PÂQUES DE SANG


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Auteur : Toaff Ariel
Ouvrage : Pâques de Sang Les juifs d’Europe et le meurtre rituel juif
Année : 2007

D’après la traduction anglaise de
Gian Marco Lucchese et Pietro Gianetti

 

 

CHAPITRE SIX

LES UTILISATIONS MAGIQUES ET
THÉRAPEUTIQUES DU SANG

À la lecture des dépositions des prévenus accusés de meurtre rituel d’enfants en relation
avec l’utilisation du sang, on a clairement l’impression que, plutôt que d’expliquer la finalité de ce besoin de sang d’enfants chrétiens, les prévenus essayaient de décrire les
magnifiques propriétés thérapeutiques et magiques du sang, et en particulier du sang
provenant d’enfants et de jeunes gens. On insistait principalement sur le sang brûlé et séché réduit en poudre ; ce sang est supposé avoir été utilisé comme hémostatique [coagulant] d’une efficacité extraordinaire lorsqu’il était appliqué sur la plaie causée par la circoncision.
Angelo de Vérone n’avait aucun doute à cet égard et expliqua aux juges de Trente qu’une
fois le sang réduit en poudre, les juifs le conservaient normalement pour une réutilisation ultérieure lors de la circoncision de leurs fils, pour soigner la blessure dans le prépuce. Si elles étaient disponibles, on dit qu’ils auraient utilisé d’autres poudres hémostatiques comme alternative, comme le bolo di Armenia et le « sang de dragon« , une sorte de résine de couleur rouge foncé, connue en pharmacie sous le nom de Calamus Draco ou Pterocarpus Draco.(1)
Le médecin Giuseppe di Riva del Garda, dit le « juif bossu », qui avait circoncis les fils
d’Angelo, l’utilisait couramment durant la Sainte opération.(2)
Évidemment, Maestro Tobias, qui se considérait à juste titre comme un expert médical,
savait aussi préparer l’hémostatique magique : « Vous prenez le sang, vous le laissez
coaguler ; puis vous le séchez et en faites une poudre qui peut être utilisée de bien des
façons ».(3) Dans son discours d’ouverture au procès de Trente, Giovanni Hinderbach
apparut scandalisé par ces révélations et fustigea la cruauté des juifs qui guérissaient les
blessures occasionnées par la circoncision de leurs fils en se servant du sang des enfants
chrétiens. « Comme pour les autres choses que Tobias confessa », expliqua le prince
évêque, »ils soignent leurs circoncisions avec la poudre de ce sang coagulé et recouvrent
ainsi la santé, le deuxième ou le troisième jour après l’opération ».(4)
Lors de leur procès en 1470, Elias et Mercklin (Mordekhai), deux des frères accusés du
terrible homicide collectif d’Endingen en Alsace, tentèrent également mais en vain de tourner autour du pot, devant les exigences des inquisiteurs qui cherchaient à faire le point sur l’utilisation du sang d‘enfants chrétiens par les juifs. Ce sang était également utilisé pour ses merveilleuses propriétés balsamiques, bénéfiques pour guérir l’épilepsie et éliminer l’odeur corporelle dégoûtante des juifs [il degustoso fetore giudaico]. Mais finalement, ils ont tous deux admis avoir utilisé le liquide curatif magique pour guérir les plaies de la circoncision de leurs fils.(5) Léo de Pforzheim, le plus illustre des inculpés accusés avoir acquis du sang des enfants tués à Endingen, a avoué qu’il s’en était procuré parce que c’était nécessaire pour la procédure de circoncision. Léo savait que le sang en poudre des enfants était utilisé comme coagulant dont l’efficacité avait été prouvée à ces occasions depuis plus de vingt ans, depuis la première fois qu’il avait assisté à une cérémonie de circoncision avec son père, vingt ans auparavant.(6) Les juifs accusés de meurtre rituel d’enfants à Tyrnau en Hongrie en 1494 ont également déclaré, entre autres, qu’ils avaient utilisé du sang en poudre comme hémostatique pour la circoncision.(7) L’utilisation répandue du sang comme un puissant hémostatique parmi les juifs est probablement la raison de l’idée largement répandue que les
hommes juifs – tous directement ou indirectement coupables de déicide – souffraient de
douloureuses et abondantes périodes menstruelles mensuelles [probablement anales].
Probablement avancée pour la première fois par Cecco d’Ascoli dans son commentaire De Sphaera de Sacrobosco en 1324, cette opinion excentrique aurait reçu le soutien
enthousiaste du frère dominicain Rodolfo de Selestat en Alsace.(8) Les juifs, les meurtriers du Christ et leurs descendants, auraient été victimes d’une anormale fuite de sang, de menstruations, d’hémorroïdes hémorragiques, d’hématuries [sang dans l’urine] et de dysenteries exténuantes qu’ils auraient tenté de traiter en utilisant le sang chrétien comme hémostatique.
« Des juifs m’ont dit […] que tous les juifs, descendants du Deicide, ont chaque mois des
fuites de sang et souffrent souvent de dysenterie, causant souvent leur mort. Mais ils
recouvrent la santé grâce au sang chrétien, baptisé au nom du Christ ».(9)
Hémorragies dues à la circoncision, épistaxis [saignements de nez], règles trop abondantes, hémorroïdes ouvertes, écoulement abdominal anormal. Le remède le plus efficace pour les contrôler et les guérir semblait toujours être le recours au puissant et magique sang en poudre provenant des enfants. Mais en cela, les juifs n’agissaient pas différemment des chrétiens de la société environnante, malgré la stupeur feinte et artificielle de Hindenbach.
En médecine populaire, le sang, qu’il soit humain ou animal, serait un élément indispensable à la préparation des électuaires (médicaments en poudre mélangés avec du miel ou du sirop pour former une pâte) et des poudres astringentes d’une efficacité extraordinaire.(10)
Comme l’écrivait Pier Camporesi, « un hémostatique sacré et alchimique, le sang (et non pas incorrectement, à des époques où les hémorragies représentaient une terrible tragédie) était considéré un puissant remède ».(11) Selon les prescriptions du Theatrum Chemicum, de merveilleux onguents et poudres dérivaient du sang humain, pouvant arrêter même le flux sanguin le plus tenace et faire disparaître de dangereux dysfonctionnements.(12) Les plus experts savaient que le sang humain possédait de grands pouvoirs thérapeutiques et devait donc être préparé et traité avec le plus grand soin. C’est pourquoi ils recommandaient qu' » une fois assuré que le produit est parfaitement sec, il doit immédiatement être placé dans un mortier de bronze, très chaud, et être moulu avec un pilon et passé au tamis le plus fin, et une fois passé, enfermé dans un petit récipient en verre et renouvelé chaque printemps ».(13)
Quoi qu’il en soit, les juifs, lorsqu’ils décrivaient l’opération de circoncision en s’adressant au public chrétien, préféraient omettre l’utilisation du sang des enfants parmi les « poudres restrictives » et se limitaient à en citer d’autres, telles que le sang du Dragon classique et le corail en poudre. Léon de Modène, le célèbre rabbin de Venise, dans sa classique Historia de’ Riti Hebraici décrit brièvement la cérémonie de la circoncision (berith milah) comme suit :
« Le mohel arrive avec une assiette, sur laquelle se trouvent les instruments et les
accessoires nécessaires, comme le rasoir, les poudres astringentes, les morceaux de
pansement à l’huile de rose, et certains utilisent également un bol de sable dans lequel
placer le prépuce, qui est coupé […]. Le mohel poursuit et, avec la bouche, aspire deux ou
trois fois le sang qui coule de la blessure et le crache dans un verre de vin, après quoi il
place le sang du Dragon, de la poudre de corail, ou des choses qui adhèrent, et un morceau de pansement trempé dans l’huile de rose sur la plaie, le serre et le fixe fermement. Il prend alors un verre de vin (…) et baigne la bouche de l’enfant avec le vin dans lequel il a craché le sang aspiré ».(14)
L’omission de sang en poudre parmi les poudres hémostatiques ne pouvait être accidentelle.
La confirmation de ce point pourrait facilement être obtenue auprès de « juifs devenus
chrétiens ». Naturellement, ils n’auraient jamais caché une telle pratique scandaleuse, à
supposer qu’ils la considéraient scandaleuse. Shemuel Nahmias, vénitien et disciple de Léon de Modène, baptisé plus tard sous le nom de Giulio Morosini, discutant du sujet de la circoncision, n’a pas caché sa censure sévère de la coutume consistant à mettre du sang mélangé au vin sur la bouche de l’enfant. Cette pratique lui paraissait en conflit implacable avec l’interdiction biblique de consommer du sang ( » Dites-moi, d’ailleurs, n’est-ce pas contre la Loi divine, exprimée en plusieurs endroits, que le sang ne doit être ni mangé ni bu ? Et puis, dans le rite de la circoncision, vous placez le propre sang du garçon circoncis, provenant du prépuce, mélangé au vin, dans sa propre bouche, ajoutant à votre plus grande transgression, et répétant que dans ce sang il vivra, presque s’il devait être nourri par ce sang »).
Mais de l’utilisation du sang de l’enfant chrétien comme hémostatique appliqué à la plaie
causée par la circoncision, le converti Morosini n’en fit aucune mention, presque comme si cette pratique lui était inconnue ou ne méritait pas une particulière attention.
« C’est à ce moment que le mohel arrive et, derrière lui, une autre personne, avec une
bassine ou une coupe à la main, contenant tous les instruments nécessaires à la cérémonie, des pinces en argent, qui sont placées comme un signe de la quantité de prépuce à couper, un récipient rempli de sang de dragon et autres poudres astringentes pour faire coaguler le sang, et deux tasses ou petites assiettes creuses, l’une contenant un matériau absorbant coupé à cet effet, enduit d’huile de baume ou d’huile de rose pour soigner la coupure, et l’autre remplie de terre ou de sable pour y placer le prépuce, enterrant la partie du prépuce qui a été coupée [….] après avoir terminé ce qui précède, le mohel presse le petit membre du garçon circoncis, et aspire le sang plusieurs fois, le crache dans un verre de vin, préparé à cet effet, et termine en traitant la coupure avec l’huile et la poudre mentionnées cidessus ».(15)
Un autre juif converti, Raffael Aquilino, baptisé en 1545 et qui plus tard fut mandaté par le Saint-Office pour confisquer le Talmud et le brûler dans les territoires du duché d’Urbino et de Mark, ne s’est jamais penché le moins du monde sur la présumée tradition juive qui consiste à utiliser le sang en poudre des chrétiens pour soigner la blessure provoquée par la circoncision, au lieu de cela, il s’intéressait aux analogies entre la Sainte Trinité et les trois éléments récurrents de la cérémonie, appliqués à l’enfouissement du prépuce dans la terre du cimetière, l’oeuf et le vin, qui, après avoir lavé la blessure, est donné à boire à l’enfant.
« De même, ils prennent trois choses pour ladite circoncision, c’est-à-dire la terre de leurs
sépulcres, et ils la mettent dans un bassin dans lequel ils placent la chair qu’ils ont coupée du prépuce, le vin avec lequel ils rendent grâce à Dieu […] et trois oeufs, tandis que dans le bassin, ils versent le vin utilisé pour laver le prépuce […] et ils lavent avec le vin trois fois la blessure due à la circoncision ».(16)
Le célèbre converti toscan Paolo Medici décrit en détail la cérémonie de la circoncision, avec une hostilité évidente, mais semble ignorer l’utilisation du sang coagulé comme poudre hémostatique. En fait, il s’est limité à observer, sans plus de détails, que « le mohel […] met des poudres astringentes, de l’huile de rose et d’autres choses semblables sur la plaie, comme une sorte de bandage, l’attache et le remet à la marraine ».(17)
On pourrait en conclure que l’utilisation du sang en poudre d’enfants, et en particulier du sang chrétien, comme hémostatique pendant la circoncision, compte tenu du désintérêt manifesté à son égard même par les juifs convertis, sur d’autres points enclins à diffamer le judaïsme, est une chimère et une invention tendancieuse, soit des inquisiteurs, obsédés par le sang, soit des juifs eux-mêmes, terrorisés par la torture et avides de calmer leurs tortionnaires. Mais ce serait illusoire et trompeur.
Les textes de l’exercice de la Kabbale, les manuels de stupéfiants médicaments (segullot),
les recueils d’électuaires prodigieux, les livres de recettes de guérisons secrètes, composés pour la plupart dans les territoires germanophones, même très récemment, soulignent le pouvoir hémostatique et astringent du sang jeune, avant tout, sur la blessure due à la circoncision. Il s’agit de prescriptions anciennes, transmises de génération en génération, élaborées, avec des variantes mineures, par des alchimistes en herboristerie kabbalistiques de diverses origines, et réimprimées à plusieurs reprises jusqu’à nos jours, ce qui témoigne de l’extraordinaire efficacité empirique des médicaments en cause.
