ADN juif Génétique et Kabbale


 
Auteur : Shazarahel
Ouvrage : ADN juif Génétique et kabbale
Année : 2012

A tout instant
des âmes rentrent et sortent de ce monde :
je dédie cette troisième édition de « ADN juif »
à l’élévation de l’âme de Ariel Pessah, de mémoire bénie,
et à la petite Aurora,
pour ce que cette petite fille représente vraiment ;
l’aurore d’un nouveau jour
et que sa vie soit bénie du ciel.
Ce livre est également dédié
à la mémoire des soeurs Anna et Ruth « Rurù » Macharot, 17 et 14 ans,
disparues à Auschwitz au printemps 1944.
Nous ne les oublierons jamais.

NOTE DE L’AUTEUR
Nous vivons actuellement une époque extraordinaire, nous
sommes en train de franchir le seuil de la plus grande révolution de
l’histoire : la rencontre entre la science et la mystique.
Ces deux dimensions de l’existence étaient considérées jusqu’ici
comme deux extrêmes inconciliables.
Aujourd’hui, nous savons que les plus récentes découvertes de
la science, de la physique quantique, de l’astronomie, de la biochimie
et de la génétique, non seulement révèlent une étrange similitude
avec les concepts ésotériques de l’antique Kabbale juive, mais également,
en interagissant avec celle-ci, peuvent nous ouvrir les portes
de nouvelles dimensions de compréhension de l’univers, nous faire
découvrir une nouvelle connaissance cosmique qui révolutionnera
toute notre existence.
Certaines théories scientifiques modernes, comme par exemple
la théorie des Supercordes ou la Théorie M, assurent que l’univers
n’est autre que « son, vibration », en accord avec la Kabbale juive qui,
depuis la nuit des temps, affirme que tout ce qui existe est le fruit
d’infinies combinaisons des 22 sons archétypes de la parole divine :
les 22 lettres de l’alphabet hébraïque sont les gènes de l’ADN cosmique et les atomes dont notre langage se compose.
La Kabbale nous dit que les lettres hébraïques sont les canaux
cosmiques qui permettent aux astres, à l’espace-temps, aux membres
du corps humain et aux molécules de communiquer.
Il en découle donc, qu’il existe un lien profond entre notre état
de santé psychophysique et les mots que nous prononçons.
La Kabbale nous enseigne comment régénérer, à l’aide des mots,
les parties de notre corps, de notre psyché et de notre âme affaiblis
ou malades : la mystique du langage est une initiation à l’auto-guérison.
Ce texte se propose d’être un modeste instrument qui encourage,
incite le lecteur à s’ouvrir à de nouvelles perspectives de recherches
inexplorées.
Shazarahel

Lettre du Rav Haïm Dynovisz

Il y a plus de 2000 ans, Rabbi Chimon Bar Yohaï nous avait prévenu
: « Juste avant la délivrance finale, les fenêtres du ciel s’ouvriront,
la sagesse de la connaissance du monde et de la nature se propageront
sur terre » (Zohar-Paracha Noah).
Comment la science prépare-t-elle à la délivrance finale alors
que notre actualité semble prouver le contraire ? Alors que c’est, précisément
la révolution industrielle, le progrès et le développement
des techniques qui ont contribues à l’éloignement entre le monde et
son Créateur. Qu’en est-il aujourd’hui de la conscience spirituelle ?
Il faut donc admettre que le Zohar ne fait pas allusion à cette
pseudo-science là, caractérisée par des dispositifs non-édifiants et
dont les effets n’ont jamais été ni calculés ni maîtrisés. Les apprentis
sorciers sont les grands ennemis de D.ieu car on ne joue pas avec Sa
création.
Le Zohar HaQadoch fait allusion à la vraie science, celle qui se
dévoile de plus en plus ces dernières années et qui rejoint d’une
manière surprenante tous les principes, règles et enseignements les
plus profonds, les plus mystérieux et les plus cachés de la Torah
d’Israël. La foi et le savoir ne sont pas en contradiction. Ce livre,
ADN juif, en est la preuve, une preuve magnifique qui réconcilie la
vraie science à la vraie Torah.
Rav Haïm Dynovisz

