Un conflit dans le désert, les généraux algériens et l’amazighité


 

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Comme première partie. Le Sud algérien est une bouilloire. Dans cet article, seront abordées en gros traits les pressions que subira l’armée algérienne de la part des divers groupes armés qui écument les différents déserts régionaux et des armées occidentales ainsi que l’influence des phénomènes identitaire, l’amazighe en particulier, religieux et informationnels.

Des informations récentes étayent notre dernière analyse, publiée par le Centre de recherche sur la mondialisation titrée, Les migrations en Algérie : Freiner le désastre déclenché. [1]

La première est venue d’Allemagne qui a menacé les pays sous-développés africains qui refusent de recevoir leurs ressortissants qu’elle leur renvoie de suspendre son aide publique au développement (APD) [a] gérée par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La deuxième vient des débats et initiatives au sein de l’Union européenne (U.E) sur une gestion rénovée des migrations car leurs problématiques menacent d’éclatement l’Espace Schengen [b], qui s’il advenait, combiné à la tempête des nationalismes chauvins qui secoue l’euro et la guerre des monnaies, c’est son explosion qui est garantie [2] et dans ce cas, l’Organisation mondiale du commerce sera en stand-by.

La troisième est l’accélération par le Maroc de la régularisation des immigrants qu’il a accueillis.

La dernière est l’arrestation dans la région du M’Zab (Ghardaïa) [c] dans le centre-sud de l’Algérie de présumés espions au profit du Mossad israélien. Il nous est impossible d’avancer une quelconque information sur les sources, causes et objectifs réels des déclencheurs des conflits de nature identitaire et ethnique qu’a connus cette région.

Les événements internationaux majeurs

Avec une perspective de partition ou au moins de reconfiguration territoriale, la Syrie est en voie d’apaisement. Si les Syriens s’occuperont du repeuplement de leur patrie, nécessaire à la consommation, et qui durera environ une quarantaine d’années, le temps de deux générations, pour reconstituer sa propre force de développement ; le cas de la Libye est encore loin de la solution avec la quadrature du cercle qu’est la Bande d’Aouzou, l’Algérie est dans le collimateur, ce qui rendra inextricable toute détérioration de la situation dans la région.

La compagnie Rosneft, réputée russe, une OJSC, aurait quitté l’Algérie. Elle détient dans un partage à 60/40 le projet gazier Project 245-South [3] situé à la frontière algéro-libyenne. Les raisons de ce départ seraient-elles liées à la non profitabilité du gisement, à une augmentation de la prime d’assurance, aux conditions de sécurité ou à une alerte des services de renseignements russes sur les risques encourus comme ceux subis par le gisement de Tiguentourine (Ain Amenas) et le carnage qui en a résulté après l’intervention de l’armée algérienne.

En Europe, c’est la compagnie Tesla spécialisée dans la production de voitures électriques qui fait l’objet d’une prière messianique par certains pays. Parallèlement, c’est la spéculation sur le marché du lithium pour alimenter leurs batteries qui bat son plein. Ces deux industries, en leurs ajoutant les énergies renouvelables, sonnent le tocsin pour le pétrole.

Au niveau politique, l’élection présidentielle française et l’hypocrisie de leurs élites médiatiques, complexées par les approches anglo-saxonnes, qui traitent de tout sauf de la dénonciation de la guerre que mène leur pays en Syrie et Libye et du génocide monétaire en Afrique de la zone CFA. N’est pas Pierre Vidal Naquet, Jean-Paul Sartres, Maurice Audin, Pierre Chaulet, Fernand Iveton et autres qui veut.

Dans le domaine des cultures et langues, alors qu’il est éminemment géostratégique, le 27ème Sommet Afrique-France s’est tenu à Bamako (Mali) en janvier 2017 [5] avec la participation de l’Algérie qui n’est pas membre de l’Organisation internationale de la francophonie. La géostratégie de cet événement réside dans une double dimension linguistique et économique. Les USA ont chassé la France de certains pays africains pour installer l’anglais ; la France doit assurer ses approvisionnements à bas coût.

En rappel, pour être exécutoires, les résolutions de fond du Conseil de sécurité de l’ONU sont votées au 3/5 des membres et sans véto, à défaut des coalitions se constituent dans un opaque espace international sans légalité et avec légitimité qui serviront de support pour l’accaparement de richesses.

Un nouveau président du Groupe de travail pour l’accession de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce a été nommé. Il s’agit de l’Uruguayen Gustavo Miguel VANERIO BALBELA, la coïncidence fait qu’il est du même pays qui a voté la Résolution de forme 2344 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a condamné Israël. [e].

Ayant travaillé sous plusieurs angles l’Algérie et l’OMC, l’auteur affirme que l’État algérien est sous pression et est contraint à nouer des relations officielles avec cet État. De plus, les Algériens doivent s’attendre à une nouvelle dévaluation du dinar pour le rendre convertible à terme.

