Persécution de la conscience morale


par Pierre Dortiguier

Chroniques-Dortiguier

Persécution de la  conscience morale

Prenons cette somme d’invectives que la tribune du Point lance contre Monsieur Salim Laïbi ; elle est constituée d’une suite non d’idées vraies ou fausses, de faits réels ou supposés, mais de signaux pour demander à la machine humaine de s’arrêter, comme à un allumage de feux rouges, sous peine de risquer ce déraillement que l’on entend par dérapage ! Nous ne les reprendrons point séparément, car il appartient à notre ami de les réfuter, et les lecteurs de son site l’auront accompagné dans cette tâche nécessaire.

Qu’il y ait, comme à la base de tout ce qui forme l’esprit républicain ou pagaille démocratique ou corruption générale nourrie par le règne des riches ou ploutocratie et autres friponneries, ce sentiment de jalousie que le grand Goethe disait être la vérité du principe d’égalité, de ce qui met sur le même plan bien et mal, vrai et faux, innocence et impureté, religion et incrédulité, colonisation et émancipation des peuples, il suffit d’en lire la première ligne : avoir un million de vues, pour cet article parisien, est très suspect en effet, quand on n’est pas promu par les médias officiels, car l’on peut instruire, là où maintenant l’on tient le public dans l’ignorance ou laisse mariner leur capacité de jugement dans une bouillie de semi-vérités, soit d’écorce vraisemblable avec un fruit intérieur empoisonné !

Les termes de complotisme, de révisionnisme, bref tous les poncifs s’y trouvent, et qui justifient la seule loi fondamentale du système révolutionnaire maçonnique mis en place ou formalisé depuis l’époque de Philippe-Égalité, du Duc d’Orléans, dont un chartiste apprécié, feu mon ami d’études Jean Dérens me confiait qu’il stipendiait le hideux Marat ; ce que seules les archives n’ont révélé qu’au XXe siècle. Et cette loi fondamentale est celle des Suspects qui suffit à vous décapiter physiquement ou moralement. C’est cette Terreur qui est périodiquement remise à l’ordre du jour. Elle a des imitateurs à l’étranger, mais sa marque de fabrique, sa touche d’origine est parisienne, et à cet égard les dénonciateurs Marseillais voulant clouer Salim Laïbi au pilori ; sont dignes de leurs éducateurs !


Ce type de procès court à travers les âges. 


Vraiment ridicule est l’accusation de favoriser le terrorisme qui lui est faite, mais, au fait, quel éducateur a mieux expliqué patiemment et avec retenue que celui qui est maintenant accusé et sur son site du LLP démonte, comme dans la vidéo sur le massacre de Nice, les rouages de la subversion moderne ayant d’abord en 1992 frappé son pays natal, et je puis préciser, sa famille ?

Que des gens aient des opinions, ou sans atteindre jusque là, des réflexes différents, surtout au sein d’une communauté religieuse, cela se voit ailleurs, chez les Chrétiens anciens et nouveaux, charnels ou utopistes etc., partout où l’homme se frotte à ses semblables, avec la même capacité à piquer que le hérisson dont parle avec esprit Schopenhauer. Mais qu’on agite un drapeau religieux, pour clouer un homme au poteau, et lui faire subir le spectacle de la danse du scalp, démontrerait, s’il en était encore besoin, un type d’opération d’envergure, sous faux drapeau, en l’occurrence musulman, sorte de perpétuelle machination Gladio dont le terme final est une mise à mort médiatique !

Je n’accuse personne, avec des effets de manches, en avocat bavard comme sont les sophistes gardiens des démocraties mues aisément en tyrannies (comme nous l’ont fait savoir les Conventions révolutionnaires et leur succession soviétique) mais constate en amateur de l’art rhétorique et de  logique, qu’il eût été facile de répondre à tout ce qui semble insupportable aux rédacteurs de cette accusation publique, par justement des réfutations argumentées sur chacun des points soulevés. M. Salim Laïbi est sensé ; il n’est pas homme, à cet égard, à se réjouir de la mort d’un être cher, comme  cela  a été fait contre lui par un semi-habile dans un moment d’égarement ou d’absence de maîtrise de soi, porte ouverte aux démons. Ses livres et vidéos sont construits, et témoignent d’une attention continue, d’un goût de la précision, du genre de celle que je voulais qu’eussent mes élèves. Au lieu de mesurer la solidité de ses arguments on lui adresse un panier d’insultes et d’affirmations péremptoires, exactement comme ce panier de figues mêlées dans lequel Cléopâtre, pour se suicider, aurait demandé qu’on plaçât un serpent.

Il y a dans tout procès, particulièrement sur fond religieux ou communautaire, à considérer l’importance première, oui, la primauté de la conscience morale sur la profession de foi, d’être en bref scrupuleux : on peut, sinon, réunir une foule et lui faire crier des slogans, des mots qui frappent (slogan est le mot écossais formé sur l’allemand schlagen, frapper), même et surtout si elle n’a compris que superficiellement les choses, comme les Évangiles s’accordent à faire crier à mort envers Issa (béni soit-il) devant un haut fonctionnaire romain convaincu de l’innocence de l’accusé. Ce type de procès court à travers les âges. Mais bâtir une idée politique ou religieuse, ou tenir une opinion contre quiconque, sans un solide socle moral préalable, tout comme écrire une histoire sans examen des sources, est malhonnête. Salim s’est toujours astreint à cette règle d’examen, et cela contrarie les passions qui ne s’enflent que d’envie et éclatent un jour en brisant l’âme qui les a enfantées.

Pierre Dortiguier

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Poupée gonflable pour raciste islamophobe


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C’est tout de même mieux d’avoir des personnes d’origine étrangère dans son équipe de football que des sionistes dans son gouvernement. Les enjeux ne sont pas les mêmes, mais visiblement des types qui jouent à la baballe et n’ont aucun impact sur la vie des peuples insupporte les français bien plus que d’avoir des dirigeants qui les dépouille chaque jour un peu plus, les engageant sans leurs avals dans des conflits meurtriers qui ne concerne en réalité qu’une nation étrangère à laquelle ces dirigeants sont affiliés !

Dans la petite tête étriquée des mougeons français (ils sont incroyablement nombreux, à mon plus grand étonnement, moi qui pensais bien connaitre mes concitoyens je me suis lourdement trompé) il est une réalité lumineuse concernant le cas Benzema et qui veut que dans l’affaire de la sextape par son comportement il aurait déshonoré la France ! Impossible qu’il puisse reporter le maillot de l’équipe de France un jour, c’est une insulte à la Nation.

Ah bon ? Quel déshonneur ? Celui de s’être filmé en train de copuler avec une fille ? Ah non mince c’est Valbuena qui a fait ça. Celui d’avoir un copain qui vous vol le film porno que vous avez réalisé ? Ah non mince c’est l’ami de Valbuena qui a fait ça. De quoi est-ce qu’on parle en réalité ?

Question déshonneur ce n’est pas sur le terrain de foot qu’il faut le chercher, non. Sarkozy l’ancien président de ce pays d’hypocrite qu’est la France lui il sait parfaitement ce que déshonneur veux dire, du moins il sait comment le mettre en pratique, bien que d’honneur il n’en a jamais eu, celui de la France il a prouvé à maintes reprises qu’il n’en avait absolument rien à faire. Il l’a dépouillée (en vendant à ses amis 2300 tonnes d’or de la banque de France à des prix défiant toute concurrence), il l’a envoyé faire la guerre en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et en Libye tout en faisant tuer Kadhafi son “ami” avec au passage un petit vol de 400 millions de dollars, bien oui on ne tue pas les gens gratuitement ! La Libye à feu et à sang (160 000 morts grâce à Sarkozy) des milliers de migrants déferle sur la France. Est-ce qu’on parle des 11 ingénieurs Français qu’il a laissé se faire tuer par les services secrets pakistanais pour avoir gardé les rétros commissions ( environ 50 millions d’euros ) en 2002 ? Non, c’est mieux, ce n’est pas un déshonneur ça, non il ne joue pas au foot lui. C’est sûr, il joue juste avec nos vies et notre avenir, rien de bien sérieux en somme. Non le déshonneur c’est un jeune maghrébin qui conseil à un collègue footballeur exhibitionniste de payer son escroc de pote pour qu’il ne balance pas son film pornographique à la presse. Une histoire de cour d’école, sur fond d’histoires de fesses. Le déshonneur c’est les moutons qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Heureusement Benzema est là ! On peut déverser sa haine de « l’arabe » et de l’islam grâce à Karim. Faute de pouvoir le faire dans la vraie vie. C’est une sorte de poupée gonflable pour raciste islamophobe. Quant à ceux qui crient au racisme anti-blanc, car l’équipe de France est essentiellement composée de noirs il faut se tourner vers Didier Deschamps*. Il est français blanc autochtone. Il est le sélectionneur. S’il y a un racisme anti blanc il faut donc lui poser la question à lui ! Peut-être ne trouve-t-il pas de joueur blanc suffisamment bon pour soutenir la différence avec les noirs qui joue au football en France. Parfois il ne faut pas chercher plus loin.


* Ancien joueur de football international, originaire non pas de Bayonne comme le dit sa biographie, mais de Châtillon-en-Michaille dans l’Ain, patelin paumé réputé pour l’absence de chicots de ses habitants dont le nom, Michaille, se traduit par « la moitié des dents » en argot. Si vous êtes dentiste, vous êtes le bienvenu, vite !

Chailles(Argot) Dent. (Presque toujours au pluriel). Lorsque tu n’as rien à te foutre sous les chailles, tu mâches du chewing gum pour tromper ta faim. Seulement ça ne remplit pas la panse ! — (San Antonio, Trempe ton pain dans la soupe , S-A 173 , Fleuve noir, 1999)

L’homme est-il naturellement bon ?


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via lelibrepenseur.org

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Parmi les principes diffusés au cours de la période de l’avènement des Lumières, qui aboutira à l’ébranlement de la société française, nous avons la célèbre maxime « L’Homme est un être naturellement bon ; c’est la société qui le rend mauvais » de Jean-Jacques Rousseau, dans son œuvre majeure : Le contrat social.

En introduisant ce concept révolutionnaire, Jean-Jacques Rousseau pose ainsi les fondations de la Révolution de 1789, puis celle de 1830 et de 1848. Il inscrit que l’Homme est bon par nature, donc dès la naissance, « aimant la justice et l’ordre, et qu’il n’y a point de perversité originelle dans le cœur humain ». L’Homme, pour Rousseau, est parfait ; seule la société le pervertit. En conséquence, la société doit être changée afin qu’il ne soit plus perverti et donc mauvais.

Cette société qui devait changer, fut à l’époque la royauté.

Ce principe n’empêchera pas les tenants des régimes qui lui succédèrent d’user d’une corruption et d’une perversité bien plus redoutables sur l’Homme sous les différentes Républiques qui ont exercé le pouvoir en France jusqu’à nos jours. Jean-Jacques Rousseau avait, d’une certaine manière, prédit l’amplification de cette perversité avec ce changement de Régime.


« Jamais dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du Prince ; en revanche, dans une République, il peut aisément le mettre au-dessus des lois. »

Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières, auteur du Contrat social (cité par l’historien Henri Guillemin)


Il sera plus tard contredit par Frédéric Le Play (1806-1882), qui dénonça ce qu’il appelait « l’erreur encore plus que le vice qui perd les peuples ». Selon cet homme politique du XIXe siècle, l’enfant porte en lui dès sa naissance le Mal, le poussant à commettre les fautes ; il revient aux parents de réprimer ce mal par l’instruction.


« Du cœur de l’enfant, le mal tend sans cesse à s’introduire dans la famille ; l’enfant apporte dès sa naissance, dans la famille, les ferments d’indiscipline et de révolte.

Le premier des devoirs des parents est de réprimer, dans les générations nouvelles, une inclinaison persistance vers le Mal.

Dompter les vicieuses inclinaisons de l’enfance est le premier but de l’éducation. »

— Frédéric Le Play, dans Vérités sociales et erreurs démocratiques, de Mgr Henri Delassus, page 21


Sur le plan eschatologique, le principe révolutionnaire de Jean-Jacques Rousseau nie l’existence du Péché originel d’Adam et Ève, l’Orgueil, soit une opposition au dogme de l’Église et à Dieu.

Ce principe est une double révolution en soi : matérielle et spirituelle. Il visait à renverser l’Ordre ancien et ses deux piliers que sont la Royauté et l’Église. Ce qui fut chose faite avec la République et plus tard la laïcité, avec la loi de 1905 dite de « séparation de l’Église et de l’État », instaurée par la Franc-maçonnerie, surnommée « la contre-Église » par Mgr Henri Delassus.

Toujours dans le livre Vérités sociales et erreurs démocratiques, page 29, Frédéric Le Play affirme que ce « faux principe » est l’une des causes principales de la décadence de la France sur le plan moral comme spirituel. Enfin, le Pape de l’époque, Pie X (canonisé en 1954), considérait que l’Homme a une facilité pour commettre le mal, que ce soit par parole ou par acte, à cause du péché d’orgueil. Il recommandait d’opter pour une profonde piété en guise de remède.


« Il faut en outre que l’on inculque convenablement à tous les règles des mœurs qui ont été transmise par le Christ, afin que chacun apprenne à être maître de soi, à gouverner les mouvements et les désirs de son âme, à réprimer les révoltes de l’orgueil, à se montrer soumis envers l’autorité, à pratiquer la justice, à embrasser tous les hommes dans sa charité, à compenser par une chrétienne affection d’amertume que l’inégalité des conditions introduit dans la société civile, à détacher son esprit des biens de la terre, à se contenter du sort que la Providence lui a donné, à le rendre meilleur par l’observation de ses devoirs, à diriger ses efforts vers la vie future par l’espoir d’une récompense éternelle. »

— Pape Pie X, dans Vérités sociales et erreurs démocratiques, de Mgr Henri Delassus, page 71


L’homme est-il naturellement bon ? Pour le lecteur avisé, la réponse se trouve autour de lui. Il suffit d’ouvrir les yeux, et d’observer les comportements humains au quotidien.

