Comment le lobby chinois a façonné l’Amérique.


les-crises.fr

par Jonathan Marshall

Le lobby chinois est un prototype du lobby étranger moderne à Washington. Il a soudoyé et plié les dirigeants politiques des États-Unis au service de la volonté des Nationalistes qui ont fui à Taïwan et qui contribuèrent au maccarthysme, signale Jonathan Marshall.

Un des premiers grands groupes de pression étrangers à prospérer après le passage du Foreign Agents Registration Act [NDT : loi relative à l’enregistrement des agents étrangers] de 1938 fut le tristement célèbre Lobby chinois, défini par William Safire dans son dictionnaire politique comme « une expression d’attaque utilisée contre ceux qui incitent à soutenir Tchang Kaï-Chek contre Mao Tsé-Toung, puis à aider Tchang à Taïwan. »

Attestant de l’importance du lobby chinois comme précurseur – et qui devrait s’appeler en fait le lobby taïwanais – Safire lui reconnaît d’avoir inspiré l’expression « lobby israélien » pour décrire le réseau de soutien tout aussi puissant d’un autre pays tout aussi petit. [NdT : William Lewis Safire est un auteur américain, journaliste et rédacteur de discours présidentiels]

Le lobby chinois a demandé — avec succès — des milliards de dollars d’aide militaire et économique pour la dictature de Tchang Kaï-Chek, d’abord en Chine continentale puis à Taïwan. Exploitant la vague anticommuniste durant l’ère McCarthy, il aussi réprimé brutalement toute critique sur les défauts de la Chine nationaliste ou toute démarche vers une reconnaissance diplomatique de la République Populaire de Chine.

Parmi ses agents américains figuraient des avocats lobbyistes à l’instar de Thomas Corcoran, un ancien partisan du New Deal qui redirigea ses talents vers les intrigues lucratives. D’autres étaient des militants anticommunistes comme le général Claire Chennault de l’escadrille des Tigres volants, qui fonda une compagnie aérienne contrôlée par la CIA – Civil Air Transport – avec l’aide de Corcoran pour soutenir les armées de Tchang Kaï-chek et conduire des opérations clandestines en Extrême-Orient.

Beaucoup étaient des partisans Républicains qui rejetaient les critiques sur la corruption du régime de Tchang et qui attaquèrent l’administration Truman pour ne pas avoir envoyé suffisamment d’aide financière et militaire afin de prévenir la « chute de la Chine ».

En 1949, deux membres du Congrès demandèrent une enquête sur « la puissance insolente » du lobby. Le député Mike Mansfield, un Démocrate du Montana qui deviendrait plus tard chef de la majorité au Sénat, accusa les représentants de la Chine nationaliste – qui avaient fui cette année-là la Chine continentale vers Taïwan au lendemain de la révolution communiste – de détourner l’aide américaine pour financer de la propagande politique aux États-Unis.

Ironiquement, une dérogation opportune de 800 000 dollars des fonctionnaires de la Chine nationaliste à Taïwan pour leur bureau de New York finança une campagne qui réussit à étouffer l’enquête proposée.

Quelques journalistes intrépides travaillèrent dur pour remédier au manque de renseignements. En avril 1952, le magazine Reporter publia deux numéros successifs dénonçant le lobby chinois.

« Pendant que ce qui reste de l’armée de Tchang Kaï-Chek rouille à Formose [autre nom de Taïwan], les lobbyistes emploient toutes leurs ressources intellectuelles et financières aux États-Unis », a fait remarquer le rédacteur Max Ascoli. « Ces deux dernières années, ils ont rencontré un succès remarquable. Une fois de plus il est démontré qu’on ne peut ni répondre ni s’opposer aux gros mensonges. »

Dans ses commentaires sur les méthodes brutales du lobby chinois – utiliser une démagogie maccarthyste et évincer du gouvernement les experts libéraux sur la Chine – le magazine l’a décrit comme « la chose la plus proche d’un véritable parti communiste que notre pays ait pu avoir. Il n’y a aucune autre organisation à laquelle le lobby chinois puisse être comparé, avec son noyau dur d’agents fanatiques travaillant à plein temps, ses légions souterraines de sympathisants égarés, ses organismes paravents, et ses fonctionnaires étrangers bénéficiant à Washington de l’immunité parlementaire et rendant consciencieusement compte au siège central. »

Le soutien de la CIA

La série du Reporter avait vraisemblablement le soutien de fonctionnaires de l’administration Truman, et fut substantiellement rendue publique par un ancien officier du renseignement américain, qui s’était fait embaucher par le Time magazine après avoir été le premier chef du bureau de la CIA à Paris.

Son coauteur eut une réunion préparatoire avec l’assistant du directeur de la CIA en mars 1952, lui donnant un détail explosif non mentionné dans la version publiée : « le gouvernement nationaliste avait versé plus de 2 000 000 de dollars à la campagne républicaine en 1948. »

Le succès des Républicains lors des élections de 1952 a cependant forcé la CIA à se rapprocher du lobby chinois. Les organisations pro-Taïwan comme le « Comité pour la Défense de l’Amérique en aidant la Chine anticommuniste » et le « Comité des affaires nationales » ont compté parmi leurs dirigeants ou administrateurs des prête-noms connus pour des opérations de propagande de la CIA, comme William Donovan, ancien chef du Bureau des services stratégiques, Jay Lovestone, un organisateur de projets financés par la CIA, et Cord Meyer, qui a pris en charge la Division des organisations internationales de l’Agence en 1954.

La CIA a également financé clandestinement des organisations anticommunistes, comme le « Comité de l’Asie libre », et « l’Aide aux intellectuels chinois réfugiés (ARCI) », qui ont renforcé les messages du lobby chinois.

Le président exécutif de l’ARCI, Christopher Emmet, a salué ainsi son rôle : « sensibiliser les Américains à la cause anticommuniste chinoise… La raison en est que l’appel humanitaire pour les secours permet incidemment de donner tous les faits politiques concernant la persécution, etc. Il ne suscite pas de contestations et d’attaques, comme c’est le cas dans la propagande politique directe. »

La première étude théorique sur cette campagne de pression a finalement paru – brièvement – en 1960. Dans son introduction à « The China Lobby in American Policy », le politologue Ross Koen a fait sensation en affirmant « qu’il existe… de fortes preuves selon lesquelles un certain nombre de fonctionnaires chinois [nationalistes] ont participé à la contrebande illégale de stupéfiants aux États-Unis, au su du gouvernement nationaliste chinois et avec sa connivence. Les preuves indiquent que plusieurs Américains éminents ont participé à ces transactions, et en ont bénéficié. Elles indiquent en outre que le business des stupéfiants a été un facteur important dans les activités et les transformations du lobby chinois ».

Un énergique publicitaire du lobby chinois a obtenu des épreuves préliminaires du livre et les a partagées avec des alliés dans l’administration Eisenhower. Ensemble, ils ont exercé de lourdes pressions juridiques et politiques sur l’éditeur, Macmillan, pour retirer le livre. Le livre n’a été réédité qu’en 1974, par Harper & Row.

Richard Nixon et le lobby chinois

Grâce à ses campagnes de propagande percutantes, le lobby chinois a empêché la reconnaissance diplomatique par les États-Unis de la République populaire de Chine – le pays le plus peuplé de la Terre – pendant plus de deux décennies. Son influence sur la politique étrangère des États-Unis n’a été rompue qu’en 1972, lorsque le président Nixon a finalement ouvert des pourparlers avec Pékin pour aider à mettre fin à la guerre du Vietnam.

Ironiquement, Nixon était depuis longtemps l’un des partisans les plus ardents défenseurs du lobby de la Chine. Il a remporté l’élection de sénateur de Californie en 1950 en partie en exploitant l’insatisfaction populaire à l’égard de la « perte » de la Chine par l’administration Truman et de la guerre sanglante qui a suivi en Corée.

Le chroniqueur de Washington, Drew Pearson, a publié plus tard le fait que Nixon avait obtenu un grand versement en espèces de l’un des neveux de Tchang pour aider à financer sa campagne réussie de 1950 contre Helen Gahagan Douglas, titulaire démocrate libérale. Pearson a également appris – mais n’a pas publié – le fait qu’un agent nationaliste chinois avait fourni 500 000 dollars en espèces pour financer les dépenses de campagne d’autres sénateurs républicains à l’échelle nationale.

Des années plus tard, lors de la campagne électorale présidentielle de 1968, Nixon a utilisé les services d’une éminente personnalité du lobby chinois, Anna Chennault – veuve de l’ancien général américain Claire Chennault et, à part entière, prodigieuse collectrice de fonds pour les républicains – comme son émissaire privé auprès du président du Vietnam du Sud.

Grâce à elle, Nixon a secrètement bloqué la proposition du président Johnson pour des pourparlers de paix entre le Vietnam du Nord et du Sud, afin de ralentir l’essor de la campagne de Hubert Humphrey. Johnson, apprenant par des sources de renseignements top secrètes l’intervention de Nixon/Chennault , n’a rien dit publiquement, mais s’est plaint amèrement au leader républicain du Sénat, Everett Dirksen : « C’est une trahison ».

L’héritage du Lobby chinois

La même année, le lobby chinois a suscité un lobby parallèle soutenant la dictature militaire de Corée du Sud, un allié anticommuniste proche de Taïwan. En 1968, Richard Hanna, partisan de Taïwan et député démocrate du comté d’Orange – le fief de Nixon – « a chargé » le Premier ministre de la Corée du Sud « de faire pression sur le Congrès des États-Unis en imitant la réussite des modèles établis par Israël et Taïwan ».

À la suite de ses conseils, un homme d’affaires sud-coréen, travaillant avec l’Agence centrale coréenne de renseignement, a commencé à recycler les commissions des ventes de riz des États-Unis à la Corée afin de payer des divertissements somptueux et des pots-de-vin généreux à des membres du Congrès, à des membres du cabinet et à d’autres personnes influentes de Washington, y compris au secrétaire à la Défense Melvin Laird, pendant les années Nixon.

À la fin des années 70, un « micro » de la CIA dans le bureau du président de la Corée du Sud l’a impliqué dans un projet visant à dépenser jusqu’à un million de dollars par an pour acheter des dizaines de fonctionnaires américains, mais l’administration Nixon n’a pris aucune mesure.

En 1973, un membre du Congrès qui échapperait plus tard, à cause de la prescription, à une poursuite pour corruption, a écrit au président de la Corée du Sud une lettre d’appréciation, avec pour commentaire : « vous avez une équipe extrêmement compétente qui travaille en votre faveur et obtient de bons résultats pour votre pays. Rien, comme vous le savez, ne se passe sans beaucoup de travail et de soutien ».

L’homme d’affaires sud-coréen qui a payé les pots de vin a finalement témoigné devant le Congrès en 1978, une décennie après le début du scandale du « Corée-gate », contre l’octroi d’une immunité totale. Bien qu’il ait impliqué quelque 30 membres du Congrès, seulement 10 ont démissionné ou ont fait face à des accusations criminelles.

Taïwan, de son côté, a continué à maintenir un formidable lobby à Washington dans les années 70, malgré la trahison du président Nixon reconnaissant la Chine continentale. Le lobby a continué à gagner les cœurs et les esprits des républicains conservateurs, dont Ronald Reagan. Entre autres moyens, il utilisait les services du cabinet de relations publiques Deaver et Hannaford, qui représentait également les dictatures militaires de l’Argentine et du Guatemala.

Le partenaire du cabinet Michael Deaver, ancien adjoint du gouverneur Reagan, est devenu le chef d’état-major adjoint du président Reagan en 1981. Au grand désagrément de Pékin, les ventes d’armes américaines à Taïwan ont progressé, passant de 312 millions de dollars en 1981 à un maximum de 709 millions de dollars en 1985. Un Taïwan reconnaissant, en compagnie de la Corée du Sud, a fourni un soutien secret aux « Contras » anticommunistes qui luttaient dans ces années-là contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua.

En 1987, Deaver a été reconnu coupable de parjure devant le Congrès et devant un grand jury fédéral, concernant son utilisation de la Maison-Blanche pour des activités de lobbying.

Le lobby de Chine vit toujours, avec une influence diminuée, dans le Parti républicain d’aujourd’hui. Sa plate-forme 2016 a appelé à une augmentation des ventes d’armes à Taïwan, à réintégrer le pays dans les organisations internationales et à s’engager pour sa défense en cas de confrontation militaire avec la Chine.

Au cours de la campagne présidentielle, le candidat Donald Trump a nommé dans son équipe de transition plusieurs solides partisans de l’île. En décembre 2016, il y a eu son coup de fil bien connu au chef de Taïwan pour célébrer leurs élections respectives et se féliciter des « liens économiques, politiques et de sécurité étroits » entre les États-Unis et Taïwan.

Depuis lors, bien sûr, le président Trump s’est contredit sur cela comme sur bien d’autres politiques, coupant les ponts avec Taïwan pour cultiver le président de la Chine, Xi Jinping. Mais ne pariez pas que Taïwan est fini. Si Xi ne parvient pas à agir sur la Corée du Nord, ou si les affrontements militaires américano-chinois augmentent de nouveau en mer de Chine méridionale, la petite île qui, autrefois, a actionné une armée de supporters américains, pourrait encore rugir à Washington.

Jonathan Marshall est un contributeur régulier de Consortiumnews.com.

Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 20-05-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

L’ANTÉCHRIST


  Résultat de recherche d'images pour "Renan Ernest"
Auteur : Renan Ernest
Ouvrage : L’antéchrist
Année : 1873

 

 

 

INTRODUCTION

CRITIQUE DES PRINCIPAUX DOCUMENTS ORIGINAUX
EMPLOYÉS DANS CE LIVRE.

Après les trois ou quatre ans de la vie publique de Jésus,
la période que le présent volume embrasse fut la plus
extraordinaire de tout le développement du christianisme.
On y verra, par un jeu étrange de ce grand artiste inconscient
qui semble présider aux caprices apparents de
l’histoire, Jésus et Néron, le Christ et l’Antéchrist opposés,
affrontés, si j’ose le dire, comme le ciel et l’enfer. La
conscience chrétienne est complète. Jusqu’ici elle n’a
guère su qu’aimer ; les persécutions des juifs, quoique
assez rigoureuses, n’ont pu altérer le lien d’affection et de
reconnaissance que l’Église naissante garde dans son
coeur pour sa mère la Synagogue, dont elle est à peine
séparée. Maintenant, le chrétien a de quoi haïr. En face
de Jésus, se dresse un monstre qui est l’idéal du mal, de
même que Jésus est l’idéal du bien. Réservé comme Hénoch,
comme Élie, pour jouer un rôle dans la tragédie
finale de l’univers, Néron complète la mythologie chrétienne,
inspire le premier livre saint du nouveau canon,
fonde par un hideux massacre la primauté de l’Église romaine,
et prépare la révolution qui fera de Rome une ville
sainte, une seconde Jérusalem. En même temps, par une
de ces coïncidences mystérieuses qui ne sont point rares
aux moments des grandes crises de l’humanité, Jérusalem
est détruite, le temple disparaît ; le christianisme, débarrassé
d’une attache devenue gênante pour lui, s’émancipe
de plus en plus, et suit, en dehors du judaïsme vaincu, ses
propres destinées.
Les dernières épîtres de saint Paul, l’épître aux Hébreux,
les épîtres attribuées à Pierre et à Jacques,
l’Apocalypse, sont, parmi les écrits canoniques, les documents

principaux de cette histoire. La première épître de
Clément Romain, Tacite, Josèphe, nous fourniront aussi
des traits précieux. Sur une foule de points, notamment
sur la mort des apôtres et les relations de Jean avec l’Asie,
notre tableau restera dans le demi-jour ; sur d’autres,
nous pourrons concentrer de véritables rayons de lumière.
Les faits matériels des origines chrétiennes sont
presque tous obscurs ; ce qui est clair, c’est
l’enthousiasme ardent, la hardiesse surhumaine, le sublime
mépris de la réalité, qui font de ce mouvement le
plus puissant effort vers l’idéal dont le souvenir ait été
conservé.
Dans l’introduction de notre Saint Paul, nous avons
discuté l’authenticité de toutes les épîtres qu’on attribue
au grand apôtre. Les quatre épîtres qui se rapportent à ce
volume, les épîtres aux Philippiens, aux Colossiens, à
Philémon, aux Éphésiens, sont de celles qui prêtent à
certains doutes. Les objections élevées contre l’épître aux
Philippiens sont de si peu de valeur, que nous y avons à
peine insisté. On a vu et on verra par la suite que l’épître
aux Colossiens donne beaucoup plus à réfléchir, et que
L’épître aux Éphésiens, quoique très autorisée, présente
une physionomie à part dans l’oeuvre de Paul. Nonobstant
les graves difficultés qu’on peut soulever, je tiens
l’épître aux Colossiens pour authentique. Les interpolations
qu’en ces derniers temps d’habiles critiques ont
proposé d’y voir ne sont pas évidentes1. Le système de
M. Holtzmann, à cet égard, est digne de son savant auteur
; mais que de dangers dans cette méthode, trop accréditée
en Allemagne, où l’on part d’un type a priori qui
doit servir de criterium absolu pour l’authenticité des oeuvres
d’un écrivain ! Que l’interpolation et la supposition
des écrits apostoliques aient été souvent pratiquées durant
les deux premiers siècles du christianisme, on ne
saurait le nier. Mais faire en pareille matière un strict


