L’Islam ésotérique et spirituel en 7 leçons


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par

un kit de survie dans le labyrinthe religieux du Monde musulman

Pour un candidat au voyage au sein de la planète Islam, dans les dédales du Moyen orient, berceau des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, chrétienté, Islam), des circonvolutions des religions qui se mêlent, s’entremêlent et se démêlent, se choquent et s’entrechoquent, se synthétise et se syncrétisent, «L’Islam ésotérique et spirituel en 7 leçons» de Jean Marc Aractingi se présente comme un kit de survie dans le labyrinthe religieux du Monde musulman.

Spécialiste de l’Islam ésotérique, hyper capé de la méritocratie française, ce grand ponte de la Franc-maçonnerie est un récidiviste en la matière. Sa connaissance encyclopédique s’est déjà concrétisée par sa remarquable contribution à la connaissance de l’univers de la Franc maçonnerie dans le Monde arabe et musulman.

Pour aller plus loin sur son ouvrage en deux tomes sur la Franc-maconnerie dans le Monde arabe et musulman, les liens suivants:

ainsi que Dictionnaire des Grands-Maçons Arabes et Musulmans 1ère édition 2018 Editions Amazon Isbn 9 781 985 235 090

L’Islam ésotérique et spirituel en 7 leçons

Le titre l’annonce: Son ouvrage se décompose en 7 chapitres en autant de leçons dont certaines peuvent surprendre le lecteur, tel le chapitre 3 et son titre singulier qui peut faire sursauter plus d’un:

A – «Les Druzes les Francs Maçons de l’Orient, une autre lecture de la religion druze.

Les Druzes, population du Proche Orient professent une religion musulmane hétérodoxe. Ils sont principalement établis dans le Chouf, la partie centrale du Mont Liban et le sud du Liban (300.000 personnes) , dans le sud de la Syrie où ils occupent notamment la zone montagneuse du Houran, connue sous le nom de Djebel Druze et sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël (700.000 personnes) et en Galilée.

Leur religion, le druzisme, est une doctrine philosophique fondée sur l’initiation et centrée sur la seule recherche du côté ésotérique de la religion musulmane. Elle est aussi considérée comme ayant été initialement une école de la branche ismaélienne du courant musulman du chiisme. Leur interprétation de l’islam est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation, elle s’appuie sur la croyance en la réincarnation. En effet, certains versets du Coran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la métempsycose.

Extraits page 123 «De l’analogie existante entre Druzes et Francs-maçons»

«Chez les Druzes celui qui souhaite entrer en religion doit commencer par adopter une allure extérieure appropriée, par laquelle il signale le changement intervenu dans sa vie. En se rendant à la Khalwa (Loge) aux réunions qui se tiennent le jeudi et dimanche soir, il se présente comme «demandeur de religion», une demande qui s’adresse d’abord à la congrégation des cheikhs (vénérables maîtres ) de son village, mais aussi à Dieu. Le candidat est soumis à une période probatoire de plusieurs mois au cours de laquelle les cheikhs observent son comportement général et décident s’il est digne d’entrer en religion ce qui fait dire aux druzes: «Notre religion est difficile, parce que la religion chez nous, c’est le comportement». La décision du cheikh prend en compte le passé du candidat, ce que l’on raconte à son sujet dans le village, mais également sa situation présente et ses activités. Demander l’initiation religieuse, cet finalement pour un Druze un moment crucial où il se trouve face au jugements de sa société. Pour cela les cheikhs organisent une Da’wa (tenue) interne à la communauté. Le candidat doit s’engager solennellement avant d’entrer dans un cycle d’initiations. Cet engagement fait de chaque druze le dépositaire d’une vérité qui ne doit aps être divulguée (Kitmam Al Dine-La loi du silence)».

B – les Alaouites

Autre gros sujet d’actualité qui donne lieu à d’interminables supputations chez les éditocrates occidentaux sur «le pouvoir alaouite» du fait de la guerre de Syrie, les Alaouites, détenteurs du pouvoir central à Damas que l’auteur traite en son chapitre 4 sous le titre «Les Nosairis (Les Alaouites) et la Trinité Ain Mim SIN (AMS) Ali, Mohamad, Salman.

En résumé, les Alaouites également appelés noussayris, principalement par les groupements islamistes en Syrie, sont un groupe ethnique et religieux issu du Djebel Ansariya au nord de la Syrie. Ils représentent près de 12 pour cent de la population syrienne, dont la très grande majorité vit dans le secteur du port de Lattaquieh, sur la rive syrienne de la Méditerranée. Le reste étant réparti entre le Liban et la Turquie, principalement à proximité de la frontière syrienne (dans l’ancien Sandjak d’Alexandrette.

Le fondateur du noussayrisme est Mohamad Ibn Noussayr Al Namiri Al Abdi mort en 884. D’après la tradition rapportée par les Alaouites, le onzième Iman Hassan Al Askari (mort en 874) lui confia une révélation nouvelle qui est le noyau de la nouvelle doctrine alaouite.

Les deux derniers présidents de la République syrienne Hafez Al Assad (1970-2000) et son fils Bachar qui lui a succédé le 17 juillet 2000, sont alaouites, mais néanmoins dirigeants du Parti Baas, un parti à l’idéologie laïque et panarabe.

C- Al Ahmadiya: Messianisme et Humanitarisme

Dans ce panorama, l’Ahmadisme ou Ahmadiyyia (أحمدية en arabe) se distingue par son particularisme: Fondé par Mirza Ghulam Ahmad à la fin du XIX me siècle au Pejnab alors sous domination britannique, l’Ahmadisme est un mouvement réformiste musulman messianiste.

Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908), un musulman né à Qâdiyân au Penjab, fait la paix avec les Anglais et met fin à tout prosélytisme en se présentant comme une réapparition du Messie (Jésus pour les Chrétiens), Avatar de Vishnou pour les Hindous. Se proclamant investi d’une mission divine, il se propose de restaurer l’Islam dans sa pureté et se déclare Moudjahid. Vivement combattu par les courants majoritaires de l’islam pour lesquels Mahomet est le dernier prophète, l’Ahmadisme a été déclaré «non-musulman» par le parlement pakistanais.

Très dynamiques, les Ahmadis sont présents dans 190 pays, la moitié au Pakistan et le reste en Inde, au Nigéria, au Suriname et aux Etats-Unis. Afghanistan, et en Arabie Saoudite. Ils ont été déclarés non musulmans et persécutés au Pakistan, en Afghanistan et en Arabie saoudite. Le mouvement est très actif dans le domaine de l’humanitaire, surtout en Afrique, en construisant des hôpitaux, cliniques et dispensaires gratuits, mais aussi des écoles et des centres de formation ouverts à tous et gratuits.

D- Les Ismaéliens, les Frères de la pureté (chapitre 2)

L’Ismaélisme est une mouvance chiite, ses adeptes tirent leur nom du fondateur de cette communauté spirituelle Ismaïl Ben Jaafar. L’ismaélisme n’est pas spécifiquement persan, ni arabe, ni indien. Il a une longue histoire qui est complexe et, loin d’être unifié, l’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux:

Moubarakiyya, Khattabiya, Qarmates, Druzes, Mustaliens, Nizarites, et Septimain. Les adeptes de l’ismaélisme sont appelés «Ismaélien» qu’il convient de ne pas confondre avec les «Ismaélites» descendants d’Ismaël, prophète de l’Islam et patriarche biblique.

E – Le Bahaïsme

Le Bahaïsme est une religion abrahamique et monothéiste, proclamant l’unité spirituelle de l’humanité. Les membres de cette communauté religieuse internationale se décrivent comme les adhérents d’une «religion mondiale indépendante». Elle a été fondée en 1863 par le Persan Mirza Hussein Ali Nouri

Le Bahaïsme est dérivé du surnom donné à son fondateur: Bahāʾ-Allāh (en arabe, «Splendeur de Dieu»). Les Baha’is s’organisent autour de plus de 100.000 centres (répertoriés par le centre mondial de Haïfa) à travers le monde, dont les membres sont estimés à 7 millions de personnes appartenant à plus de 2.100 groupes ethniques, répartis dans plus de 189 pays. Son centre spirituel (lieu de pèlerinage —ziyarat) et administratif est situé à Haifa et à Saint Jean d’Acre.

F- Les Soufis, l’initiation Ibn Arabi: Les afrâds, l’aspsiration spirituelle (Chapitre 5) .

Le soufisme (en arabe: تصوف) désigne en Islam le cœur spirituel de la tradition islamique. En français, le terme soufi regroupe plusieurs voies de l’islam hétérodoxe, comme l’alévisme. Il s’agit d’une voie d’élévation spirituelle par le biais d’une initiation dit tassawuf, un terme qui se traduit par «initiation».
Le soufisme est présent, depuis les origines de la révélation prophétique de l’islam, à la fois dans les branches sunnite et chiite, bien qu’il ait pris des formes différentes dans les deux cas.

Le Taçawwuf comprend non seulement la haqîqah mais aussi l’ensemble des moyens destinés à y parvenir, appelé tarîqah- « voie » – conduisant de la shariyah vers la haqîqah, c’est-à-dire de l’«écorce» (el-qishr) vers le «noyau» (el-lobb) par l’intermédiaire du «rayon» allant de la circonférence vers le centre.
En 2016, un concile, inauguré par le grand imam de l’Université Islamique d’Al Azhar (Egypte), Ahmad Al Tayeb, rassemblant 200 personnalités sunnites du monde entier, s’est réuni dans le but de définir l’identité de ceux qui se font connaître comme «les gens du sunnisme» par opposition aux différents groupes considérés égarés. Les dignitaires sunnites sont convenus qu’au niveau de la gnose, des manières et de la purification spirituelle, les soufis de l’imam Junaid Al Baghdadi sont des gens du sunnisme.

G – Le Wahhabisme exclu de la famille sunnite.

En revanche, l’Arabie saoudite, l’incubateur et bailleur de fonds de tous les groupements djihadistes à travers le Monde, objet d’une vénération des «grandes démocraties occidentales» en crise économie systémique, a été néanmoins ostracisé par un collège d’Oulémas sunnites à Grozny en septembre 2016.
Symbole de l’exacerbation croissante que suscite le bellicisme omnidirectionnel du wahhabisme saoudien de même que sa rigidité dogmatique, la secte wahhabite salafiste a été purement et simplement exclue de la famille sunnite lors du congrès de Grozny (Tchétchénie) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre 2016. Une décision qui donne la mesure du degré de virulence du conflit pour le leadership du Monde musulman.

Fait sans précédent, cette décision aux effets dévastateurs d’un tomahawk sur le plan théologique et diplomatique sur le primat saoudien dans la sphère musulmane a été prise lors d’un congrès qui a rassemblé près de 200 dignitaires religieux, oulémas et penseurs islamiques d’Égypte, de Syrie, de Jordanie, d’Algérie, du Maroc, du Soudan et d’Europe. Bravant les foudres saoudiennes, la conférence de Grozny a non seulement exclu le wahhabisme salafiste de la définition du sunnisme, voire du cadre de la communauté sunnite, mais elle a en outre clairement condamné les institutions religieuses saoudiennes, en particulier l’Université islamique de Médine.

