ARMES SILENCIEUSES POUR GUERRES TRANQUILLES – Silent weapons for quiet wars


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Publié en annexe du livre :

« Behold a pale horse » de William Cooper, Light Technology Publishing, 1991

Le document suivant, daté de Mai 1979, a été trouvé le 7 Juillet 1986 dans un photocopieur IBM acheté à une vente de surplus militaire.
Négligence ou fuite intentionnelle, il semble que ce document ait été en la possession des services secrets de l’US Navy.
Le document, par sécurité, ne porte pas la signature de l’organisation dont il provient. Mais des recoupements d’informations et de dates laissent supposer qu’il pourrait s’agir du Groupe de Bildergerg, un « club de réflexion » qui rassemble des personnes
extrêmement puissantes des mondes de la finance, de l’économie, de la politique, de l’armée et des services secrets.

Le document se présente comme un « manuel de programmation » de la société, apparemment destiné aux nouveaux membres
de l’organisation.

Ce document pourrait aussi avoir été écrit par un auteur de science-fiction inspiré, ou par un journaliste bien informé. Vrai ou faux, l’important est que les stratégies qui sont décrites ici sont très largement appliquées dans les orientations de l’économie
et de la société depuis 30 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation.

 

 

Bienvenue à bord
Cette publication marque le 25è anniversaire de la Troisième Guerre Mondiale, appelée
« guerre tranquille », et conduite en utilisant des armes biologiques subjectives, qualifiées
« d’armes silencieuses ».

Sécurité
Il est manifestement impossible de parler d’engineering social, ou d’automatisation d’une
société (engineering des systèmes d’automatisation sociale ou « armes silencieuses ») sur une
échelle nationale ou internationale sans impliquer de vastes objectifs de contrôle social et de
destruction de la vie humaine (c’est à dire d’esclavage et de génocide).
Ce manuel est en lui-même une déclaration d’intention de ce type. Un tel écrit doit être tenu à
l’abri du regard du public. Autrement, il pourrait être reconnu comme une déclaration formelle
et technique de guerre intérieure. De plus, dans le cas où une personne ou un groupe de
personnes dans une position de pouvoir importante utiliseraient une telle connaissance et une
telle méthodologie pour la conquête économique, il doit être compris qu’un état de guerre
intérieure existe alors entre ce groupe de personnes et le public.
La solution aux problèmes de notre époque requièrent une approche impitoyablement franche,
sans s’embarrasser de valeurs religieuses, morales, ou culturelles. Vous avez été sélectionné
pour ce projet en raison de votre capacité à regarder la société humaine avec une froide
objectivité, et encore d’analyser ou de discuter de vos observations et conclusions avec des
capacités intellectuelles similaires sans la perte de la discrétion ou de l’humilité. De telles
vertus sont exercées dans votre propre intérêt supérieur. Ne déviez pas d’elles.

 

 

Introduction historique
La technologie des armes silencieuses a évolué à partir d’Operations Research (O.R.), une
méthodologie stratégique et tactique développée par l’état-major militaire en Angleterre
durant la Seconde Guerre Mondiale. Le but original d’Operations Research était d’étudier les problèmes stratégiques et tactiques de défense aérienne et terrestre avec pour objectif l’utilisation effective de ressources limitées contre des ennemis étrangers.
Il fut bientôt reconnu par ceux en position de pouvoir que les mêmes méthodes pouvaient être utiles pour contrôler totalement une société. Mais de meilleurs outils étaient nécessaires.
L’engineering social (l’analyse et l’automatisation d’une société) requièrent la mise en relation d’une grande quantité d’informations économiques toujours changeantes, si bien qu’un système ultra-rapide de traitement de l’information était nécessaire pour prendre de vitesse la société, et prédire quand celle-ci sera parvenue à sa capitulation.
Les calculateurs à relais étaient trop lents, mais l’ordinateur électronique, inventé en 1946 par J.Presper Eckert et John W.Mauchly remplit la mission.
L’étape décisive suivante fut le développement d’une méthode de programmation par lignes en 1947, par le mathématicien George B. Dantzig.
Puis en 1948, le transistor, inventé par J. Bardeen, W. H. Battrain, and W. Shockley, promit le champ d’action de l’ordinateur à une expansion rapide grâce à la réduction de l’espace et de l’énergie nécessaires.
Avec ces trois inventions sous leur direction, ceux qui étaient en position de pouvoir
pressentirent fortement qu’il était possible pour eux de contrôler l’ensemble du monde en appuyant sur un bouton.
Immédiatement, la Fondation Rockfeller mit ceci en application en subventionnant un cycle d’études de 4 ans au Harvard College, fondant le Harvard Economic Research Project pour étudier la structure de l’économie américaine. Un an plus tard, en 1949, l’US Air Force se joignait au projet.
En 1952, la période d’études se termina, et une rencontre à haut niveau de l’Elite était conduite pour déterminer la prochaine phase des recherches en opérations sociales. Le projet Harvard avait été très fructueux, et quelques uns de ses résultats furent publiés en 1953, suggérant la possibilité d’un engineering socio-économique (*).
Avec la fusion nucléaire en 1954, la promesse de sources d’énergie illimitées à partir de
l’hydrogène lourd de l’eau de mer, et en conséquence la disponibilité d’un pouvoir social
illimité, était une possibilité éloignée de seulement quelques décennies.

La combinaison était irrésistible.

La Guerre Tranquille fut tranquillement déclarée par l’Elite Internationale lors d’une rencontre tenue en 1954.
Bien que le système des armes silencieuses fut presque conçu 13 ans plus tôt, l’évolution
de ce nouveau système d’armes n’a jamais souffert de revers ou de contretemps majeurs.
Ce volume marque le 25ème anniversaire du début de la Guerre Tranquille. D’ores et déjà, cette guerre intérieure a remporté beaucoup de victoires sur beaucoup de fronts à travers le monde.
(*) « Studies in the Structure of American Economy » (1953), par Vassili Leontief (directeur du Harvard
Economic Research Project), International Science Press Inc., White Plains, New York.

 

Introduction politique
En 1954, il fut bien reconnu par ceux en position de pouvoir que ce n’était qu’une question de temps, seulement quelques décennies, avant que le public ordinaire soit capable d’atteindre et de renverser le berceau du pouvoir, avant que les éléments essentiels de la nouvelle technologie des armes silencieuses soient accessibles pour une utopie publique comme elles le sont pour fournir une utopie privée.
La question de première importance, celle de la dominance, tourna autour du sujet des
sciences de l’énergie.

 

Energie
L’énergie est reconnue comme la clé de toutes les activités sur Terre. Les sciences naturelles sont l’étude des sources et du contrôle de l’énergie naturelle, et les sciences sociales, exprimées théoriquement à travers l’économie, sont l’étude des sources et du contrôle de l’énergie sociale. Toutes deux sont des systèmes de comptabilisation: des mathématiques. Par conséquent, les mathématiques sont la première science de l’énergie.
Toute science est essentiellement un moyen vers un but. Le moyen est la connaissance.
Le but est le contrôle. Au delà de ceci demeure une seule question: Qui sera le bénéficiaire?
En 1954, tel fut le sujet de préoccupation majeur. Bien que les soi-disant questions morales furent soulevées, du point de vue de la loi de sélection naturelle, il fut admis qu’une nation ou qu’une population mondiale qui n’utiliserait pas son intelligence ne seraient pas meilleurs que des animaux qui n’ont pas d’intelligence. De telles personnes sont des bêtes d’élevage par choix et consentement.
En conséquence, dans l’intérêt du futur ordre mondial, de sa paix et de sa tranquillité, il fut décidé de mener une guerre tranquille contre le public américain avec pour ultime objectif de déplacer l’énergie sociale et naturelle (richesse) de la masse indisciplinée et irresponsable vers les mains de quelques chanceux autodisciplinés et responsables.
Afin d’atteindre cet objectif, il était nécessaire de créer, de protéger, et d’utiliser de nouvelles armes qui, comme l’avenir le vérifia, étaient un type d’armes si subtiles et sophistiquées dans leur principe de fonctionnement et leur apparence publique qu’elles obtinrent le nom « d’armes silencieuses ».

En conclusion, l’objectif de la recherche économique, telle qu’elle est conduite par les
dirigeants du capital (banques) et des industries de biens et services, est l’établissement d’une économie totalement prévisible et manipulable.
Afin de parvenir à une économie totalement prévisible, les éléments des classes inférieures de la société doivent être amenées à un contrôle total, c’est à dire doivent être mises à la rue, placés sous un joug, et assignées à un devoir social à long-terme depuis le plus jeune âge,
avant qu’ils aient une opportunité de se poser des questions sur la propriété de la matière. Afin de parvenir à une telle conformité, la cellule familiale des classes inférieures doit être désintégrée au moyen d’un processus d’augmentation des préoccupations des parents.
La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Avec un tel handicap initial, même de brillants éléments des classes inférieures n’ont que peu d’espoir de s’extirper du lot qui leur a été assigné dans la vie. Cette forme d’esclavage est essentielle pour maintenir un certain niveau d’ordre social, de paix, et de tranquillité pour les classes supérieures dirigeantes.

 

Introduction descriptive des armes
silencieuses
Tout ce qui est attendu d’une arme ordinaire est attendu d’une arme silencieuse par ses
créateurs, mais seulement dans sa manière de fonctionner.
Elle tire des situations, au lieu de balles; propulsées par le traitement des données, au lieu d’une réaction chimique; tirant leur origine d’octets d’informations, au lieu de grains de poudre; à partir d’un ordinateur, au lieu d’un fusil; manipulée par un programmeur
d’ordinateur au lieu d’un tireur d’élite, sous les ordres d’un banquier au lieu d’un général
d’armée.

Elle ne produit pas de bruit d’explosion évident, ne cause pas de dommages physiques ou
mentaux évidents, et n’interfère pas de façon évidente avec la vie quotidienne sociale de
chacun.
Elle produit pourtant un immanquable « bruit », cause d’immanquables dommages physiques et mentaux, et interfère de façon immanquable avec la vie sociale quotidienne; ou plutôt, immanquable pour un observateur entraîné, pour celui qui sait quoi regarder.
Le public ne peut pas comprendre cette arme, et donc ne peut pas croire qu’il est attaqué et soumis par une arme.
Le public peut instinctivement sentir que quelque chose ne va pas, mais en raison de la nature technique de l’arme silencieuse, il ne peut pas exprimer son sentiment d’une façon rationnelle, ou prendre en main le problème avec intelligence. Par conséquent, ils ne sait pas comment crier à l’aide, et ne sait pas comment s’associer avec d’autres pour se défendre.
Lorsqu’une arme silencieuse est appliquée graduellement, les gens s’ajustent, s’adaptent à sa présence, et apprennent à tolérer ses répercussions sur leurs vies jusqu’à ce que la pression (psychologique via économique) devienne trop grande et qu’ils s’effondrent.
En conséquence, l’arme silencieuse est un type d’arme biologique. Elle attaque la vitalité, les options, et la mobilité des individus d’une société, en connaissant, comprenant, manipulant, et attaquant leurs sources d’énergie sociales et naturelles, ainsi que leur forces et faiblesses physiques, mentales, et émotionnelles.

 

Introduction théorique

« Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation,
et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. »
Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)

La technologie actuelle des armes silencieuses est une extension d’une idée simple
découverte, succinctement exprimée, et effectivement appliquée par Mayer Amshel
Rothschild. Mr Rothschild découvrit le composant passif manquant de la théorie économique,
connu sous le terme d’induction économique. Bien sûr, il ne pensa pas sa découverte en ces termes du 20è siècle, et l’analyse mathématique dut attendre la Seconde Révolution
Industrielle, l’avènement des théories physiques et électroniques, et finalement, l’invention de l’ordinateur électronique, avant d’être effectivement mise en application dans le contrôle de l’économie mondiale.

 

Energie : la découverte de Mr Rothschild

PDF : iCi

A l’origine des concepts de « droits sexuels » et d’ « éducation sexuelle »


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dondevamos.canalblog

Par Carl

Il est difficile de remonter à la source de cette dangereuse vague des « droits sexuels », même si on commence à savoir qu’elle date de la brillante époque d’Alfred Kinsey et de ses « recherches » largement critiquées aujourd’hui. Ce qui est le plus dérangeant avec ce concept, c’est qu’il considère les enfants comme des « êtres sexuels », dont la sexualité doit pouvoir s’exprimer en fonction de leurs « capacités évolutives« . Or, il s’agit d’une vieille revendication des lobbys pédophiles.

Pour y voir plus clair, rien de tel qu’une petite chronologie.

D’abord, il faut préciser que dans l’absolu, tout le monde est pour les « droits sexuels », évidemment, à part pour les pédophiles. Mais, lorsque les enfants sont inclus dans ces « droits sexuels », et qu’on considère que les enfants sont aptes à prendre des décisions d’ordre sexuel, on peut deviner une normalisation rampante de la pédocriminalité sous le couvert de ces droits sexuels.

A ce concept de « droits sexuels », il faut ajouter celui de l’ « éducation sexuelle », tout aussi pernicieux. Car là encore, tout le monde est pour l’éducation, et tout le monde veut que les adolescentes n’aient pas à avorter, donc on se dit que l’éducation sexuelle c’est bien. Cependant, quand on lit certains documents de référence comme les Standards pour l’éducation sexuelle de l’OMS (qu’on est en train de répandre en Asie), on est effrayé de constater qu’on va évoquer toutes sortes de pratiques sexuelles devant des enfants de maternelle, avec une vision de la sexualité très « pratique ». Pour mieux comprendre, je renvoie vers l’analyse d’Ariane Bilheran:

A. Bilheran – Standards pour l’éducation sexuelle en Europe – 26 avril 2017

 

Années 30 à 50 : l’entrée en jeu des fondations

Ce sont des fondations privées, comme les fondations Rockefeller ou Ford, appartenant aux magnats de l’industrie du même nom, qui ont financé les premiers travaux des précurseurs de l’éducation sexuelle, en premier lieu Alfred Kinsey.

Ces fondations privées, issues de l’argent amassé par des gens qui contrôlent de larges parts de l’industrie du pays, servent à financer le contrôle social via l’éducation et les services sociaux du pays, le tout dans l’intérêt du business, comme cela a été pointé par une commission d’enquête US dès 1915[1]. Ceci, alors que les magnats en question veulent éviter de payer le moindre impôt.

87583538_oOn a déjà évoqué assez longuement Alfred Kinsey et ce que certains qualifient encore de « recherches » au sujet de la sexualité humaine. Lui qui travaillait à l’origine sur les insectes s’est pris de passion pour les pires déviances sexuelles, pédophilie comprise, pour déterminer combien de temps il faut à un enfant pour avoir un orgasme. Il considérait aussi que la société est conditionnée à mal juger les pédophiles, et que c’est à cause de cette attitude que les victimes se sentent mal.

Kinsey passe toutefois pour une référence, même si on n’ose plus le citer dans les bibliographies. Pour diffuser les théories de Kinsey, il fallait une apparence sérieuse, et même scientifique, si bien qu’on a créé l’Institut Kinsey, qui faisait aussi des études à la commande pour des psychiatres, des psychologues, des spécialistes du travail social concernés par l’obtention de données sur les comportements sexuels…).

La fondation Rockefeller a été l’un des premiers et principaux donateurs, via le National Research Council[2] et son « comité pour la recherche sur les problématiques sexuelles : « La Fondation Rockefeller a subventionné le comité pour des recherches sur les problématiques sexuelles du National Research Council’s, pour un montant total de 1.755.000 $ de 1931 à 1954. Dans cette somme, les activités menées par le Dr Kinsey ont reçu 414.000 $ de 1941 à 1949, comme cela a été rapporté par la Fondation Rockefeller au Comité Reece » [3], écrivait Rene A. Wormser dans son livre « Foundations : Their power and influence« .

Si Kinsey a pu publier ses premiers ouvrages, c’est donc grâce à la fondation Rockefeller. Le Comité Reece a siégé de 1954 à 1956 afin d’enquêter sur les activités des fondations US qui bénéficiaient d’une exonération d’impôts. Un député s’est opposé à un volet de l’enquête : celui sur le financement de la fondation Kinsey, qui a été clos à peine ouvert avec les donations de la fondation Rockefeller.

Par ailleurs, Kinsey était très proche du directeur des Sciences Médicales de la fondation Rockefeller, un certain Alan Gregg, qui l’a toujours soutenu malgré les polémiques.

En 1948, Kinsey publie son premier tome sur la sexualité masculine, du moins une certaine vision de la sexualité masculine, « Sexual Behavior in the Human Male », avec l’argent de Rockefeller, mais quand des doutes commencent à se faire jour sur ses méthodes et que le scandale éclate, la fondation cesse ses donations annuelles à l’Institut Kinsey.

Dès les années 50, la fondation Rockefeller fonde le Population Council afin de financer de la recherche favorable la régulation de la population, et donc à l’avortement, à l’éducation sexuelle etc. Les chercheurs étaient choisis aussi dans des pays en développement afin d’y porter la bonne parole. La fondation Ford a vite rejoint le Population Council. Parmi les donateurs actuels de ce lobby, on trouve toujours la fondation Ford, mais aussi la fondation Bill & Melinda Gates, IBM, l’IPPF, la fondation Kellogg,  la fondation Nike, la fondation Packard, Save the Children, l’UNICEF, l’UNESCO, les gouvernements anglais, hollandais, suédois, norvégien, irlandais, danois, des USA.

 

1964 : Création du SIECUS, la grande offensive de l’éducation sexuelle

rubon58Le Dr Mary Calderone quitte la direction médicale du planning familial pour fonder SIECUS (Sexuality Information and Education Council of the United States) à New York, afin de développer l’éducation sexuelle. Calderone voit les enfants comme des « êtres sexuels » (car des recherches scientifiques ont découvert que des fœtus avaient des érections), dont la sexualité est mal comprise par les adultes en général, et les parents en particulier.

Calderone avait jusque-là milité pour le contrôle des naissances, et dans cette lutte pour l’éducation sexuelle, avec comme conséquence la sexualisation des jeunes et même des enfants, a bénéficié dès le départ de financements des fondations Ford et Rockefeller. Mais, une partie de l’argent venait aussi du ministère de l’Education.

Selon le Dr Judith Reisman, qui a travaillé sur l’Institut Kinsey, « faisant office de branche de l’éducation sexuelle pour l’Institut Kinsey, SIECUS transposait l’idéologie de Kinsey en programmes d’éducation sexuelle ». Les objectifs de cette éducation sexuelle ressemblent beaucoup à ce qu’on retrouve dans les Standards publiés par la branche européenne de l’OMS : apprendre aux enfants le sexe pour le plaisir, le détacher de la notion de mariage, normalisation de nombreuses pratiques comme la sodomie, la pornographie

C’est SIECUS qui a lancé l’idée que la sexualité est une partie de la santé humaine, idée qu’on retrouve dans les Standards comme dans la déclaration des droits sexuels, dont on verra dans un autre article comment ils sont mis en application dans les écoles françaises. Comme tout le monde a le droit à la santé, tout le monde a le droit à avoir sa sexualité. Soit, mais qu’en est-il des enfants et des pédophiles ? C’est là que ça coince : les enfants sont carrément intégrés à cette notion de « droits sexuels », et les pédophiles n’en sont pas exclus.

Dans les années 70, John D. Rockefeller se concentre sur l’éducation sexuelle, avec la fondation Ford. Les deux donnent de l’argent à SIECUS, ce groupuscule qui considère que les enfants ont une sexualité dès la naissance et qui sert de moteur à la propagande sur l’éducation sexuelle.

En 1974, Rockefeller met en place le Project on Human Sexual Development, qui visait à développer l’éducation sexuelle et a travaillé notamment sur la manière dont les parents parlent de sexualité à leurs enfants, se désolant que les parents évitent le sujet, ou encore sur abus sexuels sur mineurs devant les tribunaux. On l’a compris : le but était de développer l‘éducation sexuelle, version Kinsey (c’est-à-dire en cherchant à faire admettre à la société que les enfants ont, et ont besoin d’une sexualité).

Ce machin a été financé afin de faire des pseudo études scientifiques qui influencent le débat public dans le sens voulu au départ. Tous ces groupes financés par les « philanthropes » ont permis d’activer les politiques publiques. Dès la fin des années 60, le gouvernement US s’implique dans le planning familial, qui à partir de 1973 milite aussi pour l’avortement, tout juste légalisé.

 

1975 : Le pied dans la porte

2017-04-20 09_01_50-Standards OMS_fr - Standards-OMS_frUn rapport technique de l’OMS rédigé cette année-là présente pour la première fois le concept de santé sexuelle comme un élément qui permet d’ « enrichir » et d’ « améliorer la personnalité, la communication et l’amour ». Ce rapport va même plus loin, en affirmant que « à la base de ce concept il y a le droit à l’information sexuelle et le droit au plaisir ». Donc, dès 1975, le pied de l’ « éducation sexuelle » était dans la porte [4].

Clairement, ce rapport fait du Planning familial un instrument de la propagande en matière de « santé sexuelle », qui deviendra ensuite de l’ « éducation sexuelle » et s’adressera également aux enfants.

On parle déjà d’ « identité de genre », et surtout on préconise « une meilleure compréhension » et même une « attitude positive » envers les « pratiques sexuelles« , sans préciser que la pédophilie n’est pas incluse. On recommande une « neutralité » des professionnels de santé, ce qui est très bien pour les homos, trans et autres, mais pose un énorme problème dans le cas des pédophiles.

Par ailleurs, les auteurs de ce document critiquent par avance les réactions des adultes (parents et professionnels) face à la « sexualité infantile » et notamment à la masturbation des enfants (p.17). Il faut dire que les années 70 étaient une grande période de revendications pour les pédophiles, qui croyaient à leur prochaine « libération sexuelle », celle-ci passant évidemment par la « libération sexuelle » des enfants.

Enfin, de manière à préparer les mentalités à cette « éducation sexuelle », le rapport préconise de constituer une base documentaire sur la sexualité, de former les professionnels à cette question en particulier, mais aussi de développer un système d’éducation sexuelle avec des manuels, des formations, de la vulgarisation, et qui établit la santé sexuelle comme une partie intégrante de la santé globale. Avec les mêmes « droits » qui s’y rattachent.