Elia ben Mosè Loan, rabbin de Worms, connu sous le nom de Baal Shem (littéralement : le patron du nom), dans son Sefer Telodot Adam (« Livre de l’histoire de l’homme »), en hébreu et en yiddish, prescrit que « pour arrêter l’écoulement du sang de la circoncision et celui qui coule du nez, il faut prendre le sang, le faire bouillir sur le feu, le réduire en poudre et le placer successivement sur la coupure de la circoncision ou dans les narines, afin que le sang coagule ».(18) Nous trouvons une recette similaire dans le Derekh ha-chaim ha-nikra Segullot Israel (« Chemin de la vie, aussi appelé le Livre des remèdes portatifs d’Israël ») de Chaim Lipschütz, qui ajoute un autre médicament magique, cette fois pour arrêter le flux menstruel. « Prends le sang menstruel et une plume de poulet que tu plongeras dans le sang menstruel de la patiente ; quand le sang avec la plume aura été bien agité, fais-le sécher devant le feu, en le réduisant en poudre que tu feras boire avec du vin ».(19) Sacharja Plongiany Simoner, dans son classique Sefer Zechirah (« Livre des Rapports Médicaux »), était aussi assez précis quant aux références bibliques aux extraordinaires pouvoirs curatifs et contraignants du sang.
« Pour arrêter l’écoulement du sang de la circoncision ou de l’hémorragie nasale en utilisant le sang coagulé de l’enfant ou du patient : le sang est placé devant le feu jusqu’à ce qu’il durcisse, puis il est écrasé avec un pilon, faisant une poudre fine à placer sur la plaie. Et c’est ce que nous trouvons écrit dans le livre de Jérémie (30:17) : « Car je te rendrai la santé, et je te guérirai de tes blessures ». Il faut comprendre en fait que c’est précisément de votre blessure, c’est-à-dire de votre sang, que votre santé vous sera rendue ».(20) Il ne semble donc pas y avoir de doute quant au fait que, par le biais d’une tradition antique,
jamais interrompue, des guérisseurs empiriques, des kabbalistes et des alchimistes en
herboristerie ont prescrit du sang en poudre comme guérisseur d’une efficacité prouvée lors de circoncision ou hémorragie. Le fait que cette pratique était probablement tout sauf généralisée ne doit pas laisser supposer qu’elle n’était pas réellement utilisée, en particulier dans les communautés juives ashkénazes, où l’on dit que des « secrets » stupéfiants, transmis oralement, puis imprimés dans les compendiums appropriés, ont connu avec le temps des succès extraordinaires. D’autre part, les connaissances empiriques d’un type analogue, même si elles s’appliquaient évidemment à des contingences autres que la circoncision,
étaient un héritage de la société chrétienne environnante, s’avérant profondément
enracinées, en particulier au niveau populaire.(21)
Deux autres coutumes juives relatives à la circoncision, qui ne semblent pas avoir été
uniformément répandues du point de vue géographique et chronologique, présentent
également un intérêt particulier. Ici aussi, les croyances populaires, fondées sur des
éléments magiques et superstitieux, semblent posséder une vigueur et une vitalité capables de contourner les normes précises du judaïsme ritualiste (halakhah), ou de les dénaturer sérieusement.
Les réponses rituelles des Gheonim, les chefs des académies rabbiniques de Babylone,
actives entre les VIIe et XIe siècles, se réfèrent à la coutume locale de faire bouillir des
parfums et des épices dans l’eau, les rendant ainsi parfumés et odorants, et de circoncire les enfants, faisant jaillir leur sang dans ce liquide jusqu’à ce que les couleurs soient mélangées. « C’est à ce moment-là », poursuit la réponse rabbinique, « que tous les jeunes hommes se lavent dans cette eau, en mémoire du sang du pacte, qui a uni Dieu à notre patriarche Abraham ».(22) Dans ce rite, de nature propitiatoire, le sang de la plaie de circoncision, associé à la potion odorante, aurait possédé la capacité de se transformer en un puissant aphrodisiaque, utilisé dans les électuaires curatifs, utile pour donner vigueur aux désirs amoureux et aux capacités procréatrices des hommes initiés.
Une forme de cannibalisme magique, liée à la circoncision, peut être trouvée dans une
coutume très répandue parmi les communautés juives ashkénazes et les communautés
[juives ?] de la région méditerranéenne. Les femmes présentes à la cérémonie de
circoncision mais non encore bénies par la progéniture du sexe masculin, attendaient avec impatience la découpe du prépuce de l’enfant. À ce moment-là, faisant fi de toute inhibition, comme sur un signal préétabli, les femmes se jetaient sur ce morceau de chair sanglante.
On prétend que la femme la plus chanceuse l’arrachait et l’avalait immédiatement, avant
qu’elle ne puisse être la proie des autres femmes, non moins endurcies et tout aussi
motivées. Pour le vainqueur triomphant, il ne faisait aucun doute que ce fier morceau serait infailliblement utile pour faire germer le membre viril tant convoité dans le ventre fécondé par une médecine bienfaisante. La lutte pour le prépuce chez les femmes sans progéniture masculine ressemble d’une certaine façon à la compétition actuelle entre  jeunes filles nubiles pour la conquête du bouquet de la mariée après la cérémonie du
mariage. Giulio Morosini, alias Shemuel Nahmias, se souvint avec beaucoup de gêne de cette coutume repoussante, qu’il avait vue plutôt en vogue chez les jeunes femmes juives de Venise.
« La superstition des femmes est remarquable à cet égard. S’il arrivait à des femmes stériles désireuses de devenir enceintes d’assister [à la cérémonie de circoncision], comme elles le faisaient souvent, pas une seule d’entre elles n’hésitait à combattre les autres et voler le prépuce ; et la première qui le saisissait, ne se gênait guère pour le jeter dans sa bouche, et l’avaler comme remède bienfaisant et extrêmement efficace qui la rendrait féconde ».(23)
Le rabbin Shabbatai Lipschütz a confirmé cette coutume inouïe « de la bagarre entre les
femmes afin de se saisir et d’avaler le prépuce immédiatement après la circoncision, comme étant un merveilleux secret (segullah) dans la production des enfants mâles ». Il a ajouté que certains rabbins l’autorisaient, comme le célèbre kabbaliste nord-africain Chaim Yosef David Azulay, connu sous le nom de Chidah (l’énigme), et le rabbin de Salonique, Chaim Abraham Miranda, tandis que d’autres l’interdisaient avec énergie, considérant que c’était une pratique scandaleuse et inadmissible.(24) Mais l’alchimiste en herboristerie kabbalistique (Rafael Ohana), expert dans les secrets de la procréation, bien qu’il possédait peu de compétences en sciences gynécologiques, a évoqué avec satisfaction les résultats obtenus par des femmes ayant avalé le prépuce d’un garçon circoncis, même à une époque récente. Dans son guide, destiné aux femmes désireuses d’avoir des enfants et intitulé Mar’eh ha-yaladim (« Celui qui montre les enfants »), le rabbin nord-africain, expert en la matière, conseille, pour rendre le plat plus appétissant, de le couvrir de miel, comme une douceur faite maison.(25)
La tradition magique et empirique liée au prépuce de la circoncision comme élément
fécondant ne s’est pas perdue au cours des siècles, mais fût préservée par le secret qui
entoure l’exercice de la Kabbale, en dépit de l’opposition méprisante des rabbins
rationalistes.
La croyance commune voulait que les juifs utilisent du sang en poudre, séché ou dilué dans du vin ou de l’eau, pour l’appliquer sur les yeux des nouveau-nés, pour faciliter leur
ouverture, et pour laver les corps des mourants, pour faciliter leur entrée au jardin
d’Éden.(26) Samuel Fleischaker, l’ami d’Israël Wolfgang, inculpé pour le meurtre rituel de
Ratisbonne en 1467, attribue au jeune sang des propriétés magiques infaillibles qui, étalé
sur les yeux, aurait protégé du mauvais oeil (ayn ha-ra).(27)
Tous les cas examinés ci-dessus, et dans un grand nombre de cas présents dans les
recueils de la segullot, les remèdes et médicaments secrets, élaborés et diffusés par les
maîtres de l’exercice de la Kabbale, constituent l’usage extérieur, si l’on veut, du sang, que celui-ci soit humain ou animal, sec ou dilué, à des fins thérapeutiques et exorcistes. Mais l’accusation portée contre les juifs qui ingèrent du sang, ou l’utilisent à des fins rituelles ou curatives, lors de transfusions orales, semble à première vue dénuée de tout fondement, violant clairement les normes bibliques et les pratiques rituelles ultérieures, qui ne permettent aucune dérogation à cette interdiction.
Il n’est donc pas surprenant que les juifs du Duché de Milan, dans leur pétition à Gian
Galeazzo Maria Sforza en mai 1479, aient voulu se défendre des accusations de meurtre
rituel qui se répandaient comme de l’huile sur le feu après le meurtre de Trente, en rappelant l’interdiction biblique en soulignant que ces accusations étaient sans fondement dans les faits : « Le fait qu’ils ne soient pas coupables est facilement démontré par des preuves et des arguments très efficaces, tant légaux que naturels, de la part d’autorités très dignes de confiance, d’abord en raison de la loi juive Moysaycha qui interdit le meurtre, et dans plusieurs endroits, la consommation du sang non seulement humain mais de tout animal, quels qu’ils soient ». (28)
Mosè de Würzburg, connu sous le nom de « vieil homme », n’a pas hésité, dans les premières phases de son interrogatoire, à mentionner l’interdiction biblique catégorique de consommer du sang pour prouver l’absurdité des accusations, qui est aussi la plus autorisée parmi ceux qui étaient jugés dans le cadre du procès de Trente. « Les Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse », affirmait le savant hébreu à ses accusateurs, « nous ordonnent de ne pas tuer ni manger de sang ; c’est pour cela que les juifs tranchent la gorge des animaux qu’ils veulent manger et, qui plus est, salent ensuite la viande pour éliminer toute trace de sang ».(29) Mosè « le vieil homme » était très évidemment parfaitement au courant des normes d’abattage (shechitah) et de salage de la viande (melikhah), prescrites par les rituels juifs (halakhah) et qui appliquent l’interdiction mosaïque de manger du sang avec la plus grande sévérité. Mais ses arguments, comme nous le verrons, bien qu’apparemment convaincants, étaient dans une certaine mesure trompeurs.
En fait, si l’on revient aux recueils de la segullot en usage chez les juifs d’origine allemande, on trouve un large éventail de recettes permettant l’ingestion orale de sang, tant humain qu’animal. Ces recettes sont de formidables électuaires, parfois complexes dans leur préparation, destinés à soulager les maux, à agir comme remède, à protéger et à guérir.
Pour le Shabbatai Lipschütz, pour arrêter le flux excessif de sang menstruel, il était conseillé de sécher devant le feu et de réduire en poudre une plume de poulet trempée avec le sang menstruel. Le lendemain matin, une cuillerée de cette poudre, diluée dans du vin et servie à la femme, à jeun, aurait infailliblement produit l’effet désiré. Un autre médicament secret, obtenu par Lipschütz et considéré d’une efficacité extraordinaire sur la base d’une longue tradition, était prescrit aux femmes qui souhaitaient tomber enceintes. La recette prévoyait qu’une pincée de sang de lapin séché soit dissoute dans du vin et administrée à la patiente.
Comme alternative, un mélange de vers et de sang menstruel pouvait être d’une grande
utilité.(30)
Elia Loans, le Baal Shem de Worms, a également célébré les propriétés extraordinaires du
sang de lapin dans la fécondation des femmes stériles. L’expert kaballiste a d’ailleurs
prescrit, pour la guérison de l’épilepsie, la dilution dans le vin du sang séché d’une vierge
ayant ses premières règles.(31) À cet égard, il convient de noter que Mercklin (Mordekhai), l’un des condamnés pour le meurtre rituel collectif à Endingen en 1470, a souligné l’efficacité de l’utilisation du sang de jeunes humains pour guérir l’épilepsie.(32)
Les recueils du segullot soulignaient en outre les prodigieuses propriétés du sang humain, naturellement, toujours séché et préparé sous forme de caillé ou de poudre, comme ingrédient principal des élixirs aphrodisiaques incitant à l’amour et à la copulation, en plus de leur capacité à réaliser les rêves érotiques les plus audacieux et dévorants. Il n’est pas surprenant que le sang ait parfois été utilisé dans le cadre du mariage – un autre rite de passage fondamental – en plus de ses utilisations dans la circoncision et dans la préparation à la mort.
Dans la tradition populaire, y compris, par exemple, chez les juifs de Damas, « l’homme qui veut gagner l’amour d’une femme doit extraire un peu de son propre sang et, après l’avoir séché devant le feu, le faire boire, dissout dans du vin, par celle objet de sa passion ». (33)
Cet électuaire aurait fait la preuve de son efficacité dans de tels cas. D’autres recueils du
segullot indiquent que la recette devait être considérée comme valable pour les hommes
comme pour les femmes et que, pour être plus efficace, le sang devait être prélevé sur le
petit doigt de la main droite de la personne souffrant d’une passion non partagée.(34) Les
inculpés accusés du meurtre rituel d’enfants à Tyrnau en 1494 et à Posing, tous deux en
Hongrie, en 1592, mentionnent également l’utilisation du sang comme aphrodisiaque et pour inciter à l’amour, notamment et plus particulièrement à la célébration du mariage.(35) Dans le fameux cas de la prétendue profanation d’hosties volées à l’église de Knoblauch dans le Brandebourg en 1510, le riche juif Mayer d’Ostenburg fut accusé d’avoir acheté l’Hostie à un prix élevé pour en extraire son essence, puis de l’avoir utiliser à l’occasion du mariage de son fils Isaac pour préparer un élixir aphrodisiaque destiné aux futurs époux.(36)

