De la base sublime et profonde des six points théosophiques


  Afficher l'image d'origine
Auteur : Böhme Jakob
Ouvrage : De la base sublime et profonde des six points théosophiques
Année : 1620

 

Préface au lecteur
Nous n’avons point écrit cet ouvrage pour les animaux irraisonnables qui à l’extérieur ont la forme d’homme ; mais qui dans leur image, en esprit sont des bêtes méchantes et sauvages, ce qui se manifeste et se représente dans leurs propriétés : mais pour les images d’hommes, pour ceux qui de l’image bestiale sortent en une image d’homme, qui appartiennent au règne de Dieu et qui voudraient sincèrement vivre et croître dans l’image de l’homme, dans le vrai homme, qui sont souvent et fortement retenus pas la vie opposée, et sont ainsi placés dans une vie mixte, et se tourmentent pour la génération de la vie sainte. C’est pour ceux-là que nous avons fait cet écrit et nous leur disons de ne point regarder comme impossible de reconnaître, et de savoir de semblables secrets ; et nous le leur donnons à considérer dans une comparaison. S’il y avait une vie qui eût poussé de toutes les vies, et qui fût mixte, mais que dans cette même vie il y eût une seconde vie, elle (la seconde vie) serait libre de toutes les autres vies, quoiqu’elle eût poussé de toutes les vies, et cependant elle résiderait aussi dans toutes les essences de la vie.
Cette même seconde nouvelle vie serait éclairée par la lumière, et seulement en soi, afin qu’elle pût contempler toutes les autres vies. Et voyez ; les autres vies ne pourraient ni contempler la nouvelle vie, ni la saisir. Ainsi est chacun qui de la vie mixte, du bien et du mal, est engendré de nouveau en, et de Dieu.
Cette nouvelle image engendrée dans la vie de Dieu contemple toutes les vies naturelles, et pour elle il n’y a rien d’étranger ni de difficile, car elle n’a seulement qu’à contempler sa racine d’où elle est poussée, comme cela nous est aisé à reconnaître : de même qu’une belle fleur pousse de la terre sauvage, sans paraître semblable à la terre, mais éclaire par sa beauté la puissance de la terre, et est ainsi mêlée de bien et de mal : de même est aussi chaque homme qui est engendré de nouveau de la propriété et qualité bestiale sauvage terrestre, en véritable image de Dieu.
C’est pour ceux qui sont maintenant en croissance, et qui tendent au beau lys dans le royaume de Dieu, et sont dans la génération, que nous avons écrit ce livre, afin qu’ils puissent, par son moyen, fortifier leurs essences, reverdir dans la vie de Dieu et croître dans l’arbre du paradis, et porter ce fruit. Puisque tous les

enfants de Dieu croissent ainsi dans cet arbre, et que chacun est une branche de ce même arbre ; nous avons voulu partager notre suc, notre odeur et notre essence avec nos co-rameaux, et nos co-branches dans notre arbre dans lequel nous sommes tous, afin que notre arbre paradisiaque devînt grand, et que nous nous réjouissions les uns et les autres ; afin que chaque branche et chaque rameau protège l’autre contre la tempête ; nous donnons ceci amicalement à réfléchir à tous les enfants de cette végétation dans cet arbre, et nous nous recommandons à leur amour, à leur croissance.

Le Ier point

Chapitre premier
De la première croissance et vie hors du premier principe. Ce qu’il faut regarder et considérer ainsi : savoir, au cas qu’elle fût seule et non mêlée avec les autres, quelle pourrait être sa puissance ; non qu’il faille l’envisager de telle manière qu’elle fût ainsi seule en une figure ou en une créature, mais pour qu’on apprenne à chercher et à sonder le centre de la nature ; et qu’on apprenne à distinguer l’essence divine d’avec la nature

suite…

histoireebook.com