Dépôt de plainte du Ministère de l’Intérieur vs Amalek


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Matthias Fekl

 

 

Révélations sur le #MacronGate

Cette grosse Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip de (((Matthias Fekl))), actuel ministre de l’intérieur a osé porter plainte contre Amalek ! Réponse de l’intéressé et révélations choc sur la mafia pédocriminelle qui sponsorise l’actuel favori à la présidence :

Reportage du JT de France 2 à propos de l’affaire de pédocriminalité d’élite du château de Tournelles dans laquelle le mentor de Macron, Jean-Marc Borello, est lourdement impliqué :

Amalek est la cible de la mafia judéo-pousse-crotte l’ayant injustement (à nouveau) pris pour cible suite à une boutade innocente postée sur son mur Facebook :

Le ministre de l’Intérieur Mathias Fekl a saisi ce mardi la procureure de Nanterre après des commentaires homophobes visant le policier tué aux Champs-Elysées.

[INFO L’EXPRESS] Qui a sali la mémoire de Xavier Jugelé sur les réseaux sociaux? Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, a saisi ce mardi la justice après avoir relevé plusieurs commentaires homophobes et injurieux visant le policier de 37 ans, assassiné jeudi lors de l’attentat des Champs-Élysées. Ce signalement, déposé auprès du procureure de Nanterre -lieu de l’emplacement de la plateforme Pharos- se fonde sur l’article 40 du code de procédure pénale qui oblige toute administration ou fonctionnaire à signaler une infraction constatée.

En l’occurrence, la place Beauvau dénonce des faits « d’apologie au crime » et « de provocation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle ». Dans son viseur notamment, les messages publiés sur Twitter, Facebook et Youtube par un compte portant le pseudonyme « Ernest Manurhin », une référence au revolver anciennement utilisé par les policiers et gendarmes.

(source : L’Express)

 

où encore…

French Pedogate :

les liens entre Macron et le réseau pédocriminel américain

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Macron, pantin des Rothschild lié au Pedogate

Comme nous l’affirmions dans notre précédent article, Emmanuel Macron est compromis avec le réseau pédocriminel international, ce que nous soupçonnions dès que Julian Assange avait fait état d’informations intéressantes qu’il détiendrait, à propos du candidat à la présidence de la république dite française. Nous avons découvert de nouveaux éléments qui semblent attester des liens très étroits entre le poulain des Rothschild, sodomite patenté Macron et l’organisation éclaboussée outre-atlantique par le scandale du Pizzagate.

Mathieu Gallet, le chaînon manquant

« Puis en 2010, à seulement 33 ans, Gallet est propulsé à la tête de l’INA par l’entremise du dégénéré Mitterrand : « Les compliments de Mitterrand ont laissé supposer qu’il était in love », expliquera lui-même Mathieu Gallet dans Le Monde. Après avoir dirigé l’INA, soit un millier de salariés et 120 millions d’euros de budget, il a succédé à Jean-Luc Hees à la tête de Radio France le 27 février 2014. (source) »

 

Diplômé de Sciences-Po Bordeaux et d’un DEA « analyse économique des décisions politiques » obtenu à Paris I, Mathieu Gallet a commencé sa carrière comme secrétaire particulier du metteur en scène homosexuel américain Robert « Bob » Wilson, avant de rejoindre Studio Canal comme lobbyiste, puis le ministère de la Culture en 2007. C’est là qu’il est rapidement devenu le « chouchou » de Frédéric Mitterrand, qui, hypnotisé, décrira à peine implicitement son jeune conseiller dans La Récréation (Robert Laffont, 2013) :

« Tancrède [nom du personnage incarné par Alain Delon dans Le Guépard, NDLR] séduit tout le monde et je n’échappe pas à la règle. On s’épuiserait à dresser la liste des raisons qui expliquent ce succès ; mettons que ses qualité intellectuelles sont à la mesure de l’attirance qu’exerce son physique. [ …] Tancrède se prête à chacun et ne se donne à personne. » (source)

Qui est Robert « Bob » Wilson ?

Robert Wilson, né le 4 octobre 1941 à Waco au Texas, est un metteur en scène et plasticien américain. C’est lui qui aura parrainé Mathieu Gallet, qui fut son « secrétaire personnel », au sein de l’élite …

Car Mathieu Gallet, chemise blanche impeccable brodée à ses initiales sur un physique qui lui valut d’être élu «homme de médias le plus sexy de France» par le magazine gay Têtu en 2014, joue avec brio dans tous les registres. A l’aise avec les chiffres. Doué pour repérer qui, dans le millefeuille étatique français, pourra servir au mieux ses intérêts. Avec, toujours, ce coté «dandy-rock» soigné, à la fin des années 90, comme proche collaborateur du metteur en scène américain de théâtre Bob Wilson, puis dans le giron de Canal +, et enfin, aux côtés de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, entre 2009 et 2010. (source)

C’est Robert Wilson, qu’on voit ici, lors de l’exposition « The Devil’s Heaven » (le Paradis du Diable) se livrant à un simulacre de festin cannibale,  en compagnie des sorcières Lady Gaga (passée par l’école Tisch) et surtout, Marina Abramovic ! C’est cette femme qui fut au coeur du scandale du Spirit Cooking, quand les mails détournés par Wikileaks de Julian Assange révélèrent que des membres du premier cercle d’Hillary Clinton s’adonnaient à cette pratique, héritée tout droit d’Aleister Crowley, consistant à confectionner des gâteaux à base de sang menstruel, de matières fécales et séminales, à consommer pour d’obscures pratiques rituelles.

