LE TOUR DU MONDE EN MUSIQUE !


Google Hearth combiné aux radios du globe, ça donne ceci : RADIO.GARDEN

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Belle surprise !

 

Israël est, par définition, une colonie européenne — PALESTINE +


palestineplus.fr

Comment se fait-il que la Palestine, partie intégrante du Moyen-Orient, et morceau de terre habité depuis l’Antiquité par une population orientale ayant adopté, depuis plus d’un millénaire, la culture et la langue arabe, à l’instar de la Syrie, de l’Égypte ou de l’Algérie, soit, en une centaine d’années, devenue un État peuplé de migrants venus […]

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Aphorismes misogynes ?


sophiaperennis.unblog.fr

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par Pierre-Yves Lenoble

« Une bonne affaire :

acheter toutes les femmes au prix qu’elles valent et les revendre au prix qu’elles s’estiment », Jules Renard (1864-1910).

 

-Avertissement : nous confessons de tout notre être (H) que nous aimons les Femmes (F) pour ce qu’elles sont.

-Les révolutions ne sont jamais populaires, elles sont bourgeoises ; idem pour les mouvements féministes.

-Les grosses féministes dégueulasses (cotées en moyenne à 2,5/10 sur le marché du sexe, avec tatouages, piercings, cheveux bleus et voix stridentes) mériteraient le camp de rééducation. Fessées, ménage, cuisine, éducation sexuelle rigoriste, sport et lectures traditionnelles sont au programme.

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Il y a quatre types de femmes en chaque femme : la Mère, la Courtisane, la Prostituée et la Sorcière.

-H pense, F dépense, H est de Droite, F est de Gauche, H est individualiste, F est collectiviste, H produit, F reproduit, H est Forme, F est matière, H est différencié, F est indifférenciée, H est dominant, F est soumise, H est verticalité, F est horizontalité, H est raison, F est sentiment, H est synthèse, F est analyse, H est plein, F est vide, H est XY, F est XX, H est un Ciel fécondant, F est une Terre absorbante, H est essence, F est substance… etc.

-Dans notre société dépourvue de rites matrimoniaux stricts, on peut dire que la majorité des femmes laides (généralement baisées du cerveau par le féminisme et toutes les sortes de gauchiasseries, les pauvres !) ne sont seulement que de la viande à hommes saouls.

-L’amitié homme/femme n’existe pas, sauf en cas d’utilisation d’une ceinture de chasteté.

-H crée des civilisations pour séduire F.

-La femme s’ennuie (“en-nuit”) lorsqu’elle n’est plus éclairée par un homme ; H est un soleil, F est une lune, l’un illumine, l’autre est allumée. Bref, F est déterminée par ce qu’est H.

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-F est soit une bigote, soit une dévergondée. H est soit un coq, soit un chapon.

-Une femme mûre sans enfant est comme un papillon sans aile.

-Plus F est belle, plus elle est exigeante avec H. Plus F est laide, plus elle est gentille avec H. « Manquerait plus qu’elle morde celle-là ! », résume admirablement le dicton populaire.

-La loi de Briffault stipule que 80% des femelles désirent se reproduire avec 20% des mâles (l’hypergamie féminine est tout à fait naturelle et primordiale afin de prévenir les processus dysgéniques), d’où le dicton bien connu : « La femme donne son cœur au vaincu et son cul au vainqueur »…

-Conseil pour avoir du succès avec les femmes : ignorez-les ou devenez un mâle Alpha.

-Lorsque les êtres humains ne maîtrisent ou n’évacuent pas leur énergie sexuelle, H devient violent et F devient folle.

-Quand H est « en chien » il ne tombe amoureux (oui, il tombe) que de chiennes et devient leur toutou, fermement tenu en laisse.

-Soit H comprend F, soit il est amoureux d’elle, dans l’illusion de l’amour terrestre : « L’amour rend aveugle », c’est bien connu…

-Dans les sociétés traditionnelles, H est prêtre, guerrier ou constructeur en vue de protéger et de préserver le ventre de F : « Les femmes et les enfants d’abord » !

-En 2018, les plus belles, les plus saines, les plus droites et les plus épanouies des femmes appartiennent à la communauté Amish.

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-En regardant l’histoire universelle d’une façon objective, on s’aperçoit vite que les sociétés patriarcales furent florissantes ou conquérantes, et que les sociétés matriarcales furent stagnantes ou décadentes.

-La plèbe se prosterne devant la Déesse-Mère, l’élite incarne le Ciel/Père.

-A l’image d’une foule, F marche à la suggestion, elle est continuellement dans l’attente hâtive du père rassurant ou dans l’attente anxieuse du père fouettard. En clair, H est pour F ce qu’un dictateur est pour une foule.

-Il est tout à fait significatif que les deux femmes qui ont le plus compté pour Jésus furent une vierge et une prostituée.

-L’étude scientifique rigoureuse de l’ovule et des spermatozoïdes en dit long sur les rapports homme/femme.

-H doit conquérir sa « Dame » intérieure, F son « chevalier » extérieur.

-Symboliquement, H est l’âme divine anthropomorphisée, F est la nature anthropomorphisée. H est le plus stupide des anges, F le plus intelligent des animaux. H et F sont ainsi parfaitement complémentaires.

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-Lorsque H et F se connaîtront eux-mêmes, lorsqu’ils vivront selon leur propre idée platonicienne, alors ils retourneront dans le jardin d’Éden ; en revanche, lorsqu’ils n’assumeront plus du tout leur nature respective, ce sera la fin du monde… et apparemment c’est pour bientôt.

-Une société composée de 99 femmes et d’un seul homme peut être viable, alors que l’inverse est impossible : F a donc plus d’importance que H au niveau sociétal.

-Sans une Tradition qui élève H et F au-dessus d’eux-mêmes, les sociétés humaines tombent dans le darwinisme social bête et méchant (d’un niveau plus bas qu’une cour de récréation à la Maternelle). Dans ce contexte déspiritualisé et matérialiste, F est plus courageuse et malheureuse que H.

De l’antisionisme Question : pourquoi le « J » de l’UJFP — PALESTINE +


ou de IJAN ? En quoi avons-nous besoin de mettre en avant le fait que nous sommes juifs dans notre soutien aux Palestiniens ? Il y a plusieurs réponses possibles à cette question, ce que nous proposons d’examiner dans ce texte. On peut donner des raisons d’ordre moral, ainsi celle qui consiste à clamer « pas en notre nom » […]

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Histoire des Gaulois


histoireebook.com

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Auteur : Amédée Thierry
Ouvrage : Histoire des Gaulois Depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’entière soumission de la Gaule à la domination romaine.
Année : 1828

 

 

À mon frère Augustin THIERRY.

PREMIÈRE PARTIE

IL ne faut s’attendre à trouver ici ni l’intérêt
philosophique qu’inspire le développement
progressif d’un seul fait grand et fécond, ni l’intérêt
pittoresque qui s’attache aux destinées successives
d’un seul et même territoire, immobile théâtre de
mille scènes mobiles et variées les faits de cette
histoire sont nombreux et divers, leur théâtre est
l’ancien monde tout entier; mais pourtant une forte
unité y domine; c’est une biographie qui a pour
héros un de ces personnages collectifs appelés
peuples, dont se compose la grande famille
humaine. L’auteur a choisi le peuple gaulois
comme le plus important et le plus curieux de tous
ceux que les Grecs et les Romains désignaient sous
le nom de barbares, et parce que son histoire mal
connue, pour ne pas dire inconnue, laissait un vide
immense dans les premiers temps de notre
occident. Un autre sentiment encore, un sentiment
de justice et presque de piété l’a déterminé et
soutenu dans cette longue tâche ; Français, il a
voulu connaître et faire connaître une race de
laquelle descendent les dix-neuf vingtièmes d’entre
nous, Français ; c’est avec un soin religieux qu’il a
recueilli ces vieilles reliques dispersées, qu’il a été
puiser, dans les annales de vingt peuples, les titres
d’une famille qui est la nôtre.
L’ouvrage que je présente au public a donc été
composé dans un but spécial ; dans celui de mettre
l’histoire narrative des Gaulois en harmonie avec
les progrès récents de la critique historique, et de

restituer, autant que possible, dans la peinture des
événements, à la race prise en masse sa cou-leur
générale, aux subdivisions de la race leurs nuances
propres et leur caractère distinctif : vaste tableau
dont le plan n’embrasse pas moins de dix-sept
cents ans. Mais à mesure que ma tâche s’avançait,
j’éprouvais une préoccupation philosophique de
plus en plus forte ; il me semblait voir quelque
chose d’individuel, de constant, d’immuable sortir
du milieu de tant d’aventures si diversifiées,
passées en tant de lieux, se rattachant à tant de
situations sociales si différentes ; ainsi que dans
l’histoire d’un seul homme, à travers tous les
incidents de la vie la plus romanesque, on voit se
dessiner en traits invariables, le caractère du héros.
Les masses ont-elles donc aussi un caractère, type
moral, que l’éducation peut bien modifier, mais
qu’elle n’efface point ? En d’autres termes, existet-
il dans l’espèce humaine des familles et des races,
comme il existe des individus dans ces races ? Ce
problème, dont la position ne répugne en rien aux
théories philosophiques de notre temps, comme
j’achevais ce long ouvrage, me parut résolu par le
fait. Jamais encore les événements humains
n’avaient été examinés sur une aussi vaste échelle,
avec autant de motifs de certitude, puisqu’ils sont
pris dans l’histoire d’un seul peuple,
antérieurement à tout mélange de sang étranger, du
moins à tout mélange connu, et que ce peuple est
conduit par sa fortune vagabonde au milieu de dix
autres familles humaines, comme pour contraster
avec elles. En occident, il touche aux Ibères, aux
Germains, aux Italiens ; en orient, ses relations sont
multipliées avec les Grecs, les Carthaginois, les
Asiatiques, etc. De plus, les faits compris dans ces
dix-sept siècles n’appartiennent pas à une série
unique de faits, mais à deux âges de la vie sociale

bien différents, à l’âge nomade, à l’âge sédentaire.
Or, la race gauloise s’y montre constamment
identique à elle-même.
Lorsqu’on veut faire avec fruit un tel travail
d’observation sur les peuples, c’est à l’état nomade
principalement qu’il faut les étudier ; dans cette
période de leur existence, où l’ordre social se réduit
presque à la subordination militaire, où la
civilisation est, si je puis ainsi parler, à son
minimum. Une horde est sans patrie comme sans
lendemain ; chaque jour, à chaque combat, elle
joue sa propriété, son existence même ; cette
préoccupation du présent, cette instabilité de
fortune, ce besoin de confiance de chaque individu
en sa force personnelle neutralisent presque
totalement entre autres influences celle des idées
religieuses, la plus puissante de toutes sur le
caractère humain. Alors les penchants innés se
déploient librement avec une vigueur toute
sauvage. Qu’on ouvre l’histoire ancienne, qu’on
suive dans leurs brigandages deux hordes, l’une de
Gaulois, l’autre de Germains : la situation est la
même, des deux côtés ignorance, brutalité, barbarie
égales ; mais comme on sent néanmoins que la
nature n’a pas jeté ces hommes-là dans le même
moule ! A l’étude d’un peuple pendant sa vie
nomade il en succède une autre non moins
importante pour le but dont nous nous occupons,
l’étude de ce même peuple durant le premier travail
de la vie sédentaire, dans cette époque de transition
où la liberté humaine se débat encore violemment
contre les lois nécessaires des sociétés et le
développement progressif des idées et des besoins
sociaux.
Les traits saillants de la famille gauloise, ceux qui
la différencient le plus, à mon avis, des autres familles

humaines, peuvent se résumer ainsi : une
bravoure personnelle que rien n’égale chez les
peuples anciens ; un esprit franc, impétueux, ouvert
à toutes les impressions, éminemment intelligent ;
mais à côté de cela une mobilité extrême, point de
constance, une répugnance marquée aux idées de
discipline et d’ordre si puissantes chez les races
germaniques, beaucoup d’ostentation, enfin une
désunion perpétuelle, fruit de l’excessive vanité. Si
l’on voulait comparer sommairement la famille
gauloise à cette famille germanique, que nous
venons de nommer, on pourrait dire que le
sentiment personnel, le moi individuel est trop
développé chez la première, et que, chez l’autre, il
ne l’est pas assez ; aussi trouvons-nous à chaque
page de l’histoire des Gaulois des personnages
originaux, qui excitent vivement et concentrent sur
eux notre sympathie, en nous faisant oublier les
masses ; tandis que, dans l’histoire des Germains,
c’est ordinairement des masses que ressort tout
l’effet.
Tel est le caractère général des peuples de sang
gaulois ; mais, dans ce caractère même,
l’observation des faits conduit à reconnaître deux
nuances distinctes, correspondant à deux branches
distinctes de la famille, à deux races, pour me
servir de l’expression consacrée en histoire. L’une
de ces races, celle que je désigne sous le nom de
Galls, présente, de la manière la plus prononcée,
toutes les dispositions naturelles, tous les défauts et
toutes les vertus de la famille ; les types gaulois
individuels les plus purs lui appartiennent : l’autre,
celle des Kimris, moins active, moins spirituelle
peut-être, possède en retour plus d’aplomb et de
stabilité : c’est dans son sein principalement qu’on
remarque les institutions de classement et d’ordre ;
c’est là que persévérèrent le plus longtemps les