1 H. J. Holtzmann, Kritik der Epheser und Kolosserbriefe, Liepzig, 1872.


discernement du vrai et du faux, de l’apocryphe et de
l’authentique, est une tâche impossible à remplir. Nous
voyons avec certitude que les épîtres aux Romains, aux
Corinthiens, aux Galates sont authentiques. Nous voyons
avec la même certitude que les épîtres à Timothée et à
Tite sont apocryphes. Dans l’intervalle, entre ces deux
pôles de l’évidence critique, nous tâtonnons. La grande
école sortie de Christian Baur a pour principal défaut de
se figurer les juifs du Ier siècle comme des caractères entiers,
nourris de dialectique, obstinés en leurs raisonnements.
Pierre, Paul, Jésus même, ressemblent, dans les
écrits de cette école, à des théologiens protestants d’une
université allemande, ayant tous une doctrine, n’en ayant
qu’une et gardant toujours la même. Or ce qui est vrai,
c’est que les hommes admirables qui sont les héros de
cette histoire changeaient et se contredisaient beaucoup ;
ils usaient dans leur vie trois ou quatre théories ; ils faisaient
des emprunts à ceux de leurs adversaires envers
qui, à une autre époque, ils avaient été le plus durs. Ces
hommes, envisagés à notre point de vue, étaient susceptibles,
personnels, irritables, mobiles ; ce qui fait la fixité
des opinions, la science, le rationalisme, leur était étranger.
Ils avaient entre eux, comme les juifs de tous les
temps, des brouilles violentes, et néanmoins ils faisaient
un corps très solide. Pour les comprendre, il faut se placer
bien loin du pédantisme inhérent à toute scolastique ;
il faut étudier plutôt les petites coteries d’un monde
pieux, les congrégations anglaises et américaines, et principalement
ce qui s’est passé lors de la fondation de tous
les ordres religieux. Sous ce rapport, les facultés de théologie
des universités allemandes, qui seules pouvaient
fournir la somme de travail nécessaire pour débrouiller le
chaos des documents relatifs à ces curieuses origines,
sont le lieu du monde où il était le plus difficile qu’on en
fît la vraie histoire. Car l’histoire, c’est l’analyse d’une vie
qui se développe, d’un germe qui s’épanouit, et la théologie,
c’est l’inverse de la vie. Uniquement attentif à ce qui

confirme ou infirme ses dogmes, le théologien, même le
plus libéral, est toujours, sans y penser, un apologiste ; il
vise à défendre ou à réfuter. L’historien, lui, ne vise qu’à
raconter. Des faits matériellement faux, des documents
même apocryphes, ont pour lui une valeur, car ils peignent
l’âme, et sont souvent plus vrais que la sèche vérité.
La plus grande erreur, à ses yeux, est de transformer
en fauteurs de thèses abstraites ces bons et naïfs visionnaires
dont les rêves ont été la consolation et la joie de
tant de siècles.
Ce que nous venons de dire de l’épître aux Colossiens,
et surtout de l’épître aux Éphésiens, il faut le dire, à plus
forte raison, de la première épître attribuée à saint Pierre,
et des épîtres attribuées à Jacques, à Jude1. La deuxième
épître attribuée à Pierre est sûrement apocryphe. On y
reconnaît au premier, coup d’oeil une composition artificielle,
un postiche composé avec des lambeaux d’écrits
apostoliques, surtout de l’épître de Jude2. Nous
n’insistons pas sur ce point, car nous ne croyons pas que
la IIa Petri ait, parmi les vrais critiques, un seul défenseur.
Mais la fausseté de la IIa Petri, écrit dont l’objet principal
est de faire prendre patience aux fidèles que lassaient les
longs retards de la réapparition du Christ, prouve en un
sens l’authenticité de la Ia Petri. Car, pour être apocryphe,
la IIa Petri est un écrit assez ancien ; or l’auteur de la IIa
Petri croyait bien que la Ia Petri était l’oeuvre de Pierre,
puisqu’il s’y réfère et présente son écrit comme une


1 Sur cette dernière, voir Saint Paul, p. 300 et suiv.
2 Comparez surtout le second chapitre de la IIa Petri à l’épître de
Jude. Des traits comme IIa Petri, I, 14, 16-18 ; III, 1, 2, 5-7, 15-16,
sont aussi des indices certains de fausseté. Le style n’a aucune ressemblance
avec celui de la Ia Petri (observation de saint Jérôme,
Epist. Ad hedib., c. 11 ; cf. De viris ill., c ; 1). Enfin l’épître n’est pas
citée avant le IIIe siècle. Irénée (Adv. hær., IV, IX, 2) et Origène
(dans Eusèbe, H. E., VI, 25) ne la connaissent pas ou l’excluent.
Cf. Eus., H. E., III, 25.


« seconde épître », faisant suite à la première (III, 1-2)1. La Ia
Petri est un des écrits du Nouveau Testament qui sont le
plus anciennement et le plus unanimement cités comme
authentiques2. Une seule grave objection se tire des emprunts
qu’on y remarque aux épîtres de saint Paul et en
particulier à l’épître dite aux Éphésiens. Mais le secrétaire
dont Pierre dut se servir pour écrire la lettre, si réellement
il l’écrivit, put bien se permettre de tels emprunts. A toutes
les époques, les prédicateurs et les publicistes ont été
sans scrupules pour s’approprier ces phrases tombées au
domaine public, qui sont en quelque sorte dans l’air.
Nous voyons de même le secrétaire de Paul qui a écrit
l’épître dite aux Éphésiens copier largement l’épître aux
Colossiens. Un des traits qui caractérisent la littérature
des épîtres est d’offrir beaucoup d’emprunts aux écrits du
même genre composés antérieurement3.
Les quatre premiers versets du chapitre V de la Ia Petri
excitent bien quelques soupçons. Ils rappellent les recommandations
pieuses, un peu plates, empreintes d’un
esprit hiérarchique, qui remplissent les fausses épîtres à
Timothée et à Tite. En outre, l’affectation que met
l’auteur à se donner pour « un témoin des souffrances du
Christ » soulève des appréhensions analogues à celles que
nous causent les écrits pseudo-johanniques par leur persistance
à se présenter comme les récits d’un acteur et


1 Les limitations que l’auteur des épîtres à Timothée et à Tite ferait,
dit-on, de la Ia Petri, en ce qui concerne les devoirs des femmes et
des anciens, ne sont pas évidentes. Comp. cependant I Tim., II, 9
et suiv. ; III, 11, à I Petri, III, 1 et suiv. ; I Petri, V, 1 et suiv., à Tit.,
I, 5 et suiv.
2 Papias, dans Eusèbe, H. E., III, 39 ; Polycarpe, Epist., 1 (Cf. I
Petri, I, 8 ; Eusèbe, H. E., IV, 14) ; Irénée, Adv. hær., IV, IX, 2 ;
XVI, 5 (Cf. Eusèbe, H. E., V, 8) ; Clément d’Alex., Strom., III, 18 ;
IV, 7 ; Tertullien, Scorpiace, 12 ; Origène, dans Eusèbe, H. E., VI,
25 ; Eusèbe, H. E., III, 25.
3 Voir, outre les épîtres insérées au Canon, les épîtres de Clément
Romain, d’Ignace, de Polycarpe.


d’un spectateur. Il ne faut pourtant point s’arrêter à cela.
Beaucoup de traits aussi sont favorables à l’hypothèse de
l’authenticité. Ainsi les progrès vers la hiérarchie sont
dans la Ia Petri à peine sensibles. Non seulement il n’y est
pas question d’episcopos1 ; chaque Église n’a même pas un
presbyteros ; elle a des presbyteri ou « anciens », et les expressions
dont se sert l’auteur n’impliquent nullement que ces
anciens formassent un corps distinct2. Une circonstance
qui mérite d’être notée, c’est que l’auteur3, tout en cherchant
à relever l’abnégation dont Jésus fit preuve dans sa
Passion, omet un trait essentiel raconté par Luc, et donne
ainsi à croire que la légende de Jésus n’était pas encore
arrivée, lorsqu’il écrivait, à tout son développement.
Quant aux tendances éclectiques et conciliatrices
qu’on remarque dans l’Épître de Pierre, elles ne constituent
une objection que pour ceux qui, avec Christian
Baur et ses disciples, se figurent la dissidence de Pierre et
de Paul comme une opposition absolue. Si la haine entre
les deux partis du christianisme primitif avait été aussi
profonde que le croit cette école, la réconciliation ne se
serait jamais faite. Pierre n’était point un juif obstiné
comme Jacques. Il ne faut pas, en écrivant cette histoire,
songer seulement aux Homélies pseudo-clémentines et à
l’Épître aux Galates ; il faut aussi rendre compte des Actes
des apôtres. L’art de l’historien doit consister à présenter
les choses d’une façon qui n’atténue en rien les divisions
des partis (ces divisions furent plus profondes que nous
ne saurions l’imaginer), et qui permette néanmoins
d’expliquer comment de pareilles divisions ont pu se
fondre en une belle unité.
L’Épître de Jacques se présente à la critique à peu près
dans les mêmes conditions que l’Épître de Pierre. Les


1 I Petri, II, 25, montre que le sens du mot n’était pas encore spécialisé.
2 I Petri, V, 1 : pres} utšrouj ™n Ømˆn, leçon de Val. et Six.,
pres} utšrou j toÝj ™n Øm‹n, leçon reçue.
3 I Petri, II, 23. Cf. Luc, XXIII, 34.


difficultés de détail qu’on peut y opposer n’ont pas beaucoup
d’importance. Ce qui est grave, c’est cette objection
générale tirée de la facilité des suppositions d’écrits, dans
un temps où il n’existait aucune garantie d’authenticité, et
où l’on ne se faisait aucun scrupule des fraudes pieuses.
Pour des écrivains comme Paul, qui nous ont laissé, de
l’aveu de tout le monde, des écrits certains, et dont la
biographie est assez bien connue, il y a deux criterium sûrs
pour discerner les fausses attributions : c’est 1° de comparer
l’oeuvre douteuse aux oeuvres universellement admises,
et 2° de voir si la pièce en litige répond aux données
biographiques que l’on possède. Mais s’il s’agit d’un
écrivain dont nous n’avons que quelques pages contestées
et dont la biographie est peu connue, on n’a le plus
souvent pour se décider que des raisons de sentiment,
qui ne s’imposent pas. En se montrant facile, on risque
de prendre au sérieux bien des choses fausses. En se
montrant rigoureux, on risque de rejeter comme fausses
bien des choses vraies. Le théologien, qui croit procéder
par des certitudes, est, je le répète, un mauvais juge pour
de telles questions. L’historien critique a la conscience en
repos, quand il s’est étudié à bien discerner les degrés
divers du certain, du probable, du plausible, du possible.
S’il a quelque habileté, il saura être vrai quant à la couleur
générale, tout en prodiguant aux allégations particulières
les signes de doute et les « peut-être ».
Une considération que j’ai trouvée favorable à ces
écrits (première épître de Pierre, épîtres de Jacques et de
Jude) trop rigoureusement exclus par une certaine critique,
c’est la façon dont ils s’adaptent à un récit organiquement
conçu. Tandis que la deuxième épître attribuée
à Pierre, les épîtres prétendues de Paul à Timothée et à
Tite sont exclues du cadre d’une histoire logique, les trois
épîtres que nous venons de nommer y rentrent pour ainsi
dire d’elles-mêmes. Les traits de circonstance qu’on y
rencontre vont au-devant des faits connus par les témoignages
du dehors, et s’en laissent embrasser. L’Épître de Pierre répond bien à ce que nous savons, surtout par Tacite,
de la situation des chrétiens à Rome vers l’an 63 ou
64. L’Épître de Jacques, d’un autre côté, est le tableau
parfait de l’état des ébionim à Jérusalem dans les années
qui précédèrent la révolte ; Josèphe nous donne des renseignements
tout à fait du même ordre. L’hypothèse qui
attribue l’Épître de Jacques à un Jacques différent du
frère du Seigneur n’a aucun avantage. Cette épître, il est
vrai, ne fut pas admise dans les premiers siècles d’une
façon aussi unanime que celle de Pierre1 ; mais les motifs
de ces hésitations paraissent avoir été plutôt dogmatiques
que critiques ; le peu de goût des Pères grecs pour les
écrits judéo-chrétiens en fut la cause principale.
Une remarque du moins qui s’applique avec évidence
aux petits écrits apostoliques dont nous parlons, c’est
qu’ils ont été composés avant la chute de Jérusalem. Cet
événement introduisit dans la situation du judaïsme et du
christianisme un tel changement, qu’on discerne facilement
un écrit postérieur à la catastrophe de l’an 70 d’un
écrit contemporain du troisième temple. Des tableaux
évidemment relatifs aux luttes intérieures des classes diverses
de la société hiérosolymitaine, comme celui que
nous présente l’Épître de Jacques (V, 1 et suiv.), ne se
conçoivent pas après la révolte de l’an 66, qui mit fin au
règne des sadducéens.
De ce qu’il y eut des épîtres pseudo-apostoliques,
comme les épîtres à Timothée, à Tite, la IIa Petri, l’épître
de Barnabé, ouvrages où l’on eut pour règle d’imiter ou
de délayer des écrits plus anciens, il suit donc qu’il y eut
des écrits, vraiment apostoliques, entourés de respect, et


1 Clément Romain (I ad Cor., c. 10 et 11 ; cf. Jac. II, 21, 23, 25),
l’auteur du Pasteur (mand., XII, § 5 ; cf. Jac., IV, 7), Irénée (Adv. hær.,
IV, XVI, 2 ; cf. Jac. II, 23) paraissent l’avoir lue. Origène (In. Joh.,
tom. XIX, 6), Eusèbe (H. E., II, 23), saint Jérôme (De viris ill., 2)
expriment des doutes.


dont on désirait augmenter le nombre1. De même que
chaque poète arabe de l’époque classique eut sa kasida,
expression complète de sa personnalité ; de même chaque
apôtre eut son épître, plus ou moins authentique, où
l’on crut garder la fine fleur de sa pensée.
Nous avons déjà parlé de l’Épître aux Hébreux2. Nous
avons prouvé que cet ouvrage n’est pas de saint Paul,
comme on l’a cru dans certaines branches de la tradition
chrétienne ; nous avons montré que la date de sa composition
se laisse fixer avec assez de vraisemblance vers l’an
66. Il nous reste à examiner si l’on peut savoir qui en fut
le véritable auteur, d’où elle a été écrite, et qui sont ces
« Hébreux » auxquels, selon le titre, elle fut adressée.
Les traits de circonstance que présente l’épître sont les
suivants. L’auteur parle à l’Église destinataire en maître
bien connu d’elle. Il prend à son égard presque un ton de
reproche. Cette Église a reçu depuis longtemps la foi ;
mais elle est déchue sous le rapport doctrinal, si bien
qu’elle a besoin d’instruction élémentaire et n’est pas capable
de comprendre une bien haute théologie3. Cette
Église, du reste, a montré et montre encore beaucoup de
courage et de dévouement, surtout en servant les saints4.
Elle a souffert de cruelles persécutions, vers le temps où
elle, reçut la pleine lumière de la foi ; à cette époque, elle
a été comme en spectacle5. Il y a de cela peu de temps ;
car ceux qui composent actuellement l’Église ont eu part
aux mérites de cette persécution en sympathisant avec les
confesseurs, en visitant les prisonniers, et surtout en supportant
courageusement la perte de leurs biens. Dans
l’épreuve, cependant, il s’était trouvé quelques renégats,


1 Voir IIa Petri, III, 15-16, où les épîtres de Paul sont expressément
mises parmi les écritures sacrées.
2 Saint Paul, p. LI-LXI.
3 Hebr., V, 11-14 ; VI, 11-12 ; X, 24-25 ; XIII entier.
4 Dia kon»sa ntej to‹j ¡g…oij ka ˆ dia konoà ntej. IV, 10.
5 Hebr., X, 32 et suiv. ; cf. XII, 4 et suiv., 23.


et on agitait la question de savoir si ceux qui par faiblesse
avaient apostasié pouvaient rentrer dans l’Église. Au
moment où l’apôtre écrit, il semble qu’il y a encore des
membres de l’Église en prison1. Les fidèles de l’Église en
question ont eu des chefs2 illustres, qui leur ont prêché la
parole de Dieu et dont la mort a été particulièrement édifiante
et glorieuse. L’Église a néanmoins encore des
chefs, avec lesquels l’auteur de la lettre est en rapports
intimes3. L’auteur de la lettre, en effet, a connu l’Église
dont il s’agit, et paraît y avoir exercé un ministère élevé ;
il a l’intention de retourner près d’elle, et il désire que ce
retour s’effectue le plus tôt possible4. L’auteur et les destinataires
connaissent Timothée. Timothée a été en prison
dans une ville différente de celle où l’auteur réside au
moment où il écrit ; Timothée vient d’être mis en liberté.
L’auteur espère que Timothée viendra le rejoindre ; alors
tous deux partiront ensemble pour aller visiter l’Église
destinataire5. L’auteur termine par ces mots :
¢sp£zonta i Øm©j oƒ ¢pÕ tÁj ‘Ita l…a j6, mots qui ne
peuvent guère désigner que des Italiens demeurant pour
le moment hors de l’Italie7.
Quant à l’auteur lui-même, son trait dominant est un
usage perpétuel des Écritures, une exégèse subtile et allégorique,
un style grec plus abondant, plus classique,
moins sec, mais aussi moins naturel que celui de la plupart
des écrits apostoliques. Il a une médiocre connaissance


1 Hebr., XIII, 3.
2 HgoÚmenoi.
3 Hebr., XIII, 17, 24.
4 Hebr., XIII, 19.
5 Hebr., XIII, 23.
6 Hebr., XIII, 24.
7 Telle est la force de ¢po. Opposez oƒ ™n tÁ ‘A sia (II Tim., I,
15), ¹ ™n Ba } ulî ni suneklekt» (I Petri, V, 13). Notez cependant
Act., XVII, 13.


 du culte qui se pratique au temple de Jérusalem1, et
pourtant ce culte lui inspire une grande préoccupation. Il
ne se sert que de la version alexandrine de la Bible, et il
fonde des raisonnements sur des fautes de copistes
grecs2. Ce n’est pas un juif de Jérusalem ; c’est un Helléniste,
en rapport avec l’école de Paul3. L’auteur, enfin, se
donne non pour un auditeur immédiat de Jésus, mais
pour un auditeur de ceux qui avaient vu Jésus, pour un
spectateur des miracles apostoliques et des premières
manifestations du Saint-Esprit4. Il n’en tenait pas moins
un rang élevé dans l’Église : il parle avec autorité5 ; il est
très respecté des frères auxquels il écrit6 ; Timothée paraît
lui être subordonné. Le seul fait d’adresser une épître à
une grande Église indique un homme important, un des
personnages qui figurent dans l’histoire apostolique et
dont le nom est célèbre.
Tout cela néanmoins ne suffit pas pour se prononcer
avec certitude sur l’auteur de notre épître. On l’a attribuée
avec plus ou moins de vraisemblance à Barnabé, à
Luc, à Silas, à Apollos, à Clément Romain. L’attribution à
Barnabé est la plus vraisemblable. Elle a pour elle
l’autorité de Tertullien7, qui présente le fait comme re-


1 Hebr., IX, 1 et suiv.
2 Hebr., X, 5, 37-38.
3 Hebr., III, 23.
4 Hebr., II, 3-4.
5 Hebr., V, 11-12 ; VI, 11-12 ; X, 24-25 ; XIII entier.
6 Hebr., XIII, 19-24.
7 De pudicitia, 20. « Exstat enim et Barnabæ titulus ad Hebræos. »
Ces mots prouvent que le manuscrit dont se servait Tertullien offrait
en tête de l’épître le nom de Barnabé. Cf. saint Jérôme, De viris
ill., 5. C’est à tort qu’on a présenté l’assertion de Tertullien comme
une conjecture personnelle, mise en avant pour renforcer l’autorité
d’un écrit qui servait ses idées montanistes. Sur l’argument tiré de
la stichométrie de Codex claromontanus, voyez Saint Paul, p. LIII-LIV,
note. L’épître d’ordinaire attribuée à saint Barnabé est un ouvrage
apocryphe, écrit vers l’an 110 après J.-C.


