Pour la Naissance du Prophète


Par Pierre Dortiguier  (poésie)

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Chacun se croit une âme à destinée unique,

Qui court jusqu’à sa mort dans un souffle haletant,

Voyant en Dieu l’ombre à ce soleil mystique

Invisible à des yeux, sauf au cœur palpitant

 

D’angoisse et de désir d’une vie idyllique ;

Un homme à quarante ans, n’est point de ce métal

D’or jupitérien qui vous rend despotique

Et vit dans le combat incertain, mais vital

 

De ne réaliser que ce qu’il peut détruire,

Car il éprouve tout et écoute la nuit

Le murmure des vagues aux portes de la terre.

Il renaissait alors comme un cristal qui luit.

 

Tel était le temps mûr où l’Ange Gabriel

Ouvrit cette poitrine, et en pressa la forme,

Pour en faire sortir l’inépuisable fiel

Qui alourdit le sang hérité de la femme ;

 

Il redonna l’esprit que l’enfant apportait

Au clan enraciné dans un passé glorieux,

Mais Mohammed comprit qu’Allah pour lors plantait

Au sol un beau buisson aux fruits bientôt radieux

Que son cousin Ali et ses propres épouses

Ne laisseraient cueillir par tant de mains honteuses

« Ils aiment l’Islam » p.73, p.74 Salim Laïbi (2018)

 

MARABOUTS & KHOUAN ÉTUDE SUR L’ISLAM EN ALGÉRIE


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Ouvrage: Marabouts et Khouan Étude sur l’Islam en Algérie

Auteur: Rinn Louis

Année: 1884

 

 

PRÉFACE
Depuis une cinquantaine d’années, les puissances
occidentales de l’Europe ont fait de grands efforts pour
entraîner le Vieil Orient dans le courant de la civilisation
moderne. Les résultats obtenus ne sont pas considérables
; et cependant, les quelques progrès réalisés ont suffi pour
émouvoir profondément les chefs religieux de l’Islam, qui,
par conviction comme par intérêt, sont, opposés à ces tendances
et à ces réformes.
Pour combattre ce qu’ils regardent comme un danger,
ils ont, non sans succès, cherché à exalter le sentiment religieux
et à resserrer les liens spirituels qui unissent tous
les disciples du Prophète. Leur résistance, d’abord timide
et maladroite, s’est peu à peu organisée et développée, dans
tous les pays musulmans. Aujourd’hui, elle a réussi à déterminer
un mouvement panislamique qui, s’étendant des îles
de la Sonde à l’Atlantique, constitue un véritable danger
pour tous les peuples européens ayant des intérêts en Afrique
ou en Asie.
Ce panislamisme a surtout, comme force et comme
moyens d’action, les nombreuses congrégations et associations

religieuses qui, depuis le commencement du siècle,
ont pris partout un énorme développement et exercent une
grande infl uence sur les masses.
Sous prétexte d’apostolat, de charité, de pèlerinages
et de discipline monacale, les innombrables agents de ces
congrégations parcourent ce monde de l’Islam, qui n’a ni
frontières ni patrie, et ils mettent en relations permanentes
La Mecque, Djerboub, Stamboul ou Bar’dad avec Fez,
Tinbouktou, Alger, Le Caire, Khartoum, Zanzibar, Calcutta
ou Java. Protées aux mille formes, tour à tour négociants,
prédicateurs, étudiants, médecins, ouvriers, mendiants,
charmeurs, saltimbanques, fous simulés ou illuminés inconscients
de leur mission, ces voyageurs sont, toujours et
partout, bien accueillis par les Fidèles et effi cacement protégés,
par eux, contre les investigations soupçonneuses des
gouvernements réguliers.
Comme nation souveraine, suzeraine et limitrophe de
peuples musulmans, la France a un intérêt politique considérable
à être bien fi xée sur le nombre de ces Ordres religieux,
sur leurs doctrines, leurs tendances, leurs foyers de
propagande, leurs rayons d’action, leurs modes de recrutement,
leurs organisations, etc.
Tous ces renseignements ne sont pas faciles à se procurer.
Si les statuts des Ordres religieux ne sont pas absolument
tenus secrets, ils sont, du moins, mis, le plus possible,
à l’abri des regards des Européens. On ne nous en montre
guère que la partie connue de la masse des Khouan ou consignée
dans des livres de doctrines, tombés, en quelque
sorte, dans le domaine public des lettrés musulmans ; et
c’est encore une chose délicate et diffi cile que d’en avoir de
bonnes copies !
Aussi, même en Algérie, cette question des Ordres religieux

n’est pas connue comme il serait nécessaire qu’elle
le fût pour la bonne surveillance du pays. Les quelques publications,
qui ont été faites, en français, sur cette matière,
sont très rares, déjà anciennes, ou perdues dans des recueils
volumineux; la plupart ne se trouvent plus en librairie(1).
Nous pensons donc avoir fait oeuvre utile en offrant
aux lecteurs un exposé aussi impartial et aussi explicite que
possible de la situation de l’Islam en Algérie. Sans doute, il
est regrettable que cet exposé se borne à notre France transméditerranéenne,
alors que dans l’islam tout se tient, tout
est connexe, sans distinction de pays. Mais, tel qu’il est, et
malgré ses lacunes forcées ou ses imperfections involontaires,
ce livre facilitera toujours, dans une certaine mesure,
les recherches et études des travailleurs, comme aussi il
fournira des indications précieuses à tous les agents français
qui, à un titre quelconque, en Algérie ou a l’Étranger,
ont la délicate et diffi cile mission de surveiller les agissements
religieux ou politiques des Musulmans.
____________________
(l) Les meilleurs sont : Les Khouan, par le capitaine De Neveu, Paris,
1846. — Les Khouan, par M. BROSSELARD, Alger, 1862. — Ces deux
ouvrages n’existent plus en librairie. — Citons aussi les chapitres XXI,
XXII, XXIII du tome 2 de La Kabylie et les coutumes kabyles, par HANOTEAU
et LETOURNEUX, Paris, 1973.