idées de théocratie et de monarchie.
L’histoire des Gaulois, telle que je l’ai conçue, se
divise naturellement en quatre grandes périodes ;
bien que les nécessités de la chronologie ne
m’aient pas toujours permis de m’astreindre, dans
le récit, à une classification aussi rigoureuse.
La première période renferme les aventures des
nations gauloises à l’état nomade. Aucune des
races de notre occident n’a accompli une carrière
plus agitée et plus brillante. Les courses de celle-ci
embrassent l’Europe, l’Asie et l’Afrique ; son nom
est inscrit avec terreur dans les annales de presque
tous les peuples. Elle brûle Rome ; elle enlève la
Macédoine aux vieilles phalanges d’Alexandre,
force les Thermopyles et pille Delphes ; puis elle
va planter ses tentes sur les ruines de l’ancienne
Troie, dans les places publiques de Milet, aux
bords du Sangarius et à ceux du Nil ; elle assiège
Carthage, menace Memphis, compte parmi ses
tributaires les plus puissants monarques de l’Orient
; à deux reprises elle fonde dans la haute Italie un
grand empire, et elle élève au fond de la Phrygie
cet autre empire des Galates qui domina longtemps
toute l’Asie mineure.
Dans la seconde, période, celle de l’état sédentaire,
on voit se développer, partout où cette race s’est
fixée à demeure, les institutions sociales,
religieuses et politiques conformes à son caractère
particulier ; institutions originales, civilisation
pleine de mouvement et de vie, dont la Gaule
transalpine offre le modèle le plus pur et le plus
complet. On dirait, à suivre les scènes animées de
ce tableau, que la théocratie de l’Inde, la féodalité
de notre Moyen-Âge et la démocratie athénienne se
sont donné rendez-vous sur le même sol pour s’y

combattre et y régner tour à tour. Bientôt cette
civilisation se mélange et s’altère ; des éléments
étrangers s’y introduisent, importés par le
commerce, par les relations de voisinage, par la
réaction des populations subjuguées. De là des
combinaisons multiples et souvent bizarres ; en
Italie, c’est l’influence romaine qui se fait sentir
dans les moeurs des Cisalpins ; dans le midi de la
Transalpine, c’est l’influence des Grecs de
Massalie (l’ancienne Marseille), et il se forme en
Galatie le composé le plus singulier de civilisation
gauloise, grecque et phrygienne.
Vient ensuite la période des luttes nationales et de
la conquête. Par un hasard digne de remarque, c’est
toujours sous l’épée des Romains que tombe la
puissance des nations gauloises ; à mesure que la
domination romaine s’étend, la domination
gauloise, jusque-là assurée, recule et décline ; on
dirait que les vainqueurs et les vaincus d’Allia se
suivent sur tous les points de la terre pour y vider la
vieille querelle du Capitole. En Italie, les Cisalpins
sont subjugués, mais seulement au bout de deux
siècles d’une résistance acharnée ; quand le reste
de l’Asie a accepté le joug, les Galates défendent
encore contre Rome l’indépendance de l’Orient ; la
Gaule succombe, mais d’épuisement ; après un
siècle de guerres partielles, et neuf ans de guerre
générale sous César ; enfin les noms de Caractacus
et de Galgacus illustrent les derniers et infructueux
efforts de la liberté bretonne. C’est partout le
combat inégal de l’esprit militaire, ardent,
héroïque, mais simple et grossier, contre le même
esprit discipliné et persévérant.
Peu de nations montreraient dans leurs annales une
aussi belle page que cette dernière guerre des
Gaules, écrite pourtant par un ennemi. Tout ce que

l’amour de la patrie et de la liberté enfanta jamais
d’héroïsme et de prodiges, s’y déploie malgré mille
passions contraires et funestes : discordes entre les
cités, discordes dans les cités, entreprises des
nobles contre le peuple, excès de la démocratie,
inimitiés héréditaires des races. Quels hommes que
ces Bituriges qui incendient en un seul jour vingt
de leurs villes ! que cette population Carnute,
fugitive, poursuivie par l’épée, par la famine, par
l’hiver et que rien ne peut abattre ! Quelle variété
de caractères dans les chefs, depuis le druide
Divitiac, enthousiaste bon et honnête de la
civilisation romaine, jusqu’au sauvage Ambiorix,
rusé, vindicatif, implacable, qui ne conçoit et
n’imite que la rudesse des Germains ; depuis
Dumnorix, brouillon ambitieux mais fier, qui veut
se faire du conquérant des Gaules un instrument,
non pas un maître, jusqu’à ce Vercingétorix, si pur,
si éloquent, si brave, si magnanime dans le
malheur, et à qui il n’a manqué pour prendre place
parmi les plus grands hommes, que d’avoir eu un
autre ennemi, surtout un autre historien que César !
La quatrième période comprend l’organisation de
la Gaule en province romaine et l’assimilation lente
et successive des moeurs transalpines aux moeurs et
aux institutions de l’Italie ; travail commencé par
Auguste, continué et achevé par Claude. Ce
passage d’une civilisation à l’autre ne se fait point
sans violence et sans secousses : de nombreuses
révoltes sont comprimées par Auguste, une grande
insurrection échoue, sous Tibère. Les déchirements
et la ruine imminente de Rome pendant les guerres
civiles de Galba, d’Othon, de Vitellius, de
Vespasien donnent lieu à une subite explosion de
l’esprit d’indépendance au nord des Alpes ; les
peuples gaulois reprennent les armes, les sénats se
reforment, les Druides proscrits reparaissent, les

légions romaines cantonnées sur le Rhin sont
vaincues ou gagnées, un Empire gaulois est
construit à la hâte ; mais bientôt la Gaule s’aperçoit
qu’elle est déjà au fond toute romaine, et qu’un
retour à l’ancien ordre de choses n’est plus ni
désirable pour son bonheur, ni même possible ; elle
se résigne donc à sa destinée irrévocable, et rentre
sans murmure clans la communauté de l’empire
romain.
Avec cette dernière période finit l’histoire de la
race gauloise en tant que nation, c’est-à-dire en tant
que corps de peuples libres, soumis à des
institutions propres, à la loi de leur développement
spontané : là commence un autre série de faits,
l’histoire de cette même race devenue membre
d’un corps politique étranger, et modifiée par des
institutions civiles, politiques, religieuses qui ne
sont point les siennes. Quelque intérêt que mérite,
sous le point de vue de la philosophie comme sous
celui de l’histoire, cette Gaule romaine qui joue
dans le monde romain un rôle si grand et si
original, je n’ai point dû m’en occuper dans cet
ouvrage : les destinées du territoire gaulois, depuis
les temps de Vespasien jusqu’à la conquête des
Francs, forment un épisode complet, il est vrai, de
l’histoire de Rome, mais un épisode qui ne saurait
être isolé tout à fait de l’ensemble sous peine de
n’être plus compris.
J’ai raisonné jusqu’à présent dans l’hypothèse de
l’existence d’une famille gauloise qui différerait
des autres familles humaines de l’occident, et se
diviserait en deux branches ou races bien distinctes
: je dois avant tout à mes lecteurs la démonstration
de ces deux faits fondamentaux, sur lesquels repose
tout mon récit. Persuadé que l’histoire n’est point
un champ clos où les systèmes puissent venir se

défier et se prendre corps à corps, j’ai éliminé avec
soin du cours de ma narration toute digression
scientifique, toute discussion de mes conjectures et
de celles d’autrui. Pourtant comme la nouveauté de
plusieurs opinions émises en ce livre me font un
devoir d’exposer au public les preuves sur
lesquelles je les appuie, et, en quelque sorte, ce que
vaut ma conviction personnelle ; j’ai résumé dans
les pages qui suivent mes principales autorités et
mes principaux arguments de critique historique.
Ce travail que j’avais fait pour mon propre compte,
pour me guider moi-même dans la recherche de la
vérité, et, d’après lequel j’ai cru pouvoir adopter
mon parti, je le soumets ici avec confiance à
l’examen ; je prie toutefois mes lecteurs qu’avant
d’en condamner ou d’en admettre les bases
absolument, ils veuillent bien parcourir le détail du
récit, car je n’attache pas moins d’importance aux
inductions générales qui ressortent des grandes
masses de faits, qu’aux témoignages historiques
individuels, si nombreux et si unanimes qu’ils
soient.
La question à examiner est celle-ci : a-t-il existé
une famille gauloise distincte des autres familles
humaines de l’occident, et était-elle partagée en
deux races ? Les preuves que je donne comme
affirmatives sont de trois sortes : 1° philologiques,
tirées de l’examen des langues primitives de
l’occident de l’Europe ; 2° historiques, puisées
dans les écrivains grecs et romains ; 3° historiques,
puisées dans les traditions nationales des Gaulois.

SECTION 1 — PREUVES TIRÉES
DE L’EXAMEN DES LANGUES.

suite… PDF

 

Une Algérie dans une ambiance délétère, face à un Maroc en état d’apopléxie


madaniya.info

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Une Algérie dans une ambiance délétère, face à un Maroc en état d’apopléxie

«La séquence des pères fondateurs de l’indépendance tarde à s’achever. Mais si elle tarde tant à s’achever, alors que les lois de la biologie ont déjà rendu leur verdict, c’est sans doute en raison du fait que le lancinant problème de la dévolution du pouvoir n’a pas encore été réglé, notamment la répartition de la rente pétrolière» . RN

1- Le grenouillage séparatiste de Ferhat Mehenni, le «caniche de BHL».

L’Algérie célèbre ce 1er novembre 2018 le 74ème anniversaire du «Toussaint Rouge», qui marque le soulèvement du peuple algérien et son engagement dans sa guerre d’indépendance, alors que le pays vit dans l’incertitude de la décision de son président Abdel Aziz Bouteflika de solliciter un 5ème mandat présidentiel, plongeant la population sinon en état d’atonie, à tout le moins dans une grande perplexité.

Une séquence qui se déroule sur fond d’une énergique reprise en main de l’appareil militaro-sécuritaire par un président en fin de mandat mais probable candidat sauf accident à sa propre succession, en toile de fond d’une psychose d’une épidémie de choléra, à l’arrière plan d’une guerre larvée entre les diverses factions postulantes au pouvoir,

7 me Président de la République algérienne, M. Bouteflika, à mobilité réduite, est au pouvoir depuis 1999, soit depuis 19 ans. Agé de 81 ans, il est diminué depuis 2013 par un AVC (accident vasculaire cérébral).

En prévision de l’échéance présidentielle de 2019, le président Bouteflika a donné un grand coup de pied dans la fourmilière de la corruption en ordonnant une grande purge dans l’appareil sécuritaire de l’état prenant prétexte de la saisine d’un important lot de 701 kg de cocaïne en Algérie, le 29 Mai 2018: Le tout puissant chef de la police Abdel Majid Hamel a été limogé, de même que le général Menad Nouba, chef de la gendarmerie. La purge a emporté le chef de sûreté de la willaya d’Alger, Nourredine Berrachedi. Des magistrats ont été suspendus, deux procureurs placés sous mandat de dépôt, des enfants de responsables politiques impliqués.

La purge s’est poursuivie en douceur avec le dégagement en douceur trois mois plus tard, en Août, de deux autres officiers généraux: le patron de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), le général-major Mohamed Tirèche, dit Lakhdar, et le général Boumédiène Benattou, contrôleur général de l’armée, remplacé à ce poste par l’ancien directeur central de l’intendance, le général-major Hadji Zerhouni. Au total une douzaine de généraux ont été dégagés.

Effet d’une relation causale? Quoiqu’il en soit, quatorze personnalités algériennes avaient lancé trois jours plus tôt, vendredi 26 mai 2018, un appel demandant à M. Bouteflika de renoncer à briguer un 5ème mandat. Ce manifeste a quelque peu secoué la torpeur de la vie politique algérienne et redonné de l’intérêt à une compétition dont les résultats sont généralement connus d’avance:

«Votre long règne sur le pays a fini par créer un régime politique qui ne peut répondre aux normes modernes de l’Etat de droit”, (…) “Votre âge avancé et votre dramatique état de santé vous commandent de ne plus vous occuper des charges de l’Etat bien trop lourdes», souligne la missive signée des personnalités suivantes: Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement actuellement dans l’opposition, Soufiane Djilali, président du jeune parti d’opposition Jil Jadid (Nouvelle génération) et Amira Bouraoui, militante à l’origine du mouvement Barakat (Ça suffit!) qui s’est imposé sur la scène politique en 2014 en incarnant l’opposition à un 4e mandat du président Bouteflika, ainsi que par l’écrivain Yasmina Khadra, l’universitaire Fatiha Benabbou, le sociologue Nacer Djabi, qui avaient également milité contre un 4e mandat pour M. Bouteflika, au pouvoir depuis 1999.