Lettre du Rav Haïm Rosenfeld
(Président et Directeur du
Centre Historique du Temple de Jérusalem)

Au-delà de l’enseignement profond que nous donne l’auteur du
livre, Shazarahel a un réel souhait de faire comprendre aux lecteurs,
le sens caché de la Torah, aux moyens de textes adaptes mais aussi
par des illustrations, de nombreux dessins, croquis, photos et codes
accessibles à tous.
Rambam, Rachi entre autres, dans la transmission de leur études
font de petits dessins ou croquis pour mieux faire comprendre
leurs messages.
Selon le Zohar (tome 2, page 149A, tome 3, pages 79A, 127B et
159A) à l’époque, la dimension ésotérique de la Torah ne devait pas
être relever. Shazarahel, dans son livre, suit la pensée du Ari Zal. Ce
Maître souligne que dans la phase préalable a la délivrance messianique,
que le Monde vit actuellement juste avant le Chabat de l’umanité,
il est une Mitsvah (précepte positif) d’étudier, dans la mesure de ce
que l’on peut en comprendre, la partie ésotérique de la Torah.
Ce livre nous fait mieux appréhender notre mission et responsabilité
dans notre vie de tous les jours, car chacun d’entre nous detient
une parcelle du Créateur en lui, comme le rappelle l’auteur.
Le peuple juif se doit d’appliquer les 613 Commandements et
les Nations les 7 lois Noahides pour entre en phase avec le Créateur
et sa création.
Rav Haïm RosenfeldI


I Rav Haïm Rosenfeld, responsable depuis 15 ans à l’Institut du Temple de Jerusalem
de la section Europe, Afrique, Canada et Russie, en tant que Directeur du Centre
Historique du Temple. A ce titre il a parcouru le monde pour y donner des cours er
des conferences et realise de nombreuses expositions presentant objets, tableaux et
maquettes du Temple eriges à Jerusalem sur le Mont Moria.


PRÉSENTATION
Au termes d’années d’études très intenses, l’écrivain et peintre
italo-israélienne Shazarahel donne naissance à un livre inédit, unique
en son genre. Nous avons le plaisir de souligner, en l’interprétant
comme un heureux présage, que la première édition de cette oeuvre a
été publiée l’année de la venue au monde du premier enfant de notre
chère amie Shazarahel, une petite fille prénommée Estèr Malkah.
ADN juif se propose d’analyser la profonde signification de la
vie, de la Création et de l’existence à travers son code informatif, son
ADN : les lettres du Aleph-bet hébraïque et les mots qui dérivent des
combinaisons infinies de ces lettres.
La génétique de l’homme et de l’animal est fondée sur un code
informatif dont l’unité élémentaire est l’acide nucléique. L’union de
trois acides nucléiques élémentaires définit une triplette appelée
« codon », en d’autres termes une unité fonctionnelle, le gène, dans lequel
est écrite une unique information. L’ensemble de tous les gènes
d’un organisme vivant constitue le génome, c’est-à-dire le matériel
génétique qui rassemble les informations nécessaires à la vie et à la
croissance d’un organisme bien défini.
Nous devons constater dans tout cela un fait surprenant. Cette

