L’ OCCULTISME DANS LA POLITIQUE – De Pythagore à nos jours


histoireebook.com

  https://i1.wp.com/wiki.grenzwissen.de/images/c/c4/SedeRennesDossier.jpg
Auteurs : De Sède Gérard – De Sède Sophie
Ouvrage : L’occultisme dans la politique de Pythagore à nos jours
Année : 1994

 

 

Avant-propos
Le terme d’occultisme n’est pas très ancien car il ne date que du
siècle dernier. tr fut forgé vers 1850 par Éüphas lévi, hiéronyme
de l’ex-abbé Alphonse-Louis Constant (1816-1875), auteur, entre
autres, du Dogme et Rituel de haute magie, et c’est seulement en
1892 qu:il eut I’ honneur d’être admis par l’Académie française.
Son emploi peut donc paraître inadéquat dans un livre qui voudrait
survoler plus de deux millénaires. Qu’il nous soit donc permis de
le justifier.
D’une part,la chose est beaucoup plus ancienne que le mot. Dès
son entrée en scène sur cette planète, en effet, l’Homo sapiens a
tenté d’expliquer une nature hostile qu’il ne maîtrisait pas encore
par l’action de forces occultes ; aussi s’est-il efforcé de se soumettre
celles-ci par la pratique de la magie.
D’autre part, le terme << religion >> n’aurait guère convenu ici car
il est trop général et aurait débordé notre sujet. Non point qu’il n’y
ait aucun rapport entre occultisme et religion, ni entre religion et
politique; bien au contraire. Mais un grand nombre d’événements
historiques dans lesquels la religion fut ou est encore impliquée ne
doivent rien à I’ occultisme.
Enfin, celui-ci, tel que le définissent les dictionnaires, se caractérise
par des croyances et des pratiques (divination, voyance, astrologie,
alchimie, arithmosophie, magie, spiritisme, etc.) que presque
toutes les religions institutionnelles condamnent comme des superstitions,
bien qu’elles ne se privent pas d’y recourir à l’occasion, par
exemple quand elles authentifient la voyance ou les apparitions.
Si I’ occultisme doit ainsi être partiellement distingué de la religion,
il se rattache en revanche très souvent aux sociétés secrètes,

surtout quand il s’implique dans des projets politiques. Or, ces
sociétés sont pour ainsi dire aussi anciennes et universelles que la
civilisation elle-même. On les rencontre autant dans les formations
sociales dites primitives qu’au Moyen Age, à la Renaissance, dans
les Temps modernes et à l’époque contemporaine; en Mélanésie,
en Afrique noire, au Moyen-Orient et en Chine que dans les Amériques
et dans notre Europe. Ainsi, depuis les Douk-Douk mélanésiens
et les Hommes-Panthères africains jusqu’aux Invincibles
irlandais et à la Synarchie, en passant par la Rose-Croix, les Carbonari
italiens et les Hong chinois, ces sociétés, occultes aussi bien
dans leurs structures que dans leurs rituels, semblent coextensives
à l’évolution historique.
En un sens, on pourrait même se risquer à dire que I’ occultisme,
dans la mesure où le secret est un enjeu de pouvoir
pour une élite, a été et reste jusqu’à nouvel Ordre – jusqu’à
I’ avènement d’un nouvel Ordre social – inhérent à toute politique.
Au second siècle de notre ère déjà, dans son Traité des
rêves, Philon d’Alexandrie classait la politique parmi les arts
magiques et voyait dans I’ homme d’État une combinaison du
sorcier et, à cause du double langage, du ventriloque. Plus tard,
Moïse Maïmonide de Cordoue (1135-1204), philosophe et médecin,
dans son Guide des Égarés, évoquait << la secte des politiciens,
législateurs, devins et enchanteurs de rêves qui recourent
couramment aux arts occultes >>. Il n’est pas jusqu’à Marx qui
faisait observer en 1842: << les bureaucrates sont les théologiens
de l’État la bureaucratie est la République prêtre; son esprit
général est le secret, le mystère gardé dans son sein par la
hiérarchie et envers le dehors par sa nature de corporation fermée.>>

Notre propos est de recenser les moments de I’ Histoire et les
épisodes politiques les plus marquants dans lesquels le rôle majeur
a été joué par des groupes ou des individus se réclamant de telle
ou telle finalité cachée qui présiderait aux destinées de I’ espèce
humaine, d’une nation, d’une communauté, ou même tout simplement
d’une dynastie.
Ces moments et ces épisodes, comme on va le voir, sont bien plus
nombreux qu’on ne le croit communément. Comme le soulignait à
juste titre René Guénon: << Les dessous politiques ou politico-religieux
de I’ occultisme et des organisations qui s’y rattachent de près ou de loin sont certainement plus dignes d’attention que tout I’ appareil
fantasmagorique dont il a jugé bon de s’entourer pour mieux
les dissimuler aux profanes l. >>


1. Le Théosophisme, histoire d’une pseudo-religion, Paris, 1921.


suite… Page 9

Ne pas oublier d’être malin.


integritydyl.wordpress.com

https://integritydyl.files.wordpress.com/2018/09/antivol-2.jpg?w=300&h=225  https://integritydyl.files.wordpress.com/2015/02/dylvine.jpg?w=219&h=134

Ceux qui se piquent d’intervenir dans l’espace public, quelles que soient leurs motivations, que ce soit en s’épanchant sur les réseaux sociaux ou en se livrant aux médias, ne doivent surtout pas oublier d’être malins s’ils ne veulent pas que leurs opinions les plus controversées occasionnent des dommages collatéraux et leur reviennent dans la tronche (pour rester poli). Dans n’importe quel pays, même les plus compréhensifs, la liberté d’expression a des limites, celles fixées par les lois concoctées par les régimes en place lesquelles évoluent en fonction des mœurs et des usages locaux voire des susceptibilités religieuses, morales ou intellectuelles. Pour ôter aux récalcitrants toute velléité de transgression, les infractions aux « normes » et aux « valeurs » nationales vont des simples rappels à la loi jusqu’à l’emprisonnement, sans oublier les sanctions financières qui s’y rattachent, frais de justice compris.
Parmi les sujets sensibles figure en premier lieu le racisme aux multiples facettes dont l’incontournable antisémitisme – selon les Juifs – sachant que pour l’islamophobie il faudra encore patienter un peu avant qu’il ne soit reconnu comme un délit. Puis vient l’homophobie – selon les LGBT – suivie désormais d’assez près par la misogynie et le harcèlement sexuel – selon les bonnes femmes. Dans le collimateur également, l’apologie du terrorisme ou de ce qui est (à ce jour) considéré comme illégal, les insultes, les incivilités et même la remise en question des systèmes éducatifs (publics ou privés) soupçonnés de pervertir les enfants. Les opposants et les partisans des causes ci-dessus sont tout autant convaincus d’avoir les meilleures raisons du monde d’agir comme ils le font et jouent des coudes pour l’emporter sur leurs adversaires qui sont forcément moins malins qu’eux.
Les commentateurs de l’actualité les moins subtils ne réfléchissent sans doute pas assez à la portée de leurs propos sur YouTube ou Dailymotion et de leurs échanges sur Facebook, Instagram, Twitter, Viber, Whatsapp, Line etc. Ils ne s’imaginent pas à quels ennuis ils s’exposent lorsqu’ils dépassent les bornes dites légales et ne s’en rendent souvent compte qu’après coup. Ensuite, ils sont rares à assumer leurs bévues envers et contre tous, et finissent lamentablement par se déculotter en invoquant des prétextes invraisemblables et en se confondant en excuses plus que discutables. Devenus la risée de tous, y compris de ceux qui les portaient aux nues, ils finissent par disparaître de l’horizon médiatique sans demander leur reste en s’estimant heureux d’échapper à la « justice » des malins qui fabriquent des lois sur mesure pour museler ceux qui ne partagent pas leurs points de vue.
D’autres sont plus malins et usent de techniques discursives pour débiter impunément de grosses horreurs en les collant dans la bouche de personnages de leur invention tout en désapprouvant du bout des lèvres. Prenez exemple sur ce journaliste d’extrême droite en retraite, Christian Combaz qui, dans ses chroniques quotidiennes, débine depuis des années « une certaine catégorie d’habitants » sans être inquiété le moins du monde. A ses dires, il ne fait que rapporter les réactions des clients du bar de « Campagnol »,[1] protagonistes aussi imaginaires que ce village fictif du sud-ouest de la France. Sous une apparente bonhommie, dans un décor champêtre, il dispense ses objurgations – parfois pertinentes et avec un certain talent, admettons-le – envers les « nouveaux arrivants »[2] qu’il n’apprécie guère, c’est le moins qu’on puisse dire, et sur les tenants du système qui empêchent leur éradication.
Prenez-en donc de la graine au lieu de faire les malins ! Au lieu de pester clairement et ouvertement contre tout ce qui vous déplait, contentez-vous de métaphores, d’insinuations et de sous-entendus, autant équivoques qu’interprétables, en faisant mine de vous interroger sur leur bien-fondé. Si vous voulez vraiment défendre des idées, vous n’avez pas besoin de vous mettre en scène et de vous faire mousser ! Contentez-vous de rapporter ce que vous avez « soi-disant » entendu dans votre entourage en faisant l’innocent ! Les tribunaux vous condamneront sûrement pour ce que vous affirmez surtout si ce n’est pas fondé ou si ça contrevient à la loi mais jamais pour vos réflexions et vos interrogations formulées à voix haute. En résumé, au lieu d’oublier d’être bêtes, n’oubliez pas d’être malins !
[1] https://www.youtube.com/channel/UCBIyR71Yvq7rWHSF2p-uH4Q
[2] https://www.youtube.com/watch?v=70Y7ZF92v_k

Changement de Civilisation ?


Vidéo très intéressante qui nous explique que le changement de paradigme est en cours, et qu’une génération (30 ans) sera nécessaire.

par Marc Luyckx Ghisi

 

 

www.marcluyckx.be

 

https://systemophobe.files.wordpress.com/2018/09/07e9b-112b78_bb3fba229e35427980fdbc6789bbc503.jpg?w=147&h=248

Auteur: Luyckx Ghisi Marc

Ce que la chenille appelle la mort,
le papillon l’appelle Renaissance
Violette Lebon (Canada).

 

PRÉFACE
Le livre de Marc Luyckx arrive à point nommé pour éclairer l’avenir, à ce moment exceptionnel dans l’histoire des hommes d’Occident où nous sommes en train de changer de paradigme. Ce changement devient de plus en plus perceptible par de plus en plus de personnes, en réaction au mal-être généré par un avenir qui se brouille et s’annonce désespérant dans sa trajectoire actuelle.
La conscience collective des hommes et des femmes (et surtout ces dernières) s’est imprégnée du sentiment de suicide collectif, connecté à l’appauvrissement de notre planète, auquel nous mène la société industrielle (les temps modernes) dévoreuse d’énergie, de matière, de biodiversité, polluante et agressive envers l’homme.
Face à ce futur insoutenable, les solutions et les attitudes divergent.
– certains continuent à croire au progrès matériel et à la croissance quantitative, confiants que la science et les technologies sauront répondre aux défis écologiques et humains, nous évitant ainsi l’apocalypse sans changer de modèle ;
– d’autres cherchent une refondation complète des critères de progrès, s’imposant une décroissance forte de leurs ambitions matérielles et technologiques, s’enracinant dans le local et affirmant le retour à une terre nourricière et source d’équilibre. La finalité de cette démarche étant de retrouver les rythmes d’harmonie entre la terre et les hommes, entre les hommes entre eux, et de l’homme avec lui-même !
Entre ces deux voies parfaitement opposées, Marc Luyckx nous en propose une troisième, conciliant la soif de progrès de l’homme – mais un progrès essentiellement qualitatif centré sur le potentiel humain -, avec une philosophie de sobriété en phase avec les rythmes de la nature et rendant le progrès soutenable.
La triple formation de Marc Luyckx en philosophie, théologie et sciences qui s’est accompagnée d’une expérience incomparable de 10 ans à la « Cellule de Prospective » de la Commission Européenne, et la fréquentation des meilleurs penseurs de notre temps, l’ont doté d’une intuition du futur propre à nourrir une réflexion sur les chemins du possible et du désirable.
C’est d’abord dans les croyances collectives et les mythes de notre civilisation occidentale, au travers de 5 000 ans d’histoire, qu’il va chercher les raisons de nos succès et de nos échecs collectifs, débouchant sur l’impasse actuelle. Impasse qui exige aujourd’hui un changement radical du vieux paradigme basé sur le patriarcat, la domination et le progrès devenu essentiellement matériel et quantitatif.

Cette analyse est confortée par une observation très fine des nouvelles valeurs et modes de vie en gestation chez ces avant-gardistes du monde de demain que sont les « créatifs culturels » dont le nombre va croissant et qui seraient déjà plus de cent millions en Europe.
Cela lui permet de dessiner avec une beaucoup d’acuité et de clairvoyance ce que seront les valeurs collectives du nouveau paradigme « transmoderne » en train de naître sous nos yeux dans un silence étonnant. Il y voit une révolution de nos buts et de nos moyens encore plus importante que ne fut la Renaissance il y a 6 siècles, un basculement à 180° du projet humain centré dorénavant sur la valorisation de l’immatériel et du capital humain avec des valeurs essentiellement féminines, écologiques et coopératives.
Dans le nouveau monde que dessine l’ouvrage, la ressource économique essentielle n’est plus la matière, mais la connaissance et les savoirs qui se valorisent par leur partage grâce à des réseaux ouverts, provoquant une augmentation considérable de l’intelligence collective. On retrouve des thèmes chers à Teilhard de Chardin, souvent cité par l’auteur. A la différence des ressources matérielles et monétaires, cette intelligence est inépuisable et est compatible avec les limites physiques de la planète, d’autant qu’elle puise dans la nature de nouvelles connaissances et une nouvelle relation au sacré. Enfin, il redonne à chaque homme la possibilité de participer à égalité au projet humain, puisque la diversité de pensée et de culture est valorisée.
A partir de cette intuition fondamentale, Marc Luyckx déduit de nouveaux systèmes organisationnels possibles, en particulier dans les entreprises qui jouent un rôle moteur important dans le changement de paradigme. En rétablissant le profit comme étant au service du développement humain et non le seul but stérile du travail collectif, il donne aux entreprises une nouvelle énergie et une nouvelle légitimité. Sa connaissance certaine du monde de l’entreprise lui permet de nous proposer des voies très intéressantes de ce que serait l’entreprise de la société de la connaissance, qui remplacerait la société de la consommation.
La description fine des systèmes de gouvernance de la Communauté Européenne nous offre également des pistes sur ce que pourrait être demain le gouvernement mondial au service du nouveau paradigme.
Bien loin de nous imposer un autre dogme, le livre de Marc nous propose une culture dans laquelle chacun de nous peut trouver sa place et puiser une énergie et du courage pour agir dans un monde qui fait sens à nouveau.
C’est surtout un monde où nous nous enrichirons les uns les autres de nos complémentarités et de nos différences, un monde où la conscience de notre enracinement local s’inscrit dans un projet collectif global, un monde qui nous redonne le goût de l’avenir !
Il faut saluer une oeuvre profondément généreuse et humaine, dans laquelle l’auteur se met à nu et prend tous les risques pour nous faire partager ses intimes convictions sur sa vision et son désir d’avenir. La passion que nous livre Marc, ses intuitions sensibles, nous changent clairement des ouvrages académiques et rationnels qu’on a trop connus. Marc allume une lumière dans un monde où le futur est trop souvent dépeint en noir.
Nul doute qu’il nourrira de nombreux débats qui ne pourront servir qu’à mettre chacun de nous en mouvement vers la construction d’un nouveau monde soutenable, désirable et… joyeux !
François Lemarchand
Président et Fondateur de Nature et Découvertes.

