PERMA~CULTURE 1


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Ouvrage: Perma~culture 1 Une agriculture pérenne pour l’autosuffisance
et les exploitations de toutes tailles

Auteurs: Bill Mollison & David Holmgren

Année : 1978

BILL MOLLISSON
Natif de Tasmanie, Bill Mollison travaille successivement
comme boulanger, marin, chasseur de
requins, ouvrier meunier, trappeur, tractoriste,
souffleur de verre, passe 9 ans à l’Inspection des
réserves naturelles de l’Australie puis fait des travaux
d’aménagement pour le Service des pêcheries
intérieures. En 1968, il devient Directeur d’études à
l’Université de Tasmanie, puis maître de conférences
de psychologie de l’environnement, et publie
des ouvrages sur les aborigènes de Tasmanie, et sur
les petits vertébrés de la région. En 1978, il crée la
communauté Tagari à Stanley. Mettant en pratique
les principes de la « permaculture », la Communauté
parvient à l’autosuffisance sur ses 28 hectares
de terres marginales.

DAVID HOLMGREN
Étudie les problèmes de l’environnement à l’Université
de Tasmanie, s’intéressant particulièrement
à l’aménagement du sol, à l’écologie et à l’agriculture.
Il y fait la connaissance de Bill Mollison avec
lequel il travaille au développement de l’idée
« permaculture ».

4ème de couverture

Vous trouverez dans ce livre une nouvelle méthode pour produire une grande
variété d’aliments et de substances utiles, que vous disposiez d’un jardinet ou d’une
véritable exploitation agricole. La permaculture consiste à exalter progressivement les
effets bénéfiques que l’on peut obtenir de judicieuses associations de plantes
(diverses et nombreuses) et d’animaux (assez divers et nombreux eux aussi) : elle
vous apprend à créer une sorte d’« écologie cultivée », ou de semi-culture (arbres et
plantes pérennes sont à l’honneur) parfaitement adaptée aux conditions locales, et
qui se révèle stable et sûre à l’usage. Plusieurs centaines d’arbres et de plantes sont
présentées dans ce livre, sur la base d’une expérience pratique, pour aider votre
choix.
Il ne s’agit pas d’un retour à la nature, mais d’un pas en avant avec la nature. La
démarche des auteurs n’est pas du tout « rétro » : ils vous amèneront à pousser très
loin les études et les réflexions préalables, à faire, au départ, une minutieuse
planification (la nature n’accepte pas n’importe quoi), basée sur une large
information, qu’il faut d’ailleurs constamment renouveler. Après la période
d’installation et à condition de continuer à observer, contrôler, expérimenter, vous
verrez combien il est avantageux de faire travailler d’abord votre tête, et
d’économiser ainsi votre temps, vos efforts physiques et votre argent.
Ce livre vous propose des outils pour participer à un véritable renouveau agricole.
Vous joindrez d’ailleurs l’agréable à l’utile : quand elles sont bien menées, les
réalisations de la permaculture sont toujours plus belles à regarder, et plus faciles à
entretenir, à mesure que votre création évolue vers cet équilibre que vous négociez
avec la nature.

« Permaculture » a reçu le « Prix Nobel alternatif» (the RIGHT LIVEHOOD
FOUNDATION) le 9 décembre 1981 à Stockholm.

« A l’heure où Vagriculture industrielle, bien que productive, est souvent dans l’impasse
(économique ou écologique), où celle des pays du tiers monde se développe moins vite que
les bouches à nourrir, sur des sols de plus en plus dénudés et stériles, jamais les principes
d’une agriculture intégrée n’ont été aussi nécessaires. N’est-ce pas d’abord cela, la
permaculture ? »
Dominique Soltner, ingénieur E.S.A.