Dans le procès de Trente, les femmes, en particulier celles liées à l’autoritaire Samuel de
Nuremberg, chef reconnu de la communauté juive, n’ont pas caché leur grande foi dans
l’efficacité du sang des enfants comme ingrédient de sublimes potions curatives et
protectrices, dont la médecine populaire et l’exercice de la Kabbale étaient extrêmement
riches, fondées sur une longue tradition. Bella, belle-fille de Mosè de Würzburg, déclara sans hésitation, dans sa déclaration de février 1476, que « le sang d’un enfant était
merveilleusement bénéfique pour les femmes, incapables d’accoucher à terme ». Les femmes se souviennent que lorsque la jeune Anna de Montagana, belle-fille de Samuel de Nuremberg, était enceinte et menaçait de faire une fausse couche, sa belle-mère, Brunetta, en tant que femme et experte en la matière, lui a rendu visite dans sa chambre, lui faisant prendre une cuillerée d’un médicament composé de sang sec et en poudre dissout dans du vin.(37) Une autre fois, Bella avait vu Anna, enceinte et souffrante, se nourrir d’un peu de sang mélangé au jaune d’un oeuf à la coque.(38)
Pour leur part, Bona et Dolcetta, respectivement soeur et épouse d’Angelo de Vérone, ont
rappelé avec nostalgie et stupeur leur rencontre avec un alchimiste en herboristerie de
grande renommée et expérimenté, quelques années auparavant. Selon elles, ce charlatan
kabbalistique, connu sous le nom de Maestro Jacob, possédait un livre plein de « secrets »
d’une efficacité phénoménale et extraordinaire, dont celui de déclencher la pluie battante et les tempêtes de grêle.
Pour ce faire, il fallait mélanger du sang jeune à l’eau claire d’une fontaine en prononçant des formules et des formules d’exorcisme incompréhensibles pour les non-initiés.(39)
Comme nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises, il n’est pas difficile de conclure que, lorsque les juifs ont été accusés de meurtre rituel, plutôt que de justifier la nécessité de l’usage – pour ainsi dire – religieux du sang, ils ont préféré s’attarder sur les fonctions
magiques et thérapeutiques du sang en général, humain et animal, connues et répandues
parmi la population et, en particulier, parmi les germanophones, juifs et chrétiens.
Cela n’explique pas encore comment les juifs, et les juifs ashkénazes en particulier, ont pu concilier l’interdiction biblique de la consommation orale de sang – qui était radicale et sans exception – avec l’usage, apparemment bien ancré, de son utilisation, pourtant dans des médicaments et élixirs divers, éprouvés et testés depuis toujours. Comme ces élixirs sont souvent de véritables médicaments, même s’ils ne sont pas envisagés par la médecine officielle, la loi rituelle juive (halakhah) ne les permettait que lorsque le patient était considéré en danger de mort, auquel cas l’abolition complète et temporaire de toutes les normes de la Torah – loi juive – était autorisée afin de le sauver. Mais, comme nous l’avons noté, dans la pratique populaire, le sang, qu’il soit humain ou animal, apparaissait même dans les préparations destinées à être administrées à des patients souffrant de désagréments mineurs, de problèmes de gravité relative, ou même comme un traitement dans les peines de coeur. Face à ces contradictions évidentes, même les accusés du procès de Trente ont jugé nécessaire de prendre position, d’expliquer et de justifier de telles choses. Et ce n’était pas une tâche facile du tout, en partie parce que beaucoup d’entre eux n’avaient pas la culture nécessaire pour le faire.

