Macron en Algérie ou plutôt dans el Rokhs land — Algérie Résistance


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Complot d’état : l’affaire Thévenot et son faux enlèvement !


lelibrepenseur.org

Complot d’état : l’affaire Thévenot et son faux enlèvement !

Vous voulez « LA » preuve du complot, le fait indéniable et prouvé dans les tribunaux français que les politiciens français parmi les plus hauts responsables sont des criminels et voyous qui ont monté de toutes pièces un kidnapping islamiste, la preuve est là sous vos yeux, dans un reportage de la télé française – émission 90 minutes de Canal Plus – que tout le monde a oublié ou souhaité oublier et mettre dans un coffre doublement fermé et profondément enterré.

Les francs-maçons* Pasqua, Jean-Charles Marchiani et toute la clique ont monté cet enlèvement afin que la France soit amenée à suivre la politique criminelle de la junte militaire au pouvoir et ainsi faire basculer l’opinion publique. La mise en scène médiatique est grossière, la libération ridicule que les intéressés démentent catégoriquement. Ils ont fait passer les ravisseurs pour des éléments du GIA qui est une émanation des services algériens, c’est un secret de polichinelle. De nombreux livres ont traité de cette question du GIA par des ex-officiers algériens, des journalistes… : Françalgérie, crimes et mensonges d’ÉtatsLe crime de Tibhirine de Rivoire, La mafia des généraux de H. Aboud, les émissions de Monsieur X

Ce sont tous des menteurs, aussi bien à Alger qu’à Paris. L’opération « Chrysanthème » peut commencer, une rafle de dissidents algériens peut alors être ordonnée ! Les autorités françaises ont déposé de faux documents du GIA chez les dissidents, ce que la justice dénoncera et condamnera ! C’est un comportement criminel de fabrication de fausses preuves afin d’influencer la justice. L’état français n’était alors rien d’autre qu’une bande de mafieux sans foi ni loi.

On retrouve aujourd’hui les mêmes magouilles montées par les mêmes voyous au pouvoir, concernant par exemple le cas des tueries de Toulouse par Mohamed Merah qui serait selon le juge Marc Trévidic un agent double ! La preuve la plus criante est le fait que Valls refuse de communiquer des documents classifiés secret défense !!! En quoi les tueries de Merah peuvent êtres classifiées de la sorte ? Cela n’a aucun sens.

Ainsi, vous l’aurez compris, les services français sont depuis toujours habitués à ce genre de barbouzeries . Ils sont prêts à tuer leurs compatriotes pour faire balancer l’opinion publique dans un sens ou dans un autre. Ignorer cette réalité est une grave erreur et fait de vous des agneaux dociles et terriblement fragiles…


  • “La franc-maçonnerie, c’est une très bonne solution quand on cherche des protections. A droite, je peux affirmer que des gens comme Michèle Alliot-Marie, Charles Pasqua ou son bras droit Jean-Charles Marchiani, sont francs-maçons”, témoignage de Roger Auque, le père de Marion Maréchal-Le Pen, dans son livre mémoire, Au service secret de la République.

Affaire Thévenot, 90 minutes, Canal plus, 1er décembre 2003

Le 24 octobre 1993, trois agents consulaires français sont enlevés à Alger. Officiellement, Jean-Claude et Michèle Thévenot et Alain Fressier sont aux mains de ravisseurs islamistes. Alors ministre des affaires étrangères, Alain Juppé cède aux exigences d’Alger et organise l’opération « chrysanthème », la plus grande rafle d’opposants algériens en France depuis octobre 1961. Six ans plus tard, des « insiders » révèlent qu’il s’agissait d’un « vrai-faux » enlèvement organisé par la sécurité militaire algérienne pour faire pression sur la France.


Mohand1992 

Source : Canal +

La fête arabe


  
Auteur : Tharaud Jérôme et Jean
Ouvrage :La fête arabe

Année : 1912

 

CHAPITRE PREMIER

Quand je débarquai à Alger pour la
première fois, il y a une vingtaine d’années,
j’éprouvai une impression à laquelle,
j’imagine, un Français n’échappait
guère. J’arrivais dans un des rares
points du monde où nous pouvions nous
présenter avec orgueil, et otj tout donnait
à penser que notre domination ne
serait pas éphémère. Je voyais l’activité
d’un grand port là où, il y a un

siècle à peine, n’appareillaient que les
tartanes des Koulouglis et des pirates ;
je parcourais les quartiers arabes, qui
n’étaient pas encore saccagés, et je me
félicitais de voir que nous avions réalisé
cette tâche, presque impossible, de civiliser
sans trop détruire.
Peu de villes sont plus aimables
qu’Alger. Aux grâces de la mère patrie
s’ajoute ici je ne sais quoi de plus
allègre et de plus voluptueux. Ce n’est
ni Toulouse, ni Marseille : dans le parler,
des tournures locales, mais dans la voix,
peu d’accent ; dans l’esprit, de l’ardeur
et de la vivacité, mais dans les gestes
nulle pétulance, nulle emphase dans les
propos. On sent déjà la gravité de l’Arabe
et le voisinage du désert.

Je n’y demeurai que le temps d’en
emporter des regrets. J’étais curieux
de visiter une oasis du Sud, et je me
rendais à Ben Nezouh, lointain petit
village, à la limite des Hauts-Plateaux,
sur la frontière des sables.
Le chemin de fer n’était pas encore
construit. Il fallait alors prendre place
dans une de ces invraisemblables diligences
qui, après avoir longtemps roulé
entre deux bourgades de France, achèvent
leur carrière sur quelque piste
d’Afrique. Et lorsque en plein midi,
par une brûlante journée d’août, sur la
place du Gouvernement, on grimpait
dans cette patache déjà bondée d’indigènes,
qu’on s’installait tout en haut,
sous la bâche, une cruche d’eau entre

les jambes, un couffin de provisions
sous le bras, et qu’on se disait : « En
voilà pour cinq jours ! » alors on avait
l’impression d’aller vraiment chercher
un pays inconnu, et qu’il y fallait du
courage.
Tout le reste de l’après-midi, l’antique
véhicule se traînait dans l’humidité
chaude qui noie sous d’épaisses
vapeurs la plaine assoupie d’Alger. Au
soir tombant, la route commençait de
s’élever au-dessus de cette brume étouffante
; des courants d’un air frais et
vivifiant, et comme d’un autre climat,
venaient vous frapper au visage, et pendant
toute la nuit on roulait dans les
gorges de l’Atlas.
Bercé par la voiture, j’essayais vaine-

ment de résister au sommeil, de garder
les yeux ouverts sur le ciel constellé, où
les sonimets des montagnes se découpaient
en arêtes vives, en déchirures
inouïes. Ah ! qui ne connaît le regret de
fermer ainsi les yeux devant la beauté
qui passe et qu’on ne reverra plus,
l’irritation impuissante d’entendre, dans
un demi-sommeil, le fracas de la voiture
qui roule au-dessus d’un ravin,
d’écouter comme en rêve le filet d’eau
qui s’égoutte, de soulever un instant les
paupières sur un incroyable chaos de
rochers, de ciel et de songes, et de les
refermer aussitôt !
Quelle surprise au matin ! Des montagnes
déjà brûlées par l’aurore ; pas un
arbre, pas un pâturage, mais çà et là.

comme pour reposer la vue, de grandes
nappes d’ombre suspendues aux flancs des
ravins. Au-dessous de nous la plaine restait
invisible sous ses voiles. Plus loin, la
mer étincelait, dégagée de ses brouillards.
Ensuite ce fut pendant cinq jours une
étendue monotone, où l’esprit n’avait
pour se distraire et rêver que les jeux
de la lumière, le bordj où l’on s’arrête
afin de changer d’attelage, quelques
tentes noires au ras du sol, la caravane
qui chemine avec ses chameaux
goudronnés, ses ânes, ses petits chevaux
; et toujours l’obsédante idée que
s’il y avait mille ans on était passé par
là, rien n’aurait été changé à ce pays
de rochers et de cendre, ni à cette vie
primitive qui le traverse sans bruit.

Tout à coup cinq notes rustiques retentirent
dans la nuit, cinq pauvres
notes, toujours les mêmes, qui sortaient
d’une flûte de roseau. Après tant d’années
écoulées, ces cinq notes vibrantes,
il me semble les entendre encore, comme
si j’étais toujours là-bas, sur cette piste
du Sud, ou comme si elles résonnaient
près de moi. Autour de nous luisaient
faiblement sous la lune les nappes de
sel desséché qui annoncent le désert ;
le vent chaud nous apportait un parfum
d’herbes mêlées ; on sentait déjà sur
les lèvres la même sorte d’amertume
qu’y laisse l’air marin, et dans les yeux
la légère brûlure du sable. Comment ces
cinq notes barbares, qui s’arrêtaient
brusquement pour se répéter ensuite

et recommencer encore, ravissaient-elles
cet Arabe inconnu, comme elles avaient
ravi sans doute des milliers d’hommes
avant lui? Pourquoi me troublaientelles
à mon tour, moi d’un autre pays
et d’une âme si différente? Peut-être
y avait-il dans cette phrase éternellement
suspendue, dans cette passion qui
se brise, tout le secret de l’Islam, l’infini
du désir et la soumission au destin,
et pour moi, voyageur, l’avertissement
mystérieux que la beauté vers laquelle
mon désir s’élançait me serait toujours
étrangère.
Et en effet qu’il me parut étrange, ce
petit village de Ben Nezouh, dont le
nom veut dire Fils des Délices, avec sa

mosquée primitive et sa Kasbah ruinée,
fauve et brûlé par le soleil, tout fendu,
craquelé de ruelles tortueuses, château
de sable comme en font les enfants, à
la merci du vent et de la pluie, et qui
tenait là depuis des siècles ! Le soleil
qui tombait d’aplomb frisait, sans les
éclairer, ses murailles de boue. La terre
réverbérait la lumière et jetait des éclairs
de feu sur les moindres saillies des murs
et tout ce qui passait dans le ciel ; les
nuages légers en recevaient des teintes
orangées, et les vautours blancs et noirs
qui tournoyaient dans l’air devenaient
ardents et soufrés. Pas un bruit dans
les maisons. Dehors, pas une âme qui
vive. Mais partout où la ruelle s’engageait
sous une voûte, on se heurtait à

des gens étendus, ramassés dans leur
burnous pour se protéger les jambes
contre la piqûre des mouches. Au fond
de petites boutiques à peine plus larges
qu’une armoire, les marchands sommeillaient,
un éventail à la main. Allongés
sur le comptoir, des enfants, chargés
sans doute de surveiller la marchandise,
dormaient aussi le ventre en Tair et les
bras sur les yeux. Tout était silence et
repos. Un seul bruit s’élevait de ces
murailles sans fenêtres, un bruit précipité,
qui sortait d’une chambre où
trente gamins accroupis autour d’un
vieil Arabe à besicles, armé d’une gaule
flexible, lisaient un verset du Coran. Ils
le lisaient tous ensemble avec une rapidité
folle. L’un d’eux s’arrêtait-il hors

d’haleine, la gaule s’abattait sur son
petit crâne rasé, d’où émergeait comiquement
une mèche de cheveux ; des
cris perçants interrompaient cette lecture
vertigineuse, qui reprenait son
cours aussitôt, et le vacarme des voix
se perdait, s’évaporait à son tour dans la
torpeur brûlante où semblait s’anéantir
toute vie.
Comment sortir de ce village? Comment
échapper à ces maisons, à ces
voûtes, à ces impasses, à ces couloirs
souterrains? Quel chemin conduit aux
verdures que j’aperçois, par échappées
rapides, entre deux murs en créneau?
Je m’égare dans ces ruelles qui s’enchevêtrent
inextricablement, et les yeux à
demi fermés par la lumière aveuglante,