L’armée algérienne et le risque de conflit dans le désert régional

Dans cette partie, nous articulerons quelques aspects opérationnels d’un conflit armé hybride avec les points listés dans la première partie. Sa rédaction sera marquée par la justification anticipée de la paix, le développement futur de l’Algérie et la considération que ce pays avec ses populations de moins de 30 ans sont l’ultime rempart pour une révolution africaine.

C’est à Blida que l’antimilitariste rédacteur de ce texte a exécuté en appelé de réserve ses deux années d’obligations militaires. Durant son instruction, il a côtoyé durant très peu de temps des Palestiniens qui étaient en formation dans la même école qui l’ont fait penser aux ainés à l’instar de Ali Mecili (1940, 1987), formés en Libye pour la libération de la patrie et c’est dans ce pays qu’a commencé Hocine Ait Ahmed (1926, 2015) à négocier secrètement avec les agents du Département d’État américain.

Hamid, universitaire en philosophie, communiste foncé, est actuellement intervenant dans des journaux avec des textes anti-islamistes à l’acide. Malgré toutes les divergences et oppositions radicales, il était de bonne compagnie avec le rédacteur de ce texte. Côte à côte, dans un exercice d’armement, s’ils ont réussi à démonter les kalachnikovs, les remonter a été une impossibilité. Dans un autre exercice de tir au fusil mitrailleur « Diktariov Piouchine » (la syntaxe de son inventeur russe est juste phonétique), c’est le Bon Dieu qui a fait éviter à l’élève une hécatombe, une inoubliable bévue par l’horrible psychose qu’elle a déclenchée avant l’assurance qu’il n’y avait pas de victimes ; donc en cas de conflit armé dans le désert algérien, compter sur les réservistes est la dernière intelligence.

Idée reçue : En conflit internationalisé, l’armée algérienne est la force qui va sauver le pays. Intégralement faux. C’est le peuple qui constitue la force, l’armée n’est que l’appoint de puissance. La preuve : pour sa guerre de libération, l’Algérie n’avait ni un État, ni une armée. Au-delà de limites individuelles inconnues d’humiliation, des Algériens qui étaient des proxénètes sont devenus des héros adulés de la révolution.

Durant ce mois de janvier 2017, les journaux algériens ont repris à partir d’un site internet poubelle [6] non innocent le classement de l’armée algérienne. Certains plumitifs ont publié des papiers-torchons à effet ravageur sur les lecteurs non avertis.

Dans le désert, les militaires, la guerre et l’amour

Durant la guerre de libération nationale qui s’est déroulée en gros dans le nord, dans des rendez-vous furtifs, les combattant.e.s ont rencontré leurs alter-égos de sentiments dans le maquis, des enfants y ont été probablement conçus avec des amours aussi puissantes  que celles décrites par Yamina Mechakra (1949, 2013) dans La Grotte Éclatée. Dans le désert algérien, il faudra assurer ce besoin humainement animal à ceux et celles qui seront engagés. Les mercenaires et la chair à canon comme les immigrants régularisés par le Maroc n’exigent pas cette garantie. Ils l’obtiendront par les armes dans cette nouvelle catégorie de guerre : celle du viol, y compris le religieux, répandue dans tous les conflits. Ces viols massifs aux effets démographiques et intergénérationnels ravageurs dont sont victimes les filles et les femmes sont devenus un problème si majeur qu’il est pris en charge par l’ONU, la Cour pénale internationale, les ONG et les stars, parmi ces dernières, le souci du gain lucratif est présent.

Le paradoxe de l’eau et du diamant qui n’en est plus un

La victoire dans un conflit armé dans le désert est garantie par le contrôle de l’eau et rien d’autre. Par ses aspects utilité (garantie de la vie) et valeur (richesse dans le PIB), ce paradoxe est très célèbre en économique. L’Algérie sera amenée à mettre sur la table des négociations plurilatérales ces deux richesses. L’État algérien – à ne pas confondre avec le pouvoir – qui doit rester debout doit dès à présent l’utiliser comme arme dissuasive contre la guerre et argument solide pour la paix. Dans une métamorphose radicale de la condition d’équilibre international, les Algériens associeront les pays voisins, par populairement dit, du chantage ; par théorie des jeux, ce sont les comportements stratégiques et le politiquement pratiqué en Afrique, il est dit : relations fraternelles et chaleureuses qui ne sont au fait que des fanfaronnades que les Algériens appellent Smata, qui doit cesser !

