Qu’est-ce qu’être français ?


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Ce fut l’objet de disputes, et l’on eut, comme il faut le savoir, une proposition de loi, au début  de la Révolution Française, pour changer ce nom qui sentait l’aristocratie germanique, en celui de Gaule. Ce dernier terme était d’usage latin (Gallia), et l’on peut en effet, dans toute l’Europe, et, outre, en Orient, la Galilée (cf. la  qualité de Galiléen attribuée au Christ et à l’apôtre Pierre), le retrouver, comme il est advenu à l’auteur de ces lignes, en pays kurde iranien, tout comme sont familiers en ce dernier les noms de Kerman, à savoir Germain, telle la ville kurde de Kermanshah portant le nom de « roi du Kerman » ou autres lieux homonymes ! La couleur blonde naturelle des femmes y est, du reste, fort notable. L’on peut parler des Gaules, jusqu’à la Galicie hispanique ou autrichienne, du Portugal au pays de Galles ou chez les Wallons, Germains de langue française, comme l’a si bien dit un intrépide homme d’esprit !
Celui de Français ou de Franks serait, tout comme le premier, asiatique et dans sa polémique avec le dit Père de Tournemine, Jésuite breton académicien professeur de Voltaire à Louis-Le-Grand, l’illustrissime savant saxon Leibniz, dans une dissertation sur l’origine des Français, fait remonter pareille souche venue d’Asie à une population aux bords de la Mer Baltique et dans l’actuel Golfe de Finlande qui aurait suivi la voie côtière du plat pays, glacière et ainsi franchi quelque rivière des Lys, au nord des Gaules, comme il fut noté, pour donner son nom, si l’on lit bien les cartes du temps de François premier, à une mince région entourant Paris.

Le livre illustrant l’éclat des Franks est, pour les doctes, le monument littéraire en huit livres du moine picard des dits XI-XIIe siècles, Guibert de Nogent (dont on ne sait rien hormis son autobiographie, qui pourrait être un faux pieux) historien de la première croisade intitulé : « Les actions de Dieu par les Francs », Gesta Dei per Francos ! Et chacun, pour rédiger un catéchisme national, de définir la France, en effet,  par une sorte d’élection divine. Cette idée est toujours courante, sauf que le chœur se renforce : à côté des vieux-croyants de moins en moins  audibles se font entendre les chœurs de cette république avec laquelle est officiellement, non sans quelque touche de ridicule, confondu le pays de France.

Chacun, Zemmour en premier, cite la jeune Pucelle dont la vie est une légende d’État, et qui symbolise avec la France, en serait l’incarnation : il n’appartient pas de toucher à ce mythe qui, pour le positiviste Auguste Comte, devait remplacer celui de Napoléon. Rappelons que le fameux « frère » Léon Gambetta, dont on cite le cri de guerre repris d’un sectaire plus obscur : « le cléricalisme voilà l’ennemi » s’empressa ailleurs de donner cette directive : « ne touchez pas à Jeanne d’Arc ! », celle que Shakespeare estimait, dans la première partie de son drame Henri Six, Acte V, une fausse bergère, « mais issue de la lignée des rois » !

« À se demander si le mot de France ne se confondrait pas avec l’utopie envahissante d’une secte voulant s’affranchir de la nature pour dicter ses lois au monde. »


But issu’d  from the progeny of kings (vers 38)
C’est dans cette optique cosmopolite républicaine et impériale, dont la francophonie est l’ombre, que la dispute célèbre se tint après cette guerre de 1870, que l’Empire Français désirait, entre Ernest Renan et son collègue allemand historien Leopold von Ranke, si j’ai bonne mémoire, sur la réalité nationale. Il en résulta une dissertation publiée en 1882, au jargon tout maçonnique intitulée : « Qu’est-ce qu’une nation ? », dont la réponse tenait en la formule creuse, du type de ce que sera  l’Algérie Française ou volonté de « vivre ensemble » ! Pour le bon sens, au contraire, du même type que celui que Voltaire attribue au Westphalien Candide, nation et nature ont la même racine, celle d’une naissance ou d’une large famille, qui implique une diversité de ressemblances, le même et l’autre liés et jamais opposés, une unité dont la personne du chef est l’incarnation ! Cela vaut pour toutes les espèces humaines, mais l’exception française veut qu’il y ait une élection particulière, une capacité de former, selon le mot connu de Spinoza décriant les passions excessives et aveugles mues par l’imagination et non réglées par la raison, « un empire dans un empire » (imperium in imperio) (Préface au livre troisième de son Éthique). Les tribuns républicains et leurs tuteurs monarchistes dans la suite maçonnique de la lignée des Orléans, cultivant le souvenir de Philippe-Égalité, appellent cela une exception française ! À se demander si le mot de France ne se confondrait pas avec l’utopie envahissante d’une secte voulant s’affranchir de la nature pour dicter ses lois au monde.
Les guerres intestines, conséquence d’un rêve français

Nos poètes de cour, que l’ont pourrait dire officiels, ont célébré ce nom de France en le rattachant à une capacité de vaincre ou du moins d’apaiser des factions toujours renaissantes. L’imagination qui en contait l’origine pouvait être outrée, comme dans la Françiade de Ronsard publiée en 1573 :


Muse qui tiens les sommets du Parnasse
Guide ma langue et me chante la race 
Des rois François issus de Francion

Enfant d’Hector, Troyen de nation.


Cependant, le meilleur poème politique et national demeure, pour sa clarté et les leçons qu’on en peut tirer en ce temps d’assombrissement laissant présager des troubles, voire, selon le mot de l’ex-Président Hollande, une partition territoriale, quelque instabilité durable entraînant des interventions étrangères,  telle que celle des Nations Unies, la Henriade de Voltaire : chaque faction prend les armes, protestants, catholiques ou ligueurs, comme on les appelait. Tout leur sert de lieu d’affrontement, églises, temples et une synagogue même permettant à Voltaire de se montrer toujours aussi incisif et mordant, mais juste. Ce mouvement ramène à la question des destinées de la France. De Gaulle la voyait, en nordiste qu’il était, incliné à la rêverie, et au symbolisme poétique, venir l’écrivait-il, « du fond des âges », comme dans une Légende où les héros meurent souvent sur scène, selon le mot profond de Wagner rappelé par un ami corse, car, précisait le plus noble des musiciens-poètes  d’Allemagne – le plus grand homme après le Christ disait-il de lui, avec la disposition de se connaître soi-même, l’humanité ne les mérite pas. Chacun connaissait, avant que le Q.I. des maîtres polissons ne baisse, les pages inspirées par l’esprit plus imaginatif que réaliste de de Gaulle, monarchiste-républicain, comme l’a montré sa fin malheureuse, pour ne pas dire plus, ayant cédé devant une troupe de jeunes crétins avantageux aujourd’hui confesseurs des maîtres au pouvoir.  Est-ce à dire que la France est une construction plus nominale que réelle ?

Il peut, expliquait le journaliste Emile Girardin, coexister plusieurs France : une France allemande, italienne, etc. et il en vantait le paradoxe inconnu aux autres puissances. Mais cela implique une relative stabilité ou prospérité, laquelle, une fois disparue, pour user du langage des philosophes, retourne à l’état de nature. Un État fort est à cet égard nécessaire pour tenir cet agrégat, de même qu’une lourde fiscalité qui fut le trait français le mieux observé en Europe, notamment par l’école des juristes de Bologne au début des Temps Modernes. Il est à redouter, à cet égard, que la vie française, outrant des principes républicains, n’établisse l’égalité des conditions sur un paupérisme encadré. Nous voilà revenu au temps de la Terreur, dans les plis du drapeau tricolore dont un frère Ragon, dans son Catéchisme maçonnique, paru  au temps de la Restauration, sous les frères du roi-martyr, eux mêmes ayant prêté serment à la secte omnipotente, expliquait les couleurs respectives par les usages de cette Société identifiée avec la République. La France serait-elle l’échafaudage abandonné de cette maison de la culture du « être-ensemble », comme un être qui ne respirerait jamais naturellement, mais artificiellement ?
Pourquoi s’étonner alors des soubresauts périodiques de notre France, légende enterrée auprès de laquelle jouent les petits et grands enfants de la République !

