Effets indésirables


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Ouvrage: Effets indésirables

Auteur: Cadu Clotilde

 

Préface
Irène Frachon

Et si c’était vous ?
Un jour, votre monde s’écroule. Votre corps vacille, semble vous trahir, ne vous soutient
plus, s’effondre, l’air vous manque, votre coeur palpite, la peau vous brûle, les jambes ne
vous portent plus, la tête vous tourne, la grossesse espérée se dérobe, l’enfant que vous
mettez au monde est handicapé, malformé… La maladie s’abat sur votre vie, brisant votre trajectoire, soufflant vos espoirs, générant en vous, autour de vous, souffrance, larmes, révolte. Pourquoi ce malheur ? Pourquoi vous ? Et puis arrive le temps de la
reconstruction, la maladie est fatalité pensez-vous, alors il faut faire face, tenir face aux
bourrasques, aux rechutes. Pour que survienne l’apaisement, interrompu de vagues de
désespoir et de nouveau l’accalmie, la rémission ou parfois la mort.
Heureusement, face aux bouleversements que provoque l’irruption d’une maladie dans
votre existence, vous savez que vous pourrez compter sur la médecine française de haute réputation, compatissante et technique, depuis votre médecin généraliste jusqu’aux services hospitaliers hyperspécialisés, ainsi bien sûr que sur les meilleurs traitements innovants, remboursés par la Sécurité sociale.
Voici en quelques phrases les deux volets successifs du fracas qu’engendre dans vos
vies, dans nos vies, la maladie. Rupture puis prise en charge, détresse puis
accompagnement, soins. Cette chronologie correspond à la représentation d’un monde qui « marche à l’endroit », celui qui fait face solidairement à l’adversité, celui que nous nous préparons à affronter depuis l’enfance.
Dans les histoires de vie, qui pourrait être la vôtre et que rapporte avec précision et
humanité Clotilde Cadu, le monde s’est écroulé deux fois. Après les premiers symptômes,
les premières inquiétudes, les premières douleurs, parfois longtemps après, surgit une
vérité, révélée au détour d’une vieille ordonnance, d’un article de journal, d’un tchat sur
un forum de patients ou d’une conversation anodine avec un quidam : et si le mal était la
conséquence d’un remède ?
Le soupçon puis la certitude que la maladie subie est l’effet indésirable d’un traitement
préalable, curatif ou préventif, vont entraîner un véritable renversement du cours de
l’histoire vécue. De nouvelles questions inédites vont déferler : cette souffrance infligée,
était-elle alors évitable ? Le traitement incriminé était-il indispensable ? Vous a-t-on
prévenu de ce risque ? Pour quel bénéfice démontré vous a-t-il été prescrit ? Pour servir
quel intérêt vous a-t-il été prescrit ? En êtes-vous l’unique victime ? Victime, le mot est
lancé. Vous étiez patient, vous voilà devenu peut-être victime ! Mais qui connaît les
victimes de « l’innovation thérapeutique », qui s’en soucie ?

C’est un monde à l’envers qui se dévoile sous vos pas. Dans lequel le visage des
soignants peut se transformer, devenir suspect, ignorant, indifférent, maltraitant, parfois
ouvertement hostile ou pire encore, compromis ou délinquant. Le soin devient crainte
d’une blessure de plus, d’un emballement du risque iatrogène. Traumatisé, vous allez
chercher des responsabilités, parfois des culpabilités, vous allez songer à la réparation du préjudice enduré. Pouvez-vous imaginer que s’ouvre alors sans doute devant vous un long combat, celui du pot de terre, vous, contre le pot de fer qui sera, selon les cas, un
industriel, une institution, un soignant ou un groupe de soignants, troquant le masque de la sollicitude pour celui du déni buté et de la mauvaise foi ?
C’est vers ce monde, prêt à se dérober sous vos pieds, sous nos pieds, que nous entraîne
l’auteur, en nous conviant à accompagner et découvrir les chemins d’hommes et de
femmes atteints dans leur chair par un traitement qui promettait bien au contraire de
« soigner, soulager et guérir » (1). Des chemins, des récits, des questions, des analyses, des critiques que le monde médical, médecins, experts, voire magistrats ne goûte guère car dérangeants, discordants avec une vision scientiste de la médecine et des traitements, promue bien souvent sans nuance.
Parce que cela peut être vous demain, il est urgent de partager au fil de ces pages les
vies bouleversées d’Adèle, Stéphanie, Julie, Marine, Charlotte, Gérard et Pauline, des vies
bouleversées par les effets secondaires dévastateurs de certains remèdes mais aussi trop
souvent par l’indifférence au risque manifestée dans ces affaires par de trop nombreux
acteurs de santé, autorités administratives et de contrôle, autorités médicales, industrie
pharmaceutique, alors que dans la plupart des cas évoqués, ces drames pouvaient être
évités.
C’est à vous, c’est à nous, usagers et consommateurs des médicaments, produits à
l’origine d’un immense et profitable marché, de partager, comprendre, dialoguer sans
concession afin de mieux prévenir à l’avenir les risques des traitements prescrits et stopper la spirale de drames sanitaires évitables. Ces drames et scandales, laissant désemparés les laissés-pour-compte du progrès médical, sont résurgents sans discontinuer depuis les années 50 alors qu’émergeait une industrialisation des produits de santé. Il est temps de retrouver les bases d’une confiance non plus aveugle mais participative et éclairée dans le monde de la santé.
Irène Frachon


Référence :
1. « aider les médecins à soigner, soulager et guérir » est l’un des buts assignés à son entreprise par le docteur Jacques Servier, inventeur et responsable de la commercialisation du Mediator, à l’origine de plus de 2000 morts par empoisonnement.


 

 

Introduction

 

Les oubliés du médicament
« Effet indésirable grave : effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en
danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importantes ou provoquant ou
prolongeant une hospitalisation ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale. »
Article R 5121-153, du Code de la santé publique

 