Eudoxe


Sacr TV : Combattre pour la vraie France

EUDOXE

Tiers-mondiste à part entière


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Créer l’illusion. Quoi de mieux pour travestir la vérité d’une société fictivement opulente que de créer une illusion pour dissimuler son état aux yeux des naïfs qui y vivent. On s’accordera pour dire que les sociétés modernes occidentales sont les plus prospères que l’humanité n’ai jamais connues. Un concentré de richesse, de savoir-faire, de bien-être et de maîtrise technologique réunis au sein d’une seule société humaine observée nulle part ailleurs sur terre jusqu’à notre époque moderne au point de supplanter et d’imposer ses règles à toutes les autres.

En tout temps le bien-être et la domination militaire et économique a été l’apanage de plusieurs sociétés/civilisations à intervalles réguliers, parfois simultanément où se succédant les unes aux autres. Seul notre siècle a permis de concentrer tout le savoir, les richesses et la puissance au sein d’une même et unique société. La société occidentale a en parallèle exclu le reste de l’humanité, la plongeant dans une classe qu’elle a elle-même nommée monde sous-développé, le fameux tiers-monde. Dans ces contrées il ne fait pas bon vivre. Tout est compliqué, de l’accès à la culture, à l’éducation, aux soins, aux besoins de première nécessité, tout fait défaut à tous les niveaux. Les industries et les services sont déficients, les nations ne sont pas fonctionnelles, la corruption y est en général endémique, quant aux libertés elles sont le plus souvent inexistantes. Le cours de leur économie et de la valeur de leurs devises est attenant au sous-développement de leurs pays respectifs et les rend automatiquement inférieurs aux économies occidentales. Ce qui explique qu’à travail égal, un habitant d’un pays tiers-mondiste sera souvent payé 60, 70 voire 80 % de moins qu’un Occidental, voire beaucoup moins dans de nombreux pays. Le coût de la vie pour se nourrir, se loger, se vêtir, se déplacer, se soigner, sont du même ordre. Ainsi un ressortissant français pourra par exemple aller s’installer au Sénégal et vivre avec un salaire ou une retraite française pendant des mois. Un salaire français permettra par exemple de disposer en Thaïlande d’une belle villa avec piscine et de plusieurs domestiques à son service et il lui restera encore la moitié du salaire en poche. Ce déséquilibre financier a été mis en place par ces mêmes sociétés occidentales pour dissimuler le vol économique de ses propres d’habitants. La réussite du vol réside dans le fait qu’il y ait d’autres nations où il est possible à l’Occidental floué, qui s’ignore, de pouvoir aller dépenser son obole gracieusement laissée par ses employeurs et lui donner l’illusion d’être prospère . En réalité il va simplement dépenser le peu qu’il lui reste auprès de personnes infiniment plus pauvres encore ce qui à ses yeux lui donnera l’impression d’être riche. C’est comme si une personne de taille moyenne allait se promener au pays des nains elle aurait réellement l’impression d’être un géant. À l’identique dans le système scolaire afin de cacher l’écroulement du niveau des élèves (voulu depuis des décennies) on rabaisse les critères de sélection, on accorde plus facilement de bonnes notes, le redoublement disparaît, alors même que l’enfant n’a absolument pas le niveau. Si on descend les critères de sélection année après année on camoufle l’effondrement du niveau.

S’offrir un voyage à l’autre bout du monde au soleil en pensant faire une bonne affaire et s’imaginer être partie prenante des gens aisés voilà le piège qui hélas fonctionne. S’habiller de vêtements cheap en provenance d’usines à esclaves asiatiques ou africaines, se nourrir d’aliments empoisonnés aux pesticidex d’Amérique du Sud, du Maroc, d’Espagne, d’Égypte, d’Afrique du Sud, d’Italie, d’Israël et d’ailleurs, produite par des hordes d’esclaves sans papiers très peu payés, voilà le piège. Le piège est tous azimuts dans la plupart des domaines de la vie. L’Occidental s’est petit à petit retrouvé cerné par une multitude de situations qu’il ne maîtrise pas et n’appréhende pas à sa juste valeur. Accepteriez-vous de travailler pour 2 € par jour ? Accepteriez-vous de vous endetter sur plusieurs années pour financer une opération médicale ? Accepteriez-vous de faire travailler vos enfants en plus de vous-même pour simplement essayer de vous nourrir de manière plus que frugale ? Toutes ces situations et bien plus encore sont le quotidien de l’immense majorité des personnes qui nous permettent d’avoir notre mode de vie si confortable. En réalité nous avons simplement délocalisé l’esclavage et le vol sur le reste de l’humanité et nous sommes aveuglés par la propagande de nos élites qui détourne nos regards des tenants et des aboutissants de ce dont on profite au quotidien depuis des années. Nous sommes les bourreaux de nos semblables. Ils sont à l’instar de ce que dit le proverbe : loin des yeux loin du cœur.

Pour se donner une réelle idée du vol organisé par nos sociétés occidentales, inutile d’aller bien loin, il suffit de se tourner vers nos propres agriculteurs qui sont les premiers à subir ce tiers-mondisme alors que nous restons pour la plupart silencieux face à cela.

Il est bien beau de parler en France de l’égalité des sexes, de l’équité salariale et du respect entre hommes et femmes quand, en parallèle, il n’y a pas d’égalité des Hommes dans le sens humain du terme entre les Occidentaux et le reste de l’humanité.

Il est surtout aisé de comprendre les raisons pour lesquelles les pays du tiers-monde doivent être maintenus dans la précarité. S’ils ont accès au développement économique et qu’ils prospèrent, alors l’illusion occidentale s’écroulera de facto. Cette tiers-mondisation est maintenue et sera systématiquement recherchée par les dirigeants criminels, ceux qui nous dirigent[1], ces imposteurs qu’il faudra, si nous voulons un réel changement de paradigme, chasser d’une manière ou d’une autre. Faute de pouvoir le faire, alors, il nous reste possible la dénonciation de leurs délits.


[1] Petit groupe d’hommes et de femmes d’origine indéterminée, mais ayant une connivence par-delà les nations les religions et l’appartenance ethnique. Ils sont regroupés en associations idéologiques qui peuvent s’apparenter à la franc-maçonnerie, aux clubs de pensée philosophiques ainsi qu’aux sectes religieuses, voire un ensemble de tout cela, au sein desquels ils définissent notre mode de vie et décrètent les lois régissant nos nations. Existant au sein de toutes les grandes nations et ayant diffusé ses métastases dans le reste des régions du monde il chapeaute les guerres, les conflits et les intérêts économiques en créant de toutes pièces des antagonismes qui, dans les faits, n’existent pas. Il mène une fiction dramatique où les téléspectateurs/ acteurs/victimes sont les peuples du monde entier.

La danse macabre de l’humanité


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par Pierre-Yves Lenoble

-La subtilité du monde extérieur dépend intimement et synchroniquement de la subtilité du monde intérieur de l’homme : l’intériorité humaine qualifie l’extériorité mondaine.

-La solidification du monde physique est le résultat de la solidification du monde psychique ; la nature est le miroir de la nature humaine.

-Les ruines et les vestiges archéologiques sont là pour nous montrer que toute entreprise humaine, fût-elle la plus grandiose, est vouée à une mort certaine et que le fini est strictement nul au regard de l’infini.

-Seul un monde morbide et mortifère comme le nôtre a pu concevoir le concept de musée.

-L’être humain est un « animal social » normalement plus proche du loup ou de l’éléphant que de la fourmi ou du mouton.

-Pour aller en avant, l’homme doit regarder l’avant ; la véritable pensée originale est celle qui se réfère à l’origine : pas de futur possible sans possibilité passée.

-Le court de l’histoire universelle peut être comparé à l’écoulement de l’eau dans un siphon : c’est une suite de cycles s’écoulant de haut en bas de plus en plus vite, bref, une danse macabre.

-Le monde extérieur est la projection solide des forces subtiles qui animent l’homme, à l’image d’une une peau d’orange retournée.

-L’histoire universelle peut être comparée à une chute progressive sur l’échelle des quatre règnes : homme-animal-végétal-minéral ; notre époque est le stade terminal voyant le passage du monde minéral à celui de l’inorganique.

-L’histoire universelle est une lente involution qui se déploie à l’inverse du développement de l’embryon observé au microscope : au départ il ressemble à un cristal (minéral), puis à un germe de haricot (végétal), puis à un têtard (animal) et enfin à un être humain.

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-L’histoire universelle a débuté quand le premier homme a ouvert les yeux ; sans l’œil de l’homme pour le contempler le monde n’existe pas.

-Toutes les civilisations ont enclenché leur déclin suite à la remise en cause de leur tradition ancestrale et à l’oubli de leurs dieux tutélaires.

-Les phases de transition historique, soit le passage d’un cycle à un autre, se caractérisent par le chaos général.

-La plante ne croît pas indéfiniment et la plante ne revient jamais dans sa graine ; ainsi, il n’y a pas lieu d’être progressiste ni d’être passéiste, mais simplement d’être.

-A ceux qui nous traitent de réactionnaires, nous leur répondons qu’un corps qui ne réagit plus est déclaré mort.

-Le cours du temps va en s’accélérant, à tel point que Hésiode (Les travaux et les jours, v. 180) affirmait qu’à la fin l’âge de fer, à la veille de l’anéantissement de l’humanité par Zeus, les enfants « naîtront avec les tempes blanches » ; qu’aurait pensé le poète grec à la lecture de cette information : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/12/13/21682-foetus-40-ans-retrouve-dans-femme-agee-84-ans ?

-La civilisation se propage à partir d’une sacralité révélée, à l’image d’un caillou jeté dans une mare ; l’omphalos de Delphes et la pierre noire enchâssée dans la Kaaba en sont des témoignages explicites.

-Si le jardinier se comportait en démocrate, il arroserait avec la même quantité d’eau ses pommiers et ses choux, les premiers mourraient asséchés et les seconds mourraient inondés. Prendre soin des choses suppose de connaître leur nature et de procéder par discrimination.

-La démocratie n’est pas le pouvoir du peuple, mais le pouvoir des bourgeois parasitaires sur les foules hallucinées.

-Une foule est un individu collectif atteint de schizophrénie qui, pour ne pas se désagréger, a soit besoin d’un leader, soit d’un bouc-émissaire.

-Les hommes déspiritualisés foncent toujours la tête la première vers d’hypothétiques « lendemains qui chantent » sans se soucier des leçons du passé.

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-Les géants n’ont jamais réellement existé : ils représentent partout et toujours l’image mythologique d’une humanité dégradée arrivée en fin de cycle ; le géant est le « fils de la terre », matérialiste, apostat, progressiste, qui se croit tout-puissant… et qui au final est terrassé ou emporté par quelque déluge.

-Plus l’intelligence artificielle va se développer, plus le taux de suicides, de dépressions et d’Alzheimer va augmenter. La construction de l’homme augmenté va engendrer la déconstruction de l’homme diminué.

-Il y a plus de soixante-dix ans, René Guénon avait déjà prévu le transhumanisme et l’intelligence artificielle lorsqu’il posait cette pertinente question : « l’homme moderne, après avoir « mécanisé » le monde qui l’entoure, ne vise-t-il pas à se « mécaniser » lui-même de son mieux, dans tous les modes d’activité qui restent encore ouverts à sa nature étroitement bornée ? » (Le règne de la quantité, Gallimard, p. 118).

-L’enfer et le paradis sont un seul et même lieu, seul le décor change suivant l’état d’être de celui qui s’y trouve…

-Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : dans les conditions terrestres, l’humanité n’est pas perfectible, elle est déterminée par des lois qui la dépassent, et est soumise, comme toute chose, au perpétuel processus aristotélicien de génération puis de corruption.

Soutien pour l’auteur :

TIPEEE

https://www.tipeee.com/user/lenoble-pierre-yves

Petit précis de subversion


sophiaperennis.unblog.fr

« L’être qui ne sait pas dominer ses impulsions instinctives devient facilement esclave de ceux qui lui proposent de les satisfaire ».

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par Pierre-Yves Lenoble

Nous nous proposons dans ce court article de dresser en quelques points généraux les différents types de techniques de subversion, c’est-à-dire de répertorier les principales méthodes de conditionnement, de démoralisation, de domestication et de manipulation des masses ou des individus, mises continuellement en pratique de nos jours à l’échelle planétaire.

Il nous faut rappeler tout d’abord que l’intégralité des groupes humains, des plus archaïques aux plus modernisés, sont en tous temps et en tous lieux élaborés, représentés et commandés par une poignée d’élites agissantes qui donnent le ton au reste du peuple, par définition passif.

Ainsi, dans les sociétés traditionnelles, c’est toujours la classe sacerdotale (l’autorité spirituelle, représentant la Sagesse) qui est située tout au sommet de la hiérarchie sociale et qui a pour rôle prioritaire de contrôler et de légitimer aux yeux de tous une classe guerrière de sang (le pouvoir temporel, la Force) ; de fait, le gouvernement est mis en avant et est clairement rendu visible (à coup de rites participatifs et de symboles forts).

A l’inverse, dans le monde moderne, le pouvoir réel est détenu par une hyper-classe seulement économique (banksters, marchands, haute bourgeoisie affairiste), qui est parasitaire et invisible car dépourvue de toute légitimité ontologique (elle n’a pas de connaissance spirituelle ni de courage physique) et qui est obligée de se cacher derrière des hommes de paille achetés (politicailleux, journalopes, armées, hauts fonctionnaires, petits bourgeois).

En clair, on peut dire que les élites du monde traditionnel mettent en œuvre une ingénierie sociale positive ou anagogique visant à maintenir une unicité générale et à tirer l’ensemble du groupe « vers le haut » ; en revanche, les élites modernes secrètes, afin de maintenir leur pouvoir illégitime et leur rapacité, sont obligées de développer une ingénierie sociale négative ou catagogique visant à affaiblir, à duper et à diviser le peuple.