Pierre Dortiguier

Jean-Loup Izambert : « Il faut briser le mur du silence imposé par les puissances occidentales »


Olivier DemeulenaereRegards sur l’économie

Interview de Jean-Loup Izambert (avril 2018) France-Irak Actualité : La presse mainstrean boude vos derniers ouvrages d’investigation. Pourquoi ? Jean-Loup Izambert : La censure s’est exercée sur les deux tomes de 56 et sur Trump face à l’Europe. L’envoi systématique de communiqués à près de 600 journalistes de médias français, la présentation du contenu des ouvrages afin de faciliter […]

via Syrie – Jean-Loup Izambert : « Il faut briser le mur du silence imposé par les puissances occidentales » — Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

Dr. Melvin Goodman : « Nous n’avons évidemment rien appris de la défaite au Vietnam il y a quarante ans » — Algérie Résistance


Dr. Melvin Goodman. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre incontournable “Whistleblower at the CIA: […]

via Dr. Melvin Goodman : « Nous n’avons évidemment rien appris de la défaite au Vietnam il y a quarante ans » — Algérie Résistance

Humour Factuel !


insolentiae.com/

par Charles Sannat

Ce milliardaire chinois qui rachète Mercedes

!!! Das pas drôle du tout !!

Ce milliardaire chinois qui rachète Mercedes !!! Das pas drôle du tout !!

Bon, je ne boude pas mon plaisir.

Je vous annonce depuis quelques mois que la progression de la Chine a été la suivante.

C’est une montée en gamme.

Quand on monte en gamme, on part d’en bas. On commence par les faibles valeurs ajoutées.

On fait du textile et de la houille ! J’exagère à peine.

Puis nous avons en face une civilisation brillante, millénaire ! S’imaginer qu’ils n’allaient que coudre quelques tee-shirts et faire du tricot, c’était justement faire preuve d’arrogance néocoloniale.

Alors les Chinois ont commencé à concurrencer les pays moyens de gamme comme la France, l’Angleterre ou même les États-Unis.

Pendant ce temps, les Allemands (bénis soient-ils car l’Europe c’est la paix blablablabla) trouvaient la mondialisation véritablement exquise. Au fur et à mesure que nos industries mourraient, les leurs prenaient les parts de marchés supérieures, laissant la qualité inférieure à la compétitivité chinoise.

Arrogants, nos amis allemands nous faisaient la leçon.

L’Europe et l’euro c’est la paix et c’est irréversible on vous dit !

Et puis un jour, les Chinois, qui décidément étaient une civilisation brillante et millénaire, se sont mis à racheter Mercedes… Et là, nos amis germains trouvèrent la mondialisation nettement moins drôle.

Alors vous allez voir que petit à petit, les idées “trumpistes” que les bien-pensants vous vomissent vont trouver des partisans nettement plus nombreux… y compris chez Merkel !

C’est triste à dire, mais pour que la France s’en sorte, il n’y a que deux solutions : soit nous sortons de l’Europe et de l’euro, soit nous aidons les Chinois à laminer un peu plus vite les Allemands – avec un peu de chance, les ennemis de nos ennemis sont nos amis… ou quelque chose comme ça !

Charles SANNAT

“Li Shufu, ce milliardaire chinois qui, après avoir racheté Volvo, s’attaque à Mercedes

Le milliardaire chinois était déjà propriétaire du suédois Volvo. Il détient maintenant 10 % de Daimler (Mercedes). Une prise de participation à la hussarde qui jette le désarroi au sein du groupe allemand, déjà lié à l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors.

L’homme est secret. Le chinois Li Shufu veut se construire un empire automobile, avec une obstination qui égale sa discrétion. Ce milliardaire de 54 ans, fils de riziculteurs pauvres, a amassé des actions Daimler sans avertir personne. Et le voilà devenu vendredi, à la surprise générale, le premier actionnaire du groupe allemand, en montant à hauteur de 9,69 %. Moyennant 7,5 milliards d’euros. Le propriétaire à 100 % du constructeur suédois Volvo Cars (depuis 2010) veut ainsi compléter sa panoplie et accéder aux technologies du propriétaire des prestigieuses voitures Mercedes mais aussi des non moins célèbres camions de la firme à l’étoile. Daimler est le numéro un du haut de gamme auto et le premier fabricant mondial de poids lourds. Une belle prise.

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Carbone connexion – Le casse du siècle


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Ouvrage: Carbone connexion – Le casse du siècle

Auteur: Robert Aline 

Année: 2012

À mes co-enquêteurs,
Naka, JP, Bo, Alan, Nathan, Richard et Mike

 

 

Avertissement
Les sources de cet ouvrage ont d’abord été des sources ouvertes amassées ces trois dernières années, notamment sur les registres européens du carbone. Beaucoup de ces données ont été analysées avec talent par mes confrères danois Bo Elkjaer et John Mynderup, pro du data journalisme, qui ont partagé avec moi les fruits de leur enquête.
Mais les grandes lignes, comme les détails de cette fraude gigantesque proviennent de sources confidentielles. Elles appartiennent à trois cercles bien distincts. Celui de la finance carbone d’abord, qui a été le théâtre de l’arnaque. Celui des fraudeurs et de leurs proches, ensuite. Et enfin du milieu judiciaire, toutes branches confondues, la défense comme le parquet, les enquêteurs comme les avocats.
Des sources multiples, qui ont souvent pris du recul et des risques par rapport à leur fonction pour témoigner du scandale, et qui doivent donc rester anonymes.
Cette enquête est aussi un témoignage, qui veut rendre compte d’une fraude sur laquelle l’État préfère fermer les yeux plutôt que de reconnaître sa responsabilité dans les coupes franches faites dans les finances publiques. Les fraudeurs présumés poursuivis par la justice ne sont donc pas cités sous leur identité réelle, mais sous un prénom d’emprunt, afin de préserver la présomption d’innocence. Comme le précise la Convention Européenne des Droits de l’Homme, « toute personne accusée d’une infraction est
présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie ». Ce qui n’est le cas de personne en France dans le cadre de la fraude à la TVA sur le carbone, à l’heure d’impression de ce livre.

 