2- L’appel de Londres du 4 juin 2018 de Ferhat Mehenni: Un mauvais remake d’un mauvais film; un pastiche du général de Gaulle dans un comique de répétition

L’incertitude présidentielle a généré une forme de grenouillage séparatiste au sein du mouvement irrédentiste kabyle représenté par l’ancien troubadour de la canzonetta algérienne, réputé pour ses liens avec Bernard Henry Lévy, le philosioniste parrain médiatique des guerres de destruction de la Libye et de la Syrie.

Mauvais remake d’un mauvais film, Ferhat Mehenni, leader du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et de l’Anavad (Gouvernement Provisoire de Kabylie), a en effet lancé un appel aux Kabyles les invitant à prendre les armes. Pastichant le Général Charles de Gaulle, dans un exercice qui relève du comique de répétition, le fondateur du MAK a lancé son appel depuis Londres, lieu de l’appel du 18 juin du chef de la France Libre. Son discours est intervenu le 4 juin, deux semaines avant la date symbolique du discours fondateur de la Résistance Française. Un décalage calendaire qui signe dans l’ordre symbolique un ratage manifeste de sa propre vision de la marche de l’histoire.

La sortie du leader de la mouvance indépendantiste Kabyle est intervenue dans un contexte d’une fragilisation de sa base militante, causée par des dissidences au sein de son mouvement ainsi que par la fondation de deux nouveaux mouvements concurrents en Kabylie: l’Union pour la République Kabyle (URK) prônant l’indépendance de la Kabylie et le Rassemblement pour la Kabylie (RPK) revendiquant quant à lui l’autonomie de la Kabylie.

Le RPK a d’ailleurs vertement répliqué au «petit caniche de BHL: «Le sens de discernement nous commande aussi de ne pas occulter les considérations géopolitiques et de rester insensibles au développement et à la prolifération des conflits au niveau régional. Les exemples ne manquent pas dans l’actualité internationale (la Libye, la Syrie, le Sahel.. etc.), et dans notre passé récent (la décennie noire) pour se laisser entrainer dans une aventure orchestrée par des forces obscures dont l’agenda est chargée par des actions de déstabilisation des nations», a affirmé le responsable.

Pour aller plus loin sur la problématique des Algériens et la question identitaire, cf ce lien

Pour aller plus loin sur Ferhat Mehenni et ses accointances:

L’Algérie n’est ni un pays arabe, ni musulman

BHL lance un appel au soutien de Ferhat Mehenni

3- La nécrose des circuits de décision.

L’Algérie vit dans une ambiance délétère, conséquence de l’atonie voire même de la tétanie de la population face à l’incertitude politique qui hypothèque la vie politique nationale, les recompositions géopolitiques qui s’opèrent dans la zone avec l’accroissement de la présence militaire occidentale dans la zone sahélo-saharienne sous couvert de guerre contre le terrorisme; enfin le démembrement du Soudan et les tentatives du pacte atlantiste d’édifier dans la foulée une entité autonome kurde en Syrie, le partenaire historique de l‘Algérie, en compensation du kurdistan irakien.

A cela s’ajoute, le sentiment d’abandon des populations des zones périphériques de la part du pouvoir central; ce qui explique les troubles persistants enregistrés en Algérie depuis 2013 notamment dans le sud du pays, à l’arrière-plan des menées irrédentistes encouragées par le lobby pro israélien en Europe dont la figure la plus illustre n’est autre que le natif de Beni chnouf BHL et son caniche servile Ferhat Mehheni.

Le meilleur service à rendre à l’Algérie, un pays cher au cœur de tous les militants de la cause de libération du Monde arabe, est de lui tenir un discours de vérité.

L’Algérie se meurt par nécrose des circuits de décision à une période charnière de la recomposition géostratégique, sur fond de crise économique lancinante et d’une gangrène djihadiste.

La séquence des pères fondateurs de l’indépendance tarde à s’achever. Mais si elle tarde tant à s’achever, alors que les lois de la biologie ont déjà rendu leur verdict, c’est sans doute en raison du fait que le lancinant problème de la dévolution du pouvoir n’a pas encore été réglé, avec tous les enjeux sous-jacents que cela implique en termes d’influence politique, d’impunité, de répartition de la rente pétrolière.

Pour aller plus loin sur le magma algérien, cf l’article de Ghania Oukazi: Elections présidentielles, l’énigme Hamel.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5263279

4- De la déstabilisation de l’Algérie.

L’Algérie a été la cible d’une opération de déstabilisation dans la séquence dite du «printemps arabe» (2011-2018). Dans l’oeil du cyclone. Ciblée et encadrée par deux régimes néo islamistes, en Libye –avec le parachutage à Tripoli depuis Kaboul d’Abdel Hakim Bel Hadj, chef des groupements djihadistes afghans de Libye- et en Tunisie, avec la propulsion au pouvoir à coups de pétrodollars monarchiques de Rached Ghannouchi, chef de la branche tunisienne de la confrérie des Frères Musulmans, le parti An Nahda. Avec en surplomb, l’Egypte confrérique de Mohamad Morsi et sur son flanc méridional, l’écharde malienne plantée par le Qatar via Ansar Eddine.

Tout le monde garde présent à l’esprit les propos mémorables de l’oracle Nicolas Sarkozy prophétisant à Moustapha Abdel Jalil, la marionnette libyenne de l’OTAN, «l’Algérie dans un an, l’Iran dans trois ans», de même que les rodomontades du mégalocéphalite du Qatar Hamad Ben Jassem, menaçant l’Algérie d‘expulsion de la Libye Arabe pour s’être opposée à l’expulsion de la Syrie, un pays du champ de bataille qui a mené en tandem avec l’Egypte quatre guerres contre Israël.

La conjuration a échoué du fait d’un comportement digne de cloportes des artisans de cette machination, particulièrement l’exaltation suicidaire des islamistes libyens qui ont procédé à l’assassinat de l’ambassadeur des Etats Unis à Benghazi et à la destruction de l’Ambassade de France à Tripoli, deux pays pourtant artisans majeurs de la chute du régime Kadhafi, d’une part; l’élimination précoce des deux principaux sous traitants de la stratégie atlantiste: Nicolas Sarkozy, dégagé par un vote de défiance populaire aux présidentielles françaises de 2012, et l’Emir du Qatar, destitué par ses parrains américains consternés par sa lévitation erratique.

Dernier et non le moindre facteur, l’expertise algérienne en la matière, seul pays doublement victorieux d’une guerre de Libération Nationale et d’une guerre contre le terrorisme (1990-2000), sans soutien extérieur. Avec en superposition, un bouleversement de la donne stratégique mondiale marqué par le retour en force de la Russie sur le théâtre méditerranéen et la présence accrue de la Chine en Algérie qui en a fait son navire amiral dans son contournement de l’Europe; Russie et Chine, deux pays membres permanents du Conseil de sécurité, font office de pare-feux à un éventuel nouvel embrasement.

Dans la précédente séquence, la guerre civile algérienne avait coïncidé avec l’implosion de l’Union soviétique et le triomphe du djihadisme planétaire matérialisé par l’intronisation des Talibans pro wahhabites au pouvoir en Afghanistan, comme pour signifier de manière patente la victoire contre l’athéisme et de l’idéologisation de la guerre sur une base religieuse.

Un djihadisme triomphant qui s’est propagé sur les flancs de l’Empire soviétique pour en achever le démantèlement, en Tchétchénie et en Yougoslavie particulièrement en Bosnie.

Pour aller plus loin sur ce point, cf à ce propos http://www.renenaba.com/al-qaida-derriere-les-attentats-de-paris-en-1995-selon-l-ancien-messager-de-ben-laden/

Toutefois, sur le plan algérien, la présence de 60.000 soldats américains de confession juive sur le sol saoudien, la terre de ses commanditaires, à proximité des Lieux Saints de l’Islam (La Mecque et Médine), dans le cadre de la coalition internationale anti Saddam, en 1990-1991, a placé, dans un pays au nationalisme chatouilleux, en porte à faux Abbassi Madani, chef du Front Islamique du Salut (FIS) et obéré le discours pseudo révolutionnaire du chef de file de la contestation islamique algérienne, le discréditant durablement, le projetant vers le Golfe en exil.

Le djihad a pris une dimension planétaire conforme à la dimension d’une économie mondialisée par substitution des pétrodollars monarchiques aux caïds de la drogue dans le financement de la contre révolution mondiale.

Le basculement de l’Algérie dans la guerre civile dans la décennie 1990 est apparu rétrospectivement comme l’acte de représailles à sa fonction de plateforme opérationnelle des mouvements de libération d‘Afrique, «La Mecque des Révolutionnaires» d’Afrique, selon l’expression d’Amilcar Cabral chef du PAIGC, le mouvement indépendantiste de la Guinée portugaise (Guinée Bissau et Cap Vert), dans le prolongement de la destruction de l’autre plateforme révolutionnaire dans le versant oriental du Monde arabe, le Liban, carbonisé par une guerre civile de 15 ans (1975-1990), dont la capitale Beyrouth abritait 18 mouvements de libération dont les Palestiniens, mais aussi la Rote Armée Fraktion, l’ASALA (Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l’Arménie), Le Front de Libération du Sud Yémen occupé (FLOSY), le Front de Libération de l’Erythrée, les Kurdes du PKK et l‘Armée Rouge Japonaise.

5 – L’équation du Sahel

L’armée algérienne a déployé près de 80 000 soldats à se frontières méridionales afin de contenir le flux migratoire propulsé par des mafias transnationales vers l’Europe, via l’Algérie qui héberge dans le sud du pays près de 500.000 migrants supposés être en transit. Une telle présence massive constitue une bombe à retardement du fait des interférences qu’elle peut générer sur l’équilibre démographique national.

L’Algérie est ainsi donc en «sursis de stabilité» deux décennies après la « décennie noire» en ce que sa stabilité perdure en l’état, grâce à la grande instabilité du Maroc, un pays affligé d’un fort taux de chômage urbain de l’ordre de 40 pour cent chez les jeunes.

Si l’Algérie se meurt par nécrose des circuits de décision, une lente gangrène qui gagne progressivement les rouages de l’État, nul toutefois ne songe désormais sérieusement à la déstabiliser par crainte de l’effet domino dont le plus grand bénéficiaire serait AQMI, alors que la France veille à s’assurer de la coopération d’Alger au sein du G5 Sahel, la structure ad hoc mise sur pied par Paris pour combattre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne.

Au sommet africain de Nouakchott, en juillet 2018, Le président Emmanuel Macron a accusé en termes à peines voilées l’Algérie d’être responsable de l’échec de son plan Sahel. L’armée algérienne répugne en fait à combattre les Touaregs maliens en raison du fait qu’une importante population touareg est déployée dans le giron saharien de l’Algérie et que le pays refuse à faire office de «hostspot», lieu de filtrage de l’émigration sub saharienne, une fonction de garde chiourme des Occidentaux, qu’elle juge insultante à son honneur au regard de son histoire anti coloniale.

L’arrimage de l’Algérie au G5 Sahel tarde à se finaliser en ce que l’Algérie répugne aux alliances du fait de son histoire. Le corpus doctrinal de l’Algérie a en effet été forgé en fonction de sa projection géostratégique. Une constante de la diplomatie algérienne depuis son indépendance, qui a valu à ce pays d’être considéré comme un pays phare de tiers monde à l’instar du Vietnam et de Cuba avec sa diplomatie multilatérale, initiée précisément par le tandem Boumédiène Bouteflika, lors d’une décennie prodigieuse (1970-1980).

Au point que dans le pré carré africain de la France, l‘Algérie supplée par moment l’ancienne puissance coloniale dans son rôle d’intermédiation comme ce fut le cas avec le conflit du septentrion malien.

6– Le Sahel, un eldorado pour les compagnies militaires privées.

Le Sahel tend d’ailleurs à devenir un nouvel eldorado pour les compagnies militaires privées.

Près de 7.500 membres des forces spéciales américaines sur un total de 60.000 sont engagés dans 90 pays pour y mener des actions clandestines. 1.200 sont à l’oeuvre dans trente pays africains, sous l’autorité de l’AFRICOM, basé à Stuttgart (Allemagne) (Cf à ce propos «Prolifération méconnue de bases militaires US» de Claude Angeli- Le Canard Enchainé, 13 juin 2018).

En complément à L’AFRICOM, 21 entreprises américaines s’affichent comme prestataires de service militaire en Afrique du Nord et au Sahel. Sans compter les entreprises de soutien aux opérations d’autres pays (MINUSMA, Barkhane…). Des dizaines d’autres compagnies ont progressivement occupé la zone. Leurs missions vont de la fourniture de repas à l’intervention armée. Elles sont françaises, britanniques ou ukrainiennes et se partagent un budget annuel de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Pour aller plus loin sur ce thème, ce lien A quoi servent les bases françaises en Afrique

http://www.afrik.com/chronique-afrique-debout-a-quoi-servent-les-bases-militaires-francaises-en-afrique-1ere-partie

Le Sahel en l’an 2050 comptera 1,9 milliards habitants soit autant que l’Europe, Les Etats Unis, l’Amérique latine et l’Océanie réunis. Avec 6.500 km de frontières avec sept pays du Sahel (Libye, Mali, Maroc, Niger, Tunisie, Sahara Occidental), l’Algérie y occupera une position centrale. Sa stabilité relève d’un impératif catégorique pour les pays occidentaux en ce qu’il constitue un passage obligé des flux migratoires à destination de l’hémisphère Nord.