Ce pourrait être votre histoire. Ça l’est peut-être, d’ailleurs. Un jour, vous prenez un
médicament. Une gélule, un sirop, un comprimé couleur pastel, une poudre au goût infect, matin, midi et soir, ou juste une fois, ponctuellement. Pour soigner un méchant rhume, calmer un vilain mal de ventre, faire baisser votre tension, contrôler votre taux de cholestérol. Vous ne lisez pas la notice glissée dans l’emballage. Ou bien vous la lisez, en vous disant que tous ces effets indésirables plus effrayants les uns que les autres, ça
n’arrive jamais. Et puis ça arrive. Un de ceux qui sont inscrits sur le mode d’emploi, ou un autre qui n’était pas indiqué. Immédiatement, ou des mois, des années après. Vous êtes intimement convaincu que c’est cette gélule, ce sirop, ce comprimé, cette poudre qui est à l’origine de votre souffrance. Personne ne vous croit. À force de vous entendre dire que c’est impossible, que c’est dans votre tête, que vous êtes fou, vous finissez par vous laisser convaincre que vous êtes victime d’autre chose. De la fatalité, de la faute à pas de chance.
Mais certainement pas de ce médicament. Vous laissez tomber. Vous ne signalez pas votre cas aux autorités de santé, encore moins au laboratoire qui fabrique le produit. Vous ne cherchez pas à obtenir la reconnaissance du lien de cause à effet, encore moins la réparation du préjudice subi.
C’est toujours la même histoire. Un jour, une femme, un homme dépose une plainte
auprès d’un tribunal. Celle-ci vise un laboratoire pharmaceutique, une agence sanitaire, un médecin prescripteur. Souvent, il est question d’« atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine », de « blessures involontaires », de « défaut d’information », de
« tromperie ». Les médias s’emparent de la démarche et décident d’enquêter sur ce qui
devient rapidement le nouveau scandale sanitaire qui aurait pû être évité. Les faits sont
généralement accablants : ceux qui devaient savoir savaient, personne n’a rien dit,
personne n’a rien fait. Les risques de ce médicament étaient connus mais l’industriel a
omis de les signaler ou bien les autorités sanitaires ont tardé à ouvrir les yeux. Le
mésusage, la mauvaise prescription, la surprescription étaient connus, mais personne n’a pensé ou n’a voulu y regarder de plus près et faire cesser la pratique. Les effets
indésirables étaient signalés, mais personne n’a pris au sérieux les patients qui évoquaient un possible lien de cause à effet entre ce médicament et une pathologie survenue brutalement. Les pouvoirs publics réagissent alors au quart de tour, en catastrophe. Le médicament est immédiatement retiré, sa prescription est strictement encadrée.
L’Assemblée nationale, le Sénat, l’Inspection générale des affaires sociales, la Cour des
comptes pondent des rapports pour analyser les dysfonctionnements et proposer des
solutions pour que cela ne se reproduise plus. Et cela se reproduit. Immanquablement.
Seuls changent les noms de la molécule, du « porte-parole » plaignant ou du lanceur
d’alerte et du ministre indigné. L’histoire reste la même. Ce pourrait être la vôtre. Ça l’est
peut-être.
Les médicaments soignent des millions de personnes. Ils améliorent la santé, sauvent
des vies, c’est indéniable. Mais il arrive aussi qu’ils en détruisent. Plus souvent qu’on ne
le pense, comme l’ont démontré les grandes affaires sanitaires qui se sont succédé ces
dernières décennies. Les comprimés ont deux faces : d’un côté les bénéfices, de l’autre, les risques. Cela fait partie de la nature même des médicaments : ce sont des produits actifs.
Chaque prise comporte sa part d’incertitude : la molécule va-t-elle permettre de guérir ?
Va-t-elle au contraire provoquer des dégâts ?
Les effets curatifs, heureusement, sont plus fréquents que les effets indésirables. Avant
d’être mis sur le marché, chaque spécialité est évaluée en fonction de sa balance
bénéfices/risques. Quand le plateau penche plus du côté des bienfaits thérapeutiques, elle obtient le feu vert. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne se passera rien de négatif. Aux effets indésirables connus peuvent s’ajouter des méfaits qui apparaissent de façon
imprévisible au cours de la commercialisation d’un produit, dans la « vraie vie ». Ils
n’avaient pas été détectés lors des essais cliniques. C’est le risque de l’innovation.
D’autres fois, la toxicité est connue par le fabricant du médicament, elle est apparue en
cours de développement. Mais il préfère la taire, la masquer par tous les moyens, désireux de lancer, coûte que coûte, un produit pour lequel il a déjà beaucoup investi et qui pourrait devenir un blockbuster. Puis il y a tous les médicaments surprescrits, mal prescrits, mal utilisés, inutiles ou inadaptés qui, dans ces conditions, font plus de mal que de bien. Au bout de la chaîne, dans un cas comme dans les autres, il y a des patients, dont l’existence change radicalement. Des hommes et des femmes qui n’ont eu pour seul tort que d’avaler une gélule qu’ils pensaient bonne pour eux et qui a eu des effets dévastateurs.
La peine ne s’arrête pas à leur douleur : leur parole est régulièrement déniée,
discréditée. Impossible qu’un médicament ou un vaccin soient à l’origine de leur
souffrance, s’entendent-ils dire. Peut-être, effectivement, ne le sont-ils pas. Peut-être, au
contraire, le sont-ils. En matière de médecine, le lien de cause à effet est toujours difficile
à démontrer. Mais pourquoi partir du principe que le médicament est nécessairement hors de cause ? Que le patient est forcément un affabulateur qui cherche à faire parler de lui et à récupérer un maximum d’argent en attaquant un laboratoire pharmaceutique ou un professionnel de santé ? Face aux obstacles et au déni, beaucoup se découragent et se taisent. À force de ne jamais entendre les victimes d’accidents médicamenteux, on finit presque par croire que les effets indésirables n’existent pas. Que les victimes, elles non plus, n’existent pas.
Épidémie invisible
Stéphanie, Marine, Julie, Gérard, Cécile, Charlotte, Pauline.Sept prénoms, sept histoires singulières – et pourtant pas si différentes. Ils ont de neuf à soixante-treize ans. Ils vivent
en région parisienne, à Marseille, à Perpignan ou à Rouen. Eux-mêmes ou un de leurs
proches ont avalé un antibiotique, un antiépileptique, une pilule contraceptive, reçu un
vaccin et développé par la suite une pathologie, un handicap. L’une est même décédée.
Pour certains, le lien entre le médicament et leurs problèmes de santé a été reconnu sans
trop de difficultés. Pour les autres, ce fut, et cela continue à être, un parcours du
combattant. Les uns sont les victimes d’un scandale sanitaire d’ampleur dont tout le
monde retient le nom, les autres sont les victimes d’un aléa thérapeutique, la triste
« chance » sur un million. Tous sont des oubliés du médicament.
Leur voix perce rarement, leur parole est rarement écoutée. On ne sait même pas
combien ils sont. Souvent, il faut attendre une affaire médiatisée pour qu’ils puissent
s’exprimer. Les pouvoirs publics peuvent chiffrer le nombre de décès attribuables au tabac et à l’alcool (respectivement 78 000 et 49 000 annuellement en France), le nombre de morts sur les routes (3 384 en 2014), mais des victimes d’effets indésirables, on ne sait pas grand-chose. Le chiffre de 20 000 morts par an est régulièrement avancé. Mais quelle
réalité recouvre-t-il ? Et que fait-on de tous les autres, tous ceux qui ne sont pas décédés
mais dont la vie a été brisée par une molécule qui les a rendus malades ou handicapés ?
Combien sont-ils, ces invisibles ? Quelques indications, disséminées dans différentes
publications, donnent un aperçu de l’ampleur des dégâts. En 2014, l’Agence nationale de
sécurité sanitaire (ANSM) recensait 46 497 événements indésirables, dont 30 156 dits
« graves », autrement dit, susceptibles de mettre la vie en danger ou d’entraîner une
invalidité importante. Les laboratoires pharmaceutiques en faisaient remonter 26 478 à
l’Agence (1). Soit, au total, 72 975. Là encore, de quoi parle-t-on ? Réactions éphémères,
maladies chroniques, handicaps, décès ?
En 2007, l’enquête EMIR (Effets indésirables des médicaments : incidence et risques),
menée par les trente et un centres régionaux de pharmacovigilance dans soixante-trois
hôpitaux publics, faisait état de 143 915 hospitalisations annuelles dues à des effets
indésirables médicamenteux, soit 3,6 % des hospitalisations. Sept cas sur dix concernaient des effets indésirables à proprement parler, les autres résultaient d’interactions médicamenteuses. Les molécules agissant sur le système nerveux central et celles qui sont destinées à traiter les pathologies cardiovasculaires étaient le plus fréquemment impliquées (2). À l’échelon européen, les effets indésirables médicamenteux provoqueraient 197 000 morts par an et 5 % des admissions à l’hôpital, selon des estimations faites par la Commission européenne, en 2008, qui chiffre à 79 milliards d’euros leur coût pour la société (3).
Aussi effarants soient-ils, ces chiffres ne sont certainement qu’un petit aperçu de la
réalité. Les connaisseurs de ce secteur s’accordent à le dire : seul un tout petit échantillon
d’effets indésirables remonte aux instances sanitaires, et les quelques chiffres disponibles ici et là sont bien en deçà de la réalité. Les professionnels de santé sont tenus de signaler tous ceux qu’ils constatent, mais peu le font. Les patients peuvent, depuis 2011, effectuer eux-mêmes un signalement, auprès de l’ANSM (4). Rares sont ceux qui le font, soit parce qu’ils n’ont pas établi le lien entre leur état de santé et la prise d’un médicament, soit parce qu’ils ne s’en sentent pas la légitimité, aucun médecin n’ayant accordé de crédit à leurs paroles. Les laboratoires doivent également notifier tous les événements indésirables dont ils sont informés.

