Petit meurtre entre amis


Les soldats d’infanterie de Satan travaillent sur le terrain de différentes manières. Une des façons d’agir la plus efficace et la moins perceptible reste la mise en place des attentats terroristes islamiques. Faire porter le chapeau de ces crimes au nom d’une religion est sa marque de fabrique. Pour qui s’intéresse un tant soit peu […]

via Petit meurtre entre amis — LeBoucEmissaire

50 ans après la débâcle arabe de 1967 : Les Palestiniens toujours sans un État viable


Par Chems Eddine Chitour

mondialisation.ca

«Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.» Professeur Ze’ev Herzog, Département d’Archéologie et d’Études anciennes du Moyen-Orient. (Ha’aretz Magazine, 29 octobre 1999)

«La thèse selon laquelle le génocide était suspendu sur nos têtes en juin 1967, et qu´Israël combattait pour son existence physique, n´était qu´un bluff.»  Général israélien Matityahou Peled

Ces déclarations décrivent la situation réelle . La vision biblique du grand Israël ne résiste pas à la réalité à la pertinence des faits, à moins de faire de l’archéologie biblique. De plus Israël n’a jamais été menacé, le mythe de David contre Goliath a permis à Israël de démolir les Arabes avec l’assentiment et la complicité de l’Occident coupable d’une faute éternelle: le massacre des juifs par Hitler. Ils dédouanent en promettant à Israël l’impunité. Israël n’a respecté aucune de la quarantaine de résolutions des Nations unies, elle s’assume Etat d’apartheid et fait disparaître progressivement les territoires palestiniens accordés lors de la résolution du 22 novembre 1967.

Bref rappel des rodomontades des armées arabes le 5 juin 1967

 La Guerre des Six-Jours (en hébreu: Milkhemet Sheshet HaYamim,) que l´on peut traduire par «l´épopée des six jours» en arabe (Melhamet Sitet Ayam) est une guerre déclenchée par Israël qui annihila les armées des pays arabes qui, dès les premières heures, n´avaient plus d´aviation. Qualifiée de guerre des «Six-Jours» pour bien montrer la supériorité écrasante d´Israël face à tous les pays arabes réunis, c´est la troisième entre Israël et ses voisins. Cette agression israélienne entraîne, en outre, une profonde modification des frontières: avec l´occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie, de Ghaza, du Golan et du Sinaï, l´État juif quadruple la superficie de son territoire. Dès le 5 juin au matin, une attaque fulgurante: une fois l´aviation arabe anéantie (en une matinée), les troupes israéliennes s´emparent, en six jours, du Sinaï égyptien, de la Cisjordanie jordanienne et -au prix d´un refus, deux jours durant, du cessez-le-feu décrété par l´ONU et accepté par les belligérants arabes- du plateau syrien du Golan. 

Le Mossad a écouté les préparatifs des États arabes pour la guerre des Six-Jours

Il est utile de rappeler que les dirigeants arabes n’ont jamais été unis. On rapporte que le roi Hussein de Jordanie avait averti Golda Meir la veille de l’attaque. Mieux, les dirigeants arabes s’était réunis au Maroc et des informations révélées bien plus tard nous apprennent que leurs entretiens étaient intégralement transmis à Israël. Nous lisons ces deux articles parus dans des journaux israéliens:

 «Le roi Hassan II du Maroc, qui n’a pas fait confiance à ses invités de la Ligue arabe, a enregistré secrètement les discussions lors d’un sommet de 1965. Le Mossad a pu accéder aux enregistrements secrets d’une conférence que les Nations arabes ont préparée pour un conflit possible avec Israël, aidant de manière significative les FDI à se préparer à ce qui s’est transformé en guerre des Six-Jours, ancien chef du renseignement militaire, Le général maj Shlomo Gazit a révélé à Yedioth Ahronoth, que les dirigeants du Monde arabe à l’époque, avec leurs commandants militaires et les chefs de leurs services de renseignement, se sont réunis dans un hôtel de luxe à Casablanca, au Maroc, en septembre 1965 pour discuter d’une question principale: la préparation de la guerre contre Israël. Leurs commandants militaires ont présenté une pléthore d’informations en parlant ouvertement et avec une franchise relative sur les capacités des militaires sous leur commandement.»(1)

«C’était le roi Hassan II du Maroc, qui n’avait pas vraiment confiance en ses invités, qui a permis au Mossad de suivre de près la conférence. Une équipe de l’unité «Oiseaux» (tziporim en hébreu)??- une équipe conjointe dirigée par Peter Zvi Malkin et Rafi Eitan, composée du Shin Bet, du service de sécurité interne d’Israël et du Mossad – est arrivée à Casablanca, Un jour avant le début de la conférence, le roi Hassan a ordonné aux agents du Mossad de quitter l’hôtel parce qu’il craignait que les invités arabes ne les remarquent. «Mais immédiatement après la fin de la conférence, (les Marocains) nous ont donné toutes les informations requises, et ne nous ont rien refusé», raconte Rafi Eitan. Dans un mémo à l’époque du Premier ministre Levi Eshkol, le chef du Mossad à l’époque, Meir Amit, a qualifié l’opération de «l’une des gloires de l’intelligence israélienne». Israël a préparé pour la guerre de six Jours en fonction de la grande quantité d’informations produites à partir de ces enregistrements, et les commandants des FDI étaient confiants de pouvoir gagner.» (1) (2)

La suite: un calvaire des Palestiniens au quotidien

 À partir du début de l´année 1969, de nouveaux combats eurent lieu entre l´Égypte et Israël le long du Canal de Suez. Cette guerre d´usure constitua une transition avant la Guerre du Ramadhan en 1973. Malgré toutes les résolutions votées, Israël ne voulut jamais se retirer des territoires. L´Occident tétanisé par sa dette envers le peuple juif ne fit rien. Pour Abba Eban «Les frontières d´Israël sont celles de l´holocauste». C´est au nom d´une prétendue -et illusoire- sécurité, que les gouvernements israéliens successifs ont refusé d´appliquer les résolutions de l´ONU leur intimant l´ordre de revenir aux frontières de 1967 -dite la «ligne verte»-, et en particulier de rendre à la Syrie les hauteurs du Golan. En réalité, la politique des «faits accomplis», guidée par la volonté connue de conquête territoriale d´Israël (a surtout pour objectif de mettre la main sur 90% des ressources en eau de la région, ce qui devrait être effectif quand le Mur sera terminé. Pour rappel, la politique des petits pas de Henri Kissinger, sioniste devant l´Eternel, acheva de tuer dans l´oeuf toute velléité d´un équilibre au Moyen-Orient. Les négociations du kilomètre 101 furent en fait une reddition en rase campagne de Sadate qui fut concrétisée par le discours de Sadate, à la Knesset, il le paya de sa vie.

 L’avènement de Moubarak enfonça définitivement la cause légitime de la Palestine. Il alla même jusqu’à construire un mur souterrain pour empêcher les Palestiniens de Gaza de rentrer en Egypte. Quant à Arafat, on sait que, tour à tour, il fut attaqué par les Légions bédouines de Hussein de Jordanie en septembre 1970, ce fut ensuite la sortie du Liban en 1982 et l´exil en Tunisie, en Algérie et ailleurs. Sharon n´hésita pas à emprisonner Arafat dans la Mouqata en pointant ses canons sur son bureau devant l´indifférence générale des donneurs de leçons en Occident. Depuis Oslo en 1993 jusqu´à Camp David, aucun gouvernement israélien n´a pu ou n´a voulu arriver à une vraie solution démocratique de la question palestinienne. Sept ans de négociations ont été, chaque fois, frustrés par l´opposition de la droite en Israël.