A titre comparatif, le Japon affecte 27 pour cent de ses investissements à son voisinage immédiat des pays de l’ASEAN, contre 3 pour cent à l’Europe pour le Sahel, selon les précisions fournies par Abdel Aziz Rahabi, ancien ministre et ancien ambassadeur algérien, lors du colloque de l’UFAC (Union des Universitaires Algériens et Franco algériens), dont la 5ème session s’est tenue à Marseille le 7 avril 2018, sous le thème «Méditerranée: enjeux pour la paix dans la diversité»(1).

M. Rahabi a été l’ancienne cheville ouvrière auprès de Lakhdar Ibrahim, l‘émissaire de la Ligue Arabe aux négociations inter-libanaises de Taef (Arabie Saoudite, 1989), qui mirent fin à la guerre civile libanaise.

Cette parcimonie explique sans pour autant la justifier l’instabilité du flanc méridional de l’Europe au delà des explications culturalistes qui masquent mal une survivance d’une forme d’ethnographisme coloniale. Ce qui explique la sur-réaction psychologique des faits arabes et musulmans dans l’opinion occidentale, particulièrement française, au-delà aussi et surtout de la prégnance d’un comportement néocolonialiste occidentale dans l‘approche des problèmes du Monde arabo africain.

En dépit de l’aléa politique, l’Algérie compte néanmoins non parmi les plus sûrs mais parmi les plus sécurisés du Monde. Pour aller plus loin, cf sur ce point le sondage Gallup 2017 https://fr.scribd.com/document/355627928/L-Algerie-parmi-les-pays-les-plus-securises-au-monde-selon-l-institut-Gallup#from_embed

7 – Des rapports entre l’Algérie en atonie et le Maroc «partimonialisé» au seuil de l’apopléxie.

Si l’état de santé du président Abdel Aziz Bouteflika hypothèque quelque peu la vie politique de l’Algérie, la santé et les absences du Roi Mohamad VI en font autant pour le Maroc.

Pendant les quatre premiers mois de l’année 2018, le roi du Maroc a passé moins de vingt jours dans son pays. Ses absences fréquentes et prolongées alors que la contestation populaire ponctue la vie politique interne du royaume, paralysent partiellement le pays et créent une situation intenable sur le long terme, car le chef de l’État marocain détient presque tous les pouvoirs. Au point que se pose de manière lancinante la question de son abdication en faveur de son fils, âgé de 15 ans. De surcroît, le royaume chérifien, un pays «patrimonialisé» est au bord de l’apopléxie, «en manque d’oxygène», pour reprendre l’expression d’un analyste marocian, Hassan Allaoui, en proie à une ébullition permanente, conséquence de l’autoristarisme royal, du de l’arbitraire, du népotisme et de la corruption qui y règne.

Pour compenser son absence, Le roi a fait acte d’autorité à son retour, ordonnant une vaste purge de l’appareil sécuritaire marocain et du corps préfectoral, à qui il a fait assumer la responsabilité des défaillances ayant abouti au mécontentement populaire et à l’instabilité politique.

Pour aller plus loin sur ce sujet, ce lien:

https://orientxxi.info/magazine/maroc-l-inconcevable-abdication-de-mohamed-vi,2450

Le Maroc manque d’oxygène par Hassan Allaoui

http://www.economie-entreprises.com/le-maroc-manque-doxygene/

La précarité politique au Maroc et l’expansion des groupements islamistes dans la zone sahélo-saharienne ont une valeur dissuasive pour toute tentative de déstabiliser l’Algérie.

Depuis le lancement de la séquence dite du «printemps arabe», le nombre des groupements islamistes est passé de cinq à cinquante en Afrique. L’Algérie joue un rôle majeur dans la neutralisation de cette prolifération terroriste dans son hinterland, en consolidant discrètement le pouvoir tunisien post nadawiste, de même que le Mali, se posant par moments comme un médiateur régional.

En parallèle, le Maroc est embourbé par une tension sociale extrême (soulèvement du Rif), un taux de chômage urbain de l’ordre de 40 pour cent et des décennies d’absolutisme monarchique.

La décision de Rabat de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, le 2 mai 2018, sous le faux prétexte du soutien du Hezbollah libanais au Front Polisario, a répondu au souci du Royaume d’acter dans l’ordre symbolique l’alignement du Maroc à l’axe constitué par les deux grandes théocraties du Moyen orient, Israël et l’Arabie saoudite, en voie de constitution, dans la perspective d’une éventuelle confrontation avec l’Iran afin de compenser la déroute militaire de l’OTAN en Syrie, celle des pétromonarchies au Yémen et d’occulter le retrait des Etats Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Ce faisant, le Maroc cherche à atténuer le courroux occidental et à amortir l’impact de la révélation selon laquelle le royaume chérifien est apparu comme étant le plus grand exportateur du terrorisme islamique vers l’Europe, (Attentat de Madrid 2004 qui a fait 200 morts, l’assassinat de Théo Van Gogh, les attentats de Bruxelles en 2015, de Barcelone en 2017 et de Trèbes près de Carcassonne, le 23 mars 2018).

Cela ne se proclame pas publiquement surtout dans les médias français réputés qui pratique à l’égard du trône marocain, (diplomatie de la Mamounia oblige), un journalisme de révérence et de prosternation. Mais cela se chuchote dans les cabinets calfeutrés des chancelleries et cela joue en faveur de l’Algérie.

La Jordanie (Machreq) et le Maroc (Maghreb, deux royaumes sans ressources énergétiques, compensent leur absence de royalties, par une alliance clandestine ancienne avec Israël. Cette diplomatie souterraine est génératrice de dividendes en termes stratégiques et médiatiques, infiniment plus lucratives pour les deux royaumes que les pétro dollars. Pour mémoire, le Maroc est le lieu de villégiature préféré de Bernard Henry Lévy et de Dominique Strauss Khan, deux arabophiles notoires. Et ceci pourrait expliquer cela.

Il est de notoriété publique que le Maroc pratique une normalisation rampante avec Israël, qui octroie au monarque un sauf-conduit auprès des puissances occidentales, l’absolvant de toutes les turpitudes de son pays. Les récentes révélations sur la connivence entre Israël et le Maroc faites par Ronen Bergman dans son ouvrage Rise and Kill: «The Inside Story and Secret opérations of Israel’s assassination» ne sont pas faites pour améliorer l’image du Royaume.

La rupture avec l’Iran apparaît ainsi comme un acte éminemment démagogique, qui n’en constitue pas moins l’indice d’une recomposition politique en prévision d’une éventuelle confrontation régionale entre Israël et les contestataires à l’ordre hégémonique israélo américain dans la zone, après le désastre de l’alliance islamo atlantiste dans la guerre de Syrie et la débandade de l’opposition off shore syrienne pro monarchique.

8- La course aux armements

La tension persistance entre l’Algérie et le Maroc, à l’arrière-plan du contentieux de la question du Sahara occidental grève le budget des deux pays. Sur fond de crise diplomatique, l’Algérie et le Maroc se livrent en effet une course effrénée pour rendre hermétiques leur frontière commune.

Le Maroc a annoncé le lancement d’un satellite de surveillance des frontières et l’Algérie s’emploie à ériger un mur d’isolation électronique, et les deux pays sont engagés dans une course à l’acquisition de missiles balistiques longue portée, à fort pouvoir détonateur.

L’Algérie et le Maroc occupent la première place du continent africain sur le plan de l’armement. De 2007 à 2015, l’Algérie a dépensé près de onze milliards de dollars pour moderniser son armement, faisant l’acquisition principalement auprès de la Russie de chasseurs bombardiers, de frégates, des Hélicoptères et de l’artillerie, tandis que le Maroc consacrait durant cette même période 4, 7 milliards de dollars pour l’acquisition des armes des Etats Unis et des pays européens.

Ci joint pour le lectorat arabophone, le rapport du Congrès américain sur ce sujet.

Sur le plan balistique

Le rapport penche en faveur de l’Algérie, qui dispose de 176.000 missiles balistiques longue portée, à fort effet destructeurs, contre 72.000 au Maroc. Le classement établi par la revue américaine «Global Fire Power» donne le positionnement suivant:

  • Russie: 3.793.000 missiles
  • Corée du Nord: 2.400.000
  • Chine : 1.770.000
  • Egypte : 1.481.000
  • Iran : 1.475.000
  • Etats Unis : 1.331.000

suivis du Vietnam de la Turquie et de l’Ukraine.

Outre l’Egypte (1481), la Syrie se classe au 2ème rang parmi les pays arabes avec 650.000 missiles balistiques suivie des pays suivants:

  • Yémen : 423.000
  • Arabie saoudite : 322.000
  • Algérie : 176.000
  • Libye : 100.000
  • Jordanie : 88.000
  • Maroc : 72.000
  • Irak : 59.000

À moyen terme, la querelle de succession présidentielle sera immanquablement réglée. L’Algérie devra alors se tourner résolument vers l’avenir pour mobiliser ses capacités à la conquête de nouveaux horizons.

Se fixer comme objectif de rejoindre le groupe du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), c’est à dire les chefs de file du groupe s’employant à construire un monde multipolaire, à l’effet de mettre un terme à six siècles d’hégémonisme occidental, et de renouer ainsi avec le rôle pilote de l’Algérie dans le combat pour la libération de l’Afrique et du Monde arabe, particulièrement la cause palestinienne, à qui fait cruellement défaut le soutien d’un pays arabe de poids.

Pour aller plus loin sur l’Algérie

A propos du conflit du Sahara occidental

1 – L’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est composée des dix pays suivants: Birmanie, Cambodge, Laos, Malaise, Indonésie, Japon, Philippines, Singapour, Thailande, Vietnam.

En 2013, elle représentait:

  • 620 millions d’habitants (environ 8,8 % de la population mondiale)
  • 2.400 milliards de dolars de PIB
  • 76 milliards US$ d’investissements étrangers (2010)

Fondée en 1967 à Bangkok (Thailande) par cinq pays dans le contexte de la guerre froide pour faire barrage aux mouvements communistes, l’ASEAN constitue désormais un espace pour régler les problèmes régionaux et peser en commun dans les négociations internationales.

Un sommet est organisé chaque année au mois de novembre. Son secrétariat général est installé à Jakarta (Indonésie).

En 2013, elle représentait:

  • 620 millions d’habitants (environ 8,8 % de la population mondiale)
  • 2.400 milliards de dollars de PIB
  • 76 milliards US$ d’investissements étrangers (2010)

Source

Le sourire de Ben M’hidi, le regard d’Ali la Pointe, et la déchéance de Bouteflika et sa clique — Algérie Résistance


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via Le sourire de Ben M’hidi, le regard d’Ali la Pointe, et la déchéance de Bouteflika et sa clique — Algérie Résistance

Aphorismes bien profonds


Le passage rougie par honte de vérité…


sophiaperennis.unblog.fr

par Pierre-Yves Lenoble

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– Le seul libre-arbitre accordé à l’homme est de connaître ses déterminismes physiques et psychiques.

– Les seules choses vivantes et intéressantes à notre époque sont paradoxalement les ruines.

– Les seuls hommes politiques dignes d’intérêt au XXe siècle furent Corneliu Zelea Cordreanu, José Antonio Primo de Rivera et Léon Degrelle.

– Le dernier événement historique qui a une réelle valeur à nos yeux est la prise de la Bastille du 27 avril 1413 par nos glorieux ancêtres les Cabochiens, le reste ne nous concerne pas.

Pour bien comprendre la rapidité de la dégénérescence actuelle, regardez de plus près nos propres travaux : au début nous avons fait de longs livres avec de nombreuses notes, puis des petits livres, puis des articles, puis des aphorismes, puis des vidéos Youtube… l’année prochaine, ce sera des grognements, et finalement le grand silence.

– Pour trouver le sommeil, rien de mieux que les médiocres conférences crypto-maçonniques du gros boomer Asselineau ; blablabla… Vercingétorix…. blablabla… Jeanne d’Arc… blablabla… 1789… blablabla… république… blablabla… proverbe chinois… blablabla… article 50… ZZZZZZ.

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– « Ma personne est sacrée » ! : hahahaha, non Merluchon, tu as une individualité mais tu n’es plus une personne car tu as donné ton Moi véritable à l’égrégore maçonnique lors de ton serment d’admission, tu es seulement un futur fantôme, effacé du Livre de Vie depuis le pacte qui a lié ton âme supérieure… à moins que tu te repentisses et que tu te fasses exorciser.