La sous-déclaration n’est pas une spécificité française. Aux États-Unis, les 250 000
signalements reçus annuellement par la Food and Drug Administration (FDA), l’agence
sanitaire américaine, ne représenteraient que 5 % des incidents qui ont effectivement lieu, comme l’a confié un responsable de la pharmacovigilance. « Il y a toujours une tendance
à ne pas parler des effets indésirables. Les firmes n’ont pas grand intérêt à faire savoir
que leur médicament en provoque », indique Mikkel Borch-Jacobsen, philosophe et auteur de Big Pharma, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé (5), où il relate les propos de cet agent de la FDA. « C’est seulement quand il y a un véritable scandale qu’on se rend compte de l’énormité de la chose. » Au cours des dix dernières années, aux États-Unis, les laboratoires ont tardé à déclarer aux autorités compétentes  10% des effets secondaires graves et inattendus occasionnés par leurs traitements. Plus de 40 000 décès liés à la prise de médicaments n’ont ainsi pas été signalés dans le laps de temps réglementaire (quinze jours après l’événement), révèle une étude publiée dans le Journal of Internal Medicine, en juillet 2015 (6). Un retard de notifications qui a pu augmenter le nombre de patients exposés à ces risques.
Une véritable épidémie silencieuse se déroule donc sous nos yeux, sans que personne
semble vraiment déterminé à la contenir, ni même à la quantifier de façon fiable. Ceux qui cherchent à la dénoncer, patients, lanceurs d’alerte, sont considérés, au choix, comme de dangereux anti-médicaments, des fous furieux ou des emmerdeurs. « Les victimes de médicaments sont le grain de sable qui enraye la machine pharmaceutique. Tout risque est contraire aux intérêts de l’industriel, donc on préfère les passer sous silence », s’agace Irène Frachon, le médecin qui a révélé le scandale du Mediator, elle-même longtemps priée de se taire. « Le nombre exact de victimes d’effets indésirables n’a en réalité pas d’importance. Un médicament comporte toujours un risque. Parfois, vous en prenez un qui est utile et il vous rend malade. Ce n’est pas de chance. Le scandale, c’est quand un médicament sans intérêt pharmacologique, un médicament qui n’a pas sa place dans l’arsenal thérapeutique provoque des décès. Mourir pour une prescription qui n’était pas justifiée, pour un médicament dont on n’avait pas besoin, c’est inacceptable. Que ce soit ( ) ou ( ) décès, ce sont ( ) ou ( ) de trop », souligne Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l’université de Bordeaux. Lui estime à 18 000 le nombre de décès imputables aux médicaments. Au moins un tiers serait évitable. Six mille morts.

 

Victimes évitables
Les Français sont de gros consommateurs de médicaments. En 2013, ils ont consommé
3,1 milliards de boîtes, 48 par personne (7). Entre les ventes en pharmacie et les
médicaments achetés par les hôpitaux, les dépenses pharmaceutiques atteignent
33,9 milliards d’euros, soit 17,8 % de la consommation de soins et de biens médicaux
totale (8). Les étals des pharmacies débordent : quelque 13 000 spécialités de toutes les
formes, toutes les couleurs, pour tous les maux possibles s’y sont invitées au fil des
années. Les Français ont l’immense privilège d’y avoir un accès facile, pris en charge par
la Sécurité sociale la plupart du temps. Et pourtant, nous ne sommes pas en meilleure
santé que nos voisins européens. « Tout le monde reconnaît que la consommation de
médicaments par les Français n’est pas en corrélation avec nos performances en matière de morbidité et de mortalité », avouait, en 2008, Roselyne Bachelot, alors ministre de la
Santé (9).
Pis, cette pléthore de comprimés rend malade. Seule une centaine de molécules serait
vraiment utile et nécessaire pour soigner 95 % des patients français, selon les auteurs
d’une liste de médicaments « essentiels ». Les autres sont au mieux inutiles, au pire
dangereux. « Beaucoup de dégâts causés par les médicaments sont évitables en
choisissant mieux les traitements, en veillant en permanence à ne pas nuire et à ne pas
faire courir de risques injustifiés », écrivait, en janvier 2014, Bruno Toussaint, le rédacteur en chef de Prescrire. Depuis des années, la revue médicale indépendante de l’industrie pharmaceutique s’emploie à évaluer l’intérêt des nouveaux médicaments mis sur le marché. Chaque année, un constat accablant : les innovations médicales sont des raretés, la plupart des nouveautés n’en sont pas. Non seulement ces produits n’apportent rien en termes de santé publique, mais en plus, ils peuvent créer des troubles. Et, cerise sur le gâteau, ils coûtent plus cher que des thérapeutiques plus anciennes qui ont fait leurs preuves depuis longtemps ! En 2014, 185 spécialités pharmaceutiques ont été mises sur le marché. La Haute Autorité de santé (HAS) a étudié leur intérêt thérapeutique, ce qu’elles peuvent apporter aux patients par rapport à ce qui était déjà disponible. L’instance sanitaire donne ses notes en se fondant sur l’amélioration du service médical rendu (ASMR). Seul un médicament sur les 185 a obtenu la note 1, synonyme de progrès
majeur. Cinq ont été crédités de l’appréciation « amélioration du service médical rendu
importante ». Sept ont été classés dans la catégorie « ASMR modérée », treize en « ASMR
mineure ». Tout le reste, soit 159 médicaments dits nouveaux, ont reçu l’appréciation
« absence de progrès » (10). Une évaluation médiocre qui n’a pas empêché ces gélules
d’obtenir le feu vert pour une mise sur le marché et même, parfois, un remboursement par la Sécurité sociale ! En 2005, le sénateur communiste François Autain estimait que cette quantité d’ASMR 5, cette farandole de médicaments inutiles, coûtait de 250 à 300 millions d’euros à la collectivité, pour un bénéfice nul en termes de santé publique.
L’année 2014 n’est pas une exception. Au cours des années précédentes, peu
d’innovations thérapeutiques ont fait leur entrée dans l’armoire à pharmacie française : la plupart des nouveaux médicaments n’apportaient rien ou presque à la santé publique. En revanche, des tas de vieilleries recyclées, d’anciennes molécules relookées, de pilules pour des maladies façonnées par l’industrie pharmaceutique y sont chaque année admises. Dans le jargon pharmaceutique et marketing, on appelle cela des « me-too » : des copies de produits anciens dont le brevet arrive à expiration. Des pseudo-nouveautés, donc, que les médecins préfèrent à leurs versions antérieures et qu’ils prescrivent davantage. La députée socialiste Catherine Lemorton s’en était inquiétée, en 2008, dans un rapport parlementaire sur la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments. Plus récemment, en 2013, les spécialistes en pharmacovigilance Bernard Bégaud et Dominique Costagliola alertaient : « La iatrogénie [les troubles engendrés par un médicament, ndla], souvent imprévisible, fait partie du pari global (rapport bénéfice/risque) de toute instauration d’une thérapeutique. Elle devient en revanche inacceptable dès qu’un bénéfice réel ne saurait être attendu, soit du fait d’une prescription non justifiée, soit d’un traitement prescrit ou maintenu dans des conditions ne permettant pas ou plus d’attendre ce bénéfice. Cette iatrogénie a priori évitable est un fléau, malheureusement peu exploré en France. Son ampleur est considérable », indiquaient-ils dans leur rapport sur la surveillance et la promotion du bon usage du médicament (11). « On ne peut que regretter que, faute d’incitation et de financement, aucune étude d’envergure et rigoureuse n’ait été menée en France sur les conséquences, en termes individuels, de santé publique et de coûts évitables, des prescriptions inappropriées et de l’usage non conforme », écrivent-ils encore.

 

Une confiance ébranlée

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Les nouveaux remèdes naturels


  

Ouvrage: Les nouveaux remèdes naturels

Auteur: Pelt Jean-Marie

Année: 2001

 

 

Quand la nature guérit…

Partout dans le monde la recherche de nouvelles plantes actives bat son plein. Chaque année, des milliers d’entre elles subissent par exemple des tests systématiques afin de tenter de mettre en évidence chez elles des propriétés anticancéreuses ou antisida. Ces tests sont notamment effectués aux États-Unis dans le cadre du National Cancer Institute.