Grâce à la haute bienveillance de M. le Gouverneur
général TIRMAN, à qui nous sommes heureux d’offrir ici
l’expression de notre respectueuse gratitude, nous avons eu
toutes les facilités désirables pour puiser nos informations
aux sources les plus autorisées ; nos relations personnelles
avec quelques notabilités religieuses, telles que SI AHMED
TEDJINI, CHEIKH EL-MISSOUM, ALI BEN OTSMAN,
nous ont permis de vérifi er et de compléter ces informations.
Plusieurs de nos camarades du Service des Affaires indigènes
et du Corps des Interprètes militaires ont bien voulu
nous prêter leur concours empressé ; parmi eux, nous avons
tout particulièrement à remercier M. le capitaine BISSUEL,
qui a été chargé d’établir la carte jointe à ce volume, et MM.
les interprètes ARNAUD et COLAS, qui ont consacré de
longues heures à des traductions ardues et hérissées de difficultés.

 

 

CHAPITRE PREMIER
DOCTRINE POLITIQUE DE L’ISLAM

Lorsque, sans parti pris ni passion, on regarde autour de
soi en pays musulman, qu’on interroge l’histoire ou qu’on
étudie les livres des docteurs de l’Islam, on s’aperçoit bien
vite que le caractère dominant de la religion musulmane n’est
ni l’intolérance, ni le fanatisme.
Ce qui domine et déborde dans l’oeuvre de Mohammed,
c’est l’idée théocratique, et ce qui frappe chez ses adeptes,
c’est l’ardeur des convictions religieuses. Tous les Musulmans,
sans exception, ont cette foi robuste qui n’admet ni
compromis ni raisonnement, et qui, naïvement, se complaît
dans son « credo quia absurdum. »

Dans ses origines, comme dans son essence, la société
musulmane a toujours été et est restée foncièrement théocratique.
Ses premiers souverains n’étaient ni princes, ni rois, ni
chefs, ni juges, ils étaient prêtres, et eux-mêmes se nommaient
« pontifes et vicaires du Prophète. »
Les guerres qui, après la mort de Mohammed, divisèrent
et ensanglantèrent l’Islam pendant plusieurs siècles, curent
surtout pour objectif l’Imamat, c’est-à-dire le sacerdoce universel.
La plupart des fondateurs des dynasties musulmanes
du Mar’reb furent des personnages religieux avant d’être des
personnages politiques ; et, devenus souverains, ils se donnèrent
comme pontifes et successeurs du Prophète. Car Mohammed
lui-même n’avait fondé sa puissance temporelle qu’en
raison de la mission, qu’il disait avoir reçue du ciel, de ramener
les hommes au culte des anciens patriarches et à l’unité de
Dieu.
A travers les siècles, planant au-dessus de toutes les révolutions
politiques et de tous les progrès de la science ou de
la civilisation, l’idée théocratique est restée la clef de voûte de
l’édifice de l’Islam. Et, telle cette idée s’affirmait, en 681, lors
de l’assassinat d’Ali, chez les premiers puritains Ouahbites(1),
telle elle s’affirme encore aujourd’ hui, en plein XIXe siècle,
non seulement dans les doctrines mystiques des Senoussya et
autres ordres religieux, mais même dans tout l’enseignement
officiel, normal et orthodoxe des écoles publiques musulmanes.
Dans un livre, classique en Orient, et l’un des catéchismes
les plus autorisés et les plus en faveur chez les professeurs des
établissements où se donne l’instruction islamique, le « très
vénéré » imam Nedjem Ed-Din-Nassafi (mort à Bar’dad en
537-1142) résume, en 58 articles, les dogmes fondamentaux
____________________
(1) Voir chapitre XI.


de l’Islam, et s’exprime ainsi(1) :
« Les Musulmans doivent être gouvernés par un imam
qui ait le droit et l’autorité : de veiller à l’observation » des
préceptes de la loi, de faire exécuter les peines légales, de défendre
les frontières, de lever les armées, de percevoir les dîmes
fiscales, de réprimer les rebelles et les brigands, de célébrer
la prière publique du vendredi et les fêtes de Beyram, de
juger les citoyens, de vider les différends qui s’élèvent entre
les » sujets, d’admettre les preuves juridiques dans les causes
litigieuses, de marier les enfants mineurs de l’un et l’autre
sexe qui manquent de tuteurs naturels, de procéder enfin au
partage du butin légal. »
Tout l’Islamisme est renfermé dans ces quelques lignes,
qu’un des commentateurs les plus autorisés et les plus connus,
Sad-Ed-Din-Teftazani (mort à Boukhara en 808-1405)
précise et complète en ces termes :
« L’établissement d’un imam est un point canonique arrêté
et statué par les Fidèles du premier siècle de l’Islam. Ce
point, qui fait partie des règles apostoliques et qui intéresse,
d’une manière absolue, la loi et la doctrine, est basé sur cette
parole du Prophète : Celui qui meurt sans reconnaître l’autorité
et l’imam de l’époque, est censé mort dans l’ignorance,
c’est-à-dire dans l’Infidélité… Le peuple musulman doit donc
être gouverné par un imam. Cet imam doit être seul, unique;
son autorité doit être absolue; elle doit tout embrasser ;
tous doivent s’y soumettre et la respecter ; nulle ville, nulle
contrée ne peut en reconnaître aucun autre, parce qu’il en
____________________
(1) C’est l’article ou le chapitre 33. Voir, dans l’excellent ouvrage du
chevalier de Mouradja d’Ohssou, Tableau de lempire ottoman, l’exposé et le
développement de ces 58 dogmes fondamentaux.