Parmi les participants à la conférence qui a préparé ce rapport, on retrouve l’amie Calderone, qui a toujours considéré que les enfants avaient une sexualité, incomprise de leurs parents.

 

gr_9782764016633Années 90 : l’éducation sexuelle complète

En 1994 la santé sexuelle est comprise comme une part de la « santé reproductive », très à la mode à l’époque, dans le programme d’Action de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement[5].

Cette même année, SIECUS commence à diffuser ses guides pour une éducation sexuelle complète, qui connaissait sa 3e édition en 2004. Petit à petit, cette notion d’ « éducation sexuelle complète » va se répandre dans les milieux professionnels, et elle arrive désormais en Europe, notamment avec les « Standards pour l’éducation sexuelle » de l’OMS. Ce guide de SIECUS compile des recommandations pour éduquer sexuellement les enfants depuis la crèche jusqu’au bac. Comme avec les Standards qui viendront des années plus tard, ces recommandations sont présentées par tranches d’âges des enfants, et disent ce qu’on doit faire comprendre aux enfants autour de différentes thématiques liées à la sexualité.

Au fil des années 90, des conférences de l’ONU parlent de santé sexuelle. D’abord on parle de celle des femmes et des filles, puis des pays en développement, puis la santé sexuelle et reproductive est intégrée dans l’agenda des droits humains, « bougeant les droits sexuels du domaine public vers le domaine privé » (conférence de Pékin en 1995). C’est-à-dire que l’ONU va s’immiscer dans la vie privée des humains, via des politiques publiques qui prennent en charge les questions de « santé sexuelle », d’ « éducation sexuelle » et de « droits sexuels ».

Au cours des années 2000, l’IPPF (la fédération internationale du planning familial) a pris le relais, en créant du matériel « pédagogique » à destination des ONG, pour qu’elles mettent en œuvre les actions favorables à la vision ONUsienne des « droits sexuels » & Co. On a par exemple « Sexuality education in Europe. A reference guide to policies and practices » en 2006, qui s’adresse directement aux gouvernements européens, pour qu’ils « développent de meilleures politiques et pratiques liées à l’éducation sexuelle ».

 

2002 : « définir la santé sexuelle ».

2017-04-21 22_06_00-DSH layout17L’OMS publie un « document » qui est en fait un guide de recommandations à destination des Etats, au sujet de la « santé sexuelle » qu’on redéfinit. Ce document publié à Genève, l’antre du patriarcat, fait suite à une « consultation technique » qui s’est déroulée du 28 au 31 janvier 2002, organisée conjointement par l’OMS et l’Association Mondiale de Sexologie (World Association of Sexology WAS, devenue depuis l’Association mondiale pour la Santé Sexuelle, ce qui fait moins peur).

Le tout, grâce au financement de la fondation Ford, qu’on retrouve décidément souvent derrière le lobbying en faveur des « droits sexuels » et qui bénéficie d’un statut consultatif au conseil économique et social de l’ONU depuis 2014.

On retrouve aussi parmi les participants à cette conférence plusieurs représentants de la fondation Ford, dont un médecin spécialisé dans la santé sexuelle, le genre etc. Il y a aussi plusieurs membres de l’IPPF ou de SIECUS, des « sexologues » souvent rattachés à l’Association mondiale de sexologie, quelques universitaires.

Le but de la conférence de 2002, qui a réuni une soixantaine d’ « experts », était triple :

  1. Discuter (formaliser en réalité) des concepts clés, notamment la notion de « santé sexuelle » qui a été redéfinie ;
  2. Examiner les barrières spécifiques à la promotion de la santé sexuelle pour les adultes et les adolescents (notez qu’on ne parlait donc pas encore officiellement de la santé sexuelle des enfants).
  3. Proposer des stratégies appropriées et effectives pour promouvoir la santé sexuelle.

Ce « document » est assez hypocrite car il prétexte la « santé sexuelle » pour faire passer l’ « éducation sexuelle ». Il répond, nous dit-on, à une demande la pan American Health Organization (PAHO), de l’OMS Europe et l’Asso mondiale de Sexologie, qui voulaient mettre à jour le rapport de 1975. L’OMS a suivi en organisant des groupes de travail qui ont permis de pondre ledit « document ».

Les chevilles ouvrières de cette « consultation technique » sont :

La conclusion cette conférence de 2002, et du document qui va avec, attaque sur tous les fronts de la propagande, afin de rendre évidente cette notion obscure de « droits sexuels » :

  • Développer et étendre un programme de recherche élargi sur la sexualité et convoquer une réunion pour définir les priorités de recherche.
  • Élaborer des documents d’orientation normatifs sur la sexualité, la santé sexuelle le développement sexuel pour les pays en voie de développement.
  • Élaborer des programmes et des outils de formation sur la sexualité humaine pour les médecins et les agents de santé.
  • Évaluer les modèles de prestation de services et les programmes pour établir les meilleures pratiques liées à la santé sexuelle.
  • Plaider pour la collecte de données relatives à la sexualité et à la santé sexuelle dans tous les pays.
  • Évaluer les méthodes de recherche pour étudier la sexualité et les comportements sexuels et élaborer un document d’orientation sur les méthodes de recherche.
  • Développer la capacité de recherche dans le comportement sexuel et la sexualité dans les pays en développement.
  • Élaborer un document d’orientation complet sur la santé sexuelle pour aider les pays à élaborer une stratégie nationale et des politiques publiques en matière de santé sexuelle.

 

2006 : le Plan stratégique de l’IPPF pour une « éducation sexuelle complète »

C5yQDzEXEAAYjjxEn 2006, l’IPPF sort son « plan stratégique pour une éducation sexuelle complète ». D’entrée de jeu, on nous explique que « L’IPPF reconnait le droit de tous les jeunes à profiter de la sexualité et à exprimer leur sexualité de la manière qu’ils ont choisie ». Très bien, mais à partir de quel âge est-on un « jeune » (young people) ? Est-ce qu’à 12 ans, 10 ans, on est un « jeune » ?

L’IPPF se donne donc pour mission de « promouvoir, protéger et faire respecter » les droits sexuels et reproductifs de « tous les jeunes ». Et de préciser que « Cela inclut le droit à l’information et à l’éducation à la sexualité« , y compris pour les enfants de tous âges en fonction de leurs « capacités évolutives », ce concept flou et génial qui permet de considérer des mineurs comme des personnes libres d’avoir un consentement éclairé. Ce qui n’est évidemment pas le cas, mais rejoint toutà= à fait la propagande pédophile.

Le concept d’ « éducation sexuelle complète », quant à lui, touche aussi bien les aspects biologiques que sociétaux, émotionnels, et concerne toutes les tranches d’âge. Cette éducation complète comprend sept volets :

  • Le genre
  • La santé sexuelle et reproductive et le SIDA
  • Les droits sexuels et la « citoyenneté sexuelle »
  • Le plaisir
  • La violence
  • La diversité
  • Les relations

Jamais l’IPPF ne rappelle que les mineurs doivent être protégés de la sexualité adulte et avec les adultes.

Dans ce document, l’IPPF donne aux ONG un mode d’emploi pour mettre sur la place publique ces questions d’éducation sexuelle : en développant des partenariats axés sur l’ « éducation sexuelle complète » avec des professionnels de tous horizons, impliquer les jeunes dans le processus, axer la communication sur les besoins des jeunes en matière de sexualité, créer un plan afin de surmonter les obstacles dans la mise en œuvre de l’éducation sexuelle complète, intégrer les questions du SIDA et des MST dans le concept…

L’IPPF recommande encore, par exemple :

  • D’« établir un environnement d’apprentissage sécurisé dans lequel les discussions ouvertes et sans jugement sur le sexe, la sexualité et la santé sexuelle peut avoir lieu ». On comprend donc qu’il ne sera pas question de remettre en cause le concept d’éducation sexuelle complète ni ses corollaires comme celui d’enfants aux « capacités évolutives ».
  •  » Élaborer un « accord de groupe » avant de commencer tout travail pour s’assurer des limites de discussion qui protègent les jeunes et les éducateurs ». C’est-à-dire qu’avant même les débats, un consensus est déjà défini par les spécialistes qui sont dans le coup, pour cadrer ce qui est acceptable ou pas. D’où, probablement, l’absence totale de la notion de mineur dans ces textes et la non exclusion de la pédophilie des pratiques acceptables.

 

2011 : « Le guide des jeunes sur les droits sexuels »

2017-04-26 20_17_28-exclaim_ippf_fr_webL’IPPF sort en plusieurs langues une plaquette à destination des « jeunes », intitulée « Exprime-toi ! Le guide des jeunes sur les droits sexuels : une déclaration de l’IPPF ». Ce guide explique donc aux « jeunes », dont on ne nous précise jamais l’âge minimal (12 ans, 10 ans) en quoi consiste ce concept de droits sexuels. On y retrouve le jargon habituel, mais un passage est assez interpellant : c’est les 3 paragraphes de la page 9 qui répondent à la question « qu’est-ce qui rend les droits sexuels des jeunes différents de ceux des adultes ? ». Il est assez édifiant (j’ai mis en gras quelques passages) :

« Les droits sexuels des jeunes sont différents et plus complexes que les droits sexuels des adultes. Une raison pour ceci est le reniement généralisé de la sexualité des jeunes. Il existe une idée fausse selon laquelle les jeunes ne sont pas, ou ne devraient pas être des êtres sexuels, avec l’exception de certains groupes, tels que les jeunes mariés ou les jeunes au-delà d’un certain âge. La sexualité est un aspect fondamental de l’être humain durant toutes les phases de la vie de chaque individu.

Une autre raison pour laquelle les droits sexuels des jeunes sont particulièrement complexes est due au besoin, d’un coté de protéger les jeunes et de l’autre, de leur offrir des opportunités de développement.

Il existe une supposition commune que les jeunes sont incapables de décider par eux-mêmes, donnant donc aux parents ou aux autres adultes une autorité complète sur les décisions liées à leur sexualité. La résistance à reconnaitre la sexualité des jeunes ainsi que leurs capacités de prendre des décisions faites que la lutte pour les droits sexuels des jeunes est encore plus difficile.

Un des défis les plus fondamentaux dans le travail ayant une perspective basée sur les droits est de réussir à trouver un équilibre entre les droits des jeunes à la protection et leur droit à la participation et à la prise de responsabilités pour exercer leurs droits.

2017-04-27 14_14_26-exclaim_ippf_fr_webComme chaque jeune se développe à son propre rythme, il n’existe pas d’âge standard dans lequel certains droits sexuels et protections gagnent ou perdent de l’importance. Par conséquent, le fait de trouver un équilibre entre la protection et l’autonomie devrait être basé sur le développement des capacités individuelles de chaque jeune. »

Si on comprend bien ce texte, les jeunes de tous âges, donc les enfants compris, ont des capacités évolutives différentes d’un individu à l’autre. Il est donc arbitraire de fixer une limite d’âge à l’exercice des droits sexuels, et jauger en fonction des « capacités individuelles ». On revient donc sur la notion de mineur, qui n’a pas le libre consentement et ne peut donc consentir à des rapports sexuels, qui plus est avec un adulte.

Un peu plus loin dans le document, on tombe sur une explication d’une des notions-clés contenues dans les droits sexuels : le jeune, ou enfant aux « capacités évolutives ». Où l’on comprend clairement que selon les rédacteurs de ce guide, mêmes des « enfants de bas âge » sont aptes à prendre des décisions.

On fait aussi beaucoup l’amalgame entre « jeune » et « enfant », passant d’un concept à l’autre au gré des besoins. Tout cela pour finalement nous expliquer qu’il faut arrêter de protéger les enfants/jeunes en fonction de leur âge, mais le faire en fonction de leurs « capacités évolutives ». Si on suit ce raisonnement, un enfant déjà sexualisé car déjà violé, même s’il n’a que 6 ou 7 ans, est considéré comme un être sexuel capable de décider d’avoir des relations sexuelles, y compris avec des adultes.

Et on comprend aussi que personne n’aura le droit de s’opposer à ces choix sexuels, même pas les parents. Précisions aussi que dans sa déclaration des droits sexuels, l’IPPF préconise de laisser les jeunes signer des contrats, comme des contrats de mariage, peut-on supposer, ou des contrats avec un chirurgien esthétique pour changer de sexe.

Voici ce texte, j’ai mis en gars des passages inquiétants, je propose un petit exercice de lecture entre les lignes afin de mieux comprendre les objectifs poursuivis par ce machin :

« L’enfance et la jeunesse sont des périodes de transition et de changement. Le concept de l’enfance peut varier d’un pays à l’autre, mais en général les enfants de bas âge ont plus besoin de protection et d’assistance de la part des adultes pour prendre des décisions que les jeunes plus âgés. En grandissant, les capacités émotionnelles, intellectuelles, physiques et mentales des enfants se développent ».

Explication : si on nous dit que les enfants en bas âge ont « en général » plus besoin de protection et d’assistance pour prendre des décisions, c’est qu’on considère :

  1. Que les enfants en bas âge peuvent prendre des décisions
  2. Que les enfants en bas âge n’ont pas toujours besoins de protection et d’assistance pour prendre des décisions, y compris en matière de sexualité puisque c’est bien de cela dont il est question.

« Parallèlement, les jeunes peuvent encore avoir des expériences et des informations limitées, surtout celles liées à la sexualité. ‘ Le développement des capacités ‘ signifie que chaque jeune développe graduellement la capacité d’assumer complètement ses actes et décisions. Ceci a lieu à un rythme différent pour chaque jeune. A un âge déterminé, certains jeunes seront plus mûrs et expérimentés que d’autres. Les iniquités sociales influencent également sur les capacités des jeunes. Ceci signifie donc que le fait de trouver un bon équilibre entre la protection et l’autonomie est un processus complexe qui demande à ce qu’on tienne compte de la capacité individuelle de chaque jeune, au lieu de se focaliser sur son âge« .

2017-05-07 12_19_44-Liste de raccourcis pour Mozilla FirefoxExplication : L’IPPF considère que les jeunes/enfants peuvent avoir des expériences « liées à la sexualité ». Que les jeunes/enfants évoluant à des rythmes différents les uns des autres, certains sont aptes à « assumer complètement leurs actes et décisions » dans le domaine de la sexualité. Enfin, l’IPPF nous explique qu’il faut donc moins protéger et rendre davantage autonomes les jeunes avant même leur majorité sexuelle, concept qui, si on lit bien le délire de l’IPPF, est obsolète.

« Les adultes, parents, tuteurs et l’Etat ont la responsabilité d’assurer que les droits des jeunes soient respectés à tout âge. Ceci implique l’assurance d’un environnement propice pour le développement, qui garantit simultanément une protection contre le danger lorsque les jeunes manquent de connaissances, capacités ou d’expérience pour se protéger entièrement. En toute situation, le développement des capacités des jeunes pour exercer leurs droits de manière autonome doivent être reconnues ».

Explication : ce passage est très dangereux. En effet, il soulève l’obligation pour les parents et tout autre adulte de reconnaitre le « développement des capacités » du mineur dans la prise de décision en matière sexuelle. Autrement dit : votre nièce de 12 ans vous dit qu’elle est tombée amoureuse du voisin qui en a 25 ou plus, et vous devez l’encourager dans sa prise de décision puisque la freiner est interdit et que vous devez la laisser « exprimer sa sexualité« .

educacion-sexual-2Rappelons encore une fois que si les mineurs ne votent pas, ne signent pas de contrats et ne peuvent pas s’engager dans l’armée, c’est parce qu’ils n’ont pas de consentement éclairé, parce qu’en tant que mineurs ils ne peuvent pas prendre du recul par rapport aux situations comme ils le font des adultes. L’IPPF anéantit totalement cette notion de protection des mineurs.

« Nous devons adopter une approche progressive des droits sexuels des jeunes. Ils devraient simultanément être habilités à exercer leurs droits par eux-mêmes, tout en étant protégés et guidés avec leur meilleur intérêt à l’esprit. Les programmes et services pour les jeunes doivent également respecter leur diversité, par exemple ethnique, culturelle et les différences sexuelles.

Le concept de développement des capacités des jeunes est issu de la Convention relative aux droits de l’enfant (ONU). Cet instrument met l’accent sur les droits des enfants et des adolescents, et également appelle les dirigeants et les sociétés à valoriser les opinions et les décisions des jeunes en vue de leur développement des capacités ».

Explication : les jeunes ont des droits sexuels dès leur naissance, et ceux-ci sont évolutifs en fonction des capacités de chacun à prendre des décisions. Les adultes doivent favoriser l’autonomie dans la prise de décision du jeune en matière sexuelle.

L’IPPF s’appuie sur la Convention des droits de l’enfant de l’ONU [6], qui n’a pas grand chose à voir avec la sexualité, pour affirmer des principes tels que le « développement des capacités » ou encore celui d’ « enfant aux capacités évolutives », évoqués par la Convention.

 

La Sexual Rights Initiative

Cette coalition d’ « organisations » favorables à l’ « éducation sexuelle » mène elle aussi un important lobbying auprès des institutions internationales. Elle est notamment financée par la Fondation Ford. Son but est d’intégrer les « droits sexuels et reproductifs » dans les droits humains, en agissant principalement sur le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, qui fait ensuite des recommandations aux Etats.

9782715221659FS« Pour assurer la responsabilité et la mise en œuvre par les États membres, Ford soutient également les organisations de la société civile et leurs partenaires pour invoquer stratégiquement les normes et les arguments en matière de droits de l’homme dans leurs plaidoyers nationaux et internationaux », explique une chercheuse de la fondation Ford. En gros, on cherche à faire passer des lois répondant aux objectifs de l’éducation sexuelle et des droits sexuels, via la pression d’associations censées représenter la « société civile ».

En Amérique Latine, le lobbying est particulièrement intensif, et vise le monde académique, le monde de la recherche ainsi que les juristes : « Les bénéficiaires (des dons de la fondation Ford) collaborent également pour organiser des rencontres régionales biennales en Amérique latine afin d’éduquer les juges, les huissiers de justice, les associations d’avocats, les universitaires et les militants en matière de santé et de droits reproductifs dans les forums internationaux, régionaux et nationaux et de renforcer les approches sur la façon d’appliquer ces avancées dans leurs contextes respectifs. De même, Ford finance un réseau de militants juridiques et de chercheurs en Amérique latine pour promouvoir l’engagement des professeurs de droit latino-américains et les juges dans l’avancement des droits sexuels et reproductifs et l’intégration des normes relatives aux droits de l’homme dans leurs pratiques juridiques et pédagogiques.

Les droits sexuels et reproductifs en tant que droits de l’homme sont également poussés dans le cadre de l’agenda du développement global« .

On peut citer des dizaines et des dizaines d’ONG qui travaillent à répandre l’éducation sexuelle à travers le monde, comme en d’autres temps certains ont joué les missionnaires. Tous les continents sont concernés, et rvasemblablement d’Europe, où on a diffusé en premier ces théories de « droits sexuels » et d’ « éducation sexuelle » a servi de laboratoire. Maintenant que l’argumentaire est rôdé et que les structures qui répandent cela passent pour légitimes, le rouleau compresseur peut passer dans les pays moins riches.

———————————

En filigrane des principaux textes sur le sujet, on comprend bien que l’enfant devient un être sexuel, avec des droits sexuels qu’il convient d’épanouir. Par ailleurs, introduire dès l’école primaire les questionnements sur le genre peut poser question, surtout quand on sait que la déclaration des droits sexuels de l’IPPF prévoit que les enfants aux capacités évolutives puissent signer des contrats.

Si on n’y prend pas garde dès à présent, nous allons faire face à une légalisation rampante de la pédophilie, mais pas seulement. le corollaire de cette sexualisation très précoce des enfants sera de les mettre en insécurité davantage par rapport à la sexualité en général, et la leur en particulier. L’ « éducation sexuelle » telle qu’elle est conçue aujourd’hui dans les instances internationales et etlle qu’elle sera bientôt transmise en france, répond à la vieille demande des lobbys pédophiles, à savoir considérer les enfants comme des êtres sexuels avec des fantasmes d’ordre sexuel, plaqués sur la sexualité adulte.

 


[1] La commission Walsh.

[2] Créé en 1921, le National Research Council a été financé par le bureau de l’hygiène sociale, puis c’est la fondation Rockefeller qui a pris le relais à partir de 1933. Bien que les administrateurs se soient toujours montrés conservateurs dans leurs décisions, ils ont financé les « recherches » de Kinsey avec l’argent de la fondation Rockefeller : 1.600 $ en 1941, et 40.000 $ par an à partir de 1947. Le National Research Council servait de devanture pour le financement d’autres structures du même genre, comme l’Institute for Sex Research.

[3] Devant la commission Reece, le représentant de la fondation Rockefeller a expliqué qu’en 1931, l’idée est venue de s’intéresser de près à « la physiologie reproductive et au comportement ». On est alors à quelques années seulement de l’arrivée d’Hitler et de son délire eugéniste.

[4] Notamment, l’un des buts de la conférence de l’OMS qui a précédé la rédaction du rapport était de faire des recommandations sur « le rôle de la sexologie dans les programmes de santé, et particulièrement dans les activités de planification familiale. Il était également question de faire des recommandations sur « le contenu et la méthodologie d’enseignement de la sexualité humaine aux professions de santé », de lancer et organiser des programmes d’enseignement sur la sexualité humaine… A ce stade, on ne parle toujours pas de sexualité des enfants aux « capacités évolutives », mais aucune barrière n’empêche qu’on parle de cela ensuite.

[5] International Conference on Population and Development (ICPD)

[6] Dans la convention des droits de l’enfant, on affirme le concept de « développement des capacités » des enfants, et on oblige les parents et tous les adultes à leur donner « l’orientation et les conseils appropriés à l’exercice des droits » des enfants. Parmi ces droits, « la liberté de pensée, de conscience et de religion » (comme si un enfant de 5 ans pouvait choisir une religion de manière éclairée, et pouvait penser de manière autonome à avoir des relations sexuelles avec des adultes ou même d’autres enfants), mais jamais la convention ne parle de « droits sexuels ».

« mélangés plusieurs lettres au hasard n’ont jamais formé de poème ! »


lelibrepenseur.org

Pertinente vidéo où la théorie de l’évolutionnisme de Charles Darwin est détruite par l’étude et l’argumentation d’un généticien.