– « Montrez-moi une femme parfaitement éduquée, qui décide d’avoir 7, 8, 9 enfants » : hahahaha, eh Micron, montre-moi une femme bien éduquée de 40 balais qui détourne un mineur de 15 ans…

– La loi islamique autorisant le mariage avec quatre femmes fut une idée géniale afin de lutter contre l’hypergamie féminine et le dysgénisme, car la majorité des femmes pouvaient alors se reproduire avec les meilleurs des hommes, tandis que les plus mauvais étaient exclus de la reproduction (en effet, pour avoir les moyens d’entretenir quatre femmes au VIIe siècle en Arabie, il fallait être un sacré mâle alpha). Le christianisme médiéval avait également bien compris cela (de façon hypocrite certes) en fermant par exemple les yeux devant la multitude des bâtards royaux.

– De même que les nationalismes européens ont tué la Chrétienté, de même les nationalismes arabes ont tué le Califat ; bref, politique et tradition ne font pas bon ménage.

– A l’âge de trois ans, en rentrant à la maternelle, nous avions déjà compris inconsciemment que le vivre-ensemble, le multiculturalisme, la bien-pensance, le gauchisme, l’antiracisme, la féminisation et l’immigration de masse étaient de graves erreurs.

– A tous les professeurs de l’Éducation Nationale qui pendant vingt ans nous ont “instruit” et nous ont fait perdre un temps précieux (plus de la moitié de notre vie!!!), nous leur disons le plus calmement du monde : allez tous cramer en Enfer !

– En fin observateur des changements sociétaux survenus lors des années 6O en Italie, Julius Evola écrivait ces mots féroces (qui nous font quand même bien rigoler) : « On a eu également une mode typique entre toutes, et qui n’a pas encore complètement disparu, celle des blue-jeans pour les femmes et même pour les hommes, les blue-jeans n’étant, on le sait, que des pantalons de travail. La passivité et la tolérance du sexe masculin ont, à ce sujet, quelque chose de stupéfiant. Ces jeunes femmes, on aurait dû les mettre dans des camps de concentration et de travail ; tels auraient été, plutôt que des appartements luxueux et existentialistes, les lieux appropriés à leur tenue, et qui auraient mieux pu leur servir de rééducation salutaire » (L’arc et la massue, Pardès, 1984, p.88-89). Qu’aurait écrit le grand penseur italien s’il avait vu les rues de nos jours ?

 th

– La génération des baby-boomers, jouisseurs/consommateurs dépressifs qui osent donner des leçons, est la pire que la terre ait jamais porté. La devise de ces souillons est : « Après nous le déluge ».

– Celui qui a compris la loi d’analogie entre le haut et le bas, la loi de régression des castes, la loi des degrés de sexualisation et la loi de Briffault, a compris les grands ressorts de l’histoire universelle et des rapports humains.

– Nous savons que le pérennialisme est la seule idéologie véridique car les athées nous traitent d’illuminés, les intégristes religieux d’hérétique, les gauchiasses de fasciste, les droitards de baboucholâtre, les new-age d’obscurantiste, les zombies de passéiste… etc. : cela intéresse tout le monde mais ne plaît à personne… D’ailleurs, les seuls qui nous comprennent sont toujours des êtres droits et intelligents.

– Repose en paix Robert…

Déclaration de Syrte


wikisource.org

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f5/Organisation_of_African_unity.svg/langfr-250px-Organisation_of_African_unity.svg.pnghttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/e/e6/Drapeau_de_l%27Union_africaine.svg/1200px-Drapeau_de_l%27Union_africaine.svg.png

Déclaration de Syrte
Adoptée par l’Organisation de l’Unité Africaine
du 9 septembre 1999

1. Nous, Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), réunis en la quatrième session extraordinaire de notre Conférence à Syrte, en Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste, les 8 et 9 septembre 1999, à l’invitation du Guide de la Révolution El Fatah, le Colonel Muammar Ghaddafi, et conformément à la décision de la Trente-cinquième session ordinaire de notre Sommet, tenue à Alger, Algérie, du 12 au 14 juillet 1999,

2. Avons longuement discuté des voies et moyens de renforcer notre Organisation continentale afin de la rendre plus efficace et de lui permettre de s’adapter aux changements sociaux, politiques et économiques qui se produisent à l’intérieur et à l’extérieur de notre continent.

3. À cet égard, nous nous sommes inspirés des idéaux qui ont guidé les pères fondateurs de notre Organisation et des générations de panafricanistes dans leur détermination à forger l’unité, la solidarité et la cohésion, ainsi que la coopération entre les peuples d’Afrique et entre les États africains.

4. Nous rappelons les luttes héroïques menées par nos peuples et nos pays au cours du dernier siècle du millénaire pour l’indépendance politique, la dignité humaine et l’émancipation économique. Nous sommes fiers des progrès enregistrés sur la voie de la promotion et de la consolidation de l’unité africaine et nous saluons l’héroïsme et les sacrifices de nos peuples, en particulier pendant les luttes de libération.

5. Au moment où nous nous préparons à entrer dans le 21e siècle et ayant à l’esprit les défis auxquels notre continent et nos peuples sont confrontés, nous soulignons la nécessité impérieuse et l’extrême urgence de raviver les aspirations de nos peuples à une plus grande unité, solidarité et cohésion dans une communauté plus large des peuples, qui transcende les différences culturelles, idéologiques, ethniques et nationales.

6. Pour relever ces défis et faire face de manière efficace aux nouvelles réalités sociales, politiques et économiques en Afrique et dans le monde, nous sommes déterminés à répondre aux aspirations de nos peuples à une plus grande unité, conformément aux objectifs énoncés dans la Charte de l’OUA et dans le Traité instituant la Communauté économique africaine (Traité d’Abuja).

Nous sommes convaincus que notre Organisation continentale doit être revitalisée afin qu’elle puisse jouer un rôle plus actif et continuer à répondre aux besoins de nos peuples et aux exigences de la conjoncture actuelle. Nous sommes également déterminés à éliminer le fléau des conflits qui constitue un obstacle majeur à la mise en œuvre de notre programme de développement et d’intégration.

7. Au cours de nos travaux, nous avons été inspirés par les propositions importantes faites par le Colonel Mouammar Ghaddafi, Guide de la Grande Révolution libyenne El Fatah, et particulièrement, par sa vision d’une Afrique forte et unie capable de relever les défis qui se posent à elle au niveau mondial et d’assumer sa responsabilité de mobiliser les ressources humaines et naturelles du continent afin d’améliorer les conditions de vie de ses peuples.

8. Ayant franchement et longuement discuté de l’approche à adopter quant au renforcement de l’unité de notre continent et de ses peuples à la lumière de ces propositions, et compte tenu de la situation actuelle sur le continent, NOUS DÉCIDONS de :

i) créer une Union africaine, conformément aux objectifs fondamentaux de la Charte de notre Organisation continentale et aux dispositions du Traité instituant la Communauté économique africaine,

ii) accélérer le processus de mise en œuvre du Traité instituant la Communauté économique africaine, en particulier :

(a) abréger le calendrier d’exécution du Traité d’Abuja,

(b) assurer la création rapide de toutes les institutions prévues dans le Traité d’Abuja, telles que la Banque centrale africaine, l’Union monétaire africaine et la Cour de justice et, en particulier le Parlement panafricain. Nous envisageons de mettre en place le parlement d’ici à l’an 2000, afin d’offrir une plate-forme commune à nos peuples et à leurs organisations communautaires en vue d’assurer leur plus grande participation aux discussions et à la prise des décisions concernant les problèmes et les défis qui se posent à notre continent.

(c) renforcer et consolider les Communautés économiques régionales qui constituent les piliers de la réalisation des objectifs de la Communauté économique africaine, et de l’Union envisagée.

iii) mandater le Conseil des Ministres de prendre les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre des décisions susmentionnées et, en particulier, d’élaborer l’Acte constitutif de l’Union, en tenant compte de la Charte de l’OUA et du Traité instituant la Communauté économique africaine. Les États membres doivent encourager la participation des parlementaires à ce processus. Le Conseil doit présenter son rapport à la Trente-sixième Session ordinaire de notre Conférence pour lui permettre de prendre les décisions appropriées. Les États membres doivent tout mettre en oeuvre pour faire aboutir le processus de ratification avant décembre 2000 afin que l’Acte constitutif puisse être solennellement adopté en l’an 2001 lors d’un Sommet extraordinaire qui sera convoqué à Syrte.

iv) mandater notre Président en exercice, le Président Abdelaziz Bouteflika d’Algérie, et le Président Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, de prendre d’urgence contact, en notre nom, avec les créanciers de l’Afrique en vue d’obtenir l’annulation totale de la dette de l’Afrique. Ils coordonneront leurs efforts avec ceux du Groupe de contact de l’OUA sur la dette extérieure de l’Afrique.

v) convoquer une conférence ministérielle africaine sur la sécurité, la stabilité, le développement et la coopération sur le continent, le plus tôt possible.

vi) demander au Secrétaire général de notre Organisation de prendre, en priorité, toutes les mesures nécessaires pour la mise en œuvre des présentes décisions.

Fait à Syrte,

en Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste,

9. 9. 99

Le Sahara


wikisource.org

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Ouvrage: Le Sahara

Auteur: Tchikhatchov Piotr  géologue et naturaliste russe ()

Année: 1889

Revue des Deux Mondes tome 91

 

 

L’un des phénomènes les plus intéressants que présente la surface de notre globe, c’est la répartition des régions favorables à l’existence de l’homme, et de celles dont il est plus ou moins exclu, en dépit de leur situation géographique. Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’immense étendue des régions inhospitalières. Mais, tandis que plusieurs des régions, désertes aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été, et par conséquent pourraient devenir habitables de nouveau, parce que leurs conditions physiques n’ont pas été sensiblement altérées, il en est d’autres où ces conditions ont subi des modifications trop graves pour que l’homme puisse s’y soumettre, en sorte que ces contrées sont condamnées à être des solitudes perpétuelles.

Parmi toutes les régions désertiques de notre globe, le Sahara est sans doute la plus importante, non-seulement par son étendue, mais aussi par son passé et son avenir. C’est sous ces divers points de vue que j’essaierai d’étudier le Sahara, dont j’ai eu l’occasion de visiter moi-même une partie.

ILa délimitation de la vaste contrée qui porte le nom collectif de Sahara a été diversement tracée par les géographes. Je ne rapporterai que l’opinion des auteurs les plus récents et les plus compétents. Le professeur Zittel admet pour le Sahara les limites suivantes : au nord, l’Atlas et la côte méditerranéenne ; à l’ouest, l’Atlantique ; à l’est, la chaîne bordière de la Mer-Rouge ; enfin, au sud, la limite est peu prononcée et pourrait être représentée par une ligne partant de l’embouchure du Sénégal et passant par Tombouctou, Gogo, Damergu, à travers la partie septentrionale de Kanem jusqu’à El-Dabbah et Abou-Ham. Cette ligne comprend la région où les précipitations aqueuses trop faibles empêchent le développement d’une riche végétation, et où la surface du sol est généralement composée de roches nues ou de sable. L’énorme superficie assignée au Sahara par M. Zittel représente plus de 11 millions de kilomètres carrés ; elle serait donc supérieure à celle de l’Europe, et presque la moitié de celle de l’Afrique. Elisée Reclus évalue la surface du Sahara à 6,200,000 kilomètres carrés, mais en en retranchant le Fezzan, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et les steppes qui longent les régions fertiles du Sahara. Pris dans de telles limites, il donne au Sahara de l’est à l’ouest, c’est-à-dire des bords du Nil à ceux de l’Atlantique, 5,000 kilomètres, et du nord au sud, c’est-à-dire du pied de l’Atlas berbère jusqu’aux cultures du Soudan, 1,500 kilomètres. Le Sahara ainsi réduit serait encore plus grand que la moitié de l’Europe et équivaudrait presque au quart de l’Afrique. Dans l’impossibilité de concilier des divergences aussi considérables, nous adopterons provisoirement l’évaluation d’Elisée Reclus, mais en comprenant l’Egypte dans le nom collectif de Sahara, parce que l’Egypte se rattache insensiblement aux vastes surfaces sablonneuses désignées par le nom de Désert libyen ; or, celui-ci touche immédiatement à la rive gauche du fleuve, qui, avec ses bords verdoyants, serpente comme une bande d’émeraude au milieu des sables du désert.

