La Révolte d’Atlas


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Auteur : Ayn Rand

Ouvrage : La Révolte d’Atlas

Année : 2009

Publié en 1957
Sous le titre original
Atlas Shrugged

 

 

NOTE DE L’EDITEUR – (Editions du Travailleur)
Ceci est une fiction. Les noms, les personnages, les noms d’endroits et les incidents sont soit le
produit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés dans un contexte fictionnel, et toute
ressemblance avec des personnes authentiques décédés ou encore en vie, entreprises,
établissements, évènements, ou faits divers est tout à fait fortuite.
La décision de la traduction et de la publication d’Atlas Shrugged en langue française, sous le
titre La Révolte d’Atlas, est une initiative unilatérale des Editions du Travailleur, sans que la
maison d’édition américaine Penguin Group, ni Monsieur Leonard Peikoff, détenteur du
copyright pour ce roman, en aient donné leur accord, ou même en aient été informés. Il s’agit
donc d’une initiative désintéressée qui fut uniquement motivée par la lassitude et l’exaspération
du public francophone de s’être vu régulièrement promettre chaque année, depuis 1957, la
publication complète en langue française d’un ouvrage pourtant connu partout ailleurs dans le
monde, ce non seulement comme un best-seller, mais plus encore comme un classique de la
littérature américaine ; promesse qui n’à toujours pas été tenue à la date de publication du
présent ouvrage. Toutes les adresses et mentions relatives à Penguin Group et à Monsieur
Leonard Peikoff n’ont donc été imprimées sur cette même page que pour satisfaire à un souci de
forme et de respect des ayants droits, et ce de la propre et entière initiative des Editions du
Travailleur.

AVANT-PROPOS

Mon histoire personnelle, dit Ayn Rand, est un post-scriptum aux romans
que j’ai écrit ; il se réduit à une courte phrase : “Et c’est bien ce que je veux
dire”. J’ai toujours vécu selon la philosophie que je présente dans mes livres ;
et elle a donné les mêmes résultats pour moi que pour mes personnages. Les
pratiques diffèrent, les abstractions sont les mêmes.
J’ai décidé d’être un écrivain à l’âge de neuf ans, et tout ce que j’ai fait
s’intégrait dans ce but. Je suis une Américaine par choix et par conviction. Je
suis née en Europe, mais je suis venue en Amérique parce que c’était un pays
basé sur mes prémisses morales, et le seul pays où on pouvait vraiment être
libre d’écrire. Je suis venue seule ici, après avoir eu un diplôme dans une
université européenne. Ma lutte fut difficile, gagner ma vie en faisant des petits
boulots divers, jusqu’à ce que je puisse faire de ce que j’écrivais un succès
financier. Personne ne m’a aidé, et je n’ai jamais pensé à aucun moment que
c’était le devoir de quelqu’un de m’aider.
A l’université, j’avais choisi l’histoire comme sujet principal, et la
philosophie comme matière représentant un intérêt particulier pour moi ; le
premier, dans le but d’avoir une connaissance par les faits du passé des
hommes, pour mes écrits à venir ; le second, dans le but d’élaborer une
définition objective de mes valeurs. J’ai trouvé que le premier pouvait être
appris, mais que c’était à moi de faire le second.
Je me suis tenue à la même philosophie que celle à laquelle je me tiens
aujourd’hui, aussi loin dans mon passé que je puisse m’en souvenir. J’ai
appris beaucoup de choses durant toutes ces années et ai enrichie ma
connaissance de détails, de questions spécifiques, d’applications—et j’avais
bien l’intention de l’enrichir encore—mais je n’ai jamais eu à remettre en
question aucun de mes fondamentaux. Ma philosophie, dans son essence, est le
concept de l’homme en temps qu’être héroïque, avec son propre bonheur
comme but moral de sa vie, avec la réalisation productive pour sa plus noble
activité et la raison comme son seul absolu.
La seule dette philosophique que je puisse reconnaître est envers Aristote. Je