« Les bases de l’agriculture contemporaine sont remises en question, leur logique est
discréditée, et des propositions spécifiques et concrètes sont avancées en guise
d’alternatives. »
Lou Couzine, ACCESS MAGAZINE

« La vague du futur »
Scott Sklar, Washington Director, NATIONAL CENTER FOR APPROPRIATE

PRÉFACE
Permaculture ! Le mot peut surprendre tout d’abord. Et puis, à la lecture du livre de Bill
Mollison, l’idée qu’il soit possible de récolter sans semer chaque année, de protéger le sol sous un
couvert permanent, de mieux associer cultures et boisement, cette idée correspond à tant de réalités
observées en France et dans le monde, à tant d’ingénieux procédés de paysans « permaculteurs
sans le savoir », qu’elle paraît vraiment applicable sur une plus vaste échelle que celle des premières
expériences décrites par l’auteur.
La prairie permanente par exemple ! Douze millions d’hectares en France. Plus du quart de la
superficie totale du pays ! Une association végétale qui a fait dire à l’agronome André Voisin1
« qu’une même somme rapporte davantage si on l’applique à l’amélioration d’herbages permanents
que si on la consacre au resemis de la prairie ».
Les prairies temporaires de longue durée à base de trèfle blanc et de graminées. Un système
qui, sous l’impulsion d’André Pochon2 , ce dynamique éleveur breton, est en train de regagner le
terrain conquis par le système maïs-ray-grass d’Italie. Une énorme économie d’engrais azotés (donc
de pétrole) et de tourteaux, tous deux importés en masse à coups de dollars !
Les éleveurs avec leurs prairies seraient-ils déjà des « permaculteurs » ?
Les paysages de Bocage. Associer forêt et cultures, tel est le principe du bocage : des champs
et des prés entourés de haies dont les trois étages, les trois « strates », sont celles des lisières de
bois : arbres de l’étage arborescent, arbustes du « manteau », plantes herbacées de « l’ourlet ». Le
tout sur talus doublé d’un fossé. La haie, double lisière qui s’allonge sur des kilomètres, est, à
l’image des lisières de bois, un milieu d’une extraordinaire richesse, par sa flore et sa faune. A la
fois brise-vent et réflecteur solaire, régulateur hydraulique et frein à l’érosion, la haie produit du
bois d’oeuvre et de chauffage, des fleurs et des fruits, tout en régularisant les espèces animales et
en abritant le gibier.
Bocage et permaculture, une parenté que souligne bien le livre de Bill Mollison.
La coltura promiscua d’Italie centrale. Une autre forme d’association de l’arbre aux cultures
est fréquente en pays méditerranéens : l’arbre complanté parmi les cultures. Une arboriculture
associant avec une incroyable ingéniosité les oliviers et autres fruitiers, la vigne sur tuteur vivant,
ces érables de Montpellier taillés en gobelet et fournissant en outre un précieux fourrage. Et au
pied de ces étages arborés, de la luzerne, des légumes, des céréales, une garniture de cultures
annuelles irriguées dans une ossature pérenne. Tels sont les paysages de Toscane, d’Ombrie ou
d’Emilie, que l’on peut admirer aussi hors des limites italiennes : en vallée du Rhône, en Catalogne,
aux Baléares ou en Grèce.
Encore la permaculture, culture d’une ossature de plantes pérennes, parmi lesquelles, dit Bill
Mollison, « s’insère normalement l’horticulture des plantes annuelles ».


1. André VOISIN, Dynamique des herbages, Éditions La Maison Rustique.
2. André POCHON, La prairie permanente à base de trèfle blanc, Technipel, 149, rue de Bercy, Paris 12e.