ressemblance entre le Mot hébreu et la structure de l’ADN a de toute
évidence quelque chose d’incroyable.
Le mot hébreu est, en règle générale, trilitère, c’est-à-dire construit
sur une base de trois lettres « radicales » (en hébreu les voyelles
ne s’écrivent pas).
Toutes les lettres de l’alphabet hébraïque constituent donc une
unité élémentaire (de la même manière que l’acide nucléique) lesquelles,
associées à deux autres lettres dans une racine, donnent un
mot (équivalent du « gène »). Ce mot, uni à d’autres mots, constitue
l’information complète, le concept exprimé par une phrase.
La Torah, rédigée sans interruption, comme les deux chaînes
hélicoïdales de l’ADN, est l’information complète qui régit toute
l’existence.
La moindre erreur d’écriture recensée dans la Torah détermine
une erreur d’information, exactement comme une erreur d’écriture
de l’ADN détermine une pathologie génétique : une erreur dans la
vie de l’être humain, plus ou moins grave et plus ou moins incompatible
avec une fonction correcte ou même simplement avec la vie.
A l’image de ces possibilités infinies de combinaison et de
recombinaison génétique, dans les mécanismes de « linkage » et de
« Crossing over », les possibilités de combinaison des lettres hébraïques
et, par conséquent, les possibilités de discussion et d’interprétation,
sont tout autant infinies.
La découverte géniale de Watson et Crick, Prix Nobel de Médecine
en 1962, faisait ressortir dans la Science moderne ce qui avait
déjà été écrit par HaChem au moment de la Création.
Cette théorie est le résultat d’années études très approfondies et
trouve son application dans le « Chéma Israël », la principale prière

du Judaïsme. Cette prière, récitée deux fois par jour, en début et en
fin journée (ainsi qu’au coucher), est insérée dans les Téfilines et les
Tsitsit portés par les hommes, ainsi que dans les Mezouzot se trouvant
sur les linteaux des portes, comme le stipule le commandement.
Ces objets de culte ne doivent pas être considérés, comme le
pensent malheureusement les non connaisseurs, comme une « protection
» de l’individu et de son lieu d’habitation, mais comme un
véritable catalyseur d’énergie spirituelle, d’une puissance et d’une
efficacité extraordinaires. Ils doivent rappeler sans cesse au Juif, l’importance
de la Loi à laquelle il doit se conformer à chaque instant de
son existence.
Il existe par ailleurs une valeur numérique à chaque lettre hébraïque
(Guématria). Celle-ci permet de découvrir des correspondances
entre des mots, au premier abord très éloignés les uns des autres,
ou même entre des mots de différentes langues et des mots hébreux,
simplement en translittérant les premières dans la Langue Sacrée.
Ceci constitue un signe évident que toutes les langues ne sont rien
d’autre que les dérivés d’une même langue d’origine qui fut divisée
en plusieurs à l’époque de la Tour de Babel. Les hommes de cette
époque fautèrent contre Dieu et le Maître du monde décida donc de
séparer les peuples en leur conférant à chacun une langue différente.
Les lecteurs qui, en lisant le titre, s’attendent à une étude justificative
de l’existence d’une « race juive », seront déçus, car ce concept
est totalement étranger à la mentalité juive.
ADN juif est un voyage dans le monde de la sagesse qui, à
travers l’aspect le plus difficile et profond des sens cachés de la Torah,
la Kabbale, se propose d’offrir une clé de lecture qui permette de
concilier ce que, jusqu’à aujourd’hui, il nous est apparu comme

inconciliable et contraire : le rapport entre foi et science.
Il ne s’agit pas d’un livre de simple lecture, mais bel et bien d’un
livre d’étude, qui recense notamment toutes les difficultés que l’on
peut rencontrer lorsque l’on résume en quelques pages tout un ensemble
de concepts très profonds, en usant d’un langage qui n’est
pas à la portée de tous, mais qui exige un minimum de connaissances,
pour le moins fondamentales, de la Torah.
C’est un texte qui doit être lu et relu, étudié, pesé avec attention,
en s’attardant, en retournant de quelques pages en arrière et en réfléchissant.
Ce qui est fascinant dans cet ouvrage est la simplicité descriptive
de l’auteur, l’élégance de son langage et l’énorme travail d’étude
qui a concerné non seulement la Torah, le Talmud et les traditions
juives, mais également la physique, la médecine et la biologie moléculaire.
Malgré son jeune âge, l’auteur a entrepris et mené son étude
pendant des années au prix de nombreux sacrifices et renoncements,
pour sa famille mais aussi pour elle-même.
Nous adressons à Shazarahel tous nos meilleurs voeux ainsi que
notre profonde reconnaissance pour nous avoir offert ces pages de
précieux savoir hébraïque.
Ernesto Ariel PintoreIII


III Le Dr. Ernesto Ariel Pintore est médecin, chirurgien orthopédiste.
Au terme d’une formation décennale dans les meilleurs services de chirurgie
orthopédique en France et en Angleterre, il exerce aujourd’hui sa profession
en Italie. Auteur de nombreux ouvrages publiés dans le monde entier, il
enseigne dans des écoles de spécialisation en orthopédie et traumatologie,
participe notamment en tant qu’intervenant dans divers congrès et dirige
cours et mastères en Italie et à l’étranger.