La raison est à rechercher sans doute dans le rôle de la dynastie wahhabite dans le bradage de la Palestine, sur ce lien:

Au delà de ce foisonnement prosélyte, cette mosaïque religieuse témoigne à tout le moins de l’immense besoin de spiritualité de la zone, du soif d’absolu de leur fidèles respectifs, comparable en intensité à celle qui s’est emparée des Etats-Unis avec leurs déclinaisons des églises protestantes, méthodistes, pentecotistes, évangélistes, tant il est vrai qui si la prophétie est d’essence divine son interprétation est humaine. Et ceci pourrait expliquer cela.

Référence

L’Islam ésotérique et spirituel en 7 leçons de Jean Marc Aractingi
Editions Amazon ISBN 978 197 655 7897 Prix 10,55 euros

Liban : Mémoires de guerre 1/3


madaniya.info

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Note de la rédaction

http://www.madaniya.info publie un dossier spécial en trois volets intitulé «Liban-Mémoires de guerre», réalisé par René Naba directeur du site, qui a assuré une adaptation condensée, en version française, de l’ouvrage d’un diplomate américain James R. Stocker intitulé: «Spheres of intervention: US foreign policy and the collapse of Lebanon 1967-1976», James R. Stocker, Cornell University Press.

Sommaire

  • Liban-Mémoires de guerre 1/3: Les racines américaines de la guerre civile au Liban (1975 -2000)
  • Liban-Mémoires de guerre 2/3: Le Pacte national, un mensonge dont la composante musulmane de la population libanaise en a été la victime.
  • Liban-Mémoires de guerre 3/3: Serge Soghanalian (1929-2011), parfait représentant du monde interlope des marchands de mort

avec en Additif

1- Liban: Le 17 Mai 1983, «A Day Of Infamy», Un jour d’infamie, «Yom Al A’Ar, Ya Lil A’AR».
Papier publié à l’occasion du 35 me anniversaire de la conclusion du traité de paix israélo-libanais. Un récit de la face cachée de ce jour d’infamie. Un traité abrogé pr la volonté du peuple, rare cas de l’abolition d’un traité international du fait d’un soulèvement populaire.

2- De l’utilité de certaines rumeurs en temps de guerre
Par Roger Naba’a*

La rumeur est une continuation de la guerre (civile/confessionnelle), par d’autres moyens.

L’auteur, James Stocker a appris l’arabe à l’Université de Damas. En prévision de la rédaction de son ouvrage, il a effectué un séjour d’un an au Liban pour sa documentation.

L’auteur se fonde sur les archives du Département d’état, du Conseil National de Sécurité, des services de renseignements américains, ainsi que sur les archives des bibliothèques des présidents Lyndon Johnson, Richard Nixon et Gerald Ford, de même que sur les notes personnelles de Joseph Sisco, ancien sous secrétaire d’état pour les affaires du Moyen orient.

La version arabe de cet ouvrage a été assurée par l’universitaire américain d’origine libanaise, Assaad Abou Khalil, animateur du blog http://angryarab.blogspot.fr/ par ailleurs contributeur du journal Libanais «Al Akhbar», qui en a assuré la publication des principaux passages dans une série d’articles en dix volets.

Le compte rendu de l’ouvrage en version anglaise se trouve sur ce lien du même auteur:

Fait significatif: Dans sa relation des faits, l’auteur de l’ouvrage s’abstient de mentionner les interventions israéliennes contre la population libanaise, notamment les raids réguliers de l’aviation israélienne et le pilonnage de l’artillerie contre les villages du sud Liban, de même qu’il s’abstient de mentionner l’ampleur de la terreur infligée par l’armée israélienne à la population civile libanaise.

L’adaptation en version française a été réalisée par René Naba, directeur du site http://www.madaniya.info

Fin de la note de la Rédaction.

Les principaux points de cet ouvrage

I – Prélude: L’élection du président Camille Chamoun.

Les États Unis ont «littéralement acheté» l’élection du pro-occidental Camille Chamoun à la présidence de la République libanaise (1952-1958), autrement dit soudoyé les députés libanais pour faire triompher leur candidat contre son rival, le dirigeant nationaliste Hamid Frangieh, ancien ministre des Affaires étrangères.

Pourquoi un tel engouement pour le 2eme président de la République libanaise, vraisemblablement parce que Camille Chamoun, grand ami du chah d’Iran et des monarchies hachémites pro britanniques d’Irak et de Jordanie, était un grand ponte de la franc-maçonnerie arabe, à l’instar de bon nombre de dirigeants arabes.

A propos de Camille Chamoun

M. Chamoun a été élu en 1952 à une date où les États Unis, émergeant comme les grands vainqueurs de la II me guerre mondiale, commençaient à se positionner sur l’échiquier mondial, en substitution aux deux anciennes puissances coloniales européennes: La Grande Bretagne et la France. Une période marquée au Moyen-Orient par le lancement du Point Four d’un programme de coopération entre les États Unis et le Monde arabe, sur le modèle du Plan Marshall pour l’Europe; par le coup d’état de la CIA contre le premier ministre nationaliste iranien Mohamad Mossadegh (1953), coupable d’avoir nationalisé les installations pétrolières iraniennes; enfin la constitution du Pacte de Bagdad (1955), regroupant des pays musulmans sunnites Pakistan et Turquie, autour de la dynastie hachémite d’Irak. Ce pacte devait servir de maillon intermédiaire entre l’Otan (Europe / États Unis) et l’OTASE (Asie du Sud Est).

Camille Chamoun, poulain des Américains par excellence, au même titre que le premier ministre irakien de l’époque monarchique, Noury Said, refusera de rompre les relations diplomatiques du Liban avec la France et la Grande Bretagne, en signe de solidarité avec l’Égypte, victime d’une agression tripartite à la suite de la nationalisation du Canal de Suez (1956), une agression menée par les deux anciennes puissances coloniales de la zone (France et Grande Bretagne) et leur créature Israël, signe indiscutable d’un alignement aveugle aux objectifs atlantistes.

Camille Chamoun achèvera son mandat dans la première guerre civile libanaise. La guerre a éclaté en Mai 1958 avec l’assassinat d’un journaliste libanais Toufic Al Matni, mettant le feu au poudre, alors que l’Égypte et la Syrie, sous l’égide de Gamal Abdel Nasser, auréolé de la nationalisation du Canal de Suez (1956), procédait à l’Union des deux Républiques arabes.

Les États Unis débarqueront des troupes au Liban en juillet 1958, parallèlement au parachutage de commandos britanniques en Jordanie, afin de contrebalancer les effets du coup d’état anti monarchique en Irak et la proclamation de la République par le général nationaliste Abdel Karim Kassem.

Au delà des grands principes hautement proclamés et régulièrement brandis contre leurs détracteurs, il en ressort que les États Unis n’hésitent pas à recourir à la corruption pour s’assurer une clientèle docile visant à imposer leur hégémonie.

II – A propos de la 2eme guerre civile libanaise (1975-1990)

Le leadership maronite, responsable du feu initial.

1- Le leadership maronite est responsable du déclenchement de la guerre. Les États Unis et les principaux dirigeants chrétiens (aussi bien les anciens présidents Camille Chamoun, Charles Hélou et Soleimane Frangieh que Pierre Gemayel (phalangistes) et Raymond Eddé, de même que la hiérarchie militaire chrétienne plaidaient ouvertement en faveur du maintien du système de répartition confessionnelle du pouvoir assurant une prépondérance de la communauté maronite au sein du système politique libanais.

2- L’Alliance tripartite des trois principaux dirigeants maronites (Camille Chamoun, Pierre Gemayel, Raymond Eddé), scellée à l’occasion des élections législatives de 1968 dans la foulée de la défaite arabe de juin 1967, constituait en fait un pacte de confrontation tant contre l’OLP, massivement implantée à Beyrouth après le massacre palestinien du «Septembre Noir» jordanien (1970) que contre la gauche libanaise en vue de museler les forces contestataires à l’hégémonie occidentale au Moyen orient. Raymond Eddé, le chef de file ses chrétiens modérés, se dégagera de ce pacte au déclenchement de la guerre civile libanaise en 1975 et ne prendra pas les armes ni contre les Libanais, ni contre les Palestiniens.

Pour aller plus loin

III- L’Armée libanaise et sa passivité face à Israël.

A- Les pourparlers d’armistice israélo libanais de Nakoura, un leurre, un «paravent» à une coordination militaire entre les deux pays.

Ces pourparlers, aménagés par l’accord d’armistice de 1948 signé entre Israël et les pays arabes du champ de bataille, se sont poursuivis au delà du délai raisonnable à ce genre de négociations.

Ces pourparlers servaient en fait de «paravent à une coordination politique entre les deux pays», avec les encouragements des États Unis. Se tenant au poste frontière libanais de Nakoura (sud-Liban), ils n’ont jamais bridé Israël dans ses agressions répétées contre le Liban, pas plus à empêcher la violation de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne, de même que les tirs de saturation de l’artillerie israélienne contre les villages du Sud Liban, en vue de forcer à l’exode la population de cette zone à majorité chiite et la refouler vers Beyrouth.

Un exode forcé destiné à constituer à Chyah (sud Beyrouth), -la fameuse Dayeh des journalistes occidentaux-, une ceinture de misère autour de la capitale libanaise, à proximité des camps palestiniens de Sabra Chatila, sur la route de l’aéroport.

Dans le prolongement de cette connivence, Israël n’hésitera pas à instrumentaliser les officiers félons de l’armée libanaise (Saad Haddad et Antoine Lahad) pour constituer une armée de supplétifs faisant office de garde frontières de l’État Hébreu, sous le vocable d’«Armée du Sud Liban» (ASL), au plus fort de la guerre civile libanaise.

B- Le comportement singulier des deux anciens commandants en chef de l’armée, le général Émile Boustany et son successeur, le général Iskandar Ghanem.

L’autonomie du commandement de l’armée à l’égard du pouvoir politique était telle que lors de la guerre de juin 1967, le commandant en chef (chrétien) de l’armée, le général Émile Boustany, refusera d’obtempérer aux ordres du premier ministre sunnite Rachid Karamé d’engager les hostilités contre Israël par solidarité avec les pays arabes du champ de bataille (Égypte, Syrie).

Le général Emile Boustany passera à la postérité pour sa passivité lors du raid israélien contre la flotte aérienne civile libanaise et l’aéroport international de Beyrouth-Khaldé, en décembre 1968, ainsi que dans son implication dans une affaire de rétrocommissions consécutive à l’achat de missiles CROTALE à l’armée française. En toute impunité.

Terme ultime d’une carrière affairiste, le général Boustany boiera néanmoins la coupe jusqu’à la lie de ses forfaitures, en représentant le Liban à la signature de l’accord palestino libanais du Caire, en novembre 1969, légalisant la présence armée palestinienne au Liban, sous l’égide de Nasser, signant par là même sa défaite symbolique face à ses adversaires.

