VIVRE ET RÉSISTER


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Ouvrage: Vivre et résister

Auteur: Alphandéry Claude (Banquier, président du Conseil national de l’insertion par l’activité économique)

Année: 1999

 

 

Il existe des gens formidables partout dans le monde. Mais comment les rencontrer ? Comment les connaître ? Comment partager leur riche expérience ?
Leur implication sociale, politique, religieuse ou culturelle les empêche de rédiger leurs Mémoires, de faire le point sur les acquis et les rencontres de leur vie souvent mouvementée.
« Les passeurs de frontières » appartiennent à cette catégorie. Descartes & Cie les accueille et transmet leur savoir et leur savoir-faire, leurs certitudes et leurs questionnements, leurs rêves et leurs passions, en une collection de « livres entretiens » où les frontières des disciplines universitaires, des idéologies, des religions, des langues, des cultures sont sans cesse « passées » afin de mettre en relation des mondes qui trop souvent s’ignorent.
Le monde est ouvert. Soyons ouverts au monde.

 

 

Présentation du livre et de l’auteur

Il est difficile aujourd’hui de se représenter ce que pouvaient ressentir les jeunes Résistants engagés dans un combat qui les conduisait, au nom de la patrie et de l’honneur, à d’étonnantes transgressions. Une certaine désobéissance devenait notre mode de vie. Les risques encourus ajoutaient le sacrifice à la fête, la réalité à l’imaginaire : le train chargé de munitions explosait comme un feu d’artifice ; les hommes d’affaires, pour se dédouaner, suppliaient les résistants d’accepter leur argent ; les hauts fonctionnaires, patriotes ou opportunistes, ouvraient leurs dossiers et facilitaient les démarches ; les avions sortis des ténèbres larguaient leurs parachutes chargés d’armes ; les ondes transmettaient des phrases sibyllines qui inscrivaient notre « armée de l’ombre » dans le formidable combat des Alliés. Mais, surtout, des milliers de femmes et d’hommes que nous n’aurions, dans d’autres circonstances, jamais connus, jamais aimés, se mobilisaient à l’appel des Résistants, s’identifiaient à leur projet.
Peut-on rapprocher les hommes et leurs projets d’alors et ceux d’aujourd’hui qui réagissent devant des institutions défaillantes dans la lutte contre le chômage et l’exclusion ? Existe-t-il des jalons, des repères donnant, à défaut d’un tracé continu, un sens à l’itinéraire heurté de ma propre génération ?

D’une Résistance à l’autre, l’action militante de Claude Alphandéry s’est souvent déplacée. Elle s’exerce aujourd’hui face aux exclusions. Il préside depuis huit ans le Conseil national de l’insertion par l’activité économique.

 

 

Avant-propos

À l’automne 1944, se tenait le premier grand rassemblement à ciel ouvert de la Résistance, le Congrès des comités de la Libération au palais des Papes en Avignon. Cinquante ans après, presque jour pour jour, la première université des réseaux nationaux de l’insertion par l’activité économique se réunissait dans ce même lieu chargé d’histoire. Il m’était donné d’être l’un des organisateurs et des principaux acteurs de ces deux manifestations.

Entre ces deux dates le monde s’est profondément transformé et j’ai moi-même évolué de façon surprenante, dans mes idées, dans mon comportement, dans mon statut. Résistant, communiste, haut fonctionnaire, banquier, militant à nouveau, mes visages successifs, comme beaucoup d’autres, ont changé avec le temps.

Mais dans l’un et l’autre rassemblement, à deux générations de distance, des citoyens responsables, résolus réagissaient, faisaient entendre leurs voix devant des institutions qui s’étaient discréditées dans la collaboration et qui, un demi-siècle plus tard, se révélaient défaillantes dans la lutte contre le chômage et l’exclusion.
Peut-on rapprocher les hommes et leurs projets d’alors et ceux d’aujourd’hui ? Existe-t-il des jalons, des repères donnant, à défaut d’un tracé continu, un sens à l’itinéraire heurté de ma propre génération ?

Ce témoignage cherche à répondre à cette question à travers des souvenirs, fruits d’une mémoire sélective et sans l’aide de notes écrites, qui ne prétendent pas en l’objectivité historique, mais constituent plutôt un regard subjectif sur les événements auxquels j’ai participé et les personnalités qu’il m’a été donné de rencontrer.

 

 

De la Résistance au communisme
Le choc de la défaite

Les premières feuilles clandestines, dans l’année qui suivit la défaite, avaient une triste présentation : format réduit, impression médiocre, contenu sans vigueur, analyse incertaine de la situation en France et dans le monde. Elles avaient le mérite d’exister ; elles étaient l’amorce des réseaux de résistance.
Leur diffusion, sans exposer au départ à des dangers très redoutables n’était pas de tout repos (contrôle des gendarmes dans les trains, dans les gares) ; surtout l’accueil était le plus souvent sceptique, parfois hostile. Elles permettaient pourtant, en prenant contact avec d’infinies précautions, de repérer, de conforter les patriotes, les démocrates. Des complicités commençaient à s’établir.

C’est ainsi qu’allant porter « Libération » à Montpellier, je nouais conversation avec une très vieille dame dans un compartiment de train. Timides d’abord, nos propos s’enhardissaient peu à peu. Elle n’acceptait pas la défaite : « les gens sont trop veules, il faudrait les réveiller ». Sans lui révéler ma propre mission ni, bien sûr, les journaux clandestins dans la lourde valise que j’avais placée dans le filet au-dessus de sa tête, je lui laissais comprendre qu’une résistance commençait à s’organiser. A-t-elle deviné à demi-mot ; voyant deux gendarmes s’approcher du compartiment, elle me susurra rapidement : « S’ils demandent à contrôler votre valise, vous pouvez présenter la mienne. Je suis trop vieille, si je présente la vôtre, ils ne l’ouvriront pas ». Ainsi fut fait, je ne devais plus la revoir mais ce geste avait fortifié mon espérance ; cette connivence m’aidait à me dégager de l’impuissance et de la déréliction qui frappaient alors la grande majorité des Français.
Stupéfaits par le désastre militaire, appliqués pour l’essentiel à survivre, ils s’abandonnaient au régime autoritaire de Vichy et vivaient une terrible régression : sous couvert de l’ordre moral, ils découvraient les combines du marché noir, la crainte de l’avenir, la méfiance des voisins.
C’est qu’ils venaient de recevoir un coup de massue. Comment, après une défaite aussi soudaine et cuisante, un exode massif, des millions des leurs restant prisonniers de l’ennemi, comment auraient-ils pu imaginer un retournement, une espérance, des lendemains victorieux ?
Le maréchal Pétain ne rencontrait pratiquement pas d’opposition. Le parlement issu du Front populaire s’était mis à genoux. Les anciens partisans de la gauche doutaient d’eux-mêmes. Le pacifisme qui les habitait depuis la fin de la précédente guerre conduisait un grand nombre à préférer la défaite au combat. Certains allaient jusqu’à se réjouir d’une Europe enfin réunie et « pacifiée », fût-ce même sous l’égide de l’Allemagne, préférant gommer de leur conscience les horreurs du nazisme. Quant aux partisans de la droite, la plupart savouraient l’échec de leurs adversaires politiques ; ils attendaient du nouveau régime une revanche contre le Front populaire.
L’opinion, désemparée dans son ensemble, désinformée par une presse et une radio asservies, faisait confiance au Maréchal pour sauvegarder ce qui pouvait l’être, pour négocier au mieux avec les vainqueurs fût-ce en leur livrant des réfugiés étrangers qui

paraissaient être, Vichy ne cessait de le répéter, responsables de nos désastres.
Au surplus, l’attaque et la destruction d’une partie de la flotte française par la marine britannique à Mers El-Kébir ravivaient de traditionnelles rivalités et ajoutaient à la confusion des sentiments.
Le limogeage en décembre 1940 de Pierre Laval (premier responsable de la chute de la République, partisan d’une collaboration à outrance mais peu apprécié par l’extrême droite maurassienne qui entourait Pétain) et son remplacement par l’amiral Darlan réputé républicain et moins compromis dans la collaboration, fortifiaient chez beaucoup l’impression que le Maréchal jouait double jeu, défendait notre souveraineté face au vainqueur en s’appuyant sur une marine encore puissante et sur notre empire.
De fait, tout en ménageant les Américains (qui ne demandaient alors que de maintenir des relations convenables avec Vichy) et en gardant l’apparence de la neutralité, le projet Darlan (soutenu par le Maréchal et l’ensemble du gouvernement) était d’offrir aux Allemands l’aide logistique des bases militaires de l’empire en Afrique, aux Antilles, au Levant et en Extrême-Orient en échange de concessions sur les conditions d’armistice (prisonniers rapatriés, ligne de démarcation assouplie, ravitaillement amélioré) et de rallier progressivement le camp allemand pour obtenir un traité de paix honorable.
Les Français n’étaient bien sûr pas informés de ces manoeuvres ; et dans ce climat étrange où la patrie vaincue, envahie, changeait de visage et rejetait les institutions et les valeurs de la République, tandis que la vie quotidienne reprenait tant bien que mal son cours, rares étaient ceux qui par un patriotisme résolu ou par un ferme attachement aux principes démocratiques s’opposaient sans complaisance au nouveau régime et aux exigences de l’ennemi.

 

Veillée d’armes

suite… PDF

Un rapport fustige le montant des dividendes des entreprises du CAC 40 — Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie


« Selon un rapport d’Oxfam et Basic, les entreprises du CAC 40 ont reversé plus des 2/3 de leurs bénéfices sous forme de dividendes. RECORD MONDIAL C’est un rapport qui appuie là où ça fait mal. Oxfam France et la Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne) publient une étude affolante sur le partage de […]

via Un rapport fustige le montant des dividendes des entreprises du CAC 40 — Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

Ce que le 1% des élites les plus riches du monde veulent, c’est une « nouvelle sous-classe » par Dr. Edward Martin


Algérie Résistance

Dr. Edward Martin. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Votre livre « Savage State: Welfare Capitalism & Inequality […]

via Dr. Edward Martin: Ce que le 1% des élites les plus riches du monde veulent, c’est une « nouvelle sous-classe » — Algérie Résistance

 

Humour Factuel !


insolentiae.com/

par Charles Sannat

Ce milliardaire chinois qui rachète Mercedes

!!! Das pas drôle du tout !!

Ce milliardaire chinois qui rachète Mercedes !!! Das pas drôle du tout !!

Bon, je ne boude pas mon plaisir.

Je vous annonce depuis quelques mois que la progression de la Chine a été la suivante.

C’est une montée en gamme.

Quand on monte en gamme, on part d’en bas. On commence par les faibles valeurs ajoutées.

On fait du textile et de la houille ! J’exagère à peine.

Puis nous avons en face une civilisation brillante, millénaire ! S’imaginer qu’ils n’allaient que coudre quelques tee-shirts et faire du tricot, c’était justement faire preuve d’arrogance néocoloniale.

Alors les Chinois ont commencé à concurrencer les pays moyens de gamme comme la France, l’Angleterre ou même les États-Unis.

Pendant ce temps, les Allemands (bénis soient-ils car l’Europe c’est la paix blablablabla) trouvaient la mondialisation véritablement exquise. Au fur et à mesure que nos industries mourraient, les leurs prenaient les parts de marchés supérieures, laissant la qualité inférieure à la compétitivité chinoise.

Arrogants, nos amis allemands nous faisaient la leçon.

L’Europe et l’euro c’est la paix et c’est irréversible on vous dit !

Et puis un jour, les Chinois, qui décidément étaient une civilisation brillante et millénaire, se sont mis à racheter Mercedes… Et là, nos amis germains trouvèrent la mondialisation nettement moins drôle.

Alors vous allez voir que petit à petit, les idées “trumpistes” que les bien-pensants vous vomissent vont trouver des partisans nettement plus nombreux… y compris chez Merkel !

C’est triste à dire, mais pour que la France s’en sorte, il n’y a que deux solutions : soit nous sortons de l’Europe et de l’euro, soit nous aidons les Chinois à laminer un peu plus vite les Allemands – avec un peu de chance, les ennemis de nos ennemis sont nos amis… ou quelque chose comme ça !

Charles SANNAT

“Li Shufu, ce milliardaire chinois qui, après avoir racheté Volvo, s’attaque à Mercedes

Le milliardaire chinois était déjà propriétaire du suédois Volvo. Il détient maintenant 10 % de Daimler (Mercedes). Une prise de participation à la hussarde qui jette le désarroi au sein du groupe allemand, déjà lié à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors.

L’homme est secret. Le chinois Li Shufu veut se construire un empire automobile, avec une obstination qui égale sa discrétion. Ce milliardaire de 54 ans, fils de riziculteurs pauvres, a amassé des actions Daimler sans avertir personne. Et le voilà devenu vendredi, à la surprise générale, le premier actionnaire du groupe allemand, en montant à hauteur de 9,69 %. Moyennant 7,5 milliards d’euros. Le propriétaire à 100 % du constructeur suédois Volvo Cars (depuis 2010) veut ainsi compléter sa panoplie et accéder aux technologies du propriétaire des prestigieuses voitures Mercedes mais aussi des non moins célèbres camions de la firme à l’étoile. Daimler est le numéro un du haut de gamme auto et le premier fabricant mondial de poids lourds. Une belle prise.

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Des principes de l’économie politique et de l’impôt


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Auteur:  Ricardo David

Ouvrage: Des principes de l’économie politique et de l’impôt

Année: 1817

Traduit de l’Anglais en 1847 par Francisco Solano Constancio et Alcide Fonteyraud, à partir de la 3e édition anglaise de 1821.