D’un coté, on se trouve en face d’un modèle organiciste et ordonné, dirigé par des forces vitalistes et conservatrices, de l’autre, devant un modèle inorganiciste et chaotique, investi par des bacilles sociaux se nourrissant de la pourriture générale. D’un coté, le pouvoir est symboliquement assimilable au cœur, de l’autre à un ténia…

Dressons donc une petite liste, non-exhaustive et sans ordre particulier, des méthodes — littéralement diaboliques — employées par nos pseudo-élites actuelles en vue de se maintenir au sommet de la pyramide sociale et d’asseoir de plus en plus leur pouvoir sur le reste du groupe ; pour illustrer notre propos, nous donnerons également de simples exemples récents et factuels :

Martin Schongauer, ca. 1470–75, La tentación de San Antonio (S. XV), Grabado, 29,1 cm x 22 cm (Museo Metropolitano de Arte, Nueva York, Estados Unidos.

Détruire les croyances, les coutumes et les traditions ancestrales en les réformant (ex : Vatican II), en les moquant (ex : Piss Christ), en les transformant en simple folklore (ex : Noël) et en les singeant (ex : multiplication des églises évangéliques).

Affaiblir les corps et les âmes via des attaques génétiques (ex : malbouffe, vaccins ou chemtrails) et épigénétiques (ex : pollution sonore, enlaidissement du paysage, augmentation des facteurs de stress, Tvlobotomisation).

Remettre en question toutes les normes anthropologiques et toutes les limites naturelles sous couvert d’un progressisme mensonger (ex : féminisation de la société, homosexualité, transgenre, transhumanisme, GPA/PMA).

Connaître le mieux possible tous les individus composant le groupe en vue de les surveiller et de les influencer (ex : Facebook, Big Data ou l’intelligence artificielle sachant que le mot anglais « intelligence » est un faux-ami qui signifie « renseignement »).

Créer de toutes pièces des problèmes et organiser des stratégies de la tension afin d’instaurer un climat général de peur et de suspicion incapacitant, d’inventer des boucs émissaires, de passer pour la victime ou le sauveur, et surtout de légitimer le renforcement du contrôle coercitif de la société et la répression des moutons récalcitrants (ex : attentats sous faux drapeaux, fausses crises économiques, accusations mensongères contre des états concurrents).

Changer la signification des mots (ex : le mot « révolution » signifie maintenant une fuite en avant alors qu’il veut dire étymologiquement revenir sur ses pas ; sans compter les oxymores du type « tri sélectif » ou les contradictions du style « couple homosexuel » au lieu de parler d’une paire) et appauvrir le vocabulaire (ex : Twitter, langage SMS, novlangue, anglicismes).

Encourager le peuple à se complaire dans la médiocrité (ex : Wikipédia, vulgarisation du savoir, allègement des programmes scolaires), promouvoir la fainéantise (ex : allocations, salaire universel) et favoriser les comportements addictifs autodestructeurs (ex : promotion des drogues, des jeux et de la pornographie) en vue de rabaisser l’intelligence générale, de supprimer le bon sens, de diminuer la concentration, d’interdire tout esprit d’initiative et de faire chuter le niveau de décence commune.

Divertir, abrutir et distraire continuellement les individus pour leur faire perdre du temps, leur faire oublier le sens des priorités, leur détourner l’attention et leur faire croire faussement qu’ils sont acteurs de leur vie pourtant dépourvue d’intérêt (ex : télévision, cinéma, événements sportifs, concerts, tourisme).

Dissoudre les anciens liens de solidarité (familles, corporations, communautés villageoises), augmenter de façon exponentielle le nombre de sous parties au sein du groupe afin de le diviser contre-lui-même, de le rendre plus malléable et d’accroître la confusion générale (ex : explosion du nombre des partis politiques, des associations, des -ismes et autres économies de pensée), et attaquer l’identité des individus en détruisant leurs racines ethnico-culturelles (ex : politiques de vagues migratoires à grande échelle, uniformisation des modes de vie).

S’adresser au public comme à des enfants en bas âge (ex : présentateurs et voies-off à la télévision), jouer sur l’émotif immédiat plutôt que sur la réflexion patiente (ex : affaire du petit Aylan, « Je suis Charlie »), mélanger le vrai et le faux (ex : théories du complot faisant intervenir les petits hommes verts pour les discréditer), « se cacher dans la lumière » (ex : on met avant une affaire de corruption ou de pédophilie afin d’en cacher des centaines d’autres).

Répéter avec insistance des mots-clés et des formules choc agissant sur les consciences comme des mantras hypnotiques, afin d’imposer la pensée unique et la bien-pensance (ex : « démocratie », « liberté », « changement », « vivre-ensemble », « progrès »).

vidéo : Subversion

Soutien pour l’auteur :

TIPEEE

https://www.tipeee.com/user/lenoble-pierre-yves

 

 

Virilité et féminité


lelibrepenseur.org

par Lotfi Hadjiat

http://i2.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2017/12/Virilit%C3%A9-f%C3%A9minit%C3%A9-Lotfi-Hadjiat-llp.png?w=673

Lorsque certains occidentaux se demandent aujourd’hui pourquoi les peuples occidentaux ne réagissent pas à la dégénérescence vertigineuse de leur société, ils avancent comme explication une dévirilisation programmée des hommes et une déféminisation programmée des femmes. Mais ils n’arrivent jamais vraiment à définir cette virilité propre aux hommes.

Ils disent d’abord que c’est le courage, mais les femmes peuvent être bien plus courageuses que les hommes ! Ce n’est pas non plus la force physique puisque les femmes peuvent désormais développer autant de force physique que les hommes, jetez un œil à la dernière championne du monde d’haltérophilie, catégorie poids lourd. Ce n’est pas non plus l’abnégation, la détermination, l’endurance aux épreuves, ou le sacrifice de soi, puisque les femmes en sont tout autant capables que les hommes. La virilité est tout simplement un certain rapport aux émotions. Exemple : une femme rentre dans sa cuisine et aperçoit un serpent dans un coin, elle hurle et s’enfuit ; un homme viril est celui qui, gardant son sang froid, va trouver un moyen ingénieux pour mettre hors d’état de nuire le reptile sans s’en faire mordre, et le mettra finalement hors d’état de nuire. La virilité est donc cette capacité à dompter ses émotions dans des situations critiques ou périlleuses et à mettre toute sa force d’action au service de son intelligence pour repousser le danger… à dompter ses émotions comme on dresse un cheval sauvage… le cheval étant la plus belle conquête de l’homme… et l’esprit de conquête étant la plus haute virilité… conquête de la connaissance, du droit,… conquête amoureuse…

La virilité ce n’est pas laisser libre cours à ses sentiments, ses émotions, sa colère, sa haine, sa peine… Aujourd’hui les hommes se jettent à corps perdu dans le déballage, la décharge de leurs émotions, sentiments, par le biais de tous les supports médiatiques, et en particulier des réseaux a-sociaux virtuels. Rien n’est moins viril que le déballage des émotions, leur théâtralisation, leur hystérisation… ce penchant est propre aux femmes. Aujourd’hui, la théâtralisation a tellement explosé qu’elle a éclipsé la virilité. Pire, une théâtralisation explosive passe pour de la virilité ! La virilité c’est ce qui ne peut pas être simulé, démasqué, car rien n’y est masqué. La virilité authentique ne voit que des rapports de force à résoudre sans céder aux émotions, même au cœur de la guerre la plus meurtrière, et la féminité authentique ne voit que des sentiments à concrétiser en douceur… La féminité spiritualise les combats de la virilité, qui édifie les sentiments de la féminité. À eux deux, ils recréent la vie, la fécondent de nouvelles aurores. Voyons bien que la virilité n’est pas une brute sauvage. Qui étaient virils, les puissants Caïnites dépravés criminels ou Noé construisant l’arche pour protéger sa famille malgré les moqueries et les humiliations cruelles incessantes infligées par lesdits Caïnites ? Est-ce que les mafieux israélites trafiquants d’armes ou de drogues qui répandent la terreur sont virils ? Est-ce qu’un tueur en série est viril ? Est-ce que des hooligans répandant la dévastation sont virils ? Est-ce que bombarder des civils au napalm, à l’uranium appauvri ou enrichi, ou au phosphore blanc est viril ? Les parasites ne peuvent pas être virils même avec un costume à six cents soixante six mille euros.


Le triomphe de l’usure apatride a sonné le glas de la virilité et de la féminité.


Indiquons ici qu’étymologiquement « viril » vient de « vīra », héros en sanskrit, la langue aryenne… « arya » voulant dire noble, en sanskrit. La trahison même musclée ne peut pas être virile, le fervent Sarkozy ne fut pas viril en vendant l’or de la France que De Gaulle s’était donné tant de mal à rapatrier. L’appât du gain, la cupidité ne peuvent pas être virils même avec trois putes de luxe dans une Ferrari, ou Lamborghini… Les oppresseurs ne sont pas virils mais les opprimés peuvent l’être en s’en libérant. Ce ne sont pas les brigands qui sévissaient en Grèce ancienne qui étaient virils mais Thésée qui les en chassa. Qui était viril, Renaud de Châtillon ou Guy de Lusignan ? Petit indice, Salah ad-Din coupa la tête de Renaud de Châtillon et offrit à boire à Guy de Lusignan. Il n’y a pas virilité sans combat inébranlable pour la justice et la vérité, tout comme il n’y a pas féminité sans quête d’amour et de vérité… deux chemins différents qui se rejoignent au bout du compte… deux chemins qui ont disparu aujourd’hui dans la société moderne… disparition qui explique pourquoi hommes et femmes ne parviennent plus à se rejoindre, pourquoi la famille se décompose, pourquoi la cohésion nationale se disloque et pourquoi les mœurs et la culture dégénèrent. Ces deux chemins ont disparu parce qu’ils ont été détruits, consciencieusement détruits dans le sillage et aux bénéfices d’une clique d’usuriers apatrides haïssant toute virilité d’une haine inextinguible, et souillant toute féminité de leur phénoménale lâcheté… une clique de serpents qui nous étranglent en capitalisant les plus mauvais penchants des femmes, simulacre, dissimulation, manipulation, ruse, mensonge… mauvais penchants qui font loi aujourd’hui, et pire encore, qui passent pour de la sagesse… les sages de Sion.

Le triomphe de l’usure apatride a sonné le glas de la virilité et de la féminité. Cette dictature usuraire ne sera renversée qu’en renouant virilité et féminité… tels Pingala et Ida se rejoignant en s’unissant en l’Éternel.

Fusion entre terrorisme et crime organisé : les hybrides


numidia-liberum.blogspot.fr

https://www.diploweb.com/IMG/jpg/entretien-jean-francois-gayraud-et-jacques-de-saint-victor-diploweb-500.jpg

Les auteurs des attentats commis en France et en Belgique en 2015 et 2016 proviennent presque tous du monde du gangstérisme. A l’origine, la grande majorité de ces terroristes sont originellement et essentiellement des criminels et des délinquants de droit commun. C’est l’une des conclusions de cette puissante réflexion conduite par deux experts au sujet de la criminalisation du politique. Parce que l’histoire criminelle est en passe de devenir une part essentielle de l’histoire du pouvoir la lecture de ce document de référence s’impose.

Ce texte novateur a été rédigé dans la perspective d’une présentation orale à l’occasion des VIIIe Assises nationales de la recherche stratégique organisées par le CSFRS le 30 novembre 2017 à Paris, École militaire, amphithéâtre Foch. Jacques de Saint Victor et Jean-François Gayraud ont brillamment assuré la première table ronde intitulée : « Les hybrides : la nouvelle perspective stratégique ».

suite… numidia-liberum.blogspot.fr

https://www.diploweb.com/IMG/png/theorie-des-hybrides-2.png


COMMENTAIRE d’H.G.
Depuis que ce blog existe, nous avons toujours affirmé cette évidence : les islamistes sont, pour leur immense majorité, des repris de justice, des gangsters et des assassins qui utilisent la religion comme cache-sexe. Tout le monde le sait : ils recrutent leurs hommes de main dans les prisons et dans le lumpen-prolétariat décrit ci-dessus par Marx. Leur seule et unique motivation est celle des maffieux : enrichissement et prédation.

En Tunisie, du temps de Ben Ali, on avait UNE famille mafieuse : les Trabelsi. Maintenant, on a des milliers de familles mafieuses : chaque chef islamiste a sa propre famille mafieuse. Ces mafieux islamistes sont devenus, du jour au lendemain, des milliardaires, car ils ont profité de plusieurs sources de financements quasi inépuisables :
– l’accaparement par la force et par la ruse des biens de l’État tunisien,
– l’argent à profusion provenant des frères ennemis du wahhabisme : Arabie Saoudite et Qatar,
– l’argent tout aussi illimité provenant de la CIA et du Mossad.
Je tire mon chapeau aux auteurs ci-dessus qui ont su décrire très justement cette hybridation entre le terrorisme islamiste et le gangstérisme maffieux.

Hannibal GENSERIC

 

 

DE L’ASSUJETTISSEMENT DES FEMMES


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Auteur: Mill John Stuart (1806-1873)

Ouvrage: De l’assujettissement des femmes

Année: 1869

Traduit de l’Anglais par M. Émile Cazelles

 

 

Chapitre I

Je me propose, dans cet essai, d’expliquer aussi clairement que possible les raisons
sur lesquelles repose une opinion que j’ai embrassée dès que mes premières convictions
sur les questions sociales et politiques se sont formées, et qui, bien loin de
s’affaiblir et de se modifier par la réflexion et l’expérience de la vie, n’en est devenue
que plus forte. Je crois que les relations sociales des deux sexes, qui subordonnent un
sexe à l’autre au nom de la loi, sont mauvaises en elles-mêmes et forment aujourd’hui
l’un des principaux obstacles qui s’opposent au progrès de l’humanité ; je crois qu’elles
doivent faire place à une égalité parfaite, sans privilège ni pouvoir pour un sexe,
comme sans incapacité pour l’autre. Voilà ce que je me propose de démontrer, quelque
difficile que cela paraisse. On aurait tort de supposer que la difficulté que j’ai à
surmonter tient à l’insuffisance ou à l’obscurité des raisons sur lesquelles repose ma
conviction : cette difficulté n’est pas autre que celle que doit affronter tout homme qui
engage la lutte contre un sentiment général et puissant.
Tant qu’une opinion est implantée sur les sentiments, elle défie les arguments les
plus décisifs ; elle en tire de la force au lieu d’en être affaiblie : si elle n’était que le
résultat du raisonnement, le raisonnement une bonne fois réfuté, les fondements de la
conviction seraient ébranlés ; mais, quand une opinion n’a d’autre base que le sentiment,
plus elle sort maltraitée d’un débat, plus les hommes qui l’adoptent sont
persuadés que leur sentiment doit reposer sur quelque raison restée hors d’atteinte.