Le monde occulte des comic books


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Auteur : Lehut Jérémy
Ouvrage : Le monde occulte des comic books
Année : 2016

Merci à Johan Livernette, les gérants de la page Noaches sur
le réseau social Facebook , Guillaume et à quelques amis pour
leur aide.

1 Jean 2:18 « Mes petits enfants, c’est ici la dernière heure ; et
comme vous avez entendu dire que l’antéchrist doit venir, il y a
dès maintenant plusieurs antéchrists ; ce qui nous fait
connaître que nous sommes dans la dernière heure. »

Introduction
Le comic book ou graphic novel est le terme américain pour
désigner les bandes dessinées. Les premières publications
narraient des histoires de cow-boy, d’aventurier, de détective
mais aussi horrifiques ou érotiques. En 1935, la maison
d’édition DC Comics est créée par Harry Donenfeld et Jack
Liebowitz. Elle se contente au départ d’éditer des publications
moins sulfureuses car les bandes dessinées érotiques étaient
mal vues. En 1938 Harry Donenfeld et Jack Liebowitz décident
de publier un nouveau personnage de bande dessinée inventé
par deux jeunes immigrés de l’Europe de l’est, Jerry Siegel et
Joe Shuster. Sans le savoir les quatre hommes allaient
révolutionner le monde des comic books en éditant le premier
super-héros de l’histoire, Superman. Le kryptonien déchaîne les
passions dès ses premières apparitions. Le héros capé était à
peine arrivé sur le format papier que ses histoires étaient
contées à la radio et à la télévision. Le fourbe Bob Kane,
dessinateur de comic book, proposa Batman à Harry Donenfeld
et Jack Liebowitz en 1939. Le personnage est accepté, il est
édité et deviendra le héros le plus rentable de l’histoire de DC
Comics. Suit Wonder Woman en 1941, inventée par le
psychologue William Moulton Marston. En 1939 une autre
maison d’édition est créée par Martin Goodman et une armée
de dessinateurs, Marvel. En 1941, en plein second conflit
mondial l’écurie surfe sur la vague de super-héros qui déferle
sur l’Amérique et invente Captain America. Les deux géants de
l’industrie du comic book étaient nés. Au fil des années leurs

univers vont s’étoffer et proposer plus de super-héros. Le
succès du comic book est si important que l’empire
hollywoodien tourne son regard vers ces justiciers aux pouvoirs
improbables. Aujourd’hui les super-héros agissent aussi bien
sur papier qu’au cinéma ou sur grand écran. On les retrouve
notamment sur du textile, dans des jeux-vidéos, en jeux de
société, en figurines etc. Les Iron-Man, Batman et autre Hulk
déplacent des millions de personnes au cinéma. Les films de
super-héros battent des records de budgets mais aussi de
bénéfices engrangés. Ils ne concurrencent même plus des
franchises comme Le seigneur des anneaux ou encore Matrix,
ils les dépassent largement. Si des millions de personnes se
ruent dans les cinémas pour découvrir les aventures
cinématographiques de ces personnages, c’est parce que des
millions de comic books sont vendus. Le succès de cette
industrie est sous-estimé, voire totalement occulté. Pourtant,
même si vous n’aimez pas ces super-héros vous connaissez au
moins leur nom et un minimum leur histoire. Il convient de
s’arrêter le temps de quelques pages sur sa genèse et les
principaux acteurs de cette industrie. En réalité le comic book
est un organe de propagande puissant. Depuis ses débuts il
véhicule des messages malsains. Ses auteurs ont des références
douteuses qu’ils aiment insérer dans leur publication. Derrière
ce pseudo combat contre le mal et ces actes héroïques se cache
en réalité un fond beaucoup plus sombre. D’origine juive, nous
verrons que l’industrie des comics est morbide à bien des
égards. L’histoire raconte que les hommes ont adoré des idoles.
Ce qui fut justement dénoncé par Dieu dans la Bible. Pourtant,
de nos jours il existe encore des idoles qui sont adorées par
l’homme. Si ce ne sont plus des statues ce sont des acteurs, des
chanteurs, des sportifs et des super-héros.

Chapitre 1 : Une création juive
ans les années 1930 le comic book était connu pour ses
histoires de détectives mais aussi et surtout pour ses
publications érotiques. Alors que la seconde guerre mondiale
s’installait, plusieurs immigrés de l’Europe de l’est allaient
bouleverser l’histoire de l’industrie de la bande dessinée.
Apparemment persécutés et marqués par leur histoire, deux
juifs inventent un personnage qui va révolutionner les comic
books. Ces deux immigrés sont aidés par deux membres de leur
communauté qui sont les fondateurs de la première enseigne de
super-héros, DC Comics.

DC COMICS ET LA TRINITÉ
Intéressons-nous donc à DC Comics ainsi qu’à ses trois
personnages clés. En 1935 en Amérique, deux juifs immigrés,
Harry Donenfeld1 et Jack Liebowitz, éditeurs de bandes
dessinées mais surtout de pulps érotiques, s’associent à l’ex-majeur
de l’armée américaine Malcolm Wheeler-Nicholson. Il
éditait également des Pulps érotiques et avait besoin de publier
des revues moins osées. Leur collaboration se nomma National
Allied Publication (puis DC Comics). Ils publièrent les bandes


1 Dans le documentaire Super-héros, l’éternel combat diffusé sur Arte en
2013 il est rapporté que Harry Donenfeld entretenait des liens avec la
pègre.


dessinées Fun Comics, des histoires policières. En 1937, la BD
changea de nom et devint Detective Comics. Moins d’un an
après c’est la rencontre de Joe Shuster et Jerry Siegel qui
changera leur destin. Shuster et Siegel présentèrent un nouveau
personnage de comic book au duo de DC Comics, un héros
invincible et capable de voler. Donenfeld et Liebowitz furent
convaincus et engagèrent les deux hommes. Superman fit donc
son apparition en avril 1938 dans Action Comics numéro 1.
Rapidement, ce que DC Comics appelle la « supermania »
s’installa. Des bandes dessinées furent éditées, des histoires de
Superman furent également diffusées à la radio, le héros fut
aussi imprimé sur du textile. Selon les dessinateurs de DC
Comics, le monde avait besoin d’un héros fictif à cause de la
première guerre, de la montée des crimes dans les rues et de
l’arrivée de ce second conflit mondial. Superman est devenu un
personnage plus que populaire. Il s’inscrit presque dans
l’histoire de l’Amérique (ce qui jette une fois de plus un froid
sur son histoire). Le premier personnage clé de l’univers de DC
Comics était né. Dès ses débuts, Superman gagnait le coeur du
peuple américain, bénéficiant des relais des organes de
propagande de l’époque comme la radio ou la télévision. Mais
bien avant que Superman ne soit un héros capé en collant, une
toute autre version, toujours des juifs Siegel et Shuster, existait.
Superman était au départ un extraterrestre envoyé sur terre
dans le but de détruire l’humanité avec ses pouvoirs2. C’est avec
l’arrivée du national-socialisme que Siegel et Shuster
inventèrent le Superman que nous connaissons. Pour résumer
l’histoire de Superman voici un cours synopsis : La planète
Krypton sur laquelle vivent les kryptoniens est sur le point


2 Reportez-vous à la galerie page 24


d’être détruite. Jor-El et Lara-El décident de sauver leur
unique fils Kal-El de cette destruction. Ils placent leur enfant
dans un vaisseau et envoient ce dernier sur la planète terre.
L’enfant est recueilli par un couple de fermier du Kansas. Au
fil des années, le jeune kryptonien rebaptisé Clark Kent
découvre qu’il possède des pouvoirs qui le placent au-dessus
du genre humain. Il utilisera ses pouvoir pour sauver la veuve
et l’orphelin en devenant Superman.
Dans les premiers numéros les parents adoptifs de Superman
se nomment Mary (Marie) Kent et Jonathan Joseph Kent, puis
les noms changèrent en Martha Kent et Jonathan Kent. Si
Superman fut plus d’une fois comparé au Christ, les fans du
personnage font également souvent le parallèle entre l’histoire
de Moïse et celle du héros. En réalité ce héros est un messie
juif, pas une référence à Jésus-Christ, c’est un antéchrist. Les
juifs rejettent le Christ et lui vouent une haine démesurée, ils se
fabriquent régulièrement de faux messies. Il faut inverser le
schéma de Superman. Ce dernier arrive sur terre pour abolir
toute croyance religieuse. C’est ce qui est rapporté plus d’une
fois dans les comics ainsi qu’au cinéma. Par exemple, dans le
film Superman Returns de Bryan Singer sorti en 2006 de
l’officine Warner Bros, le héros déclare ceci :
« Vous dîtes ne pas avoir besoin d’un sauveur comme moi,
pourtant le soir dans vos prières je vous entends tous
demander la venue d’un élu ».
Dans ce même film, Superman se sacrifie lors d’une scène.
Il est présenté en position christique avant de mourir. Après ce
sacrifice l’homme d’acier revient à la vie et sauve la terre. La

plupart du temps Clark Kent devient Superman autour de ses
33 ans. Dans le film Man of Steel du réalisateur Zack Snyder,
Superman est plus que jamais un messie juif. Il se révèle
justement au monde en tant que Superman à l’âge de 33 ans et
produit ce qu’on pourrait appeler des miracles (il vole, vient au
secours du peuple, il est invincible). Dans ce long-métrage, Le
héros est régulièrement représenté comme l’élu. À la fin du
film, le père biologique de Superman s’adresse à son fils : « Tu
peux les sauver, Kal. Tu peux tous les sauver ». Suite à cette
phrase, le héros se tient dans une position christique avant de
voler au secours de la journaliste Lois Lane. Cette scène se
déroule dans l’espace à bord d’un vaisseau spatial. La planète
terre est en arrière plan, symbolisant un dialogue entre le Père
et son Fils. Superman est souvent présenté comme une voie à
suivre, un exemple. L’homme avant Dieu. Sur la planète de
Superman les kryptonniens vouent un culte au dieu soleil Rao.
Sa parole est contenue dans une Bible qui raconte comment un
élu sera envoyé sur une planète lointaine afin de la sauver d’une
catastrophe. Dans les comics cette catastrophe n’est autre que le
jugement de Dieu auquel Superman s’oppose. Cette menace se
nomme Apokolips qui rappelle évidemment le livre
l’Apocalypse de la Sainte Bible. C’est une menace venue du
ciel, la planète de Darkseid (le côté obscur) qui vise à détruire
le monde des hommes. Superman, en tant qu’antéchrist
s’oppose donc au jugement divin qui doit s’abattre sur tous les
hommes. Il faut comprendre que, pour les satanistes, Dieu est
l’ennemi, celui qu’ils appellent Dieu est le Diable. Le Diable est
la lumière et Dieu l’obscurité. On pourrait faire le parallèle en
parlant du Moyen-Âge qui était en réalité une période plus
éclairée sur le plan spirituel que notre monde moderne car
l’Église pouvait parfaitement jouer son rôle qui consiste à

sauver des âmes. Alors que dans l’histoire officielle, cette
période est sombre et elle a pris fin lorsque la philosophie des
Lumières est arrivée, à savoir la franc-maçonnerie. Un profane
qui devient franc-maçon dit également qu’il reçoit la lumière,
qu’il sort de l’obscurité. En se basant sur ce schéma, Superman
est clairement un antéchrist. Les auteurs de Superman insinuent
même clairement que le personnage est juif. Dans un
documentaire3, l’auteur de comic book Michael Chabon
déclarait : « Superman est un immigré, il a quitté sa planète
sans espoir de retour, sa fausse identité est Clark Kent, nous
lui avons trouvé un nom qui fait bien goy ». Lors d’une
convention sur les comics une question avait été posée par un
membre du public au sataniste, adepte d’Aleister Crowley et
auteur de comics, Grant Morrison :
« – Au vu de tous ces éléments concernant Superman, est-ce
que vous voulez dire que Superman est Dieu ?
– Oui, Superman vous aime, cela ne vous plaît donc pas ? Ce
Dieu prend beaucoup plus d’initiatives, répondit Grant
Morrison ».
En 1939, sous la demande de DC Comics qui souhaite plus
de super-héros, donc plus d’argent, Robert Kahn (qui se fit
appeler Bob Kane) est invité à créer un nouveau héros. Avec
Bill Finger, son ami et scénariste, ils inventent donc Bat-Man.
À l’origine Robert Kahn avait griffonné sur une feuille un
super-héros qui avait pour emblème et inspiration une chauvesouris,
mais, mauvais en dessin, sa première ébauche dont il


3 Super-héros, l’éternel combat – Arte, 2013.


semblait fier ne ressemblait en rien à un super-héros4. Son ami
Bill Finger arrangea le croquis, faisant de Batman le héros capé
et masqué que nous connaissons tous. Robert Kahn présenta
donc Bat-Man à la maison d’édition, il fut publié pour la
première fois en 1939. Robert Kahn développa donc la série
Batman avec DC Comics sans leur parler de son ami Bill
Finger qui avait dessiné le héros et même inventé son univers.
Bob Kane avoua plus tard à DC Comics qu’il travaillait déjà
avec un scénariste. La maison d’édition engagea alors Bill
Finger mais son nom n’apparaîtra jamais comme créateur du
personnage. Tous les produits de la franchise Batman portent la
mention « créé par Bob Kane » mais le nom de Bill Finger
n’apparaît jamais comme créateur du personnage. Le milieu du
comic book raconte que Robert Kahn était un mauvais
dessinateur et qu’il s’était servi du talent de son ami pour
s’enrichir, il se serait même arrangé pour que seul son nom soit
crédité à la création du personnage. Il ne voulait pas se faire
appeler Robert Kahn mais Bob Kane. Il se fit d’ailleurs
rapidement refaire le nez après avoir gagné de l’argent grâce
aux premiers numéros de Batman. L’auteur faisait à peu près
tout pour ressembler au personnage de Bruce Wayne. Il tentait
d’adopter une vie de plus en plus luxueuse et rêvait d’appartenir
à des cercles privés du tout New-York5. Batman est le
personnage le plus rentable de DC Comics. Si il appartient à la
maison d’édition, Robert Kahn a largement profité de ce succès
en créditant son nom à la création du super-héros. Nul besoin
de s’étaler sur les millions que représente Batman. Robert Kahn
est décédé en 1998, on lui a récemment attribué à titre


4 Chapitre galerie page 25.
5 Super-héros, l’éternel combat – Arte, 2013.


posthume son étoile sur Hollywood Boulevard, sur le fameux
Walk of Fame. Le Walk of Fame et ses étoiles sont le parfait
symbole de ce qu’est l’Amérique. Le culte de l’homme dans
toute sa splendeur, l’idolâtrie y est poussée à son paroxysme.
Des personnages fictifs comme Donald Duck, Mickey Mouse
mais encore Lassie ou Rintintin jonchent le sol d’Hollywood
Boulevard. Ces étoiles sont décernées à des acteurs majeurs de
l’industrie du divertissement. La musique, la radio, le cinéma,
la télévision mais aussi le théâtre sont les secteurs représentés.
Comprenez que les personnes les plus rentables possèdent leur
étoile. Deux auteurs de comic book ont leur nom sur le Walk of
Fame, Robert Kahn et Stan Lee (Stanley Lieber).
L’histoire de Batman est simple et je crois, connue de tous :
Un soir la richissime famille Wayne sort d’une séance de
cinéma. En rentrant chez elle, cette dernière est attaquée par
des malfrats. Les parents sont tués, seul le jeune Bruce survit
et hérite de la fortune de sa famille. Voyant sa ville sombrer
dans le chaos il décide d’utiliser cet héritage pour devenir
Batman. Très vite ce personnage sera accompagné du jeune
Robin. Son apparition dans Batman numéro 1 lança la mode
des « side kick 6». Batman a un fils qui porte le nom de
Damian, ou Damien, comme le prénom du fils du diable. Ce
fils est né d’une union avec la fille du maître d’une société
secrète7. Dans la bande dessinée Batman numéro 666, Batman
à Bethléem scénarisée par le sataniste écossais Grant Morrison


6 Chapitre 3 : Révolution sexuelle.
7 Damian Wayne apparaît pour la première fois dans le Batman numéro
655. 11 numéros avant le fameux Batman numéro 666. Le personnage
de Damian a été inventé par Grant Morrison et Joe Kubert.


et dessinée par Andy Kubert8, Bruce Wayne est décédé. C’est
son fils Damian qui a repris le costume après avoir vendu son
âme au diable. L’ennemi juré de Batman, car il en faut un, se
nomme le Joker et l’histoire de sa création est aussi farfelue que
celle de Batman. Jerry Robinson a créé ce méchant avec l’aide
de Bill Finger et de Bob Kane. Mais une fois de plus Robert
Kahn déclarait qu’il était le seul créateur du clown maléfique, il
faut certainement comprendre le contraire. De son côté, Jerry
Robinson affirme que c’est lui qui a inventé le Joker en
référence au personnage qui se trouve sur les cartes. Bill Finger
défend également sa position en expliquant qu’il est celui qui a
inventé le Joker après avoir visionné le film The man who
laughs. Ce triste personnage apparaît dans Batman numéro 1 en
1940. À l’origine il devait être tué mais DC Comics savait
qu’elle tenait là un personnage de grande envergure. Le Joker
sera donc sauvé par l’équipe éditoriale. Ce clown maléfique qui
tue sans raison n’a pas d’origine, pas de nom et la seule raison
qui le pousse à agir est l’existence de Batman. Dans les derniers
comics publiés entre 2012 et 2015 par Greg Capullo (qui se
déclare athéiste convaincu) et Scott Snyder, respectivement
dessinateur et scénariste, l’histoire raconte que le Joker est tout
simplement sorti de l’enfer9. Le duo Capullo/Snyder inventera
même une société secrète qui utilise le hibou comme emblème
et qui dirige la ville de Gotham10. Le hibou rappelle la société
secrète du Bohemian Club qui compte en son sein des
personnalités influentes11 et qui a l’habitude de se réunir au


8 Fils de Joe Kubert, également dessinateur de comics. Ce sont des juifs
de l’Europe de l’est qui ont fait carrière aux États-Unis.
9 Batman New52, End game.
10 Batman New52, la cour des Hiboux.
11 Valérie Giscard d’Estaing, ancien président de la république française,

les banquiers David et Nelson Rockefeller, les ex-présidents Bush père
et fils… Pour ne citer qu’eux.


Bohemian Grove afin d’y pratiquer d’étranges rituels12. Batman
possède une équipe qui l’aide malgré son individualisme
prononcé. En France il existe un représentant du chevalier noir,
ce dernier se prénomme Bilal Asselah. Il décide de devenir
« Nightrunner » après une bavure policière dans laquelle son
meilleur ami Arif est tué. Ces derniers avaient attaqué un
commissariat de police suite à un passage à tabac par des
policiers. Leur quête vengeresse mènera donc au décès d’Arif.
Notez l’image de la France au passage. Bilal Asselah est de
confession musulmane et vit à Barbès. Le Batman français est
musulman, symbole de la disparition des racines chrétiennes de
la France. Tout comme Batman, Nightrunner a des ennemis
dont une version française du Joker qui se nomme The son of
man (le fils de l’homme). Des conservateurs américains avaient
déploré le fait qu’un super-héros français soit de confession
musulmane. Cette polémique relayée par les médias de masse
aux États-Unis a largement contribué au succès du personnage
qui était jusqu’alors inconnu du grand public. Nightrunner fut
inventé en 2010 par des auteurs de comic books britanniques.
Juste après Batman, une héroïne fait son apparition :
Wonder Woman. Dans un premier temps suggéré par William
Moulton Marston, un psychologue, le personnage est
rapidement édité par DC Comics. Marston s’inspira de sa
femme Elizabeth Holloway Marston pour créer son héroïne.
Son côté libéral plaît à Marston qui injecte cette particularité à


12 L’animateur, réalisateur et acteur américain Alex Jones s’était infiltré au
Bohemian Grove lors d’une cérémonie à l’été 2000. La vidéo est
disponible ainsi qu’un reportage consacré à cette société secrète.


Wonder Woman. Marston était un adepte de la polygamie, étant
marié à Elizabeth Holloway il vivait également avec Olive
Byrne, une étudiante, sous le même toit. Les deux femmes
eurent des enfants avec le psychologue. La tante de Olive
Byrne, Margaret Sanger, fut une figure du féminisme. Elle
milita en faveur de l’avortement et du droit de vote pour les
femmes. C’est par elle que fut inventé le « planning familial »
qui se nommait autrefois « l’American Birth Control League ».
Le personnage de Wonder Woman est donc teinté du féminisme
qui ne s’abattra réellement sur le monde qu’à partir des années
1960. Elle possède une force surhumaine, des bracelets en
métal qui lui servent à arrêter les balles mais aussi un lasso qui
force les malfrats à dire la vérité lorsque ces derniers sont
attachés. Clin d’oeil au détecteur de mensonge dont William
Moulton Marston est l’inventeur.
À la base Wonder Woman est la fille d’une déesse nommée
Hippolyta, elle vient d’un monde uniquement peuplé de
femmes dans lequel l’homme n’est pas nécessaire pour procréer.
Rapidement, Wonder Woman fut sujet à controverse. Sur
chaque page Moulton Marston s’arrangeait pour qu’un
personnage soit représenté ligoté, menotté, dans des positions
curieuses :
« Le seul espoir de paix est d’apprendre aux personnes
pleines d’énergie et de force d’apprécier la soumission.
Seulement lorsqu’être contrôlé par d’autres devient plus
plaisant que l’insoumission il est possible d’aspirer à une
société humaine stable et paisible. Donner aux autres, être
contrôlé par eux, s’y soumettre, tout ça n’est pas envisageable
sans un fort élément érotique. Donnez aux hommes une femme

pleine de panache plus forte qu’eux et ils seront fiers de
devenir ses esclaves ! » déclarait Marston13.
Moulton Marston qui était derrière chaque aventure de
l’héroïne fut écarté et le ton de la bande dessinée changea. Cette
dernière devint même un emblème du féminisme pendant la
révolution sexuelle. Suite à la création de Wonder Woman de
nombreuses héroïnes virent le jour : des Supergirl, Powergirl,
Spider-Woman…
Les trois icônes de DC Comics (Superman, Batman, Wonder
Woman) étaient nées. Les fans et la maison d’édition appellent
aujourd’hui ces trois personnages « la trinité ». Depuis leur
parution des années 1940 à nos jours, ces trois héros (et
d’autres) sont publiés chaque mois. Il faut noter la forte
représentation de la communauté juive dans cette industrie.
Laissons ses acteurs s’exprimer à ce propos. Dans un reportage
diffusé sur Arte en 201314 on y apprend que les créateurs de
tous les personnages majeurs de l’industrie du comic book sont
juifs. Joe Simon déclarait même à ce sujet : « Un des éditeurs
était même surnommé le goy maison car il fallait une façade
non juive ». Superman fut inventé et dessiné par deux jeunes
immigrés juifs, mais la réussite de Superman émane d’un
homme qui se fait appeler Max Gaines. Cependant son
véritable nom reste incertain (Maxwell Ginsburg ou Max
Ginsberg). C’est lui qui édita les premières aventures de
Wonder Woman avec sa propre maison d’édition All-American
Comics. C’est Max Gaines qui présenta les créateurs de


13 Article La sexualité dans les comics du site DCPlanet.fr, publié le 24
février 2014.
14 Super-héros, l’éternel combat. Arte, 2013.