Israël est, par définition, une colonie européenne

Pour Aaron Tordjamn Israël est, par définition, une colonie européenne. Il bat en brèche la théorie divine du peuple élu et affirme que les Israéliens provenant de différentes diasporas n’ont aucun droit: Comment se fait-il écrit-il que la Palestine, partie intégrante du Moyen-Orient, et morceau de terre habité depuis l’Antiquité par une population orientale ayant adopté, depuis plus d’un millénaire, la culture et la langue arabe, à l’instar de la Syrie, de l’Égypte ou de l’Algérie, soit, en une centaine d’années, devenue un État peuplé de migrants venus du monde entier? On s’interrogera également pour comprendre comment la population originelle de la Palestine est dispersée dans des camps de réfugiés, une partie étant soumise à un pouvoir militaire d’occupation, et une minorité d’entre -elle, seulement, disposant de la citoyenneté dans le nouvel État d’immigrés, qui se considère comme faisant partie de l’Occident » (3)

 « Les réponses à ces interrogations se situent dans un contexte en dehors duquel le conflit entre le sionisme et le monde arabe demeure incompréhensible; à savoir: le colonialisme (…) La Grande-Bretagne n’avait pas le droit d’assurer en Palestine un «foyer national» aux Juifs d’Europe, pas plus que les États-Unis ont le droit de garantir un «foyer national» aux Mormons de l’Utah en Afghanistan, ou que le chef d’une tribu d’Afrique aurait le droit d’assurer aux Yézidis d’Irak un «foyer national» en Angleterre. Le sens de la déclaration Balfour correspondait donc bien, à un engagement d’implantation coloniale au coeur du Moyen-Orient, à l’instar de l’Amérique du Nord, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, etc. C’est ainsi qu’a été ouverte la voie au dernier conflit colonial dans le monde: conflit qui perdure encore aujourd’hui entre une population d’immigrants s’appuyant sur la force armée, et une population autochtone subissant la dépossession.» (3)

«Mais revenons à 1948, et à la question: «Que s’est-il véritablement passé?». Si l’on prend en considération le contexte colonial: les États arabes sont venus en aide aux habitants autochtones de la Palestine, soumis depuis six mois aux attaques et à un nettoyage ethnique de la part des colons sionistes (quiconque conteste cette expression doit s’interroger: en quel endroit du monde a-t-on autorisé des milices et des institutions étatiques séparées?). » (3)

 « En mai 1948, on comptait déjà un quart de million de réfugiés palestiniens, et de grandes villes comme Jaffa et Haïfa avaient subi un nettoyage ethnique de leur population palestinienne, effectué par les milices sionistes. La conquête de la Palestine battait son plein. Les États arabes ont finalement échoué pour plusieurs raisons, dont leur infériorité militaire, numérique et en matière d’organisation. 78% du territoire de la Palestine du Mandat se sont retrouvés sous l’occupation coloniale des immigrés, après que près de 80% de ses habitants autochtones aient été victimes d’un nettoyage ethnique. La conquête sioniste a été parachevée en 1967.» (3)

Qu’elle est la perception réelle des Palestiniens par les dirigeants israéliens ?

 On a l’habitude de faire croire qu’en Israël il y a les faucons ( les durs) qui ont une vision biblique intégrale de la destinée d’Israël et dit on aussi les colombes qui eux ont une vision plus réaliste de l’existence du peuples qu’ils ont spolié et à qui il faut bien donner quelque chose. Dans tous les cas à des degrés divers les responsables et militaires israéliens  ont laissé des déclarations qui valent plus que mille discours sur la perception qu’ils ont des Palestiniens. Les déclarations suivantes sourcées donnent un aperçu de la profondeur du fossé qui sépare le ressenti de ces responsables vis-à-vis de la dignité humaine. Quelques florilèges des dirigeants et des généraux de Tsahal « l’armée la plus morale du monde » qui utilise les mêmes techniques que celles du troisième Reich à l’endroit des Juifs :

«  Si j’étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur.  Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ? » (David Ben-Gourion, cité par Nahum Goldmann dans « le Paradoxe Juif », page 121…)

« Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n’est pas dénué d’idéalisme et d’auto-sacrifice. » (David Ben-Gourion, discours de 1938, cité dans « Le Triangle Fatidique » de Chomsky, page 91, et dans « Le Sionisme et les Palestiniens », de Simha Flapan, page 141).

« Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront. » (David Ben-Gourion dans ses Mémoires, page 157)

« Des villages juifs furent construits à la place des villages arabes. (…) Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’ait pas eu une ancienne population arabe. » (Moshe Dayan, ministre de la Guerre, adressé à The Technion Haifa, rapporté par Ha’aretz, 4 avril 1969).

« C’est le devoir des leaders israéliens d’expliquer à l’opinion publique clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier est qu’il n’y a pas de sionisme, de colonisation, d’État Juif sans l’éviction des Arabes et l’expropriation de leurs terres. » (Yoram Bar Porath, Yediot Aharonot, 14 juillet 1972).

« Nous marchions dehors, Ben-Gourion nous accompagnant. Allon répéta cette question, qu’est-ce qu’on doit faire de la population palestinienne ? Ben-Gourion agita sa main dans un geste qui voulait dire : “Conduisez-les en dehors” ! » (Mémoires de Rabin, publié dans le New York Times, 23 octobre 1979).

« Les Palestiniens sont comme des bêtes marchant sur deux pattes. » (Menahim Begin, discours à la Knesset, cité dans le New Statesman du 25 juin 1982).

« Lorsque nous aurons colonisé le pays, tout ce que les Arabes seront capables de faire, sera de détaler tout autour comme des cafards drogués dans une bouteille. » (Rafael Eitan, chef d’état-major israélien, dans le New York Times du 14 avril 1983).

Notons toutefois qu’Yitzhak Rabin, général une fois premier ministre a compris qu’il fallait régler le problème palestinien. Il laissa une phrase célèbre : « La Bible n’est pas un cadastre » explicitant par cela qu’il y a un peuple palestinien qui a droit lui aussi à vivre en paix sur sa terre. Ce fut les fameux accords d’Oslo de 1993 qui à la longue s’avèrent être sans lendemain. Deux ans plus tard Rabin fut assassiné. La paix qui semblait à portée de main s’est éloignée et ce n’est pas avec le premier ministre actuel qu’elle se fera, lui qui parle de la nécessité de coloniser à outrance. Il y a plus de 500000 colons en Cis Jordanie et Jérusalem est judaïsé d’une façon inexorable notamment par les colonisations qui font que toutes les bonnes terres sont occupées, et même que des fouilles entreprises sous la Mosquée d’El Aqsa pour retrouver les fondations du temple fragilisent cette mosquée risquant éboulement ce qui va naturellement amener à des regains de violence qui seront vite contenus. –

Les potentats arabes amis d’Israël enterrent la cause palestinienne

 Cinquante ans après la défaite de 1967 les potentats arabes n’ont tiré aucune leçon de leur gabegie. Des Etats nations arabes sont en train de disparaître après la pendaison de Saddam, le lynchage de Kaddafi et le dépeçage de la Syrie de Alyan el Kourdi le bébé migrant mort d’une façon tragique par noyade, il reste des dirigeants tortionnaires avec leur peuple, mais serviles avec les maîtres qui les adoubent. Nous voyons les Etats arabes s’effriter avec des potentats qui se vassalisent au plus offrant. Le cas le plus scandaleux puisque c’est de lui que viennent les maux actuels du terrorisme, est celui des dirigeants saoudiens qui se liguent avec Israël contre d’autres musulmans (syriens, libanais, iraniens)

Michel Raimbaud ancien ambassadeur français décrit la rencontre du maître et du vassal qui renforce la «banalisation d’Israël» au Moyen-Orient et diabolise l’Iran:

« Donald Trump est fidèle à un principe: America first. Ce principe de «l’Amérique d’abord» a été scrupuleusement respecté. Son discours a globalement été de dire: «On veut bien faire tout ce que vous voulez, mais au prix fort et c’est à vous de payer.» «Le Moyen-Orient n’est pas notre affaire, la lutte contre le terrorisme là-bas pas spécialement non plus. De notre côté, nous sommes prêts à vous fournir les armes nécessaires» – au prix fort. D’où les contrats mirifiques qui ont été conclus entre Riyadh et Washington. Il est vrai que tous les autres pays ont de quoi cauchemarder, à défaut de pouvoir rêver. (..) le grand bénéficiaire de tous ces sommets – en dehors des Etats-Unis – est Israël, sans conteste. C’est le grand gagnant car sa position est ainsi banalisée.» (4)

 « On voit se poursuivre le mouvement de normalisation et de banalisation des relations entre Israël et les pays arabes de la région, à commencer par les monarchies. Les Saoudiens et d’autres monarchies du Golfe ont d’ailleurs de moins en moins de complexes à dire que l’ennemi numéro un est devenu l’Iran – qui n’a jamais agressé un seul pays arabe – et non plus Israël (…) J’étais frappé de voir l’accueil qui a été réservé à Donald Trump par les autorités saoudiennes. C’était démentiel, obséquieux, d’une flagornerie et d’un sens de la flatterie grotesque. Je trouve cela humiliant pour un pays de recevoir avec autant de fastes un autre chef d’Etat. On dit qu’environ 550 milliards de dollars ont été engagés – avec des échéances de paiement diverses. Il y a eu environ 400 milliards sous forme de contrats commerciaux, et entre 110 et 150 milliards d’armements. C’est tout bonnement absurde. Les Saoudiens sont déjà bardés d’armements alors même qu’ils n’ont gagné aucune guerre, même pas au Yémen. Le pays le plus pauvre du Monde arabe a été totalement détruit par les soins de la riche Arabie saoudite. Ces dirigeants saoudiens sont sans vergogne.» (4)

Une insoutenable européanisation du chantage à l’antisémitisme

Pour couronner le tout, Israël tétanise le monde occidental en les obligeant à voter des lois contre l’antisémitisme étant entendu qu’elle le monopole du mot sémite qu’elle partage   en réalité avec les Arabes ; C’est donc devenu au fil des ans une marque déposée. Dans la majorité des pays européens il est possible d’être taxé d’antisémite et d’être jugé et condamné. Naturellement la frontière entre l’antisémitisme et la politique israélienne est de plus en plus floue. On va même plus loin il y a un glissement sémantique entre antisémite et antisioniste depuis qu’un premier ministre français lié d’une façon éternelle à Israël, a banalisé et a martelé qu’être antisioniste c’est être antisémite. Cet amalgame est naturellement inexact.