Bien que le Sahara soit loin d’être, comme on le supposait autrefois, un bassin déprimé dans son centre et revêtu d’un sol d’une nature à peu près uniforme, on peut considérer cette région comme une plaine plus ou moins unie dont l’altitude absolue n’est en moyenne que de 300 à 400 mètres, en sorte que, dans son ensemble, le Sahara représente une surface bombée dans sa partie centrale, qui va en s’abaissant dans les directions de l’ouest, de l’est et du sud et souvent du nord, où, dans la proximité de la Méditerranée, se déploient de vastes espaces dont le niveau est au-dessous de celui de la mer. Ainsi dans le Fayoum (au sud du Caire, sur la rive gauche du Nil) a été constatée une dépression de 600 kilomètres carrés, dont la profondeur maximum au-dessous du niveau du Nil est de 90m,8. De même l’oasis de Syouah [1] est de 27 mètres au-dessous du niveau de la mer, phénomène qui se reproduit dans une série d’oasis et de lacs échelonnés à l’est et au nord-est de Syouah, telles que les oasis de Hattieh (30 mètres au-dessous du niveau de la mer), d’Aratch (— 7m,5), les lacs de Ssetra (— 15 mètres) et de Karn (— 41m,7). Toutes ces localités se succèdent sur une ligne courbe qui a près de 400 kilomètres de longueur du sud-ouest au nord-est. On ne sait si les dépressions continuent au nord et au sud de cette ligne, mais telle qu’elle est connue, la surface déprimée possède déjà une étendue fort considérable, évaluée à 1,000 kilomètres carrés, et lorsqu’on y ajoute la dépression du bassin du Fayoum (600 kilomètres carrés), nous aurons dans la partie septentrionale du désert libyen, ainsi que dans la contrée du Nil inférieur, une surface au-dessous du niveau de la mer qui embrasse presque sans interruption 1,600 kilomètres carrés.

Il est remarquable que, parmi les surfaces déprimées, les oasis figurent fréquemment. Or, comme les oasis constituent l’un des traits les plus caractéristiques, mais encore les moins connus du désert libyen, nous allons nous y arrêter un moment.

IIL’accablante monotonie que respire le désert est interrompue sur plusieurs points par des renflemens qui surgissent comme autant d’Iles verdoyantes au milieu de l’océan ; ces oasis sont particulièrement nombreuses entre la rive gauche du Nil et la Tripolitaine. M. Rohlfs, à qui nous devons le peu que nous en savons, les a réunies sous le nom collectif d’oasis de la Syrie, d’après le grand golfe de ce nom. Bien que parmi ces oasis il y en ait de fort intéressantes, nous ne mentionnerons que la plus importante, celle de Koufara, située à 600 kilomètres au sud-est du golfe de la Syrie, et à environ 1,000 kilomètres à l’ouest du Nil. Le nom de Koufara s’applique collectivement à cinq grandes oasis, séparées les unes des autres par les sables, et parmi lesquelles celles de Bouzaïma et de Kebabo sont les plus remarquables. La première, dont la surface est de 313 kilomètres carrés, est la plus belle oasis du désert libyen, car il en est bien peu qui possèdent, comme celle-ci, des montagnes, des lacs et des palmiers. De même que plusieurs autres oasis, celle de Bouzaïma offre des traces d’une ancienne population, sans qu’on puisse, pour le moment, la rattacher à aucune nationalité historique. La végétation est assez riche, et quant au règne animal, il est représenté par un curieux serpent que le professeur Peters a nommé Ragherris producta ; cet ophidien, qui habile les arbres, où il guette les petits oiseaux, les scarabées et les libellules, ne fait défaut à aucun palmier ou figuier de la contrée.

Au sud-est de l’oasis de Bouzaïma s’élève celle de Kebabo. Ce n’est pas seulement l’oasis la plus considérable de ce qu’on pourrait appeler l’archipel de Koufara, puisqu’elle occupe une aire de 8,793 kilomètres carrés, mais elle a l’avantage de posséder une population permanente. Kebabo est presque partout revêtu d’herbages recherchés par les chameaux, tels que l’Alhagi camelorum ; et les forêts de palmiers témoignent de la fertilité de son sol.

Ce qui, sous le rapport météorologique, caractérise Koufara, ainsi que tout le désert libyen, c’est la puissance des phénomènes électriques, attestée par l’innombrable quantité de fulgurites répandus sur la surface du désert, notamment au sud de Fezzan, entre cette dernière oasis et Bornou. Quand on voit cette prodigieuse agglomération de niasses vitreuses, de scories et de gigantesques tuyaux fulminaires, on est frappé par l’énergie et la fréquence des décharges électriques qui les ont fait naître. M. Rohlfs ne croit pas que dans le désert libyen ce phénomène se produise aujourd’hui sur la même échelle.

L’importance constamment croissante des oasis de Koufara, à cause du développement des relations qui s’établissent entre elles, se concentre pour le moment à Kebabo, où le chef-lieu, Suya-el-Istal, est devenu pour la secte des Snussi un foyer religieux. C’est une localité fortifiée entourée de murs ; elle possède une mosquée en pierre. L’altitude de Kebabo permet d’y cultiver non-seulement les fruits et les légumes de la zone subtropicale, mais encore ceux du bassin méditerranéen. Aussi, le jardin qui se trouve au pied du massif montagneux qui traverse Kebabo fournit une preuve frappante de la grande fertilité de l’oasis ; on y admire les délicieux bois plantés par les fanatiques apôtres des Snussi, qui, tout en renvoyant les fidèles au paradis promis par Mahomet, ont eu soin de réserver pour leur propre usage les dons de cette terre, en attendant ceux du ciel.

M. Rohlfs fait ressortir l’avenir réservé aux oasis de Koufara, autant en raison de leur fertilité que de leur position. Il croit qu’elles sont appelées à jouer un rôle important dans l’application du régime des chemins de fer à cette partie de l’Afrique. Ses espérances à cet égard sont tellement vives, qu’il prévoit déjà le jour où dans l’oasis retentira la voix du conducteur annonçant station Koufara, au milieu d’une foule d’indigènes offrant aux voyageurs des dattes cueillies le matin. Bien que ce rêve philanthropique ne soit nullement à la veille de se réaliser, il est impossible de ne pas apprécier les avantages que présente un groupe d’oasis fertiles, tel que celui de Koufara, situé vers le milieu d’une ligne de plus de 1,500 kilomètres, sur laquelle se déploie la surface unie du désert, depuis la Méditerranée jusqu’au Nil (à Ouadi-Halfa).

En dehors des oasis, quelques renflemens du soi beaucoup plus prononcés interrompent la surface unie du Sahara, parmi lesquels les plus importants sont les chaînes montagneuses d’Ahaggar et de Tibetsi, qui traversent la partie centrale du désert, dans le pays des Touareg et dans la Tripolitaine. Mais, malgré leur développement quelquefois très considérable, les groupes montagneux ne constituent qu’un trait peu saillant dans la physionomie générale du Sahara ; ils n’occupent qu’une surface de 200,000 kilomètres carrés (moins que la trentième partie de la superficie du désert), et disparaissent presque dans l’immense étendue de ce dernier.

Le caractère topographique du Sahara se résume en trois types principaux, savoir : déserta plateaux ou hammada ; désert d’érosion (sebkha, djuf, chott) ; désert sablonneux proprement dit (areg).

Le hammada est le type le plus étendu ; il occupe 5 millions de kilomètres carrés. C’est le désert dans son vrai sens, consistant en surfaces à sol solide, pierreux. A ce type de plateaux et de terrasses se rattachent des hauteurs incertaines, bien qu’elles soient indépendantes de la constitution topographique des hammada ; elles sont désignées par le nom significatif de témoins, et ne sont évidemment que les restes des terrasses actuelles.

Dans la partie centrale du Sahara, où les terrasses s’élèvent à 800 ou 1,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, le hammada acquiert graduellement un caractère montueux. Les plus hauts plateaux de l’Ahaggar et du Tibetsi dépassent de plusieurs centaines de mètres le niveau de la contrée limitrophe et atteignent une altitude absolue de 1,500 à 2,000 mètres ; leurs parois, le plus souvent verticales et diversement fissurées, revêtent les formes les plus fantastiques à la suite de la décomposition des roches.

Les déserts d’érosion sont particulièrement riches en bassins lacustres qu’on désigne par les noms de sebkha, djuf ou chott quand ils forment des excavations closes par des bords rocailleux.

Enfin, le troisième type est caractérisé par les sables et les dunes et nommés areg, remel et igidi ; c’est la plus désolante et la plus terrible des formes désertiques. Heureusement, à peine la neuvième partie du Sahara appartient à ce type.

Les dunes sont composées d’un sable quartzeux, de teinte jaune clair, contenant généralement du gypse. Elles forment quelquefois des rangées de buttes de 50 à 150 mètres de hauteur. Dans le Sahara oriental, leur direction dominante est du nord-nord-ouest au sud-sud-est, et dans le Sahara méridional, du nord au sud. Ces directions ne sont pas toujours l’expression des directions prédominantes des vents. En tout cas, les dunes du désert sont susceptibles de mouvement à l’instar des dunes marines et, de même que ces dernières, elles sont quelquefois stratifiées.

L’origine des prodigieuses masses de sable qui revêtent le Sahara, et dont le désert libyen est le représentant le plus grandiose, est l’objet d’opinions divergentes de la part des géologues. C’est un des phénomènes les plus importans et encore les moins connus de l’histoire de notre globe, et qui mérite d’être considéré de plus près.

Le professeur Zittel, le savant explorateur du désert libyen, tout en admettant l’action du vent dans l’accumulation des sables, croit qu’elle ne suffirait pas pour faire disparaître l’énorme masse de rochers dont les piliers isolés désignés par le nom de témoins ne sont que les restes ; pour produire de tels effets, la coopération de l’eau deviendrait indispensable. Cela suggérerait la supposition qu’à l’époque où ces violentes inondations eurent lieu, les conditions climatologiques du pays étaient très différentes de celles d’aujourd’hui, car de telles masses d’eau fournies par les pluies indiqueraient une humidité atmosphérique extraordinaire.

En tout cas, quel qu’ait été l’agent qui a opéré le transport des sables, ces derniers ont dû avoir été empruntés au grès nubien, car les sables exclusivement quartzeux du désert ne peuvent provenir des roches calcaires et marneuses qui le composent.

Cette hypothèse sur l’origine des sables est corroborée par des considérations sur l’action extraordinaire du vent dans le transport des substances pulvérisées, ainsi que par l’étude comparée des sables tombés dans différentes contrées.

Un exemple frappant de l’action du vent exercée sur d’énormes espaces est fourni par le célèbre géographe arabe Edrisi, qui déjà, au XIIe siècle, parla avec étonnement des sables rouges et des brouillards secs qui obscurcissaient fréquemment le ciel de l’Atlantique, entre le Cap-Vert et l’Amérique du Sud, espace qu’Edrisi qualifia de mer obscure (Bar-el-Mecdolin), le mare tenebrosum des auteurs du moyen âge. Ce phénomène, qui préoccupa pendant longtemps les savants a été consciencieusement étudié par le docteur Gustave Helleman, qui émit sur l’origine du curieux phénomène des conclusions diamétralement opposées à celles de ses prédécesseurs, y compris le célèbre Ehrenberg. M. Helleman fit voir que les nuages de poussière dont il s’agit viennent du Sahara occidental.

L’étude de la composition des sables transportés de diverses contrées par les vents a donné à M. Gaston Tissandier des résultats aussi intéressants qu’inattendus. En examinant au microscope la poussière tombée, le 9 octobre 1879, à Boulogne-sur-Mer, et en la comparant à celle du Sahara, il trouva que leur composition était exactement la même, et que les restes des plantes cryptogamiques que renfermaient l’une et l’autre étaient identiques ; mais ce qui est plus remarquable, c’est qu’une analogie tout aussi prononcée fut constatée par M. Gaston Tissandier entre le sable du Sahara et celui du Gobi, bien que les deux déserts soient distants l’un de l’autre de 600,000 kilomètres. Si, comme l’indiquent les observations de M. Tissandier, le sable des déserts contient des particules végétales clairsemées, on n’a encore jamais constaté dans les sables du Sahara ni dans ceux du Gobi la moindre trace animale, ce qui prouverait qu’ils ne peuvent avoir été déposés par l’eau de mer, car ils contiendraient alors quelques restes animaux, du moins de classe inférieure, comme c’est si souvent le cas avec les sables marins des côtes.

Après ce que nous avons rapporté sur les sables des déserts, il nous paraît impossible de ne pas admettre leur origine subaérienne, tout en prenant en sérieuse considération l’opinion des savants qui, comme M. Zittel, soutiennent la nécessité d’une coopération de la force érosive de l’eau pour expliquer les exemples remarquables d’ablations et d’excavations qu’offre le désert, tels que l’enlèvement des masses de rochers dont les témoins représentent les restes, les profonds sillonnements d’anciens lits desséchés (oicudi), le creusement de parois abruptes qui forment les bords de plusieurs oasis, etc. Au reste, en invoquant l’intervention des pluies torrentielles, nous ne faisons qu’ajouter un fait de plus à tous ceux que présente l’histoire climatologique de la majorité des contrées de l’Orient, ainsi que nous le verrons plus tard.