PRÉFACE
L’ouvrage ADN juif met en relation la Kabbale et la science. La
tentative de trouver un lien entre la science et la Kabbale n’est pas
une nouveauté mais date déjà d’une époque très ancienne, aussi
vieille que le monde de la Kabbale elle-même.
L’un des plus anciens manuscrits de cette discipline est « Le
Livre de la Formation », Séfer Yétsirah, ouvrage écrit entre le premier
et le neuvième siècle de notre ère et attribué à Abraham Avinou. Cet
important texte de base, fonde la Création sur les vingt-deux sons
des lettres de l’alphabet hébraïque ainsi que sur les dix nombres.
L’auteur montre la structure du monde et ses frontières comme
dépendantes des lettres. Il traite de trois éléments – le feu, l’air et
l’eau -, des directions de notre monde en trois dimensions, du temps
provo-qué par le mouvement des astres, du corps humain et ses
membres, en se référant toujours aux lettres hébraïques.
Les lettres hébraïques sont subdivisées en différents groupes.
Les lettres du Tétragramme Y H V – י , ה, ו , constituent les limites
des directions de l’espace du monde physique. Dans le « Livre de la
Formation » se trouvent des groupes de lettres classés en fonction de
la grammaire de la langue hébraïque et en fonction de critères
phonologiques communs à toutes les langues qui ont existé jusqu’à
présent.

La création par les lettres se base sur les lois du langage qui sont
également les lois de la nature. Les lettres de la langue hébraïque
rassemblent la science et la Kabbale.
Dans le présent ouvrage, Shazarahel met par exemple en relief
les associations qu’il est possible de faire entre la forme graphique de
la lettre Aleph א et le modèle à double spirale de l’ADN. Cette spirale
apparaît également en plaçant à la verticale une séquence de lettres
Tsadé צ ou Lamed .ל
Ce jeu de formes était déjà pratiqué par les Kabbalistes au XIIIe
siècle. Nous en avons recensé quelques exemples dans des oeuvres
entièrement dédiées aux lettres, comme dans Pèrouch HaAutiot de R.
Ya’acov ben Ya’acov HaCohen, ainsi que dans des oeuvres de Rabbins
qui observaient la Kabbale linguistique, comme R. Abraham
Aboulafia et R. Yossef Gikatila.
R. Moïse Cordovero également, dans son oeuvre kabbalistique
fondamentale, Pardès Rimonim, fait usage de ce type d’associations
graphiques. Par exemple la lettre צ est vue comme un plan ou une
carte du cosmos, fondement des éléments du feu et de l’eau, des
directions est / ouest et des sphères kabbalistiques (Pardès Rimonim,
chapitre 8, paragraphe 11).
L’un des livres de philosophie du XIIIe siècle, écrit par R. Isaac
ibn Latef, s’intitule Tsourat ha’Olàm, « La Forme du Monde ». Un autre
ouvrage s’intitule en revanche « Petit Monde », ‘Olàm Qatan, dans
lequel nous voyons les Kabbalistes suivre les traces des philosophes.
Les auteurs mystiques des courants liés au Zohar, qui marchaient
au départ dans les pas de Rambam Maïmonide, mettaient en
rapport les concepts de base tirés de la philosophie aristotélicienne,
et qui contenaient notamment des références à la science de l’époque.