Tant que le sentiment subsiste, il n’est jamais à court de théories ; il a bientôt réparé
les brèches de ses retranchements. Or, nos sentiments sur l’inégalité des sexes sont
pour bien des causes les plus vivaces et les plus enracinés de tous ceux qui entourent
et protègent les coutumes et les institutions du passé. Il ne faut donc pas s’étonner
qu’ils soient les plus fermes de tous, qu’ils aient le mieux résisté à la grande révolution
intellectuelle et sociale des temps modernes, il ne faut pas croire non plus que les
institutions le plus longtemps respectées soient moins barbares que celles qu’on a
détruites.
C’est toujours une lourde tâche que d’attaquer une opinion à peu près universelle.
A moins d’un très grand bonheur ou d’un talent exceptionnel, on n’arrive pas même à
se faire écouter. On a plus de peine à trouver un tribunal qu’on n’en aurait ailleurs à
obtenir un jugement favorable. Parvient-on à arracher un moment d’attention, il faut,
pour le payer, subir des conditions inouïes. Partout la charge de faire la preuve
incombe à celui qui affirme. Quand un individu est accusé de meurtre, c’est à l’accusateur
de fournir les preuves de la culpabilité de l’accusé, non à celui-ci de démontrer
son innocence. Dans une contestation sur la réalité d’un événement historique qui
intéresse médiocrement les sentiments de la plupart des hommes, la guerre de Troie
par exemple, ceux qui soutiennent la réalité de l’événement sont tenus de produire
leurs preuves avant leurs adversaires, et ceux-ci ne sont jamais astreints qu’à démontrer
la nullité des témoignages allégués. Dans les questions d’administration, on admet
que le fardeau de la preuve doit être supporté par les adversaires de la liberté, par les
partisans des mesures restrictives ou prohibitives, qu’il s’agisse d’apporter une
restriction à la liberté, qu’il s’agisse de frapper d’une incapacité ou d’une inégalité de
droits une personne ou une classe de personnes. La présomption a priori est en faveur
de la liberté et de l’égalité ; les seules restrictions légitimes sont celles que réclame le
bien général ; la loi ne doit faite aucune exception, elle doit à tous le même traitement,
à moins que des raisons de justice ou de politique n’exigent que l’on fasse une
différence entre les personnes. Pourtant ceux qui soutiennent l’opinion que je défends
ici n’ont à se prévaloir d’aucune de ces règles. Quant aux autres, qui prétendent que
l’homme a droit au commandement, et que la femme est naturellement soumise à
l’obligation d’obéir ; que l’homme a, pour exercer le gouvernement, des qualités que la
femme ne possède pas, je perdrais mon temps à leur dire qu’ils doivent être tenus de
prouver leur opinion sous peine de la voir rejeter. Il ne me servirait de rien de leur
représenter qu’en refusant aux femmes la liberté ou les droits dont les hommes
doivent jouir, ils se rendent doublement suspects d’attenter à la liberté et de se déclarer
en faveur de l’inégalité, et qu’en conséquence ils ont à fournir des preuves
palpables de leur opinion, ou à passer condamnation. Dans tout autre débat, il en
serait ainsi ; mais, dans celui-ci, c’est autre chose. Si je veux faire quelque impression,
je dois non seulement répondre à tout ce qu’ont pu dire ceux qui soutiennent l’opinion
contraire, mais encore imaginer et réfuter tout ce qu’ils pourraient dire, trouver pour
eux des raisons et les détruire et puis, quand tous leurs arguments sont réfutés, je n ai
pas fini ; somme de démontrer mon opinion par des preuves positives irréfutables.
Bien plus, eussé-je rempli cette tâche, et rangé en bataille en face de mes adversaires
une armée d’arguments péremptoires ; eussé-je couché par terre jusqu’au dernier de

leurs arguments, je serais encore censé n’avoir rien fait ; car une cause qui s’appuie
d’une part sur un usage universel, et de l’autre sur des sentiments d’une puissance
extraordinaire, aura en sa faveur une présomption bien supérieure à l’espèce de
conviction qu’un appel à la raison peut produire dans les intelligences, à l’exception
des plus hautes.
Si je rappelle ces difficultés, ce n’est pas pour m’en plaindre, cela ne servirait de
rien ; elles se dressent sur le chemin de tous ceux qui attaquent des sentiments et des
habitudes par un appel à la raison. Les esprits de la plupart des hommes ont besoin
d’être plus cultivés qu’ils ne l’ont jamais été, pour qu’on puisse leur demander de s’en
rapporter à leur propre raison et d’abandonner des règles puisées avec le sang, sur
lesquelles repose une bonne partie de l’ordre actuel du monde, à la sommation du
premier raisonnement auquel ils ne pourront résister par la logique. Je ne leur
reproche pas de n’avoir pas assez de foi au raisonnement, mais d’en avoir trop à la
coutume et au sentiment général. C’est un des préjugés qui caractérisent la réaction du
dix-neuvième siècle contre le dix-huitième que d’accorder aux éléments non
rationnels de la nature humaine l’infaillibilité que le dix-huitième attribuait, dit-on,
aux éléments rationnels. Au lieu de l’apothéose de la raison, nous faisons celle de
l’instinct ; et nous appelons instinct tout ce que nous ne pouvons établir sur une base
rationnelle. Cette idolâtrie, infiniment plus triste que l’autre, de toutes les superstitions
de notre temps la plus dangereuse et l’appui de toutes, subsistera tant qu’une saine
psychologie ne l’aura pas renversée, en montrant la véritable origine de la plupart des
sentiments que nous révérons sous le nom d’intentions de la nature et de dispensations
de Dieu. Mais, pour la question qui m’occupe, je veux bien accepter les conditions
défavorables que le préjugé m’impose. Je consens à ce que la coutume établie et le
sentiment général soient considérés comme des raisons sans réplique, si je ne fais pas
voir que, dans cette matière, la coutume et le sentiment ont tiré de tout temps leur
existence non de leur justesse, mais de causes différentes, et qu’ils sortent de la pire,
non de la meilleure partie de l’homme. Je passe condamnation si je ne prouve pas que
mon jugement a été gagné. Mes concessions ne sont pas aussi grandes qu’elles le
paraissent ; cette démonstration est la partie la plus facile de ma tâche.
Quand une coutume est générale, il y a souvent de fortes présomptions pour croire
qu’elle tend, ou au moins qu’elle a tendu jadis à des fins louables. Telles sont les
coutumes qui ont été adoptées d’abord, ou qui se sont conservées par la suite, parce
qu’elles étaient un sûr moyen d’atteindre des fins louables, et le résultat incontesté de
l’expérience. Si l’autorité de l’homme au moment de son établissement a été le résultat
d’une comparaison consciencieuse des divers moyens de constituer la société ; si c’est
après l’essai des divers modes d’organisation sociale, le gouvernement de l’homme par
la femme, l’égalité des sexes, ou bien telle ou telle forme mixte qu’on ait pu imaginer,
et seulement après, qu’on a décidé sur le témoignage de l’expérience que la forme de
gouvernement qui conduit le plus sûrement au bonheur des deux sexes est celle qui
soumet absolument la femme à l’homme, ne lui laisse aucune part dans les affaires
publiques, et l’astreint, dans la vie privée, au nom de la loi, à obéir à l’homme auquel
elle a uni sa destinée ; si les choses se sont passées ainsi, il faut voir dans l’adoption

générale de cette forme de société la preuve qu’au moment où elle fut mise en
pratique elle était la meilleure. Mais on peut penser aussi que les considérations, qui
militaient alors en sa faveur, ont cessé d’exister comme tant d’autres faits sociaux
primitifs de la plus grande importance. Or, c’est tout le contraire qui est arrivé.
D’abord, l’opinion favorable au système actuel, qui subordonne le sexe faible au sexe
fort, ne repose que sur la théorie ; on n’en a jamais essayé d’autre, et l’on ne peut
prétendre que l’expérience, ce qu’on regarde généralement comme l’opposé de la
théorie, ait prononcé. Ensuite, l’adoption du régime de l’inégalité n’a jamais été le
résultat de la délibération, de la pensée libre, d’une théorie sociale, ou d’une connaissance
quelconque des moyens d’assurer le bonheur de l’humanité ou d’établir dans la
société le bon ordre. Ce régime vient de ce que, dès les premiers jours de la société
humaine, la femme s’est trouvée livrée en esclave à l’homme, qui avait intérêt à la
posséder et auquel elle ne pouvait résister à cause de l’infériorité de sa force musculaire.
Les lois et les systèmes sociaux commencent toujours par reconnaître les
rapports qui existent déjà entre les personnes. Ce qui n’était d’abord qu’un fait brutal
devient un droit légal, garanti pat la société, appuyé et protégé par les forces sociales
substituées aux compétitions sans ordre et sans frein de la force physique. Les
individus qui d’abord étaient contraints à l’obéissance par la force, y sont plus tard
tenus au nom de la loi. L’esclavage, qui n’était au début qu’une affaire de force entre
le maître et l’esclave, devint une institution légale ; les esclaves furent compris dans le
pacte social par lequel les maîtres s’engageaient à se protéger et à se garantir mutuellement
leur propriété particulière par l’emploi de leur force collective. Dans les
premiers temps historiques, la grande majorité du sexe masculin était esclave comme
la totalité du sexe féminin. Il s’est écoulé bien des siècles, et des siècles illustrés par
une brillante culture intellectuelle, avant que des penseurs aient eu l’audace de
contester la légitimité ou la nécessité absolue de l’un et de l’autre esclavage. Enfin ces
penseurs ont paru ; et, le progrès général de la société aidant, l’esclavage du sexe
masculin a fini pat être aboli chez toutes les nations chrétiennes de l’Europe (il
existait encore il y a cinq ou six ans chez l’une de ces nations), et l’esclavage de la
femme s’est changé peu a peu en une dépendance mitigée. Mais cette dépendance,
telle qu’elle existe aujourd’hui, n’est pas une institution adoptée après mûre délibération
pour des considérations de justice et d’utilité sociale ; c’est l’état primitif
d’esclavage qui se perpétue à travers une série d’adoucissements et de modifications
dues aux mêmes causes, qui ont de plus en plus poli la rudesse des manières, et
soumis dans une certaine mesure toutes les actions des hommes au contrôle de la
justice et à l’influence des idées d’humanité : la tache de sa brutale origine n’est pas
effacée. Il n’y a donc nulle présomption à tirer de l’existence de ce régime en faveur
de sa légitimité. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il a duré jusqu’à ce jour, tandis que
d’autres institutions, sorties comme lui de cette hideuse source, ont disparu ; et, au
fond, c’est bien cela qui donne un air étrange à l’affirmation que l’inégalité des droits
de l’homme et de la femme n’a pas d’autre origine que la loi du plus fort.
Si cette proposition semble paradoxale, c’est jusqu’à un certain point l’effet du
progrès de la civilisation, et de l’amélioration des sentiments moraux de l’humanité.
Nous vivons, ou du moins une ou deux des nations les plus avancées du monde

vivent, dans un état où la loi du plus fort paraît totalement abolie, et ne semble plus
servir de règle aux affaires des hommes : personne ne l’invoque, et, dans la plupart
des relations sociales, personne n’a le droit de l’appliquer ; si quelqu’un le fait, il a
bien soin, pour réussir, de se couvrir de quelque prétexte d’intérêt social. Tel est l’état
apparent des choses, et l’on se flatte que le règne de la force brutale est fini ; on se
laisse aller à croire que la loi du plus fort ne peut être l’origine des choses qui continuent
à se faire encore aujourd’hui ; que les institutions actuelles, quels qu’en aient pu
être les commencements, ne se sont conservées jusqu’à cette époque de civilisation
avancée, que parce qu’on sentait avec toute raison qu’elles convenaient parfaitement à
la nature humaine, et servaient au bien général. On ne se fait pas une idée de la
vitalité des institutions qui mettent le droit du côté de la force ; on ne sait pas avec
quelle ténacité on s’y accroche ; on ne remarque pas avec quelle force les bons et les
mauvais sentiments de ceux qui détiennent le pouvoir s’unissent pour le retenir ; on ne
se figure pas la lenteur avec laquelle les mauvaises institutions s’effacent, l’une après
l’autre, à commencer par les plus faibles, par celles qui sont le moins intimement
mêlées aux habitudes quotidiennes de la vie ; on oublie que ceux qui exerçaient un
pouvoir légal, parce qu’ils avaient eu d’abord la force physique pou: eux, l’ont
rarement perdu, avant que la force physique eût passé aux mains de leurs adversaires ;
et l’on ne songe pas que la force physique n’est pas du côté des femmes. Qu’on tienne
compte aussi de tout ce qu’il y a de particulier et de caractéristique dans le sujet qui
nous occupe, et on comprendra facilement que ce fragment du système des droits
fondés sur la force, bien qu’il ait perdu ses traits les plus atroces, et qu’il se soit adouci
longtemps avant d’autres, soit le dernier à disparaître, et que ce vestige de l’ancien état
social survive parmi des générations qui n’admettent que des institutions basées sur la
justice. C’est une exception unique qui trouble l’harmonie des lois et des coutumes
modernes ; mais comme elle ne fait pas montre de son origine, et qu’elle n’est pas
discutée à fond, elle ne nous semble pas un démenti donné à la civilisation moderne,
pas plus que l’esclavage domestique chez les Grecs ne les empêchait de se croire un
peuple libre.
En effet, la génération actuelle, comme les deux ou trois dernières générations, a
perdu toute idée vraie de la condition primitive de l’humanité ; quelques personnes
seulement qui ont étudié l’histoire avec soin, ou visité les parties du monde occupées
par les derniers représentants des siècles passés, sont capables de se figurer ce qu’était
alors la société. On ne sait pas que, dans les premiers siècles, la loi de la force régnait
sans partage, qu’on la pratiquait publiquement, ouvertement, je ne dis pas avec
cynisme et sans pudeur, ce serait impliquer qu’il s’attachait à cet usage quelque idée
honteuse, tandis qu’une telle idée ne pouvait, à cette époque, entrer dans l’entendement
de personne, à l’exception d’un philosophe ou d’un saint. L’histoire nous donne
une triste expérience de l’espèce humaine en nous apprenant quelle rigoureuse proportion
réglait les égards pour la vie, les biens et le bonheur d’une classe, sur le pouvoir
qu’elle avait de se défendre. Nous y voyons que la résistance à l’autorité armée,
quelque horrible que pût être la provocation, avait contre elle non seulement la loi du
plus fort, mais toutes les autres lois et toutes les idées des devoirs sociaux. Ceux qui
résistaient étaient, pour le public, non seulement coupables d’un crime, mais du plus