résulterait des troubles qui compromettraient et la religion et
l’État ; et, quand même une autre autorité indépendante serait
à l’avantage temporel de cette ville, de cette contrée, elle
n’en serait pas moins illégitime et contraire à l’esprit et au
bien de la religion, qui est le point le plus essentiel et le plus
important de l’administration des imams. »
A quelques variantes près, dans les détails, tous les anciens
docteurs musulmans reconnaissent et professent ces doctrines.
Le Coran n’a-t-il pas dit :(1) Soyez soumis à Dieu, au
Prophète et à celui d’entre vous qui exerce l’autorité suprême.
Portez vos différends devant Dieu et devant l’Apôtre, si « vous
croyez en Dieu et au jugement dernier. Ceci est le mieux. »
Et Mohammed a précisé dans ses hadits, en disant : « Celui
qui meurt sans reconnaître l’autorité de l’imam de son temps
meurt dans l’ignorance, c’est-à-dire dans l’Infidélité. »
Le Coran reste donc, en réalité, la seule loi légitime aux
yeux des Musulmans ; il renferme la loi politique, la loi civile
et la loi criminelle; il est l’enseignement par excellence ; il
suffit à tout, et dirige tout.
On comprend facilement les difficultés qu’un pareil
état de choses peut opposer à notre action gouvernementale
en Algérie. On s’explique aussi comment, avec la meilleure
volonté de ne pas heurter les sentiments religieux des Musulmans,
nous ne pouvons pas réaliser un progrès ni inaugurer
une réforme, sans nous attirer les malédictions des vrais
Croyants assez instruits pour connaître l’esprit et les dogmes
de leur religion.
Heureusement pour nous, les gens réellement instruits,
même en matière religieuse, sont rares en Algérie ; la masse
des Musulmans ne connaît guère que les pratiques d’une dévotion
étroite, limitée aux prières quotidiennes et à l’observance
___________________
(1) Chapitre IV, verset 62.


d’usages traditionnels que nos réformes n’atteignent pas directement.
Puis, la masse de la population est plutôt berbère
qu’arabe ; elle n’est pas insensible à la satisfaction de ses intérêts
matériels, et elle a déjà répudié une partie de la loi islamique,
pour la remplacer par des kanoun ou coutumes, qui se
rapprochent plus ou moins des nôtres.
Nous avons donc pu, sans user de procédés violents, et
sans nous créer des difficultés trop grandes, séparer, en Algérie,
trois choses ordinairement confondues dans tous les pays
musulmans : la justice, la religion et l’instruction.
La substitution de notre système pénal français aux répressions
prescrites par le Coran s’est faite, presque au lendemain
de la conquête (vers 1842), sans soulever d’objection
: c’était un progrès réel et un grand adoucissement à ce que
subissaient les Algériens sous le joug des Turcs. Quant à la
juridiction civile, elle a été laissée à des magistrats musulmans,
appliquant la loi islamique, sous certaines réserves qui
ne sont pas toujours subies sans froissement par les lettrés
musulmans, et qui sont sourdement exploitées, contre nous,
par les personnalités religieuses.
En matière d’instruction, tous nos efforts, depuis 1830,
ont eu pour objet de réduire l’enseignement coranique et d’y
substituer, progressivement, un enseignement plus rationnel,
plus pratique et, surtout, plus français. Bien que ces efforts
n’aient pas toujours obtenu les résultats que nous espérions, ils
ont suffi pour nous aliéner la grande masse des lettrés et marabouts
musulmans qui avaient, avant notre arrivée, la direction
exclusive des établissements d’instruction, et qui ont préféré
s’abstenir, ou s’éloigner, plutôt que de subir notre contrôle et
de modifi er leur enseignement dans un sens libéral et laïque.
Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, la séparation que nous
avons cherché à réaliser, est aujourd’hui assez marquée, pour
que la question de l’instruction publique musulmane soit

tout à fait distincte de la question religieuse proprement dite,
la seule que nous ayons ici l’intention d’examiner.
Laissant donc de côté ces deux questions, malgré leur
connexité trop réelle, nous pouvons dire qu’en Algérie, l’action
religieuse musulmane est exercée par trois catégories
d’individus qu’il est important de ne pas confondre.

La première catégorie comprend le clergé musulman,
investi et salarié au même titre que celui des autres cultes reconnus
par les lois françaises.

La seconde catégorie se compose des marabouts locaux,
religieux libres, exerçant les devoirs du sacerdoce ou de l’enseignement
islamique, sans attaches offi cielles ni salaire, et
dans des édifi ces leur appartenant, ou construits et entretenus
par la piété des fi dèles (zaouïa, mammera, djamâ, mesdjed,
kobba, etc.).