Pas moins de 36 000 extraits ont ainsi été testés, parmi lesquels cent vingt-trois espèces ont manifesté in vitro une certaine activité sur le VIH. Sur ces dernières, deux ont fourni des molécules actives, actuellement en phase d’évaluation clinique, ultime étape avant la mise sur le marché d’un nouveau médicament. L’une d’elles, la michellamine-B, provient des feuilles d’une liane camerounaise 1. D’autres, les calanolides, sont isolées à partir d’un arbre originaire de Malaisie 2.
Qui eût jamais songé que cet arbre extrêmement répandu en lisière des plages tropicales, et qui avait déjà fourni à la cosmétologie une huile appréciée, s’inscrirait un jour au « top niveau » dela recherche contre le sida ?
D’autres espèces repérées pour leurs propriétés antivirales font également l’objet de
recherches intenses, quoique moins avancées. Rappelons néanmoins que l’ AZT, premier
médicament du sida, aujourd’hui obtenu par synthèse, fut initialement fabriqué à partir du sperme de hareng…
Par ces exemples empruntés à la thérapeutique d’une maladie grave et récente, on voit le
poids important que représentent les substances naturelles dans les stratégies thérapeutiques en cours d’évaluation. Quant à la prévention du sida, est-il besoin de souligner qu’elle recourt aux préservatifs en latex, autre substance d’origine naturelle. Ainsi la nature est-elle fortement sollicitée face à une maladie qui mobilise désormais des milliers de chercheurs à travers le monde.

Pour le cancer, des scénarios analogues sont déployés ; mais, ayant débuté beaucoup plus tôt, les recherches ont d’ores et déjà abouti à la diffusion de plusieurs médicaments importants.
Ainsi la nature est-elle sollicitée, et ce, depuis la nuit des temps, pour fournir à l’homme des armes thérapeutiques que les progrès de la recherche rendent de plus en plus sophistiquées.

La première moitié du xxe siècle fut largement consacrée à la mise au point de médicaments de synthèse. L’on pensait alors que ceux-ci finiraient par remplacer peu à peu toutes les vieilles préparations à base de plantes qui, dans leurs flacons ou leurs bocaux, faisaient le charme des officines d’autrefois. Mais la découverte de la réserpine au début des années 50 allait infléchir ce scénario. Cette molécule issue d’un arbrisseau de l’Inde (Rauwolfia serpentina) révéla des propriétés « tranquillisantes », selon le terme inventé par F. Youkman et qui désigne aujourd’hui la vaste série des benzodiazépines. Elles justifiaient l’usage courant des racines de cette plante
que Gandhi, dit-on, consommait chaque soir sous forme d’infusion. On s’interrogea alors sur les trésors que devaient recéler les pratiques traditionnelles des divers continents qui, en matière thérapeutique, avaient largement recours aux plantes. On entreprit donc de les explorer.

Mais, le « progrès » pénétrant partout, y compris dans les milieux et les ethnies les plus
isolés, le savoir des chamans, des tradipraticiens et autres guérisseurs est de moins en moins transmis aux jeunes générations « branchées » sur leurs transistors jusqu’au fin fond des jungles les plus reculées. Et l’étrange phénomène qui, par une révolution dont on n’a sans doute pas encore mesuré toutes les conséquences, fait des enfants de ce siècle les formateurs de leurs parents, et non plus l’inverse, s’étend désormais à l’ensemble de la planète. De sorte que « ceux qui savent » disparaissent sans transmettre leur savoir à leurs descendants. Des pans entiers de la connaissance basculent ou risquent ainsi de disparaître dans l’oubli et l’on conçoit d’autant
plus la validité d’une jeune discipline, l’ethnopharmacologie, qui s’emploie à sauvegarder ces savoirs ancestraux. Par là sont aujourd’hui repérées, répertoriées et consignées partout dans le monde des plantes réputées actives et dont il appartient à la science moderne de préciser les propriétés et les usages – une tâche à laquelle s’emploient d’innombrables laboratoires publicsou privés.
Plus récemment, l’irruption du génie génétique a imprimé un nouvel élan à l’effort de
prospection. On a vu de grandes multinationales effectuer des collectes de plantes censées contenir des gènes intéressants, susceptibles d’être réutilisés sous forme de plantes transgéniques. Ces entreprises – Monsanto à leur tête – ont ainsi entrepris d’écumer littéralement la planète, passant au peigne fin les jungles les plus hostiles. Les modes d’approche varient, mais relèvent toujours de trois types de stratégie : le premier vise à récolter systématiquement toutes les plantes rencontrées dans les milieux prospectés, comme on le fit voici plus de trente ans pour la recherche de nouveaux « anticancéreux » ; le second s’appuie sur des recherches
ethno-pharmacologiques effectuées à partir du savoir des guérisseurs, souvent abusivement approprié, au demeurant, sans que ces derniers ou leurs ethnies en tirent en retour quelque bénéfice que ce soit ; le troisième vise à limiter la collecte aux seules plantes appartenant à des « familles phares » connues pour leur richesse en molécules pharmacologiquement actives. Les chances de tomber sur une molécule intéressante s’en trouvent du coup accrues.
Ces trois types de prospection sont souvent menés simultanément et doivent être considérés comme complémentaires. Ainsi l’approche ethnopharmacologique, quoique plus lente et exigeant de solides connaissances en ethnologie, permet d’augmenter significativement le rythme des découvertes, comme le montrent les recherches effectuées par Mickael Balick
auprès des guérisseurs du Belize. Il signale que sur cent trente et une espèces recueillies auprès de ceux-ci, quatre se sont révélées de puissants agents de relaxation des muscles vasculaires, manifestant par conséquent des propriétés hypotensives. En revanche, sur un nombre égal d’espèces récoltées au hasard, aucune n’a produit d’effet comparable.
Ce travail de terrain accompli, l’aventure se poursuit au laboratoire : les progrès de la chimie extractive et de la chimie de synthèse permettent d’obtenir rapidement les molécules contenues dans ces plantes, d’en déterminer la structure, de les reproduire si possible par synthèse, et de tester leurs activités pharmacologiques. Puis ces molécules sont copiées et des homologues de synthèse voient le jour en vue d’améliorer leurs performances thérapeutiques ou de diminuer leurs effets secondaires indésirables. Ainsi s’accumulent des banques de molécules très fournies dont les réserves sont puissamment démultipliées par les techniques modernes dites de « synthèse combinatoire », celles-ci conduisant à la fabrication automatisée par robot de milliers
de substances artificielles voisines d’un modèle dont elles ne diffèrent que par quelques menues modifications. Ces molécules sont ensuite soumises à des tests pharmacologiques, eux-mêmes robotisés à grande échelle. Bref, les molécules présentes dans les plantes et leurs analogues synthétiques sont soumises à des robots sommés de faire connaître dans les plus brefs délais l’éventuel intérêt pharmacodynamique révélé par tel ou tel test.
Des milliers et des milliers de plantes ont ainsi été disséquées, analysées, testées, et leurs
molécules synthétisées sans que beaucoup d’entre elles aient pour autant émergé en
thérapeutique. Seules quelques dizaines de molécules et donc quelques dizaines de plantes ont réussi à survivre à ces impitoyables screenings qui laissent en chemin une infinité de végétaux rejetés ou de molécules orphelines : soit que n’aient pas été confirmés lors des essais cliniques les espoirs suscités par les essais pharmacologiques ; soit encore que la synthèse des molécules étudiées soit difficile et coûteuse et que leur culture apparaisse parallèlement comme aléatoire ; soit enfin que par leurs effets elles ne réussissent pas à se hisser à un niveau de « service médical » suffisant qui leur ferait dominer la plupart des médicaments existants sur le marché dans la même classe pharmacologique. Car la compétition en la matière est d’autant plus sévère
que des médicaments plus performants voient sans cesse le jour, rendant la concurrence de plus en plus vive et parfois… sauvage !
Beaucoup d’espèces végétales dont il sera question ici – comme le ginkgo, le ginseng ou le
millepertuis… – n’ont pas encore livré la totalité de leur composition chimique. Si leurs effets pharmacologiques et cliniques ont pu être démontrés par des tests appropriés, les molécules responsables de ces activités restent encore partiellement inconnues. Dès lors, il est nécessaire d’avoir recours à des extraits aux multiples composants. Or il est difficile, pour de tels extraits,
d’obtenir une autorisation de mise sur le marché, les États-Unis privilégiant la molécule
chimiquement définie et l’Europe n’étant pas loin de les suivre. Autant dire que les chances d’émerger, pour une plante dont les effets sont incontestables mais dont la composition demeure mystérieuse, sont pratiquement nulles…
Pourtant, un public de plus en plus large a recours aujourd’hui aux médicaments naturels. Les officines regorgent de gélules en tout genre, d’ailleurs souvent disponibles en d’autres points de vente, notamment dans la grande distribution. Si la qualité pharmacologique de ces médicaments peut parfois être mise en doute, il n’empêche qu’ils témoignent d’un appétit des consommateurs que les professionnels de la santé ne sauraient ignorer. Il nous a toujours semblé que, pour bon nombre de ces produits, un effort de moralisation s’imposait, en particulier une rigoureuse évaluation scientifique de leurs effets afin d’éviter à des consommateurs confiants les déboires d’une médication insuffisamment active et aux propriétés parfois discutables.
À l’heure où les progrès scientifiques et technologiques en matière de médicaments vont bon train, il nous a paru utile d’évoquer les grandes tendances qui se dessinent aujourd’hui en ce domaine des médicaments issus de la nature : extraits ou molécules déjà sur le marché ou susceptibles d’y figurer dans les années à venir en raison des tests pharmacologiques et cliniques en cours. Certes, il est actuellement de bon ton de nous rebattre les oreilles avec les miracles annoncés de la thérapie génique, censés finir par ravaler au magasin des accessoires tous les médicaments classiques. S’il est hors de question de nier les espérances justifiées que peut faire
naître le génie génétique appliqué au monde du médicament, il faut néanmoins bien se souvenir que les espoirs suscités par les thérapies géniques ne pourront se concrétiser que dans un avenir plutôt lointain et largement aléatoire, les déboires ayant jusqu’ici été en ce domaine plus nombreux que les succès…
D’autres voies radicalement nouvelles se présentent encore à nous, comme les médicaments issus des êtres peuplant le milieu marin ou du venin des animaux. Dans ces deux domaines fortement prospectifs, la recherche s’annonce prometteuse. Mais l’on s’intéressera aussi à des plantes jusqu’ici écartées du domaine thérapeutique en raison des dégâts désastreux qu’engendre
le mauvais usage qu’on en fait, mais qui sont pourtant aujourd’hui candidates à devenir des médicaments : tel est le cas, par exemple, du tabac ou du cannabis. On s’interrogera aussi sur l’avenir des antibiotiques, de moins en moins efficaces, confrontés qu’ils sont à des résistances bactériennes de plus en plus fréquentes. Cette arme formidable de la médecine va-t-elle s’émousser ? Saura-t-on éviter les décès par septicémie, de plus en plus fréquents dans les hôpitaux où se concentrent désormais des souches bactériennes résistant à tous les antibiotiques ? Quelles perspectives de renouveau en ce domaine où la recherche bat aussi son plein ?
Autant de questions qui font aujourd’hui l’actualité du médicament. À une bonne part d’entre elles, en tout cas, les réponses nous viendront de la nature.
Il est difficile d’évaluer avec précision la part des médicaments d’origine naturelle dans la thérapeutique mondiale. Celle-ci est estimée à 40 ou 50 % des médicaments mis sur le marché.
Parmi ceux-ci, les deux tiers proviennent de plantes, 5 à 10 % d’animaux, 20 à 25 % de microorganismes.
Si l’on y ajoute les molécules directement inspirées de modèles naturels mais
légèrement modifiées par synthèse, le chiffre global des remèdes naturels ou directement inspirés de la nature s’élèverait à environ 60 % de l’ensemble des médicaments actuellement utilisés.