connu de tous. Elle a surtout pour elle cette circonstance
que pas un seul des traits particuliers que présente l’épître
ne contredit une telle hypothèse. Barnabé était un helléniste
chypriote, à la fois lié avec Paul et indépendant de
Paul. Barnabé était connu de tous, estimé de tous. On
conçoit, enfin, dans cette hypothèse que l’épître ait été
attribuée à Paul : ce fut, en effet, le sort de Barnabé d’être
toujours perdu en quelque sorte dans les rayons de la
gloire du grand apôtre, et si Barnabé a composé quelque
écrit, comme cela paraît bien probable, c’est parmi les
oeuvres de Paul qu’il est naturel de chercher les pages sorties
de lui.
La détermination de l’Église destinataire peut être faite
avec assez de vraisemblance. Les circonstances que nous
avons énumérées ne laissent guère de choix qu’entre
l’Église de Rome et celle de Jérusalem1. Le titre PrÕj
‘Ebra …ouj fait d’abord songer à l’Église de Jérusalem2.
Mais il est impossible de s’arrêter à une telle pensée. Des
passages comme V, 11-14 ; VI, 11-12, et même VI, 103,
sont des non-sens, si on les suppose adressés par un
élève des apôtres à cette Église mère, source de tout enseignement.
Ce qui est dit de Timothée4 ne se conçoit
pas mieux ; des personnes aussi engagées que l’auteur et
que Timothée dans le parti de Paul n’auraient pu adresser
à l’Église de Jérusalem un morceau supposant des relations


1 C’est bien gratuitement qu’on a pensé à l’Église d’Alexandrie.
D’abord, il n’est pas prouvé qu’Alexandrie eût déjà une Église vers
l’an 66. Cette Église, en tout cas, si elle existait, n’eut aucun rapport
avec l’école de Paul ; elle ne devait pas connaître Timothée. Les
passages V, 12 ; X, 32 et suiv., et bien d’autres encore, ne convenaient
pas à une telle Église.
2 Comp. Act., VI, 1 ; Irénée, Adv. hær., III, I, 1 ; Eusèbe, Hist. eccl.,
III, 24, 25.
3 Dia kone‹n to‹j ¡g…oij (Cf. surtout Rom., XV, 25) s’applique
aux devoirs de toutes les Églises envers l’Église de Jérusalem, et en
convient pas bien à l’Église de Jérusalem.
4 Hébr., XIII, 23.


 intimes. Comment admettre, par exemple, que
l’auteur, avec cette exégèse uniquement fondée sur la version
alexandrine, cette science juive incomplète, cette
connaissance imparfaite des choses du temple, eût osé
faire la leçon de si haut aux maîtres par excellence, à des
gens parlant hébreu ou à peu près, vivant tous les jours
autour du temple, et qui savaient beaucoup mieux que lui
tout ce qu’il leur disait ? Comment admettre surtout qu’il
les eût traités en catéchumènes à peine initiés et incapables
d’une forte théologie ? — Au contraire, si l’on suppose
que les destinataires de l’épître sont les fidèles de
Rome, tout s’arrange à merveille. Les passages, VI, 10 ; X,
32 et suiv. ; XIII, 3, 7, sont des allusions à la persécution
de l’an 641 ; le passage XIII, 7 s’applique à la mort des
apôtres Pierre et Paul ; enfin oƒ ¢pÕ tÁj ‘Ita l…a j se
justifie alors parfaitement ; car il est naturel que, l’auteur
porte à l’Église de Rome les salutations de la colonie
d’Italiens qui était autour de lui. Ajoutons que la première
épître de Clément Romain2 (ouvrage certainement romain)
fait à l’Épître aux Hébreux des emprunts suivis, et
en calque le mode d’exposition d’une manière évidente.
Une seule difficulté reste à résoudre : Pourquoi le titre
de l’épître porte-t-il PrÕj ‘E} ra …ouj ? Rappelons que
ces titres ne sont pas toujours d’origine apostolique,
qu’on les mit assez tard et quelquefois à faux, comme
nous l’avons vu pour l’épître dite PrÕj ‘Efes…ouj.
L’épître dite aux Hébreux fut écrite, sous le coup de la
persécution, à l’Église qui était la plus poursuivie. En plusieurs
endroits (par exemple, XIII, 23), on sent que
l’auteur s’exprime à mots couverts. Peut-être le titre vague
PrÕj ‘E} ra …ouj fut-il un mot de passe pour éviter
que la lettre ne devînt une pièce compromettante. Peutêtre
aussi ce titre vint-il de ce qu’on regarda, au IIe siècle,


1 Qea trizÒmenoi surtout prend alors un sens précis.
2 Comp. Epist. Clem. Rom. ad Cor. I, ch. 17, à Hebr., XI, 37 ; — c. 36
à Hebr., I, 3, 5, 7, 13 ; — c. 9 à Hebr., XI, 5, 7 ; — c 12 à Hebr., XI, 31.


l’écrit en question comme, une réfutation des ébionites,
qu’on appelait ‘E} ra ‹oi. Un fait assez remarquable, c’est
que l’Église de Rome eut toujours sur cette épître des
lumières toutes particulières ; c’est de là, qu’elle émerge,
c’est là qu’on en fait d’abord usage. Tandis qu’Alexandrie
se laisse aller à l’attribuer à Paul, l’Église de Rome maintient
toujours qu’elle n’est pas de cet apôtre, et qu’on a
tort de la joindre à ses écrits1.
De quelle ville l’Épître aux Hébreux fut-elle écrite? Il
est plus difficile de le dire. L’expression oƒ ¢pÕ tÁj
‘Ita l…a j montre que l’auteur était hors d’Italie. Une
chose certaine encore, c’est que la ville d’où l’épître fut
écrite était une grande ville, où il y avait une colonie de
chrétiens d’Italie, très liés avec ceux de Rome. Ces chrétiens
d’Italie furent probablement des fidèles qui avaient
échappé à la persécution de l’an 64. Nous verrons que le
courant de l’émigration chrétienne fuyant les fureurs de
Néron se dirigea vers Éphèse. L’Église d’Éphèse,
d’ailleurs, avait eu pour noyau de sa formation primitive
deux juifs venus de Rome, Aquila et Priscille ; elle resta
toujours en rapport direct avec Rome. Nous sommes
donc portés à croire que l’épître en question fut écrite
d’Éphèse. Le verset XIII, 23, est, il faut l’avouer, alors assez
singulier. Dans quelle ville, différente d’Éphèse et de
Rome, et cependant en rapport avec Éphèse et Rome,
Timothée avait-il été emprisonné ? Quelque hypothèse
que l’on adopte, il y a là une énigme difficile à expliquer.
L’Apocalypse est la pièce capitale de cette histoire. Les
personnes qui liront attentivement nos chapitres XV, XVI,
XVII, reconnaîtront, je crois, qu’il n’est pas un seul écrit
dans le canon biblique dont la date soit fixée avec autant
de précision. On peut déterminer cette date à quelques
jours près. Le lieu où l’ouvrage fut écrit se laisse aussi
entrevoir avec probabilité. La question de l’auteur du livre
est sujette à de bien plus grandes incertitudes. Sur ce


1 Voir Saint Paul, p. LVII.


point, on ne peut, selon moi, s’exprimer avec une pleine
assurance. L’auteur se nomme lui-même en tête du livre
(I, 9)1 : « Moi, Jean, votre frère et votre compagnon de
persécution, de royauté et de patience en Christ. » Mais
deux questions se posent ici : 1° l’allégation est-elle sincère,
ou bien ne serait-elle pas une de ces fraudes pieuses
dont tous les auteurs d’apocalypses sans exception se
sont rendus coupables ? Le livre, en d’autres termes, ne
serait-il pas d’un inconnu, qui aurait prêté à un homme
de premier ordre dans l’opinion des Églises, à Jean
l’apôtre, une vision conforme à ses propres idées ? — 2°
Étant admis que le verset 9 du chapitre I de l’Apocalypse
soit sincère, ce Jean ne serait-il pas un homonyme de
l’apôtre ?
Discutons d’abord cette seconde hypothèse ; car c’est
la plus facile à écarter. Le Jean qui parle ou qui est censé
parler dans l’Apocalypse s’exprime avec tant de vigueur, il
suppose si nettement qu’on le connaît et qu’on n’a pas de
difficulté à le distinguer de ses homonymes2, il sait si bien
les secrets des Églises, il y entre d’un air si résolu, qu’on
ne peut guère se refuser à voir en lui un apôtre ou un dignitaire
ecclésiastique tout à fait hors de ligne. Or Jean
l’apôtre n’avait, dans la seconde moitié du premier siècle,
aucun homonyme qui approchât de son rang. Jean-Marc,
quoi qu’en dise M. Hitzig, n’a rien à faire ici. Marc n’eut
jamais des relations assez suivies avec les Églises d’Asie
pour qu’il ait osé s’adresser à elles sur ce ton. Reste un
personnage douteux, ce Presbyteros Johannes, sorte de sosie
de l’apôtre, qui trouble comme un spectre toute l’histoire
de l’Église d’Éphèse, et cause aux critiques tant
d’embarras3. Quoique l’existence de ce personnage ait été
niée, et qu’on ne puisse réfuter péremptoirement
l’hypothèse de ceux qui voient en lui une ombre de


1 Comp. Apoc., I, 4 et XXII, 8. Cf. I, 1-2.
2 Apoc., XXII, 8.
3 Voir Vie de Jésus, 13e édit., p. LXXII-LXIII et p. 160.


l’apôtre Jean, prise pour une réalité, nous inclinons à
croire que Presbyteros Johannes a en effet son identité à
part1 ; mais qu’il ait écrit l’Apocalypse en 68 ou 69, comme
le soutient M. Ewald, nous le nions absolument. Un tel
personnage serait connu autrement que par un passage
obscur de Papias et une thèse apologétique de Denys
d’Alexandrie. On trouverait son nom dans les Évangiles,
dans les Actes, dans quelque épître. On le verrait sortir de
Jérusalem. L’auteur de l’Apocalypse est le plus versé dans
les Écritures, le plus attaché au temple, le plus hébraïsant
des écrivains du Nouveau Testament ; un tel personnage
n’a pu se former en province ; il doit être originaire de
Judée ; il tient par le fond de ses entrailles à l’Église
d’Israël. Si Presbyteros Johannes a existé, il fut un disciple de
l’apôtre Jean, dans l’extrême vieillesse de ce dernier2 ;
Papias paraît l’avoir touché d’assez près ou du moins
avoir été son contemporain3. Nous admettons même que


1 Papias, dans Eus., H. E., III, 39 ; Denys d’Alexandrie, dans Eus.,
H. E., VII, 25. Ces deux passages ne créent pas la certitude. En
effet, Denys d’Alexandrie se contente d’induire a priori de la différence
du quatrième Évangile et de l’Apocalypse la distinction de
deux Jean, hypothèse dont il trouve la confirmation dans deux
tombeaux « qu’on dit avoir existé à Éphèse et porter tous les deux
le nom de Jean. » Le passage de Papias est peu précis, et, en toute
hypothèse, paraît avoir besoin de correction. Le passage Const.
apost., VII, 46, est de médiocre autorité. Quand à Eusèbe (H. E.,
III, 39), il fait simplement un rapprochement entre le passage de
Papias et celui de Denys, et il n’affirme nullement l’existence des
deux tombeaux. Saint Jérôme, De viris ill., 9, 18, affirme la réalité
des tombeaux ; mais il nous apprend que de son temps beaucoup
de personnes y voyaient deux memoriæ de l’apôtre Jean.
2 Étant admis que le passage Constit. apost., VII, 46, se rapporte à
lui, et que ce passage ait quelque valeur, Presbyteros aurait été le
successeur de l’apôtre Jean dans l’épiscopat d’Éphèse.
3 Papias, dans Eus., H. E., III, 39. Il semble qu’il faut lire dans ce
passage, oƒ toà kur…ou [ma qhtî n] ma qhta ˆ lšgousin. Car lšgousin
suppose Aristion et Presbyteros Johannes vivant vers le temps
de Papias. La phrase met Aristion et Presbyteros Johannes dans une
autre catégorie que les apôtres, « disciples du Seigneur ». Eusèbe


parfois il tint la plume pour son maître, et nous regardons
comme plausible l’opinion qui lui attribuerait la rédaction
du quatrième Évangile et de la première épître
dite de Jean. La deuxième et la troisième épître dites de
Jean, où l’auteur se désigne par les mots Ð pres} Úteroj,
nous paraissent son oeuvre personnelle et avouée pour
telle1. Mais certainement, à supposer que Presbyteros Johannes
soit pour quelque chose dans la seconde classe des
écrits johanniques (celle qui comprend le quatrième
Évangile et les trois épîtres), il n’est pour rien dans la
composition de l’Apocalypse. S’il y a quelque chose
d’évident, c’est que l’Apocalypse, d’une part, l’Évangile et
les trois épîtres, d’autre part, ne sont pas sortis de la
même main2. L’Apocalypse est le plus juif, le quatrième
Évangile est le moins juif des écrits du Nouveau Testament3.
En admettant que l’apôtre Jean soit l’auteur de
quelqu’un des écrits que la tradition lui attribue, c’est sûrement
de l’Apocalypse, non de l’Évangile. L’Apocalypse
répond bien à l’opinion tranchée qu’il semble avoir adoptée
dans la lutte des judéo-chrétiens et de Paul ;
l’Évangile n’y répond pas. Les efforts que firent, dès le
IIIe siècle, une partie des Pères de l’Église grecque pour
attribuer l’Apocalypse au Presbyteros4, venaient de la répulsion
que ce livre inspirait alors aux docteurs orthodoxes.
Ils ne pouvaient supporter la pensée qu’un écrit dont ils
exagère, en tout cas, en concluant de la phrase de Papias que ce
dernier a été auditeur d’Aristion et du Presbyteros.


1 Nous reviendrons sur tous ces points dans notre tome V.
2 C’est ce que Denys d’Alexandrie, dans la seconde moitié du
IIIe siècle, avait déjà parfaitement aperçu. Sa thèse, bornée à cela,
est un modèle de dissertation philologique et critique. Eusèbe, H.
E., VII, 25.
3 Le nom de « Juif », toujours pris comme synonyme « d’adversaire
de Jésus », dans le quatrième Évangile, est dans l’Apocalypse le titre
suprême d’honneur (II, 9 ; III, 9).
4 Denys d’Alexandrie, dans Eusèbe, H. E., VII, 25 ; Eusèbe, H. E.,
III, 39 ; saint Jérôme, De viris ill., 9.


trouvaient le style barbare et qui leur paraissait tout empreint
des haines juives fût l’ouvrage d’un apôtre. Leur
opinion était le fruit d’une induction a priori sans valeur,
non l’expression d’une tradition ou d’un raisonnement
critique.
Si l’Eyo ’Ivannhs du premier chapitre de l’Apocalypse
est sincère, l’Apocalypse est donc bien réellement de
l’apôtre Jean. Mais l’essence des apocalypses est d’être
pseudonymes. Les auteurs des apocalypses de Daniel,
d’Hénoch, de Baruch, d’Esdras, se présentent comme
étant Daniel, Hénoch, Baruch, Esdras, en personne.
L’Église du IIe siècle admettait sur le même pied que
l’Apocalypse de Jean une Apocalypse de Pierre, qui était sûrement
apocryphe1. Si, dans l’Apocalypse qui est restée canonique,
l’auteur donne son nom véritable, c’est là une
surprenante exception aux lois du genre. — Eh bien,
cette exception, nous croyons qu’il faut l’admettre. Une
différence essentielle sépare, en effet, l’Apocalypse canonique
des autres écrits analogues qui nous ont été conservés.
La plupart des apocalypses sont attribuées à des auteurs
qui ont fleuri ou sont censés avoir fleuri des cinq et
six cents ans, quelquefois des milliers d’années en arrière.
Au IIe siècle, on attribua des apocalypses aux hommes du
siècle apostolique. Le Pasteur et les écrits pseudoclémentins
sont de cinquante ou soixante ans postérieurs
aux personnages à qui on les attribue. L’Apocalypse de
Pierre fut probablement dans le même cas ; au moins,
rien ne prouve qu’elle eût rien de particulier, de topique,
de personnel. L’Apocalypse canonique, au contraire, si elle
est pseudonyme, aurait été attribuée à l’apôtre Jean du
vivant de ce dernier, ou très peu de temps après sa mort.
N’était les trois premiers chapitres, cela serait strictement
possible ; mais est-il concevable que le faussaire eût eu la
hardiesse d’adresser son oeuvre apocryphe aux sept Égli-


1 Canon de Muratori, lignes 70-72 ; stichométrie du Codex claromontanus,
dans Credner, Gesch. der neutest. Kanon, p. 177.


ses qui avaient été en rapport avec l’apôtre ? Et si l’on nie
ces rapports, avec M. Scholten, on tombe dans une difficulté
plus grave encore ; car il faut admettre alors que le
faussaire, par une ineptie sans égale, écrivant à des Églises
qui n’ont jamais connu Jean, présente son prétendu
Jean comme ayant été à Patmos, tout près d’Éphèse1,
comme sachant leurs secrets les plus intimes et comme
ayant sur elles une pleine autorité. Ces Églises, qui, dans
l’hypothèse de M. Scholten, savaient bien que Jean
n’avait jamais été en Asie ni près de l’Asie, se fussentelles
laissées tromper à un artifice aussi grossier ? Une
chose qui ressort de l’Apocalypse, dans toutes les hypothèses2,
c’est que l’apôtre Jean fut durant quelque temps le
chef des Églises d’Asie. Cela établi, il est bien difficile de
ne pas conclure que l’apôtre Jean fut réellement l’auteur
de l’Apocalypse ; car, la date du livre étant fixée avec une
précision absolue, on ne trouve plus l’espace de temps
nécessaire pour un faux. Si l’apôtre, en janvier 69, vivait
en Asie, ou seulement y avait été, les quatre premiers
chapitres sont incompréhensibles de la part d’un faussaire.
En supposant, avec M. Scholten, l’apôtre Jean mort
au commencement de l’an 69 (ce qui ne paraît pas
conforme à la vérité), on ne sort guère d’embarras. Le
livre, en effet, est écrit comme si le révélateur était encore
vivant ; il est destiné à être répandu sur-le-champ dans les
Églises d’Asie ; si l’apôtre eût été mort, la supercherie
était trop évidente. Qu’eût-on dit à Éphèse, vers février
69, en recevant un pareil livre comme censé provenir
d’un apôtre qu’on savait bien ne plus exister, et que, selon
M. Scholten, on n’avait jamais vu ?
L’examen intrinsèque du livre, loin d’infirmer cette
hypothèse, l’appuie fortement. Jean l’apôtre paraît avoir


1 Supposer l’apôtre venu à Patmos, c’est le supposer venu à
Éphèse, Patmos étant en quelque sorte une dépendance d’Éphèse,
au point de vue de la navigation.
2 Voir l’appendice à la fin du volume.