La troisième et dernière catégorie comprend les ordres
religieux congréganistes (ou khouan).
Ces trois catégories sont presque toujours absolument
distinctes et séparées. Cependant, on rencontre quelquefois,
parmi les membres du clergé investi et parmi les religieux libres,
des individus et même des groupes affi liés à des sociétés.
religieuses, exactement comme on voit chez nous, soit dans
les clergés paroissiaux, soit dans la société laïque, des membres
isolés de certains ordres religieux ou confréries laïques,
subissant la direction spirituelle de congrégations appartenant
au clergé régulier.

CHAPITRE II
CLERGÉ INVESTI ET SALARIÉ
(MOFTI ET IMAM)

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Victoire de la raison en Iran


Chroniques-Dortiguier

Victoire de la raison en Iran


 

La liberté de porter ou non le voile, ce qui n’a rien de contraire au noble Coran, s’est imposée à l’Iran, et je puis témoigner, en connaisseur du pays, que par là a été désamorcée une sorte de révolution colorée qui prend les prétextes les plus simples pour entraîner une population désorientée. Il n’est, du reste, pas exclu que, selon une déclaration du prince royal Salman, pareille mesure ne soit envisagée en Arabie saoudienne.

Les deux États n’ont, du reste, point le même esprit : le comte Gobineau qui fut, du reste, un ami de l’Islam, et a séjourné en Perse comme diplomate, par ailleurs bon connaisseur de la langue en laquelle il traduisit le Discours de la Méthode de Descartes que le Châh Nasredinne fit aussitôt imprimer à ses frais, notait le 19 septembre 1855, dans une lettre à un collègue diplomate et orientaliste allemand-autrichien, le général comte Prokesch-Osten, que le pays, surtout dans le Nord, ressemblait à l’Europe, en ces termes : « Je suis convaincu  que parmi les nations orientales du Sud, aucune n’a autant de rapport d’esprit avec les Européens que les Persans. Ces rapports d’esprit sont très bien et très clairement accusés par les rapports physiques. Les Persans dans leur physionomie, dans leur taille, dans leurs habitudes de corps, dans leur mobilité inquiète, toujours debout, toujours remuant, toujours parlant nous ressemblent, surtout dans le Nord.» 

Il y aura toujours des esprits courts pour tourner en rond, comme un âne, autour d’un piquet, pour soit identifier une manière de se couvrir à la religion ou, au contraire, à un abaissement de la femme. Un élément fait défaut aux deux partis antagonistes, qui est la conscience morale d’où fleurit d’abord l’idée puis la passion pour la divinité, et non l’inverse. En Iran même, nous avons connu des femmes qui excusaient leur conduite, que nos ancêtres eussent jugée immorale, par une conformité aux usages, confondant la discipline, qui est toujours formelle, avec l’action. Et si le germano-italien Dante, qui fut un admirateur de l’islamité mystique, place des papes  et des cardinaux ou des princes chrétiens en Enfer, il en va de même en toute religion qui mérite ce titre et n’est pas seulement une sorte de statut politique, comme le philosophe Kant l’observait d’une confession particulière, la seule qu’il soit malséant de critiquer aujourd’hui, sur tous les plans !


La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique…


Ceci nous amène à examiner, en ce jour précis où une partie de l’Occident carbonisait, 15 février 1945, Dresde pendant qu’il signait les accords sur ce croiseur US Quincy, avec l’Arabie wahhabite en promettant de protéger sa monarchie factice contre l’exclusivité de son pétrole, dans quelle mesure la gent féminine et sa progéniture vivent en conformité avec la raison : imagine-t-on, comme mon voisin me le rapporte de son fils âgé de trois ans et demi, en Iran ou dans les États qui suivent l’exemple du Prophète, une psychologue familiale interroger un être aussi jeune et innocent – n’en déplaise à l’incestueux Freud – et lui demander, après qu’il ait repoussé vivement sa maîtresse d’école, s’il se sent plutôt garçon ou fille ? Tel est l’acide de la théorie du genre sexuel ainsi répandue dans nos classes primaires ! N’est-ce pas là bâillonner la raison et étouffer la sensibilité naturelle ? Ces nouvelles maîtresses ou pseudo-pédopsychologues, par une pansexualisation forcée, détruisent l’équilibre psychophysique de nos jeunes pousses, posent des germes de frénésie là où l’on attendrait le développement d’une lumière naturelle (lumen naturale), terme relevant, non du jargon des loges, mais de la théologie naturelle, partie traditionnelle du corps théologique.

L’on attend vainement de nos « théologiens de cour » qu’ils redressent cette conduite pédagogique irrationnelle détestable qui produira des violences et des désordres, au lieu de contraindre les esprits à mordre un voile qui n’est plus un signe de moralité, mais un prétexte à détourner l’attention d’un mot plus essentiel que la taille des habits, la longueur des barbes ou des cheveux visibles d’une féminité qui reçoit le choc d’un monde intoxiqué par des faux prophètes et les illusionnistes libertaires ou, comme on le disait, en théologie ancienne, libertins. La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique ; tel est ce mot essentiel, ce premier remède, pour dissiper les sophismes dont leurs enfants souffriront.