Prologue
Un soir de juin 2009, le bouclage s’étire en longueur dans mon journal, La Tribune. Comme souvent dans ce cas, la tension monte. « Tu vas encore mettre le journal en croix avec ton obsession du CO2 » crie mon chef, Christophe, qui commence à être un brin nerveux de l’autre côté du plateau « open space ». Je tente de gagner du temps. « Écoute, il se passe un truc, je passe encore un coup de fil. » J’ai encore une demi-heure pour tenter de comprendre. Le marché du CO2, le petit dernier de la place parisienne, a visiblement un gros problème : il est fermé. Ce qui n’arrive jamais. C’est même à cela que l’on bâtit la réputation d’une place de marché : sa fiabilité. Il y a forcément un os. Et un gros. « We have a technical problem that will be solved within 24 hours » m’assure le chargé de communication de Bluenext, Keiron, un anglais non francophone – une drôle d’idée pour la dernière place de marché franco-française.
À Bercy, au ministère de l’Économie et des Finances, les communicants ne l’entendent pas de la même oreille. « Ah oui, ils vous disent ça, et bien c’est ce qu’on va voir ! Il y a une fraude énorme sur ce marché, on va quand même pas les laisser rouvrir. » C’est visiblement la panique. Au milieu du ring, la Caisse des Dépôts, actionnaire de Bluenext et responsable du registre du CO2, ne veut surtout pas réagir.
« Nous n’avons rien à dire pour l’instant. » J’appelle un ami dans une banque, qui travaille sur le CO2. Il est tout aussi interloqué, mais il a entendu parler de choses étranges. « Il y a des mails qui circulent, une histoire de fraude à la TVA. Et puis nous, on est sans cesse appelés par des gens qui ne connaissent rien au CO2. Ils ont l’accent des banlieues, ils ne connaissent même pas le vocabulaire du marché. »
Et il y a aussi les volumes échangés. En un an, ils sont passés de quelques centaines de milliers à plus de 15 millions de quotas par jour. Du jamais vu sur une matière première, encore moins sur du CO2. Et forcément : Bluenext est la première place du marché de cette nouvelle matière première, c’est la première fois que des hommes tentent de donner un prix à ce gaz qui accélère le réchauffement climatique.
Bluenext, qui n’arrêtait pas de se féliciter de son succès, préfère désormais se taire. Une façon de confirmer ce qu’ils récusent officiellement : il y a un vrai problème. Une fraude gigantesque. Je boucle le petit papier fissa, en prenant des pincettes. Le sujet mérite d’être fouillé, me dis-je.
L’enquête va se poursuivre durant trois ans. Sur les matières premières, ma spécialité, les arnaques se font d’ordinaire discrètes. Les manipulations de cours et autres abus de position dominante sont légion, mais sous le manteau. Cette fois, c’est autre chose : ce n’est pas les gens du métier qui ont bidouillé le marché. Ce sont des quidams. Mais des milliers de quidams.
Quelques jours plus tard, Bluenext rouvre. Et il ne se passe… rien. Ou presque. Les volumes échangés sombrent comme un soufflé au sortir du four. La TVA a été supprimée sur les quotas de CO 2, ce qui limite visiblement… leur attrait. Supprimer un impôt parce qu’il est fraudé : en voilà une réaction étrange au premier abord. Elle est en fait très rationnelle. L’État avance la TVA aux entreprises qui vendent un bien, elles doivent ensuite la lui restituer. Un mécanisme imaginé pour diminuer les problèmes de trésorerie des petites boites : ce n’est qu’en fin d’exercice qu’elles doivent s’acquitter de l’impôt.
Le revers du mécanisme, c’est qu’il permet de piquer directement dans la caisse de l’État ; il suffit pour ça d’organiser de fausses transactions. Par exemple acheter puis vendre un téléphone portable, non pas pour récupérer une petite marge de 5 %, comme les intermédiaires le font dans le secteur des télécoms, mais pour récupérer la TVA. Une opération illégale, mais nettement plus lucrative : elle autorise un bénéfice de 19 à 25 % de la valeur du bien, selon les pays européens. Pour cela, il faut acheter hors taxe dans un autre pays, puis vendre taxe comprise dans son pays d’origine. Et disparaître
avant que le fisc ne s’en aperçoive. Et ne voit rouge. Car il ne s’agit pas de manque à gagner pour le Trésor, mais de coupes franches et nettes dans le budget de l’État. Les États avancent en effet systématiquement la TVA aux entreprises qui vendent. Si Darty achète des téléphones portables à un petit intermédiaire, il les achète, TVA comprise. L’État rembourse ensuite à Darty la taxe, et attend que
l’intermédiaire s’acquitte de sa TVA. Sur les quotas de carbone, les intermédiaires sont partis, par dizaines, avec la TVA qu’ils devaient à l’État. Les fraudeurs sont ainsi parvenus à empocher des milliards d’euros.
En France, les premiers suspects de cette escroquerie sont arrêtés en 2009 et 2010. Entre temps, des chiffres sont mis en face de cette fraude. Elle est titanesque. Europol l’évalue à 5 milliards d’euros. Trois ans plus tard, des experts l’estiment plutôt au double de ce montant, voire au quadruple.
Et personne n’en parle. La fraude est invisible. L’impunité des services de l’État qui l’ont laissée proliférer est totale.
Pourtant, de vrais millions ont changé de main. De vrais escrocs profitent de dizaines, voire des centaines de millions d’euros indûment gagnés. De vrais projets d’hôpitaux, d’écoles, de routes, n’ont pas été financés pour les mêmes raisons. Pourtant, le risque pénal de la fraude s’avère minime. S’ils sont arrêtés, les fraudeurs risquent, au maximum 7 ans de prison, dont ils font à peine la moitié. Soit 3 ans de prison contre des dizaines de millions d’euros. Aucun vol à main armée portant sur des sommes
équivalentes n’a jamais été constaté ; mais pour le casse d’une agence bancaire, les voleurs encourent facilement des peines de prison d’une quinzaine d’années… la rançon de la violence propre aux casses à mains armées. Mais il serait illusoire de croire que la fraude à la TVA sur le carbone s’est déroulée sans violence. Il y a des victimes, au sein des hommes de paille à qui l’on fait porter le chapeau. Et aussi parmi les proches des fraudeurs. Il y a enfin des meurtres. L’argent de la fraude est de l’argent sale, il fait
vivre un monde dans lequel la loi du plus fort est la règle : celui du crime organisé. En donnant des ailes aux hors la loi, les États se sont tiré une balle dans le pied. Et l’arme pointe toujours en direction de leur jambe.
Car le carbone a dévoilé au grand jour une défaillance qui perdure : les États ne savent pas se protéger contre cette fraude. En France, la TVA représente un pactole de 10 milliards d’euros par an pour les escrocs, selon un rapport parlementaire. Au niveau européen, ce sont plus de 100 milliards qui passent chaque année des caisses des États à des comptes en banque éparpillés dans les paradis fiscaux.
Des montants qui donnent le tournis. Et qui méritent qu’on s’y attarde. Qui sont ces hommes qui volent des milliards ? Comment opèrent-ils ? Où termine l’argent volé ? Pourquoi personne ne s’interpose au pillage des finances publiques européennes ?

 