Comme on le voit, la nature n’a vraiment pas dit son dernier mot !


1 Ancistrocladus korupensis.
2 Calophyllum inophyllum.


CHAPITRE PREMIER
Quand l’aspirine retrouve une nouvelle jeunesse…

suite… PDF

« Nous sommes face à une forme de crime organisé »


Santé au travail par Annie Thébaud-Mony

http://i1.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2017/12/Annie-Th%C3%A9baud-Mony-directrice-de-recherches-au-CNRS.jpg?resize=610%2C214

Par Caroline Castets – Le Nouvel Économiste 

LLP
Comme l’explique parfaitement cet article, de graves problèmes concernent les salariés et leur santé au travail. Premièrement, les dirigeants des entreprises ne respectent absolument plus aucune loi, mais à la rigueur pourquoi pas, chacun à la liberté de respecter ou non les lois. Ce qui est plus inquiétant, voire même effrayant, c’est la passivité des pouvoirs publics qui ne font rien malgré des morts quotidiennes ainsi que des maladies graves du aux conditions exécrables de travail. On a vu la ministre actuel de la santé, ex salariée de Big Pharma, Madame Agnès Buzyn, remuer ciel et terre et imposée 11 vaccins à 65 millions de Français en à peine quelques jours au pouvoir, avec des conséquences financières certaines sur le budget de la Sécu, tout ceci pour quelques morts dus à la rougeole ou à la rubéole, mais dès qu’il s’agit de de 700 morts parents dus aux accidents de travail sans oublier ceux victimes de l’amiante, il n’y a plus personne pour faire quoi que ce soit de sérieux et d’efficace !

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…  

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de « pur cynisme industriel » dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

« Je viens de refuser la Légion d’honneur parce que ce n’est tout simplement pas le type de reconnaissance que j’attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi.

Car pour l’heure, en ce qui concerne la santé et la sécurité, le code du travail n’est pas appliqué. Il pose un certain nombre de principes qui ne sont pas respectés, à commencer par le principal : l’obligation faite depuis plus d’un siècle aux employeurs de garantir la santé de leurs salariés. Cette obligation a pourtant été rappelée à l’occasion du drame de l’amiante en 2002, l’affaire ayant débouché sur une certaine prise de conscience en montrant qu’il existait un réel problème de prévention face à un risque qui, pourtant, était identifié depuis longtemps. En prenant la mesure de cette catastrophe sanitaire, la Cours de cassation a réactivé cette obligation des employeurs d’assurer la santé des salariés au quotidien.

Or je constate chaque jour que, sur ce plan, rien n’a changé. Que nous restons face à une situation d’urgence sanitaire qui n’est absolument pas prise en compte par les politiques. Voilà pourquoi j’ai refusé la décoration qui m’a été proposée. Parce qu’elle aurait dû intervenir au terme de mon travail ; en marquer l’aboutissement. Et comment parler d’aboutissement alors que perdure cette situation d’urgence, que l’on attend encore que des décisions soient prises et des mesures adoptées ? Tant qu’il en sera ainsi, je ne pourrai ni me reposer, ni recevoir une médaille.

Sécurité versus rentabilité
Non seulement il n’y a aucune amélioration mais l’on voit s’installer chez les entreprises un discours fataliste fondé sur l’argument de la crise économique et consistant à dire : vu la situation catastrophique, nous avons d’autres priorités que d’améliorer les conditions de travail. Ce raisonnement prouve que la sécurité des salariés est perçue comme une dépense, non comme un investissement et que, dans un contexte tendu, elle devient une sorte de luxe que les entreprises estiment ne pas avoir les moyens de s’offrir.

Pire, elle est perçue comme une option alors qu’encore une fois, il s’agit d’une obligation. Résultat, ceux qui, comme moi, militent pour une autre gestion des risques sont uniquement perçus comme cherchant à alourdir les charges de l’entreprise. Pourtant on oublie une chose essentielle : c’est que l’assurance maladie – et par conséquent le contribuable – finance la négligence des industriels. Il faut savoir que dans le domaine des pathologies lourdes liées à l’environnement de travail, certains médicaments valent 1 000 euros la dose. Ce qui explique que les maladies professionnelles représentent chaque année des dépenses de plusieurs milliards d’euros.

À défaut de parvenir à se faire entendre sur l’aspect humain de la situation, je n’hésiterai pas à avancer cet argument économique auprès des pouvoirs publics pour dénoncer l’attitude moyenâgeuse de certains industriels pour qui les gains escomptés de certaines réductions de coûts d’exploitation légitiment tout, y compris la mise en danger de la vie d’autrui.

Impunité
Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle s’est jusqu’à maintenant accompagnée d’une impunité totale. Celle-ci vient d’être remise en question il est vrai avec le jugement rendu contre AZF mais il aura fallu une catastrophe exceptionnelle et onze années d’un procès exceptionnel pour y parvenir, alors qu’on dénombre chaque jour en France deux morts par accident du travail, une dizaine des suites d’un cancer lié à l’amiante et, chaque année, des milliers d’autres décès liés au cocktail de cancérogènes et toxiques en tous genres que les travailleurs respirent et, au-delà, les riverains des usines, des centrales nucléaires, des lignes à haute tension, etc.