 Israël a réussi à faire voter une résolution par le Parlement européen à une très large majorité, le jeudi 1er juin, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme . La réaction de l’Organisation antisioniste UJFP a été vive pour dénoncer cela : «Il va sans dire que nous déplorons, une fois encore, la singularisation de l’antisémitisme vis-à-vis des autres formes de racisme. D’elles pas un mot, alors que, par exemple, l’islamophobie sévit partout en Europe et que la romophobie tue. Mais il y a plus grave. A y regarder de plus près, ce n’est pas tant d’antisémitisme que de limitation de la liberté de parole et de criminalisation de la critique d’Israël qu’il s’agit ». (5)

 « La résolution, fait sienne les critères proposés par la très sioniste Alliance internationale de la mémoire de l’holocauste (International Holocaust Remembrance Alliance, IHRA) pour définir l’antisémitisme. «Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste» relèverait de l’antisémitisme. (…) En France aussi, la petite musique qui amalgame insidieusement la moindre critique d’Israël et/ou du sionisme à de l’antisémitisme bat son plein. Pas besoin de la définition de l’IHRA pour cela! Et pourtant, si le vote de cette résolution au Parlement européen n’a aucune valeur juridique contraignante, il contribue à renforcer ce climat nauséabond où la parole critique à l’encontre d’Israël est bâillonnée et criminalisée.(…) Il faut rappeler qu’il n’y a pas de politique d’Etat antisémite en Europe, et que ce vote vise clairement à empêcher non pas l’antisémitisme réel mais la critique politique légitime d’un État, de sa politique et de son régime. Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’ici comme en Europe, le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général – un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix.» (5)

Conclusion

Cinquante ans après, les Palestiniens sont plus misérables que jamais. Israël a tout verrouillé , il est pratiquement interdit de critiquer Israël et ceux qui l’on fat fait en en payé le prix Les dirigeants israéliens ne veulent pas de la paix avec les Palestiniens. Ils s´accrochent à une vision biblique du grand Israël. Rappelons le mépris d’Israël. Il y eut 37 résolutions et nous allons citer les plus significatives. Cela a commencé avec la résolution 181 du 29 novembre 1947. On aurait cru que la résolution de décembre 2016 suite au non-véto américain aurait du être un tournant donnant un coup d’arrêt à l’hubris israélien. Il n’en n’est rien!

 L’Administration Trump a choisi son camp: Il est vrai que les Arabes ne représentent plus rien en termes d’influence sur les affaires du monde. Les Etats arabes plus atomisés que jamais et le Moyen-Orient tend à disparaître sous son ancienne architecture sous les coups de boutoir insidieux, lancinants, mais efficaces des dirigeants israéliens qui ont réussi à introduire durablement la fitna au sein des Arabes.  Les civilisations   syriennes et irakiennes qui ont vue l’enfance de l’humanité, qui sont le berceau des religions sont menacées de disparition. Dans ce chaos moyen-oriental seul Israël émerge et est arrivé à briser les alliances voire l’unanimisme certes de façade, autour de la cause palestinienne. Israël aide l’Arabise Saoudite à démolir la Syrie, l’Irak , Bahreïn …

Après la mort de Arafat le 11 novembre 2004 , Mahmoud Abbas « désigné » par les pays occidentaux comme interlocuteur conciliant des Israéliens remportent les élections. Il est toujours au pouvoir depuis. De plus le jeu trouble de Mahmoud Abbas qui est intronisé par les Occidentaux sur le bantoustan qui est laissé aux Palestiniens est devenu par la force des choses un allié d’Israël qui l’aide indirectement à garde le pouvoir . Un espoir peut être est l’émergence d’un dirigeant palestinien Marouane Berghouti qui est en prison depuis 2001 qui a soutenu en leurs temps les accords d’Oslo mais qui par la suite a été l’un des dirigeants de la colère des Palestiniens ( lors des deux intifadas) Aux dernières nouvelles il a déclencher une grève de la faim pour l’amélioration des conditions de détention…

Enfin ; le silence assourdissant des grands de ce monde est lié à une faute originelle commise à l’endroit des Juifs, fait que ce sont les Palestiniens qui payent cette faute qu’ils n’ont pas commise et qu’ils expient depuis un siècle depuis que Lord Balfour s’est permit au nom de sa majesté, de promettre une Terre pour la seconde fois après Dieu à des Juifs en diaspora qui ,au fil des ans ont réussi à chasser de leur terre les natifs de la Palestine. Ainsi va le Monde.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes

1.Ronen Bergman http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4866702,00.html 15.10.16

2.http://www.timesofisrael.com/morocco-tipped-off-israeli-intelligence-helped-israel-win-six-day war/?

3.Aaron Tordjman Haaretz le 27 février 2017. http://www.ujfp.org/spip.php?article5453

4.https://francais.rt.com/opinions/38907-donald-trump-dirigeants-saoudiens-flirtent-avec-guerre-grande-legerete.

5.http://www.ujfp.org/spip.php?article5669

 Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur chitour/268423-les-palestiniens-toujours-sans-etat.html

11-Septembre : Larry Silverstein préparait la reconstruction de la Tour 7 dès «avril 2000»


panamza.com

INFO PANAMZA. Devant un public israélien, le propriétaire de la Tour 7 du World Trade Center -détruite le 11 septembre 2001- a révélé avoir préparé sa reconstruction 17 mois avant les attentats.

 

L’information buzze sur les réseaux sociaux mais sera -sans aucun doute- ignorée par la presse traditionnelle.

Dimanche 13 mars, un certain « Joe » –blogueur basé à Dallas, spécialisé dans la recherche sur les attentats du 11-Septembre et relayé par l’islamologue Kevin Barrett- a mis en lumière une vidéo publiée sur Youtube le 3 décembre 2014.

De quoi s’agit-il? D’une conférence donnée en Israël par Larry Silverstein, célèbre promoteur immobilier de New York, à propos de la reconstruction du World Trade Center.

 

L’intérêt de la vidéo?

À la 58ème minute, l’homme révèle que la « première planification architecturale » de la nouvelle Tour 7 -construite en 2002 à la suite de la destruction de l’ancienne Tour 7 (également possédée par Silverstein) du World Trade Center- remonte à « avril 2000 ».

L’intérêt de tels propos techniques?

Ils contredisent tout simplement la version officielle selon laquelle la Tour 7 -possédée par Silvertein, construite en 1983, ouverte en 1987 et détruite dans l’après-midi du 11 septembre 2001 par la prétendue propagation de « feux de bureau »- avait été repensée et reconstruite dans les mois suivants.

Deux documents officiels illustrent d’ailleurs cette version :

*l’un provient d’un article universitaire de 2012, co-écrit par Silverstein et dans lequel le propriétaire de la Tour 7 affirme que « notre première planification architecturale » remonte « à moins d’un mois après le 11-Septembre ».

*l’autre est un encart promotionnel de la Silverstein Properties, compagnie fondée par Larry Silverstein, dans lequel il est fait état de la « première planification architecturale » remontant à « fin 2001 ».

Pour saisir l’intérêt politique de cette révélation (maladroite) de Larry Silverstein, le lecteur curieux d’en savoir plus pourra entendre (en anglais) le personnage raconter -dans les 13 premières minutes de la vidéo- la genèse de son lien fusionnel avec Israël et lire (en français) son portrait antérieurement publié sur Panamza :

Depuis plusieurs années, des centaines d’ingénieurs et d’architectes soutiennent ouvertement la thèse d’une démolition contrôlée pour expliquer l’effondrement, survenu le 11 septembre 2001, des 3 Tours (WTC1, WTC2 et WTC7) du World Trade Center. L’enjeu du débat à ce sujet dépasse le cadre scientifique : l’installation d’explosifs sophistiqués nécessite le libre accès, sur plusieurs semaines, aux immeubles ciblés. Dès lors, la question de l’identité des hommes responsables du bail et de la sécurité du World Trade Center devient cruciale.