Lazzaro de Serravalle, serviteur dans la maison d’Angelo de Vérone, a tenté de le faire
instinctivement, sans entrer dans un raisonnement trop compliqué. Selon lui, les préceptes de la Torah ne faisaient référence qu’au sang animal – qui était toujours interdit – alors qu’il était permis d’ingérer le sang d’un être humain, surtout s’il s’agissait du sang d’un chrétien, ennemi déclaré des juifs et du judaïsme.(40) Comme d’habitude, Israël Wolfgang, qui devait posséder un peu plus de culture que Lazzaro, bien que non strictement rabbinique, tenta de fournir une réponse plus élaborée, ingénieuse et moins abrupte. Pour le jeune artiste brandebourgeois, il était clair que la Torah et les règlements rabbiniques ultérieurs présupposaient deux codes moraux différents, l’un s’appliquant au monde juif et l’autre au monde chrétien environnant, qui était différent et souvent hostile et menaçant. Par conséquent, ce qui était interdit entre juifs n’était pas nécessairement interdit dans les relations entre juifs et chrétiens. Par exemple, la norme biblique qui interdisait l’usure entre deux frères (Deut. 23:21) (« Tu pourras exiger un intérêt de l’étranger, mais pas de ton frère ») fut interprétée comme concernant exclusivement les relations entre juifs, tandis que les prêts usuraires aux chrétiens étaient automatiquement autorisés – au point de faire l’objet de pratique universelle.(41) Avec une analogie audacieuse, que nous refusons de croire extorquée par des juges exceptionnellement érudits en matière juive au moyen d’ingénieux
artifices verbaux et psychologiques, Israël Wolfgang soutenait que même l’interdiction
biblique du sang humain était absolue pour les juifs, et inflexible quand elle concernait du sang provenant de la chair de veine juive mais autorisée et même recommandée quand elle était issue du corps des chrétiens ou, notamment des enfants chrétiens.(42).
À cet égard, il convient de rappeler que, dans ce que Camporesi appelle « le sombre tunnel de la médecine nécromantique », les boutiques spécialisées offraient aux alchimistes et aux alchimistes en herboristerie des huiles et des baume extraits de momies fétides, des électuaires miraculés contenant la poudre des crânes souvent des condamnés à mort, ainsi que de la graisse provenant de corps humain extraits des corps des victimes de crime et de suicide(43). Il n’est pas surprenant que la médecine populaire les ait également autorisés comme médicaments légitimes, les prescrivant non seulement pour guérir des maux graves et dangereux, mais aussi dans le but de les traiter. La seule recommandation dans ces cas demeure l’explication que les huiles, les graisses et les os en poudre, les momies et la chair humaine en cataplasme – comme Israël Wolfgang l’a expliqué aux juges de Trente à propos du sang humain – ne devaient pas être extraits des corps des juifs. Les réponses rabbiniques ont été assez claires à cet égard, lorsqu’ils se sont empressés de souligner qu' »il n’y a pas d’interdiction de profiter utilement des cadavres des Gentils »(44).
Peut-être la solution à la contradiction biblique et rabbinique entre la consommation de sang et la coutume – établie chez les juifs ashkénazes – de le consommer dans les occasions les plus diverses, peut-elle être identifiée dans une réponse tardive de Jacob Reischer de Prague (1670-1734), chef de la yeshivah d’Ansbach en Bavière, puis actif à Worms et Metz (45). Le texte rituel contient des témoignages d’une pratique répandue depuis des temps immémoriaux parmi les juifs de la communauté allemande, et considérée de facto comme admissible, bien qu’elle contredise manifestement les diktats du Talmud. Étant une coutume maintenant généralisée parmi les juifs (minhagh Israël), elle en arriva, avec le temps, à revêtir la même rigueur qu’une norme rituelle. L’enquête et la réponse de Reischer faisaient référence à la consommation du sang du stambecco (Bocksblut), à des fins médicales, même dans les cas où le patient n’était pas en danger de mort.
« QUESTION : Sur quoi repose le fait que la plupart des juifs autorisent traditionnellement la consommation du sang coagulé et séché du bouquetin [une chèvre de montagne alpine à longues cornes], connu sous le nom de Bocksblut et séché au soleil, même s’il est
consommé par des patients dont la vie ne serait pas en danger, comme les personnes
épileptiques, lorsque c’est un organe du corps qui cause la douleur ?

« RÉPONSE : La légalité de cette coutume doit être respectée car elle est établie de longue
date. Cette médication est évidemment permise, car il est clair que lorsqu’une coutume se répand parmi les juifs (minhagh Israël), elle doit être considérée conforme à la Torah même.
Le motif rituel de la permission est basé, à mon avis, sur le fait que (le sang) est séché au
point qu’il est transformé en un morceau de bois et ne contient aucune humidité. Ce n’est
donc en aucune façon interdit. »

suite page 15

MESSES ROUGES ET ROMANTISME NOIR


histoireebook.com

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Auteur : Bourre Jean-Paul
Ouvrage : Messes rouges et romantisme noir
Année : 1980

 

 

« Mais surtout qu’ai-je tant aimé à Venise, à Tolède, à Sparte ? Qu’ai-je désiré vers la
Perse ? Des cimetières. »
Maurice Barres

« Et partout règne la nuit: nuit glorieuse! tu ne fus pas destinée au sommeil! Laisse moi
partager tes sauvages plaisirs, et faire partie de la tempête et de toi! »
Lord Byron

 

La fraternité « noire »
Dans le salon, la pénombre. L’éclairage aux bougies jette au plafond le jeu
d’ombres des candélabres. La pièce est drapée de noir, comme pour une ultime
cérémonie, un hommage à la Vie, à la Mort, à l’exaltation qui donne droit à la beauté
après une descente aux abîmes…..après la folie
Le feu flambe dans la cheminée. La grille de protection – une grille de cimetière
où le fer forgé mangé par la rouille prend des couleurs de feu – jette elle aussi des ombres
mouvantes entre les deux énormes cierges placés en sentinelles de part et d’autre de la
cheminée. Sur l’autel, la tête de bouc vernissée renvoie les lueurs du feu qui illuminent un à un tous les objets qui serviront au rituel: calice d’or, pentagramme de cuivre, épée
d’invocation, poignard du sacrifice dont le manche de cuir noir réveille la beauté du poing fermé qui devra donner la mort. Le cube noir du tabernacle se fond dans l’obscurité.
Seule l’hostie sanglante sculptée sur la porte parle le langage du feu. Elle rappelle la
torche flamboyante que Lucifer brandit dans sa chute, avant d’incendier l’obscurité, avant de rendre à l’homme ses pouvoirs anciens.
Le décor est campé. Nous sommes là, de toute éternité semble-t-il, prêts à jouer
nos « rôles », pour nous remplir de nous mêmes, pour oser défier les limites que l’homme
croit encore donner à la vie, pour gifler de notre gant noir le squelette de la mort, avant le dernier duel qui nous verra vainqueur. Descendre dans la tombe… et revenir VIVANT,
après le terrible face à face qui donne à l’homme le pouvoir des dieux. Nous sommes là,
penchés dans la pénombre. Le thé fume dans les tasses. Cérémonial paisible avant la
messe de la folie, avant la liturgie des Ténèbres et la venue de Saint Satan. Jean Cau n’a
pas quitté sa casquette de cuir. Il est assis dans un fauteuil profond, disposé à entendre, ou plutôt à comprendre, ce que dit la nuit. A ses côtés, un jeune journaliste de Paris Match, prêt lui aussi pour l’épopée nocturne.
J’ai tiré un fauteuil, et je m’installe en face de Jean Cau. Sur ses genoux, un bloc notes
ouvert sur une page vierge. Nathalie est assise sur l’un des coins du bureau,
immobile, en vêtements noirs. Plus loin, Pierre, Sylvie et Magda, elle aussi vêtue de noir,
une chauve-souris de métal autour du cou. Nous veillons à l’entrée de la nuit, avant que
ne commence la fête nocturne, la Messe Rouge, quelque part dans un cimetière de
campagne, à l’heure ou l’obscurité sera enfin définitive.
Nathalie parle de sa passion pour le vampirisme, de sa découverte du romanisme
noir… puis de notre rencontre un jour de l’hiver 1977, autour du « Dracula » de Bram Stoker. Avec des gestes tranquilles, Jean Cau prend des notes. Pour l’instant, il ne s’agit
que d’une histoire, pleine de souffre et de ténèbres, une histoire qu’on raconte pendant la veillée, lorsque le bois brûle dans la cheminée et que s’éveillent les légendes. Chacun
raconte sa part de légende, le souvenir de son expérience, son face-à-face avec la nuit…
mais il ne s’agit que d’une histoire très ancienne, une sorte de messe du souvenir célébrée à haute voix dans l’obscurité. Dans deux heures, nous éteindrons les bougies, et le jeu d’ombre des candélabres cessera tout-à-coup. Le feu s’éteindra derrière la grille de
protection Alors nous bouclerons la petite valise de bois qui contient les objets du rituel,
et nous gagnerons un à un la rue, avant que ne commence l’épopée nocturne: la nuit, le
froid, la route, et nos deux voitures lancées à la recherche du « lieu et de la formule », un
cimetière isolé, au bord d’un chemin de campagne sans issue. C’est l’heure choisie par
nous pour invoquer les divinités de la mort, pour vivre l’histoire présente et écrire en
lettre de sang un peu de la légende du vingtième siècle: notre légende.
Mais pour l’instant il ne s’agit que d’histoire, des mots qui deviennent des signes
d’encre sur du papier. Jean Cau écrit. Il se contente d’écrire, sans savoir encore le
pouvoir de folie de ces mots, sans savoir qu’ils deviendrons vie pour chacun d’entre nous
d’ici quelques heures, lorsque les mots s’écriront en lettres de sang à la pointe du poignard.
« Pourquoi ce nom, « Les Témoins de Lucifer? »
Le stylo n’écrit plus. Il attend la réponse qui justifiera l’histoire… Après tout! S’il
s’agissait d’une gesticulation grotesque entretenue par une poignée de fanatiques
imbéciles?…Le stylo hésite. La casquette de cuir s’incline… L’homme qui écrit
s’interroge. Il ne doit surtout pas confondre les héros qui appartiennent au passé avec des pantomimes de quelques clowns vêtus de noir. Pourtant, les « clowns » font sans cesse
référence au « culte des héros ». Ce qu’ils disent semble sincère. On ne peut truquer
l’émotion….
D’ailleurs, que disent-ils ces adeptes de la nuit, immobiles dans ce curieux salon
parisien dédié aux puissances de « l’Enfer », « en plein vingtième siècle?
Jean Cau écoute, interroge, écrit… Nous parlons des fous portant la torche dans
l’obscurité des cimetières qui sont comme les ruines de ce monde finissant. De déclins
sublimes où il faut toute la volonté du dernier homme pour allumer les soleils qui
déteignent.
Nous savions, nous, que Satan était beau, de cette beauté un peu triste, pleine
d’orgueil sous son diadème d’or. C’est une telle beauté que nous allions chercher au fond
des cimetières, dans les ruines sans âges où vivent encore les images du passé. Un mot,
un seul, suffit pour réveiller les héros endormis… et ce mot appartient au rituel, à la
cérémonie nocturne pendant laquelle se célèbre la messe de sang, pendant laquelle nous
invoquons la folie qui est surtout l’ivresse du Sacré, le vertige du plus Lointain.
« Pourquoi ce nom, « les Témoins de Lucifer »?
Nous sommes face à face. Nous, dans nos rôles de fanatiques… où de porteurs de
légendes. Jean Cau dans son rôle d’équilibre, étudiant peut être un simple phénomène
social, à ajouter la confrérie imbécile des « fous de dieu », agitant en troupeau les
clochettes du réveil spirituel, le crâne tondu pour la plus grande gloire de Krishna et
consors. Le journaliste guette l’image habituelle: la secte, le fanatisme, le gourou
halluciné… Rien de tout cela pourtant. « Pour nous, Lucifer n’appartient pas à la vieille
superstition, au bric à brac occulte qui sent la poussière et les vieux manuscrits. Lucifer est le Porte Lumière, l’ange de la Foudre apportant la Connaissance aux hommes,
réveillant l’ancienne nostalgie du monde antique où l’adepte se faisait l’égal des dieux.
C’est avec le romantisme noir que Satan redevient Lucifer, et qu’il prit définitivement un
aspect de beauté déchue, de splendeur voilée, de tristesse et de mort. Le Satan médiéval a disparu…. L’Ange de Feu occupé à nouveau sa fonction première; il est le génie de
l’homme, le degré le plus haut de son évolution, la pointe extrême du savoir, la lucidité, la vision cosmique universelle….Dès lors, l’homme reconnaît en lui un « frère idéal », un but à atteindre ». Jean Cau cesse d’écrire un instant. Parlons-nous des mêmes « Porteurs de
torche », des mêmes fous incendiés de beauté?…. »Êtes vous une secte? »
« Au sens de ‘section’; ce qui sépare et ce qui est séparé. une fraternité noire,
limitée à quelques individus animés par la même passion, le même besoin de démesure…
La liturgie luciférienne est un moyen violent – toute beauté est violente – pour conquérir
la noblesse spirituelle trop longtemps refusée sous prétexte de malédiction, de sacrilège et de péché. Ce caractère surhumain de luciférisme, nous le trouvons fort bien illustré dans le mythe prométhéen, où la souffrance est conçue non pas comme une faiblesse, mais comme une force… »
Pierre se lève et ajoute une bûche au feu qui commençait à mourir. La flamme
ainsi ranimée se redresse tout-à-coup, avec une violence belle, suave, pleine d’elle-même,
et pourtant légère, fragile comme un rêve… insaisissable et mortelle à la fois…. le pouvoir
même de l’Ange de Flamme que nous vénérons dans l’obscurité des cimetières.
« De la même manière, dans la mythologie scandinave, Odin, se sacrifiera lui
même en se suspendant à la branche d’un arbre, neuf jours et neuf nuits, sans boire ni
manger, le flanc percé par sa propre lance. Ce martyr volontaire n’avait qu’un but: la
révélation des runes magiques, la découverte du ‘secret des secrets’. Loin d’être une
allégorie, l’exemple luciférien est un drame très réel, dont le but est le retour à l’homme-dieu »
« On vous dit adeptes du vampirisme. Quel rapport avec cette vision
prométhéenne de Lucifer?… »
« il s’agit d’une seule et même chose. Le vampirisme est une tradition magique de
la nuit dont le but est la victoire définitive sur la mort. Jadis, en Transylvanie, vivait un
prince volontairement reclus – le prince Dracula, seigneur de Valachie. Il n’avait qu’un
but; franchir les limites de la mort et entrer vivants dans l’éternité. Semblables à lui,
d’autres seigneurs roumains transformèrent leurs châteaux en nids d’aigles et devinrent les disciples de l’Ange Noir, Lucifer, celui qui porte le Feu. ceux-là pratiquèrent le véritable vampirisme, cette alchimie du sang qui confère puissance et gloire à l’audacieux qui transgresse les dernière frontières de son existence et oser aller voir au-delà. »
…Mais le mots restent les mots. Ils ne peuvent traduire la réalité de la Messe
Rouge, le vertige qui s’ouvre derrière la tombe dès la mise à mort de l’animal, le réveil de
la volonté aspirée par la beauté du sang, droite comme une statue de légende, ayant
retrouvé le dernier geste qui réconcilie l’homme avec son histoire….
Cette philosophie prométhéenne, ce retour à l’ancien paganisme, sont-ils
conciliables avec ces poignards rituels, ces épées magiques, cette tête de bouc autour de
laquelle tournent les vapeurs de l’encens?…Où s’arrête le folklore, et où commence le
Sacré, le Vrai, celui du ‘Mystère’, du drame ancien?…
=Les lieux dans lesquels se déroulent vos liturgies sont je pense des lieux
privilégiés. Il s’agit seulement de cimetières?