Ces derniers ont conçu le cosmos comme s’il était composé de trois
mondes, trois niveaux placés les uns sur les autres, où le monde le
plus élevé influence celui du bas.
Le monde supérieur est la demeure des intelligences séparées,
c’est-à-dire des anges. Le monde central est l’espace des astres et des
planètes. Le monde inférieur est notre monde, le monde matériel qui
mue, dégénère et meurt.
A partir de ce schéma, R. Yossef Gikatila a placé divers éléments
dans les différents niveaux, parmi lesquels les points vocaliques. Il
en parle dans sa grande oeuvre Ginat Egoz, « Le jardin des noyers »,
comme dans le texte Cha’ar haNiqoud, « La porte du point ».
Les voyelles sont des points placés autour des lettres, généralement
au-dessus. Dans la plupart des textes ou des manuscrits, les
points vocaliques n’étaient pas transcrits sur le papier. Ils étaient
donc invisibles à l’oeil et transmis uniquement par tradition orale.
C’est pour cette raison que, dans l’effort de comprendre la structure
des points vocaliques et leur relation avec les lettres, l’on accédait à la
connaissance du Créateur. R. Yossef Gikatila fut le premier à développer
ce thème et à démontrer que les points représentent d’une
part, les trois mondes, et de l’autre, les sphères de l’Arbre de Vie.
Dans son Ginat Egoz, R. Yossef Gikatila nous enseigne que les
lettres א et ת, la première et la dernière lettre de l’alphabet
hébraïque, sont animées par les cinq voyellesIV de base présentes
dans toutes les langues AEIOU (que nous retrouvons également dans


IV En hébreu le terme tnouà indique aussi bien la voyelle que le mouvement.
Tnuòt sont donc des voyelles et des mouvements, ou mieux, les voyelles sont
le fruit du mouvement des lèvres et de l’air dans l’action de prononcer. Ce
sont donc ces voyelles qui animent la communication en utilisant des consonnes.


la phonologie moderne), et qui sont à la base du mouvement qui
caractérise notre monde : il n’y a pas de vie sans mouvement. Il en
découle que le monde dépend des secrets des points vocaliques.
Shazarahel a découvert que même les points de l’alphabet du
Braille moderne s’intègrent à la mystique des points.
Le livre de Shazarahel suit le lien qui unit la Kabbale à la science,
mais à partir du point de vue de la science moderne du XXIe
siècle.
Le livre que le lecteur tient dans ses mains, le guide à partir de
ce qui est invisible jusqu’au monde de la sagesse cachée de la Kabbale.
Dr. Orna Rachel WienerV


V Le Docteur Orna Rachel Wiener a obtenu son Doctorat en Kabbale à l’Université
Bar Ilan de Ramat Gan. Elle est l’auteur de la recherche philosophique
The Mysteries of the Vocalization of the Spanish-Castilla Kabbalah in the 13th
century. Thérapeute et formatrice de spiritual healing à partir de l’aura tridimensionnelle
de l’être humain. Elle est aussi peintre et réalise des tableaux
en s’inspirant de l’aura humaine, de la Bible, de la Kabbale et de la nature.


NOTE DE LA SECONDE ÉDITION ITALIENNEVI
Bien avant que la première édition d’ADN juif ne voie le jour,
j’avais déjà pressenti que ce texte susciterait des malentendus, notamment
dans un moment où l’on a tendance à rechercher une explication
génétique à tout ce qui n’est que le fruit d’un choix personnel,
dicté par notre libre arbitre. Et en effet, c’est exactement ce qui s’est
produit : sur Facebook il est possible de voir toutes les polémiques
que le seul titre a généré, bien avant la publication du livre !
Un jour, peut-être, je raconterai l’histoire d’ADN juif, ou plutôt
ce que ces simples feuilles de papier ne disent pas, en révélant les
infinies péripéties et tous les obstacles indescriptibles que j’ai dû
franchir pour que ce texte puisse être publié.
A cause de certains malentendus, ô combien prévisibles, dès le
début, j’avais pensé qu’il était de mon devoir d’apporter une précision,
à mon sens juste : ce texte n’appuie pour rien au monde les
fausses théories de la « race juive », mais souhaite tout simplement
mettre en évidence le lien profond qui s’est instauré entre l’ADN
physique et l’ADN spirituel du peuple d’Israël.
On ne peut toutefois remettre en question qu’il existe effectivement
une composante génétique dans le fait d’être juif, comme il est
indéniable que les « descendants » d’Abraham soient juifs ou que ce-


