Françoise cache ses secrets mais en période de désastre elle parle sans limite !


Françoise cache ses secrets mais en période de désastre elle parle sans limite !

A chaque fois que je traverse le passage Vérité du 1er arrondissement de Paris, qui relie la place de Valois à la rue des Bons-Enfants et à la rue Montesquieu, je me souviens des paroles de Frantz Fanon dans « Les damnés de la terre » : « Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence ».

Le symbolisme nous fait leçon dans un temps où les animaux sont banderoles de l’histoire. Le cheval, le chameau et la grenouille esquissent les lignes de l’histoire contemporaine dans un monde agité. Pendant mes études aux Etats-Unis, j’ai appris de la bouche de mes amis de l’Institut de technologie de New Jersey que les Américains appelaient les Français « the frogs ». Ce mot veut dire grenouilles. Ils reconnaissaient les Arabes par « the camel » qui signifie chameau ou « djamel » en arabe. Dans la culture américaine, les habitants d’Afrique du nord sont reconnus par les chevaux de bataille de Tarik Ibn Ziad, de l’Emir Abdelkader et de notre Jeanne d’Arc, Lala Fatma N’soumer. Je suis un villageois qui habitait non loin de la jumenterie et je sais que le Marengo est un entier arabe. Napoléon a possédé plusieurs chevaux présumés barbe dont le Marengo et le Vizir. Ces deux chevaux sont classés comme pur-sang arabe. Le Marengo est une énigme. Il ne figure pas sur le registre des chevaux de selle de Napoléon puisqu’il cache une histoire. Ce cheval fait revivre la bataille de Waterloo et son nom filme la défaite de Napoléon. Sa mort en 1832 à Brandon en Grand Bretagne rappelle aux algériens la colonisation française. Je conseille aux gens qui s’intéressent au symbolisme de l’histoire coloniale de visiter le musée national de l’armée anglaise, The National Army Museum de Londres, pour voir le squelette de ce cheval. L’échange du cheval de marbre de François contre les deux chevaux et une jument algériens est une coïncidence de l’histoire ou une nouvelle lecture de l’histoire coloniale.

Entre le blatèrement et le coassement politique dans le désert une histoire drôle du nouveau colon se raconte au Qatar. Un chameau et une grenouille s’échangent des idées politiques pour arriver à une feuille de route qui permettra aux grenouilles de traverser le grand désert et aux chameaux d’escalader les monts des Alpes. Le relief du désert est plat et son sol est mouvant. Le relief des Alpes est onduleux et son sol est rocailleux. Le point fort de cette feuille de route veut qu’une grenouille soit accompagnée par un chameau dans la traversée du désert d’une part et qu’un chameau soit accompagné par une grenouille pour escalader les monts des Alpes d’autre part. Dans le désert, la grenouille trouva la solution facile. Elle prit position sur le dos du chameau durant son voyage et termina sa mission sans peine et sans tourment. Aux Alpes la grenouille demanda au chameau d’apprendre les sauts de grenouilles pour terminer sa mission. Elle refusa de le prendre sur son dos en disant : vous êtes trop lourd et le contrat du Qatar ne mentionne pas cette situation.

Je continue cette histoire par les paroles du patron de la diplomatie française: « Il y a des pays qui peuvent être réticents à l’intervention militaire au Mali, mais ils ne sont pas ceux qui vont au Conseil de sécurité faire obstacle puisque nul ne fera obstacle ». Dans ses illusions politiques Fabius faisait allusion à l’Algérie. La phrase : nul ne fera obstacle éclaircit l’image sombre de la démocratie au sein des Nations unies.

Monsieur Just, un étudiant habitant non loin de la rue des écoles au quartier latin de Paris voit les choses autrement. Il analyse la politique étrangère de Fabius comme suit : La France a une attitude très trouble en matière de politique étrangère. Elle est emprisonnée dans l’OTAN depuis 2007, et doit donc suivre à la lettre les orientations politiques, économiques et stratégiques des USA, qui sont les nouveaux chefs des français. La France soutient les islamistes fondamentalistes, salafistes, wahabites, dans leur tentative de renversement du gouvernement syrien, par obéissance à Washington qui veut mettre fin à l’influence russe dans ce pays, et utilise donc les islamistes (comme ils l’avaient fait autrefois en soutenant les moudjahidines en Afghanistan, contre les soviétiques). La France, qui dit lutter contre l’intégrisme religieux sur son sol, mais qui accepte que les pays complices de l’intégrisme (Qatar, Arabie saoudite et autres …) achètent la dignité française. Il est grand temps que la France adopte une politique étrangère indépendante et cohérente avec sa politique intérieure, et surtout attaque l’intégrisme religieux partout où il se trouve, là -bas et ici.