je songe à ces contes persans où l’on
cherche, pendant des jours et quelquefois
des années, la clef qui doit ouvrir les
palais désirés…
Après mille détours, je découvre enfin
le sentier qui descend à l’oasis. Il faut
avoir parcouru, sous un soleil torride,
d’immenses étendues pierreuses, et traversé
en plein midi les ruelles de ce village
embrasé, pour sentir le bonheur de
se trouver tout à coup dans une vasque
de fraîcheur et d’ombre. Ici plus de
maisons, un dédale de petits murs de
terre sèche, des milliers de vergers secrets
: on est dans la forêt des dattiers.
A dix mètres au-dessus du sol, leurs
palmes recourbées se joignent et forment
un dais verdoyant entre le ciel

en feu et la tiède humidité de la terre.
Sous les palmes qui s’inclinent, le lit
profond de l’oued n’est qu’un taillis de
lauriers-roses, une traîne embaumée.
Dans son ravin de sable rouge, la rivière,
presque desséchée par les canaux
qui l’épuisent, glisse en minces filets de
lumière parmi les masses fleuries. Un
cavalier en burnous blanc, monté sur
un cheval azuré, vole de rocher en
rocher au milieu de ce bouquet, et sous
les pieds de sa monture l’eau jaillit en
étincelles. Des formes blanches, jaunes
ou bleues, toutes couvertes de bosses,
où il est vraiment malaisé de deviner
une femme, descendent du village dans
l’ombre verte des sentiers. Sitôt arrivées
au bord de l’oued et débarrassées

de leurs fardeaux, battoirs, linges, marmites,
larges plats de bois, enfants même,
elles retroussent leurs draperies et piétinent
leur linge en cadence, ou bien
elles le battent à deux mains, avec une
crosse de palmier, d’un geste large et
pareil à celui d’un exécuteur. Au milieu
des lauriers les enfants 8*ébattent dans
l’eau. La rivière trop peu profonde pour
qu’ils s’y plongent tout entiers, le bain
n’est plus qu’un jeu, une bataille où
ils s’éclaboussent à plaisir ; le moindre
bruit met en fuite ces gracieux oiseaux
sauvages.
Dans les innombrables jardins prisonniers
des petits murs de terre sèche,
pas de fleurs, rien que des verdures.
Elles vous arrêtent au passage ; il faut

courber la tête sous les vignes en berceau
pour éviter les grappes qui vous
frappent au visage, ou l’énorme concombre
qui se suspend au grenadier. Le
sol disparaît sous les felfels, les poivrons,
les melons d’eau, mille plantes
familières ou inconnues ; un puissant
parfum de menthe s’exhale de la terre
mouillée ; le vert bleu du figuier se
marie au vert foncé de l’abricotier vivace ;
l’oranger et le citronnier mêlent leurs
feuilles au laurier noir ; et jaillissant
de ce peuple pressé, les grands dattiers
s’élancent et laissent retomber leurs longues
palmes d’un gris-bleu.
Quels soins il a fallu pour maintenir
sous un ciel implacable cette végétation
luxuriante ! A deux pas le désert, le

grand pays brûlé où rien ne bouge que
la lumière qui tremble, où rien ne fleurit
que le thym. Comme on comprend, sous
ces verdures, le désordre passionné de la
poésie arabe et son éternelle promesse
de paradis verdoyants ! Le bonheur
d*une race respire au milieu de ces vergers
; on croit le toucher de la main,
on croit l’entendre qui murmure dans
cette eau diligemment distribuée, qui
a’ en va répandant partout son mystère
de fraîche vie. Elle est l’âme du lieu,
et dans tous ces jardins que pas ud
souffle n’anime, la seule chose mouvante.
Elle entre par un trou du mur, va toucher
chaque plante, la caresse un moment,
répand dans chaque enclos sa
fraîcheur et son léger bruit, et puis sou-

dain disparaît : une main parcimonieuse
vient de lui barrer le passage avec une
motte de boue, et l’eau a pris sa course
du côté d’un autre verger. Ainsi de
muraille en muraille et de jardin en
jardin, elle glisse à travers l’oasis, tantôt
dans un sentier et toute brillante de
lumière, tantôt sous les ombrages et ne
se révélant qu’à son bruit. Et rien
comme cette eau courante à travers ces
jardins de sable ne donne une pareille
idée de richesse et d’économie, de stérilité
et d’abondance. Les plaines fortunées
de Beauce semblent moins riches
que cette fraîche oasis ; le Limousin tout
bruissant de sources, moins mouillé que
cette terre qu’un mince filet d’eau arrose
; et nulle forêt n’est plus pro-

fonde que ce bouquet d’arbres au désert.
Sous cette verte lumière, dans cette
humidité chaude, le corps s’abandonne
et glisse à une active langueur ; une
ingrate pitié vous saisit pour les malheureux
exilés d’une si voluptueuse nature,
un besoin de nommer ici tous ceux qu’on
a aimés ailleurs. Pour qui a été fait
ce bouquet? Pour qui roucoulent ces
tourterelles? Pour quelles amours sont
suspendues ces grenades entr’ ouvertes,
et ces grappes de raisin noir, et ces
dattes d’un jaune éclatant qui sortent
du coeur des palmiers? On est une âme
qui se défait, les pensées sont des fruits
qui tombent, des gouttes d’eau qui
s’égouttent, un chapelet qui se détache,
un collier qui se dénoue.

suite page 21

LA FÊTE ARABE

Algérie, je veux être ton Président !


https://i0.wp.com/www.carte-algerie.com/carte-algerie/carte-algerie-capital.jpg

mondialisation.ca

Par

Toujours dans la paix, la sacralité des vies privées et des dignités humaines, en bannissant toute chasse aux sorcières.

Dans ses précédents textes publiés par le Centre de recherche sur la mondialisation, l’auteur a produit quelques modestes analyses de certaines problématiques politiques, économiques, énergétiques et identitaires de l’Algérie pour lesquelles soit il a signalé les risques, soit il a fourni des voies de solutions.

À cause des pressions internationales exercées formellement par la Banque mondiale et le Fond monétaire international, avec un pouvoir bloqué, l’Algérie se dirige vers une impasse dans laquelle elle entrainera inévitablement toute l’Afrique du Nord. Cet enfer pourrait embraser la planète entière si la France plonge. Ironie ou hasard des politiques, la France et l’Algérie ont un problème commun : leur constitution.

Malgré les apparences, le pouvoir algérien a peur d’une participation massive des Algériens qui voteront contre tous les candidats aux élections législatives prévues pour le 4 mai 2017. Avec une répression ciblée, une communication schizophrène faite d’annonces chocs et de manipulations pernicieuses, il prépare l’opinion publique internationale à accepter les mesures martiales qui en découleraient d’un dérapage lors de cette échéance électorale.

La résistance dans la paix des Algériens aux souffrances qu’ils subissent sont une voie noble. Ces vertus ont des limites. Pour démontrer que la paix actuelle, qui doit continuer pour maintenir l’État debout, dans une rédaction atypique, l’auteur se met en position de Président de la République pour suggérer des moyens pour repousser encore plus loin ces limites et renforcer la paix.

Dans cette position, les Algériens prendront conscience que l’exploitation de leur force collective appuyée par l’audace et la confiance sont un moteur pour plus de noblesse, pour offrir une nouvelle révolution à l’humanité.

Tout est une question d’amour

Par sagesse, les Algériens doivent aimer la paix parce que le coût des guerres qu’ils ont subies ont été élevés et la guerre hybride qu’il court est encore plus sauvage parce que l’ennemi est non identifiable. Ils doivent aussi aimer la patrie ; dans le cas contraire, ils peuvent éviter la guerre en lançant un appel à être asservis par leur propre volonté. Les Algériens doivent aimer leur histoire, celle qui dit à toute l’humanité que c’est grâce à leur révolution qu’une bonne partie des peuples est redevenue libre.

Ces trois amours grandissent la dignité d’un peuple ; elles coutent chères et sont payables cash : les Algériens doivent donner plus et accepter de recevoir moins.

Le premier appel du Président aux Algériens

Malgré la cruauté de ce que nous subissons, nous arrivons à garder la raison et c’est très encourageant. Il faut continuer à résister par la solidarité et la fraternité parce que les épreuves les plus difficiles sont devant nous et les deux plus rudes sont le maintien de notre union qui se fissure en criant à nos compatriotes du Sud qu’ils sont pour l’éternité nos frères et ce sont eux qui sont le ciment de toute cette humanité nord-africaine.

En tant que président, tout en la rassurant et soutenant, l’armée sera éloignée du politique et un civil sera nommé ministre de la Défense. Comme justification, trois raisons : 1) l’insertion de l’armée dans les tensions sociales et l’exposition des militaires aux médias est un danger pour la cohésion de la défense nationale, 2) la gestion politique passée du pays par les militaires a été tragique, 3) la création d’une néo-pensée républicaine que la souveraineté est garantie par la force du peuple.

Si les ainés ont conçu et entonné un hymne national en arabe, les générations du 21ème siècle ont besoin d’un bilingue, en arabe et tamazight. Les dirigeants actuels de l’État ont accepté de plier devant les puissances de l’OTAN et ont refusé de répondre à une initiative démontrée et falsifiable qui date d’avril 2014 qui n’est qu’une petite suite à une très longue série de luttes. Pis encore, ces dirigeants ont transformé notre identité de force à menace et pour cela, ils ont été aidés par des silences complices, craintifs ou opportunistes qui ont utilisé des chaines de télévision et des journaux pour torpiller tous les efforts de cœur.

Le Président de la République légifèrera par ordonnance

La première initiative d’ordre moral du Président sera d’inviter les Algériens à doter en trois mois l’État d’un hymne national bilingue. En attendant, l’actuel sera déclamé dans son intégralité quand la loi ou le protocole l’exigent. Cette initiative sera accompagnée de la suspension de la bâtarde constitution qui a fait de la République une honteuse bananière tout en maintenant toutes les libertés civiles et politiques. Cette décision servira aussi à la révélation de ses rédacteurs et circonstances d’élaboration. Elle sera un jalon pour une nouvelle tradition dans la Vérité d’État. Six mois après son installation, le Président lancera le projet d’une Assemblée constituante qui durera un semestre pour déboucher sur une loi fondamentale d’une cinquantaine d’articles. Pour sa part, en plus de garantir l’apport des expériences étrangères en les invitant à des conférences et débats, il défendra au même niveau que ses compatriotes, un et un seul droit : l’objection de conscience.

En finir avec l’indignité

Les Algériens et l’Algérie entreront dans un nouveau processus qui doit toucher les États voisins et qui est celui de s’éloigner le plus loin possible de l’indignité collective. La définition de la raison d’État sera un objectif immédiat ; elle passera de la défense et protection de l’ordre établi à celui des intérêts suprêmes de la Patrie et des populations. Le Président sera clair dans ses objectifs et respectera l’exigence de reddition de compte.

Les premières décisions du Président

Une ordonnance sur la responsabilité ministérielle sera évitée. En économique, dans son entourage, quiconque parlera d’équilibres fondamentaux et déficits budgétaires sera remercié sine die.