=Non. Nous allons aussi dans les ruine de certains lieux. Par exemple, ce qui
reste du château de Gilles de Rai, à Tiffauges, sur la route de Nantes.
=Pourquoi Gilles de Rais?… Il n’appartient pas à la mythologie du vampirisme.
=Il est l’auteur de près de six cents meurtres rituels. Mais ces meurtres ne nous
intéressent pas en eux-mêmes. Pourquoi Gilles de Rais?… Non pas à cause de ses
innombrables crimes terrifiants, mais à cause de sa démesure, e son désir illuminé d’aller plus loi. Vous comprenez?…
=Oui, je crois. De l’Acte lavé des actes. De la volonté pure d’avant les actes.
Alors nous évoquons la Messe Rouge dans la demi-pénombre du salon et l’Acte
retrouve sa grandeur magique, à travers la violence et le beauté. La Messe Rouge libère
l’angoisse cachée dans la tombe, et l’angoisse devient un moment de volonté vraie, une
torche incendiaire qui ose braver la mort. L’homme n’a plus peur de descendre dans la
tombe. Comme Thésée cherche le Minotaure, il cherche la mort dans les couloirs secrets
du temple. Alors il offrira le sacrifice sanglant pour parodier la mort, pour la forer à
paraître… Il portera le masque de la mort; le temps de sa Messe Rouge, il deviendra la
mort et la mort ne pourra rien contre lui. Tel est l’exorcisme tout puissant de la Messe
Sanglante: le prêtre joue le rôle de la mort. Il lui vole son rôle; et la mort démystifiée est
tout à coup chassée de la scène où se déroule le drame magique. Le prêtre de la Messe
Rouge ira même jusqu’à offrir sa propre vie… dans un grand éclat de rire, à la manière des dieux des légendes qui meurent et renaissent sans cesse, parce qu’ils osent repousser
les limites de la mort.
Le départ est fixé pour onze heures. Nous atteindrons le cimetière de Nucourt aux
environs de onze heures trente. Alors commencera la Messe rouge à laquelle Jean Cau
tient à assister. Nous avons encore une heure devant nous…. Le temps nécessaire pour
invoquer les « magnifiques annonciateurs », ceux qui on fait de la Messe Rouge une
liturgie permanente
Quelqu’un revient avec une théière fumante. Le feu redouble dans la cheminée.
C’est le moment choisi pour appeler à non les adeptes du romantisme noir, ceux qui firent de leur propre mort un rituel suprême: Fabre d’Olivet, William Beckford, le peintre
Léopold Robert…. et plus près de nous, Christian Taché, mort par le feu sous les fenêtres
de la Mairie de Camalières…

 LES MAGES FOUDROYÉS

suite… PDF

Témoignage très fort d’un ex-luciférien de la finance (M. Ronald Bernard) !


lelibrepenseur.org

Voici un témoignage très fort extrêmement perturbant d’un ex-homme d’affaires néerlandais ayant appartenu aux plus hautes sphères de la finance internationale criminelle. Malgré la gravité des accusations d’appartenance de ces élites à une secte luciférienne pratiquant des rituels de sacrifices d’enfants, on sait tous qu’il y a quelque chose de vrai derrière…
Lorsqu’il affirme par exemple que les services secrets du monde entier ne sont que des entreprises criminelles, on le sait et la CIA, le Mossad ou le MI6, sont là pour le prouver chaque jour. On sait également que le groupe terroriste Daech réussit à vendre du pétrole à bas prix sur les marchés internationaux, il est donc obligé de passer par le système bancaire classique ! Ceci est factuel, évident. Il suffit de voir comment ils permettent à ce groupe terroriste de faire sa propagande via les réseaux sociaux, en utilisant les satellites occidentaux, pour comprendre que tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie !

Bref, ce témoignage est précieux et à faire tourner au plus grand nombre afin que les gens commencent à comprendre qui dirige ce monde et vers quel chaos nous nous dirigeons tous ensemble.


Ronald Bernard est un homme d’affaire néerlandais ayant navigué dans les hautes sphères de la finance internationale. Dans son témoignage d’une quarantaine de minutes pour le média De Vrije, il explique comment il avait mis sa conscience et sa morale au « congélateur », dit-il, afin de pouvoir pratiquer son business sans désagréments psychologiques (un mécanisme de survie).
 

Dépôt de plainte du Ministère de l’Intérieur vs Amalek


oddr.ovh

Matthias Fekl

 

 

Révélations sur le #MacronGate

Cette grosse Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip de (((Matthias Fekl))), actuel ministre de l’intérieur a osé porter plainte contre Amalek ! Réponse de l’intéressé et révélations choc sur la mafia pédocriminelle qui sponsorise l’actuel favori à la présidence :

Reportage du JT de France 2 à propos de l’affaire de pédocriminalité d’élite du château de Tournelles dans laquelle le mentor de Macron, Jean-Marc Borello, est lourdement impliqué :

Amalek est la cible de la mafia judéo-pousse-crotte l’ayant injustement (à nouveau) pris pour cible suite à une boutade innocente postée sur son mur Facebook :

Le ministre de l’Intérieur Mathias Fekl a saisi ce mardi la procureure de Nanterre après des commentaires homophobes visant le policier tué aux Champs-Elysées.

[INFO L’EXPRESS] Qui a sali la mémoire de Xavier Jugelé sur les réseaux sociaux? Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, a saisi ce mardi la justice après avoir relevé plusieurs commentaires homophobes et injurieux visant le policier de 37 ans, assassiné jeudi lors de l’attentat des Champs-Élysées. Ce signalement, déposé auprès du procureure de Nanterre -lieu de l’emplacement de la plateforme Pharos- se fonde sur l’article 40 du code de procédure pénale qui oblige toute administration ou fonctionnaire à signaler une infraction constatée.

En l’occurrence, la place Beauvau dénonce des faits « d’apologie au crime » et « de provocation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle ». Dans son viseur notamment, les messages publiés sur Twitter, Facebook et Youtube par un compte portant le pseudonyme « Ernest Manurhin », une référence au revolver anciennement utilisé par les policiers et gendarmes.

(source : L’Express)

 

où encore…

French Pedogate :

les liens entre Macron et le réseau pédocriminel américain

oddr.ovh

 


Macron, pantin des Rothschild lié au Pedogate

Comme nous l’affirmions dans notre précédent article, Emmanuel Macron est compromis avec le réseau pédocriminel international, ce que nous soupçonnions dès que Julian Assange avait fait état d’informations intéressantes qu’il détiendrait, à propos du candidat à la présidence de la république dite française. Nous avons découvert de nouveaux éléments qui semblent attester des liens très étroits entre le poulain des Rothschild, sodomite patenté Macron et l’organisation éclaboussée outre-atlantique par le scandale du Pizzagate.