 

 

Préface de l’auteur

Les produits de la terre, c’est-à-dire tout ce que l’on retire de sa surface par les efforts combinés
du travail, des machines et des capitaux, se partage entre les trois classes suivantes de
la communauté ; savoir : les propriétaires fonciers, – les possesseurs des fonds ou des capitaux
nécessaires pour la culture de la terre, – les travailleurs qui la cultivent.
Chacune de ces classes aura cependant, selon l’état de la civilisation, une part très différente
du produit total de la terre sous le nom de rente, de profits du capital et de salaires,
et cette part dépendra, à chaque époque, de la fertilité des terres, de l’accroissement du capital
et de la population, du talent, de l’habileté de cultivateurs, enfin des instruments employés dans l’agriculture.
Déterminer les lois qui règlent cette distribution, voilà le principal problème en économie
politique. Et cependant, quoique Turgot, Stuart, Smith, Say, Sismondi et d’autres auteurs
aient répandu beaucoup de lumière sur cette science, leurs écrits ne renferment rien de bien
satisfaisant sur la marche naturelle des rentes, des profits et des salaires.
En 1815, la véritable doctrine de la rente fut publiée à la fois par M. Malthus, dans un écrit
intitulé : Recherches sur la nature et le progrès de la rente, et par un membre du collège de
l’Université d’Oxford dans son Essai sur l’emploi du capital en agriculture. Sans une connaissance
profonde de cette doctrine, il est impossible de concevoir les effets de l’accroissement
de la richesse sur les profits et les salaires, ou de suivre d’une manière satisfaisante les

effets des impôts sur les différentes classes de la société, surtout lorsque les choses imposées
sont des produits immédiats de la terre. Adam Smith, et les autres écrivains distingués dont
j’ai fait mention, n’ayant pas envisagé avec justesse le principe de la rente, ont, ce me semble,
négligé beaucoup de vérités importantes, dont on ne peut acquérir la connaissance qu’après avoir approfondi la nature de la rente.
Pour combler ce vide, il faudrait, je le sais, avoir un talent bien supérieur au mien ; mais,
après avoir médité profondément sur cette matière, après avoir profité de tout ce qu’ont écrit
les auteurs distingués déjà cités, et après le grand nombre de faits précieux que l’expérience
des dernières années a fournis à la génération actuelle, j’ose espérer qu’on ne me taxera pas de
présomption si je publie mon opinion sur les principes qui règlent les profits et les salaires, et
sur l’influence des impôts. Si l’on reconnaissait que ces principes, qui me paraissent vrais, le
sont en effet, ce serait alors à d’autres écrivains plus habiles que moi à développer toutes les conséquences qui en découlent.
En combattant des opinions reçues, j’ai cru devoir plus particulièrement examiner certains
passages des ouvrages d’Adam Smith qui ne s’accordent pas avec ma manière de voir ;
j’espère néanmoins qu’on ne me soupçonnera pas pour cela de ne point partager avec tous
ceux qui reconnaissent l’importance de l’Économie politique, l’admiration si justement due à
l’ouvrage profond de cet auteur célèbre.
La même remarque est applicable aux excellents écrits de M. Say, qui a été le premier ou
un des premiers parmi les écrivains du continent à savoir apprécier et appliquer les principes
de Smith, et qui, non-seulement, a fait plus que tous les auteurs étrangers pour inculquer aux
nations de l’Europe les principes d’un système aussi lumineux qu’utile, mais encore a réussi à
disposer cette science dans un ordre plus méthodique et plus instructif en l’enrichissait en
même temps de recherches originales, exactes et profondes 1. Le cas que je fais des écrits de
M. Say ne m’a cependant pas empêché d’examiner avec la franchise que les intérêts de la
science exigent les passages de son Traité d’Économie politique qui ne s’accordent pas avec mes opinions.


1 Le chapitre XV, liv. I, des Débouchés, renferme surtout quelques principes très importants, que cet écrivain
distingué a, je crois, développés le premier. (Note de l’Auteur)


 

 

 

AVERTISSEMENT
POUR LA TROISIÈME ÉDITION.
parue en 1821.

Je me suis efforcé, dans cette édition, d’expliquer plus nettement que dans les précédentes
mon opinion sur le problème important et difficile de la valeur : j’ai donc fait quelques
additions au premier chapitre. J’ai aussi introduit un nouveau chapitre sur la question des
machines, recherchant ainsi l’effet que des perfectionnements mécaniques produisent sur la
situation des différentes classes de la société. Dans le chapitre consacré aux propriétés
distinctives de la valeur et des richesses, j’ai interrogé et examiné les doctrines de M. Say sur
ce sujet, doctrines qu’il a d’ailleurs corrigées dans la quatrième édition de son ouvrage. Dans
le dernier chapitre, je me suis appliqué à faire ressortir plus nettement que jamais ce principe
qui veut qu’un pays soit apte à payer des impôts additionnels en argent, alors même que
l’ensemble de la valeur pécuniaire de ses marchandises vient à baisser, soit par une
diminution dans la quantité de travail nécessaire pour produire le blé indigène, soit par la
possibilité d’obtenir une portion du blé qu’il consomme à des prix moins élevés au dehors, et
cela, au moyen de l’exportation de ses produits fabriqués. Cette considération a un intérêt
immense, car elle s’allie directement au système de la libre importation des blés étrangers,
fait capital, surtout dans les pays qui plient sous le faix d’une dette nationale énorme. J’ai
essayé de montrer que la faculté d’acquitter des impôts ne dépend ni de la valeur vénale de l’ensemble des marchandises, ni du revenu net en argent des capitalistes et des propriétaires,
mais de la valeur en argent du revenu de chacun, comparée à la valeur en argent des objets qu’il consomme habituellement.
26 mars 1821.

 

 

Chapitre I.
DE LA VALEUR.

Section I.

La valeur d’une marchandise, ou la quantité de toute autre marchandise contre laquelle elle s’échange, dépend de la quantité relative de travail nécessaire pour la produire et non de la rémunération plus ou moins forte accordée à l’ouvrier.
Adam Smith a remarqué que le mot Valeur a deux significations différentes, et exprime, tantôt l’utilité d’un objet quelconque, tantôt la faculté que cet objet transmet à celui qui le possède, d’acheter d’autres marchandises. Dans un cas la valeur prend le nom de valeur en usage ou d’utilité : dans l’autre celui de valeur en échange. « Les choses, dit encore Adam Smith, qui ont le plus de valeur d’utilité n’ont souvent que fort peu ou point de valeur échangeable ; tandis que celles qui ont le plus de faveur échangeable ont fort peu ou point de valeur d’utilité. » L’eau et l’air, dont l’utilité est si grande, et qui sont même indispensables à l’existence de l’homme, ne peuvent cependant, dans les cas ordinaires, être donnés en échange pour d’autres objets. L’or, au contraire, si peu utile en comparaison de l’air ou de l’eau, peut être échange contre une grande quantité de marchandises 1.
Ce n’est donc pas l’utilité qui est la mesure de la valeur échangeable, quoiqu’elle lui soit absolument essentielle. Si un objet n’était d’aucune utilités, ou, en d’autres termes, si nous ne pouvions le faire servir à nos jouissances, ou en tirer quelque avantage, il ne posséderait aucune valeur échangeable, quelle que fit d’ailleurs sa rareté, ou quantité de travail nécessaire pour l’acquérir.
Les choses, une fois qu’elles sont reconnues utiles par elles-mêmes, tirent leur valeur échangeable de deux sources, de leur rareté, et de la quantité de travail nécessaire pour les acquérir.
Il y a des choses dont la valeur ne dépend que de leur rareté. Nul travail ne pouvant en augmenter la quantité, leur valeur ne peut baisser par suite d’une plus grande abondance. Tels sont les tableaux précieux, les statues, les livres et les médailles rares, les vins d’une qualité exquise, qu’on ne peut tirer que de certains terroirs très-peu étendus, et dont il n’y a par conséquent qu’une quantité très-bornée, enfin, une foule d’autres objets de même nature, dont la valeur est entièrement indépendante de la quantité de travail qui a été nécessaire à leur


1La distinction que fait ici M. Ricardo, d’après Adam Smith, entre la valeur d’utilité et la valeur échangeable, est fondamentale en économie politique. Peut-être aurait-il dû remarquer que cette dernière, la valeur échangeable, est celle dont Smith s’est exclusivement occupé dans tout son ouvrage, et que c’est en cela que consiste le grand pas qu’il a fait faire à l’économie politique, à la science de toutes, peut-être, qui influe plus directement sur le sort des hommes. En effet, la Valeur, cette qualité abstraite par laquelle les choses devien-nent des Richesses, ou des portions de richesses, était une qualité vague et arbitraire que chacun élevait ou abaissait à son gré, selon l’estime que chacun faisait de sa chose ; mais du moment qu’on a remarqué qu’il fallait que cette valeur fût reconnue et avouée pour qu’elle devînt une richesse réelle, la science a eu dès lors une base fixe : La valeur courante ou échangeable des choses, ce qu’on appelle leur prix courant, lorsque l’évaluation en est faite dans la monnaie du pays. En raisonnant sur cette valeur, sur ce qui la crée, sur ce qui l’altère, on n’a plus raisonné sur des abstractions, pas plus que deux héritiers, après avoir fait l’inventaire d’une succession, ne se partagent des abstractions.
Je ne saurais m’empêcher de remarquer ici le cette nécessité de fixer la valeur des choses par la valeur qu’on peut obtenir en retour de ces mêmes choses, dans l’échange qu’on voudrait en faire, a détourné la plupart des écrivains du véritable objet des recherches économiques. On a considéré l’échange comme le fondement de la richesse sociale, tandis qu’il n’y ajoute effectivement rien. Deux valeurs qu’on échange entre elles, un boisseau de froment et une paire de ciseaux, ont été préalablement formées avant de s’échanger ; la richesse qui réside en elles existe préalablement à tout échange ; et, bien que les échanges jouent un grande rôle dans l’économie sociale, bien qu’ils soient indispensables pour que les produits parviennent jusqu’à leurs consommateur, ce n’est point dans les échanges mêmes que consiste la production ou la consommation des richesses. Il y a beaucoup de richesses produites, et même distribuées sans échange effectif. Lorsqu’un gros cultivateur du Kentuky distribue à sa famille et à ses serviteurs le froment de ses terres et la viande de ses troupeaux ; lorsqu’il fait filer et tisser dans sa maison, pour son usage, les laines ou le coton de sa récolte, et qu’il distile même des pêches pour faire sa boisson, lui et les siens produisent et consomment des richesses qui n’ont point subi d’échange.
La valeur échangeable d’une chose, même lorsque l’échange ne s’effectue pas, sa valeur vénale, c’est-à-dire la valeur qu’elle aurait dans le cas où l’on jugerait à propos de la vendre, suffit donc, même sans qu’au-cune vente ait lieu , pour constituer la richesse. C’est ainsi qu’un négociant connaît sa richesse par l’inven-taire qu’il fait de son fonds, même sans avoir l’intention de le vendre. J.-B. Say


production première. Cette valeur dépend uniquement de la fortune, des goûts et du caprice de ceux qui ont envie de posséder de tels objets.
Ils ne forment cependant qu’une très-petite partie des marchandises qu’on échange journellement. Le plus grand nombre des objets que l’on désire posséder étant le fruit de l’industrie, on peut les multiplier, non-seulement dans un pays, mais dans plusieurs, à un degré auquel il est presque impossible d’assigner des bornes, toutes les fois qu’on voudra y consacrer l’industrie nécessaire pour les créer.
Quand donc nous parlons des marchandises, de leur valeur échangeable, et des principes qui règlent leurs prix relatifs, nous n’avons en vue que celles de ces marchandises dont la quantité peut s’accroître par l’industrie de l’homme, dont la production est encouragée par la concurrence, et n’est contrariée par aucune entrave.
Dans l’enfance des sociétés la valeur échangeable des choses, ou la règle qui fixe la quantité que l’on doit donner d’un objet pour un autre, ne dépend que de la quantité comparative de travail qui a été employée à la production de chacun d’eux.