Robert Wilson est très proche de Marina Abramovic, au point d’avoir collaboré avec elle dans le cadre d’une pièce de théâtre qu’il a produit :

Dans cette pièce de théâtre malsaine, la sorcière fournit même des recettes de « Spirit Cooking » :

La malice pèse tout au long du spectacle comme lors de certains passages lorsqu’elle fournit une série de récettes de « spirit cooking » …. (source)


Derrière Macron, le « lobby gay », paravent de la mafia pédocriminelle des Rothschilds

Dans une interview à Sputnik news (agence de presse russe) du 4 février, Nicolas Dhuicq (élu Républicain) a déclaré :Il s’avère qu’en effet, tout le gratin de ce que la France compte de pédomanes plus ou moins notoires s’agglutinent à la traine de leur petit protégé :

Soutien de l’immonde Pierre Bergé, ancien amant d’Yves Saint Laurent, auteur de l’abominable bande-dessinée la Vilaine Lulu :

En conclusion, nous espérons que Julian Assange ne manquera pas de tenir sa promesse en dévoilant les informations qu’il détient à propos du minable Micron, tant ses liens avec l’oligarchie satanique semblent sans cesse plus évidents. Il est d’une importance capitale que le public soit toujours plus au fait des pratiques, abominables, de ces démoniaques vermines qui se veulent nos maîtres et agissent dans l’ombre, pour nous détruire, spirituellement et physiquement. 

Plus d’informations à propos des liens de l’inverti Macron avec le Bilderberg.

Des liens avec l’organisation pédocriminelle dans l’équipe de campagne de Macron

Jean-Marc Borello est le conseiller principal de campagne d’Emmanuel Macron. Trafiquant de drogue condamné à 6 mois de prison pour trafic d’Ecstasy, bien qu’il soit le président d’une ONG censée combattre le fléau de la drogue. Il est en outre lié à un scandale de pédocriminalité en lien avec la République Française, dans l’affaire du foyer du château des Tournelles dont il était membre du comité d’administration.

Jean-Marc Borello et Emmanuel Macron participant à la présentation de la liste des principaux représentants du mouvement « En marche! » au pavillon Gabriel à Paris, mercredi 26 octobre 2016 

Le directeur de ce foyer, Robert Megel, haut fonctionnaire de la République Française avait été condamné à 12 ans de prison ferme. Les gamins étaient prostitués en France et à l’étranger à de puissants clients, membres de l’élite internationale, des gouvernements et de la haute finance.

Le foyer avait pu bénéficier du soutien à l’époque de personnalités telles que la femme du président de la République, Danièle Mitterand, de la célèbre pédiatre Françoise Dolto, du journaliste Michel Polac ou bien de Robert Badinter.

 

Les origines du capitalisme moderne (Esquisse historique)



Auteur : Sée Henri
Ouvrage : Les origines du capitalisme moderne (Esquisse historique)
Année : 1926

Avertissement

Dans cette esquisse, nous ne nous sommes nullement proposé d’écrire une histoire
générale du capitalisme. Nous avons encore bien moins eu le dessein de tenter un
essai sociologique. Est-il besoin de dire qu’en aucune façon, ce modeste essai ne peut
avoir la prétention de rivaliser avec l’oeuvre monumentale du professeur W. Sombart,
Der moderne Kapitalismus, qui se recommande par son érudition, si étendue, bien
que parfois un peu trouble, et surtout par ses vues si suggestives ?
Notre dessein a été simplement de réunir, d’une façon synthétique, un certain
nombre de données historiques, vraiment sûres, élaborées surtout en vue des services
qu’elles pourraient rendre à la sociologie et à l’économie politique. C’est, en un mot,
un essai de synthèse et d’histoire comparée, écrit sans aucun parti-pris politique, ni
social. Nous avons tenté de nous rendre compte de la grande évolution économique et
sociale, qui a abouti, au XIXe siècle, au triomphe du capitalisme et de la grande
industrie 1.
Il importe encore d’indiquer la méthode que nous avons suivie. Si nous nous sommes
proposé de fournir quelques matériaux historiques à la sociologie et à l’économie


1 Des fragments de ces, études ont paru dans la Revue de synthèse historique (numéros de juin et
décembre 1924, de juin et décembre 1925) et aussi dans la Revue d’histoire économique (an.
1924).


politique, nous nous sommes bien gardé d’emprunter quoi que ce fût aux méthodes de
ces deux sciences.
La sociologie, en effet, ne tient qu’un compte secondaire de l’espace et du temps ;
elle a surtout pour objet de décrire l’organisation des sociétés in abstracto. Or, pour
nous, les deux facteurs, temps et espace, sont essentiels, car c’est surtout l’évolution
de phénomènes économiques que nous étudions, et dans des régions bien déterminées.
L’économie politique se propose d’étudier les lois de la production, de la
distribution et de la consommation des richesses, sans tenir un compte trop étroit des
« contingences », bien que l’idée d’évolution la pénètre peu à peu et qu’elle ait de plus
en plus recours aux données de l’histoire 1. Or, l’histoire doit s’occuper tout particulièrement
de ces contingences. Ce qui ne veut pas dire que nous n’ayons pas tiré grand
profit de la fréquentation, des sociologues et des économistes. Ils s’attachent surtout à
l’observation de la société contemporaine. Mais l’historien, pour comprendre le passé,
a besoin de connaître le présent et de s’en rendre compte. Si nous n’avions pas sous les
yeux une société, régie en grande partie par l’organisation capitaliste, l’idée ne nous
viendrait pas d’en étudier la genèse.
La méthode, qui nous a semblé la plus légitime et la plus fructueuse dans l’ordre
d’études que nous avons tentées, c’est la méthode comparative 2. Comme nous avons
voulu étudier les origines du capitalisme, non pas dans un seul pays, mais partout où
on peut les saisir, la pratique de l’histoire comparée s’imposait d’autant plus fortement.
Nous avons dû y avoir recours dans l’espace, mais aussi dans le temps, car l’accumulation
des capitaux,- condition nécessaire du capitalisme -, ne s’est pas produite au
Moyen âge de la même façon que dans les temps modernes, et l’organisation capitaliste
du Moyen âge, encore sporadique et embryonnaire, est très différente de
l’organisation qui prévaudra aux XVIIIe et XIXe siècles. Ce sont principalement ces
différences qui nous permettent de saisir le sens de l’évolution et de déterminer le
caractère de la société capitaliste moderne.
Nous nous sommes toujours appliqué à recourir aux faits concrets. Néanmoins,
comme nous avons voulu faire oeuvre de synthèse, comme nous avons employé la généralisation,
nous n’avons pu, nous le craignons, éviter toute abstraction, puisqu’ entre
généralisation et abstraction, il existe un lien assez étroit.
Un autre inconvénient d’une étude comme celle-ci, c’est que l’on est obligé de
reléguer dans l’ombre des faits d’un autre ordre, – politiques, religieux, intellectuels,
etc. Or, nous reconnaissons que ces faits peuvent avoir exercé, en bien des cas, une
notable influence sur la genèse du capitalisme. Les personnalités aussi passent complètement
à l’arrière-plan ; or, n’ont-elles eu aucune influence sur l’évolution des faits
économiques que nous étudions ? L’oeuvre de Colbert, par exemple, si on en a
souvent exagéré l’importance, n’a-t-elle pas contribué à l’évolution du capitalisme,
tout au moins en France ?
En un mot, tous les faits individuels, qui forment la trame de l’histoire générale,f
sont sacrifiés, et sans doute d’une façon excessive, Cependant, un essai de synthèse et