Mathieu Gallet, le chaînon manquant

« Puis en 2010, à seulement 33 ans, Gallet est propulsé à la tête de l’INA par l’entremise du dégénéré Mitterrand : « Les compliments de Mitterrand ont laissé supposer qu’il était in love », expliquera lui-même Mathieu Gallet dans Le Monde. Après avoir dirigé l’INA, soit un millier de salariés et 120 millions d’euros de budget, il a succédé à Jean-Luc Hees à la tête de Radio France le 27 février 2014. (source) »

 

Diplômé de Sciences-Po Bordeaux et d’un DEA « analyse économique des décisions politiques » obtenu à Paris I, Mathieu Gallet a commencé sa carrière comme secrétaire particulier du metteur en scène homosexuel américain Robert « Bob » Wilson, avant de rejoindre Studio Canal comme lobbyiste, puis le ministère de la Culture en 2007. C’est là qu’il est rapidement devenu le « chouchou » de Frédéric Mitterrand, qui, hypnotisé, décrira à peine implicitement son jeune conseiller dans La Récréation (Robert Laffont, 2013) :

« Tancrède [nom du personnage incarné par Alain Delon dans Le Guépard, NDLR] séduit tout le monde et je n’échappe pas à la règle. On s’épuiserait à dresser la liste des raisons qui expliquent ce succès ; mettons que ses qualité intellectuelles sont à la mesure de l’attirance qu’exerce son physique. [ …] Tancrède se prête à chacun et ne se donne à personne. » (source)

Qui est Robert « Bob » Wilson ?

Robert Wilson, né le 4 octobre 1941 à Waco au Texas, est un metteur en scène et plasticien américain. C’est lui qui aura parrainé Mathieu Gallet, qui fut son « secrétaire personnel », au sein de l’élite …

Car Mathieu Gallet, chemise blanche impeccable brodée à ses initiales sur un physique qui lui valut d’être élu «homme de médias le plus sexy de France» par le magazine gay Têtu en 2014, joue avec brio dans tous les registres. A l’aise avec les chiffres. Doué pour repérer qui, dans le millefeuille étatique français, pourra servir au mieux ses intérêts. Avec, toujours, ce coté «dandy-rock» soigné, à la fin des années 90, comme proche collaborateur du metteur en scène américain de théâtre Bob Wilson, puis dans le giron de Canal +, et enfin, aux côtés de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, entre 2009 et 2010. (source)

C’est Robert Wilson, qu’on voit ici, lors de l’exposition « The Devil’s Heaven » (le Paradis du Diable) se livrant à un simulacre de festin cannibale,  en compagnie des sorcières Lady Gaga (passée par l’école Tisch) et surtout, Marina Abramovic ! C’est cette femme qui fut au coeur du scandale du Spirit Cooking, quand les mails détournés par Wikileaks de Julian Assange révélèrent que des membres du premier cercle d’Hillary Clinton s’adonnaient à cette pratique, héritée tout droit d’Aleister Crowley, consistant à confectionner des gâteaux à base de sang menstruel, de matières fécales et séminales, à consommer pour d’obscures pratiques rituelles.

Robert Wilson est très proche de Marina Abramovic, au point d’avoir collaboré avec elle dans le cadre d’une pièce de théâtre qu’il a produit :

Dans cette pièce de théâtre malsaine, la sorcière fournit même des recettes de « Spirit Cooking » :

La malice pèse tout au long du spectacle comme lors de certains passages lorsqu’elle fournit une série de récettes de « spirit cooking » …. (source)


Derrière Macron, le « lobby gay », paravent de la mafia pédocriminelle des Rothschilds

Dans une interview à Sputnik news (agence de presse russe) du 4 février, Nicolas Dhuicq (élu Républicain) a déclaré :Il s’avère qu’en effet, tout le gratin de ce que la France compte de pédomanes plus ou moins notoires s’agglutinent à la traine de leur petit protégé :

Soutien de l’immonde Pierre Bergé, ancien amant d’Yves Saint Laurent, auteur de l’abominable bande-dessinée la Vilaine Lulu :

En conclusion, nous espérons que Julian Assange ne manquera pas de tenir sa promesse en dévoilant les informations qu’il détient à propos du minable Micron, tant ses liens avec l’oligarchie satanique semblent sans cesse plus évidents. Il est d’une importance capitale que le public soit toujours plus au fait des pratiques, abominables, de ces démoniaques vermines qui se veulent nos maîtres et agissent dans l’ombre, pour nous détruire, spirituellement et physiquement. 

Plus d’informations à propos des liens de l’inverti Macron avec le Bilderberg.

Des liens avec l’organisation pédocriminelle dans l’équipe de campagne de Macron

Jean-Marc Borello est le conseiller principal de campagne d’Emmanuel Macron. Trafiquant de drogue condamné à 6 mois de prison pour trafic d’Ecstasy, bien qu’il soit le président d’une ONG censée combattre le fléau de la drogue. Il est en outre lié à un scandale de pédocriminalité en lien avec la République Française, dans l’affaire du foyer du château des Tournelles dont il était membre du comité d’administration.

Jean-Marc Borello et Emmanuel Macron participant à la présentation de la liste des principaux représentants du mouvement « En marche! » au pavillon Gabriel à Paris, mercredi 26 octobre 2016 

Le directeur de ce foyer, Robert Megel, haut fonctionnaire de la République Française avait été condamné à 12 ans de prison ferme. Les gamins étaient prostitués en France et à l’étranger à de puissants clients, membres de l’élite internationale, des gouvernements et de la haute finance.

Le foyer avait pu bénéficier du soutien à l’époque de personnalités telles que la femme du président de la République, Danièle Mitterand, de la célèbre pédiatre Françoise Dolto, du journaliste Michel Polac ou bien de Robert Badinter.

 

Le monde occulte des comic books


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Auteur : Lehut Jérémy
Ouvrage : Le monde occulte des comic books
Année : 2016

Merci à Johan Livernette, les gérants de la page Noaches sur
le réseau social Facebook , Guillaume et à quelques amis pour
leur aide.

1 Jean 2:18 « Mes petits enfants, c’est ici la dernière heure ; et
comme vous avez entendu dire que l’antéchrist doit venir, il y a
dès maintenant plusieurs antéchrists ; ce qui nous fait
connaître que nous sommes dans la dernière heure. »

Introduction
Le comic book ou graphic novel est le terme américain pour
désigner les bandes dessinées. Les premières publications
narraient des histoires de cow-boy, d’aventurier, de détective
mais aussi horrifiques ou érotiques. En 1935, la maison
d’édition DC Comics est créée par Harry Donenfeld et Jack
Liebowitz. Elle se contente au départ d’éditer des publications
moins sulfureuses car les bandes dessinées érotiques étaient
mal vues. En 1938 Harry Donenfeld et Jack Liebowitz décident
de publier un nouveau personnage de bande dessinée inventé
par deux jeunes immigrés de l’Europe de l’est, Jerry Siegel et
Joe Shuster. Sans le savoir les quatre hommes allaient
révolutionner le monde des comic books en éditant le premier
super-héros de l’histoire, Superman. Le kryptonien déchaîne les
passions dès ses premières apparitions. Le héros capé était à
peine arrivé sur le format papier que ses histoires étaient
contées à la radio et à la télévision. Le fourbe Bob Kane,
dessinateur de comic book, proposa Batman à Harry Donenfeld
et Jack Liebowitz en 1939. Le personnage est accepté, il est
édité et deviendra le héros le plus rentable de l’histoire de DC
Comics. Suit Wonder Woman en 1941, inventée par le
psychologue William Moulton Marston. En 1939 une autre
maison d’édition est créée par Martin Goodman et une armée
de dessinateurs, Marvel. En 1941, en plein second conflit
mondial l’écurie surfe sur la vague de super-héros qui déferle
sur l’Amérique et invente Captain America. Les deux géants de
l’industrie du comic book étaient nés. Au fil des années leurs

univers vont s’étoffer et proposer plus de super-héros. Le
succès du comic book est si important que l’empire
hollywoodien tourne son regard vers ces justiciers aux pouvoirs
improbables. Aujourd’hui les super-héros agissent aussi bien
sur papier qu’au cinéma ou sur grand écran. On les retrouve
notamment sur du textile, dans des jeux-vidéos, en jeux de
société, en figurines etc. Les Iron-Man, Batman et autre Hulk
déplacent des millions de personnes au cinéma. Les films de
super-héros battent des records de budgets mais aussi de
bénéfices engrangés. Ils ne concurrencent même plus des
franchises comme Le seigneur des anneaux ou encore Matrix,
ils les dépassent largement. Si des millions de personnes se
ruent dans les cinémas pour découvrir les aventures
cinématographiques de ces personnages, c’est parce que des
millions de comic books sont vendus. Le succès de cette
industrie est sous-estimé, voire totalement occulté. Pourtant,
même si vous n’aimez pas ces super-héros vous connaissez au
moins leur nom et un minimum leur histoire. Il convient de
s’arrêter le temps de quelques pages sur sa genèse et les
principaux acteurs de cette industrie. En réalité le comic book
est un organe de propagande puissant. Depuis ses débuts il
véhicule des messages malsains. Ses auteurs ont des références
douteuses qu’ils aiment insérer dans leur publication. Derrière
ce pseudo combat contre le mal et ces actes héroïques se cache
en réalité un fond beaucoup plus sombre. D’origine juive, nous
verrons que l’industrie des comics est morbide à bien des
égards. L’histoire raconte que les hommes ont adoré des idoles.
Ce qui fut justement dénoncé par Dieu dans la Bible. Pourtant,
de nos jours il existe encore des idoles qui sont adorées par
l’homme. Si ce ne sont plus des statues ce sont des acteurs, des
chanteurs, des sportifs et des super-héros.

Chapitre 1 : Une création juive
ans les années 1930 le comic book était connu pour ses
histoires de détectives mais aussi et surtout pour ses
publications érotiques. Alors que la seconde guerre mondiale
s’installait, plusieurs immigrés de l’Europe de l’est allaient
bouleverser l’histoire de l’industrie de la bande dessinée.
Apparemment persécutés et marqués par leur histoire, deux
juifs inventent un personnage qui va révolutionner les comic
books. Ces deux immigrés sont aidés par deux membres de leur
communauté qui sont les fondateurs de la première enseigne de
super-héros, DC Comics.