« Le prix réel de chaque chose, dit Adam Smith, ce qu’elle coûte réellement à la personne qui a besoin de l’acquérir, est l’équivalent de la peine et de l’embarras qu’il a fallu pour l’acquérir. Ce que chaque chose vaut réellement pour celui qui l’a acquise, et qui cherche à en disposer, ou à l’échanger pour quelque autre objet, c’est la peine et l’embarras que cette chose peut lui épargner, et qu’elle a le pouvoir de rejeter sur d’autres personnes. Le travail a été le premier prix, la monnaie primitive avec labelle tout a été payé 1. » Et dans un autre endroit il ajoute : « Dans cet état grossier des sociétés naissantes, qui précède l’accumulation des capitaux, et l’appropriation des terres, le rapport entre la quantité de travail nécessaire pour acquérir chaque objet parait la seule donnée qui puisse conduire à poser une règle pour l’échange des uns contre les autres. Par exemple, si dans une nation de chasseurs il en coûte ordinaire-ment deux fois autant de travail pour tuer un castor que pour tuer un daim, on donnera naturellement deux daims pour un castor, ou, en d’autres termes, un castor vaudra deux daims. Il est tout simple que ce qui est d’ordinaire le produit de deux journées ou de deux heures de travail, vaille le double de ce qui n’exige ordinaire-ment qu’un jour ou une heure de travail 2. »

Il importe essentiellement en économie politique de savoir si telle est en réalité la base de la valeur échangeable de toutes les choses, excepté de celles que l’industrie des hommes ne


1Smith, et après lui, tous les écrivains anglais, confondent les mots travail et industrie. D’après l’analyse des travaux productifs qui fait partie de mon Traité d’Économie politique, on voit que les travaux productifs sont ceux du savant qui étudie les lois de la nature, de l’entrepreneur d’industrie qui les applique à la satisfaction des besoins de l’homme, et de l’ouvrier qui exécute le travail manuel qui résulte de l’indication des deux premier. Le mot travail exprime imparfaitement toutes ces opérations, dont quelques-unes renferment des résultats de ce qu’il y a de plus relevé dans l’intelligence humaine. C’et à leur ensemble qu’il convient de donner le nom d’industrie, pour réserver le nom de travail aux opérations qui sont plus dépourvues de combinaisons. L’analyse des divers opérations de l’industrie et d’autant plus nécessaire, qu’elles obtiennent, dans la distribution des valeurs produites par leur moyen, des rétributions très-diverses. J.-B. Say

2Livre I, chap. 16, p. 65, édit. Guillaumin


peut multiplier à volonté ; car il n’est point de source d’où aient découlé autant d’erreurs, autant d’opinions diverses, que du sens vague et peu précis qu’on attache au mot valeur.
Si c’est la quantité de travail fixée dans une chose, qui règle sa valeur échangeable, il s’ensuit que toute augmentation dans la quantité de ce travail doit nécessairement augmenter la valeur de l’objet auquel il a été employé ; et de même que toute diminution du même travail doit en diminuer le prix 1.
Adam Smith , après avoir défini avec tant de précision la source primitive de toute valeur échangeable, aurait dû, pour être conséquent, soutenir que tous les objets acquéraient plus ou moins de valeur selon que leur production coûtait plus ou moins de travail. Il a pourtant créé lui-même une autre mesure de la valeur, et il parle de choses qui ont plus ou moins de valeur selon qu’on peut les échanger contre plus ou moins de cette mesure. Tantôt il dit que c’est la valeur du blé, et tantôt il assure que c’est celle du travail ; non pas du travail dépensé dans la production d’une chose, mais de celui que cette chose peut acheter ; – comme si c’étaient là deux expressions équivalentes, et comme si parce que le travail d’un homme est devenu deux fois plus productif, et qu’il peut créer une quantité double d’un objet quelconque, il s’ensuivait qu’il doit obtenir en échange une double rétribution.
Si cela était vrai, si la rétribution du travailleur était toujours proportionnée à sa produc-tion, il serait en effet exact de dire que la quantité de travail fixée dans la production d’une chose, et la quantité de travail que cet objet peut acheter, sont égales ; et l’une ou l’autre indifféremment pourrait servir de mesure exacte pour les fluctuations des autres objets: Mais ces deux quantités ne sont point égales : la première est en effet très-souvent une mesure fixe qui indique exactement la variation des prix des autres objets ; la seconde, au contraire, éprouve autant de variations que les marchandises ou denrées avec lesquelles on peut la com-parer. C’est ainsi qu’Adam Smith, après avoir, avec beaucoup de sagacité, démontré combien une mesure variable, telle que l’or et l’argent, était insuffisante pour servir à déterminer le


1M. Ricardo me semble à tort ne considérer ici qu’un des éléments de la valeur des choses, c’est-à-dire le travail, ou, pour parler plus exactement, l’étendue des sacrifices qu’il faut faire pour les produire. Il néglige le premier élément, le véritable fondement de la valeur, l’utilité. C’est l’utilité qui occasionne la demande qu’on fait d’une chose. D’un autre côté, le sacrifice qu’il faut faire pour qu’elle soit produite, en d’autres mots, ses frais de production font sa rareté, bornent la quantité de cette chose qui s’offre à l’échange. Sa valeur s’élève d’autant plus qu’elle est plus demandée et moins offerte, et s’élève d’autant moins qu’elle est moins demandée et plus offerte. Ce principe est fondamental en économie politique ; il est confirmé par une expérience constante ; il est expliqué par le raisonnement. (Voyez mon Traité d’Economie politique , liv. II, chap. I.) Ce ne sont donc pas tes frais de production seuls, ce que M. Ricardo, d’après Smith, appelle le prix naturel d’une chose, qui règle sa valeur échangeable, son prix courant, si l’on veut exprimer cette valeur en monnaie. Lorsque les frais de production augmentent, pour que la valeur échangeable augmentât aussi, if faudrait que le rapport de l’offre et de la demande restât le même ; il faudrait que la demande augmentât aussi ; et il est de fait qu’elle diminue ; il est impossible, toutes ces circonstances étant d’ailleurs les mêmes, qu’elle ne diminue pas. La valeur échangeable ne peut donc pas monter comme les frais de production. C’est pour avoir perdu de vue ce fait constant, et par conséquent ce principe fondamental, que M. Ricardo a été entraîné, je crois, dans quelques erreurs, que je prendrai la liberté de relever dans l’intérêt de la science, et sans m’écarter des égards que mérite l’auteur par ses qualités personnelles autant que par ses talents. J.-B. Say.


prix variable des autres objets, a lui-même adopté une mesure tout aussi variable, en choisissant pour cela le blé ou le travail 1.
L’or et l’argent sont sans doute sujets à des fluctuations de valeur par la découverte de mines nouvelles et plus riches, mais ces découvertes sont rares, et leurs effets, quoique importants, se bornent à des époques d’une durée comparativement courte. Leur valeur peut aussi éprouver des variations par l’effet des améliorations introduites dans l’exploitation des mines et dans les machines qui y sont employées, ces améliorations produisant avec le même travail plus de métal. Enfin l’épuisement graduel des mines qui fournissent les métaux précieux, peut encore déterminer certaines fluctuations sur les marchés. Mais est-il une seule de ces causes de fluctuation à laquelle le blé ne soit également sujet ? Sa valeur ne varie-t-elle pas par les améliorations dans l’agriculture, dans les instruments aratoires, par le perfectionnement des machines, ainsi que par la découverte de nouveaux terrains fertiles, qui, livrés à la culture dans d’autres pays, ne peuvent manquer d’influer sur le prix des grains dans tout marché où l’importation sera libre ? D’ailleurs, le blé n’est-il pas sujet à hausser, par les prohibitions, par l’accroissement des richesses et de la population, et par la difficulté plus grande d’extraire un plus fort approvisionnement de blé des mauvais terrains dont la culture exige beaucoup plus de travail 2 ?
La valeur du travail n’est-elle pas également variable ; et n’est-elle pas modifiée, ainsi que toutes choses, par le rapport entre l’offre et la demande, rapport qui varie sans cesse avec la situation du pays ? n’est-elle pas encore affectée par le prix variable des subsistances et des objets de première nécessité, à l’achat desquels l’ouvrier dépense son salaire?
Dans un même pays, pour produire une quantité déterminée d’aliments ou d’objets de première nécessité, il faut peut-être dans un temps le double du travail qui aurait suffi dans une autre époque éloignée ; et il se peut néanmoins que les salaires des ouvriers ne soient que fort peu diminués. Si l’ouvrier recevait pour ses gages, à la première époque, une certaine quantité de nourriture et de denrées, il n’aurait probablement pu subsister si on la lui avait diminuée. Les substances alimentaires et les objets de première nécessité auraient, dans ce cas, haussé de cent pour cent, en estimant leur valeur par la quantité de travail nécessaire à


1La vérité est que la valeur des choses étant une qualité essentiellement variable d’un temps à un autre, d’un lieu à un autre, la valeur d’une chose (fût-ce celle du travail) ne peut servir de mesure à la valeur d’une autre chose, si ce n’est pour un temps et pour un lieu donnés. C’est pour cela que, pour chaque lieu, il y a, tous les jours, un nouveau prix courant des marchandises, et un nouveau cours du change (qui n’est que le prix courant des diverses monnaies). Une mesure invariable des valeurs est une pure chimère, parce qu’on ne peut mesurer les valeurs que par des valeurs, c’est-à-dire par une quantité essentiellement variable. Il n’en résulte pas que la valeur soit chimérique ; elle ne l’est pas plus que la chaleur des corps qui ne peut pas se fixer davantage. J.-B. Say
2M. Ricardo ne tient nul compte de la raison qui a été donnée pourquoi la valeur du blé a du être plus invariable que celle de toute autre marchandise. La population dans tout pays s’élevant et s’abaissant toujours en proportion des subsistances, le rapport entre la quantité de blé produite (quelle qu’on la suppose), et la quantité demandée, restant la même, la valeur échangeable a dû rester la même aussi. Le blé est un produit qui, par sa présence, crée ses consommateurs, et qui par son absence les détruit. On n’en peut pas dire autant de l’or. J.-B. Say


leur production, tandis que cette valeur aurait à peine augmenté si on l’eût mesurée par la quantité de travail contre laquelle s’échangeraient ces substances.
On peut faire la même remarque à l’égard de deux ou de plusieurs pays. L’on sait qu’en Amérique et en Pologne, sur les dernières terres mises en culture, le travail d’une année donne plus de blé qu’en Angleterre. Or, en supposant que toutes les autres denrées soient dans les trois pays à aussi bon marché, ne serait-ce pas une grande erreur de conclure que la quantité de blé payée à l’ouvrier doit être dans chaque pays proportionnée à la facilité de la production.
Si la chaussure et les vêtements de l’ouvrier pouvaient être fabriqués par des procédés nouveaux et perfectionnés, et exiger seulement le quart du travail que leur fabrication demande actuellement, ils devraient baisser probablement de soixante-quinze pour cent ; mais loin de pouvoir dire que par là l’ouvrier au. lieu d’un habit et d’une paire de souliers, en aura quatre, il est au contraire certain que son salaire, réglé par les effets de la concurrence et par l’accroissement de la population, se proportionnerait à la nouvelle valeur des denrées à acheter. Si de semblables perfectionnements s’étendaient à tous les objets de consommation de l’ouvrier, son aisance se trouverait probablement augmentée, quoique la valeur échangeable de ces objets, comparée à celle des objets dont la fabrication n’aurait éprouvé aucun perfectionnement remarquable , se trouvât considérablement réduite, et qu’on les obtint par une quantité bien moindre de travail.
Il n’est donc pas exact de dire avec Adam Smith ; « que puisque le même travail peut quelquefois acheter une plus grande, et quelquefois une plus petite quantité de marchandises, c’est la valeur des marchandises qui change, et non celle du travail. » Et par conséquent, « que la valeur du travail étant la seule qui soit invariable, elle seule peut servir de mesure fonda-mentale et exacte au moyen de laquelle on puisse en tout temps et en tout lieu estimer et comparer la valeur de toutes les denrées ou marchandises. » Il est cependant exact de dire, ainsi que Smith l’avait avancé auparavant, « que les quantités proportionnelles de travail nécessaires pour obtenir chaque objet, paraissant offrir la seule donnée qui puisse conduire à poser une règle pour l’échange des uns contre les autres ; » ou, en d’autres mots, que c’est la quantité comparative de denrées que le travail peut produire, qui détermine leur valeur relative présente ou passé, d non les quantités comparatives de denrées qu’on donne à l’ouvrier en échange, ou en paiement de son travail.
Deux marchandises varient, je suppose, dans leur valeur relative, et nous désirons savoir celle qui a subi cette variation, cette transformation. En comparant l’une d’elles avec des souliers, des bas, des chapeaux, du fer, du sucre et toutes les autres marchandises, on trouve que sa valeur échangeable est restée la même ; en comparant l’autre avec les mêmes objets nous trouvons, au contraire, que sa valeur échangeable a varié ; cela seul nous autorise suffisamment à dire que la variation porte sur cette marchandise déterminée et non sur tous les autres objets avec lesquels on l’a comparée. Si, en pénétrant plus avant dans toutes les circonstances relatives à la production de ces différents objets, nous reconnaissons qu’il faut la même quantité de travail et de capital pour produire des souliers, des bas, des chapeaux, du fer, du sucre, etc. ; mais que la production de telle marchandise désignée est devenue moins

coûteuse et moins lente, la probabilité se change en certitude. On peut dire alors hardiment que a variation de valeur retombe uniquement sur cette marchandise, et on découvre ainsi la cause de cette variation.
Si je trouve qu’une once d’or s’échange pour une quantité moindre de marchandise, et que, cependant, la découverte de mines nouvelles et plus fertiles ou l’emploi de machines plus parfaites permet d’obtenir une quantité déterminée d’or avec moins de travail, je suis autorisé à dire que les causes des variations de la valeur de l’or, relativement à celle des autres marchandises, sont, à la fois, une économie de main d’œuvre et un travail plus facile, plus rapide. De même, si le travail venait à baisser considérablement de valeur relativement aux autres objets, si l’on reconnaissait que cette baisse vient d’une abondance extrême de blé, de sucre, de bas, abondance résultant de moyens de production plus actifs, il serait exact de dire que le blé et les autres objets nécessaires à l’existence ont perdu de leur valeur par suite d’une diminution dans la quantité de travail consacré à les produire, et que ce que l’ouvrier gagne en se procurant plus facilement les moyens d’existence, il le perd par la baisse que subit bientôt le prix de son travail. « Non, non, s’écrient aussitôt Adam Smith et M. Malthus : vous aviez sans doute raison de dire, en parlant de l’or, que ses fluctuations se traduisent en réalité par un abaissement de valeur, parce que ni le blé ni le travail n’avaient encore varié ; et de plus, commet l’or achèterait une moins grande quantité de denrées, on pouvait en conclure hardi-ment que toutes les denrées étaient restées invariables, et que l’or seul avait changé. Mais, lorsque le blé et le travail, – les deux choses que nous avons adoptées comme mesure des valeurs, malgré toutes les variations auxquelles nous les reconnaissons assujetties, – lorsque, dis-je, le blé et le travail baissent, on aurait tort d’en tirer les mêmes conclusions : pour être dans le vrai, il faudrait dire alors que le travail et le blé sont restés stationnaires en face du renchérissement des autres choses.
Or, c’est précisément contre ce langage que je proteste. Je crois que la cause des variations survenues entre le blé et les autres objets, se trouve, comme pour l’or, dans une économie de main d’œuvre : aussi suis-je logiquement entraîné à considérer ces variations comme le résultat d’une baisse dans la valeur du travail et du blé, et non comme un renchérissement des choses contre lesquelles on les échange. Supposons que je loue pour une semaine le travail d’un ouvrier, et qu’au lieu de dix schillings je lui en donne seulement huit ; si, d’ailleurs, il n’est survenu aucune variation dans la valeur de l’argent, il se pourra que cet ouvrier obtienne avec son salaire réduit plus d’aliments et de vêtements qu’auparavant : mais ceci, il faut l’attribuer à un abaissement dans la valeur des objets de consommation de l’ouvrier, et non, comme l’ont avancé Adam Smith et M. Malthus, à une hausse réelle dans la valeur de son salaire. Et pourtant, c’est pour avoir caractérisé ce fait, en disant qu’il constitue, au fond, une baisse dans la valeur du travail, qu’on m’accuse d’avoir adopté un langage nouveau, inusité, et qu’on ne saurait concilier avec les véritables principes de la science. Quant à moi, je crois que les termes inusités sont précisément ceux dont se servent mes adversaires.
Admettons qu’un ouvrier reçoive par semaine un boisseau de blé à une époque où le prix du blé est de 80 sch. par quarter (2 h. 90 l), et que le prix descendant à 40 sch., on lui en donne un boisseau et un quart. Admettons encore qu’il consomme chaque semaine, dans sa famille, un demi-boisseau de blé, et qu’il échange le surplus contre d’autres objets, tels que le combustible, le savon, la chandelle, le thé, le sucre, le sel, etc., etc. ; si les trois quarts de boisseau qui lui resteront dans ce cas ne peuvent lui procurer autant de jouissances et de bien-être que le demi-boisseau dont il disposait autrement, dira-t-on encore que son travail a haussé de valeur ? Adam Smith insiste sur cette hausse, parce que son criterium est le blé, et que l’ouvrier reçoit plus de blé par semaine : mais Adam Smith eût dû y voir, au contraire, une baisse, « parce que la valeur d’une chose dépend de la faculté que transmet cette chose d’acheter les autres marchandises, » et que, dans l’hypothèse supposée, le travail a perdu de cette faculté.

