La mort d’Israël, par Lotfi Hadjiat


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Mais que se passe-t-il en Israël ? L’extrême-droite de l’extrême-droite menace de faire exploser l’extrême-droite ! Bigre. Moshé Yaloon, ministre de la défense démissionnaire, membre du Likoud, parti d’extrême-droite tendance extrémiste, a déclaré tout récemment : « des éléments extrémistes et dangereux ont pris le contrôle du pays ». Et moi qui étais persuadé que ces « éléments » en avait déjà pris le contrôle total en 1948…

Quel est donc l’objet de leur querelle ? Il semblerait qu’ils ne soient pas d’accord sur des questions de politique étrangère et intérieure. Les uns veulent vitrifier l’Iran, la Syrie, l’Egypte, le Liban et exterminer tous les Palestiniens, les autres, les « modérés », veulent attendre encore un peu… Voilà. Une broutille, une bricole… qui pourrait bien dégénérer… Si seulement ils pouvaient s’entre-tuer… C’est peut-être finalement la seule solution pour les Palestiniens. Nous qui suivions inquiets la course aux armements… ici précisément, c’est la course à l’extrémisme. Le gagnant sera celui qui détruira le pays ! La seule identité de cet État n’a toujours été que la guerre, il ne leur manquait plus que la guerre civile. Logique. Logique de mort, depuis le début. Logique de Caïn.

Et Ehud Barak, l’ancien Premier ministre, de rajouter : « le pays est contaminé par les germes du fascisme ». Non, mais où va-t-on ! La seule démocratie du Moyen-Orient, merde… ! On dit que la vérité sort toujours de la bouche des ex-Premiers ministres. Oui, mais ici, elle sort sous une montagne d’euphémismes, en réalité, depuis 1948, le fascisme le plus implacable gangrène le pays. Et pour cause, l’idéologie sioniste qui a édifié cette nation scélérate est fondamentalement raciste. Dans les années soixante, à New-York, Hannah Arendt et Golda Meïr se disputaient déjà vivement, très vivement, au sujet des lois constitutionnelles israéliennes ; cette brave Hannah n’en démordait pas sur ces lois qui lui rappelaient diablement les lois de Nuremberg… Elle avait raison évidemment, la haine ne peut pas gouverner une nation. Pas longtemps. Vont-ils enfin l’admettre ces démons, c’est pourtant un principe de base, une loi éternelle… à laquelle personne ne peut déroger, pas même le peuple élu… Tiens, en parlant de Nuremberg. Yaïr Golan, chef d’état-major adjoint de Tsahal a, lui, enfoncé le clou pestilentiel de ses collègues en déclarant le 4 mai 2016 que « l’ambiance (de la politique israélienne actuelle) rappelle celle des années trente en Europe en général, et plus particulièrement en Allemagne ». Au train où vont les choses, bientôt ils regretteront le troisième Reich… et ils en parleront comme du bon vieux temps !… Ça leur pend au nez. Certes, il fallait sauver les Juifs du nazisme, mais il faut surtout les sauver du sionisme.


Israël n’est peut-être finalement pas destiné à trôner sur le monde, comme le proclame le très sûr de lui-même et très sioniste Jacques Attali.


Ou alors, tout n’est peut-être pas perdu, et la lumière viendra d’Avigdor Lieberman, l’élégant nouveau ministre de la défense, l’archange de l’amitié et de la paix qui préconise de « décapiter à la hache » les Arabes israéliens qui ne sont pas fidèles à Israël, disposition rejetée par le délicat Netanyahu, rejet qui conditionnait sa nomination à la défense. Quand même. La Maison Blanche s’est en tous cas empressée de déclarer son « impatience de travailler » avec Avigdor. C’est malheureusement pas une blague. Notre génération aura-t-elle le privilège de découvrir le vrai visage d’Israël complètement mis à nu, dans toute son horreur ? Aurons-nous l’honneur d’assister à la mort d’Israël ? Mort par suicide. Qui sait… Pour l’heure, cessons d’attaquer cette nation qui a tant souffert, et laissons-la se suicider.

Israël n’est peut-être finalement pas destiné à trôner sur le monde, comme le proclame le très sûr de lui-même et très sioniste Jacques Attali. « Jusqu’à présent l’existence juive n’a suffi qu’à ébranler des trônes d’idoles mais pas à élever un trône à Dieu. C’est ce qui fait le caractère inquiétant de l’existence des Juifs au milieu des peuples. Le judaïsme prétend enseigner l’absolu, mais en fait, il enseigne seulement la négation de la vie des peuples ; bien plus, il est cette négation et rien d’autre. C’est pourquoi les peuples l’ont pris en horreur. Pour cette raison, là où l’un d’entre eux en vient à placer en absolu son identité propre, non seulement de manière intériorisée mais dans l’ordre de la réalité, Israël doit vouloir le supprimer. Et voilà pourquoi Israël aujourd’hui, au lieu de pouvoir indiquer la voie du salut en survolant le précipice d’un coup d’aile, est emporté au fond de l’abîme tourbillonnant de son cas désespéré », disait Martin Bubber, un philosophe israélien.