En plus clair, Monsieur Just veut rappeler au patron de la diplomatie française que la France n’est plus la maitresse en Afrique et les africains ne sont plus ses esclaves. Le temps des roitelets tire à sa fin et les facilitateurs de guerre sont vus comme des falsificateurs de l’histoire du Mali. Ce fut un temps où les roitelets qui avaient peur de perdre leurs petits territoires en Afrique demandaient l’appui des français. De Dakar à Cotonou en passant par Abidjan ou Alger, les fourberies des hommes politiques français confrontent une barrière d’hommes forts et vaccinés. Des hommes qui ne croient plus au jeu de hasard en Afrique. Les débats hypocrites et les idées de liberté trompeuses ou pompeuses ne font plus large écho chez les peuples africains. La plupart des africains ne sont plus séduits par une France où la démocratie et la liberté sont parfois à l’état d’ébauche. Des roitelets marionnettes non expérimentés dans les conflits africains essayent de vendre en Afrique une histoire déjà vue. Une histoire de retour à la servitude, la dépendance et l’esclavage. Comme tous les africains les maliens font la distinction entre un Sarakolé et un Sarkozy. L’histoire des guerres en Afrique nous démontre que pour les Sarakolé, les français étaient plus que des envahisseurs donc indignes d’être servis par des musulmans.

La politique de la francisation en Afrique nous dévoile ses intentions. Quand un président français (Sarkozy par exemple) perd sa popularité à l’intérieur de son pays, il trouve toujours un moyen facile pour améliorer son image. Au lieu de faire face à ses problèmes internes il fuit en avant pour résoudre des problèmes que les détenteurs du veto ont créés ailleurs. Le recours aux bruits des canons en Afrique ou dans le monde musulman est souvent le maquillage qu’il faut pour embellir la face politique des leaders dans des pays étranglés par une crise économique dans un monde mal conçu. Les sifflements des balles gonflent momentanément ces leaders et leur peint une image de beauté provisoire avant de les effacer de l’histoire. Sarkozy est un bon exemple qui illustre cette idée. François Hollande ne doit pas oublier le discours du président Sarkozy à Dakar, le 26 juillet 2007. Ce discours avait été vécu en Afrique comme une provocation superflue pour certains ou comme une agression non réfléchie pour d’autres.

Bien que le Mali ne ressemble pas à la Libye, François Hollande s’aventure et veut suivre la route autodestructrice que Nicolas Sarkozy a minée en 2010. Comme en Libye, l’imprévu transforme l’intervention militaire au Mali en un cauchemar hollandais. Le piège est tendu et les hommes sages conseillent « pour envisager une action militaire dans cette ancienne colonie française, il faut peser consciencieusement les conséquences de déstabilisation de la région et son impact sur le sol français. Les mécontents seront nombreux et vont surement renverser la vapeur dans les tuyères de la guerre. L’éjection des haines dans le moteur anticolonial vont guider les conflits vers d’autres directions ». L’information circule et les mensonges se publient. Françoise, Joséphine et Kwong imagent l’histoire d’une France errante dans l’Afrique des surprises.

Françoise est une vieille dame africaine de l’ancien Empire français. La mère de Françoise est originaire du Sud du Mali et son père est un homme bleu du Nord malien. Le Nord du Mali, un désert appelé Azwan, est habité par des hommes bleus dits Touaregs. Le Sud, connu sous le nom brousse, est peuplé de groupes venants du Sénégal, de Guinée, du Burkina et même du Ghana ou du Kenya. Françoise parle le Bambara et accepte malgré elle le français comme langue officielle. Françoise ne cache pas l’amour de son pays dont la superficie correspond à celle de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Belgique et des Pays-Bas réunis. Françoise essaye par tout le moyen de ne pas perdre espoir même au plus fort malentendu avec son bien aimé qui habite à Paris non loin de l’Arc de Triomphe. Elle a beaucoup cru à ses mensonges mais après l’arrivée d’un jeune entrepreneur chinois nommé Kwong, elle a changé de comportement. Kwong ne parle pas français en Afrique. Il trouve que le français n’est ni nécessaire ni suffisant pour commencer un business dans une terre africaine vierge mais longtemps pillée, dépouillée et rançonnée par des colons européens. Il a très vite appris le Bambara pour mieux communiquer avec les africains. Françoise veut que ce jeune chinois devienne le petit amant de sa fille, Joséphine la brunette, qui ne parle pas français. Joséphine a bien appris la leçon de son grand père « Paris avait créé de toute pièce monsieur Toussaint le Napoléon noir quand l’ombre du nègre agitait les haines de Bonaparte en Afrique ». Plusieurs Toussaint en Afrique attendent la distribution des couronnes de leurs chefs français. Entre les haines de Bonaparte et le Royaume de Hollande, Françoise cherche sa position dans une Afrique déchirée par les maladies, les guerres, la pauvreté et l’ignorance. Kwong est devenu un objectif pour une dame africaine longtemps déboussolée et sans objectif.