IIILes énormes masses sablonneuses du Sahara renferment de nombreux réservoirs d’eau souterraine. C’est une des particularités les plus importantes de ces contrées, non-seulement sous le rapport scientifique, mais encore sous celui de leur avenir, en fournissant à l’homme les moyens d’utiliser ces réservoirs pour rendre habitables des régions aujourd’hui désertes, à la seule exception toutefois des oasis, richement pourvues d’eaux souterraines. Ainsi, dans les oasis de Khargeh et de Dakhel, les puits atteignent, à une profondeur de 64 à 105 mètres, les grès, d’où l’eau s’élance en jets puissants. Dans les deux oasis méridionales, la température des sources est généralement de 35 à 38 degrés ; à Farafrah, où l’eau doit traverser les couches de terrain crétacé, la température s’abaisse à 26 degrés, mais elle est de 28 dans l’oasis de Syouah, où l’eau, jaillissant à travers le sol tertiaire salé, perd beaucoup de sa bonne qualité. Enfin, la température de l’eau oscille entre 24 et 36 degrés dans les puits de l’oasis de Beharieh, lesquels remontent à une antiquité reculée, car les restes nombreux de puits artésiens construits par les Romains sur plusieurs points de la Libye prouvent que les puits artésiens, dont les modernes réclament l’invention, étaient parfaitement connus des anciens. Les monuments de ce genre ont été signalés par plus d’un auteur, entre autres par Olympiodore, dont Photius a fait des extraits où il est dit : « On creuse dans les oasis du Sahara à une profondeur de 200 et même 500 palmes (de 30 à 80 mètres), d’où l’eau s’élance et déborde. »

Ce n’est pas seulement dans le Sahara que les anciens fonçaient des puits artésiens, mais aussi en Syrie, en Egypte et ailleurs ; et c’est grâce aux sources artificielles que la main de l’homme a fait jaillir que se trouvait jadis dans un état florissant la plaine aujourd’hui déserte et aride, jonchée de ruines, de Balbek et de Palmyre. Les voyageurs anglais Wood et Darwins ont découvert sous les gigantesques décombres qui masquent l’emplacement de ces splendides cités les traces des fontaines que l’homme avait creusées, les débris de ce grand système de veines et d’artères qui porta si longtemps la vie au cœur d’une contrée redevenue cadavre. Plusieurs auteurs sont même d’avis que le miracle de Moïse, faisant jaillir l’eau du rocher en le frappant de sa baguette, s’explique par la présence d’un de ces puits artésiens si répandus jadis dans les contrées de l’Orient.

Mais depuis l’invasion des barbares, parmi lesquels la race ottomane joue un rôle tristement saillant, le génie de l’homme s’est retiré de l’Orient, et, dès lors, les ruines ont remplacé les plus beaux monuments de la civilisation. Or, la France a entrepris la tâche aussi honorable que difficile de rétablir en Algérie un passé glorieux, et, en conséquence, elle s’est empressée de mettre la main à l’œuvre aussitôt que ses armes victorieuses eurent soumis à sa domination les vastes régions désertiques dont Ouargla marque l’une des extrémités méridionales. Ce fut principalement en 1856 que commencèrent les premiers travaux qui, depuis, n’ont cessé de progresser, et sans doute ne s’arrêteront pas avant que toutes les eaux souterraines susceptibles d’être mises au jour n’aient répandu leurs bienfaits et revêtu d’oasis verdoyantes les surfaces arides du désert [2].

Si les travaux exécutés par les Français ont une grande portée politique et sociale, ils offrent également une importance scientifique considérable, en révélant bien des faits fort intéressants dont je ne mentionnerai que les suivans. Dans la province de Constantine, les niveaux auxquels les eaux souterraines ont été atteintes varient de la manière la plus frappante, surtout lorsqu’on considère que ces différences se produisent sur des espaces très peu étendus. Ainsi, dans la région de l’Oued-Rir, les deux puits d’Aïn-Kerma et d’Oun-el-Thour ne sont l’un et l’autre qu’à une trentaine de kilomètres, et cependant la profondeur du premier est seulement de 14 mètres et celle du second de 107m, 70. De même dans le Handa, la profondeur du puits de Nemech-Dib n’est que de 3 mètres, tandis qu’à 25 mètres de là se trouve le puits Barika, dont la profondeur est de 39m,15. A Batna et à Biskra, les sondages furent poussés jusqu’au-delà de 175 mètres de profondeur sans atteindre la nappe aquifère. Or, de semblables différences ne sont pas rares dans toute cette contrée. Elles prouvent que les couches imperméables offrent ici une variété de reliefs extraordinaire, se traduisant par de brusques bombements et dépressions. Un autre fait intéressant observé dans les puits en Algérie, c’est la présence, à une profondeur de 75 mètres, de poissons, de crustacés et de coquilles lacustres que j’ai vus dans la magnifique collection de M. Jus, à Batna. Ils ont été fournis par le puits artésien de Mazer, tout à côté d’un dis lacs saumâtres disséminés en si grand nombre dans la contrée, entre Biskra et Tougourt. Au moment où la sonde amena ces animaux, ils étaient vivants, et M. Jus eut la curiosité de faire cuire l’un des crustacés (un crabe), qui fut trouvé d’un goût excellent. Les poissons (Saro theredon Zillii) étaient couverts de sable, mais le crabe avait sa carapace luisante et paraissait avoir vécu dans de l’eau limpide.

Parmi les puits les plus considérables du Sahara figurent au premier rang ceux de Ghadamès, qui remplissent un bassin de 25 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur ; aussi, à l’aide de cinq ruisseaux qui en sortent, on parvient à irriguer une surface de 75 hectares.

Dans une contrée aussi dépourvue que le Sahara de précipitations aqueuses, l’origine de ses nombreux réservoirs souterrains n’est pas facile à expliquer. Selon Russegger, ce serait le Nil qui fournirait aux oasis de Khargeh, de Dakhel et de Farafrah, l’excès de ses eaux, qui s’écouleraient le long des couches légèrement inclinées, à l’ouest, tandis que les oasis de la dépression septentrionale seraient alimentées par les précipitations aqueuses des hautes plaines de la Cyrénaïque. Mais M. Zittel a réfuté cette hypothèse, incompatible d’ailleurs avec la température des sources, laquelle dépasse la moyenne annuelle de la Haute-Egypte. M. Zittel fait observer que l’affluence des eaux du Ml vers les oasis libyennes est rendue impossible par les conditions stratigraphiques, qui pourraient bien déterminer un mouvement d’eau dans la direction de l’ouest à l’est, mais non en sens opposé.

Quoi qu’il en puisse être, malgré les hypothèses variées qui ont été proposées pour expliquer l’origine des eaux souterraines du Sahara, la question n’est pas encore résolue, d’autant moins que ces eaux paraissent également exister dans les parties du désert les plus sablonneuses et les plus dépourvues de cours d’eau ou de précipitations atmosphériques. Ainsi, M. Rolland donne des renseignements intéressants sur la région des eaux artésiennes du bas Sahara en général, et M. de Lesseps nous apprend que, dans le désert, entre Biskra et le golfe de Gabès, l’un des puits forés à 1,500 mètres de l’embouchure de la petite rivière Oued-Melah et à 1,200 mètres de la mer, on découvrit en 1883, à la profondeur de 30 mètres, une nappe jaillissante d’une telle puissance, que le débit atteignit 8,000 litres par minute. La vitesse de l’eau, dans l’intérieur du tubage, était de 5m,5 par seconde, et de grandes quantités de sable, de marne et de calcaire, du poids de 12 kilogrammes, étaient lancées par l’orifice du trou. La température de l’eau était de 25 degrés. L’année suivante, un autre puits offrit un phénomène bien plus curieux encore. Un bruit souterrain se fit entendre et fut suivi d’un écroulement général des dunes limitrophes et de l’apparition, à côté du puits, d’un lac ayant la forme d’une ellipse dont les axes avaient 20 et 15 mètres ; la profondeur du lac atteignait partout 10 mètres ; les talus étaient à pic, sauf un seul côté.

La constitution géologique du Sahara offre un grand intérêt, mais c’est une étude qui nous entraînerait trop loin ; bornons-nous à quelques considérations générales relatives à l’époque probable où l’émersion du grand désert a pu avoir lieu.

C’est une question qui a été l’objet de longues controverses ; pendant longtemps, la majorité se prononçait en faveur de l’émersion très récente du Sahara, opinion quelquefois formulée d’une manière tellement péremptoire qu’elle semblait exclure la possibilité d’un doute quelconque [3]. Déjà, depuis une quinzaine d’années, je m’étais rangé au nombre des adversaires de l’émersion récente (post-tertiaire), et j’ai de nouveau traité cette question dans un de mes derniers écrits [4], en sorte que je n’ai pu voir qu’avec une vive satisfaction un savant aussi compétent que le professeur Zittel venir la trancher définitivement, en démontrant la non-existence d’une mer saharienne récente. Or, aujourd’hui, elle est rejetée par la plupart des géologues, qui tous ont cru devoir admettre qu’à l’exception de quelques points peu nombreux où la mer a pu pénétrer, celle-ci n’a plus recouvert le Sahara depuis l’époque tertiaire inférieure. Il en résulte que le Sahara formait déjà un continent à une époque où la mer recouvrait encore une partie de l’Europe, entre autres la plus grande partie de la Hongrie, la Valachie, le nord de l’Italie (Lombardie), la région méridionale de la France au sud de Bordeaux, la partie orientale de l’Espagne, etc.

Depuis son émersion, le Sahara a dû contenir un grand nombre de bassins lacustres, dont les dépôts ont laissé beaucoup de fossiles d’eau douce, à l’exclusion de restes organiques marins. Mais si, depuis son émersion, sa physionomie topographique n’a guère changé d’une manière essentielle, il n’en est pas de même de ses conditions climatologiques, qui ont subi des modifications importantes, même pendant l’époque historique. Or, comme de telles modifications n’ont pu avoir lieu dans le Sahara sans qu’elles se soient manifestées également dans les contrées limitrophes, nous allons jeter un coup d’œil sur ces dernières, notamment sur l’Egypte, la Syrie et l’Asie-Mineure.

Dans l’Egypte supérieure, M. Lepsius a découvert à Aïn-Setemé (à 80 kilomètres au sud d’Ouedi-Halfa), taillées dans les rochers, de nombreuses inscriptions qui donnent la hauteur des crues nilotiques pendant le règne d’Amenemha III et témoignent d’un accroissement très considérable du niveau fluvial depuis quarante siècles. L’Egypte inférieure fournit un autre exemple de ce phénomène. Strabon, en parlant de l’île d’Eléphantine, y signale un nilomètre qu’il décrit comme un puits construit en pierre de taille sur la rive du fleuve, et dans lequel sont marqués les changements divers du niveau de ce dernier. Or, le nilomètre de Strabon ayant été retrouvé, on a pu calculer que, depuis le règne de l’empereur Septime Sévère, le niveau du Nil s’est exhaussé de 2m,11, ce qui donnerait 0m, 112 par siècle. Évidemment, d’aussi énormes crues ne pourraient s’expliquer que par un changement dans le régime pluvial de ces contrées, qui ont dû posséder autrefois une atmosphère beaucoup plus humide qu’aujourd’hui.

En Syrie et dans la Palestine, on rencontre très fréquemment de nombreuses traces d’anciennes rivières et d’irrigations artificielles qui démontrent que ces contrées avaient été jadis fortement peuplées. L’accroissement de la sécheresse atmosphérique peut être considéré également comme la cause de l’introduction tardive du chameau. Cet animal, aujourd’hui indispensable dans les déserts, paraît avoir été inconnu en Afrique presque jusqu’à l’ère chrétienne, car aucune figure de ce ruminant n’a été découverte sur les monuments de la Syrie ou de l’Egypte, et Polybe, en parlant de la cavalerie des Carthaginois, mentionne l’éléphant, mais jamais le chameau.

J’ai déjà signalé ce fait important en Asie-Mineure [5] sur l’autorité des auteurs classiques, qui attribuent la victoire remportée par Cyrus dans la bataille de Sardes sur le roi de Lydie (Crésus) à la présence dans l’armée persane des chameaux, dont l’aspect frappa de terreur la cavalerie lidyenne et la mit en fuite. Même au VIe siècle de notre ère, l’historien Procope mentionne une impression semblable produite sur la cavalerie romaine par la vue des chameaux dans l’armée arabe ; mais, ce qui est encore plus remarquable, c’est qu’aussi tard qu’au XIIe siècle, Glycas, dans ses Annales, en parlant de la bataille de Sardes, rapporte les témoignages d’Hérodote et de Xénophon quant à l’effet produit par les chameaux persans, mais n’ajoute à cette citation aucune remarque relative à la différence entre les chameaux d’alors et ceux de son temps, ce qui semblerait prouver qu’il n’y trouvait rien d’extraordinaire, que, par conséquent, même au XIIe siècle, le chameau n’était pas devenu, dans cette partie de l’Orient, familier, comme il l’est aujourd’hui, à la race chevaline. Enfin, Hérodote et Pline, ainsi que plusieurs monuments ornés de figures d’animaux, démontrent que, dans le courant de l’époque historique, l’Afrique septentrionale était habitée par l’éléphant et par le rhinocéros, et, ce qui est plus significatif, par les crocodiles, car ces amphibies supposent des cours d’eau permanents.