Superman à Harry Donenfeld et Jack Liebowitz (les créateurs
de DC Comics). Un des ses amis (Sheldon Mayer) lui avait
parlé de Jerry Siegel et Joe Shuster et du Superman qu’ils
cherchaient à faire publier. Ces derniers se faisaient jeter de
toutes les maisons d’édition et Gaines, qui avait apprécié
l’histoire de Superman avait donc fait les présentations. Max
Gaines est considéré comme étant le père des comics qui, à la
base, narrent des histoires horrifiques, policières ou érotiques.
La violence et les connotations sexuelles étaient omniprésentes.
C’est pourquoi le comic book fut attaqué dans les années 50.
Max Gaines avait déclaré en montrant la couverture d’un de ses
comic books sur laquelle une femme était décapitée que c’était
« de bon goût ». C’est avec l’arrivée de Superman que le comic
book narre des aventures de super-héros. Si au départ les
histoires policières ou aventurières ont résisté, petit à petit et
avec l’arrivée de Batman et Wonder Woman, elles se sont
effacées. L’arrivée de Superman a changé beaucoup de choses.
Le secteur de la bande dessinée marchait très bien avant
l’apparition du héros capé, mais la publication du Action
Comics numéro 1 changea la donne. Le succès du premier
super-héros était tel que les spécialistes de la bande dessinée
disent que la « beatlemania » fut moins importante que la
« supermania » qui déferla sur les États-Unis lorsque ce dernier
apparu à la fin des années 30. Une véritable révolution dans le
monde des bulles et des cases, et c’était un homme déraciné et
au dessus du genre humain qui en était le fer de lance. La
marque Superman était déjà exploitée au début des années 40,
des trousses, des cartables, des t-shirts, des pulls et des jouets
pullulaient. Des émissions de radio qui racontaient ses
aventures étaient diffusées après les heures de sortie d’école.
De 1952 à 1958 Superman eut même droit à son dessin-animé

produit par Max et David Fleischer, deux juifs de l’Europe de
l’est qui ont rivalisé avec Disney dans les années 1920. Ils sont
à la base, entre autres, de Betty Boop et de Popeye.
L’intégration de Superman dans la société américaine
s’explique aussi avec la montée du nazisme dans le monde et la
peur que cette idéologie suscitait. Cependant un autre
personnage eut un rôle beaucoup plus important dans cette
guerre entre le capitalisme et le national-socialisme, c’est
Captain America des édition Marvel, le concurrent de DC
Comics, inventé tout spécialement pour combattre le Führer et
ses armées.

MARVEL

suite…

Le-monde-occulte-des-comic-books

Françalgérie, crimes et mensonges d’États


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Ouvrage : Françalgérie, crimes et mensonges d’États Histoire secrète,de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre >> d’Algérie

Auteurs : Lounis Aggoun – Jean-Baptiste Rivoire

Année : 2004

 

La violence qui a ravagé l’Algérie à partir de 1992 nous a été présentée comme une guerre d’intégristes islamistes contre des militaires se battant pour sauver la démocratie. Quant à la France, elle se serait contentée d’une bienveillante « neutralité ». Comme le montrent, preuves à l’appui, les auteurs de ce livre explosif, ce scénario est en fait une vaste construction médiatique. En s’appuyant sur six ans d’enquête, en Europe et Algérie, des dizaines de témoignages et des centaines de sources, ils expliquent comment, dès 1980, un petit groupe de généraux algériens a conquis progressivement le pouvoir, tout en développant les réseaux de corruption de la « Françalgérie ». Ces hommes ont ensuite instrumentalisé l’islamisme radical, avant de lancer une terrible « troisième guerre d’Algérie », en multipliant les opérations « attribuées aux islamistes » : assassinat du président Boudiaf, meurtres d’intellectuels, massacres de civils et de militaires… Pour faire pression sur la France, leurs services secrets ont organisé de spectaculaires et meurtrières actions de « guerre psychologique » contre des citoyens français, en Algérie comme dans l’Hexagone. Pour la première fois, ce livre démonte les rouages de l’extraordinaire machine de mort et de désinformation conçue par les généraux algériens, et les complicités dont ils ont bénéficié en France, pour cacher à l’opinion publique occidentale le seul but de la guerre qu’ils mènent contre leur propre peuple : se maintenir au pouvoir à tout prix, pour conserver les milliards de dollars de la « corruption pétrolière».

suite…

francalgerie crimes et mensonges detats

Sibel Edmonds, Une Femme À Abattre – 2006


Pour ceux et celles qui ne l’auraient pas encore visionné.

Idéalisme Pratique (Praktischer Idealismus)


Eijiro-Graf-Coudenhove-Kalergi-Richard-Nikolaus-Idealisme-pratique

 

Les racines racistes et suprémacistes de l’idéologie à l’origine de l’Union européenne

http://balder.org/judea/Richard-Nicolaus-Coudenhove-Kalergi-Idealisme-Pratique-Vienne-1925.php

Traduction française des passages choisis d’ Idéalisme pratique

Auteur : Le comte Richard N. Coudenhove Kalergi

Ouvrage : Idéalisme Pratique

Année : Vienne en 1925

 

 

Coudenhove Kalergin’était pas juif lui-même. Du côté de son père il avait deux origines européennes différentes (Flamand. Grec Hongrois Tchèque) et de haute noblesse.

Sa mère était japonaise et appartenait à une famille d’aristocrates.

Il a épousé une juive de 13 ans son aînée, Ida Roland (née Ida Klausner), une actrice qui lui a donné deux fils. Ida Roland est morte en 1951. En 1952 il a épousé Alexandra Gräfin von Tiele, née Bally. En 1969 il a épousé la juive autrichienne Melanie Benatzky Hoffmann.

Richard Coudenhove Kalergi
Richard Nicolaus
Coudenhove Kalergi
1894-1972

Les Européens sont destinés à devenir des bâtards négroïdes

L’homme de demain sera un bâtard. Les races et les classes disparaîtront par suite de la disparition de l’espace, du temps et des préjugés.

La race eurasio-négroïde de demain, dont l’apparence extérieure sera semblable à celle de l’Ancienne Egypte, remplacera la diversité des peuples par la diversité des individus. [22]

Le christianisme, préparé éthiquement par les Esséniens juifs (Jean) et spirituellement par les Alexandrins juifs (philo), était un judaïsme régénéré. En tant que chrétienne l’Europe, du point de vue de l’esprit, est juive ; en tant que morale, l’Europe est juive.

Presque toute l’éthique européenne est enracinée dans le judaïsme. Tous les protagonistes d’une morale, religieuse ou non, depuis Augustin jusqu’à Rousseau, Kant et Tolstoï,  étaient des juifs d’élection au sens intellectuel ; Nietzsche est l’unique moraliste non juif, l’unique moraliste païen d’Europe.

Les défenseurs les plus éminents et les plus convaincants des idées chrétiennes, qui dans leur réincarnation moderne s’appellent pacifisme et socialisme, sont des juifs.

En Orient, le peuple chinois représente l’éthique par excellence [..] – en Occident ce sont les juifs.

Dieu était le chef d’Etat des anciens juifs, leur code de conduite était le code civil, le péché était un crime.

Au cours des millénaires les juifs sont restés fidèles à cette idée théocratique de l’identification de la politique et de l’éthique: le christianisme et le socialisme sont tous deux des tentatives pour créer un royaume de Dieu.

Il y a deux millénaires, les premiers chrétiens – non pas les Pharisiens ni les Saducéens – ont été les héritiers et les rénovateurs de la tradition mosaïque; aujourd’hui ce ne sont ni les sionistes ni les chrétiens mais les dirigeants juifs du socialisme:  parce qu’ils veulent, avec la plus grande abnégation, effacer le péché originel du capitalisme, délivrer l’humanité de l’injustice, de la violence et de la servitude et transformer le monde racheté en un paradis terrestre. [27].De Moïse à Weininger, l’éthique a constitué le problème majeur de la philosophie juive.

C’est dans cette attitude éthique fondamentale vis-à-vis du monde que se trouve l’origine de l’extraordinaire importance du peuple juif – mais en même temps le danger que les juifs qui ont perdu leur croyance à cette éthique ne tombent dans le cynisme le plus égoïste: alors que les genss d’une autre mentalité, une fois perdu leur sens de l’éthique, conservent encore un certain nombre de valeurs chevaleresques et de préjugés (homme d’honneur, gentleman, cavalier, etc.) qui leur évite de tomber dans l’abîme des valeurs.

Ce qui sépare principalement les juifs du citoyen moyen, c’est qu’ils sont d’une même souche.

Une force de caractère couplée avec une acuité d’esprit prédestine le juif, parmi les spécimens les plus remarquables, à diriger l’humanité, depuis les aristocrates de l’esprit faux ou sincères jusqu’aux protagonistes du capitalisme comme de la révolution. [28]

Nous nous trouvons maintenant au seuil de la troisième époque des temps modernes: le socialisme.

Le socialisme s’appuie aussi sur la classe urbaine des travailleurs industriels, dirigée par l’aristocratie des écrivains révolutionnaires.

L’influence de la noblesse de sang diminue, l’influence de la noblesse d’esprit  est en croissance.

Un tel développement, et avec lui le chaos de la politique moderne, ne trouvera son terme que lorsqu’une aristocratie de l’esprit saisira les rênes du pouvoir de la société: en s’emparant de la poudre, de l’or, de l’encre d’imprimerie pour les consacrer au bonheur de la communauté. [32]

Dictature communiste: étape décisive vers le but

Le bolchevisme russe constitue une étape décisive vers ce but où un petit groupe d’aristocrates intellectuels communistes gouverne le pays et  rompt consciemment avec le démocratisme ploutocratique qui domine aujourd’hui le reste du monde.

La lutte entre le capitalisme et le communisme pour l’héritage de cette noblesse du sang vaincue est une guerre fratricide de la noblesse des cerveaux victorieuse, un combat entre les esprits individualistes et socialistes, égoïstes et altruistes, païens et chrétiens.

L’état-major des deux parties se recrute au sein de la race dirigeante spirituelle de l’Europe: les juifs.

Le capitalisme et le communisme sont tous deux rationnels, mécaniques, abstraits, urbains. La noblesse d’épée a définitivement joué son rôle. L’effet de l’esprit, le pouvoir de l’esprit, la croyance en l’esprit, l’espoir en l’esprit grandissent: et avec eux une nouvelle aristocratie. [33]

[44] Pour s’élever, pour aller de l’avant il faut des objectifs; pour atteindre ces objectifs il faut des hommes pour les fixer, pour conduire vers ces objectifs: des aristocrates.

L’aristocrate comme dirigeant est un concept politique, l’aristocrate comme  modèle est un idéal esthétique.

L’exigence la plus haute requiert que l’aristocratie coïncide avec la noblesse, le dirigeant avec le modèle: que la direction revienne aux personnes accomplies.

Race of nobility

Genrikh Yagoda

Lazar Kaganovich

Bela Kun
Leon Trozki
Leon Trotzki

Emma Goldman

Theodor Hertzl
Race of nobility – Anno 2007

Patrick Gaubert
Goldenberg – LICRA

Bernard Kouchner

Nicholas Sarkozy

Bernard-Henri Levy

Laurent Fabius

Cohn-Bendit – K. Me

Leonid Nevzlin

Gussinski

Simon Wiesenthal

Boris Beresovski

Mihail Khodorkovsky

Marcus Wolf STASI
Führers of Humanity – Anno 2007

Alan Dershowitz

David Horowitz

Richard Perle

Paul Wolfowitz

Paul Spiegel

Yitzhak Ginsburgh

Ariel Sharon

Abe Foxman

The general staff of both parties is recruited from Europe’s spiritual leader race [Führerrasse] the Jews.

Aux Européens la quantité et aux juifs la qualité

De l’humanité-quantité européenne, qui ne croit qu’au nombre, à la masse, deux races de qualité se distinguent: l’aristocratie de sang et les juifs.

Séparés l’un de l’autre, tous deux croient fermement à leur haute mission, à la supériorité de leur sang, aux différences humaines.

Dans ces deux races hétérogènes privilégiées se trouve le noyau de la future noblesse européenne: dans l’aristocratie de sang féodale pour autant qu’elle ne se laisse pas corrompre par la cour, dans l’aristocratie intellectuelle juive, pour autant qu’elle ne se laisse pas corrompre par le capital.

Comme garantie d’un avenir meilleur il reste de petits éléments de haute aristocratie morale dans les campagnes et un petit groupe de combat révolutionnaire de l’intelligentsia.

Ici la conformité entre Lénine, homme d’une petite aristocratie rurale, et Trotski, homme de lettres juif, devient un symbole: on voit là se réconcilier les contrastes entre le caractère et l’esprit, le châtelain et l’homme de lettres, l’homme de la campagne et l’homme de la ville, le païen et le chrétien, pour une synthèse créatrice d’une aristocratie révolutionnaire.

Un pas en avant dans le mental suffirait pour placer au service de la nouvelle libération des peuples les meilleurs éléments de la noblesse de sang, qui ont préservé dans le pays leur santé physique et morale de l’influence avilissante de l’atmosphère de la cour.

Car ils sont prédestinés à cette position grâce à leur courage traditionnel, leur mentalité antibourgeoise et anticapitaliste, leur sens des responsabilités, leur mépris des avantages matériels, leur formation stoïque de la volonté, leur intégrité, leur idéalisme. [45]10. LA NOBLESSE FUTURE DES JUIFS ET LES KHAZARS

Les principaux représentants de l’aristocratie du cerveau, les corrompus comme les intègres, à savoir le capitalisme, le journalisme et les érudits, sont des juifs.

La supériorité de leur esprit les prédestine à devenir le facteur principal de la future noblesse.

Un seul coup d’oeil à l’histoire du peuple juif explique sa position de leader dans la lutte pour la gouvernance de l’humanité. Pendant deux mille ans les juifs ont constitué une communauté religieuse, composée individus prédisposés sur le plan éthique et religieux et provenant de toutes les nations du milieu culturel classique, avec un centre national hébraïque en Palestine.

Déjà à l’époque le lien principal qui les unissait n’était pas la nation mais la religion. Au cours du premier millénaire de notre calendrier des prosélytes de tous les peuples entrèrent dans cette dénomination [secte religieuse], y compris le roi, la noblesse et le peuple des Khazars de Mongolie, les maîtres de la Russie du Sud.

Ce n’est qu’à partir de ce moment que la communauté juive religieuse s’est réunie en une nation artificielle et s’est fermée à tous les autres peuples.

A travers des persécutions indicibles l’Europe chrétienne, pendant tout un millénaire, a tenté d’exterminer le peuple juif.

Résultat: tous les juifs, de faible volonté ou opportunistes ou sceptiques se sont laissé baptiser pour échapper aux tourments d’une persécution sans fin.

D’autre part, tous les juifs qui n’étaient pas suffisamment habiles, malins et créatifs pour survivre à cette lutte pour la vie dans ces conditions très difficiles succombaient.

Ainsi une petite communauté a enfin émergé de toutes ces poursuites, fortifiée par un martyre héroïque enduré à cause de ses idées et purifiée de tous les éléments de faible volonté ou pauvres d’esprit.

Au lieu de détruire les juifs, l’Europe, malgré elle, a ennobli ces gens et, au travers de ce processus artificiel de sélection en a fait une nation de chefs.

Il n’est pas étonnant que ces gens, échappés de leurs ghettos, ont formé en Europe une noblesse de l’esprit.

Une nouvelle noblesse par la grâce de l’esprit

C’est pourquoi, au moment où l’aristocratie féodale disparaissait, la Providence a offert à l’Europe, grâce à l’émancipation des juifs, une nouvelle race de nobles par la grâce de l’esprit.

Le premier représentant typique de cette noblesse future a été le juif-noble [Edeljude] Lassalle qui combine jusqu’au plus haut point la beauté physique et la noblesse d’esprit et de finesse spirituelle: aristocrate au sens le plus noble et le plus exact du terme, c’était un dirigeant né et un guide de son temps.

Les héros et martyrs juifs des révolutions de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale ne sont en aucun cas inférieurs aux héros non juifs de la Guerre mondiale en matière de courage, de persévérance et d’idéalisme – mais ils les surpassent de beaucoup en esprit. [50]

Avec ces deux tentatives de rachat d’origine spirituelle et morale, les juifs ont légué aux masses déshéritées de l’Europe un don bien plus grand que ne l’a fait n’importe quel autre peuple.

Voyons comment la communauté juive moderne dépasse tous les autres peuples par son pourcentage en personnalités: à peine un siècle après sa libération ce petit peuple se place, avec Einstein, à la tête de la science moderne; avec Mahler à la tête de la musique moderne, avec Bergson à la tête de la philosophie moderne, avec Trotzki à la tête de la politique moderne. [51]

Des Européens haineux et jaloux…

La position éminente qu’occupent aujourd’hui les juifs est due à leur suprématie spirituelle qui leur permet de vaincre la bataille spirituelle sur un nombre considérable de rivaux privilégiés, haineux et jaloux.

L’antisémitisme moderne est le phénomène  réactionnaire des médiocres contre les meilleurs; c’est une nouvelle forme d’ostracisme appliqué à l’encontre de tout un peuple. [ostracisme = exclusion] ]

Des majorités de valeur inférieure, des minorités de haute qualité

En tant que peuple, les juifs connaissent le combat éternel de la quantité contre la qualité, des groupes inférieurs contre des individus de haute qualité, des majorités de valeur inférieure contre des minorités supérieures.

Les racines principales de l’antisémitisme sont l’étroitesse d’esprit et l’envie : l’étroitesse d’esprit en matière religieuse ou scientifique, l’envie en matière intellectuelle ou économique.

Parce qu’ils ne relèvent ni d’une communauté religieuse internationale ni de quelque race locale, les juifs sont le peuple au mélange de sang le plus fort; comme ils se sont isolés des autres peuples depuis un millénaire, ils ont aussi la plus forte consanguinité.

Il n’y a pas que l’aristocratie d’esprit révolutionnaire de demain qui se recrute aujourd’hui surtout chez les juifs mais aussi les trafiquants ploutocratiques de la Kakistokratie; et c’est ce qui aiguise les armes agitant l’antisémitisme.

Des milliers d’années d’esclavage ont privé les juifs, à de rares exceptions près, des gestes des surhommes.

La répression perpétuelle inhibe le développement de la personnalité, et enlève ainsi un important élément de l’idéal esthétique de la noblesse.

Une grande partie de la communauté juive souffre physiquement et psychologiquement de cette carence; ce défaut est l’une des raisons principales qui font que l’instinct européen refuse de considérer les juifs comme une race noble.

Le ressentiment que cette oppression a fait naître chez les juifs leur a donné une grande vitalité mais les prive d’harmonie raffinée.

L’Allemagne doit périr – Le projet Kaufman

Un projet similaire à celui de Kaufman a été émis pendant les années de guerre par un éminent anthropologue américain. Dans un article ayant pour titre « Breed War Strain Out of Germans » paru dans le quotidien de New York « P.M. » du 4 janvier 1943, Ernest Hooton exposait un projet de « mode de reproduction » qui « détruirait le nationalisme allemand et son idéologie agressive tout en conservant et en perpétuant les capacités biologiques et sociologiques allemandes souhaitables ». (Voy. aussi Benjamin Colby, « Twas a Famous Victory » (C’était une sacrée victoire), 1974, p. 131.)

La proposition de ce professeur de l’Université de Harvard préconisait la transformation génétique de la nation allemande en encourageant l’accouplement de femmes allemandes avec des non-allemands qui seraient amenés dans le pays en grands nombres, ainsi que d’hommes allemands, maintenus de force à l’extérieur de l’Allemagne, avec des non allemandes.

De dix à douze millions d’hommes allemands seraient astreints à un travail forcé sous supervision alliée dans des pays extérieurs à l’Allemagne afin de reconstruire l’économie de ces pays.  « Le but de cette mesure », écrivait le Dr. Hooton, « réunit la réduction du taux de naissance des Allemands ‘purs’, la neutralisation de l’agressivité allemande par la disparition de la race et la dénationalisation des individus endoctrinés. »

La mise en place de ce projet, estimait Hooton, nécessitera au moins 20 ans. « Pendant ce laps de temps », continuait-il, « il faut encourager aussi l’immigration et l’installation dans les Länder allemands de gens de nationalités non allemandes, particulièrement des mâles. » Pour en savoir plus: Germany Must Perish.

Télécharger Germany must Perish et The Morgenthau Plan (en allemande – pdf)

Cet excès de consanguinité, lié à leur passé de ghetto, a été la cause de bien des côtés de leur décadence physique et psychique.

Ce que les juifs gagnaient avec leur tête, ils le perdaient souvent avec leur corps; ce qu’ils gagnaient avec leur cerveau, ils le perdaient avec leur système nerveux.

Ainsi les juifs souffrent d’une hypertrophie(1) du cerveau qui vient en opposition avec les exigences de la noblesse et du développement harmonieux de la personnalité.