1 Voy. W. ASHLEY, Evolutionary economics, publié en français dans la Revue économique
internationale, 25 sept. 1925.
2 Voy. le beau discours d’Henri PIRENNE, De la méthode comparative en histoire (Compte-rendu
du Congrès des sciences historiques de Bruxelles, 1923), ainsi que notre article, Remarques sur
l’application de la méthode comparative à l’histoire économique et sociale (Revue de synthèse
historique, déc. 1923).


d’histoire comparée, comme celui que nous avons tenté, ne peut-il rendre quelques
services, même à cette histoire générale ? Ne peut-il expliquer plus fortement certains
faits d’un autre ordre, contribuer à en montrer le lien ? Sans doute, on peut considérer
que l’individuel seul correspond à la réalité ; mais, comme le général est plus intelligible
que le particulier, son étude peut nous aider à mieux comprendre cette catégorie
de faits, qui ne se sont jamais produits qu’une fois, d’une certaine façon, et qui, tant
qu’ils restent isolés, sont difficilement accessibles à la science.

Introduction

En un pareil sujet, il importe avant tout de définir exactement ce que l’on doit
entendre par l’expression : capitalisme moderne. Certains écrivains prétendent que le
capitalisme est né dès que s’est développée la richesse mobilière. À ce compte, il n’est
pas douteux que le capitalisme aurait existé déjà dans le monde antique, non seulement
chez les Romains et chez les Grecs, mais dans des sociétés plus anciennes, qui
ont pratiqué d’actives tractations commerciales 1.
Mais il s’agit en ce cas, si capitalisme il y a, d’un capitalisme purement commercial
et financier. Dans le monde antique, le capitalisme ne s’est jamais appliqué à
l’industrie ; chez les Grecs et même chez les Romains, on ne trouve que de petits
métiers, travaillant pour des marchés locaux, et surtout une main-d’oeuvre servile, qui
a pour fonction de subvenir aux besoins de la familia, comme c’est le cas sur les
latifundia romains.


1 Telle est la thèse, par exemple, de Lujo BRENTANO, Die Anfaenge des modernen Kapitalismus,
Munich, 1916.


Dans les premiers siècles du Moyen âge, tout au moins depuis l’époque carolingienne,
l’économie a un caractère presque uniquement rural ; les villes ne sont plus
guère que des refuges et des forteresses : il n’y a plus trace de capitalisme. Puis, les
croisades, en étendant les relations des pays avec l’Orient, en provoquant un grand
mouvement commercial, ont permis aux Génois, aux Pisans et surtout aux Vénitiens
d’accumuler de grands capitaux ; ainsi s’expliquent les premières manifestations du
capitalisme dans les républiques italiennes 1. Mais on ne saurait, en aucune façon,
parler de régime capitaliste, au sens moderne du mot.
Quels sont, en effet, les caractères essentiels de la société capitaliste, telle que
nous la connaissons aujourd’hui ? C’est, non seulement l’expansion du grand commerce
international, mais aussi l’épanouissement de la grande industrie, le triomphe
du machinisme, la prépondérance de plus en plus marquée des grandes puissances
financières. En un mot, c’est l’union de tous ces phénomènes qui constitue véritablement
le capitalisme moderne.
Aussi les origines lointaines de ce régime ne remontent-elles pas plus haut que
l’époque, où, dans les régions économiquement les plus actives, comme l’Italie et les
Pays-Bas, le capitalisme commence à exercer son emprise sur l’industrie : nous
voulons dire le XIIIe siècle. Il s’agit encore surtout, et presque uniquement, d’un capitalisme
commercial, mais qui commence à « contrôler » l’activité industrielle. Ce n’est
encore, on le verra, qu’un humble début. Cependant, il y a là, quelque chose de nouveau,
l’aurore d’un mouvement qui finira par bouleverser tout le monde économique.
En fin de compte, pour éviter toute confusion, il faut prendre le soin de distinguer
nettement le capital et le capitalisme. Nous plaçant au point de vue strictement historique,
nous n’avons pas, comme les économistes, à prendre dans toute son étendue le
sens du mot capital. Sans doute, la terre, les instruments de production sont, comme
les valeurs mobilières, des capitaux, producteurs de richesses. Mais c’est comme
valeur mobilière que le capital a joué le grand rôle dont nous essaierons de déterminer
l’évolution.
Dans la pratique, le mot capital est né assez tard et il a uniquement désigné la
somme destinée à être placée (invested, comme disent les Anglais) et à rapporter un
intérêt 2. C’est sans doute par extension que les économistes ont donné au mot le sens
qui a prévalu dans la science économique.
En réalité, le capital est né du jour où la richesse mobilière s’est développée,
principalement sous la forme d’espèces monnayées. L’accumulation des capitaux a été
une condition nécessaire de la genèse du capitalisme, et elle s’est accentuée de plus en
plus, à partir du XVIe siècle, mais elle n’a pas suffi pour achever la formation de la