 

 

PROLOGUE :

UNE HISTOIRE DU 21e SIÈCLE de 2020 à 2050 :
Un scénario positif du futur

Ce livre s’ouvre sur une histoire de la première partie du 21° siècle.
Je dédie ce prologue à la mémoire de Willis Harman, qui, à la fin de sa vie, insistait énormément sur l’importance de produire et de diffuser des scénarios positifs du futur. Car disait-il, ils agissent à un autre niveau, sur le champ morphogénétique1 de la conscience humaine globale et font advenir l’avenir positif que nous désirons. Agissons donc ensemble sur le futur en le racontant.
Nous sommes en 2050
Nous sommes en 2050, et L’UNESCO est confrontée, au sein de la génération née en 2040, à une absence totale de compréhension de comment il a été possible que les générations précédentes aient mis en danger notre vie collective en polluant comme elles l’ont fait. Elle mandate donc un groupe d’historiens et lui demande de composer un récit facile à insérer dans les manuels scolaires, afin de raconter et d’expliquer à nos enfants comment et pourquoi les choses ont tellement changé. Et comment elles étaient en 2015. Comment les gens vivaient, et quelle était la situation. Et pourquoi on avait détruit les espèces animales et végétales par milliers, et comment on était parvenu à influencer négativement le climat. Comment


1 Rupert SHELDRAKE a le premier utilisé ce terme de « champs morphogénétique». Selon lui, les humains et même les animaux et les plantes sont liés par un champs de communication instantanée qu’il appelle « morphogénétique ». Voir Rupert SHELDRAKE : Une nouvelle science de la vie, Éditions du Rocher (19 juin 2003), Collection : Sciences Humaines, 233 pages


pendant si longtemps on avait appauvri les pauvres et enrichi les riches, tout en promettant le contraire.
Mais laissons la parole au récit….
Aux environs des années 2020-2022, un malaise grandissant a commencé à se manifester au sein de la population mondiale, y compris dans les pays riches.
Au Sud, on acceptait de moins en moins un système où une énorme majorité de la population était exclue, tandis qu’une faible minorité s’emparait de la majorité des biens et surtout que la situation, non seulement ne s’améliorait pas, mais qu’elle empirait de jour en jour, malgré les promesses des dirigeants et des économistes que la croissance du PNB allait apporter la prospérité à tous. On ne voyait pas comment un système qui avait, depuis 1950, promis d’apporter le développement au Sud, et n’avait fait qu’approfondir les structures d’inégalité, pourrait tout à coup produire des effets contraires.
Au Nord, le nombre de citoyens qui commençaient à se poser des questions grandissait de jour en jour. L’inquiétude grandissait par rapport au futur. N’allons- nous pas vers des changements climatiques graves ? Le Gulf Stream n’est-il pas déjà en train de se déplacer vers le Canada, ce qui plongerait l’Europe dans la glaciation ? Qu’en est-il de l’extinction des espèces animales et végétales ? Comment faisons-nous face à l’explosion démographique ? Si nous ne résolvons pas les problèmes de pauvreté aigus à nos frontières, la pression migratoire vers les pays riches de l’Union Européenne va devenir intolérable, voire violente. Que faire ?
Et cette inquiétude ne recevait de la part des dirigeants et gouvernements qu’une seule et même réponse : il faut faire confiance aux méthodes d’hier pour résoudre les problèmes de demain.
L’inquiétude du public augmentait donc et le fossé avec les dirigeants s’agrandissait. Leur légitimité et la crédibilité du pouvoir politique et des structures économiques diminuait d’année en année.
Le 21 septembre 2021, le dollar perdit en un jour 75% de sa valeur, car la dette des États-Unis était devenue inacceptable et mettait en péril le système économique mondial. Et tout à coup, les États-Unis furent en banqueroute parce qu’en cessation de paiement. En effet, soudain, plus personne n’acceptait de leur prêter de l’argent comme la Chine, le Japon, l’Union Européenne, le Brésil et l’Inde, etc. l’avaient fait, chaque mois, depuis des années.
Si bien que toute la politique extérieure des États-Unis changea brusquement. Les troupes furent rapatriées du monde entier, car il n’y avait plus d’argent pour les financer. Le programme de réarmement militaire des États-Unis fut stoppé net. La politique étrangère des États-Unis atteignit son point le plus bas depuis la création des États-Unis.

C’était la fin brusque d’un monde hégémonique dominé par les États-Unis. Mais aussi la fin de l’hégémonie Occidentale.
L’euro souffrit de devenir subitement une des monnaies de référence mondiale. Il perdit aussi 15% de sa valeur par rapport au rouble, le real brésilien, la roupie indienne et la monnaie chinoise qui prirent une position de monnaies stables mondiales.
Le coup le plus dur pour les États-Unis fut l’assassinat en novembre 2023, du Président des États-Unis et de plusieurs autres chefs d’État de France, Chine, Japon et Thaïlande, réunis à Rio de Janeiro lors d’une réunion du G 20 (comprenant aussi les BRIC, Brésil, Russie, Inde, et Chine). En effet un groupe terroriste lié à la mafia brésilienne, bloqua le palais où ils étaient réunis et essaya d’obtenir une rançon, qui ne fut jamais versée…
Ce fut le choc final qui amena un basculement mondial.
C’est alors que le parti communiste Chinois décida soudain de changer la constitution et de permettre aux citoyens Chinois d’élire un président de la République au suffrage universel direct, et doté de pouvoirs étendus.
Et ce fut Madame Chang, une jeune femme Chinoise, poète extrêmement populaire et prix Nobel de l’Environnement2, qui fut élue le 13 décembre 2025.

Le mémorable discours de Mme Chang.
Sa première visite à l’étranger fut en Inde où elle alla d’abord rendre visite au Dalaï Lama dans son monastère au nord de l’Inde et elle lui demanda de revenir au Tibet où elle lui offrit de reprendre sa position de Lama du Tibet immédiatement, puisque c’était sa place. Elle proposa ensuite au gouvernement de Delhi et à la présidente du Parti du Congrès, d’établir entre la Chine et l’Inde, mais aussi les autres pays de la région qui seraient preneurs, comme le Pakistan et le Bangladesh, une alliance de non violence entre États, et une communauté de solidarité économique et monétaire, d’après le modèle européen.
Mais l’événement historique majeur fut son discours mémorable le mardi 15 mars 2026, aux Nations Unies, qui avaient déménagé à Genève en 2024, par précaution, à cause de la montée énorme de violence urbaine aux États-Unis, après la crise financière du dollar, et après l’attentat de Rio en 2023.
En des mots très simples, elle expliqua que nous n’étions plus dans une société moderne capitaliste de style occidental, mais que le monde entier entrait dans une société de la connaissance postcapitaliste, et post-occidentale, qu’il nous fallait inventer ensemble afin qu’elle soit totalement soutenable et socialement équitable.


2Le prix Nobel de l’environnement fut crée en 2023. Il fut attribué pour la première fois à une jeune femme Brésilienne qui parvint à stopper la destruction de la forêt amazonienne.


Il était donc urgent de nous adapter à cette situation nouvelle avec une vision nouvelle et des outils nouveaux à inventer et créer. Il s’agissait d’abord et surtout de changer les objectifs mêmes de notre société. Depuis plusieurs siècles, la société industrielle moderne de type occidental nous avait enseigné à produire le plus possible d’objets les moins chers possibles, et de convaincre ensuite la population de les acheter même si elle n’en avait pas besoin. Ces buts ne correspondaient plus au 21° siècle, où l’urgence première était l’avenir des générations futures et notre survie à tous.
Elle proposa que la société mondiale se donne comme but l’entrée dans la société de la connaissance de manière soutenable et socialement inclusive, ce qui suppose le développement de la créativité et de la qualité humaine y compris la dimension intérieure, et cela dans un respect total de la nature et de l’environnement.
Elle fit d’abord un appel à la société civile mondiale, lui demandant de mettre toute son énergie et tout son coeur à construire cette nouvelle société. Elle s’adressa ensuite aux universitaires et aux intellectuels de tous les pays pour leur demander de mettre toute leur intelligence et leur créativité en réseau afin de concevoir ensemble et faire fonctionner une logique économique et politique nouvelle. Le plus urgent étant la repensée fondamentale de l’économie et des finances en transdisciplinarité. Elle s’adressa ensuite aux politiciens du monde afin qu’ils se mettent à dialoguer sincèrement avec la société afin de créer ensemble des pratiques politiques nouvelles et crédibles, nous portant vers un avenir soutenable et inclusif au plan mondial.
Mais affirma-t-elle, nous nous trouvons aussi devant un enjeu spirituel important. Il est faux de croire, comme la modernité occidentale capitaliste ou communiste l’a prétendu, que l’homme peut se passer de sa dimension intérieure. Il y a donc un défi majeur que notre civilisation mondiale doit relever. Elle doit réinventer de nouveaux chemins vers une dimension éthique et intérieure. Et ce chemin commence par une descente dans la profondeur de chacun. Notre nouvelle civilisation mondiale est invitée à intégrer des nouvelles formes de sacré qui nous reconnectent avec la nature et le cosmos.
Et le dernier passage de son discours fut adressé aux femmes du monde, de toutes races, religions et cultures. Elle leur annonça que le règne du patriarcat était terminé, quelle que soit la culture ou la religion dans laquelle elles vivaient. Car les valeurs patriarcales ne permettaient pas à l’humanité de protéger la terre bleue, notre planète. Elle leur demandait de descendre dans l’arène et de participer pleinement à la discussion sur l’avenir du monde et de notre économie mondiale puisqu’il s’agissait de l’avenir de nos enfants. Et, sans elles, la moitié de l’humanité manquerait dans la discussion. Ses dernières phrases furent empreintes d’émotion et de force, car on sentait en elle vibrer la femme dans toute sa puissance.

Accueil très contrasté…puis enthousiaste.
Ce message « passa » de manière extraordinaire, instantanément, et dans le monde entier. Le lendemain on en parlait partout, autant dans les favelas de Rio, que dans les mosquées du Qatar, et dans les rues de Paris ou de New York, ou au parlement de New Delhi, ainsi que dans les villages de Chine.
Mais sur place, aux Nations Unies, elle fut applaudie poliment par les chefs d’État qui n’ont pas du tout pris ce discours au sérieux. La presse non plus, n’a pas compris ni accepté ce discours qui était trop « déviant ». Certains médias ont même ridiculisé le discours de la « poétesse chinoise» !
Mais après quelques jours, des personnalités importantes du business, du monde intellectuel, des organisations de la société civile, et des corps constitués ont réagi fortement et rapidement. Ils ont formé sur Internet un forum de millions de personnes, des anciens chefs de presse, des grands patrons d’entreprises mondiales, et des responsables de la société civile comme « Greenpeace », « Amnesty International » et même le « Croissant rouge » et d’autres organisation musulmanes démocratiques qui se développaient énormément depuis que la date de l’entrée de la Turquie dans l’union européenne avait été fixée définitivement pour le 1 janvier 2027.
Ce « Forum mondial pour Mme Chang » a déclaré le 20 mars, cinq jours plus tard, par la voix de son porte-parole, qu’il considérait ce discours comme historique et fondateur pour le 21° siècle. Pour la première fois depuis des années, un discours politique répondait enfin aux véritables attentes des populations et à leurs questions rarement entendues jusqu’ici.
Et ce mouvement de la société civile prit de plus en plus d’ampleur à tel point que certains médias commencèrent à refléter ces opinions nouvelles qu’ils n’avaient pas prévues.
Et c’est ainsi que petit à petit la situation se retourna totalement, à tel point que nombre de politiciens avouèrent, à la fin du mois de mars, avoir toujours pensé comme Mme Chang. Son discours commença à être analysé et disséqué par la presse, par les médias, et même par les universités et par les économistes. Tout le monde fut soudain d’accord que ce discours avait enfin dit tout haut ce que bon nombre pensaient tout bas et qu’il était temps d’agir… ensemble au plan mondial. Car aucune solution partielle n’était capable de fournir de réponse aux problèmes globaux. Il fallait réinventer notre fonctionnement mondial.
Le Vice-Président qui avait succédé au président US assassiné en 2023, appuya clairement l’initiative de Mme Chang. Mais il était trop préoccupé par la crise financière de son pays et les remous sociaux importants qui se produisaient un peu partout aux États Unis, pour être vraiment efficace. Il s’en excusa auprès de Mme Chang. Mais des milliers d’intellectuels américains participèrent très activement à la réflexion mondiale et y jouèrent un rôle très important.

Toute la société mondiale se mit, en effet, à réfléchir à des audacieuses alternatives économiques, politiques, juridiques, pour le 21° siècle. Un mouvement d’enthousiasme et de créativité inouïe vit le jour rapidement dans le monde entier. Un vent d’espoir et de changement soufflait un peu partout. Un grand nombre de réunions furent organisées en Chine et ailleurs, avec l’aide financière de la Chine. Elles étaient ouvertes et accessibles sur le web en temps réel ce qui ne posait plus aucun problème technique.

2025 – 2030 : Une réflexion collective qui réenchante les citoyens du monde.
Les années qui suivirent furent des années intenses de repensée et de créativité. Un espace avait été ouvert et la société civile s’y engouffra avec un dynamisme inattendu. Tout à coup les analyses « alternatives » qui avaient été mises sous le boisseau pendant des années firent surface. On découvrit tout à coup l’existence de concept nouveaux et de projets intéressants concrets et assez élaborés, et ceci dans les domaines les plus divers. Mais Mme Chang menait sa barque de manière intelligente. Il fallait commencer par les finances et le système économique mondial. La chute spectaculaire du dollar forçait tout le monde à réfléchir sérieusement, et hors des sentiers battus.