La faiblesse physique et nerveuse de beaucoup de juifs excellents sur le plan spirituel montre un manque de courage physique (souvent en liaison avec la forme la plus élevée du courage moral) et une incertitude dans les performances, qualités qui aujourd’hui sont incompatibles avec l’idéal chevaleresque des aristocrates. [53]

Une race d’homme lésée par des esclaves

La maître race spirituelle des juifs a tant souffert sous les esclaves que ces derniers ont imprimé leur marque sur leur développement historique: encore aujourd’hui bien des personnalités juives importantes ont un comportement et des gestes de quelqu’un d’opprimé, non libre.

Dans leur comportement les aristocrates de descendance sont souvent plus nobles que les juifs excellents. Cette carence chez les juifs, qui provient de leur développement, disparaîtra à nouveau grâce à leur développement.

L’adaptation au style rustique (un objectif principal du sionisme), combinée à une éducation sportive, libérera les juifs de ce comportement de ghetto qu’ils portent encore en eux.

Que la chose soit possible, le développement des juifs américains le prouve. Ils auront de plus en plus  conscience de la liberté et du pouvoir effectif qu’ils ont acquis, et cette conscience caractérisera petit à petit les comportements et les gestes des hommes libres et forts.

Non seulement les juifs agiront dans la direction des idéaux aristocratiques occidentaux – mais aussi l’idéal aristocratique occidental connaîtra une transformation qui rencontrera les juifs à mi-chemin.

Dans une Europe du futur plus paisible, l’aristocratie se dépouillera de son caractère guerrier pour y substituer une mentalité quasi religieuse.

Un Occident pacifié et socialisé n’aura plus besoin de maîtres ni de souverains – mais seulement de dirigeants, d’éducateurs, de modèles. [54]

L’Europe a été conquise sur le plan religieux par les juifs – sur le plan militaire par les Germains: en Asie  ce sont les religions des Indiens et de l’Arabie qui ont triomphé, tandis que la suprématie politique appartient au Japon.The German version of the excerpts on this pageAuszüge aus Praktischer Idealismus

Télécharger le livre complet en allemand: Praktischer Idealismus (pdf) [Please notify me if link is dead]

Traduit par Bocage

Notes

1) L’hypertrophie est l’augmentation de la taille d’un organe ou d’une région particulière.

2)Cité d’après Die Welt du 26 août 1998, p. 12: « Die Zwölfzahl der Sterne ist ein Hinweis auf die zwölf Stammen Israels und somit auf das auserwählte Volk Gottes » [Les 12 étoiles sont une référence aux 12 tribus d’Israël et donc au peuple élu de Dieu.


Paul Warburg
Paul Warburg
Bernard Baruch
Bernard Baruch

La famille de (Samuel Moses) Del Branco a quitté l’Italie pour s’installer en Allemagne en 1559 où il a pris le nom de Warburg. En 1798, sa famille a fondé la banque M.M. Warburg & Co. Paul Warburg était un immigré allemand arrivé en Amérique en compagnie de son frère Felix. Les deux frères, qui faisaient partie des Illuminati et étaient aussi membres du B’naï B’rith sont devenus partenaires dans la maison Kuhn, Loeb & Co.

Le franc-maçon bien connu James Paul Warburg a déclaré devant le Sénat américain le 17 février 1950: « Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non. La seule question est de savoir si nous y parviendrons par conquête ou par adhésion. »

Paul Warburg était marié à Nina Loeb, fille du banquier Salomon Loeb. Kuhn, Loeb & Co. était la compagnie financière la plus influente des Etats-Unis au début des années 1900. Le frère de Paul, Felix Warburg, était marié à Frieda Schiff, fille du célèbre Jacob Schiff. Schiff, un sioniste de pointe, était le principal propriétaire de Kuhn, Loeb & Co. Il avait contribué à financer Lev Trotski quand les bolcheviques avaient pris le pouvoir. Avant cela, il avait aidé à la prise de pouvoir d’Alexander Kerensky (Aron Kiirbis). Par la suite Jacob Schiff a donné l’ordre à Lénine d’exécuter la famille du Tzar, comme le prouve le télégramme qu’il a envoyé à Lénine.

Coudenhove-Kalergi dans son autobiographie:

« Au début de 1924, nous avons reçu un appel du Baron Louis de Rothschild: l’un de ses amis, Max Warburg de Hambourg, avait lu mon livre et souhaitait faire notre connaissance.

« A ma grande surprise, Warburg nous a proposé spontanément 60.000 marks en or afin de stimuler le mouvement pendant ses trois premières années.

« Max Warburg, qui était l’un des hommes les plus distingués et les plus sages que j’aie jamais rencontrés, avait pour principe de financer ce genre de mouvements.

« Il est resté sincèrement intéressé toute sa vie à cette idée de Pan-Europe.

« Max Warburg a organisé mon voyage aux Etats-Unis en 1925 pour me faire rencontrer Paul Warburg et le financier Bernard Baruch.« 

Le théoricien de la finance Ludwig von Mises (avec le soutien de la Fondation Rockefeller qui lui a accordé un don) a également participé au mouvement Pan-européen de Coudenhove-Kalergi.

Plus tard, les disciples de von Mises, Arthur Burns et Milton Friedman ont propagé les idées de von Mises grâce à un réseau de think tanks secrets « conservateurs », mené par la Mont Pelerin Society (Pour en savoir plus ici).

Le comte R. N. Coudenhove-Kalergi est bien connu comme le père de l’Union européenne moderne. C’est lui qui a suggéré l’hymne de Beethoven comme hymne national de l’UE et il a beaucoup contribué au dessin du logo de l’UE comportant 12 étoiles symbolisant les 12 tribus d’Israël. Ce logo a été finalisé par le juif Paul M.G. Lévi. (2)

Otto de Habsbourg a succédé à Coudenhove-Kalergi comme président de l’Union Pan-européenne. Il est professeur honoraire à l’Université de Jérusalem et a obtenu la « International Humanitarian Award » de l’ADL (Ligue anti-diffamation) de la loge maçonnique juive du B’naï B’rith.

Le père de Coudenhove-Kalergi était un ami intime de Theodor Herzl, fondateur du sionisme.


Praktischer Idealismus

Interdit en Allemagne

Caché par le Mouvement européen

Cet ouvrage n’a probablement pas été tiré en beaucoup d’exemplaires puisqu’il est extrêmement difficile d’en trouver un tirage aujourd’hui.
En Allemagne, le livre fait pratiquement l’objet d’une censure. Bien qu’il ne figure pas dans la liste officielle des livres censurés par le gouvernement allemand, il est impossible de l’acheter dans les librairies, ni neuf ni d’occasion.

Lorsque la maison d’édition « Unabhängige Nachrichten » (Les nouvelles indépendantes) a publié, aux alentours de 1990, un résumé de l’ouvrage et a envisagé de le publier intégralement, le gouvernement a fait une perquisition sur les lieux et le seul et unique exemplaire de « Praktischer Idealismus » a été confisqué.

L’ouvrage n’est pas non plus mentionné sur les pages Internet officielles du Mouvement Pan-européen, ce qui est compréhensible puisque son contenu est en opposition directe avec le programme officiel du mouvement. La question est d’où vient une telle incohérence: le Mouvement Pan-européen a-t-il été détourné? Ou « Praktischer Idealismus » était-il réservé à quelques personnes dans les cercles intimes, et tous les propos sur les valeurs chrétiennes, la démocratie, etc., n’étaient-ils que rhétorique vide?

Traduit d’un article de Wikipedia en danois.

Le complot de la réserve fédérale


 
Auteur : Sutton Antony Cyril
Ouvrage : Le complot de la réserve fédérale
Année : 1995

https://mega.nz/#!zQV3AAoB!2MS2FL6J4JDA_yiGnYhAVCTSY74Of-WZW_ClxM91KTM

GOLDEN HOLOCAUST La conspiration des industriels du tabac


 
Auteur : Proctor Robert
Ouvrage : Golden holocaust La conspiration des industriels du tabac
Année : 2012

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Johan-Frédérik Hel Guedj

Préface
« On crie pour taire ce qui crie{1}. » La variante macabre du petit
aphorisme de Michaux, la petite phrase produite par l’industrie du tabac
sous de multiples formes au cours du dernier siècle, pourrait paraître bien
inoffensive au premier abord : « La recherche doit se poursuivre encore
et toujours. » C’est cependant une phrase qui cache, qui leurre, qui
divertit, et à la fin une phrase qui tue. Bienvenue dans Golden
Holocaust, où sous les vérités indiscutables – la cigarette est le fruit d’une
recherche de pointe, de prouesses industrielles, technologiques,
physiques et chimiques – se profilent d’autres vérités moins triviales et
plus sinistres : à côté de la recherche qui accroît notre savoir, existe une
autre recherche qui s’attelle à saper les savoirs existants et n’est menée
que pour créer le doute, une science construite uniquement pour rassurer
et retarder l’action des instances réglementaires.
Lorsque les premières assignations commencèrent à pleuvoir sur
l’industrie du tabac américaine, dans les années 1980, la réplique ne tarda
pas : à grand renfort de camions entiers d’archives, elle tenta de noyer les
juges sous un déluge de dossiers et de documents qui représentent
aujourd’hui 80 millions de pages. L’idée était sans doute qu’un tel flot
retarderait indéfiniment toute conclusion judiciaire. Qu’il serait longtemps
impossible de proposer tout récit intelligible d’un siècle de cigarette. Que
l’industrie pourrait masquer aux yeux des juges la connaissance qu’elle
avait eue très tôt des propriétés cancérogènes de la cigarette et du
pouvoir addictif de la nicotine, malgré son discours officiel. C’était
compter sans la ténacité des archivistes travaillant pour la justice, qui
repérèrent très tôt des documents accablants et précipitèrent la
condamnation des cigarettiers, et sans le talent d’historiens tels que

Robert Proctor, professeur d’histoire des sciences à Stanford, qui
propose ici un passionnant document, un récit total sur la cigarette, cette
réalité multiforme, létale et encore secrète par tant d’aspects. Il la rend
tangible, déplie toutes ses dimensions et excelle à trouver les aiguilles
dans les « meules de foin » des archives du tabac. Un des exploits du
livre est ainsi de parvenir à donner une idée de cette richesse, de
l’entrecroisement de ces dimensions, tout en ménageant une entrée claire
dans chacun de ces domaines et sans jamais perdre de vue leur
articulation.

L’enquête et ses obstacles
En effet, s’il ne s’agit pas de la première histoire de la cigarette, ni
même de la seule qui mette en regard la connaissance qu’en interne
l’industrie du tabac avait de la dangerosité de ses produits avec sa
communication officielle à ce sujet{2}, Golden Holocaust est le premier
livre sans doute qui noue aussi nettement trois domaines qui, par leur
ampleur, auraient pu opposer des obstacles quasi insurmontables à
l’enquête menée par Robert Proctor : le caractère démesuré de
l’épidémie de la cigarette ; la réalité proprement tentaculaire de
la cigarette elle-même, à la fois comme fruit d’une technologie de pointe,
comme facteur dans le développement du marketing, de la contrebande,
du sponsoring, du financement de la recherche universitaire ; le caractère
océanique, enfin, des archives internes du tabac.
Sur le premier point, comme on s’en convaincra sans peine à lire
Proctor, on aurait tort de croire que la cigarette est une chose du passé,
une affaire entendue depuis longtemps. La mesure du phénomène est
encore gigantesque, dans toutes les directions. Il se fume, aujourd’hui
encore, 6 000 milliards de cigarettes chaque année. On peut prédire, de
manière tout à fait fiable, un décès par million de cigarettes fumées, vingt
ou vingt-cinq ans plus tard. Un consommateur régulier de ce produit sur

deux en mourra prématurément, comme 100 millions de personnes au
XXe siècle et un milliard peut-être au XXIe, si rien ne change, ce qui en fait
assurément la plus grosse épidémie existante, et la plus mortelle.
Ce qui est vrai des quantités l’est également du nombre de domaines
de l’activité humaine sur lesquels le tabac projette son ombre. La
cigarette est ce que les sociologues pourraient appeler un « fait social
total », qui met jeu la totalité de la société et de ses institutions.
S’intéresser à elle, ce n’est pas seulement étudier un objet facilement
isolable car c’est un produit mondialisé et, comme Proctor le rappelle
dans un témoignage qu’il a apporté lors d’un procès contre la compagnie
Liggett, en 2007{3}, il lui a fallu s’intéresser de front : aux images du tabac,
au discours de l’industrie à son sujet, au ciblage ethnique et racial, aux
journaux, y compris internes, de cette industrie ; aux prouesses
techniques par lesquelles on a rendu la fumée inhalable en jouant sur son
pH, au processus chimique de freebasing par lequel on augmente la
quantité de nicotine libre directement assimilable par le fumeur, à la chimie
du tabac, à la conception des filtres destinés à rassurer le public, tout en
permettant au fumeur d’inhaler en fin de compte la même quantité de
goudrons et de nicotine, à la question des cigarettes « moins
dangereuses », aux questions politiques entourant la contrebande, à la
mécanisation de l’industrie du tabac, aux conséquences de cette
mécanisation sur la production et la fixation des prix, à la question de
l’élasticité de la demande par rapport au prix, à l’infiltration de l’université
par l’argent du tabac, à la fois au sens où l’industrie finance de la
recherche au sein des universités, mais aussi où elle rémunère des
universitaires pour témoigner en sa faveur lors de procès.
Une des marques caractéristiques de cette enquête est que Proctor la
mène en exploitant les archives internes de l’industrie du tabac, ce qui ne
représente pas un mince pari : rassemblées aujourd’hui sur le site internet
de l’Université de Californie à San Diego, ces archives, correspondant
aux documents saisis lors de différentes procédures judiciaires des trente

dernières années, comprennent aussi bien des documents techniques que
des mémos, des plans média, de la correspondance avec des artistes et
des sportifs célèbres, des stratégies commerciales, des coupures de
presse, des livres entiers, et même une veille sur certains chercheurs
susceptibles d’être ralliés à la cause (la France elle-même est bien
présente dans ces archives). Ces archives ne sont pas réservées aux seuls
spécialistes, elles sont, à la suite d’une décision de justice également, en
libre accès{4}.
Golden Holocaust a de ce fait quelque chose du roman policier, à
ceci près que pour répondre à la question habituelle – « qui a fait quoi ? »
– il faut répondre à une autre question : « qui savait quoi et quand ? ».
Qui était au courant de la dangerosité de la cigarette ? Qui, le sachant, ne
l’a pas dit ? Que pouvait-on savoir, ou pas, en lisant la presse, en
consultant toutes les sources publiques d’information ? Questions
essentielles, car elles décident de la responsabilité des uns et des autres,
le consommateur, parce que « tout le monde savait », ou l’industrie, qui se
défend pourtant en disant que « personne n’avait de preuves ». Proctor
nous propose de multiples explorations de cette mine des Tobacco
documents pour trancher la question. On trouvera en fin de volume les
notes et les renvois aux documents originaux. On a donc, ce qui n’est
somme toute pas si fréquent pour un travail historique, à la fois les
résultats de l’enquête et la possibilité d’en poursuivre les conclusions par
une exploration plus personnelle, selon ses intérêts.
Comme dans les vrais romans policiers, il arrive aussi que l’on cherche
très concrètement à décourager le détective d’enquêter. Proctor relève,
ce qui est évidemment une litote, que « témoigner contre une industrie
multimilliardaire qui a une longue histoire de harcèlement, ce n’est pas
pour les âmes sensibles{5} ». Prétextant que le travail de recherche réalisé
pour le livre à venir était ce qui justifiait sa présence comme témoin dans
des procès, l’industrie a tenté, sans succès, de faire saisir, il y a quelques
années, le manuscrit du présent ouvrage{6}. Le contenu est en donc si

dérangeant qu’il a pu inspirer de telles tentatives d’intimidation,
aujourd’hui encore.

Pourquoi ne sait-on pas ?
Cet intérêt pour ce qui est tu, pour ce qui est négligé par les
recherches existantes, mais aussi pour les savoirs que certains acteurs
mettent un soin tout particulier à enfouir et à rendre inaccessibles, est sans
doute le fil conducteur du travail de Proctor comme de sa formation.
Arrivant à Harvard dans les années 1970, du Texas et puis du Middle
West, il avoue avoir eu une très mauvaise surprise : « Il existait une
géographie profonde de la connaissance, relève-t-il, et cela tenait pour
une grande part à la question de savoir ce que l’on considérait comme
important, et qui l’on considérait comme important. » C’est cette
frustration au fond qui le conduit à se rapprocher du collectif radical
Science for the People, organisation progressiste et pacifiste, très
sensibilisée aux usages politiques des pseudosciences et plus
généralement aux mésusages de la science, bref « très attachée à rendre
public ce qui était caché, à donner une parole à ce qui était silencieux, à
inclure ce qui était exclu ». Cette perspective le rend plus sensible à
l’exclusion des femmes du monde scientifique, à la science militaire
secrète, elle guide enfin son travail d’instructor à Harvard, aux côtés de
Stephen Jay Gould, Richard Lewontin et Ruth Hubbard, dans le cours
« Social issues of Biology », qui le conduit à explorer de nombreux
points négligés d’histoire des sciences. Dans ces domaines également,
selon lui, « les scientifiques creusaient des canyons et laissaient de vastes
plaines inexplorées ». Arpenter ces grands espaces négligés, relever les
emplacements de ces failles, telle est sans doute la signature intellectuelle
de Proctor.
L’originalité de ce travail – cet intérêt pour la fabrique du savoir, sa
fragilisation, sa distribution inégale et ses disparitions parfois – était déjà

sensible dans ses travaux précédents{7}. Le public français le connaît pour
sa Guerre des nazis contre le cancer, ouvrage dans lequel il éclairait un
aspect méconnu de la science allemande de l’entre-deux-guerres, en
montrant qu’à côté des horreurs commises au nom de la science par une
partie de la communauté médicale, cette même science avait réalisé des
avancées importantes dans la prévention du cancer, fait qui a été
durablement oublié et que Proctor retraçait, tout en faisant la part des
données proprement scientifiques et des fantasmes nationalistes sur
l’intégrité du corps allemand qui présidaient souvent à ce type de
recherches. Il est également l’historien des luttes contre le cancer,
montrant comment la priorité qui a pu être donnée à certaines époques à
la génétique fonctionnelle, par exemple, peut créer elle-même de
l’ignorance si elle conduit à enquêter de manière moins précise sur les
facteurs environnementaux et comportementaux. Proctor pousse plus loin
que d’autres cette enquête sur la manière dont des connaissances peuvent
être occultées en posant avec ténacité cette question : « Pourquoi ne
savons-nous pas ce que nous ne savons pas ? Que devrions-nous savoir
et que ne devrions-nous pas savoir ? Comment pourrions-nous savoir
différemment{8} ? »

Fabriquer l’ignorance
C’est là l’inspiration d’un courant de travaux auquel Proctor a donné un
nom étrange, l’« agnotologie », en référence au terme « ignorance », qui
en grec a deux formes : agnoia, désignant l’absence de perception ou de
connaissance, et, plus rarement et plus tardivement, agnosia, un état
d’ignorance ou de non-savoir, les deux désignant la privation de gnosis,
signifiant « savoir ». Si le nom est étrange, l’idée est simple : l’agnotologie
est l’étude de la production de l’ignorance et également le processus
même par lequel elle est produite, de la même manière que la biologie est
à la fois l’étude du vivant et le phénomène du vivant lui-même. Elle est

donc une discipline, ou plus modestement une thématique, qui se propose
d’éclairer la « production culturelle de l’ignorance », que celle-ci soit
comprise comme une frontière de la connaissance, qu’elle soit produite
involontairement, lorsque par exemple une priorité dans un programme
de recherche conduit de manière inopinée à négliger un autre domaine, ou
enfin qu’elle soit visée, produite, dans une perspective résolument
stratégique, comme c’est souvent le cas pour la cigarette.
Golden Holocaust ne porte en effet pas seulement sur une industrie et
des faits, sur la cigarette comme produit, sur l’ingénierie qu’elle recouvre
– comment faire avaler de la fumée sans faire tousser, comment accélérer
l’absorption de nicotine ? –, il porte aussi sur des discours. Selon Proctor,
l’industrie du tabac fonctionne en régime agnotologique lorsque, à partir
des années 1950, de 1953 plus précisément, elle a tenté de bâtir une
controverse de toutes pièces, de brouiller une connaissance constituée
jusque dans ses propres laboratoires sur les propriétés cancérogènes de
la fumée afin de rassurer le consommateur. Elle aurait « produit » de
l’ignorance (sur la dangerosité du tabac) en instillant le doute. On verra,
dans le chapitre « L’agnotologie en action », l’étendue de la « boîte à
outils » de l’industrie du tabac. Elle a alors construit, et parfois imposé, un
discours sur les moyens de preuve, sur la différence entre corrélation et
causalité, sur la possibilité qu’il y ait plusieurs causes pour un même effet
(que le fait de fumer et celui d’être malade dépendent par exemple d’une
prédisposition génétique), mais aussi plusieurs effets pour une même
cause (que le fait d’être malade provienne du tabac, mais aussi de virus,
du mode de vie), sur la légitimité du transfert des résultats de
l’expérimentation animale à l’homme. Elle produit une forme
d’épistémologie dont le caractère artificiel n’apparaît pas forcément en
première approche, car elle déplace souvent des modes de raisonnement
éprouvés ailleurs, d’où l’intérêt du décryptage que Proctor propose ici.
Cette période est tout à fait décisive pour les historiens car elle
concerne le moment où l’industrie américaine connaissait les dangers du

produit mais où la puissance publique, par l’intermédiaire du ministre de la
Santé, n’avait pas encore pris position, comme ce sera le cas à partir de
1964, d’où l’importance des travaux qui retracent ce que l’on savait, et ce
que l’on ne savait pas alors. Si cette guerre rhétorique a retardé
l’infléchissement de la consommation de cigarettes, ne serait-ce que de
dix ans, elle se chiffre, selon la proportion évoquée plus haut, en
centaines de milliers, voire en millions de morts.
Cette perspective portée par Proctor a permis des lectures nouvelles,
en particulier pour ce qui est de l’ignorance sciemment produite et
entretenue. D’autres auteurs ont ainsi éclairé des stratégies de
désinformation, de censure, de décrédibilisation de la science, qu’il
s’agisse d’États, de collectifs, d’associations, dans des domaines aussi
divers que l’amiante, le réchauffement climatique{9}, l’utilisation de certains
plastiques{10}, la silicose, la migration des savoirs des colonies vers les
métropoles.
Dans tous ces cas, ces enquêtes intéressent au premier chef le citoyen,
avec lui la collectivité, ainsi que l’historien, mais aussi quiconque réfléchit
à la place de la connaissance dans une démocratie. Étudier la
connaissance, c’est également étudier tout ce qui barre la voie à cette
connaissance, qui peut la faire échouer. Pour reprendre un mot de Peter
Galison, il y a une anti-épistémologie tout aussi essentielle que
l’épistémologie : « L’épistémologie demande comment on peut mettre au
jour et s’assurer la connaissance, l’anti-épistémologie demande comme la
connaissance peut être recouverte et obscurcie{11}. » Aucune théorie de
la connaissance publique n’est possible sans une prise en compte de ces
deux dimensions.
« Le contraire de la prohibition, c’est la liberté, alors que le
contraire de l’abolition, c’est l’esclavage »
Le titre de cet ouvrage pourrait dérouter : « Golden » renvoie à la

feuille d’or, autre nom du tabac, l’holocauste dont il est question désigne
la centaine de millions de morts du tabac du siècle dernier et tous ceux
qui viendront. L’alliance entre les deux, entre ce qui suggère une certaine
forme de luxe, voire de futilité, et l’horreur brute de la mort de masse,
traduit en fait bien le contraste entre la cigarette, devenue symbole
d’aventure, de cow-boy chevauchant dans la plaine, et les effets réels de
la consommation de ce produit.
Il ne s’agit pas ici de défendre une nouvelle « prohibition », mais bien
une « abolition ». Si l’ouvrage, comme le verra, conduit à estimer qu’il
faudrait en finir avec la cigarette, il prend soin de ne pas se camper dans
la posture prohibitionniste qui fédère contre elle les défenseurs d’une
hypothétique liberté de fumer. L’abolition renvoie bien plutôt à la lutte
contre l’esclavage et il est pour Proctor hors de question de laisser le
vocabulaire de la liberté aux lobbies du tabac : « le contraire de la
prohibition, c’est la liberté, alors que le contraire de l’abolition, c’est
l’esclavage ».
Il est question ici d’une « conspiration des industriels du tabac »,
évoquée dans le sous-titre. Au moment où le « complotisme » est en
passe de devenir une catégorie politique, il semble important de souligner
que ce texte est aux antipodes de ce type de lecture et en est peut-être le
meilleur antidote : le complotiste voit partout les traces d’un complot
destiné à dissimuler à la plupart de ses contemporains, sauf à lui-même au
fond, les rouages secrets de ce monde ; il en fait une grille d’interprétation
totale. Ce serait cher payer que de devoir renoncer, du fait de ces excès
et de cette folie, à la description empirique des moments de l’histoire où
un petit groupe d’acteurs cache la vérité au plus grand nombre pour en
retirer un profit particulier, bref, quand il y a « conspiration ». Il est de la
plus haute importance de pouvoir en faire un récit contextualisé, limité
dans l’espace et dans le temps, avec des acteurs et des actions
identifiables, ce qui est fait ici avec le plus grand soin et dans le plus grand
détail.