été, après Jacques, le plus ardent des judéo-chrétiens ;
l’Apocalypse, de son côté, respire une haine terrible contre
Paul et contre ceux qui se relâchaient dans l’observance
de la loi juive. Le livre répond à merveille au caractère
violent et fanatique qui paraît avoir été celui de Jean.
C’est bien là l’oeuvre du « fils du tonnerre », du terrible
boanerge, de celui qui ne voulait pas qu’on usât du nom de
son maître si on n’appartenait au cercle le plus étroit des
disciples, de celui qui, s’il l’avait pu, aurait fait pleuvoir le
feu et le soufre sur les Samaritains peu hospitaliers. La
description de la cour céleste, avec sa pompe toute matérielle
de trônes et de couronnes, est bien de celui qui,
jeune, avait mis son ambition à s’asseoir, avec son frère,
sur des trônes à droite et à gauche du Messie. Les deux
grandes préoccupations de l’auteur de l’Apocalypse sont
Rome (ch. XIII et suiv.) et Jérusalem (ch. XI, et XII). Il
semble qu’il a vu Rome, ses temples, ses statues, la
grande idolâtrie impériale. Or un voyage de Jean à Rome,
à la suite de Pierre, se laisse facilement supposer. Ce qui
concerne Jérusalem est plus frappant encore. L’auteur,
revient toujours à « la ville aimée » ; il ne pense qu’à elle ;
il est au courant de toutes les aventures de l’Église hiérosolymitaine
durant la révolution de Judée (qu’on se rappelle
le beau symbole de la femme et de sa fuite au désert)
; on sent qu’il avait été une des colonnes de cette
Église, un dévot exalté du parti juif. Cela convient très
bien à Jean1. La tradition d’Asie Mineure semble de
même avoir conservé le souvenir de Jean comme celui
d’un sévère judaïsant. Dans la controverse de la Pâque,
qui troubla si fortement les Églises, durant la seconde
moitié du IIe siècle, l’autorité de Jean est le principal argument
que font valoir les Églises d’Asie pour maintenir
la célébration de la Pâque, conformément à la loi juive,
au 14 de nisan. Polycarpe, en 160, et Polycrate, en 190,


1 Gal., II, 9. Jean paraît très souvent en compagnie de Pierre, Act.,
III, 1, 3, 4, 11 ; IV, 13, 19 ; VIII, 14.


font appel à son autorité pour défendre leur usage antique
contre les novateurs qui, s’appuyant sur le quatrième
Évangile, ne voulaient pas que Jésus, la vraie pâque, eût
mangé l’agneau pascal la veille de sa mort, et qui transféraient
la fête au jour de la résurrection1.
La langue de l’Apocalypse est également une raison pour
attribuer le livre à un membre de l’Église de Jérusalem.
Cette langue est tout à fait à part dans les écrits du Nouveau
Testament. Nul doute que l’ouvrage n’ait été écrit
en grec2 ; mais c’est un grec calqué sur l’hébreu, pensé en
hébreu, et qui ne pouvait guère être compris et goûté que
par des gens sachant l’hébreu3. L’auteur est nourri des
prophéties et des apocalypses antérieures à la sienne à un
degré qui étonne ; il les sait évidemment par coeur. Il est
familier avec la version grecque des livres sacrés4 ; mais
c’est dans le texte hébreu que les passages bibliques se
présentent à lui. Quelle différence avec le style de Paul,
de Luc, de l’auteur de l’Épître aux Hébreux, et même des
Évangiles synoptiques ! Un homme ayant passé des années
à Jérusalem, dans les écoles qui entouraient le temple,
pouvait seul être à ce point imprégné de la Bible et
participer aussi vivement aux passions du peuple révolutionnaire
à ses espérances, à sa haine contre les Romains.


1 Polycrate et Irénée, dans Eusèbe, H. E., V, 24.
2 « Je suis l’alpha et l’omega. » — Les mesures et les poids sont
grecs.
3 Sans parler des mots sacramentels et du chiffre de la Bête, qui
sont en hébreu (IX, 11 ; XVI, 16), les hébraïsmes se remarquent à
chaque ligne. Notez en particulier, i, 4, l’indéclinabilité de la traduction
grecque du nom de Jéhovah.
4 Il adopte plusieurs des expressions des Septante, même dans ce
qu’elles ont d’inexact : skhn¾ toà ma rtur…ou = wptyk lha ; Ð
pa ntokr£twr = Jéhovah Sebaoth. Le verset du Ps. II, qu’il cite souvent
: « Le les fera paraître avec une houlette de fer, » est entendu
d’après les Septante, et non d’après l’hébreu, sans doute parce que
le passage était passé sous cette forme dans l’exégèse messianique
des chrétiens.


Enfin, une circonstance qu’il n’est pas permis de négliger,
c’est que l’Apocalypse présente quelques traits qui ont
un rapport avec le quatrième Évangile et avec les épîtres
attribuées à Jean. Ainsi l’expression Ð lÒgoj toà qeoà ,
si caractéristique du quatrième Évangile, se trouve pour
la première fois dans l’Apocalypse1. L’image des « eaux vives
»2 est commune aux deux ouvrages. L’expression
d’« agneau de Dieu », dans le quatrième Évangile3, rappelle
l’expression d’Agneau, qui est ordinaire dans
l’Apocalypse pour désigner le Christ. Les deux livres appliquent
au Messie le passage de Zacharie, XII, 10, et le traduisent
de la même manière4. Loin de nous la pensée de
conclure de ces faits que la même plume ait écrit le quatrième
Évangile et l’Apocalypse ; mais il n’est pas indifférent
que le quatrième Évangile, dont l’auteur n’a pu être
sans lien quelconque avec l’apôtre Jean, offre dans son
style et ses images quelques rapports avec un livre attribué
pour des motifs sérieux à l’apôtre Jean.
La tradition ecclésiastique est hésitante sur la question
qui nous occupe. Jusque vers l’an 150, l’Apocalypse ne
semble pas avoir eu dans l’Église l’importance qui,
d’après nos idées, aurait dû s’attacher à un écrit où l’on
eût été assuré de posséder un manifeste solennel sorti de
la plume d’un apôtre. Il est douteux que Papias l’admît
comme ayant été rédigée par l’apôtre Jean. Papias était
millénaire de la même manière que l’Apocalypse ; mais il
paraît qu’il déclarait tenir cette doctrine « de la tradition
non écrite ». S’il avait allégué l’Apocalypse, Eusèbe le dirait5,
lui qui relève avec tant d’empressement toutes les


1 Apoc., XIX, 13.
2 Apoc., XXI, 6 ; XXII, 1, 17. Cf. Jean, IV et X.
3 Jean, I, 29, 36.
4 Apoc., I, 7 ; Jean, XIX, 37. Cette traduction diffère de celle des
Septante, et est plutôt conforme à l’hébreu.
5 Hist. eccl., III, 39. Les témoignages d’André et d’Aréthas de Cappadoce
sur ce point sont peu concluants.


citations que cet ancien Père fait d’écrits apostoliques.
L’auteur du Pasteur d’Hermas connaît, ce semble,
l’Apocalypse et l’imite1 ; mais il ne suit pas de là qu’il la tînt
pour un ouvrage de Jean l’apôtre. C’est saint Justin qui,
vers le milieu du IIe siècle, déclare le premier hautement
que l’Apocalypse est bien une composition de l’apôtre
Jean2 ; or saint Justin, qui ne sortit du sein d’aucune des
grandes Églises, est une médiocre autorité en fait de traditions.
Méliton, qui commenta certaines parties de
l’ouvrage3, Théophile d’Antioche4 et Apollonius5, qui
s’en servirent beaucoup dans leurs polémiques, semblent
cependant, comme Justin, l’avoir attribué à l’apôtre. Il en
faut dire autant du Canon de Muratori6. A partir de l’an
200, l’opinion la plus répandue est que le Jean de
l’Apocalypse est bien l’apôtre. Irénée7, Tertullien8, Clément
d’Alexandrie9, Origène10, l’auteur des Philosophumena11,


1 Voir surtout Vis., IV, 1, 2 ; Simil., IX, 1 et suiv.
2 Dial. cum Tryph., 81.
3 Eusèbe, H. E., IV, 26 ; saint Jérôme, De viris ill., 24. Comp. Méliton,
De veritate, sub fin.
4 Eus., H. E., IV, 24. On peut se demander si le mot ’Iw£nnou,
dans les deux passages d’Eusèbe relatifs à Méliton et à Théophile,
n’est pas une addition explicative de l’historien ecclésiastique. Mais
Eusèbe étant attentif à relever les passages d’où il résulte qu’on a
douté de l’authenticité de l’Apocalypse, on doit supposer qu’il n’eût
pas ajouté de mot ’Iw£nnou, s’il ne l’eût rencontré dans les auteurs
dont il parle.
5 Eusèbe H. E., V, 18.
6 Lignes 47-48, 70-72. Ce second passage semble cependant marquer
une tendance à placer le livre parmi les apocryphes.
7 Adv. hær., IV, XX, 11 ; V, XXVI, 1 ; XXVIII, 2 ; XXXIV, 2 etc.
Cf. Eusèbe, H. E., V, 8.
8 Adv. Marc., III, 14 ; IV, 5.
9 Strom., VI, 13 ; Pædag., II, 12.
10 Dans Eus., H. E., VI, 25 ; In Matth., tom. XVI, 6 ; In Joh., tom. I,
14 ; II, 4 etc.
11 Philosoph., VII, 36.


n’ont là-dessus aucune hésitation. L’opinion contraire est
toutefois fermement soutenue. Pour ceux qui s’écartaient
de plus en plus du judéo-christianisme et du millénarisme
primitifs, l’Apocalypse était un livre dangereux, impossible
à défendre, indigne d’un apôtre, puisqu’il renfermait des
prophéties qui ne s’étaient pas accomplies. Marcion, Cerdon
et les gnostiques la rejetaient absolument1 ; les Constitutions
apostoliques l’omettent dans leur Canon2 ; la vieille
Peschito ne la contient pas. Les adversaires des rêveries
montanistes, tels que le prêtre Caïus3, les aloges4, feignirent
d’y voir l’oeuvre de Cérinthe. Enfin, dans la seconde
moitié du IIIe siècle, l’école d’Alexandrie, en haine du millénarisme
renaissant par suite de la persécution de Valérien,
fait la critique du livre avec une excessive rigueur et
une mauvaise humeur non dissimulée ; l’évêque Denys
démontre parfaitement que l’Apocalypse ne saurait être du
même auteur que le quatrième Évangile, et met à la mode
l’hypothèse du Presbyteros5. Au IVe siècle, l’Église grecque
est tout à fait partagée6. Eusèbe, quoique hésitant, est en
somme défavorable à la thèse qui attribue l’ouvrage au
fils de Zébédée. Grégoire de Nazianze et presque tous les
chrétiens lettrés du même temps refusèrent de voir un
écrit apostolique dans un livre qui contrariait si vivement
leur goût, leurs idées d’apologétique et leurs préjugés


1 Tertullien, Adv. Marc., IV, 5 ; livre Adv. omnes hæreses, parmi les
oeuvres de Tertullien, 6.
2 Constit. apost., II, 57 ; VIII, 47 (Canons apost., n° 85).
3 Caïus, dans Eusèbe, H. E., III, 28. Les doutes que peut laisser ce
passage sont levés par le fragment de Denys d’Alexandrie, dans
Eusèbe, VII, 25, et par ce qu’Épiphane dit des aloges. La traduction
« comme s’il était un grand apôtre » est insoutenable. Cf.
Théodoret, Hær. Fab., II, 3.
4 Épiph., hær. LI, 3-4, 32-35.
5 Hist. eccl., VII, 25. Il est probable que la question avait déjà été
discutée par saint Hippolyte. Voir la liste de ses écrits dans Corpus
inscr. gr., n° 8613, A, 3.
6 Eus., H. E., III, 24 ; saint Jérôme, Epist. CXXIX, ad Dardanum, 3.


d’éducation. On peut dire que, si ce parti avait été le maître,
il eût relégué l’Apocalypse au rang du Pasteur et des
¢ntilegÒmena dont le texte grec a presque disparu.
Heureusement, il était trop tard pour que de telles exclusions
pussent réussir. Grâce à d’habiles contresens, un
livre qui renferme d’atroces injures contre Paul s’est
conservé à côté des oeuvres mêmes de Paul, et forme
avec celles-ci un volume censé provenir d’une seule inspiration.
Cette protestation persistante, qui constitue un fait si
important de l’histoire ecclésiastique, est-elle d’un poids
bien considérable aux yeux de la critique indépendante ?
On ne saurait le dire. Certainement Denys d’Alexandrie
est dans le vrai, quand il établit que le même homme n’a
pas pu écrire le quatrième Évangile et l’Apocalypse. Mais,
placée devant ce dilemme, la critique moderne a répondu
tout autrement que la critique du IIIe siècle. L’authenticité
de l’Apocalypse lui a paru bien plus admissible que celle de
l’Évangile, et si, dans l’oeuvre johannique, il faut faire une
part à ce problématique Presbyteros Johannes, c’est bien
moins l’Apocalypse que l’Évangile et les épîtres qu’il
conviendrait de lui attribuer. Quel motif eurent, au
IIIe siècle, ces adversaires du montanisme, au IVe siècle,
ces chrétiens élevés dans les écoles helléniques
d’Alexandrie, de Césarée, d’Antioche, pour nier que
l’auteur de l’Apocalypse fût réellement l’apôtre Jean ? Une
tradition, un souvenir conservé dans les Églises ? En aucune
façon. Leurs motifs étaient des motifs de théologie
a priori. D’abord, l’attribution de l’Apocalypse à l’apôtre
rendait presque impossible pour un homme instruit et
sensé d’admettre l’authenticité du quatrième Évangile, et
l’on eût cru alors ébranler le christianisme en doutant de
l’authenticité de ce dernier document. En outre, la vision
attribuée à Jean paraissait une source d’erreurs sans cesse
renaissantes ; il en sortait des recrudescences perpétuelles
de judéo-christianisme, de prophétisme intempérant, de
millénarisme audacieux ? Quelle réponse pouvait-on faire

aux montanistes et aux mystiques du même genre, disciples
parfaitement conséquents de l’Apocalypse, à ces troupes
d’enthousiastes qui couraient au martyre, enivrés
qu’ils étaient par la poésie étrange du vieux livre de l’an
69 ? Une seule : prouver que le livre qui servait de texte à
leurs chimères n’était pas d’origine apostolique. La raison
qui porta Caïus, Denys d’Alexandrie et tant d’autres à
nier que l’Apocalypse fût réellement de l’apôtre Jean est
donc justement celle qui nous porte à la conclusion opposée.
Le livre est judéo-chrétien, ébionite ; il est l’oeuvre
d’un enthousiaste ivre de haine contre l’empire romain et
le monde profane ; il exclut toute réconciliation entre le
christianisme, d’une part, l’empire et le monde, de
l’autre ; le messianisme y est tout matériel ; le règne des
martyrs pendant mille ans y est affirmé ; la fin du monde
est déclarée très prochaine. Ces motifs, où les chrétiens
raisonnables, sortis de la direction de Paul, puis de l’école
d’Alexandrie, voyaient des difficultés insurmontables,
sont pour nous des marques d’ancienneté et
d’authenticité apostolique. L’ébionisme et le montanisme
ne nous font plus peur ; simples historiens, nous affirmons
même que les adhérents de ces sectes, repoussés
par l’orthodoxie, étaient les vrais successeurs de Jésus,
des Douze et de la famille du Maître. La direction rationnelle
que prend le christianisme par le gnosticisme modéré,
par le triomphe tardif de l’école de Paul, et surtout par
l’ascendant d’hommes tels que Clément d’Alexandrie et
Origène, ne doit pas faire oublier ses vraies origines. Les
chimères, les impossibilités, les conceptions matérialistes,
les paradoxes, les énormités, qui impatientaient Eusèbe,
quand il lisait ces anciens auteurs ébionites et millénaristes,
tels que Papias, étaient le vrai christianisme primitif.
Pour que les rêves de ces sublimes illuminés soient devenus
une religion susceptible de vivre, il a fallu que des
hommes de bon sens et de beaux génies, comme étaient
ces Grecs qui se firent chrétiens à partir du IIIe siècle,
aient repris l’oeuvre des vieux visionnaires, et, en la reprenant,                        l’aient singulièrement modifiée, corrigée, amoindrie.
Les monuments les plus authentiques des naïvetés
du premier âge devinrent alors d’embarrassants témoins,
que l’on essaya de rejeter dans l’ombre. Il arriva ce qui
arrive d’ordinaire à l’origine de toutes les créations religieuses,
ce qui s’observa en particulier durant les premiers
siècles de l’ordre franciscain : les fondateurs de la
maison furent évincés par les nouveaux venus ; les vrais
successeurs des premiers pères devinrent bientôt des
suspects et des hérétiques. De là ce fait que nous avons
eu souvent occasion de relever, savoir que les livres favoris
du judéo-christianisme ébionite et millénaire1 se sont
bien mieux conservés dans les traductions latines et
orientales que dans le texte grec, l’Église grecque orthodoxe
s’étant toujours montrée fort intolérante à l’égard
de ces livres et les ayant systématiquement supprimés.
Les raisons qui font attribuer l’Apocalypse à l’apôtre
Jean restent donc très fortes, et je crois que les personnes
qui liront notre récit seront frappées de la manière dont
tout, en cette hypothèse, s’explique et se lie. Mais, dans
un monde où les idées en fait de propriété littéraire
étaient si différentes de ce qu’elles sont de nos jours, un
ouvrage pouvait appartenir à un auteur de bien des manières.
L’apôtre Jean a-t-il écrit lui-même le manifeste de
l’an 69 ? On en peut certes douter. Il suffit pour notre
thèse qu’il en ait eu connaissance, et que, l’ayant approuvé,
il l’ait vu sans déplaisir circuler sous son nom. Les
trois premiers versets du chapitre Ier, qui ont l’air d’une
autre main que celle du Voyant, s’expliqueraient alors.
Par là s’expliqueraient aussi des passages comme XVIII,
20 ; XXI, 14, qui inclinent à croire que celui qui tenait la
plume n’était pas apôtre. Dans Eph., II, 20, nous trouvons


1 Livre d’Hénoch, Apocalypse de Baruch, Assomption de Moïse,
Ascension d’Isaïe, 4e livre d’Esdras, et jusqu’à ces derniers temps,
le Pasteur, l’Épître de Barnabé. Par là s’explique aussi la perte plus
ou moins complète du texte grec de Papias, de saint Irénée.


