L’homme microbiotique


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Ouvrage: L’homme microbiotique – Les secrets de l’intestin

Auteur: Debré Patrice

Année: 2015

 

 

Introduction
C’était l’hiver. Il neigeait sur la campagne tourangelle. La porte de
l’atelier où se trouvaient entreposées les toiles de mon père, le peintre
abstrait Olivier Debré, laissait pénétrer quelques flocons qui venaient
fondre au pied d’une immense toile rouge. Blanc et rouge, nature et
abstraction lyrique, les couleurs qui auraient dû jurer de leurs contrastes
étaient comme assourdies.
J’avais rencontré Madame M., jeune conservatrice, et la recevais ce
jour-là dans ce lieu isolé car elle recherchait une oeuvre pour une
exposition dont elle était commissaire. Son attention, son choix surtout,
s’était portée sur la toile, d’un rouge profond construit autour de grands
aplats, qui était adossée à la charpente de la pièce. Mais l’oeuvre avait un
défaut. Elle était recouverte d’une sorte de voile translucide blanchâtre,
une fausse membrane, comme une seconde matière qui cachait l’intensité
et les valeurs du rouge. La toile en paraissait terne. La mue qui s’était
installée endommageait l’oeuvre et lui faisait perdre tout éclat. La décision
de la conservatrice était pourtant prise : le tableau lui paraissait
indispensable à l’exposition à venir et il fallait le restaurer. Sans doute aije
esquissé alors un geste trop vague, car elle insista. La toile était trop
longue, trop grande, trop fragile aussi, pour être déplacée. Il fallait faire la

restauration sur place et elle s’en chargerait. Le froid, l’hiver, les jours
enneigés à venir, aucun de mes arguments ne la dissuada.
Lorsque je revins quelques jours plus tard, la toile était d’un rouge vif,
carmin, contrastant magnifiquement avec la campagne blanche. La
pellicule avait disparu. La conservatrice guettait mon approbation ; elle
devina ma surprise. « J’ai recouvert la toile de ma salive, centimètre par
centimètre », dit-elle. Les enzymes et les microbes de sa bouche, le
microbiote buccal, avaient fait le reste. J’appris que ce procédé était utilisé
de toujours par les artisans pour raviver les couleurs. Les pages à venir
montreront que la flore microbienne de nos tissus et muqueuses a aussi
d’autres vertus et défis, quelle que soit la part que lui doit cet exploit…
L’homme abrite dans l’intestin des milliards de microbes qu’il nourrit
de son alimentation. Ceux-ci en retour renforcent ses moyens de lutte
contre les autres germes, ceux qui sont à l’origine des infections, en
stimulant le système immunitaire, ou contribuent à la digestion. Chacun
profite ainsi de l’autre avec un bénéfice réciproque. D’autres microbiotes,
semblables sinon strictement identiques, peuplent la trachée, les bronches,
le vagin, la peau. Cependant le partenariat dépasse l’échange. Il est à ce
point indispensable à l’homme que nul ne peut survivre sans ces bactéries,
virus, ou champignons qui prolifèrent en nous grâce à une extraordinaire
symbiose. Les maladies infectieuses ont fait des microbes des êtres
nuisibles et dangereux. Ils nous sont pourtant indispensables. Mais cette vie
en partage, qui est le résultat d’un subtil équilibre, n’est pas sans danger
lorsqu’il est rompu : les germes commensaux peuvent devenir néfastes.
Obésité, cancer, troubles du comportement ou allergie leur sont aussi
récemment rapportés lorsque le comportement ou la composition du
microbiote sont modifiés.
La connaissance du microbiote est faite de découvertes disparates et
fragmentées. Ce livre présente pour la première fois les mille et une
facettes de la vie en commun de l’homme et des microbes, qui est une des

plus fascinantes énigmes de l’histoire du vivant. Tenter d’en révéler
quelques-uns de ses aspects, c’est entrer au coeur du mystère, dévoiler que
l’homme n’est pas seul mais doit aux multitudes de micro-organismes qui
vivent pour lui et avec lui, d’avoir franchi les milliards d’années qui nous
séparent de leur première rencontre. Au-delà, il y a pour celui qui observe,
l’étrange, la fascinante aventure du système immunitaire qui se façonne et
se moule autour des signaux que lui procurent les germes, tolère ces
micro-organismes étrangers, mais réagit aux dangers qu’ils peuvent
induire. J’ai souhaité précisément apporter ce regard de l’autre, de
l’immunologiste, en éveil à ces multiples avancées des sciences de la vie et
de leur histoire, pour tenter de comprendre et de faire comprendre les
rapports de l’homme et des microbes qui le peuplent et sont indispensables
à la survie de cette étrange chimère.
Ce livre est construit autour des bienfaits et des risques de leur vie en
commun, de leurs menaces, des défis aussi. Avoir plus de bactéries en
nous que de cellules somatiques, celles qui composent nos organes, nous
oblige à quelques devoirs et avant tout à les connaître… Le début de
l’ouvrage reprend quelques-unes des notions qui sont utiles pour
comprendre ce partenariat entre hommes et microbes qui font de la
bactérie le héros du livre, même si l’homme en tourne les pages. Cette vie
en partenariat peut paraître une étrange nécessité pour tous ceux qui lisent
ou vivent chaque jour les risques d’Ebola et les perspectives des
nombreuses autres épidémies qui menacent la planète. C’est pourtant ainsi.
Les microbes sont ambivalents : tantôt ils nous menacent et nous
détruisent, tantôt ils nous aident à vivre. Leur finalité est peut-être
l’association durable, les maladies et morts qu’ils nous infligent ne sont
sans doute que des états intermédiaires, des circonstances passagères qui
préexistent à une intégration pacifique. Le mutualisme, le commensalisme
des microbes qui vivent en nous ne sont-ils pas l’étape ultime, un partage
des richesses, l’entente cordiale après la fin des combats ? Ainsi les

germes les plus virulents s’atténuent et deviennent chroniques. À trop
vouloir détruire, les microbes ne peuvent survivre.
Un destin qui illustre une telle évolution est celui d’un rétrovirus qui
attaque les koalas d’Australie depuis une centaine d’années. Les chercheurs
ont fait à leur propos une série de découvertes étonnantes. Dans certains
cas il donne des leucémies qui déciment ces animaux. Mais chez certains le
rétrovirus est totalement intégré au génome et se transmet sans dommage
par les cellules germinales, de sorte qu’il n’est dangereux que pour une
partie des marsupiaux. Pour les uns, il est un risque mortel, pour les
autres, un bénéfice évolutif. Tout semble indiquer que ces animaux sont le
témoin des différentes étapes, en temps réel, depuis l’interaction féroce
entre le virus exogène et l’hôte, suivie de l’épidémie meurtrière, puis du
partenariat symbiotique, et enfin de la fusion des deux génomes, avec un
nouvel héritage génétique qui est la somme des deux génomes 1. Le
microbiote de l’homme partage de même avec son hôte bénéfice et risque.
Les mitochondries, petits organites de nos cellules, dont on pense qu’il
s’agit de bactéries ancestrales qui vivent en symbiose, ou encore les
rétrovirus intégrés à nos génomes sont sans doute les premières formes de
mutualisme entre l’homme et les microbes. Mais il est probablement
indispensable que tout ne soit pas intégration et que la symbiose entre
organismes distincts, sinon distants, puisse continuer d’exister pour
favoriser la biodiversité.
On peut ainsi regarder l’évolution des espèces, non par le seul biais de
la dynamique décrite par Darwin, qui va de la racine aux extrémités des
embranchements, mais sous l’angle de l’union d’organismes différents, de
génomes disparates évoluant pour leur propre compte, mais que la
symbiose sélectionne pour un avantage évolutif de l’ensemble. La science
découvre chaque jour les innombrables ramifications de la vie des
microbes partagées avec l’homme. Mieux connaître la symbiose de
l’homme et des microbes, est sans doute, tout autant que la lutte contre les

infections, le moyen d’affronter les périls à venir. L’environnement de nos
muqueuses, les sueurs et odeurs de l’homme sont une proie et une
conquête pour ce monde des microbes qui recycle la vie, mais c’est aussi
une vie en nous au bénéfice de notre condition humaine, sans laquelle nous
ne pourrions exister.

 

CHAPITRE PREMIER
Ces microbes qui nous gouvernent

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Quand l’intuition se met au travail – Ecouter son 6e sens et en tirer profit


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Ouvrage: Quand l’intuition se met au travail – Ecouter son 6è sens et en tirer profit

Auteur:  Robinson Lynn A.

Année: 2017

 

 

Introduction

Il y a des moments où les réponses surgissent de nulle part.
Vous y travaillez d’arrache-pied sur le plan de marketing d’un nouveau produit. Vous vous débattez avec une multitude de chiffres et de données sans parvenir à rien. Quelque chose ne va pas, vous le sentez bien, mais vous ne savez pas quoi. Découragé, vous décidez de faire une marche et de prendre un peu d’air. Et c’est là que, soudainement, la solution jaillit dans votre tête. Votre campagne de marketing se met en place toute seule. Vous savez que vous tenez la bonne solution. D’où cette solution est-elle venue ?
Vous êtes sur le point d’embaucher un cadre à un poste important puisqu’il jouera un rôle essentiel dans le succès financier de votre entreprise. Le service des ressources humaines a approuvé sa candidature. La haute direction l’a interviewé et en a eu une bonne impression. C’est apparemment le candidat parfait pour le poste. Et pourtant, vous hésitez à l’appeler pour lui offrir le poste. Votre instinct vous dit que quelque chose cloche. Vous décidez alors de faire des recherches plus poussées et vous découvrez que votre candidat a été mêlé à des problèmes juridiques, dont une affaire de gestion financière frauduleuse. Vous êtes heureux de ne pas l’avoir embauché! Quels sont les indices qui vous ont poussé à ne pas lui faire confiance?

Vous vous ennuyez à votre travail. Votre emploi ne présente plus aucun défi pour vous. Le moment d’une réorientation professionnelle est venu. Vous faites quelques incursions dans le monde du travail: vous vous renseignez sur les débouchés potentiels, vous parlez à un recruteur, vous échangez des idées avec d’anciens collègues … Un beau matin, vous recevez un courriel d’une jeune entreprise vous invitant à une entrevue d’emploi. L’offre vous semble prometteuse et entre parfaitement dans vos cordes. Vous passez quelques entrevues et vous êtes engagé! C’est alors que le doute s’installe. Devez-vous renoncer à la sécurité de votre emploi actuel pour vous lancer dans cette aventure? Votre instinct vous dit oui. Votre conjointe ou conjoint, et vos collègues tentent de tempérer votre enthousiasme. Que croire et qui croire? Quelle décision prendre?
L’intuition est un puissant outil d’idées créatives, de découvertes et de synthèse. Elle vous aide à décider si vous devez sauter sur une occasion ou, au contraire, vous en éloigner à tout pri><. C’est une faculté dont nous avons plus que jamais besoin dans le climat actuel des affaires. Elle sera à vos côtés quand vous serez submergé de données, de statistiques et de chiffres. Et elle vous sera tout aussi utile quand le domaine que vous aborderez sera si nouveau et si pointu qu’il n’e><istera pas de véritables données à son sujet. Vous serez seul à gérer votre instinct.
Le monde des affaires a toujours privilégié « les penseurs de l’hémisphère gauche», c’est-à-dire les esprits rationnels qui valorisent avant tout les faits, les données et l’analyse. Ces ten­dances et aptitudes sont toujours nécessaires, bien sûr, mais elles ne sont plus suffisantes. Les facultés auxquelles nous ferons de plus en plus appel siègent dans l’hémisphère droit du cerveau: la créativité, l’empathie, la joie, l’esprit synthétique, le sens et l’accomplissement personnel.
La pensée intuitive venue de l’hémisphère droit est-elle une capacité magique que seuls quelques élus peuvent maîtriser et développer? Disons-le très fort: non!
Quand l’intuition se met au travail regorge de techniques, de témoignages et d’idées qui vous donneront accès à la prodigieuse connaissance intérieure que chacun possède en soi. Cette connaissance vous aidera à :

♦ Prendre des décisions avisées quand vous n’êtes pas en possession de tous les faits nécessaires.

♦ Vous laisser guider autant par ce que vous sentez que par ce que vous pensez.

♦ Vous laisser guider autant par ce que vous sentez que par ce que vous pensez.

♦ Déterminer par quels moyens votre intuition vous communique ses messages.

♦ Mieux utiliser votre intuition pour prospérer en affaires.

♦ Vous appuyer sur votre intuition pour recruter ou fidéliser des employés.

♦ Visualiser, attirer et créer la vie à laquelle vous êtes destiné.

♦ Trouver des solutions créatives à des problèmes difficiles.

♦ Connaître vos clients d’un point de vue unique.

Ce livre s’inspire d’un ouvrage que j’ai écrit il y a plus de dix ans et qui a trouvé une nouvelle vie grâce aux éditions Career Press et à Michael Pye. Vous y trouverez de nouvelles techniques et entrevues, ainsi que les conclusions de recherches de pointe, qui vous aideront à mettre votre intuition au travail et à cheminer avec aisance dans votre vie .

 

Chapitre 1
POURQUOI SE FIER À SON INSTINCT ?

 

Il y a en chacun de nous un maître, un guide et une voix qui nous parlent clairement, mais parfois trop doucement pour qu’on les entende. Noyée dans le tourbillon de nos pensées, étouffée par les contraintes de nos activités quotidiennes, cette voix ne parvient à notre attention que lorsque nous imposons le silence à notre esprit. Nous pouvons découvrir alors ce qui nous comblera le plus .
Dean Ornish, auteur et éminent chercheur en sciences de la santé

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Les nouveaux remèdes naturels


  

Ouvrage: Les nouveaux remèdes naturels

Auteur: Pelt Jean-Marie

Année: 2001

 

 

Quand la nature guérit…

Partout dans le monde la recherche de nouvelles plantes actives bat son plein. Chaque année, des milliers d’entre elles subissent par exemple des tests systématiques afin de tenter de mettre en évidence chez elles des propriétés anticancéreuses ou antisida. Ces tests sont notamment effectués aux États-Unis dans le cadre du National Cancer Institute.

Pas moins de 36 000 extraits ont ainsi été testés, parmi lesquels cent vingt-trois espèces ont manifesté in vitro une certaine activité sur le VIH. Sur ces dernières, deux ont fourni des molécules actives, actuellement en phase d’évaluation clinique, ultime étape avant la mise sur le marché d’un nouveau médicament. L’une d’elles, la michellamine-B, provient des feuilles d’une liane camerounaise 1. D’autres, les calanolides, sont isolées à partir d’un arbre originaire de Malaisie 2.
Qui eût jamais songé que cet arbre extrêmement répandu en lisière des plages tropicales, et qui avait déjà fourni à la cosmétologie une huile appréciée, s’inscrirait un jour au « top niveau » dela recherche contre le sida ?
D’autres espèces repérées pour leurs propriétés antivirales font également l’objet de
recherches intenses, quoique moins avancées. Rappelons néanmoins que l’ AZT, premier
médicament du sida, aujourd’hui obtenu par synthèse, fut initialement fabriqué à partir du sperme de hareng…
Par ces exemples empruntés à la thérapeutique d’une maladie grave et récente, on voit le
poids important que représentent les substances naturelles dans les stratégies thérapeutiques en cours d’évaluation. Quant à la prévention du sida, est-il besoin de souligner qu’elle recourt aux préservatifs en latex, autre substance d’origine naturelle. Ainsi la nature est-elle fortement sollicitée face à une maladie qui mobilise désormais des milliers de chercheurs à travers le monde.

Pour le cancer, des scénarios analogues sont déployés ; mais, ayant débuté beaucoup plus tôt, les recherches ont d’ores et déjà abouti à la diffusion de plusieurs médicaments importants.
Ainsi la nature est-elle sollicitée, et ce, depuis la nuit des temps, pour fournir à l’homme des armes thérapeutiques que les progrès de la recherche rendent de plus en plus sophistiquées.

La première moitié du xxe siècle fut largement consacrée à la mise au point de médicaments de synthèse. L’on pensait alors que ceux-ci finiraient par remplacer peu à peu toutes les vieilles préparations à base de plantes qui, dans leurs flacons ou leurs bocaux, faisaient le charme des officines d’autrefois. Mais la découverte de la réserpine au début des années 50 allait infléchir ce scénario. Cette molécule issue d’un arbrisseau de l’Inde (Rauwolfia serpentina) révéla des propriétés « tranquillisantes », selon le terme inventé par F. Youkman et qui désigne aujourd’hui la vaste série des benzodiazépines. Elles justifiaient l’usage courant des racines de cette plante
que Gandhi, dit-on, consommait chaque soir sous forme d’infusion. On s’interrogea alors sur les trésors que devaient recéler les pratiques traditionnelles des divers continents qui, en matière thérapeutique, avaient largement recours aux plantes. On entreprit donc de les explorer.