Le 26 avril 2001, Larry Silverstein et Frank Lowy signent, « pour 99 ans »,l’acquisition du bail des tours WTC1 et WTC2. Trois mois plus tard, à la date du 24 juillet, ils prennent possession des lieux. Unis par un consortium, les deux hommes avaient affronté la compagnie Vornado Realty Trust de Bernard Mendik, l’ex-beau-frère de Larry Silverstein, et remporté la victoire, contre toute attente. Quelques semaines plus tard, Mendik décédera d’une crise cardiaque.

Ami intime de Benyamin Netanyahu et d’Ariel Sharon (alors Premier ministre d’Israël), Silverstein, déjà détenteur du WTC7, est un éminent promoteur immobilier qui a fondé sa compagnie, Silverstein Properties, en 1957. Ancien membre d’un groupuscule terroriste dénommé Haganah, Lowy, un Israélo-Australien particulièrement proche d’Ehud Barak et d’Ehud Olmert, a choisi d’acquérir, via son entreprise Westfield Group, le vaste espace commercial du World Trade Center, situé au sous-sol.

L’homme, qui est au shopping ce que son compatriote Rupert Murdoch est aux médias selon l’heureuse formule du journaliste John Pilger, a pu postuler malgré une sombre affaire de détournements financiers au Lichtenstein impliquant, entre novembre 1996 et juin 2001, sa personne ainsi que sa proche famille.

Depuis 1973, le site du WTC était géré par l’Autorité portuaire de New York et du New Jersey. Aucune privatisation n’avait été envisageable avant 2001. Or, cette année-là, Lewis Eisenberg, directeur de l’agence, et Ronald Lauderchargé des questions de privatisation auprès du gouverneur George Pataki, ont ouvert les négociations en favorisant le transfert, après d’âpres discussions en interne, du World Trade Center à des entités privées. Si le premier est membre de la « Coalition juive républicaine », liée au parti de George Bush et au Likoud, le second s’est distingué en fondant – comme le fera également Frank Lowy – un institut au service des intérêts israéliens.

Seul Neil David Levin, directeur exécutif de l’Autorité portuaire depuis le mois d’avril 2001, avait exprimé une certaine réserve envers toute privatisation du World Trade Center, en insistant sur la nécessité d’un contrôle public. Le 11 septembre, bloqué au 106ème étage du WTC1, il n’a pas survécu aux attentats. L’homme avait rendez-vous avec un ami banquier au café-restaurant du « Windows on the World » qu’il découvrait pour la première fois. Funeste hasard : sa présence habituelle à son bureau, situé au 67ème étage, lui aurait permis de quitter le bâtiment, frappé une vingtaine d’étages plus haut.

Larry Silverstein, habitué des petits-déjeuners au « Windows on the World », a eu plus de chance : ce jour-là, sa femme l’a exceptionnellement retenu pour une consultation chez un dermatologue tandis que leurs enfants, Roger et Lisa, sont arrivés en retard à leurs bureaux situés dans les Tours jumelles. En février 2003, il raconta sa bonne fortune au journaliste Charlie Rose.

Larry Silverstein est une figure généreuse de la communauté juive solidaire d’Israël. Son représentant en relations publiques, Howard Rubenstein, est également une personnalité intéressante pour saisir la cohérence idéologique du groupe qui a convoité et conquis la gestion du World Trade Center. L’homme, qui dispose d’un vaste carnet d’adresses, a également échappé à une mort certaine le 11 septembre grâce à son annulation inopinée d’un rendez-vous avec l’agent spécial du FBI, John O’Neill. Celui qui a joué un rôle-clé pour faire obtenir rapidement  le maximum de dédommagements de la part des compagnies d’assurances partage avec son client une connaissance intime de la classe politique israélienne. Alors que Larry Silverstein entretient, comme le souligne Haaretz, des relations affectueuses avec les principaux décideurs politiques et économiques de Tel-Aviv, Howard Rubenstein travaille, avec son fils Steven, à redorer l’image d’Israël en vertu d’un accord conclu – depuis mars 2001 – entre sa firme et le ministère des Affaires étrangères de l’État hébreu. Dix-huit mois plus tard, le quotidien Haaretz rapporta d’ailleurs que la campagne avait porté ses fruits. Au-delà de son rôle de publiciste, Howard Rubenstein ne semble pas avoir rechigné à accomplir cet exercice promotionnel au service d’un État étranger puisqu’il déclare assumer, en raison de sa religion, son sentiment d’« obligation envers Israël ».

 

HICHAM HAMZA

Mais ou est donc passée l’agent infiltrée du Mossad ?


  Afficher l'image d'origine Agent infiltrée du Mossad dans la nébuleuse islamique française, Hayat a été mise à l'abri en temps voulu. Il ne reste plus qu'à trouver sous quelle identité elle a voyagé, et d'ou venait le passeport...

Ce lien n’est plus valide, désolé !

Amos YADLIN, ex-cadre du Mossad, se ferait un plaisir de vous le confirmer: le Mossad dispose de nombreux réseaux infiltrés dans les cellules djihadistes, dans plusieurs pays arabes…et en France. L’une des pratiques les plus répandues du Mossad, est de recruter des jeunes femmes universitaires, charmantes si possible, afin de leur faire séduire des cibles pré-déterminées, dans les réseaux islamistes.

Ces jeunes femmes souvent très intelligentes, manipulatrices, bien sûr arabophones, font souvent plus que de « surveiller » leurs cibles: elles les rendent parfois inopérantes (on parle alors de « neutralisation », par le biais du mariage, ce qui est très honorable. Mais elles en prennent aussi souvent le contrôle, et ce jusqu’à diriger leurs actes, planifier leurs opérations, « trouver » des financements.

Hayat BOUMEDIENE, exfiltrée par le Mossad avant que les services français ne puissent remonter jusqu’à elle, dont je vous annonçais le départ sur un vol « easyjet » depuis Genève alors-même que la presse se limitait encore à 3 islamistes isolés, fait partie de ces recrues en or. Elle a soigneusement briefé son équipe sur la cible, à savoir un comité de rédaction ne comportant aucun israélite. Le gros problème, c’est que son mari a ouvert les yeux entre temps, et semble avoir compris la manœuvre: il a très malheureusement rectifié le tir 2 jours plus tard, malgré les supplications d’Hayat, qui se voyait perdre le contrôle de son mari manipulé.

Ne cherchez pas Hayat BOUMEDIENE: vous ne la reverrez jamais. Peut-être vous fera t-on croire qu’elle s’est faite tuée quelque part en Syrie, histoire de noyer le Mossad….euh non pardon, le poisson. Sauf qu’elle n’y est pas, en Syrie…réfléchissez: si elle avait voulu mourir en martyr, elle aurait participé directement aux opérations, si elle avait voulu sauver son mari, elle aurait tenté une 3ème prise d’otage de son côté.Mais non…Hayat BOUMEDIENE a rempli sa mission, avec un succès mitigé puisque l’opération ne devait à la base pas comporter de victime juive.

Quant à l’avion, on ne le prend pas comme on prend un train, j’imagine que ceux d’entre vous qui voyagent en sont bien conscients. Un vol se prépare, se réserve, se paie d’avance, et on ne peut pas embarquer alors même que son propre mari est fiché, identifié, et en avis de recherche international !

Hayat avait donc réservé son vol depuis plusieurs jours, plus que probablement sous une fausse identité. Il ne reste plus qu’à trouver sur quel vol…et surtout d’où venait ce passeport providentiel…

Mais quelque chose me dit que M. VALLS ne fera rien pour que les recherches s’orientent vers la bonne direction…bien au contraire…

Gilles S.

Les si charmantes collaboratrices du Mossad…


Les agent isréliennes sont recrutées dans plusieurs pas arabes et/ ou musulmans.

http://gilles1963.neowordpress.fr/2015/01/09/ces-si-charmantes-collaboratrices-du-mossad/

Teint doré, petite coupe à la garçonne, look exotic-chic, yeux pétillants, regard charmeur, démarche gracieuse et élocution parfaite. Sous ses airs légers et désinvoltes de métropolitaine bien dans sa peau, Nabila F., la quarantaine épanouie, cache remarquablement son jeu.

Nabila est, comme on l’appelle dans le jargon du renseignement, un officier traitant. C’est ce qui ressort des révélations d’une certaine Jocelyne Baini (site: www.doubtcom.com).

