Al-Kamil fi al-Tarikh – Annales du Maghreb & de l’Espagne


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Auteur : IBN EL-ATHÎR

Ouvrage : Al-Kamil fi al-Tarikh

TRADUITES ET ANNOTÉES
PAR  E. FAGNAN


ibn-athir

Ibn al-Athîr : Biographie

Il naquit le 13 mai 1160 à Jazirat Ibn Omar ), l’actuelle Cizre en Turquie. Il est de la tribu arabe des Banu Shayban, apparentées au Banu Bakr, qui vivaient en haute Mésopotamie. C’est du nom de cette tribu que provient le nom de la ville de Diyarbakir.

Son père s’est chargé de son enseignement. Il lui a appris le Coran et les rudiments de la lecture et de l’écriture.
Izz al-Din ibn al-Athir s’est déplacé à Mossoul où il a poursuivi ses études. Il a étudié différentes sortes d’études, mais il s’est spécialisé dans les sciences de hadith et de l’histoire. Il est devenu à son époque une référence dans ces deux disciplines : la généalogie des tribus arabes, les biographies des sahaba.

Il est considéré parmi les plus grands historiens de l’Islam après Tabari. Ses voyages, ses fonctions auprès du gouverneur de Mossoul et ses sorties avec Saladin dans ses expéditions lui ont permis d’accumuler des renseignements importants qu’il a ensuite transcris dans ses œuvres de l’histoire.
Parmi ses œuvres, on cite :

  • Al-Kāmil fī At-tārīkh, ou Histoire Complète ). Ce livre est une source de toute première importance pour la première période des Croisades et jusqu’à la chute du Royaume de Jérusalem. Le texte complet en arabe est disponible sur internet.
  • Al-Tārīkh al-bāhir fī al-Dawlah al-Atābakīyah bi-al-Mawṣil, Histoire de l’État atabeg.
  • Usd Al Ghāba fī Ma`rifat As-sahāba, Les lions de la forêt et la connaissance des Compagnons fī maʕrifat ‘al-ṣaḥāba)), livre biographique citant plus de 7000 compagnons du Prophète.
  • Al-Lubāb fī tahdhīb al-ansāb, un livre sur la généalogie.

Ibn al-Athîr: Ses frères

Ibn al-Athîr

Ses deux frères se sont eux aussi distingués, l’aîné comme lettré spécialiste de la tradition et du langage, le cadet comme critique littéraire. Ils ont joué un certain rôle politique, le premier au service d’un prince Zangide de Mossoul, le second de Saladin puis de son fils, Malik al-Afdhal.

Principales conclusions

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite. Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh, considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte contre la troisième croisade.

 

Introduction

Izz ed-Din Aboû’l-Hasan ‘Ali ben el·Athîr Djezeri, né à Djezirat
Ibn ‘Omar, sur la rive droite du Tigre, à trois journées nord-ouest
de Mossoul, le 4 djomada 555 (12 mai H60), mourut en cha’bân
630 (mai-juin 1233). Second fils d’un personnage qui avait l’empli
de hautes fonctions administratives, il fut lui-même chargé de
plusieurs missions à la cour de Baghdâd, mais renonça à cette
carrière pour se livrer tout entier aux travaux littéraires.
Il a laissé divers ouvrages, dont plusieurs ne paraissent pas
être parvenus jusqu’à nous; le plus connu et le plus souvent cité
est le vaste corps d’annales, le Kâmil fi ‘t-tarikh, qui s’étend jusqu’à
la fin de l’année 628 de l’Hégire, ce qui jouit à juste titre d’une
haute estime auprès des savants musulmans et européens. Cette
chronique a été publiée par C. J. Tornberg à Leyde (Ibn et-Athiri
Chronicon, 14 vol. 8°, 1851-1876) chez l’éditeur Brill, à qui les études
orientales ont tant d’obligations; elle a été aussi réimprimée à.
Boulak, bien ‘vraisemblablement, à en juger par les passages que
j’ai collationnés, d’après l’édition du savant européen. C’est de cette … dernière que j’ai extrait ce traduit tout ce qui concerne le Maghreb
et l’Espagne; j’ai pu aussi, pour une faible partie seulement, collationner
les manuscrits de Paris pour quelques passages douteux.
Malheureusement la plupart des chapitres ayant trait à l’Occident
ne figurent pas dans tous les exemplaires, alors que, notamment,
divers noms géographiques corrompus ou dépourvus de points
diacritiques ne peuvent guère être rétablis que par le rapprochement
de plusieurs copies. Disons en passant que ces lacunes semblent
autoriser la supposition qu’Ibn el-Athîr, écrivant en Orient et n’ayant
vraisemblablement pas sous la main des sources assez nombreuses
et sûres pour l’histoire de l’Occident, a pu ajouter ces chapitres
Postérieurement, de façon à établir une seconde édition de son
livre. Cependant on pourrait croire aussi que ces additions sont

l’oeuvre de Mohammed ben Ibrâhîm el-Wat’wât’, qui mourut en
718 (1318-19 de J .-C.) et annota le Kâmil, au dire du bibliographe
Haddji Khalfa (1).
On a souvent, et avec raison, relevé le fait que les chroniqueurs
orientaux sont peu et mal renseignés sur les événements du Maghreb.
Mais Ibn el-Athir constitue une brillante exception. Il ne cite pas
les sources auxquelles il a recouru, mais elles sont bien choisies,
et maintes fois elles complètent ou rectifient ce que nous savons
par ailleurs; les lacunes que présentent parfois ses annales ne lui
sont peut-être pas toujours imputables, et je suis très porté à
croire que la portion ici traduite de son oeuvre mérite les éloges
qu’on accorde unanimement à son récit des faits relatifs à l’Orient.
La première obligation du traducteur d’un texte arabe consiste
sans doute à rendre aussi fidèlement que possible la pensée de
l’auteur, mais aussi, ce que certains paraissent oublier, sous une
forme toujours intelligible dans la langue adoptée. A mes yeux ce
n’est cependant pas tout: une partie non moins importante de son
rôle est de fournir les éclaircissements et rapprochements indispensables
pour compléter, vérifier ou contredire les assertions d’un
texte destiné à d’autres encore que des arabisants.
Tel est le but de notes assez nombreuses, bien que généralement
aussi succinctes que possible, et qui auraient pu être plus copieuses
si j’avais eu plus de facilités de recherches ou le désir d’augmenter
le nombre de ces pages.
Je ne pouvais omettre la traduction de certains fragments déjà
faite ailleurs, ci j’ai signalé le fait autant que je l’ai pu ; mon travail
a cependant toujours été fait d’une manière indépendante, et peut-être
les arabisants et les historiens trouveront que, même pour ces
portions, et bien que n’ayant aucun caractère officiel, il ne fait pas
toujours double emploi.

Conquête de Tripoli de Barbarie et de Bark’a

suite…

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