1 Voy. L. BRENTANO, op. cit., Exkurs II.
2 En France, le mot « capital » n’a d’abord été qu’un adjectif. Le sens de capital s’exprimait, au
XVIIe siècle, par le mot principal, ou encore par le mot intérêt : on dit, par exemple, « prendre un
intérêt de 5000 l. dans une affaire ». C’est seulement au cours du XVIIIe siècle que le mot capital
commence vraiment à prendre le sens actuel. Quant au profit, dans la commandite commerciale,
on l’exprime par le mot bénéfice et non par le mot intérêt. Celui-ci, au sens moderne, n’apparaît
que très tardivement, précisément à l’époque où se développent les sociétés par actions. Voy. H.
SÉE, L’évolution du sens des mots intérêt et capital (Revue d’histoire économique, an. 1924). En
Angleterre, on s’est d’abord servi du mot stock, puis du terme capital stock ; Voy. E. CANNAN,
Histoire de la production et de la distribution des richesses dans l’économie politique anglaise de
1776 à 1848, trad. fr., 1910.


société capitaliste. Ce sont les formes du capitalisme commercial et du capitalisme
financier qui se sont dessinées les premières. Mais, pour que l’évolution fût achevée,
il a fallu une transformation de toute l’organisation du travail, des relations entre
employeurs et employés, laquelle a eu pour effet d’exercer sur les classes sociales
l’action la plus profonde qu’on ait jamais pu observer jusqu’alors. Aussi le triomphe de
l’organisation capitaliste n’est-il pas antérieur au XIXe siècle, et même, presque
partout, à la seconde moitié de ce siècle.

Chapitre I
Les premières manifestations
du capitalisme au Moyen Age

1.
Le capitalisme dans le monde antique

suite…

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LA FRANCE BIG BROTHER


  
Auteur : Obertone Laurent
Ouvrage : La France Big Brother Le mensonge, c’est la vérité
Année : 2014

PRÉFACE DE XAVIER RAUFER
« En un éclair, le lever du soleil dessine la forme du
nouveau monde. »
Alors qu’au loin grondent les canons de la bataille
d’Iéna et que la Grande Armée écrase la Prusse, Hegel
écrit, en préface de sa Phénoménologie de l’Esprit :
« La frivolité et Tennui qui envahissent ce qui subsiste
encore, le pressentiment vague d’un inconnu sont les
signes annonciateurs de quelque chose d’autre qui est
en marche ».
Nous en sommes là aujourd’hui. Sauf qu’à l’instant,
« dégoût » est plus pertinent que « frivolité et ennui ».
Car sous nos yeux, ce qui fut la V République se gangrène
un peu plus chaque jour.
Hors sentiments politiques, le général De Gaulle
était la probité même. Pas le type à monter des coups,
ni à taper dans la caisse. Or un demi-siècle après, où en
sommes-nous ? Héliogabale à l’ÉIysée; partout, affairistes,
escrocs et partouzeurs agissent à découvert.

Dire cela n’est pas forcer le trait : quand les secrets
d’Etat servent toujours plus à camoufler des affaires de
fric ou de fesses, l’essence du pouvoir d’État s’obscurcit
; de Machiavel à Cari Schmitt, tous les bons auteurs
l’ont écrit.
Le discrédit des gouvernants prouve qu’on en est là :

« Les politiciens agissent d’abord pour leurs intérêts
personnels » : oui, 82 % des sondés {Le Point, Cevifop, 25/01/2013)

« Les dirigeants ne tiennent pas compte de notre
avis » : oui, 85 % {LeMonde, 16/01/2013)

« Mauvaise opinion du PS » : 75 % ; « mauvaise opinion
de l ’uMP » : 67 % {AFPy 31/08/14).

Oh bien sûr, les révélations de presse arrivent au jour
le jour… par petits paquets… La « société de l’information
» banalise, édulcore… Et les grands quotidiens
d’information, tous propriété de milliardaires dans la
boucle…
Mais les faits sont là; voici en accéléré le film des
mois écoulés. D ’abord, côté gauche :
“ Souffrant de « phobie administrative », un secrétaire
d’Etat, député et militant socialiste, ne paie ni
impôts, ni loyer, ni procès-verbaux, ni son kiné, ni son
chauffagiste. Gag ! C ’est un ex-membre de la commission
chargée d’enquêter sur Cahuzac, le ripou du coup
d’avant,
-Le premier secrétaire du PS, jadis prévaricateur
trotskiste de la Mutuelle étudiante Mnef; architecte
et bénéficiaire d’un « entrelacs complexe et obscur
d’une cinquantaine de sociétés commerciales réalisant

un chiffre d’affaires d environ 2,3 milliards de francs »
(LePoint, 4/07/1998), aujourd’hui balancé par un ex-complice,
pour avoir mitonné son doctorat à la sauce
trotskiste,
– Dans son propre fief, le ministre des anciens combattants
découvre que 2 millions d euros de marché
ont été attribués à son frère, sa belle-soeur, son neveu et
son cousin — et il n’en savait rien, le pauvre !
-Haut fonctionnaire à l’ inspection générale des
affaires sociales, le conseiller politique de François
Hollande est viré en avril 2014 pour avoir, moyennant
finance, fricoté avec des laboratoires pharmaceutiques,
– Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie
qui, en novembre 2013 encore, honore l’ « homme
hors du commun » qu est le sinistre Raul Sendic,
chef des Tupamaros d’Uruguay ; virée peu après pour
« évaluation mensongère de son patrimoine »…
Le flux grossit; son débit augmente… Il faudrait un
Malraux… Entre ici Flanby, avec ton terrible cortège…
Le grand-prêtre Bernard-Henri Lévy sous amphétamines…
Les belles âmes du cinéma engagé avec
comptes en Suisse… Yannick Noah exploitant sa
bonne… Lilian Thuram secouant sa copine… Les intellos-
plagiaires… Les footballeurs-icônes, michetons
à mineures… Les antiracistes-prévaricateurs… Les
bienfaiteurs-résidents helvétiques… Les ploutocrates-dames-
patronnesses… Les chercheurs « antiracistes »
financés par le milliardaire-pré dateur Soros…