Pour illustrer la dangerosité de certains lieux de travail, il y a ce cas récent de deux salariés partageant un même bureau sur le site d’une centrale nucléaire et atteints tous deux d’une tumeur au cerveau. Ce type de concordance est fréquent et lorsque l’on commence à enquêter, il n’est pas rare que l’on découvre d’autres cas atteints de la même pathologie, ce qui rend le lien avec l’environnement de travail évident. Comme c’est le cas chez les dockers. Parmi les 130 dockers du port de Nantes – qui manipulent en continu et sans protection les caisses de bois traitées aux pesticides, les bananes traitées au chlore et la ferraille qui dégage de l’oxyde de fer – 35 cas de cancers du rein ont été dénombrés. Je ne vois pas comment, avec une telle proportion, on peut encore parler de hasard.

Travail de lobbying
Pour établir des liens entre environnement de travail et cancers, nous avons mené un travail dit de systématisation face à l’exposition, en nous appuyant sur des données chiffrées. C’est essentiel pour établir ce qu’on appelle des présomptions d’imputabilité permettant au salarié qui développe une pathologie correspondant à une exposition propre à l’entreprise dans laquelle il travaille de la voir instantanément reconnue comme maladie du travail. Notre retard dans ce domaine s’explique par le fait que, pour établir ce type de tableau des maladies professionnelles, il faut un accord entre patronat et syndicat, ce à quoi, en France, un conflit d’intérêts évident nous empêche de parvenir.

Et pour cause : les experts du patronat emploient toute leur énergie à nier l’évidence. Exemple : on n’a toujours pas pu faire inscrire le cancer du larynx dans le tableau des maladies professionnelles alors qu’on le sait directement lié à une exposition à l’amiante et qu’il a été reconnu comme tel par d’autres organisations sanitaires il y a dix ans déjà. Dans ce domaine, nous nous heurtons à un véritable travail de lobbying qui, pour moi, justifie de parler de crime organisé de la part des grands industriels et des experts, doublé d’une situation de non-assistance à personne en danger.

L’amiante
Le traitement de l’amiante, qui est le plus connu des cancérigènes, est révélateur de cet état de fait. Les premiers cas sont identifiés à la fin du XIXe siècle et, dès 1930, les industriels disposent de toutes les données scientifiques attestant de sa dangerosité. Trente ans plus tard, un chercheur américain rend ces données publiques et en 1971 les entreprises du secteur s’organisent pour entreprendre une véritable campagne de désinformation sur les effets sanitaires de l’amiante, le tabac devenant un formidable alibi invoqué pour expliquer les maladies contractées par les salariés et la notion d’“usage sécuritaire” de l’amiante étant avancée pour empêcher une réglementation sévère de son usage, ce qui n’est rien de plus qu’un slogan de propagande industrielle puisqu’il a été établi qu’une fois l’amiante extraite de la mine et réduite en poudre, il n’existait aucune possibilité de limiter sa dangerosité.

Et le déni continue. Pour preuve, cette véritable bataille judiciaire qui, de 1997 à 2012, a opposé mouvements associatifs et pouvoirs publics dans une affaire de déconstruction d’une ancienne usine de transformation d’amiante, à Aulnay-sous-Bois. Tout ce que demandaient les associations, c’était l’application stricte de la réglementation de 1993 sur l’enlèvement d’amiante, à savoir : le confinement total du site durant les travaux afin de limiter la poussière au maximum et donc, les risques de contamination. Pour obtenir qu’il en soit ainsi, autrement dit pour que la loi soit respectée et appliquée, il a fallu plusieurs procédures judiciaires et surtout, il a fallu que la société civile se mobilise. Sans cela, on aurait démonté l’usine sans aucune précaution, ce qui aurait mené à une contamination des populations environnantes.

La sous-traitance du risque
Les secteurs présentant le plus de risques pour la santé des salariés sont connus. Il s’agit de la chimie et du nucléaire, bien sûr, mais aussi du BTP, de la réparation automobile, du travail des métaux, de l’imprimerie et de toutes les formes de maintenance industrielle. Le point commun étant que, dans l’ensemble de ces secteurs, on sous-traite les risques. La situation est simple : les entreprises considèrent que, à partir du moment où une activité est sous-traitée, la gestion des risques qui y est liée ne relève plus de leur responsabilité mais de celle de l’entreprise sous-traitante.

Et c’est là que l’on se heurte à un vide juridique. Le travail étant prescrit aux employés d’une autre entreprise avec laquelle le donneur d’ordres entretient une relation client-fournisseur, cela modifie les relations de travail entre le dirigeant de la première entreprise et les salariés de la seconde et, de ce fait, déplace les responsabilités. A cette situation déjà pernicieuse s’ajoute le fait que, bien évidemment, le sous-traitant en charge de cette activité de maintenance aura obtenu le marché parce qu’il aura répondu à un appel d’offres qui, au final, privilégiera toujours l’entreprise pratiquant les tarifs les plus avantageux. Et où les entreprises qui pratiquent ces tarifs avantageux parviennent-elles à faire des économies pour réduire leurs coûts d’exploitation ? Toujours sur les mêmes postes : la prévention et la sécurité des salariés.

AZF
Le drame d’AZF est un parfait exemple des situations parfois hallucinantes que l’on peut rencontrer dans l’univers de la maintenance industrielle. Le site utilisait des dérivés chlorés après avoir eu recours, des années plus tôt, à des engrais. Or il existe une incompatibilité totale et bien connue entre les nitrates contenus dans les engrais et le chlore. Ces produits n’auraient donc jamais dû être en contact. Mais l’entreprise ayant sous-traité la gestion de ses déchets sans alerter les personnes en charge sur la nature des produits et résidus qu’elles manipulaient, nitrates et chlore ont fini par se retrouver dans un même hangar, ce qui a abouti à l’explosion dans les minutes qui ont suivi.

On sait que, au cours de l’enquête, Total a tout fait pour éviter que cette piste chimique soit retenue ; c’est pourquoi le fait que le procès ait finalement abouti à la condamnation de l’industriel pour ne pas avoir géré les risques liés à ses activités de maintenance – activités qu’il a sous-traitées sans donner aucune consigne de sécurité ni même aucune information – est essentiel.

Pour moi, cela fait d’AZF le premier procès de la sous-traitance qui, j’espère, servira d’avertissement à tous les industriels qui se montrent totalement irresponsables dès lors qu’il s’agit de gérer leurs déchets. Tant qu’on est dans la production, ils s’en tiennent à leurs obligations légales : ils protègent leurs salariés et leur outil de travail. Mais dès lors qu’il est question de déchets, ils ne veulent plus dépenser un euro en prévention et gestion du risque car pour eux, la gestion des déchets, c’est typiquement ce qui coûte et ne rapporte pas. Résultat : 80 % de la dose collective d’irradiation, en France, sont supportés par des salariés du secteur de la sous-traitance.

C’est pourquoi je m’apprête à présenter à Mme Duflot un cahier intitulé “Etat des lieux et propositions” dans lequel figure, entre autres, une demande de voir interdire le recours à la sous-traitance sur tout site dangereux, afin que le risque ne soit plus sous-traité mais géré en interne.

Stratégie de contournement
Chaque grande filière industrielle – la chimie, le nucléaire, la métallurgie… – a développé sur la gestion des risques une même stratégie de contournement par la sous-traitance, laquelle se traduit par une délégation du danger et de la responsabilité. Ceci, tout en incitant les entreprises de sous-traitance à réduire leurs coûts – et donc, à rogner sur la sécurité – afin de remporter leurs appels d’offres. Ce qui prouve que, pour l’heure, l’intérêt économique l’emporte sur la préservation de la vie humaine et confirme qu’en matière de santé et sécurité des salariés, nous sommes face à une forme de crime organisé.