Chapitre un
L’invention du jackpot

Des panneaux solaires au carbone
« Le tramway, encore une belle idée verte. » Coincé dans le trafic, malgré son deux-roues, Frédéric peste au milieu des embouteillages qui transforment le sud de Paris en champ de foire. Nous sommes au printemps 2006, les travaux de la ligne 3 du tramway se terminent, ce dont Frédéric n’a cure. Il se rend à la porte de Versailles, ce qui l’excite moyennement. Direction le parc des Expositions, un lieu mi-glauque mi-beauf, blindé de provinciaux endimanchés venus vendre leurs chaudières à granulats pour le Salon des
Énergies Renouvelables. Pas exactement la tasse de thé de Frédéric, sorti jusque tard dans la nuit la veille dans une boite sur les Champs. Mais justement. Entre le loyer de l’appartement à Levallois et l’école des enfants, la pression monte. Il doit foncer sur le nouveau coup à la mode, les panneaux solaires.
– Les télécoms, ça commence à puer, lui a assuré son cousin Marcel la veille. Trop de monde sur le coup, trop de risques dans les tournées camions qui trimbalent la marchandise d’un pays à l’autre. Il est temps de changer de crémerie, et surtout de lâcher le réseau EuroMountain. La société luxembourgeoise
au coeur du trafic de téléphones va finir par se faire repérer vu les drôles de questions que les douaniers commencent à poser aux gens de la filière.
C’est le côté rageant de la fraude à la TVA : à peine le business bien huilé, il faut tout recommencer à zéro. Changer les hommes de paille, changer de boite, changer les adresses, histoire que tout disparaisse dans la nature. EuroMountain a déjà extorqué des millions, en revendant TVA comprise des téléphones
achetés hors taxes dans d’autres pays d’Europe. Depuis Schengen et la disparition des frontières, tromper les douaniers sur les quantités et la destination de marchandise qui passent d’un pays à l’autre est devenu un jeu d’enfant. Mais sur les téléphones, tout le monde le fait désormais. Il est grand temps de se calmer.
Donc direction le sud de Paris. Frédéric gare sa moto en plein milieu du trottoir sans même y penser ; ça fait longtemps qu’il ne paie plus la moindre amende. Avec les contacts qu’il a chez les poulets, ce serait le comble. Puis il fonce droit vers l’allée qui l’intéresse : celle des panneaux solaires. L’idée est de tâter le terrain, voire de rencontrer des acheteurs susceptibles de… tomber dans le panneau. Dans le sud de la France, des « turbins » ont déjà commencé apparemment : les mecs achètent des panneaux en
Espagne hors taxe, et les vendent taxes comprises à des intermédiaires dans l’Hérault et le Gard, à des artisans souvent. Ensuite, ils se débrouillent pour récupérer les subventions des collectivités locales à leur compte. L’ensemble est un peu lent et fastidieux du goût de Frédéric, qui vise plutôt de gros volumes.
L’idéal serait de vendre des panneaux solaires dans la grande distribution… mais bon, il ne faut pas rêver. Il avise un installateur de panneaux solaires, et commence à discuter affaires sérieusement, avec ce regard perçant, mais sérieux qui rassure ses interlocuteurs.
– Vous faites des marges, vous, sur les panneaux installés chez le client ?
– Ah non, quasiment pas, au contraire ! Les panneaux sont déjà très chers, donc il faut qu’on marge ailleurs… c’est plutôt sur leur installation qu’on parvient à s’en sortir.
– C’est vrai que c’est tout le problème. Ça vous intéresserait d’avoir des produits légèrement moins chers ? J’ai de très bonnes relations avec un fournisseur chinois…, assure Frédéric.
Forcément, son discours séduit, et son côté gentil garçon propre sur lui fait le reste. Ce petit brun de 35 ans, de corpulence moyenne, est très bon acteur ; il rentre dans le moule, quel que soit le contexte.
Difficile de croire que sa seule formation se résume à deux ans de CAP de carrosserie en banlieue parisienne. L’école, ou plutôt les classes lui glissaient dessus comme un courant d’air. Ce n’était pas son monde, ce n’était pas ses règles, ce n’était pas ses rêves. Des « goys » partout, se satisfaisant de leurs leçons d’histoire nombrilistes, savourant la complexité absurde de la langue française. Un contraste total
avec la vie chez ses parents, des Tunisiens séfarades encore étonnés de se retrouver en métropole et qui se rattachaient autant que possible à leur passé perdu en fréquentant assidûment la synagogue. La vie à
Pantin n’avait rien de facile, les privations étaient régulières. Face aux profs à lunettes et pantalon de velours râpé, Frédéric, lui, rêvait voitures, paillettes et adrénaline. Presque sa vie d’aujourd’hui finalement. Marié, trois enfants, il mène grand train grâce à des combines toujours plus énormes, d’autant que la famille de sa femme l’aide en lui présentant des contacts. Mais il est en train de prendre le large par rapport à la petite vie rangée prévue au départ. Les potes, le poker, les sorties, c’est quand même plus
tentant que de rester à la maison même avec les équipements vidéo haut de gamme qui truffent l’appartement. Et puis, c’est pour le business.
« C’est presque trop simple », se dit-il en empochant une carte de visite d’un installateur de panneaux. Ce qui le sera moins, c’est de faire transiter la marchandise d’un pays à l’autre ; contrairement aux puces électroniques ou aux téléphones, les panneaux solaires se mêlent plus difficilement à une cargaison de vêtements ou de biscuits. Ce n’est pas les transporteurs qui manquent, mais là, il faudra en trouver des
bons. Le père de Frédéric travaillait dans une entreprise de camions en région parisienne, un milieu qu’il connait forcément. Mais lui veut passer de l’autre côté, justement. Il n’est pas là pour se faire exploiter, comme les générations précédentes. Il a une revanche à prendre sur cette société qui a fait souffrir ses
parents, qui l’a de facto exclu avec son système scolaire spécial petits blancs dociles. Pour réussir, il ne lui reste que les arnaques, c’est comme ça. Jouer avec la loi, c’est inévitable.
En déambulant d’une allée à l’autre, Frédéric s’interroge sur le photovoltaïque : va-t-il vraiment décoller comme les experts le prédisent ? Pour croquer de la TVA, mieux vaut noyer le poisson dans la masse de volumes importants. Sans quoi les rotations de marchandises à des prix inférieurs au marché ont rapidement l’air suspect aux yeux des acteurs traditionnels.
C’est sur un immense stand tout blanc que le Salon des Énergies Renouvelables devient un peu plus convaincant. Sachant que les arnaques vertes ne cessent de gagner du terrain, Frédéric tente d’en apprendre un peu plus. À Marseille, on ne parle plus que de ça. Les taux de remboursement des produits
verts par l’État sont tout simplement hallucinants. Comme le lui explique un commercial d’une grosse boite d’électricité.
– Pour le solaire, l’État prend en charge la moitié du prix du panneau, et nous, nous rachetons l’électricité à un prix garanti et deux fois plus important que le prix normal. C’est vrai que ça fait beaucoup d’incitations, mais vous savez, l’État ne sait plus quoi faire pour réduire les émissions de CO2 !
Même nous, en tant que producteurs d’électricité, nous devons payer pour émettre du CO2 maintenant, avec le marché européen des quotas.
– Comment ça ?
– Ben on a un marché européen, et on doit acheter une tonne de CO2 dès qu’on en émet une tonne en brûlant du gaz ou du charbon. Ils appellent ça des quotas, comme pour le lait, sauf que les quotas laitiers ça ne s’achète pas, ils sont juste là pour donner un plafond à la production. Nous on peut émettre du CO2, tant qu’on paie les quotas qui correspondent, mais c’est un coût supplémentaire.
– C’est un marché dans toute l’Europe ?
– Je crois oui, enfin faut voir, mais ça s’appelle système européen, donc ça doit concerner tout le monde…
Pour Frédéric, c’est le mot « européen » qui joue les déclics. Ce n’est pas la première fois qu’il entend parler de quotas de CO2.
A Londres, un contact « Paki », un Pakistanais, lui en a déjà touché mot, en lui proposant du cash s’il trouvait le moyen de pénétrer le marché parce qu’il y avait de la TVA dessus. Il s’était dit que les embrouilles avec le Pakistan et Dubaï, c’était souvent dangereux au final. Mais s’il y a vraiment de la TVA sur les quotas, ça pourrait être un pur plan. Il faudrait vérifier. Tout échange intracommunautaire,
c’est de la TVA qui se balade. Sait-on jamais. Son téléphone sonne. C’est Émilie, la star de la télé qu’il a rencontrée la veille au Hustler… inespéré ! La question des quotas passe à la trappe.

 

« On va se faire du fric avec du vent ! »

suite…PDF

Le monde selon K.


Source: pdfarchive.info

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Ouvrage: Le monde selon K.

Auteur: Pierre Péan

Année: 2008

 

 

« C ’est curieux, chez les marins,
ce besoin de faire des phrases… »
Les Tontons flingueurs

Les maillots blancs, puis les bleus surgissent sur la
pelouse du Stade de France où va se jouer dans les
prochaines minutes la demi-finale de la Coupe du
monde de rugby 2007. Le numéro 15, Jason Robinson,
sort de son groupe et se fait applaudir au milieu
du terrain pour sa cinquantième sélection dans
l’équipe nationale anglaise, puis tous les rugbymen se
mettent en ligne pour les hymnes nationaux.
Il est près de 21 heures, ce samedi 13 octobre 2007.
Les dix convives installés en mezzanine au premier
étage de ce restaurant de Trouville jettent un regard
distrait au grand écran plaqué contre le mur. Les
femmes se sont enflammées à l’évocation de Johnny
Wilkinson, la star du XV de la Rose, qu’elles viennent
d’apercevoir. La caméra montre les sept remplaçants
anglais en haut de survêtement rouge qui vont
rejoindre les bancs de touche, quand les premières

paroles du God Save the Queen sortent des gorges
des joueurs. Tel un automate jaillissant brutalement
de sa boîte, Bernard Kouchner, comme mû par une
urgence absolue, bondit et se met au garde-à-vous, la
main droite sur le coeur. Figé, l’air grave, il écoute
religieusement l’hymne britannique sous le regard
mi-narquois, mi-interloqué des autres convives. Le
God Save s’achève. La caméra « panote » vers les tribunes,
puis, une fois La Marseillaise entonnée,
revient sur les deux équipes. Le ministre des Affaires
étrangères de la République française laisse sa main
retomber et détourne le regard de l’écran où, après
quelques images des joueurs, l’objectif fixe en gros
plan Nicolas Sarkozy chantant à pleins poumons.
Bernard Kouchner se remet à table sans même avoir
fredonné quelques mesures de l’hymne national pour
mêler sa voix aux accents virils de Chabal et
Michalak…
Bernard Kouchner reprend langue avec le noyau
des happy few organisateurs et invités de marque du
Women’s Forum qui s’est ouvert le 11 octobre et
s’est terminé quelques heures plus tôt par son discours1
au Centre international de Deauville. Fondé
par Aude Zissenis de Thuin2 et quelques femmes de


