CLÉ DE LA VIE


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Auteur : De Figanières Louis Michel
Ouvrage : Clé de la vie – L’homme, la nature, les mondes, Dieu, anatomie de la vie de l’Homme – Révélations sur la science de Dieu inspirées à Louis Michel, de Figanières (Var)
Année : 1857

 

 

J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter à présent.
Or, quand celui-là sera venu, savoir, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera point par lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir.
Saint Jean, ch. XVI, v. 42, 13

Sans la lumière divine, point d’organisation véridique
Sans organisation véridique point de solidarité ;
Sans solidarité, point d’exécution complète possible des commandements de Dieu.

clé de la vie des mondes,
3e partie, ch. 11.

 

LA CLÉ DE LA VIE
À toute l’humanité

Ceci est l’humble clé du vaste monument de vérité
trinaire élevé par l’Esprit et, par lui, consacré au bonheur
spirituel et matériel de tous.
Simple, sans apparence, façonnée par des ouvriers
improvisés et inconnus, mais, taillée sur un modèle
parfait, sous une direction habile et inaccessible à
l’erreur, forgée d’un métal de choix et bien trempé,
malgré quelques vices inévitables de formes dus à la
faiblesse de l’ouvrier, devant pareille entreprise, mais
sans influence sur l’inaltérable valeur de l’instrument,
cette clé, dit l’Esprit, ouvrira toutes les portes,
en ouvrant celle de la vie.
Celui qui saura la manier entrera dans le quatrième
règne. Il pénétrera à son gré dans l’édifice de
l’Esprit, y circulant en maître, à la clarté de lumières
éclatantes et impérissables abondamment distribuées
partout ; libre de s’y asseoir au banquet substantiel
préparé pour tous ; libre de s’établir, à jamais, sous le
précieux asile spirituel, dans la paix, l’amour et l’harmonie,
arbitre de son sort, affranchi pour toujours,
s’il sait le vouloir, de tous les maux aux mille formes :
Ainsi le veut Dieu !
Descendant à des considérations plus pratiques,
la clé de la vie, dirons-nous, c’est la clé de la vie de
l’homme, de la nature, des mondes ; c’est la clé de la
vie éternelle de Dieu ; c’est la clé de la vie des minéraux,
des végétaux, des animaux, de tout ce qui existe sur une planète, sur un globe quelconque, depuis l’air
et le feu, jusqu’à l’eau, jusqu’à la roche ; c’est la preuve
palpable de la présence de Dieu, partout, au moyen
de sa vie sans fin ; c’est l’explication, par les lois de la
vie de Dieu, des phénomènes de toute espèce ; c’est la
vie constatée en tout.
Bien connues, mûrement approfondies, les lois
de la vie offrent au penseur, au savant, à l’artiste, à
l’inventeur en tout genre, à l’ouvrier intelligent, un
guide sûr qui le dispensera des lenteurs du tâtonnement,
l’affranchira des déboires de l’expérience. Parti
du connu, chacun pourra calculer avec certitude les
conséquences de faits spéciaux à sa sphère, sachant
toute la nature dirigée par la même loi, et, de près ou
de loin, partout, en communion par la vie. La clé de
la vie est donc la clé des mathématiques vivantes et
fonctionnantes, de l’analogie divine, la clé de la vie de
tout, la clé de tout.
La Clé de la vie est le livre précurseur de la résurrection
spirituelle.
Or, le soleil éblouit quand on sort d’un lieu ténébreux
; tel sera, nous n’en doutons pas, l’effet des
premiers enseignements de l’Esprit. Aussi, le lecteur
de bonne volonté doit-il se tenir en garde contre lui-même
et ne pas se rebuter, prenant pour de l’obscurité
les clartés sans précédent, échappées de la
porte de la, vie lumineuse, au moment où cette porte
s’ouvrira devant lui. Qu’il persévère : l’oeil matériel
a besoin de s’habituer à la lumière avant de pouvoir
en supporter l’éclat et distinguer les objets dont elle
éclaire la disposition et les formes. Comment, au sortir du crépuscule moral, une âme n’aurait-elle pas le
vertige, à l’apparition soudaine des clartés de l’aurore
spirituelle ? Heureuse celle à qui la transition a été
ménagée ; elle verra mieux et plus tôt.
Que l’on se rassure, cependant, cet éblouissement
passera vite. À mesure qu’on avance dans le champ
lumineux, la vue s’affermit, et l’esprit attentif voit
en arrière aussi bien que devant lui. Dans notre livre
inspiré d’en haut, un fait nouveau explique celui qui
précède, la loi étant la même partout ; le dernier chapitre
élucide, résume les premiers ; et le lecteur persévérant
est, en définitive, amplement payé de sa
peine par des consolations inconnues, inespérées et
sans prix.
La clé de la vie contient tout, en substance, tous les
phénomènes et les images de tout, les conditions des
mondes divers, depuis Dieu, jusqu’aux mondes du
dernier ordre. Or, partis d’un milieu obscur et indécis,
marchant d’abord dans l’entre-deux des brouillards
et de la lumière, nous ne pouvions manquer de refléter,
au début, par la nécessité des rapports, l’incertitude
de ce milieu. L’âme humaine, en effet, ne saurait
s’élever à des clartés inusitées sans un apprentissage
de sa nouvelle carrière. Malheur à celle qui reculerait
devant ce travail préparatoire indispensable : ce serait
de sa part un signe de faiblesse, la preuve qu’elle
n’est pas digne encore de voir les clartés de la lumière
divine.
Sachons donc mettre à profit le cadeau de l’Esprit.
Armons-nous de cette clé ; rendons-nous-la familière,
afin d’être capables, un jour, de l’appliquer avec succès. Nous serons sûrs, alors, tout en préparant notre
bonheur, de nous associer, selon nos forces, à l’oeuvre
vivifiante de l’Esprit, et de nous rendre utiles à Dieu
par notre participation à son grand travail de perfection
infinie.

 

 

PREMIÈRE PARTIE :
ORGANISATION MATÉRIELLE

Chapitre I : Le quatrième règne

 

L’homme spirituel, clé et explication
des autres règnes

Or l’homme animal ne comprend
point les choses qui sont de l’Esprit de
Dieu ; car elles lui paraissent une folie,
et il ne peut les entendre, parce que c’est
spirituellement qu’on en juge.
Saint Paul 1, Corinth. II , 14

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UNE BRÈVE HISTOIRE DU TEMPS


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Ouvrage: Une brève histoire du temps Du Big Bang aux trous noirs

Auteur: Hawking W. Stephen

Année: 1988

Traduit de l’anglais par Isabelle Naddeo-Souriau

 

 

Remerciements
J’ai décidé d’écrire un livre sur l’Espace et le Temps à l’intention du grand public après les conférences Loeb que j’ai données à Harvard en 1982. Il existait déjà un nombre considérable de livres sur les débuts de l’Univers et les trous noirs, d’excellents, comme Les Trois Premières Minutes de l’Univers, de Steven Weinberg, et de très mauvais, que je ne citerai pas. Je trouvais cependant qu’aucun d’entre eux ne répondait vraiment aux questions qui m’avaient conduit à faire de la recherche en cosmologie et en théorie des quanta : d’où vient l’Univers ? Comment et pourquoi a-t-il commencé ? Connaîtra-t-il une fin, et si oui, comment ? Questions qui intéressent tout le monde.
Mais la science moderne est devenue si technique que seul un tout petit nombre de spécialistes peut maîtriser les mathématiques qui sont au coeur tic la description. Et pourtant, les idées fondamentales sur l’origine et le destin de l’Univers peuvent prendre une forme non mathématique, accessible à une personne dépourvue de formation scientifique. C’est ce que j’ai essayé de faire ici et le lecteur jugera si j’ai réussi.
On m’a dit que chaque équation incluse dans le livre en diminuerait les ventes de moitié. J’ai donc décidé qu’il n’y en aurait aucune. À la fin, toutefois, j’en ai mis une, la fameuse équation d’Einstein :
E = mc². J’espère que cela n’effrayera pas la moitié de mes lecteurs potentiels.
J’ai eu la malchance d’être atteint d’une maladie neuro-motrice (maladie de Lou Gehrig), mais presque partout ailleurs, la chance m’a souri. L’aide et le réconfort que j’ai reçus de ma femme Jane et de mes enfants Robert, Lucy et Timmy m’ont permis de mener une vie à peu près normale et d’avoir une carrière remplie de succès. Autre chance, mon choix en faveur de la physique théorique, parce que tout est dans la tête. Ainsi, mon incapacité n’aura-t-elle pas été un handicap sérieux. Mes collègues scientifiques m’ont tous beaucoup aidé.
Dans la première phase « classique » de ma carrière, mes principaux associés et collaborateurs furent Roger Penrose, Robert Geroch, Brandon Carter, et George Ellis. Je leur suis reconnaissant de leur aide et du travail que nous avons fait ensemble. Cette époque trouva son couronnement dans le livre The Large Scale Structure of Space-time (La Structure à grande échelle de l’espace-temps) que Ellis et moi avons écrit en 1973. Je ne suggérerai pas aux lecteurs du présent livre de consulter ce travail pour plus ample information : il est hautement technique et tout à fait illisible. J’espère que j’ai appris depuis lors à écrire d’une manière plus facile à comprendre.
Dans la deuxième phase « quantique » de mon travail, à partir de 1974, mes principaux
collaborateurs ont été Gary Gibbons, Don Page, et Jim Hartle. Je leur dois beaucoup, ainsi qu’à mes étudiants en recherche, qui m’ont beaucoup aidé, à la fois aux sens physique et théorique du mot. Demeurer au niveau de mes étudiants m’a grandement stimulé et m’a, j’espère, empêché de m’enfoncer dans l’ornière.
J’ai été grandement aidé pour ce livre par Brian Whilt, l’un de mes étudiants. J’ai attrapé une pneumonie en 1985, après en avoir écrit une première version. J’ai dû subir une trachéotomie qui m’a enlevé la capacité locutoire et m’a rendu presque impropre à communiquer. Je pensais que je serais incapable de le finir. Non seulement Brian m’a aidé à le réviser, mais il m’a aussi fait utiliser un programme de communication nommé Living Center que m’a offert Walt Woltosz, de Words Plus Inc. de Sunnyvale, Californie. Grâce à cet appareil, je peux à la fois écrire des livres et des articles, et parler aux gens avec un synthétiseur offert par Speach Plus, également de Sunnyvale, Californie. Le synthétiseur et un petit ordinateur individuel ont été montés sur ma chaise roulante par David Mason. Ce système a fait toute la différence : en fait, je peux communiquer maintenant beaucoup mieux qu’avant la perte de ma voix.
Un grand nombre de gens, qui ont eu connaissance des versions préliminaires, m’ont fait des suggestions pour améliorer ce livre. En particulier, Peter Guzzardi, mon éditeur de Bantam Books, m’a envoyé des pages et des pages de commentaires et de questions concernant tout ce qu’il croyait que je n’avais pas expliqué proprement. J’étais plutôt irrité, je dois l’admettre, quand j’ai reçu la grande liste de changements qu’il proposait, mais il avait tout à fait raison. Je suis persuadé que le livre a bénéficié de son insistance à ce que je revois les choses de plus près.
Je suis très reconnaissant à mes assistants, Colin Williams, David Thomas and Raymond
Laflamme ; mes secrétaires, Judy Fella, Ann Ralph, Cheryl Billington, et Sue Masey ; et à mon équipe d’infirmières. Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’aide apportée à ma recherche et à mes dépenses médicales fournie par le Gonville et Caius College, Science and Engineering Research Council, et par les Fondations Leverhulme, McArthur, Nuffield et Ralph Smith. Je leur exprime toute ma reconnaissance.
Stephen Hawking
20 octobre 1987

 

Introduction
Nous menons notre vie quotidienne sans presque rien comprendre au monde qui est le nôtre. Nous accordons peu de pensées à la machinerie qui engendre la lumière du Soleil, rendant ainsi la vie possible, à la gravité qui nous colle à une Terre qui, autrement, nous
enverrait tournoyer dans l’espace, ou aux atomes dont nous sommes faits et dont la
stabilité assure notre existence. À l’exception des enfants (qui n’en savent pas assez long
pour poser les questions importantes), peu d’entre nous passent beaucoup de temps à se demander pourquoi la nature est telle qu’elle est ; d’où vient le cosmos ou s’il a toujours été là ; si le temps fera un jour machine arrière et si les effets précéderont les causes ou s’il y a des limites extrêmes à la connaissance humaine. Il y a même des enfants, et j’en ai rencontrés, qui veulent savoir à quoi ressemble un trou noir, quelle est la plus petite parcelle de matière ; pourquoi nous nous souvenons du passé et non du futur ; comment il se fait, s’il y avait un chaos au début, qu’il y ait apparemment de l’ordre aujourd’hui ; et pourquoi il y a un Univers.
Dans notre société, parents et professeurs répondent couramment à de telles questions en haussant les épaules ou en faisant référence à quelque précepte religieux vaguement rapporté. Ils se sentent mal à l’aise sur de tels sujets, parce qu’ils soulignent clairement les limites de la connaissance humaine.
Mais bien de la philosophie et bien de la science sont issues de telles questions.
Un nombre croissant d’adultes les posent de plus en plus volontiers et recueillent à l’occasion quelques réponses ahurissantes. À mi-chemin des atomes et des étoiles, nous étendons l’horizon de nos explorations pour embrasser à la fois l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Au printemps 1974, environ deux ans avant que la sonde spatiale Viking ne se pose sur
Mars, j’assistai à un meeting en Angleterre, organisé par la Royal Society de Londres,
consacré à la question de la vie extra-terrestre. Pendant la pause-café, je remarquai qu’une réunion beaucoup plus nombreuse se tenait dans une salle voisine, où ma curiosité me fit entrer. Je compris bientôt que j’étais témoin d’un rite ancien, l’investiture de nouveaux membres de la Royal Society, l’une des plus anciennes organisations savantes de la planète. Au premier rang, un jeune homme sur une chaise roulante était en train, avec lenteur, d’inscrire son nom sur un livre qui portait sur ses premières pages la signature d’Isaac Newton. Quand enfin il eut terminé, il y eut une ovation émouvante. Stephen Hawking était une légende déjà.
Hawking est maintenant « Lucasian Professor of Mathematics » à l’Université de Cambridge, poste jadis occupé par Newton et, plus tard, par P. A. M. Dirac, deux célèbres explorateurs de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Il est leur digne successeur. Ainsi, le premier ouvrage de Hawking pour le non-spécialiste est plein de récompenses de toutes sortes pour le simple public. Il fournit des lueurs sur le travail intellectuel de son auteur, aussi passionnantes que son multiple contenu. Il fourmille de révélations brillantes sur les limites de la physique, de l’astronomie, de la cosmologie, et du courage.
C’est aussi un livre sur Dieu… ou peut-être sur l’absence de Dieu. Le mot Dieu emplit ces pages.
Hawking s’embarque dans une recherche pour répondre à la fameuse question d’Einstein se demandant si Dieu avait le choix en créant l’univers. Hawking essaie, et il le dit explicitement, de comprendre la pensée de Dieu. Et cela rend encore plus inattendue la conclusion de cet effort, au moins jusqu’à présent : un univers sans limites dans l’espace, sans commencement ou fin dans le temps, et rien à faire pour le Créateur.
Carl Sagan
Cornell University
Ithaca, New York

 

 