Pierre Dortiguier

Noureddine Boukrouh : « L’Algérie se trouve actuellement à la croisée des chemins » — Algérie Résistance


Noureddine Boukrouh. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Votre livre « L’islam sans l’islamisme : vie et pensée de […]

via Noureddine Boukrouh : « L’Algérie se trouve actuellement à la croisée des chemins » — Algérie Résistance

France-Islam : des morisques à l’Émir Abdelkader


par l’historien Sadek Sellam

lelibrepenseur.org

Très intéressante vidéo qui revient sur l’histoire de l’émir Abdelkader, de l’islam et des musulmans et de leurs rapports avec la France. Histoire curieusement ignorée par nos contemporains et qui pourtant est essentiel à l’apaisement et à l’entente en cette période de troubles d’avant-guerre civile.

 

Source : Al Magharibia Channel

Elisabeth Guigou voilée fait scandale !


lelibrepenseur.org

Sarkö/Hollande/Chirac/Valls en kippa ça fait quoi ?

Ce faux scandale totalement absurde ne fait que démontrer la haine pathologique que porte une certaine intelligentsia parisienne envers l’islam et les musulmans. Une tempête dans un verre d’eau d’autant que tous ces spécialistes de l’indignation sélective n’ont pipé mot lorsque les cinq derniers présidents, leurs chefs de gouvernement ainsi que leurs ministres ont porté la kippa lors de certaines cérémonies juives…

Un simple geste respectueux, le minimum syndical que peut effectuer un être humain dans un lieu de culte quel qu’il soit, est considéré lorsqu’il s’agit d’une femme portant un léger voile comme une infamie. Il est vrai que la France, peuplée aujourd’hui d’un nombre effrayant de zombis, s’illustre par un comportement totalement irrespectueux dans ses propres cathédrales. Alors que les responsables religieux des lieux de culte italiens offrent des voiles aux touristes légèrement vêtues, on peut rentrer dans les cathédrales françaises en mini short et débardeur ! J’ai même personnellement vu un couple d’hommes entrer dans une église bordelaise avec un petit chien !

Quant à l’intelligentsia germanopratine corrompue, incompétente et imbécile, elle continuera sa stratégie de propagande et de mensonge, même si leur stratagème grossier ne peut plus tromper grand monde, tellement il accroche le regard comme le nez de clown au milieu du visage. Il ne s’agit ici ni de politique et encore moins de religion, il s’agit juste de logique et de justice.

Complètement marteau !


par integritydyl

Ça devient complètement délirant ces attentats que d’aucuns s’obstinent à qualifier d’islamistes. Après les mini-agressions à la ceinture de pétards mouillés, à l’arme blanche ou à la voiture bélier perpétrés au sein des pays de la coalition anti-DAECH, les bricoleurs étiquetés terroristes en sont maintenant réduits à recourir à leurs boites à outils. Depuis qu’un frappadingue en est venu à utiliser un marteau pour agresser des militaires en faction devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, on s’attend à ce que de futurs attentats s’opèrent au « tourne-vice » ou à la « scie à mytho ».
Et que dire des revendications « terroristes » de ces forfaits, tirées par les poils de barbe puisque récupérées à postériori voire posthume sur ces « soldats déchus » dont l’enrôlement chez DAECH ou ses semblables est loin d’être établi. Les attaques suicidaires exécutées en Occident, accomplies de façon rudimentaire par des délinquants primaires ou des détraqués qui se sont téléguidés tous seuls sur Internet, sont loin d’avoir l’envergure des attentats de masse commis continuellement dans les pays dits musulmans, dont tout le monde se fout royalement tant que les compatriotes ne sont pas touchés. Alors quitte à tout islamiser à tort et à travers, pourquoi pas aussi les accidents de circulation et les crimes passionnels, et jusqu’aux attaques de requins, en particulier celles des requins-marteaux !
Néanmoins, le comique de répétition a des limites. A force de se sentir menacé par des drames réitérés, le petit peuple va finir par se fâcher tout rouge. Et avec le peu de discernement qui qualifie les gens ordinaires, il faut s’attendre à ce que les bons payent pour les mauvais. À croire que c’est le but recherché puisqu’il y en a de moins en moins pour distinguer entre les agressions improvisées de déséquilibrés « musulmans » – qui ne sont pas moins dramatiques, déplorons-le – et les attentats suicides soigneusement préparés par des soldats aguerris. S’il n’est pas mis un terme rapide et définitif à cette succession d’actes inconséquents, par du renseignement approprié et non à l’aveuglette comme c’est le cas actuellement, ceux-ci vont immanquablement déclencher des haines et des vendettas incurables. Tout le monde a donc intérêt à y mettre du sien pour empêcher que la méfiance et l’animosité réciproques se banalisent et deviennent irréversibles. Le raisonnement est simpliste et assez égoïste mais, assez logiquement, qui raffole des problèmes ? Et qui déteste qu’on le laisse tranquille ?
Les Musulmans en ont marre d’être suspectés et ostracisés rien que parce qu’ils sont Musulmans. Ils passent de plus en plus de temps à se justifier, à « marteler » qu’ils se démarquent des exaltés qui surgissent périodiquement et à condamner les sauvageries qu’on leur impute injustement à eux, mais rien n’y fait. A tel point que, pour démontrer leur bonne foi, de nombreux Imams ont décidé de refuser d’accomplir les offices religieux préalables aux inhumations pour les auteurs d’actes criminels. Est-ce que ça contribuera à dissuader les forcenés de pourrir l’actualité et améliorera la réputation de leurs coreligionnaires ? Rien n’est moins sûr tant « les préjugés ont la vie dure ». En attendant, en cette période d’élections, les plus démagos ne se gênent pas pour exploiter l’animosité antimusulmane grandissante en faisant de l’islamophobie larvée leur argument électoral principal.
La violence criminelle de la part de soi-disant Musulmans est totalement incompréhensible puisque l’Islam, comme n’importe quelle religion et n’importe quelle loi humaine, considère que les meurtres sont injustifiables.[1] Pour accomplir de telles atrocités, inhumaines et injustifiables religieusement parlant, et encourir de ce fait les châtiments de ce monde et de l’au-delà, ces énergumènes prétendument croyants doivent donc être soit complètement ignorants soit complètement cinglés. On ne sait même plus comment leur faire comprendre à ceux-là et on se demande si, en définitive, il ne faut pas leur enfoncer de force la gentillesse dans le crâne, et à coups de marteau peut-être bien !
[1] « Et, sauf en droit, ne tuez personne que DIEU ait interdit. Quiconque est tué injustement, alors nous donnons autorité à son représentant ; – que celui-ci ne commette donc pas d’excès dans le meurtre ! – Oui, il sera secouru. » (Coran 17 :33). « Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort. » (Deutéronome 19 :6,12 – 21 :12 – Nombres 35 :12-19 et Josué 20 :3). « C’est pourquoi Nous avons prescrit sur les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne, -à moins qu’en échange d’une autre ou à cause d’un désordre commis sur la terre -… rien d’autre, alors : c’est comme s’il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les gens ensemble. » (Coran 5 :32). Quiconque intentionnellement tue un croyant, sa récompense alors est la Géhenne, d’y demeurer éternellement. Et sur lui la colère de DIEU, ainsi que Sa malédiction, tandis qu’IL lui a préparé un énorme châtiment. » (Coran 4 :93).