Il y a des noms bien sûr. Et des faits documentés —
mais restons ici dans Tépure… Arrêt final sur image,
pour l’insondable cloaque marseillais :
L’ex-chef socialiste Jean-Noël Guérini, sénateur et
président du Conseil général des Bouches-du-Rhône…
Plus, le premier secrétaire d’une fédération socialiste
locale, aux « pratiques féodales » selon Arnaud
Montebourg… Pris dans des « instructions judiciaires
tentaculaires ». Quels chefs d’inculpation! « Prise
illégale d’intérêt… Trafic d’influence… Association de
malfaiteurs… Abus de biens sociaux… Détournement
de fonds publics… Blanchiment ! ».
En fond de tableau, la Douane judiciaire dénonce
(17 mai 1013) un « véritable système mafieux » établi
« au profit du Clan Barresi » — ce dernier, fiché
au grand banditisme. La note ajoute que le frère,
Alexandre Guérini, est « très lié au milieu marseillais
». Une sénatrice PS parle d’ « élections achetées »
— à Marseille bien sûr — pas à Palerme. Et la droite
libérale marseillaise ? Elle fricote avec Guérini — par
« pragmatisme ». Seulement? Non : le partage du
gâteau — et Tomerta aussi. Libé du 21/10/14 • « personne
ne tient à s’exprimer sur le sujet ». Plein de
cadavres déjà, à Marseille. Silence ! Pas besoin d’un de
plus.
Côté droite alors ? Pas vraiment mieux :
– Un député-maire des Hauts-de-Seine au « train
de vie faramineux »…. Des « somptueuses villas »,
à Marrakech… aux Antilles! Des « montages complexes
de sociétés-écran »… Un rôle d’intermédiaire…

De juteuses commissions sur un compte numéroté à
Singapour…
– Un dignitaire centriste… Son « enrichissement
personnel inexpliqué », ses nébuleuses déclarations de
patrimoine… Des parts d’une chétive société achetées
3000 euros et revendues 300 000…
– De jadis impeccables hauts fonctionnaires jouant
désormais à « Monsieur le Trouhadec saisi par la
débauche »…
Côté business, la valse secrète des millions d euros, de
« gigantesques commissions occultes dans des paradis
fiscaux » finissant parfois dans les poches de gourgandines…
Les sociétés offshore à Luxembourg… Chypre
et Singapour… A l’oeuvre dans la soute, des gangsters
recyclés (?) ou des « as des montages spéciaux »…
Ce qui précède est bien sûr une liste très partielle, on
ne peut tout dire — plus, tout ce qu’on ignore encore
et qui peut sortir à chaque instant.
Mais comment un si désastreux bazar tient-il encore
debout ? Simple — et c’est là que, depuis le début, nous
voulons en venir. Le système tient — désormais, ne
tient quasiment plus que — grâce à ses chiens de garde.
Grâce à sa milice issue du microcosme de 1 édition,
des médias… journalistes et artistes militants… chercheurs
sans trouvailles… bureaucrates-culturels indéboulonnables…
bas clergé médiatico-académique
expert ès chasses à l’homme (de droite) et disqualification.
Et les « comiques militants », sinistres donneurs
de leçons et leur humour à injonctions…

Idéologiquement épuisée, cette clique sait encore
intimider la presse et les libéraux, grâce à ses mots-sentences,
« préjugés… stéréotypes… stigmatisation »…
Une meure essoufflée qui, d’en haut, énonce encore
péremptoirement au bon peuple ce qu’ il doit penser…
Ceci n’est pas une lubie personnelle, loin de là.
Modèle de ce qu’il reste d’une gauche intègre, le sociologue
Michel Viewiorka dénonce ainsi récemment le
« couple obscène médias-politiciens »… leurs liens
« presque incestueux ».
Cela, l’opinion commence à le percevoir :
« Les journalistes sont-ils coupés du réel ? » Oui,
74%; « sont-ils indépendants? » Non, 71% {Ipsos-
Steria, janvier Z014) ; « sont-ils de confiance ? » Non,
76 % {Opinion Way, mars 2014)
Mais sortons de la bauge : parmi les prophètes du
néo-monde, Fauteur a souvent cité Philip K, Dick. En
voici un autre : William Burroughs. Souvenons-nous
— « Le Festin nu »… L’interzone, enfer crépusculaire
où le réel a fondu, où cauchemars et réalité ne font
qu’un… D’un scandale à l’autre, la France glisse ainsi
vers l’interzone, chaque jour un peu plus.
Est-ce pour autant fatal ? Non cher Laurent — c’est
même là que vous intervenez. Retour à Hegel qui
conclut ainsi sa splendide évocation du monde épuisé,
dont l’émiettement est « brusquement interrompu
par le lever du soleil qui, en un éclair, dessine en une
fois la forme du nouveau monde ».
Ce nouveau monde, cher Laurent, nous sommes
nombreux à l’espérer. Mais il ne viendra pas aisément

— l’accouchement sera pénible. À vous de le faciliter.
Il vous faut désormais — métaphoriquement, bien sûr
— briser les crocs des précités chiens de garde.
Cette tâche vous revient. À vous la suite, sur cet
ultime et amical avis : soyez implacable.

Xavier Raufer — Octobre 2014

Vous êtes un cas difficile. Mais ne désespérez pas.
Tout le monde est guéri tôt ou tard.
À la fin nous vous fusillerons.
Orwell, 1984.

Jadis, les écrivains s’efforçaient d ’arracher les gens
à leur réalité, pour les mener dans un monde fictif
Aujourd’hui, ils doivent faire exactement le contraire.
Obertone, 2014.

PARTIE I
LE FABULEUX DESTIN DE MONSIEUR
MOYEN

suite…

http://www.histoireebook.com/index.php?post/Obertone-Laurent-La-France-Big-Brother

Manifeste pour briser les chaines de l usure


  Gottfried Feder (1883-1941)

Auteur : Feder Gottfried

Année : 1919


Gottfried Feder écrivit en 1919 ce livre prophétique parce qu’il voulait alerter l’opinion allemande sur le risque d’hyperinflation. En 1923, lorsque la valeur du mark s’effondra, tout le monde put vérifier qu’il avait eu entièrement raison. Et 1929 aussi devait donner raison à Feder. Il avait démontré la perversité de la mécanique de l’argent-dette… et la Grande Dépression fut l’implosion d’une économie appuyée sur cette mécanique infernale.