1
NOTRE VISION DE L’UNIVERS

Un savant célèbre (certains avancent le nom de Bertrand Russell) donna un jour une conférence sur l’astronomie. Il décrivit comment la Terre tournait autour du Soleil et de quelle manière le Soleil, dans sa course, tournait autour du centre d’un immense rassemblement d’étoiles que l’on appelle notre Galaxie. À la fin, une vieille dame au fond de la salle se leva et dit : « Tout ce que vous venez de raconter, ce sont des histoires. En réalité, le monde est plat et posé sur le dos d’une tortue géante. » Le scientifique eut un sourire hautain avant de rétorquer : « Et sur quoi se tient la tortue ? – Vous êtes très perspicace, jeune homme, vraiment très perspicace, répondit la vieille dame. Mais sur une autre tortue, jusqu’en bas ! »
La plupart d’entre nous pourraient trouver plutôt ridicule de considérer que notre
univers est comme une tour sans fin, faite de tortues empilées les unes sur les autres, mais pourquoi ce que nous savons vaudrait-il mieux que cela ? D’où vient l’univers et où va-i-il ?
A-t-il eu un commencement, et si oui, qu’y avait-il avant ? Quelle est la nature du temps ?
Aura-t-il une fin ? Tout récemment, d’importantes découvertes en physique, dues en partie aux nouvelles technologies et à leurs possibilités fantastiques, suggèrent des réponses à quelques-unes de ces questions de fond. Un jour viendra où ces réponses à leur tour nous sembleront aussi évidentes que le fait que la Terre tourne autour du Soleil, ou peut-être aussi ridicules que la tour de tortues. Seul le temps (quoi qu’il puisse être) nous le dira.
Dès 340 avant Jésus-Christ, le philosophe grec Aristote avança – dans son ouvrage Du ciel – deux solides arguments en faveur d’une Terre sphérique plutôt que plate. Tout d’abord, il avait compris que les éclipses de Lune étaient dues au fait que la Terre passait entre le Soleil et la Lune.
L’ombre projetée sur la Lune était toujours ronde, ce qui ne pouvait être le cas que
si notre planète était sphérique. Si elle avait eu la forme d’un disque plat, son ombre aurait été allongée et elliptique, à moins que le phénomène d’éclipse n’intervienne jamais qu’au moment où le Soleil se trouve exactement derrière le centre du disque. De plus, les pérégrinations des Grecs leur avaient appris que l’Étoile Polaire apparaissait plus bas sur l’horizon dans les régions du sud que dans le Nord. (Étant donné que l’Étoile Polaire est à l’aplomb du pôle Nord, un observateur au Pôle la verra juste au- dessus de sa tête, alors qu’à l’équateur, il la verra briller juste au-dessus de l’horizon.) D’après la différence des positions apparentes qu’occupait l’Étoile Polaire en Égypte et en Grèce, Aristote avait déjà calculé approximativement que la circonférence de la Terre devait être de quatre cent mille stades. On ne sait pas exactement quelle était la longueur d’un de ces stades, mais il est probable que cela devait équivaloir environ à deux cents mètres, ce qui donne pour l’estimation aristotélicienne une valeur deux fois plus grande que celle que nous admettons couramment. Les Grecs disposaient même d’un troisième argument en faveur de la rotondité de la Terre : comment expliquer autrement le fait qu’à l’horizon ce soient d’abord les voiles d’un navire qui apparaissent, avant sa coque ?
Aristote pensait que la Terre était immobile et que le Soleil, la Lune, les planètes et les étoiles tournaient selon un mouvement circulaire autour d’elle. Il pensait cela parce qu’il estimait, pour des raisons mystiques, que la Terre était le centre de l’univers et que le mouvement circulaire représentait la perfection. Développant cette idée au IIe siècle avant Jésus-Christ, Ptolémée aboutit à un système cosmologique achevé. La Terre occupait la position centrale, entourée de huit sphères qui portaient respectivement la lune, le Soleil, les étoiles et les cinq planètes connues À l’époque, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les planètes elles-mêmes décrivaient de petits cercles sur leurs sphères respectives, cela pour tondre compte des trajectoires planétaires assez complexes que l’on observait dans le ciel. La sphère la plus extérieure portait les étoiles fixes, qui conservaient la même position les unes par rapport aux autres, mais qui tournaient en bloc. Ce qu’il y avait au-delà de cette dernière sphère, on ne le savait pas très bien mais en tout cas, ce n’était certainement pas à la portée de l’humanité.
Le modèle de Ptolémée fournissait un système relativement sûr pour prédire la position des corps célestes dans le ciel. Mais pour que ses prédictions collent aux observations, Ptolémée avait dû avancer l’hypothèse que la Lune suivait une trajectoire qui l’amenait parfois deux fois plus près de la Terre qu’à d’autres moments. Cela impliquait qu’elle aurait dû alors nous apparaître deux fois plus grosse que d’habitude ! Ptolémée était conscient de ce défaut mais son système n’en fut pas moins généralement, si ce n’est universellement, adopté. L’Église chrétienne y trouva une vision de l’univers en accord avec les Saintes Écritures, et qui avait le gros avantage de laisser de la place au- delà de la sphère des fixes pour le Paradis et l’Enfer.
Cependant, un système plus simple fut proposé en 1514 par un prêtre polonais, Nicolas Copernic. (Tout d’abord, par peur d’être accusé d’hérésie et brûlé par son Église, celui-ci publia sa conception sous le couvert de l’anonymat.) D’après lui, le Soleil était immobile au centre de l’Univers et les planètes décrivaient des orbites circulaires autour de notre étoile. Presque un siècle s’écoula avant que cette hypothèse ne soit prise au sérieux. Puis, deux astronomes – l’un allemand, Johannes Kepler, et l’autre italien, Galilée – commencèrent à défendre publiquement la théorie de Copernic, en dépit du fait que les orbites qu’elle prédisait ne coïncidaient pas exactement avec les observations. Le coup fatal à la théorie d’Aristote/Ptolémée survint en 1609. Cette année-là, Galilée se mit à observer le ciel nocturne avec la lunette, qui venait tout juste d’être inventée. En regardant ainsi Jupiter, il découvrit que cette planète était accompagnée de plusieurs petits satellites (ou lunes) qui tournaient autour d’elle. Cela laissait supposer que tout ne devait pas tourner obligatoirement autour de la Terre elle-même, comme Aristote et Ptolémée l’entendaient. (Bien sûr, il était encore possible de croire que la Terre
était immobile au centre de l’Univers et que les lunes de Jupiter décrivaient des
trajectoires extrêmement compliquées autour de la Terre, donnant l’illusion de tourner
autour de Jupiter. Cependant, la conception de Copernic était bien plus simple). À
cette même époque, Johannes Kepler modifia la théorie du prêtre polonais, en suggérant que les planètes décrivent non plus des cercles mais des ellipses (une ellipse est un cercle allongé). Les prédictions correspondirent enfin aux observations.
Pour Kepler, les orbites elliptiques n’étaient qu’une hypothèse ad hoc, et même plutôt désagréable, car ces figures étaient manifestement moins parfaites que des cercles. Ayant découvert presque accidentellement que les orbites elliptiques rendaient bien compte des observations, Kepler ne pouvait les accorder avec son idée selon laquelle les planètes tournaient autour du Soleil en raison des forces magnétiques. L’explication fut fournie seulement beaucoup plus tard, en 1687, lorsque Newton publia ses Philoosophiae Naturalis Principia Mathematica, probablement le travail le plus important jamais effectué en physique par un homme seul. Dans cet ouvrage, Newton échafaudait non seulement la théorie expliquant comment les corps se mouvaient dans l’espace et dans le temps, mais il y développait aussi les mathématiques complexes nécessaires à l’analyse de ces mouvements. De plus, le savant anglais proposait la loi de la gravitation universelle selon laquelle tout corps dans l’univers est attiré par tout autre corps
selon une force d’autant plus grande que les corps sont plus massifs et plus proches ; force qui fait que les objets tombent sur le sol. (L’histoire selon laquelle Newton fut mis sur la voie de cette découverte par une pomme qui lui serait tombée sur la tête est
très certainement apocryphe. Tout ce que Newton a jamais dit à ce sujet est qu’il eut
l’idée de la gravitation alors qu’il était assis « dans une attitude contemplative »
et « qu’elle avait été occasionnée par la chute d’une pomme. ») Newton continuait en
montrant que c’était bien la gravitation qui était responsable dû mouvement elliptique de la Lune autour de la Terre, tout comme elle était également responsable des trajectoires elliptiques de la Terre et des planètes autour du Soleil.
Le modèle copernicien se débarrassait donc des sphères célestes de Ptolémée, et avec elles, de l’idée que l’Univers avait une frontière naturelle. Étant donné que les « étoiles fixes » ne semblaient pas changer de position – excepté leur mouvement d’ensemble dans le ciel dû à la rotation de la Terre autour de son axe –, il devenait tout naturel de supposer qu’elles étaient des objets semblables à notre Soleil, mais beaucoup plus éloignés.
Newton avait compris que, selon sa théorie de la gravitation, les étoiles devaient s’attirer
entre elles, et que, apparemment, elles ne pouvaient fondamentalement pas rester au repos. Ne tomberaient- elles pas toutes en un point ? Dans une lettre de 1691 adressée à Richard Bentley, autre penseur de premier plan de cette époque, Newton affirma que ce serait certainement le cas si les étoiles en nombre fini étaient distribuées dans une région finie de l’univers. Mais il avait calculé que si, au contraire, elles étaient en nombre infini, distribuées plus ou moins uniformément dans un espace infini, cela n’arriverait pas, car il n’existerait aucun point central vers lequel elles pourraient alors tomber.
Cela est un exemple des pièges que l’on rencontre à propos de l’infini. Dans un univers
infini, chaque point peut être considéré comme un centre parce que chacun compte un nombre infini d’étoiles autour de lui. L’approche correcte – qui ne fut effectuée que beaucoup plus tard – consiste à prendre en compte la situation finie, dans laquelle les étoiles tombent toutes les unes sur les autres, et à se demander comment les choses évolueraient si l’on en prenait d’autres en compte, distribuées à peu près uniformément en dehors de cette région. D’après la loi de Newton, les étoiles supplémentaires ne devraient pas causer la moindre différence en moyenne, et toutes devraient tomber tout aussi vite. Ajoutons autant d’étoiles que nous voulons, elles s’effondreront toujours sur elles-mêmes. Nous savons aujourd’hui qu’il est impossible d’avoir un modèle statique d’univers infini dans lequel la gravitation soit toujours attractive.
Il eut intéressant de remarquer que, dans le climat général de pensée précédant le
XXe siècle, personne n’a suggéré que l’Univers pourrait se dilater ou se contracter. Il était
généralement admis ou bien que l’univers existait depuis toujours dans un état inchangé, ou bien qu’il avait été créé à un instant prédit du passé, plus ou moins semblable à ce qu’on observait aujourd’hui. Cela pouvait être dû en partie à la tendance humaine à croire en des vérités éternelles, aussi bien qu’au réconfort que l’homme trouvait à penser que, malgré le fait que les années s’envolaient et qu’il mourrait, l’Univers, lui, restait éternel et identique à lui-même.
Même ceux qui avaient compris que la théorie newtonienne de la gravitation démontrait
que l’Univers ne pouvait pas être statique ne pensèrent pas à suggérer une expansion.
À la place, ils entreprirent de modifier la théorie en rendant répulsive à grande distance la force gravitationnelle. Cela ne modifiait pas de façon significative leurs prédictions des
mouvements des planètes, mais autorisait une distribution infinie d’étoiles à rester en
équilibre stable – les forces attractives s’exerçant entre étoiles proches étant
contrebalancées par les forces répulsives dues aux étoiles plus lointaines. Cependant, on sait aujourd’hui qu’un tel équilibre serait instable : si les étoiles d’une région quelconque venaient à se rapprocher un tant soit peu les unes des autres, les forces
qui les attirent croîtraient jusqu’à prendre le pas sur les forces répulsives, de telle
sorte que les étoiles continueraient à tomber les unes sur les autres. D’un autre côté, si les étoiles venaient à s’éloigner légèrement les unes des autres, les forces répulsives se
mettraient à dominer et les écarteraient encore plus.
Généralement, on attribue au philosophe allemand Henrich Olbers – qui traita de cette théorie en 1823 une autre objection à un univers infini statique. En fait, plusieurs contemporains de Newton avaient déjà soulevé le problème et l’article d’Olbers ne fut pas le premier à présenter des arguments plausibles à son encontre. Toutefois, il fut le premier à être largement remarqué. La difficulté venait du fait que dans un univers statique infini, pratiquement toutes les lignes de visée devraient aboutir à la surface d’une étoile. Aussi devrait-on s’attendre à ce que tout le ciel soit aussi brillant que le Soleil, même la nuit. Le contre-argument d’Olbers était que la lumière des étoiles lointaines devait être affaiblie par de la matière interposée qui l’aurait absorbée. Cependant, si c’était le cas, cette matière aurait dû se réchauffer à la longue, jusqu’à rayonner aussi brillamment que les étoiles. La seule façon d’éviter la conclusion que l’ensemble du ciel nocturne devrait être aussi brillant que la surface du Soleil
était alors d’admettre que les étoiles ne brillaient pas depuis toujours mais qu’elles s’étaient bel et bien allumées à un moment donné dans le passé. Alors, la matière interposée aurait pu ne pas avoir été suffisamment chauffée, ou la lumière des étoiles lointaines n’avoir pas encore eu le temps de nous atteindre. Et cela nous amène à la question de savoir ce qui aurait provoqué l’allumage initial des étoiles.
La naissance de l’Univers avait, bien sûr, déjà fait l’objet de discussions antérieures. Pour
nombre de cosmologies anciennes et selon la tradition juive, chrétienne et musulmane, l’Univers est né à un instant donné, dans un passé pas très éloigné. En faveur d’une telle naissance, il y a le sentiment qu’il est nécessaire d’avoir une « Cause Première » pour expliquer son existence. (À l’intérieur de l’Univers, vous pouvez toujours expliquer un événement en tant que conséquence d’un événement antérieur, mais l’existence de l’Univers lui-même ne peut s’expliquer de cette façon que s’il a un commencement.) Un autre argument, avancé par saint Augustin dans son ouvrage La Cité de Dieu, fait remarquer que la civilisation avance et que nous nous souvenons de celui qui accomplit tel haut fait ou développe telle technique. Ainsi l’homme, et de la même manière peut-être aussi l’Univers, n’auraient-ils pu exister depuis beaucoup plus longtemps. Saint Augustin admet la date d’environ 5000 ans avant Jésus-Christ pour la création de l’Univers, date donnée par la Genèse. (Il est intéressant de noter que cela n’est pas si loin de la dernière glaciation qui se termina vers -10 000 avant Jésus-Christ, date que les archéologues avancent comme véritable point de départ de notre civilisation.)
Aristote, comme la plupart des philosophes grecs, n’aimait pas l’idée de création car
elle présentait un arrière-goût d’intervention divine. Il croyait par conséquent que la race humaine et le monde qui l’entoure existaient et existeraient à jamais. Les Anciens reconnaissaient déjà la valeur de l’argument du progrès mentionné plus haut et ils y répondaient en professant que déluges et autres catastrophes ramenaient périodiquement à chaque fois la race humaine sur la ligne de départ.
Les questions relatives à la naissance de l’Univers dans le temps et à sa limite dans l’espace furent par la suite largement étudiées par le philosophe Emmanuel Kant dans son monumental (et très obscur) ouvrage, Critique de la raison pure, publié en
1781. Kant baptisa ces questions« antinomies » (c’est-à-dire : contradictions) de la raison pure parce qu’il estimait qu’il existait autant d’arguments – irréfutables en faveur de la thèse d’un Univers ayant commencé un jour que de son antithèse, un Univers ayant existé depuis toujours. Son argument en faveur de la thèse était que si l’Univers n’avait pas eu de commencement, il aurait dû y avoir une période infinie de temps avant tout événement, ce qu’il considérait comme absurde ; en faveur de l’antithèse, il pensait que si l’Univers avait eu un commencement, il y aurait eu une période infinie de temps avant ce début, alors pourquoi serait-il né à tel instant donné ? En fait, thèse et antithèse sont
exactement la même chose. Elles sont toutes deux fondées sur l’hypothèse kantienne non
formulée d’un temps qui remonte indéfiniment dans le passé, que l’Univers ait existé depuis toujours ou non. Comme nous le verrons, le concept de temps n’a aucun sens avant la naissance de l’Univers. Cela fut pour la première fois remarqué par saint Augustin. À la question : « Que fit Dieu avant de créer l’Univers ? » il ne répondait pas : « Il préparait l’Enfer pour ceux qui posent de telles questions. » Il préférait dire que le temps était une propriété de L’Univers que Dieu avait créé, et que le temps n’existait pas avant.
Lorsque les gens croyaient en un Univers fondamentalement statique et sans changement, la question de savoir s’il était né ou non n’intéressait que les métaphysiciens ou les théologiens. On pouvait rendre compte des observations aussi bien en penchant pour un univers ayant toujours existé qu’en soutenant la théorie d’un univers mis en mouvement à un instant donné et de telle sorte qu’il paraisse avoir toujours existé. Mais en 1929, Edwin Hubble fit une observation cruciale : où que nous regardions, les galaxies lointaines s’éloignent de nous à toute vitesse. Cela signifie qu’en des temps plus anciens, les objets avaient été plus proches les uns des autres. En fait, il semble qu’il y ait eu un moment, il y a dix ou vingt milliards d’années, où tous ces objets étaient exactement à la même place et où, par conséquent, la densité de L’Univers était infinie. Cette découverte amenait enfin la question de la naissance de L’Univers devant la Science.
Les observations de Hubble sous-entendaient qu’il y avait eu un moment, baptisé le « Big Bang », où l’univers avait été infiniment petit et infiniment dense. Dans de telles conditions, toutes les lois de la physique, et par conséquent leur capacité à prévoir le futur, s’effondraient.
Si des événements antérieurs à ce moment n’avaient jamais existé, ils ne pourraient
affecter ce qui arrive dans notre temps. Leur existence peut donc être ignorée parce qu’ils n’auront aucune conséquence observationnelle. On peut dire que le temps a commencé au Big Bang, au sens où des temps antérieurs ne seront tout simplement pas définis. Insistons sur le fait que ce commencement dans le temps est très différent de ceux qui ont été examinés auparavant. Dans un Univers sans changement, le commencement dans le temps est quelque chose qui doit être imposé par un être situé hors de l’Univers ; il n’y a aucune nécessité physique pour un tel début. On peut imaginer que Dieu a créé l’Univers littéralement à n’importe quel instant dans le passé. D’un autre côté, si l’Univers est en expansion, il peut y avoir des raisons physiques à sa naissance. On peut encore imaginer que Dieu a créé l’Univers à l’instant du Big Bang, ou même après, de façon qu’il ressemble à ce qu’il aurait dû être s’il y en avait eu un ; mais ce serait un non-sens de supposer qu’il l’ait créé avant. Un Univers en expansion n’exclut pas la possibilité d’un créateur mais il définit l’instant où ce dernier aurait pu accomplir son œuvre !Pour discuter de la nature de l’Univers et examiner des questions telles que son commencement ou sa fin, il nous faut bien comprendre ce qu’est une théorie scientifique. Considérons l’opinion naïve selon laquelle une théorie est un modèle d’Univers (ou d’une partie limitée de l’Univers) et un ensemble de règles mettant en relation des quantités issues du modèle et des observations. Elle n’existe que dans notre esprit et ne peut avoir d’autre réalité (quelle qu’en soit la signification). Une théorie sera valable si elle satisfait aux deux conditions suivantes : décrire avec exactitude une vaste catégorie d’observations sur la base d’un modèle qui ne contient que quelques éléments arbitraires, et faire des prédictions précises concernant les résultats d’observations futures. Exemple, la théorie d’Aristote selon laquelle tout était fait de quatre éléments, la terre, l’air, le feu et l’eau, était suffisamment simple pour effectuer des descriptions, mais
elle ne permettait pas de prédiction précise. La théorie de la gravitation de Newton était
fondée, elle, sur un modèle encore plus simple, dans lequel les corps s’attiraient l’un l’autre selon une force proportionnelle à une quantité appelée leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les séparait. Cependant, elle prédisait les mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes avec un haut degré d’exactitude.
Toute théorie physique est toujours provisoire en ce sens qu’elle n’est qu’une hypothèse : vous ne pourrez jamais la prouver. Peu importe le nombre de fois où les résultats d’une
expérience s’accorderont avec une théorie donnée ; vous ne pourrez jamais être sûr que,
la fois suivante, ce résultat ne la contredira pas. Vous pouvez également réfuter une théorie en trouvant une observation unique qui ne cadre pas avec ses prédictions. Comme le philosophe des sciences Karl Popper l’a souligné, une bonne théorie se caractérise par le fait qu’elle fait un certain nombre de prédictions qui pourraient en principe être réfutées ou rendues fausses par l’observation. Chaque fois que de nouvelles expériences viendront corroborer les prédictions, la théorie sera confortée, et notre confiance en elle s’accroîtra ; mais si jamais une nouvelle observation ne s’inscrit pas dans son cadre, il nous faudra l’abandonner ou la modifier. Du moins est-ce ce qu’il est supposé advenir, mais vous pourrez toujours mettre en doute la compétence de la personne qui a réalisé l’observation en question.
Dans la pratique, il arrive souvent qu’une nouvelle théorie soit réellement une
extension de la théorie précédente. Par exemple, des observations très précises de la planète Mercure ont révélé de légères différences entre son mouvement et les prédictions newtoniennes de la théorie de la gravitation. La théorie de la Relativité Générale d’Einstein annonçait un mouvement légèrement différent de celui de la théorie de Newton. Le fait que les prédictions d’Einstein s’accordent à ce que l’on voyait, alors que celles de Newton ne le faisaient pas, fut l’une des confirmations cruciales de la nouvelle théorie. Cependant, nous utilisons toujours la théorie de Newton dans notre pratique quotidienne, car la différence entre ses prédictions et celles de la Relativité Générale est minime dans les situations auxquelles nous avons affaire normalement. (La théorie de Newton a aussi le grand avantage d’être plus aisée à manipuler que celle d’Einstein !).
L’ultime but de la science est de fournir une théorie unique qui décrive l’Univers
dans son ensemble. Cependant, la plupart des scientifiques scindent le problème en deux. D’un côté, il y a les lois de la physique qui nous disent comment l’Univers évolue avec le temps. (Si nous savons à quoi ressemble l’Univers à chaque instant donné, ces lois physiques nous disent à quoi il ressemblera l’instant d’après.) De l’autre, il y a la question de son état initial. Certains estiment que la science ne devrait s’occuper que du premier aspect de la question et considèrent le problème de la situation initiale de l’Univers comme du ressort de la métaphysique ou de la religion. Ce qui signifierait que Dieu, étant omniprésent, aurait pu faire démarrer l’Univers à sa guise. Peut-être en est-il ainsi mais, dans ce cas, Dieu aurait dû aussi le développer d’une façon complètement arbitraire. Pourtant, il apparaît qu’il a choisi de le faire évoluer d’une façon très régulière, selon certaines lois. Il semble donc tout aussi raisonnable de supposer qu’il y a également des lois qui gouvernent son état initial.
On se rend compte qu’il est très difficile de concevoir une théorie qui décrive l’Univers d’un seul coup. À la place, on choisit de morceler le problème et d’inventer un certain nombre de théories partielles ; chacune d’elles décrivant et prédisant une certaine classe limitée d’observations, négligeant les effets de quantités autres, ou les représentant par de simples séries de nombres. Il se peut que cette approche soit complètement fausse. Si tout dans l’univers dépend de tout de façon fondamentale, il pourrait être impossible d’approcher une solution générale en traitant séparément les différentes parties du problème. Néanmoins, c’est assurément de cette façon que nous avons accompli quelques progrès dans le passé. L’exemple classique est encore celui de la théorie newtonienne de la gravitation, qui nous dit que la force gravitationnelle entre deux corps ne dépend que d’un nombre associé à chacun, leur masse, et est indépendante de ce dont ces corps sont constitués. Aussi n’a-t-on pas besoin d’avoir une théorie de la structure et de la constitution du Soleil et des planètes pour calculer leurs orbites.
Aujourd’hui, les savants décrivent l’Univers d’après deux théories partielles de base, la théorie de la Relativité Générale et la Mécanique Quantique. Ce sont les grandes réussites intellectuelles de la première moitié de ce siècle. La Relativité Générale décrit la force de gravité et la structure à grande échelle de l’univers, c’est-à-dire la structure à des échelles allant de quelques kilomètres à un million de milliards de milliards de kilomètres (un 1 suivi de 24 zéros), dimension de l’univers observable. La Mécanique Quantique, elle, s’intéresse à des phénomènes à échelle extrêmement réduite, comme le millionième de millionième du centimètre. Malheureusement, ces deux théories sont réputées incompatibles et ne peuvent donc être justes en même temps. L’un des plus grands efforts en physique aujourd’hui, et le thème majeur de ce livre, porte sur la recherche d’une nouvelle théorie qui les engloberait toutes les deux – une théorie quantique de la gravitation. Nous n’en disposons pas encore et il nous reste un long chemin à parcourir, mais nous connaissons déjà un grand nombre des propriétés qu’elle devra satisfaire. Et nous verrons, dans les chapitres suivants, tout ce que nous savons déjà quant aux prédictions qu’une telle théorie devrait énoncer.Si vous pensez que l’Univers n’est pas arbitraire mais qu’il est régi par des lois précises, vous devrez en fin de compte combiner les théories partielles en une théorie complètement unifiée qui décrira tout dans l’univers. Seulement, il y a un paradoxe fondamental dans la recherche d’une telle théorie complètement unifiée. Les notions relatives aux théories scientifiques que nous avons exposées plus haut supposent que nous sommes des êtres rationnels, libres d’observer l’Univers comme nous le voulons et de tirer des déductions logiques à partir de ce que nous voyons. Dans un tel schéma, il paraît raisonnable de supposer que nous avons pu nous rapprocher de plus en plus des lois qui régissent notre Univers. Pourtant,
s’il existe vraiment une théorie complètement unifiée, elle devrait aussi vraisemblablement déterminer nos actions. Et ainsi, la théorie elle-même devrait
déterminer l’aboutissement de notre recherche la concernant ! Et pourquoi déterminerait-elle que nous arrivons aux bonnes conclusions ? Ne pourrait-elle pas aussi bien déterminer le contraire ? Ou que nous n’arriverons à rien ?
La seule réponse que je puisse apporter à ce problème repose sur le principe de la
sélection naturelle de Darwin. L’idée est la suivante : dans toute population d’organismes capables de s’auto- reproduire, il y aura des variations dans le matériel génétique et dans l’éducation de chaque individu. Ces différences signifieront que certains d’entre eux seront plus aptes que d’autres à tirer les bonnes conclusions quant au monde qui les entoure, et à agir en conséquence.
Ayant plus de chances que les autres de survivre et de se reproduire, leurs types de
comportement et de pensée deviendront dominants. Il a certainement été vrai, dans le
passé, que ce que nous appelons intelligence et découverte scientifique ont constitué un
avantage en faveur d’une survie. Il n’est pas évident que cela soit encore le cas de nos jours : nos découvertes scientifiques peuvent nous détruire et, même si elles ne le font pas, une théorie complètement unifiée ne changera pas grand-chose à la situation. Cependant, à condition que l’Univers évolue de façon régulière, nous devrions nous attendre à ce que les capacités de raisonnement dont la sélection naturelle nous a pourvus soient également valables dans notre recherche d’une théorie complètement unifiée, et donc qu’elles ne nous conduisent pas à des conclusions fausses.
Comme les théories partielles dont nous disposons déjà sont suffisantes pour faire des prédictions exactes dans toutes les situations sauf les plus extrêmes, la recherche de la théorie fondamentale de l’univers semble difficile à justifier au niveau pratique. (Il vaut la peine de noter, cependant, que des arguments semblables auraient pu être utilisés à la fois contre la Relativité et la mécanique quantique, et que ces théories nous ont donné à la fois l’énergie nucléaire et la révolution de la microélectronique !)
La découverte d’une théorie complètement unifiée, donc, peut ne pas venir en aide à la survie de notre espèce. Elle peut même ne pas affecter du tout notre mode de vie. Mais jamais, depuis l’aube de la civilisation, les hommes ne se sont accommodés d’événements hors cadre et inexplicables. Ils ont toujours eu soif de comprendre l’ordre sous-jacent dans le monde. Aujourd’hui, nous avons encore très envie de savoir pourquoi nous sommes là et d’où nous venons. Ce désir de savoir, chevillé à l’humanité, est une justification suffisante pour que notre quête continue. Et notre but n’est rien moinsqu’une description complète de l’Univers dans lequel nous vivons.

 

 

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L’ESPACE ET LE TEMPS

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ENQUÊTE SUR L’EXISTENCE DES ANGES REBELLES


Source:  histoireebook.com

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Auteur : Brasey Edouard
Ouvrage : Enquête sur l’existence des anges rebelles
Année : 1995

 

 

« Là où je tombe Dieu descend. Il est descendu plus bas que là où je suis tombé. Là où je monte Dieu attend. Il est toujours plus haut que là où je suis monté. Il est plus fou que l’Absurde, plus gracieux que la Grâce. »
Jean-Yves Leloup, L’Absurde et la grâce.

« L’homme est un animal appelé à devenir Dieu. »
Saint Basile de Césarée.