Les Accords Monétaires de Pékin en 2027
Elle demanda donc que l’on repense le système économique et financier mondial, notamment les mécanismes monétaires de base, pour les adapter à la nouvelle économie de la connaissance, que peu d’économistes connaissaient vraiment. Et elle insista que le bien commun de la majorité de la population mondiale soit réellement défendu et que l’on aille vers une société véritablement soutenable. Elle mit la barre très haut en exigeant que l’empreinte écologique de la Terre redevienne positive3. Plusieurs jeunes femmes économistes, membres du groupe des « économistes pour un monde soutenable », firent des propositions vraiment innovantes… qui furent acceptées… Et cela déboucha, après six mois de réflexion, sur un nouvel accord monétaire mondial, les Accords Monétaires de Pékin, 2027. Ces accords ouvraient le


3 Nous savons que la pollution provoquée par l’Union Européenne correspond à 2,4 fois la capacité d’absorption de notre terre. On dit donc que l’empreinte écologique de l’UE est de – 2,4. Celle des États-Unis est de – 4,5, presque le double de celle de l’UE. Globalement l’empreinte de l’humanité aujourd’hui est de -2. Nous allons donc droit vers la catastrophe. Une empreinte écologique positive est la situation où l’influence humaine sur l’environnement est globalement absorbée par la Terre et donc non seulement inférieure à -1, mais éventuellement + 1. C’est à dire que globalement l’Humanité nettoie l’environnement. Mme Chang a donc raison.


21° siècle en créant une monnaie de référence mondiale basée non sur de l’or mais sur les ressources vitales de la Terre4. Car là se trouvait le trésor de notre humanité pour les générations à venir. Et à côté de cette monnaie de référence mondiale, les accords prévoyaient aussi l’utilisation de monnaies complémentaires crées par les citoyens ou par les entreprises. Le paysage monétaire mondial s’était complètement transformé en quelques années, et ces accords venaient donner une forme officielle à une situation de fait, réalisée en partie par des citoyens un peu partout dans le monde.

Un nouvel ordre économique mondial et un nouvel ordre de l’information.
Dans la foulée on mit sur pied, en l’espace de quelques mois, les grandes lignes d’un nouvel ordre économique mondial, basé non plus sur le libre commerce des objets, comme dans l’économie industrielle, mais sur le libre partage de la connaissance. Et ceci dans le cadre du respect absolu de l’environnement et de l’inclusion sociale. Ce nouvel ordre se voulait un message d’espérance pour la majorité d’exclus de la planète et pour les générations futures…nos enfants et nos petits-enfants. L’idée était simple : dans une économie de la connaissance mondiale, les six milliards d’humains sont la ressource principale. Il faut donc la valoriser au maximum l’humain et changer les priorités économiques vers la croissance des ressources humaines mondiales par l’éducation, l’accès à l’eau propre, aux soins médicaux etc. Mais on ne faisait plus cela, « pour aider le Tiers-Monde », mais pour augmenter le capital humain global et donc notre prospérité à tous à court, moyen et long terme. Basculement de vision à 180°.
On intégra entièrement les « intangible assets » (acquis immatériels des entreprises) et autres nouveaux concepts de l’économie postcapitaliste. Et nombre d’économistes alternatifs qui avaient été mis sur le côté, pendant des années, purent enfin expliquer leur vision qui fut acceptée et amplifiée dans l’interaction positive. En l’espace de quelques mois, on est parvenu à façonner les grandes lignes d’une nouvelle société mondiale : la société postindustrielle et postcapitaliste de la connaissance.
Enfin, les pauvres du monde virent poindre une lumière nouvelle d’espérance puisque dans cette nouvelle vision, l’humain est le capital principal et donc les mécanismes d’inclusion sociale ne sont désormais plus considérés comme des coûts mais comme des atouts « immatériels » inestimables. La plus importante association de business leaders des États-Unis avança l’idée que l’entrepreneur de demain serait


4 Cette idée est proposée par Bernard LIETAER dans ses publications. Voir par exemple Bernard LIETAER et Margrit KENNEDY: Monnaies Régionales: de nouvelles voies vers une prospérité durable. Préface Michel ROCARD. Éditions Charles Léopold Mayer, Paris 2008. Voir aussi son site http://www.lietaer.com


un champion de la cohésion sociale. Et le miracle se produisit. Les gens des bidonvilles dans le monde entier comprirent soudain que les choses changeaient vraiment et que s’ils travaillaient sérieusement, ils avaient une véritable chance de s’en sortir dans un système basé sur le « win-win » social et environnemental, ainsi que sur le respect des cultures locales. Un très puissant mouvement d’espoir bruissait dans le monde.
Et les mouvements terroristes étaient en chute libre.
Tout ce mouvement était aussi facilité par le fait qu’il ne se passait pas à huis clos, dans une capitale occidentale, mais toutes les discussions se passaient dans l’ouverture d’un forum mondial suscité et protégé par la république de Chine. Car c’était en effet Madame Chang en personne qui protégeait l’ensemble du processus, de son autorité devenue mondiale et désormais incontestée.

Un nouvel ordre de l’information promu par l’UNESCO.
Elle invita aussi poliment l’UNESCO, dont le nouveau président était un chinois, à relancer le « nouvel ordre de l’information » que l’Unesco avait essayé de lancer dans les années 1980, sans succès. Et ce fut un succès total car le contexte avait complètement changé. La stratégie était désormais le « win-win-win », où tout le monde gagne, les individus, les organisations, business ou autres, mais aussi la planète. (« People-organizations-planet »). Le nouveau mot d’ordre était: « Plus je partage mon information et ma connaissance, plus j’en reçois ». On avait aussi enfin compris que les stratégies « patriarcales » de commande, conquête, contrôle et exclusion, qui étaient la colonne vertébrale de la société industrielle n’étaient plus opérationnelles dans la nouvelle société. Cette nouvelle politique de partage de la connaissance au plan mondial eut un impact retentissant, et inattendu.
C’était aller d’un coup beaucoup plus loin que toutes les politiques industrielles de « développement » n’avaient jamais été. Ici, pour la première fois on s’asseyait autour de la table du monde et on partageait réellement et honnêtement le gâteau de la connaissance, pour l’augmenter au profit de chacun. On n’avait jamais vu ni entendu pareille vision. Et, sous l’égide de madame Chang, tout le monde se mit d’accord, en l’espace de quelques mois.
Bien entendu il y eut des résistances farouches de la part de certaines entreprises, car c’était la notion même de propriété intellectuelle et de brevets qui était mise en question, et basculait sur ses bases. Certaines entreprises, américaines et européennes surtout, voulaient continuer à protéger leurs brevets, notamment en nanotechnologie. Ces brevets leur permettaient d’ »améliorer », mais surtout de manipuler le cerveau humain. Et c’est Madame Chang qui eut le mot de la fin, quand elle proposa que précisément, la seule protection que l’Humanité pouvait se donner contre les utilisations néfastes des nouvelles nanotechnologies touchant à la vie humaine et au cerveau humain était précisément de les rendre publiques, de les faire « part du patrimoine commun de l’humanité ». Et les entreprises seraient récompensées selon le degré d’utilisation au profit du social et de l’environnement qu’elles pourraient en faire. Et plus elles travailleraient honnêtement pour le bien commun de l’Humanité plus elles accumuleraient des acquis immatériels (intangible assets). Le profit serait la conséquence et la garantie du caractère social et environnemental des utilisations proposées. C’était vraiment une logique entrepreneuriale nouvelle, mais cohérente.
Le Nouvel Ordre de l’Information fut voté par les Nations Unies à 72% de majorité, le mardi 20 mars 2028.

Le modèle européen, une porte transmoderne vers le 21ème siècle
Madame Chang fit en janvier 2027, une visite très célèbre à Bruxelles au siège de l’Union européenne. Elle fut l’invitée spéciale à la réunion du Conseil européen (des chefs d’État). Elle écouta longuement les chefs d’État et le président de l’Union Européenne.
Madame Chang fit ensuite un éloge très appuyé – et très remarqué – du concept même qui était à la base de l’Union Européenne. Elle affirma qu’elle considérait l’Union Européenne comme la première concrétisation -certes encore imparfaite – d’un nouveau paradigme politique pour le 21° siècle, que certains intellectuels appellent transmoderne et post-patriarcal.
L’Europe avait en effet, en 1950, été obligée de créer la première alliance de non violence entre États. Et cette alliance avait stabilisé l’Europe depuis plus de cinquante ans de manière incroyable et inattendue.
Elle expliqua que son projet était de reproduire ce nouveau paradigme politique en Asie avec la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh mais aussi le Sri Lanka (Ceylan) et Myanmar. Ces structures politiques transmodernes étaient, selon elle, les structures du 21° siècle, qu’il fallait continuer à développer et perfectionner.
Elle rendit un hommage appuyé au Ministre européen des Affaires Étrangères. Elle souligna surtout qu’il avait été dans l’ombre, le créateur patient et concret d’un nouveau paradigme de politique étrangère non-violente et postpatriarcale. La politique étrangère de l’Union avait, en silence, enterré Clausewitz et Machiavel, et s’était mis à proposer une politique étrangère non-violente de plus en plus efficace.
Madame Chang félicita également les chefs d’État d’avoir finalement décidé d’accepter l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, en 2027. « Par cette politique étrangère d’un type nouveau, vous êtes devenus un véritable bulldozer de paix, de stabilité et de démocratie. Et l’Union européenne a fait plus pour inviter l’Islam mondial à adopter les critères de la démocratie, des droits de l’Homme et de l’État de droit, que toutes les autres politiques étrangères additionnées. Et de plus, cette politique est presque gratuite, et absolument non-violente, puisque ce sont les candidats qui font tout le travail tous seuls à leurs frais et totalement librement».

La création de l’Agence de Sécurité Internationale (ASI, ISA)5
Dans la conversation, le Ministre européen des Affaires Étrangères lui fit part d’un concept de défense mondiale tout à fait nouveau qui se discutait dans son groupe de réflexion, à Bruxelles. Il s’agissait de proposer aux États qui étaient intéressés de supprimer leur armée nationale et de payer une assurance à la nouvelle Agence de Sécurité Mondiale des Nations Unies. Et celle-ci garantissait la protection du territoire national du pays contre toutes les agressions extérieures mais aussi intérieures par l’intervention immédiate de ses casques blancs.
Elle trouva l’idée excellente et l’adopta. « From now on, it is also my idea » répondit-elle au Ministre européen des Affaires Étrangères. (A partir de maintenant c’est aussi mon idée). Car c’est exactement de ce genre de troupes qu’on aurait eu besoin afin d’intervenir en ex-Yougoslavie, et en Afrique, afin d’empêcher efficacement les massacres et les viols de masse. Elle proposa la création immédiate d’un groupe de travail sur le sujet au sein des Nations Unies. Et un an plus tard, celles-ci proposaient la création d’une « Agence pour la Sécurité Internationale» (ASI) ou ISA (International Security Agency).
L’ambiance aux Nations Unies avait beaucoup changé en deux ans, et les Nations Unies acceptèrent par un vote à 80% favorable. On n’avait jamais vu cela. Cette agence reçut une puissante armée de casques blancs et une technologie de pointe. Le coeur de ces troupes était formé par les armées européennes (allemande, belge, néerlandaise, suédoise, danoise, finlandaise, etc.) qui depuis des années s’étaient réorientées vers des actions de promotion de la paix sur le terrain( « peace keeping ») et avaient appris à travailler ensemble, notamment en ex-Yougoslavie.
C’est aussi en Europe que l’on a trouvé les premiers cotisants sérieux : Allemagne, France, Belgique, Pays Bas, Irlande, Suède, Norvège, Danemark, Espagne, Portugal, et Grèce et Turquie ensemble. Et très vite le Japon se joignit ainsi que la Chine (poussée par Mme Chang), suivis peu après par l’Inde, car en Inde le lobby des généraux est impressionnant et il était fortement hésitant. Le Royaume Uni et la France, qui étaient toujours des petites puissance nucléaires finirent aussi par se décider ainsi que le reste des États de l’Union européenne.
Avec tout ce beau monde dans le projet, la moitié de l’Humanité était largement


5 Cette idée a été déjà proposée officiellement aux Nation Unies en 1995, par un groupe d’intellectuels parmi lesquels Harlan CLEVELAND(+), et Hazel HENDERSON. Le nom proposé était UNSIA. (United Nations Security International Agency). Voir l’article qui explique le concept : http://www.hazelhenderson.com/financing_un.html Voir aussi le livre: The United Nations ; Policy and Finance alternatives : Innovative proposals by visionnary Leaders Harlan Cleveland, Hazel Henderson, Inge Paul. Elsevier Press, New York, 1995.


représentée. C’était parti. Les autres États, n’avaient qu’à suivre, s’ils voulaient et quand ils voulaient. C’est alors que soudain tous les États africains, Afrique du Sud en tête, décidèrent d’adhérer. Les cotisations étaient adaptées au revenu par habitant, et c’était pour l’Afrique, un choix sage et bon marché, qui augmentait énormément les chances de stabilisation de ce continent qui soudain avait compris qu’il pourrait vraiment entrer dans la société de la connaissance à cause du nouvel ordre de l’information lancé par l’Unesco. Les États africains commençaient à entrevoir la possibilité réelle de valoriser le potentiel énorme de créativité des leur population, y compris et surtout les femmes. Ils furent suivis par les Russes, qui ne demandaient pas mieux que de dépenser moins pour leur défense, mais avaient attendu prudemment de savoir comment fonctionnait cette armée de casques blancs. Après une intervention extrêmement efficace en Afrique, et en Turkménistan, en 2028, tout le monde a soudain compris.
Et puis tout le monde a fait ses comptes, et s’est rendu compte qu’un énorme surplus s’était accumulé dans les budgets nationaux, puisque les dépenses militaires s’étaient évanouies. Mme Chang saisit la balle au bond et annonça que la Chine allait investir 10% de son budget national pour la promotion de la qualité humaine dans l’éducation, d’abord en Chine puis dans le reste du monde. Mais en même temps elle introduisit enfin une réforme de l’éducation qui suscita tellement d’enthousiasme dans les écoles chinoises que le monde entier la suivit. La civilisation mondiale était vraiment en train de bouger.