Encore aujourd’hui, on peut apprendre de Feder. À travers une analyse simple mais percutante des rapports de forces à l’intérieur du Capital, il annonçait, il y a près de cent ans, le triomphe futur des acteurs oligopolistique d’une finance totalement mondialisée et virtualisée, au détriment du capital industriel national. Et il prédisait, déjà, que la montagne de dettes qui naîtrait de ce triomphe menacerait tôt ou tard d’engloutir le monde entier dans une catastrophe économique inouïe.

Nous y sommes.

Ce manifeste constitue un document historique d’une très grande importance. Gottfried Feder était avant tout un militant. En janvier 1919, il avait participé à la fondation d’un petit parti politique, en Bavière : le Parti des ouvriers allemands. L’organisation vivota quelques temps, jusqu’à ce qu’un orateur exceptionnel en devienne le tribun, un certain Adolf Hitler.

La suite est connue. Ce qui l’est moins, c’est l’importance que le Manifeste pour briser les chaînes de l’usure eut dans la genèse du national-socialisme. Hitler le reconnaît ouvertement dans Mein Kampf : l’économie politique du national-socialisme originel est entièrement tirée de l’œuvre de Feder.

Souhaitons que cette idée soit à l’avenir reprise par des forces plus pacifiques et respectueuses de la personne humaine.

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« La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »


par

David Graeber

 

 

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel. Entretien.

Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ?

David Graeber [1] : La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et la violence. On nous a raconté une histoire : « Il était une fois des gens qui utilisaient le troc. Voyant que cela ne marchait pas très bien, ils ont créé la monnaie. Et l’argent nous a amené le crédit. » Du troc au crédit, une sorte de ligne droite nous amènerait donc à la situation actuelle. Si on regarde plus attentivement l’histoire, cela s’est passé bien différemment ! Le crédit a d’abord été créé. La monnaie physique est apparue quelques milliers d’années plus tard. Cela permet de poser les questions différemment : comment sommes-nous passés d’un système où les gens disaient « je vous dois une vache », à un système où l’on peut mesurer la valeur exacte d’une dette ? Ou l’on peut assurer, formule mathématique à l’appui, que « 340 poulets sont équivalents à cinq vaches » ? Comment une promesse, une obligation de remboursement, est devenue une « dette » ? Comment l’idée que nous devons une faveur a-t-elle été quantifiée ?

En quoi quantifier une dette est-elle un problème ?

Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Si je promets de vous rencontrer à cinq heures demain, vous ne pouvez pas donner cette promesse à quelqu’un d’autre. Parce que la dette est impersonnelle, parce qu’elle peut être exigible par des mécanismes impersonnels, elle peut être transférée à une autre personne. Sans ces mécanismes, la dette est quelque chose de très différent. C’est une promesse qui repose sur la confiance. Et une promesse, ce n’est pas la négation de la liberté, au contraire, c’est l’essence de la liberté ! Être libre, c’est justement avoir la capacité de faire des promesses. Les esclaves ne peuvent pas en faire, ils ne peuvent pas prendre d’engagements auprès d’autres personnes, car ils ne sont pas sûrs de pouvoir les tenir. Être libre, c’est pouvoir s’engager auprès d’autrui.

Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral…

La dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle, en l’essence même de l’obligation morale. C’est ce processus que nous devons défaire. Il est fascinant aussi de voir le lien entre la notion de dette et le vocabulaire religieux, de constater comment les premières religions débutent avec le langage de la dette : votre vie est une dette que vous devez à Dieu. La Bible par exemple commence avec le rachat des péchés… Devenue dogme moral, la dette justifie les dominations les plus terribles. On ne peut comprendre ce qu’elle représente aujourd’hui sans un détour par cette longue histoire de la dette comme justification morale de relations de pouvoir inégales. Le langage de la dette permet de justifier une relation de pouvoir arbitraire. Et il est très difficile d’argumenter face à un pouvoir arbitraire sans adopter le même langage.

Vous citez l’exemple de la mafia…

Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales. Les mafieux ont compris cela : ils utilisent souvent le terme de dette, même si ce qu’ils font est en réalité de l’extorsion. Quand ils annulent ou reportent certaines dettes, cela passe pour de la générosité ! C’est comme les armées qui font payer un tribut aux vaincus : une taxe en échange des vies épargnées. Avec le langage de la dette, on dirait que ce sont les victimes qui sont à blâmer. Dans de nombreuses langues, dette, culpabilité et péché sont le même mot ou ont la même racine.

La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle. L’argent est aussi né du besoin de financer les guerres. La monnaie a été inventée pour permettre aux États de payer des armées professionnelles. Dans l’Empire romain, la monnaie apparait exactement là où stationnent les légions. De la même façon, le système bancaire actuel a été créé pour financer la guerre. Violence et quantification sont intimement liés. Cela transforme les rapports humains : un système qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les armes.

Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenu la victime. L’austérité et la souffrance sociale sont alors considérées comme un sacrifice nécessaire, dicté par la morale…

Absolument. Cela permet par exemple de comprendre ce qui se joue en Europe aujourd’hui. L’Europe est-elle une communauté de partenaires égaux ? Ou y a-t-il une relation de pouvoir entre entités inégales ? Est-ce que tout peut être renégocié ? Quand une dette est établie entre égaux, elle est toujours traitée comme une promesse. Nous renégocions des promesses tout le temps, car les situations changent : si je vous promets de vous voir demain à cinq heures, si ma mère meurt, je ne suis pas obligé de tenir ma promesse.