On pourrait, enfin, sous-estimer l’urgence de ce livre, et imaginer peutêtre
que la cause est entendue, que la recherche scientifique est
maintenant unanimement en train de témoigner au tribunal contre les
divers industriels du tabac et que seule une poignée de mercenaires mène
un combat purement procédurier et perdu d’avance. L’infiltration de
l’université, à suivre Proctor, a pris des formes si diverses que le présent
ouvrage est peut-être le premier à en dresser le sombre périmètre, et une
des réussites du livre consiste à montrer que si certains acteurs étaient
parfaitement cyniques, d’autres ont pu être simplement naïfs sur les biais
de financement, qui permettent d’encourager des recherches favorables,
en leur accordant des crédits, et d’en compliquer d’autres, en leur
refusant ces mêmes crédits, sans forcément avoir à intervenir sur chaque
étape, sur chaque expérimentation, sur chaque conclusion. L’emprise du
tabac sur le financement de la recherche scientifique, qu’il s’agisse de la
cancérologie, de l’épidémiologie, de la neuropharmacologie, des
statistiques, de la cardiologie, ne s’effacera pas en quelques traits de
plume, de même que l’immense armée de réserve des témoins-experts
que l’industrie a confectionnée et entretenue. Pour ne prendre qu’un
exemple emprunté, lui, aux sciences humaines et à l’histoire, qui joue
maintenant un rôle de plus en plus important dans les procédures en
cours, puisque c’est finalement elle qui permet de répondre à la question
« qui savait quoi ? »{12}, la doxa actuelle n’est sans doute pas là où on le
croit : trois historiens en tout et pour tout ont témoigné contre l’industrie
du tabac, Robert Proctor, Alan Brandt et Louis Kyriakoudes. On
trouvera une très édifiante liste de dizaines d’historiens témoins-experts
pour le tabac qui donne sans doute une bonne idée de la distribution des
forces.
Comment penser alors cette articulation entre la recherche historique
et le rôle du témoin ? On pourrait en conclure à tort que le témoin,
l’expert, compromet par son engagement ce que le chercheur découvre
de l’autre, que les deux postures sont incompatibles. Ce n’est en rien

l’avis de Robert Proctor : « Au fond, je pense que nous devons être
humains d’abord, et chercheurs ensuite. Notre humanité est ce qui
compte avant tout, et trop peu de mes collègues, j’en ai peur, saisissent
véritablement cette idée. La recherche devrait ennoblir la condition
humaine. Je n’ai jamais voulu être un mécanicien, un poseur de diagnostic
ou le valet de qui que ce soit. Tout l’argument de mon livre Value-Free
Science consistait à montrer que l’engagement ne compromettait pas
forcément l’objectivité. De fait, il y a de nombreuses manières dont il peut
la renforcer. La plupart des gens ne le comprennent pas. Cela provient
d’un manque de courage et de lucidité morale. » Assumer ce courage,
face à des procédures et des harcèlements bien réels, défendre cette
« lucidité morale », tel est assurément ce qui préside à ce livre et en fait
bien plus qu’une description des faits et qu’une nouvelle histoire de la
cigarette : des clés pour comprendre et pour agir.
Mathias GIREL, février 2014.

Prologue
C’était en 1970, j’avais seize ans et j’étais en première au lycée
Southwest de Kansas City. Tous les élèves avaient été conviés dans
l’auditorium pour écouter un représentant de l’industrie du tabac, venu
nous expliquer que fumer nous ferait du mal. Je n’ai pas de souvenir
précis de cet homme, excepté qu’il était jeune et habillé cool, chemise
rayée et chaussures blanches. Mais son message était clair : fumer, ce
n’est pas pour les jeunes. « Un choix d’adulte », telle était sa formule, que
je garde encore en tête. Fumer, c’était comme conduire, boire ou faire
l’amour – autant d’activités qui n’étaient même pas censées nous traverser
l’esprit. Notre tour viendrait, plus tard.
Chaque fois que j’entends quelqu’un s’alarmer du « tabagisme chez les
jeunes », je repense à ce personnage et je m’émerveille du savoir-faire de
Big Tobacco, de ces géants du tabac qui parviennent toujours à
conserver un temps d’avance sur tout le monde. Le message de
M. Chaussures Blanches était une forme de publicité assez subtile,
associant le nec plus ultra de la psychologie inversée – où l’on cherche à
obtenir le contraire de l’attitude que l’on recommande – au bon vieux
stratagème du fruit défendu. Les spécialistes du marketing savent que
personne ne fume pour se donner un air juvénile et que les jeunes désirent
toujours ce qui leur est inaccessible, surtout si c’est « réservé aux
adultes ». C’est pourquoi les programmes scolaires qui recommandent
vivement aux enfants et aux adolescents de ne pas fumer se soldent le
plus souvent par un échec. Les adolescents n’aiment pas qu’on les
infantilise ni qu’on les prenne de haut, ce que les cigarettiers ont bien
mieux compris que leurs détracteurs, et depuis longtemps.
On le sait, les fabricants de tabac excellent dans l’art de tromper ; ils

savent distiller l’ignorance et réécrire l’histoire. Ils connaissent le pouvoir
des images, s’y entendent pour les tordre, pour violer tout à la fois le bon
sens et l’intégrité de nos poumons. Ils savent aussi créer le désir de toutes
pièces et ils aimeraient évidemment nous faire accroire qu’ils n’ont qu’un
souhait : que les jeunes ne fument pas. À cet égard, les défenseurs de la
santé publique ont adopté une méthode empirique assez efficace :
demander leur avis aux cigarettiers (par exemple, pour réduire le
tabagisme des jeunes) et, quelle que soit leur réponse, faire exactement le
contraire.
Étonnamment, le temps a joué en faveur des géants de Big Tobacco.
La cigarette demeure la principale cause de mortalité évitable, éclipsant
toutes les autres, et la majeure partie de cette mortalité est à venir. Au
XXe siècle, le tabac n’a tué qu’une centaine de millions d’individus, alors
qu’il en tuera un milliard au XXIe siècle si rien ne change. Il fauche
désormais quelque six millions de personnes par an, davantage que le
sida, la malaria et les accidents de la route réunis. Les maladies cardiovasculaires,
responsables du plus grand nombre de ces décès, devancent
de peu l’emphysème et le cancer du poumon, suivis des naissances avant
terme, de la gangrène et des cancers de la vessie, du pancréas et du col
de l’utérus. Les incendies provoqués par des cigarettes en causent
quelques dizaines de milliers – une peccadille, comparée aux victimes des
maladies cardio-pulmonaires, mais un chiffre encore très élevé par
rapport aux crashes aériens ou aux attentats terroristes. Rien qu’aux
États-Unis, les décès dus à la cigarette équivalent aux crashes de deux
Boeing 747 par jour. Pour la planète entière, ces chiffres
représenteraient la disparition de la totalité des passagers d’une grande
compagnie aérienne. La moitié des individus qui ont fumé toute leur vie
mourront de cette habitude et chaque cigarette abrège l’existence d’un
fumeur de sept minutes.
Que signifient ces chiffres en réalité ? Quelle différence cela fait-il au
fond que le tabac tue tous les ans six millions d’êtres humains et non pas

six mille ? « La mort d’un homme est une tragédie, celle d’un million
d’hommes une statistique. » On attribue cette formule à Staline, mais on
pourrait aussi bien la devoir aux vendeurs de nicotiana{13}. Les
statistiques ont assurément leurs détracteurs, mais aucun d’entre eux ne
dispose de plus amples moyens financiers que les cigarettiers. Les
archives de l’industrie du tabac, rendues publiques à la suite des procès
qui se sont déroulés aux États-Unis, sont émaillées de bons mots sur
l’acte de fumer, qui serait la « principale source de statistiques{14} », ou
sur la nécessité d’« éviter de dormir, la plupart des crises cardiaques
survenant durant le sommeil ». Les accusations contre les nico-nazis et les
fascistes du tabac qui voudraient nous enfermer dans un monde où plus
personne n’aurait droit à ses petits plaisirs sont plus inquiétantes. La
prévention du tabac y apparaît comme l’obsession moralisatrice d’esprits
chagrins, chantres de l’État providence, comme un sous-produit des
mouvements puritains qui se mêlent de tout et vous privent de tout plaisir.
Dans les années 1980, quand il n’y eut plus de doute sur les dangers du
tabagisme passif, on présenta véritablement le fait de fumer comme une
forme de liberté d’expression et l’on prétendit que les fumeurs étaient
menacés de devenir des citoyens de seconde classe ou des minorités
stigmatisées. Brown & Williamson se plaignit même de ce qu’on « avait
soumis [la cigarette] au lynchage ».
Le succès de cette industrie tient en partie à sa maîtrise du verbe, des
images et des ondes. « Soyons les médias », tel fut son plan de bataille
quand, en 1990, Philip Morris envisagea, à seule fin de mieux diffuser son
message, d’acquérir une agence de presse telle que Knight-Ridder ou
United Press International. Simultanément, cette industrie poursuivit un
autre objectif, celui de l’invisibilité : faire de la controverse autour du
tabac de l’« histoire ancienne », reléguée à la rubrique des chiens
écrasés{15}. Ainsi, le problème du tabac fut présenté comme réglé,
comme un anachronisme en voie de disparition, une rémanence d’un
lointain passé. De gros efforts ont été déployés pour remplir les journaux

et les magazines de ces sornettes, tandis que le processus de fabrication
industrielle demeurait, lui, à peu près invisible. Incognito ergo sum. Les
machines herculéennes qui font tourner les gigantesques usines de
cigarettes d’aujourd’hui sont tenues loin des regards indiscrets, ce qui
rend les entrailles (et les cerveaux) de cette vaste entreprise plus difficiles
d’accès encore que le Pentagone ou la CIA.
Il en découle une forme d’aveuglement de masse. Tout le monde ou
presque a entendu parler des agissements peu recommandables du
secteur, mais qui sait que la fumée de cigarette contient de l’arsenic, du
cyanure et des isotopes radioactifs ? Qui sait que les neuf dixièmes de la
réglisse de la planète finissent dans le tabac ou qu’on ajoute de
l’ammoniac aux cigarettes, ce qui les transforme en véritable crack de
nicotine ? Qui sait que seuls deux tiers environ des composants de la
cigarette sont effectivement du tabac, tout le reste n’étant qu’une espèce
de brouet de sorcière, mélange de sucres ajoutés, d’accélérateurs de
combustion, d’agents d’épuration, de dilatateurs de bronches et
d’humectants tels que la glycérine ou le diéthylène glycol, antigel aux
effets mortels qui a contaminé tant de tubes de dentifrice chinois ? Qui
sait que l’on retrouve parfois des déchets dans les cigarettes, de la terre
et des moisissures, bien sûr, mais aussi des vers, du fil de fer et des
excréments d’insectes ?
Dans le monde du tabac, il existe un vieux dicton : il n’y a pas plus de
rapport entre le tabac et une cigarette qu’entre un sapin et un numéro du
New York Times. Il est vrai que les célèbres mélanges de tabac
américains sont plus relevés, plus sucrés et plus infestés de nitrosamine
nauséabonde que ce que fume le reste de la planète. Mais le reste de la
planète se rattrape. Partout ou presque, à de rares exceptions, le tabac
est peu ou prou déréglementé. Chez les Français, les cigarettes doivent
contenir au moins 85 % de tabac et les Allemands n’autorisent pas
d’ajout d’ammoniac pour augmenter la part de la nicotine libre, mais
presque partout ailleurs, c’est le Far West. Même les aliments pour chiens

font l’objet d’une réglementation plus stricte et les parcs à bestiaux de La
Jungle, le roman d’Upton Sinclair sur les abattoirs de Chicago, étaient
plus propres. Essayez donc de vous représenter l’intérieur d’une usine de
cigarettes, et, si vous n’y arrivez pas, posez-vous la question : pourquoi ?
L’influence politique qu’exerce le lobby du tabac est presque tout aussi
invisible. Le lecteur sera peut-être surpris d’apprendre que le président
Lyndon Johnson refusa de s’attaquer aux géants du secteur, de peur que
son parti ne perde la Maison Blanche, ou que le tabac occupa une place
non négligeable dans le plan Marshall et la reconstruction de l’Europe. Je
ne crois pas non plus qu’on sache que des fermiers américains sont
toujours payés pour ne pas cultiver de tabac, ou que des auteurs
discrètement stipendiés par ce secteur ont contribué à la rédaction de
l’édition 1964 du rapport Tabac et Santé du ministre de la Santé des
États-Unis. Autre fait, moins surprenant peut-être, mais non moins
significatif : ces tactiques propres à l’industrie du tabac ont permis aux
négationnistes du changement climatique de se faire les dents en
retournant la science contre elle-même, en créant le doute et en favorisant
l’ignorance. Les industriels du tabac observent pour ainsi dire notre
monde à travers un miroir sans tain : nous n’apercevons que le produit fini
et le boniment des commerciaux, mais l’industrie proprement dite, avec
ses usines monumentales et ses formules chimiques jalousement
protégées, avance masquée dans l’opacité de la clandestinité.
Et il y a la cigarette elle-même, une réalité gargantuesque défiant
l’imagination. Tous les ans, il s’en fume 6 billions – soit 6 000 milliards.
Cela équivaudrait à une seule cigarette de plus de 480 millions de
kilomètres de long. Oui, il s’en produit et il s’en fume 480 millions de
kilomètres par an, soit à peu près 55 000 kilomètres par heure, vingt-quatre
heures sur vingt-quatre – des chiffres vertigineux. Représentons-nous
un convoi infini de cylindres blancs se consumant à près de
cinquante fois la vitesse du son, une vitesse supérieure encore à celle des
satellites artificiels qui gravitent autour de la Terre.

La cigarette dans sa conception même ne retient que peu l’attention.
Pourtant, nous parlons ici d’un artéfact planétaire fabriqué avec tout le
soin (et toute l’habileté) possible, et qui est plus meurtrier que les armes à
feu. Les milliards de dollars ont plu sur la science de la cigarette, cette
espèce de magie noire : plusieurs dizaines de milliards de dollars, rien
qu’aux États-Unis, selon une estimation du secteur. Des légions de
chimistes ont ainsi élaboré une machine de mort qui tue au ralenti et qui
administre son coup de grâce par l’intermédiaire du fumeur – ou, de plus
en plus, de la fumeuse.
Car l’un des traits caractéristiques de la torture moderne, c’est que la
victime se l’inflige à elle-même – songeons au prisonnier électrocuté de la
prison d’Abou Ghraib, comme crucifié et tenant les fils électriques –, et
c’est aussi la condition sine qua non de l’addiction moderne. Il a fallu
beaucoup de talent pour faire de la cigarette un instrument de
dépendance chimique : en soignant son aspect physique et sa
composition chimique, les scientifiques de l’industrie ont créé un support
capable d’administrer une drogue au pouvoir d’accoutumance optimal,
qui se vend quasiment toute seule. « Elle coûte un cent à fabriquer. Et se
vend un dollar. Il y a de quoi être accro », a dit à son propos Warren
Buffett, le gourou de la finance (et ancien membre du conseil
d’administration de Reynolds). Grâce à l’interdiction de publicité, les
marques les plus puissantes préservent plus facilement leurs marges et
retirent un avantage similaire des réglementations gouvernementales trop
timorées – c’est l’une des raisons pour lesquelles Philip Morris tient tant
au blanc-seing de la Food and Drug Administration (FDA) [Agence
fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux]. Le
géant Philip Morris a milité pour l’adoption du Family Smoking
Prevention and Tobacco Control Act [loi sur la prévention du tabagisme
familial et la lutte antitabac], promulgué par le président Barack Obama
en juin 2009{16}. Après un siècle de résistance, les responsables de
Marlboro se sont ainsi figurés qu’ils parviendraient à consolider leur

position dominante en acceptant de se soumettre à une supervision
fédérale (certes limitée).
Aux États-Unis la cigarette sera donc désormais réglementée,
mais avec quelle diligence, avec quel courage, cela reste à voir. Big
Tobacco est depuis longtemps passé maître dans l’art de transformer les
obstacles en opportunités, et cette réglementation risque de devenir une
nouvelle victoire des cigarettiers, selon que certaines démarches cruciales
seront entreprises ou non. Les nouveaux pouvoirs de la FDA sont certes
limités : elle n’a pas celui d’interdire la cigarette ou de faire réduire à zéro
son taux de nicotine. Pourtant, même dans ce cadre étroit, quantité de
décisions peuvent se prendre. Avant tout, cette FDA aux pouvoirs
renforcés devrait réduire la quantité maximale de nicotine autorisée
et exiger qu’aucune cigarette ne produise une fumée d’un pH
inférieur à 8. Abaisser le taux de nicotine (et non sa libération !) des
cigarettes supprimerait leur capacité à créer l’accoutumance. Augmenter
le pH de la fumée pour la rendre impossible à inhaler éliminerait la plupart
des cancers du poumon causés par le tabac. À elles seules, ces deux
décisions auraient davantage d’effet sur l’amélioration de la santé des
individus que toute autre mesure politique prise dans l’histoire de la
civilisation. Or, ce qui est pour le moins étonnant, c’est que de telles
initiatives n’aient jamais été prises au sérieux.
Ce livre a pour sujet l’histoire de la conception de la cigarette, du
discours qui la porte et de la science qui la rend possible. Mon but est de
réintégrer cette histoire à celle de la technologie, et de la lire aussi comme
une construction profondément politique (et frauduleuse). Nous allons
ainsi passer en revue des archives secrètes, des opérations clandestines
ainsi que des manipulations commerciales et chimiques soigneusement
vérifiées par des légions de juristes. C’est également une histoire du tabac
et d’une pratique devenue non seulement « sexy » et « adulte » (aux yeux
des enfants), mais aussi routinière et banale. Cette banalisation constitue

du reste l’une des évolutions les plus étranges de l’histoire contemporaine.
Comment sommes-nous entrés dans ce monde où des millions d’individus
meurent d’avoir fumé pendant que la majorité des hommes et des femmes
qui sont au pouvoir ferment les yeux sur ce fait ? Comment l’industrie du
tabac a-t-elle réussi à s’attirer les bonnes grâces des gouvernements et à
faire de la défense de la liberté le socle de sa rhétorique, en abandonnant
à ses détracteurs la défense des vertus plus prosaïques de la longévité ?
Et que pouvons-nous tenter pour renforcer encore la vague montante des
mouvements qui combattent le tabac et son cortège de morts ?
Revenons une fois encore sur l’ampleur de ces chiffres : tous les ans,
rien qu’aux États-Unis, 400 000 bébés naissent de mères qui fument
pendant leur grossesse ; le tabac provoque, estime-t-on, plus de
20 000 avortements spontanés, et peut-être jusqu’à sept fois plus ;
150 millions des Chinois vivant aujourd’hui mourront à cause du tabac ;
chaque année, des dizaines de milliers d’hectares de forêts tropicales sont
détruits pour permettre la culture des feuilles requises par la persistance
de l’accoutumance à la nicotine.
S’il est vrai que les grands nombres insensibilisent, c’est uniquement
parce que nous nous sommes laissés aller à penser comme Staline. Dans
le même ordre d’idées, si nous croyons que fumer est en réalité une forme
de « liberté », c’est en partie parce que les cigarettiers ont dépensé des
milliards de dollars pour nous inciter à le penser. La mécanique de cette
propagande est si puissante, elle opère à tant de niveaux (scientifique,
juridique, gouvernemental, dans les milieux du sport et du spectacle) qu’il
est difficile d’avoir une pensée qui s’en affranchisse. Les gouvernements
sont hypnotisés, appâtés par la manne fiscale provenant de la vente des
cigarettes. (Aucun bien de consommation ne leur rapporte autant de
recettes.) Les grands médias n’y prêtent souvent aucune attention, en
partie parce qu’on présente le problème comme de l’« histoire ancienne ».
Nous subissons donc un lavage de cerveau, nous sommes nicotinisés,
incités à confondre tabac et liberté.