La refonte complète des Nations Unies: un nouveau niveau de pouvoir…
Mais suite à sa visite à Bruxelles, et suite aussi au succès de l’ « Agence de Sécurité internationale », Madame Chang, se rendit compte qu’il était urgent de repenser complètement la structure et le concept de base des Nations Unies. De fait, comme l’avait déjà dit Jean Monnet, les Nations Unies étaient construites sur un concept de base dépassé parce qu’aucun niveau de pouvoir n’était accepté au dessus de l’État Nation, ce qui condamnait l’ONU à une relative impuissance.
Or c’est ce niveau de pouvoir supérieur, mais subsidiaire, que l’Union européenne avait créé de facto. Même si les États membres européens, surtout les nouveaux arrivés tardaient à comprendre ce qu’ils avaient accouché ensemble. Et paradoxalement, Mme Chang trouva en la nouvelle présidente du Brésil et la première Ministre du Japon, qui venait d’être élue en 2028, les premières qui comprirent cette nouvelle manière de raisonner, alors que les diplomates indiens, chinois et russes, et même de quelques États européens, et d’autres gouvernements hésitaient à concevoir une instance d’autorité au dessus des États et qui ne soit pas un État.
Mais c’est à la séance des Nations Unies de novembre 2029, que les choses bougèrent vraiment, quand le Général Smith, chef de l’armée des casques blancs dont tout le monde était enchanté, dit carrément lors de son rapport annuel très attendu : « Mais la seule chose qui manque à nos casques blancs, c’est qu’ils soient l’émanation d’une autorité mondiale, qui soit supérieure en légitimité à l’autorité légitime des États, et fonctionne selon le principe de subsidiarité. Et cela, seule une « Union Mondiale des Nations » de style européen peut nous l’apporter. Il faut donc rapidement aller dans ce sens, sinon nous allons avoir des problèmes dangereux avec les États forts du globe. » Un grand silence suivit. Et ce fut la présidente du Brésil, soutenue par la première ministre du Japon et Mme Chang elle-même, qui proposèrent une commission pour transformer les Nations Unies en une « Union mondiale des nations ».
La réforme prit six mois seulement, car les mentalités étaient mûres. Cette réforme dont les effets continueront à se faire sentir tout au long du 21° siècle, a évidemment engendré une refonte totale de toutes les agences des Nations Unies.
La réforme la plus spectaculaire a été la disparition du Conseil de Sécurité qui a été remplacé par un « Conseil exécutif » élu par les Etats Membres à la majorité qualifiée. Un nouveau niveau de pouvoir mondial était né.
Ceci permettait à l’Union européenne d’avoir enfin une politique étrangère cohérente, maintenant que le Royaume Uni et la France avaient perdu leur siège au sein du défunt Conseil de Sécurité, et se joignaient à la politique étrangère de l’Union.
Ensuite l’OMC – WTO, l’organisation mondiale du commerce, s’est transformée sans crier gare en 2029, en l’ « Organisation Mondiale du partage des connaissances et du Commerce», l’OMPCC ou « World Information Sharing and Trade Organization » (WITSO). Elle ne faisait que tirer les conséquences du « Nouvel ordre de l’information » proposé par l’Unesco et approuvé lui aussi par l’Assemblée Générale en 2028. Son but était donc dorénavant de favoriser le partage des connaissances tous azimuts, car c’était la seule manière de créer de la nouvelle connaissance. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire furent fermés en 2027, lors des Accords Monétaires de Pékin de 2027. Ils ne furent pas remplacés immédiatement.
Nous sommes en 2050

Nous sommes maintenant en 2050.
Le monde a véritablement évolué vers un nouveau niveau de responsabilité et d’éthique. Les populations sont beaucoup moins désespérées. Certes il y a encore de nombreux problèmes, mais le climat mondial est transformé.
Mais il ne faut absolument pas perdre la mémoire de nos erreurs passées, car sinon le danger de recommencer est imminent.

 

1° PARTIE
UN MONDE SE MEURT

suite… PDF

VIVRE ET RÉSISTER


classiques.uqac.ca

https://i1.wp.com/classiques.uqac.ca/contemporains/alphandery_claude/vivre_et_resister/vivre_et_resister_L20.jpg  https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRAc179DGjTn9hObedcoh04sy4ZSUAn0nRSzWGj1PLmBLvUOdkl

Ouvrage: Vivre et résister

Auteur: Alphandéry Claude (Banquier, président du Conseil national de l’insertion par l’activité économique)

Année: 1999

 

 

Il existe des gens formidables partout dans le monde. Mais comment les rencontrer ? Comment les connaître ? Comment partager leur riche expérience ?
Leur implication sociale, politique, religieuse ou culturelle les empêche de rédiger leurs Mémoires, de faire le point sur les acquis et les rencontres de leur vie souvent mouvementée.
« Les passeurs de frontières » appartiennent à cette catégorie. Descartes & Cie les accueille et transmet leur savoir et leur savoir-faire, leurs certitudes et leurs questionnements, leurs rêves et leurs passions, en une collection de « livres entretiens » où les frontières des disciplines universitaires, des idéologies, des religions, des langues, des cultures sont sans cesse « passées » afin de mettre en relation des mondes qui trop souvent s’ignorent.
Le monde est ouvert. Soyons ouverts au monde.

 

 

Présentation du livre et de l’auteur

Il est difficile aujourd’hui de se représenter ce que pouvaient ressentir les jeunes Résistants engagés dans un combat qui les conduisait, au nom de la patrie et de l’honneur, à d’étonnantes transgressions. Une certaine désobéissance devenait notre mode de vie. Les risques encourus ajoutaient le sacrifice à la fête, la réalité à l’imaginaire : le train chargé de munitions explosait comme un feu d’artifice ; les hommes d’affaires, pour se dédouaner, suppliaient les résistants d’accepter leur argent ; les hauts fonctionnaires, patriotes ou opportunistes, ouvraient leurs dossiers et facilitaient les démarches ; les avions sortis des ténèbres larguaient leurs parachutes chargés d’armes ; les ondes transmettaient des phrases sibyllines qui inscrivaient notre « armée de l’ombre » dans le formidable combat des Alliés. Mais, surtout, des milliers de femmes et d’hommes que nous n’aurions, dans d’autres circonstances, jamais connus, jamais aimés, se mobilisaient à l’appel des Résistants, s’identifiaient à leur projet.
Peut-on rapprocher les hommes et leurs projets d’alors et ceux d’aujourd’hui qui réagissent devant des institutions défaillantes dans la lutte contre le chômage et l’exclusion ? Existe-t-il des jalons, des repères donnant, à défaut d’un tracé continu, un sens à l’itinéraire heurté de ma propre génération ?

D’une Résistance à l’autre, l’action militante de Claude Alphandéry s’est souvent déplacée. Elle s’exerce aujourd’hui face aux exclusions. Il préside depuis huit ans le Conseil national de l’insertion par l’activité économique.

 

 

Avant-propos

À l’automne 1944, se tenait le premier grand rassemblement à ciel ouvert de la Résistance, le Congrès des comités de la Libération au palais des Papes en Avignon. Cinquante ans après, presque jour pour jour, la première université des réseaux nationaux de l’insertion par l’activité économique se réunissait dans ce même lieu chargé d’histoire. Il m’était donné d’être l’un des organisateurs et des principaux acteurs de ces deux manifestations.

Entre ces deux dates le monde s’est profondément transformé et j’ai moi-même évolué de façon surprenante, dans mes idées, dans mon comportement, dans mon statut. Résistant, communiste, haut fonctionnaire, banquier, militant à nouveau, mes visages successifs, comme beaucoup d’autres, ont changé avec le temps.

Mais dans l’un et l’autre rassemblement, à deux générations de distance, des citoyens responsables, résolus réagissaient, faisaient entendre leurs voix devant des institutions qui s’étaient discréditées dans la collaboration et qui, un demi-siècle plus tard, se révélaient défaillantes dans la lutte contre le chômage et l’exclusion.
Peut-on rapprocher les hommes et leurs projets d’alors et ceux d’aujourd’hui ? Existe-t-il des jalons, des repères donnant, à défaut d’un tracé continu, un sens à l’itinéraire heurté de ma propre génération ?

Ce témoignage cherche à répondre à cette question à travers des souvenirs, fruits d’une mémoire sélective et sans l’aide de notes écrites, qui ne prétendent pas en l’objectivité historique, mais constituent plutôt un regard subjectif sur les événements auxquels j’ai participé et les personnalités qu’il m’a été donné de rencontrer.

 

 

De la Résistance au communisme
Le choc de la défaite

Les premières feuilles clandestines, dans l’année qui suivit la défaite, avaient une triste présentation : format réduit, impression médiocre, contenu sans vigueur, analyse incertaine de la situation en France et dans le monde. Elles avaient le mérite d’exister ; elles étaient l’amorce des réseaux de résistance.
Leur diffusion, sans exposer au départ à des dangers très redoutables n’était pas de tout repos (contrôle des gendarmes dans les trains, dans les gares) ; surtout l’accueil était le plus souvent sceptique, parfois hostile. Elles permettaient pourtant, en prenant contact avec d’infinies précautions, de repérer, de conforter les patriotes, les démocrates. Des complicités commençaient à s’établir.

C’est ainsi qu’allant porter « Libération » à Montpellier, je nouais conversation avec une très vieille dame dans un compartiment de train. Timides d’abord, nos propos s’enhardissaient peu à peu. Elle n’acceptait pas la défaite : « les gens sont trop veules, il faudrait les réveiller ». Sans lui révéler ma propre mission ni, bien sûr, les journaux clandestins dans la lourde valise que j’avais placée dans le filet au-dessus de sa tête, je lui laissais comprendre qu’une résistance commençait à s’organiser. A-t-elle deviné à demi-mot ; voyant deux gendarmes s’approcher du compartiment, elle me susurra rapidement : « S’ils demandent à contrôler votre valise, vous pouvez présenter la mienne. Je suis trop vieille, si je présente la vôtre, ils ne l’ouvriront pas ». Ainsi fut fait, je ne devais plus la revoir mais ce geste avait fortifié mon espérance ; cette connivence m’aidait à me dégager de l’impuissance et de la déréliction qui frappaient alors la grande majorité des Français.
Stupéfaits par le désastre militaire, appliqués pour l’essentiel à survivre, ils s’abandonnaient au régime autoritaire de Vichy et vivaient une terrible régression : sous couvert de l’ordre moral, ils découvraient les combines du marché noir, la crainte de l’avenir, la méfiance des voisins.
C’est qu’ils venaient de recevoir un coup de massue. Comment, après une défaite aussi soudaine et cuisante, un exode massif, des millions des leurs restant prisonniers de l’ennemi, comment auraient-ils pu imaginer un retournement, une espérance, des lendemains victorieux ?
Le maréchal Pétain ne rencontrait pratiquement pas d’opposition. Le parlement issu du Front populaire s’était mis à genoux. Les anciens partisans de la gauche doutaient d’eux-mêmes. Le pacifisme qui les habitait depuis la fin de la précédente guerre conduisait un grand nombre à préférer la défaite au combat. Certains allaient jusqu’à se réjouir d’une Europe enfin réunie et « pacifiée », fût-ce même sous l’égide de l’Allemagne, préférant gommer de leur conscience les horreurs du nazisme. Quant aux partisans de la droite, la plupart savouraient l’échec de leurs adversaires politiques ; ils attendaient du nouveau régime une revanche contre le Front populaire.
L’opinion, désemparée dans son ensemble, désinformée par une presse et une radio asservies, faisait confiance au Maréchal pour sauvegarder ce qui pouvait l’être, pour négocier au mieux avec les vainqueurs fût-ce en leur livrant des réfugiés étrangers qui

paraissaient être, Vichy ne cessait de le répéter, responsables de nos désastres.
Au surplus, l’attaque et la destruction d’une partie de la flotte française par la marine britannique à Mers El-Kébir ravivaient de traditionnelles rivalités et ajoutaient à la confusion des sentiments.
Le limogeage en décembre 1940 de Pierre Laval (premier responsable de la chute de la République, partisan d’une collaboration à outrance mais peu apprécié par l’extrême droite maurassienne qui entourait Pétain) et son remplacement par l’amiral Darlan réputé républicain et moins compromis dans la collaboration, fortifiaient chez beaucoup l’impression que le Maréchal jouait double jeu, défendait notre souveraineté face au vainqueur en s’appuyant sur une marine encore puissante et sur notre empire.
De fait, tout en ménageant les Américains (qui ne demandaient alors que de maintenir des relations convenables avec Vichy) et en gardant l’apparence de la neutralité, le projet Darlan (soutenu par le Maréchal et l’ensemble du gouvernement) était d’offrir aux Allemands l’aide logistique des bases militaires de l’empire en Afrique, aux Antilles, au Levant et en Extrême-Orient en échange de concessions sur les conditions d’armistice (prisonniers rapatriés, ligne de démarcation assouplie, ravitaillement amélioré) et de rallier progressivement le camp allemand pour obtenir un traité de paix honorable.
Les Français n’étaient bien sûr pas informés de ces manoeuvres ; et dans ce climat étrange où la patrie vaincue, envahie, changeait de visage et rejetait les institutions et les valeurs de la République, tandis que la vie quotidienne reprenait tant bien que mal son cours, rares étaient ceux qui par un patriotisme résolu ou par un ferme attachement aux principes démocratiques s’opposaient sans complaisance au nouveau régime et aux exigences de l’ennemi.

 

Veillée d’armes

suite… PDF

Le langage du don


classiques.uqac.ca

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/41MKG1EEWEL._SX343_BO1,204,203,200_.jpg  https://www.editionsboreal.qc.ca/media/auteurs/moyen/A-8309-1.jpg

Ouvrage: Le langage du don

Auteur: Godbout T. Jacques

Année: 1993

 

 

“Donner en faisant confiance qu’on ne se fera pas avoir, c’est la base de toute société. S’il n’y a pas cette confiance, il n’y a pas de société possible. C’est la lutte contre le déterminisme, contre la nécessité. « Tu n’aurais pas dû, ce n’était pas nécessaire », dit-on à celui qui nous offre quel-que chose, libérant ainsi l’acte de l’ordre de la nécessité […]. Le don s’oppose aux systèmes mécanistes et déterministes pour se rapprocher de la vie.”
Jacques T. Godbout est professeur-chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (Université du Québec). Il a longtemps étudié le rapport entre les organisations et leurs clientèles, ce qui l’a conduit à publier La participation contre la démocratie (Montréal, Saint-Martin) et La démocratie des usagers (Montréal,
Boréal). C’est dans le prolongement de ces études qu’il s’est intéressé au don et a publié, en collaboration avec Alain Caillé, L’esprit du don (Paris et Montréal, La Découverte et Boréal), ouvrage traduit en plusieurs langues. Il poursuit actuellement ses recherches sur le don, notamment en analysant le don d’organes, le don humanitaire et le don dans la parenté.