 

 

Section II.

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Ali Benouari : « J’ai mis en garde contre le risque d’effondrement de l’Algérie » — Algérie Résistance


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Prof. Patrick Bond : « Les idées économiques obsolètes et la corruption personnelle sont étroitement liées en Afrique » — Algérie Résistance


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Zone euro : qui doit réformer d’abord, la France ou l’Allemagne ?


les-crises.fr

Par Romaric Godin

Emmanuel Macron propose de réformer d’abord la France pour pouvoir obtenir de l’Allemagne un cadre plus coopératif en zone euro. Mais l’urgence ne serait-elle pas plutôt de réformer l’Allemagne ?

Dans cette « super année électorale », deux chemins se dressent devant la zone euro : la poursuite de la situation actuelle fondée sur des ajustements unilatéraux et la compétition de tous contre tous au sein de l’union monétaire ou la réforme de son fonctionnement dans un cadre plus coopératif. L’issue de l’élection présidentielle française sera une étape déterminante pour l’issue de ce choix qui, par ailleurs, peut se résumer simplement ainsi : qui doit « réformer » en premier, la France ou l’Allemagne ?

La France devrait réformer d’abord

La plupart des observateurs français et la quasi-totalité des observateurs allemands estiment que c’est à la France de réformer d’abord. C’est, d’ailleurs, le choix qui est fait par Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! Dans un entretien à Ouest-France paru le 12 avril, ce dernier place la priorité dans les « réformes » françaises. Selon lui, tant que la France ne sera pas réformée, « on ne pourra pas retrouver la confiance des Allemands ». Et tant qu’on n’aura pas retrouvé cette confiance, pas question d’aller plus loin dans l’intégration. Grâce à la magie des réformes françaises, Emmanuel Macron espère ensuite arracher à Berlin un « budget de la zone euro contrôlé par un parlement de la zone euro » et lançant des investissements communs. Bref, le programme de Benoît Hamon, mais seulement après les réformes françaises.

Les mots utilisés par Emmanuel Macron dans son interview sont sans équivoque. C’est seulement une fois la « confiance » en la France revenue que l’Allemagne devra se réformer : « ensuite, il faut que l’Allemagne considère que sa situation elle-même n’est pas durablement tenable », explique l’ancien secrétaire générale de l’Elysée (je souligne). Bref, la clé réside donc dans la réforme française.

Les réformes françaises, prélude à une Europe plus coopérative ?

Cette priorité n’est pas anodine. Emmanuel Macron adhère ainsi à l’idée que l’essentiel des difficultés de la France vient de son manque de compétitivité, et que ce manque de compétitivité s’explique principalement par des effets « structurels » qui, pour être simple, se résument à une question de coût du travail. Ce qu’on appelle souvent « flexibilité » n’est qu’une façon d’évoquer le coût des licenciements, car il est en réalité, assez aisé à un employeur de licencier en France pour peu qu’il accepte d’en payer le prix. C’est donc un élément de coût du travail. De même, la consolidation budgétaire n’a d’autre fonction que de permettre des baisses d’impôts et de cotisations. Les « réformes » ne visent donc qu’à réduire ce coût du travail, perçu comme l’alpha et l’omega de la politique économique.

Une fois redevenue compétitive, la France ne présentera plus de « risque » pour le contribuable allemand qui, dès lors, pourra accepter de mettre en commun une partie de ses recettes fiscales. C’est ce qu’Emmanuel Macron et son soutien allemand, le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble, appellent la « confiance ». Faire en sorte que le besoin de solidarité disparaisse pour mettre en place la solidarité. C’est l’Europe au moindre coût pour les Allemands.

Double langage et leurre

Cette stratégie pose plusieurs problèmes. Le premier, et non des moindres, c’est qu’il est étrange de reconnaître que la position de l’Allemagne n’est pas tenable dès à présent, et ne rien proposer pour changer la donne immédiatement. Il n’est pas moins étonnant d’entendre Jean Pisani-Ferry, le principal conseiller économique du candidat, reconnaître que la politique européenne de 2010 à 2014 a été une « erreur » qui a conduit à une seconde récession parfaitement évitable, et proposer en même temps de se conformer à une architecture institutionnelle de la zone euro qui est le fruit de ces erreurs et qui les a même inscrites dans le marbre des traités : surveillance budgétaire renforcée, sanctions facilitées, pacte budgétaire et solidarité sous conditions d’austérité dans le traité du Mécanisme européen de Stabilité.

Ce double langage laisse inévitablement penser que la stratégie de réformes de la zone euro relève davantage du leurre que de la vraie volonté. En s’engageant d’abord dans les réformes françaises, sans exiger de réformes allemandes, le candidat d’En Marche ! accepte l’ordre établi de l’union monétaire. Il accepte sa logique d’ajustement unilatéral. Or c’est cette logique qui a échoué à partir de 2010 et qui a donné à beaucoup – non sans raison – le sentiment que l’euro n’était plus une monnaie protectrice.

Rétablir la confiance ? Mission impossible !

Car l’Allemagne sait parfaitement jouer sur le registre de la confiance que l’on perd aisément, mais que l’on retrouve difficilement. Il faudra faire preuve non seulement de volonté, mais aussi prouver des résultats. Et quand bien même ces résultats seront obtenus, alors il faudra encore sans doute en faire davantage. Si l’on observe les attitudes face à l’Espagne, au Portugal ou à la Grèce, on remarque que ces pays ne vont jamais assez loin dans les réformes. La Grèce en est l’exemple caricatural puisqu’on en est encore à réclamer des gages de confiance sous la forme de nouveaux plans d’austérité après sept ans d’ajustements. Mais l’Espagne, dont on loue tant les « réformes », qu’a-t-elle obtenu ? Deux ans pour réduire son déficit public au lieu d’une sanction immédiate. Et pas même la présidence de l’Eurogroupe qui semble devoir encore échapper à son ministre des Finances Luis de Guindos, alors que le pays n’a plus de représentants au directoire de la BCE et n’obtient aucun poste à responsabilité en Europe… L’Italie de Matteo Renzi a tenté d’obtenir des concessions en retour de ses « réformes » : elles lui ont été refusées. Pourquoi diable la France d’Emmanuel Macron obtiendrait davantage ?

Déni allemand

La réalité est plus cruelle : l’Allemagne n’accepte pas de se remettre en cause. Elle voit dans son succès économique le fruit de sa « vertu » et cette vision morale ne peut donc déboucher que sur l’exigence de se dresser en modèle. Il n’est qu’à voir les articles indignés de la presse conservatrice allemande sur les critiques d’Emmanuel Macron, pourtant modérées. Le directeur adjoint de la rédaction du Handelsblatt, le quotidien officiel du monde des affaires outre-Rhin, Hans-Jürgen Jakob, parle de « communication patriotique » du candidat pour contrer le FN « sous la forme d’un bashing de Teutons ». On peut voir ici un vrai refus de toute remise en cause de l’excédent courant allemand, qui s’élève à 8,6 % du PIB, soit 270 milliards d’euros, un record. Ce refus est également illustré par le dernier rapport du conseil des experts économiques allemands qui s’échine à prouver le caractère bénin de cet excédent.

Un poids pour la demande

Pourtant, cet excédent pose clairement plusieurs problèmes majeurs. D’abord, il est le symptôme d’une économie allemande qui vit en dessous de ses moyens. Le sous-investissement a été estimé par Marcel Fratzscher, le président de l’institut DIW de Berlin, à 100 milliards d’euros annuels. Cet investissement trop faible touche autant le secteur privé que le secteur public. En donnant la priorité à son désendettement, le gouvernement fédéral est allé très loin, refusant même d’utiliser la très faible marge de manœuvre que lui offre le « frein à l’endettement » inscrit en 2009 dans la Constitution. L’investissement public en a pâtit.

Dans le secteur privé, les entreprises allemandes investissent également trop peu. L’investissement productif a été ralenti par la position de quasi-monopole obtenue sur certains secteurs comme les biens d’équipements ou sur certains niveaux de gamme dans les biens de consommation. Dans ces secteurs, l’investissement nécessaire est minimal. Ailleurs, la modération salariale et les effets des « réformes » du marché du travail ont réduit l’incitation à augmenter la productivité et à investir. Car les salaires sont clairement encore sous-évalués outre-Rhin, et c’est aussi ce que dit l’excédent allemand. Certes, les rémunérations réelles se sont accélérées depuis 2014, avec trois ans de hausse à 1,9 %, 2,4 % et 1,8 %. Mais ces hausses sont encore trop faibles au regard de la quasi stabilité des salaires pendant la décennie précédente. Surtout que, en 2016, le rattrapage s’est singulièrement ralenti.

Un ajustement unilatéral plus difficile

Pas assez d’investissements, pas assez de salaires, c’est autant de moins pour la demande mondiale et celle de la zone euro. Globalement, cet excédent allemand est donc un frein à la croissance des partenaires commerciaux de l’Allemagne. Mais il y a pire : cet excédent rend quasiment impossible l’ajustement unilatéral au sein de la zone euro. Si l’Allemagne disposait encore de sa propre monnaie, son excédent conduirait à une forte appréciation de sa monnaie. Parallèlement, ce phénomène contribuerait à faciliter l’ajustement des pays en déficit. Dans une union monétaire, ce phénomène n’existe pas et seuls les pays en déficit doivent s’ajuster. Mais si l’excédent allemand continue de progresser, l’ajustement devient de plus en plus difficile, voire quasiment impossible. Rééquilibrer cette balance à coup de « réformes » est un leurre. Et lorsque que l’on observe l’évolution des soldes allemands avec les pays de la zone euro qui ont mené des politiques de « réformes », on constate que l’excédent allemand ne se réduit guère suite à ces politiques. C’est pour cette raison que réformer la France seule est une gageure.

Le refus de Bruxelles de sanctionner Berlin

Il conviendrait donc de mettre en place un système permettant de réduire les excédents excessifs en zone euro. En théorie, ce système existe puisque la Commission européenne peut demander des politiques correctrices depuis 2013 lorsque l’excédent courant dépasse 6 % du PIB. Mais si Bruxelles blâme régulièrement Berlin, elle n’engage pas une politique du même ordre dans ce domaine que dans celui des déficits. Rien n’oblige donc Berlin à investir et à dépenser plus, pas davantage qu’à favoriser un meilleur ajustement des salaires. La politique européenne est donc clairement déséquilibrée : elle instaure des plans de consolidation des déficits, sans en faire autant pour les excédents. Elle renonce à « réformer » ceux qu’elle juge « bons élèves », faisant porter le fardeau aux seuls « mauvais élèves ». La morale reste la règle.

Les maux de la France se règleront-elles par des « réformes » ?

Globalement, l’excédent allemand est bel et bien un problème plus urgent que les « réformes » françaises. En octobre dernier, une enquête réalisée auprès de 67 économistes européen par l’institut étasunien Center for Economic and Policy Research (CEPR) montrait que près des deux tiers d’entre eux jugeait inquiétant cet excédent. A l’inverse, les maux de la France pourraient ne pas être où on le croit. Le CEPR publie ce mardi 18 avril une note de recherche qui conclut qu’il existe « de nombreuses preuves qui soutiennent l’idée que le chômage de masse et la stagnation en France sont le résultat d’une demande inadéquate plutôt que de problèmes structurels sur le marché du travail ou d’une dette publique trop élevée. » La question de la « demande inadéquate » souligne à la fois la difficulté de la France à trouver un bon niveau de gamme et la faiblesse structurelle de la demande où l’Allemagne a sa part, comme on l’a vu. On voit mal alors comment une politique de baisse des dépenses publiques pourrait relancer cette demande, quand bien même seraient-elles compensées par des baisses d’impôts qui, souvent, viennent alimenter l’épargne.