Son successeur, le général Iskandar Ghanem, auparavant commandant miliaire de la place de Beyrouth, s’est distingué, lui, par sa désinvolture lors du raid israélien contre le centre de la capitale libanaise, en avril 1973, décapitant certains des principaux dirigeants de l’OLP, Abou Youssef An Najjar, ministre de l’intérieur de l’OLP, Kamal Nasser, porte parole de la centrale, ainsi que Kamal Adwane, responsable de la jeune garde palestinienne.

Le Général Ghanem sera promu commandant en chef de l’armée en dépit de sa forfaiture, malgré les demandes répétées du premier ministre de l’époque Saéb Salam réclamant sa démission en guise de sanction.

C- Le commandant Johny Abdo, désigné par les Israéliens pour succéder à Bachir Gemayel: membre du Conseil de Guerre des Forces Libanaises.

La passivité de l’armée à l’égard des raids successifs israéliens tant contre Beyrouth que contre le sud Liban, sur trente ans, de même que les visées israéliennes sur les fleuves du sud Liban (Litani et Zahrani) ont conduit à l’émergence d’un corps d’auto-défense chiite, se substituant à la vacance du pouvoir d’état, pour la protection de la zone frontalière israélo libanaise.

L’histoire de l’armée libanaise face à Israël n’est pas une succession de glorieux faits d’armes mais un long récit de connivence et de forfaitures en ce que depuis l’indépendance du Liban en 1943, il y a 73 ans, tous les commandants en chef qui se sont succédé à la tête de l’armée, –tous à la notable exception du Général Émile Lahoud–, ont considéré l’État Hébreu comme le gros bâton avec lequel il importait de mater la contestation populaire libanaise et par la suite la Résistance palestinienne.

Durant la 2eme guerre civile libanaise, le commandement de l’armée libanaise disposait de sa propre organisation crypto terroriste «At tanzim», qu’elle activait en sous main durant les période de trêve pour relancer les hostilités.

La symbiose entre le haut commandement de l’armée et les milices chrétiennes était telle qu’un des responsables du 2me bureau libanais (le service des renseignements), le commandant Johnny Abdo, siégeait au Conseil de guerre du Front Libanais, coalition des milices chrétiennes. Homme de l’ombre par excellence, Johnny Abdo avait été désigné par les Israéliens pour succéder à Bachir Gemayel, à la suite de l’assassinat du chef phalangiste à la veille de sa prise de fonction comme Président de la République, en septembre 1982.

Diplômé des académies militaires anglo saxonnes, contrairement à tous ses prédécesseurs et ses successeurs de formation française, Emile Lahoud Chef d’État-major des Armées (1989-1998), puis Président de la République (1988-2007) sera le théoricien de la «doctrine de la riposte» face aux agressions répétées israéliennes particulièrement contre le sud Liban, initiant une réplique à double détente contre les empiétements de l’État Hébreu, combinant une action conjuguée de l’armée en soutien à la guérilla du Hezbollah Libanais.

Aux mépris du Droit International, contrairement à tous les usages internationaux, Émile Lahoud, unique chef d’état chrétien du Monde arabe, sera néanmoins mis en quarantaine à l’instigation du président français Jacques Chirac à la suite de l’assassinat de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais dont il était le partenaire affairiste et son pensionnaire posthume.

Pour aller plus loin sur cette séquence

Johnny Abdo le candidat des Israéliens à la succession du chef phalangiste Bachir Gemayel

Johnny Abdo l’homme de l’ombre par excellence

De rebondissements en rebondissements, d’escalades en escalades, une telle passivité conduira à la constitution du Hezbollah et à sa redoutable riposte asymétrique balistique, faisant de la formation politico militaire chiite l’artisan du retrait israélien du Liban, sans traité de paix, ni négociation, cas unique dans les annales de la guerre contemporaine.

Sur le Hezbollah

Hassan Nasrallah, premier dirigeant depuis Nasser à avoir su développer une capacité d’influence sur l’opinion publique israélienne.

Le Hezbollah, sentinelle de l’indépendance libanaise

IV- L’exode des Chrétiens du Liban, la plus grosse intoxication de la première phase de la guerre.

L’information selon laquelle les Américains envisageaient la déportation des chrétiens libanais hors du Liban constitue un «grand mensonge». La rumeur a été forgée par le leadership chrétien afin de «forcer à la solidarité la population chrétienne du Liban» consternée par l’ampleur des dégâts, la tournure des combats et de les conduire à rallier les rangs des milices combattantes.

La rumeur a été amplifiée au moment de la visite de l’émissaire américain au Liban Dean Brown, envoyé du président Gerald Ford, «venu précisément réaffirmer l’engagement des États Unis à soutenir l’effort de guerre des milices chrétiennes» que le leadership maronite voulait impressionner par l’importance de l’adhésion chrétienne à la cause milicienne.

Les encouragements de Dean Brown ont conduit le leadership maronite à refuser toute concession à leurs adversaires palestino progressistes, prolongeant d’autant les hostilités, la destruction du Liban, la souffrance de sa population et l’affaiblissement du Liban. Comme quoi les conseillers ne sont jamais les payeurs.

L’accord de Taëf (Arabie saoudite), qui mit fin en 1989 à la guerre du Liban, a consacré le déclassement des prérogatives constitutionnelles des Maronites, sanction inéluctable de leur cécité politique et de leur bellicisme à tout crin.

V- Les États Unis: La transparence pour les autres.

Les États Unis prônent la transparence pour les autres. Au Liban, ils étaient soucieux de disposer d’un canal direct de communication avec le Président de la République en «court-circuitant le ministère des Affaires étrangères afin que ces pourparlers «TOP SECRET» ne soient pas consignés dans les archives du ministère».

Sous Charles Hélou (1964-1970), l’émissaire libanais a été Michel El Khoury, fils de l’ancien président de la République, dont l’activité secrète était camouflée par la fonction de Président du Conseil National du tourisme. M. Michel El Khoury sera gratifié de son rôle souterrain par sa nomination ultérieure au poste de Gouverneur de la Banque du Liban. Sous Soleimane Frangieh (1970-1976), la fonction était dévolue à son gendre Lucien Dahdah.

VI- La responsabilité directe des États-Unis dans la guerre du Liban.

Les États-Unis n’appréhendait pas la guerre du Liban comme un conflit entre chrétiens et Musulmans, mais bien comme un conflit idéologique entre la droite et la gauche, quand bien même le leadership maronite incitait l’administration américaine à intervenir militairement au Liban pour museler la gauche libanaise, au plus fort du flux nassérien (1960-1967), puis la résistance palestinienne.

Deux dirigeants druzes alliés de Camille Chamoun, l’Émir Majid Arslane, ancien ministre de la Défense et le député Fadlallah Talhouq, plaidaient en ce sens auprès de leurs interlocuteurs américains, davantage soucieux, eux, de combattre leur rival électoral Kamal Joumblatt, chef druze du Parti socialiste progressiste (PSP) et futur chef de la coalition palestino progressiste.

Les États Unis ont favorisé l’amplification des hostilités comme dérivatif aux pourparlers de paix égypto israéliens, dans la foulée de la guerre d’Octobre 1973, afin d’embourber la Syrie au Liban et de fixer l’OLP dans cette guerre infractionnelle.

A ce titre l’administration américaine a facilité le transfert des armes via la Jordanie et Israël. L’aide militaire américaine n’était pas tant destinée à renforcer l’armée libanaise mais de la doter des moyens de lutte contre les organisations palestiniennes et les mouvements de la gauche libanaise. De les «frapper», dans l’intérêt de la sécurité d’Israël.

Sous le mandat du président Charles Hélou, l’aide économique américaine était, elle aussi, conditionnée par l’engagement du pouvoir libanais à durcir la répression contre les forces progressistes libanaises.

Pour aller plus loin sur Beyrouth et sa fonction traumatique à l’encontre des Israéliens

Et sa fonction critique à l’égard des Arabes

VII -La relation Syrie/ États-Unis

La relation de la Syrie avec les États Unis lors de la présence syrienne au Liban (1976-2005) était infiniment plus étroite que la relation entre la Syrie et l’URSS. Damas se plaignait auprès de Washington des contraintes imposées par Moscou au Liban, visant à ménager ses alliés du camp palestino progressiste. Mais le président Hafez al Assad s’est abstenu d’opérer un changement d’alliance comme cela a été le cas avec le président égyptien Anouar Al Sadate, conscient des dégâts qu’un tel revirement allait produire sur la scène régionale et de la grande dépendance vis à vis des États Unis et des pétromonarchies dans laquelle se placerait la Syrie du fait de ce virage.

Pour aller plus loin sur ce thème

(NDA: Sadate, artisan du traité de paix avec Israël, a été assassiné le 6 octobre 1981, par des islamistes, poulains des Américains dans la guerre anti soviétique d’Afghanistan, alors que la Syrie, en pleine tourmente djihadiste dans la séquence dite du «printemps arabe», bénéficiera du soutien militaire résolu de la Russie au point de renverser le cours de la guerre, à titre de «prime à la fidélité» de la Syrie vis à vis de la Russie, après l’effondrement du bloc soviétique. L’Égypte, pour sa part, au terme d’une séquence de quarante ans d’alignement sur les États Unis, sous la double présidence d’Anouar El Sadate et de Hosni Moubarak, a opéré n 2015 un recentrage en direction de la Russie sous la présidence du Maréchal Abdel Fattah Al Sissi)).

Sur ce lien la version arabe de cette tranche

 


Liban : 2/3

 

Le Pacte national

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Le Pacte national, un mensonge dont la composante musulmane de la population libanaise en a été la victime.

Le discours souverainiste du leadership maronite masque en fait une posture d’allégeance vis à vis des pays occidentaux et de connivence vis à vis d’Israël et cela bien avant la proclamation unilatérale d’indépendance de l’État Hébreu avec la conclusion d’un pacte secret entre l’Église maronite et l’entité juive.

…«Le Pacte National, arrangement tacite conclu en 1943, entre les dirigeants chrétiens et musulmans pour une répartition confessionnelle du pouvoir, a constitué un «mensonge» dont la composante musulmane de la population en a été la victime».

…«Tous les Présidents de la République Libanaise (maronite) qui sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance, en 1943, ont collaboré dans le plus grand secret avec Israël, incitant régulièrement les États-Unis, la France voire Israël même à une intervention militaire directe au Liban en leur faveur.

La guerre du Liban n’a fait que confirmer cette lourde tendance comme le révèle l’équipée suicidaire des milices chrétiennes et leur alliance contre-nature avec un état le plus antinomique à la composition du système politique libanais, fondé sur le pluralisme et la diversité, quand bien même les chrétiens arabes auront le plus pâti des menées occidentales contre le Monde arabe.

En 1969, le président Charles Hélou adressait un message secret aux dirigeants israéliens les assurant en ces termes à propos de la présence des Fedayine sur le sol libanais: «Je comprends parfaitement les problèmes que posent pour Israël les Fedayine, mais le gouvernement libanais n’est pas en mesure de stopper leurs infiltrations vers l’État hébreu.

Dans un deuxième message, Charles Hélou consentait aux raids israéliens contre les Palestiniens au Liban sous réserve que les Israéliens observent certaines règles. Une attitude identique a été observée lors de la guerre destructrice israélienne contre le Liban, en 2006, où le ministre de la défense Elias El Murr, recommandait aux Israéliens d’épargner les zones chrétiennes afin de ne pas dresser la population contre eux et de les contraindre à rallier par solidarité le Hezbollah.