 un trait analogue, et là nous sommes sûrs qu’entre
Paul et nous il y a l’intermédiaire d’un secrétaire ou d’un
imitateur. L’abus qui a été fait du nom des apôtres pour
donner de la valeur à des écrits apocryphes1 doit nous
rendre très soupçonneux. Beaucoup de traits de
l’Apocalypse ne conviennent pas à un disciple immédiat de
Jésus2. On est surpris de voir un des membres du comité
intime où s’élabora l’Évangile nous présenter son ancien
ami comme un Messie de gloire, assis sur le trône de
Dieu, gouvernant les peuples, et si totalement différent
du Messie de Galilée que le Voyant à son aspect frissonne
et tombe à demi mort. Un homme qui avait connu
le vrai Jésus pouvait difficilement, même au bout de
trente-six ans, avoir subi une telle modification dans ses
souvenirs. Marie de Magdala, apercevant Jésus ressuscité,
s’écrie : « O mon maître ! » et Jean ne verrait le ciel ouvert
que pour y retrouver celui qu’il aima transformé en
Christ terrible !… Ajoutons que l’on n’est pas moins
étonné de voir sortir de la plume d’un des principaux
personnages de l’idylle évangélique une composition artificielle,
un vrai pastiche, où l’imitation à froid des visions
des anciens prophètes se montre à chaque ligne. L’image
des pêcheurs de Galilée qui nous est offerte par les
Évangiles synoptiques ne répond guère à celle
d’écrivains, de lecteurs assidus des anciens livres, de rabbins
savants. Reste à savoir si ce n’est pas le tableau des
synoptiques qui est faux, et si l’entourage de Jésus ne fut
pas beaucoup plus pédant, plus scolastique, plus analogue
aux scribes et aux pharisiens, que le récit de Matthieu,
Marc et Luc ne porterait à le supposer.
Si l’on admet l’hypothèse que nous avons dite, et
d’après laquelle Jean aurait plutôt accepté l’Apocalypse qu’il


1 Aux preuves tant de fois alléguées, ajoutez Caïus et Denys
d’Alexandrie, dans Eusèbe, H. E., III, 28.
2 Le verset Apoc., I, 2, ne signifie pas que l’auteur ait été témoin de
la vie de Jésus. Comp. I, 9, 19, 20 ; VI, 9, XX, 4 ; XXII, 8.


ne l’aurait écrite de sa main, on obtient un autre avantage,
c’est d’expliquer comment le livre fut si peu répandu,
durant les trois quarts de siècle qui suivirent sa composition.
Il est probable que l’auteur, après l’an 70, voyant
Jérusalem prise, les Flavius solidement établis, l’empire
romain reconstitué, et le monde obstiné à durer, malgré
le terme de trois ans et demi qu’il lui avait assigné, arrêta
lui-même la publicité de son ouvrage. L’Apocalypse, en
effet, n’atteignit toute son importance que vers le milieu
du IIe siècle, quand le millénarisme devint un sujet de discorde
dans l’Église, et surtout quand les persécutions redonnèrent
aux invectives contre la Bête du sens et de l’àpropos1.
La fortune de l’Apocalypse fut ainsi attachée aux
alternatives de paix et d’épreuves que traversa l’Église.
Chaque persécution lui donna une vogue nouvelle ; c’est
quand les persécutions sont finies que le livre court de
véritables dangers, et se voit sur le point d’être chassé du
Canon, comme un pamphlet mensonger et séditieux.
Deux traditions dont j’ai admis en ce volume la plausibilité,
savoir la venue de Pierre à Rome et le séjour de
Jean à Éphèse, ayant donné lieu à de longues controverses,
j’en ai fait l’objet d’un appendice à la fin du volume.
J’ai en particulier discuté le récent mémoire de
M. Scholten sur le séjour des apôtres en Asie avec le soin
que méritent tous les écrits de l’éminent critique hollandais.
Les conclusions auxquelles je suis arrivé, et que je
ne tiens, du reste, que pour probables, exciteront certainement,
comme l’emploi que j’ai fait du quatrième Évangile
en écrivant la Vie de Jésus, les dédains d’une jeune
école présomptueuse, aux yeux de laquelle toute thèse est
prouvée dès qu’elle est négative, et qui traite péremptoirement
d’ignorants ceux qui n’admettent pas d’emblée
ses exagérations. Je prie le lecteur sérieux de croire que je
le respecte assez pour ne rien négliger de ce qui peut servir


1 Voir la lettre des Églises de Vienne et de Lyon, dans Eusèbe,
H. E., V, I, 10, 58 (notez ¹ gr a f»).


 à trouver la vérité dans l’ordre des études dont je
l’entretiens. Mais j’ai pour principe que l’histoire et la dissertation
doivent être distinctes l’une de l’autre. L’histoire
ne peut être bien faite qu’après que l’érudition a entassé
des bibliothèques entières d’essais critiques et de mémoires
; mais, quand l’histoire arrive à se dégager, elle ne doit
au lecteur que l’indication de la source originale sur laquelle
chaque assertion s’appuie. Les notes occupent le
tiers de chaque page dans ces volumes que je consacre
aux origines du christianisme. Si j’avais dû m’obliger à y
mettre la bibliographie, les citations d’auteurs modernes,
la discussion détaillée des opinions, les notes eussent
rempli au moins les trois quarts de la page. Il est vrai que
la méthode que j’ai suivie suppose des lecteurs versés
dans les recherches sur l’Ancien et le Nouveau Testament,
ce qui est le cas de bien peu de personnes en
France. Mais combien de livres sérieux auraient le droit
d’exister si, avant de les composer, l’auteur avait dû être
sûr qu’il aurait un public pour les bien comprendre ?
J’affirme d’ailleurs que même un lecteur qui ne sait pas
l’allemand, s’il est au courant de ce qui a été écrit dans
notre langue sur ces matières, peut fort bien suivre ma
discussion. L’excellent recueil intitulé Revue de théologie, qui
s’imprimait jusqu’à ces dernières années à Strasbourg, est
une encyclopédie d’exégèse moderne, qui ne dispense pas
sûrement de remonter aux livres allemands et hollandais,
mais où toutes les grandes discussions de la théologie
savante depuis un demi-siècle ont eu leur écho. Les écrits
de MM. Reuss, Réville, Scherer, Kienlen, Coulin, et en
général les thèses de la faculté de Strasbourg1 offriront


1 On m’a si souvent reproché les courtes listes biographiques
d’ouvrages français que j’ai données dans les volumes antérieurs,
bien que j’eusse formellement averti que ces listes n’avaient d’autre
but que de répondre à ceux qui m’accusaient de supposer chez le
lecteur français des connaissances antérieures qu’il ne pouvait
avoir, que je me les interdis cette fois-ci. Le pédantisme,
l’ostentation du savoir, le soin de ne négliger aucun de ses avantages, sont tellement devenus la règle de certaines écoles, qu’on n’y
admet plus l’écrivain sobre qui, selon la maxime de nos vieux maîtres
de Port-Royal, sait se borner, ne fait jamais profession de
science, et dans un livre ne donne pas le quart des recherches que
ce livre a coûtées. L’élégance, la modestie, la politesse, l’atticisme
passent maintenant pour des manières de gens arriérés.


également aux lecteurs désireux de plus amples renseignements
une solide instruction. Il va sans le dire que
ceux qui pourront lire les écrits de Christian Baur, le père
de toutes ces études, de Zeller, de Schwegler, de Volkmar,
de Hilgenfeld, de Lücke, de Lipsius, de Holtzmann,
d’Ewald, de Keim, de Hausrath, de Scholten, seront
mieux édifiés encore. J’ai proclamé toute ma vie que
l’Allemagne s’était acquis une gloire éternelle en fondant
la science critique de la Bible et les études qui s’y rapportent.
Je l’ai dit assez haut pour qu’on n’eût pas dû
m’accuser de passer sous silence des obligations que j’ai
cent fois reconnues. L’école des exégètes allemands a ses
défauts ; ces défauts sont ceux qu’un théologien, quelque
libéral qu’il soit, ne peut éviter ; mais la patience, la ténacité
d’esprit, la bonne foi qui ont été déployées dans cette
oeuvre d’analyse sont chose vraiment admirable. Entre
plusieurs très belles pierres que l’Allemagne a posées
dans l’édifice de l’esprit humain, élevé à frais communs
par tous les peuples, la science biblique est peut-être le
bloc qui a été taillé avec le plus de soin, celui qui porte au
plus haut degré le cachet de l’ouvrier.
Pour ce volume, comme pour les précédents, je dois
beaucoup à l’érudition toujours prête et à l’inépuisable
complaisance de mes savants confrères et amis, MM. Egger,
Léon Renier, Derenbourg, Waddington, Boissier, de
Longpérier, de Witte, Le Blant, Dulaurier, qui ont bien
voulu me permettre de les consulter journellement sur les
points se rapportant à leurs études spéciales.
M. Neubauer a revu la partie talmudique. Malgré ses travaux
à la Chambre, M. Noël Parfait a bien voulu ne pas
me discontinuer ses soins de correcteur accompli. Enfin,

je dois exprimer ma vive reconnaissance à MM. Amari,
Pietro Rosa, Fabio Gori, Fiorelli, Minervini, de Luca, qui,
durant un voyage d’Italie que j’ai fait l’année dernière, ont
été pour moi les plus précieux des guides. On verra
comment ce voyage se rattachait par plusieurs côtés au
sujet du présent volume. Quoique je connusse déjà
l’Italie, j’avais soif de saluer encore une fois la terre des
grands souvenirs, la mère savante de toute renaissance.
Selon une légende rabbinique, il y avait à Rome, durant
ce long deuil de la beauté qu’on appelle le moyen âge,
une statue antique conservée en un lieu secret, et si belle
que les Romains venaient de nuit la baiser furtivement.
Le fruit de ces embrassements profanes fut, dit-on,
l’Antéchrist1. Ce fils de la statue de marbre est bien
certainement au moins un fils de l’Italie. Toutes les
grandes protestations de la conscience humaine contre
les excès du christianisme sont venues autrefois de cette
terre ; de là encore elles viendront dans l’avenir.
Je ne cacherai pas que le goût de l’histoire, la jouissance
incomparable qu’on éprouve à voir se dérouler le
spectacle de l’humanité, m’a surtout entraîné en ce volume.
J’ai eu trop de plaisir à le faire pour que je demande
d’autre récompense que de l’avoir fait. Souvent je me suis
reproché de tant jouir en mon cabinet de travail, pendant
que ma pauvre patrie se consume dans une lente agonie ;
mais j’ai la conscience tranquille. Lors des élections de
1869, je m’offris aux suffrages de mes concitoyens ; toutes
mes affiches portaient en grosses lettres : « Pas de
révolution ; pas de guerre ; une guerre sera aussi funeste
qu’une révolution. » Au mois de septembre 1870, je
conjurai les esprits éclairés de l’Allemagne et de l’Europe
de songer à l’affreux malheur qui menaçait la civilisation.
Pendant le siège, dans Paris, au mois de novembre 1870,
je m’exposai à une forte impopularité en conseillant la
réunion d’une assemblée, ayant les pouvoirs pour traiter


1 Voir Buxtorf, Lex. chald. talm. rabb., p. 222.


de la paix. Aux élections de 1871, je répondis aux ouvertures
qu’on me fit : « Un tel mandat ne peut être ni recherché,
ni refusé. » Après le rétablissement de l’ordre,
j’ai appliqué tout ce que j’ai d’attention aux réformes que
je considère comme les plus urgentes pour sauver notre
pays. J’ai donc fait ce que j’ai pu. Nous devons à notre
patrie d’être sincères avec elle ; nous ne sommes pas
obligés d’employer le charlatanisme pour lui faire accepter
nos services ou agréer nos idées.
Peut-être, d’ailleurs, ce volume, bien que s’adressant
avant tout aux curieux et aux artistes, contiendra-t-il plus
d’un enseignement. On y verra le crime poussé jusqu’à
son comble et la protestation des saints élevée à des accents
sublimes. Un tel spectacle ne sera pas sans fruit
religieux. Je crois autant que jamais que la religion n’est
pas une duperie subjective de notre nature, qu’elle répond
à une réalité extérieure, et que celui qui en aura suivi
les inspirations aura été le bien inspiré. Simplifier la
religion n’est pas l’ébranler, c’est souvent la fortifier. Les
petites sectes protestantes de nos jours, comme le christianisme
naissant, sont là pour le prouver. La grande erreur
du catholicisme est de croire qu’on peut lutter
contre les progrès du matérialisme avec une dogmatique
compliquée, s’encombrant chaque jour d’une nouvelle
charge de merveilleux.
Le peuple ne peut plus porter qu’une religion sans miracles
; mais une telle religion pourrait être bien vivante
encore, si, prenant leur parti de la dose de positivisme qui
est entrée dans le tempérament intellectuel des classes
ouvrières, les personnes qui ont charge d’âmes réduisaient
le dogme autant qu’il est possible, et faisaient du
culte un moyen d’éducation morale, de bienfaisante association.
Au-dessus de la famille et en dehors de l’État,
l’homme a besoin de l’Église. Les États-Unis d’Amérique
ne font durer leur étonnante démocratie que grâce à leurs
sectes innombrables. Si, comme on peut le supposer, le
catholicisme ultramontain ne doit plus réussir, dans les

grandes villes, à ramener le peuple à ses temples, il faut
que l’initiative individuelle crée des petits centres où le
faible trouve des leçons, des secours moraux, un patronage,
parfois une assistance matérielle. La société civile,
qu’elle s’appelle commune, canton ou province, État ou
patrie, a des devoirs pour l’amélioration de l’individu ;
mais ce qu’elle fait est nécessairement limité. La famille
doit beaucoup plus ; mais souvent elle est insuffisante ;
quelquefois elle manque tout à fait. Les associations
créées au nom d’un principe moral peuvent seules donner
à tout homme venu en ce monde un lien qui le rattache
au passé, des devoirs envers l’avenir, des exemples à
suivre, un héritage de vertu à recevoir et à transmettre,
une tradition de dévouement à continuer.

CHAPITRE PREMIER.

PAUL CAPTIF À ROME

suite…

Renan Ernest – L antechrist

Du Punique au Maghribi Trajectoires d’une langue sémito-méditerranéenne


Image associée

ENSET – Oran

Abdou Elimam

Résumé :

Voici une série d’interrogations nouvelles où nous prenons appui
sur l’éclairage historique pour reconstituer un pont édifiant entre la langue
de Carthage (le punique) et les formes d’arabe maghrébin contemporain.

Trois voies possibles de recherche s’ouvrent alors:

1. Le maghribi (ou maghrébi, comme l’avaient appelé aussi bien Fergusson que Marçais, bienavant nous) présenterait, de nos jours, un substrat punique substantiel.
Substrat sémitique, soulignons-le. Ce qui permet de relancer la perspective
scientifique d’une reconsidération des poids et influence de l’arabe
classique sur les formes contemporaines du maghribi.

2. Reconsidérer le profil sociolinguistique du Maghreb en faisant intervenir trois paramètres essentiels : formations langagières vernaculaires vs. langues à vocation
internationale ; langues dont l’acquisition repose sur des mécanismes natifs
vs celles dont l’apprentissage est le fruit exclusif de l’institution scolaire ; langues ne jouissant pas ou peu de reconnaissance institutionnelle vs celles dont les
statuts juridiques sont force de loi.

3. Repousser le concept de diglossie, au profit de celui d’un bilinguisme d’où les vernaculaires ne sont plus exclus.

La francophonie au Maghreb se pérennisera de la prise en compte de ces rapports
dialectiques ré-examinés.

Mots-clés: maghribi, diglossie, langue vernaculaire

 

 

Introduction/présentation
Notre papier se fixe pour objectif de relater la situation d’une langue à la
fois majoritaire dans le corps social et minorée par l’institution étatique.
Cette forme linguistique dont la cohérence d’ensemble l’impose comme un
système linguistique majeur. Cette langue qui, dès le IX ème siècle était déjà
dotée d’un système graphique singulier (« al-Xatt al-maghribi »). Cette langue
qui a vu naître une littérature prestigieuse («adab az-zadjal ») dès le X ème
siècle, en Andalousie, et qui a su la propager, en Afrique du nord, sous les
appellations de «melħoun», «âami»; voire de «chaâbi» et que Ibn Khaldoun
sut glorifier. Cette langue que Charles Ferguson, en son temps, appela le
«maghrebi», suivant en cela le grand orientaliste français, W. Marçais. Cette
langue que les orientalistes, précisément, ont étiquetée « dialecte arabe »,
sans précaution méthodologique rigoureuse. Créant, de ce fait, une confusion
entre les épithètes : «arabe » et «sémitique » – comme si l’on pouvait dire, par
exemple, que l’hébreu est un « dialecte arabe » ! Une étude récente (d’abord
en 1997, puis reprise en 2003 : A. Elimam , « Le maghribi, alias ed-darija », Ed.
Dar El-Gharb, Algérie) montre clairement que le substrat punique représente
environ 50% de l’actuelle langue vernaculaire majoritaire du Maghreb. Cette
langue qui a fait la gloire de Carthage et que le prince numide, Massinissa,
pratiquait en toutes circonstances, a été bien vivace avant l’arrivée de l’Islam
en terre du Maghreb – jusqu’au Vème siècle, elle était bel et bien attestée comme
« néo-punique ». L’arrivée de cette sorte de « islamo-arabophonie », langue
sémitique également, va favoriser un processus d’individuation linguistique qui,
au IX ème siècle, esquissera cette forme, encore vivace, qu’est le maghribi.
Malheureusement, les indépendances des pays du Maghreb, au lieu de sonner
l’heure de l’émancipation des langues natives, ont minoré ces langues au profit
d’une arabisation dont personne ne parvient à déterminer l’ancrage effectif.
Même si Tamazight commence à trouver une protection juridique en Algérie et
au Maroc, le maghribi, pour sa part continue de se voir marginalisé.

1. Echos d’histoire des langues natives

suite…

gerflint.fr

Adnane Remmal (chercheur marocain) a trouvé une alternative naturelle aux antibiotiques


lelibrepenseur.org

Excellente nouvelle que cette découverte qui va révolutionner la lutte contre les infections nosocomiales meurtrières (centaines de milliers de morts par an dans le monde !). D’autant que cette découverte sera beaucoup moins coûteuse et donc plus accessible pour tous. Il n’est pas étonnant que ce genre de travaux se fasse en Afrique, territoire pas encore détruit par le paradigme du profit et dans lequel Big Pharma n’est pas encore maître des lieux. On imagine que ces voyous de l’industrie pharmacochimique vont tout faire pour anéantir cette découverte afin de ne pas perdre le bénéfice de leur fumeux antibiotiques excessivement coûteux et qui pourtant ne servent à rien aujourd’hui.


Professeur en biologie à l’université de Fès, Adnane Remmal a reçu le prix de l’inventeur 2017 de l’Office européen des brevets.

Il est parvenu à « redynamiser » des antibiotiques que la résistance des bactéries avait rendu inopérants grâce aux huiles essentielles et vise à terme, à les remplacer par ces extraits de plantes. Portrait.