La question du niveau de gamme de l’industrie est centrale. Monter en gamme suppose des investissements, notamment dans la recherche. La France dispose d’un outil assez performant dans ce domaine, le Crédit Impôt Recherche qui, cependant, ne se traduit pas par une montée de gamme de l’industrie. Il est vrai que l’Allemagne occupe une place prépondérante sur les marchés de cette gamme. Baisser le coût du travail serait-il alors la solution ? On ne saurait réussir une montée de gamme par ce biais qui, au contraire, à tendance à maintenir la France dans son point faible : un niveau de gamme moyen qui subit la concurrence directe des pays à bas coût. La solution réside sans doute plutôt dans le soutien public à des industries nouvelles et innovantes. C’est, en tout cas, dans cette voie que le Royaume-Uni, après le Brexit vient de se lancer avec un ambitieux plan industriel centré sur les industries nouvelles. Mais ceci, comme la relance de la demande, exige d’oublier la priorité donnée au désendettement par l’architecture de la zone euro mise en place après 2011. On pourrait aussi envisager un vaste plan au niveau européen, porté par la Banque européenne d’Investissement (BEI) pur porter ce type d’évolution dans l’ensemble de la zone euro.

Un choix erroné

Le choix de réformer la France sans réformer l’Allemagne ressemble donc à une erreur comme celle qui a été commise après 2010. C’est le signe, en réalité, de l’acceptation du statu quo actuel. Derrière les dénonciations de l’excédent allemand, rien de concret n’est engagé pour mettre en place une politique plus coopérative. Se contenter d’un « plus tard » ou d’une volonté de « rétablir la confiance » revient à donner à Berlin le pouvoir de décider à quel moment son excédent est trop élevé et à quel moment la France aura bien fait ses « devoirs ». Or, l’expérience prouve que l’Allemagne n’est pas décidée à changer de logique. La politique de réformes promise risque donc d’affaiblir la France sans permettre de renforcer la zone euro. C’est un scénario bien inquiétant.

Romaric Godin

Source : Le Mouvement Réel, Romaric Godin, 19-04-2017

Qui nous affame? De la crise financière à la famine organisée. L’Odieuse stratégie des riches.


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Ouvrage: Qui nous affame ? De la crise financière à la famine organisée.

L’Odieuse stratégie des riches

Auteur: Daniel Estulin

Année: 2014

Traduit de l’anglais par C. P. HENRY

 

 

Affirmons pour commencer que Wall Street n’est qu’ une mystification.
La vérité est ailleurs. C’est un parc d’attractions, un cirque ambulant,
avec ses jongleurs, ses danseuses du ventre, ses bonimenteurs, ses
chanteurs de second ordre et ses strip-teaseuses. Et nous, spectateurs
béats, sommes hypnotisés par le spectacle. On se plante devant l’estrade,
jour après jour, nuit après nuit, en prenant note des marges bénéficiaires,
des progressions, des incitations financières, des produits dérivés. Quelle
folie ! Combien de millions d’entre nous sont prêts à croire tout ce qui sort
de la bouche des experts en Bourse ? Se rend-on compte qu’un nombre
infime d’individus au sommet de la pyramide sont prêts à nous annoncer
n’importe quoi pourvu que nous investissions quelques euros que nous
n’ avons peut-être même pas dans ce gigantesque système de Ponzi ?
Ajoutons que pour la plupart des gens la seule vérité en matière
économique ne leur parvient que par le biais de la télévision.
Une génération entière de nos contemporains ne connaît rien à
l’ économie hormis ce qui leur est offert par Wall Street. Wall Street est
devenu la Bible, la révélation ultime. La Bourse américaine fait et défait
les présidents, les premiers ministres, les ministres des finances ou les
chanceliers de l’Échiquier. Essayons d’imaginer quelles seraient les
conséquences si l’on découvrait que toute la structure de Wall Street et
des marchés boursiers n’ était qu’ une imposture ? Une mauvaise blague
organisée par des individus peu recommandables ? Des individus prêts à
recourir à tout un arsenal de vieilles ficelles pour maquiller la vérité, afin
d’empocher des gains boursiers et financiers totalement artificiels.
Je voudrais que nous nous accordions d’abord sur quelques faits. Les
résultats de la Bourse n’ont absolument rien à voir avec la réalité.
L’économie repose sur des considérations centenaires, et non sur les
chiffres de clôture de Wall Street la semaine passée. Wall Street est une
attraction de foire qui ne devrait convenir qu’ à des enfants en bas âge.

L’idée fausse que nous entretenons tous à propos de l’économie découle
du fait que nous considérons qu’ il s’agit d’une affaire d’argent. La
richesse, pourtant, n’est pas déterminée par l’argent. Les statistiques
concernant les flux monétaires n’ont rien à voir avec les véritables
prévisions de richesse. C’est le développement de l’esprit de chaque
individu qui influe le plus sur la planète. Voilà la véritable mesure de
l’ humanité.
De ce fait, ce n’est pas l’argent, pas plus les statistiques ou une
quelconque théorie monétaire qui déterminent la manière dont fonctionne
une économie, mais un facteur physique. Et dans ce facteur physique, il
faut inclure le cerveau humain, radicalement différent du cerveau animal
puisqu’ aucun animal n’est capable d’inventer, seul l’homme est doté de
cette capacité. Et c’est ainsi que nous organisons notre système social par
l’ adoption de conventions sociales, qui dictent notre conduite en tant
qu’ êtres humains et produisent des effets physiques. En conséquence, si
nos conventions sont défectueuses, nous allons au-devant de sérieux
problèmes. Des problèmes prévisibles, en termes physiques.
Avant même d’analyser les points les plus subtils de la crise que nous
traversons, je voudrais que mon lecteur comprenne bien ceci : ce à quoi
nous assistons aujourd’hui dans le monde, c’est-à-dire la destruction
totale de l’économie mondiale, n’est pas un accident ni une erreur de
calcul résultant de combines de la part de politiciens maladroits. Cette
situation est la conséquence d’une stratégie conçue délibérément. Dans
un but bien précis. La raison en est que l’Empire a pris conscience du fait
que le progrès de l’humanité signifie la fin imminente de sa propre
hégémonie. Celui-ci ne peut survivre dans un monde où le progrès
scientifique et technologique se répand partout. L’Empire a besoin d’un
monde d’êtres humains abrutis et serviles, de moutons dociles ; c’est pour
servir cette cause que l’Empire entreprend de détruire les structures
fondamentales telles que l’état-nation, une assistance vitale qui sous-tend
le progrès de l’humanité. Il s’attaque délibérément aux États-nations, aux
pays indépendants, en visant les économies de ces nations afin de les
détruire dans le but de préserver son pouvoir. Une stratégie délibérément

conçue et appliquée.
Mais qu’ appelons-nous l’Empire ? Ce n’est ni un roi ni une reine
installés sur un trône en or massif. Les Empires sont au-dessus des rois.
Nous parlons ici d’un système de contrôle. Un contrôle de tout ce qui se
passe, opéré par le biais d’un système monétaire international aux mains
de grandes banques internationales. La mondialisation, on le constate,
n’ est rien d’autre qu’ un nouvel avatar de l’Empire. Elle est synonyme
d’élimination de l’état-nation, de l’éradication de la liberté, de l’ élimination
de tous les droits.

Le Fonctionnement de l’argent
C’est ici que nous abordons le problème de l’économie. L’économie n’a
rien à voir avec l’argent. Ce que vise l’élite, c’est un Empire. Trop d’entre
nous s’ imaginent que pour mettre en place un Empire, il faut de l’argent.
Ce n’est pas lui qui détermine la richesse ni l’économie. L’argent est un
instrument. Il n’influe pas sur le développement de la planète. Une
croyance erronée implique que l’argent exprime une valeur physique
intrinsèque. Une valeur s’exprime, non pas en tant que quantité mais
seulement en tant qu’ effets relatifs de la croissance ou de la décroissance
du potentiel physique relatif population-densité d’un individu dans une
société donnée. La valeur de l’argent ne réside pas dans l’ échange
individuel mais dans l’unité fonctionnelle, que l’on nomme dynamique
unificatrice, du processus social d’une nation.
Savez-vous ce qui influe sur le développement de la planète ? C’est
l’ esprit humain, l’intelligence. Voilà l’instrument capable de mesurer
l’humanité. Ce qui sépare l’homme de l’animal, c’est sa capacité à
découvrir des principes physiques universels destinés à accroître et
améliorer le pouvoir de l’homme sur la nature par kilomètre carré
d’espace. Cette capacité lui permet d’innover, en vue d’ améliorer ensuite
la vie des habitants de cette Terre. Le développement de l’ humanité, le
développement du pouvoir de l’individu et de la nation dépendent des
développements scientifiques, des découvertes scientifiques et du progrès
technologique.
En réduisant la productivité, en réduisant les infrastructures, en
limitant les inventions et la technologie, on provoque un effondrement de
la population. Tant que vous parvenez à maintenir les gens dans
l’ignorance et la surpopulation, une infime minorité sera en mesure de les
contrôler.

La crise monétaire que nous connaissons actuellement reflète
l’ incohérence imposée par le processus de destruction matérielle de
l’ économie. Cet effondrement n’ est pas la conséquence de la fluctuation
des marchés financiers. La crise financière résulte du fait que nous
dépendons d’un système hyper-inflationniste : si vous prenez en effet en
compte le montant total de l’argent censé être en circulation et tentez de
dégager le pourcentage de cette masse monétaire qui correspond à une
réalité physique, vous vous apercevez qu’ il est devenu infime, proche
même de zéro. Mais cela ne constitue pas la crise en soi ! La crise se
mesure à la production physique per capita. Et les ressources dont
dépend cette production s’effondrent.
L’avenir de l’humanité repose sur l’économie physique, les
transformations physiques du monde qui nous entoure. Je vous donne
un exemple. Imaginons un monticule de terre qui s’ avère riche en minerai
de fer ; si l’ on exploite ce minerai, qu’ on l’utilise pour produire du métal,
puis que l’ on utilise ce métal pour fabriquer de l’acier et que cet acier sert
à fabriquer des machines-outils afin de produire toutes sortes de choses,
des voitures, des trains, des engins spatiaux, des réacteurs nucléaires… À
chaque étape de ce processus, le produit issu de la transformation
présente plus de valeur pour la société et a plus de valeur en termes
physiques que le produit dont il est issu. Le produit final vaut plus que la
somme des apports.
Lorsque l’on met en place une infrastructure, nous réorganisons en
vérité l’espace-temps physique de la biosphère, afin de lui permettre
d’atteindre des niveaux de plus en plus élevés de densité du flux
énergétique.
Par conséquent, si l’ on parle d’un système que l’ on fait évoluer à des
densités de flux énergétique de plus en plus élevées, par exemple en
passant d’une économie fondée sur le charbon à une économie reposant
sur le pétrole, puis à une économie reposant sur le nucléaire, on accroît
la puissance de production du travail humain à chaque étape, et c’est
ainsi que se crée la véritable richesse. Les gens se livrent à des activités
de production. À quoi sert donc l’ argent dans ce cas ? Il n’ intervient que
pour faciliter les échanges, le commerce, entre les personnes qui
produisent. Il ne possède pas de vertus magiques. Ni de valeur
intrinsèque.
Si vous êtes agriculteur, vous produisez des céréales, mais vous n’avez
pas envie d’échanger votre récolte contre un tracteur avec votre

concessionnaire de machines agricoles. Alors il faut une solution de
rechange que nous appelons l’argent. On choisit dans le monde physique
un étalon qui servira à établir la valeur d’une certaine somme, ce qui
facilite les échanges entre les personnes. Mais la valeur n’est pas dans
l’ argent lui-même. La valeur réside dans la richesse physique que
représente cette somme d’argent. L’énorme erreur qu’ a fait l’Empire, et
que perpétuer le système bancaire, c’est affirmer que l’argent possède une
valeur, et que nous en voulons toujours plus. Et ainsi, parce qu’ il existe
aujourd’ hui un système de renflouement des banques, nous sommes
contraints de nous précipiter au secours du système bancaire, et pour ce
faire, de fermer définitivement les secteurs productifs de notre économie.
On ne peut se permettre une économie nucléaire parce que ceux qui
contrôlent l’ argent détruisent systématiquement la richesse de l’ économie
dans le but illusoire de maintenir la valeur de l’ argent.
Et quelles sont les conséquences d’une telle conduite ? En créant de
plus en plus d’ argent par ces opérations de renflouement, la valeur de cet
argent s’ effondre de façon spectaculaire jusqu’ à devenir pratiquement
nulle. C’est à ce phénomène que l’on assiste aujourd’hui. C’ est ce qu’ on
appelle l’ hyperinflation. Les banques centrales doivent faire marcher la
planche à billets sans discontinuer pour tenter d’ enrayer le mouvement.
C’est ce qui se passe aujourd’ hui. Nous sommes en train de détruire le
peu de richesse que nous possédions pour tenter de sauvegarder la valeur
de l’ argent, ce qui est d’ une imbécilité totale, et qui ne fonctionnera
jamais.

Pourquoi l’Empire est-il en train de
détruire le système financier mondial ?