Les individus en bonne santé ont tendance à oublier à quel point la
santé conditionne toutes les formes de liberté. L’industrie du tabac veut
nous persuader que fumer est un droit inaliénable. Mais en quoi l’amputé
atteint de la maladie de Buerger, ce trouble de la circulation provoqué par
la cigarette et qui entraîne une gangrène des pieds, est-il libre ? En quoi
ma grand-mère que j’aimais tant, une véritable garçonne des années
1920, une Texane du Sud autrefois si pleine d’entrain, était-elle libre, sur
son lit de mort, la respiration sifflante, réduite à l’immobilité par
l’emphysème qui lui ravageait les poumons ? Être ainsi dépossédé de sa
santé ne peut être qu’une forme de violation, un lent travail de sape de
l’esprit dont les individus forts et sains ne seront jamais les témoins
directs. C’est cette lente asphyxie que vend l’industrie cigarettière – et
que tant d’inconscients lui achètent.
Le monde du tabac veut nous faire accroire que fumer relève d’un
« libre choix », et il est vrai qu’en l’occurrence personne ne nous braque
un pistolet sur la tempe. À qui vendre s’il n’y a pas d’acheteurs ? Mais la
cigarette rend dépendant, et la plupart des fumeurs ont du mal à arrêter –
un mal qui confine souvent au supplice. La nicotine modifie les
connexions cérébrales, crée une accoutumance pharmacologique aussi
forte que celle de l’héroïne ou de l’opium. Pour la majorité des
consommateurs, il en résulte une profonde incapacité à arrêter – certaines
victimes de la cigarette finissent même par fumer par le trou qu’on leur a
percé dans le larynx. Des enquêtes le montrent : la plupart des fumeurs
voudraient arrêter et regrettent d’avoir commencé. Le tabac n’est pas une
drogue récréative, à l’inverse de l’alcool ou de la marijuana. En effet, très
peu de consommateurs d’alcool sont dépendants : à peu près 3 %
seulement{17}, comparativement aux 80 ou 90 % de fumeurs. Rares sont
les gens qui boivent un verre de bière ou de vin en détestant ces
moments-là ; ils apprécient de boire. La cigarette, c’est une autre affaire.
En règle générale, les fumeurs ont une aversion pour leur manie et
aimeraient s’en affranchir. Les gens qui aiment véritablement fumer sont si

rares que l’industrie les appelle les « mordus ». C’est aussi pour cela que
la comparaison avec la Prohibition des années 1920 aux États-Unis
tourne vite court. Si la Prohibition a échoué, c’est parce que tous les
amateurs d’alcool ou presque apprécient leur habitude et consomment de
manière responsable, alors que le tabac pousse presque toujours à l’abus.
En l’espèce, il n’y a pas de tabac « sans danger », et peu de fumeurs
échappent à l’addiction.
L’argument de la liberté nous amène à aborder deux problèmes
supplémentaires. Le premier vient du fait que les individus commencent
généralement à fumer dès l’âge de 13 ou 14 ans et rarement après
l’adolescence : très jeunes donc, à un âge où ils sont incapables de choisir
« en adultes ». Et, quel que soit leur choix, l’engrenage de l’addiction le
videra de son sens. Cette posture défensive sur le front de la liberté
souffre d’une autre faiblesse : les non-fumeurs sont souvent exposés à un
tabagisme passif ou ultrapassif (la fumée passive ou ultrapassive [sic],
pour reprendre cette merveilleuse expression française). On estime à
50 000 le nombre des Américains qui tous les ans meurent de tabagisme
passif, soit un chiffre supérieur à celui des morts par accident de la route
aux États-Unis. Le total mondial n’est pas connu, mais il doit être
supérieur à 500 000 victimes.
Le facteur prometteur, c’est que nous avons peut-être déjà dépassé le
« pic du tabac{18} ». Au tournant du millénaire, la consommation mondiale
semble avoir culminé à environ 6 000 milliards de cigarettes par an, et
chuté depuis. Elle pourrait chuter encore, une fois que les gouvernements
auront compris que ce désastre ne touche pas seulement la vie humaine,
mais aussi la prospérité économique et notre bien-être environnemental.
Car le fait de fumer a une incidence importante sur la pauvreté mondiale
et non négligeable sur le changement climatique (essentiellement du fait
des incendies, de la déforestation nécessaire à la plantation et au séchage
du tabac, et de l’emploi massif de produits pétrochimiques dans sa culture
et sa transformation). Dès qu’on en prendra conscience et qu’on agira en

conséquence, la tendance à renoncer à fumer s’accélérera. Les vestiges
de cette habitude prendront un caractère rituel ou clandestin, à l’opposé
du tabagisme de masse actuel et de son insouciance.
Cette lueur d’espoir d’un retournement de situation tient à différentes
causes, notamment la multiplication des législations antitabac dans le
monde entier. L’interdiction de fumer à l’intérieur des lieux publics et
même à l’extérieur transformera probablement la tabacomanie en
comportement de plus en plus marginal, pour ne pas dire antisocial. Les
appels à des restrictions supplémentaires figurent aussi en bonne place
dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, le premier
traité mondial relatif au tabagisme, adopté en mai 2003 par l’Assemblée
mondiale de la santé, instance dirigeante de l’OMS{19}. 168 nations ont
ratifié ce texte qui engage les États membres à réduire la consommation
grâce à des mesures financières et fiscales, à des avertissements très
explicites, à l’interdiction de la publicité et à l’instauration de politiques
créant des espaces publics non-fumeurs. L’article 5.3 exige aussi que les
fabricants soient exclus des décisions touchant à cette lutte antitabac.
Enfin, des progrès ont été réalisés pour limiter la contrebande
transfrontalière.
Cette Convention-cadre ne dispose pas encore de moyens efficaces
de mise en oeuvre, ce qui explique en partie pourquoi nous n’avons pas
déjà vu les fumeurs se détourner du tabac en masse. À long terme, à
mesure que les citoyens prendront conscience de leur droit à respirer de
l’air pur, ce sont les actions de résistance à l’échelon local qui pourraient
se révéler les plus efficaces. Plus on veille à la qualité de l’air ambiant,
plus on voit de villes, d’États et de nations entières devenir non-fumeurs.
Au moins 160 km de plages californiennes sont maintenant non-fumeurs,
et des métropoles comme New York envisagent d’appliquer ce régime
aux jardins publics. Dans certaines villes, il est interdit de fumer dans les
appartements, afin que les émanations ne circulent pas d’un logement à
l’autre. Ces lois étant souvent « à effet cliquet », puisque rarement

réversibles, nous pourrions assister bientôt à des effets en cascade qui,
marginalisant peu à peu la consommation de masse, finiraient par
l’éradiquer rapidement. En matière de santé publique, peu de
phénomènes portent autant à conséquence. Avons-nous tous un droit à
l’air pur, ou les fumeurs disposent-ils d’un droit plus fondamental encore
de polluer ?
Dans bien des régions du monde où l’on préfère parler de santé, de
pureté ou d’autres vertus morales ou civiques, invoquer de tels « droits »
peut paraître incongru. Les gouvernements continuent de remplir leurs
caisses grâce aux taxes sur le tabac, et ces prélèvements constituent le
plus gros obstacle politique au changement. Mais là aussi on constate une
évolution, tandis que ces taxes représentent une part décroissante du total
des recettes : les gouvernements commencent à comprendre que le tabac
ponctionne les finances publiques en raison des coûts de santé induits.
L’autre espoir de changement réside peut-être dans la valeur nouvelle que
nous accordons à la vie de nos aînés. Le fait que bien des personnes qui
meurent à cause du tabac soient âgées favorise la banalisation des effets
létaux de la cigarette : mourir, c’est le propre des vieux. Les jeunes n’ont
pas nécessairement conscience de la valeur d’une existence bien portante
jusqu’à quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans, comparée à celle d’un
malade qui vit jusqu’à soixante ou soixante-dix ans. Il nous faut prendre le
temps d’y penser : le tabac ne frappe pas que des personnes âgées en
bonne santé, qui seraient fauchées d’un coup. En dehors même du cancer
ou de la crise cardiaque, les fumeurs vieillissent prématurément : leur peau
se ride, ils souffrent de dysfonctionnements sexuels, par exemple.
Tout cela me conduit à une prédiction : un jour viendra, j’en suis
convaincu, où les humains ne fumeront plus, ou du moins plus de cette
façon routinière et compulsive. Fumer en public finira par être tout aussi
mal perçu que cracher ou uriner. Lorsque fumer sortira de la normalité,
ou sera même frappé d’anathème, la consommation mondiale tombera à
quelques centaines de milliards de cigarettes par an, puis, par paliers

successifs, à quelques dizaines de milliards, contre les milliers de milliards
actuels. Le lecteur aura peut-être un jour du mal à croire que l’acte de
fumer a pu être si répandu et enraciné dans la culture populaire.
L’omniprésence de la cigarette au cinéma, qui a été organisée par
l’industrie du tabac pendant des décennies, sera perçue comme une
curiosité. Il est déjà étrange de se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps
fumer était autorisé dans les bus, les avions et les trains, ainsi que dans les
ascenseurs et les cabinets médicaux ; qu’à l’école les enfants
confectionnaient des cendriers ; que les chercheurs acceptaient volontiers
de collaborer avec le secteur. Toutefois, le changement n’interviendra que
le jour où nous rendrons hommage à tous nos morts et où nous
comprendrons que rien ne nous oblige à vivre dans ce monde tel qu’il est.
Je me suis donc fixé pour objectif d’explorer la cigarette en tant
qu’objet culturel, habilement conçu, mal aimé de la plupart des fumeurs,
plus meurtrier que nécessaire. Comme dans plusieurs autres de mes
livres, j’entends historiciser la cigarette, rendre le familier étrange, et
l’étrange familier. Ma démonstration comporte quatre parties.
La première retrace les origines de la cigarette moderne, notamment
l’invention funeste du séchage à l’air chaud, et le rôle déterminant des
allumettes, de la mécanisation, de la guerre et du marketing de masse.
Ainsi, le séchage à chaud a rendu inhalable la fumée de cigarette, les
allumettes ont rendu le feu mobile, la mécanisation a rendu les cigarettes
bon marché et le marketing de masse les a transformées en objets de
désir. J’examine aussi le rôle décisif des guerres dans la promotion de la
consommation de tabac (et parfois, à l’inverse, dans sa réduction). Nous
verrons que les gouvernements se sont retrouvés accros à la cigarette via
l’appât fiscal. Je retrace aussi la gamme étonnante des procédés
employés par Big Tobacco pour vendre ses produits – publicité aérienne
et bandes dessinées, filtres à l’appellation high-tech et opérations de
sponsoring richement dotées dans le monde du sport, de la musique et

des arts. Sans oublier les insertions publicitaires dans les films, les
soutiens du monde médical et le cas étonnant des cigarettes en chocolat
destinées à apprendre aux jeunes les gestes du fumeur et définies par un
ponte du secteur comme n’étant « pas une trop mauvaise publicité ». Je
m’attarde aussi sur les nouveaux artifices médiatiques (« Tabac 2.0 ») et
les curiosités culturelles telles que le « porno fumeur ».
La deuxième partie traite de la découverte des risques de cancer lié au
tabac, sans ignorer le rôle souvent négligé des chercheurs européens. On
y met l’accent sur les études menées durant la période nazie, qui montrent
notamment que les Allemands ont été les premiers à découvrir et à cerner
le lien entre cigarette et cancer du poumon. Là encore, pourtant, le
pouvoir des industriels du IIIe Reich leur a permis de résister aux
exigences des autorités en matière de santé publique. Nous y exhumons
aussi des études inconnues à ce jour, conduites en secret par les
cigarettiers aux États-Unis et qui rendent plus mensongères encore leurs
toutes premières protestations d’innocence. Nous examinons ensuite ce
que signifie le « consensus » sur l’idée que la cigarette tue en masse, en
particulier quand des forces politiques puissantes s’emploient à créer et à
entretenir l’ignorance.
La troisième partie explore les rouages d’une conspiration mondiale
ourdie par les magnats du tabac américains, destinée à dissimuler les
dangers du tabagisme. Cette conspiration débute par une série de
réunions à l’hôtel Plaza de Manhattan, en décembre 1953, et prend de
l’ampleur avec la naissance d’organismes comme le Tobacco Industry
Research Committee (TIRC) [Comité de recherche de l’industrie du
tabac], qui fournit au secteur toute une « écurie » d’experts et une façade
leur permettant sans cesse d’invoquer la nécessité d’approfondir les
recherches. Nous nous intéressons ensuite à certaines méthodes du
secteur pour entretenir l’ignorance, notamment des techniques
délibérément conçues pour cacher la vérité à ses propres employés.
Nous disséquons les entrailles de la cigarette elle-même, afin d’explorer

les nombreuses techniques censées la rendre plus inoffensive, de la
« torréfaction{20} » du tabac ou de l’adoption des modules « king size » à
l’introduction du menthol, des filtres et des variantes à faible teneur en
goudron{21} et « légères » : autant d’absurdités ou d’escroqueries.
L’important, ici, c’est que la duplicité a fini par faire partie intégrante de
l’objet : les filtres ne filtrent pas vraiment. Et les perforations pratiquées
dans presque toutes les versions modernes de ces filtres (leur
« ventilation ») fournissent des mesures trompeuses en goudron ou en
nicotine, calculées sur des robots fumeurs standardisés. Nous verrons
aussi que les cigarettes « légères » ou « à faible teneur en goudron » ne
sont pas moins meurtrières que leurs ancêtres ordinaires vendues un
demi-siècle plus tôt. Sur la base d’une comparaison au gramme près,
elles se révèlent nettement plus létales. En dépit de tous leurs discours sur
ces « améliorations », les fabricants sont parvenus à loger davantage de
mort et de maladie par gramme de tabac – et à en tirer encore plus
d’argent. Ils gagnent à peu près un cent par cigarette vendue. Comme on
dénombre un décès dû au tabac par million de cigarettes fumées, il faut
croire qu’aux yeux d’un cigarettier ordinaire une vie humaine vaut environ
10 000 dollars. Ces compagnies parlent volontiers de « choix ». Il est
clair que le leur consiste à engranger 10 000 dollars de profits plutôt que
de sauver la vie d’un de leurs clients.
La quatrième partie propose certaines voies de rédemption. Je m’y
penche sur l’histoire des impuretés présentes dans la cigarette. La
présence de polonium 210, un élément radioactif, est un sujet de
préoccupation, ainsi que celle d’arsenic et de cyanure. J’y soutiens que la
cigarette moderne est un produit manifestement défectueux, qui ne devrait
être ni fabriqué ni commercialisé. Chacun devrait être libre de faire
pousser et de fumer tout ce qu’il lui plaît, tant que cela se borne à un
usage personnel et ne contamine pas les autres. Le tabac n’est ni un vice
ni le symptôme d’un manque de force morale ; il est simplement trop
dangereux pour être mis dans le commerce. Je soutiens qu’à défaut d’une

interdiction les agences de réglementation pourraient prendre certaines
mesures simples visant à réduire les dangers de cette addiction, les
cancers et les maladies cardio-vasculaires.
Une remarque méthodologique : il existe une vaste historiographie du
tabac qui, pour l’essentiel, se borne à chanter les louanges de la feuille
d’or{22}. Heureusement, il existe aussi un corpus de plus en plus nourri
d’études critiques, notamment celles de Richard Kluger, Ashes to Ashes
[Tu es poussière…], consacrée à Philip Morris, et d’Allan Brandt,
Cigarette Century [Le Siècle de la cigarette]. Le présent ouvrage est
différent, en ce qu’il adopte un point de vue plus planétaire (même si les
États-Unis demeurent l’épicentre), mais aussi en ce qu’il se fonde presque
entièrement sur les archives de l’industrie du tabac, longtemps tenues
secrètes, mais depuis peu accessibles en ligne et en plein texte. Ce livre
représente donc une historiographie d’un genre inédit : l’histoire fondée
sur la reconnaissance optique de caractères, permettant de passer
rapidement « au peigne fin » des archives et d’y trouver des pépites (et
des puces). Elle agit comme un puissant aimant, en permettant à
quiconque dispose d’une connexion Internet d’extraire un vaste
assortiment d’aiguilles discursives de colossales bottes de foin de
documents (il suffit pour cela de se rendre à l’adresse
http://legacy.library.ucsf.edu). La publication de documents sous cette
forme nous offre des possibilités de recherche encore inexplorées.
L’avantage est évidemment celui de la vitesse, mais on peut désormais
approfondir quantité de sujets inédits – l’histoire de certains mots ou de
certaines tournures de phrases, par exemple. Il est difficile de prédire en
quoi cela transformera la littérature historiographique, mais on verra sans
doute s’ouvrir des voies insoupçonnées.
Hormis de nouvelles méthodes d’accès aux sources, ce livre diffère de
travaux précédents par son engagement. Dans son Cigarette Century
(2007), Allan Brandt, historien des sciences à l’université Harvard, écrit
que l’industrie du tabac « est là pour durer ». Pourtant, rien ne nous

condamne à un tel fatalisme. Les cigarettes n’ont rien d’intemporel ; elles
ont eu un commencement et elles auront une fin, comme la peinture au
plomb ou l’isolation à l’amiante. Je crois qu’un jour il sera mis un terme à
leur fabrication et à leur commercialisation, et pas seulement pour des
raisons sanitaires ou environnementales. On finira par écraser
définitivement la cigarette, tout simplement parce que les fumeurs euxmêmes
n’aiment pas le fait de fumer. La plupart d’entre eux finissent par
prendre leur addiction en horreur et seront heureux qu’on les aide à s’y
soustraire.
Voici donc ici quelques points essentiels, ou « thèses », dont je
souhaite que le lecteur mesure la portée, tout au long de ce livre :
1. Les cigarettes sont les produits manufacturés les plus meurtriers de
l’histoire de la civilisation humaine. La plupart des morts sont encore
à venir.
2. Les cigarettes sont un produit défectueux, au sens juridique du
terme : elles sont conçues de telle façon qu’elles finissent par tuer
bien plus de gens qu’elles ne le devraient.
3. Les cigarettes tueraient bien moins de personnes si seulement les
fabricants augmentaient le pH (l’alcalinité) de leur fumée en le
portant à un taux de 8 ou plus, ce qui empêcherait d’inhaler celle-ci.
4. Les cigarettes tueraient aussi moins de personnes si elles n’étaient
pas conçues pour créer et entretenir l’addiction. Si la loi limitait le
contenu en nicotine d’une cigarette, autrement dit sa teneur réelle, à
0,1 % de son poids, on parviendrait plus ou moins à éradiquer
l’accoutumance.
5. Les cigarettes sont incompatibles avec un développement
durable. Elles sont une cause importante de diminution des
ressources, d’incendies, de pauvreté et contribuent au dérèglement
climatique, autant de facteurs qui finiront par peser dans leur
interdiction totale.
6. Les cigarettes ne sont pas une drogue récréative. La plupart des

fumeurs n’aiment pas fumer et regrettent d’avoir commencé.
Autrement dit, nombre d’entre eux (si ce n’est la majorité) se
réjouiront de leur disparition.
7. La fabrication de cigarettes à des fins commerciales devrait être
interdite, mais chacun devrait être libre de faire pousser, sécher et
fumer toutes les substances qu’il veut, pour un usage personnel et
non commercial.
8. À l’échelle mondiale, le « pic du tabac » est déjà dépassé, même si
cela ne date que de ces dernières années. Cette pente descendante
va continuer, jusqu’à ce que la cigarette ne soit plus qu’un objet de
curiosité, le lointain souvenir d’une ère de bêtise.

À propos du titre
J’emploie le terme d’« holocauste » avec prudence et surtout pour
attirer l’attention sur l’ampleur de la catastrophe du tabagisme. À
l’évidence, il existe de profondes différences entre l’assassinat de six
millions de juifs par les nazis et les souffrances des fumeurs. Dans les
deux cas, cependant, nous faisons face à une calamité hors du commun
sur laquelle trop de gens préfèrent fermer les yeux sans rien tenter, car ils
sont prêts à laisser l’horreur s’étendre. L’apathie règne.
Je soulignerai aussi que l’emploi de ce terme pour parler des cigarettes
a une longue histoire. En 1985, dans son Cigarette Underworld, Alan
Blum comparait le lourd tribut du tabac à un holocauste. Il s’inspirait d’un
rapport de 1971 du Collège royal de médecine de Grande-Bretagne
dénonçant « l’holocauste en cours – un terme qui se justifie si l’on veut
décrire le bilan annuel des victimes » de la cigarette. En 1986, un éditorial
du Journal of the American Medical Association [Revue de
l’Association médicale américaine, JAMA] déplorait l’« holocauste du
tabacisme{23} » et, en 2006, dans son livre, Ending the Tobacco

Holocaust [Mettre fin à l’holocauste du tabac], Michael Rabinoff a mis
en lumière le carnage sans précédent du tabac, en regrettant la
complaisance qui l’entoure : « et pourtant nous ne faisons rien ». On
trouvera des expressions similaires avant même la Seconde Guerre
mondiale. Ainsi, Max MacLevy, dans son ouvrage Tobacco Habit
Easily Conquered [Le tabac : une habitude facile à vaincre], paru en
1916, citait des articles de presse relatifs à ces « nouveaux holocaustes
sur l’autel du démon de la nicotine », allusion à toutes les vies perdues à
cause d’incendies déclenchés par la cigarette (comme le sinistre de l’usine
Triangle Shirtwaist, à New York, pour ne citer qu’un exemple{24}).
« Holocauste » signifie littéralement « être entièrement consumé », mais il
est porteur de toute une série d’autres résonances, liées à la catastrophe,
à la malfaisance et aux crimes contre l’humanité. La mort d’un innocent,
c’est, dit-on parfois, la mort de l’humanité entière, et cette formule recèle
une grande part de vérité, mais l’Holocauste nous enseigne aussi que
l’éthique est souvent affaire d’échelle. Du fait de leur seule ampleur, on ne
saurait trop s’exagérer les supplices causés par l’énergie des marchands
de mort du tabac. Dans la bonne société, on a tendance à user
d’euphémismes. Or, quand la vérité est scandaleuse en soi, des mots trop
policés risquent de masquer la réalité de souffrances scandaleuses et
inutiles.