Ils vont nous pourrir le Ramadan !


par integritydyl

À croire que cette année ils se sont donnés le mot pour nous pourrir le Ramadan. Cinq jours avant de commencer à jeûner le mois sacré, au Royaume-Uni cette fois, un « terroriste musulman » a eu le mauvais goût de se faire exploser publiquement au sortir du concert d’une « idole » contemporaine de pop music. Ses malheureux coreligionnaires, et moi, et moi, et moi, se seraient bien passés d’être rappelés au bon souvenir de ceux qui ne peuvent déjà pas les blairer épidermiquement en vertu du « tous les Musulmans ne sont pas des terroristes mais tous les terroristes sont musulmans ». Comme tous ceux qui l’ont précédé dans ce type de délire  – et qui, martelons-le, ne pratiquaient l’Islam que le trente-deux du mois ou la semaine des quatre vendredis – il est passé à l’acte de façon autant inconséquente qu’ inutile. Mais peut-être que celui-là s’est pulvérisé parce qu’il ne pouvait tout simplement pas supporter l’idée d’avoir à se priver de bouffer pendant un mois. Sait-on jamais !
Plus sérieusement et inévitablement, c’est la Communauté musulmane, dont la bombe humaine est supposée être issue, qui va à nouveau subir le contrecoup de son geste insensé. À commencer par les réactions haineuses des anti-Islam et consorts, dont le nombre croît de façon exponentielle après de tels actes, lesquelles s’expriment désormais ouvertement sur les biens et les personnes. Et sans oublier les mesures démagogiques du Pouvoir, censées rassurer les concitoyens, à plus fortes raisons en période électorale, qui se doivent d’être à la hauteur des espérances de la vindicte populaire envers tous les adeptes de l’Islam sans exception : Prolongation et mutation de l’état d’urgence en extrême urgence, renforcement de la loi antiterroriste, multiplication des fichages « S », (ex)actions policières spectaculaires, fermetures de lieux de culte salafisto-compatibles et assignations ou incarcérations des boucs émissaires les plus récalcitrants. Et tout ce pataquès sans obligation ni garantie de résultat puisque, tout le monde en convient, le risque zéro n’existe pas.
La coercition et la pression sociale n’engendrant que de l’hypocrisie, durant le mois de Ramadan les Croyants doivent rechercher volontairement les avantages physiques et spirituels du jeûne par un contrôle accentué du comportement,[1] par une augmentation des bonnes actions et un abandon total des mauvaises, par une maîtrise des pulsions et par une prise de conscience de la condition des plus défavorisés. Il est déplorable que certains Musulmans flemmardent la journée pour mieux supporter la privation et s’adonnent le soir à des ripailles et des réjouissances retentissantes[2], d’autant plus que leurs détracteurs examinent minutieusement leurs actions et ne voient dans les allègements de tâches et les aménagements de temps de travail « ramadaniques » que baisse de productivité si ce n’est danger. N’étant pas à une contradiction près, d’un côté ils minimisent la pénibilité d’un jeûne diurne qu’ils estiment  – sans jamais l’avoir expérimenté – largement compensé par des festins nocturnes, et de l’autre, ils dénoncent les graves conséquences de la privation de nourriture sur la santé, sur l’absentéisme ou la productivité, voire sur les accidents du travail et de de la circulation.
Néanmoins, n’éludons pas hypocritement les petites bisbilles annuelles de détermination de début et de fin de Ramadan où tout un chacun expose son argumentation pour prouver qu’il a la plus grosse. Les plus fondamentalistes (par conviction ou par esprit de contrariété pour certains) donneront leur préférence à une vision claire de la lune[3] (comme mon ami Pierrot[4]) et ne la calculeront pas outre mesure. Par opposition, pour les plus progressistes (par modernisme voire par mimétisme occidental), la définition mathématique doit théoriquement prévaloir sur la détermination physique. Mais, en réalité, immanquablement, l’incompétence et la paresse prennent chaque année le pas sur les affrontements juridiques et les beaux discours ; en effet,  les « décisionnaires » de la nuit du doute ne font que calquer leur décision sur celle du pays musulman de leur choix ayant déclaré officiellement sa vision du croissant de la nouvelle lune. Je n’en dirais pas plus, pour ne pas vous pourrir le Ramadan.
[1] « Celui qui ne renonce pas à dire des mensonges, ni à pratiquer des faussetés, DIEU n’a nul besoin qu’il s’abstienne de boire ou de manger. » (Boukhary 30/8/1 – 78/51/1) « Le jeûne est un refuge (contre l’Enfer). Aussi, lorsque l’un de vous est en état de jeûne, qu’il s’abstienne de se comporter avec grossièreté et ignorance, et si quelqu’un l’agresse ou l’insulte, qu’il dise :  » Je suis en état de jeûne « , en répétant cela deux fois.» (Boukhary 30/2,9/1 – 97/35/2 – 97/50/3). «Et mangez et buvez; mais pas d’excès ! IL (Allah) n’ aime pas les excessifs. » (Coran 7 :31).
[2] D’où l’expression populaire « faire du ramdam ».
[3] « Ne jeûnez pas avant d’avoir vu le croissant de lune et ne rompez pas avant de l’avoir vu. S’il y a des nuages faites une supputation. Le mois a vingt-neuf nuits. Ne rompez pas le jeûne avant d’avoir vu le croissant de la lune. S’il y a des nuages, achevez le nombre de trente (jours). » (Boukhary 30/5/3, 30/11/1-4).
[4] https://lc.cx/iuNE