grand des crimes, et méritaient le plus cruel châtiment qu’il était au pouvoir des
hommes d’infliger. La première fois qu’un supérieur éprouva un faible sentiment
d’obligation à l’égard d’un inférieur, ce fut quand, pour des motifs intéressés, il se
trouva amené à lui faire des promesses. Malgré les serments solennels qui les appuyaient,
ces promesses n’empêchèrent pas durant plusieurs siècles ceux qui les
avaient faites de refondre à la plus légère provocation, ou de céder à la plus faible
tentation, en les révoquant ou en les violant. Il est pourtant probable que ces violations
ne s’accomplissaient pas sans que le coupable éprouvât des tiraillements de
conscience, si sa moralité n’était pas du plus bas étage. Les anciennes républiques
reposaient pour la plupart sur un contrat réciproque, elles formaient du moins une
association de personnes qui ne différaient pas beaucoup en force : aussi nous offrent-elles
le premier exemple d’une partie des relations humaines groupées sous l’empire
d’une autre loi que la force. La loi primitive de la force réglait seule les rapports du
maître et de l’esclave ; et, excepté dans des cas prévus par des conventions quelconques,
ceux de la république avec ses sujets, ou avec les autres Etats indépendants.
Mais pourtant il suffisait que la loi primitive fût bannie de ce tout petit coin, pour que
la régénération humaine commençât par la naissance de sentiments dont l’expérience
démontra bientôt l’immense valeur au point de vue même des intérêts matériels, et
qui, dès lors, n’avaient plus qu’à se développer. Les esclaves ne faisaient pas partie de
la république, et pourtant ce fut dans les Etats libres que l’on reconnut pour la première
fois aux esclaves quelques droits, en qualité d’êtres humains. Les stoïciens
furent les premiers, sauf peut-être les Juifs, à enseigner que les maîtres avaient des
obligations morales à remplir envers leurs esclaves. Après la propagation du christianisme,
personne ne put rester étranger à. cette croyance, et après l’établissement de
l’Eglise catholique elle ne manqua jamais de défenseurs. Pourtant la tâche la plus
ardue du christianisme fut de l’imposer ; car l’Eglise a lutté plus de mille ans sans
obtenir un résultat appréciable. Ce n’était pas le pouvoir sur les esprits qui lui manquait
; elle en possédait un immense ; elle amenait les rois et les nobles à. se
dépouiller de leurs plus beaux domaines pour l’enrichir ; elle poussait des milliers
d’hommes à la fleur de l’âge à renoncer à tous les avantages du monde pour s’enfermer
dans des couvents, et y chercher le salut par la pauvreté, le jeûne et la prière ; elle
envoyait des centaines de mille hommes à travers les terres et les mers, l’Europe et
l’Asie, sacrifier leur vie pour la délivrance du Saint-Sépulcre ; elle contraignait les
rois à abandonner des femmes dont ils étaient passionnément épris, sans faire plus
que de les déclarer parents au septième, et, d’après les calculs de la loi anglaise, au
quatorzième degré. L’Eglise a pu faire tout cela, mais elle n’avait pas le pouvoir
d’empêcher les nobles de se battre, ni d’exercer leur cruauté sur leurs serfs et au
besoin sur les bourgeois ; elle ne pouvait les faire renoncer ni à l’une ni à l’autre des
deux applications de la force, la militante et la triomphante. Les puissants du monde
n’ont été amenés à la modération, que le jour où à leur tour ils ont eu à subir la contrainte
d’une force supérieure. Le pouvoir grandissant des rois put seul mettre fin à
cette lutte générale, en la réservant aux rois et aux compétiteurs à la couronne. L’accroissement
d’une bourgeoisie riche et intrépide qui se défendait dans des villes
fortifiées, et l’apparition d’une infanterie plébéienne qui révéla sur le champ de
bataille une puissance supérieure à celle de la chevalerie indisciplinée, purent seules

imposer quelque limite à l’insolente tyrannie des seigneurs féodaux. Cette tyrannie
dura encore longtemps après que les opprimés furent assez forts pour en tirer
d’éclatantes vengeances. Sur le continent, beaucoup de pratiques tyranniques se
continuèrent jusqu’à la révolution française ; mais en Angleterre, bien avant cette
époque, les classes démocratiques mieux organisées que sur le continent y mirent fin
par des lois d’égalité et des institutions libres.
On sait en général fort peu que, dans la plus grande partie de l’histoire, la loi de la
force fut l’unique et absolue règle de conduite, tout autre n’étant que la conséquence
spéciale et exceptionnelle de relations particulières. On ne sait pas que le temps n’est
pas encore éloigné, où l’on a commencé à croire que les affaires de la société doivent
être réglées d’après des lois morales; mais on ignore encore davantage que des
institutions et des coutumes sans autre fondement que la loi de la force se conservent
à des époques, et sous l’empire d’opinions qui n’eussent jamais souffert leur établissement.
Les Anglais pouvaient, il n’y a pas encore quarante ans, tenir en servitude des
êtres humains, les vendre et les acheter ; au commencement de ce siècle, ils pouvaient
encore s’emparer d’eux dans leurs pays. Cet extrême abus de la force condamné par
ceux qui pouvaient souffrir presque toutes les autres formes de pouvoir arbitraire, et
plus susceptible qu’aucun autre de révolter les sentiments des gens qui n’y avaient pas
un intérêt personnel, était, des personnes encore vivantes s’en souviennent, consacré
par la loi de l’Angleterre civilisée et chrétienne. Dans une moitié de l’Amérique anglo-saxonne,
l’esclavage existait encore il y a trois ou quatre ans, et de plus on y faisait
généralement le commerce et l’élevage des esclaves. Et pourtant, non seulement les
sentiments hostiles à cet abus de la force, étaient plus vifs, mais, du moins en Angleterre,
les sentiments ou les intérêts qui le soutenaient étaient plus faibles que pour tout
autre abus, car si le maintien de l’esclavage avait pour lui l’amour du gain étalé sans
pudeur et sans déguisement par la petite fraction de la nation qui en profitait, par
contre, les sentiments naturels de ceux qui n’y étaient pas intéressés personnellement
révélaient une horreur profonde. Après ce monstrueux abus il est inutile d’en citer un
autre : voyez pourtant la longue durée de la monarchie absolue. En Angleterre, on est
unanimement convaincu que le despotisme militaire n’est qu’une forme de la loi de la
force, et n’a pas d’autre titre. Cependant, chez toutes les autres grandes nations de
l’Europe, il existe encore, ou cesse à peine d’exister, et conserve un grand parti dans la
nation et surtout dans les classes élevées. Telle est la puissance d’un système en
vigueur, même qu’il n’est pas universel, lors même que toutes les périodes de l’histoire,
et surtout les communautés les plus prospères et les plus illustres, présentent de
nobles et grands exemples du système contraire. Dans un gouvernement despotique,
celui qui s’approprie le pouvoir et a intérêt à le gardez est seul, tandis que les sujets
qui subissent sa domination forment à la lettre tout le reste de la nation. Le joug est
nécessairement et naturellement une humiliation pour tous, à l’exception de l’homme
qui occupe le trône, et tout au plus de celui qui espère lui succéder. Quelle différence
entre ces pouvoirs et celui de l’homme sur la femme ! Je ne préjuge pas la question de
savoir s’il est justifiable, je montre seulement que, ne le fût-il pas, il est et ne peut pas
ne pas être plus stable que les autres genres de domination qui se sont perpétués
jusqu’à nos jours. Quelque satisfaction d’orgueil qu’il y ait à posséder le pouvoir,

quelque intérêt personnel qu’il y ait à l’exercer, cette satisfaction, cet intérêt ne sont
point le privilège d’une classe, ils appartiennent au sexe masculin tout entier. Au lieu
d’être pour la plupart de ses partisans une chose désirable d’une manière abstraite, ou
comme les fins politiques que les partis poursuivent à travers leurs débats, d’une
médiocre importance pour l’intérêt privé de tous, les meneurs exceptés ; ce pouvoir a
sa racine dans le coeur de tout individu mâle chef de famille, et de tous ceux qui se
voient dans l’avenir investis de cette dignité. Le rustre exerce ou peut exercer sa part
de domination comme le plus noble personnage. C’est même pour celui-là que le désir
du pouvoir est le plus intense, car celui qui désire le pouvoir veut surtout l’exercer sur
ceux qui l’entourent, avec qui sa vie s’écoule, auxquels il est uni par des intérêts
communs, et qui, s’ils étaient indépendants de son autorité, pourraient le plus souvent
en profiter pour contrarier ses préférences particulières. Si, dans les exemples cités,
on n’a renversé qu’au prix de tant d’efforts et de temps des pouvoirs manifestement
basés sur la force seule et beaucoup moins bien étayés, à plus forte raison le pouvoir
de l’homme sur la femme, ne reposât-il pas sur un fondement plus solide, doit-il être
inexpugnable. Nous remarquerons aussi que les possesseurs de ce pouvoir sont bien
mieux placés que les autres pour empêcher qu’on ne se soulève pour l’abattre. Ici le
sujet vit sous l’oeil, et on peut dire sous la propre main du maître : dans une union bien
plus intime avec le maître qu’avec tout autre compagnon de servitude ; il n’a pas de
moyen de comploter contre lui, pas de force pour le vaincre même sur un seul point,
et d’un autre côté il a les plus fortes raisons de rechercher sa faveur et d’éviter de
l’offenser. Dans les luttes politiques pour la liberté, qui n’a vu ses propres partisans
dispersés par la corruption ou la terreur ? Dans la question des femmes, tous les
membres de la classe asservie sont dans un état chronique de corruption ou d’intimidation
combinées. Quand ils lèvent l’étendard de la résistance, la plupart des chefs et
surtout la plupart des simples combattants doivent faire un sacrifice à peu près complet
des plaisirs et des douceurs de la vie. Si un système de privilège et de servitude
forcée a jamais rivé le joug sur le col qu’il fait plier, c’est celui-là. Je n’ai pas encore
montré que ce système est mauvais ; mais quiconque est capable de réfléchir sur cette
question doit voir que, même mauvais, il devait durer plus que toutes les autres
formes injustes d’autorité ; qu’à une époque où les plus grossières existent encore chez
plusieurs nations civilisées, et n’ont été détruites que depuis peu chez d’autres, il serait
étrange que la plus enracinée de toutes eût subi quelque part des atteintes appréciables.
On a bien plutôt lieu de s’étonner qu’elle ait soulevé des protestations si
nombreuses et si fortes.
On objectera qu’on a tort de comparer le gouvernement du sexe masculin avec les
formes de domination injuste que nous avons rappelées, parce que celles-ci sont
arbitraires et l’effet d’une usurpation, tandis que celle-là, au contraire, est naturelle.
Mais quelle domination paraît jamais contre nature à ceux qui la possèdent ? Il fut un
temps où les esprits les plus avancés regardaient comme naturelle la division de
l’espèce humaine en deux parties, une petite composée de maîtres, une nombreuse
composée d’esclaves, et y voyaient le seul état naturel de la race. Aristote lui-même,
ce génie qui fit tant pour le progrès de la pensée, Aristote soutint cette opinion ! Il
n’eut pas de doute, pas d’hésitation ; il la déduisait des prémisses d’où on tire ordi-

nairement que la domination de l’homme sur la femme est chose naturelle. Il pensait
qu’il y avait dans l’humanité différentes natures d’hommes, les unes libres, les autres
esclaves ; que les Grecs étaient de nature libre, et les races barbares, les Thraces et les
Asiatiques, de nature esclave. Mais pourquoi remonter à Aristote ? Est-ce que dans
les Etats du Sud de l’Union Américaine, les propriétaires d’esclaves ne soutenaient pas
la même doctrine avec tout le fanatisme que les hommes mettent à défendre les
théories qui justifient leurs passions ou légitiment leurs intérêts ? N’ont-ils pas attesté
le ciel et la terre que la domination de l’homme blanc sur le noir est naturelle, que la
race noire est naturellement incapable de liberté, et née pour l’esclavage ? Quelques-uns
n’allaient-ils pas jusqu’à dire que la liberté de l’homme qui travaille de ses mains
est partout contraire à l’ordre naturel des choses ? Les théoriciens de la monarchie
absolue n’ont-ils pas toujours affirmé qu’elle était la seule forme naturelle du gouvernement,
qu’elle dérivait de la forme patriarcale, type primitif et spontané de la société
; qu’elle était modelée sur l’autorité paternelle, forme d’autorité antérieure à la société
même, et d’après eux la plus naturelle de toutes ? Bien plus, la loi de la force a
toujours paru, à ceux qui n’en avaient pas d’autre à invoquer, le fondement le plus
naturel de l’autorité. Les races conquérantes prétendent que c’est la propre loi de la
nature que les races vaincues obéissent aux vainqueurs, ou, par euphémisme, que la
race la plus faible et la moins guerrière doit obéir à la race la plus brave et la plus
belliqueuse. On n’a pas besoin de connaître à fond la vie au Moyen Age pour voir à
quel point la noblesse féodale trouvait naturelle sa domination sur les hommes de
basse extraction, et peu naturelle l’idée qu’une personne de la classe inférieure fût
mise sur le pied d’égalité avec elle, ou exerçât l’autorité sur elle. La classe subordonnée
ne pensait pas autrement. Les serfs émancipés et les bourgeois, au milieu même
des luttes les plus acharnées, n’ont jamais élevé la prétention de partager l’autorité ; ils
demandaient uniquement qu’on reconnût quelques bornes au pouvoir de les tyranniser.
Tant il est vrai que le mot contre nature veut dire contre l’usage, et pas autre
chose, et que tout ce qui est habituel paraît naturel. La subordination de la femme à
l’homme est une coutume universelle : une dérogation à cette coutume apparaît donc
tout naturellement contre nature. Mais l’expérience montre à quel point ici le sentiment
dépend d’une coutume. Rien n’étonne plus les habitants d’une partie éloignée du
globe, quand ils entendent parler de l’Angleterre pour la première fois, que d’apprendre
que ce pays a à sa tête une reine : la chose leur paraît à ce point contre nature,
qu’ils la trouvent incroyable. Les Anglais ne la trouvent pas le moins du monde contre
nature, parce qu’ils y sont faits, mais ils trouveraient contre nature que des femmes
fussent soldats ou membres du parlement. Dans les temps féodaux, au contraire, on ne
trouvait pas contre nature que les femmes fissent la guerre et dirigeassent la politique,
parce que ce n’était pas rare. On trouvait naturel que les femmes des classes privilégiées
eussent un caractère viril, qu’elles ne le cédassent en rien à leurs maris ou à
leurs pères, si ce n’est en force physique. Les Grecs ne trouvaient pas l’indépendance
des femmes aussi contraire à la nature que les autres peuples anciens, à cause de la
fable des Amazones, qu’ils croyaient historique, et de l’exemple des femmes de Sparte
qui, tout en stand subordonnées par la loi autant que celles des autres Etats de la
Grèce, étaient plus libres en fait, s’adonnaient aux mêmes exercices de corps que les
hommes et prouvaient qu’elles n’étaient pas dépourvues des qualités qui font le