Prenons l’exemple des centrales nucléaires qui sous-traitent des opérations à très hauts risques comme la décontamination des piscines où l’on refroidit les réacteurs – piscines qui, une fois vidées, restent tapissées de poussières radioactives. Il existe des robots capables de retirer une partie importante de ces poussières mais ils coûtent cher et c’est pourquoi beaucoup de responsables du secteur refusent de les utiliser, préférant sous-traiter ce travail à des ouvriers qui se retrouvent à genoux au fond de la piscine avec un chiffon ! Bien sûr ils portent une combinaison mais la combinaison protège contre l’inhalation de la poussière.

Pas contre l’irradiation. Même chose chez France Telecom qui, durant des années, a installé un peu partout – sur les lignes, les poteaux, chez les abonnés… – des millions de parasurtenseurs contenant des sources radioactives. Lorsque l’utilisation des sources radioactives a été interdite, en 1978, rien n’a été fait pour les retirer et les salariés n’ont pas été avertis de leur dangerosité, si bien que beaucoup ont été irradiés. La situation a été dénoncée à plusieurs reprises et à plusieurs reprises France Télécom est parvenu à étouffer l’affaire.

Cynisme
Lorsque j’ai été auditionnée au comité sur la transparence du nucléaire sur la question de la sous-traitance, j’ai livré toutes ces informations en m’appuyant sur les différentes études attestant de l’exposition des travailleurs de ce secteur à un risque avéré. A la fin de la séance, les industriels ont expliqué que, si tout allait bien, ils seraient en mesure de réduire la sous-traitance dans quelques années ; ce qui n’est rien d’autre que la manifestation d’un cynisme intolérable. La preuve qu’une fois de plus, ils pensent et agissent dans un sentiment d’impunité total. Paradoxalement, ils sont plus prudents sur les questions environnementales – sans doute parce que plusieurs cas récents, comme le procès de l’Erika, ont prouvé qu’ils s’exposaient dans ce domaine à un véritable effet boomerang – que sur celles de la préservation de vies humaines et même de la protection de certaines populations. Le comble étant que, pour économiser sur la prévention et la sécurité, ils sont prêts à engager des sommes folles dans des études scientifiques censées apporter la preuve qu’il ne se passe rien.

Crime industriel et désastre volontaire
Le fait que les industriels soient conscients des risques liés à leur activité et qu’en toute connaissance de cause ils y exposent certains salariés fait qu’il ne s’agit plus seulement de négligence mais d’une véritable organisation de la déresponsabilisation. Cela fait trente ans que je cherche à dénoncer cette réalité ; à rendre visible une situation que, côté industriels, tout le monde s’emploie à dissimuler et dont, de toute évidence, les pouvoirs publics n’ont toujours pas pris la mesure. C’est pourquoi je m’apprête à adresser au gouvernement des propositions très concrètes dont une visant à modifier le code pénal pour y introduire les notions de crimes industriels et de désastre volontaire sur lesquelles un tribunal italien a récemment condamné deux industriels de l’amiante, non seulement à verser de fortes indemnités mais aussi à des peines de prison fermes.

Introduire ces deux notions dans le code pénal français, voire européen, impliquerait que, dès lors qu’un risque est connu, y exposer qui que ce soit fasse l’objet de sanctions pénales. Cela permettrait d’aller au-delà de la notion déjà existante de mise en danger de la vie d’autrui – qui doit être démontrée pour chaque plaignant – en plaçant d’emblée la plainte sur un niveau collectif. Comme cela a été le cas en Italie où la notion de désastre volontaire a été instruite pour quelque 6 000 parties civiles et où le procureur en personne a ouvert l’instruction, permettant à la justice italienne de s’autosaisir de ce drame de l’amiante. Alors qu’en France, cela fait quinze ans que le procès contre les industriels de l’amiante attend d’être ouvert.»


Bio express
La militanteSociologue du travail et chercheuse à l’Inserm, Annie Thébaut–Mony se spécialise dans les maladies professionnelles et la sécurité des salariés dès le début de sa carrière. Trente ans plus tard, elle continue à dénoncer, en bloc, les effets de l’amiante et de la radioactivité, l’inertie des pouvoirs publics et l’impunité des industriels dans un engagement sans faille qui, le 31 juillet dernier, la poussera même à refuser la Légion d’honneur.Directrice du Giscop (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), responsable d’un programme d’études comparées en santé du travail et membre de l’IRI (Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux) elle est, en outre, présidente de l’association Henri Pézerat sur les liens entre santé, travail et environnement, porte-parole de BAN Asbestos France, un réseau international de lutte contre l’utilisation de l’amiante et auteure de plusieurs ouvrages sur la santé au travail dont L’Industrie nucléaire, sous-traitance et servitude paru en 2000 et, 7 ans plus tard, Travailler peut nuire gravement à la santé.


Par Caroline Castets – Le Nouvel Économiste 

REFUSONS L’OBLIGATION VACCINALE — jbl1960blog


Ce sera un bon début ! UNION + RÉFLEXION + ORGANISATION = ACTIONS COLLECTIVES HORS INSTITUTIONS Contre l’oligarchie et le Nouvel Ordre Mondial EnMarche la solution c’est une grève générale illimitée et expropriatrice et dans le même temps notre organisation au niveau local puis en associations libres et volontaires pour instaurer la société des sociétés. […]

via REFUSONS L’OBLIGATION VACCINALE — jbl1960blog

La presse aux ordres


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neo-nutrition.net

Face à la colère populaire sur les vaccins, Macron sent que les choses lui échappent. Alors il devient vicieux.

Cette semaine il a appelé ses copains oligarques pour lancer une campagne de presse contre nous.

Libération, Le Monde, Huffington Post…

Devinez à qui appartiennent ces journaux qui essaient de discréditer les opposants aux onze vaccins obligatoires ?

  • Libération fait son gros titre sur nous le 12 juillet – propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, intime des Macron ;
  • Le Monde traite de menteur mon collègue Jean-Marc Dupuis le même 12 juillet – propriété de Xavier Niel et de Pierre Bergé, les premiers financeurs de la campagne de Macron ;
  • Le Huffington Post qui répand sa haine contre moi et les rebelles qui refusent d’empoisonner leurs enfants avec des vaccins à l’aluminium – propriété d’un autre oligarque français ami de Macron, le banquier Mathieu Pigasse.
  • Le Monde relance la machine à lyncher le 14 juillet en nous accusant à la une de « semer le doute dans la société » – propriété de qui vous savez…

Mais le prix de l’indécence absolue revient à…

… Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, qui perd ses moyens sur Twitter :

Quelle honte ! Pour qui se prend-elle ? Cette dame a été payée pendant des années par des laboratoires pharmaceutiques. Et pas comme chercheuse, non… mais comme membre de leurs conseils d’administration. C’est donc une ancienne patronne de Big Pharma ! C’est une technocrate, qui n’a jamais été élue, irresponsable politiquement…

En plus elle est connue pour justifier publiquement les conflits d’intérêt des chercheurs. Ça veut dire qu’elle admet qu’un scientifique payé par les labos a le droit d’évaluer si un médicament de ce labo peut être mis sur le marché français ! Juge et partie…

Et elle ose nous reprocher de douter de ses conseils sur les vaccins obligatoires ?!

Quand on grimpe au cocotier, il faut avoir les fesses propres

C’est encore Agnès Buzyn, la ministre de Macron, qui déclarait le 12 juillet dans Libération : « En France, pays d’Europe du Sud, on a une population parfois rebelle, qui peut être rétive aux consignes de l’Etat ».

Oui nous sommes des rebelles, des insoumis ! Nous sommes un peuple qui ne se laisse pas manipuler. Il ne faut pas nous raconter des salades, Madame la Ministre-payée-par-Big-Pharma

Pour faire reculer Macron signez MAINTENANT la grande pétition contre l’injection obligatoire des onze vaccins (cliquez ici)

Objectif 1 million de signatures avant le 24 juillet

Bien cordialement,

Bertrand Goteval

PS : Ne vous y trompez pas – les fanatiques sont au gouvernement et dans les journaux !

Souvenez-vous que pour eux « la vaccination, ça ne se discute pas. » Ils ne tolèrent pas la différence de point de vue. Ils fuient le débat car ils savent que la science est contre eux. Ils tentent donc de passer en force.

Mais attention… ce n’est pas la science qui les arrêtera. Vous seul, citoyens en colère, pouvez les stopper avant qu’il ne soit trop tard.