Françoise cache ses secrets mais en période de désastre elle parle sans limite. Dans son esprit les souvenirs reviennent. Elle se rappelle qu’en janvier 1961, Modibo Keïta, soutenait les Algériens dans leur guerre d’indépendance et réclamait le départ immédiat de toutes les troupes françaises stationnées au Mali. A cette époque Françoise était une jeune fille âgée de 15 ans mais elle se souvient du dernier détachement français abandonnant la base aérienne de Bamako en septembre 1961.

Françoise a beaucoup de choses à nous dire. Elle nous informe que le couple Sarkozy-Bruni a acquis un palais à Marrakech où il mènera une belle vie comme conseiller de Mohamed VI. Pour Françoise, Sarkozy est devenue un Laurence au Maghreb. Elle a vu Sarkozy en gandoura et Bruni en Djellaba en compagnie de Bernard Levy dans un restaurant chinois à Marrakech. Ce triplet faisait fausse image dans une salle rouge fréquentée par des ouvriers chinois. Elle nous met en garde et dit «Sarkozy est devenu votre voisin de droite. Le Roi l’avait chargé de s’occuper des trafiqueurs d’armes et des bandits venants de tous les horizons. Les malfaiteurs et les mercenaires attendent le moment opportun pour traverser les frontières du Mali. Sarkozy et Bernard Levy accompliront très bien leur mission quand Hollande sifflera le début du match de guerre au Mali».

Le bien aimé de Françoise joue au Bonaparte. Il a juré de revenir vivre en Afrique quand le calme retournera au Mali. Il veut assurer à Françoise et sa fille Joséphine une vie en rose dans le nouveau Royaume Hollandais. Il a toujours cru que Joséphine la brunette était française puisqu’elle ressemble aux filles haïtiennes. Françoise est une fille modeste qui aime la vérité. Elle se rappelle des paroles de son père qui lui disait «Mentir un peu sur tout, n’est pas bien, dire la vérité correctement sur peu, c’est acceptable». Le père de Françoise reconnait que le Royaume de Hollande ressemblera à l’état satellite de l’Empire français qui a existé de 1806 à 1810. Napoléon Ier a créé ce petit état pour remplacer la République batave. Cet état a duré 6 ans. Son histoire se répète en Afrique.

Nous sommes en 2012, deux siècles après Napoléon. François Hollande veut jouer au Napoléon. Il veut créer un royaume pour Françoise et Joséphine au sud du Mali pour empêcher Kwong de s’installer en Afrique. Dans ce royaume, le droit de rêver sera accordé à Françoise et le Mali deviendra le paradis africain après division à la soudanaise. Ce royaume sera dirigé de Paris et les rêves de Françoise seront vus en différé dans un paradis malien où 65 % du territoire est occupé par le désert.

En conclusion : Kwong sait faire la différence entre le drapeau hollandais et le drapeau français en Afrique. Il comprend bien les massacres et tueries qui se cachent derrière ces étendards. Le conflit au Mali est le résultat des discordes entres les puissances qui utilisent le droit de veto pour préserver leurs intérêts par les combats. La France veut que les Algériens s’impliquent dans une solution militaire au Mali. Ils veulent induire les Algériens dans une guerre injuste et inutile. Ce fut un temps où la France coloniale ramenait des africains pour terroriser les algériens. Le temps de la légion étrangère stationnée à Sidi Bel-Abbes est dépassé. Le cheval de marbre caracole entre la spéculation et l’incroyable et les Algériens sont conscients du piège tendu par la France et ses maitres. Nous avons trop souffert durant la domination française et pendant la décennie du terrorisme. Il est impératif pour nous Algériens de serrer nos rangs, d’être solidaires et protéger notre armée contre les illusions politiques. Une balle tirée par un soldat algérien au-delà s de nos frontières ternira interminablement le respect de la révolution algérienne dans le monde.

Pr. Omar Chaalal

Source : lematindz.net