Pour prix de sa forfaiture, M. El Murr sera propulsé au poste de Président d’Interpol. Pour aller plus loin sur Elias El Murr

2- Les Phalanges Libanaises (Hizb Al Kataeb): Bachir Gemayel, un «voyou».

Les Phalanges libanaises symbolisent mieux que tout cette tendance. Si ce parti a réussi à propulser deux de ses membres, les deux fils du fondateur, Bachir et Amine Gemayel, à la Présidence de la République, il a eu à déplorer l’assassinat de deux membres du clan Gemayel.

L’alliance contrainte avec Israël, un «gros mensonge» de la guerre.

«Le parti phalangiste entretenait avec les États Unis des liens extrêmement étroits. L’idée que le parti a été contraint de s’allier avec le diable, Israël, du fait de son isolement politique constitue une fable, un des gros mensonges de la guerre du Liban».

…«Les phalangistes bénéficiaient du soutien collectif de la Jordanie, des États Unis et des pétro monarchies du golfe.

…«Le leadership maronite (Camille Chamoun, Pierre Gemayel, Raymond Eddé) ont fait pression sur le Président de la République Charles Hélou afin qu’il ne rompt pas les relations diplomatiques du Liban avec les pays occidentaux, en signe de solidarité avec les pays arabes, à la suite de la défaite de juin 1967

…«Grand vainqueur des élections législatives de 1968, au lendemain de la défaite arabe, le trio maronite a bénéficié de l’aide financière directe américaine.

…«Dans la foulée du triomphe électoral du trio, toute une littérature politique prônant la neutralité du Liban et sa garantie par une protection internationale a fleuri dans le discours politique des dirigeants chrétiens», ajoute James Sotcker dans son ouvrage. Une rengaine reprise au cours de la guerre à chaque fois que le camp chrétien était en difficulté.

Dans un excès de zèle, destiné à s’attirer les bonnes grâces américaines, les dirigeants phalangistes ont proposé à l’ambassade américaine d’assurer sa protection par les miliciens du parti, de même que le quartier juif de Wadi Abou Jamil, où le parti faisait le plein des voix des libanais de confession juive à chaque élection législative. La proposition de déployer la milice phalangiste autour du quartier juif du centre de Beyrouth a été faite alors qu’aucun incident anti sémite n’avait été déploré.

Les dirigeants phalangistes ont fait valoir à leurs interlocuteurs américains qu’ils disposaient à l’époque d’une milice de 5.000 membres, doublée d’une troupe de choc de 50 à 70 membres.

Refusant d’armer directement le Parti Phalangiste, Henry Kissinger, secrétaire d’état de Richard Nixon a préconisé de renforcer l’équipement militaire de l’armée libanaise: «L’équipement de l’armée libanaise équivaut à l’armement de la milice phalangiste, car les officiers de l’armée libanaise sont des sympathisants des phalangistes», a-il fait valoir.

Parti politique essentiellement chrétien fondé en 1936 par Pierre Gemayel, Georges Naccache, fondateur du journal l’Orient, et Charles Hélou, futur Président de la République, les phalanges libanaises est un parti fortement nationaliste et militarisé depuis 1975.

Longtemps opposées à d’autres courants chrétiens, notamment au Parti National Libéral du Président maronite Camille Chamoun, ils concluront néanmoins des alliances ponctuelles avec leurs rivaux, notamment au sein des Forces Libanaises, lors de la guerre civile.

Les Phalanges ont été impliquées dans de très nombreux actes de guerre et massacres pendant cette période, notamment les massacre les camps palestiniens de la Quarantaine, janvier 1976, et celui des camps palestiniens de Sabra-Chatila, Août 1976. Le parti a connu des dissensions internes sur le rôle à accorder à la Syrie (rivalités entre Elias Hobeika et Samir Geagea, les deux lieutenant de Bachir Gémayal). Il en est sorti affaibli.

Richard Murphy, ambassadeur des Etats Unis en Syrie, en poste dans la zone à la fin de la décennie 1970 jugeait Bachir Gemayel, chef militaire des phalangistes et fondateur des «Forces Libanaises», comme un «voyou».

Le tropisme pro-israélien n’est pas l’apanage du leadership maronite. Le clan Hariri a témoigné de la même sollicitude à l’égard de l’«ennemi officiel du Monde arabe». Ainsi le ministre sunnite de l’intérieur Ahmad Fatfat ordonnera à la caserne de gendarmerie de Marjeyoun (Sud-Liban) d’offrir l’hospitalité à des soldats israéliens pourchassés par le Hezbollah, lors de la guerre de destruction du Liban, en 2006 et le ministre druze des télécommunications, Marwane Hamadé, dévoilera au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, un philo sioniste avéré, le réseau de télécommunications du Hezbollah afin qu’il soit procédé à son démantèlement au cours de cette offensive.

Version arabe sur ce lien

3 – La stratégie de la tension

A – Les milices chrétiennes ont reçu des armes des Etats Unis, d’Israël, de la Jordanie, et de l’Iran du Chah d’Iran. Le leadership maronite était déterminé à précipiter le pays dans une confrontation généralisée avec ses adversaires, alors que la gauche libanaise et les Palestiniens temporisaient, faisant de leur mieux pour éviter de projet et le Liban dans le précipice.

B- La France et la Jordanie ont plaidé tant auprès des Etats Unis que d’Israël en faveur d’une intervention militaire syrienne au Liban en vue de stabiliser la situation.

C- L’OLP a assuré la protection de l’ambassade des États-Unis durant cette période via l’Armée Arabe du Liban, commandée alors par le lieutenant Ahmad Al Khatib et veillera à assurer l’évacuation des ressortissants américains. La centrale palestinienne n’engagera véritablement ses troupes dans la guerre qu’en septembre 1976, après la chute du camp palestinien de Tall Al Zaatar, soit 17 mois après le début de la guerre.

D – Pour emporter l’adhésion de leurs interlocuteurs à leur cause, les dirigeants maronites ont initié une stratégie de la tension, multipliant les embuscades contre les palestiniens, dont l’une des plus sanglantes, aura été l’embuscade de Dekouaneh, dans la banlieue industrielle de Beyrouth, l’été 1974, suivie en Février 1975, de l’assassinat de Maarouf Saad, député nationaliste pro nassérien de Saida (Sud- Liban), qui se trouvait à la tête d’une manifestation de pêcheurs protestant contre la gestion de la firme «protéine», chargée de recycler les produits de la pêche, dont le président du Conseil d’administration n’était autre que Camille Chamoun, le chef du Parti National Libéral et de la milice des «tigres».

1- L’incendie du Centre ville

L’incendie du centre ville (juin 1975) a résulté d’une «épreuve de force» entre Camille Chamoun, à l’époque ministre de l’intérieur, et ses rivaux au sein du leadership maronite. En élargissant délibérément le conflit au centre ville qui abritait les fameux souks, à l’intersection des zones chrétienne et musulmane de la capitale, M. Chamoun voulait «forcer l’armée à intervenir et à prendre position dans la guerre».

2- La bataille des Hôtels

En portant la bataille dans le quartier des grands hôtels (Hôtel Saint Georges, Holliday Inn) notamment, en Septembre 1975, les Phalangistes visaient en fait à s’emparer de la Banque Centrale, le nerf de la guerre.

Sur l’importance stratégique et la fonction de l’Hôtel Saint Georges, sur ce lien

Version arabe de cette séquence sur ce lien

Pour aller plus loin sur la problématique des chrétiens arabes, leur équipée suicidaire durant la guerre, l’instrumentalisation du martyrologe, sur ces liens

Le martyrologe libanais entre culte de la mémoire et rente de situation ½

La famille Gemayel, Samir Geagea, Nayla Mouawad

Walid Joumblatt et le Clan Hariri

L’équipée suicidaire des phalangistes et de leurs alliés

La version arabe de ces extraits sur ces liens

Illustration

suite…

madaniya.info 3/3

Pour une poignée de pétrodollars, l’Europe a vendu son âme


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L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi signe l’éradication complète du Cercle de Tall Affar, le noyau turkmène fondateur de Daech


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L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi par un raid russe sur Raqqa, Nord de la Syrie, le 25 Mai 2017, si elle était confirmée, signerait l’éradication complète du cercle de Tall ‘Affar, le noyau turkmène fondateur de l’État Islamique.

Pivot de Daech, ultime survivant du Cercle de Tall’Affar et du camp de Bucca, sud de l’Irak, la disparition du Calife Ibrahim revêtirait certes une lourde signification par sa portée symbolique. Mais ce désastre ne saurait remettre en cause le projet de restauration du Califat islamique, en dépit des défaites majeures subies par l’organisation djihadiste, ni de ses lourdes pertes en vies humaines, en dépit de sa politique suicidaire menée à l’encontre des minorités sous son emprise, les Chrétiens et les Yazédis qu’il s’est aliéné par les persécutions qu’il leur a fait subir, plutôt que de les amadouer.

La chute probable de Mossoul, selon toute vraisemblance, va relancer les tensions inter communautaires, exacerbées par une hyper fragmentation de la société irakienne du fait de quinze ans de guerres intestines. Elle pourrait inciter Daech à compenser la perte territoriale de son califat en terre arabe par un plus fort ciblage européen. Une «branche européenne» de Daech aurait d’ailleurs été créée à cet effet, constituée de près de 5.000 volontaires auparavant engagés dans les combats en Syrie et en Irak.

1 – Le cercle de Tall’Affar

Le cercle de Tall’Afar, noyau dur de Daech, était dirigé par Abou Ali Al Anbari, de son vrai nom Ala’ Qodrache, Turkmène originaire de Tell’Afar.
Le «cercle de Tall’Afar» tire son nom de la ville du Nord-Ouest de l’Irak, qui abritait durant l’embargo international contre l’Irak (1990-2003), un des sites d’où étaient déployés les batteries de la défense anti aérienne pour la neutralisation des avions des forces de coalition de l’Opération «Northern Watch 1», chargée de faire respecter les zones d’exclusion aérienne faisant suite à l’embargo décidé par l’ONU.

Située à 45 km à l’Ouest de Mossoul, dans la province de Ninive et à 60 km de la frontière syrienne, elle est peuplée d’environ 170.000 habitants, arabes sunnites, kurdes, turkmènes et chiites. L’édifice était chapeauté par les Turkmènes du «Cercle de Tell’Afar», sous la direction d’Abou Ali Al Anbari, qui en verrouillait les principales articulations.

Les cadres irakiens ont joué un rôle déterminant dans la définition de cette idéologie, résultant d’un double impératif: Disposer d’un gisement humain sunnite apte au combat tout en maintenant la cohésion d’un groupe hétéroclite traversé par des courants contradictoires.

A – Les principaux membres du cercle

SAMIR Al KHALFAOUI (Hajji Bakr), de même que ses camarades du parti Baas, étaient des laïcs, mais ont souhaité tirer leur légitimité de Dieu. «La domination des peuples doit être exercée par une élite ultra-minoritaire, car son objectif est de servir les intérêts supérieurs… «Pour ce faire, elle doit tirer sa légitimité de Dieu ou de la grandeur de l’Histoire». Dixit cet ancien cadre supérieur baasiste.