 

Les gens riches peuvent être incroyablement compréhensifs concernant la dette des autres riches : les banques états-uniennes Goldman Sachs et Lehman Brothers peuvent se concurrencer, mais quand quelque chose menace leur position générale de classe, soudain elles peuvent oublier toutes les dettes contractées si elles le veulent. C’est ce qui s’est passé en 2008. Des trillions de dollars de dettes ont disparu, parce que cela arrangeait les puissants. De la même façon des gens pauvres vont être très compréhensifs les uns envers les autres. Les prêts que l’on fait à des proches sont finalement souvent des cadeaux. C’est lorsqu’il y a des structures d’inégalités, que soudain la dette devient une obligation morale absolue. La dette envers les riches est la seule à être vraiment « sacrée ». Comment se fait-il que Madagascar soit en difficulté quand il doit de l’argent aux États-Unis, mais que lorsque ce sont les États-Unis qui doivent de l’argent au Japon, c’est le Japon qui est en difficulté ? Le fait notamment que les États-Unis ont une puissante armée change le rapport de force…

Aujourd’hui, on a l’impression que la dette a remplacé les droits : les droits à la formation ou au logement se sont transformés en droit au crédit ?

Certains utilisent leur maison pour financer leur vie en contractant de plus en plus de prêts hypothécaires. Leurs maisons deviennent des distributeurs de billets. Les micro-crédits pour faire face aux problèmes de la vie se multiplient, en substitution de ce qui était auparavant assuré par l’État-providence, qui donnait des garanties sociales et politiques. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus offrir un bon « deal » à tout le monde. On sort de l’idée que chacun pourrait posséder un bout du capitalisme : aux États-Unis, chacun était censé pouvoir investir dans les entreprises, qui en fait exploitent chacun. Comme si la liberté consistait à posséder une part de notre propre exploitation.

Puis les banquiers ont transformé la dette en produits bancaires, échangeables comme de la monnaie…

C’est incroyable ! Il y a six ans, même des gens très intelligents disaient : « Que ces gens sont brillants, ils ont créé de l’argent à partir de rien ». Ou plutôt avec des algorithmes tellement complexes, que seuls des astrophysiciens pouvaient les comprendre. Mais cette incroyable sophistication s’est révélée être une escroquerie ! J’ai eu récemment des entretiens avec de nombreux astrophysiciens, qui m’ont affirmé que ces chiffres ne veulent rien dire. Tout ce travail semble très sophistiqué, mais en fait il ne l’est pas. Une classe de personnes a réussi à convaincre tout le monde qu’ils étaient les seuls à pouvoir comprendre. Ils ont menti et les gens les ont cru. Soudain, un pan de l’économie a été détruit, et on a vu qu’eux-mêmes ne comprenaient pas leurs instruments financiers.

Pourquoi cette crise n’a-t-elle pas changé notre rapport à la dette ?

A cause d’un profond déficit intellectuel. Leur travail idéologique a été tellement efficace que tout le monde est convaincu que le système économique actuel est le seul possible. Nous ne savons pas quoi faire d’autre. Alors nous posons un morceau de scotch sur le problème, prétendant que rien ne s’est passé. Où cela nous mènera-t-il ? A une nouvelle panne. Nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle du jeu défensif. Comme la plupart des justifications intellectuelles du capitalisme s’effondrent, ses promoteurs attaquent aujourd’hui toutes les alternatives possibles. En Grande-Bretagne, après la crise financière, la première chose qu’ont voulu faire les responsables économiques a été de réformer le système scolaire, pour le rendre plus compétitif. En réalité, le rendre plus semblable au système financier ! Pourquoi ? Sans doute parce que l’enseignement supérieur est un des seuls espaces où d’autres idées, d’autres valeurs, peuvent émerger. D’où la nécessité de couper court à toute alternative avant qu’elle ne puisse émerger. Ce système éducatif fonctionnait pourtant très bien jusqu’à présent, alors que le système financier a failli de manière spectaculaire. Il serait donc plus pertinent de rendre le système financier semblable au système éducatif, et non l’inverse !

Aujourd’hui, aux États-Unis, des gens sont emprisonnés pour incapacité à rembourser leurs dettes. Vous citez l’exemple d’un homme condamné à la prison en 2010 dans l’État de l’Illinois pour une durée illimitée, tant qu’il n’aura pas réussi à rembourser 300 dollars…

Aux États-Unis, des gens sont emprisonnés parce qu’ils n’ont pas réussi à payer les frais de citation en justice. Alors qu’il est presque impossible de poursuivre des banques pour des saisies illégales ! Les banques peuvent toujours aller voir la police pour leur demander de vous arrêter pour défaut de paiement, même si tout le monde sait qu’il s’agit d’une saisie illégale. Pouvoir financier et pouvoir politique sont en train de fusionner. Police, collecteurs d’impôts, les personnes qui vous expulsent de vos maisons, opèrent directement dans l’intérêt des institutions financières. Peu importe votre revenu, un robot signe votre expulsion et la police vous fait sortir de votre maison.

Aux États-Unis, tout le monde croyait faire partie de la classe moyenne. Ce n’est pas vraiment une catégorie économique, plutôt une catégorie sociale et politique : on peut considérer que font partie de la classe moyenne les citoyens qui se sentent plus en sécurité quand ils voient un policier, que l’inverse. Et par extension, avec toutes les autres institutions, banques, écoles… Aujourd’hui, moins de la moitié des Américains considèrent qu’ils font partie de la classe moyenne, contre les trois quarts auparavant. Si vous êtes pauvres, vous supposez que le système est contre vous. Si vous êtes riches, vous avez tendance à croire que le système est avec vous. Jusqu’à présent aucun banquier n’a été mis en prison pour des actes illégaux durant la crise financière. Et des centaines de manifestants ont été arrêtés pour avoir tenté d’attirer l’attention sur ces faits.