« L’homme est un dieu tombé qui se souvient des deux. »
Alphonse de Lamartine.

« L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui
veut faire l’ange fait la bête. »
Pascal, Pensées. (Pensée n° 358).

« Tombé du ciel Rebelle aux louanges Chassé par les anges Du paradis originel. »
Jacques Higelin, Tombé du ciel.

 

 

INTRODUCTION

À l’ombre des anges rebelles
Nous sommes Lumière. Nous venons tous de la Lumière à notre naissance, et à notre mort nous retournons tous à la Lumière.
Nous sommes Lumière, et pourtant l’Ombre est là. Froide, effrayante, ténébreuse, elle est un gouffre noir où tout semble négation, mort et désespérance. L’Ombre est un pôle obscur opposé au pôle lumineux de la Lumière, et il est tentant de lire dans cette opposition un combat, une exclusion, une frontière à jamais tracée. D’un côté, un univers de Lumière, de chaleur, de paix et de vie. De l’autre, un monde d’Ombre et de mort, empli de frissons et de grincements de dents. Là-haut, le ciel. En bas, l’enfer. Ici, le bien, là-bas, le mal.
Pourtant, au plus sombre du plus sombre, une lueur soudain naît. Au plus profond de la nuit, un oiseau chante et salue l’arrivée de l’aurore. Et voici que le foyer des ténèbres n’est plus que l’ombre portée des formes qu’ici-bas éclaire l’astre lumineux. Voici que l’Ombre ne cherche plus à éclipser la Lumière, mais à la sculpter, la soutenir, la mettre en relief.
Evoquer l’Ombre, c’est tendre vers la Lumière. Suivre le chemin des enfers, c’est accéder au ciel. Considérer le bien et le mal, c’est jouer avec les deux faces d’une même pièce de monnaie. Nommer le diable, c’est encore nommer Dieu.
Car le diable, qu’il ait pour nom Lucifer, Satan ou qui sais-je encore, le diable est un ange. Ange noir, ange déchu, ange rebelle tant qu’on voudra. Mais ange, avant tout, à savoir Etre de Lumière — et même si cette Lumière est noire, c’est encore de la Lumière.
Cette appartenance du diable et des démons au règne angélique

est attestée par les Pères de l’Eglise, dont les manuscrits remontent au ive siècle après Jésus-Christ. Ainsi, dans sa Vie de saint Antoine le Grand, saint Athanase affirme-t-il avec vigueur : « Nous savons bien que les démons n’ont pas été créés démons : Dieu n’a rien fait de mauvais. Eux aussi furent créés bons. » Pour le théologien, c’est en s’éloignant volontairement de Dieu que ces créatures glorieuses et célestes ont déchu de leur empyrée jusque dans les ténèbres infernales. Le psychologue Graf Dürckheim, épris de spiritualité et de bouddhisme zen, ajoute que l’ombre n’est jamais qu’« une lumière contractée qui n’arrive pas à se donner, à se diffuser. »
Dans un recueil des Etudes carmélitaines consacré à Satan, Henri-Irénée Marrou écrit : « Satan, comme les autres démons, car il n’est que l’un d’eux, encore que le premier, est un ange. Ange rebelle, prévaricateur et déchu, soit ; un ange, pourtant, créé par Dieu avec et parmi les autres esprits célestes et à qui sa chute même, la déchéance qu’elle a entraînée, n’ont pu enlever cette nature angélique qui définit son être. » 1
Dans le même texte, écrit en 1948, ce théologien déplorait : « Si, autour de nous, on a tant de peine à croire au démon, c’est qu’en fait on ne pense plus guère aux anges », avant de renchérir : « Comment ne pas constater l’effacement du rôle des anges dans la pensée et la vie chrétiennes de notre temps ? Seule la dévotion à l’ange gardien conserve peut-être quelque vitalité, mais elle apparaît comme à l’état isolé, coupée du reste de la théologie des anges. »
Près d’un demi-siècle après que ces lignes ont été écrites, nous pouvons rassurer M. Marrou : les anges sont de retour.
Et quel retour ! Ils font la une des magazines ;2 on les voit au cinéma ;3 ils inspirent des stars du rock ;4 ils font concurrence à Madame Soleil en donnant les conseils de l’ange du jour sur les messageries téléphoniques ;5 ils passent à la télévision ;6 ils alimentent enfin une littérature copieuse, promise à des succès de


1. Henri-Irénée Marrou, « Un ange déchu, un ange pourtant », dans Satan, Etudes carmélitaines, Desclée de Brouwer, 1948.
2. « Les Anges gardiens existent-ils ? », VSD du 5 janvier 1995.
3. Les Ailes du désir (1987) et Si loin, si proche (1993) de Wim Wenders.
4. Eurythmies, There Must Be An Angel.
5. Par le 36 68.
6. Soirée Théma sur « Les Anges », Arte, 25 décembre 1994.


librairie sans précédent*. Nous vivons vraiment une époque angélique…
Pourquoi ce subit engouement pour les créatures célestes ? La (re) découverte des anges, dont les religions monothéistes officielles ont toujours souhaité minimiser l’importance, de crainte qu’ils ne réveillent les anciennes superstitions idolâtres ou panthéistes, semble pour nos contemporains remplir l’office d’un antidote aux malheurs et aux peurs dont ils sont généralement affublés : crise économique, guerres, chômage, épidémies. Face aux rigueurs de la vie et aux aléas de l’existence, remettons-nous-en aux bons soins des anges, sortes de grands frères célestes qui sauront nous guider dans cette vallée de larmes et écarter pour nous les pierres du chemin.
Mais cet angélisme ambiant — et quelque peu bêlant, il faut bien l’avouer, tout englué qu’il est de sucreries bondieusardes et d’angelots roses et blonds, fessus et joufflus, issus des imageries sulpiciennes les plus ringardes — méconnaît trop souvent la véritable nature des anges, et leur incroyable diversité.
Les anges ne sont pas tous des éphèbes androgynes et diaphanes, pourvus d’ailes de cygnes éployées et de regards enjôleurs. Les anges peuvent être des créatures terribles et monstrueuses, des géants recouverts d’yeux et de bouches, des éclairs de feu aveuglants. Lorsque Yahvé cherche à contacter Moïse, il lui adresse un ange qui prend « la forme d’une flamme de feu jaillissant du milieu d’un buisson » (Ex. 3,2). Les anges ressemblent plus souvent à des démons effrayants qu’à des mannequins pour magazines de mode. A côté des anges gardiens et des anges fidèles, trépigne la cohorte innombrable des anges noirs, des anges déchus, des anges rebelles.
*
* *
Certaines lumières brûlent ceux qui s’en approchent de trop près. Si la confrontation avec l’ange rebelle peut être considérée comme une voie initiatique conduisant à la Lumière, combien de « Fous du diable » ont réveillé les divinités noires qui dormaient au fond de leur inconscient afin d’en être les esclaves ? 1


1. Pierre Jovanovic, Enquête sur l’existence des anges gardiens, Filipacchi, 1993.


Les « Fous du diable » ! Us existent bel et bien, à défaut de leur cruel maître. Ils existent si bien que leurs agissements meurtriers inquiètent de plus en plus les services de police et les associations anti-sectaires. Notre époque connaît un inquiétant regain d’intérêt en faveur de la magie noire et des sciences occultes. Les crimes rituels perpétrés par les satanistes sont aujourd’hui monnaie courante aux Etats-Unis, mais également au Brésil, en Grande-Bretagne, en Italie, en Hollande, en Hongrie, en Grèce… et en France, bien entendu. A l’A.D.F.I. ‘, on affirme : « Les sectes sataniques sont très puissantes en France. Mais leurs victimes ou leurs adeptes repentis n’osent pas porter plainte. Us ont trop peur ! » Un conseiller du F.B.I., Patrick Metoyer, a confié au journaliste Dominique Cellura : « Les années 70 ont été celles du crime informatisé. Les années 80, celles du crime terroriste. Les années 90 seront placées sous le signe du crime rituel. »1 2
*
* *
Au cours de cette enquête, j’ai découvert plusieurs de ces « Fous du diable », et parmi eux quelques sages. Cela fait près de dix ans que je me passionne pour l’occultisme et l’ésotérisme. J’ai rencontré des mages, des voyants, des sorcières. Beaucoup de charlatans, mais quelques spécimens authentiques. J’ai assisté à des messes noires, à des évocations de Mammon, Satan ou Lucifer, à des séances de désenvoûtement et à des rituels de retour d’affection. J’ai fréquenté les membres de sectes sataniques ou lucifériennes. J’ai même accepté de servir quelque temps d’assistant à un sorcier3 pour mieux comprendre la façon dont se pratiquaient les rituels de magie blanche, noire ou rouge.
Cette plongée dans le monde magique fut souvent difficile, parfois dangereuse. On ne pénètre pas impunément dans l’infra- monde, et on n’en sort pas indemne. Je ne suis ni un sorcier ni un sataniste ni un idolâtre. Je ne suis pas sujet aux superstitions, et je ne me considère pas comme un gibier à sectes. Pourtant, je dois


1. Association de Défense des Familles et des Individus contre les Sectes, 10, rue du Père Julien-Dhuit, 75020 Paris. Tél. (1) 47 97 96 08.
2. Dominique Cellura, Les Cultes de l’enfer, Spengler, 1993.
3. Il s’agit du sorcier Patrick Guérin.


témoigner ici des bouleversements que mes centres d’intérêts occultes ont provoqué dans ma vie.
J’ai souvent ressenti des moments de grande lassitude, de doute intense, de dépression. J’ai déménagé plusieurs fois en très peu de temps, me sentant incapable de me fixer durablement. J’ai vécu deux années dans un sous-sol aménagé, qui me servait à la fois de chambre et de bureau. Je dormais et je travaillais dans ce local obscur, dans lequel la lumière du soleil ne filtrait jamais. Il m’arrivait de ne pas sortir durant plusieurs jours d’affilée, évoluant en permanence dans cet univers clos et gris qui ressemblait à un purgatoire. J’étais comme recouvert d’un voile noir qui me dissimulait la clarté lumineuse du soleil.
Au contact de certains praticiens de la magie, j’ai ressenti un malaise qui ne disparaissait pas toujours après que je les eus quittés. Des rêves étranges et obsédants ont hanté nombre de mes nuits. Il me semblait, en permanence, être poursuivi par une volonté mystérieuse et hostile. La fréquentation trop assidue des adeptes de la magie avait formé autour de moi un égrégore 1 négatif.
*
* *
Pourtant, je sais qu’aucun sorcier ne m’a envoûté, ni lancé le mauvais oeil. Si l’ange rebelle est entré dans ma vie, ce n’est pas à la suite d’un quelconque rituel ou à cause de la malveillance d’un médium. Je crois que notre vie ici-bas est composée de morts et de renaissances successives, et que nous sommes tous amenés à traverser des phases au cours desquelles nous nous trouvons confrontés à nos enfers intérieurs. Avec la permission de Dieu, l’ange rebelle nous éprouve, nous malmène, provoque notre ruine, suscite en nous des maladies, des accidents, des pertes d’emploi ou des séparations. Soudain, comme Job, voici que tout nous est arraché, famille, amis, santé, travail, richesse, et à force de malheurs nous en venons presque à maudire Dieu. Mais si nous avons le courage de traverser ces enfers jusqu’au bout, nous en sommes


1. Un égrégore est une entité psychique collective créée par un grand nombre d’individus partageant la même croyance.


Ce bonheur se mérite, et a pour nom la joie.
Car aucun voile, si ténébreux soit-il, ne saurait étouffer la claire Lumière que nous portons en nous. Une légende hindoue affirme que les dieux, pour éviter que l’homme ne découvre trop vite la flamme divine qui l’anime, l’ont cachée dans le seul endroit où il n’aurait jamais l’idée d’aller la chercher : son coeur. Aucun voile, aucun diable, aucun sorcier, aucune peur n’éteindront jamais cette flamme du coeur. II suffit de se relier à elle pour accéder à sa patrie véritable, et ne plus rien avoir à craindre du monde. Sans cette protection intime retrouvée, sans cette joie, jamais je n’aurais écrit ce livre.
*
* *
Les « Fous du diable » se réclament de chapelles fort variées, dont les dogmes, les croyances et les rituels se distinguent très nettement les uns des autres. Les satanistes n’ont rien à voir avec les lucifériens, tout comme les assassins psychopathes qui tuent au nom du démon ou pour la conquête des pouvoirs ne doivent pas être assimilés aux amateurs de sensations fortes et d’orgies collectives, aux esthètes versés dans le symbolisme ou aux théologiens s’intéressant à l’histoire des religions. On peut se passionner pour l’archétype de l’ange rebelle sans pour autant dépecer son prochain par amour pour Satan. On peut tenter de réhabiliter le mythe de Lucifer sans signer de son sang un pacte avec le démon. On peut chercher à comprendre les mystères d’ici-bas et de l’au-delà sans y perdre son âme.
Mais, à défaut de son âme, on peut y perdre la raison. Et la vie.

 

L’ange rebelle est un démon

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L’Evangile de Nicodème


Source:  arbredor.com

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Auteur : Anonymes
Ouvrage : L’Evangile de Nicodème
Année : ****

 

 

AVANT-PROPOS

 

Dans tous les poèmes épiques connus, il y a une
descente aux enfers ; c’est un des épisodes obligés
de l’épopée. Ce n’est point par fantaisie qu’Homère
a fait évoquer les ombres par Ulysse ; ce n’est point
par routine que Virgile, après Homère, a fait descendre
Énée aux enfers. Comme il est de la nature
de l’épopée de chanter les choses surnaturelles et
les choses humaines, et de contenir, pour ainsi dire,
dans son sein le ciel et la terre, les poètes épiques,
pour pénétrer les mystères qui sont au-delà de cette
terre, ont conduit leurs héros dans les demeures souterraines.
C’est là qu’ils ont été chercher la révélation
des énigmes de cette vie. Les livres apocryphes
ont aussi leur descente aux enfers ; c’est la descente
de Jésus-Christ dans les limbes, après sa mort sur la
croix, quand il vient délivrer les justes de l’ancienne
loi : grande et belle scène que les peintres ont souvent
représentée et que Klopstock a chantée (1).
Avant de citer cette descente du Christ aux enfers,
que je tire de l’Évangile de Nicodème, je veux chercher
dans Homère et dans Virgile de quelle manière
ces deux grands poètes ont préparé et amené la descente
de leurs héros aux sombres demeures. Une
pareille scène, en effet, a besoin d’être préparée, et
jamais poète épique ne s’est avisé de transporter tout


1 La Messiade, 1748-1768. Traduction française : Mme de Carlowitz,
Paris, 1859, gr. in-18 (nde).


d’un coup et sans préparation ses héros dans l’affreux
royaume des ombres. Il faut que l’imagination du
lecteur s’accoutume peu à peu aux sombres et mystérieuses
idées qui conviennent à une pareille scène ;
il y a là une transition à ménager ; aucun poète n’a
manqué à cette règle oratoire. Voyez Homère dans
son Odyssée. Ulysse veut évoquer l’ombre de Tirésias,
il veut lui demander de lui révéler quelles sont
les aventures auxquelles il est encore réservé. C’est
aux portes des enfers qu’il doit rencontrer l’ombre
du devin. La porte des enfers est placée dans le pays
des Cimmériens, « peuple qui vit enveloppé d’une
profonde nuit, et que jamais le soleil n’a illuminé de
ses rayons, ni quand il monte au sommet des cieux,
ni quand il descend sous la terre ; une nuit profonde
s’étend sur ces mortels épouvantés. C’est là que nous
dirigeâmes, notre course. » Bientôt les sacrifices funéraires
s’accomplissent, et le sang des agneaux noirs
coule sous la main d’Ulysse ; « alors, attirées par le
sang, les ombres des morts arrivent en foule, femmes,
filles, jeunes gens, vieillards longtemps éprouvés
dans la vie, vierges qui pleurent les amours qu’elles
n’ont point eu le temps de goûter, guerriers encore
pleins de blessures des combats et encore couverts de
leurs armes ; ils viennent tous s’entasser, avec des cris
confus, autour de la fosse pleine du sang des agneaux.
La pâleur de l’effroi me saisit à cette vue, dit Ulysse. »
Voilà dans Homère ce que j’appellerais volontiers
le prologue du récit des enfers, prologue triste
et sombre, qui prépare l’imagination du lecteur aux

évocations que va faire Ulysse et aux lamentations
des ombres qu’il doit interroger. Dans Virgile, même
art pour produire une sorte de terreur mystérieuse.
Avant de faire entrer Énée dans les enfers, le poète
invoque les dieux souterrains :
Vos quibus imperitim est animarum, umbæque silentes,
Et Chaos et Phlegeton, loca nocte silentia late,
Sit mihi fas audita loqui, sit numine vestro
Pandere res alta terra et caligine mersas.

Cette permission demandée aux dieux des ombres
de révéler les mystères de leur empire jette dans l’âme
une sorte d’effroi qui la prépare à la vue des prodiges
de l’enfer.
Dans les apocryphes, la descente aux enfers est préparée
avec moins d’habileté oratoire ; le prologue est
plus simple, il a quelque chose de plus vrai ; rien n’y
sent l’artifice du poète. Le sépulcre de Jésus-Christ a
été trouvé vide ; les prêtres et les scribes, assemblés
chez Pilate, s’inquiètent de cette circonstance ; ne
sont-ce pas les soldats préposés à la garde du sépulcre
qui se sont laissé corrompre par les disciples et qui
leur ont laissé enlever le corps de leur maître ? Pendant
qu’ils délibèrent, Joseph d’Arimathie vient
leur annoncer que deux hommes, depuis longtemps
morts, les fils du grand-prêtre Siméon, mort luimême
depuis bien longtemps, Carinus et Leucius, ont
été rencontrés dans Jérusalem avec plusieurs saints
et plusieurs patriarches ressuscités comme eux,
nouveau miracle qui ajoute à la terreur des prêtres.
« Carinus et Leucius, continue Joseph, sont main-

tenant dans la ville d’Arimathie. Faites-les venir, si
vous voulez, et demandez-leur, en les adjurant d’être
sincères, ce qu’ils ont vu et ce qu’ils ont entendu. »
Les prêtres suivent le conseil de Joseph : ils font venir
Leucius et Carinus, qui entrent dans la synagogue,
et alors, ferment les portes du temple. Ainsi, Caïphe
et les prêtres prennent le livre de la loi du Seigneur,
le mettent entre les mains des deux ressuscités, et
les adjurent, par le nom tout puissant d’Adonaï,
par le nom du Dieu d’Israël, de leur dire comment
ils sont ressuscités du milieu des morts. En entendant
cette solennelle adjuration, Carinus et Leucius,
jusque-là resté muets, poussèrent un profond soupir,
levèrent les yeux au ciel, firent le signe de la croix,
puis demandèrent qu’on leur donnât de quoi écrire ce
qu’ils avaient vu et entendu. Et alors, s’asseyant chacun
à une table, ils écrivirent ce qui suit, et, quand
les prêtres comparèrent les deux récits, ils virent avec
admiration qu’il n’y avait pas un mot de plus ni un
mot de moins dans l’un que dans l’autre. »
Il n’y a là ni ombres évoquées par le sang des sacrifices,
ni invocation aux puissances infernales ; mais
comme cette simplicité prépare l’esprit à recevoir le
récit avec confiance ! Ce n’est point la solennité d’un
poème, c’est la gravité d’un procès-verbal ou d’un
témoignage. L’auteur ne cherche point à plaire ou à
émouvoir, il veut être cru. Voyons le récit de Leucius
et de Carinus.
« Nous étions avec tous nos pères placés au fond de
l’abîme, dans l’obscurité des ténèbres, quand tout à

coup brilla à nos yeux, au milieu de cette nuit profonde,
comme un rayon du soleil, et une lumière
de pourpre se répandit sur nous. Alors, l’antique
patriarche du genre humain, Adam, avec tous les
patriarches et les prophètes, tressaillit et s’écria :
« Voilà la clarté qui vient de l’éternelle lumière. » Isaïe
s’écria aussi et dit : « Cette lumière est celle du père
et celle aussi du fils que j’ai prédite quand j’étais sur
la terre des vivants. » Alors Siméon notre père, rempli
de joie : « Glorifiez, dit-il, le fils de Dieu, ce Jésus
que j’ai reçu enfant entre mes bras dans le temple du
Seigneur ; glorifiez le salut préparé au monde. » A ces
paroles, la foule des saints se sentit pénétrée d’une
grande joie. Arriva un homme vêtu comme un anachorète
du désert. « Qui es-tu ? lui demandons-nous.
Je suis, répondit-il, Jean, la voix du Très-Haut, le prophète
qui doit marcher devant la face du Sauveur,
afin de préparer ses voies. Le fils de Dieu va bientôt
entrer au milieu de nous qui sommes assis dans
les ténèbres de la mort. » En entendant ces paroles,
Adam, le premier des patriarches, dit à son fils Seth :
« Raconte à tes fils, aux patriarches et aux prophètes,
tout ce que tu as entendu de l’archange saint Michel,
lorsque je t’ai envoyé aux portes du paradis pour
demander à Dieu un ange qui te donnât de l’huile
de l’arbre de miséricorde, afin d’oindre mon corps,
lorsque je serais malade. » Et Seth, s’approchant,
raconta aux patriarches et aux prophètes : « J’étais à
la porte du paradis, priant le Seigneur, quand l’ange
de Dieu, Michel, m’apparut : — Je suis envoyé vers

toi par le Seigneur, me dit-il, car c’est moi qui suis
chargé de veiller sur l’humanité. Cesse de prier et de
pleurer pour avoir l’huile de l’arbre de miséricorde,
car tu ne pourras en obtenir que dans les derniers des
jours et après l’accomplissement de cinq mille, cinq
cents années. Alors viendra sur la terre le bien-aimé
fils de Dieu, qui sera lui-même baptisé dans le Jourdain,
et il oindra de l’huile de miséricorde tous ceux
qui croiront en son nom (2). A ces paroles de Seth,
tous les patriarches et prophètes s’émurent d’une joie
nouvelle en s’écriant : « Les temps sont accomplis ! »
Je ne m’étonne pas que la peinture italienne ait
souvent reproduit cette scène. Cette lueur qui se lève
sur les tombeaux des patriarches, ces personnages
de l’Ancien Testament avec leur figure et leurs attributs
traditionnels, remplis tous d’une pieuse attente,
quel tableau ! et en même temps quelle admirable
invention épique ! Comme tous les temps se trouvent
réunis et personnifiés dans ce moment suprême !
Chaque patriarche a son caractère : Adam, l’auteur
de la chute, qui voit luire enfin le jour si longtemps
attendu de la rédemption ; Seth, le premier des élus de
Dieu sur la terre, et qui raconte comment il s’entretenait
avec les anges ; le prophète, qui s’applaudit de