 

Introduction

Je remercie le Musée de la civilisation de son invitation à venir m’entretenir avec vous du don dans le cadre de son événement sur le langage de l’amour. Le langage du don n’est pas sans lien, vous vous en doutez bien, avec celui de l’amour. Mais commençons par le commencement : le langage du don. Cette formule peut renvoyer à deux réalités différentes. D’abord le don comme langage. Le don peut être un langage en soi. C’est ce qu’exprime la publicité des fleuristes : « Dites-le avec des fleurs. » Quel est ce langage du don ? Qu’exprime-t-il ? Voilà une première question. Mais il existe aussi un langage au sens strict, des mots qui accompagnent ordinairement le don. « Merci » est évidemment le mot qui vient immédiatement à l’esprit. Mais il y en a beaucoup d’autres, et aussi des expressions comme « C’est trop, tu n’aurais pas dû », au moment de la réception d’un cadeau par exemple. Que signifie ce langage en partie codé qui accompagne le don ? Et comment interprète-t-on en général le langage du don ?

Dans la société moderne, on a tendance à considérer le don comme une hypocrisie. D’abord le langage qui accompagne le don ; mais aussi le don lui même, le premier étant un indice du deuxième. Je vais essayer de critiquer cette interprétation dominante qui veut que le langage du don soit un langage hypocrite et qu’il n’existerait au fond chez l’être humain – et plus particulièrement chez le moderne – qu’une seule motivation fon-damentale, celle de gagner toujours plus. Le langage du don serait en fait un langage qui exprime l’intérêt, mais qui a la particularité de se camoufler derrière la gratuité et la générosité, derrière le contraire de ce qu’il exprime réellement.

Si je voulais résumer l’exposé que je vais faire, je dirais qu’on va tenter de passer progressivement d’une théorie ou d’une idée, celle de l’appât du gain, jusqu’à suggérer son contraire, l’idée de l’appât du don.
Pour ce faire commençons par nous demander d’abord comment nous en sommes arrivés à penser ainsi en Occident. Comment s’est généralisée cette vision de l’appât du gain ?

 

L’appât du gain

Cette idée de l’appât du gain a en fait de très vieilles racines. Depuis des temps immémoriaux dans l’histoire de l’humanité occidentale, on considère l’appât du gain comme étant quelque chose qui va de soi, comme étant quelque chose qui non seulement existe chez tous les individus, mais qui est la tendance première, la tendance naturelle de tous les êtres humains : celle d’acquérir plus, celle de gagner plus, celle que j’appelle l’appât du gain. Certains vont même jusqu’à avancer que c’est la seule tendance qui existe, le seul moteur de l’action, la seule motivation profonde des comportements humains. Je ne veux pas insister là-dessus, je pense que c’est une idée assez courante, partagée notamment par la plupart des économistes.

Cette idée a pris plusieurs formes dans l’histoire de l’Occident, qu’il n’est pas inutile de rappeler à très grands traits pour répondre à notre question. Si on commence vraiment par le commencement, on la retrouve sous sa forme religieuse, avec l’idée du péché originel. C’est dire que même avant le christianisme, à l’époque de l’Ancien Testament, on considérait que l’Homme, puisque créé par Dieu, était né bon et généreux. Mais à cause du péché originel, c’était un être déchu, et il y avait dorénavant et pour toujours cet égoïsme qui devenait un trait fondamental chez l’être humain. Tous les efforts de l’Église et de la religion consistaient – et consistent encore en partie aujourd’hui – à essayer de faire en sorte que les humains contrôlent ces passions mauvaises qui sont le fruit du péché originel, passions qui nous conduisent notamment à vouloir acquérir toujours plus, à vouloir recevoir toujours plus.

Avec l’époque des Lumières, et l’apparition de ce qu’on appelle la modernité qui s’est installée en Occident depuis quelques siècles, on a été conduit à transformer fondamentalement cette vision des choses, sans en changer pour autant la base. Mandeville est celui qui est généralement reconnu pour avoir été à l’origine intellectuelle de ce changement, au XVIIIe siècle. Partant de ce constat du christianisme et du judaïsme, Mandeville reconnaît que l’homme a des tendances mauvaises. Mais, sous la forme d’une fable (La fable des abeilles, publiée au début du XVIIIe siècle), il ajoute une idée qui a fait scandale à son époque, et qui est à l’origine de la société actuelle. C’est que même si elles sont mauvaises en soi, ces tendances ont des effets positifs pour la société. Elles sont utiles à la société. Elles assurent la prospérité de la société. C’est cette idée que Adam Smith va reprendre cinquante ans plus tard et qu’il va transformer en une sorte de morale de l’intérêt. Depuis Adam Smith, l’économie et la philosophie considèrent que pour que la société fonctionne bien, chacun doit poursuivre cet intérêt égoïste. C’est de cette façon que la société atteindra l’intérêt collectif, et même le bonheur collectif (Bentham).

C’était évidemment tout à fait scandaleux et ce fut condamné par la morale traditionnelle. C’est encore condamné aujourd’hui d’ailleurs par l’Église catholique qui rejette le libéralisme économique comme philosophie. Il faut admettre que ce n’est pas une mince affaire. Ce n’est rien de moins que de transformer le vice en vertu (le sous-titre de l’ouvrage de Mandeville n’est-il pas : vices Privés, vertus publiques), de faire de l’avidité, et même de l’avarice, un service à la collectivité, comme le montre bien Hirschman dans son ouvrage sur les passions et les intérêts. D’abord un péché mortel, puis véniel, de loin préférable à la passion du pouvoir par exemple, ces penchants se transforment carrément en vertu ayant notamment la propriété d’adoucir les moeurs (l’expression « doux commerce » est courante à l’époque même en langue anglaise), et sont de loin préférables aux passions violentes qui déchaînaient les guerres.

C’est ainsi que l’échange marchand en vue d’un profit, un acte qui avait été considéré le plus souvent avec mépris par la plupart des sociétés humaines jusqu’à ce jour (qu’on songe à la Grèce antique où les commerçants étaient mal vus, ou à la plupart des sociétés archaïques – voir à ce sujet Malinowski, p. 250), va devenir extrêmement valorisé dans une société, la nôtre. On va transformer les membres de ces sociétés en producteurs et en échangeurs de produits, et la production des biens va l’emporter sur la qualité des liens dans cette société.

Autre fait qui mérite d’être souligné en passant : l’avidité n’était pas considérée bonne en soi, mais en raison de ses conséquences positives. Cela introduisait en même temps, mais plus subrepticement cette fois, un autre bouleversement majeur puisqu’à l’avenir on aura tendance à juger un acte sur ses conséquences seulement, et non plus sur sa valeur morale en soi. C’est le fondement de l’utilitarisme (Gouldner). Mais c’était un grand renversement par rapport à la position traditionnelle religieuse, pour laquelle il existe un caractère intrinsèquement bon ou mauvais des actes indépendamment de leurs conséquences, mais dépendant de leur intention. Dorénavant ce n’est plus l’intention qui compte, mais seulement le résultat. Cette façon de voir s’est répandue jusqu’à aujourd’hui et constitue un paradigme dominant les sciences sociales : celui de la rationalité instrumentale (ou la théorie des choix rationnels). Cela signifie que l’espèce humaine est définie comme maximisant ses gains en prenant des décisions résultant d’un calcul des avantages et des inconvénients, des plaisirs et des peines, disait Bentham, philosophe anglais qui a développé les idées de Mandeville et qu’on considère comme le père de cette philosophie qui domine aujourd’hui et qui a aussi pour nom l’utilitarisme.

 

Et le don ?

C’est cette philosophie que je résume par une formule : l’appât du gain. Qu’est-ce que devient le don dans ce contexte ? Deux choses possibles : dans ce contexte, le don peut être soit un moyen pour acquérir plus, c’est-à-dire qu’il peut être instrumental. Il peut être un instrument pour le but final qui est toujours le gain. Un exemple ? Le marchand qui vous donne un calendrier à l’époque des Fêtes. Il vous fait un don mais on sait très bien que c’est un moyen pour attirer et fidéliser sa clientèle, comme on dit. Dans le contexte de l’appât du gain, le don ce n’est que cela ; ou alors c’est une idée qui est complètement dépassée, naïve. C’est un résidu de la vieille morale traditionnelle qui existait avant la modernité. Autre-ment dit, dans un cas comme dans l’autre, le vrai « don » n’existe plus, si jamais il a déjà existé de toute façon. Telle est l’interprétation qu’on peut faire à partir de la philosophie ou de l’approche actuelle dominante, dont on vient de tracer rapidement l’origine.

 

Le don existe encore
Mais ce n’est pas parce qu’une vision de la société domine qu’elle correspond à la réalité de cette société. Il est donc pertinent de se demander ce qui fait fonctionner la société actuelle, et en particulier s’il est exact que le don n’existe plus que comme résidu folklorique ou comme moyen pour satisfaire l’appât du gain.

On constate rapidement qu’il y a tout un ensemble de faits qui vont dans le sens contraire. Un premier fait intéressant à relever, à titre anecdotique à tout le moins, c’est que souvent ces mêmes personnes qui affirment que tous les individus dans la société ne cherchent que l’acquisition, que le gain, vont ajouter que ça ne s’applique pas à eux. C’est même le contraire. Ils ont tendance à faire état de leur générosité tout en déplorant l’égoïsme des autres. Quand je rédigeais ce livre sur le don, j’étais très habité par cette écriture et j’en parlais à tous ceux que je rencontrais. J’ai alors souvent observé la réaction suivante. Au début on disait : « Mais voyons, le don, c’est une belle idée. Mais ça n’existe plus ! Pour-quoi faire un livre là-dessus ? » Mais plus la conversation s’engageait, plus mon interlocuteur s’éloignait de cette réaction spontanée et finissait souvent par me raconter des histoires de dons extraordinaires, que j’ai d’ailleurs rapportées dans mon livre 1. Ils modifiaient donc leur vision du don à mesure qu’ils en parlaient.

Ce sondage sans aucune valeur statistique évidemment rejoint toute-fois les travaux récents d’un politicologue américain, Robert A. Lane. Ce dernier a publié en 1991 un gros bouquin portant sur l’expérience marchande (The Market Experience), dans lequel il s’est amusé à faire la recension des innombrables enquêtes et sondages qui posent la question : « Qu’est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie ? » Il a découvert que, dans aucune des enquêtes, le revenu n’arrive en tête. On y fait beaucoup plus état d’éléments comme se réaliser, être bien dans sa fa-mille, avoir des relations familiales harmonieuses. Ce n’est pas la consommation qui arrive en tête dans aucune des enquêtes qu’il a compilées pour répondre à cette question. On peut donc penser que l’appât du gain ne ressort pas dans ces enquêtes comme étant effectivement la principale motivation des gens dans une société, comme étant ce qui fait principalement courir les individus modernes. Et pourtant chacun sait qu’ils courent, puisque par ailleurs une des choses qui leur manque le plus, toujours selon les sondages, c’est le temps !

D’autres faits peuvent être mentionnes qui invitent à se poser des questions par rapport à cette interprétation dominante de l’appât du gain. Au Québec – et on retrouve ce phénomène partout -, il y a plus d’un mil-lion de bénévoles, plus d’un million de personnes qui font du bénévolat. (Il y en aurait même trois millions selon la Fédération des centres d’action bénévole du Québec.) Certes on peut toujours adopter l’hypothèse cynique – ou réaliste, dira-t-on -, et rétorquer que cette activité est purement


1 L’esprit du don. En collaboration avec Alain Caillé, Montréal et Paris, Boréal et La Découverte.

instrumentale, qu’elle est un moyen pour obtenir autre chose. Et personne ne songerait à nier qu’effectivement le bénévolat est pour plusieurs personnes un moyen. Il y a des gens qui vont faire du bénévolat pour éventuellement acquérir de l’expérience et se trouver ainsi un emploi. Ce n’est d’ailleurs évidemment pas condamnable. En outre chacun connaît des histoires sordides de détournement de fonds dans le milieu des organismes qui vivent de dons. Ce qui est un peu plus condamnable, mais n’a pas à nous étonner. Mais ce n’est pas la majorité des cas. Et dans toutes les en-quêtes auprès des bénévoles, cela représente une minorité d’entre eux. Une proportion de plus en plus importante des bénévoles sont des personnes à la retraite, et par définition les retraités ne sont pas là pour chercher un emploi rémunéré.

On peut rétorquer que malgré tout ils agissent pour eux. Si on reste avec l’exemple des retraités on affirmera qu’ils font ça pour se désennuyer, et donc au fond qu’ils pensent à leur intérêt. Mais cette affirmation ne va pas sans problèmes. Elle s’explique moins bien en termes purement d’intérêt et d’appât du gain, parce qu’il me semble que si c’est simplement par intérêt, c’est beaucoup plus intéressant de se désennuyer en regardant la télé, en voyageant, en faisant toutes ces choses fantastiques que nous offre la société moderne. Alors pourquoi font-ils du bénévolat plutôt qu’autre chose ? C’est la question à se poser. Peut-être parce qu’ils ne peuvent pas se payer autre chose, parce qu’ils n’ont pas les moyens ? Rappelons à ce sujet que les enquêtes montrent que les gens qui font du bénévolat, sans être riches, sont plutôt des gens à revenus moyens et au-dessus de la moyenne. Des enquêtes plus qualitatives (comme celle de Wutnow, par exemple) montrent en fait que la majorité affirment effectivement recevoir beaucoup en faisant du bénévolat : de la reconnaissance, de l’estime de soi, de l’amitié. Mais ils affirment aussi qu’ils ne font pas de bénévolat pour ça, qu’ils le font d’abord pour aider, mais qu’en aidant ils s’aident aussi eux-mêmes. On pourrait longuement discuter ces résultats. Il suffit ici de constater que quelle que soit l’interprétation qu’on en donne on est loin de l’appât du gain. Et que s’ils gagnent quelque chose cela arrive par surcroît, ce n’est pas le but visé.

Je pourrais continuer à énumérer plein de faits qui montreraient que le don n’a absolument pas disparu de la société moderne. Même chez les enfants. Chacun sait que l’enfant traverse une phase où il dit : « C’est à moi, je ne te le prête pas, je veux le garder… » Il veut en avoir toujours plus et il retient ce qu’il a. Mais des chercheurs (recherche rapportée dans L’esprit du don) ont observé les enfants en se posant certaines questions, par rapport au don justement, et ils sont arrivés à constater, très tôt, avant même le contrôle du langage, ce qu’ils ont appelé l’imitation de l’offrande : dans une garderie, l’enfant A donne quelque chose, passe quelque chose à l’enfant B et l’enfant B va le passer à l’enfant C, va l’offrir. Et ils ont observé que ceux qui avaient le plus ce comportement d’offrande de-venaient généralement les leaders du groupe. Ce qui n’est pas inintéressant non plus.