La dette provoque toujours contestation et désordre dans les sociétés, écrivez-vous. Et depuis 5000 ans, les insurrections populaires commencent très souvent par la destruction des registres de dette…

La dette semble être le plus puissant des langages moraux jamais créés pour justifier les inégalités et les rendre « morales ». Mais quand tout explose, c’est avec une grande intensité ! L’historien britannique Moisis Finley défendait l’argument que dans le monde antique, il n’y avait qu’une seule demande révolutionnaire : abolir les dettes, et ensuite redistribuer les terres. De la décolonisation de l’Inde à l’Amérique latine, les mouvements d’abolition des dettes semblent partout une priorité. Lors de révolutions paysannes, une des premières actions des insurgés est de trouver les registres de dettes pour les brûler. Puis les registres de propriété des terres. La raison ? La dette, c’est pire que si vous dites à quelqu’un qu’il est inférieur, esclave, intouchable. Car cela signifie : « Nous ne sommes pas fondamentalement différents, vous devriez être mon égal, mais nous avons conclu un contrat d’affaires et vous avez perdu. » C’est un échec moral. Et cela peut engendrer encore plus de colère. Il y a quelque chose de profondément insultant, dégradant avec la dette, qui peut provoquer des réactions très violentes.

Vous réclamez un jubilé, c’est-à-dire un effacement des dettes – dettes souveraines des États mais aussi dettes individuelles. Quel impact économique cela aurait-il aujourd’hui ?

Je laisse les détails techniques aux économistes… Cela supposerait notamment de revenir à un système public pour les pensions de retraite. Les précédentes annulations de dettes n’ont jamais concerné toutes les dettes. Mais certains types de dettes, comme les dettes de consommation ou la dette souveraine des États, pourraient être effacées sans réels effets sociaux. La question n’est pas de savoir si l’annulation de dette va avoir lieu ou pas : les gens qui connaissent bien la situation admettent que cela va évidemment arriver. La Grèce, par exemple, ne pourra jamais rembourser sa dette souveraine, elle sera progressivement effacée. Soit avec de l’inflation – une manière d’effacer la dette qui a des effets délétères – soit par des formes d’annulation directe. Est-ce que cela arrivera « par en bas », sous la pression des mouvements sociaux, ou « par en haut », par une action des dirigeants pour tenter de préserver le système ? Et comment vont-ils habiller cela ? Il est important de le faire de manière explicite, plutôt que de prétendre à un simple « rachat » de la dette. Le plus simple serait de dire qu’une partie de la dette est impayable, que l’État ne garantit plus le paiement, la collecte de cette dette. Car pour une grande part, cette dette existe uniquement parce qu’elle est garantie par l’État.

L’effacement de la dette des États, c’est la banqueroute. Les experts du FMI ou de la Banque mondiale seront-ils un jour d’accord avec cette option ?

Le FMI annule actuellement des dettes en Afrique. Les experts savent que la situation actuelle n’est pas viable. Ils sont conscients que pour préserver le capitalisme financier et la viabilité à long terme du système, quelque chose de radical doit avoir lieu. J’ai été surpris de voir que des rapports du FMI se réfèrent à mon livre. Même au sein de ces institutions, des gens proposent des solutions très radicales.

Est-ce que l’annulation de dettes signifie la chute du capitalisme ?

Pas nécessairement. L’annulation de dettes peut aussi être un moyen de préserver le capitalisme. Mais à long terme, nous allons vers un système post-capitaliste. Cela peut paraître effrayant, puisque le capitalisme a gagné la guerre idéologique, et que les gens sont convaincus que rien d’autre ne peut exister que cette forme précise de capitalisme financier. Il va pourtant falloir inventer autre chose, sinon dans 20 ou 30 ans, la planète sera inhabitable. Je pense que le capitalisme ne sera plus là dans 50 ans, mais je crains que ce qui arrive ensuite soit encore pire. Nous devons construire quelque chose de mieux.

Dans le cadre du mouvement Occupy Wall Street, vous êtes l’un des initiateurs de la campagne Rolling Jubilee. Quels sont ses objectifs et son impact ?

C’est un moyen de montrer à quel point ce système est ridicule. Aux États-Unis, des « collecteurs » achètent de la dette, à 3% ou 5% du montant de la dette initiale, et vont ensuite tenter de recouvrer la totalité de l’argent en faisant payer les personnes endettées. Avec la campagne Rolling Jubilee, nous faisons comme ces collecteurs de dette : nous achetons collectivement nous-mêmes de la dette – ce qui est parfaitement légal – et ensuite, au lieu d’exiger leur remboursement, nous effaçons ces dettes ! Quand nous atteindrons un niveau où cela commence à avoir un effet réel sur l’économie, ils trouveront sans doute un moyen de rendre ça illégal. Mais pour le moment, c’est un bon moyen de mettre en évidence l’absurdité du système (sur cette campagne, lire notre article « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple). En complément, nous développons le projet « Drom », Debt resistors operation manuel, qui fournit des conseils légaux et pratiques aux personnes endettées.

La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes. Pour lancer un mouvement de désobéissance civile contre le capitalisme, on peut commencer par là. Sauf que les gens le font déjà ! Un Américain sur sept est poursuivi par un collecteur de dettes. 20 % au moins des prêts étudiants sont en situation de défaut. Si vous ajoutez les prêts hypothécaires, sur les 80 % de la population qui sont endettés aux États-Unis, entre un quart et un tiers sont déjà en situation de défaut de paiement ! Des millions d’Américains font déjà de la désobéissance civile par rapport à la dette. Le problème est que personne ne veut en parler. Personne ne sait que tout le monde le fait ! Comment réunir tous ces gens isolés ? Comment organiser un mouvement social si tout le monde a honte de ne pas réussir à rembourser ses dettes ? À chaque fois que vous refusez de payer une dette médicale, une dette « odieuse » créée par la collusion entre gouvernement et financiers – qui piège les gens dans des dettes que vous n’avez d’autre choix que de subir – vous pouvez dépenser votre argent pour quelque chose de socialement important. Nous voulons encourager les « coming-out » sur cette résistance au système. Fédérer cette armée invisible de gens qui font défaut, qui sont déjà sur le terrain de bataille, s’opposant au capitalisme par une résistance passive.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

http://www.mondialisation.ca/david-graeber-la-facon-la-plus-simple-de-desobeir-a-la-finance-cest-de-refuser-de-payer-les-dettes/5365864
A lire :
- Sur la campagne Rolling Jubilee : « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple
- Maurizio Lazzarato : « La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »

David Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Editions Les liens qui libèrent, 2013, 620 pages.