La toute première ordonnance est la surévaluation différenciée du dinar face au dollar, euro et yuan ; les crédits documentaires seront révocables, le gouverneur de la banque centrale sera un haut fonctionnaire avec statut de ministre qui siègera avec ses collègues. Cette surévaluation sera suivie par le projet d’une monnaie ancrée sur l’air et la terre qui portera la figure d’une personnalité algérienne choisie par vote électronique. Parce que le dinar est une monnaie polytraumatisée, cette décision sera socialement très violente. Elle est indispensable pour anticiper l’explosion de la dette souveraine, ce toboggan des ténèbres sur lequel est installée l’Algérie et qui videra ses réserves internationales de change. Elle est obligatoire pour atténuer les effets destructeurs d’un probable effondrement monétaire.

Sur son bureau, le Président de la République trouvera la position nette de l’Algérie sur les cinq dernières années, le détail des cinquante plus gros postes du compte capital et financier de la balance des paiements, les mouvements et placements des réserves de changes, les stocks des droits de tirage spéciaux et de l’or de la patrie au FMI.

Malgré les demandes répétées, les gouverneurs de la banque d’Algérie ont refusé de révéler les équations essentielles en usage dans cette institution de souveraineté, elles seront rendues et soumises à des études universitaires pour estimer leurs effets financiers, économiques et légaux sur le pays.

Durant le premier trimestre de son mandat d’exception, un office national centralisé avec planification des importations fondamentales sera opérationnel. En plus de son objectif de bien-être social, il servira de boussole au marché en fournissant les détails de toutes les opérations y compris les salaires, frais de déplacements du personnel et couvertures de swap sur les marchés des changes.

Deux instruments de politique publique seront mis en œuvre : la réalisation de portails internet à charte graphique uniformisée pour toutes les institutions relevant de la République et une loi sur le droit d’accès à l’information. Les portails internet seront une œuvre collective coopérative d’Algériens avec des logiciels libres de licence, ils seront payés par des obligations d‘État à rentabilité progressive.

La deuxième ordonnance instituera la santé et l’éducation comme biens publics gratuits, non exclusifs et non rivaux. Dans le système éducatif, tamazight sera obligatoire dans tous les cycles universitaires et sera exigible pour l’obtention de tous les diplômes. Les cycles inférieurs seront allongés d’une année et l’enseignement des sciences dures sera encouragé, celui de la philosophie sera généralisé pour les lycéens et les droits de l’homme de la première à la quatrième génération seront enseignés dans toutes les écoles de formation des services de sécurité. Ces mesures sont dictées par l’obligation d’augmenter les capacités des futures générations et réduire l’indice d’exposition au chômage.

Au niveau international, le Président ouvrira deux fronts

Pour le respect des Algériens expatriés et la mise en œuvre d’une politique migratoire conciliante, l’Algérie aura deux ministres des Affaires étrangères : le premier sera chargé d’une diplomatie offensive et le deuxième gérera les ressources humaines, financières et immobilières qui relèvent de la souveraineté extraterritoriale de l’État.

Afin de définir de nouvelles équations et conditions d’équilibre en coopération internationale, deux fronts en négociations seront ouverts. Le premier sera déclaré en conflit total avec la Zone euro et la France en particulier ; le deuxième en partiel avec les pays voisins. Les stocks migratoires et leurs poids économiques et culturels seront des leviers de premier ordre.

Les projets stratégiques de l’administration publique

La justice sera financée par un impôt selon les moyens de toutes les personnes physiques et morales de la République. Il est implicite que les plus gros contribuables seront proportionnellement les plus grands bénéficiaires. Ainsi la justice sera plus autonome et appliquera le principe des résultats justes. Les Algériens pauvres, s’ils se déclarent comme tels et la vérification avérée, bénéficieront de la gratuité de l’assistance juridique. Les procureurs généraux seront élus par l’ensemble des corps de justice.

Les chiffres de l’Algérie sont une bombe. En considérant, le très court terme comme l’horizon sur deux années, le court sur cinq et le très long terme, tout projet à portée supérieure à vingt-cinq ans, le Président lancera le projet de recensement général de la population avec calcul de toutes les variables démographiques, l’habitat, terres agricoles et arables, forêts, cours d’eau, rivières et ressources hydrauliques.

Le recensement de la population visera la détermination des volumes de pauvreté, la prévalence des maladies et la morbidité. L’assistance d’organisations internationales, de centres de recherche et d’universités étrangers sera sollicitée pour définir et normaliser les variables scientifiques ou académiques et légales ou juridiques.

Le projet de doubler la population algérienne sur un horizon de trente ans avec un indice synthétique de fécondité de trois enfants par femme en âge de procréer et un taux d’accroissement naturel de trois pour cent sera déclaré projet de nécessité patriotique pour la défense nationale et développement économique. Pour au moins se rapprocher de l’équité, des études de consommation et de prévision intergénérationnelles et inter-temporelles novatrices seront lancées.

Les autres projets stratégiques

Les projets qui nécessitent de l’incertitude scientifique et qui seront exécutés en stratégie mixte seront des surprises et le Président s’engage à se soumettre à toute procédure d’audience publique ou d’allocution à la nation. C’est le niveau d’incertitude qui déterminera son insoumission à cette obligation qu’il compensera par une rencontre restreinte avec des membres des Conseil supérieur de la magistrature, constitutionnel et de défense qui seront désignés par le Congrès.

Les monopoles naturels et incontestables sur le transport, toutes les ressources naturelles comme l’eau, les sous-sol et fonds marins algériens ainsi que le spectre hertzien seront rétablis. Les différends internationaux qui pourraient surgir seront négociés et réglés sous le régime des contrats odieux avec construction de coalitions internationales.

Dans le domaine du travail et de la production

La durée de cotisation à la retraite sera allongée d’une année, celle du travail hebdomadaire sera réduite d’environ quatre (04) heures. Exceptés le Premier novembre et trois fêtes religieuses, qui seront célébrées selon le temps calendaire, toutes les autres seront décalées en fin de semaines, elles seront payées mais pas chômées.

Ce sont les détenus qui concevront le modèle économique agricole dans des fermes-prison dans la steppe. Les gains et les profits qu’ils réaliseront réduiront leurs peines et d’autres mesures suivront : enseignement, formation, etc. Ils écouleront leurs productions sur les marchés populaires pour introduire le commerce équitable. Aussi, toute exportation de biens produits agricoles sera surtaxée, laquelle taxe sera transformée en subvention pour la botanique, biosphère et la production du miel.

Pour l’organisation territoriale et administrative, trois régions-pilote : 1) le “wali” sera un élu et les maires désignés, 2) le wali désigné et les maires et chefs de daira élus, 3) une sera supervisée par un Commissaire avec rang de ministre en compagnie d’un magistrat du CSM. Ce processus expérimental répondra clairement et efficacement à la centralisation ou décentralisation de l’État et éviter de critiquer l’État jacobin juste par affirmation.

Les autres mesures en bref à effet immédiat

La baisse des salaires de tous les fonctionnaires de l’État et des élus à un niveau de l’ordre de quatre-vingt-mille (80.000) dinars mensuels qui permettra de vérifier si corrélation avec l’inflation est causale ; la réduction du nombre de députés à deux-cents avec un bonus pour les régions du Sud sera mise en œuvre ainsi la concurrence entre les candidats sera rude et seuls ceux qui ont accepteront un tel niveau d’indemnités se présenteront, ceux qui proposeront la vente des biens immobiliers de l’État se tairont à jamais.

Des mesures pour l’environnement

Deux mesures pour l’environnement : des taxes sur l’usage des routes, une taxe de l’ordre de cent pour cent (100%) pour tout achat d’un véhicule neuf, la revente desdits véhicules sera elle aussi taxée à hauteur de soixante pour cent (60%). Dans une péréquation à déterminer, les transports publics bénéficieront de subventions conséquentes. Une taxe croissante, par palier de valeur, sur les biens immobiliers sera instaurée.

Une loi pour la protection de la Terre-Mère sera proposée, elle sera d’essence populaire.

En sport, arts et cultures populaires.

De nouvelles régions plus larges en surface seront définies. Elles lanceront obligatoirement des équipes en sport amateur pour l’objectif de faire circuler et faire découvrir à tous les Algériens leur pays du fin fonds du désert jusqu’à la rive maritime.

Il y aura cinq complexes sportifs et culturels de dimension mondiale à travers tout le pays ainsi toutes les rencontres et festivals internationaux tourneront à travers tout le pays. Dans toutes les festivités institutionnelles, l’État prendra en charge des frais dont la nature sera déterminée.

Toute œuvre littéraire et artistique acceptée par un comité de lecture ou un jury sera rétribuée par l’État et le remboursement se fera par un impôt sur l’éditeur.

Dans l’ordre public

Les universités fonctionneront sur une nouvelle cadence et de nouvelles missions de formation, perfectionnement et recyclages lui seront confiées. Ses franchises seront respectées et toute violence à l’intérieur de leurs enceintes seront qualifiées de crime.

Les grèves contre une décision de l’État seront codifiées. Les grévistes auront droit à une réponse sous un délai à définir, les conditions de suspension de la loi seront fixées mais l’État ne cédera rien et absolument rien de son autorité quitte à licencier ou condamner à de la détention travaillée : envoyer un individu en prison pour manger et dormir, c’est un gaspillage des ressources de la Patrie.

Les autres charges seront assumées

Sans fanfaronnade, dans un style archaïque, le Président sera présent et conduira avec le retrait nécessaire devant les spécialistes les événements exceptionnels comme les catastrophes naturelles et participera à très peu de sommets internationaux.

Ces projets seront une utopie si le peuple algérien se choisit d’autres dirigeants qu’ils jugeront plus aptes à porter mieux leurs amours. C’est aussi une utopie pour le rédacteur de ce texte, un passionné par l’économique, la littérature et la poésie qui ne peut les réaliser s’il est seul parce qu’il a besoin d’une femme au foyer, la présidence de la République, pour manger aghroum : Tout est une question d’amour.

Cherif Aissat

 

Si rien ne s’y oppose, courant avril 2017, sera distribué l’ouvrage du rédacteur qui traite plus en détail les droits humains par la norme et les chiffres ainsi que toute l’étude des impacts de l’amazighité. Il est intitulé : Le livre de la Jarre pour la patrie.

Il est une continuation à deux courtes nouvelles publiées dans son autre recueil : Nouvelles d’une humanité déchirée avant qu’elle ne change et quelques effets Jarre.

Algérie : la peur d’une Révolution pacifique est la voie pour la guerre


mondialisation.ca

Tinariwen, pluriel de ténéré, signifie déserts en tamasheq, un dialecte dérivé du tamazight.

Tinariwen est une étendue géographique commune au Tchad, Niger et Algérie ; dans ce dernier pays, il intègre le Tassili n’Ajjer ou Hoggar et le Tassili. Toute cette région est classée Biosphere Reserve par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). [1] En plus de son caractère universel, en économique des ressources naturelles, la valeur de cette étendue interétatique est comme celle du ciel, elle est celle de son existence [2].

Le récipiendaire du Nobel de littérature 2016 est le chanteur Bob Dylan. À Tamanrasset (Algérie) est né le groupe d’artistes Tinariwen qui brille aux quatre coins du globe. Il est un potentiel lauréat d’un Prix mondial hors catégorie s’il existait pour la sacralisation du patrimoine de l’humanité comme l’a fait la Bolivie avec sa Loi sur la Terre-Mère [3].

Dans son œuvre Ulla Illa [4] déclamée en tamazight et tamasheq, le parler des Terguis (ou Touaregs), dans une traduction, Tinariwen dit :

It’s better for a man to preserve his soulful nobility and keep his memories safe

Ce vers sera le vecteur porteur de l’argumentaire [5] qui couvrira les domaines suivants : le retour de l’Algérie vers l’endettement, la peur d’une révolution pacifique et l’élévation du risque de guerre en Algérie et dans la sous-région du désert nord-africain.