Mais, le « progrès » pénétrant partout, y compris dans les milieux et les ethnies les plus
isolés, le savoir des chamans, des tradipraticiens et autres guérisseurs est de moins en moins transmis aux jeunes générations « branchées » sur leurs transistors jusqu’au fin fond des jungles les plus reculées. Et l’étrange phénomène qui, par une révolution dont on n’a sans doute pas encore mesuré toutes les conséquences, fait des enfants de ce siècle les formateurs de leurs parents, et non plus l’inverse, s’étend désormais à l’ensemble de la planète. De sorte que « ceux qui savent » disparaissent sans transmettre leur savoir à leurs descendants. Des pans entiers de la connaissance basculent ou risquent ainsi de disparaître dans l’oubli et l’on conçoit d’autant
plus la validité d’une jeune discipline, l’ethnopharmacologie, qui s’emploie à sauvegarder ces savoirs ancestraux. Par là sont aujourd’hui repérées, répertoriées et consignées partout dans le monde des plantes réputées actives et dont il appartient à la science moderne de préciser les propriétés et les usages – une tâche à laquelle s’emploient d’innombrables laboratoires publicsou privés.
Plus récemment, l’irruption du génie génétique a imprimé un nouvel élan à l’effort de
prospection. On a vu de grandes multinationales effectuer des collectes de plantes censées contenir des gènes intéressants, susceptibles d’être réutilisés sous forme de plantes transgéniques. Ces entreprises – Monsanto à leur tête – ont ainsi entrepris d’écumer littéralement la planète, passant au peigne fin les jungles les plus hostiles. Les modes d’approche varient, mais relèvent toujours de trois types de stratégie : le premier vise à récolter systématiquement toutes les plantes rencontrées dans les milieux prospectés, comme on le fit voici plus de trente ans pour la recherche de nouveaux « anticancéreux » ; le second s’appuie sur des recherches
ethno-pharmacologiques effectuées à partir du savoir des guérisseurs, souvent abusivement approprié, au demeurant, sans que ces derniers ou leurs ethnies en tirent en retour quelque bénéfice que ce soit ; le troisième vise à limiter la collecte aux seules plantes appartenant à des « familles phares » connues pour leur richesse en molécules pharmacologiquement actives. Les chances de tomber sur une molécule intéressante s’en trouvent du coup accrues.
Ces trois types de prospection sont souvent menés simultanément et doivent être considérés comme complémentaires. Ainsi l’approche ethnopharmacologique, quoique plus lente et exigeant de solides connaissances en ethnologie, permet d’augmenter significativement le rythme des découvertes, comme le montrent les recherches effectuées par Mickael Balick
auprès des guérisseurs du Belize. Il signale que sur cent trente et une espèces recueillies auprès de ceux-ci, quatre se sont révélées de puissants agents de relaxation des muscles vasculaires, manifestant par conséquent des propriétés hypotensives. En revanche, sur un nombre égal d’espèces récoltées au hasard, aucune n’a produit d’effet comparable.
Ce travail de terrain accompli, l’aventure se poursuit au laboratoire : les progrès de la chimie extractive et de la chimie de synthèse permettent d’obtenir rapidement les molécules contenues dans ces plantes, d’en déterminer la structure, de les reproduire si possible par synthèse, et de tester leurs activités pharmacologiques. Puis ces molécules sont copiées et des homologues de synthèse voient le jour en vue d’améliorer leurs performances thérapeutiques ou de diminuer leurs effets secondaires indésirables. Ainsi s’accumulent des banques de molécules très fournies dont les réserves sont puissamment démultipliées par les techniques modernes dites de « synthèse combinatoire », celles-ci conduisant à la fabrication automatisée par robot de milliers
de substances artificielles voisines d’un modèle dont elles ne diffèrent que par quelques menues modifications. Ces molécules sont ensuite soumises à des tests pharmacologiques, eux-mêmes robotisés à grande échelle. Bref, les molécules présentes dans les plantes et leurs analogues synthétiques sont soumises à des robots sommés de faire connaître dans les plus brefs délais l’éventuel intérêt pharmacodynamique révélé par tel ou tel test.
Des milliers et des milliers de plantes ont ainsi été disséquées, analysées, testées, et leurs
molécules synthétisées sans que beaucoup d’entre elles aient pour autant émergé en
thérapeutique. Seules quelques dizaines de molécules et donc quelques dizaines de plantes ont réussi à survivre à ces impitoyables screenings qui laissent en chemin une infinité de végétaux rejetés ou de molécules orphelines : soit que n’aient pas été confirmés lors des essais cliniques les espoirs suscités par les essais pharmacologiques ; soit encore que la synthèse des molécules étudiées soit difficile et coûteuse et que leur culture apparaisse parallèlement comme aléatoire ; soit enfin que par leurs effets elles ne réussissent pas à se hisser à un niveau de « service médical » suffisant qui leur ferait dominer la plupart des médicaments existants sur le marché dans la même classe pharmacologique. Car la compétition en la matière est d’autant plus sévère
que des médicaments plus performants voient sans cesse le jour, rendant la concurrence de plus en plus vive et parfois… sauvage !
Beaucoup d’espèces végétales dont il sera question ici – comme le ginkgo, le ginseng ou le
millepertuis… – n’ont pas encore livré la totalité de leur composition chimique. Si leurs effets pharmacologiques et cliniques ont pu être démontrés par des tests appropriés, les molécules responsables de ces activités restent encore partiellement inconnues. Dès lors, il est nécessaire d’avoir recours à des extraits aux multiples composants. Or il est difficile, pour de tels extraits,
d’obtenir une autorisation de mise sur le marché, les États-Unis privilégiant la molécule
chimiquement définie et l’Europe n’étant pas loin de les suivre. Autant dire que les chances d’émerger, pour une plante dont les effets sont incontestables mais dont la composition demeure mystérieuse, sont pratiquement nulles…
Pourtant, un public de plus en plus large a recours aujourd’hui aux médicaments naturels. Les officines regorgent de gélules en tout genre, d’ailleurs souvent disponibles en d’autres points de vente, notamment dans la grande distribution. Si la qualité pharmacologique de ces médicaments peut parfois être mise en doute, il n’empêche qu’ils témoignent d’un appétit des consommateurs que les professionnels de la santé ne sauraient ignorer. Il nous a toujours semblé que, pour bon nombre de ces produits, un effort de moralisation s’imposait, en particulier une rigoureuse évaluation scientifique de leurs effets afin d’éviter à des consommateurs confiants les déboires d’une médication insuffisamment active et aux propriétés parfois discutables.
À l’heure où les progrès scientifiques et technologiques en matière de médicaments vont bon train, il nous a paru utile d’évoquer les grandes tendances qui se dessinent aujourd’hui en ce domaine des médicaments issus de la nature : extraits ou molécules déjà sur le marché ou susceptibles d’y figurer dans les années à venir en raison des tests pharmacologiques et cliniques en cours. Certes, il est actuellement de bon ton de nous rebattre les oreilles avec les miracles annoncés de la thérapie génique, censés finir par ravaler au magasin des accessoires tous les médicaments classiques. S’il est hors de question de nier les espérances justifiées que peut faire
naître le génie génétique appliqué au monde du médicament, il faut néanmoins bien se souvenir que les espoirs suscités par les thérapies géniques ne pourront se concrétiser que dans un avenir plutôt lointain et largement aléatoire, les déboires ayant jusqu’ici été en ce domaine plus nombreux que les succès…
D’autres voies radicalement nouvelles se présentent encore à nous, comme les médicaments issus des êtres peuplant le milieu marin ou du venin des animaux. Dans ces deux domaines fortement prospectifs, la recherche s’annonce prometteuse. Mais l’on s’intéressera aussi à des plantes jusqu’ici écartées du domaine thérapeutique en raison des dégâts désastreux qu’engendre
le mauvais usage qu’on en fait, mais qui sont pourtant aujourd’hui candidates à devenir des médicaments : tel est le cas, par exemple, du tabac ou du cannabis. On s’interrogera aussi sur l’avenir des antibiotiques, de moins en moins efficaces, confrontés qu’ils sont à des résistances bactériennes de plus en plus fréquentes. Cette arme formidable de la médecine va-t-elle s’émousser ? Saura-t-on éviter les décès par septicémie, de plus en plus fréquents dans les hôpitaux où se concentrent désormais des souches bactériennes résistant à tous les antibiotiques ? Quelles perspectives de renouveau en ce domaine où la recherche bat aussi son plein ?
Autant de questions qui font aujourd’hui l’actualité du médicament. À une bonne part d’entre elles, en tout cas, les réponses nous viendront de la nature.
Il est difficile d’évaluer avec précision la part des médicaments d’origine naturelle dans la thérapeutique mondiale. Celle-ci est estimée à 40 ou 50 % des médicaments mis sur le marché.
Parmi ceux-ci, les deux tiers proviennent de plantes, 5 à 10 % d’animaux, 20 à 25 % de microorganismes.
Si l’on y ajoute les molécules directement inspirées de modèles naturels mais
légèrement modifiées par synthèse, le chiffre global des remèdes naturels ou directement inspirés de la nature s’élèverait à environ 60 % de l’ensemble des médicaments actuellement utilisés.

Comme on le voit, la nature n’a vraiment pas dit son dernier mot !


1 Ancistrocladus korupensis.
2 Calophyllum inophyllum.


CHAPITRE PREMIER
Quand l’aspirine retrouve une nouvelle jeunesse…

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Enzymes et nutrition


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  Victor Ordonez
Auteur : Ordonez Victor
Ouvrage : Enzymes et nutrition
Année : 2014

 

 

AVIS LEGAL LES REFERENCES SCIENTIFIQUES DE CE TEXTE ON ETE OBTENUES PRINCIPALEMENT DE PubMed.gov, “THE US NATIONAL LIBRARY OF MEDICINE”, UNE ENTITE APPARTENANT A “THE NATIONAL INSTITUTES OF HEALTH” DU GOUVERNEMENT DES ETATS UNIS D’AMERIQUE. LES IDEES PRESENTEES DANS CE TEXTE COMPROMETTENT UNIQUEMENT A SON AUTEUR ET SONT SEULEMENT CONÇUES POUR DONNER DES RECOMMANDATIONS POUR UNE ALIMENTATION SAINE. AUCUNE PARTIE DE CE TEXTE PEUT ETRE CONSIDEREE COMME UN REMPLACEMENT OU SUBSTITUTION DE MEDICAMENTS, DE TRAITEMENT MEDICAL OU DE CONSEIL MEDICAL.

 

1 NUTRIMENTS ESSENTIELS

 

“Que ton alimentation soit ta première médecine et que ta première médecine soit ton alimentation”.
Hippocrate (460 – 351 avant J.C.)

 

Hippocrate est considéré comme le père de la médicine moderne. La tradition nous raconte qu’Hippocrate appartenait à une illustre famille de prêtres médecins appelée Asclépiades. Ces médecins travaillaient dans les temples d’Asclépios, le Dieu de la Médicine. Apparemment, dans sa jeunesse, Hippocrate visita l’Egypte ou il a pu connaitre les travaux médicaux que la tradition attribue à Imhotep, un savant égyptien qui vécut trois siècles avant JC et qui est considéré comme le fondateur de la médicine égyptienne et auteur du texte plus antique qui a été découvert sur chirurgie du trauma.
A Hippocrate aussi l’est attribuée une autre phrase fameuse dans la science de la nutrition:

“Nous sommes ce que nous mangeons.”
Si nous sommes ce que nous mangeons, qu’est-ce que nous devons manger pour être sains?

Le corps humain est formé par des cellules, celles-ci de son côté, forment des tissus. Les tissus forment des organes qui component les systèmes qui maintiennent le corps vivant. Dans ce sens, chaque une des cellules de notre corps a besoin d’un ensemble de substances provenant de l’extérieur pour pouvoir développer convenablement ses fonctions vitales. Les substances provenant de l’extérieur sont absorbées par les cellules et transformées en autres substances pour l’obtention d’énergie ou de constituants cellulaires dont la cellule a besoin pour maintenance, réparation ou reproduction.
A la science de la nutrition, ces substances qui viennent de l’extérieur et dont la cellule a besoin pour des buts énergétiques, de maintenance, réparation ou reproduction sont appelées nutriments.
Les nutriments sont des éléments ou des composés chimiques nécessaires pour le métabolisme d’un être vivant. C’est à dire, les nutriments sont quelques-unes des substances présentes dans les aliments et qui participent activement dans les réactions métaboliques pour maintenir les fonctions d’un organisme.
Il existe plusieurs classifications pour les nutriments. Une première classification est faite sur la base de si un nutriment en particulier peut être élaboré par l’organisme ou doit être exclusivement pris de l’extérieur. C’est-à-dire un nutriment essentiel ou un nutriment non-essentiel.
Un nutriment essentiel correspond donc à une substance qui doit être obtenue à partir des aliments parce qu’elle ne peut pas être synthétisée par le corps. Les nutriments essentiels nécessaires pour le corps humain sont les suivants :

1. Carbohydrates,
2. Protéines
3. Lipides
4. Eau

5. Vitamines
6. Minéraux
7. Enzymes

Les groupes de nutriments présentés peuvent aussi être classifiés en macronutriments et micronutriments. Les macronutriments incluent le groupe des carbohydrates, des protéines, des lipides et de l’eau. Les micronutriments comprennent les vitamines, les minéraux et les enzymes, tous lesquels sont nécessaires en petites proportions avec relation aux macronutriments.
Les vitamines sont essentielles pour les fonctions métaboliques du corps et de chacune de ces cellules. Les vitamines – de même que tous les nutriments – sont employées à l’intérieur du corps humain grâce à l’activité des enzymes. Il en existe deux types de vitamines : les vitamines liposolubles (vitamines A, D, E y K) et les vitamines hydrosolubles (solubles en eau: vitamines du complexe B et vitamine C).
L’être humain a désormais besoin d’une vingtaine de minéraux qui s’incorporent au organisme, peut être en combinassions organiques ou en forme de sels minéraux. Les éléments minéraux interviennent directement dans la consolidation du squelette et des dents, font partie du sang et des tissues doux (comme le cerveau), et régulent aussi l’équilibre des liquides dans l’organisme, les réflexes musculaires et le rythme cardiaque.
Une consommation inappropriée de n’importe quel nutriment essentiel, mais surtout de ceux qu’on appelle micronutriments donne lieu aux maladies appelées CARENCIELLES.
Par exemple, beaucoup de gens ont commencé à considérer les graisses comme un nutriment « mauvais », mais il faut comprendre que étant un nutriment essentiel, elles sont nécessaires pour l’organisme. Les graisses ou mieux, ses composants constitutifs: les acides gras, sont employés par le corps pour l’obtention d’énergie, pour la synthèse cellulaire et come véhicule pour l’absorption de vitamines liposolubles essentielles comme sont les vitamines A, D, E, et K.
On peut inférer qu’une personne qui ne consomme pas des graisses ou qui a un mauvais métabolisme des graisses, va avoir aussi une déficience importante des vitamines liposolubles, donnant lieu à des symptômes de MALADIE CARENCIELLE, parmi lesquels nous pouvons retrouver les suivants:
Carence de vitamine A: Une carence alimentaire en vitamine A, affecte surtout les yeux et peut conduire à la cécité. La xérophtalmie ou sécheresse des yeux est le terme qui recouvre les différents effets de la carence. La carence en vitamine A : a) affecte aussi d’autres organes et contribue à augmenter la mortalité des enfants, surtout en cas de rougeole ; b) augmente la fréquence et la gravité des infections ; c) fragilise les différents épithéliums, en plus de l’oeil ; d) est associée à un risque plus élevé de certains cancers, notamment du côlon ; et finalement, e) la carence peut poser des problèmes de la croissance et de stérilité. Les manifestations plus graves du déficit en vitamine A affectent les jeunes enfants et aboutissent à une cécité par destruction de la cornée. On appelle quelquefois cet état « kératomalacie ».
Carence de vitamine D: La vitamine D intervient dans l’absorption du calcium et du phosphore aux intestins, ainsi que dans leur réabsorption par les reins ; pour autant elle diminue le risque d’ostéoporose. Une carence en vitamine D : a) provoque une faiblesse et des douleurs musculaires ; b) à un stade avancé, peut produire une ostéomalacie chez l’adulte et un rachitisme chez l’enfant ; c) augmente le risque de fracture ; d) parait associée avec un risque plus important de cancer du sein, du tube digestif et de la prostate ; e) la carence serait aussi associée avec un risque plus important de maladies cardio-vasculaires. Au cours de la grossesse, la carence en vitamine D présente plusieurs conséquences chez la femme enceinte : risque accru de pré-éclampsie, de petit poids de naissance et de vaginose bactérienne.
Carence de vitamine E: Chez l’adulte, la carence peut se manifester avec des troubles de la reproduction; possibilité de réduction de la durée de vie des globules rouges et une hémolyse (destruction) excessive de ces globules rouges, entraînant une anémie dite hémolytique; dégénérescence spino-cérébelleuse caractérisée par des troubles de la station debout; faiblesse musculaire et perte de réflexes; troubles neurologiques; troubles cardio-vasculaires; altération de la rétine entraînant une diminution de la vision; vieillissement prématuré de la peau; et une sensibilité accrue aux infections. Une carence en vitamine E lors de la grossesse pourrait avoir comme conséquence la naissance d’enfants morts-nés ou des nouveaux-nés atrophiés.
Carence de vitamine K: Le manque chronique en vitamine K est impliqué dans diverses pathologies, notamment dans la calcification des artères, dans l’ostéoporose, dans les leucémies, dans la formation et la prolifération des cellules cancéreuses ainsi que dans leur mobilisation, et aussi, dans la perte du contrôle des états inflammatoires. En autre, la carence avancée en vitamine K peut entraîner des saignements. Les signes peuvent être mauvaise coagulation sanguine; saignement de la gencive, du nez, dans l’urine, etc.; durée de saignement plus longue quand vous vous coupez; contusions faciles; anémie et finalement, des os faibles et fragiles.
On peut ainsi établir comment la carence d’un macronutriment (acides gras) donne lieu à une importante insuffisance de micronutriments, spécifiquement des vitamines liposolubles. Beaucoup de personnes qui se considèrent saines, peuvent avoir divers dégrées de carence nutritionnelle qui possiblement ne se manifestent pas comme un cadre cliniquement défini, mais qui se constitue en un état de santé plus ou moins déficitaire.
La découverte du rôle des vitamines dans la nutrition humaine est plutôt récente. En 1929, deux scientifiques, Christiaan Eijkman, médecin hollandais et Frederick Hopkins, biochimiste anglais, ayant établi qu’aucun animal ne pouvait pas vivre seulement à partir d’une ration de protéines, graisse et carbohydrates pures, même si celles-ci étaient données en excès, déduisent qu’il y en avait d’autres components vitaux dans la diète et qui sont nécessaires en petites quantités. Tous les deux ont reçu le Prix Nobel de Médicine pour la découverte des vitamines.
Les vitamines ont commencé à être identifiées pendant le deuxième quart du siècle passé. Comme résultat de plusieurs études, l’humanité conçu la guérison d’un certain nombre de maladies carencielles classiques comme le rachitisme (déficience de vitamine D), le scorbut (déficience de vitamine C), la pellagre (déficience de vitamine B3 – niacine) et le béribéri (déficience de vitamine B1).
La dernière vitamine découverte fut la vitamine B9, aussi appelée acide folique. Le folate est nécessaire pour la production et le maintien de nouvelles cellules, pour la synthèse des acides nucléiques (ADN et ARN), et aussi pour éviter les changes à l’ADN, c’est-à-dire pour la prévention du cancer. Le folate est spécialement nécessaire pour la fabrication d’érythrocytes et de leucocytes. La carence de folate produit anémie, fatigue, faiblesse et difficulté pour se concentrer (Rosenberg, 2012; Butterworth, 1993).
En 1920, les chercheurs considéraient déjà que la carence de folate et l’anémie correspondaient à la même maladie. En 1931, la scientifique Lucy Wills démontra que l’anémie pouvait être arrêtée en consommant de la levure de bière. Quelques années plus tard, en 1941, on a découvert que l’agent thérapeutique de la levure de bière était le folate et que celui-ci pouvait être obtenu aussi en consommant des épinards. En 1960, les études finiront par démontrer une corrélation très étroite entre la carence de folate aux diètes de femmes enceintes et l’apparition de défets du tube neural auprès de nouveaux-nés (Santé – Canada, 2014 ; Suárez-Obando et al, 2010).
Le dernier nutriment qui doit être tenu en compte à la pratique et dans les textes actualisés de nutrition correspond aux enzymes. Cet argument a été exposé par le Dr. Howard F. Loomis dans son livre “Enzymes: The Key to Health” publié en 2005. Du même, l’idée de classer les enzymes come un nutriment essentiel a ses racines sur les recherches et travaux du Dr. Edward Howell. Les idées du Dr. Howell sont présentées dans les livres “Enzymes for Health and Longevity » (Howell, 1980) et « Enzyme Nutrition » (Howell, 1985).

