La grande guerre



Auteur : Nicot Alphonse
Ouvrage : La grande guerre
Année : 1918

Tome 1. Les prétextes. L’invasion.

Tome 2. De la Marne à la mer.

Tome 3. Des Flandres à Verdun.

Tome 4. La guerre hors de la France.

Tome 5. La victoire.

 

 

 

AVANT-PROPOS
Ce livre n’a pas la prétention d’être une « Histoire de la guerre ».
Une véritable « Histoire » de cette lutte gigantesque, à laquelle
participe tout l’ancien monde, ne pourra pas être écrite avant plusieurs
années, et comprendra forcément un grand nombre de volumes.
Mais il nous a semblé qu’on pouvait déjà faire un récit
suffisamment clair des premiers événements de cette grande rencontre
de nations. Les documents que nous avons pu recueillir nous ont
permis de raconter avec clarté les trois phases principales de la
guerre actuelle jusqu’à la fin de 1914 en France et en Belgique, c’està-
dire les grandes batailles de Charleroi, de la Marne et de l’Yser.
Cela nous conduit à la fin de l’année 1914, et constitue l’ensemble des
événements qui ont arrêté la ruée allemande contre notre pays.
Dans ce récit, nous avons fait une large part au côté anecdotique, et
l’héroïsme de nos glorieux « poilus » est mis en lumière comme il
convient. Nous avons également souligné le rôle admirable joué par le
clergé de France au milieu de nos troupes, et nous avons rappelé les
généreuses initiatives par lesquelles la charité privée est venue en
aide aux infortunes innombrables que la guerre avait fait naître. Nous
avons ainsi une leçon d’héroïsme et de charité pour les individus.
Mais nous avons aussi, au récit de ces événements tragiques, une
leçon pour la nation tout entière. Cette leçon ressort de la lecture des
premiers chapitres du livre, où sont exposées les raisons qui ont
amené cette guerre, les causes qui nous avaient affaiblis à l’intérieur,
les motifs qui avaient augmenté les forces de nos ennemis. Et ce ne
sera pas, croyons-nous, une lecture inutile, que celle de ces pages
consacrées à la revue rapide des événements qui, depuis 1870, ont peu
à peu amené la situation de l’Europe au point où elle était au mois d’août 1914,
c’est-à-dire à une déclaration de guerre inévitable de la part de l’Allemagne.
Et c’est avec un sentiment de fierté que nous voyons la France,
malgré ses fautes et ses erreurs passées, se redresser dans un geste
héroïque, faire hardiment tête à une attaque brusquée contre ses
frontières, et réaliser le miracle d’improviser en quarante jours la
résistance contre un ennemi qui se préparait depuis quarante ans à
l’attaque.
C’est toujours la même France que nous aimons, et que nos fils ont
sauvée avec leur sang, C’est la France de Clovis, la France de saint
Louis, la France de Jeanne d’Arc, celle de Henri IV et celle de
Napoléon ; c’est la France que ses sentiments généreux ont placée à la
tête des nations civilisées de la terre ; c’est la France qui a tiré sa
glorieuse épée et qui ne la remettra au fourreau qu’après avoir, par un
complet écrasement des barbares qui l’ont assaillie, assuré le
triomphe définitif du droit, de la justice et de la liberté, en réalisant du
même coup, avec le concours de ses courageux alliés, la libération de
l’Europe, que le joug allemand tendait à asservir.
ALPHONSE NICOT

UNE PAGE D’HISTOIRE

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