1. Sur le thème suivant : « Est-il possible de réconcilier les
impératifs moraux et humanitaires avec la realpolitïk et la
défense des intérêts nationaux ? »
2. Pour P état-civil, elle est plus simplement Aude Leroux.


pouvoir, le Women’s Forum est cofinancé par de
grosses entreprises comme Areva, Orange, La Poste,
Cartier, Renault, etc., et des cotisations individuelles
de l’ordre de 5 000 euros. Le Forum a pour objectif
de créer un establishment féminin à caractère mondial
en organisant un certain nombre de rencontres prestigieuses.
L’affaire semble être également une belle
machine à faire de l’argent. Au cours de ces trois
journées, Christine Ockrent, qui fait partie du board
de Women’s Forum et collabore étroitement avec
Aude de Thuin, a «modéré» deux panels sur des
thèmes qui ne manquent pas de sel pour une journaliste
contestée quelques jours plus tôt pour ses « ménages
» et pour le problème que pose à une femme
de ministre sa position d’animatrice d’émission politique
sur France 3. Le premier : «Nous faisons
confiance aux médias… ou devrions-nous le faire ? »
Le second, encore plus humoristique si faire se peut :
«Qu’est-ce que les femmes devraient attendre des
leaders politiques pour restaurer la confiance dans
notre système de gouvernance ? »
Après ces deux « ménages » de Mme Kouchner et
le discours de clôture de Monsieur, Aude de Thuin a
convié le couple à dîner aux côtés de Carlos Ghosn,
président de Renault, et de sa femme, d’Anne Lauvergeon,
présidente d’Areva, de son mari et de ses
enfants, de Rama Yade, secrétaire d’État chargée des

droits de l’homme, et de son mari, de Mercedes Erra,
présidente d’Euro RSCG, directrice de Havas et
membre du board de Women’s Forum, et d’un couple
de ses amis. Aude de Thuin, euphorique, s’esclaffe à
tout propos. La femme du patron de Renault,
patraque, ne participe guère à la conversation qui
s’est peu à peu fractionnée autour de la longue table.
L’Angleterre bat la France 15 à 9…

 

 

I
L’icône et La Marseillaise

On ne touche pas à une icône.
Bernard Kouchner en est une depuis longtemps.
Même si cela fait de nombreuses années qu’il a abandonné
sa blouse blanche, les Français – en tout cas,
l’opinion que leur prêtent les instituts de sondage,
notamment le fameux baromètre annuel IFOP-JDD
des personnalités les plus aimées – ne le perçoivent
pas comme un politicien ordinaire, mais comme un
bon French doctor. Un héros contemporain qui brave
tous les dangers pour aller soulager la misère des victimes
à l’autre bout du monde. Une version laïque,
postmodeme, de l’abbé Pierre dont il se proclamait
d’ailleurs volontiers l’ami. Cette image est si bien
ancrée dans le public que Bernard Kouchner est probablement
le seul homme politique français à pouvoir

se permettre de faire la promotion de son biographe et
de sa biographie1 sur les plateaux de télévision sans
susciter une vague de réactions indignées de la presse
et de la classe politique.
On ne peut donc qu’hésiter à égratigner cette image
pieuse, même si – comme c’est mon cas – on ne partage
pas l’enthousiasme d’une grande majorité de nos
concitoyens à son endroit. L’attirance quasi caricaturale
de Bernard Kouchner pour les caméras, les journalistes
– du moins ceux qui l’apprécient ou le
célèbrent – et la messe du 20 heures, bref, son narcissisme
aussi exacerbé que décomplexé ne saurait faire
bon ménage avec les valeurs qui m’ont été autrefois
inculquées par ma mère qui me recommandait quand
j ’étais petit de ne pas «faire l’intéressant» et de
« rester à ma place ». Ce sont sans doute ces réminiscences
de ma propre éducation qui m’ont fait tiquer
lorsque, à la fin de l’année 1992, on le vit, un sac de
riz sur l’épaule, poser à Mogadiscio devant les caméras;
j ’ignorais pourtant qu’il avait répété trois fois
la scène2. M’ont aussi choqué son soutien aux deux
guerres d’Irak, celle de 1991 comme celle de 2003,
et plus généralement son côté « va-t-en-guerre ».
Bernard Kouchner a été le plus ardent promoteur


1. Michel-Antoine Bumier, Les Sept Vies du D1 Kouchner,
XO Éditions, Paris, 2008.
2. http://wAvw.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=24548


du fameux droit d’ingérence dont il reviendra aux historiens
d’établir à quel point il a contribué à dégrader
l’art de la diplomatie et les chances de paix dans le
monde.
Mais ceux qui m’ont fait l’honneur de lire mes
livres le savent : je ne postule à aucune chaire, je n’ai
pas de thèse générale à défendre. Le seul talent que
je me reconnaisse consiste à chercher et parfois à
trouver des documents et/ou des témoignages susceptibles
d’infléchir, voire d’infirmer des vérités officielles.
La vérité officielle sur Bernard Kouchner, sa prétention
réitérée à être l’homme de la paix, l’avocat
des plus faibles, le défenseur pugnace de la démocratie
et des droits de l’homme1 est sérieusement écornée
par son comportement pratique en Afrique.
Heureusement pour lui, son action sur le continent
noir suscite peu de comptes rendus, de commentaires
ou d’analyses. L’Afrique est devenue son jardin
secret depuis que l’homme prétend agir sur les grands
conflits qui écartèlent le monde. En Afrique, cependant,


1.Tout au moins jusqu’à son interview au Parisien du
10 décembre 2008 dans lequel, tournant le dos à tous ses discours
passés, il a déclaré : « Je pense que j ’ai eu tort de demander
un secrétariat d’État aux droits de l’homme. C’est une
erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de
l’homme et la politique étrangère d’un État, même en France. »


Kouchner porte toujours un sac. Mais ce sac ne
contient pas de riz, et, s’il le porte, c’est à l’écart des
caméras. Mais n’anticipons pas…
C’est à propos du Rwanda et de la nouvelle politique
qu’il mène à l’égard de ce pays depuis son arrivée
au Quai d’Orsay que je me suis vraiment
intéressé à ce personnage. Mon livre sur le Rwanda,
Noires fureurs, blancs menteurs1, m’avait amené à
revenir sur une autre vérité officielle aux termes de
laquelle, et pour l’éternité, tous les Hutus étaient des
bourreaux, et tous les Tutsis des victimes, et la France
avait aidé les premiers à mener à bien l’extermination
des seconds. Or, cas unique dans l’histoire récente de
la diplomatie de notre pays, peu de temps après son
arrivée au Quai d’Orsay, en mai 2007, Bernard
Kouchner décidait de tendre la main à un chef
d’État qui non seulement est le maître d’oeuvre de
la désinformation sur la tragédie rwandaise, mais est
considéré par la justice française comme un criminel
de guerre et par la justice espagnole comme un génocidaire.
J’ai été choqué d’apprendre que le 26 juillet
2007, le ministre des Affaires étrangères avait pris
langue (par téléphone) avec Paul Kagame pour
envisager les voies et moyens de renouer les relations
diplomatiques ; choqué qu’il lui ait proposé de
lui rendre visite à Kigali ; encore plus choqué que


1. Mille et une nuits, 2005.


l’Elysée ne s’y soit pas opposé malgré les très fortes
réserves émanant du ministère de la Défense ; choqué
que le chef de notre diplomatie souhaite aussi ardemment
réconcilier la France avec un pays qui avait pris
l ‘initiative de rompre ses relations avec elle en guise
de représailles pour les neuf mandats d’arrêt lancés
par le juge Bruguière contre l’entourage du président
rwandais. Selon le juge français, Paul Kagame serait
bel et bien, en effet, à l’origine de l’attentat perpétré
Contre le Falcon 50 à bord duquel ont péri son prédécesseur,
le président Juvénal Habyarimana, mais aussi
trois Français ; attentat dont le juge Bruguière a écrit
que le seul but était « l’obtention de la victoire totale,
et ce, au prix du massacre des Tutsis dits “de l’intérieur”
», considérés par Paul Kagame comme des
« collaborateurs du régime Habyarimana ». Depuis
lors, chacun a pu le constater, cet homme avec qui le
chef de la diplomatie française veut à tout prix réconcilier
Paris ne s’est pas contenté de faire ployer sous
son joug la population du Rwanda, en majorité hutue,
mais il a mis Pex-Zaïre à feu et à sang – quatre, peutêtre
cinq millions de morts – et il pille les richesses
du Kivu en apportant son soutien aux milices de Laurent
Nkundal.
Un ministre est censé représenter la République