On donne encore et on donne beaucoup. je n’ai pas mentionné les cadeaux, les réceptions ; les gens se reçoivent, c’est drôle d’ailleurs qu’on dise « recevoir », alors qu’en fait on donne quelque chose quand on reçoit… je termine actuellement une enquête sur le don dans la parenté : cadeaux, hospitalité, aide circulent de façon impressionnante entre les membres de la famille. L’appât du gain y est très rare. On ne donne pas à ses parents, à ses frères, à ses soeurs pour faire du profit. L’héritage, le don du sang, le don d’organes qui prend de plus en plus d’importance, le don humanitaire. Et aussi tout ce qu’on donne aux enfants dans cette société… c’est absolument fou ce qu’on donne aux enfants ! On n’a probablement jamais autant donné aux enfants que dans la société actuelle.

Bref le don existe. Il est très important. Et donc la question se pose : s’il est vrai que la seule tendance fondamentale, que le moteur de l’action humaine des individus dans cette société, c’est l’appât du gain, comment peut-on expliquer l’importance du don malgré cette tendance ? Autrement dit : pourquoi les gens donnent-ils s’ils sont tous fondamentalement seulement des égoïstes ?

Le devoir de donner

suite… PDF

LA FACE CACHÉE DE L’ÉCOLE


histoireebook.com


Auteur : De Tocquesaint Arnaud
Ouvrage : La face cachée de l’école – Essai de déconstruction idéologique
Année : 2013

 

 

 

4ème de couverture
Défiant la police de la pensée qui sévit au « pays des
droits de l’Homme », La. Face cachée de l’École mène
une analyse fouillée et sans langue de bois du
délitement d’une institution qui fit pendant un siècle
l’admiration du monde entier. Dépassant une vision
trop souvent édulcorée ou cloisonnée du problème, ce
livre l’aborde par le cœur : la stratégie de sape
habilement mise en œuvre par les antinationaux.
Pour la première fois, un auteur envisage
l’abaissement de l’instruction dans sa globalité,
comme un système de pensée et d’action, comme un
objectif idéologique en passe d’être atteint. La Face
cachée de l’École est un livre de prophétie politique,
un livre qui élève.
Arnauld de Tocquesaint est historien et essayiste,
spécialiste des questions scolaires.

 

 

PRÉFACE
Qu’ils soient tenus en place publique ou en cercle plus
spécialisé, les discours portant sur les maux de !’Éducation
nationale française confinent au grotesque. Conditionnés
par l’ignorance générale et une stratégie de détournement
orchestrée par l’appareil politique, ils ne portent jamais sur
les véritables causes et rouages qui ont fait charogne d’un
système envié autrefois à travers le monde. Tenons-en pour
preuve le faux débat actuel sur la semaine de quarre jours
et demi, que personne n’a demandée mais qui nourrit la
manoeuvre dite du hareng fumé, dont Vincent Peillon use et
abuse. Ce projet, qui ne répond à aucun souhait particulier
ni ne propose quelconque solution à court ou long terme,
a l’immense avantage de confisquer l’intérêt pour les réels
enjeux et analyses tout en monopolisant les parents sur
l’unique bordel d’organisation familiale à venir. Bref, on
brasse du rien pour masquer le tour.

 

 

La première condition à toute réflexion pertinente est
donc d’avoir à l’esprit le schéma structurel d’une hiérarchie
qui n’a plus rien de nationale tant elle satisfait des intérêts
d’orientation mondialiste. Nous proposerons donc en guise
de préambule au travail d’Arnauld de Tocquesaint un rappel
analytique de la régie pyramidale déterminant le pseudo enseignement
dispensé à notre jeunesse.
En base de cette représentation, la masse des principaux
concernés dont, disons-le clairement, la voie et l’intérêt valent
pour pets de lapins dans les prises de décisions: parents, élèves,
professeurs et peuple sont les soucis cadets des instances
directrices. Selon cette dimension verticale montante vient
ensuite tout un appareil administratif composé de chefs
d’établissement, d’inspecteurs à responsabilités variées, de
recteurs et autres sous-fifres dont la tâche essentielle est de
veiller au bon fonctionnement et à la bonne application de
consignes décidées en amont. Ce corps administratif dispose
donc d’une autonomie très relative et regroupe des personnels
à vocations diverses allant de la corruption1 éhontée du
carriériste à l’honnêteté sacerdotale du fonctionna ire intègre.
Le sens de lecture porte ensuite au ministre de
l’Éducation dire nationale, censé être l’autorité française
en la matière et principal décideur en fonction de l’intérêt
majeur de la population dont il est redevable. Cependant,
depuis plusieurs décennies, la figure ministérielle n’est plus
garante de rien et son activité essentielle consiste en le
relais de recommandations imposées par l’ordre européen,
l’entretien d’un électorat de profs et la manipulation susdite
relevant du détournement d’opinion publique. La rupture
est ici. Auparavant envisagé, de façon sommaire, comme


1. Voir la deuxième partie de notre article  » Le pion, la brute et le truand ,,
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-pion-la-brute-et-le-truand-6899.html.


foncièrement protecteur de l’avenir de notre jeunesse et
nation, le ministre de l’Éducation française, sorte de VRP
euro-carte, est aujourd’hui le chien des pires instincts de la
nouvelle oligarchie, sans plus. Cette castration d’autorité
trouve son pendant complice en une opposition syndicale
de carton-pâte qui, si elle eut une fonction contraignante
par le passé en instaurant de la contradiction sociale, a perdu
aujourd’hui tout crédit par abus de privilèges et incapacité à
produire de véritables réflexions. Cette double déconfiture
s’est matérialisée en une piètre coalition d’intérêt où chacun
feint de jouer hypocritement son rôle tout en prenant garde
de ne pas libérer son siège par crainte qu’on le lui prenne.
Pitoyable.
Remontant la pyramide de notre disgrâce nationale,
entrons maintenant dans les arcanes européistes, où se perd
l’avenir de millions d’enfants. À noter que nous passons outre
la fonction protectrice du chef d’État puisque le président de
la République n’intervient en rien quant à ce qui nous occupe,
à l’exception de deux ou trois saillies en périodes électorales
en espoir de collecte de voix. Plus personne ne tient donc
vraiment la baraque, la basse-cour trouve donjon fermé et
voit son sort remis en mains de suzerains d’autres contrées,
qui entrent dans notre futur comme dans un moulin pour
piller les réserves de nos temps prochains.
Androulla Vassiliou est la commissaire à !’Éducation,
la Culture, le Multilinguisme et la Jeunesse. Rien que ça.
Elle n’a pas été élue mais nommée par Barroso. Le premier
constat est donc celui du caractère non-démocratique de
l’exercice politique d’une haute responsable de l’Union
européenne (UE). Avant 2012, année de sa nomination,
elle évolua professionnellement dans le milieu bancaire en
tant que conseillère juridique de la Standard Chartered,

importante entité financière réalisant de colossaux profits sur
les marchés asiatiques et africains puis à la Bank of Cyprus
avant de se reconvertir en femme de président. L’une des plus
hautes dirigeantes en charge de la formation intellectuelle,
culturelle, sociale et morale des élèves, apprentis et étudiants
français est donc une banquière parachutée sans aucune
expérience dans le domaine et qui n’a pas eu recours à la
légitimité des suffrages pour occuper sa fonction.
Sa responsabilité consiste à prolonger les grandes
lignes idéologiques prescrites dans les textes européens
fondamentaux et à veiller à leur application dans le champ
qui lui a été confié. Par le biais de sous-commissions,
programmes et enquêtes menés par des exécutants de
l’ombre, elle est donc garante de la fin des souverainetés
nationales sur leur système éducatif. Son autre rôle, moins
connu, est la surveillance de la bonne allégeance des ministres
concernés accompagnée d’avertissements, flicage et autres
sanctions en cas d’insoumission. Cette posture est cependant
illégale selon le Traité sur le fonctionnement de l’Union
européenne (TFUE), qui place l’ éducation au rang des
compétences d’appui respectant l’autonomie de gestion des
pays membres uniquement censés recevoir conseils de la part
de la Commission. Il n’est d’ailleurs rien de plus illustrant
pour vérifier que l’UE enfreint ses propres codes en toute
impunité que les allocutions de Viviane Redding, ancienne
commissaire de !’Éducation au brushing improbable,
véhémente et zélée, grande offusquée du sort des Roms mais
employeuse de sans-papiers à bénéfice personnel sur le dos
du contribuable2.
Enfin, il serait stupide de penser que tout cela n’est


2. Sur ce point, voir notre article  » Quand l’Union européenne triche à son propre jeu  » :
http ://www.egaliteetreconciliation.fr/Quand-l-Union-Europeenne-triche-à-son-propre-jeu-8039.html.


qu’affaire de politicards autoproclamés et d’ignorer la grande
influence des groupes de pression qui terminent la structure
annoncée. La collusion entre instances européennes et
lobbyisme n’est même plus un secret de Polichinelle et la
suprématie de l’économique et du financier sur l’intérêt
public s’affirme aujourd’hui sans la moindre retenue ni
stratégie déguisée. L’Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE) et le Table ronde
européenne (European Round Table, ERT) sont en ce sens
les entités les plus agressives. Si l’une est assez connue, l’autre
entretient sa redoutable et permanente activité dans une
opacité totale qui ne supporte aucune pénétration d’autorités
officielles. L’ERT, qui rassemble les représentants des 45 plus
grandes entreprises européennes (Total, Nestlé, Siemens … ),
exerce, entre autres, son influence sur la rédaction de tous les
textes fondamentaux de l’UE et impose ses lois de destruction
sociale au nom du sacro-saint principe de « stimulation de
la compétitivité mondiale3 ». Elle est organisée en groupes
de travail relatifs à mus les champs de l’activité politico-économique
et affiche une conception très clairement arrêtée
de l’éducation qui « doit être considérée comme un service
rendu au monde économique4 ». Sans commentaire. Anecdote
tristement drôle, l’un des présidents les plus actifs du « groupe
éducation » fut François Cornélis, sans doute un expert en
pédagogie et PDG de Pétrofina …
Quant à l’OCDE, elle fournit des programmes de
destruction de systèmes nationaux « clés en main » en prenant
jusqu’au soin d’en livrer la stratégie: «Pour réduire le déficit
budgétaire, une réduction très importante des investissements
publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne


3. Voir le rapport sur l’ERT de l’Assoreveil : http://assoreveil.org/err.lrnnl.
4. Idem


comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses
de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité
de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire,
par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux
universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre
d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment
à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une
baisse graduelle de la qualité de l ‘enseignement et l’école peut
progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des
familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par
coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de
telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la
population » (Christian Morisson, ancien chef de la division
du centre de développement à l’OCDE, consul tant auprès de
la Banque mondiale, du Bureau international du travail et de
l’OCDE a écrit ces propos dans La Faisabilité des ajustements
économiques, cahier d’économie politique n° 13 de l’OCDE).
Il semble que les choses ne puissent pas être plus clairement
exposées.

Divers enseignements s’imposent au constat de cette
séquence lobby-commission européenne-ministre de
l’éducation/syndicats-corps administratif- parents/ élèves/
profs/ peuple.
La série doit d’abord s’envisager objectivement pour ce
qu’elle est : un appareil idéologique destiné à scléroser les
indépendances nationales et formater les jeunes esprits en
vue de les modeler aux aspirations du mondialisme oligarque.
Arnauld de Tocquesaint fait une démonstration sans appel des
amputations agressives effectuées au cours de la composition
des programmes scolaires et de leur répartition selon le
niveau d’études. On pourrait ajouter à ce point fondamental
une constante incitation, voire exhortation, à la mobilité

géographique intrinsèque à la préparation de populations
nomades et malléables dont le déracinement identitaire est
plus qu’encouragé. Programmes d’études hors frontières de
diverses natures, bourses, skill5 accreditation card (sorte de
passeport européen recensant les compétences), et validations
internationales des niveaux acquis par des organismes
privés ne son que peu d’exemples de ce conditionnement
à l’orientation professionnelle apatride. Quant à
l’assujettissement de l’éducatif au tout-économique, on en
trouve de nombreuses manifestations relies, entres autres, les
axes de tâches préconisées dans le Cadre européen de langue :
«salutations de l’employé», « remerciements de l’employé», «se
renseigner sur la durée du préavis », « comprendre et suivre les
règles d’embauche », « présider une réunion », « donner son
accord sur l’achat!6 ». Là encore on ne peut être plus clair dans
les attentes de formation.
Ajourons que ce façonnage d’esprits est parallèlement
accompagné d’un abrutissement intellectuel et culturel
délibéré fort bien détaillé par Jean-Claude Michéa dans
L’Enseignement de l’ignorance. À l’exception des rares éléments
de pôles d’excellence qui bénéficient encore d’une formation
minimale motivée par des fonctions à venir exigeant un
seuil de culture et d’autonomie critique sommaires, le reste
des « apprenants » n’est en rien destiné au développement
d’entendement, en raison du risque d’une trop gênante
appréhension du monde et d’une dangereuse indépendance.
La majorité d’entre eux sont donc considérés soit comme des
techniciens moyens à vocation pragmatique qui ont « une
demi-vie de dix ans, le capital intellectuel se dépréciant de 7 %
par an, tout en s’accompagnant d’une réduction correspondante


5. Voir notre article « I:école des nomades » : http://www.egaliteetreconciliation.fr/L·ecole-des-nomades·5914.html.
6. ldem


de l’efficacité de la main d’oeuvre7 » soir comme des inutiles
qui « ne constitueront jamais un marché rentable » et donc
l’ « exclusion de la société s’accentuera à mesure que d’autres
vont continuer à progresser2 ». A partir de là, c’est open bar,
tittytainment en perfusion pour tout le monde, TF1, RSA,
foot, shit ou shopping, chacun sa came, le tout étant de
maintenir sous contrôle un troupeau de consommateurs
abrutis et inoffensifs qui iront se faire garder à l’école, où
on leur expliquera l’égalité entre citoyens selon une mixture
sociétale prévenant de tous risques de compréhension
fondamentale, de culture solide, de morale ferme et d’éveil
intellectuel.
Le schéma d’organisation décrit a par ailleurs engendré un
tour autre phénomène, beaucoup moins connu et abordé : la
transformation de !’Éducation nationale en cliente du marché
dominant. N’oublions pas que le but de ces braves membres
de l’ERT est d’engranger pépètes et développer la puissance
du groupe coré en bourse. Fort de son accaparement,
l’oligarchie financière et économique a trouvé dans la faillite
et la lâcheté de l’administration politicienne un segment de
ventes qui semble illimité. L’argent public remplit désormais
les caisses de sociétés d’équipements informatiques, de
production de didacticiels ou d’aménagement multimédia
high-tech. Là encore, les illustrations de cette soumission du
politique au lobbyisme économique ne manquent pas. Les
conseils généraux ou régionaux inondent les établissements
de machines qui finissent au placard pour cause de double
emploi, offrent en masse des tablettes pré-configurées aux
élèves en échec parce que les pauvres petits ont du mal
à apporter les manuels en classe, ou plongent les salles de


7. Rapport de la Commission du 24 mai 1991 repris à plusieurs reprises dans Tableau noir (Gérard de Selys et Nico Hirtt, EPO, Bruxelles, 1998).
8. Rapport de la Table ronde, février 1996. Cité dans Tableau noir, p. 43.


philo dans l’obscurité car Platon et Kant se découvrent
maintenant à la lueur d’écrans en tous genres9. Comme le dit
fièrement Borredon, PDG du groupe ITOP, les académies
sont devenues les « partenaires » des fournisseurs en haute
technologie.
Enfin, il est impossible d’éviter, par le biais de la hiérarchie
décrite, un énième constat de la faillite d’une prétendue
gauche au profit de la pire des droites. La saisie de l’école
par infiltration de l’économico-financier n’a été possible
que par l’asservissement, la lâcheté et la bêtise d’un corps
politique qui mériterait l’inculpation pour haute trahison.
Considérée comme l’un des derniers remparts à l’immoralité
du libéralisme sauvage, l’école est devenue perméable à
ses perversions. Affaiblie, dénaturée, discréditée et non
protégée, elle ne fut que la proie facile pour les charognards
en quête de nouveaux champs d’expansion. D’influence
étasunienne, les sciences de l’éducation émergent peu avant
les années 60 et regroupent autour du pédagogisme un
conglomérat d’approches plus ou moins fumeuses selon le
cas (pragmatisme, behaviorisme, constructivisme et plein
d’autres« ismes ») qui ont fait depuis longtemps leur preuve
outre-Atlantique en matière de création d’illettrés10.