Polyglotte, instruite, intelligente, perspicace et discrète, c’est l’une des recrues étrangères hautement opérationnelle d’une des plus puissantes agences de renseignement dans le monde, le Mossad israélien. Chargé, à côté du Shabak (ex Shin Bet, sécurité générale intérieure) et de l’Aman (renseignement militaire), de la sécurité extérieure (renseignement, opérations clandestines et lutte anti-terroriste).

Nabila chapeaute un réseau de 12 agents secrets en jupons, toutes Marocaines comme elle, dont sa sœur, engagée à l’âge de 12 ans. Repérée en décembre 2001 par le «sayan» Albert M., un agent dormant du Mossad établi au Maroc, dans une soirée mondaine à Casablanca, celui-ci lui présentera quelques mois plus tard à Paris, Joseph B., chasseur de têtes pour les services secrets israéliens. Nabila, diplômée en sciences politiques et en langues étrangères, hésitante au début, finira par accepter de travailler comme «katsa». Autrement dit, comme officier de renseignement, pour le compte de l’Institut pour les renseignements et les affaires spéciales, moyennant une rémunération initiale alléchante de 70.000 euros par an.

Mais pas seulement. Car, en plus d’un salaire fixe, elle s’est vu proposer,comme nombre d’agents secrets, d’autres émoluments et avantages en nature: prime pour certaines opérations à risque élevé, passeports de plusieurs pays occidentaux, voiture et appartement personnel dans une métropole de son choix, ouverture d’un compte bancaire en Suisse, quelques bijoux précieux et vacances annuelles vers sa destination préférée. Et, bien sûr, augmentation de salaire avec l’expérience et les années passées au service de l’agence. Tous les ingrédients de la motivation étaient là.

Tests psychologiques, entraînement au combat, à la filature, à la résistance à la torture, maniement des armes légères, perfectionnement en informatique, cours de linguistique… Nabila suit une formation intensive et pointue en espionnage pendant plusieurs mois dans la région de Haïfa. Jonglant avec les passeports et les identités. Imitant à merveille les multiples accents orientaux. Au gré des missions, elle est tour à tour journaliste marocaine, beurette bénévole dans l’humanitaire, enseignante tunisienne d’arabe classique. Comédienne belge d’origine libanaise, assistante de direction libyenne. Ou encore organisatrice émiratie d’événements artistiques. Nabila apprend vite et fait montre d’une telle efficacité qu’elle se voit à son tour confier le recrutement de nouveaux agents féminins.

Nous sommes en 2003. Meir Dagan poursuit alors la politique d’ouverture du Mossad, entamée en l’an 2000, sous la direction d’Ephraïm Halevy (1998-2002), alors que la seconde Intifada battait son plein. Et que la communauté internationale dénonçait massivement les exactions croissantes de l’Etat hébreu contre le peuple et les dirigeants palestiniens.

Plus que jamais, Israël a besoin d’être informé de tout ce qui peut, de près ou de loin, attenter à son existence, sa sécurité ou sa pérennité. Le Mossad s’essaie même au recrutement en ligne (www.mossad.gov.il). Les attentats du 11 septembre 2001 finissent de convaincre l’Institut (créé initialement en 1951 sous David Ben Gourion pour faciliter l’Aliyah, le retour vers le jeune Israël né en mai 1948) de la priorité de renforcer ses antennes périphériques.
Notamment et surtout dans les nations et auprès des faiseurs d’opinion (hommes et institutions) et des centres de décision politico-économiques arabes et musulmans. Le mieux est d’embaucher des gens du cru, des autochtones. Et, pourquoi pas, des femmes. Enrôlées de gré (en échange de contreparties conséquentes) ou, comme le prétend Nima Zamar, dans « Je devais aussi tuer » ( Albin Michel, 2003), de force (chantage, viol, menaces…).

Attirant peu les soupçons et les méfiances, le “sexe faible” dispose en plus d’un arsenal inné redoutable. Enveloppe charnelle qui s’avère parfois plus efficace et plus pointue que n’importe quel équipement d’artillerie lourde. Oeillades suggestives, balconnet plongeant, danse lascive, paroles coquines, alcool et autres paradis artificiels aidant, et voilà, à l’usure, le plus récalcitrant des hommes dans vos filets, le corps en feu et la langue déliée. Autant de “bombes anatomiques au service des Services” à dissimuler et disperser ici et là, en fonction des besoins et des missions du moment. Aujourd’hui basé à Tel-Aviv, le Mossad emploierait quelque 1.500 personnes depuis ses quartiers généraux, dont près de 20% de femmes.

L’Institut s’est déjà, par le passé, assuré de l’efficacité de ses agents féminins, dont certaines ont réussi d’admirables faits d’armes. Parmi les plus célèbres des James Bond girls du Mossad, Cindy, de son vrai nom Cheryl Hanin Bentov. Cette dernière est parvenue à piéger Mordechaï Vanunu, israélien d’origine marocaine converti au christianisme, et ancien technicien à la centrale nucléaire de Dimona (construite au début des années 60 dans le désert du Neguev). Celui-ci avait révélé au Sunday Times, le célère quotidien britannique, l’existence d’ogives nucléaires dans les sous-sols de la même centrale. Pour avoir accepté, le 30 septembre 1986, l’invitation à Rome de cette belle plante croisée dans une rue londonienne, Mordechaï Vanunu, traître pour les uns, héros pour les autres, se retrouvera, drogué, kidnappé puis expédié clandestinement en bateau vers Israël. Avant d’être incarcéré pendant 18 ans à la prison de Shikma, près d’Ashkelon. Autre preuve de la place grandissante de la gent féminine au cœur des services secrets israéliens, sous Shabtai Shavit (1990-1996), le numéro deux du Mossad n’était autre qu’une femme, Aliza Magen. Ceci étant, quelles femmes s’allier dans le monde arabo-musulman?

Au sein de ce dernier, Israël connaît bien le Maroc. Et sait
aussi que les Marocaines peuvent faire preuve d’une détermination et d’une efficience étonnantes dans les causes qui leur tiennent à cœur. Qui ne se souvient pas des sacrifices consentis pour la cause palestinienne et l’identité arabe (5 ans dans les geôles israéliennes, 7 ans de guerre civile au Liban) par les sœurs Rita et Nadia Bradley? Mais comment faire pencher la balance de son côté? En y mettant le prix fort, les services secrets israéliens parient qu’ils pourront au moins s’adjoindre la coopération précieuse de quelques-unes d’entre elles, fut-elle ponctuelle.

C’est ainsi que l’agent Nabila, désormais chasseuse de tête et formatrice, voit sa prime grimper. Elle rentre un certain temps au Maroc. Histoire de repérer des filles du pays correspondant au plus près aux critères exigés par les services d’espionnage israéliens. Elle en cueille une dizaine, jeunes, jolies et coquettes, de milieux socio-culturels différents. Parmi lesquelles Widad, Asmae, Majdouline, Noura, Laïla, Hanane, Siham ou encore Nawal et Karima.

Argent, alcool, sexe, drogue?

Certains agents recruteurs s’adressent aux réseaux de trafic humain, comme c’est le cas d’après les témoignages de repenties, de mineures russes vendues parfois par leurs propres parents à la mafia locale. Avant d’être exploitées par le crime organisé au Moyen-Orient et ailleurs puis forcées à collaborer avec le Mossad. Nabila, elle, a ses propres procédés. Elle détecte les faiblesses des unes et des autres, leur faisant miroiter mille et une promesses en échange de leur collaboration. Certaines rêvent d’une vie luxueuse, d’argent facile et d’horizons cléments. D’autres ne demandent qu’une petite aide pour leur famille démunie ou espèrent rencontrer un étranger qui leur assurerait une existence décente. Quelques-unes contractent sans le savoir des mariages de complaisance (Zawaj ORFI) avec des ressortissants des monarchies pétrolières, avant de se rendre compte, une fois sur place, du véritable but de leur venue.

Avec sérieux et discipline, Nabila enseigne à ses protégées, les rudiments de la parfaite petite espionne: se fondre dans la masse, faire preuve d’empathie, tout en restant réservée et vague sur sa personne. Quitte à s’inventer un tout autre vécu pour brouiller les pistes.