Grains de sable et la guerre

Les poreuses frontières algériennes longues de 6734 km. Elles sont en grande partie désertiques. Pour faire la guerre, il faudra déplacer des troupes et des équipements. Les grains de sable peuvent anéantir toutes les stratégies mieux que toute l’aviation qui sera déployée. Il faudra déplacer aussi le haut commandement militaire composés de généraux vers le sud qui vivront dans des conditions naturelles hostiles avec les guerriers. Ils sont issus du peuple lequel est traversé par des courants religieux et identitaires antagonistes que la loi fondamentale a aggravés et qu’il faut aplanir.

La guerre de l’information

En plus d’être la violation d’un droit, la censure de l’information est un crime parce que sans liberté d’informer, l’information génocidaire dominera. Encourager un affrontement qui sera extrêmement violent entre les diverses sources d’informations est le seul moyen pour les patriotes honnêtes qui maitrisent ce domaine de contrer les hordes sanguinaires.

La libération de l’information favorisera les échanges et les communions entre les peuples de la région, comme durant la révolution algérienne, la mère de l’émancipation de l’humanité.

Obligations pour les Algériens.

Considérant que tout argument de conjoncture défavorable est irrecevable et dans la forme et dans le fond, la bâtarde constitution algérienne doit être suspendue avec le maintien de toutes les libertés civiles et politiques ; un état de guerre monétaire national et régional doit être décrété.

Dans une initiative précédente, Initiative pour un hymne national bilingue. Appel à un challenge, à un défi, [7] aux côtés de noms algériens connus, sans réagir, des généraux algériens ont été cités nommément.

Mettre en œuvre des solutions simples et gratuites est une urgence pour l’Algérie. La première est un hymne national bilingue faisable en moins de trois mois, la deuxième est d’imposer immédiatement un cursus en tamazight pour les étudiants en médecine et droit et « foutre » la paix aux élèves du primaire, la troisième est de cesser cette destructrice austérité et déclarer la santé publique comme droit universel et richesse nationale publique (commune et partageable pour plus de clarté) qui doit être gratuite pour tous.

La culture du complexe de la petite raison individuelle, du paternalisme stupide et l’infantilisation des Algériens de moins de trente ans doivent cesser à la présidence de la République, commandement militaire. Un salvateur esprit d’État et la reconnaissance de la justesse d’une solution proposée par un paysan sont des noblesses.

Cherif Aissat

 

Notes

[a] Aide publique au développement (Public Development Assistance) est une dotation monétaire des 35 pays de l’OCDE au profit des pays sous-développés qui s’élève par entente (théoriquement) à 0.7% du PIB de ces pays. Dans les faits, peu de pays la versent et la moyenne est de 0.3% du PIB.

[b] L’Espace Schengen désigne un sous-ensemble de pays de l’U.E qui ont accepté de coordonner par une politique la gestion de la mobilité de la force de travail (main d’œuvre).

[c] En plus des attributs cités, faudrait-il ajouter ceux liés au partage et prédation des ressources naturelles : la terre et l’eau. Le Mouvement autonomiste du M’Zab dont certains leaders sont en prison, copie des mouvements autonomistes de Kabylie (centre) et Chaoui (est) y est actif.

[d] Sa participation à 60% du capital confirme que la loi sur l’investissement dite de 51/49 a été une supercherie, officialisée et certifiée par sa disparition pure et simple imposée par le FMI dans la politique d’ajustement structurel exécutée actuellement par l’Algérie.

[e] Pour l’accession de l’Algérie à l’OMC, aucune réunion n’est prévue pour 20147 pour étudier, encore une fois, cette accession qui dure depuis 1987, 30 ans ! Ce délai tord le cou à tous les classements de l’Algérie dans les indicateurs dits de la gouvernance.

Sources d’informations

[1] AISSAT, Chérif. Les migrations en Algérie : Freiner le désastre déclenché. http://www.mondialisation.ca/les-migrations-en-algerie-freiner-le-desastre-declenche/5566541

[2] European Parliament News. Migration: a common challenge. EU in search of response to refugee crisis. http://www.europarl.europa.eu/news/en/top-stories/20150831TST91035/migration-a-common-challenge  

[3] Rosneft. Field Development Plan Being Specified at Block 245 South in Algeria. https://www.rosneft.com/press/releases/item/114474/

[4] WTO. Algérie. Accessions. https://www.wto.org/french/thewto_f/acc_f/a1_algerie_f.htm

[5] OIF. Sommet Afrique France. http://www.francophonie.org/CP-SG-27e-Sommet-Afrique-France-47566.html

[6] Global Fire Power. Algeria Military Strength.  http://www.globalfirepower.com/country-military-strength-detail.asp?country_id=algeria

[7] AISSAT, Chérif. Initiative pour un hymne national bilingue. Appel à un challenge, à un défi. http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3479-initiative-pour-un-hymne-national-bilingue-appel-a-un-challenge-a-un-defi