LE NINJA Les techniques secrètes, la pratique


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Auteur : K. Challant- R. Bonomelli

Ouvrage : LE NINJA Les techniques secrètes, la pratique

 

 

INTRODUCTION

Une silhouette noire apparaît sur les
murs du château. Se déplaçant à
la vitesse d’un animal sauvage, la
silhouette attaque les gardes qui
semblent s’effondrer à sa simple approche.
Le dos au mur, le Ninja se
retrouve encerclé de samouraïs le
menaçant de leurs longues lances …
Une lueur aveuglante, un nuage de
fumée, et le mystérieux personnage
disparaît. Un rire grinçant révèle sa
présence sur le toit du donjon, d’où
il s’élance en écartant les pans de
sa cape.
C’est ainsi que le Ninja est représenté
dans les récits populaires japonais
et, aujourd’hui, dans le monde
entier. Mais qu’est, ou plus exactement,
qu’était un Ninja ? Le Ninja
existe-t-il encore aujourd’hui ? Quel
est son entraînement, que fait le
Ninja moderne ? Nous avons décidé
de répondre à toutes ces questions
pour faire la lumière sur le sujet et illustrer
les caractéristiques d’une
discipline voilée de mystère et assaillie
de préjugés.
Les espions du Japon féodal étaient
surnommés Ninja (celui qui se glisse),
ou Shinobi. Ils rentraient dans
une catégorie spéciale d’individus :
regroupés en clans dans plusieurs
régions du Japon, mais surtout à lga
et à Koga, les Ninja offraient leurs
services aux nombreux petits seigneurs
locaux, dans des opérations
d’espionnage pur ou dans des missions
d’infiltration, de meurtre et de
propagande. Uniquement loyaux envers
ceux qui les payaient, il n’était
pas rare de les voir changer de
camp (un fait assez courant, même
chez les feudataires les plus célèbres
de l’époque), quand ils ne travaillaient
pas pour deux camps à la
fois.
Il existait dans la société Ninja une
hiérarchie stricte organisée sur trois
niveaux: les Genin, les exécutants,
et les Jonin, les chefs, cerveaux qui
en général vivaient en un tout autre
lieu et sous l’identité de personnes
respectables. Ils se chargeaient de
l’organisation et trouvaient des missions
pour leurs guerriers. Les Jonin
(on ne sait pratiquement rien d’eux,
juste le norri de quelques-uns d’entre
eux, et certains faits dans lesquels
ils furent impliqués) recevaient
une éducation particulière pour devenir
les chefs, les juges et les cerveaux
du clan. On affirme dans certaines
légendes que les Jonin
étaient tous en contact permanent et
qu’ils planifiaient ensemble le déroulement
de toutes les opérations ;
mais il n’existe aucune preuve de ce
fait. Entre les Genin et les Jonin, qui

n’entraient jamais en contact, se
trouvaient les Chunin, les intermédiaires,
d’anciens Genin qui faisaient
le lien et s’occupaient de la
planification tactique.
Les capacités exigées d’un Ninja de
la classe la plus basse étaient nombreuses
: il devait être maître dans
l’art du déguisement, capable de circuler
en territoire ennemi sans éveiller
les soupçons ; il devait également
pouvoir marcher silencieusement
à l’insu des sentinelles et pénétrer
dans les châteaux les plus
protégés ; enfin, s’il était attaqué, il
devait savoir se défendre et fuir sans
laisser de traces.
Ces capacités qui, dans les récits
populaires, sont souvent exagérées
au point de paraître surnaturelles,
étaient en partie le résultat d’un entraînement
intensif commencé dès
l’enfance et ne se terminant qu’avec
la mort ; elles reposaient pour le reste
sur un grand éventail de stratagèmes,
de trucs ainsi .que sur la méthode
particulière au travail de
groupe.
Bien qu’ils ne jouèrent qu’un rôle relativement
peu important dans l’histoire
japonaise, les Ninja furent l’objet
d’une grande célébrité populaire,
qui tendait parfois à exagérer leurs
capacités en attribuant à celles-ci
des pouvoirs surnaturels. Haïs, méprisés,
et surtout craints des samouraïs
et des seigneurs féodaux, qui
pourtant les employaient pour de
nombreuses missions, les Ninja vécurent
constamment dans le danger,
tantôt le fuyant, tantôt le créant,
mais toujours fidèles à un seul
idéal : le mythe de leurs capacités
surnaturelles.
Exclus du gouvernement central qui
les ignorait et allait jusqu’à interdire
que leur nom soit prononcé, les Ninja
firent leur apparition au XIX9 siècle
dans les nombreux romans de cape
et d’épée japonais (il paraîtrait même
qu’un Ninja aurait réussi à monter
à bord de l’un des nombreux navires
du commodore Perry, dont l’arrivée
au port de Nagasaki en 1871
mit fin au Moyen Age japonais). Ils
sont aujourd’hui présents dans les
films et les dessins animés.
Aujourd’hui, les admirateurs et les
spécialistes du Ninja préfèrent une
interprétation plus romantique : le
personnage de l’impitoyable mercenaire
prêt à toutes les bassesses est
remplacé par celui d’un homme libre
vivant au contact de la nature, et tirant
son enseignement de la sagesse
des ermites et des soldats repentis
qui lui transmettent l’art de la défense
et du combat, mais surtout le
secret de la maîtrise de soi. Pour
survivre, le_ Ninja devait mettre ses
capacités au service des hommes
puissants de son époque, mais il
n’était en réalité intéressé que par le
dépassement de ses propres limites
qui, parfois, débordaient dans le
monde de la magie et du surnaturel.

LES ORIGINES ET L’HISTOIRE

LA CHINE

suite…

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