En parallèle, les jeunes mercenaires affûtent leurs armes de séduction: cours de culture générale, de maintien et de bonnes manières, séances de perfectionnement en cuisine et en danse orientale, diètes amincissantes, shopping dans des enseignes de luxe…

Les voilà fin prêtes. De Casablanca à Damas, en passant par Bagdad, le Caire, Washington, Paris et Nairobi, Nabila et son staff se lancent dans des missions plus ou moins périlleuses, chacune sous une couverture différente. Les moins instruites sont affectées à des postes de domestiques, de filles au pair ou de masseuses. Les plus agiles et les plus jolies embauchées comme danseuses dans des boîtes de nuit huppées, tandis que les plus futées sont introduites dans des ONG internationales. Les cibles de ces Mata Hari en herbe sont claires: députés, diplomates, ministres, activistes, hommes d’affaires, magistrats. Hauts gradés de la police, de l’armée et de la gendarmerie. Ou encore journalistes influents et experts en géostratégie ou en terrorisme (entre autres) exerçant dans les pays arabes et limitrophes ou en dehors.

Les objectifs aussi sont bien définis: obtenir des renseignements auprès de ces notables -à leur insu ou par chantage- sur leurs positions (et leur degré
d’implication idéologique et matérielle), entre autres, quant à l’Etat hébreu et sa politique. Ses relations avec les pays arabo-musulmans, la situation au Proche et au Moyen-Orient, la légitimité des régimes arabes actuels auprès de leurs populations. Ou encore leur opinion par rapport à la montée de l’islamisme dans le monde. Autant d’informations précieuses qui aideront par la suite la division « Recherche et Etudes » du Mossad (l’un de ses 8 départements) à rédiger ses rapports, remis au final au Premier ministre en personne.

Noura, Hanane et Majdouline sont ainsi chargées d’impliquer d’influentes personnalités américaines d’origine arabe, antisionistes, dans des scandales sexuels, en prenant soin de filmer leurs ébats avec ces derniers. Siham, pour sa part, se voit confier la fonction de fournisseur attitré de stupéfiants pour l’équipe. Tandis qu’Asmae, avec quatre de ses acolytes, décroche un job dans un club de nuit à Beyrouth fréquenté par des fonctionnaires hauts placés. Avec ses amies, elles réussissent à approcher Georges Frem (mort en 2006), député et ministre de l’Industrie au sein du gouvernement Hariri.

Asmae entre également en contact à Chypre avec un Israélien dénommé Berel et un Syrien, Marwan. Ces deux hommes la chargent avec Yakatserina Shasternick, originaire de la ville de Minsk (Biélorussie), de dénicher de jolies filles pour
animer des dîners à l’Hôtel Phoenicia de Beyrouth. Un établissement réputé depuis des décennies, comme un lieu de rencontre pour des trafiquants d’armes et des agents secrets du monde entier. Karima, jeune casablancaise de confession hébraïque, s’occupe pour sa part de la filature d’un citoyen arabo-américain proche de l’administration Bush à Washington.

Lors de sa dernière mission, Nabila devait pour sa part séduire de riches businessmen américains d’origine arabe, défenseurs avoués du processus de paix en Palestine, et vérifier si ceux-ci l’étaient effectivement. Il est aussi arrivé à la jeune Marocaine, assistée de certaines de ses consœurs d’Europe Centrale, d’Asie ou d’Afrique de l’Ouest, de collaborer avec la CIA dans le cadre d’opérations communes. Ou avec d’autres services secrets de pays amis d’Israël ou n’ayant pas de contacts normalisés avec l’État hébreu. Nabila travaillera-t-elle un jour avec la division des opérations spéciales du Mossad, connue sous le nom Action, l’unité chargée des éliminations physiques de cibles sensibles, des opérations paramilitaires et de sabotage? Certains services secrets soupçonnent en tout cas ce petit bout de femme d’avoir fait partie, alors qu’elle officiait aux Emirats Arabes Unis, du même groupe d’agents turcs et saoudiens, auteurs présumés du meurtre et de la mutilation, le 24 septembre 1980, du journaliste libanais pro-indépendantiste (de la revue Al Hawadess)et anti-syrien, Salim el Laouzi.

Nabila n’est pas dupe. Elle sait qu’elle risque sa vie avec ce métier de l’ombre dont elle a peur de ne plus pouvoir se passer. Et que ses recruteurs ne viendront pas à sa rescousse si elle tombe dans les filets de leurs ennemis.
Mata Hari n’a-t-elle pas été fusillée par la France en 1917, cette nation même pour laquelle elle se disait espionne? Et, le 18 mai 1965, Kamil Amin Tabet, l’agent israélien Elie Cohen, n’a-t-il pas été pendu sur la place publique à Damas? Et que dire des ratés de plus en plus fréquents du Mossad, sachant que, à titre d’exemple, pour la seule année 1996, les Egyptiens ont démantelé 7 réseaux d’espionnage israéliens… contre 20 pour les 15 années précédentes? Jusqu’où Nabila et ses collègues seraient-elles prêtes à aller?

Une chose est sûre: fichées par Interpol et de nombreux services secrets à travers le monde, Nabila F. et sa douzaine de collaboratrices, se sont aujourd’hui, évaporées dans la nature.

Envolées vers d’autres cieux, repenties ou… en quête d’autres proies?

RIEN N’EST PLUS EFFICACE POUR MANIPULER UNE BANDE DE PSEUDO-ISLAMISTES DÉSŒUVRÉE, QU’UN BON RÉSEAU DE FAUSSES MUSULMANES FORMÉES PAR LE MOSSAD, ELLES-MÊMES FORMATRICES A LEUR TOUR !

Gilles SONDEREGGER

Qui se souvient de Naji al-Ali, caricaturiste palestinien tué par le Mossad ?


Né en 1937 en Galilée, Naji al-Ali était un caricaturiste palestinien. En 1979, il fut le président de la Ligue des Caricaturites Arabes. En 1979 et 1980, il reçut le premier prix lors de l’exposition des caricaturistes arabes à Damas. Pour l’Association mondiale des journaux, il était l’un des plus grands caricaturistes du XXe siècle.
Durant la Nakba, ses parents avaient dû se réfugier au camp libanais de Ein-el-Helweh. Sa vie entière en fut marquée. Il est l’auteur de dizaines de milliers de dessins qui décrivent l’horreur israélienne. Selon lui ses caricatures étaient :

« l’expression des opprimés qui paient cher leurs vies, portant sur leurs épaules le fardeau des erreurs commises par les autorités. Tout ce qu’ils possèdent a été acquis avec peine, sous le siège constant de la dureté et de la cruauté. Ils luttent pour leur vie et meurent jeunes, ensevelis dans les tombes dépouillées. Ils sont toujours sur la défensive pour pouvoir vivre. Je vis avec eux dans les cachots, observant et brûlant à la pulsion de leurs cœurs, au flot du sang qui coule dans leurs veines. »

Naji al-Ali était le créateur d’un petit personnage nommé Handala, dont il disait : 
« Handala est né à l’âge de 10 ans et depuis son exil les lois de la nature n’ont aucune emprise sur lui. Il ne recommencera à croître que lors de son retour sur sa terre natale. Il n’est pas un enfant bien portant, heureux, serein et couvé. Il va nu-pieds comme tous les enfants des camps de réfugiés. » 

Handala

Le dessinateur fut atteint d’une balle dans la tête en juillet 1987 sur Eves Street, à Londres. Il succomba à ses blessures un mois plus tard. Il fut, selon Wikipédia, « le premier caricaturiste à être assassiné pour ses dessins ».
 

La police britannique arrêta un jeune étudiant palestinien, membre de l’ OLP, Ismail Hassan Saouane, après avoir trouvé une cache d’armes dans son appartement. Il fut condamné pour possession d’armes et d’explosifs. Pendant son interrogatoire, Saouane confessa qu’il travaillait pour le Mossad. L’Angleterre expulsa deux diplomates israéliens de la capitale londonienne. Le Premier ministre Margaret Thatcher ordonna la fermeture des bureaux du Mossad à Palace Green.