Génétique !


numidia-liberum

Génétiquement, les Maghrébins ne sont pas des Arabes

 

Le fantasme de la pureté identitaire est un signe d’appauvrissement intellectuel” 

Sophie Bessis, historienne franco-tunisienne

 

Le Fantasme

Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %), et des autres Maghrébins, s’identifiet culturellement aux Arabes, des études scientifiques tendent à indiquer qu’ils seraient ethniquement plus proches des Berbères et de certains Européens, qu’ils ne le sont des Arabes. « Comparés avec d’autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l’Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au VIIe ouVIIIe siècle. » ( A. Hajjej, H. Kâabi, M. H. Sellami, A. Dridi, A. Jeridi, W. El Borgi, G. Cherif, A. Elgaâïed, W. Y. Almawi, K. Boukef et S. Hmida, « The contribution of HLA class I and II alleles and haplotypes to the investigation of the evolutionary history of Tunisians »,Tissue Antigens, vol. 68, n°2, août 2006, pp. 153–162).

 
Femmes maghrébines
(19ème siècle)  

————————————————————————————————————————————-

——————————————–SYSTEME DEFENSE GLOBAL———————————————————————————————————————————————————————————–

INTRUSION SYSTÈME :  

gros doute sur l’origine de cette photo qui paradoxalement le « narguilé » est d’origine Perse (wikipedia)

les Berbères de chez nous ne fument pas le narguilé, il y a les champs à travailler…

pas le temps pour cette fumisterie. (humour DATA) 

————————————————————END——————————————————————

Bien que ces études se soient basées sur des échantillons retreints, elles sont parlantes. Elles confirment ce que les historiens ont toujours affirmé : l’apport arabe est très minoritaire dans les populations maghrébines (Ibn Khaldoun, Gabriel Camps, etc.), car quelques dizaines de milliers d’envahisseurs arabes n’ont pas pu, matériellement, changer des millions de Berbères en Arabes.

Le verdict des chercheurs ci-dessus est sans appel : l’identité arabe (ou arabo-musulmane) de la Tunisie, ou du Maghreb, relève plus du fantasme que de la réalité. Ce fantasme a été injecté dans les têtes et les esprits à une époque récente : nos pères, nos grands pères et nos aïeux, certainement plus réalistes, n’ont jamais revendiqué cette filiation douteuse, inventée par les monarchies pétrolières et leurs valets islamistes. En psychologie, un fantasme est une construction consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s’y met en scène, d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse.

Oublier ses ancêtres, c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines  Proverbe chinois

Nous savons que le Maghreb, initialement peuplé de Berbères, a été envahi par de nombreuses populations, qui ont toutes été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales , Arabes, Espagnols, Turcs et Français. De plus, beaucoup de Maures (Espagnols islamisés) et de Juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVe siècle.

Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à lislamisation de la majeure partie de l’Ifriqiya. C’est à partir du XIe siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes chassées d’Égypte, que l’arabisationlinguistique et culturelle devient déterminante. Selon Gabriel Camps (Les Berbères. Mémoire et identité, éd. Errance, Paris, 1995, p. 102), « en renforçant par leur présence la part de population nomade, les Arabes arrivés au Xe siècle ont été d’un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur le plan culturel et socio-économique. »

Comme le dit Ibn Khaldoun, nous ne sommes pas des Arabes, nous sommes des « arabisés » (moustaaraboune). Il n’y a aucune honte à le reconnaître : les Maghrébins sont …des Maghrébins (Magharibeh).

De nos jours, la presque totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite de rite malékite. De la forte population juive qui a existé durant 2.000 ans, il n’en reste plus aujourd’hui qu’une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis, car la majorité des Juifs tunisiens ont émigré vers Israël ou la France. Il existe également une petite population chrétienne.

Cela ne sert à rien de défoncer des portes ouvertes, en affirmant que la Tunisie est musulmane. Qui le conteste ? Personne. Sauf queles tenants de l’arabo-islamisme veulent effacer toute référence nationale (tunisien, algérien, marocain, etc.) au profit d’une référence à une « oumma » où nous serions tous, non des citoyens, mais les sujets d’un cheikh, d’un roi , d’un émir, ou d’un quelconque calife.

Génétique : Adn et généalogie ou l’histoire de nos ancêtres

A partir d’un simple prélèvement salivaire, les généticiens sont désormais en mesure de retracer l’histoire des migrations des ancêtres de tout individu. Leurs techniques sont si performantes qu’elles permettent de remonter jusqu’à la préhistoire, soit 900 ans avant Jésus-Christ, juste avant l’arrivée, en 814 av.J.C., de Didon/Elyssa, fondatrice et reine de Carthage.

C’est au travers de l’haplogroupe que les généticiens sont capables de remonter la lignée généalogique sur autant de décennies. Les haplogroupes peuvent se définir comme les branches de l’arbre généalogique des Homo Sapiens, ils représentent l’ensemble des personnes ayant un profil génétique similaire grâce au partage d’un ancêtre commun.

On distingue deux sortes d’haplogroupe, le premier étant d’ADN mitochondrial et le second de chromosome Y. L’ ADN mitochondrial (ADNmt) est transmis de la mère à ses enfants (fille et garçon), l’haplogroupe ADNmt réunit les personnes d’une même lignée maternelle. Le chromosome Y est transmis uniquement du père vers son fils, l’haplogroupe chromosome Y se compose des hommes partageant un ancêtre de la lignée paternelle.

Grâce à l’identification des haplogroupes et à leur comparaison entre populations, il est possible de connaître, avec une certitude relative, les déplacements migratoires réalisés par des peuples. Ces techniques permettent donc de déterminer la zone géographique dans laquelle nos ancêtres vécurent.

L’haplogroupe se détermine à partir des SNPs, c’est-à-dire les single nucleotide polymorphism qui sont eux-mêmes des variations de couples de base (A-D-T-N) de séquences d’ADN. Différents tests et analyses existent aujourd’hui et permettent d’identifier rapidement les SNP, sur l’ADNmt et le chromosome Y. Les similitudes sont alors regroupées en haplogroupe.

Bien que non significatif en termes de généalogie (les haplogroupes constituent des ensembles trop importants pour fournir des renseignements spécifiques à une unique lignée familiale), ces données renseignent sur les migrations géographiques de peuples et fournissent progressivement une cartographie mondiale de plus en plus précise sur l’histoire des hommes préhistoriques.

Lignée paternelle maghrébine : l’ADN du chromosome Y

La principaux haplogroupes du chromosome Y des Tunisiens et des Maghrébins (berbérophones et arabophones) en général sont : le marqueur berbère E1b1b1b (M81) (65 % en moyenne) et le marqueur arabe J1 (M267) (15 % en moyenne) auxquels plus de 80 % des Maghrébins appartiennent.

D’après les données du tableau intitulé « Lignée paternelle : l’ADN du chromosome Y » figurant dans l’article de Wikipedia relatif auxMaghrébins , nous avons calculé que, en moyenne, chez les Maghrébins, le marqueur berbère est majoritaire à 59,6% , et que le marqueur arabe est minoritaire à 20,6%.

1b (le marqueur berbère, carte ci-dessus), est caractéristique des populations du nord-ouest de l’Afrique (Maghreb) où sa fréquence moyenne est d’environ 50 %. Dans certaines parties isolées du Maghreb, sa fréquence peut culminer jusqu’à 100 % de la population. Cet haplogroupe se retrouve aussi dans la péninsule Ibérique (5 % en moyenne) et à des fréquences moins élevées, en Italie, en Grèce et en France.

La carte ci-dessous montre la répartition géographique en Tunisie du haplotype E1b1b1b, marqueur caractéristique des berbères; il en résulte que  la population tunisienne est, en grande majorité, berbère :

J1 est un haplogroupe « sémitique » très fréquent dans la péninsule arabique, avec des fréquences avoisinant 70 % au Yémen.J1 est le marqueur « arabe », carte ci-dessous. 20 % des Juifs appartiennent aussi à J1. On en conclut que l’origine des Arabes est le Yémen. Le marqueur arabe se retrouve aussi en Turquie, en Europe du Sud et en France.

 

Lignée maternelle : l’ADN mitochondrial

De nombreuses études ont été menées sur des populations du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, ou plus globalement du Nord de l’Afrique. Les auteurs montrent que la structure génétique mitochondriale générale des Tunisiens et des populations du Maghreb est composée majoritairement d’haplogroupes (H, J, T, V…) fréquents dans les populations européennes (de 45 à 85 %), d’haplogroupes L (de 3 à 50 %) très fréquents dans les populations sub-sahariennes, de l’haplogroupe M1 (de 0 à 15 %) détectés principalement dans les populations est-africaines, de l’haplogroupe U6 (0 à 28 %), surtout présent en Afrique du Nord et également a des fréquences de 5 % dans la péninsule Ibérique, et d’haplogroupes M, N ou X (de 0 à 8 %) détectés principalement en Eurasie. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Maghr%C3%A9bins#G.C3.A9n.C3.A9tique).

Conclusions de la génétique 

D’après wikipedia « La principaux haplogroupes du chromosome Y des Tunisiens et des Maghrébins berbérophones et arabophones en général sont : E1b1b1b (M81) (65 % en moyenne) et J1 (M267) (15 % en moyenne) auxquels plus de 80 % des Tunisiens appartiennent. »

En moyenne, le Maghrébin est donc :

– à 65% d’ascendance berbère et à 15% d’ascendance arabe du côté paternel,

– à plus de 50% d’ascendances diverses, qu’il partage avec les Européens, du côté maternel.

Cette conclusion devrait clouer le bec aux racistes des deux bords de la Méditerranée : par nos mères, nous avons une forte ascendance commune avec les Européens.

Les défenseurs de l’hégémonie, voire même de l’exclusivité du caractère arabo-musulman de la Tunisie, et plus généralement du Maghreb, tentent de gommer de la mémoire collective toutes les autres composantes de l’identité nationale ou maghrébine  et d’imposer une conception extra-territoriale de l’Etat nation, en l’occurrence la oumma islamique, prélude à la dissolution de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc dans un califat archaïque et cauchemardesque. [1]

Mais là où le bât blesse encore plus, c’est que, alors que la plupart des sociétés s’orientent vers le multiculturalisme, le « monde arabe » semble à la recherche d’une pureté identitairecomplètement fantasmée.

Hannibal Genséric

  Autre carte du marqueur berbère :

 

 

Ramdhane Abbane (1920/1957) <<Nous ne sommes pas des occidentaux pour suivre le mode de vie occidental mais nous sommes pas des orientaux non plus. Nous sommes une race unique et nous le resterons>>

Il joue un rôle fondamental dans l’histoire de la révolution algérienne, souvent considéré comme le dirigeant « le plus politique » du FLN. Il est surnommé  « l’architecte de la révolution ».
 Principal organisateur du congrès de la Soummam, il trace les grandes lignes du mouvement révolutionnaire consistant à créer un État dans lequel l’élément politique l’emporte sur l’élément militaire, et a opté pour le pluralisme politique et linguistique en Algérie.

[1]  Depuis l’écriture de cet article, un califat d’assassins violeurs, voleurs, cannibales, etc. est apparu sous le nom de l’État Islamique, mais il faut lire « État Islamiste » ou mieux encore »État Israélien ». Même dans nos pires cauchemars, on n’aurait jamais pu imaginer les horreurs dont sont capables ses sbires.

VOIR AUSSI :

——————————————————————————————————————————–

Nouveau dossier :

numidia-liberum

Génétique. Les faux Arabes d’Afrique du Nord

Dans notre article « Génétiquement, les Maghrébins ne sont pas des Arabes« , nous avions écrit :

« Le Fantasme. Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %), et des autres Maghrébins, s’identifient culturellement aux Arabes, des études scientifiques tendent à indiquer qu’ils seraient ethniquement plus proches des Berbères qu’ils ne le sont des Arabes. »

Des études récentes démontrent qu’il en est ainsi pour toute l’Afrique du Nord, y compris l’Égypte et la Libye. Inversement, des pays qui rejettent toute affiliation arabe, comme l’Iran, sont majoritairement arabes.  
Enfin, les conquêtes « arabes » en Europe sont, en réalité, des conquêtes berbères. Les Sarrasins étaient des Berbères islamisés, et non pas les « Arabes d’Andalousie » !
Dans l’étude ci-dessous, la désignation génome « nord africain »  signifie génome berbère.

Et si la science et la génétique faisaient tomber les derniers mythes éculés, la falsification de l’histoire, les dénis identitaires. Et si la science, pouvait rassembler plutôt que diviser, réconcilier les humains avec leur passé, couper l’herbe sous le pied des islamistes menteurs (pléonasme), sournois, marchands de facéties, politiciens véreux.

Tous ceux qui gouvernent le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte, ont gardé dans leurs gênes authentiquement berbères, une soumission pathétique aux conquérants arabes du septième siècle. Depuis cette époque, pour gouverner, il fallait impérativement se dire « Arabe », courber l’échine devant Damas ou Bagdad, capitales de l’empire arabe. Les rares parenthèses de gouvernance authentiquement berbère sont négligées, sinon décriées. C’est ce qu’on appelle « le syndrome de Stockholm » [2].

Le projet Genographic project (Reference Populations – Geno 2.0 Next Generation) vient nous livrer (et nous délivrer d’une tromperie) les résultats d’une étude menée depuis plusieurs années, sur des groupes de populations sur les quatre continents.

Égypte

Arabie 17%
Diaspora juive 4%
Afrique de l’Est 3%
Afrique du Nord 68%
Asie Mineure 3%
Europe du Sud 3%

 

Au fur et à mesure que les populations anciennes émigrèrent d’Afrique, elles passèrent à travers l’Afrique du Nord-Est vers l’Asie du Sud-Ouest. Les composantes de l’Afrique du Nord et de l’Arabie en Égypte sont représentatives de cette ancienne route migratoire, ainsi que les migrations ultérieures du Croissant Fertile vers l’Afrique avec la propagation de l’agriculture au cours des 10.000 dernières années et les migrations arabes du VIIe siècle avec la propagation de l’islam. La composante de l’Afrique de l’Est reflète vraisemblablement un mouvement localisé vers le haut du Nil navigable tandis que les composantes du Sud de l’Europe et de l’Asie Mineure reflètent le rôle géographique et historique de l’Égypte en tant qu’acteur historique de la croissance économique et culturelle dans la région méditerranéenne

Iran

Bien qu’on ait toujours considéré l’Iran, ex Perse, comme un pays non arabe, il s’avère que génétiquement les Iraniens sont Arabes à 56%, les autres composantes génétiques sont très minoritaires.

     Arabie      56%
     Afrique de l’Est      4%
     Afrique du Nord      2%
     Asie centrale      4%
     Asie Mineure      6%
     Europe du Sud      2%
     Asie du Sud      24%

Les grandes composantes de l’Arabie et de l’Asie du Sud trouvées dans notre population iranienne de référence reflètent ces modèles anciens. Les composantes de l’Asie Mineure et de l’Asie Centrale sont probablement arrivées par les migrations de groupes originaires des régions situées plus au nord, comme les Turcs et les Mongols. La Route de la Soie peut également avoir servi à disperser les tendances génétiques asiatiques plus au sud et à l’ouest

Liban

     Arabie      44%
     Diaspora juive      14%
     Afrique de l’Est      2%
     Afrique du Nord      11%
     Asie Mineure      dix%
     Europe du Sud      5%

Comme certaines populations anciennes émigrées de l’Afrique, ils ont passé d’abord par le Moyen-Orient en route vers l’Eurasie. Certaines populations sont restées au Moyen-Orient et au fil du temps ont développé des modèles génétiques uniques. Le mélange d’Arabie, d’Afrique du Nord et d’Asie Mineure est unique dans cette partie du monde. Les composantes de l’Arabie et de l’Afrique du Nord reflètent des modèles anciens de colonisation et d’interaction dans la région, tandis que la Route de la Soie peut avoir servi à ajouter des profils génétiques plus au nord et à l’est.

Tunisie

     Arabie      4%
     Afrique du Nord      88%
     Europe du Sud      5%
     Afrique occidentale et centrale      2%

L’emplacement de la Tunisie sur la Méditerranée en Afrique du Nord contribue à sa grande diversité génétique. En majorité d’Afrique du Nord, il existe aussi des composantes clairement européennes et arabes. La composante arabe est arrivée probablement en deux vagues, l’une avec l’arrivée de l’agriculture du Moyen-Orient, il y a environ 8.000 ans, et l’autre avec la conquête islamique du VIIe siècle. Les Tunisiens ont également des composantes d’autres régions d’Afrique, comme l’Afrique occidentale et centrale.

Conclusions

D’abord, l’étude nous révèle que plusieurs pays, considérés comme Arabes, ne le sont que peu ou prou. C’est le cas de l’Égypte, que le génome de sa population avec 68%, désigne clairement comme une nation Nord-Africaine, au même titre que la Tunisie, l’Algérie, la Libye ou le Maroc. Au fait, elle n’est arabe qu’à 17% et même un peu juive à 4% !
La Tunisie, quant à elle, choisie comme représentant le Maghreb, est à seulement 4% arabe, à 88% Nord-Africaine et à 5% européenne. Génétiquement, la Tunisie est plus européenne qu’arabe !!

Le Liban, comme on peut s’y attendre, est l’un des peuples les plus hétéroclites au monde. Il comporte 14% de génome Juif, 11% du génome Nord-Africain, et  44% de génome arabe!

(sur site, un lien n’est plus d’actualité.)

Autres surprises : le génome nord-africain se retrouve sur quatre continents : Afrique, Europe, Asie, et… en Amérique latine !

Une autre révélation renversante est l’absence totale du génome arabe dans des pays où était admise leur présence, pour des raisons religieuses, comme en Espagne, au Portugal, en France et en Afrique subsaharienne (Sénégal et Nigeria). C’est d’ailleurs dans ces contrées, où s’était propagé l’Islam, que la présence du génome nord-africain est la plus forte. C’est ainsi que les Ibériens (Espagnols et Portugais) ont 9% de part du gène Nord-Africains et tenez-vous bien 0% de gêne arabe. La Sardaigne 11%, le Sénégal avec une grande part de 12% et Yarubans (Nigeria) 3% d’ADN Nord-Africain,

Une dernière révélation est la présence surprenante de génome Nord-Africain sur le continent américain et notamment celui du Sud. Cela appuie la théorie selon laquelle les Berbères, auraient pu atteindre le continent des Amériques bien avant les colons Européens au 15e siècle[1], mais également, la présence d’équipages berbères au sein de l’expédition de Christophe Colomb, et des conquistadors partis des Îles Canaris. C’est ainsi que l’on retrouve 5% d’ADN Nord-Africain chez les Argentins, et 6% chez les Colombiens.