 

Ce livre est au sujet de l’importance des enzymes dans la nutrition et de son rôle à la prévention d’un grand nombre de maladies qui cliniquement peuvent s’associer avec la déficience d’enzymes métaboliques. Etant donné l’importance des enzymes dans la nutrition humaine, il est difficile de comprendre pourquoi ce sujet n’a pas encore été traite d’une manière plus directe par le milieu scientifique et médical. Il est très important de comprendre que les enzymes sont de protéines de travail, sans lesquelles ne peuvent pas se produire les réactions d’absorption et métabolisme de tous les autres nutriments.

 

BIBLIOGRAPHIE
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Suárez-Obando, F., Ordóñez-Vásquez, A., Zarante, I (2010); “Defectos del Tubo Neural y Ácido Fólico: Patogenia, Metabolismo y Desarrollo Embriológico. Revisión de la Literatura”; Rev Colomb Obstet Ginecol; 60:49-60.

 

2 QU’EST CE QUE SONT LES ENZYMES?

Les enzymes correspondent à un groupe spécial de protéines. Dans ce sens, toutes les enzymes sont des protéines, mais toutes les protéines ne sont pas des enzymes. Par exemple, parmi les divers groupes de protéines que nous trouvons aux corps humain, il y a les protéines structurales qui se joignent entre elles pour former une structure plus grande, comme peut être un tissu ou un organe. Un autre groupe de protéines correspond à un des principaux outils du système immunitaire: les anticorps. Quelques hormones ont une nature protéinique, tel que l’insuline et le glucagon (qui régule les niveaux de glucose au sang), ou les hormones ségrégées par l’hypophyse, comme celle de la croissance ou la calcitonine (qui régule le métabolisme du calcium).
D’une manière générale, on peut dire que les protéines sont des polymères ayant un grand poids moléculaire et étant constitués par des unités structurelles appelés aminoacides. D’une manière particulière, les enzymes sont des protéines qui accélèrent ou catalysent toutes les réactions biochimiques qu’on lieu à notre planète. Les enzymes sont présentes tant au royaume animal comme au royaume végétal. Toutes et chaque une des réactions biologiques a notre planète sont assistées par quelque enzyme.
Pour que le lecteur puisse apprécier le merveilleux monde des enzymes, voici quelques exemples très intéressants:
Les plantes sont des organismes photosynthétiques qui emploient l’énergie de la lumière pour fabriquer des carbohydrates en forme de glucose. Ce glucose peut ensuite être employé pour des besoins d’énergie. De façon que l’on peut définir la photosynthèse comme un processus par lequel l’énergie solaire est retenue aux liens chimiques de la molécule de glucose pour être employée au nécessaire.
Cette transformation de l’énergie solaire en énergie chimique est faite par une série complexe de réactions biochimiques dans lesquelles la réaction clé correspond à la fixation du dioxyde de carbone atmosphérique à une forme organique pour entreprendre la synthèse des molécules de glucose. C’est-à-dire, les atomes de carbone nécessaires pour la fabrication de glucose sont obtenus du CO2 atmosphérique. Cette importante étape de la photosynthèse est catalysée par une enzyme appelée ribulose-1,5-bisphosphate carboxylase/oxygénase, ou en abrégé RuBisCO. Cette enzyme est considérée très lente parce qu’elle catalyse uniquement trois molécules par seconde, si on la compare avec des autres réactions enzymatiques qui peuvent aller d’un ordre de 1,000 à 6,000 fois par seconde.
On peut considérer que étant la photosynthèse, la principale réaction biochimique a notre planète et tenant compte de sa lente vélocité de réaction, l’enzyme RuBisCO doit être l’enzyme plus abondante a notre planète.
A un autre exemple, nous savons de la grande disposition de quelques serpents à se nourrir de proies qui les supèrent en grandeur. Les jus gastriques des serpents ont un pH très acide, ce qui permet de digérer jusqu’aux os des proies. Mais aussi, les serpents poissonneux emploient leur venin pour hydrolyser les tissus de ses victimes avant que les jus gastriques entrent en action, faisant une espèce de processus pré-digestif. Cette hydrolyse reptilienne est achevée avec l’aide de quelques enzymes, entre lesquelles on peut trouver phospholipase A2, phosphodiestérase, phosphomonoestérase, Laminoacide

 oxydase, et endopeptidases (protéases) (McCue, 2005). Alors, en continuant avec cet exemple, la phospholipase A2 détruit les globules rouges de la proie en brisant ses parois cellulaires. L’enzyme phosphodiestérase interfère avec le système cardiaque de la proie, diminuant la pression artérielle. Les enzymes aminoacide oxydase et les protéases sont employées pour la digestion des tissus de la proie, endommageant le tissu autour de la morsure et en produisant hémorragie, nécrose musculaire et eczéma.
Aux humains, mais aussi en d’autres animaux, l’enzyme alcool déshydrogénase est employée pour éliminer des alcools qui pourraient être toxiques. Quand on boit de l’alcool, celui-ci est dégradé dans le foie en deux étapes: en premier lieu, l’enzyme alcool déshydrogénase oxyde l’éthanol pour former acétaldéhyde. Alors, l’acétaldéhyde est converti, à l’aide d’une autre enzyme, l’acétaldéhyde déshydrogénase en acétate. La toxicité de l’alcool retombe donc principalement sur l’acétaldéhyde. Comme une conséquence de cette toxicité, le corps libère des hormones et de neurotransmetteurs, comme l’adrénaline et les catécholamines, respectivement, qui dilatent les vaisseaux sanguins, provocant le rougissement de la face et l’augmentation de la température de la peau. Une haute proportion des asiatiques d’origine Mongol ne peuvent pas produire l’enzyme alcool déshydrogénase à cause d’un défet génétique et pour autant ne peuvent pas métaboliser l’alcool. En théorie, une bonne dose de deux enzymes, l’alcool déshydrogénase et l’acétaldéhyde déshydrogénase avant de boire alcool peut aider à prévenir les mauvais effets de l’alcool connus comme la «gueule de bois».
La FAO défini un xenobiotique comme un composé chimique qui n’est pas produit par un organisme vivant; c’est-à-dire, il fait référence à un composé chimique fabriqué. A Wikipedia (France) on trouve qu’un xenobiotique est une substance présente dans un organisme vivant mais qui lui est étrangère: il n’est ni produit par l’organisme lui-même, ni par son alimentation naturelle. En général, un xénobiotique est une molécule chimique polluante et parfois toxique à l’intérieur d’un organisme, y compris en faibles voir très faibles concentrations. Deux cas typiques de xénobiotiques sont les pesticides, et les médicaments, en particulier les antibiotiques.
L’exposition prolongée à certains xenobiotiques toxiques peut produire des altérations métaboliques et génétiques qui compromettent la croissance cellulaire, le comportement et la réponse immunologique d’un individu. Heureusement, le corps humain est muni d’un puissant système de désintoxication appelé le Cytochrome P450.
Le Cytochrome P450 correspond à un groupe d’enzymes qui développent plusieurs types de réactions biochimiques comme mécanisme pour éliminer des substances toxiques. La réaction enzymatique plus simple peut être la de transformer des composés toxiques liposolubles en composés hydrosolubles, lesquels peuvent être plus tard conjugués avec d’autres molécules pour augmenter l’hydrosolubilité, afin de que le contaminant conjugué puisse être finalement éliminé par l’urine.
Les enzymes du Cytochrome P450 ont aussi la capacité d’oxyder ou réduire le cholestérol, les vitamines, les stéroïdes et d’autres substances d’origine pharmacologique. La plupart des enzymes de désintoxication se trouvent au foie. Mais on trouve aussi ces enzymes de désintoxication au coeur, aux vaisseaux sanguins, aux reins et aux poumons (Thum & Borlak, 2002; Fleming, 2001; Lock & Reed, 1998).
Toutefois, les enzymes ne sont pas restées à leur habitat naturel. Beaucoup des produits que vous achetez normalement au supermarché ont été élaborés avec des enzymes. Depuis plusieurs années, le principal marché pour les enzymes dites « industrielles » est celui des détergents en poudre lave-linge.

Normalement, les modernes détergents en poudre lave-linge contiennent une ou plusieurs types d’enzymes parmi lesquelles on trouve des protéases, des lipases et de cellulases.
Un autre marché très important pour les enzymes industrielles est celui des textiles. Pratiquement, toutes les vêtements faits en denim/jean (pantalons, chemises, jupes, vestes, etc.) sont prélavés avec des enzymes du type cellulases. Ce type d’enzymes est aussi employé à une dernière étape de la fabrication de chemises de marque.
Un de nouveaux marchés pour les enzymes industrielles est dans le domaine du recyclage du papier ou l’on emploi des enzymes pour le nettoyage de fibres appelées secondaires (recyclées) avant de sa conversion en nouveau papier. Une autre nouvelle application est à l’hydrolyse de matériaux végétaux au processus d’obtention des sucres simples pour fabriquer le combustible bioéthanol.
A l’industrie alimentaire, on emploie des enzymes pour fabriquer des compotes, du pain, de la bière (spécialement celles du type légères) et finalement pour éliminer le sucre lactose des laits.

 

BIBLIOGRAPHIE
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WIKIPEDIA The Free Encyclopedia; http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9nobiotique

 