La planète compte aujourd’ hui un peu plus de 7 milliards d’individus.
La Terre est une petite planète aux ressources naturelles limitées et
confrontée à une explosion démographique sans précédent. Les
ressources en eau et en nourriture commencent à se faire rares. Ainsi, si
l’ on en croit une étude de la mission GRACE de la NASA sur la gravité et le
climat, les nappes phréatiques de l’Inde ont perdu un cinquième de leurs
réserves au cours des deux dernières années[1]. Le secteur agricole de
l’ Inde utilise près de 90% des ressources totales en eau du pays. Le
problème de la rareté de l’ eau devient de plus en plus pressant, et l’ Inde
s’ apprête à connaître des pénuries de nourriture catastrophiques. D’ ici les
douze prochains mois, l’ Inde sera contrainte d’ importer de la nourriture.
Si l’ on prend en compte une population de 1,2 milliard d’habitants, les
maigres surplus alimentaires qui existent dans le monde vont fondre
dangereusement, ce qui accroîtra la situation mondiale, déjà précaire.
L’ élite du monde comprend parfaitement cela. David Rockefeller
comprend la situation. Les rois et les reines de la planète en ont bien
conscience. En l’ absence de progrès scientifique et technologique, on ne
peut soutenir un certain niveau de population car si une population
s’ accroît de plus en plus rapidement, il faut une technologie de plus en
plus complexe pour assurer sa survie. Néanmoins, avec le progrès
technologique, un système oligarchique ne pourrait survivre très
longtemps, où que l’on se trouve. Des nations qui favoriseraient le
développement créatif de l’ intellect au sein de leur population
produiraient des individus qui ne sauraient tolérer indéfiniment des
formes de pouvoir oligarchiques.
Par conséquent, du point de vue de l’ élite, si vous voulez contrôler les

ressources en eau et en nourriture, il est impératif de réduire la
population mondiale dans des proportions “gérables”. Sept milliards
d’individus aujourd’ hui, le double dans quelques décennies seulement,
c’est trop de bouches à nourrir. Voilà ce qu’ ont compris les Rockefeller et
consorts, même si cette problématique semble nous échapper. Pour que
l’ élite puisse s’asseoir aux meilleures tables, vous et moi devons mourir de
faim. La conclusion n’est-elle pas limpide ?

La réduction de la population
et les « limites à la croissance »
du Club de Rome
Le Club de Rome est l’institution mondiale la plus active en faveur de la
thèse d’une dépopulation malthusienne. Parmi ses membres, on compte
quelques-unes des personnalités les plus influentes de la planète. Comme
David Rockefeller, Michael Gorbatchev, le roi et la reine d’Espagne, la
reine Beatrix des Pays-Bas, le prince Philippe de Belgique. Fondé en avril
1968 par des hauts responsables européens du monde des Assurances, à
l’ origine suisses et vénitiens, le Club de Rome accueille les membres les
plus anciens de la noblesse noire de Venise, descendants directs des
familles vénitiennes les plus riches de toute l’Europe, qui contrôlaient et
dirigeaient Gênes et Venise au XIIe siècle.
Le Club a publié en 1972 un des documents les plus pernicieux de tous
les temps, Les Limites à la croissance, qui démontre que la planète sera à
court de ressources d’ici 40 ans. Pour que l’humanité survive, il est donc
impératif de remettre en cause notre style de vie et de réguler la
population mondiale.
Toujours selon le Club de Rome, et dans l’objectif de notre survie à
tous, l’ humanité doit réduire sa dépendance à la technologie, ralentir la
course au progrès, à l’ innovation et aux avancées technologiques, et
imposer à l’ échelle mondiale un régime de « désintégration contrôlée » de
l’économie.
« Depuis cette date, la thèse des Limites à la croissance a été intégrée
dans le monde entier par les gouvernements, les institutions
gouvernementales supranationales, les administrations chargées de
l’ éducation, les programmes universitaires et ainsi de suite, c’est-à-dire

qu’ elle transparaît désormais dans tous les aspects de la culture
populaire. Avec pour conséquences la désindustrialisation générale, des
guerres et le génocide auquel nous assistons aujourd’ hui[2]. »
L’objectif final étant l’ effondrement de l’économie mondiale, même avec
leur version de ressources « illimitées », qui exclut toute découverte
scientifique, ou le développement de nouvelles technologies
révolutionnaires. Si l’ on arrive à éliminer le jargon et la confusion qui
émaillent le rapport, celui-ci ne laisse que peu de doutes quant au
véritable objectif du Club de Rome : « En cherchant un nouvel ennemi qui
pourrait nous unir, nous sommes parvenus à la conclusion que la
pollution, la menace du réchauffement de la planète, la rareté des
ressources en eau, la famine et autres menaces pourraient faire l’affaire. »
Et la conclusion s’impose donc : « Le véritable ennemi, c’est l’ humanité
elle-même. »
Ainsi, les institutions internationales les plus influentes promeuvent
des politiques de régression dans le domaine technologique, et une
réduction de la population mondiale de plusieurs milliards d’individus,
c’est ce que j’ai appelé un génocide, vous l’ aurez compris.
Toutefois, avant d’ être en mesure de réduire la population et maîtriser
le troupeau, il est impératif de détruire l’ économie et la demande. Peut-être
vous demandez-vous pourquoi David Rockefeller et consorts tiennent
tant à détruire la demande ? Ne souffriraient-ils pas financièrement de
cette destruction ? La réponse est NON. Ils n’en pâtiraient pas le moins du
monde pour la simple raison qu’ils contrôlent déjà la majeure partie de la
richesse mondiale. Leur principal souci en cette période de l’ Histoire est
d’assurer la survie de leur espèce. Et, affirmons-le une fois de plus, pour
qu’ ils puissent survivre en ces temps de pénurie des ressources
naturelles, une grande partie d’entre nous doit périr. Nous avons tous
entendu parler de la Grande Dépression. Toutefois, la plupart des gens
ignorent tout de leur histoire et n’ ont pas les outils nécessaires pour
comprendre ce qui s’ est passé pendant cette période. Contrairement à ce
qu’ expliquent les livres d’histoire “officiels”, la Grande Dépression n’ est
pas l’événement qui a anéanti les capitalistes américains. Au cours de
cette période, les riches se sont enrichis en transférant simplement la
richesse des moins riches vers les poches de ceux qui étaient déjà nantis.
Voilà comment la Bank of America s’est adjugé des milliards de dollars
par le biais des saisies de propriétés entre 1929 et 1937. N’ allez pas
imaginer une seconde que les plus riches des nantis souffriront de

l’ effondrement qui nous guette. Les seuls à en pâtir, ce sont vous et moi.
La question se pose maintenant de savoir comment détruire la
demande. De toute évidence, en détruisant sciemment l’ économie
mondiale. Ou, en d’autres termes, par la désintégration contrôlée. C’est
précisément la pierre angulaire d’un autre document politique préparé
par une organisation différente de l’élite du monde : Projet pour les
années 80, publié par le CFR, le Council on Foreign Relations.
Désintégration contrôlée et démantèlement des concentrations
industrielles et scientifiques avancées de la planète. Le CFR, une des
institutions majeures de l’oligarchie aux États-Unis, qualifiait alors ce
projet « d’entreprise la plus importante de son histoire ».
« Les 33 volumes du rapport de la CFR ont servi de ligne directrice à
l’oligarchie, forte de son pouvoir, pour mettre en place son plan à partir
de la seconde moitié des années 70 jusqu’à la fin des années 80. Ainsi fut
générée une des modifications les plus cruciales de la politique en matière
d’économie et d’état-nation du XXe siècle — la révolution conceptuelle
qui annonce l’économie post-industrielle[3]. »
Quel sens donner à ce terme de « désintégration contrôlée » ? L’objectif
est de démanteler l’économie mondiale, mais de façon ordonnée et
contrôlée. Du moins l’oligarchie espérait-elle contrôler le processus. Dans
ce but, il s’avérait nécessaire pour les forces extérieures de provoquer des
crises susceptibles de mettre à mal l’économie de la planète : chocs
pétroliers, suspension des crédits, crise des taux d’intérêt ralentissant
fortement l’économie, jusqu’à ce qu’elle atteigne un taux de croissance
proche de zéro, ou même négatif. Simultanément, on assiste à la création
du marché au comptant du brut, des marchés de l’euro bond, ainsi qu’au
blanchiment de vastes quantités d’argent sale provenant du trafic de
drogue au travers de certaines banques parmi les plus influentes dans le
monde. Au cours des dernières années, certaines des plus importantes
institutions bancaires mondiales ont été prises la main dans le sac,
accusées d’avoir blanchi des milliards de dollars de bénéfices frauduleux
en provenance des mafias de la drogue par le biais de leurs coffres
réputés. Citons au hasard Wachovia Bank, HSBC, CitiGroup, et Coutts, la
banque privée de Sa Majesté la reine d’Angleterre.
Il existe une autre organisation étroitement liée au Club Bilderberg et
au Council on Foreign Relations, c’est la Commission Trilatérale, plus
connue sous l’appellation de Trilatérale. Mise en place en 1973, il s’agit
d’une initiative de David Rockefeller. Tous ses membres partagent la

même philosophie antinationaliste, qui vise à empêcher les forces
nationales, dans leurs pays respectifs d’exercer une influence sur la
politique. En établissant la Trilatérale, David Rockefeller désirait favoriser
« l’unité des pays industrialisés, afin qu’ensemble ils soient en mesure
d’atteindre leur objectif d’une structure économique et politique mondiale
plus intégrée[4]. »
La stratégie de David Rockefeller « révèle également un fait absolument
fondamental à propos de la richesse et du pouvoir : peu importe l’argent
dont dispose un individu, si celui-ci ne sert pas à s’emparer et à contrôler
les organisations qui produisent les idées et les politiques visant à guider
les gouvernements et les individus qui les servent, le pouvoir réel d’une
grande fortune n’atteindra jamais son potentiel de départ[5]. » En dépit de
la nature essentiellement financière des intentions et des méthodes de la
Trilatérale, son objectif politique n’a pas varié depuis 40 ans : « Quoique
la Commission s’intéresse essentiellement à l’économie, les membres de la
Trilatérale se sont fixé un objectif politique vital : s’assurer le contrôle de
la présidence des États-Unis[6]. »
Une des recrues les plus notables de la Trilatérale a été le candidat à la
présidence, et futur président, Jimmy Carter. En ce qui concerne le récit
de la sélection de Carter pour la présidence, je vous recommande la
lecture de La Véritable histoire du Club Bilderberg.
Une fois installé à la présidence des États-Unis, Jimmy Carter, le favori
de la Trilatérale, a instillé au sein de son Administration, et au nom de
l’oligarchie, le Projet pour les années 80 de la CFR. Les principaux
rédacteurs et responsables du Projet se sont retrouvés à partir de 1977
aux plus hautes marches du pouvoir pour prendre en charge le
gouvernement de Jimmy Carter. Deux des neuf directeurs du Projet,
Michaël Blumenthal et Zbigniew Brzezinski ont été nommés
respectivement aux postes de secrétaire au Trésor (l’équivalent du
ministre des Finances) et de conseiller à la Sécurité nationale. Le poste de
secrétaire d’État (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) a échu à
Cyrus Vance, qui avait dirigé un groupe de travail du Projet. Et Paul
Volcker, porte-parole du Projet « désintégration programmée » a été
bombardé président de la Réserve fédérale américaine.
« À partir de la semaine du 6 au 12 octobre 1979, Paul Volcker a décrété
une hausse des taux d’intérêt par le biais d’une augmentation du taux
des fonds fédéraux ainsi que de certaines catégories d’exigences de
réserves imposées aux banques commerciales. Il a poursuivi

cette politique jusqu’ à ce qu’ en décembre 1980, les principaux taux de
prêt des banques commerciales américaines atteigne 21,5%[7]. »
« Les conséquences de cette politique, se sont avérées rapides et
catastrophiques, surtout parce que l’oligarchie avait eu recours à deux
canulars à propos du pétrole dans les années 70, résultant en une
hausse phénoménale du cours du brut. Aux États-Unis, de vastes pans
de la production industrielle et agricole s’effondrèrent. Entre 1979 et
1982, la production des secteurs suivants de l’industrie manufacturière
américaine a subi des pertes selon les proportions per-capita indiquées :
équipement pour l’usinage du métal, en baisse de 45,5% ; bulldozers, en
baisse de 53,2% ; secteur automobile, baisse de 43,3% ; aciéries, en
baisse de 49,4%[8]. »
Cela n’annoncerait-il pas une avancée majeure vers une société postindustrielle?

Bien évidemment, l’histoire était en marche.

Le rêve de Franklin D. Roosevelt
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Empire était encore très
faible, l’Europe était en ruine, et les États-Unis étaient devenus, et de
loin, la nation la plus puissante de la planète. Et sous la présidence de
Roosevelt, comme il l’avait déclaré à plusieurs reprises à Churchill, les
États-Unis ne s’étaient pas engagés dans la guerre pour préserver
l’Empire britannique, les Britanniques devaient y renoncer de leur propre
gré, ce qui constituait pour eux une menace très réelle. Ils ont ainsi
décidé, dès la mort de Roosevelt et dès qu’ils ont senti qu’ils allaient
gagner la guerre, que les Alliés allaient l’emporter, de saper la puissance
des États-Unis. L’Empire ne pouvant battre les États-Unis sur le plan
économique ou militaire, ils s’en sont pris à la domination politique et
culturelle américaine. En réalité, ils ont tout fait pour pousser l’Amérique
au suicide, en utilisant des traîtres au sein des banquiers de Wall Street,
ainsi que les Brahmanes de Boston, le noyau dur de l’establishment
américain, pour fomenter ce suicide économique. Ils ont ainsi provoqué
l’arrêt du grand bond en avant que le pays était en train d’accomplir vers
une économie nucléaire, le programme « des atomes pour la paix ». Le
projet a été abandonné. Ce qui a pris sa place, c’est l’ère de l’information,
la réorganisation des journaux, les ordinateurs et les magouilles
financières.

« Les mesures de protection mises en oeuvre du temps de Roosevelt ont
été systématiquement démantelées, favorisant le passage de l’industrie
américaine d’une puissance industrielle vers une économie fondée sur les
services et la spéculation. Les États-Unis sont ainsi devenus une nation
de consommateurs plutôt que de producteurs, l’industrie manufacturière
étant externalisée vers des pays où la main-d’oeuvre s’avérait moins chère,
sous le prétexte fallacieux que cela rendrait l’Amérique plus compétitive,
alors que la véritable conséquence était la destruction de la nation. Sous

prétexte de « l’économie de marché et de la mondialisation, les États-Unis
ont fait de leur économie un paradis de la spéculation, de l’établissement
de cartels et d’entreprises géantes, qui prêtent allégeance non pas à la
nation, mais à des financiers[9]. »
Mais comment tout cela a-t-il pu se passer ?