Incapable de reconnaître ses erreurs et de tirer leçon,
un gauchisme forcené, amplement décrit dans La Face
cachée de l’École, a détruit notre modèle éducatif plaçant un
«apprenant» en sucre au centre de tout, réduisant le professeur
au rang d’accompagnateur sans autorité, introduisant
le sociétal en abondance aux dépends de l’instruction,
immisçant le communautarisme au mépris du sentiment
national, les pédagos ont offert nos enfants au délitement
moral, à la faillite scolaire, au déracinement culturel, à la
rupture du pacte social. Aujourd’hui « L’apprenant » te
crache à la gueule et son « vas-y (foire enculés » est à peine
sanctionné. Autant faire confiance à Dolto pour l’avenir de
notre jeunesse, quand on voir ce que son partouzeur de fils
est devenu … Aujourd’hui, le sparring partner gauchiste a
pratiquement disparu, car désormais inutile à l’installation
des nouveaux maîtres, cerces, Mme Machin continue toujours
son apologie d’une lointaine mixité avant de retourner vire se
faire épiler la charte chez Dessange, mais l’épaisseur politique
de la majorité des enseignants se mesure aujourd’hui en
millimètres. La fausse résistance a donc fait place au désert
idéologique.
Prise de pouvoir néolibérale favorisée par la faiblesse
politicarde, abrutissement volontaire de populations adaptées
aux exigences du marché, clientélisation de l’Éducation
nationale et déliquescence idéologique d’une gauche idiote
diluée dans les intérêts de la droite mondialiste, voilà ce qui
détermine l’avenir de nos gosses et de notre pays.
La représentation de la hiérarchie pyramidale énoncée
doit présider aujourd’hui à toutes réflexions sérieuses avant
d’envisager une quelconque résistance. Cette prise de
conscience nécessaire s’avèrera bien plus utile que les manifs
de pseudo-syndicats ou le matraquage aveugle et incessant
également subi, et à tort en ce cas, par les personnels éducatifs
intègres, responsables et professionnels qui, à l’opposé des
corrompus ou imbéciles, préservent les jeunes esprits de cette
décadence générale.
Ruben Azahar

AVANT-PROPOS
En 2008, la Palme d’or du festival de Cannes – dont on
pouvait espérer qu’il était un festival de cinéma et pas une
tribune idéologique – a été attribuée au film Entre Les murs
de Laurent Canter, tiré du livre de François Bégaudeau, ex-professeur
stalinien devenu libertaire et «écrivain». Ce livre
et ce navet veulent pourfendre l’« idéologie réactionnaire ». lis
prônent, sans grande originalité, un soi-disant « réalisme» qui
consisterait à « s’adapter et non exclure », c’est-à-dire à adapter
l’École aux élèves et non l’inverse, c’est-à-dire plier l’institution
scolaire aux exigences – fort variées par ailleurs – des enfants et
adolescents. Les deux« artistes »ne savent probablement pas que
c’est ce qui est déjà explicitement demandé aux professeurs par
le ministère : « Le professeur est capable d’adapter son enseignement
à la diversité des élèves [ … ] de participer à la conception d’un projet
personnalisé de scolarisation, d’un projet d’accueil individualisé1. »

Or, l’apologie de la démagogie donne depuis quarante ans les
résultats que les professeurs connaissent tous, du moins ceux qui
sont encore devant des élèves ce qui, à sa décharge, n’est plus
le cas de monsieur Bégaudeau qui a déserté le navire aussi vire
que le capitaine du Concordia. Il préfère le strass et les paillettes,
on peut le comprendre. Le métier n’était-il plus intéressant?
Le salaire n’était-il plus suffisant? Les élèves n’étaient-ils plus
« sympas » ? Le chahut n’était-il plus aussi mélodieux? Arrêtons
l’hypocrisie! M. Bégaudeau n’est pas habilité à parler de l’École
qu’il a – heureusement – abandonnée.
Philippe Meirieu, Grand Prêtre du pédagogisme droit-de-l’hommiste,
s’est lui-même désolidarisé du film : il a déclaré,
avec raison, que « le film montre exactement ce qu’il ne faut pas
faire en matière de pédagogie2 ». La pédagogie du professeur
repose sur « l’affect » et il est «sans cesse entraîné par Les élèves
sur leur propre terrain, au lieu de les tirer vers le haut, vers la
culture et le savoir ». Parfois, les dérapages sont plus graves:
quand une élève lui dit qu’elle n’aime pas la France, notre
hussard de la République répond qu’ il n’est pas non plus
toujours fier de son pays3. Mais de cela, l’écolo-gauchiste
Meirieu ne dit mot.
L’École républicaine, jusqu’en 1968, avait ses défauts et
nul n’en disconvient; elle n’était pas parfaite et il est inutile
de ressasser une nostalgie stérile de l’École de Jules Ferry. Elle
fonctionnait, à partir du lycée surtout, sur un mode élitiste et
était en grande partie réservée aux classes dirigeantes. Mais elle
ne mentait pas. Elle avait promis la gratuité et la laïcité: elle
tint parole. Elle avait promis d’éradiquer l’analphabétisme,

pour les garçons et les filles : elle le fit. Elle avait promis
d’instruire les enfants de six à treize ans dans les matières
fondamentales : elle le fit. Elle avait promis de préparer les
enfants à s’insérer dans le monde du travail : elle le fit. Elle
avait promis de récompenser les élèves méritants et d’aider les
nécessiteux : elle le fit. Elle avait promis la promotion sociale
par le travail et l’effort: elle le fit. Elle avait promis d’élever
tout un peuple dans l’unité nationale et la communion
patriotique: elle le fit. Elle avait promis de sanctionner la
fin des études primaires par un examen solide et reconnu :
elle le fit. Elle avait promis aux professeurs la reconnaissance
et le respect : elle le fit. Elle avait promis aux Français qu’ils
seraient fiers de leur École et ce fut le cas.
En cela réside la grande différence avec l’École post-68,
l’École qui ment. I’ École qui ment aux élèves, qui ment aux
parents et qui ment à ses professeurs. L’École de la démagogie
et du renoncement, l’École des ânes. L’École des fans et
celle des femmes. l’École des gauchistes et des syndicalistes
intégristes, main dans la main avec les ultra-libéraux qui n’ ont
surtout pas besoin de jeunes qui pensent et réfléchissent.

L’ÉCOLE DES FANS

suite… PDF

Persécution de la conscience morale


par Pierre Dortiguier

Chroniques-Dortiguier

Persécution de la  conscience morale

Prenons cette somme d’invectives que la tribune du Point lance contre Monsieur Salim Laïbi ; elle est constituée d’une suite non d’idées vraies ou fausses, de faits réels ou supposés, mais de signaux pour demander à la machine humaine de s’arrêter, comme à un allumage de feux rouges, sous peine de risquer ce déraillement que l’on entend par dérapage ! Nous ne les reprendrons point séparément, car il appartient à notre ami de les réfuter, et les lecteurs de son site l’auront accompagné dans cette tâche nécessaire.

Qu’il y ait, comme à la base de tout ce qui forme l’esprit républicain ou pagaille démocratique ou corruption générale nourrie par le règne des riches ou ploutocratie et autres friponneries, ce sentiment de jalousie que le grand Goethe disait être la vérité du principe d’égalité, de ce qui met sur le même plan bien et mal, vrai et faux, innocence et impureté, religion et incrédulité, colonisation et émancipation des peuples, il suffit d’en lire la première ligne : avoir un million de vues, pour cet article parisien, est très suspect en effet, quand on n’est pas promu par les médias officiels, car l’on peut instruire, là où maintenant l’on tient le public dans l’ignorance ou laisse mariner leur capacité de jugement dans une bouillie de semi-vérités, soit d’écorce vraisemblable avec un fruit intérieur empoisonné !

Les termes de complotisme, de révisionnisme, bref tous les poncifs s’y trouvent, et qui justifient la seule loi fondamentale du système révolutionnaire maçonnique mis en place ou formalisé depuis l’époque de Philippe-Égalité, du Duc d’Orléans, dont un chartiste apprécié, feu mon ami d’études Jean Dérens me confiait qu’il stipendiait le hideux Marat ; ce que seules les archives n’ont révélé qu’au XXe siècle. Et cette loi fondamentale est celle des Suspects qui suffit à vous décapiter physiquement ou moralement. C’est cette Terreur qui est périodiquement remise à l’ordre du jour. Elle a des imitateurs à l’étranger, mais sa marque de fabrique, sa touche d’origine est parisienne, et à cet égard les dénonciateurs Marseillais voulant clouer Salim Laïbi au pilori ; sont dignes de leurs éducateurs !


Ce type de procès court à travers les âges. 


Vraiment ridicule est l’accusation de favoriser le terrorisme qui lui est faite, mais, au fait, quel éducateur a mieux expliqué patiemment et avec retenue que celui qui est maintenant accusé et sur son site du LLP démonte, comme dans la vidéo sur le massacre de Nice, les rouages de la subversion moderne ayant d’abord en 1992 frappé son pays natal, et je puis préciser, sa famille ?

Que des gens aient des opinions, ou sans atteindre jusque là, des réflexes différents, surtout au sein d’une communauté religieuse, cela se voit ailleurs, chez les Chrétiens anciens et nouveaux, charnels ou utopistes etc., partout où l’homme se frotte à ses semblables, avec la même capacité à piquer que le hérisson dont parle avec esprit Schopenhauer. Mais qu’on agite un drapeau religieux, pour clouer un homme au poteau, et lui faire subir le spectacle de la danse du scalp, démontrerait, s’il en était encore besoin, un type d’opération d’envergure, sous faux drapeau, en l’occurrence musulman, sorte de perpétuelle machination Gladio dont le terme final est une mise à mort médiatique !

Je n’accuse personne, avec des effets de manches, en avocat bavard comme sont les sophistes gardiens des démocraties mues aisément en tyrannies (comme nous l’ont fait savoir les Conventions révolutionnaires et leur succession soviétique) mais constate en amateur de l’art rhétorique et de  logique, qu’il eût été facile de répondre à tout ce qui semble insupportable aux rédacteurs de cette accusation publique, par justement des réfutations argumentées sur chacun des points soulevés. M. Salim Laïbi est sensé ; il n’est pas homme, à cet égard, à se réjouir de la mort d’un être cher, comme  cela  a été fait contre lui par un semi-habile dans un moment d’égarement ou d’absence de maîtrise de soi, porte ouverte aux démons. Ses livres et vidéos sont construits, et témoignent d’une attention continue, d’un goût de la précision, du genre de celle que je voulais qu’eussent mes élèves. Au lieu de mesurer la solidité de ses arguments on lui adresse un panier d’insultes et d’affirmations péremptoires, exactement comme ce panier de figues mêlées dans lequel Cléopâtre, pour se suicider, aurait demandé qu’on plaçât un serpent.

Il y a dans tout procès, particulièrement sur fond religieux ou communautaire, à considérer l’importance première, oui, la primauté de la conscience morale sur la profession de foi, d’être en bref scrupuleux : on peut, sinon, réunir une foule et lui faire crier des slogans, des mots qui frappent (slogan est le mot écossais formé sur l’allemand schlagen, frapper), même et surtout si elle n’a compris que superficiellement les choses, comme les Évangiles s’accordent à faire crier à mort envers Issa (béni soit-il) devant un haut fonctionnaire romain convaincu de l’innocence de l’accusé. Ce type de procès court à travers les âges. Mais bâtir une idée politique ou religieuse, ou tenir une opinion contre quiconque, sans un solide socle moral préalable, tout comme écrire une histoire sans examen des sources, est malhonnête. Salim s’est toujours astreint à cette règle d’examen, et cela contrarie les passions qui ne s’enflent que d’envie et éclatent un jour en brisant l’âme qui les a enfantées.

Pierre Dortiguier

http://i1.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2018/06/Pers%C3%A9cution-conscience-morale-Dortiguier-llp.jpg?w=673

Poupée gonflable pour raciste islamophobe


leboucemissaire.com

https://i2.wp.com/leboucemissaire.com/wp-content/uploads/2018/06/benzema-zidane-696x490.jpg

C’est tout de même mieux d’avoir des personnes d’origine étrangère dans son équipe de football que des sionistes dans son gouvernement. Les enjeux ne sont pas les mêmes, mais visiblement des types qui jouent à la baballe et n’ont aucun impact sur la vie des peuples insupporte les français bien plus que d’avoir des dirigeants qui les dépouille chaque jour un peu plus, les engageant sans leurs avals dans des conflits meurtriers qui ne concerne en réalité qu’une nation étrangère à laquelle ces dirigeants sont affiliés !

Dans la petite tête étriquée des mougeons français (ils sont incroyablement nombreux, à mon plus grand étonnement, moi qui pensais bien connaitre mes concitoyens je me suis lourdement trompé) il est une réalité lumineuse concernant le cas Benzema et qui veut que dans l’affaire de la sextape par son comportement il aurait déshonoré la France ! Impossible qu’il puisse reporter le maillot de l’équipe de France un jour, c’est une insulte à la Nation.