1. http://www.bakchich.info:8080/article5637.1itml et Vendredi
du 7 novembre 2008.


dans tous ses actes et témoigner de la continuité de
l’État. En militant ouvertement pour une réconciliation
avec le dictateur de Kigali, Bernard Kouchner
néglige, méprise, insulte même tous les hommes politiques,
les militaires et les juges français que Paul
Kagame traite depuis des années de « génocidaires ».
Celui-ci n’a-t-il pas qualifié1 le juge Bruguière de
«vaurien, une tête vide, tout comme ses maîtres,
d’ailleurs, qui portent tous en eux le crime de génocide,
et c’est ce crime qui les perdra » ?
J’ai trouvé insupportable que, durant le même été
2007, Bernard Kouchner donne des gages de bonne
volonté à Kigali en acceptant qu’à deux reprises des
mandats d’arrêt exigés par Kigali soient lancés par le
TPIR2 contre deux Rwandais.
Mon premier réflexe, pour dire mon indignation
face à l’attitude de Bernard Kouchner, a été d’écrire
une tribune dans la rubrique « Rebonds » du quotidien
Libération, publiée le 11 septembre 2007 et intitulée
« L’erreur de Kouchner ». Depuis la fin de l’été
2007, le ministre des Affaires étrangères n’a eu de
cesse de se démener pour donner satisfaction à
Kagame qui exige, pour se réconcilier avec Paris,
l’enterrement de l’instruction menée par le juge
Bruguière et des mandats d’arrêt qu’il a délivrés. Un


1. Dans un discours prononcé le 7 avril 2007 à Murambi.
2. Tribunal pénal international pour le Rwanda.


groupe téléphonique formé de deux fonctionnaires du
Quai d’Orsay et du procureur du Rwanda a même été
Chargé d’examiner les voies et moyens de réduire à
néant cette instruction du juge Bruguière. Mais alors
Blême qu’était trouvée la solution1, le Rwanda lançait,
le 5 août 2008, une virulente attaque contre la
France. Le rapport Mucyo2 accusait François Mitterrand,
trois anciens Premiers ministres, Dominique de
Villepin, Édouard Balladur et Alain Juppé, mais aussi
Hubert Védrine, Paul Dijoud, quelques hauts fonctionnaires
et une douzaine d’officiers supérieurs de
complicité de génocide, et annonçait le lancement de
mandats d’arrêt correspondants. Afin de ne pas entraver
le processus de réconciliation, Bernard Kouchner
estima inutile d’élever une forte protestation pour
démentir ces mensonges aussi grossiers qu’insupportables.
Les autorités françaises acceptaient ainsi une
nouvelle fois de laisser Kagame salir la France, la


1. En faisant venir à Paris Rose Kabuye, la moins impliquée
des neuf personnes faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, et en
lui garantissant qu’elle ne serait pas incarcérée. Cette venue
permettant au Rwanda d’avoir accès au dossier Bruguière et
d’avoir tout loisir d’échafauder les faux témoignages destinés à
le rendre inopérant.
2. Jean de Dieu Mucyo, ancien ministre de la Justice et
ancien procureur général du Rwanda, présidait la Commission
nationale « indépendante » chargée de rassembler les preuves
montrant l’implication de l’État français dans le génocide.


presse ayant en effet largement reproduit les viles
attaques de Kigali sans pouvoir y opposer de réplique
officielle.
L’attitude de Bernard Kouchner levait mes dernières
hésitations. Une nouvelle tribune libre n’eût
pas suffi à exprimer ce que j ’avais sur le coeur, ni ce
que je découvrais ou redécouvrais sur le personnage
depuis que je m’intéressais vraiment à lui, cette fois
en dépassant très largement le cadre de sa gestion du
dossier rwandais.
Kouchner, qui a bâti sa renommée de French doctor
sur une opposition permanente à la raison d’État,
n’a pas hésité, dans cette affaire rwandaise, à mettre
le poids de l’État dans la balance pour donner satisfaction
à son ami dictateur. Lui qui a passé sa vie à
se forger une image de « chevalier blanc », morale et
vertu au poing, traite la justice – incarnée ici par le
juge Bruguière – comme on le fait dans les républiques
bananières. Une telle attitude oblige à aller
au-delà de l’image qu’il veille à donner aux Français.
De comprendre les mobiles et ressorts qui l’animent.
D’analyser son sansfrontièrisme et son vrai rapport à
la France. Comment concilie-t-il ses impératifs
moraux et humanitaires avec la realpolitik et la
défense des intérêts nationaux ? (thème de sa conférence
au Women’s Forum 2007). Que signifiait son
garde-à-vous lors du God Save the Queen, suivi d’une

ostensible indifférence lors de l’hymne national?
Pitrerie ? Provocation ? Bernard est-il vraiment ce
type altruiste, généreux – c’est l’image qu’ont encore
de lui la majorité des Français -, capable, en cet instant
de chauvinisme exacerbé qu’est un match de
rugby, de trouver les ressources morales pour penser
d’abord à l’adversaire du jour et lui rendre hommage
? Faut-il voir au contraire dans cette attitude une
forme de « haine de soi » ?
Bien au-delà de ce vibrant hommage et du pied de
nez symbolique à l’équipe de son propre pays, c’est
bien sûr par son attitude à l’égard de Paul Kagame et
par son traitement du dossier rwandais que Bernard
Kouchner, à sa manière, siffle La Marseillaise. Mais,
à la différence des petits beurs du Stade de France, il
n’est pas un siffleur occasionnel. Et ses sifflements
me vrillent tant et si bien les oreilles que j ’ai décidé
d’en savoir un peu plus long sur l’occupant du bureau
de Vergennes. Pour autant, je n’ai pas du tout l’intention
d’explorer ses sept vies, comme l’a fait Michel-
Antoine Bumier, son hagiographe1.
Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour constituer
un dossier conséquent sur les distorsions entre
son image de « chouchou des Français » et une réalité
qui va bien au-delà de ses démarches visant à s’attirer
les bonnes grâces du serial killer africain. Pour notre


1. Avec Les Sept Vies du LV Kouchner, op. cit.


pays, Bernard Kouchner constitue en réalité, à mes
yeux, un danger public. Tant qu’il était en blouse
blanche, voire secrétaire d’État ou ministre de la
Santé, l’« aventurier des bonnes causes », le « parachutiste
du malheur » ne faisait pas prendre de trop
grands risques aux Français. Depuis qu’il est à la tête
d’un grand ministère régalien, les Français seraient
bien davantage fondés à s’inquiéter. Il est, à n’en pas
douter, le principal homme de la rupture de l’ère
Sarkozy. Bernard Kouchner rêve en effet d’effacer
cinquante ans de politique étrangère indépendante de
la France. C’est ainsi qu’en 2003 il n’aurait pas
hésité, lui, à envoyer des militaires français en Irak.
Son goût de l’expédition militaire est au demeurant
bien antérieur à 2003, il lui est même consubstantiel.
« Quelle peut être la psychologie d’un médecin qui
manifeste une préférence stable pour la guerre ? se
demande Emmanuel Todd. Nous passons trop vite de
“Médecins du Monde” à “Militaires sans frontières
1”. »
Dans le titre de son livre, Les Guerriers de la paix,
plus que le mot paix il faut d’abord retenir celui de
guerriers. Dès sa première mission de French doctor
au Biafra, à la fin des années 60, il réclamait des