Les paysages de parc africains. Plus que de bocages, c’est de « parcs » que l’on parle en Afrique
: des arbres disséminés parmi les cultures. L’esprit européen en est choqué, mais ce parc est
d’une grande sagesse : l’extraordinaire Acacia albida, arbre parasol et fertilisant, est au Sénégal le
plus utilisé en parc. A raison de 40 à 50 pieds/ha, il assure gratuitement une fertilisation équivalant
à un sérieux apport d’engrais, devenu aujourd’hui presque inaccessible vu son prix. Ailleurs
ce sont les karité et néré, manguiers et baobabs, qui fournissent des fruits, des feuilles protéïques,
des corps gras et des fibres, et mille substances médicinales ou utilitaires. Des parcs arborés qui
font aussi large place aux arbustes en haies, défensives et productives.
Les rotations forestières tropicales. Le livre d’Hugues Dupriez « Agriculture tropicale en
milieu paysan africain »3 est une grande première : c’est la première fois que sont décrites comme
facteurs de vrai développement les associations de cultures pratiquées par les paysans africains.
Cet agronome belge, au cours de multiples séjours tropicaux, des zones sèches aux régions humides,
a montré, chiffres à l’appui, que les associations de cultures annuelles et pérennes ont une
production globale supérieure à celles que produiraient ensemble chaque plante cultivée à l’état
pur. Des associations « dans l’espace » : plusieurs étages de plantes telles que caféier, cacaoyer,
bananier, manioc, macabo, courges… Et des associations « dans le temps » : non pas tant une succession
de cultures, que des cultures qui se relaient progressivement et couvrent le sol en permanence.
Des courges occupent le sol après brûlis, puis maïs et haricots, dont émergent bientôt
manioc et bananiers. La culture annuelle cède progressivement la place aux pérennes, avec retour
éventuel à la forêt qui repose le sol.
Bref, il suffit d’observer les systèmes agraires de nombreux pays pour y découvrir quantité
d’exemples de « permaculture », cette association harmonieuse de l’agriculture, de la sylviculture,
de l’élevage et de l’horticulure.
Mais est-ce bien cela, la permaculture ? Le livre de Bill Mollison montre que cette notion
dépasse largement un système d’agriculture : c’est une nouvelle vision de l’homme dans son milieu.
Que peut alors puiser l’agronomie moderne dans ce livre ?
On peut qualifier d’« agronomie moderne » celle qui s’avérera capable de nourrir les hommes
de la planète, et de manière durable. Ces hommes seront plus de 5 milliards dans 15 ans, sur des
sols qui, partout dans le monde, sont envoie d’érosion et de désertification :
• culture sur brûlis, surpâturage, utilisation du bois de feu, irrigation mal conduite et salinisation,
stérilisent les pays tropicaux ;
• arasements de haies et talus, défrichements excessifs, labour de sols trop pentus, dissociation
cultures-élevage, pollution nitrique et autres, dégradent les sols et les nappes des régions tempérées.
Dégradations qui s’accompagnent d’une baisse de qualité des aliments et d’une surconsommation
d’énergie.
Comment dès lors ne pas trouver dans les principes de la permaculture des solutions à ces
problèmes, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud !
Chez nous .
• retour à l’élevage associé aux cultures, avec meilleur recyclage des matières organiques ;
• retour à la culture des légumineuses, notamment pérennes (luzerne et trèfle) ;
• maillage des champs ou groupes de champs en de nouveaux bocages plus productifs et
plus compatibles avec une mécanisation moderne mais sans gigantisme ;
• redécouverte de nouvelles formes d’agriculture et d’élevage pour les régions difficiles (terrasses
du Midi, régions montagneuses). Un impératif si l’on veut éviter la désertification de ces
régions, les incendies, et la perte d’un précieux patrimoine.
Dans les pays du tiers monde, les situations sont tellement variées qu’il serait présomptueux
de recommander des solutions. Mais certaines sont si capitales qu’elles devraient partout
s’imposer ;


3. Hugues DUPRIEZ, Agronomie tropicale en milieu paysan africain, Éditions L’Harmattan.


• redonner à l’arbre la priorité, qu’il s’agisse de ceux qui poussent spontanément (ce sont les
plus nombreux) ou de ceux que l’on devra replanter, parmi les cultures ou en lignes brise-vent.
Leur contribution tous-azimuts (micro-climat, fertilisation, productions) est encore plus capitale
dans les sols tropicaux que dans ceux des régions tempérées ;
• garder ou retrouver les principes des cultures associées, traditionnelles en Afrique. Elles
ont été trop souvent dénigrées par l’agronomie dite moderne, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne
puissent progresser, se rationaliser ;
• retrouver ou instaurer certaines formes d’association cultures-élevages, une association qui
le plus souvent ne vas pas de soi en Afrique, où cultivateurs et éleveurs ne sont ni les mêmes hommes
ni les mêmes ethnies.
En conclusion, à l’heure où l’agriculture industrielle, bien que productive, est souvent dans
l’impasse (économique ou écologique), où celle des pays du tiers monde se développe moins vite
que les bouches à nourrir, sur des sols de plus en plus dénudés et stériles, jamais les principes
d’une agriculture intégrée n’ont été aussi nécessaires.
N’est-ce pas d’abord cela, la permaculture ?
Dominique Soltner
Ingénieur E.S.A.

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Permaculture 1



Auteur : Mollison Bill
Ouvrage : Perma-culture 2 Aménagements pratiques à la campagne et en ville
Année : 1978

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