DC COMICS ET LA TRINITÉ
Intéressons-nous donc à DC Comics ainsi qu’à ses trois
personnages clés. En 1935 en Amérique, deux juifs immigrés,
Harry Donenfeld1 et Jack Liebowitz, éditeurs de bandes
dessinées mais surtout de pulps érotiques, s’associent à l’ex-majeur
de l’armée américaine Malcolm Wheeler-Nicholson. Il
éditait également des Pulps érotiques et avait besoin de publier
des revues moins osées. Leur collaboration se nomma National
Allied Publication (puis DC Comics). Ils publièrent les bandes


1 Dans le documentaire Super-héros, l’éternel combat diffusé sur Arte en
2013 il est rapporté que Harry Donenfeld entretenait des liens avec la
pègre.


dessinées Fun Comics, des histoires policières. En 1937, la BD
changea de nom et devint Detective Comics. Moins d’un an
après c’est la rencontre de Joe Shuster et Jerry Siegel qui
changera leur destin. Shuster et Siegel présentèrent un nouveau
personnage de comic book au duo de DC Comics, un héros
invincible et capable de voler. Donenfeld et Liebowitz furent
convaincus et engagèrent les deux hommes. Superman fit donc
son apparition en avril 1938 dans Action Comics numéro 1.
Rapidement, ce que DC Comics appelle la « supermania »
s’installa. Des bandes dessinées furent éditées, des histoires de
Superman furent également diffusées à la radio, le héros fut
aussi imprimé sur du textile. Selon les dessinateurs de DC
Comics, le monde avait besoin d’un héros fictif à cause de la
première guerre, de la montée des crimes dans les rues et de
l’arrivée de ce second conflit mondial. Superman est devenu un
personnage plus que populaire. Il s’inscrit presque dans
l’histoire de l’Amérique (ce qui jette une fois de plus un froid
sur son histoire). Le premier personnage clé de l’univers de DC
Comics était né. Dès ses débuts, Superman gagnait le coeur du
peuple américain, bénéficiant des relais des organes de
propagande de l’époque comme la radio ou la télévision. Mais
bien avant que Superman ne soit un héros capé en collant, une
toute autre version, toujours des juifs Siegel et Shuster, existait.
Superman était au départ un extraterrestre envoyé sur terre
dans le but de détruire l’humanité avec ses pouvoirs2. C’est avec
l’arrivée du national-socialisme que Siegel et Shuster
inventèrent le Superman que nous connaissons. Pour résumer
l’histoire de Superman voici un cours synopsis : La planète
Krypton sur laquelle vivent les kryptoniens est sur le point


2 Reportez-vous à la galerie page 24


d’être détruite. Jor-El et Lara-El décident de sauver leur
unique fils Kal-El de cette destruction. Ils placent leur enfant
dans un vaisseau et envoient ce dernier sur la planète terre.
L’enfant est recueilli par un couple de fermier du Kansas. Au
fil des années, le jeune kryptonien rebaptisé Clark Kent
découvre qu’il possède des pouvoirs qui le placent au-dessus
du genre humain. Il utilisera ses pouvoir pour sauver la veuve
et l’orphelin en devenant Superman.
Dans les premiers numéros les parents adoptifs de Superman
se nomment Mary (Marie) Kent et Jonathan Joseph Kent, puis
les noms changèrent en Martha Kent et Jonathan Kent. Si
Superman fut plus d’une fois comparé au Christ, les fans du
personnage font également souvent le parallèle entre l’histoire
de Moïse et celle du héros. En réalité ce héros est un messie
juif, pas une référence à Jésus-Christ, c’est un antéchrist. Les
juifs rejettent le Christ et lui vouent une haine démesurée, ils se
fabriquent régulièrement de faux messies. Il faut inverser le
schéma de Superman. Ce dernier arrive sur terre pour abolir
toute croyance religieuse. C’est ce qui est rapporté plus d’une
fois dans les comics ainsi qu’au cinéma. Par exemple, dans le
film Superman Returns de Bryan Singer sorti en 2006 de
l’officine Warner Bros, le héros déclare ceci :
« Vous dîtes ne pas avoir besoin d’un sauveur comme moi,
pourtant le soir dans vos prières je vous entends tous
demander la venue d’un élu ».
Dans ce même film, Superman se sacrifie lors d’une scène.
Il est présenté en position christique avant de mourir. Après ce
sacrifice l’homme d’acier revient à la vie et sauve la terre. La

plupart du temps Clark Kent devient Superman autour de ses
33 ans. Dans le film Man of Steel du réalisateur Zack Snyder,
Superman est plus que jamais un messie juif. Il se révèle
justement au monde en tant que Superman à l’âge de 33 ans et
produit ce qu’on pourrait appeler des miracles (il vole, vient au
secours du peuple, il est invincible). Dans ce long-métrage, Le
héros est régulièrement représenté comme l’élu. À la fin du
film, le père biologique de Superman s’adresse à son fils : « Tu
peux les sauver, Kal. Tu peux tous les sauver ». Suite à cette
phrase, le héros se tient dans une position christique avant de
voler au secours de la journaliste Lois Lane. Cette scène se
déroule dans l’espace à bord d’un vaisseau spatial. La planète
terre est en arrière plan, symbolisant un dialogue entre le Père
et son Fils. Superman est souvent présenté comme une voie à
suivre, un exemple. L’homme avant Dieu. Sur la planète de
Superman les kryptonniens vouent un culte au dieu soleil Rao.
Sa parole est contenue dans une Bible qui raconte comment un
élu sera envoyé sur une planète lointaine afin de la sauver d’une
catastrophe. Dans les comics cette catastrophe n’est autre que le
jugement de Dieu auquel Superman s’oppose. Cette menace se
nomme Apokolips qui rappelle évidemment le livre
l’Apocalypse de la Sainte Bible. C’est une menace venue du
ciel, la planète de Darkseid (le côté obscur) qui vise à détruire
le monde des hommes. Superman, en tant qu’antéchrist
s’oppose donc au jugement divin qui doit s’abattre sur tous les
hommes. Il faut comprendre que, pour les satanistes, Dieu est
l’ennemi, celui qu’ils appellent Dieu est le Diable. Le Diable est
la lumière et Dieu l’obscurité. On pourrait faire le parallèle en
parlant du Moyen-Âge qui était en réalité une période plus
éclairée sur le plan spirituel que notre monde moderne car
l’Église pouvait parfaitement jouer son rôle qui consiste à

sauver des âmes. Alors que dans l’histoire officielle, cette
période est sombre et elle a pris fin lorsque la philosophie des
Lumières est arrivée, à savoir la franc-maçonnerie. Un profane
qui devient franc-maçon dit également qu’il reçoit la lumière,
qu’il sort de l’obscurité. En se basant sur ce schéma, Superman
est clairement un antéchrist. Les auteurs de Superman insinuent
même clairement que le personnage est juif. Dans un
documentaire3, l’auteur de comic book Michael Chabon
déclarait : « Superman est un immigré, il a quitté sa planète
sans espoir de retour, sa fausse identité est Clark Kent, nous
lui avons trouvé un nom qui fait bien goy ». Lors d’une
convention sur les comics une question avait été posée par un
membre du public au sataniste, adepte d’Aleister Crowley et
auteur de comics, Grant Morrison :
« – Au vu de tous ces éléments concernant Superman, est-ce
que vous voulez dire que Superman est Dieu ?
– Oui, Superman vous aime, cela ne vous plaît donc pas ? Ce
Dieu prend beaucoup plus d’initiatives, répondit Grant
Morrison ».
En 1939, sous la demande de DC Comics qui souhaite plus
de super-héros, donc plus d’argent, Robert Kahn (qui se fit
appeler Bob Kane) est invité à créer un nouveau héros. Avec
Bill Finger, son ami et scénariste, ils inventent donc Bat-Man.
À l’origine Robert Kahn avait griffonné sur une feuille un
super-héros qui avait pour emblème et inspiration une chauvesouris,
mais, mauvais en dessin, sa première ébauche dont il


3 Super-héros, l’éternel combat – Arte, 2013.


semblait fier ne ressemblait en rien à un super-héros4. Son ami
Bill Finger arrangea le croquis, faisant de Batman le héros capé
et masqué que nous connaissons tous. Robert Kahn présenta
donc Bat-Man à la maison d’édition, il fut publié pour la
première fois en 1939. Robert Kahn développa donc la série
Batman avec DC Comics sans leur parler de son ami Bill
Finger qui avait dessiné le héros et même inventé son univers.
Bob Kane avoua plus tard à DC Comics qu’il travaillait déjà
avec un scénariste. La maison d’édition engagea alors Bill
Finger mais son nom n’apparaîtra jamais comme créateur du
personnage. Tous les produits de la franchise Batman portent la
mention « créé par Bob Kane » mais le nom de Bill Finger
n’apparaît jamais comme créateur du personnage. Le milieu du
comic book raconte que Robert Kahn était un mauvais
dessinateur et qu’il s’était servi du talent de son ami pour
s’enrichir, il se serait même arrangé pour que seul son nom soit
crédité à la création du personnage. Il ne voulait pas se faire
appeler Robert Kahn mais Bob Kane. Il se fit d’ailleurs
rapidement refaire le nez après avoir gagné de l’argent grâce
aux premiers numéros de Batman. L’auteur faisait à peu près
tout pour ressembler au personnage de Bruce Wayne. Il tentait
d’adopter une vie de plus en plus luxueuse et rêvait d’appartenir
à des cercles privés du tout New-York5. Batman est le
personnage le plus rentable de DC Comics. Si il appartient à la
maison d’édition, Robert Kahn a largement profité de ce succès
en créditant son nom à la création du super-héros. Nul besoin
de s’étaler sur les millions que représente Batman. Robert Kahn
est décédé en 1998, on lui a récemment attribué à titre


4 Chapitre galerie page 25.
5 Super-héros, l’éternel combat – Arte, 2013.


posthume son étoile sur Hollywood Boulevard, sur le fameux
Walk of Fame. Le Walk of Fame et ses étoiles sont le parfait
symbole de ce qu’est l’Amérique. Le culte de l’homme dans
toute sa splendeur, l’idolâtrie y est poussée à son paroxysme.
Des personnages fictifs comme Donald Duck, Mickey Mouse
mais encore Lassie ou Rintintin jonchent le sol d’Hollywood
Boulevard. Ces étoiles sont décernées à des acteurs majeurs de
l’industrie du divertissement. La musique, la radio, le cinéma,
la télévision mais aussi le théâtre sont les secteurs représentés.
Comprenez que les personnes les plus rentables possèdent leur
étoile. Deux auteurs de comic book ont leur nom sur le Walk of
Fame, Robert Kahn et Stan Lee (Stanley Lieber).
L’histoire de Batman est simple et je crois, connue de tous :
Un soir la richissime famille Wayne sort d’une séance de
cinéma. En rentrant chez elle, cette dernière est attaquée par
des malfrats. Les parents sont tués, seul le jeune Bruce survit
et hérite de la fortune de sa famille. Voyant sa ville sombrer
dans le chaos il décide d’utiliser cet héritage pour devenir
Batman. Très vite ce personnage sera accompagné du jeune
Robin. Son apparition dans Batman numéro 1 lança la mode
des « side kick 6». Batman a un fils qui porte le nom de
Damian, ou Damien, comme le prénom du fils du diable. Ce
fils est né d’une union avec la fille du maître d’une société
secrète7. Dans la bande dessinée Batman numéro 666, Batman
à Bethléem scénarisée par le sataniste écossais Grant Morrison