le véritable islam est représenté par l’Émir Abdelkader, pas Daech !


lelibrepenseur.org

 

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Voici le témoignage d’un Occidental de grande qualité qui connaît son sujet et qui n’a pas été lobotomisé par des milliers d’heures de télé ou par un cursus universitaire abrutissant et castrateur. Le plus grand danger qui guette l’humanité est bien l’ignorance, l’ignorance dans laquelle est baigné l’Occident tout entier qui, paradoxalement, n’a pourtant jamais aussi simplifié et rendu accessible le savoir.


Le célèbre journaliste britannique Robert Fisk a estimé que l’Émir Abdelkader est le représentant du véritable islam, et non pas les organisations terroristes comme l’État Islamique, invitant l’occident, dans un article publié jeudi 25 mai par The Independent en réaction à l’attentat de Manchester, à « penser à lui (l’Émir), maintenant plus que jamais ».

Le grand reporter spécialiste du moyen-orient est revenu sur des aspects du parcours de l’Émir Abdelkader, sa lutte contre le colonialisme français ainsi que son aide apportée aux chrétiens de le Syrie après son exil. L’article élogieux souligne la tolérance, l’humanisme et la noblesse de l’homme historique algérien et rappelle la grandeur de l’homme qui prônait un islam humaniste.

« Il est temps de se rappeler de l’Émir Abdelkader. Un musulman, soufi, cheikh, un guerrier féroce, un humaniste, un mystique, un protecteur de son peuple contre la barbarie des occidentaux et un protecteur des chrétiens contre la barbarie des musulmans », a écrit Robert Fisk.


emir abdelkader


Le texte rappelle l’épisode en 1860 en Syrie, terre d’exil de l’Émir, quand ce dernier a envoyé ses propres gardes musulmans pour protéger les chrétiens de Damas, les sauvant d’un massacre aux mains des druzes musulmans durant les violences confessionnelles de cette période. Abdelkader Ben Mouhieddine avait prononcé un discours réprimandant les musulmans pour leur traitement des chrétiens.

« Sa fureur a été exprimée en des mots qui pourraient être utilisés aujourd’hui contre les exécuteurs de la secte-califat de l’EI », a écrit M. Fisk.

Pour lui, il n’y a aucun antidote au chagrin et au deuil pour les victimes de Manchester, ainsi que tous les autres innocents tués par le terrorisme. Mais, conclut-il , « ils prouvent que l’EI ne représente pas l’islam et qu’un musulman peut mériter les honneurs du monde ».


HuffPost [Algérie]

La déradicalisation pour les nuls.


