagne, etc. Autant de démocraties frauduleuses, pratiquant le capital-socialisme, vouées à réaliser les plans d’Adam Weishaupt, symbolisés par la pyramide des Illuminés de Bavière et leur devise mondialiste « Novus Ordo Saeclorum mdcclxxvi », Nouvelle version de la mainmise de Joseph sur l’Égypte des Pharaons, dans laquelle les technocrates du Nouvel Ordre Mondial remplaceraient les anciens scribes.

PREMIÈRE PARTIE

LES ÉTAPES DU CAPITALISME :
ISTAMBOUL, VENISE, AMSTERDAM, LONDRES

suite…

La face cachee de l histoire moderne Tome 1.pdf