guerrier. Nul doute que l’exemple de Sparte n’ait inspiré à Platon, entre autres idées,
celle de l’égalité politique et sociale des sexes.
Mais, dira-t-on, la domination de l’homme sur la femme diffère de tous les autres
genres de domination, en ce qu’elle n’emploie pas la force : elle est volontairement
acceptée ; les femmes ne s’en plaignent pas, et s’y soumettent de plein gré. D’abord un
grand nombre de femmes ne l’acceptent pas. Depuis qu’il s’est trouvé des femmes
capables de faire connaître leurs sentiments par leurs écrits, seul mode de publicité
que la société leur permette, il y en a toujours eu, et il y en a toujours davantage pour
protester contre leur condition sociale actuelle. Récemment, plusieurs milliers de
femmes, à commencer par les plus distinguées, ont adressé au parlement des pétitions
pour obtenir le droit de suffrage aux élections parlementaires. Les réclamations des
femmes qui demandent une éducation aussi solide et aussi étendue que celle des
hommes deviennent de plus en plus pressantes, et leur succès paraît de plus en plus
certain. D’un autre côté, les femmes insistent toujours davantage pour être admises
aux professions et aux occupations qui leur ont été jusqu’à présent fermées. Il n’y a
pas sans doute, en Angleterre comme aux Etats-Unis, des conventions périodiques et
un parti organisé pour faire de la propagande en faveur des droits des femmes ; mais
il y a une société composée de membres nombreux et actifs, organisée et conduite par
des femmes pour un but moins étendu, l’obtention du droit de suffrage. Ce n’est pas
seulement en Angleterre et en Amérique que les femmes commencent à protester, en
s’unissant plus ou moins, contre les incapacités qui les frappent. La France, l’Italie, la
Suisse et la Russie nous offrent le spectacle du même mouvement. Qui peut dire
combien de femmes nourrissent en silence les mêmes aspirations ? Il y a bien des
raisons de penser qu’elles seraient beaucoup plus nombreuses si on ne les dressait pas
si bien à réprimer ces aspirations comme des sentiments contraires au rôle de leur
sexe. Rappelons-nous que jamais des esclaves n’ont réclamé du premier coup leur
liberté complète. Quand Simon de Montfort appela les députés des communes à
siéger pour la première fois au parlement, y en eut-il un seul qui songeât à demander
qu’une assemblée élective pût faire et défaire les ministères, et dicter au roi sa
conduite dans les affaires de l’Etat ? Cette prétention n’entra jamais dans l’imagination
des plus ambitieux d’entre eux. La noblesse l’avait déjà ; mais les communes n’en
montraient pas d’autre que de se soustraire aux impôts arbitraires et à l’oppression
brutale des officiers royaux. C’est une loi politique naturelle que ceux qui subissent
un pouvoir d’origine ancienne ne commencent jamais à se plaindre du pouvoir lui-même,
mais seulement de ce qu’on l’exerce d’une manière oppressive. Il y a toujours
eu des femmes pour se plaindre des mauvais traitements de leurs maris. Il y en aurait
eu bien davantage, si la plainte n’était pas la plus grave des provocations qui appellent
un redoublement de mauvais traitements. On ne peut à la fois maintenir le pouvoir du
mari et protéger la femme contre ses abus; tous les efforts sont inutiles : voici ce qui
les déjoue. Il n’y a que la femme qui, les enfants exceptés, après avoir prouvé devant
des juges qu’elle a souffert une injustice, soit replacée sous la main du coupable.
Aussi les femmes n’osent-elles guère, même après les mauvais traitements les plus
odieux et les plus prolongés, se prévaloir des lois faites pour les protéger, et si, dans
l’excès de leur indignation, ou cédant à des conseils, elles y recourent, elles ne tardent

pas à faire tout pour ne dévoiler que le moins possible de leurs misères, pour intercéder
en faveur de leur tyran, et lui éviter le châtiment qu’il a mérité.
Toutes les conditions sociales et naturelles concourent à rendre à peu près
impossible une rébellion générale des femmes contre le pouvoir des hommes. Leur
position est bien différente de celle des autres classes de sujets. Leurs maîtres en
attendent plus que leur service. Les hommes ne se contentent pas de l’obéissance des
femmes, ils s’arrogent un droit sur leurs sentiments. Tous, à l’exception des plus
brutaux, veulent avoir, dans la femme qui leur est le plus étroitement unie, non seulement
une esclave, mais une favorite. En conséquence ils ne négligent rien pour
asservir leur esprit. Les maîtres des autres esclaves comptent, pour maintenir
l’obéissance, sur la crainte qu’ils inspirent eux-mêmes ou qu’inspire la religion, Les
maîtres des femmes veulent plus que l’obéissance, aussi ont-ils tourna au profit de
leur dessein toute la force de l’éducation. Toutes les femmes sont élevées dès
l’enfance dans la croyance que l’idéal de leur caractère est tout le contraire de celui de
l’homme ; elles sont dressées à ne pas vouloir par elles-mêmes, à ne pas se conduire
d’après leur volonté, mais à se soumettre et à céder à la volonté d’autrui. On nous dit
au nom de la morale que la femme a le devoir de vivre pour les autres, et au nom du
sentiment que sa nature le veut : on entend qu’elle fasse complète abnégation d’elle-même,
qu’elle ne vive que dans ses affections, c’est-à-dire dans les seules qu’on lui
permet, l’homme auquel elle est unie, ou les enfants qui constituent entre elle et
l’homme un lien nouveau et irrévocable. Que si nous considérons d’abord l’attraction
naturelle qui rapproche les deux sexes, puis l’entier assujettissement de la femme à
l’autorité du mari, de la grâce duquel elle attend tout, honneurs et plaisirs, et enfin
l’impossibilité où elle est de rechercher et d’obtenir le principal objet de l’ambition
humaine, la considération, et tous les autres biens de la société, autrement que par lui,
nous voyons bientôt qu’il faudrait un miracle pour que le désir de plaire à l’homme ne
devînt pas, dans l’éducation et la formation du caractère de la femme, une sorte
d’étoile polaire. Une fois en possession de ce grand moyen d’influence sur l’esprit des
femmes, les hommes s’en sont servis avec un égoïsme instinctif, comme du moyen
suprême de les tenir assujetties ; ils leur représentent la faiblesse, l’abnégation,
l’abdication de toute volonté dans les mains de l’homme, comme l’essence de la
séduction féminine. Peut-on douter que les autres jougs que l’humanité a réussi à
briser n’eussent subsisté jusqu’à nos jours, si on avait pris tant de soin d’y plier les
esprits? Si on avait donné pour but à l’ambition de tout jeune plébéien d’obtenir la
faveur de quelque patricien, de tout jeune serf celle de quelque seigneur ; si devenir le
serviteur d’un grand et partager ses affections personnelles avaient été les
recommences proposées à leur zèle ; si les mieux doués et les plus ambitieux avaient
pu viser aux plus hauts prix ; et si, une fois ces prix obtenus, le plébéien et le serf
avaient été séparés par un mur d’airain de tous les intérêts qui ne se concentraient pas
dans la personne du maître, de tout sentiment, de tout désir, autres que ceux qu’ils
partageaient avec lui, n’y aurait-il pas entre les seigneurs et les serfs, entre les
patriciens et les plébéiens, une distinction aussi profonde qu’entre les hommes et les
femmes ? Tout autre qu’un penseur eût-il cru que cette distinction n’était pas un fait
fondamental et inaltérable de la nature humaine ?

Les considérations qui précèdent suffisent à montrer que l’habitude, quelque
universelle qu’elle soit, ne peut rien préjuger en faveur des institutions qui placent la
femme dans un état d’assujettissement social et politique à l’égard de l’homme. Mais
je vais plus loin, et je prétends que le cours de l’histoire et les tendances d’une société
en progrès non seulement n’apportent aucune présomption en faveur de ce système
d’inégalité des droits, mais qu’elles en créent une très forte contre lui ; je soutiens que,
si la marche du perfectionnement des institutions humaines jusqu’à ce jour et le
courant des tendances modernes nous permettent de tirer une induction à ce sujet,
c’est la disparition nécessaire de ce vestige du passé qui jure avec l’avenir.
En effet, quel est le caractère particulier du monde moderne ? qu’est-ce qui
distingue surtout les institutions, les idées sociales, la vie des temps modernes de
celles du passé lointain ? C’est que l’homme ne naît plus à la place qu’il occupera dans
la vie, qu’il n’y est plus enchaîné par un lien indissoluble, mais qu’il est libre d’employer
ses facultés et les chances favorables qu’il peut rencontrer pour se faire le sort
qui lui semble le plus désirable. Jadis la société humaine était constituée sur d’autres
principes. Tout le monde naissait dans une position sociale fixe, et le plus grand
nombre y était retenu par la loi, ou se trouvait privé du droit de travailler à en sortir.
De même que les uns naissent noirs et les autres blancs, les uns naissaient esclaves,
les autres libres et citoyens, quelques-uns naissaient patriciens, les autres plébéiens,
quelques-uns nobles et possesseurs de fiefs, les autres roturiers. Un esclave, un serf ne
pouvait se rendre libre lui-même et ne le devenait que par la volonté de son maître.
Dans la plupart des contrées de l’Europe ce ne fut qu’à la fin du Moyen Age et à la
suite de l’accroissement du pouvoir royal, que les roturiers purent être anoblis. Même
chez les nobles, l’aîné était par droit de naissance l’unique héritier des domaines
paternels ; il s’écoula beaucoup de temps avant qu’on reconnût au père le droit de le
déshériter. Dans les classes industrieuses, les individus qui étaient nés membres d’une
corporation, ou y avaient été admis par ses membres, pouvaient seuls exercer
légalement leur profession dans les limites imposées à la corporation, et personne ne
pouvait exercer une profession estimée importante autrement que de la manière fixée
par la loi ; des manufacturiers ont subi la peine du pilori, après un procès légal, pour
avoir eu la présomption de faire leurs affaires avec des méthodes perfectionnées.
Dans l’Europe moderne, et surtout dans les parties qui ont pris la plus grande part au
progrès, les doctrines les plus opposées à ces anciens principes règnent aujourd’hui.
La loi ne détermine pas par qui une opération industrielle sera ou ne sera pas conduite,
ni quels procédés seront légaux. C’est aux individus à choisir librement. En
Angleterre, on a même rapporté les lois qui obligeaient les ouvriers à faire un
apprentissage ; on croit fermement que, dans toutes les professions où un apprentissage
est indispensable, sa nécessité suffira pour l’imposer. L’ancienne théorie voulait
qu’on laissât le moins possible au choix libre de l’individu, que toutes ses actions
fussent autant que possible dirigées par une sagesse supérieure ; on était assuré que,
livré à lui-même, il tournerait mal. Dans la théorie moderne, fruit de l’expérience de
mille ans, on soutient que les choses où l’individu est seul directement intéressé ne
vont jamais bien, que laissées à sa direction exclusive ; et que l’intervention de