1. Emmanuel Todd : « Kouchner est passé de Médecins du
Monde à Militaires sans frontières», Marianne, 18 septembre
2007.


avions, et, par la suite, on l’a vu souvent demander,
espérer et parfois obtenir l’envoi de soldats français
combattre çà et là les « méchants ». Ainsi, début
1987, demandait-il, aux côtés d’André Glucksmann et
d’Yves Montand, d’« entamer une riposte graduée »
contre Kadhafi, au-delà du 16e parallèle, au Tchad. Il
suggérait même de solliciter, si nécessaire, une aide
des États-Unis, manifestant pour la première fois
aussi explicitement son tropisme américain. En
novembre 1989, il envisageait la possibilité d’envoyer
des Brigades internationales contre les Khmers
rouges revenus au pouvoir – «je serais content d’en
être », précisait-il. Plus récemment, il approuvait les
bombardements massifs sur la Serbie, puis, appelé à
gérer provisoirement le Kosovo, comme nous le
verrons, il ne développait pas une grande énergie pour
empêcher l’épuration ethnique visant la minorité
serbe… Parvenu à la tête du Quai d’Orsay, non seulement
il ne se sent pas de mission plus urgente que
de se rapprocher d’un homme qui accuse François
Mitterrand, son ancien « patron » et véritable parrain
en politique, de « complicité de génocide », mais il
ne rêve que d’en découdre avec quelques pays classés
par lui dans la catégorie des « États-voyous ». Ainsi,
avec l’Iran, annonce-t-il aux Français qu’il faut « se
préparer au pire », qui « est la guerre ». Kouchner
aime la guerre et se verrait bien en chef d’armée. Des

fonctionnaires ont ainsi été fort surpris quand, durant
le week-end des 2 et 3 février 2008, alors qu’était
annoncée la prise de N’Djamena par les forces
rebelles et que le président Idriss Déby était coincé
dans son palais, ils ont vu le plaisir manifeste que
prenait Bernard Kouchner à diriger la «cellule de
crise » au Quai, appelant successivement la DGSE, la
Défense, les militaires au Tchad, suivant la progression
des rebelles minute après minute et demandant :
« On ne pourrait pas les bombarder ? »
« Va-t-en-guerre » aussi au Darfour parce qu’il
prétend qu’un génocide s’y perpètre en dépit du diagnostic
contraire porté par les ONG qui y sont installées.
Bernard Kouchner a en effet, comme certains de
ses amis, la singulière manie de légitimer ses appels
à l’interventionnisme militaire par l’utilisation abusive
du mot « génocide ». Il l’aura utilisé pour le Biafra,
le Kurdistan, puis le Liban, l’Érythrée, la
Somalie, le Kosovo*. En ce qui concerne le Rwanda,
il qualifiera paradoxalement de « faute politique » et
même d’« erreur criminelle2 » la décision de François
Mitterrand d’intervenir pour empêcher un génocide,
décision qui n’était pourtant autre qu’une déclinaison
de « son » droit d’ingérence…


1. Bernard Kouchner aura parlé, le 2 août 1999, de
11 000 Kosovars exhumés de fosses communes – le Tribunal
de La Haye démentira dans la journée.
2. Cf. le documentaire Tuez-les tous, de Raphaël Glucksmann.


Le bénévole volant aux quatre coins de la planète
pour soulager la misère du monde a aussi une autre
spécificité qui ne saute pas aux yeux : il arrive au
« chevalier blanc » de perdre sa couleur virginale én
mélangeant les genres auprès des leaders africains.

 

II
« Ma grande explication du monde,
c’est l’hormone mâle »

suite … PDF

Victoire de la raison en Iran


Chroniques-Dortiguier

Victoire de la raison en Iran


 

La liberté de porter ou non le voile, ce qui n’a rien de contraire au noble Coran, s’est imposée à l’Iran, et je puis témoigner, en connaisseur du pays, que par là a été désamorcée une sorte de révolution colorée qui prend les prétextes les plus simples pour entraîner une population désorientée. Il n’est, du reste, pas exclu que, selon une déclaration du prince royal Salman, pareille mesure ne soit envisagée en Arabie saoudienne.

Les deux États n’ont, du reste, point le même esprit : le comte Gobineau qui fut, du reste, un ami de l’Islam, et a séjourné en Perse comme diplomate, par ailleurs bon connaisseur de la langue en laquelle il traduisit le Discours de la Méthode de Descartes que le Châh Nasredinne fit aussitôt imprimer à ses frais, notait le 19 septembre 1855, dans une lettre à un collègue diplomate et orientaliste allemand-autrichien, le général comte Prokesch-Osten, que le pays, surtout dans le Nord, ressemblait à l’Europe, en ces termes : « Je suis convaincu  que parmi les nations orientales du Sud, aucune n’a autant de rapport d’esprit avec les Européens que les Persans. Ces rapports d’esprit sont très bien et très clairement accusés par les rapports physiques. Les Persans dans leur physionomie, dans leur taille, dans leurs habitudes de corps, dans leur mobilité inquiète, toujours debout, toujours remuant, toujours parlant nous ressemblent, surtout dans le Nord.» 

Il y aura toujours des esprits courts pour tourner en rond, comme un âne, autour d’un piquet, pour soit identifier une manière de se couvrir à la religion ou, au contraire, à un abaissement de la femme. Un élément fait défaut aux deux partis antagonistes, qui est la conscience morale d’où fleurit d’abord l’idée puis la passion pour la divinité, et non l’inverse. En Iran même, nous avons connu des femmes qui excusaient leur conduite, que nos ancêtres eussent jugée immorale, par une conformité aux usages, confondant la discipline, qui est toujours formelle, avec l’action. Et si le germano-italien Dante, qui fut un admirateur de l’islamité mystique, place des papes  et des cardinaux ou des princes chrétiens en Enfer, il en va de même en toute religion qui mérite ce titre et n’est pas seulement une sorte de statut politique, comme le philosophe Kant l’observait d’une confession particulière, la seule qu’il soit malséant de critiquer aujourd’hui, sur tous les plans !


La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique…


Ceci nous amène à examiner, en ce jour précis où une partie de l’Occident carbonisait, 15 février 1945, Dresde pendant qu’il signait les accords sur ce croiseur US Quincy, avec l’Arabie wahhabite en promettant de protéger sa monarchie factice contre l’exclusivité de son pétrole, dans quelle mesure la gent féminine et sa progéniture vivent en conformité avec la raison : imagine-t-on, comme mon voisin me le rapporte de son fils âgé de trois ans et demi, en Iran ou dans les États qui suivent l’exemple du Prophète, une psychologue familiale interroger un être aussi jeune et innocent – n’en déplaise à l’incestueux Freud – et lui demander, après qu’il ait repoussé vivement sa maîtresse d’école, s’il se sent plutôt garçon ou fille ? Tel est l’acide de la théorie du genre sexuel ainsi répandue dans nos classes primaires ! N’est-ce pas là bâillonner la raison et étouffer la sensibilité naturelle ? Ces nouvelles maîtresses ou pseudo-pédopsychologues, par une pansexualisation forcée, détruisent l’équilibre psychophysique de nos jeunes pousses, posent des germes de frénésie là où l’on attendrait le développement d’une lumière naturelle (lumen naturale), terme relevant, non du jargon des loges, mais de la théologie naturelle, partie traditionnelle du corps théologique.

L’on attend vainement de nos « théologiens de cour » qu’ils redressent cette conduite pédagogique irrationnelle détestable qui produira des violences et des désordres, au lieu de contraindre les esprits à mordre un voile qui n’est plus un signe de moralité, mais un prétexte à détourner l’attention d’un mot plus essentiel que la taille des habits, la longueur des barbes ou des cheveux visibles d’une féminité qui reçoit le choc d’un monde intoxiqué par des faux prophètes et les illusionnistes libertaires ou, comme on le disait, en théologie ancienne, libertins. La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique ; tel est ce mot essentiel, ce premier remède, pour dissiper les sophismes dont leurs enfants souffriront.