Bretton Woods et le
canular pétrolier des années 70
Le 1er juillet 1944, le président Franklin Delano Roosevelt décide
d’organiser une Conférence monétaire et financière des Nations unies
dans la cité balnéaire de Bretton Woods, New Hampshire, dans les salons
du Mount Washington Hôtel. Cette conférence réunissant 44 pays a établi
ce que nous appelons désormais le système monétaire de Bretton Woods,
un accord de traité international dont l’objectif était de réguler le
commerce mondial et la stabilité monétaire et financière de la planète.
Une des clauses majeures des accords de Bretton Woods concerne la
création d’un système de fixation des taux de change des devises entre les
nations signataires.
Dans le cadre de cette clause de Bretton Woods, un taux standard
d’échange basé sur le cours de l’or a été établi, le dollar américain étant
assujetti au cours de 35 $ l’once d’or. « Après la guerre, la valeur de la
livre britannique, du franc français, de la couronne suédoise, de la lire
italienne, et après 1948 du mark allemand, a été fixée pour tous à un
taux proportionnel, reconnu et plus ou moins permanent, par rapport à la
devise américaine[10]. » Les accords de Bretton Woods éliminaient ainsi
totalement le risque de pertes financières catastrophiques qui pourraient
résulter d’opération spéculatives sur les devises.
Les taux de change devaient ainsi varier en fonction du dollar ou de
l’or. À la condition, bien sûr, qu’il eût été nécessaire de résoudre un
conflit entre nations, car si un pays refusait votre devise, il pouvait choisir
l’or au taux fixé. Le commerce international s’en trouvait donc
parfaitement stabilisé, ce qui était une nécessité à l’époque puisqu’une
grande partie de la planète pansait ses plaies et avait besoin de se reconstruire.

C’est sur ces bases économiques solides que le monde à l’orée de la
Seconde Guerre mondiale a été reconstruit, sous l’impulsion de la
puissance industrielle des États-Unis[11].
« À l’issue de la guerre, le dollar s’est imposé comme la seule devise
majeure, soutenu qu’il était par l’économie industrielle la plus puissante
et productive du monde, la plus grande nation commerciale, et celle qui
possédait les réserves en or les plus vastes pour épauler le dollar. Le
dollar américain, en résumé, était la seule monnaie qui valait,
littéralement “son poids en or”. Les réserves en or de l’Europe avaient
depuis longtemps été épuisées par le coût de la guerre.
L’objectif était d’encourager les gouvernements signataires à ne pas
dévaluer leur devise en actionnant la planche à billets ou en créant des
déficits, problème majeur nuisant à la stabilité dans de nombreux pays
d’Europe au cours de la période d’après-guerre. De plus, la garantie d’un
taux de change fixe devait faciliter la reprise du commerce international
dans les meilleurs délais[12]. »
La conférence de Bretton Woods est également à l’origine de la création
du Fonds monétaire international (le FMI) et de la Banque mondiale, «
avec pour objectif spécifique de gérer les problèmes économiques des
pays industrialisés, principalement en Europe, ravagés par la guerre[13]. »
Dans l’optique de Roosevelt, le FMI et la Banque mondiale devaient
s’engager à prêter également des fonds à des pays récemment libérés du
joug colonial afin qu’ils puissent se développer par eux-mêmes.
La perspective était un monde dans lequel chaque nation serait libre de se
développer pour le bien de ses citoyens. Tel se présentait le système de
Bretton Woods, malgré les efforts de l’oligarchie pour saboter ses travaux,
par le biais d’individus comme John Maynard Keynes, un des
économistes britannique les plus connus « qui avait adhéré à l’idéologie
fasciste en 1938, et dont le système monétaire reposait sur l’Empire
britannique[14]. »
Toutefois, l’oligarchie européenne était déterminée à démanteler le
système mis en place par Roosevelt pour l’ère d’après-guerre
annonciatrice de la décolonisation à l’échelle planétaire. Les Britanniques,
par l’intermédiaire d’Harold Wilson ont porté les premiers coups visant à
affaiblir et détruire le système de Bretton Wood vers le milieu des années
60, mais il faut attendre 1971 et Richard Nixon pour en sceller le destin.
À partir de cette date, tout est en place pour l’élimination du système de

taux de change fixes, qui favorisait le développement productif et
l’investissement réels. À partir de 1971, le monde bascule entre les mains
des spéculateurs.

La fin de Bretton Woods
« La guerre du Vietnam dans les années soixante portera le coup fatal au
système de Bretton Woods. Les déficits publics colossaux engendrés par le
financement de cette guerre impopulaire ont permis aux banques
centrales étrangères d’accumuler de vastes réserves de dollars par le biais
de ce qu’on a appelé le marché Eurodollar. Après 1965, les banques
centrales européennes, surtout la Banque de France, se sont mises à
convertir de plus en plus de ces réserves de dollars en or de la Trésorerie
américaine[15]. »
Fin 1969, l’économie américaine renoue avec une dépression majeure.
En 1970, l’administration Nixon, appuyée par la Réserve fédérale, a
relâché sa politique monétaire en vue de réduire les taux d’intérêt et de
stimuler la croissance dans le pays. Les spéculateurs internationaux sur
les taux de change ont réagi immédiatement en lançant une attaque
généralisée contre le dollar.
En août 1971, les réserves en or officielles américaines avaient fondu
de moitié par rapport à celles de 1958. En théorie, si toutes les banques
centrales avaient exigé de l’or en échange de leurs réserves en dollars, les
États-Unis auraient dû faire face à une banqueroute totale. Les accords
de Bretton Woods sur le taux de change et l’or étaient au bord de la
rupture.
« Dans les premiers jours du mois d’août 1971, la Trésorerie américaine
a reçu des informations concernant un projet d’entente des banques
centrales européennes sur ce qui restait des réserves d’or officielles des
États-Unis. Une attaque concertée qui devait être menée par la Banque de
Grande-Bretagne et la Banque de France. Mais avant la date prévue pour
cette offensive, le président Nixon a annoncé, le dimanche 15 août 1971,
à un monde frappé de stupeur que la Réserve fédérale américaine cessait
purement et simplement d’honorer ses obligations spécifiées dans les
accords de Bretton Woods de racheter des dollars contre de l’or. Le dollar,
à l’instar des autres devises importantes du monde, serait désormais
flottant[16]. »
C’est le président Nixon qui, en rompant le lien de convertibilité entre le
dollar et l’or, a précipité le démantèlement « du système de Bretton
Woods, et pavé la voie au genre de manipulations que nous avons

connues depuis. Fluctuation des monnaies, « crises » pétrolières et plus
récemment tous les types de bulles imaginables. Ces dernières coïncident
avec la formation du groupe Inter-Alpha, un groupe bancaire oligarchique
dirigé par David Rothschild, responsable de la bulle financière récente, et
qui a pris les commandes en remplacement des accords de Bretton
Woods.
Le système de Bretton Wood favorisait la stabilité, et si votre objectif est
de plonger le monde dans le chaos, votre première tâche est de détruire
les éléments de la stabilité. Comment ferez-vous pour éliminer la stabilité
des marchés ? D’abord, vous vous débarrassez des taux de change fixes,
des échanges de devises, puis vous cooptez la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international pour en faire des agences de l’Empire,
jetant à la poubelle les objectifs primordiaux de Roosevelt, qui étaient d’en
faire des agences de décolonisation.

Le FMI et la Banque Mondiale
On estime généralement aujourd’ hui, et en cela on a tort, que les
objectifs primordiaux de la Banque mondiale et du FMI, dont les États-
Unis demeurent le principal contributeur financier et seul détenteur d’un
pouvoir de veto, sont les mêmes qu’à l’origine. Il s’agissait à leur création
de favoriser le développement et de pallier à la pauvreté dans le tiersmonde,
mais dans la pratique, ces organismes ont aggravé
l’appauvrissement et la déchéance de millions de gens par le biais d’un
programme de prêts baptisé « Programme d’Ajustement Structurel » (PAS),
qui a réussi à ajouter au fardeau des nations emprunteuses en termes de
dette, d’intérêt, de stagnation et d’instabilité.
Le résultat le plus frappant des prêts d’ajustement structurel de la
Banque mondiale et du FMI, c’est que l’argent prêté aux pays sans
ressources est utilisé pour le remboursement immédiat d’intérêts aux
institutions bancaires occidentales. Ce n’est pas innocent car la Banque
mondiale et le FMI font aujourd’hui office d’agents du nouveau système
colonial.
Les PAS ouvrent la voie à la libéralisation des économies africaines et
autres, ce qui implique que les entreprises étrangères sont encouragées à
s’approprier des secteurs définis de l’économie. Les pays les moins
favorisés du tiers-monde n’ont d’autre choix que de se plier aux mesures
drastiques exigées par la Banque puisque ces mesures, selon les propres
termes de la Banque Mondiale, s’avèrent « essentielles pour maintenir la
croissance et la stabilité économique », remplissant un des objectifs
fondamentaux de l’oligarchie qui demeure acheter à vil prix pour revendre
très cher.

1973 : La rencontre de Bilderberg
et le projet de canular pétrolier
Au cours des premiers mois de 1973, le dollar chute, tandis que les
économies de la France, de l’Allemagne et du Japon commencent à
prospérer. À la même époque, le mark allemand avait déjà dépassé de
beaucoup la livre britannique et, vers juillet-août, était en passe d’affirmer
son hégémonie face à un dollar américain chancelant.
C’est au mois de mai 1973 que le groupe Bilderberg organise une
conférence dans la station balnéaire de luxe de Saltsjobaden, en Suède. «
Certains membres de l’élite proche des centres bancaires et financiers de
New York ont décidé qu’il était grand temps d’élaborer un choc
spectaculaire en vue de renverser la direction prise par l’économie
mondiale, même au prix d’une récession de l’économie américaine, dont
ils se souciaient peu tant qu’ils continuaient à contrôler les flux
financiers[17] ».
La pièce maîtresse sur l’agenda de cette conférence Bilderberg a été à
l’origine du choc pétrolier de 1973 : une augmentation prévue et
imminente de 400% du cours du brut de l’OPEP. Si l’on en croit
l’économiste William Engdahl, « le thème de toutes les discussions n’était
pas de savoir comment, nous, un groupe de représentants parmi les plus
puissants du monde industrialisé, pourrions convaincre les pays arabes
de l’OPEP de renoncer à une telle augmentation des cours du pétrole brut.
En réalité, les membres présents à la conférence se sont simplement
demandé comment ils pourraient bien utiliser cette manne de pétrodollars
qui ne manquerait pas de remplir les coffres des banques à Londres et à
New York en provenance des revenus pétroliers de l’OPEP.

« Le choc pétrolier intervient deux ans après la décision de laisser flotter le dollar, alors que celui-ci chute lourdement, parce que l’économie
américaine commence à présenter des ruptures spectaculaires avec la
période qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, où les États-
Unis représentaient une puissance industrielle de premier plan, et où les
réserves en or étaient en corrélation parfaite avec le reste de l’économie[18].»

 La vraie raison de la hausse
de 400 % du cours du brut

La hausse de 400 % du cours du brut en 1973-1974 a sauvé le dollar.
Le dollar a continué de flotter sur une mer de pétrole. Une nouvelle fois, il
faut se souvenir que Richard Nixon avait rompu le lien entre le dollar et
l’or de façon unilatérale en août 1971, et qu’à la suite de cette décision, la
devise américaine avait plongé de quelque 40% face aux principales
monnaies d’échange, comme le mark allemand ou le yen japonais. Ce qui
a sauvé le dollar, ce qui a sauvé Wall Street et la puissance du dollar en
tant qu’entité financière, mais sans sauver l’économie américaine, loin de
là, c’est la hausse de 400 % du cours du brut décidée par l’OPEP.
Le choc pétrolier a donné un coup d’arrêt à la croissance en Europe,
étouffé le processus d’industrialisation des pays en développement dans le
tiers-monde, qui jouissaient pourtant d’une dynamique de croissance
rapide au début des années 70 et il a fait pencher de nouveau la balance
du pouvoir du côté de Wall Street et du dollar au sein du système
monétaire.
Cette opération visait à inaugurer un processus systématique de pillage
de la véritable richesse productive des grands pays de la planète, l’Arabie
Saoudite et tous les autres pays du Golfe n’étant plus que des États
fantoches sous la domination de la City de Londres.
Comment pouvez-vous affirmer cela, me demanderez-vous ? Eh bien, il
faut savoir que « le marché du brut est contrôlé non par l’OPEP mais par
l’Empire britannique par le biais de la domination des géants de
l’industrie pétrolière qui constituent le cartel international du pétrole. Ces
sociétés qui contrôlent le transport, la transformation et la distribution
des produits pétroliers, ont la mainmise sur la partie physique du marché
du pétrole, tandis que les prix dépendent des marchés financiers. Cet

arrangement permet une désynchronisation des cours du brut et de l’offre
et de la demande, et s’est révélé extrêmement profitable pour les
financiers qui contrôlent l’Empire[19]. »
Ce canular pétrolier est à l’origine d’un volume énorme de transfert de
richesse, surtout vers les pays de l’OPEP, ce que l’on appelle depuis les
pétrodollars, mais tout cet argent a immédiatement pris le chemin de
Londres et de Wall Street où il a été géré. De cette façon, l’oligarchie
financière s’est servie de ce tour de passe-passe dans les centres
financiers importants pour s’assurer la mainmise absolue sur le crédit
mondial et veiller à ce que celui-ci ne serve plus au développement.
Cette manne financière a servi à « fonder des opérations visant à
transformer les États-Unis de l’intérieur, ce qui incluait la prise de
contrôle du système bancaire américain et la cartellisation, déguisée sous
les termes de fusion/acquisition, des entreprises américaines. Wall Street
s’est transformée en un gigantesque casino, les paris sur les instruments
financiers remplaçant l’investissement, rompant ainsi tout lien avec la
réalité économique. Dans le même temps, les pétrodollars servaient à
financer des opérations de guerre culturelle contre les Américains eux-mêmes,
afin de les rendre aveugles aux dégâts engendrés par le processus
de transformation, ou même à les persuader qu’il s’agissait là d’un
véritable progrès[20]. »
« Cette manipulation du choc pétrolier de 1973-1974, qui a introduit la
spéculation financière dans les marchés du brut par le biais du marché
au comptant, a entraîné la création d’un vaste pool de pétrodollars grâce
auquel la City de Londres a été à même de mener sa guerre contre les
nations. Ces pétrodollars, mêlés aux bénéfices tirés du trafic de drogue
orchestré par l’empire britannique, « Dope, Inc. », sont à l’origine de la
restructuration de Wall Street dans les années 70, ouvrant la voie aux
obligations à risques des années 80, puis aux produits dérivés des années 90[21].

