De la servitude moderne


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Auteur : Brient Jean-François
Ouvrage : De la servitude moderne Les temps bouleversés
Année : 2007

 


 

par Parresiaste :

De la servitude moderne est un livre écrit par Jean-François Brient en 2007 et publié en 2009 en Colombie.
L’œuvre dénonce la condition d’esclave de l’homme moderne, et décrit le monde contemporain comme un « totalitarisme marchand ».
La thèse défendue, correspond à l’idée que désormais, la dictature ne s’exerce plus par un homme. C’est plutôt un principe : la marchandise ou l’argent qui dictent l’existence de chaque être humain qui en étant réduit à être un consommateur, un travailleur, un serviteur, perd son humanité.
Mais, et c’est là où le film se rapproche du Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, si cette servitude perdure, s’il existe des maîtres c’est parce que les esclaves ont choisi de demeurer esclaves et non pas parce qu’il existe des maîtres.
Pour les auteurs du film, un changement par le haut n’est pas à attendre, c’est à chacun, à chaque individu de se changer soi-même pour commencer à changer le monde.
Le vidéogramme montre comment le pouvoir utilise son action programmatrice à travers l’éducation, pour désactiver la contestation. En effet la violence est condamnée par la société civile, alors que toutes les tentatives pacifiques pour empêcher la ruine de l’être humain sont assimilées par le système et réutilisées par celui-ci pour sa propre consolidation. L’idée d’une confrontation ultime entre le système et une violence-révolte venant de ses victimes semble donc improbable.
Brient expliquera un peu plus loin, dans son œuvre, que le problème semble résider en chaque individu, dès lors qu’il refuse d’assumer sa stature humaine et préfère la facilité d’une vie programmée par d’autres que lui-même. Cet individu perdra tôt ou tard son humanité, car l’éducation normalisée qu’il a subie l’a programmé pour cela. L’esclave moderne n’est ni un animal, ni un être humain, mais une espèce fabriquée, au même titre que les objets et idées qu’il produit. La prise de conscience reste donc le seul espoir pour qu’il y ait une humanité retrouvée par le plus grand nombre un jour.


Chapitre I : Épigraphe

« Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer.
Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute. »

Chapitre II : La servitude moderne

« Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles. »
William Shakespeare

La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des
esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les
marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un
travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont
suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que
cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux
membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila
bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux
serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes
aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne
veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction
légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour
eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur.
Voilà le mauvais rêve des esclaves modernes qui n’aspirent finalement qu’à se
laisser aller dans la danse macabre du système de l’aliénation.
L’oppression se modernise en étendant partout les formes de mystification qui
permettent d’occulter notre condition d’esclave.
Montrer la réalité telle qu’elle est vraiment et non telle qu’elle est présentée par le
pouvoir constitue la subversion la plus authentique.
Seule la vérité est révolutionnaire.

suite…

De la servitude moderne