Introduction
Qui savait quoi et quand ?

suite…

http://www.histoireebook.com/index.php?post/Proctor-Robert-Golden-holocaust

Skull & Bones


Auteur : Robbins Alexandra
Ouvrage : Skull & Bones La vérité sur l’élite secrète qui dirige les États-Unis
Année : 2005

Introduction

LA LÉGENDE DES SKULL & BONES
Au début des années 1830, un étudiant de Yale, du nom de William H.
Russell – qui allait devenir plus tard.-:..L’auteur du discours d’adieu de l’école,
et major de la promotion 1833 -, se rendit en Allemagne pour y effectuer
une année d’études. Russell venait d’une famille démesurément riche qui
était à la tête de l’une des organisations d’affaires les plus méprisables
d’Amérique au XIXe siècle : Russell and Company, un empire du trafic de
l’opium. Par la suite, Russell deviendrait membre du parlement de l’État du
Connecticut, général de la garde nationale du même État et fondateur de
l’institut universitaire et commercial de New Haven. Lors de son séjour en
Allemagne, il devint l’ami d’un dirigeant d’une société secrète allemande,
dont le symbole était une tête de mort. Très rapidement, il fut embrigadé
dans ce groupe, un prolongement de la fameuse société du XVIIIe siècle, les
Illuminati1. Quand il revint aux États-Unis, il trouva une atmosphère à ce
point antimaçonnique que même son honorable société étudiante, Phi Bêta
Kappa, avait été dépouillée de tous ses secrets, sans autre forme de procès.

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1 Nom souvent donné à tort aux Illuminés de Bavière, ordre fondé en Allemagne en 1776, par
confusion avec les vrais llluminati, société secrète ayant existé au Moyen Âge. [N.D.E.I

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Exaspéré, Russell rassembla le groupe d’étudiants les plus prometteurs de sa
promotion – donc Alphonso Taft, le futur secrétaire à la Guerre, procureur
général, diplomate en Autriche, ambassadeur en Russie et père du futur
président des États-Unis William Howard Taft- et, par vengeance, il créa la
société secrète la plus puissance que les États-Unis ont jamais connue.
Ces hommes avaient nommé leur organisation la« Fraternité de la mort»,
ou, dt· manière plus informelle, l’ordre du« Crâne et [des] os» (« Skull &
Bones »). Ils adoptèrent le symbole numérologique 322, parce que leur
groupe, fondé en 1832, était le second chapitre d’une organisation
.allemande. Ils vénéraient la déesse Eulogie2, célébraient les pirares et
conspiraient pour dominer le monde.
Après cent soixante-dix ans d’existence, les Skull & Bones ont étendu
leurs tentacules dans tous les recoins de la société américaine. Ce petit
groupe a développé des réseaux qui ont placé trois de leurs membres au
poste politique le plus puissant du monde. Et l’influence de la société
secrète augmente – l’élection présidentielle de 2004 a, pour la première
fois, mis en jeu deux candidatures représentées chacune par un
skullbonien. Elle est aujourd’hui, comme l’a déclaré un historien, << une
« mafia internationale » [. .. ] sans contrôle et totalement méconnue». Dans
sa soif de créer un nouvel ordre mondial, restreignant les libertés
individuelles et plaçant en fln de compte solidement le pouvoir au sein de
familles riches et influences, elle a déjà réussi à infiltrer les principaux
centres de recherche, les principales institutions politiques, financières,
médiatiques et gouvernementales du pays. Ce sont ses membres qui, de fait,
gouvernent les États-Unis depuis des années.
Les Skull & Bones cultivent leurs talents en sélectionnant des adhérents
au sein de la classe des juniors de l’université de Yale, un établissement connu
pour son élitisme étrange, gothique, et sa dévotion rigide envers le passé. La
société secrète évalue scrupuleusement ses candidats, favorisant les
protestants et, désormais, les catholiques blancs, avec une prédilection pour
les enfants des membres riches de la confrérie originaires de la côte est des
États-Unis. Elle est dirigée par environ une vingtaine de familles figurant

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2 la déesse grecque de l’éloquence, (n.d.e.l

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parmi les plus influences du pays- Bush, Bundy, Harriman, Lord, Phelps,
Rockefeller, Taft et Whitney, entre autres-, qui sont encouragées à se marier
entre elles pour consolider leur pouvoir. Elle force même ses membres à
confesser toutes leurs histoires sexuelles pour que le « club >>, puisse
déterminer si le nouveau skullbonien sera digne des lignées des prestigieuses
dynasties Skull & Bones. Un rebelle ne sera jamais un Skull & Bones ; et de
même personne dont l’origine indiquerait qu’il ne se sacrifierait pas pour le
bien supérieur de la grande organisation.
Dès qu’un initié reçoit la permission d’entrer dans le<< tombeau>>- une
crypte sombre, sans fenêtres, située à New Haven3 et pourvue d’un toit
servant de piste d’atterrissage pour l’hélicoptère privé de la société-, il doit
jurer de garder le silence et de toujours nier être membre de l’organisation.
Pendant l’initiation, qui comporte une mise en condition psychologique
ritualiste, les juniors se battent dans la boue et sont frappés physiquement,
cette étape de la cérémonie représentant leur« mort>> au monde, ainsi qu’on
le leur précise. Puis ils se mettent nus dans un cercueil, se masturbent, et
doivent révéler aux membres de la société leurs secrets sexuels les plus
intimes. Après cette purification, les skullboniens donnent aux initiés une
robe, symbole de leur nouvelle identité en tant qu’individus poursuivant
dorénavant des objectifs « plus élevés >>. La société baptise son initié d’un
nouveau nom, signe de sa renaissance sous la nouvelle identité de chevalier
X, membre de l’Ordre. C’est durant cette initiation que les nouveaux adeptes
découvrent le décor du « tombeau >>, constitué d’objets et notamment
d’emblèmes nazis gardés comme des reliques – y compris un ensemble de
plats en argent ayant appartenu à Hitler -, de douzaines de crânes et d’un
assortiment d’objets décoratifs: des cercueils, des squelettes et des entrailles.
Ils sont aussi amenés à « la prostituée des skullboniens », la seule résidente à
plein-temps du « tombeau », dont le rôle est de garantir que le skullbonien
sorte du<< tombeau>> plus mûr qu’en y entrant.
Les membres des Skull & Bones doivent faire quelques sacrifices envers
leur société – et pour qu’ils restent loyaux à son égard, ils sont menacés
d’inscription sur une liste noire en cas de manquement -, mais ils sont
rémunérés par des honneurs et des prix. Par exemple, un cadeau de quinze

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3 Port de l’État du Connecticut sur la baie de New Haven, centre industriel et universitaire avec
Yale. (N.D.E)

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mille dollars, à l’occasion de l’obtention de leur diplôme universitaire, et un
cadeau de mariage, sous la forme d’une grande horloge grand-père. Même
s’il doit payer une dîme sur ses biens, chaque adhérent de la société est assuré
d’obtenir une sécurité financière pour le restant de sa vie. De cette façon, les
skullboniens peuvent être certains qu’aucun de leurs membres n’éprouvera le
besoin de vendre les secrets de la société pour en faire un moyen de
subsistance. Et cela fonctionne bien: personne n’a publiquement soufflé mot
de son appartenance aux Skull & Bones. Les skullboniens reçoivent
automatiquement des offres d’emploi au sein de nombreuses banques
d’investissement et de firmes juridiques dirigées par les frères de la société
secrète. On leur donne également un accès exclusif à l’île des Skull & Bones,
un lieu de retraite luxueux, construit pour des millionnaires, où un manoir
prodigieux et une compagnie féminine sont à leur disposition.
L’influence de cette organisation commence à Yale, où les Skull &
Bones se sont approprié des fonds universitaires pour leurs besoins
personnels, laissant l’université appauvrie. Leur couverture légale, la
Russell Trust Association («Association de trust Russell»), est propriétaire
de presque tous les biens immobiliers de l’université, ainsi que de la
majorité des terres du Connecticut. Les Skull & Bones ont établi leur
contrôle sur les revues de la faculté et du campus de Yale de telle façon que
les étudiants ne peuvent ouvertement aborder le sujet. Year by year
(« Année après année >> ), la seule publication du campus opposée à la
société secrète, a déclaré au cours de sa brève période d’existence en 1873 :
« Le mal mortel se développe. >>
Un séjour d’une année dans le « tombeau >> de Yale suffit à instiller une
loyauté indéfectible chez les membres de la société secrète, supposés capables
de punaiser leur insigne des Skull & Bones à même leur peau pour ne pas le
perdre pendant la nage ou le bain. Les chevaliers (nom donné aux membres
étudiants) apprennent vite que leur allégeance à la société secrète doit tout
supplanter : famille, amitiés, pays, Dieu. Dès qu’ils sortent de l’école, on attend
d’eux qu’ils atteignent des positions importantes, afin qu’ils puissent ensuite
élever le statut de la société secrète et le prestige de leurs« frères >>.
Cet objectif leur a permis d’atteindre les niveaux les plus élevés de la
société, à rel point qu’un historien a fait observer que, « à tout moment,

l’Ordre peut contacter ses adeptes dans n’importe quel secteur de la société
américaine pour qu’il fasse ce qu’il faut faire». Beaucoup de skullboniens ont
été sénateurs, membres du Congrès des États-Unis, membres de la Cour
suprême, officiels du gouvernement. n existe une cellule des skullboniens à
la CIA, qui utilise la société secrète comme base de recrutement, car ses
adhérents savent bien évidemment garder les secrets. Les membres de la secte
dominent les institutions financières comme: P. Morgan, Morgan Stanley
Dean Witter et Brown Brothers Harriman, qui comptait à une époque plus
d’un tiers de skullboniens parmi ses associés. C’est à travers ces compagnies
que les Skull & Bones ont apporté leur appui financier à Adolf Hitler- car la
société suivait à l’époque une doctrine nazie, et aujourd’hui néonazie. Au
moins une douzaine de skullboniens ont été liés à la Réserve fédérale, parmi
lequel le premier président de la Réserve fédérale de New York. Les
gestionnaires de la fortune des familles Rockefeller, Carnegie et Ford sont
également membres des Skull & Bones.
ils ont aussi pris des mesures pour contrôler les médias américains : deux
des adeptes ont fondé l’entreprise juridique chargée de représenter le New York
Times ; des plans concernant et Time et Newsweek ont été élaborés dans leur
«tombeau». La société a pris le contrôle de maisons d’édition comme Farrar,
Straus & Giroux. Dans les années 1880, afin de pouvoir s’assurer que l’histoire
serait écrite selon ses propres conditions et pourrait promouvoir ses propres
objectifs, elle a créé l’Association historique américaine, l’Association
psychologique américaine et l’Association économique américaine, et a installé
ses membres à la présidence de ces associations.
Sous la direction de la société secrète, des skullboniens ont d’abord
développé la recherche sur la bombe atomique puis incité à l’utiliser. Ce sont
eux aussi qui ont organisé l’invasion de la baie des Cochons4. Ils ont trempé
dans l’affaire du Watergate5 et dans l’assassinat de Kennedy, et maintenant ils
contrôlent le Conseil pour les relations étrangères et la Commission
trilatérale de telle façon qu’ils peuvent privilégier leur propre stratégie

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4Baie située dans le nord de Cuba, à 150 kilomètres des côtes américaines, que des exilés et
mercenaires cubains, avec l’appui des États-Unis, ont envahie en 1961 dans une tentative de
renverser le régime de Fidel Castro. [N.d.E.]

5 Le Watergate est un hôtel de luxe de Washington, siège du parti démocrate en 1972. La police y
trouva des micros posés pour le compte du président républicain Richard Nixon, qui démissionna
en 1974. Le scandale du Watergate est devenu l’une des plus célèbres affaires de corruption de
l’histoire des États-Unis. (N.D.E.)

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politique. Les officiels du gouvernement membres de l’Ordre ont utilisé le
nombre 322 comme code pour des envois de documents diplomatiques
hautement secrets. La société est favorable à la discrimination contre les
minorités, elle a même lutté pour l’esclavage – d’ailleurs, huit des douze
résidences de Yale portent le nom d’anciens esclavagistes alors qu’aucune n’a
été appelée du nom d’un abolitionniste. Elle encourage également la
misogynie: jusque dans les années 1990, ses membres n’admettaient pas les
femmes, car ils les croyaient incapables de partager l’expérience des Skull &
Bones et, de plus, prétendaient craindre des incidents de violences sexuelles.
cette société secrète approuve aussi la profanation des tombes : dans les
entrailles du « tombeau », on trouve les crânes volés du chef apache
Géronimo6, de Pancho Villa7 et de l’ancien président Martin Van Buren8.
Enfin, elle a pris des mesures pour s’assurer que les secrets des Skull &
Bones demeurent aussi insaisissables que l’air. Le journaliste Ron
Rosenbaum, qui, dans les années 1970, a écrit sur cette société un article
long, mais peu fouillé, a soutenu qu’une source l’avait prévenu de ne pas trop
s’approcher de la vérité. « Dans quelle banque avez-vous votre compte
chèques ? », lui a demandé cette source, au milieu d’une discussion sur les
aspects mithriaques du rituel des skullboniens. Rosenbaum a donné le nom
de sa banque. « Ah ! a répondu la source, nous avons trois skullboniens à son
conseil de direction. Vous n’obtiendrez jamais plus de crédit. Ils vont
examiner votre téléphone. Ils vont [ . . . ] . » La source a continué : « Les
diplômés se soucient encore de cela. Ne riez pas. Ils n’aiment pas les gens qui
ce mêlent de tout et sont trop curieux. Le pouvoir des skullboniens est
incroyable. Ils ont leurs exécutants à tous les niveaux du pouvoir dans le
pays. Vous voyez, c’est comme si vous essayiez de pénétrer la mafia. »
Dans les années 1980, un homme connu seulement sous le nom de Steve
avait des contrats pour écrire deux livres sur la société secrète, en utilisant des
documents et des photographies qu’il avait obtenus directement du

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6 Chef de la tribu des Chiracahuas (Amérique du Nord), il a opposé, de 1860 à 1886, une forte
réslstance aux soldats américains chargés de contenir son peuple dans des réserves. Sa lutte l’a
rendu célèbre et a fait de lui un personnage important de l’histoire des États-Unis. (N.d.f.)
7 Rebelle qui devint célèbre en 1910 comme chef d’une armée révolutionnaire dans le nord du
Mexique. Après sa victoire, il essaya de s’emparer du pouvoir et, quelques années plus tard
(en 1923), fut assassiné pour des raisons politiques. (N.D.E.)
8 Présldent des Elats-Unis de 1837 à 1841 [N.D.E.]

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<< tombeau » des skullboniens. Mais des informations sur Steve sont
parvenues aux Skull & Bones. Des membres de la secte ont cambriolé son
appartement, volé ses documents, menacé et poursuivi l’auteur, à qui ils ont
fait peur pour qu’il se cache … il l’est toujours. Ces livres n’ont jamais vu le
jour. Dans le thriller d’Universal Pictures, The Skulls, sorti sur les écrans en
l’an 2000, un aspirant journaliste décrit le profil de la société secrète pour le
New York Times. Quand il se glisse dans le << tombeau », les skullboniens
l’assassinent. Dans le véritable« tombeau » des Skull & Bones, un couteau
ensanglanté est exposé dans une vitrine. Il est dit que, lorsqu’un skullbonien
vole des documents et menace de publier les secrets de la société c’est ce
couteau qui sera utilisé pour le tuer.
Telle est la légende des Skull & Bones.

* * *
Dans l’Amérique du XXIe siècle, il est étonnant de voir qu’autant de
personnes continuent de croire qu’un petit club universitaire puisse exercer une
si grande influence sur la seule superpuissance mondiale. L’extension de
l’influence de cette organisation est pratiquement semblable à celle de la société
secrète satirique des Stonecutters («Tailleurs de pierre »), dans un épisode des
Simpsons9, et dont la chanson emblématique comportait ce rhème :
Qui contrôle Id politique ?
Qui combat le système métrique ?
C’est nous!
C’est nous!
Qui traite les écolos de ringards ?
Qui a fait de Steve Guttenberg10 une star ?
C’est nous!
C’est nous!

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9 série d’animation américaine (N.D.E.]
10 Réalisateur, acteur et scénariste américain célèbre. [N.D.E.)

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Il est certain qu’afin de rester hors du champ des projecteurs les
Skull & Bones, , sont prêts à outrepasser les limites. Quand j’ai écrit,
dans la revue Atlantic Monthly, en mai 2000, un article sur cette société
secrèce, un vieux skullbonien m’a dit: <<Si la description que vous faites
n’est pas positive, j’enverrai un groupe d’amis contre vous. »Après la
publication de l’article, je reçus un appel téléphonique à mon bureau
de· la part d’un collègue journaliste membre de la secte. Il m’engueula
pour l’avoir écrit. << Écrire cet article n’était pas un moyen éthique ou
honorable d’exercer le journalisme », me dit-il aussi de façon
condescendante. Ensuite, il me demanda combien j’avais été payée
pour écrire cette histoire. Comme je refusai de lui répondre, il
raccrocha. Quinze minutes plus tard, il m e rappela.
« Je viens d’avoir au téléphone des gens de chez nous.
– De chez vous ? lui sifflai-je.
– Oui. Des personnes de chez nous. »
Il me dit que la société secrète voulait savoir d’où je tenais mes
informations.
«Je ne suis jamais allée dans le « tombeau » et je n’ai rien fait d’illégal pour
écrire cet article, lui répondis-je.
-Vous avez donc dû obtenir quelque chose de quelqu’un de chez nous.
Dites-moi à qui vous avez parlé, essaya-t-il de me soutirer.
-Je ne révèle pas mes sources. »
Il devint alors furieux. Il me cria dessus pendant un moment sur le fait
qu’il était déshonorant pour moi d’écrire un tel article.
« Beaucoup de gens sont très déçus par votre article, vociféra-t-il. Quinze
juniors de Yale sont très, très fâchés ! »
Je le remerciai de m’avoir fait part de ses soucis.
<< Nous avons beaucoup de gens de chez nous dans les journaux et les
institutions du journalisme politique, siffla-t-il froidement. Bonne chance
pour votre carrière. »
Et il raccrocha.
Les Skull & Bones sont parvenus à prendre une place à la fois dans la
culture populaire et la culture politique, en particulier ces dernières années.

En 1992, au cours des primaires pour la candidature présidentielle
républicaine, Pat Buchanan110 accusa le président George Bush d’être entré
dans la compétition pour organiser une « élection présidentielle Skull &
Bones >>. En 1993, pendant la campagne de Jeb Bush pour le siège de
gouverneur de Floride, un de ses électeurs lui demanda :
« Êtes-vous familier de la société Skull & Bones ?
-Ouais, j’en ai entendu parler», répondit Bush.
I’électeur insista :
« Bon, pouvez-vous dire aux personnes rassemblées id quelle est la
participation de votre famille à cette société ? . . . N’est-il pas dans l’intention
de cette société de prendre le contrôle des États-Unis ? >>
En janvier 2001, la chroniqueuse du New York Times, Maureen Dowd, a
fait une allusion aux Skull & Bones : « Quand George W Bush a rencontré
la presse au sujet de son choix de nommer au poste de procureur général
John Ashcroft, avant Noël, il a montré de façon claire combien il était
important pour lui que la Maison-Blanche soit à l’abri des fuites au même
degré que le « tombeau » des Skull & Bones. »
Cela s’est passé moins d’un an après que le film The Skulls ait présenté la
société secrète à un nouveau public, peut-être ignorant de la théorie moderne
du complot. Peu avant que le film ne soit projeté dans les cinémas – et
anticipant sans douce l’élection de George W Bush-, cette lettre émanant
de la direction des Skull & Bones fut distribuée aux membres de la secte :
« Au vu de ce qui se passe dans le monde barbare, je me sens obligé de
rappeler à tous la tradition d’intimité et de confidentialité qui est essentielle
au bien-être de notre Ordre, et j’appelle d’urgence à faire preuve de résistance
aux séductions et aux flatteries du quatrième pouvoir. »
Cet appel au silence reste la règle la plus importante de cette société. Les
skullboniens ont été extrêmement prudents pour ne pas rompre ce code du
secret, et ils ont su garder hors du champ journalistique les détails
spécifiques portant sur l’organisation. Avec ce rappel écrit – inhabituel,
strict – de la règle du silence, ils pourraient même, désormais, refuser de
parler aux médias.
Mais ils m’avaient déjà parlé. Quand ? Au cours des trois années
précédentes. Pourquoi ? Sans doute parce que je suis membre d’une des

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10 Politicien républicain d’extrême droite, ancien candidat à la présidence pour le Reform Party,
écrivain et un des éditeurs du journal The American Conservative. [N.D.E.]

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sociétés secrètes de Yale parente de la leur. Peut-être parce que certains
d’entre eux sont fatigués de la légende des Skull& Bones, des exagérations
des théoriciens de la conspiration et de certains de leurs collègues
skullboniens. Ce qui suit est donc la vérité sur l’ordre du Crâne et des Os. Et
si cette vérité ne contient pas tous les éléments conspirationnistes que la
légende projette, ce n’en est que plus intéressant. I’histoire des Skull &
Bones n’est pas seulement l’histoire d’une société secrète remarquable, c’est
aussi celle d’une société remarquable pour ses secrets, certains vrais, d’autres
inventés. La façon particulière dont nous saisissons tous le monde du
pouvoir est faite d’un tel tissu de suppositions sur les relations et les
influences, sur les causes, les effets et les coïncidences qui ne peuvent
certainement pas être que des coïncidences . . .

CHAPITRE 1
LA MYSTIQUE DE YALE

suite…

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