3 ENZYMES DANS LA NUTRITION

La découverte des enzymes et de son rôle à la nutrition a été faite en forme parallèle avec la découverte des vitamines et des minéraux. Vers 1930, quand les enzymes ont commencé à intéresser les chercheurs en biochimie, quelques 80 enzymes avaient été identifiées. Aujourd’hui, plus de cinq mille enzymes sont reconnues.
Possiblement, la première étude qui proportionne une indication sur l’important rôle des enzymes à la nutrition a été réalisée entre 1932 et 1942 par le Dr Francis Pottenger, Jr., en Monrovia, California (Pottenger, 1995). Pottenger fabriquait des extraits d’adrénaline et employait des chats pour prouver son efficacité. Bientôt, il s’aperçu de la précaire santé de ses animaux, son pauvre taux de survie post-opératoire et des symptômes généraux de dénutrition aux chatons qui naissaient.
Au début, Pottenger alimentait ses chats avec ce qui était considéré comme une diète de haute qualité nutritionnelle comprise par des déchets cuits d’abattoir (muscles et organes), lait cru et huile de foie de morue. Mais à mesure que plus de chats arrivaient pour être nourris, la capacité d’obtenir de la viande cuite du abattoir fut surpassée et Pottenger se vu obligé à recevoir des déchets de viande crue provenant d’une autre usine voisine d’emballage de viande.
Il parait que le préjudice des aliments crus a fait que Pottenger séparât le groupe de chats qui recevaient de la viande cuite y celui des chats qui recevaient de la viande crue. En peu de temps, les différences entre les deux groupes de chats furent très évidentes et ce fut à ce moment-là que Pottenger pris la décision d’entreprendre une étude plus contrôlée pour chercher à savoir pourquoi les chats nourris avec de la viande crue étaient beaucoup plus sains que ses semblables nourris avec de la viande cuite. Cette étude a inclus au moins 900 chats en quatre générations successives.
Son étude montra que les chats nourris avec de la viande crue étaient uniformes en son poids et son développement squelettique à chaque génération. Tout au long de sa vie, ces chats restaient résistants aux infections, aux puces et à d’autres parasites. En plus, ils ne montraient pas de symptômes d’allergie. En forme générale, ces chats étaient grégaires, amicales et prédictibles dans ses patrons de comportement. Ils se reproduisaient de manière homogène, génération après génération et les chats nouveau-nés montraient un poids approprié. Les malformations étaient moindres et les chattes avaient en moyenne cinq chatons par portée, qui étaient nourris par sa mère sans aucun problème.
Dans l’autre côté, a la première génération de chats nourris avec de la viande cuite, les félins montraient des symptômes de maladies dégénératives chroniques tels que allergies, asthme, arthrite – rhumatoïde et ostéo – ; cancer; des maladies du coeur; des maladies des reins, du foie et de la tyroïdes; des maladies dentales et finalement, ostéoporose.
La deuxième génération de chats nourris avec de la viande cuite montra les mêmes maladies, mais dans une forme plus sévère. La plupart des chats naissaient prématurément ou naissaient déjà malades. A la troisième génération, les chats nouveau-nés pouvaient à peine vivre pour quelques six mois. Après la quatrième génération, Pottenger n’a pas pu continuer son étude car les chats étaient infertiles et ne se reproduiraient plus. Également, ce groupe de chats donnait naissance à de portées très hétérogènes, avec des poids et des patrons squelettiques très variés. Ces animaux étaient aussi très irritables ; quelque femelles étaient difficiles à traiter; par contre, les mâles étaient excessivement dociles jusqu’au point qu’ils ne montraient aucune agressivité. L’intérêt sexuel de ces chats était nul ou bien ils montraient un comportement homosexuel. Il était commun d’avoir des avortements spontanés qui furent de l’ordre de 25 % à la première génération jusqu’à 70 % à la deuxième génération. Les livraisons étaient difficiles avec beaucoup de femelles mourant pendant le processus. Le taux de mortalité des chatons était aussi très élevé puisqu’un grand nombre naissait déjà mort ou bien, les chatons naissaient très faibles pour être nourris. Beaucoup de chattes avaient de plus en plus de difficultés pour tomber enceintes. En général, le poids moyen des chatons nouveaux-nés était un 20 % inférieur au celui des chatons nourris avec de la viande crue. La plupart des chats qui tombaient malades mouraient d’infections rénales, pulmonaires et des os.
En discutant ses propres résultats, le Dr. Pottenger pointait « malgré qu’on n’a pas voulu corréler les transformations qu’on a vu sur les animaux avec les malformations qu’on observe aux humains, la ressemblance est si évidente que ces observations parlent par si seules! ».
Comme une conclusion de cette étude, le Dr. Pottenger reportât l’existence de quelque facteur nutritionnel indéterminé et SENSIBLE A LA CHALEUR. Malheureusement, à cause de l’insuffisante connaissance sur les enzymes à l’époque, il n’a pas pu déduire directement que le facteur nutritionnel sensible à la chaleur correspondait aux enzymes.
Aujourd’hui, on sait bien que la viande crue contient un grand nombre d’enzymes, principalement des protéases et des lipases (Huang et al., 2011; Christensen et al., 2004; Schivazappa et al., 2002; Toldrá & Flores, 1998). En fait, les protéases de la viande crue sont les causantes de l’effet de maturation des viandes aux caves froides des restaurants. Aussi, quand nos grand-mères nous conseillaient de placer un morceau de viande rouge sur une partie enflammée de notre corps, c’était pour employer le pouvoir réparateur (anti-inflammatoire) des protéases de la viande crue.
Faisant un commentaire sur l’importante étude du Dr. Pottenger, mais aussi en partant d’une perspective évolutive, les chats sont faits pour développer son métabolisme à partir de la viande crue. C’est ce que font les félins sauvages. Le lecteur pourra donc comprendre que l’actualité de cette étude n’applique que seulement aux humains et aux chats, parce qu’il se reporte aussi des symptômes totalement similaires à nos chiens mascotte. A l’heure actuelle, l’incidence de maladies dégénératives chroniques en des chiens mascotte est suprêmement haute et en plus est en croissance. Spécifiquement, des cas de diabète, obésité, infections parasitaires et maladies dentales (Banfield Pet Hospital, 2011; German, 2006). Los chiens ont évolué de ses ancêtres loups –carnivores– et bien surement, le système immunologique d’un chien mascotte ne peut pas bien supporter la nourriture en pellet que l’on lui donne normalement.
Spécifiquement et avec relation au corps humain, les enzymes peuvent être classées en trois groupes : enzymes métaboliques, enzymes digestives et enzymes dietaires.
Le groupe plus nombreux appartient aux enzymes métaboliques, lesquelles opèrent dans tous et chacun des processus du corps, c’est-à-dire la respiration, la production de la voix, les mouvements musculaires, la concentration mentale, ainsi comme l’opération et maintenance du système immunologique. Un travail de première ligne de ces enzymes est l’élimination de toute substance étrange à l’organisme, comme par exemple, une substance toxique ou même cancérigène, un polluant, un plaguicide ou bien même, la fumée du tabac. La deuxième catégorie fait référence aux enzymes qui sont employées pour la digestion, la plupart produites au pancréas. Elles sont secrétées à travers des glandules vers le duodénum et son travail essentiel est d’hydrolyser les substances alimentaires pour améliorer l’absorption des nutriments. Il doit être établit qu’en quelque forme, les enzymes digestives appartiennent à la catégorie des enzymes métaboliques, mais ont fait cette distinction pour mieux comprendre le processus de la digestion et l’impact que les enzymes ont sur celui-ci.
La troisième catégorie, les enzymes dietaires, correspond aux enzymes que sont contenues dans les aliments. On peut établir que tous les aliments crus contiennent quelque type d’enzymes en variable quantité.
A ce point, il est important de comprendre une particularité évolutive de notre estomac: Le Dr. Howell (déjà nommé) reportait que tous les mammifères sont pourvus d’un estomac « pré-digestif », lequel il l’appelait « l’estomac des enzymes dietaires ». Selon Howard, l’estomac pré-digestif est placé à la partie supérieure de l’estomac physiologique. Cet estomac pré-digestif existe pour que les enzymes des aliments puissent développer une hydrolyse initiale de ses substances. Malgré le fait que certaines enzymes sont produites aux glandes linguales, telle que l’amylase et la lipase, quand on mange des aliments cuits, le travail de la prédigestion retombe exclusivement sur les enzymes métaboliques, lesquelles doivent être prêtées d’un autre organe ou système physiologique (possiblement le système immunologique). Donc, ces enzymes « prêtées » ne peuvent pas continuer à faire ses devoirs métaboliques et de nettoyage de l’organisme. Si cette situation se donne au large de la vie d’un individu, éventuellement il va commencer à avoir des symptômes de quelque maladie dérivée de cette carence alimentaire.
Cet estomac pré-digestif n’est pas bien connu en physiologie humaine. Néanmoins, la littérature médicale nous indique que cet estomac existe bien, pour autant son rôle ou sa fonction ne sont pas encore très clairs.
Les professeurs Hans Jorg Ehrlein et Michael Scheman (2006) du Département de Biologie Humaine de l’Université Technique de Munich en Allemagne expliquent que du point de vue fonctionnel, l’estomac peut être divisé entre le « réservoir gastrique » et la « pompe gastrique ». Ces deux sections sont aussi appelées l’estomac proximal et l’estomac distal. La fonction du réservoir gastrique est d’accommoder les aliments lors d’un repas, puis évacuer le digeste vers la partie inférieure de l’estomac, c’est-à-dire vers la « pompe gastrique ».
Au réservoir gastrique ou estomac proximal, le digeste est soumis à de contractions toniques et des ondes péristaltiques qui font agiter et mélanger son contenu au fur et à mesure qu’il est envoyé vers la pompe gastrique.
Collins et al. (1991) reportent que l’estomac proximal joue un rôle important sur le contrôle de la décharge d’aliment solide, pendant que l’estomac distal est important pour la décharge des aliments liquides. Les composants solides de l’aliment restent initialement dans le réservoir correspondant à l’estomac proximal.
Doran et al. (1998) ont trouvé que l’aliment solide peut rester déposé à l’estomac proximal jusqu’à trois heures après l’ingestion. Encore plus, ils reportent que jusqu’un vingt pour cent (20 %) de l’aliment solide peut demeurer au estomac proximal après deux heures de son ingestion.

Lorena et al. (2000) reportent que le temps pour vider un 50 % du contenu d’aliment solide du estomac proximal est de approximativement 34 minutes. En plus, on peut trouver un 20 % du contenu du estomac proximal quelque 100 minutes après son ingestion.
Il est bien certain que « l’estomac enzymatique » décrit par le Dr. Howell correspond à l’estomac proximal ou réservoir gastrique. Sa seule fonction connue est d’accommoder, agiter et mélanger les aliments digérés. De toute façon, on reconnait que cet estomac est fait pour faciliter la liquéfaction des aliments. Le processus de liquéfaction de l’aliment se ferait de manière très efficace avec les enzymes contenues dans les aliments crus.
En 1908, on a découvert au village de La Chapelle-aux-Saints en France, un squelette d’un individu appartenant à l’espèce Homo neanderthalensis. Il en résulta être un individu mâle âgé de 40 ans avec une anatomie caractérisée par une résorption avancée de l’os mandibulaire (indiquant une balance négative de calcium) et de signes avancés d’ostéoarthrite (Trinkaus, 1985). Les scientifiques ont estimé qu’il a vécu il y a quelques 60.000 années. Selon la science médicale, malgré que l’ostéoarthrite est la maladie plus commune des articulations et une des causes plus courantes d’incapacité, on ne connaît pas encore ses causes épidémiologiques (Das & Farooqi, 2008; Arden & Nevitt, 2006).
Comme on découvrira lors des prochaines pages, la cause initiale de l’inflammation arthritique est la déposition d’immunocomplexes antigène-anticorps sur les articulations. Ces immunocomplexes se forment initialement comme une réponse du système immunologique pour attraper et détruire une substance ou un corps antigène. C’est une opération bien normale du système immunologique. Néanmoins, quand la présence d’antigènes surpasse la capacité du système immunologique, on obtient une excessive formation d’immunocomplexes qui ne sont pas détruits et précipitent préférentiellement sur les articulations en causant ensuite l’inflammation du tissu a l’entourage.
Aujourd’hui, par compte des aliments cuits et pourtant dépourvus d’enzymes, une partie considérable des antigènes combattus par le système immunologique a une origine dietaire. L’apparition de l’arthrite à l’histoire de l’humanité se donne après que les hominides apprirent à employer le feu, du moins pour rôtir sa viande.

 

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Trinkaus E (1985); “Pathology and the posture of the La Chapelle-aux-Saints Neandertal”; Am J Phys Anthropol.; 67(1):19.

 

4 DEFICIENCE D’ENZYMES A LA DIETE

La déficience d’enzymes à la diète ne permet pas l’appropriée hydrolyse des composés alimentaires, ce qui donne comme résultat la présence de particules d’aliment non-digérées qui ne peuvent pas être employées comme de nutriments par les cellules (Loomis, 1999):
Ces particules non-digérées ont alors deux possibles chemins au corps humain:

1) Particules d’aliment non-digérées d’un taille telle qu’elles ne peuvent pas traverser la paroi de l’intestin vers le système portal, donc elles restent à l’intérieur de l’intestin où elles subissent des processus anormaux de putréfaction, donnant lieu à des toxines qui sont absorbées à travers de la paroi de l’intestin et amenées à la circulation. En plus, la putréfaction de nourriture non-digérée a l’intestin produit la pathologie de dysbiose bactérienne et le syndrome d’hyperperméabilité intestinale, lesquels seront aussi étudiés dans les prochaines pages.

2) Particules d’aliment non-digérées mais d’une taille telle qu’elles peuvent traverser la paroi intestinale vers le système portal ou elles sont reconnues par le système immunologique comme étant des antigènes. Donc, pour autant elles activent les mécanismes de défense qui cherchent à les capturer et les détruire. Ces antigènes dietaires donnent lieu à la formation d’immunocomplexes, provocant des cadres inflammatoires et d’autres pathologies immunologiques connexes qui peuvent être décrites à partir du phénomène connu comme Leucocytose Digestive. Ce qui est aussi décrit en suite.

4.1 DYSBIOSE BACTERIENNE
La relation du corps avec sa flore bactérienne intestinale est SYMBIOTIQUE; c’est-à-dire une association entre deux entités à bénéfices réciproques. Elie Metchinkoff – biologiste russe qui reçut le Prix Nobel de Médicine en 1908 – a popularisé l’idée de la « dys-symbiose » ou « dysbiose » en indiquant une condition dans laquelle la flore intestinale commençait à produire des effets adverses sur la santé d’un individu. Metchinkoff affirmait que les amines toxiques produites par la putréfaction des résidus alimentaires au lumen de l’intestin étaient la cause des maladies dégénératives.
La flore intestinale humaine est un complexe écosystème dans lequel coexistent plus de 100.000 billions de bactéries appartenant à plus de 500 espèces différentes (Bourlioux et al., 2012). Cette biote intestinale a des fonctions surprenantes et en fait, elle a été décrite comme un « organe métabolique » additionnel (Burcelin et al., 2013; Fava & Danese, 2011).
Le biote intestinal réside primordialement au côlon, où il peut trouver les nutriments dont il en a besoin. D’une manière logique, ses nutriments proviennent des aliments qui n’ont pas été totalement digérés et absorbés dans l’intestin grêle d’un individu. Essentiellement, il en existe deux types de processus microbiens à l’intérieur de l’intestin : fermentation des carbohydrates et fermentation des protéines – plus communément appelée putréfaction -.

On considère que les produits de la fermentation des carbohydrates sont bénéfiques ; en contrepartie les produits de la putréfaction peuvent être toxiques (Davis & Milner, 2009). La fermentation des carbohydrates produit des acides gras de courte chaine (butyrate, acétate et propionate), lesquels peuvent être à la suite, métabolisés par les cellules pour obtenir de l’énergie. Par contre, les produits dérivés de la protéolyse peuvent compter des composées phénoliques, des amines, de l’ammoniac et des indoles, tous lesquels sont potentiellement toxiques pour l’organisme.
D’autres effets bénéfiques de la flore intestinale comprennent l’hydrolyse des lipides, la production de vitamines, l’absorption du fer et le métabolisme de xenobiotiques. La flore conforme aussi une espèce de barrière qui se constitue en un formidable obstacle pour l’invasion des pathogènes.
A ce point-ci, on doit souligner trois aspects importants du côlon et de la flore intestinale:

1) Le côlon, l’endroit ou normalement réside la flore bactérienne est un canal de passage pour les matériaux de la digestion. Evolutivement, le côlon n’a pas été fait pour la rétention des résidus alimentaires et bien moins, comme une place pour la dégradation (putréfaction) des résidus.

2) La flore intestinale des humains modernes est la typique des primates omnivores (Ley et al., 2008); dans ce sens, la flore intestinale a eu une évolution à partir d’une diète plus chargée en fibre, conséquente avec une alimentation plus riche en fruits et végétaux (Eaton et al., 2010; Cordain et al., 2005). Le fait que la flore intestinale soit prédisposée a des processus d’assimilation de carbohydrates complexes incluant la fibre dietaire, supporte cette caractéristique évolutive.

3) D’accord avec les fondements d’écologie microbienne, la flore intestinale correspond à un système qui achève un équilibre entre le nombre d’espèces et le nombre d’individus de chaque espèce en relation avec la disponibilité de nourriture et des conditions du milieu. Quand l’équilibre se perd, cela produit un changement du nombre d’espèces et du nombre d’individus à chaque espèce.
La présence accumulée de matériel non-digéré causé par la déficience d’enzymes au lumen du côlon implique des conditions anormales pour la flore intestinale qui cherche alors un nouveau état d’équilibre qu’on peut considérer pathologique. La dysbiose intestinale est définie alors comme un état de déséquilibre de l’écosystème bactérien de l’intestin, dans lequel apparait une excessive croissance de certains microorganismes et perte d’autres (Petrof et al., 2013).
Actuellement, on reconnait que le biote intestinal joue un rôle très important dans la fonction immunologique qui va plus loin de la santé intestinale, puisque ce biote est absolument nécessaire pour le développement idéal du système immunologique d’un individu, autant pour les mécanismes de l’immunité innée, comme de l’immunité adaptative. On considère que la flore intestinale maintient l’homéostasie du système immunologique d’un individu (Burcelin et. al., 2013; Kosiewicz et al. 2011; Arrieta & Finlay, 2008).
En plus de l’impact négatif sur le système immunologique d’un individu, la dysbiose intestinale donne lieu à d’autres problèmes (Catanzaro & Green, 1997; Galland & Barrie, 1993):

1. L’intestin grêle est le principal canal pour l’absorption des nutriments. Cependant le métabolisme des bactéries dysbiotiques interfère avec ce processus. Les bactéries dysbiotiques préviennent l’absorption de la vitamine B12 en provocant sa déficience avec un cadre conséquent d’anémie mégaloblastique. Du fait, la vitamine B12 qui se perd à cause de la dysbiose peut être retrouvée dans les fèces des patients affectés avec de la dysbiose.

2. L’enzyme uréase produite par des bactéries dysbiotiques en présence de diètes riches en viande, hydrolyse l’urée en produisant de l’ammoniac. L’ammoniac augmente le pH des fèces. Alors, un pH relativement haut aux fèces est associé avec une prévalence de cancer du côlon.

3. La décarboxylation des acides aminés par des bactéries dysbiotiques produit des amines toxiques et vasoactives (histamine, octopamine, tyramine et tryptamine). Ces molécules sont absorbées vers la circulation portale, devant être désaminés par le foie. En cas de cirrhose sévère, ces amines arrivent à la circulation systémique et peuvent contribuer à l’encéphalopathie et l’hypotension par faille hépatique.

4. Les diètes riches en viande ont par conséquence une excessive production de tryptophanase bactérienne qui dégrade le tryptophane en produisant de phénols cancérigènes. Les concentrations à l’urine d’indole et d’indican – des produits de la dégradation du tryptophane- sont toujours élevées aux patients avec dysbiose. Cette pathologie en particulier est nommée Indicanuria. Elle est aussi la cause de toute une série de troubles physiologiques qui sont présentés à la Table No. 1.

5. D’autres enzymes bactériennes, comme la beta-glucuronidase, hydrolysent les estrogènes conjugués. La déconjugaison bactérienne augmente la recirculation entéro-hépatique des estrogènes. C’est-à-dire que la diète moderne a comme résultat une diminution des estrogènes aux fèces, tandis qu’on observe son augmentation au sang et à l’urine, possiblement favorisant l’occurrence du cancer du sein et de prostate.

6. La beta-glucuronidase et d’autres enzymes hydrolytiques bactériennes font aussi la déconjugaison des acides biliaires. Ces acides biliaires déconjugées sont toxiques pour la paroi du côlon et causent diarrhée. En plus, ces acides ainsi que ses métabolites sont soupçonneux d’être cancérigènes.

7. L’absorption des aminoacides peut être affectée, diminuant le contenu de protéines en sérum, mais augmentant le nitrogène fécal. Ces changements associés à la dysbiose contribuent à la dysfonction des cellules de la paroi intestinale, réduisant l’absorption de protéines et de carbohydrates.

8. Quelques bactéries dysbiotiques excrètent des protéases qui dégradent les enzymes digestives de l’individu, augmentant le problème de déficience d’enzymes et par suite, le problème d’une mauvaise digestion.

9. Tous les métabolites et toxines des bactéries dysbiotiques parviennent à irriter les parois de l’intestin. Quand le fonctionnement de la barrière intestinale est compromis, il y a une augmentation de la perméabilité aux antigènes, favorisant alors que les antigènes passent au système lymphatique et à la circulation. Le syndrome d’hyperperméabilité intestinale doit être donc, considéré comme une partie intégrale de quelconque condition chronique pathologique.

 

Burcelin et al. (2013) font remarquer la relation entre le biote intestinal et les maladies métaboliques, particulièrement obésité, hyperglycémie, résistance à l’insuline, stéatohépatite, foie gras, diabète type 2 et finalement, l’endotoxémie métabolique.
Tabbaa et al. (2013) reportent une association entre dysbiosis et obésité, foie gras, diabète, syndrome métabolique, maladies cardiovasculaires et des problèmes parodontaux, en plus du syndrome du côlon irritable. Yang et al. (2013) reportent aussi l’association entre dysbiosis bactérienne et obésité.
Brown et al. (2012) reportent que la dysbiosis peut influencer la susceptibilité aux maladies chroniques intestinales comme la colite ulcéreuse, la maladie coeliaque, la maladie de Crohn, et le syndrome du côlon irritable, ainsi comme des maladies plus systémiques comme le syndrome métabolique, obésité et finalement, diabète type 1 et type 2.