Pierre Dortiguier

Pour une poignée de pétrodollars, l’Europe a vendu son âme


madaniya.info

Le 11 septembre a détruit les États-Unis d’Amérique


La Genèse des temps modernes ! Les masques sont tombés.

mondialisation.ca

Par Dr. Paul Craig Roberts

Les événements du 11 septembre 2001 ont changé le monde. Ils ont fourni l’alibi au gouvernement américain pour lancer des attaques militaires sur sept pays du Moyen-Orient, causant des pertes de civils se comptant en millions de morts et envoyant des vagues de réfugiés musulmans dans le monde occidental. Le gouvernement américain a gaspillé des milliards de dollars pour détruire ces pays et pour assassiner des femmes et des enfants, tandis que les infrastructures publiques aux États-Unis se sont détériorées, des maisons américaines ont été saisies et les besoins de santé américains ont été laissés sans surveillance. Le 11 septembre a également été  l’excuse pour la destruction de la protection prévue par la Constitution des États-Unis pour assurer la liberté du citoyen américain. Aujourd’hui, aucun Américain n’a plus la protection de ses libertés civiles que la Constitution garantit.

Le 11 septembre 2001, lorsqu’un voisin m’a appelé et m’a dit d’allumer la télévision, j’ai interrompu ce que je faisais et j’ai regardé la télévision. Ce que j’ai vu, c’est que les deux World Trade Center Towers avaient explosé. J’avais souvent apprécié de déjeuner dans le restaurant sur le toit d’une des tours de l’autre coté de la rue où j’avais mon bureau au Wall Street Journal.

Un minuscule et fragile avion de ligne en aluminium a frappé une grande tour en acier et un autre avion de ligne en aluminium a frappé l’autre. Il y avait des panaches oranges à l’extérieur des bâtiments. Ensuite, environ après une heure, moins dans un des cas, plus dans l’autre, les deux tours ont explosé étage par étage alors qu’elles tombaient sur elles-mêmes.

C’était précisément la façon dont les nouvelles ont décrit ce que je voyais. « Cela ressemble exactement à une démolition contrôlée », ont annoncé de nouvelles sources. Et en effet, c’était ça. En tant qu’étudiant en technologie de la Georgia Tech, j’avais assisté à une démolition contrôlée, et c’est ce que j’ai vu à la télévision, de même que c’est ce qu’ont vu les sources d’information.

Plus tard ce jour-là, Larry Silverstein, qui possédait ou détenait le bail du World Trade Center, a expliqué à la télévision, que l’effondrement en chute libre en fin d’après-midi du troisième gratte-ciel WTC, bâtiment 7, sur lui-même était une décision délibérée de « faire sauter » le bâtiment. « Faire sauter » est le terme utilisé par la démolition contrôlée pour décrire un bâtiment à détruire, câblé avec des explosifs. Le bâtiment 7 n’a pas été touché par un avion de ligne et n’a subi que des incendies de bureau mineurs et très limités. La déclaration de Silverstein a ensuite été corrigée par les autorités pour signifier que les pompiers avaient été retirés du bâtiment. Cependant, de nombreuses vidéos montrent que les pompiers étaient déjà sortis, l’un d’eux affirmant que le bâtiment allait être démoli.

Comme il n’y a aucun doute que le bâtiment 7 a été câblé pour la démolition, la question est : pourquoi ?

Parce que les Américains sont des gens insouciants et confiants en la bonté intrinsèque de leur pays, des années se sont écoulées avant même que les experts aient remarqué que l’histoire officielle était en contradiction totale avec les lois de la physique connues, était aussi en contradiction totale avec la façon dont les bâtiments s’effondrent suite à un dommage asymétrique, et que ces bâtiments n’auraient pas pu s’effondrer en étant touchés par des avions de ligne alors que qu’ils satisfaisaient à tous les exigences réglementaires pour résister aux collisions avec de tels avions. Beaucoup ne savaient même pas que le troisième gratte-ciel, le bâtiment 7, s’était aussi effondré.

Le professeur Steven E. Jones, professeur de physique à la BYU, a été le premier à s’apercevoir que l’histoire officielle était une pure fantaisie. Sa récompense pour avoir parlé a été de voir son contrat de travail annulé par la BYU. Beaucoup croient que c’est sous la pression du gouvernement fédéral, sous la menace que tout le soutien fédéral à BYU serait annulé à moins que Stephen Jones ne soit viré.

Cynthia McKinney, une femme noire qui représentait un district du Congrès de la Géorgie à la Chambre des représentants des États-Unis était soit beaucoup plus brillante, soit beaucoup plus courageuse que ses collègues blancs. Elle a soulevé des questions évidentes au sujet du 11 septembre, des questions demandant des réponses, et elle a perdu son siège.

Environ cinq ans après le 11 septembre, l’architecte de San Francisco, Richard Gage, a remarqué que les trois bâtiments du WTC n’étaient pas tombés conformément aux explications officielles. Il a formé un mouvement nommé Architectes et ingénieurs pour la vérité du 11 septembre (A&E for 9/11 Truth), qui compte environ 3 000 membres. Ce groupe comprend des architectes de haut niveau et des ingénieurs des structures qui sont réellement expérimentés dans la construction de gratte-ciel. En d’autres termes, ce sont des gens qui savent de quoi ils parlent.

Ces 3 000 experts ont déclaré que l’explication officielle de l’effondrement de trois gratte-ciels est en contradiction avec les lois de la physique, de l’architecture et de l’ingénierie structurelle connues.

En d’autres termes, l’explication officielle est totalement impossible. Seul un public non instruit et ignorant peut croire l’histoire officielle du 11 septembre. La population des États-Unis correspond à cette description.

A&E for 9/11 Truth a obtenu progressivement l’assentiment des architectes et des ingénieurs. Il est très difficile pour un architecte ou un ingénieur de soutenir la vérité, parce que la population américaine, et les sociétés de construction patriotiques dont les employés collent des drapeaux américains sur leurs camions ne veulent pas embaucher des architectes et des ingénieurs qui sont « les ennemis de l’Amérique alignés avec des terroristes arabes ». En Amérique, si vous dites la vérité, vous risquez de perdre vos clients et même votre vie.

Pensez maintenant aux physiciens. Combien de facultés de physique connaissez-vous qui ne dépendent pas des subventions fédérales, en général pour un travail lié au domaine militaire ? Il en va de même pour la chimie. Tout professeur de physique qui, devant le fait évident que l’histoire contrevient aux lois de la physique connues a contesté l’histoire officielle du 11 septembre, a mis en danger non seulement sa propre carrière, mais aussi les carrières de son département entier.

La vérité en Amérique est extrêmement coûteuse à exprimer. Elle a un prix élevé que presque personne ne peut se permettre de payer.

Nos maîtres le savent, et ils peuvent donc se passer de la vérité à volonté. En outre, tout expert assez courageux pour dire la vérité est facilement marqué comme un « théoricien de la conspiration ».

Qui vient à sa défense ? Pas ses collègues. Ils veulent s’en débarrasser aussi vite que possible. La vérité est une menace pour leur carrière. Ils ne peuvent pas se permettre d’être associés à la vérité. En Amérique, la vérité est un mot qui peut tuer votre carrière.

En Amérique, la vérité devient un synonyme d’« agent russe ». Seuls les agents russes disent la vérité, ce qui signifie que la vérité est un ennemi de l’Amérique. On prépare des listes de sites Web qui parlent de vérité au pouvoir en place et sont donc séditieux. Aux États-Unis, aujourd’hui, les gens peuvent mentir à volonté sans conséquence, mais il est mortel de dire la vérité.

Soutenons A&E for 9/11 Truth. Ce sont des personnes héroïques. Le 11 septembre a été l’excuse fabriquée de toutes pièces pour 16 ans de crimes de guerre des néo-conservateurs contre des millions de personnes, des peuples musulmans, dont le reste cherche maintenant refuge en Europe.

Les néo-conservateurs sont un petit nombre de personnes. Pas plus d’une douzaine tout au plus. Pourtant, ils ont utilisé l’Amérique pour tuer des millions de personnes. Et maintenant ils fomentent la guerre avec la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Le monde ne survivra jamais à une telle guerre.

Les Américains sont-ils si insouciants qu’ils resteront à regarder ailleurs alors qu’une douzaine de néo-conservateurs sont prêt à détruire le monde ?

Paul Craig Roberts

Article original en anglais :

9/11 Destroyed America

 

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Michèle pour le Saker Francophone

« Aujourd’hui l’OTAN est totalement obsolète »


Noam Chomsky et Jean Bricmont. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre analyse de […]

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