Partant du principe que les croyances religieuses extrémistes ne suffisaient pas à elles seules à forger la victoire, la synthèse doctrinale a visé à concilier les tendances contradictoires du groupement, débouchant sur la formulation de la théorie de l’«État Islamique».

L’empressement à proclamer le Califat répondait au souci de couper la voie à tout retour en arrière. Durant leur incarcération, pendant trois ans (2005-2008), les conciliabules se sont déroulées d’une manière intensive entre prisonniers irakiens des camps américains et ont visé à faire connaissance d’abord, à se jauger ensuite, à se faire confiance et à réduire leurs divergences, enfin.
Parmi les participants à ce cénacle carcéral insolite figuraient deux généraux, huit colonels, deux commandants, ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badri, le futur calife.

Deux généraux Adnane Al Bibaloui et Ibrahim Al Habbani. Huit Colonels (Samir Ben Hamad Al Khalfaoui, Adnane Najm, Fahd Al Afari, Assi Al Obeidi, Fadel Al Ayssawi, Mohannad Al Latif Al Soueidy, Nabil Al Mouayin). Deux commandants (Mayssara Al Joubouri et Adnane Al Hayali) ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badr.

Au terme de trois ans de conciliabules, les participants sont convenus de se retrouver à leur sortie de prison pour la poursuite de leur action d’une manière concertée.

2 – Le camp de Bucca

Le camp de Bucca, sud de l’Irak, était un centre de détention aménagé par les Américains pour y incarcérer leurs adversaires et ennemis durant leur occupation de l’Irak. Il comprenait 24 baraquements, chaque baraquement contenait 1.000 prisonniers, soit au total 24.000 prisonniers.
Dix sept des vingt cinq dirigeants de Da’ech, en charge des opérations en Irak et en Syrie, ont séjourné à la prison de Bucca entre 2004 et 2011. Ibrahim Awad Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a été détenu de 2006 à 2008.

Situé près du port d’Oum Qasr, dans le sud de l’Irak, le camp de Bucca avait été aménagé par les américains lors de la 1 ère Guerre d’Irak (1990-1991). Il sera employé également comme camp de prisonniers dès 2003 par les forces britanniques en Irak.

Après le scandale de la prison d’Abou Ghraib, en 2004, les conditions de détention se sont améliorées. Abandonnée en 2009, elle devrait être transformée en pôle de développement économique avec l’implantation d’hôtels, et de dépôts logistiques pour l’industrie pétrolière.

Samir Al Khalfaoui, alias Hajji Bakr, prisonnier de 2006 à 2008 au camp de Bucca, puis transféré à la prison d’Abou Ghraib, a été tué à Tall Rifaat à Alep en Janvier 2014. Il a transposé au djihad son expérience acquise sous le régime de Saddam Hussein, clonant l’EI sur le modèle de l’appareil sécuritaire baasiste, hérité de la STASI, la police allemande de l’ex RDA.

Les documents manuscrits découverts au domicile de Samir Al Khalfaoui, à son décès, révèlent que dans sa conception, l’EI n’était pas un groupement religieux mais sécuritaire. Nationaliste, selon le qualificatif du journaliste irakien Hachem Al Hachem, Samir AL Khalfaoui était un ancien officier de la base aérienne irakienne de Habbaniyah, expert en logistique.

Le général Adnane Biblaoui est l’initiateur du plan de conquête de Mossoul. Tué lors de l’assaut, la conquête de Mossoul lui a été dédiée et la bataille porte son nom, en sa mémoire.

La biographie des principaux dirigeants de l’état Islamique (Abou Mouss’ab Al Zarkaoui, Abou Omar Al Baghdadi, Abou Bakr Al Baghdadi, Adnane Biblaoui, Hajji Bakr.) Sur ce lien: http://www.madaniya.info/2014/09/15/daech-des-hijras-illusoires-aux

Propos d’un dirigeant de Da’ech: «Nous étions convenus de nous retrouver à notre sortie de prison. Notre mode de liaison était simple. Nos CV étaient inscrits sur l’élastique retenant nos sous-vêtements. Tout y figurait, le numéro du portable, le lieu d’habitation. Tout le monde est revenu de détention en 2009. Nous avons repris alors nos conciliabules». Fin de citation (Cf. «Les conditions d’allégeance et de gouvernance». Centre d’Études des mouvements islamiques (Al Harakate Al Islamiyah lil Dirassate).

Les Arabes avaient la haute main sur l’Information, notamment les syrien tel Taha Sobhi Falaha (Abou Mohamad Al Adanani), en sa qualité de porte-parole de l’EI. Malgré la fusion opérée entre arabes et étrangers, l’élément irakien est demeuré toutefois prédominant dans les postes les plus élevés et les plus sensibles.

Ibrahim Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a réussi à moderniser son groupement en s’appuyant, sur le plan militaire, sur le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, notamment Samir Al Khalfaoui et Abdel Rahman Al-Biblaoui. La branche militaire est ainsi devenue une forte armée régulière cohérente et professionnelle.

Le chef de l’EI a réussi en outre à tirer profit des expertises des Arabes et des étrangers, notamment les personnes originaires du Golfe à l’exemple des saoudiens Omar Al Qahtani et Osmane Nasser Al Assiry, du bahreini Turki ben Moubarak, alias Turki Al Benghali et le tchétchène Abou Omar Al Shishani ainsi qu’Abou Hammam Al Atrabi.

En dépit de cette infrastructure et de l’organigramme dont il s’est doté, le groupement n’a cessé de se comporter en organisation de type milicienne où règnent le désordre et le clientélisme.

L’EI est subdivisé en 18 circonscriptions administratives réparties entre la Syrie et l’Irak, mais l’aménagement du territoire n’a pas pour autant mis un terme aux dysfonctionnements tant les provinces de même que les administrations souffraient de désorganisation.

Le chef de Da’ech réussira néanmoins à compenser ces insuffisances en confiant les postes clés à des hommes de confiance qui réussiront à maintenir la cohérence du groupe, en l’occurrence le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, qui seront placés à tous les niveaux de responsabilité, dans tous les domaines (sécurité, militaire, organisation, élaboration de nouvelles méthodes de combat et la planification des nouveaux raids).

3- Ibrahim Awad Al Bakri: Abou Bakr Al Baghdadi, une usurpation d’identité

suite…

Les islamophilistes français, idiots utiles du terrorisme islamiste


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FRANÇOIS BURGAT BURQA, LE BACHAGHA DE L’ISLAMOLOGIE NÉO-COLONIALISTE

Erhal Erhal Ya Burqa, Erhal Erhal bila Awdat : Parmi les grands naufragés de Syrie figurent les trois anciens résidents français de Damas, Pierre Vladimir Glassman, servant multicartes de la mission française en Syrie, François Burqa Burgat, son alter à l’ego surdimensionné, ainsi que Jean Pierre Filiu, dont ses révélations sur son chemin de Damas n’ont pas fini de provoquer en lui des déflagrations aux effets pervers.

Faux nez de l’administration, ils se porteront aux avants postes de l’offensive médiatique déployant un zèle omnidirectionnel pensant compenser ainsi leur mutisme sur les abus du pouvoir baasiste lors de leur immersion en pré-positionnement en Syrie. Ce trio d’intellectuels embedded fera long feu, démasqué et déconsidéré au grand dam de leur commanditaire.

Pierre Vladimir Glassman : Celui qui a été perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme le chiffreur de l’ambassade française en Syrie, -et désigné sous le sobriquet d’«Al Kazzaz», au choix «le vitrier ou le verrier»- sera par la suite animateur clandestin du site d’un «œil borgne sur la Syrie» de l’officieux journal du Quai d’Orsay le journal le Monde, sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier. Il trépassera, l’été 2015 sans voir vu se réaliser son rêve, la chute du régime bassiste.

Le fonctionnement réticulaire du trio (Burqa, Leverrier, Filui) en synchronisation avec Thomas Pierret (Médiapart) fera du quatuor, les «tontons flingueurs» de la bureaucratie française, les drones tueurs de toute pensée dissidente, au mépris de la tradition de rigueur et d’objectivité scientifique de la recherche académique française.
Les sociétés connectées favorisent en effet l’épidémie du dénigrement et la culture de l’insulte.

Fébrile, vibrionnaire, l’ancien résident de Damas à la tête de l’Institut Français Pour le Proche Orient (IFPO), s’est arrogé, lui, le rôle de chef de meute des islamophilistes se vivant en Bachagha de l’islamologie néo-colonialiste.

Il a ainsi achevé une carrière, jadis prometteuse, par sa gratification du sobriquet de «Burqa-Burgat», glané sur le champ de bataille imaginaire de ses fantasmes, pour ses œillères idéologiques et sa déconfiture intellectuelle dans le décryptage des soulèvements arabes de l’hiver 2011.

Sa grille de lecture ressemble à une passoire de thé. Des impressions partielles et fugaces, des ajustements progressifs entre ses structures mentales personnelles et les structures sociales du champ social où il évolue. Ses automatismes de pensée l’enfermant dans des raisonnements déductifs et abstraits, qui débuchent sur une compulsion de répétition.

«Burga»… Un sobriquet dont il sera affligé ad vitam, d’autant plus cuisant que l’un des chefs de file du néo-islamisme, le tunisien Rached Al Ghannouchi, en adhérant au principe de réalité par l’abandon de l’Islam politique au profit d’une «démocratie musulmane», lâchera en rase campagne son outrancier thuriféraire à son triste sort, rendant caduques ses élucubrations qui lui valurent jadis leur pesant d’or.

Bénéficiaire d’une subvention de deux millions d’euros octroyée par le très atlantiste Conseil Européen des Relations Extérieures, le conférencier de l’Otan, en mission commando -en mission commanditée ?- se démènera comme un diable à l’ouverture des pourparlers de paix sur la Syrie, fin janvier 2016, pour discréditer l’opposition démocratique syrienne et valoriser ses amis djihadistes en une roue dentée de la diplomatie néo conservatrice française.

Assemblée Nationale (1), Sénat, RFI, le plus de l’Obs, tous, bien tous, -à l’exception du Conseil Constitutionnel et du Conseil d’État-, subiront la logorrhée de l’ancien résident de Damas, au point qu’au Palais Bourbon, des parlementaires affligés par sa sialorrhée quitteront la salle à la mi audience, laissant en pan ce paon de la pensée stratégique française. Ce dindon de la farce.

Indifférent aux malheurs de son pays, -dont il aura été grandement responsable par ses analyses fantaisistes-, sans craindre le ridicule, Burqa, agité d’une pensée diffluente, se répandra en complainte devant une commission parlementaire de son sobriquet. Confondant balourdise et humour, il fera valoir qu’à tout prendre il aurait préféré le sobriquet de Bucca, du nom du camp de prisonniers américain qui avait regroupé en Irak, entre 2003 et 2007, le noyau dirigeant du futur état islamique (Daech), suggérant par là sa préférence pour une identification à ce groupement terroriste.
Pathétique identification d’une pitoyable prestation. Une piteuse posture d’une imposture.