 

TABLE No. 1. SYMPTOMES D’INDICANURIE (TOXEMIE INTESTINALE)

Peau – Poil – Ongles
Dermatose
Eczéma
Psoriasis

Yeux – Nez – Oreilles
Maladies des seins nasales
Maladies de l’oreille moyenne et interne
Irritation oculaire

Cardiovasculaire
Tachycardie
Arythmie cardiaque
Migraines

Génito-Urinaire
Odeur forte à l’urine

Bouche – Gorge
Halitose
Odeur corporelle

Système Respiratoire
Asthme

Gastro-Intestinal
Eructation et flatulence
Constipation/diarrhée
Maladie de Crohn
Allergies alimentaires
Odeur forte aux fèces
Gastrite
Acidité gastrique
Hernie hiatale
Inflammation du côlon
Problèmes de la valvule iléo-caecale
Mauvaise assimilation
Perte de poids

Système Musculosquelettique
Arthrite
Douleur à la base de la colonne et sciatique
Fibromyalgie et myosotis

Système Endocrine
Pathologie des seins
Eclampsie
Goitre (agrandissement de la Thyroide)

Système Nerveux
Dépression et mélancolie
Désordres épileptiques
Préoccupation excessive et anxiété
Décoordination
Irritabilité
Insécurité
Perte de concentration y mémoire
Lenteur mentale ou apathie
Schizophrénie ou sénilité
Polynévrite sensorielle

 

D’accord avec Galland & Barrie (1993), la dysbiose intestinale doit être considérée comme le mécanisme promoteur de la maladie en tous les individus ayant des troubles gastro-intestinaux chroniques, désordres inflammatoires et auto-immunes, intolérance et allergie aux aliments, cancer du côlon et du sein; mais aussi des symptômes inexplicables de fatigue, malnutrition et des troubles neuropsychiatriques.
Gracey (1971) reporte une association entre la dysbiose intestinale et la cholangite, stéatorrhée avec des altérations au métabolisme de sels biliaires, hypoprotéinémie, anémie pernicieuse, malabsorption de vitamine D et déficience de fer.

 

4.2 HYPERPERMEABILITE INTESTINALE

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REFUSONS L’OBLIGATION VACCINALE — jbl1960blog


Ce sera un bon début ! UNION + RÉFLEXION + ORGANISATION = ACTIONS COLLECTIVES HORS INSTITUTIONS Contre l’oligarchie et le Nouvel Ordre Mondial EnMarche la solution c’est une grève générale illimitée et expropriatrice et dans le même temps notre organisation au niveau local puis en associations libres et volontaires pour instaurer la société des sociétés. […]

via REFUSONS L’OBLIGATION VACCINALE — jbl1960blog

L’ENFANT, ce GLANDULAIRE INCONNU


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Auteur: Dr Jean Gautier
Ouvrage: L’enfant ce glandulaire inconnu

Année: 1981

PRÉFACE
Peut-on penser qu’avec toutes nos connaissances actuelles sur l’enfant, un livre peut encore apporter quelque chose de vraiment nouveau ? On pourrait en douter. Pourtant ce livre dont la première édition, à compte d’auteur, date de 1961 reste toujours aussi fondamental par les connaissances qu’il révèle.
Il apporte la solution à de nombreux problèmes de l’enfance : désadaptation scolaire et intellectuelle, agitation, allergie, énurésie, croissance, toutes sortes de handicaps mentaux, etc. Toutes ces questions restent cruciales pour de très nombreux parents qui cherchent, en vain, ce qui serait le début d’un immense espoir, mais surtout un moyen de soigner et de guérir leur enfant.
En quoi la connaissance approfondie de l’enfant est-elle absolument primordiale ? En ce que l’enfant est d’abord soumis à la grande loi de croissance alors que l’homme ne l’est plus. Connaître comment croît l’enfant, c’est connaître comment l’homme fonctionne. Tout cela implique la notion de genèse. Qu’est-ce qu’une genèse ? C’est l’ensemble des faits et des événements qui ont contribué à la formation de quelque chose.
L’Embryologie étudie la genèse de l’enfant à un stade très précoce : dès l’union des 2 gamètes mâle et femelle. La Psychologie étudie la genèse de l’enfant dès le berceau, sous un angle plus vaste qui comprend à la fois la maturation physiologique et l’incidence du milieu environnant sur cette maturation. On sait actuellement qu’il y a une évidente interaction entre les deux. Cette psychologie spécialisée est dite Psychologie « génétique » en ce qu’elle étudie la genèse de l’enfant.
Mais il manque à ce grand corps de connaissances une clé qui lui ouvrirait de nombreuses portes et qui restent encore fermées. Cette clé est contenue dans ce livre qui représente l’énorme travail de synthèse d’un savant méconnu : le docteur Jean Gautier, de Bordeaux. On ne pardonne pas à J. Gautier d’être génial, c’est-à-dire créateur, et en avance sur son temps, ces découvertes ayant plie de 30 ans et n’étant toujours pas officiellement connues. Surtout, l’on n’admet pas les travaux et les idées qui ne suivent pas la filière des grandes universités. On reprochera sans doute à J. Gautier de ne pas être un homme de laboratoire ni d’employer systématiquement ce qu’on appelle la méthode scientifique où l’expérimentation est décisive. Mais cette dernière a ses limites et, souvent, elle ne respecte pas les échelles d’observation, donc elle échoue. Pour J. Gautier, l’évidence physiologique existait. Il l’a montré par son efficacité thérapeutique indéniable.
L’endocrinologie de J. Gautier est originale. Elle se défie des analyses de laboratoire et elle est surtout une psycho-endocrinologie. Si, par exemple, la thyroïde est si importante, ce n’est pas seulement parce qu’elle peut être la cause de la maladie de basedow
mais c’est surtout parce qu’elle est à l’origine de tout processus vital et qu’elle est
responsable d’une psychologie particulière. Chaque glande influence notre esprit d’une
manière qui lui est propre. Il fallait que ce soit dit et expliqué en des termes nuancés
pour ne pas faire penser que notre vie psychique provienne seulement de nos glandes
endocrines. Celles-ci pourtant nous conditionnent totalement dans notre caractère et
toute notre personnalité.
Ce livre remet en cause un dogme : la primauté du système nerveux. En réalité, c’est
le système glandulaire qui règle le système nerveux et non le contraire. On sait en effet
que la thyroïde, dès la période foetale, est nécessaire à la maturation du tissu nerveux
cérébral. Il est normal qu’ensuite, ce soit encore cette glande qui préside aux enregistrements
nerveux et à la qualité des automatismes. Actuellement beaucoup de recherches
se font au niveau neuroendocrinien. On sait depuis longtemps toute l’importance des
endocrines mais cela n’empêche pas de penser malheureusement que c’est encore le système nerveux qui les commande.
Selon les critères actuels, certains termes techniques seront considérés comme
impropres. Par exemple, hyperthyroïdie » chez Gautier signifie toutes les tendances
à l’hyperfonction et aussi à l’instabilité thyroïdienne ; tandis que ce terme en médecine
signifie surtout les grands syndromes thyroïdiens en hyper comme la maladie de
Basedow. Ce sont des détails. Au sujet de la mémoire, l’auteur ne tient pas compte des
découvertes sur la « mémoire à court terme » ou sur la « mémoire à long terme ». La plupart
de ces questions n’étaient pas connues il y 20 ans. De toute façon, elles ne changent
rien par rapport aux connaissances apportées par Gautier qui lient la mémoire aux
possibilités de la glande thyroïde agissant sur les enregistrements cérébraux.
Cette nouvelle édition a été soigneusement revue et corrigée. Le texte original a subi
quelques retouches et suppressions nécessaires qui alourdissaient l’exposition des idées
sans apporter d’informations nouvelles. Nous en avons pris la responsabilité en tant
que légataire de tous les manuscrits de J. Gautier et sachant qu’ainsi nous ne trahissions
pas sa pensée. Puisse ce livre apporter beaucoup d’espoir et devenir un nouveau tremplin de recherches pour l’avenir.
Jean du Chazaud
(Paris, mars 1981)

suite…

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SE SOIGNER PAR SOI-MÊME A L’ ÈRE MODERNE


Un si bouleversant secret.jb.decrypted : Se soigner par soi-même à l ère moderne Hal-SHSRésultat de recherche d'images pour "SE SOIGNER PAR SOI-MÊME A L'ÈRE MODERNE"

THÈSE

Pour obtenir le grade de Docteur de l’Université de Bourgogne Discipline : Philosophie

Par ERIC BAWEDIN

SOUTENUE LE 08 NOVEMBRE 2013

Directeur de thèse Jean-Claude GENS

 

 

 

RÉSUMÉ :

A l’ère moderne, se soigner par soi-même c’est répondre à des situations créées par la médecine. Son efficacité, ses limites, ses interventions, sa pratique, sa propension à médicaliser les existences, son inscription dans l’économie de marché sont autant de facteurs qui interagissent avec la capacité auto-soignante de la personne comme l’attestent la désorganisation du schéma identitaire du patient lors d’interventions visant à réparer des traumatismes physiques, le malade chronique délégataire de la médecine, la médicalisation de l’avancée en âge. Aussi, la tâche impartie à l’homme moderne est de s’affranchir des asservissements, des effets de désagrégation, des interférences que génèrent les activités médicales. En ce sens, se soigner par soi-même c’est, d’une part, décrypter les buts poursuivis par la médecine et déterminer si son action répond avec pertinence à sa problématique de santé ; et, d’autre part, élaborer des réponses non contraintes et innovantes aux situations déstabilisantes. En se soignant par lui-même, c’est-à-dire en étant capable de faire apparaître, en temps de crise, des modalités adaptatives à une réalité déstabilisatrice, l’homme moderne s’affirme en tant qu’authentique sujet créateur de sa vie.

INTRODUCTION :

« Il faut que l’homme qui est intelligent, comprenant que la santé est le premier des biens, sache se secourir de son chef dans les maladies1 ». Cette sentence hippocratique invite à saisir que le fonctionnement régulier et harmonieux de l’organisme est ce qui contribue, en premier lieu, à son équilibre et à son épanouissement. On peut, dès lors, logiquement en déduire que chacun se doit de disposer de connaissances appropriées et efficaces, acquises par l’étude, l’analyse ou l’expérience pour restaurer sa santé lorsqu’elle est altérée par la maladie. Il est à remarquer que, dans la prescription hippocratique que nous venons de citer, il semble bien que, seule, la présence de la pathologie fait que la personne prend l’initiative de juger, de décider et d’agir par elle-même. L’adoption d’un comportement raisonnable destiné à protéger sa santé, comme par exemple le respect d’une hygiène de vie, n’est pas, explicitement, envisagée dans ce précepte particulier. Mais, attendre le moment de l’irruption de la pathologie pour agir revient à compromettre ce bien premier qu’est la santé. τr, justement, la permanence des soins que l’on doit se prodiguer à soi-même ne s’inscrit-elle pas plutôt dans l’entretien de sa santé plutôt que dans sa restauration ? Pour le lexicographe qui se réfère à la première édition du Dictionnaire de l’Académie française, celle de 1694, l’acception originelle du mot soin est l’application d’esprit à faire quelque chose. Nous pouvons, par conséquent, en déduire que la personne, à partir d’une certaine conception des choses, adopte un comportement caractéristique et agit de manière appropriée. Ainsi, le fait d’éprouver la nécessité de préserver sa santé, l’incite à adopter une conduite adéquate. Aussi, l’attitude qui consiste à se soigner par soi-même traduit la volonté de la personne de prendre en considération le problème de santé qui l’affecte, et de réagir afin de parvenir à le régler. Elle présuppose, donc, à mon sens, qu’elle connaisse les modalités de fonctionnement de son organisme, et sache interpréter ses manifestations. Mais, à l’évidence, c’est insuffisant pour espérer être en mesure de se porter secours à soi-même avec efficacité :


1 Hippocrate, Du régime salutaire, Œuvres complètes, tome sixième, trad. Émile Littré, Paris, J.B. Baillière, 1849, p.87.


« A ce motif si important [l’intérêt de connaitre son corps], il se joint un intérêt qui n’est pas à négliger, celui d’être éclairé sur les moyens de se bien porter, de prolonger sa vie, d’expliquer plus nettement le lieu, les symptômes de sa maladie, quand on se porte mal ; de discerner les charlatans ; de juger, du moins en général, des remèdes ordonnés2 ». La personne se doit, donc, aux yeux de Diderot, de posséder, certes, les rudiments d’une bonne hygiène de vie, mais, aussi, d’être capable de localiser ses troubles et de les comprendre, de reconnaître les médicastres, c’est-à-dire les mauvais médecins et les charlatans, et enfin d’apprécier la valeur des thérapies prescrites. A cet égard, nous pouvons nous référer aux Confessions de Rousseau pour concrétiser, et comprendre le cheminement d’une personne qui est confrontée, inopinément, aux manifestations inhabituelles de son organisme : « Un matin que je n’étais pas plus mal qu’à l’ordinaire, en dressant une petite table sur son pied, je sentis dans tout mon corps une révolution subite et presque inconcevable. Je ne saurais mieux la comparer qu’à une espèce de tempête qui s’éleva dans mon sang, et gagna dans l’instant tous mes membres. Mes artères se mirent à battre d’une si grande force, que non seulement je sentais leur battement, mais que je l’entendais même, et surtout celui des carotides. Un grand bruit d’oreilles se joignit à cela, et ce bruit était triple ou plutôt quadruple, savoir : un bourdonnement grave et sourd, un murmure plus clair comme d’une eau courante, un sifflement très aigu et le battement que je viens de dire, et dont je pouvais aisément compter les coups sans me tâter le pouls ni toucher mon corps de mes mains. Ce bruit interne était si grand qu’il m’ôta la finesse d’ouïe que j’avais auparavant, et me rendit non tout à fait sourd, mais dur d’oreille, comme je le suis depuis ce temps-là. On peut juger de ma surprise et de mon effroi. Je me crus mort ; je me suis mis au lit ; le médecin fut appelé ; je lui contais mon cas en frémissant et le jugeant sans remède. Je crois qu’il en pensa de même, mais il fit son métier. Il m’enfila de longs raisonnements où je ne compris rien du tout ; puis en


2 Diderot Denis, D’Alembert Jean le Rond, Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers par une Société de Gens de Lettres, Tome Premier, Paris, Chez Briasson, Davis l’aîné, Le Breton, Durand, 1751-1765, p.411.


conséquence de sa sublime théorie, il commença in anima vili3 la cure expérimentale qu’il lui plut de tenter. Elle était si pénible, si dégoûtante, et opérait si peu, que je m’en lassai bientôt ; et au bout de quelques semaines, voyant que je n’étais ni mieux ni pis, je quittai le lit et repris ma vie ordinaire avec mon battement d’artères et mes bourdonnements, qui, depuis ce temps là, c’est-à-dire depuis trente ans, ne m’ont pas quitté une minute4 ». Ainsi, à l’occasion d’un geste du quotidien, sans aucun signe précurseur, Rousseau s’éprouve, donc, soudainement, comme un autre. Son organisme s’exprime différemment de l’habitude. Son corps n’est plus, alors, que tempête dans le déchaînement de ses éléments constituants. Surpris et effrayé, l’auteur se projette, immédiatement, dans une mort qui lui paraît imminente. Aussi, confronté à ce qu’il croit être une situation d’urgence, la décision qui s’impose à lui est de faire appel au corps médical. L’intérêt de l’expérience relatée par Rousseau, réside, pour moi, dans le fait que la relation thérapeutique se caractérise par une opposition entre l’inquiétude d’un sujet qui croit qu’il va mourir, et un médecin théorisant et expérimentateur qui ne prend pas en considération ses appréhensions et sa souffrance. De fait, la pratique médicale à laquelle est confronté Rousseau pose la question du but qui est, réellement, poursuivi par le médecin, et de sa capacité effective à pouvoir guérir son patient. A l’évidence, l’intervention du thérapeute se solde, en définitive, par un échec. En effet, la pénibilité du traitement et l’absence d’amélioration de sa santé conduisent Rousseau à conclure qu’il peut se dispenser de recourir à la médecine. Par conséquent, la seule attitude possible est de retourner vaquer à ses occupations quotidiennes. Il est à noter que la défiance vis-à-vis de la médecine s’explique, également, par le fait qu’elle contribue à la perte d’aptitudes utiles dans la lutte contre la maladie ; ce qui a comme conséquence d’affaiblir la capacité de résistance de la personne :


3 Sur une vie de peu de prix. Cette expression était utilisée à propos des expérimentations sur les animaux. 4 Rousseau Jean-Jacques, Les Confessions, I. Livre VI, Paris, Flammarion, 2002, p.273-274.