2 La légende ajoute que Seth obtint des anges gardiens du
paradis une branche de l’arbre de vie, et qu’il la planta en
terre. Cette branche devint un arbre, dont furent faits ensuite
la verge de Moïse, la verge d’Aaron, le bois qui adoucit les eaux
de Mara dans le désert, la perche au-dessus de laquelle fut
élevé le serpent d’airain, et enfin la croix de Jésus-Christ.


n’avoir pas espéré en vain ; le précurseur, qui marche
toujours devant Jésus dans les enfers comme sur la
terre ; le vieux Siméon enfin, qui reconnaît dans son
libérateur l’enfant qu’il a reçu dans le temple ; tant de
prophéties, tant d’espérances qui vont se vérifier, et
surtout l’accomplissement des temps, ce grave et terrible
mystère qui a pour dénouement le salut de l’humanité,
tout est grand et beau, sublime et touchant.
On se sent à la fois ému et élevé en voyant la piété et
la reconnaissance de tous les patriarches. Dans cette
scène, Dieu et l’homme se rencontrent sans que Dieu
y efface l’homme ; c’est là vraiment le caractère de la
poésie épique.
Pendant que les saints se réjouissaient ainsi, Satan
dit à l’enfer : « Prépare-toi à recevoir ce Jésus qui se
glorifie d’être le fils de Dieu, et qui est un homme craignant
la mort, car je lui ai entendu dire : Mon âme est
triste jusqu’à la mort. » L’enfer, répondant à Satan son
prince, lui dit : « Si c’est un homme craignant la mort,
comment a-t-il pu être si puissant ? car il n’y a pas de
puissance sur la terre qui ne soit soumise à mon pouvoir
et au tien. Prends garde : quand il dit qu’il craint
la mort, il veut te tromper, afin de te saisir de sa main
puissante, et alors malheur à toi dans les siècles des
siècles ! » Satan, prince du Tartare, répondant à l’enfer
: « Pourquoi as-tu peur, dit-il, de recevoir ce Jésus,
mon ennemi et le tien ? Je l’ai tenté, j’ai excité contre
lui les juifs, mon ancien peuple ; j’ai aiguisé la lame
qui l’a frappé ; je lui ai fait boire du fiel et du vinaigre ;
j’ai préparé le bois qui l’a crucifié et les clous qui l’y

ont attaché ; sa mort est proche, et je vais te l’amener
pour être ton esclave et le mien. » L’enfer répondant à
son prince : « Ne m’as-tu pas dit qu’il m’avait arraché
plusieurs morts ? N’est-ce pas lui qui m’a ôté Lazare,
déjà enterré depuis quatre jours et déjà près de la
putréfaction ? N’est-ce pas lui qui l’a ranimé d’un mot
de sa bouche ? — Oui, dit Satan, c’est lui. » Et alors
l’enfer s’écria : « Je t’en conjure, ne me l’amène pas,
car, je m’en souviens, quand j’ai entendu sa parole,
j’ai été frappé d’épouvante. Je sais maintenant quel
est ce Jésus, et, si tu l’amènes ici, il délivrera tous les
morts qui sont enchaînés dans mes cachots, et les
emmènera avec lui au paradis. » Pendant que Satan
et l’enfer se parlaient ainsi, une voix de tonnerre se
fit entendre : « Ouvrez vos portes, ouvrez-vous, portes
de l’éternité, voici le roi de gloire ! » Et l’enfer, parlant
à son prince, s’écria : « Va donc, et, si tu es un si puissant
guerrier, va combattre le roi de gloire ! » Satan
sortit, et l’enfer dit à ses démons : « Fermez les portes,
affermissez-les à l’aide de verrous de fer, raidissezvous
pour les soutenir, car, sans cela, malheur à nous,
nous allons être vaincus ! » La voix retentit de nouveau
: « Ouvrez vos portes ! » Et à ces mots les portes
d’airain furent brisées, et, sous la forme d’un homme,
le maître de majesté et le roi de gloire entra, illuminant
d’une invincible lumière les ténèbres de l’enfer,
et les fers qui enchaînaient les morts tombèrent tout
d’un coup, et nous fûmes délivrés. » Et le roi de gloire,
saisissant Satan, le remit à ses anges en leur disant :
« Enchaînez avec des liens de fer ses mains, ses pieds,

son cou et sa bouche. » Puis, le livrant à l’enfer, dont
il était prince autrefois : « Prends-le, dit-il, et gardele
enchaîné jusqu’au jour de ma seconde apparition. »
L’enfer saisit Satan : « Eh bien ! prince de perdition, tu
t’applaudissais d’avoir crucifié Jésus, et son supplice
a tourné contre nous. Tu sais quels éternels et infinis
tourments tu vas souffrir, aujourd’hui que tu es
tombé en ma puissance ! »
C’est ainsi que l’enfer parlait à son prince, et Jésus,
prenant Adam par la main, sortit des enfers. Tous les
saints et tous les patriarches suivaient Adam, et, pendant
que ce cortège montait vers le ciel, il chantait
en choeur : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur
! alléluia ! Gloire aux saints dans le cieux ! A
leur entrée, deux vieillards vinrent à leur rencontre.
« Qui êtes-vous, dirent les saints, vous qui n’étiez pas
dans les enfers avec nous ? vous qui avez des corps et
qui êtes placés dans le paradis ? » Et l’un d’eux répondit
: « Je suis Hénoch, qu’une parole du Seigneur a
transporté ici, et celui qui est avec moi est Élie, qui
s’est envolé vers le ciel dans un char de feu. »
Ainsi parlaient Hénoch et Élie avec les élus, lorsque
se présenta à leurs yeux un homme, le visage triste et
abattu, portant une croix sur ses épaules, et les élus,
le voyant, lui dirent : « Qui es-tu, toi qui as le visage
d’un larron et qui portes une croix sur tes épaules ? »
Et l’homme répondit : « Oui, j’étais, comme vous le
dites, un larron et un voleur sur la terre, et c’est pour
cela que les juifs me crucifièrent avec notre Seigneur
Jésus-Christ. Étant sur la croix et voyant les prodiges

qui s’accomplissaient (3), je crus en lui et je lui dis :
Seigneur, ne m’oubliez pas au jour de votre règne.
Et Jésus, répondant, me dit : — En vérité, tu seras
aujourd’hui avec moi dans le paradis. Prends donc ma
croix, et porte-la en paradis, et si l’ange qui en garde
la porte veut t’empêcher d’entrer, dis-lui : C’est Jésus
le crucifié qui m’a envoyé. — Je l’ai dit à l’ange du
paradis, qui alors m’a placé à droite de la porte, en
me disant : — Attends un peu. Bientôt Adam va entrer
avec tous les élus délivrés par le Christ aux enfers.
— Et voilà pourquoi je suis venu à votre rencontre.
— Et alors les élus s’écrièrent tous d’une voix : Grand
est le Seigneur notre Dieu, et grande est sa force et sa
miséricorde ! »
Je ne veux faire qu’une réflexion sur ce récit. Je ne
compare pas avec la descente de Jésus aux enfers la
scène de l’évocation des morts dans l’Odyssée, ou la
prédiction de la grandeur d’Octave qu’Anchise fait
à Énée. Ici, il ne s’agit ni d’un héros, ni d’un empereur,
ni même d’un peuple ; il s’agit du genre humain
tout entier et d’un dieu libérateur. Je ne veux comparer
que la forme des récits, je laisse le fond. Certes,
quand Énée paraît au bord de l’Achéron, quand Caron
aperçoit ce vivant qui a pénétré jusqu’aux sombres
rivages, sa colère et son effroi sont peints avec vivacité.
« Qui es-tu, dit-il, toi qui t’avances couvert de tes
armes jusqu’aux bords de ce fleuve ? Ne va pas plus


3 La légende prétend que ce qui détermina le choix du larron
qui devait se convertir, ce fut l’ombre du corps de Jésus-Christ,
qui, tombant sur l’un d’eux, le pénétra de la grâce divine.


avant, c’est ici l’empire des morts : il m’est défendu de
passer les vivants dans ma barque, et je me repends
encore d’avoir transporté autrefois Hercule, Thésée,
Pirithoüs, quoiqu’ils fussent fils de dieux et invaincus
sur la terre (4). » Mais qu’est-ce que l’épouvante
et la colère du vieux nautonnier du Styx auprès de
ce tumulte de l’enfer, quand Jésus s’approche de ses
portes, auprès de ces reproches que l’enfer adresse à
Satan et de ces insultes dont il aime à outrager son
roi, quand il le sait enchaîné ? Les apocryphes ont, audessus
de Milton (5), le mérite de n’avoir pas fait de
l’enfer un empire calme et paisible, où tout le monde
obéit à l’autorité de Satan : l’idée d’ordre n’est pas
compatible avec l’enfer, et les apocryphes ont été à la
fois plus vrais et plus poétiques, en faisant de l’enfer
le séjour perpétuel de l’anarchie et de la révolte.
J’ai comparé la manière dont Homère et Virgile
conduisaient leurs héros en enfer : je dois dire un mot
de la manière dont ils les font sortir ; car, dans le récit
des choses surnaturelles, il est aussi difficile de finir
que de commencer. Homère ne met guère d’habileté
dans le dénouement de son récit : « Les ombres, dit
Ulysse, s’avançaient en foule et se pressaient pour


4 Quisquis es, armatus qui nostra ad flumina tendis,
Fare age, quid venias : jam istinc et comprime gressum.
Umbrarum hic locus est, Somni, noctisque soporæ :
Corpora viva nefas Stigia vectare carina.
Nec vero Alciden me sum lætatus euntem
Accepisse lacu ; nec Thesea, Pirithoumque :
Diis quanquam geniti atque invicti viribus essent.
5 Paradise Lost et Paradise Regained (nde).


boire le sang avec un murmure confus et épouvantable.
La frayeur s’empara de moi ; je craignis que,
parmi tous ces fantômes, Proserpine ne fît paraître
enfin devant mes yeux l’effroyable visage de Méduse,
et je m’enfuis précipitamment vers mes vaisseaux. »
Virgile finit son récit par un trait d’esprit, et ce
trait d’esprit, qui sent le poète de la cour d’Auguste
et le successeur de Lucrèce, ce trait d’esprit détruit
l’illusion que sa poésie nous avait faite. « Il y a, dit-il,
deux portes du sommeil (6)… » J’entends : deux portes
du sommeil et non de l’enfer. Ce n’est donc point
aux enfers que nous sommes descendus avec Énée ?
ce n’est donc point la Sibylle qui nous y a conduits ?
Nous avons rêvé, voilà tout ; mais encore le rêve que
nous avons fait a-t-il quelque chose de vrai ? Virgile
ne nous laisse pas même cette dernière illusion : la
cour d’Auguste ne croyait pas plus aux rêves qu’aux
enfers. « Il y a deux portes du sommeil : l’une faite de
corne, et c’est par là que sortent les vrais fantômes ;
l’autre faite d’ivoire, et c’est par là que sortent les
songes mensongers ; c’est par cette porte qu’Anchise
fit sortir son fils et la Sibylle. »
Les apocryphes finissent autrement leur récit.
Leucius et Carinus écrivirent encore quelques mots :


6 Sunt geminæ Somni portæ: quarum altera fertur
Cornea, qua veris facilis datur exitus Umbris :
Altera, candenti perfecta nitens elephanto ;
Sed falsa ad coelum mittunt insomnia manes.
His ubi tum natum Anchises unaque Sibyllam
Prosequitur dictis, portaque emittit eburna. (Énéide, liv. vi)


« Voilà, disaient-ils, les divins et sacrés mystères
que nous avons vus et entendus, moi Carinus et moi
Leucius, mais il ne nous est pas permis de révéler
les autres merveilles des cieux. » Et à ces mots, ils
finirent d’écrire ; puis, se transfigurant tout à coup
aux yeux de l’assemblée étonnée, ils disparurent dans
une grande et lointaine lumière.
Saint-Marc Girardin

 

PRÉFACE

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LA THÉORIE DE DARWIN: LE HASARD IMPOSSIBLE


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Auteur: KESKAS MOHAMMED (professeur agrégé de biologie-géologie)

Ouvrage: LA THÉORIE DE DARWIN: LE HASARD IMPOSSIBLE La théorie de l’évolution des êtres vivants analysée par un croyant

 

 

 

NOTE DE L’AUTEUR CONCERNANT LA 2ème ÉDITION

Cet ouvrage en est à sa deuxième édition. J’ai actualisé certaines parties de ce fascicule, notamment le chapitre concernant l’évolution de l’homme car vous vous doutez que les recherches vont bon train sur ce sujet. J’ai aussi rajouté des chapitres pour que vous compreniez mieux cette théorie de Darwin et surtout pour que vous distinguiez bien ses faiblesses. Pour cela, je me suis inspiré d’un certain nombre d’arguments proposés par les non-évolutionnistes comme le docteur Mickaël Denton qui a écrit deux livres très intéressants à ce sujet : « Évolution : une théorie en crise » et « L’évolution a-t-elle uns sens ? » J’ai fait lire la 1ère édition de cet ouvrage à un professeur de biologie non croyant. Je lui ai ensuite demandé ce qu’il en pensait. Il m’avait répondu qu’il n’avait aucune critique à faire sur le contenu scientifique du livre mais plutôt sur l’interprétation que je fais : que c’est Dieu qui a créé les êtres vivants et qui dirige leur évolution. Je lui ai alors demandé : « Avez-vous une autre interprétation à me proposer qui puisse expliquer l’apparition de toutes ces fantastiques adaptations ? » Il m’a dit : « Non ! »… Le Coran dit : « Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais, ce sont les coeurs dans les poitrines qui s’aveuglent » (22/46). J’espère donc que cette deuxième édition plaira à tous les jeunes et moins jeunes en quête de découverte de la vérité. Puisse Dieu m’aider dans ce travail car Dieu est plus savant !

INTRODUCTION

1) Une interrogation instinctive : nos origines

a) Nature, Évolution et Sélection naturelle Depuis tout petit, lorsque je demandais à mes enseignants: «Qui a fait que telle plante soit ainsi ou que tel animal soit ainsi?» on me répondait: «C’est Dame Nature, car la Nature fait bien les choses!» Je m’imaginais alors cette Dame Nature telle une fée qui créait les choses par coups de baguette magique, mais pas au hasard. Non, le monde vivant qui nous entoure est trop bien fait, trop bien harmonisé pour qu’il soit fait au hasard. Ainsi cette Dame Nature était pour moi une Dame d’une intelligence suprême. Puis lorsque je suis entré à la faculté des Sciences, les enseignants ne me disaient plus que c’était la Nature qui faisait les choses. Cela faisait trop enfantin de dire que c’est une dame qui a créé et qui organise la Vie qui nous entoure. On me disait alors c’est l’Évolution. Pourquoi? Car les découvertes ont montré que la Vie qui existe sur terre est sur un même fil évolutif, c’est-à-dire que les espèces vivantes n’apparaissent pas spontanément comme par un coup de baguette magique, mais que chaque espèce est issue de l’évolution d’une espèce précédente, et donc tous les êtres vivants appartiennent à une même famille! Les différences existant entre les êtres vivants seraient dues à l’évolution. Mais comme nous le verrons par la suite, cette personne qu’est l’Évolution est encore plus intelligente que Dame Nature car Madame Évolution transforme les êtres vivants avec une perfection étonnante! Elle leur fait apparaître ou disparaître des structures choisies à des moments choisis de leur histoire! De plus Madame Évolution fait très fort puisqu’elle fait évoluer ensemble les mondes végétal, animal et même géologique! Par exemple: au cours de l’histoire de la terre, après une longue évolution du monde animal et végétal, les plantes à fleurs apparaissent en même temps que les insectes sociaux que sont les abeilles. Les connaisseurs en ce domaine savent très bien l’importance capitale des abeilles dans la pollinisation des plantes à fleurs. En fait, pour être clair, le monde animal et le monde végétal ont dû évoluer en parallèle; si les abeilles n’existaient pas lors de l’apparition des plantes à fleurs, ces dernières auraient disparu de la surface de la terre! De plus Madame Évolution ne travaille pas seule, elle est aidée par sa collègue Madame Sélection Naturelle. Cette gentille Dame, au cours de l’histoire de la Vie, aurait fait pression sur les êtres vivants pour que Madame Évolution puisse les perfectionner sans cesse, pour que l’évolution de la Vie se fasse dans le sens où c’est l’être vivant le mieux adapté au milieu de vie dans lequel il se trouve, qui sera à l’origine d’un futur être vivant encore plus évolué. Tout cela fait bien du monde! Mais pourquoi les scientifiques arrivent-ils aujourd’hui à manier des concepts et des données de haut niveau mais n’ont pas de scrupules à expliquer la merveilleuse complexité de la Vie par une bande de Dames super-intelligentes?!

b) La réponse de Darwin ? Selon Darwin, la vie lorsqu’elle est apparue sur terre n’était pas du tout celle que l’on trouve aujourd’hui. Les êtres vivants au commencement auraient été des êtres primitifs, puis ils se seraient complexifiés et auraient donné naissance à d’autres espèces pour arriver à l’immense diversité des plantes et des animaux que l’on connaît aujourd’hui. Les êtres vivants seraient donc apparus et se seraient développés progressivement par le jeu combiné du hasard et de la sélection naturelle. Je m’explique : selon Darwin, une plante ou un animal aurait donné naissance à un animal doté par hasard d’une particularité absente chez ses parents. Dans certains cas, cette particularité serait devenue un avantage pour cet individu. Sous la pression de la sélection naturelle, ce nouvel individu, étant mieux adapté au milieu environnant, va survivre et être à l’origine d’une nouvelle espèce alors que son ancêtre qui ne possède pas d’adaptation avantageuse va périr. Ceci était une théorie qu’il proposait, il lui fallait donc des preuves, et la plus importante à trouver était les formes intermédiaires. Qu’est-ce que c’est ? Une forme intermédiaire est un être possédant à la fois les caractéristiques de deux êtres. Par exemple, l’archéoptérix est une créature qui possède à la fois des caractères de reptile (écailles, dents…) et d’oiseau (ailes, plumes…). Donc, si comme le suppose Darwin, cette évolution s’était faite par hasard, alors le nombre de ces formes intermédiaires entre tous les êtres ayant existé devrait être immensément grand, et il devrait être facile de retrouver ces multitudes d’êtres chaînons. Plus de cent ans après la publications du livre de Darwin « L’origine des espèces », est-ce que ces preuves ont été trouvées ? Est-ce bien le hasard et la sélection naturelle qui sont à l’origine de tous les êtres vivants ? est-ce que cette théorie peut s’appliquer à l’homme ?

c) La réponse de ce livre «Que doit penser un croyant de cette théorie? Darwin avait-il raison ou tort?…» Ce sont les questions que se posent un grand nombre de jeunes. L’enjeu est capital! Pourquoi? Car dans un premier temps, les scientifiques pensaient que la théorie de Darwin permettait de substituer la science et la Nature à Dieu! Ce livre a pour objectif d’élucider ce point. Pour reprendre brièvement, l’énoncé de la théorie est le suivant: les êtres vivants subissent des mutations accidentelles qui leur font apparaître des caractères nouveaux. Il apparaît alors une multitude d’espèces modifiées par rapport à l’espèce d’origine. La sélection naturelle élimine les espèces désavantagées et il reste parfois une espèce modifiée possédant un avantage sur l’espèce d’origine. Ainsi, graduellement, une espèce subit une chaîne de transformations progressives. Les espèces ont ainsi évolué, c’est-à-dire qu’ils se sont transformés et diversifiés, au cours de l’histoire de la terre, pour adopter des formes et des structures remarquablement choisies, car adaptées à leur milieu de vie, tout ceci dirigé par le hasard. L’homme est le résultat de cette évolution. Cette théorie possède un point d’appui et cinq failles. Nous allons donc traiter ces six points : – Le point d’appui de la théorie de Darwin est la découverte de quelques formes intermédiaires. Nous allons les étudier et nous demander si ce sont des accidents dus au hasard ou des merveilles de la création de Dieu. – La première faille est dans le mécanisme d’apparition de caractères nouveaux. Que sont les mutations et quelles transformations peuvent-elles apporter ? – La deuxième faille est que depuis l’émission de cette théorie en 1859, personne n’a encore découvert la multitude de formes intermédiaires requise pour la prouver. – La troisième faille : lorsque quelques formes intermédiaires ont été trouvées, leur perfection ne laissait aucune chance au hasard. Tous les êtres vivants ou fossiles connus ont une particularité étonnante : ils sont parfaits ! Est-ce là l’effet du hasard ? – La quatrième est qu’elle n’explique pas qui fait évoluer les êtres vivants? Qui les transforme pour qu’ils soient admirablement adaptés à leur milieu de vie, que ce soit sur terre, dans la mer ou dans les airs? Et qui veille à ce que les mondes végétal et animal évoluent en même temps? L’exemple du cheval sera la base de cette analyse. – Enfin, la cinquième faille est que cette théorie bute quant à expliquer l’origine de l’Homme. Nous nous attarderons donc sur ces six points en six chapitres. Mais avant d’attaquer le vif du sujet, je vais faire un bref historique de la théorie de Darwin pour que le lecteur saisisse mieux de quoi il s’agit.