On retrouve également l’ADN d’Afrique du Nord dans les Bermudes, Chez les Mexicains, les Péruviens 3%, les Mexicains Américains 4%, à Puerto-Rico 3%, en Grèce 3%, en Iran 4%, en Italie et en France (2%), au Kenya et en Éthiopie avec 4%. Cette découverte bouche un coin aux adeptes du Maghreb Arabe  qui enseignent à nos enfants que les Maghrébins sont à 80% arabes et à 20% de « mélanges ».  

D’ailleurs, bien avant les études génétiques récentes, des chercheurs avaient déjà conclu que les populations maghrébines ne sont « arabes » que par la langue officielle (l’arabe littéral) imposée à l’école et dans les médias. 

Voici ce qu’écrit wikipédia :
 » Selon Gilbert Meynier, la population Nord Africaine serait principalement berbère bien qu’officiellement elle est de majorité arabe. En effet, si l’apport des Arabes en Afrique du Nord n’est pas aussi important sur le plan démographique qu’il n’est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, les Arabes arrivés à partir du VIIe siècle avec les invasions musulmanes, ont contribué à convertir à l’islam l’Afrique du Nord après plusieurs années de guerre, malgré la résistance et les combats de la Kahena et Koceila. L’apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir duXIe siècle, lorsque le pouvoir des chiites Fatimides envoya, dans le but de réprimer des dynasties berbères ayant proclamé leur indépendance, certaines tribus arabes telles que les Hilaliens et les Banu Soulaym.
Les estimations en termes de déplacement de population vont de 80.000 à 200.000 ou 250.000. Selon Charles-André Julien, les actuelles populations arabophones, majoritaires au Maghreb, seraient en grande partie berbères. Selon l’historien Gabriel Camps, les « invasions hilaliennes » ont été « d’un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur les plans culturel et socio-économique. » De nos jours, l’arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c’est-à-dire la langue des médias et de l’école. »

AUCUN de ces pays n’est  arabe !

[1] Des musulmans ont découvert l’Amérique cinq siècles avant Christophe Colomb
[2]  Ces Maghrébins atteints du « syndrome de Stockholm »

VOIR AUSSI :

Hannibal GENSERIC

« J’ai tué la princesse DIANA sur l’ordre du Prince Philip » dixit John Hopkins


numidia-liberum

John Hopkins, un agent retraité de MI5 de 80 ans, a fait une série de confessions étonnantes depuis sa sortie d’hôpital à Londres mercredi, dans lequel on lui a dit qu’il lui restait quelques semaines à vivre. Hopkins déclare avoir été un tueur du MI5, impliqué dans 23 assassinats pour l’agence de renseignement britannique entre 1973 et 1999, y compris la princesse Diana.

Selon le site yournewswire.com, M. Hopkins, qui a travaillé pour M15 pendant 38 ans en tant qu’opérateur, prétend qu’il a été souvent utilisé comme tueur à gages par l’agence, pour assassiner discrètement des individus considérés comme une menace pour la sécurité intérieure du Royaume-Uni.

An 80-year-old retired MI5 agent, John Hopkins, has made a series of astonishing confessions since he was released from hospital, including claims he assassinated Princess Diana on Royal orders.Résultat de recherche d'images pour "lady di"

Formé à la fois comme ingénieur en mécanique et expert en munitions, M. Hopkins affirme avoir une vaste expérience de méthodes moins conventionnelles pour infliger la mort et la destruction, y compris par les produits chimiques et les poisons.

L’homme britannique de 80 ans prétend qu’il a été impliqué dans des assassinats du MI5 entre juin 1973 et décembre 1999, pendant laquelle « le MI5 s’occupait peu de surveillance externe ».
Hopkins dit qu’il faisait partie d’une cellule de sept agents qui étaient chargés d’exécuter des assassinats politiques à travers le Royaume-Uni. La plupart des victimes étaient des politiciens, des militants, des journalistes et des dirigeants syndicaux.

  1. Hopkins dit que la princesse Diana est unique parmi ses victimes, car elle est la seule femme qu’il n’ait jamais assassinée, ainsi que la seule de rang royal. Elle est également la seule victime que la famille royale elle-même a ordonné d’éliminer.

 

[Interdit dans le monde entier: Documentaire sur la Princesse Diana ‘Killing illégal « . À voir.]

Il prétend se sentir « ambivalent » au sujet de la mort de la princesse Diana. D’une part, Diana était «une belle femme de bon cœur» qui ne méritait pas cette mort.
Mais selon M. Hopkins, elle mettait également en danger la Couronne britannique:

« La famille royale avait la preuve qu’elle envisageait de divorcer de Charles. Elle connaissait trop de secrets royaux. Elle avait une énorme rancune et elle allait déballer en public toutes sortes de revendications sauvages. Mon patron m’a dit qu’elle devait mourir. Il en avait reçu l’ordre directement du prince Philip , et nous devions faire ressembler à un accident. Je n’avais jamais tué une femme avant, encore moins une princesse, mais j’ai obéi aux ordres. Je l’ai fait pour la reine et le pays.  »

L’étape suivante de la conspiration de haut niveau impliquait les médias, sous le contrôle serré du palais, en se parlant les uns aux autres afin de bien ficeler leurs histoires, s’assurer que tout le monde était sur la même page. C’était une opération bien gérée.  »

« Les journalistes britanniques répondent tous aux rédacteurs qui répondent aux oligarques qui veulent être tous des chevaliers de la famille criminelle du palais de Buckingham. Il n’y a pas de presse libre en Grande-Bretagne , a déclaré M. Hopkins.

« Nous avons échappé aux conséquences de ce meurtre. »

L’homme de 80 ans, qui a passé ses dernières semaines à la maison, a déclaré qu’il s’attendait à être placé en garde à vue suite à ses aveux, mais dit: «Je ne peux pas dire que cela me préoccupe énormément.» Hopkins a expliqué que toute enquête sur l’affaire «prendrait une éternité» et serait «très compliquée» car il y a peu d’enregistrements écrits autour des activités secrètes du MI5 et «la plupart de mes collègues sont déjà morts».

Le témoin le plus important dans l’affaire, le chef de M. Hopkin, est mort d’une crise cardiaque au début des années 2000 et le commanditaire, le prince Philip, « ne sera jamais accusé de quoi que ce soit, bien sûr »

 Résultat de recherche d'images pour "prince philip psychopathe"
Le prince Philip, mari de la reine et psychopathe

« Nous devons abattre la population en surplus » (Août 1997)

« Dans le cas où je suis réincarné, j’aimerais revenir en virus mortel, afin de contribuer à résoudre la surpopulation »  (décembre 1988)

« Si jamais le prince Philip se laisse  analyser par un psychiatre, je suis sûr qu’il serait diagnostiqué comme psychopathe. Il a tous les traits sombres de la triade.  »

Interrogé sur la raison pour laquelle il n’a pas refusé le travail ou exposé l’intrigue à l’époque, il a expliqué que les agents du MI5 jurent l’allégeance envers la Couronne, nous ne pouvons être impartiaux en ce qui concerne la famille royale. Au mieux, j’aurais été accusé de trahison, et au pire, Philip aurait conçu un sort horrible pour moi.”.

Hannibal GENSERIC

Source: yournewswire.com

Iran – Arabie Saoudite : Deux visions de l’islam


Par Chems Eddine Chitour

«La plus grande industrie des Arabes est la fabrication des croyances. Ce peuple à l’esprit étroitement limité peut laisser en friche son intelligence avec une résignation dépourvue de curiosité. Son imagination est vive; elle n’est pas créatrice. Peuple des beaux départs, peuple aussi instable que l’eau. Mais, précisément, comme l’eau, assuré peut-être, à la fin, de la victoire…»  T.E.Lawrence (Les sept piliers de la sagesse)

Un drame planétaire se déroule pour le moment à bas bruit, le rechapage du Moyen-Orient promis, souvenons-nous, d’abord par George Bush père après avoir laminé une première fois l’Irak. Il annonçait à la face du monde l’avènement d’un nouvel ordre international sous la gouverne américaine. C’était après l’effondrement de l’Union soviétique sous les coups de boutoir directs et indirects des Etats-Unis et aussi du pape Jean-Paul polonais devant l’Eternel qui, avec son «N’ayez pas peur!», appelait les Polonais au soulèvement qui eut lieu sous l’égide d’un électricien Lech Walesa et pour l’occasion, comme il est de coutume, pour l’empire, de récompenser les vassaux, le prix Nobel.

Ce sera le cas aussi pour Gorbatchev, Mgr Belo qui arracha à l’Indonésie l’île de Timor oriental (chrétienne), une obscure bloggeuse yémenite, qui problématisa le Yémen qui est en train de gémir en silence; ce fut ensuite Mallala, une jeune fille pakistanaise pour avoir été blessée par les taliban. Pour rappel, les Anglais s’étaient opposés à l’attribution du prix Nobel à Gandhi, par contre, en leur temps, Hitler et Mussolini ont été pressentis… Bien plus tard, George Walker Bush reprend le flambeau avec son Pnac (Project for New American Century) qu’il a mis en place sans succès probable, si ce n’est le chaos actuel, le reshapage du Moyen-Orient.

Que pèsent les Arabes risée du monde?

Nous sommes en 2017, les peuples arabes du Moyen-Orient commémorent dans la douleur les funestes accords Sykes-Picot de 1917. Le malheur des Arabes vient de leurs dirigeants. Les peuples quelque soient leurs latitudes sont respectables. Ce sont les mauvais bergers qui font de ses peuples la risée des autres. Les Arabes ne retiennent pas les leçons de l’histoire.

Souvenons nous les Anglais avaient fait miroiter au roi Abdallah un royaume s’ils les aidaient  à se débarrasser de l’empire ottoman. Rien ‘y fit les Arabes n’eurent aucun territoire . Le film « Lawrence d’Arabie » de David Lean magistralement interprété par Peter O’ Toole, Omar Sharif et Antony Quinn dans le rôle d’un chef de tribu  véritable  brute épaisse, décrit  comment les Arabes, ces grands naïfs, furent trompés.

Par contre il est une autre promesse tenu par les anglais  celle de promettre une Terre aux Juifs du monde. Cette promesse qui est à des degrés divers responsables du malheur des Palestiniens spoliés de leurs terres.

Les mêmes Etats-Unis qui protestèrent pour ce partage du Moyen-Orient sans eux alors que leur intervention a été décisive pour la victoire. D’autant que les Anglais raflèrent aussi les entreprises du pétrole L’Anglo-Perse Oil Company (1909) devient l’Anglo-Iranian Oil Company (1925) qui deviendra plus tard BP (1954). Il en sera de même de la Turkish Oil Company (1912) qui deviendra après la chute de l’Empire Ottoman, L’Iraq Petroleum Comany (1927), les Américains (Standard Oil), les Anglais (BP). Les Français (Cfpa) participèrent eux aussi. La Cfpa deviendra bien plus tard Total…

A partir de la, les acolytes franco-anglais deviennent des vassaux de l’Empire américain, notamment après avoir été sauvés de la débâcle, encore une fois, pendant la Seconde Guerre mondiale. La livre anglaise disparaît au profit de l’avènement graduel du dollar et l’hégémonie pétrolière consacrée avec le deal Ibn Saoud – Roosevelt sur le croiseur Quincy. La création de l’Aramco (Arabian America Oil Company) avec un concession qui couvrait pratiquement le territoire saoudien fit de ce pays la chasse gardée des Etats Unis. L’Arabie saoudite troquait sa sécurité contre la sécurité des approvisionnements pour les Etats Unis . Graduellement le monde occidental rentra dans le rang et fit bloc derrière contre l’empire américain contre l’empire du mal ( l’Union Soviétique) Le big Stick américain et le soft power de l’american way of life étaient à la manœuvre

Que se passe-t-il actuellement au Moyen-Orient?

Nous sommes en 2017. Le monde bruisse de colère des faibles, de vengeance et de tentation d’Empire d’un Occident sur le déclin qui jette ses dernières forces pour garder à tout prix le leadership mondial, quitte à recourir au chaos planétaire en ouvrant la boite de Pandore la plus décisive pour avoir un chaos durable, celui ,après s’être attaqué aux identités par une mondialatinisionisation-laminoir qui déifie le marché celui de créer une guerre de religion en attisant « le schisme »  sunnite- chiite.   Les potentats arabes   complices de l’Occident  , plus divisés que jamais passent leur temps à ne rien faire ou à se chercher des querelles pour être bien vus de l’Occident. Ils sont les plus armés dans le monde et dirigent leurs armes contre leurs peuples ou d’autres pays musulmans faibles (Yémen et peut-être Qatar). Ne produisant rien, vivant sur une rente imméritée. Ils voient passer la science confortablement installés dans les temps morts.

Bien malin qui pourrait le dire! Une phrase célèbre certainement paternaliste: «On découvre le Moyen-Orient on se trouve pris dans ses querelles.» Le Moyen-Orient est devenu une poudrière avec la déclaration Balfour, la création en 1947 d’Israël qui problématisa depuis de longues décennies l’imaginaire des potentats arabes brandissant la cause palestinienne  comme  condition d’une normalisation avec Israël ( il faut se souvenir de l’initiative saoudienne de 2002 ; la paix avec Israël contre la restitution des territoires. En vain.  Les potentats arabes  légitiment leur pouvoir sur la  nécessité de la cause palestinienne   On l’aura compris la cause palestinienne ne fait plus recette  mais les peuples arabes et assimilés  réagissent à l’émotion – des feux de paille- comme l’écrit Lawrence d’Arabie cité plus haut. La cause palestinienne est sacrifiée sur l’autel de nouvelles ententes qui font d’Israël une nation fréquentable. On est loin  du souhait du roi  Fayçal  de prier à El Qods..Pendant  ce temps  Israël continue à coloniser , à s’implanter sur les terres palestiniennes  mais personne n’en parle plus.

Qu’avons-nous en face des Arabes?

L’Iran c’est d’abord l’héritier d’une civilisation d’une culture et  d’un art de vivre bonifié par l’Islam. L’Islam n’a jamais agressé personne. C’est un pays qui compte sur ses potentialités . C’est un  pays qui décide de se battre en investissant à marche forcée sur la science. L’Iran (ou Perse) digne héritière principal de l’héritage d’un empire qui eut son heure de gloire pendant que l’Europe était encore peuplée de peuplades incultes. C’est l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde.

« L’histoire de l’Iran couvre des milliers d’années, ses sites néolithiques attestent que la pratique de l’agriculture remonte à 6 et 7000 ans dans la vallée de Gorgan, à Tureng Tepe (en), Yarim Tepe, et au centre du pays à Sialk II (près de Kashan). Des recherches archéologiques commencent à peine à faire connaître des civilisations très anciennes comme la civilisation de Jiroft qui bâtit des villes 3000 ans av. J.-C. Le début du IIIe millénaire av. J.-C. voit apparaître une forme d’écriture, probablement dérivée du système sumérien, à Suse. La dynastie achéménide construira un immense empire s’étendant de l’Inde à l’Égypte. Le cylindre de Cyrus est la première trace écrite d’une déclaration des droits de l’homme, datant de Cyrus II». (1)

Qu’avons-nous en face des Arabes?

L’Iran c’est d’abord l’héritier d’une civilisation d’une culture, d’un art de vivre bonifié par l’Islam. L’Islam n’a jamais agressé personne. C’est un pays qui compte sur ses potentialités . C’est l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde Quand la Perse était à son apogée, l’Europe était peuplée de tribus diverses qui émergeaient difficilement aux temps historiques. « L’histoire de l’Iran couvre des milliers d’années, ses sites néolithiques attestent que la pratique de l’agriculture remonte à 6 et 7000 ans dans la vallée de Gorgan, à Tureng Tepe (en), Yarim Tepe, et au centre du pays à Sialk II (près de Kashan). Des recherches archéologiques commencent à peine à faire connaître des civilisations très anciennes comme la civilisation de Jiroft qui bâtit des villes 3000 ans av. J.-C. Le début du IIIe millénaire av. J.-C. voit apparaître une forme d’écriture, probablement dérivée du système sumérien, à Suse. La dynastie achéménide construira un immense empire s’étendant de l’Inde à l’Égypte. Le cylindre de Cyrus est la première trace écrite d’une déclaration des droits de l’homme, datant de Cyrus II». (1)

«La conquête musulmane de la Perse commence en 637, avec Umar. La conversion à l’islam est progressive jusqu’au IXe siècle. L’Iran a été islamisé, mais n’a jamais été arabisé, les Persans ont même réussi à se distinguer au sein de l’islam, et l’apport culturel, politique et même religieux des Iraniens à cette religion est d’une importance fondamentale. Un groupe turc, les Seldjoukides, arrive dans la région au XIe siècle. L’Iran connaît une renaissance culturelle et scientifique. L’observatoire d’Esfahan est créé. Omar Khayyam met au point un nouveau calendrier encore utilisé aujourd’hui. L’Iran se convertit au chiisme duodécimain au XVIe siècle, sous l’impulsion d’Ismail Ier, premier souverain Safavide. Cette conversion résulte d’une volonté de s’affirmer face à la domination des Ottomans sunnites et de créer une identité iranienne spécifique. Les sunnites représentent 9% de la population iranienne. Trois «religions révélées» autres que l’islam sont considérées comme officiellement reconnues par la Constitution et disposent de leurs représentants au Parlement (Majles): les chrétiens, les juifs et les zoroastriens». (1)

«En 2004, l’Iran comptait plus de 2,2 millions d’étudiants à l’université dont 60% de filles. L’Iran a actuellement 54 universités d’État, et 42 écoles médicales d’État. Il existe également 289 universités privées. L’histoire des sciences en Iran remonte à l’Antiquité, avec des exemples comme l’académie de Gundishapur. Les sciences appliquées et les sciences fondamentales sont assez développées en Iran. Les physiciens et les chimistes sont régulièrement publiés dans des revues à fort facteur d’impact. Des scientifiques iraniens ont aidé à construire le Compact Muon Solenoid, un détecteur destiné au Large Hadron Collider du Cern, mis en opération en 2007. L’Iran est le bon exemple d’un pays qui a fait des avancées considérables en se concentrant sur l’éducation et la formation. Malgré les sanctions subies pendant les décennies passées, les scientifiques iraniens ont tout de même produit des recherches de très bonne qualité.» L’Iran construit ses chars, ses avions, ses sous-marins et ses fusées, c’est une nation de l’espace. Elle maîtrise l’atome et on peut comprendre que les éventuels agresseurs devront regarder à deux fois avant de se lancer à l’assaut (1).

Iran, la véritable cible 

Nous ne saurons probablement jamais ce qui a été vraiment discuté entre Trump, les Saoudiens et les Israéliens, mais il fait peu de doute que le récent geste saoudien contre le Qatar est le résultat direct de ces négociations. S’agissant de la drôle de guerre entre le Qatar et l’Arabie saoudite, il devient tout à fait clair que l’Iran et les Palestiniens sont les cibles qui figurent en bonne place dans la déclaration de guerre. Il est connu que les Israéliens soutiennent l’Arabie saoudite. Malgré le silence assourdissant des médias occidentaux pour étouffer l’information. Parmi les raisons de l’improbabilité d’une guerre Arabie saoudite-Qatar, les conséquences néfastes pour les Saoudiens. Car les États-Unis ont installé la plus grande base de l’US Air Force mondiale à Al Oudeid.