Les équations qui dynamitent l’Algérie et vident sa souveraineté 

Radicalement contre la dévaluation du dinar et pour une surévaluation discrétionnaire et arbitraire de l’ordre de 60% de sa valeur, telle a été la position de l’auteur.

En notes de fin de document sont données les équations du taux de change réel et du prix de cession du gaz ; en leur ajoutant celles de la démographie et en étudiant le détail des équations secondaires (sous-équations), les Algériens prendront conscience que tous leurs sacrifices sont les derniers soucis des Occidentaux parce que les instruments internationaux sont en dehors de tout controle des autorités algériennes. Si à l’intérieur du pays et c’est valable pour l’ensemble des pays sous-développés, la propension est à l’excès de mots creux, de slogans vides, dans les négociations internationales, ce sont ces équations qui sont utilisées et ce sont elles qui vident les politiques nationales de toute efficacité. Ce sont elles qui symbolisent les valeurs de l’indépendance et de la souveraineté. C’est aussi la raison qui fait que les chiffres algériens sont les matériaux d’une bombe thermonucléaire fabriquée par les autorités et risque d’exploser le pays en le menant à une guerre interne.

L’Algérie est dans le tourbillon de la dette internationale 

En ce début novembre (2016), la Banque africaine de développement (BAD) a officialisé un prêt de 900 millions d’euros à l’Algérie pour le « programme d’Appui à la Compétitivité Industrielle et Energétique en Algérie (PACIE) » qui s’inscrit dans « dans le cadre du Nouveau Modèle de Croissance Economique (NMCE) » [6]. Nos recherches sur le site Internet de la BAD sur le NMCE et les caractéristiques de ce prêt (partie don et partie prêt avec durée et taux d’intérêt), les critères d’évaluation de ce projet, l’information des populations ainsi que la reddition de compte, de même pour les aspects liés à la soutenabilité du projet, au respect du droit des peuples africains à la maitrise de leur destin ont été infructueuses.

Une nouvelle psychologie pour l’endettement futur 

En Algérie, le mot « zaâma » usité par toute la nation signifie « comme si. » Il est le véhiculaire de la psychologie qui sous-tend que la BAD sera conciliante sur l’exécution de ce programme et au pire, cette dette libellée en euros et non en dollars U.S sera transformée en question politique qui trouvera une réponse à l’africaine.

Sans avancer avec certitude que c’est une recommandation des conseilleurs occidentaux de l’Algérie, c’est une tactique des autorités politiques, économiques et monétaires pour montrer la porte de l’enfer aux Algériens et leur faire accepter les douleurs de l’austérité.

Cette psychologie est une banale continuité de la double théorie du choc, celle de l’ajustement structurel et celle mentale, à ne pas confondre avec morale, appliquée depuis plus de trois ans au peuple.

Cette dette de 900 millions d’euros confirme l’étude du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes du tiers-monde (CADTM) qui a annoncé que le FMI et la BM précipitent le Sud dans une nouvelle crise de la dette [7].

Une aumône à 900 millions d’euros contre la dignité des Algériens 

suite…

Algérie : la peur d’une Révolution pacifique est la voie pour la guerre

L’ANP face à ses responsabilités


 

« Il faut arrêter de tourner autour du pot et restituer tout le pouvoir à l’ANP qui est la seule à être capable d’arbitrer une période de transition qui va nous amener vers la 2e République. »
Mohsen Abdelmoumen

Algérie Résistance

armée ANP

Les braves soldats de l’ANP , dignes héritiers de la glorieuse ALN. DR.

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En Algérie, tous les secteurs ministériels sont touchés par des scandales divers sans qu’aucun responsable ne soit sanctionné. Ce gouvernement à l’image du 4e mandat des Bouteflika, c’est-à-dire Saïd et son clan, symbolisent la déliquescence totale à tous les niveaux : des ministres qui déclarent en une même journée une chose et son contraire, un Premier ministre qui se trompe sur le montant des réserves de change, un chef de cabinet qui, hanté par la main de l’étranger et les orteils de l’intérieur, n’a que le mot complot à la bouche, des…

Voir l’article original 2 297 mots de plus

Fouille corporelle des ministres algériens : Humiliation ?


http://www.lelibrepenseur.org/fouille-corporelle-des-ministres-algeriens-humiliation/

Cette affaire est extrêmement curieuse et ne peut que cacher certaines vérités honteuses, secrets inavouables. Cette émission a pour intérêt de décrypter cette affaire avec des informations pertinentes peu connues.

Barbe-Noire et le négrier La Concorde


  Jacques DUCOIN
Auteur : Ducoin Jacques
Ouvrage : Barbe-Noire et le négrier La Concorde
Année : 2010

PRÉAMBULE

LE PIRATE, MYTHE ET RÉALITÉ
De Daniel Defoe à Robert Louis Stevenson

« N’était-il pas avec England
Et Mary, de la Blanche Rose ? »
Mémorial, du Fliegend-Holland
, Le soir tombe en apothéose
Sur les gibets de Long Island.
Pierre MAC ORLAN
L’auberge du Brûlot Fournier
1921

Figure emblématique du forban dans les premières années du XVIII
siècle, Edward Teach, dit Barbe-Noire, incarne à lui seul tout
l’étrange romantisme qui gravite autour du monde de la piraterie.
Selon l’historien maritime anglais David Cordingly dans son
ouvrage Under the Black Flag , la fascination qu’inspirent jusqu’à
nos jours les pirates trouve deux explications.
Il y a tout d’abord les lieux exotiques où la plupart d’entre eux ont
opéré. Les forbans les plus fameux des XVII et des XVIII siècles ont
navigué dans les eaux tropicales de la mer Caraïbe, des côtes
d’Afrique et de l’océan Indien. Îles de corail, lagons bleus et plages
de sable frangées de cocotiers ont un énorme pouvoir d’attraction
pour tous ceux qui vivent dans des latitudes septentrionales. C’est
ainsi que les aventures de Barbe-Noire ont pour décor l’archipel des
Grenadines, Porto Rico, les Bahamas, les îles du Belize et du
Honduras, qui sont des lieux fréquentés de nos jours par de paisibles
paquebots de croisières.

C’est pourquoi même un petit pirate sans grande envergure comme
Calico Jack qui se contente d’attaquer des bateaux de pêche autour de
la Jamaïque est plus séduisant qu’un escroc ou un voleur qui braque
de nos jours des banques ou des magasins dans des rues
commerçantes des villes européennes ou américaines. L’Odyssée, les
voyages de Christophe Colomb, de Magellan ou du capitaine Cook et
les romans maritimes de Conrad, de Melville ou de Mac Orlan ont
passionné des générations de lecteurs terriens, et les pirates qui
écumaient les mers entrent dans cette même fascination.
Cordingly donne une seconde explication à cette étrange attirance,
c’est la nature anarchique de la piraterie. La plupart des gens selon lui
sont condamnés à des existences monotones. Années après années,
employés et ouvriers travaillant dans des bureaux ou dans des usines
suivent la même routine journalière, empruntent le même bus ou le
même train, conduisent leur voiture sur le même itinéraire et subissent
les mêmes encombrements. Ils endurent des heures d’ennui, faisant
souvent un travail qui ne leur donne pas ou peu de satisfaction et
rentrent chez eux pour retrouver des problèmes familiaux ou la
solitude d’un appartement dans une morne banlieue.
Quel plus grand contraste peut-il y avoir alors qu’avec la vie d’un
pirate ? Les pirates échappent aux lois et règlements qui gouvernent la
plupart d’entre nous. Ce sont des rebelles à l’autorité, des esprits
libres qui édictent leurs propres règles. L’homme abandonne alors la
grisaille des rues pluvieuses et part vers le soleil. Il s’imagine allongé
sur une plage de sable avec une bouteille de rhum à la main et une
jolie fille à ses côtés cependant qu’une goélette à la coque noire les
a t t e n d au mouillage pour les emmener vers d’autres îles
paradisiaques ! Nous voulons voir le monde des pirates tel qu’il nous
a été présenté depuis des années dans les livres d’aventures, les pièces
de théâtre et les films.
Nous voulons les mythes, les cartes mystérieuses, les trésors
enfouis, les capitaines pirates avec leurs sabres et leurs boucles
d’oreilles et les marins avec leurs jambes de bois et leurs perroquets

verts. Nous préférons oublier les tortures, les pendaisons et les
plaintes désespérées des hommes naufragés sur des côtes
inhospitalières. Pour la plupart d’entre nous, les pirates resteront les
romanesques hors la loi vivant loin de toute civilisation sur de
lointains rivages ensoleillés.
Dans la réalité, le monde des pirates était rude, violent et cruel. Les
pirates étaient pour la plupart des jeunes gens d’une vingtaine
d’années et plus vraisemblablement des anciens marins que des
aristocrates ou des hommes cultivés. Quant aux capitaines, ils étaient
bien souvent brutaux et despotiques, et leur carrière durait rarement
plus de deux ou trois ans. Ils avaient en effet plus de chances de se
noyer à la suite d’un naufrage ou d’être pendus que de finir leurs
jours dans le luxe grâce au butin qu’ils avaient accumulé. Tous ceux
qui ont passé quelque temps en compagnie de pirates nous ont laissé
des récits horrifiés de leur langage ordurier, de leurs orgies et de leur
brutalité.
Si Barbe-Noire est, aujourd’hui encore, le plus célèbre de tous les
pirates, il le doit à un ouvrage publié pour la première fois en 1724
sous le titre General History of the Robberies and Murders of the
Most Notorious Pyrates par un certain capitaine Johnson.
L’ouvrage de Johnson consacre un chapitre entier au personnage de
Barbe-Noire qui, à la différence de personnages comme le capitaine
Crochet ou Long John Silver, a réellement existé. C’est Johnson, le
premier, qui nous a fourni l’image terrifiante d’Edward Teach.
L’Histoire générale des plus fameux pyrates est la source
principale de tout ce qui a été écrit sur la piraterie. Cette édition eut
un tel succès que de nombreuses rééditions se succédèrent à une
cadence des plus rapides. Johnson aurait tiré la majeure partie de ses
informations des transcriptions des minutes de procès de pirates et
des articles parus dans des journaux de l’époque tels que la London
Gazette et le Daily Post. De nombreux détails se rapportant aux
conversations et aux descriptions géographiques suggèrent qu’il a

interviewé un certain nombre de marins et d’anciens pirates. Sa
connaissance du langage maritime laisse supposer qu’il s’agit bien là
d’un capitaine de navire, bien que ce nom puisse être le prête-nom
d’un écrivain ou d’un journaliste.
Un certain mystère plane encore aujourd’hui autour de la
personnalité de ce Johnson. S’agit-il donc d’un marin, d’un ancien
pirate ou, comme il est maintenant communément admis, de l’auteur
de Robinson Crusoé, Daniel Defoe ? Quelle que soit l’identité de son
auteur, il faut souligner le fait que le livre a puissamment contribué à
populariser les pirates ; c’est en effet la source de base des récits
évoquant une époque qui a été souvent appelée « l’âge d’or de la
piraterie », et il est donc plutôt question dans notre propos de
contrôler la véracité des faits relatés dans l’ouvrage.
Si on ne peut assurer avec certitude qu’il est l’auteur de L’Histoire
générale des pyrates, Daniel Defoe n’en a pas moins, en tout état de
cause, été mêlé directement ou indirectement à ces épisodes de
l’histoire de l’Angleterre. La tradition rapporte que c’est dans une
taverne de Bristol existant encore de nos jours, le pub de Llandoger
Trow (qui aurait d’ailleurs servi de modèle à Robert Louis Stevenson
pour l’auberge de l’amiral Benbow dans L’Île au trésor), que Defoe
aurait rencontré Alexandre Selkirk, lequel devait l’inspirer pour le
personnage de Robinson Crusoé. Il ne s’agit là probablement que
d’une légende, et il est plutôt vraisemblable que Defoe ait été en
contact à Bristol avec Woodes Rogers. En 1709, lors d’une
expédition de flibuste autour du monde, ce dernier a recueilli
Alexandre Selkirk et il publie en 1712 une relation de son naufrage et
de sa vie durant cinq ans sur une île de l’archipel Juan Fernández, au
large du Chili. C’est en 1719 que Defoe publiera son Robinson
Crusoé.
C’est Woodes Rogers qui, nommé gouverneur des Bahamas,
débarrasse les îles des pirates en y apportant l’acte de pardon du roi
d’Angleterre aux forbans repentis. Avec Woodes Rogers, Daniel
Defoe aurait également rencontré le cartographe Herman Moll