VI Le volume a été publié pour la première fois en langue italienne en
décembre 2010 sous le titre DNA ebraico, connessione fra scienza e kabbalah (Ed.
GDS) ; la seconde édition italienne est sortie en 2011 (Ed. Psiche2, Turin)


lui qui naît de mère juive est lui-même juif. Pour appuyer cette réalité,
considérons également le fait culturel que pour la Halakha, les
Juifs ne peuvent se marier qu’avec des Juifs. Nous pouvons considérer
un autre fait historique : la marginalisation et la ségrégation du
peuple juif, perpétuées pendant des siècles et ayant empêché leur
insertion au sein d’autres peuples et cultures.
Par de récentes études, nous savons par exemple que la plupart
des cohanim possèdent les haplogroupes J1 et J2 de l’ADN du chromosome
Y, en confirmant ainsi qu’ils descendent de façon patrilinéaire
d’un ancêtre commun qui devrait être le grand prêtre Aaron, duquel
descend toute la lignée sacerdotale.
Mais, tout en admettant qu’il existe une composante génétique
dans le fait d’être juif, nous ne pouvons en aucun cas parler de « race
». Tout d’abord parce que quiconque peut devenir juif en décidant
librement de se convertir au judaïsme et en respectant les commandements
de la Loi juive. Ensuite parce que, par exemple, une personne
naissant de mère juive et de père non juif est juive, tandis
qu’une personne naissant de mère non-juive et de père juif n’est pas
juive, même si de fait, comme dans le premier cas, 50% de son patrimoine
génétique est « juif ».
En ce sens, les critères d’appartenance au judaïsme définis par
l’idéologie nazie sont purement génétiques. Les lois raciales nazies
considéraient aussi comme « juifs » tous ceux qui n’étaient pas juifs
selon la Loi juive, car ce qui faisait d’un homme un Juif était justement
et uniquement son ADN. Il suffisait alors à un chrétien d’avoir
un seul grand-parent ou même un lointain parent juif, ou, dans des
termes plus scientifiques, il suffisait d’avoir dans son ADN un quelconque

 gène « juif » pour être considéré indigne d’exister et être supprimé.
Ces effroyables théories racistes qui ont entraîné la Shoah, tentative
d’extermination systématique du peuple juif, étaient fondées
sur un malentendu scientifique issu de nouvelles découvertes dans le
domaine génétique et qui voyaient l’homme comme la somme de ses
gènes.
Aujourd’hui, bien au contraire, la science a démontré que le génome
humain n’est autre que le résultat d’une interaction entre empreinte
génétique et environnement.
La science, s’est pendant longtemps partagée entre des courants
de pensée et des théories qui, soit, voyaient l’homme comme le fruit
des influences reçues par l’environnement dans lequel il se forme,
soit, le voyaient en revanche comme le résultat de la somme de ses
gènes, a aujourd’hui pris conscience que tout homme est le fruit de
son patrimoine génétique et de l’environnement dans lequel il grandit.
De la même manière, tous les Juifs reçoivent un héritage génétique
et culturel qui entre en interaction.
Selon l’épigénétique, l’hérédité ne concerne pas seulement les
facteurs génétiques mais également les conditions environnementales
que l’ADN enregistre et archive en tant qu’expérience « vécue ».
Dans un certain sens, notre ADN est comme une bande magnétique
sur laquelle sont enregistrées les expériences de nos ancêtres,
ainsi que le résultat que ces expériences ont généré.
A ces deux éléments, hérédité et environnement, la Torah en