2) Naissance de la théorie de Darwin

a) Darwin remet en cause la Bible Avant de faire son long voyage, Darwin reconnaissait lui même qu’il était un fervent croyant en Dieu et en la Bible. Il avait même fait des études de théologie pour servir l’Église. Dans son livre, il nous le dit en ces termes : « Je n’avais pas alors le moindre doute sur la vérité stricte et littérale de chaque mot de la Bible ». Mais après son départ d’Angleterre en 1831 et durant ses cinq années de traversée du monde, il a été émerveillé devant des phénomènes naturels qui l’ont poussé à voir des contradictions entre la nature et la Bible. À l’époque de Darwin, l’immense majorité des gens, y compris les scientifiques, étaient persuadés que la Bible, et plus particulièrement le livre de la Genèse, révélait l’origine des plantes des animaux et des hommes : chaque espèce a été créée séparément par Dieu, aucune espèce n’a changé depuis l’origine du monde. Au cours de son périple, des foules de questions se pressaient dans la tête de Darwin, notamment devant ce qu’il voyait lorsqu’il explorait le continent sud-américain, comme il nous le raconte lui-même : « Quelle est donc la force qui a réussi à creuser un tel sillon (canyon) dans le paysage (…) ? Qui peut s’empêcher d’être frappé d’étonnement devant la force qui a soulevé ces montagnes (…) ? On reste étonné devant l’intensité de la force créatrice, si on peut employer une telle expression, qui s’est manifestée sur ces petites îles stériles et rocailleuses (l’archipel des Galapagos) ». Il a aussi constaté des ressemblances entre des animaux, comme les pinsons du Galapagos, qui poussaient à penser que de nombreuses espèces à localisation géographique différente auraient un lien de parenté. Toutes ces observations ont abouti à le faire douter de la conception biblique de l’origine des êtres vivants : il ne croyait plus en la théorie de la fixité des espèces. C’est ainsi qu’est née dans son esprit l’idée que les espèces n’étaient pas immuables, mais qu’elles pouvaient évoluer. Concept qui selon lui était en contradiction avec la notion de Dieu créateur ! ?

b) L’erreur faite par Darwin Pourquoi Darwin est-il allé jusqu’à remettre en cause l’action de Dieu sur la nature ? Pourtant le livre de la nature est le livre de Dieu ! L’erreur de Darwin est d’avoir voulu séparer Dieu et la science, comme si Dieu était dans « son monde », et nous, les hommes, dans notre monde avec la science qui explique tout ! Lorsqu’on a la foi en Dieu et que l’on reconnaît la science, que peut-on penser de cette théorie de Darwin ? En réalité, cette théorie de l’évolution de Darwin est en total accord avec la foi en ce qui concerne sa partie descriptive des incroyables phénomènes d’adaptation. Est-ce un blasphème que de dire que les espèces ont pu évoluer, c’est-à-dire se transformer admirablement pour s’adapter avec perfection à leur milieu de vie ? Au contraire, se rendre compte que le Créateur veille au bien-être de ses créatures ne peut qu’augmenter notre admiration pour lui. Mais là où je ne suis pas d’accord ainsi qu’un bon nombre de scientifiques, c’est au niveau des explications proposées par Darwin : l’origine de la vie et de cette fantastique diversité des êtres vivants ne serait que le fruit du hasard ! !

3) Le parcours de la théorie de Darwin

a) Au 19è Siècle La théorie de Darwin a très vite été acceptée après sa publication en 1859 puisque c’était la seule explication non-religieuse proposée et ceci malgré ses faiblesses comme nous allons le voir. Ce n’était plus Dieu qui avait créé et organisé la vie mais le hasard ! Déjà en astronomie, le monde scientifique en avait fini avec les explications religieuses erronées. Les Copernic, Galilée, et bien d’autres avaient réussi à balayer les faux concepts chrétiens relatifs à la terre et à notre système solaire. Il restait donc encore le domaine des sciences de la vie, la biologie, où des théories religieuses illogiques dominaient. Darwin est alors apparu pour beaucoup comme un sauveur qui venait les libérer de l’oppression intellectuelle religieuse. Ainsi, bon nombre de scientifiques, aveuglés par le fait qu’il existait enfin une explication capable de contredire les idées bibliques de la biologie ont accepté cette théorie sans essayer de trouver un terrain d’entente entre les conceptions religieuse et naturaliste de l’histoire de la vie sur terre.

b) Une théorie dédiée à la gloire du hasard Au cours des siècles, les esprits ont évolué : – avant Darwin, les esprits étaient butés car limités à la seule lecture des textes bibliques. – Pendant Darwin, les esprits se sont ouverts à la lecture du livre de la nature qui nous entoure mais ils se sont fermés devant la lecture des textes religieux. – Aujourd’hui, après Darwin, nos esprits doivent s’ouvrir à la fois à la lecture du livre de la nature et du livre de Dieu. Pourquoi ? Car le livre de la nature est un des livres de Dieu. C’est un livre ouvert à tout le monde. Il est universel car quelle que soit la langue que vous parlez, vous pouvez le comprendre. Renier Dieu ou refuser de le reconnaître n’est pas une solution. Se satisfaire à dire que c’est le hasard qui est à l’origine de tout n’est qu’une fuite devant la réalité, c’est donner le pouvoir à une entité supérieure. Cela fait peut-être moins peur de dire que c’est le hasard qui fait tout ? Mais peut-être que « Hasard » n’est qu’un autre nom qu’ils veulent attribuer à Dieu ? On retombe alors sur nos pieds pour revenir sur la case de départ ! Ils pensaient s’éloigner de Dieu avec une théorie qui donnait au hasard une puissance et une intelligence infinies, mais si le hasard n’est autre que Dieu, alors plus d’un siècle de fuite n’a servi à rien ! Ce labyrinthe de l’esprit qu’est cette théorie de l’évolution n’a pour point d’arrivée que son point de départ : Dieu !

En réalité, cette théorie peut avoir deux conséquences extrêmes selon la personne qui l’étudie : – Celui qui veut fuir Dieu trouvera son « bonheur » dans cette théorie, puisqu’au premier degré, c’est une théorie dédiée à la gloire du hasard. – Celui qui veut se rapprocher de Dieu trouvera aussi son bonheur dans cette théorie puisqu’elle démontre de manière fantastique comment Dieu régit la vie sur terre à travers les adaptations phénoménales dont Il a doté les plantes et les animaux. À vous de choisir votre camp ! Mais sachant que derrière le mot « hasard » on veut cacher Dieu, toute personne douée de bon sens saura dans quel camp il vaut mieux se placer. Si Darwin pouvait revenir de là où il est, il nous dirait lui-même quel camp est le meilleur ! Que faut-il garder ou laisser de la théorie de l’évolution? Pour ce qui se base sur des faits d’observation, nous sommes d’accord. Mais il arrive, notamment pour l’explication de l’origine de l’Homme, que les Évolutionnistes (les adeptes de cette théorie) fassent des hypothèses! Comprenons bien que des hypothèses ne sont pas des vérités, mais des propositions de réponses à un problème donné. Ces hypothèses peuvent s’avérer vraies comme elles peuvent s’avérer fausses! Mais là, un grand nombre de personnes tombent dans le piège en croyant fermement que ces hypothèses sont des vérités. Ainsi, à la moitié du 19è siècle, une hypothèse a été émise: l’Homme descend du singe! Aujourd’hui, tous les scientifiques savent très bien que cette hypothèse est fausse, mais elle a pourtant été pendant plus d’un siècle ancrée dans les esprits comme étant une vérité.

I. LES QUELQUES FORMES INTERMÉDIAIRES DÉ-COUVERTES JUSQU’À PRÉSENT:

UN ARGUMENT POUR OU CONTRE LA THÉORIE DE DARWIN?

suite…

le hasard impossible – Mohamed Keskas

Le bien a déjà vaincu


par Lotfi Hadjiat

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Tout jeune, on s’interroge sur le bien et ses mirages, sur ce point je dois dire que je suis resté jeune. Mais évacuons d’emblée tout malentendu, il ne sera pas ici question des Mirage de Serge Dassault, ces avions de chasse qui ont apporté tant de démocratie en Afrique et au Moyen-Orient… Non, il sera question ici de cette certitude que l’on a de connaître le bien, sans pouvoir le définir pour autant, et pour cause, cette notion de bien est tellement relative qu’il y a autant de définition qu’il y a d’individus… Tolstoï, dans la même veine, faisait dire à Anna Karénine, « il y a autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs ».

Vouloir le bien, c’est louable. Agir pour le bien, c’est mieux. Faire le bien, c’est encore mieux. Mais le meilleur consiste à aimer le bien ; on n’aime souvent que notre bien, notre façon de désigner le bien et de le faire, parfois de manière sanglante… D’aucuns me diront que aimer le bien, cela relève de la naïveté, voire de l’idiotie… À ce moment, on pense bien-sûr à L’idiot, le grand roman de Dostoïevski, au fameux prince Mychkine. Après avoir lu L’idiot, Nietzsche envisagea le Christ lui-même comme idiot (Fragments posthumes, 1888, 15 [9]). Folle audace, on n’insulte pas le Christ impunément, en témoigne l’effondrement psychique de Nietzsche à la fin de sa vie, ce fut là son ultime métamorphose : il vécut les dix dernières années de sa vie comme un légume… apothéose de son orgueilleuse volonté de puissance… « Deviens ce que tu es », qui disait Friedrich ; eh bien il devint un légume ! Dieu a décidément beaucoup d’humour.

Mais revenons au bien. « Le bruit fait peu de bien, le bien fait peu de bruit », disait Saint François de Sales ; c’est vrai, voilà pourquoi Dieu est silencieux. Aimer le bien de manière désintéressée, voilà la voie mystique. La voie la plus courte vers l’Éternel. Le bien est souverain et éternel, Platon l’avait déjà compris. Quoique silencieux, le bien est toujours en acte, en actualité, et rien ne peut l’altérer, pas même Erdogan ! Figurez-vous que ce tyran veut maintenant restaurer la peine de mort pour se débarrasser des opposants politiques… ce qui serait drôle c’est qu’il soit assassiné le jour du référendum sur la peine de mort ! Dieu a tellement d’humour, tellement plus que Gaspard Proute.

Aujourd’hui, le bien semble avoir déserté l’humanité (en réalité c’est l’inverse, c’est l’humanité qui a déserté le bien, entraînée par les démons). On cherche le bien comme on chercherait de l’eau en plein Sahara. Et en guise d’eau, on trouve des mirages bruyants. Notre société moderne est envahie de mirages du bien. Le plus grand mirage du bien, le mirage des mirages étant évidemment l’argent. Cet argent tant espéré qui mène souvent au divorce… à la solitude… à la drogue… au suicide. C’est triste, l’espoir, l’espérance n’ont plus qu’une seule direction : le pognon ! Et qui détient le pognon détient aussi les nations, comme dirait un certain Rothschild… Pourquoi l’internationaliste Mélenchon ne nous dit pas quels sont les intérêts privés mondialistes anonymes qui détiennent quasiment toutes les banques centrales du monde ? La réponse est dans la question, les internationalistes sont les idiots utiles des mondialistes. Là pour le coup, on peut parler d’idiots. Internationalisme… mondialisme… double reflet d’un même mirage du bien, entraînant l’humanité vers le gouffre… pour le plus grand profit desdits intérêts privés.

Arrivé à ce point de ma réflexion, je ne suis toujours pas parvenu à définir le bien. Quelle est la bonne définition du bon ?… Quelle est la juste définition du juste ? Quelle est la vraie définition du vrai ? Quelle est la stable définition du stable ? Ou l’invariante définition de l’invariant ?… Le langage est un enfer silencieux. Le bien c’est ce qui nous sort de cet enfer, voilà la définition du bien ! Précisons quand même que le langage est un enfer silencieux chez le philosophe, et un enfer tonitruant à BFMTV, ou chez Laurent Ruquier. Est-ce que le bien vaincra ? J’ai mis longtemps à comprendre que le bien avait déjà vaincu, qu’il est vainqueur depuis toujours, et que ce que nous vivons n’est qu’une contestation de cette victoire, une vaine et sordide rébellion qui remonte à des millénaires…

Source : LLP

Entretien avec Youssef Hindi


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http://www.bvoltaire.fr/youssefhindi/choc-civilisations-fabrique-de-toutes-pieces-nest-faux-nez-dun-choc-ideologique-mondial,209415

 

 

Dans votre livre, « Occident et islam », vous semblez prendre le choc des civilisations à revers. Quelques précisions ?

Avant de prendre à revers le choc des civilisations, j’expose, sur la base de mes recherches historiques, que ce « choc » est en réalité une stratégie élaborée par Salomon Molcho, un kabbaliste – suivant les interprétations rabbiniques et eschatologiques de la Bible – qui, au XVIe siècle, a tenté de lancer l’Église, puis le Saint Empire romain germanique, dans une guerre contre l’Empire ottoman, afin d’expulser ce dernier de Palestine et y reconstruire le royaume d’Israël. Au XXe siècle, en 1957, Bernard Lewis, le maître de Samuel Huntington, « laïcisera » cette stratégie messianique en lui donnant un habillage scientifique pour l’ériger ainsi en théorie.

Ce choc des civilisations fabriqué de toutes pièces n’est, au fond, que le faux nez de ce que j’appelle « un choc idéologique mondial » opposant le monde vétérotestamentaire (le bloc anglo-thalassocratique, ses vassaux anciennement catholiques du Vieux Continent, les pétromonarchies wahhabites et Israël) au reste de l’Humanité.

Si notre société « moderne » a chassé Dieu de la sphère publique, les actuels wahhabites, en résumant l’islam à des codes vestimentaires et des interdits alimentaires, semblent avoir à leur tour chassé le même Dieu de leur propre religion. A-t-on affaire, non pas un islam d’un genre nouveau, mais à une sorte « d’anti-islam » ?

Nous avons affaire, en effet, comme l’a très bien exposé Jean-Michel Vernochet dans son ouvrage Les Égarés, à un « contre-islam ».

Dans le deuxième chapitre de mon ouvrage, je retrace l’histoire du wahhabisme, du réformisme islamique et du réformisme chrétien, en mettant en évidence leurs racines communes : le messianisme antinomique sabbato-frankiste. Issu d’un double mouvement, né au XVIIe et XVIIIe siècle avec les faux messies Sabbataï Tsevi et Jacob Frank (l’un faussement converti à l’islam et l’autre au catholicisme), ce messianisme apocalyptique s’opposant à Dieu et à la loi naturelle, par les conversions massives des sabbatéens à l’islam et des frankistes au catholicisme, va promouvoir l’athéisme au cœur de ces deux mondes via, notamment, des loges maçonniques.

Aujourd’hui, le monde musulman vit dans la phase qu’a connue l’Europe au XIXe siècle : celle de la déchristianisation. C’est dans ce contexte de disparition de la foi et des sciences religieuses (les deux étant liées) que prospère cette religion, sans transcendance ni transcendant, qu’est le wahhabisme.

Vous évoquez à de nombreuses reprises un messianisme sioniste, auquel nous devrions l’actuelle politique suicidaire de l’État hébreu. Cette autre dérive ne serait-elle pas également contre-productive, ne serait-ce que pour les Israéliens au premier chef ?

La thèse principale de mon livre est la suivante : le sionisme n’est pas, contrairement à l’idée répandue, une idéologie athéiste ; il n’est pas non plus né, comme le pensent certains historiens, dans les milieux protestants puritains anglais au XVIIe siècle. Le sionisme est à l’origine un projet messianique, né dans des cercles rabbiniques au Moyen Âge, à partir du XIIIe siècle. Ce projet a mûri et s’est renforcé en se transformant à travers les siècles pour finir, comme un certain nombre d’idéologies modernes au XIXe siècle, par prendre une apparence athéiste.

À l’heure actuelle, l’État d’Israël, qui renoue avec ses racines messianiques, vit une poussée de fièvre qui, en effet, peut mener les Israéliens, mais aussi toute la région et, par suite, les grands blocs politiques, vers une catastrophe. La politique israélienne est, du point de vue d’un esprit rationnel, suicidaire, mais pour les messianistes à la tête de l’État hébreu, elle profitera au projet sioniste qui n’est rien d’autre que la traduction d’un messianisme actif qui vise à hâter à toute force et à tout prix la venue d’un messie qui doit régner sur les ruines des nations.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier



Le Coran, la Bible et l’Orient ancien


 
Auteur : Sfar Mondher
Ouvrage : Le Coran, la Bible et l’Orient ancien
Année : 1998

Cette étude d’anthropologie et d’histoire comparée des religions met au jour pour la première fois les principales institutions du texte fondateur de l’Islam : l’Assemblée divine, le prophète, la royauté, l’épopée, la guerre, le traite, le culte des ancêtres…
Tout en revoyant et affinant la dette de la Bible vis-à-vis de la littérature de l’Orient ancien, ce livre montre l’étonnante continuité idéologique qui existe entre le Coran et le monde mésopotamien ancien. C’est que l’Arabie et la Mésopotamie ont constitue de tous temps une unité aussi bien géographique et historique, que linguistique, religieuse et culturelle.

Introduction

Cet ouvrage voudrait contribuer un tant soit peu à montrer l’importance décisive des religions et de la civilisation orientales anciennes dans la compréhension des religions monothéistes en général et du Livre fondateur de l’Islam en particulier.
Il est temps, en effet, que l’exégèse coranique rejoigne le mouvement de critique historique qui a bouleversé les études bibliques et accueille à son tour en son sein l’énorme matériel culturel et religieux exhumé et mis à notre disposition par des générations de découvreurs de nos ancêtres orientaux.
La contribution de la civilisation du Moyen-Orient ancien à la connaissance de la Bible est, en effet, décisive. Elle ne se limite d’ailleurs pas à vérifier l’historicité de certains de ses récits, mais elle nous donne aussi et surtout un éclairage de premier ordre dans la connaissance de ses institutions, de sa théologie et de sa représentation du monde. L’on ne s’étonne point que cet apport ait suscité aussi des réactions défensives dans certains milieux, qui ne peuvent être insensibles de voir malmener sous leurs yeux le mythe de l’originalité et de la supériorité biblique sur le paganisme antique.
La première alerte sérieuse est donnée en 1872 par l’assyriologue anglais George Smith qui révèle au monde entier, stupéfait,

l’existence d’un récit babylonien du Déluge identique, jusque dans ses détails, au récit biblique. La preuve est ainsi fournie de ce que la Bible est, en partie, une compilation tardive de la mythologie moyen-orientale ancienne. Cette découverte est la première de toute une série d’autres qui se poursuivent jusqu’à nos jours, continuant d’illustrer l’immense dette de la Bible vis-à-vis de l’Orient ancien – particulièrement dans la rédaction de la Genèse et de l’Exode. Nous n’omettrons pas d’y revenir en détail au cours de cette étude.
Désormais, la Bible ne peut plus être tenue pour la parole originale dictée par Dieu en personne. Mais est-ce pour autant que les principes spirituels et théologiques monothéistes aient perdu eux aussi leur virginité biblique ? C’est, en tout cas, dans cette direction que la lutte pour la sauvegarde de l’unicité, de la spécificité et de la supériorité bibliques s’est engagée et se poursuit encore de nos jours. C’est dire que les études contemporaines de la Bible dans ses rapports avec l’Orient ancien restent entachées du péché originel de l’exception biblique. Cette apologie défensive tente de justifier l’originalité de la Bible dans au moins quatre domaines : elle affirme l’unicité de Dieu, sa transcendance, sa dimension spirituelle, et enfin, le principe moral se substituant à la barbarie païenne. Nous montrerons tout au long de ce livre la fragilité de ces thèses. Plus encore, l’engagement de l’historiographie dans cette apologie n’a malheureusement pas peu handicapé le développement scientifique de l’anthropologie religieuse et des études des religions comparées orientales en particulier. Beaucoup reste donc à faire, et pas seulement dans le domaine purement historique.
Le dogme de l’exception et de la discontinuité entre la religion biblique et ses contemporaines païennes a eu aussi une conséquence majeure dans l’historiographie de l’antiquité arabe en général et du Coran en particulier. En effet, les milieux académiques orientalistes ont adopté à leur tour la doctrine de la discontinuité pour l’appliquer dans le domaine arabe. Pour eux, il existe une rupture entre la culture arabe antéislamique et la civilisation mésopotamienne. Cette attitude fait partie, à l’époque coloniale, d’une vision qui veut faire du domaine arabe un sous-produit du monde culturel biblique et relégué en marge des puissantes civilisations antiques. Sans parler du risque pour les défenseurs de l’exception biblique à laisser se développer des

études comparatives du monde arabe qui risqueraient d’infirmer leur thèse conservatrice.
C’est dans un tel climat de luttes idéologiques qu’apparaît, aux tous débuts de notre siècle, le mouvement dit des panbabylonistes dont le porte-drapeau est l’orientaliste allemand Hugo Winckler, auteur d’une Etude d’Histoire culturelle et mythologique du monde arabo-sémitique-oriental 1, parue en 1901. Cette lutte s’est très vite soldée par la victoire du camp des conservateurs. Ce fut l’arrêt de mort de cette discipline comparative des religions qui a tout simplement cessé d’exister en tant que telle dans les recherches académiques. Seules des indications comparatistes avec le Moyen-Orient ancien ont pu continuer à être avancées çà et là par des chercheurs arabisants mais sans jamais déboucher sur la constitution d’une discipline à part entière ou faisant l’objet d’une enquête systématique.
Mais cette lutte ne s’est, en fait, jamais totalement éteinte. En 1940, le célèbre archéologue américain William Foxwell Albright dut engager à nouveau le fer avec les auteurs de certaines tentatives comparatistes qui ont resurgi à cette époque. C’est dans un article intitulé Islam et les Religions de l’Orient ancien 2, qu’Albright dénonça avec véhémence ses adversaires en les qualifiant notamment de « romantiques » rêvant d’un « Orient immuable » 3. Ce célèbre spécialiste des civilisations orientales a même été jusqu’à dénoncer l’existence d’une spécificité orientale, n’y voyant qu’une manifestation « universelle de l’humanité »4. Dans ce véritable manifeste anti-comparatiste, Albright avance deux thèses : celle de la « différenciation radicale (radically different phases) » entre les époques historiques qu’aurait connues, selon lui, le Moyen-Orient durant les cinq derniers millénaires : l’Orient ancien, l’Orient hellénistique et romain et l’Orient musulman. Sa seconde thèse affirme que « l’affinité entre l’Orient ancien et le monde hellénistique

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1 Arabisch-Semitisch-Orientalisch-Kulturgeschichtlich-Mythologische Untersuchungen, Berlin.
2 Islam and the Religions of the Ancient Orient.
3 Albright, Islam, 283.
4 Ibid.