Jouissif comme Néron au spectacle de l’incendie de Rome, Burqa d’IREMAM, trônant sur son promontoire du Pharo, le compte en banque matelassé par des «primes d’expat», pourra désormais à loisir méditer, non sur les splendeurs du «Vieux Port» de Marseille, mais en «Idiot utile» du terrorisme islamiste, sur le champ de ruines que son narcissisme pervers aura infligé au Monde arabe, particulièrement les pays à structure républicaine.

Son programme «Wafaw», un programme de recherche sur l’autoritarisme dans le Monde arabe, aux analyses d’outre temps, prendra fin en 2017, augurant sinon d’une retraite anticipée à tout le moins d’une disgrâce. Malgré ses effets de manche, ses vitupérations, il quittera la scène vaincu et déconsidéré de tant d’excès. Dégagé bien avant son obsessionnel point fixe Bachar Al Assad.

La vieillesse, dans le cas de Burqa, est un naufrage. Et, dans le cas d’espèce, ce naufragé ne reposera pas en paix. La plus grande bonne volonté du monde ne lui épargnera pas un sort funeste. Rien n’y fait, rien n’y fera : En dépit des suppliques réitérées de ses partisans et l’intercession de ses détracteurs, l’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Inexorablement, inéluctablement, immanquablement, l’œil sera dans la tombe et fixera Burqa.
Erhal Erhal Burqa, Erhal Erhal Bila Awdat.

Romain Abdallah Caillet Calimero, alias Colonel Salafi et ses anciennes connections avec le djihadisme

Si François Burgat a inondé la planète de ses jérémiades sur le sobriquet Burqa,- qui lui colle désormais en plein visage, comme le sparadrap sur le nez du Capitaine Haddock-, son disciple désormais renié par son démiurge, le djihadophiliste, Romain Abdallah Caillet Calimero, alias le Colonel Salafi, -son nom de conversion qu’il portait à sa fréquentation d’une mosquée salafiste du Caire- s’est symboliquement drapé, via son épouse, en Burqa, signant par là même et sa soumission au mimétisme ambiant et son indigence intellectuelle et son abdication idéologique.

Une insulte aux combats des femmes arabes à visage découvert contre leurs ennemis, de Leila Khaled et Dalal Moughrabi (Palestine) à Djamila Bouhired (Algérie).

Ci joint Abdallah Caillet-Calimero aux côtés de son épouse, d’origine marocaine, en Burqa, en promenade familiale sur la Corniche de Beyrouth portant dans ses bras un de ses enfants :

Dans une démarche destinée sans doute à masquer ses connections djihadistes anciennes, il se placera à l’avant garde de la curée anti-iranienne.

Il sera toutefois, curieusement mutique lors des honneurs militaires rendus au président Hassan Rouhani, début 2016, dans l’enceinte de la Cour des Invalides.

Une cérémonie dans l’une des plus prestigieuses places militaires françaises, en présence du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le grand vaincu de l’accord international sur le nucléaire iranien. Tout un symbole. Alors, Colonel Salafi : Laurent Fabius, agent iranien lui aussi ? Ou petit télégraphiste israélien ?

Sur ce lien, le procès verbal de l’audition d’Abdallah Caillet par la Sous Direction Anti terroriste (SDAT).

La publication de cette note a fait tarir la pépite d’or du consultant BFM TV. Au lendemain de cette divulgation, la chaîne se débarrassera de son «djihadologiste» en herbe désormais encombrant en raison du fait qu’il n’avait «pas jugé utile de lui préciser un certain nombre d’éléments importants de son passé, liés directement aux questions qu’il devait évoquer à l’antenne».

Fiche «S» en 2008 et boursier de l’état français pendant quatre ans (2011-2015)…

Fiché S, et néanmoins boursier de l’état et échapper en cette période ultra sensible de montée en puissance du djihadisme, à la vigilance du «fonctionnaire sécurité défense», l’officier supérieur français affecté habituellement au ministère de l’enseignement supérieur pour détecter les brebis galeuses ?

Et si Romain Caillet n’était finalement qu’un «poisson pilote» des services français, «à l’insu de son plein gré», opérant sous couverture académique de François Burqa dans le marécage djihadiste, dont les connections ont pu être reconstituées par le pistage des ses interlocuteurs sur les réseaux sociaux, à l’instar de son compère qatarologue Nabil EnNsari, opportunément reconverti dans la «dé-radicalisation» après soufflé sur les braises ?

Jeté en pâture après avoir été pressé tel un citron, à la manière de Mohammad Merah, le tueur de Toulouse et de Montauban (2012)?

Sauf à y déceler l’indice d’une complaisance coupable des pouvoirs publics, la question mérite d’être posée au vu de son parcours chaotique et de sa longue immunité et impunité. Si tel était le cas, gare au retour de bâton d’Al Qaida, dont «les dirigeants sont des ignorants», Abdallah Calimero dixit.

Signe de son grand respect des deniers publics d’un état en faillite, l’homme vivra cinq ans aux frais du contribuable français à Beyrouth, boursier du Quai d’Orsay, sur instigation de son mentor Burgat auprès de son ami Eric Chevallier, poulain du socialo sioniste Bernard Kouchner et ancien ambassadeur de France auprès de l’opposition syrienne off-shore.

Cinq ans à abreuver ses censeurs de ses injures, sans soutenir sa thèse doctorale. Sans la moindre interpellation de l’autorité de tutelle sur cette défaillance, ni sur ses répercussions financières sur les deniers public.

Sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie quant aux choix aléatoires du directeur de thèse. Son expulsion de Beyrouth, en 2015, constituera le point final de sa lévitation et de son magistère sur les gazouillis de la planète djihadiste, en même temps que la fin de l’imposture intellectuelle de ce djihadologue autoproclamé.

Le quatuor Burgat-Caillet-Pierret-Ennasri… une parfaite illustration de l’utilité du copinage, du mépris du contribuable et de l’irresponsabilité de la tutelle.

Le tableau serait plus complet avec l’adjonction de Vincent Geisser, en état d’épectase permanent devant son gourou nahdaouiste Mouncef Marzouki, le fossoyeur de la démocrate post dictature par son alliance contre nature avec Rached Ghannouchi, le chef de la branche tunisienne des Frères Musulmans, ainsi que Pierre Puchot, l’appendice beyrouthin du quatuor, la relève fumeuse de l’expulsé du Liban, Abdallah Cailllet, qui recommande de «relativiser l’importance du phénomène djihadiste» et dont l’ignorance crasse s’étale sur ce lien, sur le dos du contribuable français :

«En Syrie, Les djihadistes ne représenteraient que «10 à 15%» des combattants de la rébellion syrienne, selon le chercheur Romain Caillet (sic). Ils sont mieux entraînés, mais le rapport de force sur le terrain est en train de changer à l’avantage des laïques et islamistes modérés», soutient Pierre Puchot.

«Islamiste modéré»? Une spécificité française qui vire à la spéciosité en ce que la France est l’unique pays au Monde à pratiquer ce distinguo qui se veut subtil, indice patent de sa confusion mentale.

Chapeau l’artiste. Au rythme des âneries pareilles débitése à journées faites par ce quarteron d’«ex-pat», à l’abri du risque et du besoin, la décadence est assurée.

À croire que «les conseillers ne sont pas les payeurs». Pierre Puchot apparaît rétrospectivement comme une parfaite illustration de cette caste de bureaucrates intellectuels sans rapport avec les périlleuses réalités du terrain, à qui fait défaut le sentiment de leur insignifiance devant la gravité des périls qui fondent sur la Nation.

La rigueur morale commande à cette quintette de branquignoles de la pensée d’interroger les survivants des carnages de Charlie Hebdo et du Paris Bataclan, en 2015, et de Bruxelles et de Nice, en 2016, de même que les familles des victimes pour savoir si de tels arguties emportent leur adhésion ; si de tels arguments fallacieux développés depuis leur tour d’ivoire collective vaut quitus de leur malheur, alors qu’il serait plus sain d’admettre que la spirale de la terreur en France se terminera quand celle-ci cessera de se comporter en état-voyou.

BHL et le serment de Toubrouk

http://www.purepeople.com/media/bhl-laurent-fabius-et-bernard-kouchner_m655341
Dernier et non le moindre, BHL : «l’homme des ides de Mars», loin des rumeurs désobligeantes de la ville et des imprécations contre son auguste personne, médite sur son exploit rarement égalé d’avoir libéré les forces bridées du djihadisme tant en Syrie qu’en Libye, déblayant ainsi la voie à l’accès de l’État Islamique au flanc sud de l’Europe, projetant dans l’espace européen près d’un million de migrants faméliques vers un continent en crise systémique de son économie.

Le Malraux des temps modernes se voulait un homme de son temps, il s’est révélé un homme de l’Otan. L’homme de la guerre et de la paix est, en fait, un homme guère épais… Avec son «Serment de Toubrouk» en guise de cache misère.
Six ans après le soulèvement populaire arabe, la légende d’un mouvement spontané de révolte mené par des cyber-activistes est mise à mal. Elle tourne, par moments, à la mystification, voire à la supercherie en raison de leurs connexions anciennes avec leurs bailleurs de fonds opérant sous couvert d’ONG et l’intervention massive des agences de communications, notamment depuis Doubaï de la firme Saatchi and Saatchi, sous la houlette du libanais Élie Khoury, «spécialiste en stratégie des communications» et artisan de la «Révolution Orange» au Liban.

«Fron Confrontation to Containement» : Le rapport de la Rand coproration

Le premier à avoir mentionné un plan prémédité américain pour donner un coup de balai à la nomenklatura arabe et renouveler les autocrates gérontocrates a été Mohammad Djibril, ancien premier ministre de la période transitoire de Libye.
«La stratégie américaine, depuis 2007, a visé à confier la gestion de l’Islam politique aux Frères Musulmans afin que la confrérie assume le rôle de chef de file du courant se réclamant de l’Islam modéré». Elle s’est inspirée d’un rapport de la Rand corporation, qui avait pour nom de code «C-C» pour «From Confrontation to Containement», a-il assuré lors d’une interview à la presse arabe à l’occasion du 3e anniversaire de la chute de la dictature.

Volant au secours de la victoire, des intellectualoïdes (3), en fin de parcours, se sont ralliés à la bannière du néo-islamisme de la confrérie des Frères Musulmans, dont les pronostiqueurs annonçaient la victoire, dans l’espoir d’un pathétique rôle de gourou de la contre-révolution arabe.

Les dérives de leurs poulains vers le djihadisme planétaire, les mésalliances d’un Occident porteur de civilisation, la résistivité de certaines cibles de la stratégie atlantiste, Bachar Al Assad de Syrie, et les Houthistes au Yémen, le soutien résolu de l’Iran, de la Russie et du BRICS (Brésil, Inde, Chine, Afrique du sud) à leurs alliés régionaux, mettront en échec ce plan.

La fin du monopole des airs exercé depuis 70 ans par l’alliance atlantique.
La guerre de Syrie a brisé le monopole des airs détenus depuis la fin de la IIe Guerre mondiale (1939-1945), il y a 70 ans par l’Otan et son allié israélien, de même que la fin du leadership en Méditerranée, désormais sillonnée en permanence par les flottes russes et chinoises avec des facilités à Tartous (Syrie) et Mers El Kébir (Algérie), bouleversant la stratégie régionale au bénéfice du coupe moteur du BRICS.