Ah bon ? Quel déshonneur ? Celui de s’être filmé en train de copuler avec une fille ? Ah non mince c’est Valbuena qui a fait ça. Celui d’avoir un copain qui vous vol le film porno que vous avez réalisé ? Ah non mince c’est l’ami de Valbuena qui a fait ça. De quoi est-ce qu’on parle en réalité ?

Question déshonneur ce n’est pas sur le terrain de foot qu’il faut le chercher, non. Sarkozy l’ancien président de ce pays d’hypocrite qu’est la France lui il sait parfaitement ce que déshonneur veux dire, du moins il sait comment le mettre en pratique, bien que d’honneur il n’en a jamais eu, celui de la France il a prouvé à maintes reprises qu’il n’en avait absolument rien à faire. Il l’a dépouillée (en vendant à ses amis 2300 tonnes d’or de la banque de France à des prix défiant toute concurrence), il l’a envoyé faire la guerre en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et en Libye tout en faisant tuer Kadhafi son “ami” avec au passage un petit vol de 400 millions de dollars, bien oui on ne tue pas les gens gratuitement ! La Libye à feu et à sang (160 000 morts grâce à Sarkozy) des milliers de migrants déferle sur la France. Est-ce qu’on parle des 11 ingénieurs Français qu’il a laissé se faire tuer par les services secrets pakistanais pour avoir gardé les rétros commissions ( environ 50 millions d’euros ) en 2002 ? Non, c’est mieux, ce n’est pas un déshonneur ça, non il ne joue pas au foot lui. C’est sûr, il joue juste avec nos vies et notre avenir, rien de bien sérieux en somme. Non le déshonneur c’est un jeune maghrébin qui conseil à un collègue footballeur exhibitionniste de payer son escroc de pote pour qu’il ne balance pas son film pornographique à la presse. Une histoire de cour d’école, sur fond d’histoires de fesses. Le déshonneur c’est les moutons qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Heureusement Benzema est là ! On peut déverser sa haine de « l’arabe » et de l’islam grâce à Karim. Faute de pouvoir le faire dans la vraie vie. C’est une sorte de poupée gonflable pour raciste islamophobe. Quant à ceux qui crient au racisme anti-blanc, car l’équipe de France est essentiellement composée de noirs il faut se tourner vers Didier Deschamps*. Il est français blanc autochtone. Il est le sélectionneur. S’il y a un racisme anti blanc il faut donc lui poser la question à lui ! Peut-être ne trouve-t-il pas de joueur blanc suffisamment bon pour soutenir la différence avec les noirs qui joue au football en France. Parfois il ne faut pas chercher plus loin.


* Ancien joueur de football international, originaire non pas de Bayonne comme le dit sa biographie, mais de Châtillon-en-Michaille dans l’Ain, patelin paumé réputé pour l’absence de chicots de ses habitants dont le nom, Michaille, se traduit par « la moitié des dents » en argot. Si vous êtes dentiste, vous êtes le bienvenu, vite !

Chailles(Argot) Dent. (Presque toujours au pluriel). Lorsque tu n’as rien à te foutre sous les chailles, tu mâches du chewing gum pour tromper ta faim. Seulement ça ne remplit pas la panse ! — (San Antonio, Trempe ton pain dans la soupe , S-A 173 , Fleuve noir, 1999)

L’homme est-il naturellement bon ?


par  https://i2.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2018/04/eudoxe.png?resize=83%2C52

via lelibrepenseur.org

http://i2.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2018/04/rousseau-2-1.png?w=673

Parmi les principes diffusés au cours de la période de l’avènement des Lumières, qui aboutira à l’ébranlement de la société française, nous avons la célèbre maxime « L’Homme est un être naturellement bon ; c’est la société qui le rend mauvais » de Jean-Jacques Rousseau, dans son œuvre majeure : Le contrat social.

En introduisant ce concept révolutionnaire, Jean-Jacques Rousseau pose ainsi les fondations de la Révolution de 1789, puis celle de 1830 et de 1848. Il inscrit que l’Homme est bon par nature, donc dès la naissance, « aimant la justice et l’ordre, et qu’il n’y a point de perversité originelle dans le cœur humain ». L’Homme, pour Rousseau, est parfait ; seule la société le pervertit. En conséquence, la société doit être changée afin qu’il ne soit plus perverti et donc mauvais.

Cette société qui devait changer, fut à l’époque la royauté.

Ce principe n’empêchera pas les tenants des régimes qui lui succédèrent d’user d’une corruption et d’une perversité bien plus redoutables sur l’Homme sous les différentes Républiques qui ont exercé le pouvoir en France jusqu’à nos jours. Jean-Jacques Rousseau avait, d’une certaine manière, prédit l’amplification de cette perversité avec ce changement de Régime.


« Jamais dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du Prince ; en revanche, dans une République, il peut aisément le mettre au-dessus des lois. »

Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières, auteur du Contrat social (cité par l’historien Henri Guillemin)


Il sera plus tard contredit par Frédéric Le Play (1806-1882), qui dénonça ce qu’il appelait « l’erreur encore plus que le vice qui perd les peuples ». Selon cet homme politique du XIXe siècle, l’enfant porte en lui dès sa naissance le Mal, le poussant à commettre les fautes ; il revient aux parents de réprimer ce mal par l’instruction.


« Du cœur de l’enfant, le mal tend sans cesse à s’introduire dans la famille ; l’enfant apporte dès sa naissance, dans la famille, les ferments d’indiscipline et de révolte.

Le premier des devoirs des parents est de réprimer, dans les générations nouvelles, une inclinaison persistance vers le Mal.

Dompter les vicieuses inclinaisons de l’enfance est le premier but de l’éducation. »

— Frédéric Le Play, dans Vérités sociales et erreurs démocratiques, de Mgr Henri Delassus, page 21


Sur le plan eschatologique, le principe révolutionnaire de Jean-Jacques Rousseau nie l’existence du Péché originel d’Adam et Ève, l’Orgueil, soit une opposition au dogme de l’Église et à Dieu.

Ce principe est une double révolution en soi : matérielle et spirituelle. Il visait à renverser l’Ordre ancien et ses deux piliers que sont la Royauté et l’Église. Ce qui fut chose faite avec la République et plus tard la laïcité, avec la loi de 1905 dite de « séparation de l’Église et de l’État », instaurée par la Franc-maçonnerie, surnommée « la contre-Église » par Mgr Henri Delassus.

Toujours dans le livre Vérités sociales et erreurs démocratiques, page 29, Frédéric Le Play affirme que ce « faux principe » est l’une des causes principales de la décadence de la France sur le plan moral comme spirituel. Enfin, le Pape de l’époque, Pie X (canonisé en 1954), considérait que l’Homme a une facilité pour commettre le mal, que ce soit par parole ou par acte, à cause du péché d’orgueil. Il recommandait d’opter pour une profonde piété en guise de remède.


« Il faut en outre que l’on inculque convenablement à tous les règles des mœurs qui ont été transmise par le Christ, afin que chacun apprenne à être maître de soi, à gouverner les mouvements et les désirs de son âme, à réprimer les révoltes de l’orgueil, à se montrer soumis envers l’autorité, à pratiquer la justice, à embrasser tous les hommes dans sa charité, à compenser par une chrétienne affection d’amertume que l’inégalité des conditions introduit dans la société civile, à détacher son esprit des biens de la terre, à se contenter du sort que la Providence lui a donné, à le rendre meilleur par l’observation de ses devoirs, à diriger ses efforts vers la vie future par l’espoir d’une récompense éternelle. »

— Pape Pie X, dans Vérités sociales et erreurs démocratiques, de Mgr Henri Delassus, page 71


L’homme est-il naturellement bon ? Pour le lecteur avisé, la réponse se trouve autour de lui. Il suffit d’ouvrir les yeux, et d’observer les comportements humains au quotidien.

Eudoxe


Sacr TV : Combattre pour la vraie France

EUDOXE

Tiers-mondiste à part entière


leboucemissaire.com

https://i2.wp.com/leboucemissaire.com/wp-content/uploads/2018/03/tiers-monde.jpg

Créer l’illusion. Quoi de mieux pour travestir la vérité d’une société fictivement opulente que de créer une illusion pour dissimuler son état aux yeux des naïfs qui y vivent. On s’accordera pour dire que les sociétés modernes occidentales sont les plus prospères que l’humanité n’ai jamais connues. Un concentré de richesse, de savoir-faire, de bien-être et de maîtrise technologique réunis au sein d’une seule société humaine observée nulle part ailleurs sur terre jusqu’à notre époque moderne au point de supplanter et d’imposer ses règles à toutes les autres.

En tout temps le bien-être et la domination militaire et économique a été l’apanage de plusieurs sociétés/civilisations à intervalles réguliers, parfois simultanément où se succédant les unes aux autres. Seul notre siècle a permis de concentrer tout le savoir, les richesses et la puissance au sein d’une même et unique société. La société occidentale a en parallèle exclu le reste de l’humanité, la plongeant dans une classe qu’elle a elle-même nommée monde sous-développé, le fameux tiers-monde. Dans ces contrées il ne fait pas bon vivre. Tout est compliqué, de l’accès à la culture, à l’éducation, aux soins, aux besoins de première nécessité, tout fait défaut à tous les niveaux. Les industries et les services sont déficients, les nations ne sont pas fonctionnelles, la corruption y est en général endémique, quant aux libertés elles sont le plus souvent inexistantes. Le cours de leur économie et de la valeur de leurs devises est attenant au sous-développement de leurs pays respectifs et les rend automatiquement inférieurs aux économies occidentales. Ce qui explique qu’à travail égal, un habitant d’un pays tiers-mondiste sera souvent payé 60, 70 voire 80 % de moins qu’un Occidental, voire beaucoup moins dans de nombreux pays. Le coût de la vie pour se nourrir, se loger, se vêtir, se déplacer, se soigner, sont du même ordre. Ainsi un ressortissant français pourra par exemple aller s’installer au Sénégal et vivre avec un salaire ou une retraite française pendant des mois. Un salaire français permettra par exemple de disposer en Thaïlande d’une belle villa avec piscine et de plusieurs domestiques à son service et il lui restera encore la moitié du salaire en poche. Ce déséquilibre financier a été mis en place par ces mêmes sociétés occidentales pour dissimuler le vol économique de ses propres d’habitants. La réussite du vol réside dans le fait qu’il y ait d’autres nations où il est possible à l’Occidental floué, qui s’ignore, de pouvoir aller dépenser son obole gracieusement laissée par ses employeurs et lui donner l’illusion d’être prospère . En réalité il va simplement dépenser le peu qu’il lui reste auprès de personnes infiniment plus pauvres encore ce qui à ses yeux lui donnera l’impression d’être riche. C’est comme si une personne de taille moyenne allait se promener au pays des nains elle aurait réellement l’impression d’être un géant. À l’identique dans le système scolaire afin de cacher l’écroulement du niveau des élèves (voulu depuis des décennies) on rabaisse les critères de sélection, on accorde plus facilement de bonnes notes, le redoublement disparaît, alors même que l’enfant n’a absolument pas le niveau. Si on descend les critères de sélection année après année on camoufle l’effondrement du niveau.

S’offrir un voyage à l’autre bout du monde au soleil en pensant faire une bonne affaire et s’imaginer être partie prenante des gens aisés voilà le piège qui hélas fonctionne. S’habiller de vêtements cheap en provenance d’usines à esclaves asiatiques ou africaines, se nourrir d’aliments empoisonnés aux pesticidex d’Amérique du Sud, du Maroc, d’Espagne, d’Égypte, d’Afrique du Sud, d’Italie, d’Israël et d’ailleurs, produite par des hordes d’esclaves sans papiers très peu payés, voilà le piège. Le piège est tous azimuts dans la plupart des domaines de la vie. L’Occidental s’est petit à petit retrouvé cerné par une multitude de situations qu’il ne maîtrise pas et n’appréhende pas à sa juste valeur. Accepteriez-vous de travailler pour 2 € par jour ? Accepteriez-vous de vous endetter sur plusieurs années pour financer une opération médicale ? Accepteriez-vous de faire travailler vos enfants en plus de vous-même pour simplement essayer de vous nourrir de manière plus que frugale ? Toutes ces situations et bien plus encore sont le quotidien de l’immense majorité des personnes qui nous permettent d’avoir notre mode de vie si confortable. En réalité nous avons simplement délocalisé l’esclavage et le vol sur le reste de l’humanité et nous sommes aveuglés par la propagande de nos élites qui détourne nos regards des tenants et des aboutissants de ce dont on profite au quotidien depuis des années. Nous sommes les bourreaux de nos semblables. Ils sont à l’instar de ce que dit le proverbe : loin des yeux loin du cœur.

Pour se donner une réelle idée du vol organisé par nos sociétés occidentales, inutile d’aller bien loin, il suffit de se tourner vers nos propres agriculteurs qui sont les premiers à subir ce tiers-mondisme alors que nous restons pour la plupart silencieux face à cela.

Il est bien beau de parler en France de l’égalité des sexes, de l’équité salariale et du respect entre hommes et femmes quand, en parallèle, il n’y a pas d’égalité des Hommes dans le sens humain du terme entre les Occidentaux et le reste de l’humanité.

Il est surtout aisé de comprendre les raisons pour lesquelles les pays du tiers-monde doivent être maintenus dans la précarité. S’ils ont accès au développement économique et qu’ils prospèrent, alors l’illusion occidentale s’écroulera de facto. Cette tiers-mondisation est maintenue et sera systématiquement recherchée par les dirigeants criminels, ceux qui nous dirigent[1], ces imposteurs qu’il faudra, si nous voulons un réel changement de paradigme, chasser d’une manière ou d’une autre. Faute de pouvoir le faire, alors, il nous reste possible la dénonciation de leurs délits.


[1] Petit groupe d’hommes et de femmes d’origine indéterminée, mais ayant une connivence par-delà les nations les religions et l’appartenance ethnique. Ils sont regroupés en associations idéologiques qui peuvent s’apparenter à la franc-maçonnerie, aux clubs de pensée philosophiques ainsi qu’aux sectes religieuses, voire un ensemble de tout cela, au sein desquels ils définissent notre mode de vie et décrètent les lois régissant nos nations. Existant au sein de toutes les grandes nations et ayant diffusé ses métastases dans le reste des régions du monde il chapeaute les guerres, les conflits et les intérêts économiques en créant de toutes pièces des antagonismes qui, dans les faits, n’existent pas. Il mène une fiction dramatique où les téléspectateurs/ acteurs/victimes sont les peuples du monde entier.