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est réellement moindre que celle entre la culture romano-hellénistique et la culture islamique » 5.
Remarquons ici que ces deux thèses avancées par Albright sont quelque peu contradictoires entre elles : on ne peut, en effet, affirmer qu’il existe une différence radicale entre les époques et reconnaître tout de suite après une étroite affinité entre Islam et hellénisme ! En outre, l’idée d’une « différenciation radicale » – Albright utilise même le terme de « hiatus (gap) » – entre les cultures qui se sont succédées dans le Moyen-Orient, néglige le phénomène d’assimilation que subit nécessairement toute culture conquérante de la part de la culture autochtone. Celle-ci finit, d’ailleurs, souvent par se perpétuer dans sa structure et sa vision du monde, moyennant quelques concessions formelles. Il est étonnant de soutenir que la culture hellénistique ait éliminé la culture antique ou que l’Islam ait éliminé à son tour l’hellénisme : il y a eu à chaque fois assimilation, c’est-à-dire perpétuation d’un substrat culturel et idéologique que nulle conversion religieuse ou domination linguistique ne saurait réduire à néant 6.
Voilà jusqu’où l’historiographie contemporaine a poussé le dogme de la discontinuité culturelle. L’Islamologue Mohammed Arkoun a bien relevé ce qu’il appelle « la rupture de la pensée occidentale avec la pensée religieuse dans ses origines sémitiques » 7, rupture qui s’inscrit dans ce parti pris qu’incarne si bien Albright.
La perception occidentale de la culture arabe illustre bien cette doctrine de la rupture, conduisant à une vision appauvrissante d’une réalité autrement plus complexe et plus riche. Il est inutile d’insister sur l’image réductrice qui est généralement faite des Arabes avant l’Islam. Le nomadisme est considéré comme une forme secondaire dans la civilisation et l’histoire du Moyen-Orient. La presqu’île arabe serait restée en marge des Empires du Proche-Orient ancien. Si l’on

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5 Albright, Islam, 284 ; cf. 300-301.
6 La thèse d’Albright pourrait se justifier à la rigueur dans le domaine proprement musulman, et non coranique, du fait des conquêtes post-prophétiques, alors que l’héritage hellénistique dans la culture anté-islamique est beaucoup plus relatif.
7 Arkoun, Ouvertures sur l’Islam, 128.

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n’omet pas d’indiquer l’origine sémitique des Arabes, leur existence ne remonterait que rarement au-delà des Nabatéens et des Palmyréens au Nord, et des royaumes de l’Arabie du Sud. Tels sont les horizons de l’historiographie officielle, ouvrages de vulgarisation, encyclopédies, etc.
Tout autre est le tableau dès qu’on exhume les études des spécialistes dont les résultats ne franchissent que rarement les enceintes académiques. L’on découvre alors les Arabes jouer dans l’histoire du Moyen-Orient un rôle dominant, voire fondamental. L’on débat, en effet, pour savoir si ce sont les Arabes qui sont à l’origine des Sémites, ou si c’est le contraire. Les historiens penchent ici plutôt du côté de la thèse sur l’origine mésopotamienne des Sémites. Cette dernière thèse a été soutenue par le comparatiste Ignazio Guidi qui croit à leur dissémination à partir de la basse Mésopotamie vers l’Arabie, l’Assyrie, la Syrie et la Palestine 8. Quoiqu’il en soit des origines géographiques des premiers nomades, un fait est certain : ces Arabes ont joué dès la plus haute antiquité un rôle majeur dans le peuplement de la Mésopotamie, comme l’ont établies les études de Jean-Robert Kupper sur Les Nomades en Mésopotamie au temps des rois de Mari 9, de Pierre Briant sur Etat et pasteurs au Moyen-Orient ancien 10, et de René Dussaud sur La pénétration des Arabes en Syrie avant l’Islam 11, où ce dernier montre que des tribus arabes sédentarisées occupaient les embouchures de l’Euphrate et du Tigre dès le début du IVe millénaire avant notre ère 12. À l’origine, le qualificatif d’arabe s’appliquait à un domaine géographique, celui de la contrée de la Araba, mais la débordant aussitôt pour désigner le nomade en général, alors que le sémite s’applique à un groupe ethnique et linguistique 13.

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8 Fahd, La Divination, 8 ; cf. son excellent résumé historiographique sur cette question p. 1-14.
9 Thèse, Liège, 1956.
10 Paris, 1982.
11 Paris, 1955.
12 Fahd, Divination, 7, n° 2.
13 Ibid., 7.

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La réduction des Arabes/nomades à une entité antithétique des sédentaires appartenant aux grandes civilisations moyen-orientales, est une vue de l’esprit, anachronique et simpliste, ignorant la véritable dynamique de l’histoire moyen-orientale. Les vagues successives des nomades sémites du désert arabo-syrien qui envahirent les grands centres de fixation urbaine du croissant fertile sont les Accadiens au IIIème millénaire, les Amorrhéens à la première moitié du IIème millénaire, les Araméens au XIIème siècle dont la langue devint internationale, et pratiquée de nos jours. Enfin, l’on assista à une dernière grande vague des habitants du désert avec les conquêtes musulmanes.
Cette dynamique de sédentarisation ne doit cependant pas cacher un mouvement inverse qui jette régulièrement des populations entières sur les routes de l’exode à la suite des guerres endémiques, des déportations en masse ou des changements climatiques. Ces mouvements constituent la loi de l’évolution historique de tout le Moyen-Orient et non ses accidents et deviennent le mode majeur de la vie politique et sociale de ses habitants. C’est cette dynamique qui a créé une osmose active des modes de vie nomade et sédentaire, qui fait peut-être l’originalité de la culture sémitique et arabe, comme l’a si bien résumé le comparatiste Hugo Winckler en affirmant que « la culture arabe appartient totalement au domaine des cultures de l’Asie antérieure ; il s’agit là d’un organe corporel dont la circulation sanguine se trouve commandée par l’ensemble de l’organisme. Le développement d’un tel membre ne peut se faire sans une influence des autres. De même, toute vue, faisant fi de cette constatation, demeure incomplète et mène à des conceptions erronées. Ainsi, l’évolution de la culture arabe se laisse reconnaître, dans son conditionnement, par les diverses destinées des grandes cultures environnantes » 14.
Ce serait donc une vision simpliste que de considérer les Arabes appelés par Muhammad à se convertir à l’Islam comme culturellement arriérés. En réalité, ils ont hérité de leurs ancêtres directs, les Mésopotamiens et les Sémites occidentaux, une vie religieuse, culturelle et politique complexe et dynamique. Non seulement ils

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14 Cité in Fahd, La Divination, 11.

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n’ont jamais cessé d’intégrer en leur sein des populations venues des grands centres urbains, ils étaient aussi, de par leur genre de vie, des partenaires incontournables dans les échanges économiques, dans le commerce international et dans la guerre. On le voit par exemple lors d’une guerre livrée par le roi assyrien Salmanazar III en 853 à Qarqar en Syrie contre les rois de Hama et de Damas, où un roi arabe du nom de Gindibu livra 1000 dromadaires au souverain mésopotamien. Ce fut la première mention connue des Arabes sous cette appellation dans les Annales assyriennes. D’autres chefs arabes y sont signalés comme Zabibê, la reine arabe de Syrie. Le souverain néo-assyrien Tiglat-Phalazar III (744-727) immortalisa ses campagnes militaires contre les Arabes en en illustrant quelques scènes sur les bas-reliefs de son palais de Nimrud. Ce même souverain reçut, par ailleurs, des cadeaux de la part de Samsi, « reine des Arabes ». Un roi arabe du nom de Haza’el subit une expédition punitive de la part de l’Assyrien Sennachérib (704-681), fils de Sargon II (721-705), pour avoir aidé les Babyloniens lors de la guerre de 689 15. Les annales d’Assarhaddon (680-669) précisent que son père Sennachérib prit en butin les dieux de ce roi arabe dont les noms d’alors de déclinent en Dai, Nuhai, Ruldaiu, Aribillu, Atarquruma 16.
L’on voit même Nabuchodonosor II (604-562) prétendre, dans ses Annales, avoir envoyé en 599 « son armée dans le désert piller les possessions, animaux et dieux de nombreux Arabes » 17. Bref, un roi sédentaire razzier des Nomades…
En outre, un peuplement arabe a été mentionné par les sources classiques dans les vallées de l’Euphrate et du Tigre et combattu en tant que tel par les armées d’Assur. Briant insiste ici sur « la continuité » existante entre les Arabes scènites rencontrés par Strabon sur l’Euphrate et « les Urbi (Arabes) de Babylonie » 18.
Il faudrait signaler ici le rôle exceptionnel joué par la ville arabe de Taymâ comme centre routier reliant la Mésopotamie, la Syrie et

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15 Briant, Etat, 117-119.
16 Briquel-Chatonnet, Les Arabes, 38.
17 Cité in Roux, La Mésopotamie, 322.
18 Briant, Etat, 122.

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l’Arabie du Sud. Taymâ se situe à 1000 km de Babylone comme de Damas ou, au Sud, de La Mecque. Elle est mentionnée pour la première fois sous le règne de Teghlath-Phalazar III (744-727) qui lui imposa un tribut. Mais il faudrait attendre encore un peu moins de deux siècles pour voir cette oasis arabe se hisser au rang de capitale babylonienne sous le règne du roi néo-babylonien Nabonide (556-539) qui y séjourna une dizaine d’années, et y construisit un palais aussi prestigieux que celui de Babylone 19. Taymâ devint alors la capitale de l’Arabie, soumettant des oasis aussi lointaines que Yathrib/Médine distante de 436 km 20. Notre documentation affirme que Nabonide a séjourné dans cette dernière oasis, donc plus de onze siècles avant que Muhammad ne s’y installe à son tour, et n’en fasse lui aussi la capitale de l’Arabie centrale. Parmi les populations que Nabonide emmena avec lui en Arabie, lors de cette conquête, se trouvent des Juifs captifs. Nous retrouvons ces derniers déportés du temps de Muhammad, dans les mêmes oasis anciennement conquises par Nabonide, comme à Khaybar et à Yathrib 21.
Ces données, on le voit, sont d’une importance première pour l’histoire religieuse et culturelle de l’Arabie centrale. Rappelons aussi à cet égard que Nabonide adora, au grand dam des prêtres babyloniens, le dieu-lune Sîn, dont le temple se trouve à Harran. Or, Sîn correspond au dieu ouest-sémitique ‘Il, dieu lunaire ayant pour parèdre ‘Ilat. Le dieu de Nabonide n’est ainsi rien d’autre que l’ancêtre du dieu souverain mecquois Allah…
Cet épisode nabonidien montre bien que les Arabes du désert n’ont de fait jamais perdu le contact avec les civilisations urbaines de l’Orient ancien que ce soit sous l’effet de la guerre ou par le truchement du commerce. Mais le lien le plus solide et le plus déterminant qu’ils gardent avec l’ancienne civilisation moyen-orientale, c’est incontestablement la langue. L’Accadien, la langue des sémites mésopotamiens est pratiquement pour la langue arabe ce qu’est le Latin pour le Français : la langue-mère. Pourtant, cette donnée de base dans la culture arabe a été totalement ignorée par les

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19 Beaulieu, The Reign of Nabonidus, 171 & 174.
20 Rashîd, Einige Denkmäler, 156.
21 Beaulieu, The Reign of Nabonidus, 174.

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lexicographes arabes qui ont fait de leur langue un phénomène originaire. Ils ont été jusqu’à ignorer les autres langues sémitiques comme l’Araméen ou l’Hébreu.
La lexicologie arabe ignore donc jusqu’à ce jour les langues sémitiques, réduisant la philologie arabe à l’état véritablement anhistorique. C’est d’ailleurs la doctrine soutenue par Ernest Renan qui voit dans la langue arabe un cas unique « d’un idiome entrant dans le monde sans état archaïque, sans degrés intermédiaires ni tâtonnements » 22. Edouard Dhorme a fait justice d’une telle affirmation en montrant « la fidélité de la langue arabe à maintenir la structure archaïque des parlers sémitiques » 23. Cela est frappant non seulement pour ce qui est de l’alphabet, mais aussi de la grammaire où « l’arabe littéral n’a pas créé sa grammaire de toutes pièces, comme le supposait Renan, mais qu’il a hérité d’un système déjà parfait au temps de la première dynatie babylonienne, comme le prouve en particulier la langue du code de Hammourabi » 24. Dhorme le démontre avec la gamme des dix formes verbales, la déclinaison du nom, le duel et le pluriel, qui se retrouvent aussi bien dans l’arabe classique que dans les inscriptions cunéiformes de la première dynastie babylonienne 25. Ce n’est d’ailleurs pas la langue seule qui unit si intimement la civilisation arabe ancienne à sa devancière babylonienne 26, il faut citer aussi la littérature et la poésie arabe.

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22 Histoire Générale des Langues Sémitiques, cité in Dhorme, L’Arabe, 8.
23 Dhorme, L’Arabe, 10.
24 Ibid.
25 Ibid., 11-12.
26 Dhorme explique comment l’arabe littéral, contrairement à l’hébreu biblique, a « maintenu la structure archaïque des parlers sémitiques […] Ce qui facilite la comparaison entre la babylonien ancien et l’arabe littéral, c’est que les grammairiens qui ont doté l’alphabet arabe de signes vocaliques n’ont pas cherché à reproduire la prononciation vulgaire, mais ce qu’on peut appeler la lecture savante. Ils se différenciaient en cela des Massorètes qui, dans la vocalisation celle qui avait cours dans la prière en commun, dans les offices liturgiques, dans les discussions de la synagogue. C’était le parler populaire, avec la multiplication de ses voyelles dialectales. D’où le contraste entre l’arabe et l’hébreu, quand il s’agit de remonter aux origines. De même que l’arabe, contrairement à l’hébreu, a préservé les consonnes primitives, de même, sous sa forme littéraire, il est resté fidèle à l’usage des voyelles attesté par l’écriture des scribes de l’époque hammourabienne. » (Ibid., 10-11.) La

question que pose alors Dhorme : « Par quelle voie écrite ou orale cette tradition [des scribes du cunéiforme] est-elle parvenue jusqu’aux premiers artisans de l’arabe littéral, c’est là une question pour laquelle nous n’avons pas les éléments de réponse objective. » (Ibid., 15.)

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Celle-ci demeure jusqu’à nos jours une énigme puisque tenue à l’écart de l’énorme matériel littéraire, notamment mythologique que nous ont légué nos si proches ancêtres mésopotamiens
En fait, le matériel archéologique oriental récemment exhumé contient la clé d’une grande partie des énigmes, non seulement de la Bible, ce qui a été déjà largement attesté, mais aussi du Coran, ce qui reste à faire, et c’est ce que nous tenterons de montrer dans cette étude. Mais c’est dans le domaine des institutions idéologiques arabes que l’apport de l’Orient ancien sera décisif, nous permettant de mieux les identifier, et de réduire par la même leurs obscurités et d’apporter des solutions aux multiples difficultés qu’elles nous opposent jusqu’ici.
Pour pouvoir définir les institutions du Coran à la lumière de celles des religions du Moyen-Orient ancien, il faudrait peut-être fournir ici au lecteur non initié au monde sémitique quelques repères indispensables à la compréhension de la vision du monde de nos ancêtres orientaux.
Si l’on doit résumer en un mot le centre d’intérêt et la problématique qui ont préoccupé l’homme oriental et qui sont à l’origine de toutes ses institutions, nous dirons que c’est le pouvoir politique. Le pouvoir et la domination sont en effet les véritables centres d’intérêt qui ont façonné l’idéologie des Sémites.
Cette place centrale du pouvoir – et du pouvoir de domination en particulier – font qu’ils sont devenus la source et le contenu de la sacralité. Le pouvoir est hissé jusqu’à l’ordre du sacré. Dieu devient alors le détenteur par excellence du pouvoir. Et c’est pour cette raison que le titre royal échoit automatiquement à Dieu.
L’explication anthropologique la plus probable de cette idéologie du sacré serait à chercher dans le culte des ancêtres qui a pris de fait

une grande place dans la religion sémitique fondée sur le patriarcat. Le père décédé ne cesse pas pour autant d’exercer ses pouvoirs au sein de sa famille ; bien au contraire, il les accroît. Du fait de son accès au monde infernal, ses pouvoirs s’étendent aux forces cosmiques et régénératrices du milieu naturel, reproductif et social de sa famille. Avec le temps, et l’évolution de l’organisation sociale, ce pouvoir des pères décédés s’est exercé à l’échelle de la tribu puis de la cité.
Ainsi, les pouvoirs surnaturels du patriarche procèdent de son pouvoir de domination. Et c’est ainsi que la sacralité s’est installée au coeur même du pouvoir politique. D’un autre côté, le culte des morts, qui est lié au culte des pères, apparaît comme des plus vieilles institutions et les plus présentes dans la civilisation et la religion moyen-orientales. Ce culte n’a d’ailleurs pas perdu de sa vitalité avec les religions monothéistes. Celles-ci l’ont même placé au coeur de leurs mythes fondateurs, comme l’illustre la Pâque biblique. Nous y reviendrons.
Ce processus de sacralisation du pouvoir politique s’achève avec l’invention de l’institution royale qui fut, dans une première étape, une prérogative exclusive des dieux ; puis, elle « descendit » sur terre pour être partagée avec leurs représentants. C’est là une étape fondamentale dans ce processus où le divin ne cesse de se confondre avec la royauté. Nous pourrions considérer que ce stade de l’évolution des institutions orientales marqué par la descente de la royauté sur terre comme celui de la maturité. Il nous donne la clé du système idéologique oriental dont nous sommes les héritiers.
L’enracinement politique du religieux dans l’aire moyen-orientale fait que la seule sacralité qu’elle connaît n’est plus la part du mystère de l’existence humaine, de la quête du sens de la vie, de l’apparence et de l’essence des choses. Elle est seulement réduite à une simple organisation du monde, à une hiérarchie. En ce sens, la société orientale a évacué le problème existentiel de ses préoccupations pour se tourner exclusivement vers la gestion du pouvoir politico-cosmique.

L’on hésite en effet à qualifier de religieux ce monde où le religieux inonde la totalité de l’existence matérielle humaine. Le Ciel et la Terre ne constituent pas deux sphères opposées ou discontinues

dont le mode de communication serait la préoccupation des humains. Dans la représentation orientale du monde, Ciel et Terre sont d’un seul tenant : un seul monde, une seule géographie, une seule physique, une seule carte, et gérés par un même souverain royal. Dans cette totalité, le pouvoir politique échoit naturellement à son chef unique, Dieu. Celui-ci dispose de ce fait des pleins pouvoirs, de pouvoirs illimités qui en font un Souverain absolu. La sacralisation du pouvoir se superpose alors à la relation de domination. Dans un monde où le Ciel est en continuité avec la Terre, les habitants du Ciel sont aussi des humains, dont la divinisation est due seulement aux pouvoirs qu’ils détiennent sur les humains terrestres. Cette nature du divin implique en fait une conséquence majeure : la dignité humaine devient le monopole du divin, de sorte que les humains terrestres perdent de ce fait leur nature humaine pour s’assimiler à des êtres inférieurs à la condition et à la nature humaines. En somme, ce système réduit l’humanité à des sous-hommes, des êtres inférieurs, impotents, ignorants, indignes et non libres. Bref, le divin prend la place de l’homme, et l’homme se marginalise, se confine à une situation inférieure, quasi-animale.

Dans ces conditions, le culte religieux a pour fonction de
manifester l’acceptation de la condition servile de l’homme et le renouvellement permanent de l’engagement de ce dernier au service du Maître divin. Le culte est placé du côté de l’homme sous le signe de la soumission et de la crainte, et du côté du Maître divin sous le signe de l’orgueil, de la terreur, et de la domination.

Dire dans ces conditions que la religion orientale imprègne toutes les
sphères de l’existence humaine, cela ne serait qu’un aspect unilatéral des choses, et une formulation, somme toute, inadéquate. Car, ce qui pose problème, ce n’est pas l’immixtion du religieux dans la sphère du monde profane, mais bien plutôt le phénomène inverse : la politisation du religieux, doublée de son anthropomorphisation. Dieu apparaît comme l’Homme par excellence, en assumant des fonctions politiques de gouvernement, d’organisation et de gestion des affaires profanes du monde d’ici-bas. Il y a humanisation du divin, et, par conséquent, sous-humanisation des hommes. Ceux-ci se voient dépossédés de la gestion de leurs affaires au profit d’une humanité divinisée qui cohabite avec eux. Ce n’est pas Dieu – ou une entité

abstraite – que l’on aurait revêtu des attributs humains, mais c’est un Homme que l’on a divinisé en sous-humanisant l’humanité. Précisément, ce qui confère la qualité divine à cet Homme divinisé, ce n’est pas seulement son exercice des pouvoirs propres à une humanité dans toute sa plénitude, mais aussi son exercice de la domination, de la pure volonté de puissance. Le critère du divin est aussi bien la puissance que la domination.
Cette représentation du divin va culminer avec l’institution royale, qui
est la forme de consécration de ce rapport de force. Le divin n’est pas un genre différent du genre humain, mais une caste ou une classe d’êtres humains ayant souvent une double résidence céleste et terrestre, et monopolisant les pouvoirs du monde. De même, les humains forment essentiellement la caste ou la classe de la servitude, entièrement voués au service de la caste divine, et créés d’ailleurs à cet effet. Cette destination humaine est clairement exprimée dans les mythes mésopotamiens comme dans la Bible ou le Coran où la qualité humaine est confondue avec celle de la servitude. L’homme est essentiellement un ‘abd, qui signifie Serviteur ou Esclave voué et destiné entièrement à Dieu.
Cette anthropologie définissant les relations des protagonistes du
drame de l’histoire du monde a fait de la royauté l’institution idéale pour exprimer ce rapport de forces. La royauté devient le modèle structurel de la religion orientale. Dieu apparaît sous la figure d’un Souverain royal.
La continuité, ainsi comprise, entre dieu et l’homme, entre Ciel et Terre, se prolonge, pour ainsi dire, avec une continuité entre les différentes religions qui se sont succédées au Moyen-Orient depuis la plus lointaine antiquité jusqu’à nos jours. La lutte opposant le monothéisme au polythéisme au nom de la transcendance contre l’idolâtrie et de la spiritualité contre l’anthropomophisme, s’avère elle-même en parfaite continuité avec les luttes religieuses inter-païennes. C’est une lutte qui appartient en propre au genre de la polémique inter-religieuse. Il n’est pas inintéressant de les retrouver utilisées aussi dans les polémiques opposant entre elles les religions dites du Livre. L’étude anthropologique du Coran que nous allons entreprendre ici montrera la vanité de telles polémiques, en expliquant

à quel point la continuité entre l’idéologie arabo-mésopotamienne et l’idéologie biblico-coranique sont solidaires et forment une étonnante unité.
Pour mettre à jour les institutions coraniques les plus significatives, nous
allons définir dans un premier temps la structure de l’institution royale où la guerre joue un rôle majeur. Cette structure nous permet de suivre dans un second temps la trame de l’apocalypse coranique ou, pour reprendre un terme de l’historiographie mésopotamienne, du mythe de la création du monde et de sa finalité. Ce qui nous permet déjà de faire le point, dans un troisième temps, sur la question du polythéisme au sein même du monothéisme, et inversement, l’inspiration monothéiste de l’idéologie orientale. Cela nous prépare suffisamment pour aborder l’institution prophétique, ses liens avec la société ancienne et son contenu historique. La cinquième étape sera consacrée à une autre institution fondamentale dans la religion orientale : le traité de vassalité et la façon dont il prend forme dans le Coran. En guise de conclusion à ce tour d’horizon des principales institutions coraniques, nous démontrons qu’il existe une véritable impasse inhérente à la conception du prophétat limité à la personne du prophète. Le Coran a-t-il prévu un avenir à la théocratie au-delà de la mort du Prophète ? Autrement dit, Dieu a-t-il pris le risque de s’éclipser en déclarant close la chaîne des prophètes ? Les trois derniers chapitres seront des monographies qui compléteront les développements antérieurs. Nous feront le point sur l’ascension céleste mentionnée dans le Coran et attribuée jusqu’ici à Muhammad. Nous verrons que le Coran est, à cet égard, d’un tout autre avis. Puis, nous donnons des précisions sur la personnalité particulière d’Allah à la lumière de celle de Nergal, une des divinités principales du panthéon mésopotamien. Enfin, nous verrons comment la religion coranique et même islamique a une dette incontournable vis-à-vis du manichéisme.
L’étude que nous proposons au lecteur s’inscrit sous le signe de
l’archéologie et ce dans deux sens. Il s’agit bien entendu d’exploiter pour la première fois les données archéologiques que nous ont livrées les anciennes cités mésopotamiennes. Il s’agit aussi d’exploiter la Bible qui sera mise à contribution non pas parce qu’elle prend une place prépondérante dans le discours coranique, mais parce qu’elle

éclaire les religions contemporaines de sa rédaction. En outre, l’importante littérature biblique dite apocryphe connue par Muhammad nous permettra d’éclairer des passages obscurs du Coran et de préciser sa pensée. Mais, on l’a compris, le véritable travail anthropologique que nous allons entreprendre consiste à reconstituer les différentes institutions qui existent de manière implicite ou inconsciente dans le Coran. Pour les identifier et les mettre en évidence, nous allons faire appel à leurs véritables prototypes que sont les institutions propres à la civilisation orientale ancienne. L’énorme matériel littéraire et cultuel de nos ancêtres mésopotamiens, mis à notre disposition durant notre siècle, est une chance inespérée et inestimable pour projeter sur la culture arabe et coranique un éclairage inédit, insoupçonné et parfois renversant…
Notre traduction des citations coraniques s’inspire en partie de
celle de Régis Bachère. Les numéros des versets correspondant aux citations coraniques sont indiqués entre parenthèses dans le texte, précédés du numéro du chapitre. La Bible, référencée elle aussi dans le texte, est citée selon la traduction oecuménique (TOB).