suis en très grand désaccord avec bien des aspects de sa philosophie, mais sa
définition des lois de la logique et des moyens de la connaissance humaine
sont de si grandes découvertes que ses erreurs s’en trouvent être hors-sujet
par comparaison. Vous trouverez l’hommage que je lui rends dans les titres
des trois parties de LA REVOLTE D’ATLAS.
Mes autres reconnaissances se trouvent sur la page de dédication de ce
roman. Je savais quelles valeurs de caractères je voulais trouver chez un
homme. J’ai rencontré un tel homme, et nous avons été mari et femme durant
vingt-huit ans. Son nom est Franck O’Connor.
A tous les lecteurs qui découvrirent LA SOURCE VIVE et me posèrent
beaucoup de questions à propos des applications à plus grande échelle des
idées que je développe dans cet autre roman, je voudrais dire que je réponds à
toutes leurs questions dans le présent roman, et que LA SOURCE VIVE ne fut
qu’une introduction à LA REVOLTE D’ATLAS.
Je n’ai confiance en aucun de ceux qui me diront que des hommes tels que
ceux que je décris n’existent pas. Le fait que ce livre ait été écrit—et publié—
est ma preuve qu’ils existent bel et bien.

A Frank O’Connor et Nathaniel Branden

NOTE DU TRADUCTEUR

Cette traduction en langue française de ATLAS SHRUGGED, oeuvre
renommée pour vous LA REVOLTE D’ATLAS, est le fruit d’une initiative
purement personnelle et désintéressée des Editions du Travailleur, dans le
cadre de laquelle je me suis impliquée comme traductrice du texte original—
ce que ceux qui sont déjà familiers de la philosophie d’Ayn Rand ne
manqueront pas de trouver paradoxal. Dans le but de dissiper tout
malentendu, je crois nécessaire de préciser que je ne suis qu’une
professionnelle du monde de l’édition qui a dédié, durant presque une année,
la quasi totalité de son temps libre à la traduction de ce texte pour la seule fin
de combler une lacune qui l’agaçait. Après avoir longuement retourné dans
mon esprit la question des possibles gains que pouvait me rapporter cet
important et délicat travail, je suis arrivée à la conclusion que ceux-ci
auraient bien pu être décevants, au regard des mois d’efforts et de recherches
que réclament la traduction d’une oeuvre majeure aussi riche et aussi
importante. Trois arguments autres que la légitime–mais trop hypothétique–
rénumération de mon travail justifièrent cette initiative.
ATLAS SHRUGGED est le magnum opus d’Ayn Rand, fameuse écrivaine et
philosophe russe naturalisée Américaine. Depuis 1957, année de la première
publication de ce roman, plus de six millions de personnes l’ont acheté, et la
crise économique qui affecte ce début de siècle a précipité ses ventes annuelles
vers des sommets qu’il n’avait jamais atteints auparavant. Durant les années
1980, ATLAS SHRUGGED se vendait à une moyenne de 77 000 exemplaires par
an, pour grimper jusqu’à 95 000 durant les années 1990, pour enfin
couramment dépasser les 130 000 depuis les premières années de ce nouveau
siècle, crise économique stimulant l’intérêt du lecteur, puisque c’est largement
de ce genre de sujet dont ce livre parle, quoique sous la forme d’une fiction.
En 2009, ATLAS SHRUGGED se sera vendu à près de 300.000 exemplaires aux
Etats-Unis. En Avril 2009, il arrivait en quinzième position dans la liste des
livres les plus vendus par Amazon.com, premier revendeur de livres dans le
monde. Il arrive aujourd’hui en première position dans la catégorie fiction et
littérature chez ce même revendeur…