ajoute un troisième : la volonté, le libre arbitre. La libre volonté constitue
l’élément déterminant qui fait toute la différence entre les êtres
humains. Il en est déjà question dans la Genèse, dans le récit des
deux jumeaux, Esaü et Jacob qui, bien qu’ils possèdent le même patrimoine
génétique et le même environnement, ont fait des choix de vie
complètement différents et incompatibles (Berechit 25,19-34; 27,1-
28,9).
Bien que tous les êtres humains aient le même génome, ce qui
fait la différence et qui justifie le caractère unique et inégalable de
l’individu, ce sont les infinies variations des gènes en question ; en
d’autres termes, les « mutations » des gènes qui peuvent aussi être
dupliqués, supprimés, déplacés et inversés. Un fait encore plus déconcertant
est que le séquençage du génome humain a révélé que le
nombre de gènes de notre ADN n’est pas si différent de celui des
souris et des vers.
Alors, si d’un point de vue génétique tous les hommes sont à la
fois égaux et différents et, si le nombre de leurs gènes n’est pas
beaucoup plus élevé que celui des organismes primitifs, qu’est-ce qui
fait donc la différence, pour en arriver à parler d’« ADN Juif » ?
Ce n’est pas le génome qui est différent, mais l’information qui
passe à travers celui-ci. Et quelle est cette information ? La Torah est
l’information, le message que les Juifs conservent et transmettent de
générations en générations. Ceux qui se convertissent au judaïsme,
entrent, eux aussi, en possession de cette information qu’ils transmettront
à leur tour de père en fils.
Certains textes new age actuellement à la mode ont fait le même

rapprochement entre ADN et lettres hébraïques, entre ADN et Noms
de D.ieu en hébreu. De nombreux « maîtres » et nouveaux « gourous
» affirment avoir eu des visions mystiques et reçu des révélations
divines de personnages mystérieux tels que Hanokh, le prophète
Elie, et assurent que le réveil des 12 couches multidimensionnelles de
l’ADN est possible uniquement en faisant usage des Noms divins en
langue hébraïque.
On trouve sur internet, et également dans le commerce des « remèdes
alchimiques », sous forme de gouttes, avec autant de Tétragramme
divin sur l’étiquette, qui promettent d’aider l’homme à
atteindre son élévation mystique.
Au-delà de cet impropre et ô combien discutable usage des
Noms divins en hébreu (un usage qui, d’un point de vue de la loi
hébraïque, est d’ailleurs sacrilège et blasphème, puisqu’il viole le
premier commandement qui est celui de ne pas prononcer le Nom de
D.ieu en vain), nous pouvons cependant constater que ce phénomène
dénote une prise de conscience progressive, même à l’intérieur
du monde laïc et non-juif (un monde qui souvent possède de rares,
voire aucune notion d’hébraïsme, Torah, hébreu, kabbale), de l’extraordinaire
pouvoir que ces sons, archétypes de la langue sainte,
peuvent exercer sur notre information génétique.
Dans la première édition, j’avais exprimé le souhait que ce livre
devienne un lieu qui permette aux âmes de se retrouver, qu’il soit
cette petite allumette capable d’aviver un grand feu au plus profond
des lecteurs. C’est chemin faisant que mon souhait a commencé à se
réaliser, jusqu’à arriver à cette seconde édition qui est le fruit d’une

collaboration avec Valeria Montis,VII doctorant en biotechnologies,
rencontrée au cours d’une conférence que je donnais.
Toutes les nouveautés et découvertes qui enrichissent cette
seconde édition ne sont plus le résultat de cette réflexion unique et
solitaire qui est la mienne, mais de la collaboration interactive et du
dialogue ininterrompu entre Valeria Montis et moi-même. C’est à elle
que j’adresse ma plus profonde estime et gratitude pour avoir corrigé
les ébauches que je lui ai confiées et m’avoir aidée à définir plus
correctement, d’un point de vue technique, les concepts élaborés
ensemble.
Shazarahel


VII Valeria Montis est diététicienne diplômée en Biotechnologies, Docteur
en Biotechnologies.


LA MYSTIQUE DU LANGAGE

suite…

ADN-juif-Genetique-et-kabbale