Le système de translittération adopté dans cet ouvrage a cherché la
simplicité. Nous avons utilisé en priorité la forme française des noms propres et des noms communs connus. Pour le reste, nous avons adopté le système suivant 27 pour les lettres arabes ayant des sons qui n’existent pas en français ou ayant une double articulation : d : interdentale spirante sonore vélarisée, ou dâd, ayant la même valeur que le zâ’ (z) ; dh : spirante interdentale, comme le th anglais dans this ; gh : r grasseyé ; h : h aspiré ; kh : vélaire spirante sourde, comme le ch allemand dans buch ; q : occlusive glottale ; r : fortement roulé ; sh : comme dans cheval ; s : s emphatique ; t : t emphatique ; th : comme dans thing anglais ; u : se prononce ou ; w : comme dans ouate ; y : comme dans payer ; z : zâ’ emphatique ; c : signe rendant la fricative laryngale nommée cayn ; ‘ : attaque vocalique forte comme dans assez ! (hamza). Les voyelles longues portent un accent circonflexe.

S’agissant d’un essai, nous n’avons pas cru utile de donner des indications bibliographiques autres que les références utilisées dans cet ouvrage 28.

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27 Blachère, Éléments, 8-9.

28 Les abréviations utilisées dans les références bibliographiques correspondent, dans l’ordre, au nom de l’auteur, suivi des premiers mots du titre, puis du numéro de page.

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La théologie royale trinitaire

suite…

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Jean XXIII & Vatican II sous les feux de la Pentecote luciférienne



Auteurs : Demoiselles Lebaindre et Grandjean (José Michaël – Phazaël – Yaël de Sainte Marie – Georges Lacordelle)
Ouvrage : Jean XXIII & Vatican II sous les feux de la Pentecote luciférienne
Année : 1985

« Le plus terrible châtiment du péché en cette vie,
est lorsque Dieu permet que le pécheur tombe en beaucoup d’autres désordres,
en lui retirant les grâces spéciales que l’on appelle de préservation ».
Dupont, L. I, méd. 18, § II, 2°.

Écrit en janvier 1985, par les demoiselles Lebaindre et Grandjean1, ce texte, malheureusement, n’a circulé que
dans un milieu restreint. Depuis, la réflexion sur l’événement du Concile a beaucoup avancé et de nombreux documents
nous ont permis de mieux comprendre ce qui s’est passé. Monseigneur Tissier de Maillerais, dans son discours
fameux des ordinations du 27 juin 2002 à Ecône, a le mieux synthétisé l’affaire du Concile :
une secte gnostique a éclipsé l’Église, usurpant tout, pour imposer une nouvelle religion.
Oui, il s’est passé quelque chose de très très grave au début du Concile. Et comme ce document l’explique et le
prouve, Dieu a permis par une juste justice que tous soient aveuglés. Vatican II est un châtiment, châtiment des
péchés des clercs qui, depuis la mort de saint Pie X, ne croyaient plus au démon, ne savaient plus ses projets, ne
combattaient plus ses troupes, ne veillaient plus, laissaient l’erreur tout envahir, édulcoraient la vérité, dormant
paisiblement pendant que les ennemis investissaient la maison. La conséquence fut terrible : Dieu permit que TOUS
apostasient et une hiérarchie parallèle gnostique imposa son pouvoir avec insolence, violence, détruisant tout.
Ils étaient docteurs en Vérité, ils connaissaient la vérité, ils l’avaient enseignée, et pourtant !
Comment tombèrent-ils dans les pièges sataniques de la liberté religieuse, de l’oecuménisme, du ralliement au
monde, de la destruction des sacrements, des catéchismes, du droit canon, de l’inversion de la grille amis-ennemis,
etc. etc. ?
Allant contre la vérité connue, ils firent le péché irrémissible contre le Saint-Esprit et depuis, après avoir fait
le pire des blasphèmes contre le premier commandement, après avoir fait de nombreux péchés mortels contre la
Foi, ils ne sont plus en état de grâce, ils vivent en état de péché mortel, sans même la volonté et encore moins
quarante ans après, la possibilité d’en être absous. Abandonnés de Dieu qui leur a retiré les grâces spéciales de
préservation, ils sont comme des astres morts errants.
En relisant le vénérable Holzhauser, on voit que tout fut annoncé : les péchés méritant le châtiment, le châtiment
lui-même, et la sentence : « tu as le nom de vivant, mais tu es mort ».
Pour nous aujourd’hui ce texte est une leçon, car l’analyse du travail satanique des Illuminati, dont les résultats
sont palpables, indiscutables, nous permet de comprendre que le même plan ennemi recommence dans les milieux
de la Tradition.
Des hiérarchies parallèles, liées à des groupes lucifériens, des travaux occultes, un manque de surveillance et de
sanction contre les esprits faux, leur promotion à des postes clefs, attaquent la vérité connue, ruinent la Foi, détruisent
de l’intérieur les familles qui voudraient garder la Foi, et ont déjà engendré l’apostasie de beaucoup. Les
ralliés sont presque tous d’anciens fidèles de la Tradition.
Le dernier livre de l’abbé Célier2, l’Arsène Lupin de la tradition, qui sous le pseudonyme de Paul Sernine attaque
la vérité connue, est une moquerie de la gnose, pour mieux laisser les gnostiques faire leur travail de sape. La publication
de ce livre, sous l’oeil bienveillant de ses supérieurs, démontre à tous leur incompétence, leur léthargie, leur
manque de courage ; ne nous étonnons pas si demain un châtiment terrible arrive.
Professeur de philosophie au cours scandaleux connu par Le Dieu mortel, livre qui aurait mérité le pilon, il fit
pire depuis. Pendant dix ans comme directeur de la revue Fideliter et des éditions Clovis, il ne cita jamais les auteurs
antilibéraux, n’en diffusa aucun, et au contraire se lia à ceux qui les combattaient. Au lieu de former de vrais
chrétiens, de les armer pour la défense de leur Foi, il les déforme par des articles inutiles ou insignifiants. Avec
son ami de Tanouarn, de quel camp sont-il ? Pour qui travaillent-il ?
Nihil novi sub sole. On ne se moque pas de Dieu. Très sainte Vierge Marie, protégez-nous de ces menteurs, de
ces pervers, de ces hypocrites, de ces blasphémateurs, de ces mercenaires de Satan. Nous les craignons plus, eux
qui tuent les âmes, que ceux qui tuent les corps.
Louis-Hubert Remy, 30 novembre 2003,
en la fête de saint André, celui qui fut le premier à dire : « Nous avons trouvé le Messie » .

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1 Qui signent, José Michaël, ou Phazaël, ou Yaël de Sainte Marie, ou ici Georges Lacordelle. Lire, Le délire sacré, disponible.
Formées par le Père Catry, (qui aura pour pseudonymes, Michaël, Daniel Jacob ou J.M. Jourdan), leurs écrits mériteraient une
plus large diffusion, en particulier L’Eglise occultée. Nous ferons connaître au plus tôt, Satan dans l’Eglise.
2 La paille et le sycomore.

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« Dans un siècle – disaient les Actes de la Haute Vente des Carbonari (que Pie IX a fait publier) – les évêques et les
clercs penseront marcher derrière la bannière des clefs de Saint-Pierre alors qu’ILS SUIVRONT NOTRE ÉTENDARD ».
Infiltrations maçonniques dans l’Eglise, abbé E. BARBIER.
« Notre complot sera dévoilé, les nations se retourneront contre nous
…et notre domination sur eux ne sera jamais réalisée » Le luciférien PIKE.
« Un jour viendra où un pape inspiré du Saint-Esprit déclarera que toutes les excommunications sont levées,
que tous les anathèmes sont rétractés, que tous les chrétiens sont unis à l’Eglise,
que les Juifs et les Musulmans sont bénis et appelés par elle ;
que tout en conservant l’unité et l’inviolabilité de son dogme, elle permet à tous les cultes de s’en
rapprocher par degré en embrassant tous les hommes dans la communion de son amour et de ses prières…
Il faut, en répandant l’esprit de charité universelle, préparer l’avènement de ce grand jubilé… »
Eliphas Lévi (ex-abbé Constant), Cours de philosophie occulte, le 21 Janvier 1862.

UN TEXTE IMPORTANT DE SAINT JEAN DE LA CROIX

Au début de cet ouvrage, il est bon de rappeler ce texte si important de saint Jean de La Croix, qui doit nous guider
dans notre lutte contre l’illuminisme envahissant.

« TOUT D’ABORD, LA PERFECTION DE LA FOI QUI DOIT REGIR L’AME EST AMOINDRIE, ET C’EST DEROGER GRANDEMENT A SES LOIS
QUE D’ADHERER AUX MANIFESTATIONS EXTRAORDINAIRES QUI SE PRODUISENT PANS LES SENS ; COMME NOUS L’AVONS DIT, LA FOI
EST AU-DESSUS DE TOUS LES SENS. VOILA POURQUOI L’AME QUI NE FERME PAS LES YEUX A TOUT CE QUI LUI VIENT PAR LES SENS
S’ELOIGNE DU MOYEN QUI LA CONDUISAIT A L’UNION DIVINE.
…CES COMMUNICATIONS SONT UN OBSTACLE POUR L’ESPRIT SI ON NE LES REJETTE PAS , CAR L’AME S’Y ARRETE ET L’ESPRIT NE
PREND PAS SON ESSOR VERS L’INVISIBLE.
L’AME APPORTE PEU A PEU UN SENTIMENT DE PROPRIETE A CES COMMUNICATIONS ; ELLE NE MARCHE PAS DANS LA VOIE DU RENONCEMENT
ET DU DENUEMENT SPIRITUEL.
…L’AME PERD INSENSIBLEMENT L’EFFET SPIRITUEL QUE CES COMMUNICATIONS CAUSENT DANS SON INTERIEUR ; ELLE S’ATTACHE
A CE QU’ELLES ONT DE SENSIBLE, A CE QU’IL Y A DE MOINS IMPORTANT…
QUAND L’AME RECHERCHE CES COMMUNICATIONS, ELLE OUVRE LA PORTE AU DEMON, QUI LA TROMPERA DANS DES COMMUNICATIONS
SEMBLABLES QU’IL SAIT TRES BIEN SIMULER ET TRAVESTIR ET FAIRE PARAITRE COMME VENANT DE DIEU. CAR, IL PEUT,
NOUS LE DIT L’APOTRE, SE TRANSFIGURER EN ANGE DE LUMIERE. (II COR. XI, 14).
IL CONVIENT DONC A L’AME DE LES REPOUSSER LES YEUX FERMES, SANS EXAMINER D’OU ELLES PROVIENNENT. SANS CELA ELLE
SE PRETERA SI BIEN A CELLES DU DEMON ET LUI DONNERA A LUI-MEME TANT DE PRISE QUE, LOIN DE RECEVOIR CELLES DE DIEU,
ELLE RECEVRAIT CELLES DU DEMON, ET CELLES-CI DEVIENDRAIENT SI NOMBREUSES QUE CELLES DE DIEU VENANT A CESSER, TOUT
CE QUI SE PASSERAIT ALORS NE SERAIT QUE L’OEUVRE DU DEMON, SANS QUE DIEU Y FUT POUR RIEN. C’EST CE QUI EST ARRIVE A
BEAUCOUP D’AMES IMPRUDENTES ET IGNORANTES. ELLES SE COMPORTAIENT AVEC TANT DE SECURITE AU MILIEU DE CES MANIFESTATIONS,
QU’IL A ETE TRES DIFFICILE DE RAMENER UN GRAND NOMBRE D’ELLES A CHERCHER DIEU DANS LA PURETE DE LA FOI.
BEAUCOUP D’ENTRE ELLES N’ONT MEME PU ETRE RAMENEES DANS LA BONNE VOIE, CAR LES ILLUSIONS DU DEMON AVAIENT PRODUIT
EN ELLES DE PROFONDES RACINES.
IL EST DONC SAGE DE FERMER LA PORTE A TOUTES CES MANIFESTATIONS ET DE LES REJETER TOUTES… QUAND L’AME LES REJETTE
ET Y EST OPPOSEE LE DEMON, VOYANT QU’IL NE PEUT PLUS LUI NUIRE, CESSE PEU A PEU SON ACTION.
AUSSI LE DEMON EST-IL TRES SATISFAIT QUAND IL RENCONTRE UNE AME QUI DESIRE DES REVELATIONS OU S’Y PORTE. IL A
ALORS UNE OCCASION FACILE DE LUI SUGGERER SES ERREURS ET DE LA RETOURNER DE LA FOI AUTANT QU’IL LE POURRA. CAR,
AINSI QUE JE L’AI DIT, CETTE AME QUI DESIRE LES REVELATIONS SE MET DANS UNE DISPOSITION TRES CONTRAIRE A LA FOI ET S’ATTIRE
BEAUCOUP DE TENTATIONS ET DE DANGERS ».

LA MONTÉE DU CARMEL, livre Il, ch. 10.

LA REALISATION DES DESSEINS DE LUCIFER PAR LE MOYEN D’UN PAPE ET D’UN CONCILE
Les desseins de Lucifer ne visent rien moins que l’entière possession du monde. Et cette possession vise en tout
premier lieu l’Eglise Catholique Romaine, la grande Ennemie, la seule Ennemie. Tout le reste du monde en effet, tombe
comme un fruit trop mûr, lorsque l’Eglise n’est plus la Lumière des Nations, la Gardienne de la Vérité, la Source de la
Charité, lorsque l’Eglise n’est plus celle qui apporte à la terre l’Espérance !
Il ne faut donc pas s’étonner que l’Épouse du Christ soit l’objet d’un complot ourdi par les suppôts de Satan, les religieux
de Lucifer, autrement dit, ceux qui peuplent les Sociétés secrètes, les Congrégations initiatiques, tous ceux qui se
rangent sous l’appellation générale de Contre-Eglise. Écoutons parler un franc-maçon :
« Le 15 janvier 1881, Le Journal de Genève publiait une conversation de son correspondant à Paris avec l’un des
chefs de la majorité franc-maçonne qui dominait alors comme aujourd’hui la Chambre des Députés. Il disait : « Au fond
de tout cela, il y a une inspiration dominante, un plan arrêté et méthodique, qui se déroule avec plus ou moins d’ordre,
de retard, mais avec une logique invincible. Ce que nous faisons, c’est le siège en règle du catholicisme romain
…nous voulons le faire capituler ou le briser. Nous savons où sont ses forces vives, et c’est là que nous voulons l’atteindre ».
(Cité par Mgr Delassus dans La conjuration antichrétienne).

Bien des textes de ce genre seraient à citer. Il ne fait pas de doute que l’Eglise, comme son Époux Divin, est appelée
à être crucifiée, et crucifiée par les héritiers de ceux à qui Notre-Seigneur a dit : « Vous avez pour père le diable ».
Mais pour que la conjuration Franc-maçonnique pût aboutir (dans la mesure permise par DIEU, et grande est cette
mesure), il fallait nécessairement provoquer un « événement-choc » en vue de tout remettre en question. On a entendu
prononcer la formule fameuse : « Eglise, que dis-tu de toi-même ? ».
Psychologiquement, le moyen de « l’événement-choc » est très fort, si fort même qu’il peut entraîner une véritable subversion
(= ce qui était au-dessus passe au-dessous et réciproquement). Il suffit par la suite de créer les conditions favorables
pour que le virus inoculé (celui de la gnose judéo-maçonnique) parvienne à se développer : matraquage et recyclage
réussissent à merveille ! Il ne reste plus alors qu’à engendrer la plus extrême confusion pour dérouter les esprits
sourcilleux, et enfin constituer une hiérarchie parallèle entraînant la victoire définitive : c’est ce à quoi nous assistons ! …
L’événement-choc rêvé depuis longtemps par la Contre-Eglise a été le Concile Vatican II. Il est aisé de se rendre
compte que le projet de ce Concile a hanté les esprits des ennemis de l’Eglise du Christ :
« Je crois, dit le prêtre luciférien Roca, que le culte divin tel que le règlent la liturgie, le cérémonial, le rituel et les
préceptes de l’Eglise romaine, subira prochainement dans un Concile oecuménique, une transformation (comprenons :
une démolition), qui, tout en lui rendant la vénérable simplicité (comprenons le dépouillement de ce qui fait la beauté,
la majesté du culte rendu à DIEU au sein de l’Église) de l’âge d’or apostolique, le mettra en harmonie avec l’état nouveau
de la conscience et de la civilisation moderne (comprenons la mise en harmonie avec la conscience et la civilisation
de la Contre-Eglise). (L’abbé Gabriel, cité par Virion, Mystère d’iniquité, p. 33)
Et encore, de ce même personnage :
« Il en ressortira (du Concile oecuménique) une chose qui fera la stupéfaction du monde et qui jettera ce monde à
genoux devant son rédempteur (il s’agit du nouveau rédempteur, celui de l’Enfer). Cette chose sera la démonstration
de l’accord parfait entre l’idéalité de la civilisation moderne et l’idéalité du Christ et de Son Évangile (comprenons :
l’accord parfait entre la Contre-Eglise et l’Eglise catholique romaine).
« Ce sera la consécration du Nouvel Ordre Social (comprenons : l’ordre nouveau du monde nouveau de la Contre-
Eglise) et le baptême solennel de la civilisation moderne (comprenons le baptême donné par l’Église à la civilisation
diabolique de la Franc-maçonnerie) ».
En 1910, le Rose-Croix (adepte de la Société secrète rosicrucienne qui revêt des apparences catholiques) Rudolph
Steiner, fondateur de la Société anthroposophique, écrivait de façon claire et nette :
« Nous avons besoin d’un Concile et d’un Pape qui le convoque ».
Retenons bien l’expression « Nous avons besoin… » Elle nous montre clairement, que pour investir l’Eglise de manière
à la conduire au Golgotha, les hordes sataniques voulaient un certain Concile et un certain Pape inconscient du danger,
pour le convoquer.
Les ondes sataniques, une fois mises en route, ont couru à travers le Milieu catholique. Quelques personnages les ont
captées, et ainsi ont pu transmettre au Cardinal Roncalli le « divin message » relatif au futur « Pape’ »qu’il devait être et au
futur Concile qu’il devait convoquer. A son tour, ledit Cardinal – devenu ‘Pape’1 en effet – a lui-même capté les ondes relatives
au Concile. Et les Pères Conciliaires accourus à son appel, ont capté toutes sortes d’inspirations qui venaient de
l’En-Bas et qu’ils ont cru venir de l’En-Haut. Il en est résulté pour l’Eglise la plus vaste « auto-démolition » (Paul VI) de
toute son histoire bimillénaire, agrémentée d’une invasion d’illuminismes interprétés comme une ‘‘nouvelle Pentecôte »,
et pour les occultes une joie dont ils n’ont pu contenir l’explosion !….