Les générations futures comptent sur vous.


Sources :


Les informations de cette lettre d’information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d’information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie.

Néo-nutrition est un service d’information gratuit de Santé Nature Innovation (SNI Editions).
Pour toute question, rendez-vous ici.

Service courrier : Sercogest, 44 avenue de la Marne, 59290 Wasquehal – France

Adnane Remmal (chercheur marocain) a trouvé une alternative naturelle aux antibiotiques


lelibrepenseur.org

Excellente nouvelle que cette découverte qui va révolutionner la lutte contre les infections nosocomiales meurtrières (centaines de milliers de morts par an dans le monde !). D’autant que cette découverte sera beaucoup moins coûteuse et donc plus accessible pour tous. Il n’est pas étonnant que ce genre de travaux se fasse en Afrique, territoire pas encore détruit par le paradigme du profit et dans lequel Big Pharma n’est pas encore maître des lieux. On imagine que ces voyous de l’industrie pharmacochimique vont tout faire pour anéantir cette découverte afin de ne pas perdre le bénéfice de leur fumeux antibiotiques excessivement coûteux et qui pourtant ne servent à rien aujourd’hui.


Professeur en biologie à l’université de Fès, Adnane Remmal a reçu le prix de l’inventeur 2017 de l’Office européen des brevets.

Il est parvenu à « redynamiser » des antibiotiques que la résistance des bactéries avait rendu inopérants grâce aux huiles essentielles et vise à terme, à les remplacer par ces extraits de plantes. Portrait.

DIAGNOSTICS NÉFASTES


https://i2.wp.com/www.thebookedition.com/55650/diagnostics-nefastes.jpg  https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4d/FrancoiseBerthoud.jpg/220px-FrancoiseBerthoud.jpg

Auteur: Dr Françoise Berthoud

Ouvrage: DIAGNOSTICS NÉFASTES-Médecine, mensonges et gros sous.

Édition augmentée en juin 2014

arbredor.com

PRÉFACE
Françoise Berthoud, une pédiatre indignée
Pédiatre de formation, chercheuse de vérité par
vocation, Françoise Berthoud, affiche aujourd’hui le
profil de la grand-mère idéale. Comment imaginer
que sa simplicité, sa gentillesse et son regard mali
-cieux cachent une indignation du meilleur cru? Il n’y
a rien de dogmatique chez elle. Ouverte au dialogue,
elle est toujours prête à remettre en question toutes
les certitudes, les siennes aussi bien que celles des
autres. Son esprit curieux l’a poussée à se rapprocher
des médecines complémentaires, puis à se former en
homéopathie.
Son cabinet à Genève était un haut lieu d’échanges
et de ressourcement pour les familles, un centre de
perfectionnement pour les mamans en cours d’em
-ploi. En cas de maladie, les enfants fréquentaient peu
le cabinet, c’étaient les mamans qui les soignaient
sous la supervision du médecin.
Soucieuse de solidarité, Françoise a pratiqué le
monde, de l’Afrique du Sud à l’Amérique du Sud, en
passant par le Mexique, l’Irlande ou le Portugal. Sa
rencontre avec d’autres cultures l’a confirmée dans
sa remise en question de notre mode de vivre et notre
façon de nous soigner.
Dans les années quatre-vingts, elle jette, non sans
douceur, son premier pavé dans l’océan des certi
-tudes médicales, avec un petit ouvrage évoquant ses
doutes sur l’utilité des vaccinations infantiles.
Elle étend sa critique à d’autres domaines de la
médecine pédiatrique et publie, en 2005, un livre
au titre provocateur: Mon enfant a-t-il besoin d’un
pédiatre? Petit manuel des parents autonome. Elle
livre, avec cet ouvrage, un concentré de son expé
-rience de pédiatre contestataire, accompagné d’un
florilège de conseils de bon sens.
Elle continue d’écrire et le titre qui paraît
aujourd’hui est parfaitement iconoclaste. Il ébranle le
socle de quelques idoles de la médecine d’aujourd’hui,
des idoles qui sont aussi des vaches à lait. Le chapitre
sur les troubles de l’attention remet en question la
généralisation de l’emploi d’amphétamines chez les
enfants turbulents et propose des alternatives. Pour
l’autisme, l’accent est mis sur les causes possibles et
des mesures préventives sont proposées.
Cholestérol, Sida et Alzheimer sont des affections
qui ne concernent pas les enfants, mais qui justifient
bien un coup de gueule. Il vaut la peine d’en prendre
connaissance, car Françoise Berthoud affirme, à juste
titre, que la prétendue maladie d’Alzheimer et la
stigmatisation du taux élevé de cholestérol sont des
mythes lucratifs qui profitent aux pharmas. Le cha
-pitre sur le SIDA mérite aussi notre attention, car il
révèle bien les incohérences de la théorie du virus,
mais le lecteur restera sur sa faim car personne ne
peut dire pour l’instant qu’il faudrait renoncer à
toute protection, ni que les sidéens devraient se soi
-gner d’une autre façon.
Les remises en question proposées par cet ouvrage
sont fondamentales, nul n’est contraint de les adop
-ter, mais il est nécessaire qu’elles soient entendues.
La recherche médicale se meurt étouffée par ses
certitudes, mais en science, seul le doute est fécond.
Qui est sûr d’avoir toujours raison ne peut plus rien
apprendre.
Dr François CHOFFAT
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Perturbateurs endocriniens – 100 scientifiques dénoncent la politique de l’Union européenne en matière de santé publique — Le Blog de la Résistance


Près de 100 scientifiques réputés ont signé une tribune dénonçant la stratégie des industriels, qui orientent la politique de Bruxelles en matière de santé publique et d’environnement. Jusqu’à quand la dangerosité des perturbateurs endocriniens sera-t-elle minimisée par les instances politiques ? Jusqu’à quand les industriels parviendront-ils à imposer leur calendriers et leurs choix en matière de […]

via Perturbateurs endocriniens – 100 scientifiques dénoncent la politique de l’Union européenne en matière de santé publique — Le Blog de la Résistance

Qui aime bien, vaccine peu !


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Auteur : GROUPE MÉDICAL
DE RÉFLEXION SUR LES VACCINS

Ouvrage : Qui aime bien,vaccine peu !
Préface de Michel Georget

 

 

Préface
Il semble que les vaccinations n’aient pas eu le rôle majeur qu’on leur
attribue, mais que l’amélioration des conditions de vie et de l’hygiène
générale a été le facteur déterminant dans la régression des maladies
infectieuses.
Plusieurs études relient des maladies auto-immunes à certaines
vaccinations. Est-il raisonnable de vacciner un enfant pour lui éviter les
oreillons, dont il guérirait sans problème, mais de lui faire courir le risque
d’un diabète qu’il gardera toute sa vie ? Tout aussi discutable est la
vaccination contre l’hépatite B dans nos pays de faible prévalence,
compte tenu du risque de la survenue d’une maladie neurologique grave.
Restons lucides et tentons, pour toute maladie, de réfléchir à son
importance, sa gravité, son mode de transmission, ses moyens de
traitement, et de considérer en parallèle l’efficacité du vaccin, sa durée de
protection et, surtout, ses effets secondaires dont le recensement est
souvent négligé.
À partir de là, un choix éclairé est possible. Dans cette perspective,
l’ouvrage que vient de réaliser le groupe de médecins de Suisse romande
sera un guide très utile pour alimenter la réflexion des familles et de leurs
praticiens.

Michel Georget
Auteur de Vaccinations, les vérités indésirables,
Éditions Dangles, 2000
Agrégé de Biologie,
Professeur honoraire des classes préparatoires aux Grandes Écoles

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Qui aime bien vaccine peu.pdf

HOMMAGE à SYLVIE SIMON


Sylvie Simon est décédée le 8 novembre 2013

Sylvie Simon était auteur et journaliste. Elle a écrit plusieurs romans et de nombreux ouvrages sur divers sujets. Depuis quelques années elle s‘est spécialisée dans le domaine de la Santé et celui des dérives de la Médecine. Sylvie Simon se battait contre la désinformation et les sophismes en matière de santé et d’écologie, sujets de brûlante actualité.

http://www.sylviesimonrevelations.com/