« Un corps débile affaiblit l’âme. De là l’empire de la médecine, art plus pernicieux aux hommes que tous les maux qu’il prétend guérir. Je ne sais, pour moi, de quelle maladie nous guérissent les médecins, mais je sais qu’ils nous en donnent de biens funestes : la lâcheté, la pusillanimité, la crédulité, la terreur de la mort : s’ils guérissent le corps, ils tuent le courage5 ». Mais, lorsqu’il s’agit de se soigner par soi-même, la mise à distance de la médecine correspond, aussi, à la mise en œuvre d’une règle de conduite que la personne s’est fixée. Dans ce cas, elle s’appuie sur son expérience, et elle se laisse guider par l’habitude et par le plaisir : « En premier lieu l’expérience me fait craindre ces inventions car d’après ce que je peux connaître, je ne vois aucune espèce de gens si tôt malade et si tard guérie que celle qui est sous la juridiction de la médecine. Leur santé elle-même est altérée et gâtée par la contrainte des régimes. Les médecins ne se contentent pas d’avoir la maladie à gouverner, ils rendent la santé malade pour empêcher que l’on puisse à quelque moment échapper à leur autorité. D’une santé constante et entière ne tirent-ils pas argument pour une grande maladie à venir ς J’ai été assez souvent malade : j’ai trouvé, sans leur secours, mes maladies aussi douces à supporter (et j’en ai éprouvé de presque toutes les sortes) et aussi courtes que chez personne d’autre, et de plus je n’y ai pas mêlé l’amertume [des drogues] de leurs ordonnances. La santé je l’ai libre et entière, sans règle et sans autre discipline que celle de mon habitude et de mon plaisir6 ». Néanmoins, cette autonomie de décision et d’action implique d’avoir une confiance suffisante en sa propre capacité à pouvoir surmonter les épreuves rencontrées. Dans cette perspective, c’est bien l’absence de cette assurance qui explique, par conséquent, le recours à la médecine : « C’est la crainte de la mort et de la douleur, l’incapacité de supporter le mal, une soif furieuse et immodérée de la guérison qui nous aveuglent ainsi : c’est une pure lâcheté qui rend notre croyance si molle et si malléable. La plupart des gens pourtant ne croient pas autant à la


5 Rousseau Jean-Jacques, Emile, Livre I, Paris, Editions Flammarion, 1966, p.58. 6 Montaigne Michel de, Les Essais en français moderne, Paris, Gallimard, 2009, p.928.


médecine qu’ils laissent faire. Je les entends, en effet, se plaindre d’elle et en parler comme nous ; mais ils se décident enfin : « Que ferais-je donc [d’autre] ? ». Comme si l’incapacité de supporter le mal était en soi un meilleur remède que l’endurance7 ». En revanche, l’expérience des limites de la médecine conduit à chercher en soi-même les ressources nécessaires pour se prodiguer des soins. Mais, si le malade est fasciné par la figure du médecin, au point que, comme l’écrit Julien Offroy de La Mettrie : « Sa seule vue calme le sang, rend la paix à une âme agitée et fait renaître la douce espérance au cœur des malheureux mortels8 », alors, il n’existe aucune raison objective de se soigner par soi-même. Le recours exclusif au corps médical s’impose comme une évidence indiscutable. On voit bien que, lorsqu’il s’agit de vaincre la maladie, la personne est appelée à prendre position. Elle peut, en effet, faire appel aux services d’un thérapeute. Mais, elle peut, également, juger qu’elle est capable de se soigner par elle-même. Aussi, lorsque ce cas de figure se présente, la question se pose de savoir si nous pouvons établir une homologie entre se prodiguer des soins à soi-même et être le médecin de soi-même. A cet égard, l’étude de l’œuvre aristotélicienne est particulièrement éclairante. Rappelons que, pour Aristote, la nature présente un double caractère. D’une part, elle n’agit pas au hasard9 et, d’autre part, elle réalise toujours le meilleur des possibles10. La nature opère donc, en quelque sorte, à la manière d’un artisan cosmique qui procède à l’arrangement harmonieux de toutes choses dans le monde, en utilisant les ressources à sa disposition. Mais, à l’évidence, la nature n’est ni omnipotente ni omnisciente. Par conséquent, elle ne peut pas tout. Il lui arrive de buter sur des difficultés, de connaître des défaillances. La nature porte en elle ses propres limites. Ainsi, l’étant naturel, c’est-à-dire le vivant, possède une caractéristique propre qui est celle de pouvoir tomber malade. Mais, il convient de souligner


7 Montaigne Michel de, Les Essais en français moderne, op.cit., p. 946. 8 Offroy de La Mettrie Julien, L’Homme-Machine, Paris, Gallimard, 1999, p.141. 9 Aristote, Traité du Ciel, II, 8, 290 a30, trad. Catherine Dalimier et Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 2004, p.241. 10 Ibid., p.219.


qu’il présente une autre spécificité intrinsèque. Il est, en effet, pourvu d’un principe de mouvement et de repos11 ; ce qui permet, notamment, notons-le, de le différencier de l’étant technique. A partir de la caractérisation que nous venons d’établir, la pathologie est à comprendre comme une altération du rythme et de l’intensité du mouvement de la φȪıȚȢ, c’est-à-dire de la nature. La φȪıȚȢ a donc l’impérieuse nécessité de trouver dans la IJέχνη, l’art, la technique, des éléments qu’elle ne possède pas, et qui sont susceptibles de lui permettre de restaurer pleinement son principe de mouvement. On peut, alors, concevoir que la pratique médicale s’inscrit dans une technè. Le mouvement de retour à la santé s’opère, donc, par la forme qui réside dans l’âme du médecin, et le soin, considéré comme le moyen de secourir la nature défaillante, s’enracine dans une analyse médicale préalable des causes de la maladie12 : « […] c’est donc chaque santé particulière de chaque corps que doit produire la science de la santé, par l’intermédiaire d’une cause motrice qui est l’homme possédant cette science13 ». Ainsi, on peut dire que la fonction de l’art est de suppléer aux défaillances de la nature14. Par voie de conséquence, pour y parvenir, l’art doit composer avec les éléments, les matériaux fournis par la nature15 . C’est bien l’art de la médecine qu’il possède qui permet au médecin de prodiguer des soins. En l’occurrence, ceux-ci soutiennent l’action de la nature qui n’arrive pas d’elle-même à combattre la maladie et à restaurer un état de santé altéré : « […] les soins les plus éclairés seront ceux donnés à un homme pris individuellement, par un médecin ou un maître de gymnastique ou tout autre ayant la connaissance de l’universel, et sachant ce qui convient à tous ou à ceux qui rentrent dans telle catégorie : car la science a pour


11 Aristote, Physique, II, 1, 192 b 10-15, trad. Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 2002, p. 115-116 12 Aristote, Métaphysique Z, 7, 1032 a25 -1032 b30, trad. Marie-Paule Duminil et Annick Jaulin, Paris, Flammarion, 2008, p.247-249. 13 Stevens Annick, L’ontologie d’Aristote au carrefour du logique et du réel, Paris, Vrin, 2000, p.224. 14 Aristote, La Politique VII, 17, 1337a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1995, p.549. 15 Aristote, Physique, II, 8, 199 a15, op.cit., p. 152.


objet le général, comme on le dit et comme cela est en réalité, non pas qu’il ne soit possible sans doute qu’un individu déterminé ne soit traité avec succès par une personne qui ne possède pas la connaissance scientifique, mais a observé avec soin, à l’aide de la seule expérience, les phénomènes survenant en chaque cas particulier, tout comme certains semblent être pour eux-mêmes d’excellents médecins, mais seraient absolument incapables de soulager autrui. Néanmoins, on admettra peut-être que celui qui souhaite devenir un homme d’art ou de science doit s’élever jusqu’à l’universel et en acquérir une connaissance aussi exacte que possible : car, nous l’avons dit, c’est l’universel qui est l’objet de la science16 ». Aristote opère, de fait, une distinction entre la technè qui procède au moyen de la connaissance, et l’expérience personnelle susceptible de générer une efficacité ponctuelle qui repose sur des observations et des expérimentations successives, opérées sans comprendre les causes des phénomènes. Le savoir que la personne possède, par sa propre expérience occasionnelle, la rend capable, dans certaines circonstances, de lutter efficacement contre les altérations de sa santé. De fait, l’atténuation de la douleur, l’atteinte de la guérison s’obtiennent à partir du déploiement, par la personne, d’un pur empirisme. En effet, la personne qui se soigne, par elle-même, n’est pas pour autant un médecin. En conséquence, il est exclu qu’elle puisse recourir à des connaissances médicales qu’elle ne possède pas ; contrairement au médecin qui est celui qui sait, qui connaît les principes sur lesquels repose la santé, et les facteurs qui occasionnent des pathologies. Il est vrai, à cet égard, que la formulation d’un diagnostic implique la recherche des causes et des symptômes de l’affection ; l’établissement d’un pronostic sur l’évolution de telle ou telle pathologie nécessite la connaissance des cas antérieurs. Mais, ce que nous devons retenir c’est que le cœur même de l’activité médicale est constitué par l’action de soigner, c’est-à-dire de soulager et de guérir un malade. La raison d’être de la médecine, même si nous sommes amenés à concéder qu’elle contribue à l’accroissement des connaissances, n’est pas l’élaboration, en tant que telle, d’un savoir. En


16 Aristote, Ethique à Nicomaque, X, 10,1180 b 10-20, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 2007, p. 565-566


effet, elle ne se place pas au niveau d’une activité de recherche, et elle n’est pas une histoire naturelle des maladies, ni une théorie de la médication. Pour remédier aux défaillances de la nature, le médecin met donc en œuvre des procédés qui permettent d’adapter les données générales de l’intelligence théorique aux cas particuliers, c’est-à-dire une technè. Mais, la technè n’est pas la simple mise en pratique d’une connaissance théorique. Elle est d’emblée un savoir d’ordre pratique construit sur l’expérience, comme le rappelle Aristote dans la Métaphysique : « L’art naît lorsque, de nombreuses notions d’expérience, résulte une seule conception universelle à propos des cas semblables 17 ». En effet, la possession d’un savoir purement théorique est insuffisante en soi pour espérer guérir : « Car on ne voit jamais personne devenir médecin par la simple étude des recueils d’ordonnances. Pourtant les écrivains médicaux essayent bien d’indiquer non seulement les traitements, mais encore les méthodes de cure et la façon dont on doit soigner chaque catégorie de malades, distinguant à cet effet les différentes dispositions du corps. Mais ces indications ne paraissent utiles qu’à ceux qui possèdent l’expérience, et perdent toute valeur entre les mains de ceux qui en sont dépourvus18 ». En outre, nous devons concevoir que le recours à des règles qui s’appliquent, généralement, à une pathologie bien spécifiée peut s’avérer inopérant si le médecin oublie de prendre en considération la singularité du cas qu’il a à traiter : « […] il en est comme en médecine, où le repos et la diète sont en général indiqués pour le fiévreux, mais ne le sont peut-être pas pour tel fiévreux déterminé 19 ». Le médecin possède, donc, un savoir qui s’applique à des patients atteints par une même pathologie. Mais, si la technè lui permet de savoir que tel type de maladie peut être guéri par telle gamme de remèdes, elle doit être, nécessairement, reliée à son expérience pour qu’il puisse avoir l’indication que c’est tel remède qui a guéri telle personne, et pas une autre.


17 Aristote, Métaphysique A,1, 981 a5, op.cit., p.72. 18 Aristote, Ethique à Nicomaque, X, 10,1181 b 5, op.cit., p. 569. 19 Ibid., p. 565.


néanmoins, il s’avère que, dans certaines circonstances, une personne douée d’habileté, possédant quelques connaissances, peut être en mesure de se soigner par elle-même, à l’aide de sa seule expérience. Seulement, le remède utilisé par le médecin ou par la personne qui se soigne par elle-même n’a de valeur que pour elle-même. S’il était appliqué à autrui, l’efficacité de ce remède serait, si elle se révélait être réelle, purement accidentelle ; ce qui signifie que celui qui se soigne par lui-même se trouve, manifestement, dans l’incapacité d’apporter une aide efficace à une autre personne. Pour Aristote, il y a donc, d’une part, la connaissance du général qui est le privilège du médecin et, d’autre part, la connaissance du seul particulier. Par conséquent, on voit bien que la capacité de la personne à se soigner par elle-même s’enracine dans sa propre expérience et, donc, en aucun cas dans une compétence médicale établie sur une base scientifique. L’établissement d’une équivalence entre l’expérience et un savoir de type médical est impossible. Aussi, la personne qui se prodigue des soins à elle-même ne peut pas être qualifiée de thérapeute. Toutefois, il est à remarquer qu’Aristote utilise, néanmoins, le terme de médecin pour qualifier l’amateur éclairé qui est capable de porter un jugement sur la chose médicale : « […] nous entendons par médecin, à la fois le simple praticien, le « prince de la science », et, en troisième lieu, l’amateur cultivé dans cet art (il existe des amateurs de ce genre dans tous les arts pour ainsi dire) ; et nous attribuons le droit de juger aussi bien aux amateurs cultivés qu’aux professionnels20 ». Comme nous l’avons mentionné, nous devons bien admettre que la nature n’est ni omnipotente, ni omnisciente, et qu’elle n’est pas toujours bienveillante. Il n’est donc pas surprenant qu’au cours de son existence la personne soit amenée à éprouver sa finitude, à souffrir, à s’affaiblir, et à tomber malade. Mais, si, comme le pense Aristote, la nature produit toujours le meilleur de ce qu’il est possible de faire, alors la personne ne peut que s’en remettre à elle, en ayant confiance dans le pouvoir de maturation du temps, pour obtenir le


20 Aristote, La Politique, III -11, 1282a, op.cit., p.218.


rétablissement de sa santé lorsque celle-ci est compromise. Par conséquent, on comprend que le malade soit invité à laisser la nature s’exprimer, et à ne pas interférer avec elle, ni entraver son action : « τn doit accorder le passage aux maladies, et je trouve qu’elles font moins d’arrêt chez moi qui les laisse faire ; j’en ai même perdu, de celles que l’on estime les plus opiniâtres et les plus tenaces, du fait de leur propre décadence, sans l’aide et sans l’art [de la médecine], et même contre ses règles. Laissons faire un peu [la] Nature : elle comprend mieux ses affaires que nous21 ». Dans ces conditions, on pressent que le malade est appellé à développer une aptitude particulière qui consiste à savoir écouter la nature qui s’exprime en lui, à la comprendre, à suivre ses instructions, afin de permettre à son pouvoir de guérir, d’opérer. σous avons ici affaire, en l’occurrence, à la vis medicatrix naturae hippocratique. Est, ainsi, exposée l’idée que la nature trouve des remèdes propres à guérir le corps, et qu’elle possède la capacité de se rétablir par elle-même ; même si, dans certaines circonstances, elle doit être aidée. Il est à noter que cette conception conserve toute son acuité à l’ère moderne. Ainsi, Georg Groddeck nous rappelle que le pouvoir de restauration de la santé altérée ou perdue appartient bien à la nature : « Natura sanat, médicus curat. C’est la nature qui guérit et non pas le médecin, qui, lui, soigne22 ». Par conséquent, le rôle qui est imparti au malade est de laisser faire la nature. Le recours au thérapeute ne se justifie, alors, que pour apporter à la nature des moyens complémentaires pour vaincre la maladie. Aussi, on peut logiquement en déduire que la médecine devient une activité contre-naturelle si elle sort de cette fonction. Mais, laisser faire la nature ne signifie pas que la personne en soit réduite à s’enfermer dans la passivité en ce qui concerne son rapport avec sa santé. En effet, elle doit s’en soucier et connaître les moyens de la préserver. A cet égard, c’est bien son expérience et sa capacité d’analyse qui peuvent lui permettre d’acquérir, progressivement, une assurance dans la


21 Montaigne Michel de, Les Essais en français moderne, op.cit., p.1313. 22 Groddeck Georg, « NASAMECU » la nature guérit, trad. P. Villain, Paris, Editions Aubier-Montaigne, 1980, p.106


détermination de ce qui est nuisible ou profitable à sa santé. Seule, l’élaboration de ce savoir est à même de permettre à la personne d’adopter la conduite appropriée au maintien de sa santé. Bien évidemment, en cas de nécessité, elle doit être capable de déterminer ce qu’il convient de faire pour la recouvrer. Nous avons donc établi que le malade doit laisser libre cours à l’expression de la nature en lui puisqu’elle possède un pouvoir médicateur. Le recours à un thérapeute ne se justifie, alors, que pour aider une nature déficiente. Mais, lorsque la médecine ne produit pas les effets escomptés, il semble bien que l’observation attentive de soi, et la constitution d’un savoir empirique rivalisent, en efficacité, avec les remèdes susceptibles d’être proposés par un thérapeute, lorsqu’il s’agit de rétablir une santé altérée. Les carences de la médecine peuvent, par conséquent, inciter la personne à penser que celle-ci ne montre pas de supériorité sur ce qu’elle peut, elle-même, entreprendre. Il apparaît bien que c’est la personne, et elle seule, qui dispose de la capacité à mettre en œuvre les principes capables de lui garantir une vie sans souci de santé majeur, et qui, si la situation l’exige, est en mesure de se prodiguer des soins. A cette réserve près, bien sûr, que la situation, à laquelle la personne est confrontée, ne conduise pas à l’exposer, à bref délai, au risque d’apparition de séquelles irréversibles, voire de son décès en l’absence de soins médicaux appropriés, dispensés avec promptitude. Cependant, mon analyse de la problématique des soins que l’on se porte à soi-même me conduit à penser qu’elle doit être réexaminée de façon critique. En effet, l’avènement de la médecine technico-scientifique est un événement qui, selon l’argumentation d’Evelyne AzizaShuster, est de nature à saper l’idée du médecin de soi-même : « Si le malade n’occupe plus une position privilégiée relativement à la connaissance de sa maladie, si le médecin qui guérit n’est plus celui qui écoute mais celui qui interroge, le thème du médecin de soi-même ne peut plus se soutenir. L’acte médical n’est plus un rapport d’individu à individu tel que l’un des deux, le malade, puisse tenter de le supporter à lui seul.