Il fut une époque avant la révolution islamique, l’Iran était le représentant de l’Empire et de l’Occident au Moyen-Orient. On peut penser que la détérioration des rapports entre les Etats-Unis et l’Iran date de la Révolution de 1979. La crise iranienne des otages (occupation et prise d’otages du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981) pousse Carter à rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, puis à imposer des sanctions économiques le 7 avril 1980. Mieux encore il n’est pas interdit de penser que les Américains ont poussé Saddam Hussein à déclarer la guerre à l’Iran, Le 22 septembre 1980 aidé en cela par les roitelets arabes terrorisés par cette révolution à leur porte.

S’agissant des derniers attentats qui ont visé le parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeiny les Iraniens disent   ouvertement que la récente attaque terroriste à Téhéran était ordonnée par l’Arabie saoudite. : « Techniquement parlant lit on sur la contribution suivante, cela signifie que l’Iran est maintenant en guerre. En réalité, évidemment, l’Iran étant la vraie superpuissance locale agit avec calme et retenue. En supposant que personne ne devienne fou, le Qatar l’emportera et que la dernière tentative saoudienne de prouver combien le royaume reste puissant échouera, exactement comme les précédentes. Quant aux Qataris, ils ont déjà clairement indiqué qu’ils ne sont pas disposés à se rendre et qu’ils se battront. Quant à Poutine, il a participé à la dernière réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui a accueilli le Pakistan et l’Inde comme membres à part entière. L’OCS représente maintenant plus de la moitié de toute la population vivant sur notre planète et un quart du PIB mondial. Vous pouvez y penser comme à l’«autre G8» ou le «G8 qui compte». (2)

Le prince saoudien n’a pas caché la haine de la Maison des Saoud envers l’Iran chiite, considéré par les wahhabite saoudiens qui pratiquent un sunnisme extrémiste comme un ennemi hérétique. Selon lui, son pays «ne parlera jamais à l’Iran». L’Iran a répondu furieusement. Hossein Dehghan, ministre iranien de la Défense a riposté, disant que si l’Arabie saoudite devait faire quelque chose de «stupide», l’Iran réagirait en «ne laissant intact aucun recoin d’Arabie saoudite à l’exception de La Mecque et de Médine» – deux lieux saints de l’Islam. L’Arabie va perdre énormément car le détroit d’Ormuz est vulnérable et un blocage c’est la ruine de ce pays qui a des difficultés à boucler son budget, mais qui trouve 380 milliards à offrir à Trump pour la vente d’armements américains obsolètes.

A marche forcée l’Iran s’autonomise et sa science est connue et reconnue. On se souvient de l’épisode du drone américain qui espionnait en haute altitude à partir du territoire afghan. Il fut repéré quand il fit une incursion. Miracle de l’informatique, les scientifiques iraniens le « prirent en charge » et neutralisèrent son logiciel. Plus grande prouesse encore quand ils neutralisèrent la commande d’autodestruction, le faisant atterrir sans encombre comme un pigeon qui rejoint son pigeonnier, sans casse. Il livrera une mine d’informations notamment sur sa faible signature radar qui le rend furtif..

« Le potentiel de l’armée iranienne en 1980 n’est absolument pas comparable avec celui d’aujourd’hui… l’Iran a essayé de se fortifier et d’augmenter ses forces militaires afin d’assurer sa défense lui-même, sans oublier les efforts et l’assistance de la Russie,-Chine- et la Corée du Nord…Le résultat de ce travail, la fabrication des avions de chasse! Des missiles à une portée de 3000 km…et des hélicoptères de combat…etc Honnêtement après une attaque de la part de l’Arabie ou l’Amérique, il y aura incidence sur la libre navigation continue, son rythme habituel! Sans incidence! Comment les navires de guerre et même les porte-avions américains oseraient-ils traverser le détroit d’Ormuz? Comment l’Arabie pourra faire transiter son pétrole par cette voie maritime sous contrôle de l’Iran?» (3). 

Trump veut renverser «le régime iranien»

Par contre, si les Etats-Unis s’en mêlent, c’est autre chose. Au-delà du fait qu’il n’y a aucun justificatif, le vrai gagnant sera Israël. Trump ayant pour ambitionner de détricoter tout ce qu’a conclu Obama, notamment l’accord de la COP21, l’Obamacare, il veut revenir aussi sur l’accord sur le nucléaire. Il ne reconnait pas les dernières élections qui se sont déroulées dans de très bonnes conditions même l’opposition n’y a rien trouver à redire. Il n »empêche les Américains vont fabriquer une opposition pour un changement de régime qui sera comme les pays du golfe totalement inféodé à leur bon vouloir et surtout à celui d’Israël qui veut être le gendarme du Moyen Orient pour le compte de l’empire «Notre politique envers l’Iran est de soutenir les éléments à l’intérieur du pays qui aideront au changement pacifique du régime», a déclaré le secrétaire d’État américain Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants des États-Unis (4).

Une confrontation américano-iranienne est elle alors, inévitable? C’est tout ce que cherche Israël – et il pourrait l’obtenir M.K. Bhadrakumar écrit: «La décision de l’armée américaine de déployer, pour la première fois, des lance-roquettes multiples Himars (High Mobility Artillery Rocket System) en territoire syrien à partir de la Jordanie signifie que le Pentagone a créé un fait nouveau sur le terrain. Selon CNN, le déploiement se fera dans la base militaire à Al-Tanf près de la frontière de la Syrie avec l’Irak dans la région du sud-est, qui est actuellement une zone de contestation entre les groupes rebelles soutenus par les Américains et les forces gouvernementales syriennes ».(5)

«  Une déclaration du ministère russe de la Défense à Moscou a noté jeudi que le déploiement pourrait suggérer une intention américaine d’attaquer les forces du gouvernement syrien soutenu par l’Iran. La déclaration russe disait: «En somme, Israël pourrait obtenir ce qu’il cherche, mais il y a une autre affaire, c’est de savoir si il va aimer le résultat final de la lutte entre les Etats-Unis et l’Iran sur le contrôle de la Syrie du sud près du plateau du Golan. Il est peu probable que l’Iran laisse tomber «l’axe de la résistance», car il s’agit en fin de compte de la propre défense de l’Iran.» (5)

Robert Fisk a raison d’écrire lors des printemps arabes:

«Tous ces cheiks et ces émirs, ces rois doivent sans aucun doute trembler dans leurs bottes,… La vérité est que le Monde arabe est si sclérosé, si corrompu, si humilié et si impitoyable – et si incapable d’accomplir des progrès sociaux et politiques que les chances sont quasi nulles de voir émerger des démocraties viables dans le chaos qui règne dans le Monde arabe. Mais tous les dictateurs savent qu’ils courent de gros dangers quand ils libèrent leurs compatriotes de leurs chaînes. Et les Arabes n’ont pas dérogé à la règle. Non, tout bien considéré, je ne pense pas que le temps des dictateurs arabes soit révolu. Les Occidentaux y veilleront.» (6)

Même si l’Iran connaît des problèmes économique internes, c’est en définitive deux visions de l’Islam qui se télescopent, celle d’un Islam de la science dans un pays fier de son histoire qui ne compte que sur ses propres potentialités et qui va vers le progrès à marche forcée et en face des jouisseurs qui interprètent la religion dans le sens de la fatalité, synonyme de farniente en étant toujours à genoux depuis un siècle. Naturellement je parle des potentats qui ruinent les espérances de ces jeunes astreints, qui volent à la conquête du savoir.

Il est vrai que les gouvernements arabes actuels n’intéressent l’Occident que dans la mesure où ils sont dociles et non pas en tant que valeur ajoutée issue d’un brain- storming, mais en tant que dépositaires d’une rente et prévôts des peuples qu’ils sont chargés de mater, en respectant un vernis de démocratie. Les dirigeants arabes, mal élus, s’accrochent au pouvoir. Ils n’ont pas de plan «B» sauf à suivre les évènements au lieu de les anticiper, engoncés dans leur certitude ayant arrêté la marche vers le progrès, il y a de cela quelques siècles, ils continuent à compter sur le bon vouloir d’un Occident qui les méprise souverainement même, s’ils offrent un yatch de 140 m et une épée d’or et de diamants de 25kg. Tout est dit.

La dernière information quant au changement de l’ordre de succession en mettant comme principe héritier un pyromane de 31 ans. Le prince Mohamed Ben Salman En effet comme rapporté dans le journal le Monde : « Une page s’est brutalement tournée en Arabie saoudite, mercredi 21 juin, avec la décision du roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud de propulser son fils Mohammed Ben Salman au rang de prince héritier. Pour ce faire, le souverain saoudien a écarté son neveu, Mohammed Ben Nayef, qui occupait, en outre, les fonctions de ministre de l’intérieur. Mohammed Ben Salman, a été propulsé à la tête du ministère de la défense en dépit de son jeune âge ». (7)

« L’un de ses premiers actes a été d’engager l’Arabie saoudite dans une guerre civile au Yémen, transformée depuis en bourbier. Mais le prince ambitieux ne s’est pas limité aux armées, puisqu’il a rapidement pris le contrôle du secteur du pétrole, éminemment stratégique, ouvrant la voie à une privatisation partielle de la puissante compagnie Aramco. En avril 2016, enfin, il a dévoilé un ambitieux programme de modernisation d’un pays resté dépendant de la rente pétrolière, « Vision 2030 ». Il avait œuvré auprès d’un autre « héritier », Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pour organiser la première visite à l’étranger du président des Etats-Unis, en mai ». (7)

Sombres jours pour le Moyen Orient si le prince Salman atteint d’hubris voudra en découdre à tous prix, avec l’Iran avec le bras armé américain et israélien.  Conseillé par les Américains et les Israéliens, il veut participer au reshapage du Moyen Orient en demandant à être le gendarme des pays musulmans Que reste t-il alors de l’oumma musulmane quand des coreligionnaires s’étripent ? La vision d’un Islam apaisé est de ce fait une utopie. Les médias occidentaux grossissent à l’infini les attentats qui ont lieu sur le sol européen et au passage légitiment l’étranglement des palestiniens et la mort lente de Gaza ( personne n’en parle).

Sans faire dans la concurrence victimaire d’une comptabilité macabre, toutes les vies sont précieuses quelques soient la latitude. D’un côté des unités de l’autre des centaines d’unités. Moins de 2% pour l’Europe par rapport aux pays musulmans. Il n’y a pas équilibre et encre moins compassion A ce propos la mise au point suivante mérite d’être rapportée :

« Trois attentats ont récemment défrayé la chronique médiatique en Europe, occultant d’autres attaques bien plus meurtrières survenues ailleurs dans le monde. Cette focalisation sur ce qui est plus proche de nous ou supposé tel, n’a rien d’anodin. Elle est tout à fait consciente et même conceptualisée par les professionnels de la communication et du journalisme sous le nom de « loi du mort au kilomètre ». Ainsi, l’attentat-suicide perpétré à Manchester le 22 mai dernier (22 morts, une soixantaine de blessés), le massacre organisé sur le London Bridge le 3 juin (7 morts, 48 blessés), et l’attaque d’un policier français près de Notre Dame de Paris, le 6 juin (un policier blessé) ont monopolisé les unes de notre presse et les flots d’images et de paroles de nos chaînes d’information en continu, hiérarchisant de fait l’importance de la vie humaine en éludant rapidement les attentats pourtant plus meurtriers perpétrés au même moment à d’autres endroits du globe » (8).

Il ne s’agit pas ici de céder à la concurrence victimaire en déconsidérant à notre tour les victimes des attentats mentionnés ci-dessus. Mais simplement d’effectuer un rééquilibrage de l’information, tout en observant que l’attitude des professionnels de la presse à l’égard de ces événements les situe très clairement politiquement, de la manière dont en parlait George Orwell dans ses « réflexions sur la guerre d’Espagne  » : « Ce sont les choix politiques qui déterminent exclusivement le crédit qu’on accorde ou non aux atrocités. Chacun croit aux atrocités ennemies et refuse de croire à celles de son camp, même sans prendre la peine d’examiner les faits. » (8)

«  Les réactions politiques des représentants des pays occidentaux et la couverture médiatique de ces événements frappe par le contraste qu’elle génère avec l’indifférence manifeste vis-à-vis des victimes des mêmes organisations meurtrières dans le reste du monde. Ce double standard politique et médiatique de l’expression de la compassion pour certaines victimes, observé à l’échelle d’une période de quelques semaines ou de quelques mois, nous renseigne sur l’étroitesse de la vision du monde qu’on nous donne à voir, et sur les éléments de construction médiatique d’une géopolitique des émotions par laquelle on voudrait influencer les masses. On pourrait parler, pour parodier Dominique Moïsi, d’une géopolitique de la victimisation ». (8)

La création occidentale de Daesch est une calamité surtout pour les musulmans car outre les hécatombes, c’est l’image de l’Islam qui en sort Sali Car l’Occident ne veut surtout pas d’un Islam qui va à la conquête de la science et du savoir mais un islam arriéré de bigot de pyromane qui a arrêté la marche vers le progrès il y a de cela quelques siècles amenant l’Islam des lumières à être prisonnier d’un clotûre dogmatique dont parle si bien et en son temps le professeur Mohamed Arkoum

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes

1.https://fr.wikipedia.org/wiki/Iran

2.http://reseauinternational.net/la-crise-au-qatar-une-nouvelle-tentative-maladroite-des-trois-etats-voyous-daffaiblir-liran/#c0qLRQ2AYzo2rMzH.99

3.http://reseauinternational.net/la-main-des-saoudiens-et-des-etats-unis-dans-les-attentats-de-teheran-pousse-a-une-guerre-totale/#OyzUQ5z1f1jui24b.99

4.http://french.almanar.com.lb/451955

5.http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/18/a-us-iran-confrontation-is-just-what-israel-seeks-and-it-may-get/

6.Robert Fisk. Le temps des dictateurs n’est pas révolu. The Independent
dans Courrier international 29.01.2011

7.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/06/21/arabie-saoudite-le-roi-salman-propulse-son-fils-au-rang-d-heritier_5148391_3218.html#Ib9sDY0oFcxH3u3V.99

8.http://reseauinternational.net/attentats-depuis-janvier-2017-afghanistan-syrie-pakistan-egypte-le-double-standard-mediatique/#otLtSsFcQ2yrvlpZ.99

 

 

 

Ali Benouari : « J’ai mis en garde contre le risque d’effondrement de l’Algérie » — Algérie Résistance


Ali Benouari. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Vous êtes un économiste et un ancien […]

via Ali Benouari : « J’ai mis en garde contre le risque d’effondrement de l’Algérie » — Algérie Résistance

David Koubbi : Justice vs Finance


lelibrepenseur.org

Vidéo extrêmement intéressante qui revient sur le procès opposant Jérôme Kerviel et la Société Générale, et reprenant toutes les irrégularités et autres magouilles qui ont permis justement à la Société Générale de s’en sortir systématiquement. On apprend que les lois sont effectivement bien conçues mais il y a en France deux façons de les appliquer : l’une très permissive appliquée aux puissants et leur permettant de détruire le pays, l’autre bien plus coercitive qui s’applique au petit peuple…

Malheureusement, cette réflexion ne peut se suffire à elle-même sans mettre en cause le seul réseau qui permette de telles dérives, le réseau maçonnique ou plus justement la mafia maçonnique.

 

 


Interview de David Koubbi, avocat chargé de la défense de Jérôme Kerviel. (Vidéo enregistrée le 7 octobre 2016).

SUJETS :

Affaire Kerviel, Société Générale, Justice des Copains, Lanceurs d’Alertes, Médiatisation de la Justice, Code Pénal, Manipulations, Pressions, Etat d’Urgence, Anarchie, Démocratie, Révolution non violente, Mouvements Sociaux, Élection aux USA, Élection en France, VOS 2.2 milliards d’argent public, Ministre des finances, Affaire d’état, journalisme, crise économique, les politiques, casier judiciaire et élection, Syrie, crise des migrants, Russie, Mouammar Kadhafi, Solutions et conseils pour les jeunes générations, consommation de viande.

SITE : http://thinkerview.com
FACEBOOK : http://facebook.com/Thinkerview
TWITTER : http://twitter.com/Thinker_View

 

Source : Thinkerview

CHASS VS NEZZAR


Titre modifier

« La société américaine « CHASS » dépose plainte contre
le général Nezzar et ses enfants pour escroquerie« 

www.monjournal-dz.com

De source sûre, le général Khaled Nezzar, l’ex-ministre de la défense nationale et ancien sous-officier de l’armée coloniale jusqu’à 1958, et ses enfants  font l’objet d’une plainte aux USA de la part de la société américaine « Chass ».

La société américaine « Chass » dont le siège social se trouve à New York a saisi la justice américaine  après avoir usé de toutes les voies de recours pour que le général à la retraite Khaled Nezzar et ses enfants, propriétaires de la société SLC (Smart Link Communication spa)  s’acquittent de leurs factures. La dette des Nezzar s’élève à des centaines de milliers de dollars. Une dette qu’ils peuvent aisément régler puisque leur société brasse des milliards.

Pour ceux qui ne le savent pas, la société des Nezzar père et fils, SLC, active dans le Wimax, large bande, l’intégration de réseaux, l’hébergement de site Web, Vsat et VPN/Ethernet et VPN/IP. « Elle est présente sur trois continents et  caresse le rêve d’être leader dans son domaine » comme le souligne le site TIC &TELECOM.

En 2014,  et plus précisément le 7 février, la société Smart Link Communication (SLC) a acquis Divona Algérie, filiale de Monaco Télécom, pour 20 millions de dinars (256 000 dollars). L’Etat algérien avait donné un coup de pouce aux Nezzar dans cette opération.

Un coup de pouce matérialisé à travers la renonciation au droit de préemption  que l’Etat algérien devait exercer et  l’accord préalable de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) à la modification de l’actionnariat. Lors d’une conférence de presse donnée le 12 février 2014, Lotfi Nezzar, le directeur général de SLC, a expliqué que c’est grâce à cela que cette l’acquisition de Divona Algérie a été rendue possible.

SLC détient 90% de Divona Algérie alors que Karim Cherfaoui, l’ancien directeur général de Divona Algérie, a gardé 10% de parts dans la « nouvelle » Divona Algérie, Selon ce même Cherfaoui « Monaco Télécom a décidé de céder sa filiale pour des raisons stratégiques et non financières » comme souligné dans TIC &TELECOM.

Le général Nezzar et ses enfants font l’objet d’une autre plainte au tribunal de Mourad Raïs pour escroquerie, faux en écritures, faux et usage de faux. Lire les détails de l’affaire

Mon journal le 09/06/2017