(1654 – 1732), le corsaire William Dampier (1651 – 1715) et l’écrivain
Jonathan Swift (1667- 1745). Ce dernier se serait inspiré de Rogers,
Dampier et Selkirk pour camper les personnages de ses Voyages de
Gulliver. Quant à Barbe-Noire, il serait, selon Johnson, né à Bristol
vers 1680.
C’est dans une autre taverne que l’on retrouve l’auteur de Robinson
Crusoé, à Londres cette fois, sur les bords de la Tamise, face à
Execution Dock. C’est ici que sont pendus les pirates, là où se trouve
aujourd’hui le pub à l’enseigne du Capitaine Kidd. En effet, Daniel
Defoe couvre comme journaliste les procès de pirates pour le compte
de l’Applebee’s Journal, pénètre dans les prisons de Newgate et de
Marshalsea et fréquente cette taverne d’où il assiste ainsi à nombre de
pendaisons de pirates, de même qu’il rencontre, selon toute
vraisemblance, Israel Hands, survivant de l’équipage de Barbe-Noire,
devenu mendiant dans les rues de Londres, et dont Stevenson fait par
la suite un des personnages de L’Île au trésor .
Ce roman, pour lequel son auteur a reconnu dans ses
correspondances ce qu’il devait à l’Histoire générale des plus fameux
pyrates du grand capitaine Johnson a indéniablement marqué les
imaginations de millions de lecteurs avec des personnages comme
Long John Silver, Pew l’aveugle, le capitaine Flint ou Israel Hands.
L’historien David Cordingly, déjà cité, nous raconte ainsi la genèse
de L’Île au trésor . En septembre 1881, dans les montagnes d’Écosse,
au terme d’un été glacial, un vent violent souffle dans la vallée de la
Dee et, dans un cottage de la petite ville de Braemar, la pluie frappe
les bow-windows du salon dans lequel Robert Louis Stevenson et sa
famille se trouvent réunis autour d’une flambée. Il y a là les parents
de Stevenson, l’écrivain lui-même, alors âgé de trente ans (il avait
déjà écrit ses deux premiers romans : Docteur Jekyll et Mister Hyde
et le Maître de Ballantrae), son épouse américaine, Fanny, et le fils
de cette dernière, Lloyd Osbourne, douze ans. Pour passer le temps,
Stevenson emprunte à Lloyd sa boîte d’aquarelle, se met à dessiner et,
sur le papier, trace les contours d’une île sur laquelle il inscrit des
noms de collines et de criquesx. Lloyd écrira plus tard : « Je

n’oublierai jamais le frisson que m’ont donné l’île du Squelette et la
colline de la Longue-Vue, ni le climat d’émotion émanant de ces trois
croix rouges ! Et surtout l’apogée de cette émotion lorsqu’il inscrivit
les mots « Île au trésor », en haut à gauche ! Il semblait tout
connaître : les pirates, le trésor enterré, l’homme abandonné sur
l’île. »
Dans un essai rédigé l’année de sa mort, Stevenson raconte
comment le futur scénario du livre lui apparut en étudiant la carte. Il y
avait là tous les éléments du roman : les pirates, la mutinerie, un vieux
gentilhomme appelé Trelawney, un cuisinier unijambiste et une
chanson de marin avec un refrain : « Yo-ho-ho ! et une bouteille de
rhum ! » En trois jours, il écrit trois chapitres qu’il lit aux membres
de sa famille, lesquels, à l’exception de Fanny, sont enthousiasmés et
émettent leurs suggestions. Lloyd insiste sur le fait qu’il ne doit pas y
avoir de femmes dans le récit, cependant que le père de Stevenson
imagine le contenu du coffre de Billy Bones et invente la scène dans
laquelle Jim Hawkins se cache dans un baril de pommes.
Un des éléments les plus étonnants de L’Île au trésor est que les
détails concernant la vie maritime et la piraterie paraissent
absolument authentiques. Bien que n’ayant, de sa vie, jamais
rencontré un pirate, Stevenson a su recréer des personnages de
forbans et une atmosphère de violence. Ainsi, le meurtre de Tom
Morgan par Long John Silver plonge Jim Hawkins dans l’horreur, et
la confrontation de ce dernier avec le diabolique Israel Hands,
l’ancien second de Barbe-Noire, relève du cauchemar. Les
descriptions de l’Hispaniola en mer sont également saisissantes, avec
le roulis lorsqu’elle est poussée par les vents alizés et son beaupré qui
plonge dans la mer et en ressort au milieu des gerbes d’eau. Ces
connaissances maritimes peuvent s’expliquer par le fait que le père et
le grand-père de Robert Louis Stevenson étaient tous deux ingénieurs
du service des phares et effectuaient de fréquentes tournées
d’inspection le long des côtes écossaises. Robert Louis, qui devait
lui-même à l’origine embrasser cette carrière, fit trois ans d’études
d’ingénieur et passa plusieurs de ses vacances d’été à bord du bateau

du service des phares dans les îles Orkney et dans les îles Hébrides.
En 1814, le grand-père Robert Stevenson avait effectué une longue
croisière dans les îles Orkney en compagnie de Walter Scott, et
l’écrivain avait puisé de ce voyage la matière d’un de ses romans,
intitulé Le Pirate. Celui-ci s’inspirait des aventures réelles d’un
certain John Gow, un forban qui avait écumé ces îles au début du
XVIII siècle et qui fut pendu à Londres à Execution Dock, le 11 juin
1725. Pour en revenir à Daniel Defoe et Barbe-Noire, il faut ajouter
que si l’auteur de Robinson Crusoé, en tant que journaliste, a pu
recueillir les témoignages des pirates ou de leurs victimes et
collationner les minutes des procès, et est donc de ce fait pleinement
crédible, il a, en tant qu’auteur de récits d’aventures,
vraisemblablement eu tendance à romancer les faits. Il faut noter ainsi
qu’aucun des capitaines des navires attaqués par Barbe-Noire ne fait
état de son physique terrifiant, mais que tous sont frappés par
l’importance du tonnage et de l’armement de son navire.
Les documents conservés dans les archives anglaises et françaises
laissent de même supposer que, contrairement ce qui a été signalé par
Johnson, ce n’est pas l’aspect de Barbe-Noire qui a amené les
capitaines des navires marchands arraisonnés par le pirate à se rendre
sans la moindre résistance, mais plutôt son navire, un bâtiment
exceptionnel pour un forban, tant par sa taille que par son armement.
C’est en novembre 1717, que Barbe-Noire capture, dans l’archipel
des Grenadines, un navire négrier nantais, La Concorde. Ce navire de
300 tonneaux, appartenant à l’armateur Montaudouin, était à l’origine
une frégate corsaire armée de 28 canons, qui avait participé en 1710 à
la guerre de Succession d’Espagne. Barbe-Noire en fait, sous le nom
de Queen Anne’s Revenge, son « navire amiral » à bord duquel il se
lance dans une vaste expédition de pillages à travers la Caraïbe et les
rivages des colonies anglaises d’Amérique du Nord. En juin 1718, le
pirate échoue l’ancien négrier nantais sur les côtes de Caroline du
Nord. Une épave, découverte en 1996 sur le site présumé du naufrage,

remet au jour l’histoire de la Queen Anne’s Revenge, ex-Concorde, et
permet depuis lors de confronter le récit du capitaine Johnson aux
sources authentiques, à savoir les archives anglaises, les américaines
et les françaises.
C’est donc un étonnant destin que celui du navire nantais La
Concorde qui, successivement frégate corsaire, navire négrier et
vaisseau amiral du pirate anglais Barbe-Noire, va être confronté, entre
les années 1710 et 1718, à trois des principaux aspects de la violence
maritime : la guerre de course, la traite négrière et la piraterie.


1 David Cordingly, Under the Black Flag. Harvest Book, 1997.
2 Cordingly, op. cit. The Letters of Robert Louis Stevenson, Colvin, éd.,1911.
Robert Louis Stevenson : Notes in Treasure Island. Oxford University Press,
1990.


Première partie
Le pirate Barbe-Noire

suite…

http://www.histoireebook.com/index.php?post/Ducoin-Jacques-Barbe-Noire

Le problème berbère et la protection d’une culture foncièrement méditerranéenne


Roger Tebib est professeur des Universités (sociologie).
Docteur en droit, docteur en sciences religieuses, docteur d’Etat ès lettres, ancien élèves de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, il a servi comme inspecteur de l’éducation nationale avant de faire carrière dans l’enseignement supérieur. Il est auditeur à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale, président du Haut Comité français pour la défense civile (région Champagne-Ardenne) et président du Comité de liaison défense-armée-nation (région Champagne-Ardenne). Il enseigne actuellement à l’Université de Reims et à l’Académie diplomatique Internationale.

On peut dire que la population algérienne est fondamentalement berbère malgré les transformations réalisées par l’élément arabe. Les arabophones actuels sont, pour la plupart, des berbères arabisés (Musta’rab) et les berbérophones ne constituent pas un groupe pur. Traditions orales et toponymie le montrent si bien que les nationalistes sont obligés d’en tenir compte. La Charte d’Alger  » ne veut pas faire référence à des critères ethniques et s’oppose, dit-elle, à toute sous-estimation de l’apport antérieur à la pénétration arabe « .