Dans la sphère culturelle anglo-saxone, ATLAS SHRUGGED est considéré
comme l’un des livres ayant eu le plus d’influence sur les gens du monde des
affaires. Selon une étude menée conjointement, en 1991, par la prestigieuse
Librairie du Congrès Américain et par Le Club du Livre du Mois, ATLAS
SHRUGGED réussit la surprenante performance d’arriver en seconde place
derrière rien de moins que la BIBLE, dans la liste des livres qui ont exercé le
plus d’influence sur le mode de pensée des Américains.
ATLAS SHRUGGED est aussi l’un des romans les plus longs jamais écrit en
langue occidentale ; le neuvième, paraît-il. La version qui servit à ma
traduction compte 1.400 pages. Lorsque je connus l’émotion d’en taper le mot
fin sur mon clavier d’ordinateur, le nombre “1803” était écrit en tête de la page
et le compteur de mots disait “682.000” ou un tout petit peu moins ; aussi, la
sérigraphie des lettres A, E, R, T, O, S, L, M, C, et N avait disparu des touches.
En dépit de son succès et de sa renommée mondiale, ATLAS SHRUGGED n’a
jamais été traduit et édité en langue française, si l’on fait exception de la
tentative avortée d’un petit éditeur Suisse aujourd’hui disparu, J. H. Jeheber,
à Genève, qui, entre 1957 et 1958, n’imprima qu’un très petit nombre
d’exemplaires limités aux seules deux premières parties de ce roman. La
troisième partie de LA REVOLTE D’ATLAS ne fut donc jamais traduite en
langue française jusqu’en cette année 2009—cela, ce n’est pas surprenant,
c’est incompréhensible—où Les Editions du Travailleur en ont pris l’initiative.
Quoiqu’il en soit, il est aujourd’hui devenu extrêmement difficile de se
procurer un exemplaire de cette première version incomplète, déjà titrée à
cette époque LA REVOLTE D’ATLAS. A ma connaissance, sur l’ensemble du
territoire français, en cette année 2009, seules trois ou quatre bibliothèques
publiques possèdent encore un exemplaire de cette traduction inachevée, dont
les titres des deux premières parties, à eux seuls, laissent augurer d’une
traduction quelque peu fantaisiste de surcroit.
Cet agacement de ne pouvoir me procurer et lire une oeuvre pourtant si
populaire, quand résidant sur le sol d’un pays réputé pour sa passion pour la
culture, m’a fait entrevoir cette opportunité rare et convoitée de devenir une
pionnière dans le petit monde des traducteurs ; une rétribution qui valait bien
autant que quelques improbables petits milliers d’Euros, après tout.
J’augure sans difficulté que la qualité de ma traduction fera l’objet d’une
attention toute particulière, ce pour deux raisons, principalement. La première
est que la précédente tentative de traduction de 1958 avait, semble-t-il, été
d’assez mauvaise qualité, puisque Ayn Rand l’avait refusée avant même
d’attendre que la troisième partie ne fut traduite. Ce point a largement été
débattu depuis, ainsi qu’en attestent certains commentaires et débats publié à

ce sujet sur quelques blogs sur l’Internet. La deuxième est que l’auteur, Ayn
Rand, sa pensée et tout particulièrement LA REVOLTE D’ATLAS, sont quelque
peu controversés dans certains pays d’Europe, pour ne pas dire perçus avec
une certaine hostilité ; et pour cause, au-delà d’une passionnante fiction, ce
livre est une critique impitoyable du collectivisme. Mon expérience du milieu
de l’édition me fait donc dire que quelques uns, parmis ceux qui se trouveront
marris de voir publier ce livre en langue française et dans son intégralité, le
critiqueront négativement et vivement sans aucun doute, en commençant bien
sûr par sa traduction, aux fins de tenter d’en décourager la lecture ; ce livre
est si attendu depuis si longtemps par le public français que je pense que de
telles tentatives s’avérerons vaines—Ayn Rand était sans ambiguité, elle
refusait toujours d’emprunter les mêmes chemins détournés qu’utilisent
toujours ceux auxquels elle s’attaquait.
C’est pourquoi il m’a semblé opportun de m’expliquer et de justifier certains
choix que j’ai été amenée à faire à propos de ce travail de traduction, avant
que ceux-ci ne soient critiqués. Tout d’abord, je n’ai pas traduit ce livre comme
d’aucun le ferait lorsque s’agissant d’un “roman de gare” appartenant à une
catégorie que je qualifierais de “tout-venant”. J’étais pleinement consciente
de l’ampleur et de la difficulté de la tâche qui m’attendait, et il s’est écoulé près
d’une année de réflexions ponctuelles entrecoupées de lectures traitant d’Ayn
Rand et de son oeuvre, avant que je décide de réellement commencer la
traduction d’ATLAS SHRUGGED. Je crois pouvoir dire que je suis véritablement
“entrée en immersion” dans ce récit dès la traduction de sa première page ;
ce qui ne fut pas difficile, tant Ayn Rand—qui fut très influencée par le milieu
du cinéma, dans lequel elle travailla—accordait un soin tout particulier aux
détails des descriptions des scènes, des personnages et de leurs expressions
sous toutes leurs formes. Depuis le premier jour de ce travail jusqu’au dernier,
près d’une année plus tard, j’ai cessé toute autre activité professionnelle pour
m’y consacrer entièrement, week-ends et jours feriés inclus, à raison d’une
moyenne de onze heures de travail quotidien. Je tenais absolument à “rester
dans cette histoire”, et ai rejeté tout ce qui pouvait m’en distraire. La très
grande majorité de mes pauses furent dédiés à des réflections sur le
déroulement de ce récit, selon le sens qu’Ayn Rand avait voulu lui donner, et
aussi à la lecture de livres et d’articles—n’existant pratiquement qu’en langue
anglaise pour l’instant—sur Ayn Rand et sa vie, ainsi que sur l’écriture
d’ATLAS SHRUGGED bien sûr, en passant par le visionnage, parfois répété, de
documentaires audiovisuels ponctués d’interviews de cet auteur, sans oublier
le film tiré de son précédent roman, LA SOURCE VIVE (THE FOUNTAINHEAD),
déjà connu de la plupart des français qui liront ce roman.