Le médecin n’est plus seulement le porteur de son expérience singulière acquise auprès des malades singuliers, il est le véhicule de la médecine enseignée à l’hôpital, armée des secours de l’instrumentation et des savoirs élaborés dans les laboratoires. Il n’est plus le médiateur inspiré par la nature s’interposant entre le malade et sa maladie vécue, il est le médiateur suscité par la société s’interposant entre la maladie et la connaissance de la maladie23 ». La tradition du médecin de soi-même incarne la conception d’une nature bienveillante dotée d’une force médicatrice. L’organisme possède une dynamique naturelle spontanée qui s’emploie à restaurer l’état de santé. Aussi, le sujet doit laisser la nature œuvrer en lui. Il doit savoir l’écouter, comprendre et suivre ses instructions puisqu’elle possède la capacité de se rétablir par elle-même avec l’aide, le cas échéant, des soins prodigués par le médecin. Or, la médecine moderne a tendance à privilégier dans son approche de la pathologie, la lecture de valeurs chiffrées délivrées par un appareillage technique. Dans ce cas, le malade n’est plus le sujet de sa maladie mais l’objet d’investigations médicales mobilisant des moyens techniques toujours plus sophistiqués. Cette pratique distanciée supplante l’observation et l’écoute, et elle peut altérer la capacité de la médecine moderne à appréhender la maladie sous toutes ses facettes et dans toute sa complexité. Néanmoins, nous pouvons penser que l’accroissement des connaissances médicales relatives aux pathologies et aux thérapies, et l’enrichissement progressif de l’expérience clinique, de par la multiplicité des cas observés et traités, amènent le sens commun à en déduire que la médecine progresse. Par voie de conséquence, rien ne s’oppose à lui laisser la maîtrise des problématiques de santé puisqu’elle est en mesure de leur apporter des réponses efficientes. De ce fait, il n’est pas nécessaire de chercher et d’explorer, par soi-même, des voies alternatives. Toutefois, l’idée des soins que nous nous devons à nous-mêmes ne disparaît pas pour autant. Remarquons que l’activité soignante est inhérente à la nature humaine puisque, dans le fonctionnement silencieux des organes, le vivant, lui-même, adapte et répare. Cependant, les automatismes physiologiques sont fragiles ; aussi, ont-ils besoin d’être préservés. Il est vrai


23 Aziza-Shuster Evelyne, Le médecin de soi-même, Paris, Presses Universitaires de France, 1972, p.99.


que, de par ses comportements et ses actions, chacun d’entre nous peut se révéler comme le protecteur qualifié de son organisme ou, au contraire, comme celui qui contribue à son altération. Mais, à l’évidence, en dépit du soin que la personne peut accorder à se maintenir en bonne santé, la pathologie est toujours à même de faire brutalement irruption dans son existence, et d’en modifier les conditions. Lorsque ce cas de figure se produit, la personne est confrontée à une situation inédite qui implique, nécessairement, dans un souci d’efficacité thérapeutique, qu’elle soit en mesure de comprendre ce qui lui arrive, d’apprécier la gravité de son état, et d’élaborer la réponse qui lui semble la plus appropriée pour instaurer une nouvelle norme de vie, en lieu et place de celle qui a été perdue du fait même de la pathologie. Le malade est seul pour moduler son existence en fonction de cette nouvelle allure de vie induite par la maladie. De surcroît, il est manifeste que chaque organisme évolue, se modifie selon un rythme et des modalités qui lui sont propres. Aussi, il appartient bien à chacun de réinventer, au fil des transformations qui s’opèrent, la relation avec son propre corps. De fait, la singularité de chacun implique une originalité dans l’action, et érige le rapport entretenu avec sa santé en une expérience unique. Néanmoins, un esprit averti peut prendre conscience du fait que le pouvoir de la médecine technico-scientifique comporte ses propres limites. Tout d’abord, des pathologies demeurent inexpliquées. Ensuite, la pratique médicale est confrontée au fait qu’un échec thérapeutique est toujours susceptible d’intervenir. Enfin, la réapparition de maladies considérées, pourtant, comme définitivement vaincues, les effets iatrogènes des traitements, la dénaturation du geste médical, la mise à distance du malade qui estompe la richesse des observations cliniques et qui peut conduire à une compréhension incomplète de la pathologie et, donc, à une efficacité moindre, constituent des facteurs susceptibles de conduire les personnes à mettre à distance la médecine technico-scientifique, et à rechercher par elles-mêmes des réponses jugées plus appropriées, plus conformes à leurs attentes sur ce que doit être une activité soignante.

Mais, à mon sens, ce qui caractérise, plus que tout, l’ère moderne, c’est que la conception du soin en première personne est, en fait, étroitement subordonnée à la médecine technico-scientifique. Indéniablement, il existe, tout d’abord, au moins un cas de figure, celui de la maladie chronique, où la médecine assigne expressément au patient volontaire la mission de se soigner par lui-même. Il devient, ainsi, le délégataire de l’équipe médicale, et il effectue lui-même des tâches de complexité variable comme contrôler ses émotions, exercer sa vigilance, appréhender la sémiologie de sa pathologie, en reconnaître les signes, les interpréter, apprendre des techniques médicales, se familiariser avec leurs conditions d’utilisation, gérer les incidents dans l’application des traitements, supporter leurs éventuels effets secondaires, modifier son mode de vie, prendre les décisions les plus appropriées à sa situation pathologique. Ensuite, il convient de noter que, paradoxalement, la capacité réparatrice de la médecine moderne génère des effets non sollicités. C’est ce qui se produit, à mon sens, lorsque des interventions chirurgicales désorganisent le schéma identitaire de la personne en procédant au remodelage de parties de son corps à haute charge expressive et/ou symbolique, à l’aide d’éléments organiques étrangers. Le geste technique met, alors, le patient dans une situation singulière puisqu’il est confronté à la nécessité de devoir inventer les conditions d’existence qui vont lui permettre de tenter de surmonter le risque de sa propre dislocation. Enfin, il apparaît à l’examen que l’attitude qui consiste à se soigner par soi-même ne s’apprécie pas uniquement en regard de la puissance, même relative, de la médecine ou de son incomplétude. En effet, il ne peut pas échapper à un esprit un tant soit peu observateur que la médecine moderne n’a pas comme seuls objectifs la prévention des pathologies, le rétablissement de situations traumatiques compromises ou la guérison des malades. Les techniques médicales sont utilisées à d’autres fins que purement thérapeutiques. C’est, à mon sens, le cas lorsque la médecine a pour dessein de permettre aux personnes de respecter des normes, lorsqu’elle contribue à façonner des êtres humains sur-normaux, lorsqu’elle favorise le shopping existentiel, lorsqu’elle répond à de pures convenances personnelles, lorsqu’elle

participe au contrôle qualité des modes d’existence. A cet égard, il convient de mettre en exergue le fait que la médecine moderne perd, de cette manière, le sens de ce qui fonde une authentique activité de soin. L’extension constatée des domaines d’activités de la médecine est favorisée par la prégnance, dans la société, de l’idée d’un bien-être permanent que rien ne doit altérer. Cette conception implique, par voie de conséquence, que les éléments qui nuisent au bien-être des personnes disparaissent. Dès lors, nous sommes amenés à mieux comprendre l’emprise d’une médicalisation qui oriente les personnes vers la pathologisation de tous les registres de leur existence. La médecine moderne joue, à mon sens, un rôle essentiel dans cette action, puisqu’elle estime posséder la légitimité pour déterminer ce qui est bon et ce qui est mauvais pour le bien-être de la personne. Aussi, nous ne devons pas être étonnés de pouvoir constater qu’elle définit des normes, et qu’elle en assure la plasticité en en redessinant, sans cesse, les contours. C’est pourquoi l’homme moderne se doit d’être attentif au fait que la promotion de l’idée de bien-être, la tyrannie de l’apparence, la valorisation de la performance constituent de puissants leviers pour l’inciter à prendre soin de lui-même, c’est-à-dire, en l’occurrence, à choisir le prestataire de services idoine pour assurer la mise en correspondance avec les normes en vigueur dans la société. A l’examen, il apparaît que la médicalisation de l’existence est entretenue par l’industrie pharmaceutique pour qui les multiples facettes du mal-être sont autant de maux guérissables par ses produits. τr, l’objectif économique d’une entreprise est d’augmenter ses parts de marché pour assurer la croissance de son chiffre d’affaires. Par conséquent, il n’est pas surprenant de constater que, désormais, les médicaments sont destinés aux malades, mais aussi aux bien-portants. Néanmoins, il est nécessaire de convaincre ces derniers de les utiliser. C’est pourquoi les firmes pharmaceutiques en sont venues à fabriquer des pathologies par l’élargissement ou la réinterprétation de leurs définitions, par la transformation des évolutions naturelles de l’organisme en maladies, par l’exagération de la prévalence des troubles, par la modification des valeurs considérées comme normales des paramètres physiologiques, par la

manipulation des facteurs de risques. Aussi, dans ces conditions, l’homme moderne est confronté à l’impérieuse nécessité d’éviter l’intériorisation, sans aucun examen critique, des discours que lui tiennent l’industrie pharmaceutique et la communauté médicale sur les pathologies. A bien y regarder, la médecine moderne met la personne dans un rapport constant avec sa santé étant donné qu’elle l’incite à la gérer et, par conséquent, à traquer le moindre signe de l’anomalie indicatrice d’une maladie potentielle ou avérée. Au nom de son autonomie et de sa responsabilité, la personne est, de fait, impliquée dans un processus de médicalisation puisque la médecine l’incite à dépister, elle-même, une éventuelle maladie en utilisant l’ingénierie d’autodiagnostic disponible. Mais, il faut bien voir qu’en consacrant, ainsi, le rôle en première personne du sujet dans le rapport qu’il est amené à établir avec sa santé, la médecine moderne contribue à son enfermement dans des schémas comportementaux qui lui sont extérieurs. Ceux-ci contreviennent, par conséquent, à l’élaboration, par la personne, de ses propres réponses lorsqu’elle affronte des problématiques qui se rapportent à sa santé ou à son bien-être. Cette modalité de fonctionnement de la médecine moderne se trouve renforcée par le fait qu’elle est injonctive. Elle n’hésite pas, en effet, à dicter à la personne ce qu’elle doit être, et ce qu’elle doit faire si elle veut atteindre une plénitude d’existence. De fait, la personne se trouve assujettie à l’action de la médecine qui sape la confiance naturelle qu’elle peut avoir en ses propres capacités d’action. Elle est démise de son droit à raisonner, à affirmer une autonomie de décision, à exprimer sa singularité. Cette déprise de soi contribue à l’altération du sentiment d’exister. Mon analyse m’amène à penser que les caractéristiques de la médecine moderne, telles que nous venons de les évoquer, modifient la conception que nous avons eue jusqu’à présent du soin en première personne. En effet, se soigner par soi-même ne consiste plus à laisser faire la nature et, le cas échéant, si la nécessité s’en fait sentir, à l’aider, en recourant aux

services d’un thérapeute. nous devons bien voir que l’ère moderne instaure une problématique singulière où le soin en première personne est à comprendre comme l’élaboration de réponses à des pratiques instituées, à des situations engendrées par l’acteur majeur des domaines de la santé et du bien-être qu’est devenue la médecine technico-scientifique. De fait, nous devons admettre que son efficacité mais aussi ses limites, les effets produits par ses interventions, sa démarche thérapeutique, sa propension à médicaliser les existences, son inscription dans le marché planétaire des produits et des services médicaux sont autant de facteurs qui interagissent avec la capacité auto-soignante de la personne et, qui, à l’évidence, la suscitent, la sollicitent. Par voie de conséquence, l’homme moderne est, à mon sens, confronté à deux défis majeurs. Tout d’abord, il doit veiller à demeurer le premier évaluateur de son état de santé, et le seul décisionnaire quant à la conduite à tenir pour la préserver ou la restaurer. Ensuite, il doit, de sa propre autorité, agir pour s’affranchir des asservissements, des effets de désagrégation, des interférences que génèrent les activités médicales. En ce sens, se soigner par soi-même c’est élaborer des réponses pertinentes à des questions plurielles. Cependant, il convient de s’interroger sur les moyens dont dispose, réellement, la personne pour espérer pouvoir s’affranchir des normes médicales, et exprimer, ainsi, sa singularité. Il est tout aussi légitime de se demander comment le malade chronique, par nature fragilisé, qui accepte d’être le délégataire de la médecine peut être, simultanément, soignant et soigné. La possibilité de rétablissement de traits identitaires malmenés par un geste chirurgical à vocation réparatrice qui consiste à doter le patient d’un élément corporel non natif constitue une dernière source de questionnement. Répondre de manière appropriée aux problématiques posées par la médecine technico-scientifique consiste, à mon sens, pour l’homme moderne à s’instituer en un être de pure vitalité constructive opérant dans les registres du connu et de l’inconnu, du savoir et du pouvoir, de l’accessible et de l’inaccessible, du temporel et de l’intemporel, de la répétition et de l’innovation. En ce sens, se soigner par soi-même apparaît comme une modalité existentielle particulière qui repose sur la capacité de la personne à élaborer de l’inusité, de l’inédit lorsqu’elle a affaire aux particularismes de la médecine moderne. Aussi, pour pouvoir étayer cette assertion, nous chercherons, tout d’abord, à cerner et à mettre en évidence les caractéristiques de la médecine technico-scientifique, à en décrire et à en mesurer les effets sur la conception du soin en première personne. Ensuite, nous tenterons de recenser les actions, à mon sens, nécessairement créatives, qui peuvent être initiées par l’homme moderne pour répondre aux défis que représentent les spécificités et le fonctionnement de la médecine, d’en examiner les modalités, et d’en analyser la portée.

1- La médecine moderne et les soins à soi-même :

suite…

SE SOIGNER PAR SOI-MÊME A L’ ÈRE MODERNE

DIAGNOSTICS NÉFASTES


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Auteur: Dr Françoise Berthoud

Ouvrage: DIAGNOSTICS NÉFASTES-Médecine, mensonges et gros sous.

Édition augmentée en juin 2014

arbredor.com

PRÉFACE
Françoise Berthoud, une pédiatre indignée
Pédiatre de formation, chercheuse de vérité par
vocation, Françoise Berthoud, affiche aujourd’hui le
profil de la grand-mère idéale. Comment imaginer
que sa simplicité, sa gentillesse et son regard mali
-cieux cachent une indignation du meilleur cru? Il n’y
a rien de dogmatique chez elle. Ouverte au dialogue,
elle est toujours prête à remettre en question toutes
les certitudes, les siennes aussi bien que celles des
autres. Son esprit curieux l’a poussée à se rapprocher
des médecines complémentaires, puis à se former en
homéopathie.
Son cabinet à Genève était un haut lieu d’échanges
et de ressourcement pour les familles, un centre de
perfectionnement pour les mamans en cours d’em
-ploi. En cas de maladie, les enfants fréquentaient peu
le cabinet, c’étaient les mamans qui les soignaient
sous la supervision du médecin.
Soucieuse de solidarité, Françoise a pratiqué le
monde, de l’Afrique du Sud à l’Amérique du Sud, en
passant par le Mexique, l’Irlande ou le Portugal. Sa
rencontre avec d’autres cultures l’a confirmée dans
sa remise en question de notre mode de vivre et notre
façon de nous soigner.
Dans les années quatre-vingts, elle jette, non sans
douceur, son premier pavé dans l’océan des certi
-tudes médicales, avec un petit ouvrage évoquant ses
doutes sur l’utilité des vaccinations infantiles.
Elle étend sa critique à d’autres domaines de la
médecine pédiatrique et publie, en 2005, un livre
au titre provocateur: Mon enfant a-t-il besoin d’un
pédiatre? Petit manuel des parents autonome. Elle
livre, avec cet ouvrage, un concentré de son expé
-rience de pédiatre contestataire, accompagné d’un
florilège de conseils de bon sens.
Elle continue d’écrire et le titre qui paraît
aujourd’hui est parfaitement iconoclaste. Il ébranle le
socle de quelques idoles de la médecine d’aujourd’hui,
des idoles qui sont aussi des vaches à lait. Le chapitre
sur les troubles de l’attention remet en question la
généralisation de l’emploi d’amphétamines chez les
enfants turbulents et propose des alternatives. Pour
l’autisme, l’accent est mis sur les causes possibles et
des mesures préventives sont proposées.
Cholestérol, Sida et Alzheimer sont des affections
qui ne concernent pas les enfants, mais qui justifient
bien un coup de gueule. Il vaut la peine d’en prendre
connaissance, car Françoise Berthoud affirme, à juste
titre, que la prétendue maladie d’Alzheimer et la
stigmatisation du taux élevé de cholestérol sont des
mythes lucratifs qui profitent aux pharmas. Le cha
-pitre sur le SIDA mérite aussi notre attention, car il
révèle bien les incohérences de la théorie du virus,
mais le lecteur restera sur sa faim car personne ne
peut dire pour l’instant qu’il faudrait renoncer à
toute protection, ni que les sidéens devraient se soi
-gner d’une autre façon.
Les remises en question proposées par cet ouvrage
sont fondamentales, nul n’est contraint de les adop
-ter, mais il est nécessaire qu’elles soient entendues.
La recherche médicale se meurt étouffée par ses
certitudes, mais en science, seul le doute est fécond.
Qui est sûr d’avoir toujours raison ne peut plus rien
apprendre.
Dr François CHOFFAT
suite…

L’Emprise du Mondialisme


histoireebook.com

 
Auteur : Rouas Christian
Ouvrage : L’emprise du mondialisme Hérésie médicale & éradication de masse
Année : 2015

 

 

Avant-propos

Pour mieux aborder cet ouvrage, voici quatre
citations et une vidéo très à propos :

« Tous les êtres humains trébuchent un jour sur la vérité, la
plupart se relèvent rapidement, secouent leurs vêtements et
retournent à leurs préoccupations, comme si de rien n’était ».