Pas d’invasions arabes
Il est évident qu’il n’y a jamais eu en Algérie d’Arabes venus du Moyen-Orient ou de l’Afrique subsaharienne.  » Les prétendues invasions sahariennes étaient des mythes, car au Sahara, la population était clairsemée, et elle n’avait pas de chevaux ; elle était bien éloignée de toutes choses civilisées ! Je connaissais, comme tout le monde, le passage de Strabon, cité si souvent, où il précise qu’à son époque, au premier siècle, il n’y avait en Arabie ni chevaux, ni ânes, ni sangliers, animaux qui y sont si nombreux aujourd’hui. […] Par ailleurs, il apparaissait sans discussion possible qu’il n’y avait pas de  » race arabe « , l’Arabie étant habitée par des populations de types fort différents, aussi différents que peut l’être un Slave d’un Espagnol, pour le moins.  » (G. BRÉMOND, Berbères et Arabes, Payot, 1950).
Les bandes  » arabes  » qui arrivèrent au cours des siècles dans le Maghreb ne comprenaient que très peu de Sémites. Un fort contingent des tribus hilaliennes était bien musulman, mais de race tourano-aryenne, c’est-à-dire apparentée aux Berbères. On a donc pu écrire :  » La conclusion est que la très grande majorité des indigènes du continent nord-africain est de race et de langue européennes.  » (G. PEYRONNET, Le problème nord-africain).
Quant aux Hilaliens, il est impossible de croire que des centaines de milliers d’hommes et de femmes soient sortis du désert qui s’étend entre Médine et La Mecque et aient parcouru six mille kilomètres pour s’installer en Afrique du Nord. La réalité est que ces bandes n’ont pas eu plus d’influence en ce pays que les reîtres d’Allemagne en France à l’époque des guerres de religion.  » Le nombre d’Arabes, très minime au départ, l’était encore bien plus à l’arrivée. Ces bandes étaient composées, comme toujours, de tous les éléments de désordre qui s’y joignaient dans l’espoir de pillage fructueux, et qui, recrutés et pays berbères, étaient Berbères.  » (V. PIQUET, Les civilisations de l’Afrique du Nord).
Il convient donc de parler seulement d’arabophones issus d’un brassage extraordinaire de populations et vivant à côté des Kabyles, des Chaouïa et des Mozabites, dont la langue est le berbère. (Voir Pierre BOURDIEU, Sociologie de l’Algérie, P.U.F., 1963).

Des traditions religieuses méditerranéennes
Les ethnologues ont aussi remarqué la persistance en Afrique du Nord de coutumes religieuses venues du polythéisme gréco-romain.

Ainsi, jusque dans ses rites en apparence les plus insignifiants, le sacrifice d’automne (taferka-uidjiben) prolonge ceux de la Grèce antique qui, d’après une inscription de Mycènes, étaient consacrés à Zeus, dieu du ciel et à Gé, la terre-mère, avec un repas commun rassemblant les membres d’un clan autour du même autel. (Voir L.R. FARNELL, Sacrifice, in Hastings’s Encyclopedia for ethics and religion).
En Algérie, les rites accompagnant les troupeaux partant au premier pâturage de printemps – avec le passage entre l’araire et le métier à tisser – sont les mêmes que ceux de l’Antiquité fêtant la saison de l’accouplement (voir COLUMELLE, De re rustica, VIII).
A la moisson, les laboureurs kabyles accompagnent leur travail de chants pieux, comme les moissonneurs de l’Égypte et de la Syrie antiques qui avançaient en ligne pendant que flûtistes et chanteurs rythmaient leurs mouvements. (voir G. MASPÉRO, Histoire ancienne des peuples de l’Orient, Hachette, 3e édition, 1884, tome I).
Le sacrifice du taureau, animal agraire par excellence, associé à tous les travaux des champs, est chargé de représentations cosmiques sur tout le pourtour de la Méditerranée. La mort de Dionysos Zagreus mis en pièces préfigure certainement ce sacrifice (voir P. LAVEDAN, Dictionnaire illustré de la mythologie et des antiquités grecques et romaines, Hachette, 4e édition, 1931).
Corippus, poète latin africain du Vie siècle montre le roi des Louata (Levates), Berbères de Tripolitaine, tué dans une bataille contre les Byzantins, parce qu’il s’obstinait à sauver la statue du dieu de son peuple, Gurzil. Celui-ci avait la forme d’un taureau et son nom servait de cri de guerre. El Bekri signale qu’au XIe siècle encore les tribus berbères offraient des sacrifices à une idole qu’il appelle Guerza.
Les traditions populaires qui, en Algérie, sont liées à la fin de l’année et au début de l’an nouveau appartiennent aussi au vieux fonds méditerranéen. A cette époque, les âmes des morts reviennent sur terre, profitant du chaos de cette période incertaine. En Europe orientale comme en Afrique du Nord, il ne faut pas faire sortir le feu de la maison, que l’on balaie soigneusement pour ne pas offenser les esprits qui y sont présents. C’est aussi l’époque des mascarades qui manifestent la présence des morts au seuil de la nouvelle année. Par exemple,  » dans le village de Khemis, chez les Bäni Snus, les masques sortent du sanctuaire de Sidi Salah, tombeau de l’ancêtre protecteur, bâti au nord du village. Ils sont escortés de tous les jeunes gens, qui poussent le cri des masques :  » Aïrad ! usba’a rahmaji, haidhu  » (le lion va arriver, faites-lui place).  » (H. MARCHAND, Masques carnavalesques et carnaval en Kabylie, Rabat, 1938).
On sait que le masque vêtu de haillons et sortant du sanctuaire de l’ancêtre est à l’origine du drame sacré et du théâtre. Pausanias mentionne Dionysos Mélanaigis, c’est-à-dire à la peau de chère noire, dieu gardien de chaque foyer, auquel on présentait les nouveau-nés lors des Apaturies, fête des phratries (voir Description de la Grèce, traduction, Paris, 1821). Virgile parle des masques d’écorce creusée dont se servaient les Troyens pour honorer Bacchus (Géorgiques, II, 385).
L’esprit méditerranéen est chez lui en Kabylie même si les coutumes religieuses de cette région ont été laminées par les autres religions au cours des siècles. En effet,  » il fallut la force des armes, des répressions sanglantes, pour imposer aux Berbères de jadis une doctrine et une loi religieuses, morales et civiques, dont ils ne voulaient point.  » (René POTTIER, Saint Augustin le Berbère, Publications techniques et artistiques, 1945).

La notion de pseudomorphose et la civilisation berbère
Problème de l’au-delà
– Sur les bords de la Méditerranée, les fèves sont les prémices de la terre, le symbole de tous les bienfaits des  » gens de dessous terre  » ;
– Les vieux textes égyptiens appellent  » champ des fèves  » le séjour temporaire des morts avant la réincarnation ; c’est pourquoi Pythagoriciens et prêtres d’Isis s’abstenaient de manger des fèves, pour montrer qu’ils fuyaient la réincarnation ;
– En Kabylie, la jeune mariée jette des fèves à la fontaine avant de puiser de l’eau pour la première fois, sept jours après les noces ;
– Le repas qui accompagne le premier labour chez les paysans du nord de l’Afrique comprend presque toujours des fèves, symboles de fécondité et de résurrection, parce que premières des prémices du printemps ;
– Chez les Berbères d’Afrique du Nord, les enfants morts sont placés dans le creux des rochers pour renaître plus vite, car le roc est le domicile d’une entité femelle, il symbolise la matrice et la renaissance.
Le symbolisme des jeux enfantins
– Chez les Berbères, les jeunes enfants qui jouent à de prétendus  » jeux de poupées  » accomplissent en réalité des rites de fécondité qu’ils peuvent seuls réaliser.
o Pour les enfants de Kabylie, il existe des jeux pour les différentes saisons :
ß la toupie : jeu d’automne symbolisant le recommencement de l’année agraire,
ß saute-mouton, au printemps, pour promouvoir la fécondité des troupeaux,
– jeux de balle, en été, destinés à faire connaître la volonté de l’Invisible par la victoire d’une équipe sur une autre.
Mariage
– Pour la femme kabyle, le mariage est la sortie de trois cercles magiques qui l’entourent :
– le cercle de la maison,
– le cercle de la cité,
– le cercle de protection de l’ancêtre fondateur de la tribu.
– Cette désertion doit se faire sans offenser les génies gardiens ; on utilise donc une violence simulée, un enlèvement : la femme se débat, pleure…
– En entrant dans la nouvelle communauté, elle se concilie ses nouveaux génies gardiens de deux manières :
– distribution d’amandes, devenues nos dragées,
ß partage d’un plat de nourriture avec son mari, en utilisant à deux la même cuillère et en buvant du lait dans le même verre.
Mythe de fondation de la civilisation kabyle
– On parle de Phraoh, un roi géant, parti de l’Est, chargé des montagnes plantées de cèdres de son pays, qu’il voulait emporter avec lui.
– Arrivé en Kabylie, il s’écroula ; de sa tête et de ses quatre membres sortirent les cinq tribus kabyles que les Romains appelaient encore quinque gentes.
– Les montagnes s’enracinèrent et devinrent le Djurdjura.

Des problèmes historiques
L’histoire montre qu’un peuple vaincu adopte la langue du conquérant si celui-ci a une supériorité culturelle considérable, ce qui n’était pas le cas des premiers groupes d’Arabes arrivés en Afrique du Nord et, bien plus encore, quand il s’agissait des hordes hilaliennes.
On sait que les livres primitifs du christianisme étaient écrits en araméen, dont les juifs eux-mêmes se servaient à Jérusalem. Puis les Évangiles ont été rédigés en grec ancien, utilisé de la Méditerranée aux Indes et qui restera la langue des chrétiens orthodoxes et des communautés qui s’y rattachent. Enfin, le latin fut adopté par le christianisme romain.
En ce qui concerne l’islam, il convient de remarquer que le Coran n’a appris l’arabe ni aux Turcs, ni aux Indiens musulmans dont la langue est l’ourdou, ni aux Chinois, ni aux Malais.

On pense actuellement que c’est le punique, langue sémitique, qui a préparé les Berbères à l’emploi de l’arabe dialectal, différent de l’arabe classique, langue sacrale, de même que l’arianisme leur a fait accepter l’islam.
La parenté des langues sémitiques est très étroite si bien que des penseurs comme Arnobe, saint Augustin, Procope attestent que, de leur temps, les paysans de l’Afrique du Nord parlaient encore le punique. On a pu dire, à juste titre :  » Il est donc probable que la langue punique fut parlée jusqu’à l’invasion musulmane. Peut-être la facilité avec laquelle l’arabe prit possession de ces contrées et la disparition complète du latin tenaient-elles à la présence de cette première couche sémitique. L’arabe, en effet, n’absorba que les dialectes qui lui étaient congénères, tels le syriaque, le chaldéen, le samaritain. Partout ailleurs il ne put effacer les idiomes établis.  » (Ernest RENAN, Histoire générale des langues sémitiques in : OEuvres complètes, volume VIII, réédition Calmann-Lévy, 1958).
Les dialectes berbères sont issus des langues parlées au Maghreb avant la conquête arabe au VIIIe siècle, après laquelle des zones importantes sont demeurées berbérophones jusqu’à nos jours. Le berbère, qui fait partie du groupe chamito-sémitique s’est enrichi de nombreux emprunts à l’arabe puis au français.
Les dialectes sont nombreux. Le Maroc comporte trois groupes : le chleuh dans le Sud (Haut Atlas, le tamazight dans le Mayen Atlas et le rifain dans le Nord. En Algérie, le groupe principal est constitué par le kabyle. Les autres parlers sont le chaouia dans les Aurès, le mozabite au Mzab et le touareg dans le Sahara. Ce qui reste de berbère en Tunisie se trouve dans la région de Médénine, à l’extrême Sud du pays (Voir Salem CHAKER, Textes en linguistique berbère (introduction au domaine berbère, C.N.R.S., 1984).
Un renouveau berbère s’est manifesté récemment : l’enseignement de la langue et la reconnaissance de sa place dans la culture de l’Algérie sont l’objet de revendications. Cette renaissance est liée aussi à la politique d’arabisation qui veut faire de la langue du Coran un moyen de communication débordant de l’usage écrit et religieux.
Il est évident que, par-delà les fluctuations conjoncturelles, le problème culturel kabyle est profond, durable et non réductible. Il ne faut pas dire que  » les Berbères, du fond de la préhistoire, attendaient la conquête arabe pour réaliser leur destin historique : la disparition par osmose harmonieuse dans l’arabité et l’islam ! En un mot, la destinée des Berbères a été scellée une fois pour toutes, il y a treize siècles… Les résolutions du gouvernement (algérien) s’inscrivent sans nuances dans la mouvance de l’arabisme intolérant, agrémenté d’une vision bureaucratique de la culture. Le caractère exclusif de la langue arabe et de la culture arabo-islamique y est réaffirmé de façon virulente.  » (Salem CHAKER, Berbères, une identité en construction, Edisud, 1987).
Il faut souligner que c’est la recherche universitaire française au XIXe siècle qui a fait découvrir l’existence d’une histoire pré-islamique berbère, l’arabité et l’islamité du Maghreb étant des données relativement tardives.