l’autorité, excepté pour protéger les droits d’autrui, est pernicieuse. On a mis longtemps
à tirer cette conclusion, on ne l’a adoptée que lorsque presque toutes les
applications de la théorie contraire eurent produit leurs désastreux résultats, mais elle
prévaut maintenant partout dans les pays les plus avancés, et à peu près partout, du
moins en ce qui regarde l’industrie, chez les nations qui ont la prétention d’être en
progrès. On ne veut pas dire que tous les procédés soient également bons, et toutes les
personnes également aptes à tout, mais on admet aujourd’hui que la liberté qu’a tout
individu de choisir par lui-même est l’unique moyen de faire adopter les meilleurs
procédés et de mettre chaque opération aux mains du plus capable. Personne ne croit
utile de faire une loi pour que les forgerons aient tous des bras vigoureux. La liberté
et la concurrence suffisent à faire des hommes pourvus de bras vigoureux des forgerons,
parce que les hommes qui ont les bras faibles peuvent gagner davantage en
s’engageant dans une occupation à laquelle ils sont plus propres. C’est au nom de cette
doctrine, qu’on refuse à l’autorité le droit de décider par avance, sur quelque présomption
générale, que certains individus ne sont pas propres a faire certaines choses : on y
voit un abus de pouvoir. Il est parfaitement reconnu aujourd’hui que, lors même
qu’une présomption existerait, elle ne saurait être infaillible. Fût-elle même bien
fondée dans le plus grand nombre des cas, ce qui peut bien ne pas être, il en resterait
toujours un petit nombre pour lequel elle ne le serait pas, et alors il y aurait injustice
pour les particuliers, et dommage pour la société, à élever des barrières qui défendent
à certains individus de tirer tout ce qu’ils peuvent de leurs facultés pour leur profit et
celui des autres. D’autre part, si l’incapacité est réelle, les motifs ordinaires qui dirigent
la conduite des hommes suffisent en définitive à empêcher l’incapable d’essayer,
ou de persister dans sa tentative.
Si ce principe général de science sociale et économique n’est pas vrai ; si les
individus aidés de l’opinion de ceux qui les connaissent ne sont pas meilleurs juges de
leur propre vocation que les lois et le gouvernement ; le monde ne saurait trop tôt y
renoncer et revenir au vieux système de réglementation et d’incapacités. Mais si le
principe est vrai, nous devons agir comme si nous y croyions, et ne pas décréter que
le fait d’être né fille au lieu de garçon doive plus décider de la position d’une personne,
toute sa vie, que le fait d’être né noir au lieu de blanc, ou roturier au lieu de
noble. Il ne faut pas que le hasard de la naissance exclue personne de toutes les positions
sociales élevées et de toutes les occupations respectables, à quelques exceptions
près. Lors même que nous admettrions, ce qu’on nous objecte toujours, que les
hommes sont plus propres à remplir toutes les fonctions qui leur sont réservées de nos
jours, nous pourrions invoquer l’argument qui interdit de faire des catégories
d’éligibilité pour les membres du parlement. Que la condition d’éligibilité exclue
seulement en douze ans une personne capable de bien remplir la fonction de député, il
y a une perte réelle, tandis qu’on ne gagne rien à l’exclusion de mille incapables : si le
corps électoral est constitué de manière à choisir des personnes incapables, il trouvera
toujours en abondance des candidats de cette espèce. Pour toutes les choses difficiles
et importantes, le nombre des gens capables de s’en bien acquitter est plus petit qu’il
ne faudrait, lors même qu’on laisse toute latitude au choix ; toute restriction à la

liberté du choix prive la société de quelque chance de choisir un individu compétent
qui la serve bien, sans jamais la préserver d’élire un incompétent.
A présent, dans les pays les plus avancés, les incapacités de la femme sont l’unique
exemple, un excepté, où les lois et les institutions prennent des personnes à leur
naissance, et décrètent qu’elles ne seront jamais, durant toute leur vie, autorisées à
concourir pour certaines positions. La seule exception, c’est la royauté. Il y a encore
des personnes qui naissent pour le trône ; nul ne peut y monter à moins d’être de la
famille régnante, et, dans cette famille même, nul n’y peut parvenir que par le cours
héréditaire de la succession. Toutes les autres dignités, tous les autres avantages
sociaux sont ouverts au sexe masculin tout entier ; plusieurs, il est vrai, ne peuvent
être obtenus que par la richesse, mais tout le monde a le droit de conquérir la richesse
; et bien des personnes de la plus humble origine y parviennent. La plupart rencontrent
sans doute des obstacles qu’on ne peut surmonter sans le secours d’accidents
heureux, mais nul individu mâle n’est frappé d’interdiction légale : nulle loi, nulle
opinion n’ajoute aux obstacles naturels un obstacle artificiel. La royauté, comme je
l’ai dit, fait exception, mais tout le monde sent que cette exception est une anomalie
dans le monde moderne, qu’elle est opposée à ses coutumes et à ses principes, et ne se
justifie que par des motifs extraordinaires d’utilité qui existent en réalité, quoique les
individus et les nations ne les apprécient pas de même. Si, dans cette unique exception,
nous trouvons une fonction sociale suprême soustraite à la compétition et
réservée à la naissance pour des raisons majeures, toutes les nations n’en continuent
pas moins d’adhérer au fond au principe qu’elles enfreignent nominalement. En effet,
elles entourent cette haute fonction de conditions calculées évidemment pour
empêcher la personne à laquelle elle appartient d’une manière ostensible, de l’exercer
réellement ; tandis que la personne qui l’exerce en réalité, le ministre responsable, ne
l’acquiert que par une compétition d’où nul citoyen arrivé à l’âge d’homme n’est exclu.
Par convoquent, les incapacités qui frappent les femmes pour le seul fait de leur
naissance sont l’unique exemple d’exclusion qui se rencontre dans la législation. Dans
aucun cas, à l’exception du sexe qui comprend la moitié de l’espèce humaine, les
hautes fonctions sociales ne sont fermées à personne par une fatalité de naissance que
nul effort, nul changement ne peut vaincre. Les incapacités religieuses (qui d’ailleurs
ont à peu près cessé d’exister de fait en Angleterre et sur le continent) ne ferment pas
irrévocablement une carrière ; l’incapable devient capable en se convertissant.
La subordination sociale des femmes ressort comme un fait isolé, au milieu des
institutions sociales modernes ; c’est une lacune unique dans leur principe fondamental
; c’est le seul vestige d’un vieux monde intellectuel et moral détruit partout,
mais conservé en un seul point, celui qui présente l’intérêt le plus universel. C’est
comme si un dolmen gigantesque ou un vaste temple de Jupiter Olympien s’élevait à
la place qu’occupe Saint-Paul, servant au culte quotidien, tandis qu’autour de lui les
églises chrétiennes ne s’ouvriraient qu’aux jours fériés. Cette dissonance entre un fait
social unique et tous les autres faits qui l’entourent, et la contradiction que ce fait
oppose au mouvement progressif, orgueil du monde moderne, qui a balayé l’une après
l’autre toutes les institutions frappées du même caractère d’inégalité, ont de quoi

fournir aux réflexions d’un observateur sérieux des tendances de l’humanité. De là
contre l’inégalité des sexes une présomption primâ facie bien plus forte que celle que
la coutume et l’usage peuvent créer en sa faveur dans les circonstances actuelles, et
qui suffirait seule à laisser la question indécise, comme le choix entre la république et
la monarchie.
Le moins qu’on puisse demander, c’est que la question ne soit pas préjugée par le
fait existant et l’opinion régnante, qu’elle reste ouverte au contraire, que la discussion
s’en empare, et l’agite au double point de vue de la justice et de l’utilité : ici comme
pour toutes les autres institutions sociales, la solution devrait dépendre des avantages
que, d’après une appréciation éclairée, l’humanité sans distinction de sexe en pourra
retirer. La discussion doit être sérieuse ; il faut qu’elle aille au fond et ne se contente
pas d’aperçus généraux et vagues. Pat exemple, on ne doit pas poser en principe que
l’expérience a prononcé en faveur du système existant. L’expérience n’a pu décider
entre deux systèmes tant que l’un d’eux seulement a été mis en pratique. On dit que
l’idée de l’égalité des sexes ne repose que sur la théorie, mais nous rappellerons que
l’idée opposée n’a pas d’autre fondement que la théorie. Tout ce qu’on peut dire en sa
faveur au nom de l’expérience, c’est que l’humanité a pu vivre sous ce régime, et
acquérir le degré de développement et de prospérité où nous la voyons aujourd’hui.
Mais l’expérience ne dit pas que cette prospérité n’eût pas été réalisée plus tôt, ou
qu’elle ne serait pas dépassée aujourd’hui, si l’humanité avait vécu sous l’autre régime.
D’un autre côte, l’expérience nous apprend que chaque pas dans la voie du progrès a
été invariablement accompagné d’une élévation d’un degré dans la position sociale des
femmes ; ce qui a conduit des historiens et des philosophes à prendre l’élévation ou
l’abaissement des femmes pour le plus sûr et le meilleur criterium, pour la mesure la
plus commode de la civilisation d’un peuple ou d’un siècle. Durant toute la période de
progrès, l’histoire nous montre que la condition des femmes a toujours été en se
rapprochant de l’égalité avec celle de l’homme. Cela ne prouve pas que l’assimilation
doive aller jusqu’à une égalité complète ; mais assurément cela fournit en faveur de
cette induction une forte présomption.
Il ne sert de rien non plus de dire que la nature des sexes les destine à leur position
présente, et les y rend propres. Au nom du sens commun, et en me fondant sur la
constitution de l’esprit humain, je nie qu’on puisse savoir qu’elle est la nature des deux
sexes, tant qu’on ne les observera que dans les rapports réciproques où ils sont
aujourd’hui. Si l’on avait trouvé des sociétés composées d’hommes sans femmes, ou
de femmes sans hommes, ou d’hommes et de femmes, sans que celles-ci fussent assujetties
aux hommes, on pourrait savoir quelque chose de positif sur les différences
intellectuelles ou morales qui peuvent tenir à la constitution des deux sexes. Ce qu’on
appelle aujourd’hui la nature de la femme est un produit éminemment artificiel ; c’est
le résultat d’une compression forcée dans un sens, et d’une stimulation contre nature
dans un autre. On peut affirmer hardiment que le caractère des sujets n’a jamais été
déformé si complètement par leurs rapports avec leurs maîtres dans les autres sortes
de dépendance ; car si des races d’esclaves ou des peuples soumis par la conquête ont
été à quelques égards comprimés plus énergiquement, toutes leurs tendances qu’un

joug de fer n’a pas écrasées, si elles ont eu quelque liberté de se développer, ont suivi
une évolution naturelle. Mais chez les femmes, on a toujours employé, à développer
certaines aptitudes de leur nature, une culture de serre chaude, en vue des intérêts et
des plaisirs de leurs maîtres. Puis, voyant que certains produits de leurs forces vitales
germent et se développent rapidement, dans cette atmosphère chauffée où l’on
n’épargne aucune culture, tandis que d’autres jets de la même racine laissés au dehors
dans un air d’hiver, et entourés de glace à dessein, ne produisent rien, se brûlent et
disparaissent, les hommes, avec l’incapacité de reconnaître leur propre ouvrage qui
caractérise les esprits impropres à l’analyse, se figurent sans plus s’en inquiéter que la
plante pousse spontanément de la façon qu’ils la font pousser, et qu’elle mourrait si
l’on n’en tenait la moitié dans un bain de vapeur et l’autre moitié dans la neige.
De toutes les difficultés qui mettent obstacle au progrès des idées, et à la formation
d’opinions justes sur la vie et les institutions sociales, la plus grande est aujourd’hui
l’ignorance inexprimable et l’indifférence où l’on est en général au sujet des influences
qui forment le caractère de l’homme. Dès qu’une partie de l’humanité est ou paraît être
de telle manière, quelle que soit cette manière, on suppose qu’elle a une tendance
naturelle à être ainsi, lors même que la connaissance la plus élémentaire des circonstances
où elle a été placée indique clairement les causes qui en ont fait ce que nous la
voyons. De ce qu’un fermier irlandais sans bail, arriéré dans le payement de ses
fermages, n’est pas diligent au travail, il y a des gens qui pensent que les Irlandais
sont naturellement fainéants. Parce que, en France, les constitutions peuvent être
renversées quand les autorités nommées pour les faire respecter tournent leurs armes
contre elles, il y a des gens qui pensent que les Français ne sont pas faits pour un
gouvernement libre. Parce que les Grecs trompent les Turcs qui pillent les Grecs sans
vergogne, il y a des gens qui pensent que les Turcs sont naturellement plus sincères
que les Grecs. Parce qu’on dit souvent que les femmes n’accordent en politique leur
attention qu’aux personnages, on suppose que c’est par une disposition naturelle
qu’elles s’intéressent moins que les hommes au bien général. L’histoire mieux comprise
aujourd’hui qu’autrefois nous donne d’autres enseignements ; elle nous montre
l’extrême susceptibilité de la nature humaine à subir l’influence des causes extérieures
et l’excessive variabilité de cela même qui chez elle passe pour le plus constant et le
plus universel. Mais, dans l’histoire comme dans les voyages, les hommes ne voient
d’ordinaire que ce qu’ils ont déjà dans l’esprit, et en général on n’y apprend guère, si,
avant d’étudier, on ne savait déjà beaucoup.
Il en résulte que sur cette difficile question de savoir quelle est la différence
naturelle des deux sexes, sur laquelle, dans l’état présent de la société, il est impossible
d’acquérir une connaissance complète et exacte, presque tout le monde dogmatise
sans recourir à la lumière qui seule peut éclairer ce sujet, l’étude analytique du
chapitre le plus important de la psychologie : les lois qui règlent l’influence des circonstances
sur le caractère. En effet, quelque grandes et en apparence ineffaçables
que soient les différences morales et intellectuelles entre l’homme et la femme, la
preuve que ces différences sont naturelles ne peut jamais être que négative. On ne
doit considérer comme naturelles que celles qui ne peuvent pas du tout être