LES SERVICES SECRETS ISRAÉLIENS



Auteurs : Denécé Eric – Elkaïm David
Ouvrage : Les services secrets israéliens Aman, Mossad et Shin Beth Les meilleurs services du monde ?
Année : 2014

PROLOGUE
Mercredi 1er janvier 2014, fin de matinée. Une explosion
retentit dans Suchdol, une banlieue huppée de Prague. Un
homme d’une cinquantaine d’années, grièvement blessé au
thorax et à la tête, est évacué vers l’hôpital de Prague-
Stresovice où il est placé dans un coma artificiel. Il ne survivra
pas à ses blessures. Sur les lieux de l’incident, la police met
immédiatement en place un dispositif de sécurité avant
l’arrivée de la presse : en effet, la victime n’est autre que
Jamal al-Jamal, l’ambassadeur de l’Autorité palestinienne en
République tchèque, en fonction depuis octobre 2013.
Rapidement, le chef de la police tchèque déclare aux
médias : « Il n’existe aucun indice sur une éventuelle attaque
terroriste. » L’accident tragique aurait été causé par le
déclenchement du mécanisme de protection d’un vieux coffre-fort
dans lequel le diplomate tentait de récupérer des
documents. Selon lui, « rien ne porte à croire que le système
explosif placé sur la porte du coffre-fort […] a été placé par
une personne dans l’intention de nuire à autrui ». La thèse de
l’attentat est donc écartée. C’est aussi la version des faits que

donne le chef de la diplomatie de l’Autorité palestinienne,
Riyad al-Malki, qui envoie à Prague une équipe spéciale pour
coopérer avec les autorités tchèques.
Mais rapidement le doute s’installe. Il est clairement établi
que le coffre-fort en question, récemment installé dans les
locaux flambant neufs de la résidence de l’ambassadeur, était
utilisé quotidiennement par le personnel diplomatique. Le
porte-parole de l’ambassade confirme ensuite qu’il n’était pas
équipé d’un système antivol intégré. La femme de
l’ambassadeur, elle-même légèrement blessée par l’explosion,
déclare à son tour que seul son mari a été atteint et qu’il n’y a
pas de dégât dans la pièce. Par ailleurs, quelques jours plus
tard, la police tchèque admet avoir trouvé dans la résidence du
diplomate une grande quantité d’armes à feu non déclarée aux
autorités.
Rappelons aussi que Jamal al-Jamal avait rejoint le Fatah
de Yasser Arafat en 1975. Il avait occupé des postes dans les
missions diplomatiques palestiniennes en Bulgarie et en
Tchécoslovaquie, États qui, durant la Guerre froide, formaient,
équipaient et finançaient – avec la bénédiction du KGB – les
combattants palestiniens dans leurs actions armées contre
Israël. Avant d’être nommé à Prague, al-Jamal était consul à
Alexandrie depuis 2005. Pour toutes ces raisons, Rana, sa fille,
ne croit pas à la thèse d’un accident. « Nous pensons que mon
père a été tué et que sa mort a été arrangée et n’est pas
accidentelle. »
Le diplomate palestinien a-t-il été tué par un hypothétique
système de sécurité ? A-t-il manipulé maladroitement une

bombe qui se trouvait dans son coffre-fort ? A-t-il été
assassiné ? Et si oui par qui ? Le mystère reste entier. Mais
plusieurs indices font penser à une opération habilement
préparée : le diplomate n’avait que très récemment
emménage dans sa nouvelle résidence ; la charge explosive
semblait parfaitement proportionnée pour une élimination
ciblée…
Toutefois, aucun élément ne permet de soupçonner que les
services israéliens soient impliqués. Mais c’est
paradoxalement ce qui rend possible leur intervention : le
propre d’un assassinat clandestin est de passer aux yeux des
enquêteurs pour un accident.
L’ombre du Mossad plane donc sur cet événement, peut-être
à tort… peut-être pas. Il ne fait aucun doute qu’il pourrait
parfaitement employer ce type de méthode, comme il l’a déjà
fait à maintes reprises par le passé pour mettre hors d’état de
nuire les ennemis d’Israël. Finalement, qu’ils soient
responsables ou non de cette opération, les services israéliens
sont victimes de leur réputation. On ne prête qu’aux riches…

Introduction

LE RENSEIGNEMENT,
ASSURANCE-VIE DE L’ÉTAT
HÉBREU

« Quand il n’a personne pour l’éclairer, le peuple
s’égare ; le salut réside dans le grand nombre des
conseillers *1 ».
Proverbes XI/1 4.

Au milieu des années 1970, à l’occasion d’une émission de
radio, un journaliste israélien recevant le général Mordechaï,
chef d’état-major de l’armée israélienne, lui posa la question
suivante : « Si vous deviez partir sur une île déserte, quelle
serait l’unique chose que vous emmèneriez ? » L’officier lui
répondit alors spontanément : « un officier de
renseignement ! », expliquant qu’en tant que commandant en
chef, il était incapable de conduire ses forces à la bataille s’il ne

disposait pas de renseignements adéquats. C’est par cette
citation qu’Ephraïm Kahana, professeur au Western Galilee
College, de l’université d’Haïfa, et auteur du Dictionary of Israeli
Intelligence ouvre son livre 1. Nous avons choisi de la reprendre
tant elle incarne l’image que les Israéliens se font du
renseignement.
En effet, la situation d’Israël est pour le moins particulière.
Petit État – sa superficie équivaut à deux départements
français – adossé à la mer Méditerranée, il ne dispose
d’aucune profondeur stratégique en cas d’invasion. Or il est
isolé au milieu de voisins majoritairement hostiles, qui se sont
opposés à sa création et qui, pour certains, continuent de
refuser son existence. Surtout, sa démographie est infiniment
plus faible que celle des pays qui l’entourent. L’État hébreu,
fort de près de 8 millions d’habitants, ne compte que trois
voisins moins peuplés que lui : le Liban, avec un peu plus de
4 millions, la Palestine avec 4,2 (1,7 à Gaza, et 2,5 en
Cisjordanie) et la Jordanie, avec un peu plus de 7. Pour le
reste, le déséquilibre est flagrant. La Syrie compte près de
23 millions d’habitants, l’Irak 32, l’Égypte plus de 80, comme
l’Iran. Ce simple aperçu du rapport démographique entre
Israël et ses voisins et adversaires est édifiant.
Ses dirigeants savent pertinemment qu’il pourrait être
rayé de la carte à l’occasion d’une invasion militaire. Ainsi,
perdre la guerre n’est pas une option, parce que de l’issue de la
bataille ne dépend pas seulement l’intégrité territoriale mais la
survie même d’Israël. La seule façon pour l’État hébreu
d’éviter un sort que lui ont longtemps promis ses ennemis

arabes, c’est de savoir le plus tôt possible ce qu’ils préparent,
pour anticiper toute offensive adverse, voire de réduire à
néant le développement de leurs forces armées afin que la
menace ne prenne jamais forme. Ainsi, depuis sa création,
Israël a-t-il mis l’accent, davantage que n’importe quel autre
pays au monde, sur le renseignement – sans lequel sa sécurité
est impossible à assurer – et sur les guerres préventives.
Par ailleurs, depuis l’assassinat de onze athlètes israéliens
lors des jeux Olympiques de Munich en 1972, et en raison de la
lutte sans merci que lui livrent plusieurs organisations armées,
Israël sait qu’il doit se protéger des tentatives d’attaques
terroristes sur son territoire, mais aussi contre ses lignes
aériennes, ses ambassades et ses ressortissants voyageant à
l’étranger.
Pour faire face aux défis auxquels il est confronté, l’État
hébreu a été contraint d’affecter une part significative de ses
ressources à la défense, au renseignement et à la sécurité
intérieure. Il a ainsi bâti le plus puissant appareil militaire du
Proche-Orient. Celui-ci est précédé et appuyé, dans l’ombre,
par l’action extrêmement efficace des services spéciaux, sans
lesquels les forces armées ne pourraient agir avec succès.
Depuis sa création, le pays a donc toujours accordé une
grande importance à ses services de renseignement et de
sécurité, civils et militaires, qui sont parmi les meilleurs au
monde. Israël ne peut en la matière se permettre la médiocrité
ou l’erreur. D’où un haut niveau d’exigence et de
professionnalisme, mais aussi parfois une tendance à
considérer que la fin justifie tous les moyens, tendance