Comment fonctionne un marché au comptant

Avant le déclenchement de la guerre israélo-égyptienne en 1973, le prix
du pétrole brut était fixé par des contrats à long terme entre nations, par
exemple entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite dans lequel le cours du
brut au travers des compagnies pétrolières était fixé à 10$ le baril
pendant des années. Ce prix ne pouvait être changé et ne fluctuait donc
pas. Que s’est-il passé ensuite ? La guerre israélo-palestinienne a servi de
prétexte pour déclencher un embargo sur le pétrole contre les États-Unis
et certains autres pays. Afin de s’approvisionner en brut, l’oligarchie a mis
en place un marché au comptant à Rotterdam où les États-Unis et les
autres pays figurant sur la liste noire allaient acheter du brut, mais en le
payant au cours du marché. Le marché au comptant était né ; un
mécanisme qui permettait d’acheter et de vendre du pétrole au cours
supporté par le marché.
Tout ce bel arrangement était savamment orchestré : la création d’un
marché au comptant et ses conséquences, la flambée des prix du brut.
Dès que le cours du brut a flambé, dès que cette manne de pétrodollars a
commencé de s’accumuler en Europe, s’est créé le « marché de
l’Eurodollar ». Ainsi a décollé le processus à la base de l’Empire financier
responsable d’une véritable opération de guerre financière contre les
États-nations au bénéfice de Wall Street. « Plus tard, le choc pétrolier
servit à promouvoir l’idée que les États-Unis “consommaient trop”
d’énergie et qu’il fallait se restreindre… En même temps, grâce aux
mesures combinées de “conservation” de l’énergie, des prix en hausse et
des pénuries organisées, la base industrielle américaine s’est réduite,
remplacée par le canular de l’Ère de l’information post-industrielle[22]. » De
nouveau nous abordons le sujet des mesures tendant à créer une société post-industrielle.
De nos jours, le cours du pétrole brut est déterminé par la spéculation
dans les marchés à terme et ce cours s’avère beaucoup plus élevé que si
l’on fait la somme du coût de l’extraction, du transport, du raffinage
auquel on ajouterait le prix des produits issus de ce raffinage. Cela peut
sembler surprenant, mais près de 60% du cours du brut actuel est le
résultat de la spéculation organisée par les grandes banques
commerciales et les fonds spéculatifs par le biais des bourses du pétrole à
Londres et New York.
Il s’agit donc bien d’une gigantesque escroquerie financière qui a servi à
l’Empire pour mener son offensive de prise de contrôle de la planète. « Les
effets de cette offensive sont devenus clairs aujourd’hui. La bulle financière a éclaté, et ce grand moteur financier qui était censé remplacer
l’industrie en tant que moteur économique de l’avenir n’a pas plus de
substance que les habits neufs de l’empereur. Que nous reste-t-il
désormais ? Un système bancaire en faillite au sommet d’une ; carcasse
rouillée d’économie ; nous ne dépendons plus que de cartels d’entreprises
multinationales, que d’aucuns appellent la « World Company », pour la
plupart des choses indispensables à notre vie[23]. »

Produits dérivés, prêts hypothécaires
et bulle spéculative

suite…

histoireebook.com

 

 

« Enrico Macias ruiné, une leçon à retenir pour vous tous !! »


A la une, Politique et économie

 L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Si notre Enrico national est en procès, je ne ferai pas le sien ici car ce n’est pas l’objectif. Mon but c’est de vous montrer à travers cet exemple que même lorsque l’on est conseillé, que même lorsque l’on est « riche » à millions, pour ne pas dire à dizaine de millions, on peut se faire « tarter » comme un bleu, et c’est exactement ce qui est arrivé à notre Enrico.

Enrico a beau dire et clamer pour les besoins du procès que « j’ai été volé », je ne partage pas mais alors pas du tout cet avis et vous allez vite comprendre.

Retour sur les faits pour comprendre de quoi nous parlons et ce qui est arrivé à notre star !

Voilà l’essentiel de l’explication avancée par l’AFP sur ce dossier.

« Le procès pour escroquerie de la Landsbanki Luxembourg, filiale d’une banque islandaise emportée par la crise en 2008, a débuté mardi avec plusieurs témoignages de plaignants. Plus d’une centaine de clients, dont le chanteur Enrico Macias, estiment avoir été floués. Pour certains le préjudice dépasse les 40 millions d’euros.

Retour sur les faits : à l’été 2007, la banque fait signer à des propriétaires de biens immobiliers en France – souvent en mal de liquidités – des offres alléchantes de prêts. Ces dernières entraînent le placement de leur maison, villa ou appartement sous hypothèque. Les propriétaires obtiennent ainsi un prêt (en argent frais, mais également sous forme de placements censés couvrir les intérêts) correspondant à la valeur des biens. Cela pour au moins 500 000 euros.

À l’époque, Enrico Macias cherche plusieurs centaines de milliers d’euros pour effectuer des travaux dans sa villa de Saint-Tropez (Var). Découvrant ce montage séduisant, il emprunte 35 millions d’euros à la banque et hypothèque sa maison. Problème, la « crise des subprimes » éclate quelques mois plus tard. La maison-mère est emportée par la crise financière puis nationalisée, comme toutes les grandes banques islandaises. La Landsbanki Luxembourg fait faillite en 2008 et sa liquidatrice entreprend de recouvrer non seulement les sommes effectivement versées aux emprunteurs, mais aussi la totalité des créances, quitte à vendre ou menacer de vendre les biens hypothéqués. »

Ce qu’il s’est passé expliqué simplement

Bon, allons à l’essentiel et soyons simples. L’idée de ce montage proposé par la banque islandaise était très « simple » en soi.

Vous avez une maison d’une valeur de 150 000 euros. Vous avez besoin d’argent ? En échange d’une hypothèque sur votre maison (si celle-ci est déjà intégralement payée évidemment et pas hypothéquée ne serait-ce que partiellement par ailleurs), alors je vous prête disons… 100 000 euros (en tant que banquier ou « escroc » au choix), je prends une petite marge de manœuvre au cas où.

Puis vous faites ce que vous voulez de ces 100 000 euros. Dans ce cas précis, certaines personnes ont emprunté en hypothéquant leur maison pour renflouer leur entreprise par exemple, voici une petite nuance que l’on peut garder en mémoire pour plus tard.

Tous les autres, Enrico en tête, voulaient faire des travaux pour quelques centaines de milliers d’euros – mais finalement il va emprunter pour 35 millions d’euros, 35 !!! Alors qu’il n’en avait pas besoin.

Pourquoi diable va-t-il donc faire cela notre Enrico national ?

Simplement parce qu’en face, la banque lui propose de placer les 35 millions d’euros prêtés dans des placements qui vont, disons, rapporter du 10 ou 12 % un peu à la « Madoff » évidemment, puisque qui dit gros rendement, dit… gros risques !!

Et c’est ainsi qu’Enrico a cru qu’il allait pouvoir s’enrichir facilement, sans travailler, sans effort, en étant propriétaire de sa maison, en l’occupant, en y faisant ses travaux avec de l’argent qu’il n’avait pas mais qui ne lui coûterait rien, car avec ce montage génial où il empruntait la totalité de la valeur de sa maison pour placer cet argent qu’il n’avait pas, l’effet de levier serait considérable…

Évidemment, comme toutes les « trop » belles histoires, généralement, cela se termine mal. Pourquoi ?

Simple : on ne peut pas s’enrichir réellement sans rien faire.

Pourquoi donc Enrico est ruiné ?

Il a péché par appât du gain !

Et de vous à moi, je ne plaindrai aucune victime de cette banque ou presque à commencer par Enrico qui peut jouer l’éploré dans son coin. La réalité c’est que depuis la nuit des temps, le lucre, le veau d’or, bref, peu importe le symbole, les religions, les morales vous mettent en garde contre cette volonté d’enrichissement sans limites qui fait perdre les repères et le bon sens.

La catastrophe est toujours, toujours au bout du chemin.

Lorsque l’on dispose d’une maison d’une valeur de 35 ou 40 millions d’euros, somme que jamais, jamais 99 % des Français ne pourront avoir, et que l’on se retrouve ruiné, on ne peut que s’en prendre à soi-même.

A-t-il été mal conseillé ?

Sans doute.

A-t-il été « escroqué » ?

Sans doute.

Est-il responsable de ce qui lui arrive ?

À 100 %, et sans réserve aucune.

Que devez-vous retenir pour vous ?

Vous n’êtes pas des victimes ! Vous êtes responsables de vos choix financiers, de vos placements, de vos décisions. Ne vous en remettez pas à vos conseillers, à des vendeurs.

Souvent, vous me dites « oui mais je n’y connais rien », ou encore le célèbre « les placements ce n’est pas mon truc, je suis prof de lettres moi / artiste / peintre / infirmière (rayez les mentions inutiles), alors je suis bien obligé de m’en remettre aux gentils conseillers bancaires, de la compagnie d’assurance, privé, ou commerciaux vendeurs d’immobilier et autres artifices de défiscalisation »…

Eh bien si vous considérez que vous n’y connaissez rien, et que vous ne vous donnez pas la peine d’y connaître quelque chose, alors vous ferez au mieux des placements pas terribles, et au pire des âmes pas vraiment charitables se chargeront de vous faire les poches.

Votre argent. Votre responsabilité. Ce n’est pas la faute des autres. C’est la vôtre. Ceci est peut-être choquant, mais je vous assure que c’est la vérité et Enrico en est un exemple saisissant, car il peut se rouler par terre, il y a des chances qu’il perde vraiment sa maison, car le juge, qui, lui, gagne 3 000 euros, va avoir du mal à croire qu’Enrico qui n’avait pas besoin d’une telle somme n’avait pas bien saisi ce à quoi il s’exposait. Du coup, comme il n’avait pas saisi grand-chose, son esprit a été saisi quand il a appris sa saisie… et il a du mal à se ressaisir. (Vous admirerez au passage mon allitération saisissante !!)

Règle 1 : vous êtes responsables de vos décisions

Autre piège, évidemment, l’appât du gain. Si vous voulez pousser à l’extrême la logique de la rentabilité et du rendement, alors vous vous exposez inévitablement à une prise de risque exponentielle.

Je vous invite toujours à conserver cette approche du couple « rendement-risque » et de placer votre curseur là où vous ne risquez pas de perdre votre chemise.

Pour vous donner un exemple, jamais, jamais vous ne me ferez hypothéquer ma maison pour acheter une voiture par exemple ou partir en vacances !! C’est une opération par définition trop risquée, et aucun profit potentiel ne justifie un tel risque car dans un tel cas, le couple rendement-risque est très défavorable, car si cela se passe mal on se retrouve dehors avec femme et enfants… Pas top en gros comme perspective.

Donc on s’abstient !

Règle 2 : on ne court jamais à tout prix derrière les gains et le rendement

Enfin, le dernier grand risque qui fait perdre chaque année beaucoup d’argent à beaucoup de gens, c’est évidemment les impôts ! Ou plus précisément l’aversion aux impôts.

Les impôts c’est pas bô ! Les « zimpôts » c’est trop cher, les « zimpôts » c’est horrible.

Certes. Et je ne vous dirai pas le contraire.

Sauf qu’acheter un appartement clapier en périphérie d’une grande ville dans laquelle vous n’avez jamais mis les pieds à 200 000 euros, que vous serez obligé de louer pendant 12 ans, avec des loyers encadrés et des revenus de vos locataires également encadrés le tout pour économiser 3 000 euros d’impôts c’est bien, mais pour économiser 3 000 € par an, il faut que vous en dépensiez 200 000 !! N’oubliez jamais cela, car nombreux sont les fauchés de la défiscalisation immobilière et actuellement cela continue encore et encore avec les fameux « Pinel » qui sortent de terre un peu partout en France pour le plus grand bénéfice des promoteurs, des notaires, de l’État, des vendeurs et des entreprises de commercialisation et des constructeurs… Votre bénéfice à vous est évidemment très secondaire, car vous êtes la contrepartie (version pudique) ou la vache à lait si vous préférez (version réalité tendance « trash »).

C’est d’ailleurs pour cette raison-là et pour vous protéger et vous montrer qu’il est possible de défiscaliser en achetant de l’immobilier sans forcément passer par les « Pinel » que j’ai consacré la lettre STRATÉGIES du mois d’avril aux différentes méthodes de défiscalisation immobilière. Vous pouvez vous abonner ici si le sujet vous intéresse, et en tout cas ne vous lancez pas dans de telles opérations sans faire un grand travail de recherche et d’analyse… Vous allez en prendre pour 15 ans de crédit, et 200 000 € : cela mérite de prendre le temps de la réflexion !

Règle 3 : on n’achète jamais, jamais une défiscalisation !!

Une carotte fiscale doit rester une carotte, l’idée n’est pas de finir par vous faire « carotter » !

N’oubliez pas ces 3 règles.

Votre argent, votre responsabilité.

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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Source AFP via Boursorama ici