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il
ne nous prenne par la gorge ».
Winston CHURCHILL, premier ministre de
Grande Bretagne.

« Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés, car
les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique ».
Marshall MACLUHAN (1911 – 1980) auteur et
chercheur Canadien.

« L’individu est handicapé en se retrouvant face à face avec
une conspiration si monstrueuse, qu’il ne peut croire qu’elle
existe ».
J. Edgar HOOVER, directeur du FBI de 1924
jusqu’à sa mort en 1972.

« L’esprit le plus fertile au monde ne peut pas imaginer tout
ce qui se tisse à l’arrière-plan de la vie publique ».

Les citoyens du contrat universel, auteurs de ce
livre.
Pour se convaincre des activités séditieuses d’un
puissant cartel agissant dans le secret, voir cette
vidéo de feu le président John F. Kennedy – 1961[1].

Introduction
Depuis plus d’un siècle toutes les générations, du
nouveau-né au vieillard, sont soumises à l’acte
vaccinal, à une multitude de médications et thérapies
foncièrement néfastes pour la santé, l’intellect, le
psychisme. À force de propagande, le grand public est
devenu malléable au point de suivre sans rechigner
toutes les directives médicales en vigueur. Une
minorité en mesure les conséquences dévastatrices.
Plus rares ceux qui ont su faire la relation entre
toutes la série de prescriptions médicales insensées et
l’un des objectifs du cartel de la véritable gouvernance
mondiale.
Après sept années d’investigation il apparait
clairement que depuis le 19e siècle ce cartel a mis en
oeuvre un programme pour conditionner les esprits,
affaiblir les masses humaines, finalement réduire la

densité de la population mondiale. Pour y parvenir
sans heurt, sans opposition, dans l’aphasie collective,
ils ont inventé une guerre invisible en ciblant le
système immunitaire et le cerveau des
populations .
« Jusqu’à l’âge de cinq ans ma mère intuitivement, sans
connaissance particulière du sujet, ne voulait pas me faire
vacciner. Mais influencée par la détermination de la
directrice d’école, elle finit par accepter plusieurs rappels
de vaccination en une seule prise. Aussitôt après l’injection,
je me souviens d’un malaise étrange qui a envahi mon corps,
faisant bouillonner mon sang et ma tête. Dès ce moment-là,
ma mémoire exceptionnelle diminua pour partie », l’auteur
de ce livre.
Puisque le grand public est tenu dans l’ignorance,
qu’il est endoctriné, influencé par la peur de la
maladie infectieuse, du cancer … il accepte
docilement tout au long de sa vie l’utilisation réitérée
de la vaccination et de toutes sortes de médicaments.
Dès lors que les gens ignorent l’existence d’autres
catégories de soins et thérapies bénéfiques,
réparatrices, ils se soumettent d’autant mieux à la
prise de substances très nocives, à l’observance de

nombreux traitements destructeurs .
Pour le lecteur, aborder ce sujet crucial de santé
publique, demandera de produire quelquefois un
effort pour bien intégrer l’argumentaire scientifique
qui lui est associé. Il n’y avait pas d’autre façon pour
démontrer et affirmer ces dires. In fine pour vous
mettre pleinement en garde afin de préserver votre
organisme des poisons finement distillés par ces
méthodes légales faussement salvatrices,
mensongèrement représentatives d’une société soi-disant
hautement civilisée.

1
Des deux écoles opposées, le monde
n’a retenu que la pire

suite…

L-emprise-du-mondialisme

L’extraordinaire productivité d’un petit potager de 50 m2 : un exemple pour nourrir la ville de demain ?


lelibrepenseur.org/

13 novembre 2016

Aguelid
Source : Basta Mag

 


Ceci rappelle les potagers cubains sur les toits des immeubles, ce qui a permis de sauver le peuple de la famine pendant le très long embargo US.


Dans la banlieue de Rouen, un jardinier amateur arrive à produire 300 kg de fruits et légumes par an, avec son potager d’à peine 50 m2.

Et ce, sans pesticides ni engrais chimiques. Optimiser l’espace, favoriser les échanges entre végétaux, bien choisir les endroits où pousseront tels types de plantes, voici ses conseils en cinq grandes leçons. De quoi inspirer celles et ceux qui souhaiteraient développer l’autonomie alimentaire de leur quartier sans forcément disposer de grands espaces.

Là, des tomates rouges et noires qui commencent à grossir. Ici, des pieds de courges qui grimpent au-dessus de l’abri à bois. En dessous, des fraisiers et un myrtillier. 200 variétés de fruits et légumes différents s’épanouissent dans ce jardin de Sotteville-lès-Rouen, à dix minutes du centre de Rouen, la capitale normande. Une extraordinaire densité de végétaux répartie dans un espace de 150 mètres carrés. En plus d’être productif, le jardin resplendit sous le soleil de la mi-juillet. Quand ils ne jardinent pas, Joseph Chauffrey et sa compagne, les propriétaires, aiment profiter d’un petit carré d’herbe, à côté de la mare, où s’asseoir, lire ou boire une bière, et profiter des rayons du soleil après la journée de travail.

Cet incroyable petit potager n’est pas celui d’un maraîcher, travaillant d’arrache-pied pour y cultiver des légumes. Joseph Chauffrey est animateur en environnement à la Métropole Rouen Normandie. Et c’est sur son temps libre, en six ans, que ce passionné de permaculture a petit à petit construit son jardin… et une quasi autonomie alimentaire en légumes de son foyer ! L’année dernière, il a récolté environ 300 kg de courges, tomates, haricots, choux ou salades ! « Nous avons simplement dû acheter des pommes de terre, de l’ail et des oignons pour compléter nos propres récoltes, raconte Joseph. D’ici quelques années, nous devrions aussi être presque autonomes en fruits. »


potager_vue_cote_gauche


Voici quelques pistes, non exhaustives, pour comprendre l’extraordinaire productivité de ce petit potager.

Piste n°1 : Aménager l’espace

« Quand on se lance dans la permaculture, il faut d’abord concevoir un plan d’aménagement de son jardin, qui, forcément, évoluera au fil du temps. Il s’agit de décider, en fonction de ce qu’il y a déjà sur son terrain et de ses souhaits, de la place de chaque élément. Nous voulions que notre jardin ne soit pas qu’un potager. Nous avons gardé un coin d’herbe, un endroit pour aménager un local à vélo. Nous ne voulions pas faire de concessions sur le confort de notre vie, au quotidien.

Parmi les éléments à placer, par exemple, il y avait le composteur, quatre bacs en bois qui servent à transformer les déchets organiques en compost. Nous l’avons placé auprès de notre maison, pour que l’on puisse y accéder de la terrasse, sans besoin de se chausser pour l’atteindre. Par ailleurs, il est dans un endroit relativement ombragé, ce qui limite son dessèchement.


eau_botte_de_paille_simon_gouin


Aménager le jardin, c’est aussi placer les végétaux en fonction de leurs besoins en lumière et de leurs interactions avec les autres végétaux. Mais aussi en fonction de la surface dont on dispose. Puisque notre jardin est petit, on utilise la verticalité pour trouver plus de place. Ces courges prennent un mètre carré au sol, puis grimpent au dessus des abris en bois où elles occupent plusieurs mètres carrés. Nous tentons d’optimiser au maximum l’espace dont nous disposons. En dessous du pied de courge, il y a des fraisiers. Il faut juste vérifier qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les espèces de végétaux. »

Piste n°2 : Favoriser les échanges entre végétaux

« Sous la serre, je plante d’abord des carottes, puis je repique des tomates au milieu. Une fois que les carottes sont récoltées, je vais repiquer des végétaux en dessous des tomates, par exemple de la verdure asiatique, une sorte de salade, que j’aurais au préalable fait germer dans des mini-mottes [de petites alvéoles], trois semaines avant de les mettre en terre. Au départ, en raison de l’ombre des tomates, les plantes vivotent mais elles reprennent leur aise une fois les pieds de tomate coupés. Cette rotation rapide, sur une même parcelle, permet de produire plus.


tomates


Mais l’intérêt de mélanger la culture des légumes est aussi de favoriser les interactions entre les végétaux, ce qui leur sera bénéfique. Si mes carottes sont trop serrées, dans un même rang, la mouche de la carotte va se répandre rapidement d’un légume à un autre, et mes carottes risquent d’être détruites. Au contraire, si je plante mes carottes avec d’autres légumes, la propagation va s’effectuer plus lentement.

Le principe général est que nous avons intérêt à bien positionner chaque élément pour qu’il remplisse plusieurs fonctions. Et que chaque fonction du jardin soit remplie de plusieurs manières. Par exemple, j’ai positionné ma jardinière avec les tomates devant la baie vitrée de ma maison. Non seulement elle est située en plein sud, mais elle est aussi agréable à regarder de mon salon, auquel elle apporte de l’ombre. Autre exemple : la mare que j’ai installée. Elle accueille des insectes et est un abreuvoir à oiseaux, ces derniers étant très importants pour combattre des nuisibles, par exemple les chenilles. Elle tempère aussi la température du lieu. En été, elle amène un peu de fraîcheur. En hiver, il fera plus chaud autour d’elle.


mare_simon_gouin


Grâce à l’abondante biodiversité et aux interactions entre tous les éléments de mon jardin, ce dernier gagne en résilience face aux événements climatiques (par exemple une sécheresse) ou à l’attaque d’une maladie ou d’un ravageur. Cette année, la saison est moins bonne que les années passées. Surtout pour les légumes d’été que le froid et la grêle ont impactés (tomates, courges…). En revanche, certains légumes ont profité de l’eau abondante du mois de juin. Je n’ai jamais eu des récoltes aussi bonnes de fèves et pois par exemple ! Mais les années trop chaudes ne sont pas bonnes non plus… c’est le quotidien du jardinier que de “faire avec” le temps. »

Piste n°3 : Protéger le sol

« Pour assurer la bonne santé des végétaux, il est nécessaire d’apporter du soin à la terre cultivée. En effet, la fertilité du sol dépend de chaque être vivant qui participe au processus de décomposition de la matière organique.

Pour soigner la terre, il faut d’abord éviter le tassement. Si l’on marche sur la terre, l’air et l’eau circulent moins bien. La plante peine à récupérer les éléments nutritifs nécessaires à son développement. Pour éviter ce phénomène, nous avons installé des planches fixes et des planches déplaçables, qui structurent notre potager et évitent que nous marchions directement sur la terre. Nous avons également créé une butte de culture (voir la première vidéo) : en plus des végétaux en décomposition que nous avons enfouis en dessous, et qui assurent une bonne fertilité de la terre, nous n’avons pas à marcher à sa surface pour la cultiver.


capucines


Plutôt qu’une bêche traditionnelle pour retourner la terre, je privilégie le décompactage à l’aide d’une grelinette. Je peux ensuite affiner la terre au râteau. Seuls les légumes racines exigeants, comme les carottes ou les panais, exigent de retourner complètement le sol avec une fourche bêche.

En milieu urbain, le sol peut souvent avoir été maltraité par des travaux de rénovation. Pour l’améliorer et le « réveiller », on peut utiliser des engrais verts, qui fabriqueront de l’humus pour le potager. Du seigle, de la vesce, de la phacélie, du trèfle… On les sème sur les parcelles à l’automne et au printemps. Certains engrais verts, de la famille des légumineuses, vont fixer l’azote de l’air grâce à des bactéries logées au niveau de leurs racines. Une fois les engrais verts fauchés, leurs racines se décomposent dans le sol, libérant de l’azote assimilable par les plantes.


compost


J’utilise le compost comme un engrais, au moment des semis ou des repiquages, en l’épandant à la surface de la terre, par exemple pour les salades, carottes, betteraves, haricots. J’en incorpore aussi dans un trou de plantation pour les cultures d’été très exigeantes en azote, par exemple les tomates et les courges. Enfin, je mélange du compost avec de l’eau, que je filtre, pour arroser ensuite des cultures exigeantes et des plantes en pots. »

Piste n°4 : Soigner chaque centimètre carré du jardin

« Une des clés pour augmenter la productivité du jardin, c’est de réaliser un travail très soigné, sur tout le jardin. Pour cela, il faut passer beaucoup de temps (voir la piste suivante), et ce n’est possible que parce que mon jardin est petit.

Par exemple, je prépare mes semis sur des mini-mottes. Cela a plusieurs avantages. Je mets une graine dans chaque motte, que j’abrite de la pluie et des limaces. Tous mes semis sont regroupés au même endroit : c’est pratique pour arroser et prendre soin de chaque plantule. Quand les plantules sortent de terre, je vais sélectionner celles qui sont les plus belles, pour les repiquer dans le jardin. Je laisse de côté les plantules qui me semblent fragiles.


fleurs2


Ensuite, je plante de façon très serrée dans le jardin. Sur cette même parcelle, je vais mettre des haricots, des choux, des salades et des radis. Chaque espèce grandit en fonction de ses besoins, sans gêner les autres. Les radis seront récoltés avant que les haricots ne prennent trop de place et ne les gênent.

Il faut ainsi tout le temps observer ce qui se passe dans le jardin, pour pouvoir réagir. Le matin, je fais un petit tour rapide, pour voir ce qui ne va pas. Si une feuille d’un plant de tomates commence à avoir le mildiou, je vais m’en apercevoir et couper la feuille atteinte avant que la tige ne soit malade. Il est primordial d’agir vite : en trois jours, le mildiou sera répandu et le pied sera mort. Il en va de même pour les choux : les chenilles peuvent se répandre à tous les plants, si tu ne les vois pas à temps. »


arbres_fruitiers_simongouin


Piste n°5 : Passer du temps et expérimenter

« Mon jardin demande peu d’investissement matériel : j’ai acheté une serre, du petit matériel pour cultiver la terre. Par contre, cela exige du temps : je passe en moyenne dix heures par semaine l’été, et deux heures l’hiver. J’ai appris les bases lors de stages à la ferme du Bec Hellouin (lire notre article). Je lis beaucoup d’ouvrages sur le sujet, qui donnent des connaissances et des techniques [1].

Depuis l’été 2015, je teste la culture sur bottes de paille. C’est une technique, qui, à première vue, facilite la création d’un potager, notamment en milieu urbain où les espaces sont réduits, les surfaces minéralisées, la terre de mauvaise qualité. J’ai fait plusieurs tests en ajoutant dans les bottes de paille de l’urine ou de l’engrais commercial organique, pour apporter de l’azote, et des cendres qui contiennent du phosphore. J’ai ensuite planté des tomates cerise et des courges. Puis j’ai observé les résultats, en fonction des quantités et de la nature d’engrais apporté.

Les tomates cerise ont été extrêmement productives sur l’ensemble des trois bottes. Les courges l’ont été beaucoup moins. Les résultats me paraissent encourageants mais l’expérience demande à être renouvelée dans de nombreuses situations pour gagner en précision. Les bottes de paille peuvent représenter une bonne alternative au transport de terre lorsqu’il s’agit de cultiver « hors sol ».


culture_bottes_de_paille_simon_gouin


Je vais utiliser cette technique de culture sur bottes de paille, en les superposant, pour faire un test avec des pommes de terre. J’aimerais travailler sur cette culture pour limiter l’emprise au sol des pommes de terre. J’aimerais aussi réussir à implanter un grand arbre fruitier, dans le jardin, par exemple un cerisier. Pour le moment, je n’ai pas encore trouvé d’emplacement, car un tel arbre induit beaucoup d’ombre. Je continue également à chercher des légumes cultivables en hiver, pour augmenter la production pendant cette période. »

Propos recueillis par Simon Gouin

Pour en savoir plus :

arrosage


oiseaux


Notes

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Médias de proximité, soutenu par la Drac Île-de-France.

[1Une étude a été menée par l’institut national de recherche agronomique (Inra) entre 2011 et 2015 à la ferme du Bec Hellouin, pour savoir si le modèle de production maraîchère sur de très petites surfaces était rentable. La réponse est plutôt positive : entre 1300 et 1500 euros de revenus mensuels pour les deux associés, à raison de 43 heures de travail hebdomadaire chacun. Mais pour atteindre une telle rentabilité, il faut attendre quelques années (la ferme a été lancée en 2006). Il faut ajouter que les 1000 m2 cultivés s’insèrent dans un environnement de 20 hectares qui apportent des bénéfices non négligeables (et en cours d’étude) sur la vie de la surface maraîchère (arbres et haies qui hébergent des auxiliaires de culture et séquestrent du carbone dans les sols, pâture.