Cette manière de travail, et la lecture des précédentes critiques de ce roman
et de plusieurs essais qui y ont été consacrés, me furent d’une aide précieuse
au moment de sa traduction. Il y a dans ATLAS SHRUGGED un esprit et une
atmosphère qu’il me fallait absolument comprendre, et même resentir pour les
retranscrire au mieux dans une autre langue qui se trouvait être le français.
Mais ce n’était pas tout, car, ainsi que cela se produit parfois—et de plus en
plus fréquement depuis quelques petites années—il m’a également fallu
retranscrire ce qu’Ayn Rand ne voulait que suggérer dans ATLAS SHRUGGED,
ce qui devait être lu “entre les lignes”; et cet autre aspect ne fut pas la
moindre des tâches qui participèrent d’une traduction aussi fidèle que possible
de l’esprit de cette oeuvre, car il est parfois si tentant de se faire plus explicite
qu’un auteur ne le désire, tout comme il est si aisé d’escamoter totalement une
signfication cachée ou une “histoire dans l’histoire”. C’est pourquoi je puis
assurer aux lecteurs de cette traduction, qu’ils n’auront peut-être pas tous
exactement la même perception de la portée que son auteur avait voulu donner
cette fiction. A cet égard, il serait peut être présomptueux de me laisser aller à
prétendre que j’ai absolument tout “vu” dans ATLAS SHRUGGED et tout
retranscrit dans LA REVOLTE D’ATLAS—l’ambition de cette oeuvre étant si
vaste et son auteur si intelligent—mais ayant découvert dans quelques études
consacrées à ce roman, précédemment rédigées par quelques chercheurs en
psychologie, ce que j’avais parfois manqué de remarquer, je crois être arrivée
à un résultat honorable.
D’un point de vue plus technique relatant de choses telles que les idiomes,
la syntaxe, les noms propres et assimilés, ainsi que la correspondance souvent
délicate des synonymes de l’américain vers le français, j’ajouterais les
précisions qui suivent à l’attention de ceux qui, je le sais, en sont soucieux
lorsque s’agissant d’une oeuvre majeure de la littérature américaine.
A deux exceptions près—deux noms de banques—je n’ai traduit à aucun
moment les noms des nombreuses entreprises fictives citées dans ce roman, et
les ai donc traités comme des noms propres. Tous les noms de lieux, tels que
les villes et les Etats américains ont été traduits en francais lorsqu’il y avait
lieu, sachant que le public francophone est pleinement familiarisé avec les
deux cas. Pour autant, j’ai fait quelques rares exceptions lorsqu’il s’agissait de
certains lieux-dit, lorsqu’il me fallut, en quelques occasions, créer mes propres
traductions de lieux trop rares ou imaginaires. Je précise que, a quelques
rares exceptions près, tous les noms de lieux de ce roman sont existants, et
lorsque les circonstances me semblaient l’imposer, j’ai pris soin d’ajouter des
notes explicatives—(N. d. T.)—en bas de page.