Il est impossible d’attribuer la disparition de tous ces animaux à la seule action de l’homme, surtout lorsqu’on réfléchit que les contrées où leur présence a été constatée étaient infiniment plus peuplées qu’aujourd’hui, et, dès lors, beaucoup moins favorables à leur séjour. Nous sommes donc forcés d’admettre un changement dans les climats de ces contrées, notamment un accroissement de la sécheresse atmosphérique, qui peut expliquer l’introduction tardive du chameau, aussi bien que la disparition de l’éléphant dans le nord de l’Afrique. En effet, en Asie comme en Afrique, l’éléphant exclut le chameau, et vice versa, en sorte que dans la partie de la vallée du Nil où l’éléphant prospère, le chameau a peine à subsister. Le témoignage le plus ancien de la présence de l’éléphant dans l’Afrique cissaharienne paraît être le Périple de Hannon, qui rapporte qu’après une demi-journée de navigation en dehors des colonnes d’Hercule, ces animaux avaient été observés sur les rives d’un lac hérissé de roseaux, situé près de l’océan. D’après Appien, Asdrubal y chassa l’éléphant, et, selon Plutarque, Pompée fit de même en Numidie. Peu de temps avant le débarquement de Jules César en Afrique, le roi Juba avait fait venir des éléphants, qui, n’étant pas encore suffisamment domestiqués, mirent son armée en déroute dans la bataille de Thapsus. Il y a des monnaies nubiennes et même des monnaies romaines sur lesquelles sont figurés des éléphants qui, par leurs oreilles, sont parfaitement reconnaissables comme africains.

J’aurais pu multiplier les témoignages historiques qui prouvent que l’éléphant n’a disparu dans l’Afrique septentrionale qu’au moyen âge, mais je les crois parfaitement suffisants, et je me permettrai seulement d’y ajouter l’opinion de M. Oscar Fraas, qui pense que l’absence de toute représentation de chameau, non-seulement dans les ruines de la célèbre cité de Saqqarah (Egypte), dont les murs sont recouverts de figures de divers animaux, mais encore à Thèbes, fondée trois mille ans après Saqqarah, prouve qu’à cette époque le désert n’existait pas : c’est aussi ce que prouvent tant de splendides monumens que leurs fondateurs n’auraient certainement pas élevés au milieu des solitudes inhospitalières. Oscar Fraas exprime la conviction que les conditions climatologiques de l’Egypte étaient jadis tout autres, même à l’époque des Grecs, lorsque Alexandrie fut le foyer des sciences et des arts, dont les rayons éclairaient toutes les parties du monde alors connues ; il pense que l’activité extraordinaire qui animait cette cité suppose des conditions de climat différentes de celles d’aujourd’hui, et il s’écrie : « Sur le sol actuel du Nil ne naîtra jamais un nouveau système philosophique, et aucun pouvoir humain ne parviendra à y élever des universités capables de rivaliser avec celles de l’Europe. »

Les conclusions auxquelles conduisent les faits nombreux que nous avons signalés en Egypte sont applicables également à la péninsule limitrophe, celle de Sinaï, ainsi que l’a fait observer le voyageur allemand que je viens de citer. Lorsqu’on considère que, dans cette péninsule parfaitement aride, les Israélites, comptant 60,000 hommes capables de porter les armes, ont pu rester, à leur sortie de l’Egypte, plusieurs années, il devient impossible de ne pas admettre qu’à cette époque le Sinaï était une fertile région alpine, pourvue de riches pâturages et de copieux cours d’eau ; en aucun cas, cette contrée n’a pu avoir rien de commun avec le désert aride qu’elle représente aujourd’hui. VSi nous passons maintenant au Sahara proprement dit, nous verrons que les preuves de changements de climat s’y présentent aussi nombreuses et aussi significatives qu’en Egypte, en Syrie et dans l’Asie-Mineure. De même que dans ces derniers pays, on n’a pas encore trouvé dans le Sahara des représentations artificielles du chameau, tandis que le taureau y est fréquemment figuré. D’autre part, M. Rolland mentionne les nombreuses incrustations de travertins, évidemment produites par des sources qui ont disparu, ainsi que l’innombrable quantité de silex travaillés par la main de l’homme et dispersés sur de vastes surfaces du désert, où ils ne peuvent avoir été transportés, de sorte qu’il faut les attribuer aux habitants qui les ont façonnés sur les lieux mêmes. De ces faits ainsi que de beaucoup d’autres, le géologue français conclut que le climat de l’Algérie a dû considérablement s’altérer depuis le temps des Romains. M. Clavé partage cette opinion. Il signale avec surprise l’immense quantité de fragments de flèches fabriquées de silex poli qu’on trouve répandus entre Biskra et Ouargla, et, ce qui est plus significatif encore, il a observé dans les parages d’Oglu-el-Kassis ces fragments recouverts d’une croûte de gypse de 0m,32 d’épaisseur, évidemment déposée par une source dont toute trace a disparu. « Ces fragments, revêtus d’incrustations de gypse, dit M. Clavé, constituent probablement les témoins les plus anciens de l’industrie humaine. »

Si, ainsi que je crois l’avoir démontré, le Sahara et les contrées qui bordent la Méditerranée ont éprouvé pendant la période historique des changements très prononcés dans leur climat, le niveau de ces contrées a été également modifié à une époque comparativement récente.

Parmi les nombreux exemples que j’ai rapportés à l’appui de cette assertion [6], je ne mentionnerai que la métamorphose qu’a subie la célèbre cité d’Utique, qui, sous les Carthaginois, possédait un port magnifique, mais se trouve aujourd’hui séparée de la mer par une surface sablonneuse d’environ 10 kilomètres de largeur. Il n’est peut-être pas au monde de localité qui offre un contraste plus mélancolique entre le passé et le présent que cette plaine aride, que j’ai traversée (en juillet), sous le soleil brûlant de l’Afrique, sans y rencontrer un être vivant ; et cependant j’étais habitué à de semblables impressions dans la contrée classique de l’Asie-Mineure, où l’homme semble s’être coalisé avec la nature pour travailler sans relâche, pendant une longue série de siècles, à l’œuvre de la destruction. — Aux modifications que le climat et le relief des régions méditerranéennes ont éprouvées dans le courant de l’époque historique, on pourrait ajouter celles qui s’y sont produites dans leur flore et leur faune, sujet fort intéressant, mais que malheureusement il ne m’est pas permis d’aborder. Je dois me borner à l’aperçu que j’ai essayé de donner de l’histoire physique du Sahara, en indiquant d’abord l’époque géologique à laquelle il s’est formé, puis les modifications les plus importantes qu’il a subies depuis, et enfin les conditions où il se trouve aujourd’hui.

Ces conditions, prises dans leur ensemble, ne sont pas très favorables, car il s’agit d’une immense surface, en grande partie sablonneuse ou pierreuse, et si peu habitée, que la population du Sahara n’atteint pas le chiffre de 3 millions [7], c’est-à-dire que cette région, aussi étendue que la moitié de l’Europe, a moins d’habitants que la seule ville de Londres. De plus, le Sahara ne possède que deux cours d’eau considérables : le Niger et le Nil, séparés l’un de l’autre par un espace de plus de 3,000 kilomètres. Enfin, ainsi que nous l’avons vu, le climat de cette région a subi des modifications fâcheuses, par suite de l’accroissement de la sécheresse atmosphérique. Voilà ce que serait le Sahara abandonné à lui-même ; mais il en est autrement, lorsqu’on considère les chances que présentent ses ressources naturelles habilement utilisées, ressources parmi lesquelles il faut compter l’avantage d’être baigné au nord et à l’ouest par l’océan, ce qui facilite les communications avec l’intérieur et l’extérieur, puis sa richesse en eaux souterraines et en oasis fertiles. Mais ce qui lui assure un immense avenir, c’est l’établissement de voies ferrées qui joindront l’Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine avec la Sénégambie et les contrées traversées par le Niger et le Nil. De cette manière, le Sahara est destiné à servir un jour d’intermédiaire entre la Méditerranée et l’Afrique méridionale.

C’est surtout à la France qu’il appartient de réaliser cette brillante perspective, car, par l’Algérie, elle se trouve sur la frontière septentrionale, et par le Sénégal sur la frontière sud-ouest du Sahara, en sorte que ces deux colonies seront autant de points de départ pour l’œuvre de la civilisation, qui ne peut manquer de franchir les régions encore désertes aujourd’hui, comme l’espace de 700 kilomètres qui sépare le Sénégal du Niger, sur lequel se trouve Toubouctou, la ville la plus considérable du désert, ou bien la surface unie entre Tripoli, la fertile oasis de Koufara et le Nil.

Sans doute, l’établissement de voies ferrées à travers le Sahara rencontrera bien des difficultés, mais ces difficultés sont peut-être moins graves que celles que la Russie aura à combattre pour accomplir ces sortes d’entreprises dans l’Asie centrale, où le général Annenkof vient de les inaugurer si brillamment, en franchissant les affreuses solitudes entre la Caspienne et Merv. Or, dans l’Asie centrale, les déserts n’ont point, comme dans le Sahara, les ressources d’abondantes eaux souterraines et de fertiles oasis, et, de plus, ils sont plus ou moins complètement isolés et séparés de la mer, ce qui les expose à toutes les rigueurs d’un climat continental caractérisé par les extrêmes de chaleur et de froid. Enfin, la France jouit sur le littoral occidental de l’Afrique d’une position éminemment privilégiée, car elle y touche aux deux plus grands fleuves du continent africain : au Niger par le Sénégal et au Congo par sa colonie du Gabon, qui n’est éloignée de ce dernier fleuve que d’environ 700 kilomètres [8].

Ainsi nous voyons que le Sahara est destiné à jouer un rôle très important dans la civilisation de l’Afrique, grâce aux avantages exceptionnels qu’il possède et qui ont été refusés aux grandes régions désertiques des autres parties du monde, notamment au célèbre désert asiatique du Gobi, le plus vaste après le Sahara, dont je me propose d’entretenir prochainement les lecteurs de la Revue.
P. DE TCHIHATCHEF.


  1. C’est la célèbre oasis du Jupiter-Ammon, objet du pèlerinage d’Alexandre le Grand.
  2. Dans mon livre, Espagne, Algérie et Tunisie, p. 237-240, j’ai rendu compte des travaux exécutés en Algérie jusqu’à l’époque où j’ai pu les étudier sur les lieux mêmes, en en admirant l’extension et l’habile exécution.
  3. Parmi ces opinions tranchées figure celle de mon excellent et savant ami Charles Martins, qui crut pouvoir dire : « L’événement est récent, géologiquement parlant ; il remonte peut-être à cent mille ans seulement. Le nombre des années, on ne saurait le préciser, mais l’événement a une date relative, il est postérieur aux dépôts tertiaires. » Au reste, cette manière un peu trop sommaire de trancher des questions controversées s’est déjà produite plus d’une fois dans l’histoire de la science, et il suffirait de rappeler la manière dont deux savans de premier ordre ont cru pouvoir s’exprimer sur la véritable patrie de la pomme de terre ; car, tandis que Humboldt déclarait magistralement à Merlin : « La pomme de terre n’est pas indigène au Pérou, » à la même époque, Cuvier écrivait à Paris : « Il est impossible de douter que la pomme de terre ne soit originaire du Pérou. »
  4. Espagne, Algérie et Tunisie, p. 418.
  5. Tchihatchef, Asie-Mineure ; Zoologie, p. 757.
  6. Tchihatchef, Géographie physique comparée de l’Asie-Mineure, p. 130-322.
  7. En excluant l’Egypte.

 

M. le docteur Hayfelder, qui avait accompagné, en qualité de médecin, le général Skobelef de même que le général Annenkof, vient de publier, sous le titre de Transkaspien und seine Eisenbahnen, un ouvrage important sur le chemin de fer entre la Caspienne et Samarkand. Ce travail permet d’établir un parallèle intéressant sous ce rapport entre le Sahara et l’Asie centrale, parallèle éminemment favorable au Sahara, car il en résulte que ce dernier est loin d’offrir les prodigieuses difficultés qu’ont eues à combattre les Russes dans une contrée non-seulement ensevelie sous des sables mouvans et privée d’eau, mais encore exposée à toutes les rigueurs d’un climat extrême, puisque les chaleurs estivales y rivalisent avec celles de l’Afrique, tandis que la température hivernale y descend quelquefois à 20 degrés au-dessous de zéro. Et cependant, malgré tous ces obstacles, les frais de cette étonnante opération ont été si peu considérables que le kilomètre n’est revenu qu’à 32.000 roubles (64,000 francs en évaluant le rouble à 2 francs). Le docteur Hayfelder attribue ce fait curieux, d’une part, à la rapidité de la construction, puisqu’on n’a mis que deux années à franchir une ligne de plus de 1,000 kilomètres, et, d’autre part, à la modicité du salaire des ouvriers, qui se contentent de 0 fr. 20 à 0 fr. 30 par jour. Or, dans le désert du Sahara, les Arabes ne se montreraient guère plus exigeants.

 

 

 

 

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