L’Histoire retiendra, rétrospectivement, que Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Laurent Fabius, BHL, Bernard Kouchner et Burqa-Burgat auront été les grands vaincus de la guerre de Syrie, entraînant la France dans leur naufrage moral signant par la même la déconfiture de la pensée stratégique française.

La Syrie, six ans après, se présente comme un vaste cimetière de la classe politico-médiatique française, un naufrage de l’ampleur du désastre de Trafalgar, à l’effet de marginaliser considérablement la France dans la gestion des affaires du monde.

L’anthropologie arabe devra un jour s’attacher prioritairement à décrypter les motivations profondes qui ont propulsé des militants communistes aux convictions solidement ancrées, allant jusqu’à leur incarcération, en «Fou du Roi», faire valoir des pétromonarchies les plus antinomiques à leur combat de vie. Et la psychiatrie arabe interpréter cette singulière prédisposition des bi-nationaux franco-syriens à se dévouer pour une fonction supplétive de deux pays (France-Turquie) à l’origine du démembrement de leur partie d’origine, Alexandrette (Syrie).

1- Audition de François Burqa Burgat à l’Assemblée Nationale française sur les moyens de Daech. Audition diffusée par LCP. Écouter à partir de la 48e minute ou il se plaint d’être qualifié de Burqa :

Réunion de la mission d’information sur les moyens de Daech et audition de François Burgat, directeur de recherche au CNRS et coordonnateur du (…)

http://archive.lcp.fr/emissions/travaux-de-l-assemblee/vod/178656-reunion-de-la-mission-d-information-sur-les-moyens-de-daech-et-audition-de-francois-burgat-directeur-de-recherche-au-cnrs

Pour aller plus loin sur ce personnage
Sur la déconfiture de la presse française

Les charlatans de la révolution syrienne par Bruno Gigue

2- Cf. à ce propos Haytham Manna, président de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme dans son ouvrage «La Résistance civile, contribution à l’auto-immunisation des sociétés» SIHR 2e édition 2015).

3- Intellectoïdale : L’intellectoïdale est à l’intellectuel ce que l’androïde est à l’être humain. Une vague ressemblance à l’extérieur, et, à l’intérieur, juste en fatras de câblage pré-programmes. François Burgat et BHL relèvent de la faune intellectoïdale, Noam Chomsky est, lui, un intellectuel.

Israël et l’Arabie saoudite, deux grands colonisateurs de la planète


simandou  René Naba

Par    juin 21, 2015

Paris – Le fait est patent et la source béton. C’est écrit noir sur blanc dans un rapport américain intitulé « Global Land and Water Grabbing » (accaparement mondial de la terre et des eaux) et publié par la revue Golias Hebdo N° 275 (semaine du 14 au 20 Février 2013).

Israël est l’un des plus grands colonisateurs de la planète et l’un des plus importants pollueurs des terres d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie

Une colonisation de l’ordre de 20 fois la superficie de la Palestine, alors que l’Arabie saoudite, sous la bannière de la firme Ben Laden, la firme familiale du fondateur d’Al Qaida, se tournait vers l’Afrique et l’Asie pour s’assurer des terres arables pour parvenir son auto suffisance alimentaire.
L’expérience d’Israël de la colonisation de la Palestine l’a conduite à coloniser des terres à travers le Monde représentant vingt fois sa superficie au détriment des populations et de l’environnement des pays pauvres :

  • En Guinée, Simandou, une montagne isolée au milieu de la forêt équatoriale, dans les confins de la Guinée. Son sous-sol renferme du minerai de fer, la plus importante réserve inexploitée au monde. Sa valeur : plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de dollars. Le sous-sol de la Guinée regorge de matières premières : bauxite, diamant, or, uranium, fer, etc. Les principaux groupes miniers de la planète s’y disputent les concessions. Mais les 11 millions d’habitants ne profitent guère de ces trésors. Le scandale de Simandou met en cause l’homme le plus riche d’Israël, Benny Steinmetz. Une des plus importantes opérations de pillage des richesses minières d’Afrique sur fond de corruption des élites africaines et d’évasion de capitaux, avec la complicité d’un ex-première dame guinéenne.
  • Au Gabon pour la culture du Jatropa, nécessaire à la production de biocarburants.
  • En Sierra Leone où la colonisation israélienne représente 6,9 pour cent du territoire de ce pays de l’Afrique de l’Ouest de surcroît diamantifère.
  • Aux Philippines où la proportion des terres « confisquées » atteint 17,2 pour cent de la surface des terres agricoles.
  • En République Démocratique du Congo pour la culture de la canne à sucre, en sus de l’exploitation diamantifère. Avec en prolongement dans la région des grands lacs, un prosélytisme visant la conversion des Tutsi au judaïsme, en une opération visant à forger une nouvelle identité pour une stratégie de conquête et de préservation des intérêts israéliens dans la zone, parallèlement à la stratégie avec la stérilisation des Fallachas, juifs d’Éthiopie en Israël. Nul n’est à l’abri de contradictions.

Les scandales abondent au Congo Kinshasa où Laurent Désiré Kabila a payé de sa vie ses indélicatesses en attribuant l’exploitation diamantifère à un groupe israélien.

Israël est à la tête des pays qui contrôlent les terres dans les pays pauvres, avec les États-Unis, la Grande Bretagne et la Chine. Selon cette de « The Journal of the National Academy of Sciences of the United States » et reprise par Golias, 90 pour cent de ces terres se trouvent dans 24 pays situées pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, les sociétés étrangères s’emparent de dix millions d’hectares annuellement de terres arables. Les nouvelles cultures se font souvent au détriment des jungles et des zones d’importance environnementales, menacées ans leur biodiversité. Elles utilisent engrais et pesticides et libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre. Au final, le phénomène sape les bases de la souveraineté alimentaire et détourne en particulier les ressources en eau.

Dans les pays de l’Afrique anglophone…

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http://www.madaniya.info/2015/06/21/israel-et-larabie-saoudite-deux-grands-colonisateurs-de-la-planete/

La controverse de Poitiers : Mythes et réalités


charles-martelCharles Martel

I. LA BATAILLE DE POITIERS N’A SANS DOUTE JAMAIS EU LIEU

Poitiers, haut lieu de la controverse coloniale, dispute à Toulouse le lieu d’une mythique bataille, qui n’a sans doute jamais eu lieu, en tout cas certainement pas à Poitiers, si tant est qu’elle ait jamais eu lieu, qui nourrit néanmoins la légende française et son cortège de fantasme. Mais nul ne l’ignore, toute conscience se pose en s’opposant et ceci pourrait expliquer le fait que Poitiers se revendique comme un fait d’armes français… virtuel. Maigre consolation pour une puissance d’empire en voie inexorable de relégation à l’échelle des Nations, au moment où l’Islam se hisse au 2ème rang des grandes religions de France.

La vérité historique commande toutefois de le proclamer urbi at orbi : La guerre de Poitiers n’a sans doute jamais eu lieu. Plus prosaïquement, à l’annonce du décès du calife, le prince Abdel Rahman leva le siège de Poitiers pour retourner en Andalousie participer à la guerre de succession. Au terme de l’hiver, Charles Martel constata la levée du siège, trois mois après le départ des troupes arabes. Plein d’étonnement et d’incrédulité, il poussa un cri de soulagement si fort que ses partisans l’assimilèrent à une victoire. Quant à l’exploit de Toulouse, il a consisté à pourchasser les traines savates de l’arrière garde arabe à leur passage dans la région Midi-Pyrénées. Un fait d’armes glorieux qui relève davantage de la gloriole. Rendons donc grâce néanmoins au Prince Abdel Rahman, le chef des troupes arabes, d’avoir donné prétexte à Poitiers, et à Charles Martel, le Maître des céans, de forger la conscience française et son identité nationale, sur la base d’un anti arabisme primaire. Sans de douter que treize siècles plus tard, les Arabes voleront au secours de la France – à deux reprises au cours du XXème siècle, fait unique dans l’histoire – pour préserver son intégrité, sa souveraineté et sa dignité, sans qu’il soit question à l’époque de « seuil de tolérance », de « charters de la honte » ou d’aspersion nauséabonde, mais de sang à verser à profusion.

Treize siècles après, que reste-t-il de ce fait d’armes ? Poitiers est devenu un haut lieu du tourisme, grâce à la reconstitution du site du champ de bataille, sa vie universitaire menacée par un nouveau barbare, Jean Pierre Raffarin, l’ancien premier ministre centriste, artisan des délocalisations universitaires vers sa bourgade de Chasseneuil-du-Poitou, Charles Martel, une marque de bière, très prisée par les soiffards du Front National, 732, un éphémère code secret de l’attaché case de Bruno Gollnisch, l’éternel postulant au magistère de la formation d’extrême droite ; Dérisoire ambition, s’il en est, au regard de la légende, de l’histoire, et, surtout de la passion que ce fait a suscité dans l’imaginaire français. Et aux cotés de la superbe cathédrale de Poitiers, dans l’enceinte même de ce qui devait être le périmètre de défense de la cité, se dresse désormais une superbe Mosquée, préfiguration sans doute de la convivialité islamo chrétienne et franco arabe. Au grand Dam de Brigitte Bardot et des nostalgiques de l’Empire français. Tout cela pour cela ?

La France baigne dans son legs colonial, sans toutefois vouloir l’admettre, sans peut être s’en rendre compte. Ses villes et villages en portent l’empreinte et sa langue en est imprégnée, « à l’insu des Français », d’une manière impensée.

Très peu savent que Ramatuelle, rieuse bourgade du sud de la France, tire son origine d’une action de grâce des migrants « infidèles » arrivant à bon port, invoquant la miséricorde de Dieu (Rahmatou Llah), Carcassonne, d’une reine arabe (Karkachouna). Que la France communique avec l’extérieur par le truchement (tourjoumane, interprète) de ses diplomates. Que les Field Medal décernés à ses mathématiciens résultent de leur maîtrise de l’Algèbre et du Logarithme (al jabr, al khawarizmi), que les grades de l’armée française empruntent à l’ordonnancement arabe de l’Amiral (Amir al Bahr, le seigneur des mers), au capitaine (Al Qabda-la poigne) et par extension Qobtane, l’homme qui assure la maîtrise. Que le meilleur coup de colère, enfin, n’est jamais mieux exprimé que dans le langage du bled (al bilad, le pays), surtout lorsqu’on vous « casse les glaouis », suscitant, en retour, une envie de les « niquer », sans doute le terme le plus usité de la langue française, devant les exorbitants droits de douanes (diwan, canapé installé à l’entrée des villes pour prélever les taxes), dont on aimerait être exonéré, de même que les honoraires du psychanalyste après passage sur son divan, sauf à recourir à l’alcool (al kouhoul) pour soigner les blessures du corps, de même que les blessures du cœur, à moins d’y célébrer l’alchimie (al kimia’) de la belle symbiose linguistique franco-arabe.