integritydyl.wordpress.com

Contrairement aux professionnels de la déradicalisation qui, comme on a pu le constater récemment, excellent plus dans les détournements financiers que dans la psychologie réparatrice, je vais vous parler de vécu, de mon vécu, en tant que « converti » à l’Islam de longue date, à une époque où le pacifisme de cette religion prédominait. La médiatisation outrancière et les interprétations politiques de la révolution islamique iranienne à l’orée des années 1980, du printemps islamique algérien des années 90, des attentats du 11 septembre 2001 et de la pagaille qui s’en est suivie depuis au sein du monde arabo-afghano-musulman, ont transformé une religion considérée autrefois comme une particularité exotique en une menace planétaire et incité à la suspicion envers la totalité de ses adeptes.
Il est vrai que lorsque l’on se consacre sincèrement à sa religion ou que l’on se convertit à une autre, on s’applique à la respecter du mieux possible en en exécutant minutieusement les moindres détails. En ce qui me concerne, à mes débuts, certains de mes coreligionnaires me cataloguaient « trop Musulman » ; il est vrai que, par mimétisme outrancier, j’étais trop rapidement passé du statut de hippy hyper chevelu en jean délavé à pattes d’éléphant à celui de bédouin avec crâne rasé, barbichette, turban, djellaba et canne. Bien que convaincu de la prééminence de l’Islam par rapport aux autres religions, j’étais profondément ignorant de la doctrine islamique (Coran et Hadith) et ai donc été un temps assez perméable aux influences, bonnes comme mauvaises, de ceux qui étaient censés être plus « savants » que moi. Et au fur et à mesure où j’ai enregistré des bribes de savoir, je suis devenu imbu de moi-même, estimant que ceux que je côtoyais alors n’avaient pas la chance d’avoir aussi bien compris que moi. Rassurez-vous, depuis quarante-cinq ans j’ai quelque peu évolué.
Il est étonnant de se focaliser outre mesure sur des détails et des pratiques extérieures (barbes, longueur de vêtements, attitudes, non-serrage de mains, etc.)[1] plus que sur des recommandations essentielles comme tenir ses engagements ou ne pas mentir,[2] entre autres, sur lesquelles insistent le Coran et le Hadith et qui sont bien souvent négligées. Les prémisses de la marginalisation et de la radicalisation c’est quand, en invoquant le strict respect des injonctions islamiques et en faisant abstractions des tolérances et des facilités accordées par la religion,[3] on refuse de serrer la main du DRH femme lors des entretiens d’embauche ou qu’on veut absolument faire la prière sur son lieu de travail. Se prenant pour des modèles de piété et attribuant leurs échecs à la discrimination voire à l’islamophobie, nos « dévots » n’ont par contre pas le moindre scrupule à profiter abusivement des assistances sociales et des allocations de chômage, quand bien même l’Islam répugne à cette forme de mendicité.[4] Et le comble c’est quand, pour solutionner leurs problèmes, ils sollicitent effrontément l’aide de ceux qu’ils méprisent parce qu’ils ont consenti, eux, à faire ces concessions qu’ils abhorrent.
La croyance constituant normalement un progrès spirituel par rapport à la mécréance, les néophytes ont  parfois tendance à idéaliser leurs fautes ou à en minimiser l’importance. En interprétant librement les textes et en étant convaincus que c’est pour la bonne cause, certains en viennent ainsi à mentir, voler voire tuer en pensant servir l’Islam… Je réalise donc, sans l’admettre évidemment, que, par ignorance, des jeunes musulmans (jeune dans le sens de récent) ne voient pas de mal à « islamiser » leurs méfaits et délits en se persuadant que ceux-ci sont légitimés ou compensés par leur pratique religieuse, à plus fortes raisons quand le cursus de ces « égarés » est plus carcéral qu’universitaire ; certains délinquants ont renoué avec le religieux, de façon superficielle, en passant par la case prison. Toutefois, si traitement il y a, il ne peut être que dans la justification de l’Islam et non dans sa proscription car la déradicalisation ne s’opérera réellement que si les sujets acquièrent deux facultés : le raisonnement et le sens critique. Le seul remède valable constituera à substituer une argumentation logique et cohérente basée sur l’ensemble des enseignements islamiques à l’ingestion brute et simplette des bribes d’anecdotes ou de traditions, fussent-elles sponsorisées par les « Savants de Marseille » spécialistes en lavage de cerveaux.
[1] Dont on ne trouve aucune mention dans le Coran et qui sont rarissime dans les recueils de Hadith. Par nécessité, et non volontiers, en ce qui concerne le serrage de main homme-femme, cela s’entend.
[2] « Ho, les croyants ! Remplissez les engagements. » (Coran 5 :1). « Quatre choses, lorsqu’elles se rencontrent chez un individu, en font un parfait hypocrite : Mentir quand il parle, manquer à sa promesse, trahir les engagements pris, être de mauvaise foi lorsqu’il pactise. Celui chez qui se trouve une seule de ces quatre choses sera atteint de quelque hypocrisie jusqu’au moment où il s’en sera débarrassé ». (Boukhary 58/17/1 et aussi 46/17/1 – 52/28/2 – 55/8/1).  « DIEU, vraiment, ne guide pas celui qui est outrancier, mensonger ! » (Coran 40 :29). « Ho, les croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C’est en grande détestation auprès de DIEU, de dire ce que vous ne faites pas. » (Coran 61 :2,3). « Ne mentez pas car le mensonge mène à l’impiété et l’impiété mène à l’Enfer. L’homme qui use régulièrement de mensonge en viendra à être inscrit auprès de DIEU comme un grand menteur. Soyez véridiques car la véracité mène à la piété et la piété mène au Paradis. L’homme qui dit toujours la vérité en viendra à mériter le nom de très véridique ». (Boukhary 78/69/1 – Abou Daoud 40/80 – Tirmizhy 25/46).
[3] « Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, DIEU est pardonneur, miséricordieux ». (Coran 2 :173 et aussi 6 :145 – 16 :115). « DIEU veut pour vous la facilité, Il ne veut pas pour vous la difficulté.» (Coran 2 :185).
[4] « J’en jure par celui qui tient ma vie entre Ses mains, il vaudrait mieux que quelqu’un prit une corde et allât faire du bois qu’il rapporterait sur son dos (afin que DIEU sauvegarde ainsi votre dignité) plutôt que de mendier à quelqu’un, que celui-ci lui donne ou lui refuse » (Boukhary 24/50/2,3 – 34/15/5,6 – 42/13/1,2).