L’idéologie politique contre le berbère
Tous les mouvements musulmans s’évertuent à nier la nationalité berbère, qui existe pourtant.  » Quelle que soit la variété des types ethniques qu’il renferme, il semble que le peuple berbère témoigne d’une remarquable stabilité de moeurs. Il a conservé son organisation en tribus, groupées, au cours de l’histoire, non en nations, mais en fédérations instables dont le prestige du chef était le principal lien. S’il s’est adapté à la domination matérielle des peuples étrangers dont il subit très vite mais superficiellement les influences extérieures. Il est demeuré rebelle à leur empreinte morale et a conservé, à travers les siècles, sa civilisation presque intacte.  » (Charles-André JULIEN, L’Afrique du Nord en marche, Julliard, 1952).

L’arabe s’est répandu difficilement en Berbérie. En 1526, Léon l’Africain écrivait :  » Et usent de la langue africaine ancienne, tellement qu’il s’en trouve bien peu qui sachent parler arabe que corrompu à la mode des paysans « . La situation n’a pas sensiblement évolué, sauf en Tunisie.  » Aujourd’hui ce parler (i.e. le berbère), ou plutôt ces parlers sans écriture, subsistent dans tout le Maghreb, à peu près éliminés en Tunisie (1 %) mais fortement ancrés en Algérie (29 %) et surtout au Maroc (42 %).  » (Charles-André JULIEN, L’Afrique du Nord en marche, ouvrage cité).
À la veille de la guerre d’Algérie, le leader Ferhat Abbas prononçait ses discours en français car il ne maîtrisait pas suffisamment l’arabe. Au Maroc, pays encore foncièrement berbère, l’homme politique qu’est Mahjoubi Aberdan écrit :  » Défendre le berbère n’est pas protéger un vague folklore mais vouloir préserver toute une culture, toute une richesse humaine et spirituelle qui coule dans nos veines.  » (in : Jeune Afrique, 19 février 1968). Actuellement, des associations, surtout universitaires, luttent pour l’enseignement du berbère et mettent au point une écriture à caractères latins. (voir : La formation à l’Université de Paris VIII).

Les langues parlées par les Maghrébins
Il faut ajouter que les immigrés maghrébins, dans leur immense majorité, ne savent pas l’arabe, parlent un dialecte ou sont berbérophones.  » Leur nombre peut être évalué, avec une marge d’erreur assez grande, à 510 000 personnes, composées d’environ 300 000 berbérophones d’origine algérienne (soit quelque 30 % de la population  » algérienne « ) et de 210 000 berbérophones d’origine marocaine (environ 50 % de la population marocaine). Le tout sur un total de l’ordre d’un million et demi de Maghrébins et assimilés ; la proportion globale est donc d’un tiers.  » (Salem CHAKER, in Vingt-cinq communautés linguistiques de la France, L’Harmattan, tome II, 1988).
Signalons aussi que le Maghreb a un important peuplement berbère.  » Dans cette région, 23 % des Tripolitains, 1 % des Tunisiens, 30 % des Algériens, 40 % des Marocains, sont des berbérophones, parlant des dialectes voisins, mais distincts.  » Viviana PQUES, Les peuples de l’Afrique, Bordas, 1974)
Pour toutes ces populations l’arabe est une langue étrangère : c’est ainsi que l’hymne national Qasamân ne peut être compris par la majorité du peuple algérien. Dans ces conditions, enseigner cette langue à des enfants nés en France est une atteinte aux droits les plus élémentaires de la personne humaine.

Pérennité des lettres franco-maghrébines
Le bilinguisme qui existe actuellement en Algérie est le produit d’une longue histoire qui a commencé avec la conquête en 1830. On a dit :  » Il constitue un enrichissement certain de la littérature et de la culture nationales. L’arabisation en cours […] fait retrouver à la littérature algérienne toute sa dimension horizontale d’Ouest en Est, non plus maintenant comme au temps de Camus à la hauteur de la Grèce, mais à celle des rives méridionales de la Méditerranée. Maroc et Tunisie sont aussi attachés au français. La littérature de langue française, elle, maintient une dimension verticale, non pas celle de Rome et de la  » mare nostrum  » de Bertrand, mais celle de l’ouverture vers la modernité, symbolisée par la Ville des autres implantée sur le rivage algérien par opposition au tréfonds rural et à l’arrière-pays, terroir des paysans et territoire de parcours. Les apports venus de l’Est et du Nord sont intégrés, assimilés, algérianisés selon une manière propre à la Berbérie reculée (Tidafi).  » (Jean DEJEUX, La littérature algérienne contemporaine, P.U.F., 1975).
Cela étant, il faut distinguer plusieurs étapes et aspects dans l’évolution des lettres maghrébines.

L’école d’Alger
Il y a d’abord les écrivains dont l’ascension précède les malheureux événements de 1954. Passionnément attachés à l’Algérie, respectueux des religions de ce pays, ils cherchent à définir un univers  » méditerranéen  » qui concilierait les valeurs de l’Europe et celles de l’Afrique.
Fils d’un ouvrier agricole tombé dans la bataille de la Marne et d’une mère espagnole et paysanne, Albert Camus, malgré les épreuves de sa jeunesse à Alger, a toujours défendu la cause des humiliés et prêché l’avènement d’une justice meilleure.
Il n’est pas, comme Sartre, le chantre du désespoir littéraire. La lumière et la chaleur, la mer et le soleil, ces biens du pauvre qui sont aussi la propriété des Méditerranéens, lui ont inspiré des pages sensuelles et colorées. Mais la flamme des étés brûlants, la lutte contre les vagues, la possession du sable et de la terre se dissipent avec le retour vers la ville.
Un ciel vide, un monde déraisonnable, une existence sans justification où l’être humain répète, jour après jour, des gestes dénués de sens, voici le sort imposé à tous. Comme Sisyphe, nous sommes condamnés à rouler éternellement notre rocher.
Pourtant, la conscience de notre destin absurde nous libère de la servitude et nous donne la grandeur tragique du héros qui vit volontairement son sort.
Consentement ou révolte, le même dilemme s’est posé à Jules Roy face à la Ruhr bombardée, aux affrontements d’Indochine, de Corée et d’Algérie. Probité, honnêteté, gravité tendue, toutes ces qualités l’amènent à condamner la guerre absurde, en particulier dans Les chevaux du soleil, roman cyclique où est décrite la colonisation de l’Algérie.
Courageusement, il déclare :  » D’Algérie, j’aurais dû parler de grandeur française, de patriotisme inaliénable, pour être conforme. Au lieu de cela, j’ai dit que Bugeaud n’avait été qu’un salaud, un ignoble assassin, et que l’Algérie devait être algérienne comme le Vietnam vietnamien. Il n’y a pas de guerre juste et propre, et pourtant, au coeur de l’horreur, la chevalerie reste vraie. C’est insoluble.  » (in : Le Nouvel Observateur, 18 mai 1966).
Malgré cet écoeurement devant l’économisme à courtes vues qui a dénaturé les rapports franco-maghrébins, le sens de la vie reste le plus fort ; et Gabriel Audisio, dans Rhapsodies de l’amour terrestre, loue la beauté de la terre dont la lumière et la nuit recoupent celles des territoires intérieurs.
Le même culte du paysage natal se retrouve chez Emmanuel Roblès. Dans un roman comme Les hauteurs de la ville ou dans l’action théâtrale de Montserrat, règne toujours l’atmosphère dure et poignante de pays livrés à la fatalité de la guerre et du sang. Nous sommes très loin du régionalisme folklorique et sentimental où certains critiques veulent ranger les écrivains algériens. Ce n’est jamais dans les fumées des rendez-vous de Saint-Germain-des-Prés, mais dans les terres des affrontements, que l’on a le sentiment aigu d’une histoire plongeant l’être humain dans l’action violente et la proximité constante de la mort.
La vie de Jean Amrouche, kabyle de religion chrétienne, manifeste aussi ce drame. Quand il cherche à définir  » le héros méditerranéen « , il choisit une figure de la résistance et de la révolte, Jugurtha, ennemi des Romains. Et il dénonce dans ses derniers poèmes – des  » chants de guerre  » – le mirage d’une  » intégration  » impossible qui l’a exilé de sa patrie : l’Algérie. L’échec de son rôle d’intercesseur l’a plongé dans le désespoir et a usé ses forces.

Poésies et romans en langue arabe
De son côté, la littérature algérienne de langue arabe a commencé à s’affirmer vers les années 1920. (Voir Mûhammad Al-Hadi SANOUSI AZZAHIRI, Poètes algériens de l’époque contemporaine, Tunis, 1926).
Poète du mouvement de la Nahda, Mûhammad Laïd a surtout chanté la politique et la religion, dans des poèmes sur le colonialisme, L’émir Khaled ou l’unité du peuple, par exemple. Dans son Diwan, il fait un effort sérieux pour renouveler tournures et images d’origine traditionnelle orientale.
De son côté, Mûfdi Zakaria composa en prison le chant national algérien Qasamân et sa grande oeuvre, La flamme sacrée, est classique dans le meilleur sens du terme.
Réda Houhou – fusillé en 1956 par une organisation clandestine – ne voyait pas l’Algérie de son temps sous un angle optimiste. Dans son livre Avec l’âne de Hakim, il traite à partir d’une série d’entretiens des sujets d’une actualité brûlante : le mariage, la femme, les arts, l’enseignement, la politique…
Il faut dire pourtant qu’on rencontre surtout des auteurs de courtes nouvelles. Ainsi, Mûhammad Saïd Zahiri, qui verse dans le moralisme avec ses deux textes : La coutume chez les femmes d’Algérie (qu’il veut voilées) et : En visite chez Sidi Abed (où il critique la décadence des moeurs et la superstition sur un ton assez pédant). (Voir A. KHATIBI, Le roman maghrébin, Maspero, 1968).

La génération de la guerre
Aux alentours de 1952, les écrivains maghrébins s’efforcent non seulement de raconter l’histoire de l’Afrique du Nord mais aussi de dénoncer les injustices du système colonial et de montrer les problèmes complexes d’une société qui éclate.
Le Tunisien Albert Memmi analyse le drame de l’incommunicabilité d’hommes et de femmes pris entre diverses cultures comme, entre autres, dans son roman La statue de sel où est décrite la situation particulière de l’israélite. Et, dans toute une série d’essais, il brosse le tableau de l’oppression dont sont victimes le colonisé, le juif, le noir et la femme, dans une société où la phraséologie libérale essaie de dissimuler l’exploitation économique et les crises culturelles.
De son côté, le Marocain Driss Chraïbi crie sa révolte dans Les boucs et montre les humiliations que subissent en France les travailleurs maghrébins. Toujours dans le domaine chérifien, Ahmed Sefrioui décrit, en 1954, dans La boîte à merveilles, la vie intérieure des habitants de la ville de Fès. Quant à Tahar ben Jelloun, son oeuvre lui a valu le prix Nobel en 1988.
Dans La grande maison, de l’Algérien Mûhammad Dib est analysée l’âme de cette région, sa sensibilité et le lent processus qui l’amène à se détacher de la France. Mais l’écrivain reste dans une éternelle quête de soi, car la vie et le rêve sont au-dessus de toutes les haines et méprisent les compromissions. Ainsi, Qui se souvient de la mer est un des plus beaux textes oniriques de la littérature algérienne.  » La nuit est tombée ; je sors, je vais au devant de la mer. Cette nuit sera peut-être la dernière. Tout au bout de l’avenue, immobile, elle est à l’affût.