artificielles : ce qui restera quand on aura retiré toute particularité qui dans l’un et dans
l’autre sexe pourra s’expliquer par l’éducation ou les circonstances extérieures. Il faut
posséder la plus profonde connaissance des lois de la formation du caractère pour
avoir le droit d’affirmer qu’il y a une différence, et, à plus forte raison, de dire quelle
est la différence qui distingue les deux sexes aux points de vue moral et intellectuel.
Personne jusqu’à présent ne possède cette science ; car il n’y a guère de sujet qu’on ait
moins étudié, eu égard à son importance, aussi personne n’a-t-il le droit d’avoir là-dessus
une opinion positive. Tout ce qui nous est permis, c’est de faire des conjectures
plus ou moins probables, plus ou moins légitimes, suivant la connaissance que nous
avons des applications de la psychologie à la formation du caractère.
Si, laissant les origines des différences, nous demandons ce qu’elles sont, on nous
apprend fort peu de chose. Les médecins et les physiologistes ont constaté jusqu’à un
certain point des différences dans la constitution du corps, et c’est là un fait important
pour un psychologiste, mais il est rare de trouver un médecin qui soit psychologiste.
Leurs observations sur les caractères mentaux de la femme n’ont pas plus de valeur
que celles du commun des hommes. C’est un point sur lequel on ne saura rien de
définitif, tant que les personnes qui seules peuvent le connaître, les femmes elles-mêmes,
ne donneront que d’insignifiants renseignements, et, qui pis est, des renseignements
subornés. Il est facile de connaître une femme stupide ; la stupidité est la
même partout. On peut induire les sentiments et les idées d’une femme stupide quand
on compact les sentiments et les idées qui prévalent dans le cercle où elle vit. Il n’en
est pas ainsi des personnes dont les idées et les sentiments sont le produit de leurs
propres facultés. Il y a tout au plus çà et là un homme qui ait une connaissance
passable du caractère des femmes de sa famille, sans rien savoir des autres. Je ne
parle pas de leurs aptitudes ; personne ne les connaît, pas même elles-mêmes, parce
que la plupart n’ont jamais été mises en jeu. Je ne parle que de leurs idées et de leurs
sentiments actuels. Il y a des hommes qui pensent connaître parfaitement les femmes
parce qu’ils ont entretenu un commerce de galanterie avec quelques-unes, peut.-être
avec beaucoup. S’ils sont bons observateurs, et si leur expérience unit la qualité à la
quantité, ils ont pu apprendre quelque chose sur un petit côté de la nature des femmes,
qui n’est pas sans importance. Mais sur le reste ils sont les plus ignorants des
hommes, parce qu’il y en a peu pour qui ce reste soit plus soigneusement dissimulé.
Le sujet le plus propice sur lequel un homme puisse étudier le caractère des femmes,
c’est sa propre femme ; les occasions sont plus favorables, et les exemples d’une
sympathie parfaite entre deux époux ne sont pas introuvables. En fait, c’est de cette
source, je crois, que vient tout ce qui vaut la peine d’être connu. Mais la plupart des
hommes n’ont pas eu l’occasion d’étudier de la sorte plus d’une femme, aussi peut-on,
avec une exactitude risible, deviner le caractère d’une femme quand on connaît les
opinions de son mari sur les femmes en général. Pour tirer de ce cas unique quelque
résultat, il faut que la femme vaille la peine d’être connue, et que l’homme soit non
seulement un juge compétent, mais aussi qu’il ait ma caractère si sympathique et si
bien adapté à celui de sa femme, qu’il puisse lire dans son esprit par une sorte
d’intuition, ou que sa femme n’ait aucune confusion à lui montrer le fond de ses
sentiments. Rien n’est peut-être plus rare qu’une telle rencontre. Il y a souvent entre

une femme et son mari une unité complète de sentiments et une communauté de vues
quant aux choses extérieures, et pourtant l’un ne pénètre pas plus profondément dans
les vues de l’autre que s’ils n’étaient que de simples connaissances. Alors même
qu’une véritable affection les unit, l’autorité d’une part et la subordination de l’autre
empêchent qu’une confiance entière s’établisse. Il se peut que la femme n’ait pas
l’intention de dissimuler, mais il y a bien des choses qu’elle ne laisse pas paraître.
Entre les parents et les enfants, on peut voir la même chose. Malgré l’affection
réciproque qui unit réellement un père à son fils, il arrive quelquefois, au su de tout le
monde, que le père ignore et même ne soupçonne pas certaines parties du caractère de
son enfant, tandis que les camarades et les égaux du fils les connaissent à merveille.
La vérité est que, dès qu’on est dans une position à attendre d une personne de la
déférence, on est très mal place pour trouver en elle une sincérité et une franchise
complètes. La crainte de baisser dans l’opinion ou l’affection de la personne que l’on
regarde avec respect est si forte, que même avec un caractère très droit on se laisse
aller, sans s’en apercevoir, à ne lui montrer que le plus beau côte, ou sinon le plus
beau, le plus agréable à ses yeux : on peut dire avec assurance que deux personnes ne
peuvent avoir l’une de l’autre une connaissance complète qu’à la condition d’être non
seulement intimes, mais égales. A plus forte raison, est-il impossible d’arriver à
connaître une femme soumise à l’autorité conjugale, à qui l’on a enseigné que son
devoir consiste à subordonner tout au bien-être et au plaisir de son mari, à ne lui
laisser voir ni sentir chez elle rien que d’agréable. Toutes ces difficultés empêchent
qu’un homme acquière une connaissance complète de l’unique femme qu’il ait le plus
souvent l’occasion d’étudier sérieusement. Si, de plus, nous considérons que comprendre
une femme, ce n’est pas nécessairement en comprendre une autre ; que,
pussions-nous étudier les femmes d’un certain rang et d’un certain pays, nous ne
comprendrions pas pour cela les femmes d’un autre rang et d’un autre pays ; que,
parvinssions-nous à remplit cette tâche, nous ne connaîtrions encore que les femmes
d’une seule période de l’histoire ; nous nous sentons le droit d’affirmer que l’homme
n’a pu acquérir sur la femme, telle qu’elle a été ou telle qu’elle est, sans se préoccuper
de ce qu’elle pourrait être, qu’une connaissance déplorablement incomplète et
superficielle, et qu’il n’en acquerra pas d’autre, tant que les femmes elles-mêmes
n’auront pas dit tout ce qu’elles ont à nous apprendre.
Ce temps ne viendra et ne peut venir que lentement. C’est d’hier seulement que les
femmes ont acquis par leur talent littéraire, ou par la permission de la société, le droit
de s’adresser au public. Jusqu’ici peu de femmes avaient osé dire ce que les hommes
dont dépend leur succès littéraire ne veulent pas entendre. Rappelons-nous comment,
jusqu’à ces derniers temps, l’on recevait l’expression d’opinions peu répandues et de
sentiments prétendus excentriques, alors qu’ils avaient pour auteur un homme.
Voyons comment on la reçoit encore, et nous aurons une faible idée des empêchements
auxquels est soumise une femme élevée dans l’idée que la coutume et l’opinion
doivent être les lois souveraines de sa conduite, quand elle veut mettre dans un livre
un peu de ce qu’elle tire du fond de son âme. La femme la plus illustre qui ait laissé
des oeuvres assez belles pour lui donner une place éminente dans la littérature de son
pays, a cru nécessaire de mettre cette épigraphe à son ouvrage le plus hardi : « Un

homme peut braver l’opinion ; une femme doit s’y soumettre 1. » La plus grande partie
de ce que les femmes écrivent sur leur sexe n’est que flatterie pour les hommes. Si la
femme qui écrit n’est pas mariée, il semble qu’elle n’écrive que pour trouver un mari.
Beaucoup de femmes mariées ou non vont au-delà ; elles propagent sur la soumission
de leur sexe des idées dont la servilité dépasse les désirs de tout homme, à l’exception
des plus vulgaires. Aujourd’hui, il est vrai, cela n’arrive pas aussi souvent que dans un
temps encore peu éloigné de nous. Les femmes prennent de l’assurance et osent
affirmer leurs sentiments réels. En Angleterre surtout, le caractère des femmes est une
production si artificielle, que leurs sentiments se composent d’un petit nombre d’observations
et d’idées personnelles, mêlées à un grand nombre de préjugés acceptés.
Cet état de choses s’effacera de jour en jour, mais il persistera en grande partie tant
que nos institutions sociales n’autoriseront pas les femmes à développer leur originalité
aussi librement que l’homme. Quand ce temps sera venu, mais pas avant, nous
entendrons et, qui plus est, nous verrons tout ce qu’il faut apprendre pour connaître la
nature des femmes, et savoir comment les autres choses s’y adaptent.
Si j’ai insisté si longuement sur les difficultés qui empêchent les hommes d’acquérir
une véritable connaissance de la nature réelle des femmes, c’est que sur ce point,
comme sur bien d’autres, opinio copiæ inter maximas causas inopiæ est, et qu’il y a
peu de chances d’acquérir sur ce sujet des idées raisonnables tant qu’on se flattera de
comprendre parfaitement un sujet dont la plupart des hommes ne savent absolument
rien, et dont il est à présent impossible qu’un homme en particulier, ou tous les hommes
pris ensemble, aient assez de connaissance pour avoir le droit de prescrire aux
femmes leur vocation. Heureusement il n’est pas besoin d’une connaissance aussi
complète pour régler les questions relatives à la position des femmes dans la société ;
car, suivant tous les principes constitutifs de la société moderne, c’est aux femmes
elles-mêmes de les régler, c’est à elles qu’il appartient de les trancher d’après leur
propre expérience et avec l’aide de leurs propres facultés. Il n’y a pas d’autre moyen
d’apprendre ce qu’une personne ou plusieurs peuvent faire, que de les laisser essayer ;
nul ne peut se mettre à leur place pour découvrir ce qu’elles doivent faire, ou ce dont
elles doivent s’abstenir pour leur bonheur.
Nous pouvons être tranquilles sur un point. Ce qui répugne aux femmes, on ne le
leur fera pas faire en leur donnant pleine liberté. L’humanité n’a que faire de se
substituer à la nature de peur qu’elle ne réussisse pas à atteindre son but. Il est tout à
fait superflu d’interdire aux femmes ce que leur constitution ne leur permit pas. La
concurrence suffit pour leur défendre tout ce qu’elles ne peuvent faire aussi bien que
les hommes, leurs compétiteurs naturels, puisqu’on ne demande en leur faveur ni
primes ni droits protecteurs ; tout ce qu’on demande, c’est l’abolition des primes et des
droits protecteurs dont jouissent les hommes. Si les femmes ont une inclination
naturelle plus forte pour une certaine chose que pour une autre, il n’est pas besoin de
lois ni de pression sociale pour forcer la majorité des femmes à faire la première
plutôt que la seconde. Le service des femmes le plus demandé sera, quel qu’il soit,


1 Madame de Staël, Delphine.


celui-là même que la liberté de la concurrence les excitera le plus vivement à entreprendre
; et, ainsi que le sens des mots l’indique, elles seront le plus demandées pour
ce qu’elles sont le plus propres à faire, de sorte que ce qu’on aura fait en leur faveur
assurera aux facultés collectives des deux sexes l’emploi le plus avantageux.
Dans l’opinion générale des hommes, prétend-on, la vocation naturelle des femmes
est le mariage et la maternité. Je dis qu’on le prétend, parce qu’à en juger par les actes,
par l’ensemble de la constitution actuelle de la société, on pourrait conclure que
l’opinion est diamétralement le contraire. A voir les choses, les hommes semblent
croire que la prétendue vocation des femmes est ce qui répugne le plus à leur nature ;
que, si elles avaient la liberté de faire toute autre chose, si on leur laissait un moyen
quelque peu souhaitable d’employer leur temps et leurs facultés, le nombre de celles
qui accepteraient volontairement la condition qu’on dit leur être naturelle serait
insuffisant. Si telle est l’opinion de la plupart des hommes, il serait bon de le déclarer.
Sans doute cette théorie est au fond de presque tout ce qu’on a écrit sur ce sujet, mais
je voudrais voir quelqu’un l’avouer hautement, et venir nous dire : « Il est nécessaire
que les femmes se marient et fassent des enfants. Elles ne le feraient pas si elles n’y
étaient forcées. Donc il faut les forcer. » On verrait alors le noeud de la question. Ce
langage aurait une ressemblance frappante avec celui des défenseurs de l’esclavage
dans la Caroline du Sud et la Louisiane. « Il est nécessaire, disaient- ils, de cultiver le
sucre et le coton. L’homme blanc ne le peut pas, les nègres ne le veulent pas au prix
que nous prétendons leur donner. Ergo, il faut les contraindre. » Un autre exemple
encore plus saisissant, c’est la presse des matelots qu’on jugeait absolument nécessaire
pour la défense du pays. « Il arrive souvent, disait-on, qu’ils ne veulent pas s’enrôler
volontairement, donc il faut que nous ayons le pouvoir de les contraindre. » Que de
fois n’a-t-on pas raisonné de la sorte ! S’il n’y avait eu un certain vice dans ce raisonnement,
il eût triomphé jusqu’à présent. Mais on pouvait répliquer : commencez par
payer aux matelots la valeur de leur travail, quand vous l’aurez rendu aussi lucratif
chez vous qu’au service des autres employeurs, vous n’aurez pas plus de difficulté
qu’eux à obtenir ce que vous désirez. A cela, pas d’autre réponse logique que, « nous
ne voulons pas » : et comme aujourd’hui on rougit de voler au travailleur son salaire et
qu’on a même cessé de le vouloir, la presse n’a plus de défenseurs. Ceux qui prétendent
contraindre la femme au mariage en lui fermant toutes les autres issues
s’exposent à une pareille réplique. S’ils pensent ce qu’ils disent, leur opinion signifie
que les hommes ne rendent pas le mariage assez désirable aux femmes, pour les tenter
par les avantages qu’il présente. On ne parait pas avoir une haute opinion de ce qu’on
offre quand on dit en le présentant : Prenez ceci ou vous n’aurez rien. Voici, selon
moi, ce qui explique le sentiment des hommes qui ressentent une antipathie réelle
pour la liberté et l’égalité des femmes. Ils ont peur, non pas que les femmes ne
veuillent plus se marier, je ne crois pas qu’un seul éprouve réellement cette appréhension,
mais qu’elles n’exigent dans le mariage des conditions d’égalité ; ils redoutent
que toutes les femmes de talent et de caractère n’aiment mieux faire toute autre chose,
qui ne leur semble pas dégradante, que de se marier, si en se mariant elles ne font que
se donner un maître, et lui donner tout ce qu’elles possèdent sur la terre. Vraiment si
cette conséquence était un accessoire obligé du mariage, je crois que l’appréhension

serait très bien fondée. Je la partage ; il me semble très probable que bien peu de
femmes capables de faire toute autre chose aimeraient mieux, à moins d’un entraînement
irrésistible qui les aveugle, choisir un sort aussi indigne si elles avaient à leur
disposition d’autres moyens d’occuper dans la société une place honorable. Si les
hommes sont disposés à soutenir que la loi du mariage doit être le despotisme, ils ont
bien raison pour leur intérêt de ne laisser aux femmes que le choix dont nous parlions.
Mais alors tout ce qu’on a fait dans le monde moderne pour alléger les chaînes qui
pèsent sur l’esprit des femmes a été une faute. Il n’aurait jamais fallu leur donner une
éducation littéraire. Des femmes qui lisent, et à plus forte raison des femmes qui
écrivent, sont, dans l’état actuel, une contradiction et un élément de perturbation : on a
eu tort d’apprendre aux femmes autre chose qu’à bien remplir leur rôle d’odalisque ou
de servante.

Chapitre II

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Noureddine Boukrouh : « L’Algérie se trouve actuellement à la croisée des chemins » — Algérie Résistance


Noureddine Boukrouh. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Votre livre « L’islam sans l’islamisme : vie et pensée de […]

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