Dans LA REVOLTE D’ATLAS, les noms d’organes administratifs et
gouvernementaux, associations et autres sont très nombreux, et il en va de
même, en raison du thème de cette oeuvre, pour les noms de lois, décrets
administratifs et gouvernementaux imaginés par l’auteur. Il m’est très vite
apparu que la bonne compréhension du sens et du propos—souvent ambigus—
de cette terminologie particulière pouvait s’avérer ardue pour les lecteurs les
moins familiers de la langue et de la culture américaines. C’est pourquoi j’ai
pris la décision de tous les traduire en français, sans aucune exception dans ce
cas précis, ce en m’efforçant de trouver des traductions s’écartant parfois
délibérément de ce qu’aurait pu évoquer ou ne pas évoquer une traduction
littérale, pour trouver des noms qui soit les plus proches possibles d’une
terminologie propre à la culture française. Ce fut un choix qui, j’en suis
consciente, risque de faire l’objet de quelques critiques. Il m’a semblé justifié
par la longueur exceptionnelle de cette oeuvre, par sa complexité réclamant à
son lecteur un effort intellectuel rarement rencontré lorsque s’agissant d’une
fiction, et par la difficulté supplémentaire qu’entraîne la mémorisation d’un
assez grand nombre de noms de personnages et de lieux.
J’ai changé pour des équivalents typiquement français les expressions
familières qui étaient trop typiquement américaines pour être pleinement
comprises par un lectorat francophone—tout comme un Américain ne
comprendrait pas vraiment ce que veux dire “il tombe des cordes”, un
Français ne comprendrait peut-être pas très bien non plus ce qu’un Américain
veux dire par “il pleut des chats et des chiens”. J’ai peut-être pris plus de
liberté lorsque traduisant certaines exclamations, jurons, insultes ainsi que
certaines tournures de phrases et expressions particulièrement courantes ou
populaires.
Sachant que ce roman fut publié pour la première fois en 1957, je me suis
efforcée d’utiliser un dictionnaire français-anglais édité peu après cette date,
lorsque cherchant, par exemple, les synonymes les plus proches du sens ou de
l’atmosphère suggérés par l’auteur. Cependant, j’avertis le lecteur que j’ai
parfois jugé nécessaire de déroger à cette dernière règle, lorsque, entre autres
exemples, il m’a semblé qu’une subtilité particulière ayant justifié le choix d’un
mot tout aussi particulier ne serait plus du tout perçue comme telle
aujourd’hui. Dans ces derniers cas, heureusement exceptionnels, j’ai choisi un
autre synonyme communiquant le même sens sous-jacent, quitte à faire le
sacrifice d’un choix qui n’aurait pas existé en 1957—un détail que quelques
lecteurs bilingues remarqueront certainement.
Enfin, j’ai le regret de devoir admettre que les lecteurs trouveront peut-être
quelques inévitables fautes d’orthographe, de frappe et de ponctuation, un

risque particulièrement grand lorsque s’agissant d’un ouvrage aussi long que
celui-ci ; je me suis chargée moi-même des quatre relectures complètes de ce
livre pour correction, ce qui ne saurait garantir la perfection.
Si jamais cette traduction ne parvenait pas à satisfaire les plus exigeants
d’entre vous, elle aura au moins le mérite d’être la seule à vous permettre,
enfin, après 52 ans d’attente, de découvrir ce riche récit, aussi long et aussi
captivant qu’un thriller tel que LE COMTE DE MONTE CRISTO, d’Alexandre
Dumas, et aussi mystérieux, intriguant et intellectuellement élaboré—sinon
plus, de mon point de vue—que LE PENDULE DE FOUCAULT, de Umberto Eco.
Pour autant, aucun de ces deux autres best-sellers ne ressemblent à LA
REVOLTE D’ATLAS, qui est tout à la fois un parfait exemple de dystopie—dans
la veine des 1984, de George Orwell, du MEILLEUR DES MONDES d’Aldous
Huxley et autres FARHENHEIT 451—mais bien plus proche de notre réalité
d’aujourd’hui, et infiniment plus élaboré ; un incroyable et pourtant si réaliste
thriller politique, un récit ou se glisse habilement un romantisme et une
sensualité toute féminine, un cours d’économie et de sociologie magistral, une
connaissance experte de la psychologie et une réflexion philosophique écrite
par l’un des plus celèbres penseurs contemporains du genre.
Une dernière chose à l’adresse des lecteurs : LA REVOLTE D’ATLAS
mériterait bien que l’on en parle comme d’un “roman de gare”, et pour une
fois ce ne serait pas péjoratif. Ceux qui connaissent déjà le cadre de ce récit
me comprendront et souriront.

P R E M I E R E  P A R T I E

NON-CONTRADICTION

suite…

La revolte d Atlas.pdf