La France a un sérieux problème de mémoire, dont elle veut se jouer, en occultant ses aspects hideux, qui se jouent finalement d’elle. Des embardées répétitives comme autant de remugles mal digérés de l’histoire tourmentée de ce pays, qui expliquent les dérives du débat public en France. Le seul pays qui soit traversé périodiquement par le débat sur l’identité nationale, signe patent d’une pathologie mémorielle.

Plus de cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, les réflexes coloniaux de la France demeurent vivaces. Et, pour en finir avec ce faux débat et dans l’intérêt de relations harmonieuses entre les deux rives de la Méditerranée, il importe de proclamer les vérités suivantes, chiffres à l’appui.
L’immigration ultramarine en France est une immigration de « créances » que ne sauraient occulter ni le faux débat sur le « rôle positif » de la colonisation, ni l’activisme des groupes de pression « pieds noirs », ces faux victimes de la colonisation, victimes sans doute du pouvoir colonial.

II. L’IMMIGRATION ARABO AFRICAINE EN FRANCE, UNE « IMMIGRATION DE CRÉANCES »

L’analyse ici n’est pas réductible à l’Islam de France mais vaut également au delà des Musulmans, pour toute la composante bariolée de la population française, arabes, africains ou asiatiques, noirs ou blancs, musulmans ou chrétiens, bouddhistes, agnostiques, laïcs ou athées. Sur le plan européen, la France présente une spécificité par rapport aux autres grands pays d’immigration, notamment l’Allemagne et le Royaume Uni.

A. Le cas de l’Allemagne :

Une immigration de partenariat économique. L’immigration musulmane est majoritairement turque. Les rapports sont linéaires entre l’Allemagne et la Turquie où Il n’existe aucun passif colonial entre ces deux anciens alliés de la première guerre mondiale (1914-1918). L’immigration est quasiment homogène, par sa structuration démographique (principalement des turcs) et sa nature économique. Les rapports de l’Islam sont gérés directement depuis le ministère turc des affaires religieuses qui nomme les Imam et fournit les programmes profanes ou religieux en langue turque à l’intention de la communauté turque allemande, qui dispose de deux imprimeries pour l’impression des grands quotidiens turcs en vente en Europe occidentale. Une immigration de partenariat économique. Une sous-traitance de l’Islam en somme par le pays d’origine.

B. Le cas du Royaume Uni :

L’immigration est ultramarine, principalement d’origine asiatique indo pakistanaise. Le passif colonial est atténué en ce qui concerne le Royaume Uni, du fait de la contribution des peuples basanés à l’effort de guerre durant les deux conflits mondiaux (19414-1918/ 1939-1945) et des conditions d’accession à l’indépendance de l’Inde et du Pakistan. En Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population Wasp (White Anglo Saxon Protestant), – Canada, Australie, Nouvelle Zélande -, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (Indochine, Algérie).

C. La spécificité de l’immigration en France :

L’immigration basanée en France est une immigration de créance, résultant d’un tribut de sang, sans pareil dans les annales, qui fait qu’à ce titre les immigrés en France se doivent être accueillis par la grande porte alors que les instances du pays veillent constamment à leur faire prendre la porte de service. Qu’on en juge. La contribution globale de colonies à l’effort de guerre français pour la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) s’est élevée à 555.491 soldats, dont 78.116 ont été tués et 183.903 affectés à l’arrière à l’effort de guerre économique en vue de compenser l’enrôlement de soldats français sur le front. L’Algérie, à elle seule, a fourni 173.000 combattants musulmans, dont 23.000 ont été tués, et 76.000 travailleurs ont participé à l’effort de guerre, en remplacement des soldats français partis au front.

La contribution totale des trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) s’est élevée à 256.778 soldats, 26.543 tués et 129.368 travailleurs. L’Afrique noire (Afrique occidentale et Afrique équatoriale) a, pour sa part, offert 164.000 combattants dont 33.320 tués, l’Indochine 43.430 combattants et 1.123 tués), L’Ile de la Réunion 14.423 combattants et 3.000 tués, Guyanne-Antilles (23.000 combattants, 2037 Tués).

Pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) : La première armée d’Afrique qui débarqua en Provence (sud de la France), le 15 août 1944, avait permis d’ouvrir un deuxième front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.
Cette armée de 400.000 hommes, comptait 173 000 arabes et africains dans ses rangs. De juin 1940 à mai 1945, cinquante cinq (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d’Afrique noire furent tués. 25 000 d’entre eux servaient dans les rangs de l’armée d’Afrique.

Durant la campagne d’Italie, marquée par la célèbre bataille de Monte Cassino, qui fit sauter le verrou vers Rome, et, à ce titre, célébrer comme la grande victoire française de la II me guerre mondiale, sur les 6.255 soldats français tués, 4.000, soit les deux étaient originaires du Maghreb et parmi les 23.5000 blessés, 15.600, soit le tiers étaient du Maghreb. Ahmad Ben Bella, un des futurs chef de file de la guerre d’indépendance algérienne et premier président de l’Algérie indépendante, figurait parmi les blessés de la bataille de Monte Cassino. Il en est de même de la campagne d’Allemagne, sur les 9.237 tués, 3.620 étaient des enrôlés du Maghreb, et sur les 34.714 blessés, 16.531 étaient Maghrébins.

La France a décidé le 13 juillet 2010 l’alignement des pensions de tous les anciens combattants résidant à l’étranger, quelle que soit leur nationalité, à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Afrique francophone. Cet alignement devrait bénéficier à quelque 30 000 personnes sur les quelques 173 000 combattants indigènes qui constituaient l’ossature de la première armée d’Afrique. Épilogue de soixante ans d’une aberration morale, cette mesure n’a toutefois pas d’effet rétroactif et ne concerne pas les anciens combattants décédés sous le régime de la « cristallisation » des pensions. La générosité française parait parcimonieuse. Elle apparaît rétrospectivement comme un solde de tout compte.

Ainsi donc, cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration n’ont pas conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européocentriste et judéo-chrétienne.

Réelles et fondées sont les interrogations, mais par leur déclinaison répétitive (Islam et modernité, Islam et laïcité), les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes, comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire français, comme pour masquer les antiques phobies chauvines françaises, malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et les copulations ancillaires de l’outremer colonial, malgré le mixage démographique dans le sud de la France depuis la conquête de la Septimanie en 719, et le peuplement des Pyrénées des 150 000 Morisques fuyant l’inquisition espagnole en 1610, malgré les vagues successives des réfugiés du XX me siècle d’Europe, d’Afrique, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs.

Au delà des joutes spéculatives, à savoir si « l’Islam est soluble dans la République ou à l’inverse si la République est soluble dans l’Islam », la réalité s’est elle-même chargée de répondre au principal défi interculturel de la société française au XXI me siècle. Soluble ou pas, hors de toute supputation, l’Islam est désormais bien présent dans la République d’une manière durable et substantielle, de même que la démographie française relève d’une structuration interraciale et sa population d’une configuration chromatique.

Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Avec près de six millions de musulmans, dont deux millions de nationalité française, elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

III. UNE RÉPUBLIQUE XÉNOPHOBE

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Gaza : Christophe Oberlin, l’indomptable


chroniques-de-gaza-2001-2011-1

Israël a tiré sur 7 écoles appartenant aux Nations unies durant la guerre de Gaza de l’été 2014, tuant 44 Palestiniens qui y avaient trouvé refuge, tandis que les groupes armés palestiniens se sont servi de locaux vides de l’ONU pour entreposer des armes, a révélé un rapport d’enquête des Nations unies sur ces incidents rendu public lundi 28 avril 2015.

Un an après cette tragédie humaine, la Palestine est devenue, parallèlement, un membre officiel de la Cour pénale internationale (CPI) mercredi 1er avril 2015 ; une adhésion qui constitue une menace diplomatique brandie de longue date contre Israël par l’Autorité palestinienne qui espère ainsi que des dirigeants israéliens soient un jour condamnés pour crimes de guerre ou crimes liés à la corruption. « La Palestine recherche la justice, pas la vengeance », a assuré à cette occasion le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki.
La Cour pénale internationale est compétente pour juger les actes de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes. Quatre dossiers pourraient être portés devant la Cour : les colonies, le mur de séparation, le siège sur Gaza et la guerre à Gaza. À l’annonce de l’adhésion de la Palestine à la CPI, Israël a cessé de verser quelque 106 millions de taxes qu’il prélève chaque mois et doit à l’Autorité palestinienne, avant de revenir sur sa décision ; un financement capital pour l’institution.

Les États-Unis et Israël ne figurent pas parmi les signataires du Traité de Rome auquel ont adhéré 122 États.
L’adhésion au Traité de Rome a ainsi ouvert droit aux Palestiniens de demander à la CPI d’enquêter à partir du 1er avril sur les allégations de crimes commis dans les Territoires palestiniens par l’armée israélienne à partir du 13 juin 2014, date à laquelle Israël a lancé une vaste campagne d’arrestations de Palestiniens, au lendemain du kidnapping en Cisjordanie occupée de trois jeunes Israéliens, par la suite assassinés.

À la suite de cet enlèvement, Israël lançait sa troisième offensive sur la bande de Gaza en six ans, tuant près de 2 200 Palestiniens, en grande majorité des civils. Plus de 70 personnes sont mortes côté israélien, quasiment tous des soldats.
Retour sur le parcours d’un des plus fervents partisans de la comparution d’Israël devant le Cour Pénale Internationale.

Paris, 13 juillet 2015 – Tout le destinait au mandarinat. Le bâton de maréchal de la corporation. Tout. Sa science, son expérience, sa conscience, son talent, son charisme. Tout, mais c’était sans compter sur le hasard. Le hasard qui ne favorise que ceux qui le méritent, selon l’expression de Pascal. Le hasard d’une rencontre qui déviera son parcours et fera que sa vie cessera d’être un long fleuve tranquille.

Illustration: Banksy, Street artist, Gaza.

LE PARRAIN : FRANÇIS MARCEL KHAN

Françis Marcel Khan, un chirurgien au franc parler légendaire, à la la volonté indomptable, aux convictions chevillées au corps, sera pour Christophe Oberlin cet heureux hasard, qui donnera sens à sa vie. Chef du service de rhumatologie à l’hôpital Bichat, pionnier en France du concept de fibromyalgie. Il a décrit au début de la décennie 1990 le syndrome SAPHO. Dans la décennie 1960, Françis Marcel Khan soutient les anticolonialistes algériens. Puis, il milite au côté de Palestiniens et d’Israéliens pour une paix juste. Il participe à de nombreuses missions civiles, en Cisjordanie et à Gaza.

Cofondateur de l’association de solidarité France Palestine et porte-parole du Collectif des citoyens français d’origine arabe et juive, un des organisateurs du tribunal Russel pour la Palestine, il décrit Ariel Sharon comme un « criminel de guerre ».

En janvier 2009, Marcel Francis Khan a signé une attestation de « bonne moralité » pour Siné, lors de son procès pour diffamation publique contre Claude Askolovitchqui qui l’avait traité d’antisémite.

Le parrainage est prestigieux et la relève à niveau.

LE DISCIPLE : CHRISTOPHE OBERLIN

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