évidemment contestable mais dont Israël n’a pas le monopole !
Les services secrets sont donc au coeur de la stratégie de
sécurité de l’État hébreu depuis ses origines et aucun des
gouvernements qui se sont succédé n’a remis cette place
centrale en cause.
Si dans ce domaine, nécessité fait loi, certains peuples,
certaines nations semblent plus que d’autres avoir un « don »
pour le renseignement : Israël est de ceux-là. Il a réussi à
mettre sur pied des services très performants en un temps
record et à intégrer naturellement le renseignement dans le
processus de décision gouvernemental. Si le contexte
géopolitique et les menaces sont des éléments essentiels, ils
n’expliquent en effet pas tout : tous les pays qui évoluent dans
une configuration similaire (faible superficie, environnement
hostile, diaspora, etc.) n’ont pas développé cette « culture du
renseignement ». D’où vient la prédisposition des Israéliens
pour le renseignement ? Où plonge-t-elle ses racines ? Il est
possible d’en retrouver la trace dans l’Ancien Testament, et la
tradition commerçante et diasporique du peuple juif, mais
aussi les nombreuses persécutions dont il a été victime à
travers son histoire, l’ont prédisposé – davantage que des
nations paysannes et sédentaires comme la France – à
l’ouverture sur le monde et à la constitution de « réseaux ».
Mais c’est surtout à partir du début du XXe siècle que le
phénomène prend son essor : comme les Hébreux l’avaient fait
avant de s’installer en Terre Promise, les premiers immigrants
sionistes ont mis en place diverses structures de

renseignement et d’action, chargées d’assurer la sécurité du
yichouv, la communauté juive de Palestine, et d’organiser
l’immigration des Juifs du monde entier.
De plus, il en va des services de renseignement et des
unités spéciales comme des équipes de football : celles qui sont
engagées dans une compétition de haut niveau, confrontées à
des adversaires qui ne cessent de s’améliorer eux-mêmes,
sont, par voie de nécessité, les meilleures, sinon elles
disparaissent. Ainsi, l’une des principales causes de l’efficacité
des services israéliens est la situation de conflit permanent
dans lequel leur pays est impliqué depuis sa création en 1948.
En conséquence, les Israéliens n’ont jamais connu de pause ni
de répit, et ne peuvent se permettre de baisser la garde face à
leurs adversaires, qui restent extrêmement déterminés et
créatifs. Ainsi l’excellence est-elle une obligation. Nous,
Français, avons connu une telle situation, de la Seconde
Guerre mondiale à la fin de la guerre d’Algérie, en raison de
conflits successifs dans lesquels la France s’est trouvée
engagée ; nos services spéciaux et nos commandos furent, au
cours de cette période, parmi les meilleurs – si ce n’est les
meilleurs – du monde occidental. L’intensité des conflits ayant
diminué à partir de 1962, malgré la Guerre froide, et d’autres
nations étant, elles, confrontées à des situations nécessitant
une forte mobilisation de leurs services, nous avons perdu ce
rang.
Certes, depuis le 11 septembre 2001, la majorité des pays
occidentaux ont vu leurs performances s’améliorer, en raison
de la menace terroriste incarnée par Ben Laden et son

organisation. Il est dès lors difficile d’établir un classement
permettant de définir qui sont les meilleurs services spéciaux
au monde, d’autant que nous ne disposons pas d’informations
suffisantes sur le niveau et les opérations des services chinois,
indiens, iraniens, turcs… qui n’ont pas à rougir de la
comparaison avec leurs homologues occidentaux. Mais deux
choses sont sûres : d’une part, les services israéliens
demeurent, sans conteste, parmi les tout meilleurs services du
monde ; d’autre part, ils savent astucieusement communiquer
afin de convaincre la planète entière qu’ils sont les meilleurs et
qu’ils n’échouent jamais, ce qui est objectivement exagéré
mais relève d’une démarche d’influence destinée à faire douter
leurs adversaires.
Si le Mossad est de loin le plus connu des services
israéliens, c’est parce qu’opérant à l’étranger, il a été à l’origine
des opérations les plus spectaculaires et les plus médiatisées.
Mais il n’est pas le seul, ni le principal service de
renseignement d’Israël. Deux autres agences contribuent tout
autant que lui, si ce n’est plus, à la sécurité de l’État hébreu. La
communauté israélienne du renseignement s’organise en effet
autour de trois services principaux, aux missions précises et
distinctes :
– Aman, la direction du renseignement militaire, également
responsable de la censure. Elle dépend directement du chef de
l’état-major général et du ministre de la Défense. Aman est le
service qui compte les effectifs les plus importants.

– Le Shin Beth, qui dépend du ministère de la Sécurité
publique, se voit confier les tâches de sécurité intérieure et de
contre-espionnage.
– Le Mossad, qui dépend directement du Premier ministre,
constitue le service de renseignement et d’action à l’étranger.
En France, des livres relatifs au renseignement israéliens
sont régulièrement publiés, mais il s’agit pour l’essentiel de
traductions d’ouvrages étrangers. Ils sont quasiment tous
consacrés au seul Mossad, dont ils dressent généralement un
tableau historique et décrivent les grandes opérations, ou bien
racontent les mémoires d’anciens agents. C’est pourquoi nous
avons décidé de combler une lacune dans la présentation des
services israéliens et d’adopter une démarche différente, dans
le but d’apporter au public des éléments nouveaux et inédits
sur le sujet.
Nous avons tenu à dresser un inventaire exhaustif de
l’ensemble des services et unités dédiés au renseignement et
aux opérations clandestines, qu’ils soient civils, policiers ou
militaires, afin de bien montrer l’importance de ces organismes
pour la sécurité de l’État hébreu. Beaucoup sont évoqués pour
la première fois et demeuraient jusque-là peu connus. En effet,
il n’existe pas d’ouvrage français dressant un tableau complet
de l’appareil de renseignement et d’action clandestine
israélien, décrivant ses capacités d’action et ses moyens
humains et technologiques. Les pages qui suivent présentent
ainsi de nombreux aspects totalement inédits des services
israéliens : leurs moyens d’écoute, leurs capacités offensives et

défensives de cyberguerre, les assassinats ciblés du Mossad,
les unités d’action clandestine et d’opérations spéciales, etc.
Nous avons également souhaité aborder le renseignement
israélien sous un angle technique, en décrivant comment
fonctionnent les services, leur organisation, les raisons de leurs
succès et la nature de leurs relations avec les politiques ; et en
évoquant ses succès récents, mais aussi ses échecs, comme ses
abus et ses dérives. Car si le renseignement israélien est
performant, il n’en est pas moins l’objet de
dysfonctionnements.
Notre description de la communauté israélienne du
renseignement est délibérément contemporaine. Nous avons
choisi de ne pas développer les aspects historiques, déjà
largement abordés dans les ouvrages publiés ces trois
dernières décennies. Nous avons préféré traiter les enjeux
actuels et futurs de la sécurité d’Israël, c’est-à-dire les défis
auxquels ses services sont confrontés : la lutte contre le
terrorisme, la chasse aux armes chimiques syriennes et la
guerre secrète contre l’Iran, pour saboter le développement
du nucléaire iranien et préparer d’éventuelles frappes
aériennes.
Enfin, ce livre ne porte aucun jugement sur le conflit
israélo-palestinien parce que tel n’est pas son objet. Il n’est
pas un travail de critique – positive ou négative – de l’État
hébreu ou de sa politique. Le panorama que nous dressons
privilégie une approche technique du renseignement. Nous ne
nous intéressons qu’à l’organisation et à l’action de ses

services, à la façon dont les politiques ou les états-majors les
emploient, à leurs résultats et aux défis futurs.
Certes, dans les pages qui suivent, les auteurs ont recours
au terme de « terrorisme » concernant certaines organisations
palestiniennes et le Hezbollah. Cela n’est pas un jugement de
valeur, mais la stricte observation des méthodes utilisées par
ceux-ci contre l’État hébreu : des attaques perpétrées par des
groupes infraétatiques contre des cibles civiles, et destinées
prioritairement à agir sur le moral de l’ennemi parce que non
susceptibles de décider de l’issue du conflit. En aucun cas cela
ne correspond à un jugement sur la légitimité de leur cause.
Mutatis mutandis, nous n’oublions pas que les résistants
français étaient qualifiés de terroristes par les Allemands, ni
que les organisations clandestines juives ayant lutté contre les
Arabes et les Britanniques pour la création de l’État d’Israël se
sont elles-mêmes adonnées au terrorisme, selon les mêmes
critères, avant et après 1948.
Par ailleurs, les deux auteurs se gardent de toute
fascination excessive pour les services israéliens. S’ils
reconnaissent leur excellence, ils ne jugent pas non plus de la
justesse de leurs opérations. Certes, le présent ouvrage
contribuera à mettre en lumière l’efficacité du renseignement
israélien, mais l’apologie n’est pas son objectif. Il nous semblait
important de le préciser.
Notre but est de permettre au public de comprendre
comment ce petit pays peut, avec seulement huit millions
d’âmes et quelques alliés solides mais peu nombreux, tenir
tête à des adversaires comptant près de quarante fois plus

d’habitants que lui, ce qui ne lasse pas de surprendre. Or les
services spéciaux jouent un rôle essentiel dans cette équation.
C’est donc à un voyage, à une visite guidée unique au sein de
l’univers ultra secret du renseignement israélien que nous
invitons le lecteur.

————————————-

*1 . Le mot « conseil » est traduit de l’hébreu takhbulot, qui peut être
également traduit par déception, stratagème, tricherie, ou « sage
direction », m ais il exprime toujours la volonté de confondre les adversaires.

CHAPITRE PREMIER
DANS L’ŒIL DU CYCLONE

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