Puis, d’un coup, elle m’appelle et me poursuit, m’entoure et me déroute à travers la machinerie des rues. Elle parle avec un rire brusque qui la change de proche en proche. Toute la nuit, je marcherai dans cette ville, et loin dans une autre, sous son escorte « .
Jean Sénac est un poète qui a vécu, jusqu’à son assassinat non encore éclairci, tous les drames, les joies et les déboires de l’algérianité. Il chante l’amour, la liberté et la beauté avec naïveté, grandiloquence parfois et un grand luxe d’images :
 » Et maintenant nous chanterons l’amour
Car il n’y a pas de révolution sans amour « . (Citoyens de beauté, 1967)
De même, chez Rachid Boudjedra, un roman comme La répudiation (1969) témoigne moins de la volonté d’exprimer les problèmes de l’actuel État algérien que de l’ascendant encore exercé dans ce pays par la langue et la culture françaises, objets d’un choix et d’une prédilection chez tous les écrivains à la recherche d’une statement universelle.

L’arabisation et la littérature
Le fait est que la longue stagnation des siècles passés pèse actuellement sur l’effort de renouveau en Algérie. Les habitants sont peu nombreux à lire les poèmes et les nouvelles en langue arabe. Chez beaucoup d’écrivains, on note un certain académisme, avec des formes figées, des clichés, des images trop conventionnelles.
Radio et télévision sont livrées souvent à un discours monocorde, le présentateur se contentant de lire son texte tandis que les rares images sont muettes.
La plupart des journaux – El Djeich (L’Armée), El Moudjahid, Révolution africaine, Algérie Actualité – sont édités en arabe et en français, et la majorité des lecteurs choisissent cette dernière langue. Ach-Cha’b (Le Peuple), écrit uniquement en arabe, est de diffusion très restreinte.
Le français reste la langue de travail de la majorité des cadres, à tous les niveaux du pays. Le peuple algérien – même arabophone – a établi un compromis réaliste entre la langue du coeur (lughat al galb), français ou berbère, et la langue du pain (lughat al khobz), l’arabe exigé par les pouvoirs en place.
À part de rares exceptions, les écrivains algériens – à la différence de leurs collègues d’Égypte ou du Proche-Orient – restent prisonniers d’une langue et de formes archaïques.
On a écrit, à leur sujet :  » Il faut affirmer avec force qu’en Algérie, la culture arabe est aux mains de la plus bornée des  » élites « . […] Non d’ailleurs que nous n’ayons quelques noms à citer et quelques oeuvres, rares mais honorables. Mais que peuvent Ben Haddouga et Wattar contre l’enlisement ? Pourquoi Ahlam Mustghanmi va-t-elle publier ses poèmes à Beyrouth et non pas à Alger ? Paix aux cendres de l’émir Abd-al-Kadir et paix à Mûhammad Al’Id et à Muffdi Zakaria, ils ont dit ce qu’ils avaient à dire en des temps où il n’était pas facile de le faire. Mais la littérature n’est ni un musée ni une maison de retraite. Alors où sont nos jeunes poètes arabes d’Algérie et s’ils ne répondent pas à l’appel, qui les empêche de le faire ? (Jamel Eddine ben CHEIKH, in Les Temps modernes, n° 375 bis, 1977).
Ajoutons qu’au théâtre, le public impose sa langue parlée. Les pièces sont marquées par l’imitation du répertoire français et ce sont des artistes de formation francophone qui contribuent à son épanouissement.

La littérature algérienne actuelle et la langue française
Les jeunes intellectuels veulent regarder l’avenir et refusent les formules consacrées, les poncifs officialisés, le vocabulaire reçu. Comme le poète marocain Abdelatif Laâbi, dans

L’oeil et la nuit (1969), ils posent la question :  » Et maintenant nous sommes exténués du passé… Mais qui sommes-nous ? Comment sortir de la caverne ?  »
Mourad Bourbonne montre, dans Le Muezzin (1968), un messager du gai savoir qui veut retrouver l’humus profond,  » l’authentique qui a péri étouffé « . Et Nabile Farès évoque la montée d’un monde nouveau où il faut s’accepter mélangé, multiple, pour  » redécouvrir sa vraie peau « . Quant à Ali Bonmahdi, il raconte la déception des combattants du F.L.N.
Une tendance nouvelle se dessine, qui met en question société, condition humaine, religion traditionnelle, situation de la femme. On peut citer, entre autres : Abdallâh Chaamba, Djamila Débèche, Assia Djebar, Haddad Hadj Ali, Abdelkader Khatibi, Tahar Ouattar, Malek Ouary, Ahmed Sefrioui. A propos de ces écrivains, le grand dramaturge égyptien Taoufiq El Hakim a dit :  » La production algérienne en langue française est devenue célèbre dans le monde entier ».

Le renouveau de la littérature berbère de langue française
Il faut dire aussi que se développent, peu à peu, des oeuvres littéraires très marquées par la référence kabyle et l’ancrage dans un passé culturel pluriséculaire.
Le lyrisme de Mouloud Feraoun s’était traduit dans ses romans simples, au réalisme émouvant, avec une vision du monde candide qu’enseignaient les instituteurs de son époque. Mais il y a aussi le drame psychologique d’une jeunesse qui se débat contre la stagnation sociale parce qu’elle a entendu l’appel d’une civilisation répondant à ses voeux inconscients, alors que le monde qui l’entoure est fait de passions politiques et de haines. Dans des romans comme La terre et le sang et Les chemins qui montent, il n’y a pas seulement la terrible aventure passionnelle d’Amer n’Amer, fils d’un Kabyle et d’une Française, mais également des interrogations sur le conflit de l’Islam et de l’Occident chrétien.
Dans l’introduction à ses Poèmes kabyles anciens, Mouloud Mammeri insiste sur ce patrimoine berbère s’exprimant par trois types de personnages :
le poète (Amedyaz), sensible, réceptif, qui présente en vers, avec justesse, son époque à travers toutes les situations vécues par ses contemporains ;
l’aède, le troubadour (Amedah), qui va de village en village porter les paroles des poètes passés et présents ;
le sage (Amusnaw), qui est dépositaire du passé culturel kabyle depuis des siècles (poèmes, proverbes, faits et gestes de personnages célèbres…) et sait s’en servir pour éclairer et, parfois, prendre des décisions. (Voir Horizons, Alger, 28 février 1991).

Cette affirmation identitaire s’exprime avec passion chez Kateb Yacine. Son roman Nedjma est un poème d’amour et une tragédie comme les Grecs les concevaient. Son héroïne, nommée Étoile, exprime sous forme de mythe la tragédie de l’Algérie. Quatre jeunes gens sont amoureux d’elle et, derrière leurs misères, se fait jour l’humiliation des colonisés, pris entre la présence légendaire des ancêtres et les exigences du monde moderne, conflit que peur résoudre la dignité restaurée d’un peuple. Dans une oeuvre au lyrisme puissant – et derrière un nationalisme souvent de façade – se devinent les influences de Beckett ou de Brecht, celles du coryphée antique et toute une culture confiante en une fraternité à redécouvrir et un avenir qui s’annonce
 » Au sein des chastes altitudes
Où le baiser surabonde en étoiles
Où la crinière commence au talon
Où le savoir est un éclair fidèle
Et l’amour une seule nuit sans mémoire « .

Dans cette littérature d’statement française, il y a un choix et un appel de l’écrivain maghrébin, c’est-à-dire la volonté d’exprimer les révoltes et les conflits dans une langue, une manière de penser qu’il admire à cause de son caractère d’universalité.

FIN.

GÉRONIMO LE MARTYR DU FORT DES VINGT-QUATRE-HEURES A ALGER.


 

Auteur : Adrien Berbrugger

Ouvrage : Geronimo, le martyr du Fort des vingt quatre heures à Alger

Année : 1859

APPROBATIONS.

NOUS, LOUIS-ANTOINE-AUGUSTIN Par Miséricorde
de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique. Evêque d’Alger,
Comte Romain, ,Assistant pontifical, etc., Commandeur de la Légions
d’Honneur de l’Ordre des SS. Maurice et Lazare.
Avons examiné attentivement l’opuscule Géronimo le Martyr
du Fort des Vingt-Quatre Heures et considérant qu’au fond, l’auteur
n’a fait que lire et traduire en français le récit d’Haedo ; que comme
préambule, comme dans le titre de son opus le titre de martyr à
Géronimo, il emploie cette expression, comme il nous l’a expressément
déclaré, sans préjudice de l’autorité de I’ Église catholique
à qui seule appartient le droit de déclarer ceux des vrais martyrs et
de les proposer à la vénération des fidèles, nous avons autorisé et
autorisons l’édition et la publication de cet opuscule, comme nous
le faisons pour aucun fait qui ne soit de notoriété publique.
Alger, le 9 janvier 185’.

Louis Antoine AUGUSTE
Evêque d’Alger

Par Mandement
A. Ancelin Ch.
Secrétaire-Général Episcopal

Nous, Evêque d’Alger, approuvons la publication de l’opuscule
intitulé : Geronimo, le martyr du Fort des Vingt-Quatre-Heures,
à Alger, par M. A. Berbrugger.
Saint-Eugène, près d’Alger, le 1er mai 1859.
LOUIS-ANTOINE-AUGUSTE
Evêque d’Alger.

INTRODUCTION.
La découverte du corps de Géronimo, enterré
vivant, il y a près de trois siècles, dans une
des murailles du fort des Vingt-Quatre-Heures,
a produit une émotion profonde dans la population
algérienne. C’est donc répondre à un sentiment
général que de réunir et publier tout ce
qui se rattache à un évènement si touchant en
lui-même. Avec cette pensée en vue, je n’ai rien
négligé pour mettre sous les yeux du lecteur
tous les faits qui peuvent élucider la question
d’identité entre le squelette trouvé le 27 décembre
1853, dans le saillant nord-ouest du fort des
Vingt-Quatre-heures, et Géronimo martyrisé à
cet endroit même, le 18 septembre 1569.

Cette brochure se divise en trois parties :
1° Détails sur la découverte du corps de
Géronimo ;
2° Biographie du martyr Géronimo, traduite
d’Haedo, avec le texte espagnol en regard ;
3° Appendice contenant des pièces à l’appui
ou des notes explicatives.
Cette publication étant une oeuvre toute
personnelle, j’en revendique la responsabilité
exclusive devant le tribunal de la critique.
A. BERBRUGGER.

P. S. DE LA 2e ÉDITION. — Il y a longtemps que la
brochure sur Géronimo, que nous réimprimons aujourd’hui,
manque dans le commerce. Diverses circonstances indépendantes
de la volonté de l’auteur, en avaient empêché
la réimpression. On s’est contenté de donner en appendice
dans cette 2e édition, les documents d’une nature technique
et qu’il est désormais inutile de reproduire in extenso ; mais,
en compensation, on l’a enrichie de notes importantes et de
nature à ajouter à l’authenticité des faits ou à augmenter
l’intérêt qui s’y rattache.
Alger, le 6 mai 1859.
A. BERBRUGGER.

I
DÉCOUVERTE DU CORPS DE GERONIMO.

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