6 Chapitre 3 : Révolution sexuelle.
7 Damian Wayne apparaît pour la première fois dans le Batman numéro
655. 11 numéros avant le fameux Batman numéro 666. Le personnage
de Damian a été inventé par Grant Morrison et Joe Kubert.


et dessinée par Andy Kubert8, Bruce Wayne est décédé. C’est
son fils Damian qui a repris le costume après avoir vendu son
âme au diable. L’ennemi juré de Batman, car il en faut un, se
nomme le Joker et l’histoire de sa création est aussi farfelue que
celle de Batman. Jerry Robinson a créé ce méchant avec l’aide
de Bill Finger et de Bob Kane. Mais une fois de plus Robert
Kahn déclarait qu’il était le seul créateur du clown maléfique, il
faut certainement comprendre le contraire. De son côté, Jerry
Robinson affirme que c’est lui qui a inventé le Joker en
référence au personnage qui se trouve sur les cartes. Bill Finger
défend également sa position en expliquant qu’il est celui qui a
inventé le Joker après avoir visionné le film The man who
laughs. Ce triste personnage apparaît dans Batman numéro 1 en
1940. À l’origine il devait être tué mais DC Comics savait
qu’elle tenait là un personnage de grande envergure. Le Joker
sera donc sauvé par l’équipe éditoriale. Ce clown maléfique qui
tue sans raison n’a pas d’origine, pas de nom et la seule raison
qui le pousse à agir est l’existence de Batman. Dans les derniers
comics publiés entre 2012 et 2015 par Greg Capullo (qui se
déclare athéiste convaincu) et Scott Snyder, respectivement
dessinateur et scénariste, l’histoire raconte que le Joker est tout
simplement sorti de l’enfer9. Le duo Capullo/Snyder inventera
même une société secrète qui utilise le hibou comme emblème
et qui dirige la ville de Gotham10. Le hibou rappelle la société
secrète du Bohemian Club qui compte en son sein des
personnalités influentes11 et qui a l’habitude de se réunir au


8 Fils de Joe Kubert, également dessinateur de comics. Ce sont des juifs
de l’Europe de l’est qui ont fait carrière aux États-Unis.
9 Batman New52, End game.
10 Batman New52, la cour des Hiboux.
11 Valérie Giscard d’Estaing, ancien président de la république française,

les banquiers David et Nelson Rockefeller, les ex-présidents Bush père
et fils… Pour ne citer qu’eux.


Bohemian Grove afin d’y pratiquer d’étranges rituels12. Batman
possède une équipe qui l’aide malgré son individualisme
prononcé. En France il existe un représentant du chevalier noir,
ce dernier se prénomme Bilal Asselah. Il décide de devenir
« Nightrunner » après une bavure policière dans laquelle son
meilleur ami Arif est tué. Ces derniers avaient attaqué un
commissariat de police suite à un passage à tabac par des
policiers. Leur quête vengeresse mènera donc au décès d’Arif.
Notez l’image de la France au passage. Bilal Asselah est de
confession musulmane et vit à Barbès. Le Batman français est
musulman, symbole de la disparition des racines chrétiennes de
la France. Tout comme Batman, Nightrunner a des ennemis
dont une version française du Joker qui se nomme The son of
man (le fils de l’homme). Des conservateurs américains avaient
déploré le fait qu’un super-héros français soit de confession
musulmane. Cette polémique relayée par les médias de masse
aux États-Unis a largement contribué au succès du personnage
qui était jusqu’alors inconnu du grand public. Nightrunner fut
inventé en 2010 par des auteurs de comic books britanniques.
Juste après Batman, une héroïne fait son apparition :
Wonder Woman. Dans un premier temps suggéré par William
Moulton Marston, un psychologue, le personnage est
rapidement édité par DC Comics. Marston s’inspira de sa
femme Elizabeth Holloway Marston pour créer son héroïne.
Son côté libéral plaît à Marston qui injecte cette particularité à


12 L’animateur, réalisateur et acteur américain Alex Jones s’était infiltré au
Bohemian Grove lors d’une cérémonie à l’été 2000. La vidéo est
disponible ainsi qu’un reportage consacré à cette société secrète.


Wonder Woman. Marston était un adepte de la polygamie, étant
marié à Elizabeth Holloway il vivait également avec Olive
Byrne, une étudiante, sous le même toit. Les deux femmes
eurent des enfants avec le psychologue. La tante de Olive
Byrne, Margaret Sanger, fut une figure du féminisme. Elle
milita en faveur de l’avortement et du droit de vote pour les
femmes. C’est par elle que fut inventé le « planning familial »
qui se nommait autrefois « l’American Birth Control League ».
Le personnage de Wonder Woman est donc teinté du féminisme
qui ne s’abattra réellement sur le monde qu’à partir des années
1960. Elle possède une force surhumaine, des bracelets en
métal qui lui servent à arrêter les balles mais aussi un lasso qui
force les malfrats à dire la vérité lorsque ces derniers sont
attachés. Clin d’oeil au détecteur de mensonge dont William
Moulton Marston est l’inventeur.
À la base Wonder Woman est la fille d’une déesse nommée
Hippolyta, elle vient d’un monde uniquement peuplé de
femmes dans lequel l’homme n’est pas nécessaire pour procréer.
Rapidement, Wonder Woman fut sujet à controverse. Sur
chaque page Moulton Marston s’arrangeait pour qu’un
personnage soit représenté ligoté, menotté, dans des positions
curieuses :
« Le seul espoir de paix est d’apprendre aux personnes
pleines d’énergie et de force d’apprécier la soumission.
Seulement lorsqu’être contrôlé par d’autres devient plus
plaisant que l’insoumission il est possible d’aspirer à une
société humaine stable et paisible. Donner aux autres, être
contrôlé par eux, s’y soumettre, tout ça n’est pas envisageable
sans un fort élément érotique. Donnez aux hommes une femme

pleine de panache plus forte qu’eux et ils seront fiers de
devenir ses esclaves ! » déclarait Marston13.
Moulton Marston qui était derrière chaque aventure de
l’héroïne fut écarté et le ton de la bande dessinée changea. Cette
dernière devint même un emblème du féminisme pendant la
révolution sexuelle. Suite à la création de Wonder Woman de
nombreuses héroïnes virent le jour : des Supergirl, Powergirl,
Spider-Woman…
Les trois icônes de DC Comics (Superman, Batman, Wonder
Woman) étaient nées. Les fans et la maison d’édition appellent
aujourd’hui ces trois personnages « la trinité ». Depuis leur
parution des années 1940 à nos jours, ces trois héros (et
d’autres) sont publiés chaque mois. Il faut noter la forte
représentation de la communauté juive dans cette industrie.
Laissons ses acteurs s’exprimer à ce propos. Dans un reportage
diffusé sur Arte en 201314 on y apprend que les créateurs de
tous les personnages majeurs de l’industrie du comic book sont
juifs. Joe Simon déclarait même à ce sujet : « Un des éditeurs
était même surnommé le goy maison car il fallait une façade
non juive ». Superman fut inventé et dessiné par deux jeunes
immigrés juifs, mais la réussite de Superman émane d’un
homme qui se fait appeler Max Gaines. Cependant son
véritable nom reste incertain (Maxwell Ginsburg ou Max
Ginsberg). C’est lui qui édita les premières aventures de
Wonder Woman avec sa propre maison d’édition All-American
Comics. C’est Max Gaines qui présenta les créateurs de


13 Article La sexualité dans les comics du site DCPlanet.fr, publié le 24
février 2014.
14 Super-héros, l’éternel combat. Arte, 2013.


Superman à Harry Donenfeld et Jack Liebowitz (les créateurs
de DC Comics). Un des ses amis (Sheldon Mayer) lui avait
parlé de Jerry Siegel et Joe Shuster et du Superman qu’ils
cherchaient à faire publier. Ces derniers se faisaient jeter de
toutes les maisons d’édition et Gaines, qui avait apprécié
l’histoire de Superman avait donc fait les présentations. Max
Gaines est considéré comme étant le père des comics qui, à la
base, narrent des histoires horrifiques, policières ou érotiques.
La violence et les connotations sexuelles étaient omniprésentes.
C’est pourquoi le comic book fut attaqué dans les années 50.
Max Gaines avait déclaré en montrant la couverture d’un de ses
comic books sur laquelle une femme était décapitée que c’était
« de bon goût ». C’est avec l’arrivée de Superman que le comic
book narre des aventures de super-héros. Si au départ les
histoires policières ou aventurières ont résisté, petit à petit et
avec l’arrivée de Batman et Wonder Woman, elles se sont
effacées. L’arrivée de Superman a changé beaucoup de choses.
Le secteur de la bande dessinée marchait très bien avant
l’apparition du héros capé, mais la publication du Action
Comics numéro 1 changea la donne. Le succès du premier
super-héros était tel que les spécialistes de la bande dessinée
disent que la « beatlemania » fut moins importante que la
« supermania » qui déferla sur les États-Unis lorsque ce dernier
apparu à la fin des années 30. Une véritable révolution dans le
monde des bulles et des cases, et c’était un homme déraciné et
au dessus du genre humain qui en était le fer de lance. La
marque Superman était déjà exploitée au début des années 40,
des trousses, des cartables, des t-shirts, des pulls et des jouets
pullulaient. Des émissions de radio qui racontaient ses
aventures étaient diffusées après les heures de sortie d’école.
De 1952 à 1958 Superman eut même droit à son dessin-animé

produit par Max et David Fleischer, deux juifs de l’Europe de
l’est qui ont rivalisé avec Disney dans les années 1920. Ils sont
à la base, entre autres, de Betty Boop et de Popeye.
L’intégration de Superman dans la société américaine
s’explique aussi avec la montée du nazisme dans le monde et la
peur que cette idéologie suscitait. Cependant un autre
personnage eut un rôle beaucoup plus important dans cette
guerre entre le capitalisme et le national-socialisme, c’est
Captain America des édition Marvel, le concurrent de DC
Comics, inventé tout spécialement pour combattre le Führer et
ses armées.

MARVEL

suite…

Le-monde-occulte-des-comic-books