I – L’ILLUMINISME DE JEAN XXIII
Comme cela lui avait été prédit le Cardinal Roncalli a été élu ‘Pape’ sous le nom de Jean XXIII, le 28 octobre 1958, et
il a convoqué le Concile Vatican Il le 25 janvier 1959.
On a dit et répété que Jean XXIII a été un « Pape de transition ». L’expression est d’une certaine manière exacte, car
elle indique le début de la « mutation » du catholicisme traditionnel en catholicisme protestantisé, en catholicisme judéomaçonnisé.
Sous un aspect de bonhomie souriante, d’un optimisme rebelle aux « prophètes de malheur »‘, d’un pacifisme
à toute épreuve, d’une inaltérable sérénité … le nouveau ‘Pape’ a engendré une véritable révolution « en tiare et en
chape » selon le voeu de Nubius, chef de la Haute-Vente.
Cette révolution dûe à un véritable obscurcissement de l’esprit, peut s’expliquer tout au moins en partie, par ce
que nous appellerons « l’illuminisme de Jean XXIII ». De cet illuminisme, nous avons un exemple frappant dans la manière
dont « le bon Pape Jean » a reçu la révélation de la Convocation du Concile. Écoutons-le :
 » …obéissant à une voix intérieure que Nous considérons comme venue d’une impulsion supérieure (?), nous
avons jugé le moment opportun pour offrir à l’Eglise catholique et à toute la famille humaine un Nouveau Concile
OEcuménique… » (Bulle Humanæ Salutis)
Nous lisons dans le premier volume des Actes de Jean XXIII pour le deuxième Concile du Vatican :

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1 ‘Pape’ signifie que ce ‘pape’ est de la lignée des JEAN : Jean XXIII ; Montini Jean-Baptiste : Paul VI ; Jean-Paul I ; Jean-Paul Il.

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« La genèse d’une décision d’une telle portée (celle de la convocation du Concile) n’est pas sans mystère (?). On
pourrait penser qu’elle a été le fruit d’un long labeur. Bien au contraire, nous dit le Saint-Père lui-même, elle n’a pas
nécessité une réflexion prolongée, elle a été une « fleur spontanée d’un imprévu printemps » (p.45).
Plus tard lui-même précisera les circonstances dans lesquelles l’idée lui est venue, née « comme une humble fleur cachée
dans les prés » … En se préparant pour célébrer la cérémonie du 25 Janvier 1959, dans la basilique Saint-Paul, Sa
Sainteté eut, « avec une violente intensité l’inspiration de convoquer la famille catholique… » (p. 85).
Le 24 Janvier 1960, ouvrant le Synode Romain, à Saint-Jean de Latran le Souverain Pontife voulut faire connaître ouvertement
ce que jusque-là, il n’avait confié qu’à quelques-uns, comme s’il s’agissait d’un secret religieux :
« Tandis que nous étions plongés dans notre humble prière, nous avons ressenti, au tréfonds de notre âme simple,
une sollicitation divine (?) en vue de l’ouverture d’un Concile oecuménique » (p. 69).
Le motu proprio du 5 Juin 1960 scellera, par l’accent solennel de ses premiers mots, la candide ouverture de « l’âme
simple » : « … nous avons retenu une inspiration du Très-Haut » (p. 93)
Nous lisons encore dans l’Osservatore Romano (édition française) du 23 Octobre 1959 sous le titre Les Laïcs et le
Concile OEcuménique, ces mots de Jean XXIII :
« Nous écoutâmes une inspiration dont Nous sentîmes la spontanéité, dans l’humilité de Notre âme, comme un
choc imprévu et inattendu… »
Enfin dans le même journal à la date du 10 Juin 1960, Jean XXIII revient à sa fleur de printemps :
« Nous avons considéré comme un inspiration du Très-Haut (?) la pensée qui dés le début de Notre Pontificat s’est
présentée à notre esprit comme une fleur d’un printemps inattendu, celle de convoquer un Concile oecuménique… »
Il s’agit donc bien en ce qui concerne la convocation du Concile Vatican II, d’une intuition toute immédiate, toute
spontanée, d’une « impression » pour ainsi dire ineffaçable, d’une lumière exaltante. Mais la véritable question est de savoir
l’origine d’une telle inspiration.
Jean XXIII, lui, n’a aucun doute (en cela il ne suit pas saint Jean de la Croix !), et c’est là justement que se situe son illuminisme
: il parle d’une « sollicitation divine », d’une « inspiration du Très-Haut ». Et pourtant le doute apparaît lorsque l’on
considère l’ensemble de son Pontificat, car un grand nombre de mesures prises par lui, rejoint les projets des puissances
occultes qui à leur manière « gouvernent » l’Église du Christ.

II – CONSÉQUENCES DE L’OBSCURCISSEMENT DE L’ESPRIT DE JEAN XXIII

suite…

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Darwin enterrer par les Mathématiques


https://www.amnh.org/var/ezflow_site/storage/images/media/amnh/images/darwin/312283-1-eng-US/darwin_dynamic_lead_slide.jpg VS https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQkk97VFJ6BL8NgtMndZL0S-OI-S5OCJZD2Nho872D2fiTxBApH

 

« Dieu existe »

est une vérité mathématique

novusordoseclorum.discutforum.com

par antizioniste972

P.S  :  Respirer un bon coup et accrochez-vous bien !

L’affirmation :

« Dieu existe et Il a créé toute chose » est mathématiquement aussi exacte que de dire que 1+1=2, à travers les innombrables preuves entre nos mains, notamment celles que nous procurent les dernières avancées scientifiques, il a été prouvé que l’existence du créateur, son omniscience et son omnipotence sont des faits que nul être sensé ne saurait dénier .

Étonnamment, nous croisons fréquemment des gens qui nient cette réalité, se réfugiant dans des notions irrationnelles concernant leur propre existence, leur attitude est due à des raisons psychologiques plutôt que scientifiques , à ce titre , le philosophe athée allemand Dieter Heinrich Kerler (1882-1921) , affirme avec un orgueil manifeste: « Même si l’on prouvait mathématiquement que Dieu existe je n’en veux pas parce qu’il me limitera la grandeur ».

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En arborant l’orgueil, on s’écarte du sentier de Dieu, finissant dans le malheur et dans le chagrin.
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Renier la vérité perçue par l’âme est synonyme d’arrogance. En arborant l’orgueil, on s’écarte du sentier de Dieu, finissant dans le malheur et dans le chagrin, dans ce monde comme dans l’autre, voila pourquoi l’orgueil est l’un des plus grands ennemis de l’homme , Dieu dit à ce propos :

« J’écarterai de Mes signes ceux qui, sans raison, s’enflent d’orgueil sur terre. Même s’ils voyaient tous les miracles, ils n’y croiraient pas. Et s’ils voient le bon sentier, ils ne le prennent pas comme sentier. Mais s’ils voient le sentier de l’erreur, ils le prennent comme sentier. C’est qu’en vérité ils traitent de mensonges Nos preuves et ils ne leur accordaient aucune attention. »

Coran 07.146

Retournons à notre sujet principal : l’existence d’un créateur est une évidence mathématique ! Pourquoi ? Parce que la probabilité que notre Univers complexe soit fruit du hasard est égal à zéro !

Mais qu’est ce qu’une probabilité ?
Une probabilité exprime la certitude qu’on peut avoir sur un événement précis , une probabilité 0 exprime un événement impossible à réaliser et une probabilité 1 : un événement certain .
Une probabilité 1 sur 10puissance3 signifie qu’il y a une chance sur 1000 que l’événement se réalise.
Une probabilité 1 sur 10p9 signifie qu’il y a une chance sur un milliard que l’événement se réalise.
Une probabilité 1 sur 10p50 signifie qu’il y a une chance sur cent mille milliard de milliard de milliard de milliard de milliard que l’événement se réalise, Cette probabilité est considérée en mathématique comme égale à 0 et exprime ainsi un événement mathématiquement impossible .

Le but de cet article n’est pas de traiter des impasses invalidant dès le début l’idée de la non création ( les lois fondamentales de la physique, l’existence à partir du néant , la vie qui apparaît de l’inanimé …) , l’objectif est d’exposer un ensemble de calculs mathématiques découlant des dernières avancées scientifique, les quelques chiffres qu’on va citer suffisent largement pour enterrer toute la philosophie athée et les théories matérialistes.

Le Big Bang : une probabilité inconcevable

Le Big Bang n’était pas une explosion ordinaire comme on pourrait se l’imaginer , ce fut une explosion d’une extrême délicatesse, la température à chaque moment de l’explosion, le nombre de particules atomiques, les forces impliquées, ainsi que leur intensité, doivent avoir des valeurs extrêmement précises. Si ne serait-ce qu’une seule de ces valeurs n’était pas précisée, l’univers dans lequel nous vivons aujourd’hui ne se serait pas formé.
Roger Penrose, un célèbre mathématicien britannique a calculé la probabilité que notre environnement existe parmi tous les résultats possibles du Big Bang, En incluant ce qu’il considère comme étant toutes les variables nécessaires pour que les êtres vivants puissent exister et vivre sur une planète telle que la nôtre.
D’après Penrose, la probabilité qu’une telle affirmation soit vraie es de l’ordre de 1 sur 10(123) , ce nombre est tellement infime qu’ il est même difficile de concevoir ce qu’il signifie.

En mathématique, la valeur 10(123)revient à dire 1 suivi de 123 zéros. D’ailleurs, ce nombre à lui tout seul correspond à davantage d’atomes qu’on imaginerait pouvoir exister dans l’univers tout entier (qui est de 10(78). Mais la réponse de Penrose définit un champ encore plus large : 1 suivi de 10(123)de zéros, en d’autres termes il n’est même pas possible d’écrire ce nombre : Même si on est ramenés à écrire un zéro sur tout les atomes de l’univers .
Roger Penrose fit un commentaire en ce qui concerne ce nombre :
« Ce nombre nous permet de prendre conscience de la finesse de la création (et du Créateur) qui a été conçue avec une précision de l’ordre de 10(123) . C’est un chiffre extraordinaire. Il est d’ailleurs impossible d’écrire ce nombre en entier sous forme de notation ordinaire : Il serait constitué du nombre 1 suivi de 10(123) zéros. Ainsi, même si nous étions amenés à écrire un 0 sur chaque proton et neutron qui se trouvent dans tout l’univers et ceci en y ajoutant toutes les autres particules, nous serions à court pour écrire le nombre exigé.

Cytochrome-C : probabilité 0

Quelques lignes écrites par l’un des biologistes évolutionnistes turcs les plus célèbres (Ali Demirsoy ) sont un exemple pertinent qui nous permet de constater le jugement désordonné et la retenue que le dévouement aveugle au dogme athée entraîne. Ce scientifique évoque la probabilité de la formation aléatoire du cytochrome-C, l’une des enzymes vitales rendant possible la respiration d’oxygène . Ci-dessous ses propos:
« La probabilité de la formation d’une séquence de cytochrome-C équivaut à zéro. Car, si la vie nécessite une certaine séquence, l’on peut dire que celle-ci a une probabilité réalisable une fois dans l’Univers entier. Sinon, certaines forces métaphysiques au-delà de notre définition ont dû intervenir dans sa formation. Accepter cette dernière hypothèse ne convient pas au but que la science s’est assigné. Par conséquent, nous devons explorer la première hypothèse. »

Demirsoy trouve qu’il est « plus scientifique » d’accepter une possibilité dont le taux de probabilité « est égal à zéro » que d’envisager la création. Toutefois, et conformément aux règles de la science, s’il existe deux alternatives d’explication à propos d’un événement et si la probabilité que l’une d’elles se réalise est égale à zéro, c’est l’autre alternative qui est la bonne .
L’approche matérialiste dogmatique proscrit l’idée qu’un Créateur supérieur existe. Cette proscription pousse ce scientifique -ainsi que plusieurs autres qui croient au même dogme matérialiste- à accepter des idées contraires à la raison. Ceux qui croient et font confiance à ces scientifiques sont à leur tour captivés et aveuglés par ce champ matérialiste et finissent par adopter cette même psychologie insensible lorsqu’ils lisent leurs livres et articles.

Protéines

Les protéines constituent les briques de base de toutes les cellules vivantes et elles assument un grand nombre de fonctions dans celles-ci. Les protéines sont constituées de molécules d’acides aminés arrangées selon une séquence particulière. Cette séquence est tellement précise que si un seul acide aminé manque ou n’est pas à la bonne place, alors la protéine entière ne servira à rien. Par conséquent, chaque acide aminé doit être exactement à la bonne place, dans la séquence correcte.
Or, il n’y aucune possibilité qu’une telle séquence survienne par hasard.
par exemple,la probabilité qu’apparaisse une protéine de 288 acides aminés de 12 types différents, ayant la bonne séquence, n’est que de 1 sur 10puissance(300) – en d’autres mots, pratiquement nulle .
En outre, une molécule de protéine de 288 acides aminés est plutôt petite en comparaison avec des molécules géantes composées elles de milliers d’acides aminés. Lorsque l’on applique les mêmes calculs de probabilité à ces immenses molécules de protéines, nous remarquons que même le vocable « impossible » n’est pas adapté.
De plus , une protéine à elle seule ne veut rien dire , pour former une seule cellule rouge parmi les milliards des cellules rouges présente dans notre corps: il faut 280.000.000 molécule d’hémoglobine qui est une protéine vitale contenant 574 acides aminés .

L’ADN

L’information génétique déterminant le plan structurel d’une personne, depuis son apparence externe jusqu’à ses organes internes, est enregistré avec un système d’encodage spécial dans l’ADN. Pour écrire cette information génétique sur papier, il faudrait une librairie gigantesque comprenant environ 900 volumes de 500 pages chacun. Mais cette quantité incroyable d’information a été encodée dans notre ADN. Affirmer que l’information de la « librairie » de l’ADN humain soit apparue par hasard est aussi irrationnel que de croire que les cailloux jetés sur une plage par les vagues pourraient écrire l’histoire entière de l’humanité.
Il y a 30 ans, le professeur Frank Salisbury, de l’Université de l’Utah (États-Unis), a calculé la probabilité de formation spontanée d’une molécule d’ADN simple, essentielle à l’apparition de la vie. Les calculs ont abouti à une probabilité si infime qu’elle est considérée comme mathématiquement impossible : la formation de cette molécule par réactions chimiques naturelles aurait pu se produire sur 100 000 000 000 000 000 000 10puissance(20) planètes “ hospitalières ” au cours d’une période de quatre milliards d’années. Quelles sont les chances qu’une seule molécule d’ADN se soit formée dans ces conditions ? Selon ses calculs, une sur 10 puissance(415).
L’ADN humain contient quelques 30.000 gènes, et il est impossible qu’un seul d’entre eux ait pu apparaître par hasard. Le biologiste évolutionniste Frank Salisbury admet :
« Une protéine moyenne peut comporter environ 300 acides aminés. Le gène de l’ADN contrôlant cela aura environ 1.000 nucléotides dans sa chaîne. Puisqu’il y a quatre types de nucléotides dans une chaîne d’ADN, une chaîne constituée de 1.000 liens peut exister sous 4puissance(1000) formes. En utilisant un peu d’algèbre (les logarithmes), on peut voir que 4(1000) = 10(600). 10 multiplié par lui-même 600 fois donne le chiffre 1 suivi de 600 zéros ! Ce nombre est complètement au-delà de notre compréhension. »

 

Une bactérie

Robert Shapiro, un professeur de chimie à l’Université de New York et expert en matière d’ADN, a calculé la probabilité de la formation accidentelle de 2.000 sortes de protéines trouvées dans une seule bactérie. (Il existe 200.000 différentes sortes de protéines dans une cellule humaine.)
Le nombre trouvé était supérieur à 10p (40.000) ,C’est un nombre incroyable obtenu en mettant 40.000 zéros à côté du 1.

Un professeur de mathématiques appliquées et d’astronomie de University College (Cardiff, Pays de Galles), Chandra Wickramasinghe affirme:

 » La probabilité que la vie ait pu se former à partir de matière inanimée correspond à un chiffre avec 40.000 zéros après le 1 Un chiffre assez grand pour enterrer Darwin et la totalité de la théorie de l’évolution. Il n’y a jamais eu de soupe primitive, ni sur cette planète ni sur une quelconque autre. Et si les débuts de la vie n’étaient pas dus au hasard, ils sont donc certainement le produit voulu d’une intelligence . »

Sir Fred Hoyle commente ces chiffres invraisemblables:

« En effet, une telle théorie (que la vie a été créée par une intelligence) est tellement évidente que l’on se demande pourquoi elle n’est pas communément acceptée. Les raisons sont psychologiques plutôt que scientifiques. »

Une cellule

Le bio physiciste Harold Morowitz de l’université de Yale fit le calcul des probabilités qu’une cellule vivante la plus simple vient à l’existence est de 1/10p(340,000,000) , ce nombre est complètement inconcevable et suffit pour enterrer entièrement toutes les théories des incultes et matérialistes .
A vous de calculer .

Tous les exemples cités plus haut sont des exemples très basiques malgré les chiffres inconcevables qu’ils nous procurent , si on souhaite avancer dans ce raisonnement , il va falloir se poser la même question sur toutes les composantes existant dans notre univers, par exemple on pourrait se poser des questions comme :

– Quelle est la probabilité de l’apparition de l’œil, encore plus sophistiqué que tout appareil inventé par l’homme.
– Quelle est la probabilité de l’apparition de l’oreille ?
– Quelle est la probabilité de la formation d’une seule molécule rouge du sang humain ?
– Quelle est la probabilité de l’existence hasardeuse de la femme ?
– Quelle est la probabilité qu’il existe hasardeusement un mécanisme d’attraction (amour) entre l’homme et la femme , et quelle est la probabilité que ce mécanisme soit accompagné de l’existence d’appareils génitaux au fonctionnement extrêmement complexe permettant de mettre au monde des bébés.
– Quelle est la probabilité que la première protéine ( si on suppose même son existence hasardeuse) aie résisté à toutes les effets naturels en attendant la formations hasardeuse d’une autre protéine , et ainsi de suite jusqu’à la formation hasardeuse d’une cellule ? et quelle est la probabilité de la formation hasardeuse de cette cellule ?
– Quelle est la probabilité de l’apparition des couleurs ? Quel est la probabilité de l’apparition du gout ?Ce genre de questions pourront s’enchainer jusqu’à l’infini , car devant chaque créature , devant chaque nouvelle découverte de la science naturelle : la sagesse du créateur éclate et la magnitude de ses exploits apparait même au plus incultes d’entre nous , c’est ainsi que l’athéisme est démasqué , l’athéisme ne peut plus se proclamer de la raison ni de la science car il est réfractaire à la raison et à la science .

Important

Il est clair que les calculs de probabilité cités dans cet article atteignent des limites astronomiques et qu’ils sont donc pratiquement impossibles. Cependant, il existe un aspect beaucoup plus important : C’est que dans des conditions naturelles, ces probabilités ne peuvent même pas commencer la moindre période d’essai. Car, il n’existe pas dans la nature de mécanisme d’essai et d’erreur qui tente de produire des protéines ou des êtres vivants .
Les calculs que nous avons indiqués ne sont valides que pour un environnement idéal « d’essai et d’erreur » qui n’existe pas dans la réalité. La probabilité d’obtenir une protéine d’hémoglobine est de est de « 1 » sur 10(1024)seulement si l’on suppose qu’il existe un mécanisme imaginaire dans lequel une main invisible rassemble 574 acides aminés de manière aléatoire. Ensuite, remarquant que ça ne marche pas, cette main les sépare et les arrange dans un ordre différent pour la deuxième fois et ainsi de suite. Dans chaque test, les acides aminés doivent être séparés un par un et arrangés dans un autre ordre. La synthèse doit être arrêtée après que le 574ème acide aminé aura été ajouté, tout en veillant à ce que pas le moindre acide supplémentaire ne soit ajouté. L’essai doit donc être arrêté pour vérifier si la protéine a été formée ou pas encore. Si l’essai se solde par un échec, tout doit être dissous pour tester une nouvelle séquence. De plus, aucun essai ne doit inclure un seul élément étranger. Il est également impératif que la chaîne formée durant l’essai ne soit pas détachée et détruite avant qu’elle n’atteigne la 573ème liaison. Ces conditions signifient que les probabilités mentionnées ci-dessus ne peuvent réellement exister que dans un environnement contrôlé où existe un mécanisme conscient qui dirige le début, la fin et chaque étape du processus et où seul « la sélection des acides aminés » est laissée au hasard. Nul doute qu’il est impossible pour un tel environnement d’exister dans des conditions naturelles. Par conséquent, la formation d’une forme de vie basique comme la protéine dans l’environnement naturelle est logiquement et techniquement impossible, sans même parler de « possibilité ». En fait, évoquer les probabilités de tels événements ne relève même pas de la science.

Quand on choisit la mécréance au lieu de la logique.

Comment est-il possible que des personnes capables d’évaluer rationnellement des choses ordinaires de la vie adoptent une telle attitude irrationnelle lorsqu’il s’agit de réflexions sur leur propre existence?Si un athée devait trouver trois briques les unes au-dessus des autres, alors qu’il marchait sur un terrain plat, il ne penserait jamais que ces briques se sont retrouvées ensemble par hasard et se sont mises les unes sur les autres, encore par hasard. En effet, une quelconque personne qui affirmerait une telle chose serait considéré insensée.
Les chiffres cités plus haut sont clairs , si on ne considère que la création d’une protéine il est prouvé que la possibilité qu’une seule protéine soit venue sans créateur est de 0( et on ne parle ici ni de l’univers , ni des étoiles ni des milliards d’espèces , mais juste d’une minuscule protéine).Toutefois, l’athée prétend qu’une protéine est arrivée à l’existence par hasard dans des conditions terrestres primitives quelques milliards d’années auparavant. Il va même plus loin, en prétendant, sans la moindre hésitation, que non seulement une protéine mais des milliards ont été conçues par pur hasard et ont formé par la suite la première cellule vivante. De plus, il défend son opinion avec un entêtement aveugle.Il est impossible de prétendre que cette attitude est adoptée au nom de la science ou de la logique ,une approche scientifique exige que lorsqu’on a deux alternatives , l’une à 0,000001% et l’autre à 99,999999% on considère la deuxième alternative , mais l’athée rejette une possibilité qui est de 100% pour une autre qui est impossible …

Conclusion :

Par conséquent, la première hypothèse est « à 100% » vraie. La vie existe de manière consciente; elle a été « créée ». Tous les êtres vivants ont vu le jour grâce à un Créateur doté d’un pouvoir, d’une sagesseet d’un savoir supérieurs. Cette réalité n’est pas simplement une conviction; elle est la conclusion normale à laquelle mènent la sagesse, la logique et la science.

On conclut avec ce que dit le professeur Camille Flammarion, astronome français (1842-1925) :
« L’athéisme est trop méprisable pour se réclamer de la science ou de la raison ou pour mériter le nom d’une quelconque idéologie ! II est trop insignifiant et trop petit pour avoir droit de cité ! L’athéisme n’est qu’une illusion suggérée à des esprits prédisposés à recevoir les injonctions sournoises des démons ! »

 QUE LA PAIX SOIT AVEC VOUS.

pour le plaisir des yeux :